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En dépit d’un vote du personnel et des artistes, les intermittents se sont opposés à la première du festival.
ls sont arrivés dans le noir. Masse silencieuse de près de 200 personnes, qui s’est déployée, dimanche vers 22 heures avant le début du spectacle sur la scène du festival Montpellier Danse avec un certain sens de l’esthétique. Les spectateurs ont applaudi. Longuement. A répétition, et de plus en plus fort. Puis le silence s’est installé. Les intermittents sont restés muets. Aucune déclaration, juste des mots inscrits sur des petites affichettes, brandies à bout de bras. «Grève ou crève», «Je ne suis pas un déficit», «On ne joue plus», «Qui danse ?», «Trahison».... Un quart d’heure de tension dans le silence soudain interrompu par quelques sifflets de spectateurs, avec aussitôt des protestations contre les siffleurs d’une autre partie du public. Une question a fusé : «Alors ça joue?» Silence. Juste des dizaines de regards d’hommes, de femmes, avec ces slogans braqués vers ceux qui étaient venus assister à la création d’Angelin Preljocaj, Empty Moves.
Le maire de Montpellier, Philippe Saurel (divers gauche), s’est levé. Et a quitté l'Agora sans dire un mot. Des spectateurs l’ont imité. Sans un bruit, parfois en lançant quelques quolibets aux grévistes. Ce blocage de la coordination des intermittents en lutte a été décidé en dépit d’un vote interne au personnel et aux artistes de Montpellier Danse préconisant d’autres formes d’action mais pas la grève. Le public encore présent s’est alors divisé. Echanges vifs sur «la légitimité» ou pas du blocage : «Allez travailler», a crié une femme; «N’oubliez pas d’être de gauche» a hurlé un homme. Le danseur et chorégraphe Prejlocaj est monté sur scène. Embarrassé : «Je dis ici ma déception de ne pas jouer mais en même temps, je ne peux pas ne pas soutenir ce mouvement.» Puis se tournant vers les grévistes : «Regardez-les, ils sont très beaux. On ne va pas danser sur eux. (...) Il n’y a pas une démission des artistes. Nous, on voulait danser ; eux, ont une autre position, je la respecte.» C’est enfin, le président du festival, Michel Miaille, qui a pris la parole pour assurer que le festival ne serait pas annulé et que l’on verrait la suite au jour le jour. «Le vent se lève, il faut tenter de vivre», a-t-il conclu en citant Paul Valéry.
Après le Printemps des comédiens qui n’a toujours pas démarré depuis trois semaines, le festival Montpellier Danse (22 juin-8 juillet) est depuis dimanche soir dans l’impasse.
NOUS AVONS TOUT ESSAYÉ, MAINTENANT NOUS SOMMES FURIEUX !
Depuis le 22 mars, nous essayons par tous les moyens de faire entendre, d’une seule voix, l’irrémédiable dégradation des conditions d’accompagnement des plus précaires d’entre-nous qu’entrainerait l’agrément de la convention UNEDIC signée par une « commission paritaire » qui, on le sait, n’en a depuis longtemps plus que le nom.
C’est au nom de TOUS : chômeurs, précaires, intermittents, « bénéficiaires » du RSA ou pire encore de rien du tout [1], que notre colère enfle de jour en jour. Après votre silence, nous n’avons entendu que le murmure d’un engagement qui ne parle jamais d’autre chose que d’art (éventuellement), de Culture (Ah ! LA Culture) et de votre inquiétude pour les intermittents du spectacle.
Ces derniers vous remercient.
Sauf qu’à la suite du gouvernement, vous êtes en train de vous rendre coupable d’une grave méprise par l’omission que vous faites, volontairement ou pas, en ne vous intéressant pas de plus près à ce pourquoi nous sommes en lutte, en grève, ce pourquoi nous provoquons des actions spectaculaires, des blocages pour, inlassablement, tenter de nous faire entendre.
Tandis que la France compte déjà 9 millions de pauvres qui n’ont pas choisi d’être pauvres, tandis que 6 chômeurs sur 10, qui n’ont pas choisi d’être chômeurs, ne touchent pas d’allocation de l’UNEDIC, que la richesse ne circule plus, le gouvernement se dit prêt à agréer un protocole qui entend faire participer les précaires à hauteur de 2 milliards sur le plan d’économie de 50 milliards que le gouvernement a promis au patronat, et vous essayez de sauver les festivals d’aujourd’hui en fermant les yeux sur l’obscène. Ne doutez pas que si ce protocole devait être signé, il gonflerait encore sans délai ces chiffres déjà épouvantables, pour le plus grand profit de l’idéologie inhumaine du MEDEF et de ses semblables au plan international.
Promise par le gouvernement, la concertation de tous les acteurs débutera mardi. Manuel Valls a lui réitéré son appel à ne pas menacer les festivals d'été.
Pour espérer déminer le conflit explosif qui menace la saison des festivals d'été, le gouvernement passe à la vitesse supérieure. La ministre de la culture, Aurélie Filippetti, a annoncé sur France 3, dimanche 22 juin, que la concertation annoncée par le gouvernement avec tous les acteurs du milieu commencera dès mardi, avec pour objectif d'aboutir « d'ici à la fin de l'année ».
Seront réunis autour de la table, selon les vœux formulés par la ministre, la CGT- Spectacle, les autres syndicats et la coordination des intermittents et précaires. « Tout le monde sera entendu pour mettre en place un système plus juste et plus pérenne », a souligné Mme Filippetti.
Après les annonces de Manuel Valls, le gouvernement ira-t-il plus loin pour rassurer les intermittents du spectacle ? La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, répond sur France Info.
Intervention de Stéphanie Marc, porte parole des intermittents du spectacle lors de la fête de la musique 2014 à Montpellier diffusée sur France 2. Patrick Sébastien a également pris la parole pour la défense des interemittents, et s'est adrressé directement à François Hollande, qu'il a tutoyé. .
Le Premier ministre a confirmé jeudi que la convention d'assurance-chômage sera agréée par le Gouvernement, mais a également annoncé la création d'une mission chargée de redéfinir le statut d'intermittent, la prise en charge par l'Etat du différé d'indemnisation et le maintien des crédits budgétaires alloués à la création et au spectacle vivant.
Site officiel de Matignon
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Le premier ministre a dévoilé ses axes de réforme, prenant définitivement la main sur ce sujet « brûlant ».
D’une part, Manuel Valls a confirmé que l’accord du 22 mars sur l’assurance-chômage sera bien agréé par le gouvernement (probablement le 26 juin). C’est une douche froide pour le monde de la culture, car cet accord fait l’unanimité contre lui : en effet, il reconduit, en l’aggravant par un certain nombre de mesures, le « protocole » contesté du 26 juin 2003, lequel avait déclenché l’annulation des festivals d’été.
C’est pourquoi le premier ministre a fait quelques annonces, qu’il qualifie de « main tendue », dans l’espoir de répondre aux inquiétudes. Il a par ailleurs appelé à « la responsabilité de chacun », évoquant implicitement les menaces de grève qui planent sur les festivals d’été.
CLARISSE FABRE, pour Le Monde.fr, 20 juin
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Ma réaction à Manuel Valls. A diffuser sans modération
Le Medef en rêvait, Valls l’a fait A l’heure où Manuel Valls vient de faire sa déclaration, tous les médias s’interrogent sur les festivals. La question n’est pas là. Il s’agit de répondre sur le fond à la grande entreprise de communication menée par le gouvernement. Oui ce sont des communicants mais ce soir les pistes avancées sont dangereuses. Que disons-nous depuis le début ? Depuis 2003 la maison s’écroule. Cette maison c’est l’accord de 2003 qui fait 70% de précarité en plus. Cette précarité est due à des ruptures de droits inédites : pendant 1 mois, 2 mois et beaucoup plus, des intermittents se retrouvent sans droits, passent par la case RSA, font des petits boulots. Cet accord est aussi injuste que coûteux. Ce sont les exclus du régime qui financent les assedics versés aux salariés à hauts revenus. Le scandale n’est pas l’argent qui est dépensé mais comment il est dépensé. Cet accord a été dénoncé par tout le gouvernement lorsqu’il était dans l’opposition. Toute la « gauche » soutenait nos propositions vertueuses, basée sur un principe de redistribution. Sur cette maison croulante a été ajoutée une couche de peinture acide : les 2 mesures qui aggravent le dispositif à savoir un différé d’indemnisation et une surcotisation de 2 % qui impactera fortement les petites structures et tous les salariés. Cette dernière aggravation n’est pas remise en cause. Manuel Valls communique en finançant le différé (une toute petite partie du problème) pendant les quelques mois à venir. Il communique de la même manière que Rebsamen le fait depuis le début en isolant une toute petite partie du problème. Il oublie qu’il renie ses engagements passés, ceux qui nous promettaient de soutenir nos propositions. Oui c’est une immense trahison. Ainsi quand Manuel Valls loue un système « original et protecteur » il est en retard de 11 ans. Hélas le système oublie d’en protéger beaucoup. Ainsi quand Manuel Valls ose dire que « la précarisation est due aux dérives et aux abus » il ment : la précarisation est due au Medef et à la Cfdt qui ont signé un texte mortifère en 2003 aggravé le 22 mars dernier. De plus Manuel Valls osent justifier sa signature de l’accord par les droits rechargeables mis en place dans le régime général qui selon lui « accroissent les droits des plus précaires ». Et bien c’est le contraire qui va se produire. Les droits rechargeables, c’est le rêve du Medef. C’est la course aux petits boulots avec des droits de misère. Et ces droits rechargeables seront néfastes aussi pour les intermittents qui accepteront des petits boulots hors annexes 8 et 10. Lorsque ces droits seront ouverts, toutes les heures de travail effectuées compteront pour le régime général et non pour les annexes. C’est dire à quel point toutes les mesures de cet accord sont liées les unes aux autres. Sur le fond, cet accord est lié au pacte de responsabilité. Sur les 50 milliards d’euros d’économies en 3 ans, 2 milliards d’euros sont réservés à l’assurance chômage. Faire des économies sur le dos des pauvres, c’est la justice sociale voulue par François Hollande et le Medef. Et les intérimaires ont été sacrifiés. Au moment où 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés, comment supporter que ce gouvernement se cache derrière les partenaires « sociaux ». Imaginons que 6 malades sur 10 ne soient pas couverts par la sécurité sociale. Oui cette gestion est un massacre pour tous les précaires de ce pays. Mais la pire des annonces de ce soir et la seule véritable promesse de Manuel Valls est que l’état va participer au financement des annexes 8 et 10. Le Medef et la CFDT en rêvaient depuis longtemps, aucun gouvernement de droite n’avait osé, ces traitres l’ont fait. Ceci est une catastrophe. C’est le début de la caisse autonome. Alors que Manuel Valls a passé le début de son annonce à vanter les retombées économiques du secteur, autrement dit la solidarité interprofessionnelle, autrement dit que tous les emplois générés par nos activités (employés de restaurants, hôtels etc ..) sont des cotisations pour l’assurance chômage, le gouvernement s’apprête à financer une partie des annexes. C’est contraire au principe de solidarité pensé par le Conseil National de la Résistance, où les actifs cotisent pour les inactifs, les travailleurs pour les retraités, les bien portants pour les malades. Ce financement pourra être retiré du jour au lendemain, le jour où l’état le décidera, le jour où les futures élections les renverront dans l’opposition pour longtemps. Ce financement est dangereux et toxique. Hier mercredi 18 juin a eu lieu une réunion historique du comité de suivi à l’Assemblée Nationale. Tous les députés et sénateurs, toutes les organisations ont parlé d’une même voix à Jean-Patrick Gille. Tout d’abord les députés PS entre autres ont rappelé qu’ils ne pouvaient pas critiquer un accord dans l’opposition et le soutenir dans la majorité. Puis nous avons tous insisté sur le fait qu’une discussion ne pouvait avoir lieu si l’accord était agréé. Que se passe-t-il ? Le gouvernement valide le texte pour 2 ans et nous propose à posteriori de discuter. Pourquoi cette table ronde réunissant tous les concernés n’a pas eu lieu avant ? Pourquoi les syndicats signataires ont-ils toujours refusé de nous rencontrer ? Au lieu de cela, on nous propose de nouvelles discussions qui déboucheront sur un nouveau rapport. Nous connaissons tellement cela. Nous avons tout fait, participé à des missions d’informations parlementaires à l’Assemblée et au Sénat, à des commissions, créé le comité de suivi, discuté avec les ministres. Tout cela ne sert à rien. Pourquoi ? Parce que des oligarques tout puissants se réunissent dans les bureaux du Medef pour décider de nos vies, parce que ces intouchables sont redoutés par un état qui se déclare impuissant, obligé de valider toutes leurs réformes au nom du « dialogue social ». Il est urgent que ce paritarisme à la dérive dont les membres signataires ne défendent plus depuis longtemps les premiers concernés soit réformé. L’état qui, pourtant, couvre la dette de l’Unedic si mal gérée n’ose pas prendre la seule décision qui s’impose : remettre en cause le pouvoir insolant de ceux qui participent à rendre les précaires encore plus précaires. A l’heure où notre pays compte 9 millions de pauvres, à l’heure où les politiques d’austérité sont une véritable déflagration, l’état doit faire de l’assurance chômage une grande cause nationale, c’est le meilleur levier contre la précarité. Notre combat est celui de tous, celui de la prise en compte des contrats courts, celui des travailleurs pauvres, celui des laissés pour compte. Notre modèle est attaqué pour ces raisons, nous ne cessons de le dire. Un jour viendra, je l’espère, où la femme de ménage du « quai de Ouistreham » de Florence Aubenas dira NON et se battra pour obtenir des droits qui lui sont refusés. Oui ce que nous défendons, nous le défendons pour tous René Char écrivait : « Signe ce que tu éclaires et non ce que tu assombris » Ce soir, dans sa grande déclaration d’amour pour la culture, Valls a choisi le Medef. Nous n’avons pas les mêmes lectures. La lutte continue Samuel Churin
David Boutry, 44 ans, est technicien polyvalent : régisseur de scène, monteur de chapiteau, cintrier… Tout au long de l’année, il jongle entre le Cratère d’Alès, le Printemps des comédiens et les ZAT de Montpellier, la Verrerie des Cévennes ou encore les Fous chantants. Comment vit-il son statut d’intermittent? Que défend-il en se joignant au mouvement national? Rencontre.
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Les festivals français de la fédération internationale de festivals DECONCERT soutiennent les intermittents du spectacle.
Dans un esprit de justice sociale, les intermittents (artistes et techniciens) font aujourd’hui appel à l’ État et aux organisations patronales pour poursuivre la réflexion sur la nouvelle convention de l’assurance-chômage et obtenir des solutions communes en faveur du régime de l’intermittence.
Leurs revendications doivent incessamment être prises en compte.
Le nouvel accord du 23 mai 2014 fait peser un risque de précarisation sur le monde de la culture et des professionnels du spectacle. Comme les intermittents, les festivals membres de DECONCERT réclament la suspension des mesures prévues dans les annexes VIII et X de l’assurance chômage.
Depuis leurs origines, chacun de nos 20 festivals se construit dans une dynamique entre équipes artistiques, techniques, administratives, partenaires publics et privés.
Aventure musicale, économique et humaine dans des régions touchées par la crise, l’ensemble de nos 20 festivals compte à chacune de leurs éditions plus de 5000 salariés sous le régime de l’intermittence : musiciens, artistes de théâtre de rue, sonorisateurs, techniciens son, régisseurs son, techniciens de structures, constructeurs, poursuiteurs, techniciens lumière, régisseurs lumière, roads, techniciens instrument, régisseurs de scène, directeurs techniques, assistants directeur technique, assistants de production, etc.
Fidèles à leurs valeurs, les festivals français de la fédération DECONCERT souhaitent le dialogue et la négociation pour une culture ambitieuse dans le respect de la justice sociale.
Ils appellent donc à la mobilisation de tous : publics festivaliers, populations locales, partenaires et responsables politiques engagés dans nos événements.
Jean-Patrick Gille tente toujours de calmer l'agitation qui bloque les festivals, tout en expliquant qu'il faudra rapidement revenir sur l'accord qui va être validé par le gouvernement.
René Solis pour Libération le 18 juin
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Ces intermittents bloquent depuis ce matin le chantier de la philharmonie au Parc de la Villette pour protester contre l'agrément de la convention chômage.
Paru dans nouvelobs.com du 18 juin
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L’intermittence n’est ni un métier, ni un statut. Le métier, c’est d’être comédien, metteur en scène, musicien, régisseur lumière, régisseur son, régisseur plateau, artiste, technicien du spectacle. C’est un investissement ardent et quotidien porté par une idée : la culture est nécessaire. La culture est indispensable parce qu’elle fait grandir l’Homme et donc la société, parce qu’elle offre du rêve et ouvre l’imagination, parce qu’elle enrichit l’âme (et même aussi l’économie), parce qu’elle est, comme le théâtre, « un miroir du monde ». La longévité du théâtre et les censures immédiates qu’il subit dès qu’un régime se radicalise prouvent, si nécessaire, combien il est vital.
Les métiers du théâtre sont nombreux, ceux de la lumière et ceux de l’ombre, « les pieds sur terre et la tête dans les nuages ». Chacun, à son endroit, est indispensable à l’existence des spectacles. Le régime de l’intermittence n’est pas une fin en soi, c’est un outil permettant à ces métiers d’exister, donc aux spectacles d’exister, donc à la culture d’exister. C’est pourquoi il est indispensable, lui aussi.
Défendre l’intermittence n’est pas une lubie, une lutte corporatiste ou de privilégiés, c’est défendre cette idée, que la culture participe, à son endroit, à faire changer le monde autrement que sous le seul angle économique ou efficace. Mais si l’on doit raisonner sous l’angle économique, alors vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance…
Décidément, le conflit des intermittents fait parler de lui, et ce même en dehors de la France. Une photo irréaliste, prise vendredi par l'AFP à Lille lors d'une manifestation d'intermittents, a ainsi été propulsée en première page de Reddit, le site de partage communautaire américain.
On peut y voir un manifestant pourchassé par deux policiers. Si la description peut sembler assez classique, c'est surtout la posture de l'intermittent qui rend le cliché incroyable:
C'est une nouvelle semaine décisive qui s'ouvre dans le dossier des intermittents. Durant tout le week-end, artistes, syndicats, créateurs ont réagi aux propositions du Premier ministre pour sortir de la crise qui menace toujours les festivals d'été. Le Syndéac, syndicat représentant quatre cents employeurs du spectacle vivant (centres nationaux dramatiques et chorégraphiques, scènes nationales, compagnies subventionnées, festivals) tient son Conseil National ce lundi 23 juin. Il semble ouvert à des négociations, à condition que les intentions de Manuel Valls se traduisent par des actes concrets (réforme du système conduite en concertation avec les partenaires sociaux qui siègent à l'Unedic, calendrier rapidement mis en place et pas de remise en cause de la solidarité interprofessionnelle).
Plusieurs personnalités du théâtre et du spectacle vivant comme Jean Bellorini et Jean-Michel Ribes mais aussi des directeur de festivals (Bernard Foccroulle à Aix-en-Provence, François Hébel à Arles et Olivier Py à Avignon), ne demandent également qu'à être convaincus. Et cela veut dire négocier et sauver les festivals d'été. Même son de cloche du côté d'Ariane Mnouchkine, fondatrice du Théâtre du Soleil qui a appelé ce week-end, à prendre « le gouvernement au mot », dans un texte que nous reproduisons ici :
Nous venons de vivre des semaines éprouvantes, marquées par des conflits sociaux, des grèves, des annulations de festivals, etc. Nous avons exprimé à maintes reprises notre solidarité avec les intermittents du spectacle, nous avons appelé les responsables politiques et les partenaires sociaux à entendre leurs voix, à rouvrir des négociations sur le régime des intermittents, à supprimer le différé qui selon l’accord du 22 mars toucherait durement nombre d’entre eux.
Jeudi dernier, le Premier Ministre a fait une longue déclaration sur le sujet. Il est rarissime qu’un chef de gouvernement s’exprime devant la Nation de manière aussi engagée et aussi détaillée sur la place des arts et de la culture dans notre société. Nous en retenons trois choses essentielles :
1. L’annonce d’une prochaine refonte et stabilisation du régime des intermittents et l’accompagnement de la concertation confié à un comité de sages
2. L’annulation des effets du différé qui constituait le problème majeur de la renégociation des annexes 8 et 10
3. Le maintien des crédits pour la création culturelle jusqu’en 2017, et ce malgré les économies à réaliser dans les dépenses publiques.
Les premières réactions des intermittents et de leur organisations ont été mitigées voire hostiles. Dans le climat émotionnel que l’on a connu ces derniers temps, pouvait-il en être autrement ? Nous comprenons les frustrations qui se sont accumulées au fil des mois et des années et nous restons aux côtés des intermittents. Nous sommes convaincus que tous, artistes et techniciens, travailleurs et responsables culturels, ne devrions pas manquer l’occasion qui nous est offerte. C’est une première victoire, et pas la moindre, de pouvoir enfin participer à la concertation sur les conditions d’une refonte et d’une stabilisation du régime des intermittents.
Nous sommes favorables à cette réflexion sur l’avenir de la culture et la promotion de l’emploi culturel, quand le gouvernement sanctuarise les crédits pour la création pour les trois prochaines années. Les solutions ne seront sans doute pas faciles à dégager immédiatement, mais nous pensons que cette ouverture est la seule voie pour progresser, et améliorer le statut d’un secteur qui, au-delà de sa vocation vitale, peut aussi représenter un gisement d’emplois non négligeable et non délocalisable à l’avenir.
Bernard Foccroulle, Directeur du Festival d’Aix-en-Provence François Hébel, Directeur des Rencontres de la Photographie, Arles Olivier Py, Directeur du Festival d’Avignon
Les contrats durent rarement plus de deux mois dans le cinéma d'animation. Les travailleurs de ce secteur sont nombreux à se mobiliser contre l'accord sur l’assurance chômage.
En pleine mobilisation des intermittents pour défendre leur statut, le président de la République a fait une apparition surprise à la fête de la musique à l'Institut du monde arabe à Paris.
« La culture, ça fait partie de la République et le rôle du chef de l'Etat, c'est de défendre toujours et encore la culture. Je le ferai, y compris dans ces moments où il y a un certain nombre de professions qui s'inquiètent pour leur avenir. (...) Ma responsabilité, c'est de faire en sorte que la culture prenne toute sa place en France et que la France rayonne partout dans le monde grâce à la culture. »
Le Monde du 22 juin
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Le Premier ministre a repris les propositions du médiateur Jean-Patrick Gille, qui a recommandé de différer la mise en application du point le plus contesté de la convention Unedic, alors que la mobilisation des intermittents se durcit.
Avignon, le 18 juin 2014 COMMUNIQUE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION de l’Association de gestion du Festival d’Avignon
Le Conseil d’Administration du Festival d’Avignon, réuni ce jour, a entendu des représentants du personnel du festival. Le Conseil d’Administration, conscient à la fois de l’importance pour le festival de leurs métiers et soucieux qu’ils ne soient pas fragilisés, exprime son plein soutien aux salariés intermittents. Le Conseil d’Administration considère qu’il est vital que l’édition 2014 ait lieu. Les conséquences d’une éventuelle annulation pour le festival, les salariés, les spectateurs et l’ensemble de l’environnement, économique, politique, social et culturel sur le territoire seraient désastreuses pour 2014 mais aussi pour les éditions suivantes. Le Conseil d’Administration et ses membres mettront tout en œuvre pour convaincre les différents partenaires d’indispensables négociations.
Le Théâtre de la Commune est totalement solidaire des intermittents et précaires qui se battent aujourd'hui pour empêcher l'agrément de l'accord UNEDIC
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