LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE : L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
A Aurillac, l'appel à la manifestation contre l'accord sur l'assurance-chômage du 22 mars dans le cadre de la 29e édition du Festival international de théâtre de rue a rassemblé près de 2 000 personnes, selon la préfecture, entre 3 000 et 5 000 selon la CGT, vendredi après-midi dans les rues de la ville.
La manifestation, programmée par la CGT Cantal en amont du festival, avait été annoncée par 12 000 tracts distribués au public, demandant l'abrogation de l'ensemble de la nouvelle convention Unedic, sans se limiter aux annexes 8 et 10 des intermittents du spectacle. Thierry Bonhoure, secrétaire général de l'Union départementale CGT du Cantal, insistait vendredi : « Ce n'est pas une manifestation des intermittents, mais un appel à tous les salariés pour lutter contre la précarité des chômeurs. »
Le cortège de manifestants, réunissant « des intermittents du spectacle, mais aussi des salariés d'Aurillac et des gens du public », est parti vers 13 heures du sud de la ville, avant de terminer devant la préfecture, selon le représentant syndical. « On était tous solidaires contre l'attaque des droits sociaux que constitue la nouvelle convention de l'assurance-chômage et sur la nécessité d'une riposte commune », a précisé de son côté Loïc Canitrot, membre de la coordination des intermittents et précaires et de la CGT-Spectacle.
Laure Andrillon pour le Monde du 24 août
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A diffuser Hier 17 juillet se réunissait la 3ème table ronde "concertation Valls" sur l'architecture du régime. La 4ème et dernière avant la rentrée aura lieu jeudi 24 juillet. Il me paraissait important de tirer le bilan de notre participation. Pour info, je suis présent avec Rose-Marie Pechallat de Recours radiation, nous sommes les 2 mandatés par la coordination nationale. Des CR détaillés seront disponibles, ceci est une synthèse :
Bilan des 3 premières tables rondes Les 4 tables rondes de concertation suite à l’annonce de Manuel Valls ont lieu tous les jeudis de juillet. Sont présents la CGT, la CFDT, FO, la CGC, le MEDEF, la CGPME, bcp d’employeurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel (syndeac, ufisc, Syndicat des prod indépendants, ass prod cinéma, etc ..), la CIP, Recours Radiation, entre autres. Lors de la première table ronde de présentation du 3 juillet, la CIP accompagnée de Recours Radiation (association de chômeurs) a été stigmatisée et dénoncée par la CFDT, FO et le MEDEF. Grâce à la lutte nous sommes autour de cette table et pouvons leur dire tout ce que nous n'avons jamais pu. Sans surjouer l'évènement, c'est la première fois que nous pouvons faire entendre notre voix. Passées les insultes des uns et des autres auxquelles nous n’avons pas répondu, nous avons été « confirmés » par le trio : Combrexel ,Archambault, Gille. Lors de la 2ème table du 10 juillet sur les questions de précarité et d’abus, nous avons parlé de Pôle Emploi Service zone de non droit. Nous avons mis en avant toutes les règles appliquées illégalement et qui pénalisent les chômeurs quotidiennement. Notamment tout ce qui concerne le GUSO, les déclarations tardives non prises en compte et les indus réclamés (l’ex de Djamel Chaar qui s’est immolé par le feu devant un pôle emploi a été pris en exemple), les contrôles mandataires et les coupures de droit à priori, sur un simple doute. Ceci est hors la loi et pourtant ces règles sont appliquées tous les jours. Nous avons obtenu un groupe de travail avec les responsables des organismes dès septembre sur les questions suivantes : - Problèmes liés au GUSO et à l’application de règles qui n’existent pas - Les remboursements d’indus et les déclarations tardives : ce point concerne l’ensemble de l’assurance chômage, les déclarations tardives doivent être prises en compte pour la recherche des droits - Les congés maternité et maladie - La suspicion permanente des chômeurs et les coupures de droits sur le doute. - Les contrôles mandataires (pour les compagnies) Lors de cette table, pour une grande majorité des participants, le débat n’a pas tourné autour de la précarité, mais de l’intermittence ! En effet, pour beaucoup d’entre eux, l’unique réponse passe par le CDI, le CDI, le CDI. Nous avons bien sûr rappelé que 6 chômeurs sur 10 tout comme 6 intermittents sur 10 ne sont pas indemnisés et que l’enjeu est de construire un système juste et pérenne. Lors de la 3ème table ronde du 17 juillet sur « l’architecture du régime », nous avons abordé le sujet qui fâche. Pour mémoire Le Medef, la Cfdt et FO avaient déjà déclaré qu’ils n’étaient pas là pour ça, que l’accord en lui-même était l’affaire des partenaires sociaux. La CGT a ouvert le bal en déployant les propositions du comité de suivi, le syndéac a appuyé. Le Medef a pris la parole pour redire qu’il n’était pas question de renégocier l’accord, que la convention était signée jusqu’en 2016. La CFDT et FO sont sur les mêmes positions mais acceptent que toutes les propositions soient sur la table et étudiées. La CFDT a même été jusqu’à réclamer un audit de l’accord de 2006 renouvelé (et aggravé) en 2014 ! On peut se demander pourquoi cet audit n’a pas été demandé plus tôt ! La CIP a donc interpellé le trio sur cette situation de blocage. Le problème n’est pas tant que le Medef ne soit pas d’accord avec nous sur le fond, le problème est qu’ils annoncent dès le début qu’il n’y aura pas de négociation. Le trio par la voix de Combrexel a dit que c’était une posture de début de concertation, qu’il fallait attendre que tout soit chiffré. Puis nous avons demandé un bon nombre de chiffrages afin qu’ils soient public, notamment tout ce qui vise à démontrer qu’un intermittent ne coûte pas plus qu’un chômeur. De plus nous avons demandé des comptes sur la gestion de l’Unedic et ses 6 milliards de dépenses pour l’année 2011 par exemple. A été rappelé que tout l’accord était mauvais et que l’activité réduite était particulièrement attaquée. Nous avons mis en avant le caractère vertueux du retour à la date anniversaire, 507h, 12 mois. Nous avons attaqué les droits rechargeables quand nous avons évoqué les règles de coordination, c’est-à-dire les règles qui permettraient de cumuler des heures du régime général pour ouvrir des droits aux annexes 8 et 10. Le 24 juillet prochain, il sera question de la gouvernance de l’Unedic : cela intéresse beaucoup les signataires parce qu’ils entendent demander de l’argent à l’état. Nous ne voulons pas sortir de l’interprofessionnalité , ce serait un grave danger. A propos de cette « concertation », la discussion continue et se pose sur « y être ou ne pas y être ». La décision d’y participer a été la bonne. Elle permet de savoir ce qui s’y passe, de mettre en avant nos propositions. Si nous n’y étions pas allés, on nous aurait dit : vous ne pouvez pas réclamer que vos propositions soient étudiées et refuser de les défendre. Quels avantages à ne pas y être ? Cette concertation se serait faite sans nous, mais elle se serait faite. Cette table ronde existe, que l’on y soit ou pas. Cependant, il ne faut pas être dupe : nous avons eu beau obtenir un groupe de travail sur les problèmes liés à Pole emploi, force est de constater que les signataires de l’accord ne veulent pas revenir sur leur position tout en disant qu’ils veulent bien regarder les nôtres. Dans la lettre d’Avignon adressée à Manuel Valls et signée par un grand nombre d’organisations du secteur il est écrit « nous demandons que des négociations débutent dès septembre et qu’un calendrier de cette remise à plat soit adopté et garanti par le gouvernement Valls pour aboutir à un accord en décembre » , puis « si l’ouverture des négociations n’était pas actée, ce serait une nouvelle fin de non-recevoir à notre encontre et nous saurons y répondre ». Après cette table ronde, on peut dire que les experts (Mathieu Grégoire, JP Guyot, et l’unedic) vont étudier les propositions mais il n’y a de fait pas de calendrier de négociations puisque les signataires ne comptent pas renégocier. Comme l’a dit la CFDT lors d’un débat à Avignon, la prochaine négo est pour 2016, pas avant. Force est de constater que notre poids a beau être réel sur le terrain, il est minime à l’intérieur puisque nous ne sommes pas décisionnaire. Nous le savions, et les syndicats signataires nous le disent en rappelant que l’accord est de leur responsabilité, pas de celle du gouvernement, encore moins celle des syndicats ou associations estimés « non représentatifs ». Nous devons faire savoir haut et fort que nos propositions doivent être soutenues. Sans ce soutien indispensable, nous n’avons aucune chance, absolument aucune, d’aboutir à un accord satisfaisant. L’ouverture des négociations n’étant pas actée, la lutte doit être forte pour obtenir des garanties de résultat. Samuel Churin
Invitée des Sujets à vif, la danseuse et chorégraphe ivoirienne nourrit son travail des combats citoyens.
Lorsque la danseuse et chorégraphe ivoirienne arrive à l’Agora, où se déroule une partie du festival Montpellier Danse, ville où elle s’est installée après avoir suivi une formation au centre chorégraphique, les grands gaillards que sont les lutteurs sénégalais réunis pour le spectacle de Salia Sanou s’écartent respectueusement avant de lui tomber dans les bras. Elle n’a rien des reines classiques qui marquèrent l’histoire de l’Afrique et auxquelles elle entend bientôt rendre hommage dans Legacy,un prochain spectacle, mais elle en impose.
Marie-Christine Vernay pour Libération du 9 juillet
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Malgré l’appel de la Coordination des intermittents et précaires, à peine 10 % des compagnies du festival non officiel ont annulé leur spectacle lundi.
Difficile de savoir qui dit vrai sur le nombre de compagnies du festival « Off » d’Avignon qui étaient en grève lundi 7 juillet. « Une centaine », selon la Coordination des intermittents et précaires (CIP) ; « une cinquantaine à tout casser », d’après Greg Germain, président de l’association Avignon festival et compagnies (AF&C), qui coordonne ce vaste rassemblement théâtral, parallèle au festival officiel (le « In »). Quel que soit le chiffre exact, la mobilisation paraît faible au regard des 1 083 compagnies qui participent au « Off ».
Si l’immense majorité des troupes s’affichent solidaires du mouvement contre la nouvelle convention d’assurance-chômage des intermittents, beaucoup d’entre elles ne peuvent se résoudre à la grève. « Faire Avignon, c’est une chance mais c’est aussi un coût. Ne pas jouer, ce serait s’ouvrir le ventre », résume Solal Forte, un jeune comédien de la compagnie des Divins animaux, qui fait son premier festival à la Manufacture.
Dans ce lieu, onze des quinze spectacles présentés tout au long de la journée ont été annulés. « Nous voulions marquer le coup dès le début du festival et montrer à quel point ce conflit nous tient à cœur, explique Laurent Hatat, metteur en scène de la compagnie Anima motrix. Nous n’avons pas calculé les conséquences financières car l’enjeu est au-delà de ça. » Mais force est de constater que rares étaient les salles du « Off » où plusieurs compagnies ont répondu à l’appel lancé par la CIP.
Sandrine Blanchard pour Le Monde du 8 juillet
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30 mn d'entretien avec le nouveau directeur du Festival d'Avignon.
Changement de décor reçoit Olivier Py à l'occasion de l'ouverture du Festival d'Avignon.
C'est l'occasion de faire avec lui le point sur le conflit des intermittents qui est parti pour s'installer dans la durée mais d'évoquer également les grandes lignes de cette édition concoctée par le tout nouveau directeur du festival.
Une émission enregistrée depuis l'Ecole des Ortolans à Avignon.
Les 3 spectacles d'Olivier Py que l'on peut voir au Festival d'Avignon :
- Orlando ou l'impatience (Texte et mise en scène d'Olivier Py) à la Fabrica du 5 au 16 juillet à 18 h.
- Vitriol Texte de Yannis Mavritsakis - Mise en scène d'Olivier Py, au Gymnase Paul Géria (du 10 au 19 juillet à 22 heures)
- La jeune fille, le diable et le moulin, d'après un conte de Grimm - Mise en scène d'Olivier Py, à la Chapelle des Pénitents Blancs (du 23 au 27 juillet à 15 heures) - Spectacle de 50' pour les enfants à partir de 7 ans.
- Le texte "Orlando ou l'Impatience" est édité chez Actes Sud papiers (4 juin 2014)
- La parution du Roman d'Olivier Py "Excelsior" est prévue pour le 20 août 2014 (Editions Actes Sud)
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Le festival d’Avignon a décidément du mal à prendre sa vitesse de croisière: outre les intermittents, qui ont lancé un appel à la grève dans le Off lundi, la météo menace les spectacles qui se tiennent à l’extérieur.
La première du «Mahabharata» du Japonais Satoshi Miyagi, prévue lundi soir dans la Carrière de Boulbon à l’air libre, à quelques kilomètres d’Avignon, pourrait ainsi être compromise.
La représentation du «Prince de Hombourg», elle aussi en plein air dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, avait déjà été interrompue dimanche soir par la pluie, un quart d’heure avant la fin du spectacle. Le «Prince» n’est pas donné lundi, jour de relâche.
La direction du festival devait décider à 16H00 du sort des trois représentations en plein air de la soirée, au vu des prévisions météo.
Dans le Off, l’animation des traditionnelles parades de rue a été douchée par les orages. La météo semble ainsi avoir plus d’effet que la grève décidée par la Coordination des intermittents et précaires (CIP).
VIDÉO - Les intermittents en colère contre la nouvelle convention d'assurance-chômage ont perturbé le déroulement de la dix-septième édition de RenaissanceS, manifestation dédiée aux arts de la rue. En marge de celle-ci, ils ont repeint de rouge les locaux socialistes du chef-lieu de la Meuse.
Manon a pris la route vers Châlon accompagné de ses marcheurs.
Pour que son message soit transmis et que le dialogue se crée sur sa route, n'hésitez pas à partager, afin qu'elle soit accueillie partout ou elle va passer.
« Moi, Manon, marionnette géante, je marcherai. Aux côtés de tous les précaires, je marcherai. D’Avignon à Châlon-sur-Saône, du 4 au 27 juillet, 380 km je marcherai. Contre l’accord du 22 mars concernant l’assurance chômage, pour un vrai dialogue social, contre la précarité du travail, pour les chômeurs fragilisés, pour que les propositions existantes viables et équitables soient entendues… Moi, Manon, marionnette géante, je marcherai… Et j’appelle le monde à nous rejoindre pour la refonte de l’Unédic, pour une culture publique et la justice sociale ! » Nous allons tenir un journal de la marche, écrit à la première personne, où Manon racontera ses aventures, ses joies, ses tristesses, ses rencontres… À chaque étape de son parcours, Manon enverra une carte postale au président de la République, M. François Hollande, et au Premier ministre, M. Manuel Valls, qui sera adressée en copie au ministre du Travail, M. François Rebsamen, et à la ministre de la Culture, Mme Aurélie Filippetti."
Vingt-six « femmes et hommes de gauche », élus locaux, parlementaires ou responsables socialistes, écologistes et communistes, s'adressent au président de la République : la concertation entre les acteurs du dossier des intermittents devra « nécessairement aboutir, et dans des délais rapides, sur la concrétisation des propositions » du comité de suivi reprises par le premier ministre.
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Le directeur du Festival d'Avignon a annoncé vendredi que deux pièces ne se joueraient pas. Il affiche sa solidarité avec le mouvement des intermittents tout en affirmant « se battre pour que les spectacles aient lieu ».
Le Printemps des Comédiens est la victime expiatoire du conflit des intermittents, le seul festival à avoir été pénalisé du début à la fin. C'est d'une tristesse à pleurer", commente, très amer, Jacques Atlan. L'élu délégué à la culture au conseil général de l'Hérault, tutelle du festival, est pour l'instant l'un des rares à donner de la voix dans le grand silence du domaine d'Ô à Montpellier.
L'édition 2 014 du Printemps des Comédiens, navire amiral des festivals montpelliérains, a pris le conflit de plein fouet : annulation quasi totale.
Le Midi libre du 3 juillet CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE
La lutte des intermittents n'est séparable ni de la crise d'identité politique et sociale que traverse notre société, ni de la politique culturelle de notre pays, estiment les metteurs en scène Eric Lacascade, Christine Letailleur et Jean-François Sivadier
L'accord a été agréé. Nous étions contre l'agrément. Nous nous sommes battus. Face à un gouvernement qui préfère signer avant, discuter après. L'agrément a eu lieu. Le Medef a dicté sa loi. Nous prenons acte. Mais notre colère et notre détermination sont intactes. Nous prenons acte mais nous savons que ce nouvel accord aggravera celui, mortifère, de 2003 (qui a augmenté de 70 % la précarité) et que les conséquences en seront dramatiques, tant pour les salariés du régime général que pour les intermittents, intérimaires et précaires.
Nous prenons acte de la « schizophrénie » qui a conduit le ministre du travail, François Rebsamen, à signer un texte qu'il condamnait pourtant avant qu'il n'entre au gouvernement. Imité en cela par la ministre de la culture, par l'ensemble du gouvernement quand il était dans l'opposition, par les députés PS qui nous ont rappelé, mercredi 18 juin, qu'ils ne pouvaient pas critiquer un accord dans l'opposition et le soutenir dans la majorité.
Dans sa volonté de supprimer de la convention d'assurance-chômage, à terme, l'annexe IV (qui touche les intérimaires et qui est aujourd'hui vidée de sa substance), et les annexes VIII et X (encadrant le régime des intermittents), dans sa logique de destruction des droits sociaux et de la solidarité interprofessionnelle, le patronat s'acharne à les désigner responsables du déficit de l'Unedic. Alors que l'emploi précaire est devenu la norme, le régime des intermittents est à la pointe d'un modèle qui pourrait s'étendre à l'intermittence de l'emploi en général. Et de cela le Medef ne veut pas. Le choix politique qu'a fait le premier ministre, écartant la revendication « ce que nous défendons, nous le défendons pour tous », de remettre sur la table les seules annexes VIII et X, ce choix de séparer les intermittents des autres catégories de chômeurs, va créer une confusion entre une problématique sociale de chômage et le soutien à une politique culturelle.
FOI EN L'AVENIR
Nous restons mobilisés. Pour que, dans les futures négociations, les propositions du comité de suivi soient enfin prises en compte. Pour que les concertations aboutissent à une refondation équitable, juste, mutualiste, du régime de l'intermittence du spectacle. Avec l'ambition d'en faire un modèle. Pour que s'invente une nouvelle conception du travail discontinu. Pour que le paysage culturel ne devienne pas un désert. Pour que les élèves, acteurs, techniciens, scénographes qui s'apprêtent à exercer leur métier, ne désespèrent pas de l'avenir qui les attend.
La lutte des intermittents n'est séparable ni de la crise d'identité politique et sociale que traverse notre société, ni de la politique culturelle de notre pays. Si, comme le dit Manuel Valls, « la culture est l'âme de la France »,alors nous attendons toujours de ce gouvernement un projet pour la culture, au-delà d'une sanctuarisation du budget de la création pour les trois ans à venir. « L'âme de la France » (qui rapporte au produit intérieur brut sept fois plus que l'industrie automobile) ne mérite-t-elle pas plus que 0,7 % du budget national ?
Si, comme le déclarait le candidat Hollande en janvier 2012 : « La culture fait partie du rêve français. La culture c'est le lien entre des individus, entre des classes sociales, entre des pays, des générations. La culture est donc au coeur du projet politique », alors il est urgent que le président de la République accorde ses actes avec les paroles du candidat. Tout comme il est urgent, dans une période où le taux de chômage atteint des records, que l'Etat fasse de l'assurance-chômage une grande cause nationale. Il est temps de redéfinir le modèle de société que nous voulons pour demain. Et c'est parce que nous avons foi en l'avenir, parce que nous savons, de par nos pratiques, que d'autres réalités sont possibles et peuvent advenir, que nous restons en colère, déterminés et mobilisés.
Eric Lacascade Christine Letailleur Jean-François Sivadier (Metteurs en scène)
Intermède militant pendant l'intégrale d'Henry VI. Pour une fois, ni avant le début, ni après les saluts, mais au bout de six heures de représentation...
Henry VI de William Shakespeare, mise en scène et scénographie Thomas Jolly - Assistanat à la mise en scène Alexandre Dain Collaboration à la dramaturgie Julie Lerat-Gersant
Comédienne des intermèdes, rhapsode : Manon Thorel.
Les grands festivals de l'été, qui battent leur plein après des débuts difficiles en raison d’un premier mouvement de grève des intermittents du spectacle, pourraient être de nouveau affectés par un appel national de la CGT Spectacle et des coordinations à cesser le travail samedi.
AFP, Paru dans Libération.fr le vendredi 11 juillet.
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Questionné par Mediapart sur ce que pourrait être ce « festival militant », Olivier Py précise : « Nous devons consacrer trois semaines à faire que la parole soit libre, puissante et capable de changer le monde. » À l’œil nu et après certes seulement quatre jours d'un festival dont plusieurs représentations furent annulées en raison des orages, les spécificités de cette édition, comparée aux précédentes, ne sautent pourtant pas aux yeux.
La seule variation importante s'exprime au début de chaque spectacle. Une prise de parole inscrit en effet chacun d’entre eux dans la lutte en cours, sous des formes variées : message pré-enregistré réaffirmant que les intermittents ne demandent ni privilèges ni effort du contribuable avant Coup Fatal au lycée Saint Joseph ; prise de parole collective liminaire quasiment intégrée au spectacle pour le Prince de Hombourgdans la cour d'honneur du Palais des Papes ; ou encore écoute d'un discours de Victor Hugo avant Orlando ou l'impatience à la FabricA.
Dans ce texte incroyable d'actualité, prononcé devant l'Assemblée nationale en 1848, Hugo explique que « bien que pénétré de la nécessité, de l'urgente nécessité d'alléger le budget », il juge que « les réductions proposées sur le budget spécial des sciences, des lettres et des arts sont mauvaises doublement. Elles sont insignifiantes au point de vue financier, et nuisibles à tous les autres points de vue ».
Ces moments liminaires réussissent à éviter toute routine par leur gravité, non seulement du fait du message qu'ils délivrent, mais surtout parce qu'ils réunissent sur scène les artistes et les techniciens. Ils sortent ainsi ces derniers de l'invisibilité à laquelle ils sont le plus souvent tenus, pour affirmer en actes le combat commun de différents corps de métier se retrouvant dans un rapport discontinu à l'emploi.
Toutefois, cette parole solennelle et inquiète ne déborde pas des théâtres vers la cité et ne porte guère au-delà du public relativement homogène des spectateurs du In, en dépit des efforts tarifaires effectués cette année en direction des jeunes. Et Avignon 2014 ne semble pas se préparer à devenir une inédite agora.
Joseph Confavreux, envoyé spécial à Avignon pour Mediapart
Paru le 8 juillet
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Chronique de Michael Foessel, professeur de philosophie à l'Ecole polytechnique, parue dans Libération du 5 juillet.
La division du travail instaurée au XIXe siècle passait par une opposition entre le travail et la création qui semble passée de mode. A écouter le discours managérial dominant, l’affaire est entendue : le travailleur du futur ressemblera à un artiste. Depuis quelques décennies déjà, le risque et l’incertitude ont cessé d’être l’apanage des créateurs pour devenir le lot commun des agents économiques. Que demande-t-on au salarié d’aujourd’hui, sinon d’être provocateur, insoumis et mobile à la manière d’un artiste sans attache ni tabou ? La valorisation sociale de l’insécurité a franchi les frontières de l’art pour devenir un mot d’ordre pour le travail ordinaire.
A juste titre, les sociologues ont insisté sur le caractère idéologique de cette description du travailleur en artiste. De la condition d’artiste, le management retient seulement ce qui favorise la dérégulation du temps de travail : absence d’horaires fixes, mobilisation infinie, investissement sans borne. Collectionneuse d’art, Laurence Parisot avait vendu la mèche en posant une question rhétorique devenue célèbre :«La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?» Comme souvent, les arguments en faveur de la tyrannie du travail se fondent sur une ontologie hasardeuse. Si la précarité est la «loi» de l’existence et l’insécurité l’essence de toutes choses humaines, il n’y a aucune raison d’offrir des garanties sociales aux travailleurs. La référence à l’art permet de rapprocher le travail et la vie, ce qui est encore le meilleur moyen de transformer la vie en temps de travail.
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La ministre de la Culture a un caractère tranchant. Mais fragilisée par le conflit des intermittents, elle manque de relais et de moyens pour apaiser un milieu habitué à être choyé. Portrait.
Tous les ministres de la Culture sont tétanisés par la question des intermittents. Un statut fait d'injustices et d'abus, un machin incompréhensible pour qui n'est pas du métier. Quelques paragraphes seulement dans la convention de l'assurance-chômage que négocient les partenaires sociaux, patronat et syndicats, et que l'Etat agrée. Une variable d'ajustement dans les discussions pour le ministre du Travail, un nid à conflits pour tout ministre de la Culture.
L'un d'entre eux, Jean-Jacques Aillagon, y avait laissé son maroquin après l'annulation totale du Festival d'Avignon en 2003. Pour avoir la paix, son successeur Renaud Donnedieu de Vabres avait mis sur pied un fonds transitoire achetant la paix sociale pour trois ans (coût de l'ardoise : 200 millions d'euros). Quant à Frédéric Mitterrand, avec l'aplomb et la fantaisie qui le caractérisent, il avait annoncé qu'il laissait "ça" à son successeur.
Aurélie Filippetti se retrouve dans l'oeil du cyclone.
Je voyais la crise arriver", confie-t-elle.
Plusieurs fois, elle a tiré le signal d'alarme sans être entendue :
J'avais l'impression de ramer sur le sable."
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Bernard Géniès, Véronique Groussard et Marie Guichoux – Le Nouvel Observateur
Les intermittentes en congé maternité dénoncent leur régime discriminatoire, alors que s'ouvre le Festival d'Avignon.
Cela fait quatre ans que les « matermittentes » crient dans le désert. Sans doute seront-elles davantage entendues, cet été, alors que s'ouvre le Festival d'Avignon le 4 juillet, en plein conflit des intermittents du spectacle. En 2010, ces intermittentes en congé maternité dénonçaient déjà les discriminations dont elles font l'objet, pendant cette période (Le Monde du 27 juillet 2010). En quatre ans, seules quelques mesures ont été prises pour prévenir les problèmes kafkaïens qu'elles rencontrent, comme cette circulaire du 16 avril 2013 qui rappelle les règles applicables à l'attention des Caisses primaires d'assurance-maladie (CPAM).
Mais cela n'a pas suffi. Et l'avocate des « matermittentes », Me Sylvie Assoune, s'apprête à faire un recours en annulation, devant le Conseil d'Etat, de l'accord du 22 mars sur l'assurance-chômage, avec le concours de Me Thomas Lyon-Caen. L'accord du 22 mars, qui a déclenché la nouvelle crise des intermittents depuis ce printemps, est attaqué pour discrimination, fondée notamment sur l'état de grossesse. « Pour résumer, une intermittente enceinte voit généralement ses revenus diminuer pendant le congé maternité – quand elle en perçoit ! – alors que ce n'est pas le cas pour les femmes dans le régime général. »
L'avocate salue le combat des « matermittentes », qui est aussi d'intérêt public, dit-elle : « Outre les intermittentes, toutes les femmes à l'emploi discontinu sont concernées par ces diverses discriminations – vacataires, intérimaires, journalistes-pigistes… – ainsi que les hommes et les femmes en arrêt longue maladie. Ainsi, le combat des “matermittentes” est en train de rendre service à tout un pan de la population. » Car, parfois, avec un dossier en « béton », les plaignant(e)s gagnent devant le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (TASS).
Clarisse Fabre (Avignon, envoyée spéciale) Reporter culture et cinéma
Le Monde du 6 juillet
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Strasbourg - Le festival "Renaissances" de Bar-le-Duc (Meuse), qui programme théâtre de rue, danse, cirque et arts visuels, a été fortement perturbé depuis son ouverture vendredi par le conflit des intermittents, a-t-on appris samedi auprès des organisateurs.
Alors, oui, je me pose encore la question. Les intermittents ne sont-ils pas, malgré eux, les acteurs d'une farce magistralement organisée par les grands patrons du BTP et de l'industrie? Permettre, grâce à leur combat et leurs annulations de festivals, que passe inaperçu ce qui intéresse le plus le patronat?
Des droits rabotés pour les centaines de milliers d'intérimaires et de contrats courts en France, et surtout, surtout, écarter cet affreux Conseil des Prud'hommes, dernier rempart à des licenciements faciles.
Une farce savamment orchestrée avec le gouvernement, commencée le 12 février dernier par cette annonce grotesque et tapageuse du MEDEF: la suppression pure et simple du régime des intermittents. Personne n'y croit, mais le gouvernement vient alors au secours de ses chers artistes de gauche, et les "sauve".
Le MEDEF fait ensuite signer cet accord du 22 mars, dans ses bureaux, par la CFDT, la CFTC et FO (aucun ne représentant les intermittents). Encore une fois, l'état vient au secours des intermittents (et surtout au secours de l'Unedic), repousse la mise en place du différé, et débloque quelques millions d'Euros pour compenser le manque à gagner de l'Unedic.
Les intermittents descendent dans la rue, l'état met en place une équipe de "négociateurs" et promet des améliorations du texte concernant les intermittents.
Le texte se signe – exit la question de l'annexe 4 et ses centaines de milliers de précaires – exit la question du remboursement des allocations en cas de gain de cause aux Prud'hommes, etc.
Du grand Art. Une grande leçon de mise en scène pour tous les artistes!
Nicolas Barrot dans son blog sur Mediapart, paru le 26 juin(...°
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Figure militante de la lutte contre le texte sur l'assurance-chômage, l'artiste est chaque jour sur le front, écrivant des lettres ouvertes, participant aux manifestations et occupations.
« Ne pas laisser faire ! » Mot d’ordre du jour pour Matthieu Doze, 45 ans, danseur, chorégraphe, DJ, figure militante de la lutte des intermittents depuis 2003. Vendredi 4 juillet, très calme, très posé comme toujours, il s’apprête à aller manifester, à l’appel de la CGT- Spectacle, place de la Bastille, à Paris. Il a choisi de rester dans la capitale. « Il y a suffisamment à faire ici et suffisamment de monde dans le Sud pour contester », glisse cette personnalité de la danse contemporaine depuis le début des années 1990.
L’emploi du temps de Matthieu Doze déborde. Après avoir défilé pour exiger l’abrogation de l’accord Unédic, il a rendez-vous en fin d’après-midi chez Les CAFards, collectif de chômeuses, intermittentes et précaires, « qui le premier vendredi du mois, au café Le Rémouleur, à Bagnolet, échangent les expériences, débrouillent des dossiers litigieux, partagent les moyens de se défendre ».
Chaque jour, depuis le début du mois de juin, Matthieu Doze est sur le front, écrit des lettres ouvertes, fait circuler des infos par mails, pousse des coups de gueule, participe aux manifs, mais aussi aux occupations de lieux en tous genres. « Nous agitons encore la main qui nous reste après que le gouvernement nous en a tendu une que nous sommes prêts à considérer, commente-t-il en souriant. Pas question d’étouffer la résistance. »
Rosita Boisseau pour Le Monde du 6 juillet
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Ce vendredi 4 juillet, la soirée d'ouverture du Festival d'Avignon était annulée, mais l'on n'avait pas tout à fait renoncé à voir du théâtre. Déambulation dans la ville, entre orages, fin de manifs d'intermittents, et spectacles avortés.
Débarquer du train à Avignon, en fin d'après-midi, le 4 juillet. Après l'orage, après la traditionnelle parade du Off qui s'était voulu silencieuse, nous dit-on, et s'est retrouvée rincée par la pluie et animée par les interventions des intermittents sur le long parcours de l'avenue de la République. Sur fond de grève du In (dans la foulée de la journée de mobilisation nationale lancée par la CGT-spectacle, le jour pile de l'ouverture du Festival), la question du festivalier avide d'art - après toute cette tension, ces discussions, ces incertitudes -, est béante : quoi voir ? Alors que la Cour d'Honneur est fermée, que le Off, qui commence officiellement le lendemain, démarre timidement dans quelques salles.
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