Revue de presse théâtre
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LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE  :   L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Scooped by Le spectateur de Belleville
June 17, 2014 1:23 PM
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Une lettre de Jack Ralite au Président de la République

Une lettre de Jack Ralite au Président de la République | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Lettre publiée en date du 20 février 2014, mais le propos est plus actuel que jamais.

 

Monsieur le Président,

 

Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître. Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme, l’écriture, les arts plastiques, les arts de l’image et l’action culturelle sont en danger. Faute de crédits suffisants, de personnels, de négociations, de considération et de reconnaissance du travail humain, du respect des métiers, se répandent des malaises, des souffrances, des colères. Le ministère de la culture risque de n’être plus le grand intercesseur entre les artistes et les citoyens. Il perd son pouvoir d’éclairer, d’illuminer. Les collectivités territoriales dont le rôle est devenu immense en culture et en art voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. L’Europe continue d’avoir une médiocre politique culturelle alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre échange gravissime pour la culture. Google, l’un des accapareurs des nouvelles technologies à civiliser, limite les citoyens à n’être que des consommateurs et s’installe en Irlande pour ne pas avoir à payer d’impôts en France.

Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.

On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi le meilleur antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.

On est arrivé à l’os et 50 ans de constructions commencent à chanceler. Les êtres eux-mêmes sont frappés, le compagnonnage humain s’engourdit. L’omniprésence d’une logique financière d’Etat installe une dominance sur les artistes. Nous craignons le risque du pire dans la demeure culturelle. Le Medef ne vient-il pas de réclamer le transfert à l’Etat des annexes 8 et 10 de l’Unedic relatives aux intermittents du spectacle.

L’urgence est de stopper l’agression contre « l’irréductible humain », là où la femme, l’homme trouvent le respect d’eux-mêmes et le pouvoir de reprendre force contre tous les raidissements normatifs, les coups de pioche, le mépris, l’arrogance.

Il est temps à ce « moment brèche » d’accomplir la fonction du refus à l’étage voulu. Il y a besoin d’une nouvelle conscience alors que croît la tentation de réduire la culture à un échange : j’ai produit, tu achètes. La culture se décline au contraire sur le mode : nous nous rencontrons, nous échangeons autour de la création, nous mettons en mouvement nos sensibilités, nos imaginations, nos intelligences, nos disponibilités. C’est cela qui se trouve en danger et requiert notre mobilisation et notre appel en votre direction.

L’histoire garde un geyser de vie pour quiconque a l’oreille fine et écoute éperdument. Encore faut-il renoncer au renoncement. L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche.

C’est avec ces idées en tête et au cœur que nous souhaitons, Monsieur le Président, vous faire part de notre vive inquiétude et vous demander de maintenir et de développer la politique culturelle.

Un budget minoré pour ce travail indispensable serait grave. Même le surplace conduirait à des agios humains et politiques, à un freinage dans la culture.

La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René Char.

 

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération.

 

                                                                                    Jack Ralite

 

- See more at: http://www.humanite.fr/appel-la-construction-culturelle-en-danger#sthash.f3BCQe4C.dpuf

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June 15, 2014 6:29 PM
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Nous sommes en mouvement

Nous sommes en mouvement | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Mobilisation des danseurs et des chorégraphes.

 

A l'issue de leur assemblée générale du mercredi 11 juin, les « artistes, pédagogues, personnels permanents ou intermittents du champ chorégraphique », en pointe au Printemps des comédiens montpelliérain, adressent une lettre ouverte à François Rebsamen, Aurélie Filippetti, Manuel Valls et François Hollande.

 

 

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June 15, 2014 6:07 PM
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Lettre ouverte à Rodrigo Garcia (en réponse à son courrier paru sur Télérama.fr le 06/06/14)

Lettre ouverte à Rodrigo Garcia (en réponse à son courrier paru sur Télérama.fr le 06/06/14) | Revue de presse théâtre | Scoop.it

13 juin 2014, 01:30

Cher Rodrigo,

 

(on se tutoie ? Je t'ai croisé plusieurs fois au TNB à Rennes du temps de ta flamboyance. C'était l'époque des douches de Coca de Jardineria Humana et j'y étais à l'école sous la direction de Stanislas Nordey, donc ça te n'étonnera pas si je prends la liberté de te répondre. On ne se connaît pas, mais on va dire que ça suffit, puisque dans ta lettre tu m'appelles ton « ami ») oui, tu vas certainement te prendre quelques claques, mais certainement plutôt de ce côté-ci que de l'autre. Côté partenaires sociaux, on doit plutôt se frotter les mains, qu'un grand artiste comme toi ose enfin dire que cette lutte est tellement égoïste, en ce moment où justement il faut penser aux autres et faire des économies. Ben oui : c'est la crise... alors ces intermittents égoïstes qui luttent pour leurs privilèges... 
Car écrire (sur un coup de tête?) que tu pose l'acte d'annuler ton spectacle (dans ton théâtre, c'est-à-dire bien sûr sans avoir à rendre de compte à la direction du théâtre où tu devais jouer, puisque la direction... eh bien c'est toi !) ne sert en rien la crédibilité de la lutte à laquelle tu dis apporter ton soutien. De même que l'engagement de papier des patrons de lieux de spectacle ou de festivals – lorsqu'il vise en fait à les maintenir en ordre de marche, tout en redorant son blason à peu de frais – dessert notre combat. La totalité des programmations de salles de spectacle et des manifestations culturelles (au moins du secteur public) devraient être gelées devant l'ampleur des dégâts et de la menace supplémentaire de cet agrément. 

Mais c'est une habitude, je crois, dans nos métiers, de laisser tout le poids des réformes reposer sur le dernier maillon de la chaîne: les petites compagnies, les un peu plus grosses et surtout sur les artistes et techniciens qui risquent de tout perdre en se mettant en grève, de se mettre à dos et le public (dont tu semble tellement te préoccuper qu'on pourrait croire que ton courrier s'adresse en fait à lui, comme une lettre d'excuse ou de remords) et les programmateurs ou les metteurs en scène qui risquent de ne plus en vouloir la prochaine fois.

Vois-tu, lutter pour les droits des intermittents et précaires s'inscrit dans une vision plus générale que celle que tu sembles défendre. Certains intermittents comme moi, sont engagés et ont une conscience politique figure-toi ! Il a raison Nicolas Bouchaud (lui je le connais par contre et j'ai adoré son intervention aux Molières!) de dire que sans être encarté il faut réagir concrètement. Pour paraphraser Pasolini : être artiste c'est « jeter son corps dans la lutte ». C'est surprenant de la part de quelqu'un comme toi, qui – arrivant d'Argentine en passant par l'Espagne – écrit depuis des années contre les désastres de la mondialisation et du Capitalisme néo-libéral. Tu cites l'Espagne ? Notre lutte compte évidemment aussi hors de nos frontières. Voir ce qui se passe en Grèce ne peut que nous porter, dans le marasme actuel. 

Nous recevons et hébergeons énormément d'artistes étrangers dans les théâtres français, cela participe aussi de notre richesse culturelle, d'ailleurs. Ayant eu l'occasion de travailler avec des metteurs en scènes étrangers : Russes (Anton Kousnetzov à l'école du TNB, paix à son âme !) ou italiens comme Romeo Castellucci, je sais de quoi je parle... Quand on discute avec les artistes étrangers qui ont l'occasion de venir jouer et travailler en France (même les allemands de la Schaubühne), il semble au contraire important pour eux que nous continuions à défendre nos droits sociaux. J'ai la chance de participer régulièrement à des workshops à La Biennale di Venezia - j'y retourne cet été pour une création avec Jan Lauwers & Needcompany - avec d'autres jeunes artistes européens et je peux te dire, cher Rodrigo, que ces artistes émergents (ceux qui ne sont pas encore installés – comme toi – à la tête d'un théâtre et n'ont pas la notoriété de ceux qui co-signent des courriers au Premier Ministre) tiennent à nos droits peut-être plus encore que nous, car ils espèrent que nous ne lâcherons rien ! Car ils espèrent que notre fameuse « exception culturelle » dont nous nous targuons tant, qui est tellement malmenée depuis des années et notamment par ce gouvernement dit « de Gauche » tiendra bon face aux assauts répétés du MEDEF et de la sociale-démocratie mollassonne. 
Maintenir un régime permettant aux artistes français et à ceux qui – ils sont les bienvenus – viennent jouer leurs spectacles ici (et peuvent entre autres le faire grâce à l'existence de l'intermittence du spectacle), c'est maintenir l'espoir qu'un tel régime minimum existe un jour dans le reste de l'Europe et permette à ces artistes émergents de créer leurs propres spectacles dans des conditions décentes, sans avoir à travailler obligatoirement dans des friches ou des théâtres occupés, sans avoir à gagner sa pitance grâce à un ou deux autres boulots à côté, sans avoir à exécuter n'importe quelle tâche ingrate qui fait qu'on se « sent comme une merde » en se regardant dans le miroir après. Nous sommes le seul pays européen à posséder un tel régime (en Belgique, c'est assez différent) permettant aux artistes et techniciens du spectacle de maintenir un niveau de vie décent et une liberté de choix dans la création. Bien sûr, il est imparfait et très critiquable, surtout depuis la réforme de 2003 – comme quoi, même l'annulation d'Avignon reste insuffisante – mais il nous permet de conserver le minimum de tranquillité d'esprit pour choisir une partie de nos projets et tout simplement pour vivre.

 

« Moi, au nom du CDN... Moi, au nom du CDN... Moi, ce matin... Moi, cet après-midi... » On croirait entendre la ritournelle du « Moi, Président de la République... », mais maintenant, on sait que ça annonce le malaise. Sauf que toi, là, tu ne fais pas de promesses, tu reviens sur des choses que tu as faites et que tu semble regretter. Pourquoi ? Tu as ouvert la grande salle du CDN aux AG des intermittents ? Très bien, ils l'auraient peut-être investie de toutes façons mais bon, passons... Tu as écrit un courrier à Valls en soutien aux intermittents ? Très bien, tu es écrivain et on constate que tu sais écrire... Tu as fait grève à la DRAC et vous n'avez pas tenu votre réunion pour les subventions des compagnies régionales ? Dommage pour elles, mais très bien, vous avez encore rédigé une lettre de soutien aux intermittents. Que de lettres ! Que de soutiens ! Rebsamen lui-même nous soutenait sur papier il n'y a pas si longtemps... Et enfin : tu as décidé (tout seul ? Pas de grève des intermittents de ton équipe ? Qu'en pensent-ils?) d'annuler les représentations de ton spectacle Golgota Picnic. Très bien. Mais là, il y a un hic... On dirait que tu n'assumes pas. 
Et comme pour te dédouaner de cette décision unilatérale, tu nous met sur le dos un prétendu mépris des travailleurs étrangers, une méconnaissance des conditions de travail difficiles dans leur pays en crise, où il n'y a pas de travail. « Tout le monde se fout de savoir que d’autres pâtissent économiquement de tout ça. » dis-tu ? Mais au contraire ! Au grand contraire, c'est justement pour ça qu'on se bat. Pour eux et pour nous, pour les nôtres aussi, tous ces intermittents qui sont tellement dans la merde déjà aujourd'hui qu'ils n'osent pas – ou n'essaient même pas de penser à – faire grève, car ça les tuerait économiquement et socialement. Mais aussi pour ceux qui s'en foutent vraiment et ne pensent qu'à leur gueule. Également, cela va sans dire, pour les directeurs de CDN ou de Scènes Nationales qui croulent sous les demandes de rendez-vous et doivent subir des baisses de budgets, mais qui ne prendront pas le risque d'annuler un spectacle et préparent leurs présentations de saison 2014-2015, pour tous ces lieux de culture qui ne pourraient pas exister sans le soutien de l'intermittence. Eux aussi, comme toi, s'engagent à leur manière et nous devons être solidaires ! Comme le prophétisait Gabily dans sa tribune de Libé intitulée Cadavres, si on veut : il est venu le temps de la « solidarité malgré tout ».

 

Et puis, voici un scoop : la crise n'existe pas qu'en Espagne. Ici aussi, des intermittents comme moi ne trouvent pas de travail, pas assez pour ces putain de 507h... Je vais te confier quelque chose : pour la 1ère fois en 13 ans, j'ai perdu mon « statut » l'année dernière. Et ça a été déjà une vraie gageure de le récupérer et de redresser les comptes après trois mois à essayer de vivre avec seulement le montant des cachets. Pourtant j'ai bossé ! Mais nos salaires ont baissé de 25% en moyenne depuis une dizaine d'années que j'ai commencé à travailler et nous étions déjà à un volume de 507h avant de passer aux 39h, puis ensuite ils sont passés à 35h mais nous, toujours aux 507h à effectuer sur 12 mois, puis en 2003 on est passé au même volume horaire à réaliser en 10mois1/2 (eh oui, je suis artiste et ma femme aussi). Et maintenant on voudrait nous coller un différé d'indemnisation pouvant aller jusqu'à 39 jours ? J'ai essayé sans le soutien des indemnités pendant 3 mois et je te jure que ça n'est pas possible ! Pourtant je n'ai pas travaillé pour des boîtes ou des Cies qui payent mal. Alors comment allons-nous faire ? Sans compter la difficulté supplémentaire des droits rechargeables...
Tu nous suggère peut-être de ne laisser jouer que les artistes étrangers comme Crosetti à Avignon, parce que pour eux ce serait plus difficile ? Mais bordel, Rodrigo, regarde autour de toi, hors du CDN, dans les compagnies régionales pour lesquelles tu as refusé de siéger à la DRAC pour écrire un courrier de soutien aux intermittents, chez les camarades qui sont actuellement en grève au Printemps des comédiens et qui risquent des mois de galère pour défendre les droits des précaires français et étranger, intermittents ou non. Non, ce n'est pas une lutte corporatiste ou « égoïste » comme on veut le faire croire à l'opinion publique, non, ils ne « foutent pas en l'air un festival », ils se battent pour leurs droits et – est-il besoin de la rappeler – les premiers à souffrir de l'annulation d'un spectacle, ce sont bien les artistes et les équipes qui ont sué sang et eau dans des conditions parfois difficiles pour lui permettre de voir le jour, et qui bien souvent, n'ont pas comme toi le loisir de le reprogrammer plus tard, ni de le tourner beaucoup. Entendons-nous bien : je ne critique pas ton engagement du côté des intermittents, mais cette lettre de remords qui vient tout bousiller ; je n'ai pas fait le tour de la question mais je m'étais donné jusqu'à trois heures du matin comme toi et c'est bientôt l'heure ! Pour ce qui est de la Culture en général et de la DRAC en particulier, je fais partie d'un groupe de réflexion, constitué depuis février dernier avec des acteurs de divers champs artistiques. Nous allons bientôt rendre publique notre analyse de la Délégation de Compétence Culturelle État/Région, qui annonce purement et simplement la disparition des DRAC dans un avenir proche. Alors, tu vois, il y a du souci à se faire sur la qualité de notre service public de la Culture et cela ne prendra pas fin avec le conflit concernant l'intermittence.

 

Bref, ta lettre méritait bien une réponse car elle permet d'éclaircir certaines choses, je n'ai pas fait le tour de la question mais je m'étais donné jusqu'à trois heures du matin comme toi et c'est bientôt l'heure ! Allez, je te laisse car demain j'emmène ma petite fille se faire opérer et la grande à la maternelle plus tôt le matin, j'espère pouvoir continuer à les élever sans qu'elles soient trop dans le besoin, sans entendre – à 35 ans – mes parents me dire qu'ils vont m'aider à financer mon permis de conduire ou me payer ma carte fréquence, pour que je coûte moins cher à mes employeurs (ou que je puisse envisager de faire deux heures de train pour une figu quand j'ai besoin d'heures).
Je veux pouvoir continuer à me sentir libre de décliner une proposition de mascotte-paquet de chips au Stade Rennais ou de Père Noël chez Leclerc (je ne caricature pas!), au profit d'une création fragile d'un texte de jeune auteur vivant, et pouvoir trouver un peu de temps dans tout ça pour vivre. Pour ça, il va falloir continuer à lutter malgré des lettres comme la tienne, et je vais le faire en pensant bien fort aux copains étrangers, en me disant que je me bats aussi pour eux, pour que la France puisse continuer à les accueillir dans de bonnes conditions grâce à la solidarité interprofessionnelle à laquelle on ne coûte pas si cher que ça, on le sait maintenant !
Voilà, j'espère que tu liras ce courrier, tu en recevras sûrement d'autres... Mais, sans présumer de ton état d'esprit, si tu devais te sentir « comme une merde », ce serait peut-être après avoir écrit ce mail, non ?

 

Arnaud Stephan

 

PS : Personnellement, je ne me sens pas trop « comme une merde », parce que (moi aussi) j'aime mon travail. Mais je suis dans la merde, je présume que c'est un sentiment différent. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les difficultés que rencontrent de jeunes créateurs émergents, en France aujourd'hui. J'ai déjà eu l'occasion de porter cette parole et de me battre pour ça, mais ce sera pour un prochain courrier.

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June 15, 2014 6:01 PM
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Le festival d'Uzès Danse annulé

Le festival d'Uzès Danse annulé | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Signe supplémentaire du durcissement du mouvement contre le nouveau statut d'intermittent, le festival de danse d'Uzès, ouvert vendredi, est annulé.

 

Le Monde du 14 juin

 

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June 15, 2014 5:50 PM
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Paroles d'intermittents : “C'est insupportable de perdre son revenu parce qu’on a eu un gosse”

Paroles d'intermittents : “C'est insupportable de perdre son revenu parce qu’on a eu un gosse” | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Privilégiés les intermittents ? Derrière les chiffres, les abus dénoncés par tous, se cache une réalité souvent difficile à vivre.

 

Vidéaste, documentariste, Hélène Crouzillat est aussi cofondatrice du collectif des Matermittentes qui se bat pour que les droits des intermittentes soient maintenus pendant leur congé maternité. Elle est parvenue à récupérer ses propres indemnités au terme d’un parcours administratif kafkaïen de trois ans. Témoignage.

« A la naissance de mon deuxième enfant, en 2009, la Sécurité sociale refuse de m’indemniser pendant mon congé maternité ; je n’avais pas exactement travaillé les deux cents heures nécessaires au cours des trois mois précédant l’arrêt, mais j’avais largement cotisé à d’autres périodes. Décidée à m'opposer à cette décision, je planche sur le code de la Sécu et commence à monter un argumentaire.

La Coordination des intermittents et précaires d'Ile-de-France (CIP-IDF) me met alors en relation avec des filles qui se trouvent dans la même situation. A quelques-unes, nous montons le collectif des Matermittentes et saisissons Dominique Baudis, le Défenseur des droits, pour faire valoir une trentaine de dossiers, dont le mien. De mon côté, je saisis le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (TASS) qui me convoque fin 2011. Le Défenseur des droits se déplace en personne à l’audience et rend une conclusion prouvant qu’il y a bien eu discrimination pour nous toutes. Je gagne le procès quelques mois plus tard. Notre collectif est ensuite invité au ministère du Travail qui manifeste sa volonté de rédiger une circulaire à l’intention de la Sécu. Finalement publiée en avril 2013, celle-ci réaffirme le principe du maintien de droits aux indemnités journalières de la Sécurité sociale (pour les chômeurs indemnisés). Mais depuis un an, on constate que les femmes ont toujours les mêmes problèmes.

« Financièrement on met deux ans à s’en remettre »

Ce n'est pas tout, les recommandations du Défenseur des droits n’ont pas été reprises dans la nouvelle convention d’Assurance chômage. Dominique Baudis avait pourtant demandé que soit pris en compte le congé maternité – même non indemnisé – dans le cumul des heures d’intermittence. Normalement, le congé maternité ou maladie de tout salarié compte pour cinq heures de travail par jour. Cela doit permettre d’atteindre les 507 heures nécessaires pour renouveler son régime annuel si on n’est pas loin du compte avant l’arrêt de travail. Dans ma situation, il fallait repartir à zéro : refaire 507 heures pour toucher les assedics seulement l’année suivante.

Financièrement, on met deux ans à se remettre d’une telle situation. J’ai dû emprunter 7 000 euros à ma famille. Comme on n’a plus de boulot, on ne trouve plus de place en crèche et on ne peut plus faire garder ses enfants, donc on n’a pas le temps de chercher du travail. C’est insupportable : on n’a plus aucun revenu parce qu’on a eu un gosse. Sans ressources, certaines dépriment comme des dingues ; moi je me suis servi de ma colère pour avoir gain de cause et apprendre la lutte collective. »

 

Paru dans Télérama.fr


En savoir plus sur http://www.telerama.fr/scenes/paroles-d-intermittents-c-est-insupportable-de-perdre-son-revenu-parce-qu-on-a-eu-un-gosse,113671.php#3oTI7Yk23bZvoz1V.99

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June 15, 2014 5:42 PM
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Jack Lang : "L'accord sur l'intermittence tourne le dos à nos convictions"

L'ancien ministre de la Culture, Jack Lang, était l'invité de Clara Dupont-Monod à 7h50 sur France Inter. Plus d'infos : http://www.franceinter.fr/emission-linvite-de-7h50-jack-lang-le-regime-de-lintermittence-est-un-vivier-de-talents
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June 15, 2014 5:33 PM
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Ariane Mnouchkine sur France Culture

Ariane Mnouchkine sur France Culture | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Ce soir, nous sommes à la Cartoucherie de Vincennes, où se joue Macbeth, de Shakespeare. C’est Ariane Mnouchkine qui signe la mise en scène.

Nous sommes venus rencontrer la directrice du Théâtre du Soleil et fêter, avec elle, les cinquante ans de sa compagnie.  Nous parlerons de Shakespeare, bien sur, qu’Ariane Mnouchkine n’hésite pas à qualifier de génie.  


Et il nous a paru impossible de mener ces Changements de décor sans évoquer aussi avec elle le conflit qui agite depuis quelques semaines le monde du théâtre, conflit qui oppose les intermittents du spectacle au gouvernement et menace d’annulation les festivals d’été.



par Joëlle Gayot pour son émission Changement de décor sur France Culture
CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION (29 mn) EN CLIQUANT SUR LE BOUTON ROUGE DE LA PAGE DE L'ÉMISSION
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June 12, 2014 5:47 PM
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Les sociétaires et pensionnaires de la Comédie-Française prennent position

Les sociétaires et pensionnaires de la Comédie-Française prennent position | Revue de presse théâtre | Scoop.it

La Troupe de la Comédie-Française tient à faire savoir sa solidarité avec les coordinations d’intermittents, et son soutien à leur mouvement, à Montpellier comme ailleurs. Le régime d’intermittence que nous avons connu, que nous voulons défendre comme on défend une valeur et un honneur, nous a tous permis de faire notre métier, de créer, de participer et d’aider à la création, d’éprouver notre appartenance au monde artistique en son entier, monde qui va de la compagnie émergente aux théâtres nationaux, de la recherche expérimentale aux ors et rouges des salles académiques. C’est très exactement ce régime qui autorise à la fois une solidarité de fait, une efficacité de production, une liberté d’agir, et un esprit, qui seul aujourd’hui nous fait encore penser et dire que la culture en France est vivante, créative et partagée.

Si nous, Sociétaires et Pensionnaires de la Comédie-Française ne sommes pas directement des intermittents, (quoique en dehors du système d’indemnisation, nous cotisons, en sommes heureux et fiers), nous savons naturellement que nous serons tôt ou tard appelés à le redevenir, et qu’il est essentiel à la survie artistique et sociale de nos professions (acteurs et techniciens de théâtre, de cinéma ou de télévision, circassiens, musiciens et danseurs, etc) que ce système soit maintenu dans sa spécificité, telle que la régissent les annexes 8 et 10.

Il faut faire admettre une fois pour toutes qu’en Art les plus « précaires » des agents sont organiquement liés aux plus « installés » de ceux-ci, car c’est la même cause, le même idéal que nous servons, pièce, ballet, film, spectacle ; aucune entreprise artistique, la plus riche, la plus prestigieuse soit-elle, ne se fait sans intermittent, et sans intermittent « précaire » ; des uns aux autres, il y a interdépendance, solidarité, communauté de vue et de destin. Utopie ? Oui, de ce point de vue, chaque film, chaque pièce, chaque spectacle est une utopie réalisée. Il faudrait une fois pour toutes arracher des têtes pensantes mais ignorantes que l’intermittent précaire serait le moins légitime et que l’exclusion de celui-ci affermirait et le régime et la profession. Cette grave erreur de perception semble hanter les esprits que le régime d’intermittence agace.

Nous savons que les faibles économies qui seraient tirées de la refonte proposée en ce moment auraient des conséquences catastrophiques. Il est bien désolant d’avoir à redire tout cela, qui était supposé connu depuis 2003, à la différence près que le gouvernement était à droite.

Les coordinations ont des propositions, faisons en sorte qu’elles soient écoutées. Sortons de cette situation rapidement, l’urgence est réelle, si nous ne voulons pas aboutir au même résultat qu’il y a onze ans.

Nous, Troupe de la Comédie-Française, ne défendons pas un intérêt corporatiste. C’est ni plus ni moins la Culture en tant que valeur et en tant que réalité sociale qui est ici en cause.


En savoir plus sur http://www.telerama.fr/scenes/intermittents-le-debat-continue,113459.php#FApVggSYRwOkyhER.99

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June 11, 2014 4:48 PM
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Jane Birkin, en soutien aux intermittents, annule son spectacle à Montpellier

Jane Birkin, en soutien aux intermittents, annule son spectacle à Montpellier | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Jane Birkin annule le spectacle "Gainsbourg, Poète majeur" qu'elle devait proposer le 22 juin au Printemps des Comédiens à Montpellier en soutien aux intermittents du spectacle. 

"Jane Birkin soutient la cause des intermittents du spectacle et a donc décidé d'annuler sa représentation à Montpellier", a annoncé la production de son spectacle "Les visiteurs du soir". A quoi ressemble Gainsbourg quand on oublie la musique pour ne plus qu'entendre le bruissement des mots : telle était l'idée de cet hommage inédit à Serge Gainsbourg avec, comme lecteurs d'une soixantaine de textes, Jane Birkin, Michel Piccoli et Hervé Pierre, de la Comédie Française.


Une AG prévue jeudi matin

Au Printemps des Comédiens, où les intermittents sont en grève depuis le 3 juin pour protester contre la nouvelle convention d'assurance chômage, une assemblée générale est prévue jeudi matin pour décider de la suite du mouvement. Selon le site internet du festival, de nombreux spectacles sont d'ores et déjà été annulés par les artistes, de "Capital", programmé de vendredi à dimanche et signé Sylvain Creuzevault, à "Morsure" de la compagnie Rasposo, prévu entre le 13 et le 19 juin.

Mardi, plusieurs équipes avaient rejoint le mouvement: celle du "Misanthrope" mis en scène par Jean-François Sivadier et à l'affiche jeudi, vendredi et samedi, celle de "Nous sommes seuls maintenant" du collectif In vitro, qui devait se jouer vendredi et samedi, celle d'un "Métier idéal", un projet de et avec Nicolas Bouchaud qui jouait aussi dans le Misanthrope, au programme les 17 et 18 juin, et enfin celle des "Balayeurs de l'aube", mis en scène par Evelyne Didi pour la dernière semaine du festival.

"Ce n'est pas le médiateur qui va régler la situation"

"Tous les voyants sont au rouge. Les intermittents du festival +in+ d'Avignon menacent de faire grève. La première journée du festival Rio Loco de Toulouse est annulée. Le gouvernement doit se réunir et essayer de trouver une stratégie gagnante", a affirmé Paul-Marie Plaideau, un des porte-parole de la coordination des intermittents héraultais. "Ce n'est pas le médiateur qui va régler la situation. On ne connaît même pas sa feuille de route. Et en plus, il s'est prononcé pour l'accord", a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le conseil d'administration du Printemps des Comédiens a dit se refuser à prononcer "l'annulation" du festival, "circonstance qui le rendrait redevable du paiement de prestations non effectuées". Le conseil a précisé qu'il avait décidé "de ne pas acquitter aux intermittents, artistes et compagnies les engagements financiers prévus aux divers contrats (...) et de prendre toute mesure destinée à limiter autant que possible les dépenses à venir".

 


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June 11, 2014 9:43 AM
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Des intermittents nus accueillent Aurélie Filippetti à Guise

Des intermittents nus accueillent Aurélie Filippetti à Guise | Revue de presse théâtre | Scoop.it
A Guise (Picardie), la ministre de la Culture a été accueillie mardi midi par plusieurs dizaines d'intermittents dans le plus simple appareil. Ils protestaient ainsi contre la réforme de leur statut. La trentaine de manifestants nus venaient du festival d'arts de la rue "Furies", organisé de ce mardi à samedi à Châlons en Champagne, où plusieurs compagnies ont annulé leurs spectacles.

 

 

Laure Narlian pour Culturebox.tv

10 juin 2014

 

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June 11, 2014 8:59 AM
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Intermittents : le Festival d'Avignon menacé

Article du Monde paru mercredi 11 juin :

 

A Paris, Toulouse ou Montpellier, les actions se multiplient, en vue d'obtenir le non-agrément de l'accord du 22 mars sur l'assurance-chômage

 

 

 

La machine serait-elle en train de s'emballer contre l'accord du 22 mars sur l'assurance-chômage, et tout particulièrement contre les nouvelles annexes VIII (techniciens) et X (artistes) de l'Unedic ? On serait tenté de le croire, à lire les communiqués annonçant l'annulation de tel ou tel spectacle, ou à découvrir les initiatives parfois inattendues des collectifs d'intermittents.

La mobilisation est partie du Printemps des comédiens, à Montpellier, en grève depuis mardi 3 juin, avec désormais une quinzaine de spectacles annulés, soit presque la totalité de cette 28e édition, qui devait se tenir du 3 au 29 juin. Les salariés du festival peuvent à présent déclarer : " Nous ne sommes plus seuls maintenant ", en clin d'œil au titre de l'un des spectacles annulés – Nous sommes seuls maintenant, mis en scène par Julie Deliquet.

Le dernier communiqué a été envoyé aux rédactions, mardi 10 juin, à 23 h 50, et il retiendra l'attention du gouvernement. Il émane en effet des intermittents du festival " in " d'Avignon. Mardi 10 juin, ils se sont réunis avec le nouveau directeur du festival, Olivier Py, ainsi qu'avec la nouvelle maire (PS) Cécile Helle, le syndicat CGT et la Coordination des intermittents et précaires (CIP).

A l'issue de la rencontre, le personnel du festival " in " a clairement brandi la menace de la grève. Le spectre de l'annulation du festival, en 2003, ressurgit. " Si l'Etat devait agréer l'accord du 22 mars, nous nous réservons la possibilité d'appliquer notre droit de grève dès le 4 juillet ", soit dès l'ouverture du festival, " et le gouvernement en assumera les conséquences ", écrivent les salariés du " in ".

Ils rappellent, comme tant d'autres, que François Rebsamen avait signé en faveur des propositions alternatives sur l'assurance-chômage des intermittents, quelques semaines avant de devenir ministre du travail. " Ce désaveu marque une rupture avec les positions soutenues par le Parti socialiste concernant les enjeux de la culture dans notre société et notre quotidien ", ajoutent-ils. Dans une lettre dévoilée par Le Mondele 3 juin, Olivier Py a demandé au premier ministre, Manuel Valls, de prononcer " un moratoire " sur l'accord du 22 mars, et de rouvrir les négociations.

Le robinet, lui, est ouvert. Pour l'instant, c'est du goutte-à-goutte, avec une dizaine de communiqués par jour. Mais c'est le signe que la nomination, le 7 juin, par le premier ministre Manuel Valls, du député (PS) Jean-Patrick Gille, chargé d'une " mission de propositions " sur les annexes VIII et X, dans un délai serré de quinze jours, n'a pas apaisé les tensions. Au contraire : Jean-Patrick Gille s'étant déclaré favorable à l'agrément de l'accord du 22 mars, il est perçu avec une certaine méfiance par les professionnels de la culture mobilisés. Toutefois, le plus gros syndicat des employeurs du spectacle vivant, le Syndeac, a fait savoir, dans un communiqué, sa disponibilité et sa bonne volonté pour coopérer avec la mission Gille.

En attendant, les annulations de spectacles se multiplient. Huit théâtres toulousains ont voté la grève, mercredi 11 juin, et demandent le non-agrément de l'accord sur l'assurance-chômage : le Théâtre du Grand Rond, Le Hangar, Le Ring, le Théâtre du Chien blanc, le Théâtre du Pont-Neuf, la Cave Poésie, le Théâtre du Pavé et Le Fil à Plomb. Mardi, la soirée d'ouverture du festival d'Anjou a aussi été annulée. Le même jour, les employés d'Illumination Mac Guff, le studio de fabrication de films d'animation 3D – Moi, moche et méchant 1 et 2, Lorax – ont voté à l'unanimité la grève pour le 16 juin, journée nationale de mobilisation. Dans un communiqué, ils soulignent : " Le régime spécifique de l'intermittence permet à la France de conserver sa diversité culturelle et de réunir les conditions nécessaires pour créer des films internationalement reconnus. "

Aux moyens d'action " traditionnels " s'ajoutent des initiatives plus incongrues. Ainsi, mardi 10 juin, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, en déplacement au Familistère de Guise, dans l'Aisne, a été accueillie par des intermittents nus, rapporte leCourrier Picard. Plus tôt, ils avaient décidé, " la mort dans l'âme ", de faire grève au festival Furies, à Châlons-en-Champagne.

Dans le même temps, à Paris, les membres du comité d'experts de la direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France, l'antenne du ministère de la culture en région, ont décidé " à l'unanimité ", mardi, de refuser de siéger en commission les 10, 11 et 12 juin. " Nous refusons de siéger pour donner nos avis artistiques dans ce contexte alarmant ", expliquent ces professionnels chargés de distribuer les aides aux compagnies ou aux établissements culturels franciliens. Parmi les signataires, figure Caroline Marcilhac, directrice de Théâtre Ouvert, à Paris, et ancienne directrice de production du Festival d'Avignon, entre 2003 et 2011.

Ils demandent le non-agrément de l'accord du 22 mars : " La destruction progressive du régime des intermittents accélère la déchirure du tissu culturel français. Nous constatons dans le même temps en Ile-de-France, sur les trois dernières années, une diminution globale du nombre de compagnies conventionnées ainsi que des moyens qui leur sont attribués. Nous dénonçons donc le désengagement global de l'Etat dans le champ artistique et culturel, et sommes révoltés par le refus du gouvernement de prendre la mesure des effets qualitatifs et quantitatifs de cette politique. "

Clarisse Fabre

 

© Le Monde

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June 10, 2014 7:52 PM
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En soutien aux intermittents, Nicolas Bouchaud ne joue plus

En soutien aux intermittents, Nicolas Bouchaud ne joue plus | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Comédien reconnu en France et à l'étranger, il ne recule pas devant l'annulation de ses propres spectacles « pour être en accord avec les textes » qu'il joue, de Molière à Serge Daney.``



Règle numéro un, ne pas se poser de questions : « Il faut résister. » Règle numéro deux, accepter tout de même que le doute s'installe : « Chaque jour, je me demande si j'ai pris la bonne décision. On s'écoute tous pendant les assemblées générales. Ce sont des moments d'intelligence collective, c'est extraordinaire. » Ainsi va Nicolas Bouchaud, militant de la cause des intermittents du spectacle, en ces heures de tourmente et de solitude. Car il est bien le seul comédien emblématique du théâtre public à dire haut et fort ce qu'il pense, jusqu'à se tirer une balle dans le pied, annuler un spectacle.

Philippe Torreton, tout engagé qu'il soit, continue de jouer Cyrano de Bergerac, tous les soirs, au Théâtre de l'Odéon à Paris (mis en scène par Dominique Pitoiset, jusqu'au 28 juin).

Nicolas Bouchaud, lui, ne jouera pas Le Misanthrope à Montpellier. Mardi 10 juin au matin, il a tenu à annoncer la nouvelle en personne, avec le metteur en scène Jean-François Sivadier. Durant l'assemblée générale du Printemps des comédiens, en grève depuis le 3 juin, le comédien a déclaré que les représentations du Misanthrope étaient annulées les 12, 13 et 14 juin. Et qu'il ne monterait pas sur scène non plus les 17 et 18 juin, pour un autre projet qui lui vaut autant de succès : Un métier idéal, journal d'un curé de campagne, mis en scène par Eric Didry, d'après un ouvrage de l'écrivain John Berger et du photographe Jean Mohr (éd. L'Olivier, 2009).

 

« C'EST UN ACCORD PROFONDÉMENT INJUSTE »

C'est le moment, répète-t-il. Il faut plonger la scène dans l'obscurité et déplacer le projecteur sur « le » problème : l'accord sur l'assurance-chômage du 22 mars. « C'est un accord profondément injuste et le gouvernement ne doit pas l'agréer », commence-t-il au téléphone. Le 2 juin, le soir de la cérémonie des Molières, Nicolas Bouchaud a déclenché la colère du ministre du travail, François Rebsamen, en lui décernant le« Molière de la trahison ». Car, quand il était « seulement » maire de Dijon, François Rebsamen avait signé les propositions alternatives pour l'assurance-chômage des intermittents du spectacle. Devenu ministre, il a enclenché la procédure d'agrément de l'accord signé le 22 mars par les partenaires sociaux, lequel se situe aux antipodes.

« Ce gouvernement est fou ! Il se heurte au monde de la culture, qui a toujours soutenu la gauche », lâche-t-il quelques minutes avant l'assemblée générale extraordinaire de 14 heures, où il a pris la parole pour lire un texte rédigé par toute l'équipe du Misanthrope. « Si le gouvernement n'agrée pas l'accord, ce ne sera pas considéré comme un recul. Au contraire, il opèrerait un retour en force dans l'opinion. »


« UN PACTE AVEC LE DIABLE...  »

Depuis la précédente crise des intermittents, en 2003, il sait que l'accord est injuste. Mais avec l'accord de 2014, poursuit-il, « c'est tout l'accord qui est mauvais. Il aura des conséquences dramatiques pour tout le monde, salariés du régime général, intérimaires, intermittents, précaires. Avec ses 2 milliards d'euros d'économies à la clé, il fait partie intégrante du Pacte de responsabilité signé avec le Medef. Un pacte avec le diable… »

On l'imagine les cheveux encore plus dressés sur la tête qu'à l'ordinaire. Sa longue carcasse et ses grands yeux n'ont jamais hanté les couloirs des partis politiques ou des syndicats. « Je n'ai jamais été encarté », dit-il. Mais il garde en mémoire le passé militant de son grand-père, à la CGT, puis de son père. Fils du metteur en scène Jean Bouchaud et de la comédienne Danielle Girard, il descend régulièrement dans la rue depuis les lois Devaquet de 1986.

C'est générationnel, il a 47 ans. Cet acteur qui est capable de « tout » jouer, de Labiche à Shakespeare – il a incarné Le Roi Lear dans le « in » d'Avignon en 2007, mis en scène par Sivadier – ne redoute visiblement pas de se « griller » dans la profession. Laquelle, pour l'instant, demeure plutôt prudente et se contente de signer des tribunes. Il est peut-être hors d'atteinte, en orbite, du fait justement de son succès : ses spectacles tournent en France et dans le monde.

« EN ACCORD AVEC LES TEXTES QUE JE DIS SUR SCÈNE »

Ce fut le cas de La Loi du marcheur (2010), d'après un livre d'entretiens entre Régis Debray et le critique de cinéma Serge Daney (éd. Les Solitaires intempestifs). Il avait cette capacité de prendre le spectateur à témoin. Comme il essaie de le faire aujourd'hui, en annulant quelques représentations de ses pièces. Depuis, plus rien ne semble l'arrêter. « Il s'agit aussi d'être en accord avec les textes que j'apprends et que je dis sur scène », dit-il, en citant justement Un métier idéal.

 

Dire ce que l'on fait, et faire ce que l'on dit, c'était la phrase de l'ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin (1997-2002), qui, lui, s'intéressait à la scène politique. Les ministres du gouvernement actuel l'ont-il appelé pour comprendre sa position ou lui faire entendre raison ?« Absolument pas, répond-il, mais j'aurais des choses à leur dire. »

 

 
Clarisse Fabre 
Reporter culture et cinéma
Article paru dans Le Monde du 10.06 


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June 8, 2014 7:06 PM
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Intermittents : Jean-Patrick Gille joue les pompiers

Intermittents : Jean-Patrick Gille joue les pompiers | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Social . Alors que les professionnels menacent d’une grève nationale, un médiateur a été nommé.

 

Le gouvernement, interpellé à plusieurs reprises par les intermittents du spectacle, s’est jusque-là peu manifesté, se montrant plutôt disposé à entériner la réforme de leur régime signée en mars par le patronat et trois syndicats (lireLibérationdes 7 et 8 juin). Devant la montée de la colère et les grèves qui ont touché notamment le festival Le Printemps des comédiens, à Montpellier, il se devait de faire un geste.

Il a confié au député PS d’Indre-et-Loire Jean-Patrick Gille, auteur en 2013 d’un rapport sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques, une mission de dialogue, alors que les professionnels opposés à la future convention chômage ont déposé un préavis de grève nationale pour tout le mois de juin. Dans un communiqué daté de samedi, Matignon précise que le médiateur doit conduire la mission «avec toutes les parties concernées» et remettre ses propositions au gouvernement «sous quinze jours».

Le temps est en effet compté pour tenter de résoudre la crise avant les festivals d’été, puisque la convention doit être examinée le 18 juin par le Conseil national de l’emploi, avant une signature par le ministre du Travail prévue à la fin du mois.

 

«Précarité». 

Toujours selon Matignon, le médiateur Jean-Patrick Gille devra«formuler des propositions pouvant répondre aux difficultés qui seraient le cas échéant identifiées à l’issue de cette analyse» et «proposer une méthode pour la concertation tripartite Etat-syndicats-patronat prévue par l’accord sur les moyens de lutter contre la précarité dans les secteurs concernés par les annexes 8 et 10».

La ministre de la Culture, s’exprimant le 8 juin dans les colonnes Journal du dimanche, a rappelé que «la gauche ne laisse pas tomber la culture. Je me bats pour préserver les moyens de la création. Si le ministère de la Culture a depuis deux ans participé à l’effort de redressement de nos comptes publics, il faut aussi prendre la mesure du poids de la culture pour l’activité économique et l’emploi.» Dans son agenda ministériel, Aurélie Filippetti a prévu de s’entretenir mercredi avec les présidents des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat. Le médiateur Gille, quant à lui, estime que le contexte n’est pas comparable à celui qui avait engendré l’annulation de la saison des festivals en 2003.

Dialogue. 

 

Le geste tardif du gouvernement suffira-t-il à calmer la situation et à éviter la grève nationale annoncée ? Les intermittents, désormais largement soutenus par le monde du spectacle, sont actuellement divisés entre deux positions. Soit une grève dure, soit le maintien des spectacles accompagné d’un dialogue avec le public.

Il faudra à Jean-Patrick Gille beaucoup d’habileté diplomatique pour désamorcer la crise. Le député a pour lui une parfaite connaissance du dossier. Son rapport sur les métiers artistiques avait à l’époque été salué, aussi bien par les parlementaires que par la Coordination des intermittents.

Au Printemps des comédiens, à Montpellier, les intermittents ont reconduit la grève jusqu’à mardi lors d’une assemblée générale, dimanche, durant laquelle des intervenants ont estimé que la nomination de Jean-Patrick Gille était un «rideau de fumée».

 

Marie-Christine Vernay pour Libération du 9 juin

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June 15, 2014 7:16 PM
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Intermittents: faut-il s’entêter à réformer ce régime?

Intermittents: faut-il s’entêter à réformer ce régime? | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Les économies prévues sont de 150 millions d’euros. Mais que représente cette somme au regard des enjeux en cours?

 

 feu et à sang pour 150 millions d’euros: c’est le montant des économies qui doivent résulter de la réforme du régime des intermittents, et qui met en émoi le monde du spectacle depuis plusieurs semaines. La somme est importante, surtout en période de disette budgétaire. Mais que représente-t-elle réellement, rapportée aux enjeux en cours, voire aux autres politiques publiques?

 

Le régime de l’assurance chômage était en déficit de 4 milliards d’euros en 2013. L’accord trouvé par le patronat et trois syndicats, le 22 mars dernier, doit aboutir à près de 400 millions d’euros d’économies par an. Le gain opéré sur les seuls intermittents représente donc presque la moitié des économies réalisées sur l’ensemble de l’assurance chômage. Mais 3,7% seulement du déficit global de l’Unedic.

Autrement dit, le jeu en vaut-il la chandelle? Faut-il s’entêter à vouloir réformer ce régime, avec tous les risques que cela comporte, pour réduire d’à peine 4% le déficit de l’Unedic ? Risques immédiats et conjoncturels, d’abord, avec l’annulation de plusieurs festivals cet été. Nombre de territoires vont ainsi vivre une saison noire cette année suite à ces annulations, qui impacteront l’ensemble de la filière touristique (commerces, hôtellerie, restauration…). Risques de plus long terme, avec la fragilisation d’un secteur, la culture, qui représente 3,2% du PIB (60 milliards de valeur ajoutée), soit sept fois la valeur ajoutée de l’industrie automobile, et qui emploie, directement, 670 000 personnes.

Ces économies interrogent aussi par rapport aux autres politiques en cours. Le gouvernement s’est ainsi engagé à diminuer de 40 milliards d’euros la pression fiscale et sociale des entreprises. Pour le seul CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi), d’un montant de 20 milliards, les estimations en termes de créations d’emplois varient, d’ici cinq ans, de 150 000 selon l’OFCE à 300 000 selon l’Insee. Soit un coût compris entre 133 300 et 66 660 euros par emploi.

Le régime des intermittents, de son côté, qui représente un surcoût de 300 millions d’euros pour l’Unedic, selon un rapport parlementaire (1), permet de sécuriser le travail d’un peu plus de 100 000 personnes, pour une facture de 3000 euros par emploi. Soit 22 à 44 fois moins que les emplois espérés avec le CICE. Et pour des postes de travail, eux, bien réels.

Alors certes, l’assurance chômage relève des seuls partenaires sociaux et n’a pas vocation, considèrent certains, à subventionner tel ou tel secteur. Pour autant, alors qu’un outil qui a plutôt fait ses preuves permet de faire vivre toute une filière pour un coût finalement peu important, l’on s’échine aujourd’hui à le mettre à terre. La France a-t-elle, en ce moment, tant de secteurs de l’économie à ce point florissants qu’elle puisse se permettre de fragiliser ce qui fonctionne déjà ? Tout en s’apprêtant, parallèlement, à déverser des dizaines de milliards d’euros de façon aveugle dans le cadre du pacte de responsabilité ?

Car il y a aussi un lien entre les deux dossiers. Le déficit de l’assurance chômage entre en effet dans le calcul du déficit public de la France. Or tout ce que l’on accorde, d’un côté, aux entreprises par la baisse de la fiscalité vient creuser ce déficit, conduisant, d’un autre côté, à un effort d’autant plus important sur les dépenses pour le réduire, et en l’occurrence celles de l’assurance chômage.

Cet épisode, enfin, en dit long sur la faiblesse politique de ce gouvernement. Alors même qu’il s’est engagé à mettre en œuvre la plus grande baisse d’impôt et du coût du travail jamais accordée aux entreprises (40 milliards), il est incapable d’obtenir du patronat, en échange, qu’il en rabatte sur 150 millions d’euros. Quitte à en supporter le coût social en termes d’emplois, mais aussi politique, dans un secteur qui lui est (ou était) plutôt acquis.

 (1) Si le régime spécifique des intermittents affiche un déficit facial de plus d’un milliard d’euros par an, son surcoût réel est en fait trois fois moins important. En effet, de par la spécificité de leurs métiers, les intermittents, s’ils sont reversés dans le régime général, continueraient, comme tous les précaires, à «coûter» plus qu’ils ne contribuent. Et l’Unédic n’économiserait alors que 320 millions d’euros (rapport parlementaire du député PS Jean-Patrick Gille, portant sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques, 2013).



Luc PEILLON,  Libération du 14 juin

 

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June 15, 2014 6:24 PM
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Christophe Honoré : “Les intermittents se sentent trahis et la colère gagne”

Christophe Honoré : “Les intermittents se sentent trahis et la colère gagne” | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Christophe Honoré a signé la lettre ouverte des cinéastes adressée à François Hollande et Manuel Valls. Il nous en dit plus sur son soutien au mouvement des intermittents.

 

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En savoir plus sur http://www.telerama.fr/cinema/christophe-honore-les-intermittents-se-sentent-trahis-et-la-colere-gagne,113694.php#QFsuFfu9dRm1wKd1.99

 

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June 15, 2014 6:03 PM
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Crise des intermittents : panique, « feu au lac » et poker menteur

Crise des intermittents : panique, « feu au lac » et poker menteur | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Gouvernement aux abois, partenaires sociaux divisés, artistes et techniciens mobilisés : états des lieux avant la grande journée d'action du 16 juin.

 

Le Monde du 14 juin

 

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June 15, 2014 5:54 PM
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Les intermittents défilent dans les rues d'Aix-en-Provence

Les intermittents défilent dans les rues d'Aix-en-Provence | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Quelque 300 salariés du festival d'Aix-en-Provence, le plus grand festival français d'opéra, ont manifesté samedi matin dans les rues de la cité provençale afin "de sensibiliser le public sur la situation des intermittents et de la Culture", a constaté un photographe de l'AFP. Entre-temps, la grève a été reconduite pour 72 heures au Printemps des Comédiens, à Montpellier.

 

Culturebox sur Franctvinfo du 14 juin

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June 15, 2014 5:45 PM
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Communiqué de presse du personnel du Festival d’Avignon

L’ensemble du personnel du Festival d’Avignon a décidé à la majorité, lors d’une assemblée générale extraordinaire, d’une journée de grève et d’actions pour ce lundi 16 juin.

Cette mobilisation générale de tous les professionnels du spectacle, permanents et intermittents, s’inscrit dans le cadre d’un appel à la grève nationale, en opposition à l’accord Unédic du 22 mars visant la réforme de l’assurance chômage.

Nous jugeons cet accord injuste et nous sommes déterminés à ce que les négociations reprennent dans le dialogue et le respect de tous (intermittents, intérimaires, vacataires, demandeurs d’emploi), avant que le manque de considération ne mène à la mise en danger des festivals de l’été, dont l’annulation serait un grand préjudice pour tous.

Dans l’espoir et la volonté d’accueillir les artistes ainsi que le public du Festival dans de bonnes conditions, nous continuons à œuvrer à la mise en place du Festival.

Nous restons toutefois très vigilants, et plaçons entre les mains du gouvernement l’avenir de l’édition 2014 du Festival d’Avignon.

Avignon, le 14 juin 2014

 

 

Recueilli par

Les Trois Coups

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June 15, 2014 5:39 PM
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Intermittents : "Ma mission n'est pas de renégocier"

Intermittents : "Ma mission n'est pas de renégocier" | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Nommé médiateur, le député socialiste, Jean-Patrick Gille, craint une "alliance objective entre le Medef et les précaires". Interview. réalisée le 9 juin par Donald Hébert pour le Nouvel Obs.

 

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June 13, 2014 2:39 AM
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Intermittents: le médiateur consulte, soutien de Lang et de la Comédie-Française

Intermittents: le médiateur consulte, soutien de Lang et de la Comédie-Française | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Le médiateur nommé pour tenter de déminer le conflit des intermittents «cherche la quadrature du cercle», selon la CGT qui l’a rencontré jeudi, alors que Jack Lang et la Comédie-Française ont apporté leur soutien au mouvement.

Le député socialiste Jean-Patrick Gille, chargé du dossier ce week-end par le gouvernement, a entamé une série de discussions avec les partenaires sociaux. Il a reçu jeudi la CGT, la CFDT, l’Unsa, le Medef et le Syndeac (entreprises du spectacle vivant, non membres du Medef et favorables à une réforme alternative du régime proposée par le comité de suivi de l’intermittence).

«Il n’a pas pour l’instant de solution parfaite, mais il reconnaît que nos propositions (élaborées par le comité de suivi de l’intermittence, ndlr) sont justes et devraient être étudiées. Maintenant, il cherche un moyen de faire en sorte qu’elles le soient», a déclaré à l’AFP le secrétaire général de la CGT-Spectacle Denis Gravouil.

 

AFP, à paraître dans Libération du 13 juin

 

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June 11, 2014 4:55 PM
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Un intermittent répond à Rodrigo Garcia : “Il n'y a que les rapports de force débiles qui font bouger les choses”

Un intermittent répond à Rodrigo Garcia : “Il n'y a que les rapports de force débiles qui font bouger les choses” | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Après la lettre-polémique écrite par Rodrigo Garcia, nous publions ce témoignage d'un comédien engagé dans la lutte des intermittents, qui répond directement au metteur en scène.

 

 

Salut Rodrigo,

 

Je te connais, je connais ton travail, je t'admire pour ce que tu fais et ce que tu défends dans cet art qui est aussi le nôtre.

Je te prie de vraiment croire à mon amitié et ma sincérité à ton égard.

Pour ma part, tu ne me connais pas et tu ne peux pas m'admirer mais on s'en fout.
Par contre quand j'ai lu ta lettre, je me suis senti heureux que tu te sentes comme une merde, car ça veut dire que tu ressens un peu ce que je ressens depuis dix ans de lutte. 
Car moi aussi je me sens comme une merde.

Comme une merde, quand je dois accepter de faire de la figuration pourrie à deux heures de voiture de chez moi, l'essence non payée pour glaner quelques heures de plus. Comme une merde, quand je fais des sourires pour espérer trouver un rôle que je ne trouve pas car c'est toujours trop tard. Comme une merde, quand je fais des ateliers à des gosses qui s'emmerdent et qui considèrent le théâtre comme une bonne raison pour faire péter les cours, même si je sais que j'ai commencé le théâtre comme eux. Comme une merde, quand je suis à découvert au dixième jour du mois. Comme une merde, quand ma famille me demande pourquoi je ne suis pas encore une star, pourquoi je ne passe pas à la télévision, pourquoi je ne fais pas du cinéma. Comme une merde, lorsque je leur réponds que je ne veux pas devenir un commercial de moi-même et qu'ils se foutent de ma gueule en me disant qu'aujourd'hui tout le monde fait ça. Comme une merde, lorsque les spectacles que nous montons avec mes camarades ne tournent pas, parce que c'est pas assez ça ou c'est trop ceci. Comme une merde, quand j'appelle dix fois un directeur pour qu'il accepte de lire mon pauvre dossier pourri, comme une merde, lorsque je comprends qu'il n'en à rien à foutre de mon travail et qu'il se prend pour mon père. Comme une merde, lorsque je comprend que ce même directeur est pris à la gorge et que ses subventions se voient coupées d'année en année. Comme une merde, lorsque j'applaudis à la grève les larmes aux yeux mais que je sais pertinemment que ce sera le seul moyen de faire avancer les choses car dans ce pays, aujourd'hui, il n'y a que les rapports de force débiles qui font bouger les choses. Comme une merde, quand j'ai lu ta lettre et que je me suis dis : il a raison, qu'est-ce qu'on est en train de faire ? Comme une merde, devant tout les gens qui auront lu ta lettre et qui me diront : “tu n'as pas honte, espèce de feignasse, d’empêcher les braves gens d'aller se distraire au théâtre !” Comme une merde mec !. Une petite merde dont tout le monde se fout... que je joue, que je ne joue pas... que je sois artiste ou pas, intermittent ou pas... et moi le premier car je sais ce que j'ai à faire pour ma gueule.

Mais Rodrigo, ce qu'on fait aujourd'hui, ce qu'on essaie de faire, c'est pour toi, c'est pour tes potes qui reviendrons jouer la prochaine fois dans ton théâtre ou ailleurs, c'est pour tous ceux qui peuvent dire qu'artiste, technicien, ou une autre activité dans l’Art, c'est un métier, pas un passe temps, UN PUTAIN DE MÉTIER, qu'on peut poser sur la table devant sa belle-mère pour qu'elle ferme sa gueule, devant tout ceux qui croient que le théâtre c'est les vacances, ou simplement écrire “intermittent du spectacle” sur n'importe quel document qui te demande ton métier, au lieu d’écrire “chômeur” car c'est encore ce que l'on est officiellement je te le rappelle.
Bref je vais arrêter là ...

La prochaine fois que tu veux nous dire quelque chose vient nous parler au lieu d'envoyer ta lettre et nous foutre dans la merde, nos AG sont bordéliques mais au moins on s'exprime, si tu fais mieux, si tu sais mieux, viens nous expliquer ta méthode. Nous ça fait dix ans qu'on suit le dossier, qu'on est là, qu'on lâche rien, parce qu'on sait que nos propositions sont justes, parce qu'on sait de quoi on parle, parce qu'on sait ce que c'est que d'annuler un spectacle, ANNULER UN SPECTACLE ! Comme faire péter son usine, ou s'immoler par le feu, ou foutre en l'air plusieurs mois de travail. C'est archaïque et débile ? Mais c'est la seule façon de contrer une politique archaïque et débile, c'est la seule chose qui nous reste après TOUTES NOS TENTATIVES de dialogues, de rencontres, de propositions. La seule action qui nous reste, le “Théâtre”, pour se faire entendre... et sans nous, il n'y en aura plus de théâtre... Plus de théâtre libre, indépendant, engagé ou bordélique comme nos AG ou ton théâtre aussi...

Le théâtre pour se faire entendre, pour nous battre, pour essayer d’améliorer ce pays qui part en sucette, pour faire entendre les voix des chômeurs, des précaires, des intérimaires...
Je ne t'en veux pas Rodrigo mais la prochaine fois, réfléchis un peu avant d’écrire des lettres à trois heures du matin, ma belle-mère les lit....

Tu sais où nous trouver Rodrigo, à bientôt.

Franck Ferrara
Comédien, scénographe, metteur en scène, pédagogue, vacataire, enseignant, intermittent du spectacle et chômeur.


En savoir plus sur http://www.telerama.fr/scenes/un-intermittent-repond-a-rodrigo-garcia,113657.php#6t5Se16X16JcRXlR.99

 

Télérama.fr, le 11/06/2014

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June 11, 2014 9:58 AM
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Le Medef présente :

Le Medef présente : | Revue de presse théâtre | Scoop.it
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CIP-IDF > Infos Grèves mis à jour quotidiennement

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Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France - Régime des intermittents du spectacle - en lutte contre le protocole Unédic du 26 juin (...)
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La question des intermittents : pourquoi ces saltimbanques ne sont pas des profiteurs - Information - France Culture

La question des intermittents : pourquoi ces saltimbanques ne sont pas des profiteurs - Information - France Culture | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Cliquer pour écouter cette chronique de 6 minutes par Edwy Plenel

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Fatale hypocrisie, ou quelques bonnes raisons de soutenir les intermittents en grève

Fatale hypocrisie, ou quelques bonnes raisons de soutenir les intermittents en grève | Revue de presse théâtre | Scoop.it

La tribune de Claude Patriat pour Mediapart :

 

« Il n’y a plus de honte à cela maintenant : 
l’hypocrisie est un vice à la mode, 
et tous les vices à la mode passent pour vertus. »
Molière, Tartuffe, I, 1.

 

 

Shakespeare, dans Le Marchand de Venise, fait dire cette vérité au doge : « Celui qui peut sourire alors qu’on l’a volé vole lui-même quelque chose à son voleur ! » Dans son opiniâtre lutte contre l’intermittence, le MEDEF peut sourire de son forfait. Il semble avoir cédé quelque chose, en feignant d’accepter la pérennité du dispositif de solidarité interprofessionnelle dont il réclamait la suppression. Mais en réalité il a, subrepticement et hypocritement, introduit une bombe à retardement qui fera inéluctablement imploser le système. Hypocrite, en effet, est l’introduction du différé d’indemnisation. Et pour tout observateur de bonne foi, parfaitement stupide. Transposer un système de carence dans une institution destinée précisément à compenser les carences inévitables de professions condamnées à travailler dans la discontinuité relève soit de l’imbécillité, soit de la vilénie. Un peu comme si marchant avec un cul-de-jatte vous demandiez à celui-ci d’allonger le pas ! Ajoutez à cela le mode de calcul d’un plafonnement (en soi tout à fait admissible) en le faisant porter sur un mois et non sur une longue période, et l’absurdité est à son comble : voilà quelqu’un, par exemple, qui a travaillé trois mois sans salaire et qui touche ses cachets le quatrième mois : au lieu de calculer le plafond en divisant la somme par quatre, vous le faites porter exclusivement sur le quatrième ! Avec ces deux petites dispositions que les signataires de l’accord et le Gouvernement voudraient faire passer pour anodines, c’est en réalité toute la spécificité du régime des intermittents qui vole en éclat.

Tant de stupide contradiction avec la nature des choses pourrait faire éclater de rire. Elle invite à pleurer. Car si le MEDEF, défendant les intérêts de ses grosses fédérations d’employeurs, a sans doute pleinement conscience de sa vilénie, c’est donc que l’imbécillité est ailleurs, chez ceux qui n’ont pas su défendre la cause qu’ils sont censés porter. Pourquoi laisser le patronat pérorer que le régime des intermittents, financé par la solidarité interprofessionnelle, est un privilège ? Pourquoi laisser croire qu’il est injuste parce qu’il ferait supporter par d’autres une charge qui ne les concerne pas ? Pourquoi ne pas rétorquer, en appelant un chat un chat, que le régime d'assurance-chômage des intermittents n’est pas une faveur indue, mais une précieuse aide indirecte à la création artistique ?

C’est peut-être là que l’hypocrisie change de camp. Cela expliquerait que du côté du Ministère de la Culture et de la Communication on préfère éternuer, fermer les yeux et croiser les doigts. Affirmer haut et fort la nature réelle du régime de l’intermittence, assumer son impérieuse nécessité comme un des moyens de l’intervention publique dans le secteur de l’art et de la culture, serait admettre une évidente et naturelle implication de la rue de Valois aux cotés de l’Unedic pour abonder le dispositif. Indiscutablement, le régime des intermittents aboutit à financer indirectement l’action culturelle. Ce financement, contrairement aux insinuations du MEDEF, n’a rien de « détourné » : il s’agit, comme pour les intérimaires et les CDD, de faire jouer la solidarité interprofessionnelle pour compenser certaines formes de précarité. À cette nuance près que dans le cas des intermittents et compte tenu de la spécificité du secteur considéré, il n’y aurait rien de choquant à ce que l’État mette sur pied un fonds de péréquation venant appuyer l’effort de l’assurance-chômage.

Certes, le système a besoin d’être corrigé, et le solide rapport de Jean-Patrick Gille a donné la mesure des ajustements qu’il est possible d’envisager. Mais pour que cette réforme aboutisse, encore faudrait-il que l’esprit et les principes fondamentaux soient préservés et réaffirmés. Soit exactement le contraire de ce que veut le MEDEF — curieusement épaulé par une Cour des Comptes qu’il serait grand temps de rappeler aux limites de son rôle : un contrôle de légalité et de conformité, et non un contrôle de l’opportunité des décisions politiques.

Le régime spécifique des intermittents constitue une des grandes originalités et des grandes forces de l’action culturelle française. C'est aussi probablement un des aspects les plus intelligents du dispositif car en tant qu’aide indirecte à la création il contribue, de façon aussi équitable que possible, à la liberté d’expression des artistes. Le dénaturer dans ses principes, comme le fait l’accord du 22 mars, revient à balayer un élément-clé de l’exception culturelle, élément qui puise son origine aux sources des valeurs fondamentales de notre République.

C’est en regard de ces principes fondamentaux que la résistance des personnels de la culture en grève est légitime, et même vitale pour l’ensemble de la société. Car refuser de rouvrir la négociation sur cet accord hypocrite ne pourrait que couvrir la fatale dévitalisation d’un système condamné inéluctablement à devenir une coquille creuse, vidant d’une part de sa substance le projet de démocratisation culturelle. Et comme le disait Benjamin Franklin dans l’une de ses maximes : « Un sac vide tient difficilement debout ! »

 

Claude Patriat, dans son blog sur Mediapart, 8 juin 2014

 

 

 

Claude Patriat est professeur émérite, ex-président de l'Université de Bourgogne, fondateur de l'Institut Denis-Diderot, l'une des premières formations aux métiers de la culture. 

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