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Le spectateur de Belleville
June 20, 2015 6:47 AM
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Audacieux, jeune, créatif, le cirque contemporain séduit public, amateurs et… pouvoirs publics qui investissent! Pourquoi miser sur les arts du cirque? Notre enquête. Ça ressemble à un mystère. Comme celui du jongleur que l’on voit introduire une 4e, une 5e, une 6e balle et de plus en plus haut. On reste bouche bée, en se demandant comment il fait. Pour le cirque, c’est pareil. On voit des projets faire irruption comme des balles, sans vraiment voir comment ils sont entrés dans la danse, mais ils composent une scène foisonnante et fascinante. Point de mystère pourtant. L’art du jongleur comme le boom du cirque sont le fruit de longues années de travail. Des muscles Trois grands projets sont emblématiques de la vitalité du cirque aujourd’hui et de l’attrait qu’il exerce auprès des pouvoirs publics. À Bruxelles, la commune de Koekelberg a ainsi cherché à attirer sur ses terres le Centre de création des arts du cirque Espace Catastrophe. Une (belle) histoire, née du hasard et d’un coup de cœur. Lors des fêtes de la Communauté française, le bourgmestre découvre le cirque contemporain proposé par l’Espace Catastrophe. "Je suis séduit et charmé. En sympathisant avec les directeurs, j’apprends qu’ils ont un souci d’occupation de leurs bâtiments à Saint-Gilles. Or moi je me dis que ça serait une belle originalité pour ma commune", raconte Philippe Pivin, bourgmestre de Koekelberg. On est en 2007 et, pendant quelques années, "on se renifle" comme le dit Catherine Magis, directrice de l’Espace Catastrophe. "Les directeurs ont une sensibilité artistique qui n’a pas forcément un effet miroir dans l’administration communale, donc forcément il faut se découvrir, s’apprivoiser", renchérit Philippe Pivin. Lire l'article entier sur le site de l'echo.be http://multimedia.lecho.be/cirque/
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Le spectateur de Belleville
June 18, 2015 7:36 PM
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Publié par Olivia Barron sur son blog du Monde : « Tunis sur le divan », quand le théâtre psychanalyse une ville « Et si on psychanalysait Tunis ? » C’est le projet loufoque et poétique imaginé par l’Agence française de psychanalyse urbaine (ANPU) avec le Théâtre national de Tunis (TNT). Du 9 au 19 Juin, Laurent Petit, directeur de l’ANPU, orchestre une grande enquête de terrain avec son équipe de chercheurs et les élèves comédiens de l’école du TNT. Vêtus de blouse blanche, équipés de transats, ils sillonnent la capitale et collectent la parole des Tunisois lors d’improbables « opérations divan ». Parallèlement, des experts-urbanistes, politologues et psychologues prennent la température de la ville au cours de débats passionnants. Le diagnostic final sera présenté sur la place Halfaouine, le 19 juin. Une performance inédite, mêlant science et art. Rencontre avec Laurent Petit, directeur de l’ANPU, et Essia Jaïbi, étudiante tunisienne en master Espace public à l’université Paris I, à l’initiative du projet.
Lire l'article entier : http://oliviabarron.blog.lemonde.fr/2015/06/18/tunis-sur-le-divan-quand-le-theatre-psychanalyse-une-ville/
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Le spectateur de Belleville
June 16, 2015 6:48 PM
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Publié par Véronique Hotte pour Théâtre du blog : Golden Hours d’après As you like it de William Shakespeare, chorégraphie d’Anne Teresa de Keersmaeker, musique de Brian Eno « Ainsi je parle, je pense, je sens, ainsi je danse”, pourrait être la philosophie de Anne Teresa de Keersmaeker ; le principe se vérifiant à partir de l’intention, puis de l’énergie, et enfin du mouvement physique. Le spectacle de la chorégraphe belge se situe entre mise en scène de théâtre discrète et chorégraphie, scintillement de diverses constellations dansées d’apparitions puis d’éclatements évanescents de figures géométriques; avec un, puis deux ou trois interprètes en cercles, spirales ou diagonales, jusqu’au rassemblement choral des onze danseurs. Accompagnés par Another Green World, album rock (1975) de Brian Eno, à l’orée de la pop électronique; le compositeur s’est depuis converti à présent à la musique d’ambiance qui, selon le compositeur, « suppose de nombreux niveaux d’écoute, et que l’on peut ignorer ou trouver intéressante « . Sa chanson Golden Hours passe en boucle au tout début du spectacle, quand la troupe, telle une ample vague marine, avance ou recule sur le grand plateau, en rangs serrés et avec gestes au ralenti. Marche savamment cadencée, corps harmonieux un peu inclinés, de cour à jardin puis de jardin à cour, refusant le moindre laisser aller, préférant la grâce de la retenue, ou celle de la résistance dans l’ épreuve existentielle de l’instant qui passe. Anne Teresa de Keersmaker fait ici l’éloge d’une temporalité dansée et d’une lenteur délibérément assumée. À cette musique à la fois légère, teintée d’humour et de mélancolie, correspond au monde de Comme il vous plaira avec sa forêt d’Arden où se réfugient deux amants, en rupture avec la corruption de la cour.
Lire l'article entier : http://theatredublog.unblog.fr/2015/06/16/golden-hours-dapres-as-you-like-it/
Théâtre de la Ville, jusqu’au 21 juin. T : 01 42 74 22 77
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Le spectateur de Belleville
June 16, 2015 6:43 PM
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Scène de "Trahisons" © Paul de Malsche Publié par Jean-Pierre Thibaudat sur son blog Les tg STAN sont de retour. Fidèles à leur port d’attache parisien qu’est le théâtre de la Bastille pour les acteurs du collectif flamand. Fidèles à leur façon de jouer sans jouer tout en en jouant qui a singulièrement infléchi la donne du jeu de l'acteur ces vingt dernières années auprès de nombreuses « jeunes compagnies » ou « collectifs ». Fidèles à leur goût pour mettre à la casserole et faire rissoler des pièces du répertoire en leur donner un coup de fouet, une nouvelle jeunesse.
Subtilité et perversité
La fidélité est à son comble avec « Trahisons », une pièce de Harold Pinter qui se délecte de la notion d’infidélité en racontant une liaison amoureuse extra conjugale depuis la fin (la rupture) et en remontant jusqu’au début (la rencontre). Une façon de retourner le théâtre comme une crêpe pour mieux assurer la parfaite cuisson de cette dernière. Bref, une pièce qui semble avoir été écrite pour les tg STAN.
Le théâtre est le haut-lieu du mensonge édicté comme vérité. Les trois protagonistes de « Trahisons » en savent plus qu’ils ne veulent en dire mais en savent moins qu’ils ne le croient. D’où la fureur de l’amant apprenant par son amante que le mari a eu lui aussi une aventure extra conjugale. La nouvelle ne le surprend pas (il serait bien mal placé pour cela) mais c’est le fait de n’en n’avoir rien perçu, d‘être passé à côté qui le sidère. Trahi, lui aussi.
Ecrite en 1978, longtemps avant que le prix Nobel de littérature ne soit décerné à l’auteur anglais en 2005, la pièce est régulièrement montée sur les scènes françaises, dernièrement (2014) au théâtre Vieux Colombier, l’une des salles de la Comédie Française. C’est une pièce que Yasmina Reza aurait rêvé d’écrire. Elle y aurait retrouvé des personnages de la « bonne bourgeoisie » éduquée-friquée qu’elle aime à disséquer dans ses pièces, ce que Pinter fait ici avec une subtilité et une perversité sans égales.
Lire l'article entier : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-thibaudat/160615/les-tg-stan-montent-trahisons-de-pinter Théâtre de la Bastille, 20h, dim 17h jusqu’au 5 juillet sauf les 20 et 21 juin et du 27 au 30 juin, 01 43 57 42 14
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Le spectateur de Belleville
May 28, 2015 7:01 PM
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Publié par Jean-Pierre Thibaudat sur son blog : Vouloir « regarder le monde en face sans céder au cynisme ni au découragement » c’est ce que partagent les « quatorze jeunes compagnies française et européennes » présentées par le Festival Théâtre en mai à Dijon autour de la figure emblématique de Jean-Pierre Vincent.
C’est ce qu’écrivent Sophie Chesne et Benoit Lambert (à la tête du Centre dramatique national de Dijon-Bourgogne) dans un édito résolument politique, dénonçant les hommes politiques «qui ont renoncé à faire de la politique » et des dirigeants qui « semblent avoir oublié que la vie d’un pays ne se réduit pas à son économie et qu’une société est autre chose qu’un marché ».
La valse des valeurs
C’est effectivement le cas des deux compagnies étrangères présentes à Dijon. La première venue de Lituanie présente « Bonne journée », un opéra contemporain mettant en scène le chant de dix caissières de supermarché, un spectacle soufflant (dont déontologiquement je ne peux rien dire de plus puisqu’il était au programme du festival Passages qui vient de s’achever et dont je suis le conseiller artistique). La seconde compagnie venait de Grèce avec deux spectacles, le passionnant Blitz theatre Group. J’ai vu le premier spectacle, « Late Night » créé en 2012 au centre culturel Onassis à Athènes.
Trois couples valsent sur une piste de danse aménagée en repoussant sur les côtés des gravats dus à un probable bombardement. Ils valsent, valsent encore, changent de partenaire, valseront jusqu’au bout de la nuit (du spectacle) s’adonnant parfois à des jeux de société désespérés, des tours de magie ratés. Un part pris implacable pour un monde (l’époque est celle d’une sorte de futur antérieur) où rien ne va plus, où tout court à sa perte dans les fracas d’une énième guerre ravageant l’Europe, alors ils dansent, dansent encore. Tout à tour chacun des six se précipite vers l’unique micro comme sur une bouée de sauvetage pour lancer des mots (tristesse, désespoir souvenir, cynisme) tandis que les musiques se succèdent en égrenant bien des réminiscences (de Chostakovitch à la musique de Delerue pour le «Mépris » de Godard). Lire l'article entier dans son site d'origine > http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-thibaudat/280515/l-ecole-la-grece-l-ukraine-et-l-impertinence-au-festival-theatre-en-mai Tous le spectacles mentionnés seront repris ou seront créés pendant la saison 2015-2016 Le festival Théâtre en mai continue jusqu’au 31 mai
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Le spectateur de Belleville
May 23, 2015 11:07 AM
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Publié par Véronique Hotte pour son blog : Le Théâtre Majâz a été créé en 2009 par Ido Shaked et Lauren Houda Hussein, un collectif dont la vocation est de se réapproprier la mémoire populaire pour la transformer en réalité imaginaire dans l’espace théâtral, et ainsi éclairer le présent. Ils se sont emparés des archives révélant leurs passés alternés, artistes d’un théâtre militant au langage scénique singulier, un mixed esthétique pour ces interprètes venus d’Israël, de Palestine, de France, du Liban, d’Espagne, d’Iran ou du Maroc. Après Croisades de Michel Azama, Ido Shaked et Laurent Houda Hussein ont décidé de créer Les Optimistes. L’enquête menée par les comédiens détectives a commencé en Europe, à travers les camps d’extermination, puis a continué dans un Proche-Orient prometteur, en Israël, en Palestine, au Liban et au Maghreb. Films, témoignages, travaux d’historiens ont aidé à brosser ce tableau de la Palestine et d’Israël mythiques, et de ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Sont posées les questions de la mémoire, des cheminements de l’exil et du retour, des problèmes de la transmission révélée ou bien tue à la génération suivante. L’illusion peut-elle concurrencer la réalité ? Samuel, avocat trentenaire, est envoyé en Israël après la mort de son grand-père afin de vendre la maison de celui-ci. Il devient le récepteur de la recherche identitaire grand-parentale. L’histoire de son ancêtre, réfugié de la Seconde Guerre mondiale, commence par son exil vers la Terre Promise : son peuple retrouve un foyer tandis que l’autre est forcé à l’exil. ` Les grands-parents de Samuel reçoivent à Tel-Aviv, une maison à Jaffa, ville palestinienne vidée de ses habitants, expulsés en 1948, pour les camps de réfugiés du Liban, de la Jordanie ou autres villes palestiniennes, ou Gaza. Lire la critique en entier : https://hottellotheatre.wordpress.com/2015/05/23/les-optimistes-par-le-theatre-majaz-texte-de-lauren-houda-hussein-et-ido-shaked-en-complicite-avec-lequipe/
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Le spectateur de Belleville
May 11, 2015 4:55 PM
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Publié par Véronique Hotte dans Théâtre du blog : Ostermeier Backstage, Entretiens avec Gerhard Jörder, traduit de l’allemand par Laurent Muhleisen et Frank Weigand Après des débuts remarqués à la Baracke du Deutsches Theater où il mena un véritable travail de laboratoire sur le jeu, comme Meyerhold ou Stanislavski, Thomas Ostermeier est nommé à trente ans, directeur de la Schaubühne de Berlin où depuis 1999, il met en scène aussi bien des classiques que des contemporains, Lars Norén, Sarah Kane ou Jon Fosse. À 41 ans, il a signé plus de trente créations dont Woyzeck (2004), ou un Hamlet en rock star mélancolique, qui sont restées des joyaux. En opposition frontale avec ceux qui ont forgé le théâtre contemporain : la scène n’est pas pour lui un lieu de performance ou d’installation, mais une manière de renouer avec la narration et le personnage, dans une approche non académique. Ces entretiens sont passionnants, à la fois profonds et pleins d’humour, et dévoilent les principes esthétiques et humanistes d’une création singulière, et des pensées socio-politiques, économiques, et personnelles. Il a eu un parcours qu’on aurait pu croire paisible mais s’est construit en se posant contre l’ordre établi. Deuxième de trois garçons, d’une famille de milieu modeste, il se sent proche de sa mère. Mais son père, un militaire autoritaire, est un ennemi déclaré.. à qui il reconnaît toutefois des qualités d’accordéoniste et d’animateur : « C’est avec lui aussi que j’ai regardé les premiers petits films de Karl Valentin. C’est lui qui m’a transmis cette passion pour son humour subversif, si décapant, si bavarois. » À seize ans, depuis Landshut, un « trou de province », l’adolescent rebelle, fugue et parcourt en stop, l’Italie, les Balkans, la Grèce, la Turquie. Plus tard, celui qui mettra en scène La Forte Race de Marieluise Fleisser et Susn de Herbert Achternbusch, régle ses comptes avec la Basse-Bavière catholique : «Toute ma force vient de ma résistance à la Bavière, de ma colère et de ma haine. J’ai été élevé dans la plus pure tradition catholique, j’ai été enfant de chœur. Il existe cette maxime : tout bon catholique ayant été un jour enfant de chœur, doit devenir communiste au plus tard au début de la vingtaine. Ce principe communautariste, cette manie de la rédemption et cette volonté de sauver le monde ont à voir avec la manière dont s’est déroulée ma socialisation… » Après avoir joué le fanfaron ludique (réservé aujourd’hui mais toujours souriant) et s’être mis en scène auprès de ses camarades pour combler le manque de bonheur à la maison, il crée une troupe de théâtre lycéenne d’abord, puis indépendante : « Un groupe de rock indé. De vrais freaks, des types super. On fumait des roulées, on buvait du vin rouge, on discutait littérature et on faisait du théâtre. » L’adolescent libéré rencontre là Jens Hillje, son futur bras droit à la Baracke et à la Schaubühne. Le goût du théâtre est venu au futur inventeur d’images scéniques, grâce notamment à une passion pour la lecture et la littérature transmise par sa professeure d’allemand. Il fait aussi de la musique de groupe, basse électrique et contrebasse : «une période assez sauvage, avec beaucoup de hardcore punk, des squats dans la Hafenstraße à Hambourg, des manifs, la gauche alternative, cela m’attirait.
Lire l'article entier : http://theatredublog.unblog.fr/2015/05/11/ostermeier-backstage/ Ostermeier Backstage, Entretiens avec Gerhard Jörder, 2015 L’Arche Éditeur.
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Le spectateur de Belleville
April 6, 2015 8:09 AM
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Publié par Fabienne Darge pour Le Monde : A Saint-Pétersbourg, le Théâtre Maly (« petit théâtre de drame ») de la rue Rubinstein, tout près de la célèbre perspective Nevski, n’est pas seulement un théâtre, derrière sa façade fin XIXe, son portique crème à colonnes. C’est une maison, au sens à la fois le plus concret et le plus spirituel du terme. Ainsi l’a voulu Lev Dodine, le lion à la crinière blanche, qui en a pris la direction en 1982, et en a fait un des foyers majeurs du théâtre européen, emblématique de la perestroïka, avec des créations marquantes comme Gaudeamus ou Claustrophobia.
Aujourd’hui, Lev Dodine, qui est né en 1944 en Sibérie, à Stalinsk (redevenue Novokouznetsk), dans une famille d’origine juive, a 70 ans, et quelques soucis de santé – le cœur, eh oui. Il est inquiet pour sa maison de théâtre, et pour la maison Russie. Il semblerait que le domaine soit à vendre au plus offrant, que le marché ait gagné de manière féroce, et que l’antisémitisme, l’incurable antisémitisme russe, soit de retour.
Alors, Lev Dodine a remonté La Cerisaie. Il avait déjà signé une version de l’ultime pièce de Tchekhov en 1994, que l’on avait pu voir à l’Odéon. Ce n’était pas son meilleur spectacle. Mais cette nouvelle Cerisaie, créée en 2014, et que l’on peut voir au Monfort Théâtre, à Paris, dans le cadre du festival Standard idéal - hors les murs, est une splendeur. Un spectacle de maître comme il est si bon d’en voir encore. Et de maître russe, avec des acteurs russes : adeptes du low profile et de l’anorexie de l’âme, du corps et de l’esprit, passez votre chemin, ceci ne sera pas pour vous.
Musique à la fois subtile et puissante
La maison, qui est donc au cœur du projet de Lev Dodine pour son théâtre, est bien sûr au cœur de La Cerisaie, la plus belle pièce jamais écrite sur cette notion, si importante pour l’être humain, d’un chez-soi de l’âme. Et toute la mise en scène de Dodine, qui est sans doute son chef-d’œuvre, est un manifeste à la fois testamentaire et magnifique, tournant autour de cette métaphore de la maison comme foyer de valeurs communes et partagées – et menacées –, en une vision à la fois très personnelle de la pièce, et tchékhovissime.
A Saint-Pétersbourg, où nous avons vu le spectacle en décembre 2014, Lev Dodine a utilisé tout son théâtre, en un dispositif recréé au Monfort. L’histoire de Lioubov Andréevna, qui revient dans son domaine, sa « chère Cerisaie », après des années d’errance en Europe, l’histoire de ces propriétaires terriens ruinés qui n’ont pas vu, pas compris, que leur heure était passée, a lieu parmi nous, spectateurs assis sur des sièges houssés de blanc, comme les meubles de la maison en vente. C’est notre histoire, nous en sommes partie prenante. Lire l'article de Fabienne Darge en entier ---> http://www.lemonde.fr/scenes/article/2015/04/06/lev-dodine-rebatit-sa-cerisaie_4610065_1654999.html La Cerisaie, d’Anton Tchekhov. Mise en scène : Lev Dodine. Festival Standard idéal, Monfort Théâtre, 106, rue Brancion, Paris 15e. Tél. : 01-56-08-33-88. Du mardi au samedi à 20 h 30, du 7 au 18 avril. De 10 €à 28 €. Durée : 3 heures. En russe surtitré. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/scenes/article/2015/04/06/lev-dodine-rebatit-sa-cerisaie_4610065_1654999.html#DfGHHv2imzWRE4sy.99
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Le spectateur de Belleville
March 29, 2015 8:43 AM
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Ezzeddine Gannoun, auteur, metteur en scène et formateur de théâtre, vient de nous quitter, dans la nuit du samedi à dimanche 29 mars 2015. Cette triste nouvelle a été annoncée, ce matin, par la chaîne Al-Hiwar Ettounsi. Fondateur de la troupe du Théâtre Organique et directeur du théâtre El-Hamra, à Tunis, qu’il a fondé en 1985, Ezzeddine Gannoun est l’une des grandes figures du théâtre en Tunisie et dans le monde arabe.
Il a écrit (et co-écrit avec la comédienne Leila Toubel) de nombreuses pièces de théâtre, qui ont marqué de leur empreinte l’évolution de la scène tunisienne et arabe. Sa dernière pièce, qui s’intitule ‘‘Ghilan - Monstranum's’’, sur les monstres enfantés par la Tunisie postrévolutionnaire, a été présentée, le 23 juillet 2013, dans le cadre du 49e Festival international de Carthage et a bénéficié d’une très bonne critique. Grand pédagogue et formateur, le regretté a fondé, en 2001, le Centre arabo-africain de formation et de recherches théâtrales (CAAFRT), qui organise, chaque année, des ateliers de formation d’acteur et de dramaturge. Ces ateliers ont permis de former des dizaines d’acteurs et d’auteurs de théâtre dans le monde arabe et en Afrique.
En cette douloureuse circonstance, l'équipe de Kapitalis présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt et à la famille du théâtre tunisien dans son ensemble.
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Le spectateur de Belleville
March 26, 2015 12:06 PM
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Publié par Fabienne Darge dans Le Monde Londres, Bruxelles
Pendant quelques jours, on suit Ivo van Hove. Il est à Londres, à Bruxelles, repart à Amsterdam, où il dirige le Toneelgroep, le théâtre le plus en vue aux Pays-Bas. Encore a-t-on de la chance : il aurait pu être à New York. Ivo van Hove est très demandé. L’homme semble être aussi mobile que le lui permet sa silhouette d’une minceur extrême, le pas rapide, tout entier tendu vers le travail. En France, on le connaît mal, malgré ses escales régulières à la Maison des arts (MAC) de Créteil, et une étape avignonnaise très remarquée, en 2008, avec ses Tragédies romaines inspirées de Shakespeare.
Aujourd’hui, on dirait que son heure est venue. Son spectacle The Fountainhead, superbe réflexion sur la création et la singularité de l’artiste, a emballé le dernier Festival d’Avignon (Le Monde du 14 juillet 2014). Le voilà de nouveau à Créteil, où il ouvre le festival Exit avec une mise en scène puissante, au cordeau, de Mary Stuart, le drame de Schiller. Du 22 avril au 14 mai, il sera au Théâtre de la Ville, à Paris, avec son Antigone déjà passée par Luxembourg et Londres, jouée (en anglais) par Juliette Binoche.
Plusieurs autres de ses spectacles sont à l’affiche à travers l’Europe. Mais pourquoi la reconnaissance arrive-t-elle si tard, pour un artiste né dans un petit village du Limbourg en 1958, et qui fait partie intégrante de cette fracassante génération flamande qui a révolutionné les arts de la scène, au tournant des années 1980 ?
Secrets de la vie
Petit rembobinage arrière. Ivo van Hove, fils de pharmacien, quitte à 11 ans son village pour partir dans un pensionnat de garçons catholique du nord de la Belgique. Là, il a « tout vécu : la douleur, l’angoisse, la cruauté, la sexualité, mais aussi, magnifiquement, la découverte du théâtre, dans le groupe amateur qui était un monde à l’intérieur du monde de la pension, laquelle était elle-même un univers clos dans le vaste monde ». Dans ce pensionnat qui aurait pu être « dans un film de Michael Haneke », Ivo van Hove a été heureux. Grâce au théâtre, qu’il n’a plus quitté, malgré la tentative de ses parents pour lui faire étudier le droit. Il s’est donc retrouvé à Anvers à la fin des années 1970 : creuset où tout s’est inventé, où les Jan Fabre, Jan Lauwers, Anne Teresa De Keersmaeker, Guy Cassiers, Alain Platel, etc., ont fourbi leurs armes pour réinventer complètement la scène.
Ivo van Hove est dans le mouvement. Le théâtre belge lui apparaît « affreusement conservateur, d’une médiocrité inimaginable », et il va chercher les secrets de la vie et de l’intensité dans le rock et dans la performance. Avec trois icônes majeures : David Bowie, Joseph Beuys et Marina Abramovic. « Dans la performance, ce qu’on voit est vrai. Quand Marina Abramovic s’assied en face de toi sur une chaise, c’est vraiment elle, et elle te regarde vraiment [il s’agit de l’œuvre The Artist Is Present, de la performeuse serbe]. »
Ivo van Hove noue surtout un dialogue direct avec Joseph Beuys, qu’il va voir dans sa maison de Kleve, en Allemagne. « Il a eu une importance énorme pour moi, dans le choix des matériaux bruts et organiques, dans sa performance [I Like America and America Likes Me] au cours de laquelle il s’enferme pendant des heures avec un coyote… Ramener dans l’espace de l’art un élément sauvage, un élément de réalité pure, c’est ce que j’essaie de faire encore maintenant. »
Comme pour tous ses camarades, la performance sera la matrice à partir de laquelle revivifier le théâtre, au-delà des différences et des rivalités – « avec Jan Fabre, on s’est longtemps détestés, avec Guy Cassiers, on a toujours été proches », s’amuse Ivo van Hove. Pas de coyote, mais un tigre (en cage) dans le premier spectacle qu’il signe en 1981, Geruchten (« Rumeurs »).
Comment expliquer, alors, qu’Ivo van Hove soit longtemps resté dans l’ombre ? Tout simplement parce que le metteur en scène est revenu rapidement à une forme de théâtre plus classique, quand ses camarades faisaient péter la scène et affirmaient leur statut d’auteurs. Mais comme son confrère allemand Thomas Ostermeier, dont il est proche, Ivo van Hove a redonné un sacré coup de jeune et de modernité au « vieux » théâtre. S’il est revenu aux textes canoniques, c’est parce qu’il a découvert « qu’ils [lui] permettaient de dire des choses plus personnelles qu’avec [ses] propres textes ».
Contemporains ou classiques
A partir de là, il a patiemment construit une œuvre passionnante, avec des lignes de force très nettes, situant son travail à la croisée des interrogations intimes et existentielles et des questions politiques. Ivo van Hove travaille sur tous les matériaux possibles. Textes contemporains (il aime Duras) ou classiques (Shakespeare first). Il a été un des premiers à réhabiliter ces auteurs américains que la modernité théâtrale avait condamnés comme trop réalistes et trop psychologisants – Eugene O’Neill, Tennessee Williams, Arthur Miller, Lillian Hellman… Et à signer autant de spectacles (marquants) inspirés par des scénarios de grands cinéastes, Ingmar Bergman et John Cassavetes en tête.
Mary Stuart est emblématique de ce que peut offrir Ivo van Hove aujourd’hui, c’est-à-dire redonner à un drame assez classique et rhétorique une urgence, une intensité, dans le bel espace sobre conçu par son scénographe de toujours, Jan Versweyveld, qui est aussi son compagnon. L’histoire du combat entre la reine d’Ecosse et Elisabeth Ire y prend la férocité, chargée d’amour et d’énergie sexuelle, d’un combat de fauves, aux résonances politiques troublantes. Et ce, notamment, grâce aux merveilleux (ses) comédien (ne) s réunis par Ivo van Hove au Toneelgroep d’Amsterdam, qu’il sait diriger en maître : Chris Nietvelt (Elisabeth), fine et émouvante, Hans Kesting (Leicester), un des comédiens les plus puissants d’aujourd’hui, et Halina Reijn (Mary Stuart), une reine de la scène, sensuelle et libre.
On n’en dira malheureusement pas autant de Juliette Binoche, dont l’Antigone manque de force tragique, malgré l’humanité cherchée par l’actrice. C’est d’autant plus dommage que le travail effectué sur la complexité politique de la pièce est remarquable. Mais l’ensemble demeure un peu lisse, comme peut rester lisse le visage d’Ivo van Hove quand on discute avec lui. Sûr qu’il y a une bête sauvage tapie au cœur de cet homme-là, mais il ne la lâche que dans la cage du théâtre.
Fabienne Darge Mary Stuart, de Friedrich von Schiller. Mise en scène d’Ivo van Hove. A 20 heures, du 26 au 28 mars. De 12 à 24 €. En néerlandais surtitré. Dans le cadre du festival Exit : spectacles, performances, exposition « Home Cinéma ». Du 26 mars au 5 avril. Maison des arts, 1, place Salvador-Allende, Créteil. Tél. : 01-45-13-19-19. .maccreteil.com. Exposition : 3 €, spectacles de 8 à 20 €, soirées spéciales.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/scenes/article/2015/03/26/ivo-van-hove-le-theatre-comme-un-combat-de-fauves_4601749_1654999.html#UUDwLSVjDp9lipVP.99
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Le spectateur de Belleville
March 14, 2015 6:52 AM
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Le spectateur de Belleville
February 27, 2015 1:38 PM
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Publié par Philippe Chevilley dans Les Echos Antigone apparaît dans un vent de sable. Bientôt un œil-de-bœuf percé dans le décor de dunes blêmes fera apparaître un soleil géant. En fond de scène, un monde désert, mythique et éternel… Devant, un bureau high-tech, meublé d’étagères bien rangées – le cœur du pouvoir, où le roi Créon élabore sa politique. Avec subtilité, Ivo van Hove tire un trait entre la pièce de Sophocle, écrite en 441 avant Jésus-Christ, et le monde d’aujourd’hui. La transposition est discrète, organique. Les héros de ce drame familial, héroïque et politique, évoluent en dehors du temps, dans un monde à la fois très ancien et présent. Ceux qui attendaient une mise en scène « provoc’ » et échevelée du grand dramaturge belge en seront pour leurs frais. La création-événement de la tragédie de Sophocle – avec Juliette Binoche dans le rôle-titre – au Grand Théâtre de Luxembourg, a envoûté le spectateur par sa sobriété, son intensité, son émotion contenue. Comme si Van Hove et sa troupe avaient été happés par le texte grec et poussés vers davantage d’épure au fil des répétitions. Il y a bien quelques beaux effets de lumière entre Soleil et Lune, ces images énigmatiques de villes et de déserts mouvants projetées sur le grand mur écran, ce formidable tremblement de terre à la mort d’Antigone... Mais la beauté du spectacle réside surtout dans son austère limpidité. Le « non » d’Antigone à la raison d’Etat que défend obstinément son grand-oncle Créon résonne avec une remarquable évidence. Actualité brûlante Entourés de comédiens britanniques, Juliette Binoche joue sa partition sans faute en anglais. Sa voix est comme une musique mélodieuse qui emprunte autant au phrasé du théâtre que du cinéma. Juste, assurée, tour à tour calme et violente, l’actrice irradie. Davantage que l’orgueil, c’est l’amour – pour son frère mort, Polynice, qu’elle veut enterrer malgré l’interdiction de son oncle, pour tous les hommes blessés – qu’elle exprime en une saine colère. Tandis que Patrick O’Kane (Créon) porte d’emblée, avec tristesse, le fardeau de l’échec – la « faute » du politique qui veut passer en force, faisant fi des traditions et de la compassion de son peuple. La révolte du faible contre la tyrannie, le non-respect des morts : « Antigone » convoque autant les mythes que l’actualité brûlante. Jeu physique à l’anglaise, voix posée, geste précis, les huit comédiens, habités, portent sans faillir 1 h 30 durant ce théâtre sans âge. Avec eux, grâce à eux, Van Hove réinvente la tragédie grecque, sans en changer une virgule. Philippe Chevilley En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/culture/0204186309121-binoche-lumineuse-antigone-1097296.php?85EwcyCH4wbgej2C.99
A voir au Théâtre de la Ville, Paris du 22 avril au 14 mai Antigone de Sophocle, mise en scène Ivo von Hove En anglais sous-titré Site du Théâtre de la Ville http://www.theatredelaville-paris.com/spectacle-antigoneivovanhove-745
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Le spectateur de Belleville
January 25, 2015 10:12 AM
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Publié par Les Echos : Christoph Marthaler nous offre une version détonante de « La Poudre aux yeux » de Labiche. Le vaudeville ralenti, truffé de gags dadaïstes, devient une pantomime absurde et dévastatrice. Présentée à la Comédie de Reims pendant quelques jours, cette « île flottante » accostera à l’Odéon à Paris en mars. Ne cherchez pas « Une île flottante » dans les oeuvres complètes de Labiche, la pièce n’existe pas. Christoph Marthaler s’est inspiré principalement de « La Poudre aux yeux » (1861) pour son dernier spectacle, produit par les théâtres Basel et Vidy Lausanne, actuellement à l’affiche pour quatre jours à Reims, avant Paris (Odéon) en mars. Le résultat –qui cite d’autres oeuvres de Labiche, Lewis Carroll, Gert Jonke ou Gustav Meyrink, quelques lieder et comptines– est savoureux, léger et déroutant comme le fameux dessert (bien) français. Est-ce des oeufs battus en neige qui suintent du transistor agonisant trônant au milieu de la scène _un des objets de choix qui peuple le décor bourgeois cauchemardesque imaginé par Anne Viebrock ? La scénographe, qui avait recouvert la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon de moquette bleue pour « Papperlapapp » en 2010, n’y est pas allée de main morte : croûtes au mur, meubles et bibelots de mauvais goût –sans oublier les animaux morts, empaillés, que trimbale l’air inquiétant le domestique maison (citation d’une autre comédie du grand Eugène : « Un Mouton à l’entresol »).
Christoph Marthaler fait imploser/exploser le théâtre de Labiche. Imploser, puisqu’il reprend les codes esthétiques, vestimentaires et comiques –troupiers ou grivois– du vaudeville pour mieux les détourner (tels ces embarras gastriques du docteur Malingear, qui viennent ponctuer le repas de famille chez les Ratinois). Exploser, parce qu’il met d’emblée des grains de sables (des cailloux) dans la mécanique bien huilée d’un vaudeville en apparence basique. Les Malingear ont une fille, Emmeline, qui prend des cours de piano quotidiens avec le fils Ratinois, Frédéric (un tout jeune avocat). On commence à jaser et un mariage s’impose. Pour s’impressionner mutuellement et faire monter la dote, les deux mères se jettent de la « poudre aux yeux », embellissant leur situation. L’oncle de Frédéric va découvrir leurs manigances. Il reviendra aux deux pères de faire éclater la vérité et de reconnaître la réalité de leur condition –moyenne sinon médiocre (Malingear est un médecin sans client et Ratinois un confiseur à la retraite).
Le metteur en scène suisse complique d’emblée l’affaire en introduisant le bilinguisme : les Malingear parlent français, les Ratinois, allemand, ce qui nous vaut un hilarant prologue incompréhensible, où les personnages en rang d’oignon devant le rideau rouge tentent de se situer (qui est qui...) dans les deux langues, sans jamais y parvenir. Marthaler se moque encore un peu plus de la convention en présentant une personnage ahuri et agité de tics, dame Friedelind, devenue prisonnière de son « a parte ». Une fois le rideau ouvert sur le capharnaüm bourgeois, non seulement on se contente de survoler l’intrigue, mais on est pris totalement à rebours : exit le Labiche à deux-cents à l’heure qu’on voit d’habitude sur nos scènes, «Une île flottante » progresse à la vitesse d’un hérisson _celui que dépose bientôt le maître d’hôtel sur la table. La première scène s’étire à l’envi, peuplée de longs silences entre les répliques, comme si chaque mot relevait de la métaphysique. La vacuité-vanité, le ridicule des personnages sont mis ainsi cruellement en relief sur fond de volées de cloches ou de musiques décalées.
Succulentes caricatures D’abord, le public ne sait pas sur quel pied danser, hésite à rire, puis il se laisse aspirer par le faux rythme du spectacle et succombe à l’humour des gag dadaïstes, qui s’enchaînent. Les personnages sont de succulentes caricatures. Ainsi du couple pitoyable formé par les deux fiancés qui ne cessent de s’apostropher d’une voix nasillarde : « Emmeline !... », « Frédéric !... ». Les gestes quotidiens les plus banals (brancher un transistor, accrocher un trophée au mur) tournent au ballet clownesque. Emmeline se met devant une harpe pour jouer du piano, arrache les pics du hérisson pour faire de la couture... Les chaises se cassent et les amants restent coincés... les Ratinois entrent à la queue-leu-leu et jettent une peau de banane, qu’ils enjambent... On passe sans crier gare de Pina Bausch à Charlie Chaplin. La troupe de Marthaler est virtuose dans la danse et dans le chant comme dans la comédie.
A petit feu, le vaudeville s’étiole. Les deux familles réunies pour conclure le mariage n’arrivent pas à communiquer. Les deux pères lisent leur discours écrits dans la langue de l’autre avec un accent épouvantable. Constat d’échec total. Finies les apparences, on déménage : on décroche les tableaux du mur, on emballe les bibelots, on emporte les meubles... On grignote du polystyrène expansé _blanc comme des oeufs en neige_ pour reprendre ses forces. Les protagonistes de « La Poudre aux yeux » prennent la poudre d’escampette... Seule Madame Ratinois essaie encore de se convaincre qu’elle (et son monde) tiennent debout , en répétant inlassablement « Ich... Ich » (« Moi... Moi »). Elle sera la dernière à quitter un « chez-soi » aussi obscène nu, qu’habité... Marthaler nous offre en 2h20 chrono, un meurtre discret de la bourgeoisie et de son théâtre, en forme de pantomime absurde. Labiche n’aurait peut-être pas tout compris, mais gageons qu’il aurait bien ri.
DAS WEISSE VOM EI (UNE ILE FLOTTANTE) d’après Eugène Labiche. Mise en scène de Christoph Marthaler. A la Comédie de Reims (03 26 48 49 00) jusqu’au 24 janvier . A Paris, Odéon (01 44 85 40 40) du 11 au 29 mars. En français et en allemand (surtitré). 2h20.
Philippe Chevilley pour Les Echos
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June 19, 2015 12:30 PM
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Montréal, le 18 juin 2015 – C’est avec grand plaisir et une fébrilité certaine que La Chapelle Scènes Contemporaines dévoile enfin l’identité de son nouveau directeur général et artistique. Dès l’automne 2015, Olivier Bertrand prendra le relais de Jack Udashkin à la barre du petit théâtre de la rue Saint-Dominique. Présentement directeur par intérim au Théâtre de la Cité internationale à Paris, Olivier Bertrand rejoindra la dynamique équipe de La Chapelle pour la saison 15-16.
PROCESSUS DE SÉLECTION Les nombreuses candidatures reçues à la suite de l’appel lancé en mars dernier ont tenu le Conseil d’administration bien occupé ces derniers mois. Plusieurs entrevues ont été menées avec des personnes allumées aux profils aussi variés que peut l’être la programmation artistique de La Chapelle. Le comité de sélection remercie toutes les personnes qui ont soumis leur candidature et partagé leur vision : un signe que le mandat de La Chapelle interpelle la communauté artistique. Au terme d’un processus de sélection rigoureux, le Conseil d’administration est fier de nommer Olivier Bertrand à la direction de l’organisme. Avant de quitter les bureaux pour les vacances d’été, il nous fait donc plaisir de vous présenter le parcours professionnel étayé de cet amoureux des arts de la scène et de vous offrir un aperçu de sa vision artistique. Lire l'article : http://lachapelle.org/news/142/30/Olivier-Bertrand-nomme-directeur-general-et-artistique-de-La-Chapelle-Scenes-Contemporaines/
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June 17, 2015 4:05 PM
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Publié par Rosita Boisseau dans Le Monde : Chorégraphier Le Sacre du printemps, œuvre phénomène d’Igor Stravinsky, en choisissant d’évacuer le livret est une manière élégante de botter en touche. Et pourquoi pas ? S’attaquer au sacrifice d’une jeune vierge élue par de vieux sages de la Russie archaïque a de quoi faire peur aux plus téméraires. Surtout lorsque ce scénario affolant a servi de carburant à quelques chefs-d’œuvre spectaculaires auxquels il est périlleux de se mesurer. L’un dans l’autre, Le Sacre n’est pas une petite affaire.
Le chorégraphe américain Daniel Linehan, 33 ans, a relevé ses manches. Il en a même rajouté : pour son Sacre, il se risque à un casting de treize danseurs, lui qui n’avait jamais travaillé sur une partition classique ni collaboré avec plus de cinq interprètes.
Et vlan, Un sacre du printemps, dans la version pour deux pianos, a été présenté le 12 juin, à l’Opéra de Lille, dans le cadre du festival Latitudes contemporaines, qui se déroule jusqu’au 19 juin, dans une douzaine de lieux.Avec des auteurs « nouvelle génération » comme Miet Warlop ou Vincent Thomasset. « Je veux coller à ce qui se passe aujourd’hui, énonce Maria Carmela Mini, directrice du festival. La scène contemporaine, c’est ce qu’il est urgent de montrer au moment où ça se crée. »
Texture vulnérable
Avec le Sacre de Linehan, dont les interprètes ont entre 20 et 25 ans,cette jeunesse s’offre une page publicitaire rafraîchissante et intense . En pantalons noirs et chemises blanches – un domino raccord avec le tapis de scène –, le groupe redonne aux bombardements percussifs de la musique un élan épidermique au gré d’un découpage en tableaux au cœur desquels se distinguent des solos, des trios. Avec cette texture vulnérable, incertaine même parfois, qui rend le spectacle attachant.
Ces danseurs sont sortis en 2014 de l’école bruxelloise Performing Arts Research and Training Studios (P.A.R.T.S.), dirigée par Anne Teresa De Keersmaeker, dans laquelle Linehan lui-même a poursuivi ses études en débarquant des Etats-Unis en 2008. Chorégraphe, il y a piloté en 2013 un atelier avec des élèves en complicité avec le dramaturge musical Alain Franco. Le spectacle est la suite professionnelle de ces premiers pas. D’où ce côté étude, laboratoire, où l’on sent la projection des uns et des autres dans le grand bain de l’inconnu.
Sous l’influence des tracés tourbillonnants d’Anne Teresa De Keersmaeker, mais aussi des gestes en biais de Nijinski (1889-1950) qui créa Le Sacre en 1913, cette pièce est un formidable test d’écriture pour le chorégraphe. Alors qu’il s’est imposé dans un registre conceptuel entre postures et textes, il donne l’élan d’une gestuelle graphique rêche et mal finie, enracinée dans une présence à vif. Ce qui le sauve, ainsi que son spectacle, de la menace d’une belle danse trop reconnaissable.
Un sacre du printemps, de Daniel Linehan. Le 19 juin, festival June Events, Théâtre du Soleil, 2, route du Champ-de-Manœuvre, Paris 12e. De 10 € à 20 €. Les 6 et 7 juillet, Festival de Marseille.
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June 16, 2015 6:45 PM
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Publié par Véronique Hotte sur son blog : Pour ces Trahisons (Betrayal), Harold Pinter propose une structure dramatique peu habituelle : neuf scènes sont distribuées à contre temps ou à rebours, à partir de la fin d’une intrigue jusqu’au tout début de cette liaison, avec mari, femme et amant, un trio infernal du roman et des romances à tout-va, qui font des êtres amoureux des âmes perdues. C’est pour le spectateur le prétexte amusant d’observer au fil du temps un triangle amoureux classique, la naissance et la prééminence d’une passion qui emporte tout, la trahison sentimentale des nouveaux amants pour leurs amours passées, de l’époux pour l’une, et de l’époux pour l’autre. Sauf qu’en remontant ainsi les aiguilles d’une montre, et tout en sachant les échéances historiques de ce scénario mortifère à terme – mais n’est-ce pas la vie-même -, chacun retrouvera sa chacune. Toujours est-il encore qu’il aura fallu que la jeune femme trompe sciemment son mari avec le meilleur ami de ce dernier, des personnes qui évoluent dans un univers littéraire de bobos satisfaits, auteurs, éditeurs, médecins. Pinter donne à voir en entomologiste de l’âme, les mécanismes de la fidélité, de la duplicité et de cette propension à s’aveugler et à se tromper soi-même. Il jette sur le plateau de théâtre des personnages s’enferrant dans les circonstances intenables d’une passion dévorante, « aux prises avec la médiocrité inéluctable de leur vie, désireux de mener une existence d’envergure dans un monde trop étriqué ». L’écriture économe et laconique de Pinter, impitoyable et crue, exalte l’amour, tout en le moquant. Ce prosaïsme des relations qui accède à la poésie, ce regard distancié et consentant porté sur la vie qui passe, est fait pour plaire au tg STAN dont Jolente De Keersmaeker, Robby Cleiren et Frank Vercruyssen sont les maîtres d’œuvres. Pour reculer, depuis l’actualité du présent jusqu’à un temps passé qui n’en est pas moins vivant, il suffit de retirer de l’intérieur de l’appartement privé, des livres anciens accumulés à cour pour les rapporter à jardin – une façon significative et physique de remonter le cours de l’existence – car les jours ne font qu’accumuler des ouvrages dont on s’encombre. Robby Cleiren et Frank Vercruyssen sont tout bonnement merveilleux de justesse et de lâcheté virile, des hommes absolument complices et rivaux, à la fois sincères et menteurs, tellement ironiques dans l’évocation de leur réalité affective pleine de sous-entendus et de non-dits dont ils ne sont jamais dupes. Jolente De Keersmaeker irradie la scène à elle seule, changeant de tenue comme de gants, légère, subtile et plaisamment distante, récupérant en son cœur le challenge – trophée symbolique – de ces deux amants naïfs qui croyaient la berner. Un art du théâtre subtil et efficace sous les musiques pop des seventies.
Véronique Hotte
Théâtre de la Bastille, du 15 juin au 5 juillet, relâches les 20, 21, 27, 28 et 29 juin. Tél : 01 43 57 42 14 Crédit photo : Paul de Malsche du spectacle Trahisons
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May 30, 2015 5:44 AM
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Publié par Fabienne Darge dans Le Monde Attention, 1927 est de retour. Pour ceux qui ont découvert, en 2012, à Dijon ou à Avignon, cette compagnie anglaise qui marie avec grâce théâtre et cinéma d’animation, c’est une bonne nouvelle (Le Monde du 23 juillet 2012).
Mythe du Golem et déshumanisation
Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, c’en est une aussi. L’auteure-metteure en scène Suzanne Andrade et le dessinateur Paul Barritt offrent avec ce nouveau spectacle une réjouissante variation sur le mythe du Golem et la déshumanisation en marche, propre à ravir – et à faire réfléchir – tous les enfants de 7 à 97 ans, accros à leurs téléphones, à leurs tablettes et à leurs réseaux sociaux.
Au départ, rappelons-le, le mythe juif du Golem (« embryon », « informe », « inachevé » en hébreu), qui a engendré de multiples avatars dans la culture juive d’Europe centrale, désigne un être artificiel, généralement humanoïde, fait d’argile, non doué de parole et dépourvu de libre arbitre. Une créature, entre les mains de son créateur. Golem, par la compagnie 1927. Texte et mise en scène : Suzanne Andrade. Film et animation : Paul Barritt. Théâtre des Abbesses, 31, rue des Abbesses, Paris 18e. Tél. : 01-42-74-22-77. Du lundi au samedi à 20 h 30, jusqu’au jeudi 4 juin. De 16 € (tarif jeune) à 26 €. Tout public à partir de 7 ans. En anglais surtitré.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/05/30/la-compagnie-1927-fait-passer-le-golem-de-l-argile-au-silicium_4643934_3246.html#hH7X1UdExPLsmjiM.99
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May 26, 2015 4:29 PM
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Publié sur le site de France Info : Le théâtre malheureusement ne change pas le monde, mais il permet parfois de vivre des utopies. Ça s'appelle "les optimistes", c'est à voir au théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis et la jeune compagnie "Majaz" réunit sur scène des comédiens venus d'Israël, de Palestine, du Liban, d'Iran, du Maroc.
Ils se sont en partie connus à Paris dans des cours d'art dramatique et ils ont créé à Jaffa en Israël cette pièce qui mêle utopie et réalité historique. Après la guerre, un couple de juifs polonais s'installe en terre promise, ils ont survécu à la shoah, mais elle ne supporte pas cette nouvelle vie, lui, reste seul. Un jour, il reçoit une lettre, en arabe, il se la fait traduire, c'est l'ancien propriétaire de la maison qu'il occupe, réfugié dans un camp au Liban, qui demande des nouvelles de son jardin, de ses orangers. Beno réalise que l'exil de son peuple engendre un autre exil. Il n’est pas venu en Israël pour spolier qui que ce soit, il décide donc d’oeuvrer pour ces exilés. Une petite communauté de juifs et de palestiniens se met au travail, ensembles pour envoyer des bonnes nouvelles aux réfugiés partis au Liban, ils édulcorent la réalité et entretiennent l'espoir d'un retour. Ça peut paraitre naïf, mais dans leurs recherches pour écrire ce texte, l'israélien Ido Shaked et la franco-libanaise Lauren Houda Hussein ont trouvé des témoignages très surprenants aujourd'hui. Si ces "optimistes" n’ont apparemment jamais existé, il y a eu des juifs et des palestiniens qui ont rêvé d’un Etat binational.
Evidemment cette pièce ne tournera pas au Moyen-Orient, surtout en ce moment, elle ira peut-être au Maroc, mais déjà, quand elle est jouée à Saint-Denis, en français, arabe et hébreux, surtitré, elle suscite des réactions fortes. Le public aussi divers que la compagnie, apprécie la sensibilité de cette histoire, ce n'est pas un texte manichéen, qui ne changera pas l'histoire mais qui a le mérite de réunir sur scène des peuples qu'ont dit résolument ennemis.
"Les optimistes" par la compagnie Majaz, au théâtre Gerard Philipe à Saint-Denis jusqu'au 31 mai.
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May 20, 2015 6:56 PM
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Publié par Elsa Pereira dans TimeOut : Quelle place reste-t-il à l’optimisme lorsque les roquettes volent dans le ciel ? A l’heure où nous écrivons, le feu a repris son travail mortuaire à Gaza. Pourtant, en ce soir de novembre, dans le très chaleureux théâtre du Soleil, l’ambiance n’est pas à la désolation. La douce odeur du couscous flotte dans le vestibule, et chacun s’attable un verre de thé à la menthe au coin des lèvres. Une ambiance conviviale, préambule idyllique à une magnifique histoire de familles. Aussi belle que bouleversante, ancrée dans une mémoire collective rapiécée de toute part. C’est dans une maison, celle d’un grand-père inconnu, que le spectacle commence. Venu à Jaffa pour revendre la demeure de ses ancêtres, Samuel en découvre le passé composite. Derrière des montagnes de dossiers, entre des murs jusqu’alors étrangers, il se lance dans une démarche archéologique. Un récit qui remonte le temps jusqu’à 1948. Refugiés de guerre, exilés vers la Terre des nouvelles promesses, Beno et Malka se voient alors attribuer une maison vidée de ses habitants. Quitté par Malka, Beno va devoir affronter seul les fantômes d’un village quitté sous la force et dont il ignorait tout. Habilement mis en scène par Ido Shaked et subliment interprété, ‘Les Optimistes’ superpose avec souplesse deux espaces-temps ; celui de Samuel plongé dans les affaires de son grand-père et celui de Beno détruit par les mensonges. Tous deux confrontés à une réalité impossible à admettre. Par un jeu de lumière et de scénographie, le spectateur saute d’une culpabilité à l’autre. Petit à petit, dans cet espace rempli d’objets d’autrefois, le conte se tisse et déploie : une bicyclette traverse la scène, on s’assoit à l’avant-scène pour boire le thé, on tape à la machine... Avec humour, poésie et intelligence, sans jamais céder aux sirènes du mélodrame, Ido Shaked évoque l’une des périodes les plus troubles de notre histoire. On s’attache aux personnages, on comprend leurs blessures, on soupire avec eux. A la manière d’un Wajdi Mouawad, mais sans le goût tragique. Un moment de théâtre comme on les aime. PAR ELSA PEREIRA Au TGP de Saint-Denis jusqu'au 31 mai
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April 6, 2015 11:59 AM
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Publié par Brigitte Salino dans Le Monde : L’éventualité du remplacement de Frank Castorf par un curateur belge à la tête de la Volksbühne provoque l’indignation. Si la nouvelle est confirmée, c'est une révolution. Chris Dercon, le directeur de la Tate Modern de Londres, pourrait succéder à Frank Castorf à la Volksbühne de Berlin. La rumeur, qui court depuis plusieurs semaines, prend chaque jour plus d'ampleur dans les journaux allemands, où elle suscite une très forte polémique. Tout a commencé mi-mars, quand le Sénat de Berlin a annoncé qu’il ne renouvellerait pas le mandat de Frank Castorf, à son arrivée à terme, en 2016, mais qu’il le prolongerait seulement d’un an, jusqu’en 2017. Cette décision annonce la fin d’une époque : Frank Castorf dirige la Volksbühne depuis vingt-trois ans. De ce théâtre situé à Mitte, dans l’ex-partie est de Berlin où il est né, en 1951, le metteur en scène a fait la scène la plus vivante, la plus novatrice et la plus polémique des années 1990. Avec le temps, cet esprit s’est un peu émoussé, mais la Volksbühne reste une des salles-phares de la capitale allemande. En 2014, ce théâtre construit pour les travailleurs a fêté ses cent ans. A cette occasion, Chris Dercon est venu, avec Tim Renner, le nouveau secrétaire aux affaires culturelles de Berlin. Né en 1964, cet ancien directeur d’Universal Music en Allemagne entend donner un nouveau souffle à la culture. Chris Dercon, lui, dirige la Tate Modern de Londres depuis 2011. Flamand, né en 1958, il a été en particulier directeur artistique du MoMA, et commissaire de nombreuses expositions, avant de rejoindre un des plus grands musées d’art contemporain du monde. « La plus grosse erreur de casting de la décennie » Quand la rumeur de son arrivée à Berlin a commencé à circuler, Le Monde l’a contacté, par courriel (le 19 mars). Chris Dercon a alors répondu : « J’ai une énorme admiration pour la Volksbühne (…). Comme vous le savez, je tiens beaucoup à inviter le théâtre et la danse au musée, donc à la Tate Modern. J’espére qu’un jour la Volksbühne – peut-être une pièce de Pollesch qui raconte les exigences du marché de l’art ? – viendra à Londres. » Serait-ce une pirouette, due à la nécessité de se taire, tant que les tractations n’ont pas abouti ? A Berlin, la question de fait guère de doute. Elle suscite une levée de bouclier dans le milieu du théâtre, et de la culture. Claus Peymann (77 ans), le directeur du Berliner Ensemble, qui lui aussi va quitter son poste, en 2017, a envoyé une lettre au maire social-démocrate de Berlin, Michael Müller, pour dénoncer « la plus grosse erreur de casting de la décennie » que représente Tim Renner, jugé plus apte à organiser des événements qu’à mettre en place une véritable politique culturelle. Frank Castorf va dans le même sens que Claus Peymann. Il reproche à Tim Renner son « manque de professionnalisme » et sa méconnaissance du théâtre, qui joue un rôle de premier plan à Berlin. L’opposition entre les deux « rois » du théâtre et Tim Renner témoigne d’un choc des cultures et des générations, doublé d’une question financière : l’argent manque à Berlin, depuis la réunification. De ce point de vue, Tim Renner a beau jeu : dotée de 17 millions d’euros, la Volksbühne est l’un des théâtres les plus subventionnés de Berlin, mais sa fréquentation est en baisse. Quoi qu’il en soit, un débat est engagé, qui porte sur un point essentiel. Si Chris Dercon, quels que soient ses qualités et son goût pour le théâtre, succédait à Frank Castorf, on entrerait dans une nouvelle ère : ce ne serait plus un metteur en scène ou un intendant (directeur artistique), comme cela se pratique en Allemagne, qui dirigeraient un théâtre, mais un curateur. Dans un contexte où les frontières entre l’art contemporain et les arts de la scène sont de plus en plus floues (des artistes comme Romeo Castellucci en témoignent), la question risque de se poser de plus en plus souvent. Et pas seulement à Berlin. En ce sens, l’affaire Castorf-Dercon fait figure de laboratoire dans l’Europe d’aujourd’hui. Brigitte Salino Journaliste au Monde En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/scenes/article/2015/04/06/violente-controverse-autour-de-l-avenir-des-theatres-berlinois_4610472_1654999.html#23jUZUWLPMOvjPH8.99
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April 3, 2015 2:05 PM
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La lettre d’Isabelle Pousseur et de Michel Boermans / Edito journal 69/ mai-juin 2015 Voici un numéro particulier du Journal du Théâtre Océan Nord : la première page et la quatrième pages sont très vides. Ce n’est pas une erreur...L’outil juridique (un contrat-programme) qui nous lie à notre pouvoir subsidiant (la Fédération Wallonie Bruxelles) porte sur une durée de cinq ans. Cette durée permet aux opérateurs de développer leur projet et leur gestion dans le temps indispensable pour construire une programmation, nouer les accords avec les compagnies et celles et ceux qui partici iperont aux projets, d’attendre les réponses données aux projets soumis aux coproducteurs pressentis, aux instances d’avis,… Notre dernier contrat-programme s’est terminé voici bientôt 5 ans, en décembre 2010. Depuis, il est prorogé d’avenant annuel en avenant annuel… De rendez-vous en rendez-vous, de promesse en promesse, le temps a passé, les circonstances ont évolué, les marges disponibles aussi. Difficile et épuisant de naviguer ainsi à vue, dans un brouillard institutionnel permanent. Aujourd’hui, il ne nous paraît plus possible de continuer ainsi. La non-indexation récurrente des subventions, les inconnues sur les missions à remplir, les incertitudes sur le montant et le contenu du prochain contrat-programme nous amènent à prendre une décision conservatoire difficile mais nécessaire : réduire, de façon drastique mais dans le respect de nos engagements vis à vis des pouvoirs subventionnant, le contenu public de la saison prochaine. Et, conséquence immédiate, à diminuer les coûts fixes, notamment en diminuant l’équipe permanente. Lire le texte entier : http://www.oceannord.org/La-lettre-d-Isabelle-Pousseur-et
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March 27, 2015 3:52 PM
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Publié par Christophe Candoni pour toutelaculture.com En adaptant très librement Thyestes de Sénèque, Simon Stone que l’on découvre en France livre une version sidérante de la tragédie antique qu’il rend terriblement actuelle et familière. Né en Suisse, le jeune auteur et metteur en scène australien Simon Stone fait sa première apparition en France aux Amandiers de Nanterre. Sa découverte est capitale car stimulante comme rarement tant elle paraît une leçon de mise en scène pour le très sage théâtre français, toujours tellement inhibé dans sa pratique du répertoire. Tout juste trentenaire, Simon Stone a déjà monté et bousculé bon nombre de classiques d’Ibsen, Brecht ou Tchekhov. Il a créé en octobre 2010 à Melbourne ce Thyestes d’après Sénèque qui depuis tourne et fait sensation en Australie et sur les scènes européennes. Plus récemment Simon Stone s’est emparé d’autres mythes antiques : il a donné cette saison Médée à Amsterdam où il confie le rôle-titre à la merveilleuse Marieke Heebink, actrice phare du Toneelgroep et une Orestie montée à Oberhausen en Allemagne. A chaque fois, ses revisites détonantes, radicalement contemporaines et concernantes de textes fondateurs ont donné lieu à des représentations chocs, sensuelles et brutales, chargées d’images et d’émotions fortes. En T-shirt, jean skinny et sweat à capuche, accrochés à leur Smartphone et ponctuant leurs répliques d’intempestifs « fucking… », les personnages mythiques adoptent l’allure et la langue des jeunes gens d’aujourd’hui mis en scène dans des situations quotidiennes telles qu’une soirée entre potes autour d’une bouteille de vin rouge ou une partie de ping-pong qui passeraient pour anecdotiques si derrière leur aspect faussement décontracté ne s’entrevoyait pas la sourde menace d’une monstruosité latente. Ainsi, les deux frères ennemis que sont Thyestes (Thomas Henning) et Atrée (Mark Winter), dont le second, par vengeance et ultime perfidie, abat et sert à manger ses enfants en souper au premier, pourraient aussi bien être nos semblables, amis, voisins ou amants. Un troisième acteur, Chris Ryan, joue tous les autres rôles de la pièce, y compris féminins. Cette transgression sexuelle renforce l’ambigüité sulfureuse de l’interprétation proposée de la névrose d’Atrée, à savoir son homosexualité refoulée. Leurs histoires archaïques flirtent soudain avec le monde d’une Sarah Kane ou d’un Mark Ravenhill. Elles sont évidemment les nôtres. Cette proximité spatio-temporelle se trouve matérialisée par la scénographie qui place les spectateurs dans un rapport voyeur de part et d’autre d’une très étroite boîte blanche et cloisonnée dans laquelle jouent les acteurs. A même pas quelques mètres de distance avec la salle, ils sont simplement époustouflants dans des rapports inouïs d’attraction et de destruction de l’Autre. Douze scènes retracent dans ses grandes lignes l’intrigue de la tragédie à laquelle sont ajoutées quelques extrapolations. Nourri de trivialité, de perversité, de suspense, de scandale, le théâtre viscéral de Simon Stone est assurément captivant et perturbant. Il se fait impitoyable dans sa manière d’analyser voire disséquer les relations humaines et d’en amplifier la violence et les passions. Il va très loin dans leur représentation sans pour autant choisir de tout donner à voir. Ultrasensible et hypertrophié, c’est cela le style, le geste de ce jeune et électrisant metteur en scène qui n’a pas froid aux yeux. Thyestes © Jeff Busby à Nanterre-Amandiers jusqu'au 3 avril site de Nanterre : http://www.nanterre-amandiers.com/2014-2015/thyestes/
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Le spectateur de Belleville
March 23, 2015 2:26 PM
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Critique de Hugues Le Tanneur parue dans Libération (extrait) L'Orestie dévastée des Ricci/Forte (...) Sur ce fond dépouillé hanté par des rumeurs d’apocalypse, les acteurs Anna Gualdo, Giuseppe Sartori, Piersten Leirom et Gabriel Da Costa assument le rôle souvent très physique - on est ici plus dans le registre de la performance que du théâtre classique - de cobayes humains livrés à toutes sortes de vicissitudes. Comme si la réalité se confondait avec une de ces émissions télévisées dans lesquelles les participants mis à l’épreuve doivent se débrouiller comme ils peuvent pour survivre. La confusion entre réalité et spectacle est un thème récurrent du théâtre des Ricci/Forte, comme on a pu notamment s’en rendre compte dans Imitation of Death ou Wunderkammer Soap, précédentes créations présentées en 2013 et 2014 sur des scènes françaises.
Casque. Duo indissociable, Stefano Ricci et Gianni Forte se comparent volontiers à Starsky et Hutch. Formés auprès de Luca Ronconi à Rome, ils ont délaissé le théâtre de répertoire pour des spectacles très plastiques dans lesquels le corps de l’acteur occupe une place déterminante. Ainsi, c’est pratiquement nus, à l’exception d’un casque pour protéger leur tête, qu’ils traversent une partie de cette version diffractée de l’Orestie avant d’enfiler des combinaisons orange comme pour se prémunir des ravages d’une pollution destructrice.
A ce dernier indice de survie se superpose un élevage de clones laissant augurer l’autodestruction d’une humanité bientôt escamotée au profit d’une population fabriquée en série sur un mode industriel. L’apocalypse selon les Ricci / Forte.
Hugues Le Tanneur
Lire l'article entier sur Libération : http://www.liberation.fr/theatre/2015/03/23/l-orestie-devastee-des-ricciforte_1226938 ; (édition abonnés) «Darling (hypothèses pour une Orestie)», de et par Ricci / Forte, en italien surtitré. Nouveau Théâtre de Montreuil (93). Les 24 et 25 mars. Dans le cadre de MC93 hors les murs, et du festival le Standard Idéal de mars à juillet.
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Le spectateur de Belleville
March 2, 2015 3:42 PM
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Publié par Fabienne Darge dans Le Monde : L’International Institute of Political Murder n’est pas un organisme officiel ou humanitaire, mais une maison de production de théâtre et de cinéma. A sa tête, un homme de 37 ans, Milo Rau, dont on mesure, dès qu’on lui serre la main dans le hall du Centre culturel suisse de Paris, l’énergie physique, morale et intellectuelle. Car Milo Rau est suisse. Mais son pays n’est pas vraiment celui de la banque HSBC. En France, on l’a découvert, à La Villette d’abord, puis au Festival d’Avignon, en 2013, avec un spectacle saisissant, de très haute tenue, sur le génocide rwandais : Hate Radio reconstitue une émission de la fameuse Radio des Mille Collines, qui a joué un rôle capital dans les massacres de masse perpétrés au Rwanda en 1994 (Le Monde du 26 juillet 2013). Lire aussi : Radio Mille Collines, la tuerie dans la bonne humeur Ce spectacle, dont on sort ébranlé comme rarement au théâtre, on peut le voir en ce début mars au Théâtre Nanterre-Amandiers, accompagné d’un autre, The Civil Wars, déjà présenté au Kunstenfestivaldesarts de Bruxelles et au Théâtre d’Arras, où nous l’avons vu. Un choc, là aussi : avec comme point de départ une enquête sur de jeunes djihadistes belges, Milo Rau et ses – remarquables – acteurs dressent un tableau aussi puissant qu’émouvant d’une Europe en miettes et en perte de (re) pères. On pourra voir parallèlement, toujours à Nanterre, les deux films que Milo Rau a réalisés d’après deux de ses « spectacles », Les Derniers Jours des Ceausescu et Les Procès de Moscou. Et, au Centre culturel suisse, Breivik’s Statement, une performance au cours de laquelle une comédienne turque lit à la tribune la plaidoirie écrite par le tueur norvégien de l’île d’Utoya lors de son procès. Fabienne Darge pour Le Monde POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE ----> http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/03/02/milo-rau-metteur-en-scene-de-notre-temps_4585735_3246.html Hate Radio etThe Civil Wars, conception Milo Rau. Théâtre Nanterre-Amandiers, 7, avenue Pablo-Picasso, Nanterre. Tél. : 01-46-14-70-00. De 10 à 28 €. Samedi 7 mars, 17 heures : projection du film Les Derniers Jours des Ceausescu. Samedi 14 mars, 18 heures : projection du film Les Procès de Moscou. Au Centre culturel suisse, Paris 4e : Breivik’s Statement, jeudi 5 mars à 20 heures. Projection du film Hate Radio : jeudi 12 mars à 18 h 30. www.nanterre-amandiers.com
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Le spectateur de Belleville
February 24, 2015 6:10 PM
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Pornthip Mankong (d.) et Patiwat Saraiyaem ont écopé de deux ans et demi de prison pour avoir joué une pièce jugée offensante pour la monarchie thaïlandaise.
(Photo : REUTERS/Athit Perawongmetha ) En Thaïlande, deux étudiants ont été condamnés à deux ans et six mois de prison pour avoir joué dans une pièce de théâtre jugée insultante pour la monarchie. Cela porte à neuf le nombre des condamnés pour crime de lèse-majesté depuis le coup d’Etat du 22 mai dernier. Patiwat Saraiyaem, 23 ans, et Pornthip Mankong, 26 ans, avaient joué en 2013 dans une pièce intitulée L’épouse du loup, laquelle mettait en scène de manière satirique une monarchie fictive. Les juges ont estimé que cette pièce avait « endommagé la monarchie ». Dès le verdict, des scènes pleines d’émotion ont eu lieu. La famille et les amis des deux jeunes Thaïlandais les ont entourés. Pornthip, étudiante et actrice, a dit que la prison ne lui faisait pas peur et que cela l’aiderait à chérir encore plus la liberté. Depuis le coup d’Etat du 22 mai, les arrestations pour crime de lèse-majesté sont nombreuses. Lors d’un des derniers cas, un septuagénaire a été inculpé pour avoir évoqué les différentes formes de monarchie lors d’un séminaire. La junte au pouvoir s’est donnée pour mission de protéger la monarchie contre toute critique. Cela a abouti à une chasse aux sorcières et à rendre tabou toute discussion à propos de l’institution royale. Le roi lui-même avait pourtant dans le passé déclaré qu’il devait être permis de le critiquer. Mais il est âgé de 87 ans, sa santé est déclinante. Et sa voix n’est plus entendue. Publié par RFI Avec son correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus
POUR LIRE L'ARTICLE DANS SON SITE D'ORIGINE ----> http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20150223-thailande-crime-lese-majeste-junte-theatre-saraiyaem-mankong/
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