Revue de presse théâtre
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LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE  :   L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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March 28, 2016 4:40 PM
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L'ASSURANCE CHÔMAGE EXCÉDENTAIRE ? une analyse de Christian Chavagneux

L'ASSURANCE CHÔMAGE EXCÉDENTAIRE ? une analyse de Christian Chavagneux | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié sur le site Rue du Conservatoire :


Selon une étude récente pour l’Institut de l’entreprise, signée Bruno Coquet, spécialiste du sujet, le régime d’indemnisation des chômeurs (droits communs + intérim + intermittents) est excédentaire


par Christian Chavagneux

Répétez après moi : l’assurance chômage est excédentaire

Lundi 22 février, les partenaires sociaux entament leurs négociations sur l’avenir de l’assurance-chômage. Le gouvernement, relayé ces derniers jours par l’Association française des entreprises privées (AFEP), oriente le débat depuis plusieurs semaines vers la nécessité de réduire l’aide aux chômeurs en mettant en avant l’idée de dégressivité des allocations. En clair : les chômeurs nous coûtent trop cher. Un constat complètement erroné : contrairement à ce que raconte la vulgate gouvernementale et patronale, le régime français d’indemnisation du chômage est excédentaire.

Les négociations pourraient pourtant être utiles si elles prenaient pour base la nécessité de remettre en cause la multiplication de contrats de travail de plus en plus courts. Ce sont eux qui nous coûtent le plus.

Un système en excédent

Le débat sur l’avenir de l’Unedic est ravivé chaque année lors de la publication des comptes qui mettent en avant une montée de la dette de l’institution : 25,9 milliards d’euros pour 2015, entre 30 et 35 milliards attendus pour 2018, selon que l’on se fie aux projections du gouvernement ou de l’Unedic.

On pourrait souligner que cette dette ne représente qu’un peu plus de 1 % de la dette publique française. Au moment où la France emprunte jusqu’à un horizon de 6 ans à des taux négatifs, cela signifie que les investisseurs sont prêts à payer pour financer les chômeurs français !

L’Unedic ramenée à la seule indemnisation des chômeurs dégage un solde positif. Y compris depuis la crise

Mais puisqu’il faut tout de même faire attention à maîtriser la dette, plongeons nous dans les comptes de l’Unedic. C’est ce qu’a fait dans une étude récente pour l’Institut de l’entreprise le spécialiste du sujet Bruno Coquet. Il a étudié la contribution à la dette de toutes les activités de l’Unedic et sa conclusion est sans appel : le régime d’indemnisation des chômeurs (droits communs + intérim + intermittents) est excédentaire.

Si l’Unedic est bien, au final, en déficit, c’est le résultat de sa participation, imposée par l’Etat, au service public de l’emploi : aide à la création d’entreprises, approvisionnement de 10 % du budget de Pôle emploi, etc. Sans ces charges supplémentaires, l’Unedic ramenée à la seule indemnisation des chômeurs dégage un solde positif. Y compris depuis la crise : sur la période 2008-2015, l’excédent s’élève à 2,9 milliards d’euros. La soi-disant générosité de l’indemnisation des chômeurs est une contre-vérité au moment où moins de la moitié des chômeurs français reçoivent quelque chose.

Les réformes nécessaires

Pour autant, comme les partenaires sociaux vont ouvrir des négociations, il serait opportun d’en profiter pour corriger une source importante de dépenses.

Les salariés en CDI contribuent positivement aux comptes de l’Unedic. Si les dépenses grimpent, c'est du fait d’une multiplication des contrats courts (CDD et intérim).

Du début des années 1980 au début des années 2000, leur part dans l’emploi salarié est passée de 5 à 12-13 %. Il est vrai que cette part s’est stabilisée mais, comme le font remarquer les économistes Pierre Cahuc et Corinne Prost dans une note récente du Conseil d’analyse économique, les contrats sont de plus en plus courts, la durée d’un CDD a été divisée par trois ces dernières années.

82 % des embauches de CDD d’un mois ou moins sont des réembauches

De plus, selon une étude de l’Unedic de janvier 2016, hors intermittents du spectacle, 68 % des embauches en CDD sont en fait des réembauches et la proportion passe à 82 % pour les CDD d’un mois ou moins.

Pendant que certaines entreprises conservent leurs salariés et développent leur expérience, d’autres font supporter une partie de leurs coûts par une succession de contrats temporaires financés par la collectivité. Aucune évolution structurelle et inéluctable – uberisation ou autre – ne nous force à aller dans cette direction, affirment avec force Pierre Cahuc et Corinne Prost. Ils rappellent que le nombre d’emplois de courte durée est en baisse aux Etats-Unis et que lorsque 35 % des CDD ont moins de 3 mois en France, cette part est de 19 % en Italie et de 4 % en Allemagne.


35 % des CDD ont moins de 3 mois en France, contre 19 % en Italie, 4 % en Allemagne.   La conclusion est claire : puisque les partenaires sociaux entament des négociations, ils doivent s’attacher à moduler les cotisations chômage des employeurs en fonction des coûts qu’ils font porter à la collectivité. Ce devrait être la piste prioritaire de ceux qui souhaitent réduire les dépenses de l’assurance chômage.



Christian Chavagneux

A lire et télécharger sur www.alterecoplus.fr

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March 25, 2016 7:12 PM
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Un message de Samuel Churin / 25 mars 2016

Un message de Samuel Churin / 25 mars 2016 | Revue de presse théâtre | Scoop.it
-----------------------N O T E --------------- Ce post daté du 25 mars 2016 (c'est écrit sur le titre) a été partagé de manière virale entre le 29 et le 30 mars 2017 par de nombreux intermittents - et leurs amis - qui partagent des infos sans prendre la peine d'en contrôler la date et la validité
SOYEZ PLUS VIGILANTS QUAND VOUS LISEZ OU PARTAGEZ DES INFORMATIONS SUR LES RESEAUX SOCIAUX !-----------------------------


 ATTENTION CE POST DATE DU 25 MARS 2016 !!! 

Il y a un an !!!


 PARTAGER ET DIFFUSER LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE 

 APPEL A LA RESISTANCE 



Chers amis, je n’ai pas l’habitude de prédire la suppression de l’intermittence mais je peux vous assurer que si nous ne réagissons pas c’est de fait ce qui arrivera. Ce qui s’est passé hier jeudi 24 mars est l’attaque la plus grave portée à ce régime spécifique d’indemnisation chômage depuis bien longtemps. Ce qui est demandé par le Medef et la Cfdt est bien pire que la convention 2014 et son différé d’indemnisation qui avait mis le feu aux poudres. 

Rappel des faits : Suite à la convention 2014, Valls prend en charge le différé d’indemnisations des intermittents pour une somme de 80 millions d’euros et en annule les conséquences. Autrement dit, grâce à la forte mobilisation de 2014, aucun intermittent n’a subi cette mesure injuste. Depuis, il a été décidé une mesure dont le but principal a été d’éteindre un mouvement social et surtout de faire la part belle à la communication du gouvernement à savoir : - Inscrire dans la loi Rebsamen la pérennisation des annexes 8 et 10 ainsi qu’une négociation des futurs accords par les syndicats du secteur Suite à cela Manuel Valls a pu communiquer sur le thème : les intermittents sont sauvés, les socialistes aiment la culture. Et tout le monde l’a cru, sauf nous. 

Pour rappel, nous avons dit depuis le début (reprenez toutes mes publications) : - Attention, tout ceci est bidon et cette loi est de la pure communication. Seul le titre « annexes 8 et 10 » est « sauvé » mais pas le contenu. Ainsi on pourrait demander aux intermittents de faire 800h en 10 mois pour ouvrir des droits et ce serait compatible avec la loi. - Les accords négociés par les syndicats du secteur pourront facilement être torpillés pour la raison suivante : c’est le Medef et son partenaire la Cfdt qui fixent le budget !!! Autrement dit Le Medef pourra faire pire qu’en 2014 : supprimer les annexes 8 et 10 sans le dire. Et bien, tout ce que nous avions prévu est arrivé hier. Le Medef a rendu sa feuille de cadrage, elle a été acceptée par la CFDT et la CFTC. Que dit ce document ? Les intermittents devront faire 185 millions d’euros d’économies par an pour la convention signée avant juillet et à horizon 2020, 400 millions d’euros d’économies par an ! 


Rendez-vous compte : ces économies sont bien supérieures au différé d’indemnisation scandaleux de 2014. Pour rappel encore, Manuel Valls pavanait dans les rues d’Avignon l’été dernier en affirmant (source AFP) : « Aucune nouvelle économie ne sera demandée aux intermittents, ils ne doivent pas servir de variable d’ajustement » Nous avons tant bien que mal essayé de repousser le pire depuis 13 ans grâce à une forte mobilisation dans les moments critiques. 

La situation n’a jamais été aussi grave. J’appelle tous les concernés à se réunir partout au plus vite et à venir très nombreux aux AG d’informations. Nous devons nous organiser pour cela et diffuser le plus largement les lieux et dates des futurs rendez-vous. Votre présence est essentielle. Nous devons lutter par tous les moyens possibles pour éviter une disparition programmée. Nous avons fait des propositions, participé aux tables, averti des dangers de la loi Rebsamen, annoncé à l’avance ce qui allait se passer. On nous a menti, on nous a répondu avec une morgue infinie, et maintenant on veut nous faire disparaitre en silence. Ne les laissons pas faire. 

Samuel Churin 

Publié sur Facebook le 25 mars 2016
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françois lozet's curator insight, March 27, 2016 2:37 PM
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June 2, 2015 6:02 PM
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Article 20 : bouteille à moitié pleine ou à moitié vide ?

Article 20 : bouteille à moitié pleine ou à moitié vide ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

L’inscription dans la loi sur le dialogue social et l’emploi du régime des intermittents du spectacle est « une bouteille à moitié pleine » pour la CGT Spectacle et « à moitié vide », pour Samuel Churin, un des porte-parole de la Coordination des intermittents.

L’article 20 du projet de loi examiné en première lecture par les députés prévoit l’inscription dans le Code du travail du principe de l’existence de règles spécifiques d’indemnisation du chômage des salariés intermittents du spectacle, compris dans les annexes 8 et 10 de l’assurance chômage.


« Le Medef ne peut plus détruire les annexes, mais il peut parfaitement les vider de leur contenu, par le biais du cadrage financier« , a réagi Samuel Churin. La loi prévoit en effet que les confédérations au niveau interprofessionnel définiront un trajectoire financière, afin d’éviter une dérive financière du régime.

« Pour la première fois, on autorise les confédérations à fixer un budget pour une catégorie de chômeurs« , dit M. Churin. « Cette loi est dangereuse, elle ne règle rien sur le fond et elle est porteuse de risques importants« , estime-t-il, observant que « les confédérations risquent de fixer un budget à la baisse« .

« J’espère que cela ne se passera pas comme ça« , ajoute Samuel Churin, qui dénonce « une opération de com visant à acheter la paix sociale« .


Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, préfère voir « une bouteille à moitié pleine« , tout en restant vigilant en ce qui concerne la prochaine négociation, qui devrait débuter à l’automne.

« L’inscription dans la loi n’est pas la panacée mais elle stipule que la future convention chômage soit discutée d’abord au niveau professionnel, par des gens qui connaissent le dossier« , explique-t-il. Cette première étape permettra de mettre autour de la table les entreprises du spectacle et les organisations représentant les intermittents, qui ne siègent pas dans la négociation paritaire où ne figurent que les grands confédérations, patronales et syndicales.

Certes, « le cadrage financier relevant du niveau interprofessionnel est un vrai problème« , reconnaît Denis Gravouil. « Il faut voir ce qui se passera dans la négociation (de la future convention chômage)« , ajoute-t-il, « mais cela va dans le sens du progrès« .

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May 20, 2015 5:46 PM
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Top 34 des petits signes que tu es intermittent, tu as fait tes heures ?

Top 34 des petits signes que tu es intermittent, tu as fait tes heures ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

L'intermittent c'est un sale profiteur de la société qui fait que la France se ruine jour après jour. Ça, c'est que vous entendez jour après jour dans la bouche du MEDEF et d'autres organisations politiques. Pourtant la vie d'intermittent n'est pas une vie de profiteur qui roule en Ferrari payée par Pole Emploi. Non, être intermittent ça a des avantages, oui, mais c'est un statut plus subi que voulu. La vie serait belle si tous les intermittents du spectacle étaient en CDI... malheureusement c'est pas demain la veille.

 

 

Lire l'article : http://www.topito.com/top-signes-intermittent-507-chiffre-du-diable

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March 26, 2015 7:59 PM
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Un message de Samuel Churin : Modification de la convention d’assurance chômage du 25/3/2015

Un message de Samuel Churin  : Modification de la convention d’assurance chômage du 25/3/2015 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

INFO IMPORTANTE
Modification de la convention d’assurance chômage du 25/3/2015

 

Trois avenants ont été signés pour modifier la convention d’assurance chômage hier 25/03 au Medef par les mêmes signataires que l’originale (CFDT, FO et CFTC pour les salariés). Le premier avenant est un avenant général obligatoire pour préciser quelle est la partie de la convention concernée par ces modifs. 
Le deuxième avenant concerne le régime général, le troisième avenant concerne les intermittents du spectacle.


Ont donc été modifié les règles concernant l’activité réduite et les droits rechargeables. Pour rappel, bon nombre de chômeurs (intermittents inclus) se trouvaient bloqués avec des petits droits sans pouvoir ouvrir de nouveaux droits plus favorables tant que ces droits de misère n’étaient pas épuisés. Pour « corriger » cette catastrophe, Il a été décidé hier d’un droit d’option. Mais ce droit d’option ne concernera pas hélas tous les chômeurs, c’est un droit d’option sous condition. En effet, cela ne concernera que les allocataires percevant une indemnité journalière en cours inférieure à 20 euros OU les allocataires qui auraient plus de 30 % d’écart entre l’indemnité journalière en cours et celle qu’il pourrait percevoir en faisant jouer ce droit d'option. Autrement dit si un chômeur a une ij de 30 euros et que sa nouvelle ij suite à son activité reprise est de 40 euros (on dépasse les 30% d’écart), le chômeur pourra faire valoir ses nouveaux droits. 


Pour les deux avenants qui suivent, ces règles de droit d’option sous condition s’appliquent.
Avenant du régime général : 


Si un chômeur a des droits ouverts en cours, qu’il retravaille minimum 610h ou 4 mois de contrat (condition d’ouverture de droits au régime général), il pourra aller voir son agent pôle emploi pour lui demander d’arrêter ses droits en cours et d’ouvrir de nouveaux droits sur la base de son dernier emploi. Il perdra le reliquat de ses droits en cours mais aura tout intérêt à faire jouer ce droit d’option si sa dernière activité était beaucoup mieux rémunérée. 


Avenant pour les annexes 8 et 10 : 
a/ Si un intermittent a des droits ouverts au régime général, qu’il a fait minimum 507 heures aux annexes 8 et 10, il pourra demander l’arrêt des droits au régime général en cours pour ouvrir des droits immédiatement dans les annexes. En contrepartie, il perdra son reliquat de droits au régime général.


b/ Si un intermittent à l’épuisement de ses droits ouverts au régime général a fait entre 150 heures et 506 heures aux annexes 8 et 10, il ouvre des droits rechargeables au régime général. MAIS à tout moment, s’il réussit à faire ses 507 heures, il pourra ouvrir des droits aux annexes 8 et 10. On lui déduira alors les droits rechargeables déjà versés.
Il est à noter que ce paragraphe b ne concerne que les intermittents et qu’il n’a hélas pas été obtenu pour les chômeurs du régime général.
Pour finir cette communication rapide, le plus scandaleux est que l’unedic compte encore faire des économies sur tous ceux qui ne seront pas informés de ce droit d’option et qui n’iront pas réclamer ce qu’on leur doit. 


Dans tous les cas, ce droit d’option ne rattrapera pas tout le monde puisqu’il est sous condition, il sera à faire valoir dans un délai de 21 jours à compter de la date de notification ET la demande devra être faite par écrit. Nous conseillons à tous ceux qui sont bloqués avec des IJ de misère et qui peuvent ouvrir de meilleurs droits parce qu’ils ont fait leur 507 heures par exemple d’aller à votre pôle emploi à partir du 1er Avril 2015 pour faire votre demande écrite.


Pour rappel cette rectification avait été demandée par Valls sous notre très forte pression lors de la remise du rapport des tables de concertation. La demande conjointe et insistante de la CIP et de la CGT pour régler le problème de manière urgente n’a pas été totalement entendue puisque la réponse n’est que partielle. Elle permettra tout de même à tous ceux qui étaient bloqués avec des indemnités de misère de faire valoir leurs nouveaux droits.

 

Publié le 26/03 sur la page Facebook de Samuel Churin

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March 3, 2015 3:13 PM
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Pôle emploi propose de devenir acteur ou actrice porno

Pôle emploi propose de devenir acteur ou actrice porno | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans 20minutes.fr

 

Une offre d'emploi destinée à «tous ceux qui rêvent de devenir star». Pôle emploi, l’établissement public chargé de l'emploi en France, a affiché une annonce pour le moins insolite vendredi. Le site héberge, dans sa catégorie «Art dramatique», l'annonce d'un poste de «figurant/figurante».

La description de l’offre est plus précise: «Recrutement hommes et femmes pour tournage porno (H/F) - Urgence, Nous sommes une grande maison de production de film x, nous recherchons des personnes très sérieuses et indépendantes, pour faire d'eux [une] star porno».

Réactions

Une proposition alléchante selon l’entreprise Accademy Sex & Productions, à l’origine de cette offre. Celle-ci incite les candidats à postuler, car «c'est le moment pour tous ceux qui rêvent de devenir star». La rémunération n’est pas indiquée dans cette offre et les «débutants sont acceptés».

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January 12, 2015 4:22 PM
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Intermittents : “Il n’y aura plus de chantage à la suppression des annexes 8 et 10”

Intermittents : “Il n’y aura plus de chantage à la suppression des annexes 8 et 10” | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Emmanuelle Bouchez pour Télérama:

 

 

Le rapport de la concertation sur le régime d'assurance chômage des intermittents a été rendu. Hortense Archambault et Jean-Patrick Gille, deux des auteurs, nous en disent plus. 

Après six mois de concertation avec une cinquantaine de personnes issues des coordinations d'intermittents, des métiers du spectacle et de l'audiovisuel, de l'Unedic, des syndicats de salariés (CGT, CFDT, FO…) ou d'employeurs (Medef, Syndeac…) comme des ministères de la Culture ou du Travail, les trois sages missionnés en juin dernier par le premier ministre Manuel Valls, ont rendu officiellement leur rapport, le 7 janvier 2015. Deux d'entre eux, Hortense Archambault, ex-codirectrice du Festival d'Avignon, et Jean-Patrick Gille, député PS spécialiste du dialogue social et fin connaisseur du régime de l'intermittence, ont accepté de répondre à nos questions. (1)

Le dialogue a-t-il vraiment eu lieu pendant cette mission de concertation ?
JPG : Oui, mais il a fallu faire accepter l'idée, alors qu'on était en plein conflit, de mettre tout le monde à la même table. Rappelons qu'au départ, tous ne se parlaient plus que par communiqués enflammés. Un des apports de notre mission est d'avoir réussi à garder ce cadre de travail effectif car l'enjeu n'était pas de faire une énième concertation mais d'avancer. J'insiste sur cela car après la remise du rapport, vous pouviez avoir le sentiment que l'on renvoyait à une négociation ultérieure alors que, dans les faits, elle est déjà largement engagée… Notre rapport le formalise et fait le point pour mieux dire aux partenaires sociaux de continuer et d'aboutir. Le point important c'est qu'il n'y aura plus de chantage à la suppression des annexes 8 et 10, elles seront inscrites dans la loi. Les partenaires sociaux de l'Unedic ne pourront plus décider tout seuls, en majesté. Ils fixeront le cadre financier, mais le secteur professionnel de la culture, syndicats, coordinations… définira lui-même les paramètres de leur assurance chômage, dont ils sont les meilleurs connaisseurs.

Responsabiliser tout le monde

Les professionnels ne négocieront pas directement avec l'Unedic, ils ne feront que des recommandations dans le cadre d'une réunion préalable. Peuvent-ils peser sur les débats ?
JPG : L'idée majeure est de responsabiliser tout le monde… Et dans la loi, on pourra préciser que la négociation doit comprendre en amont une concertation avec les professionnels du secteur. Cela existe déjà dans d'autres domaines. Aux gens du métier de se mettre d'accord, ils ont désormais tous les outils pour le faire, des simulations chiffrée reconnues par tous grâce aux bases de données de l'Unedic. On est arrivé à cette conclusion parce que l'on a senti, dix ans après la crise de 2003, que tout le monde était mûr pour cela. Mais s'il n'y arrivent pas les gestionnaires du régime général décideront pour eux

 

 

Comment contenir le recours abusif au CDDU (le contrat à durée déterminé d'usage que signent les intermittents) ?
HA : Le recours au CDDU se fait selon des listes de métiers qui existent branche par branche mais pas dans toutes les branches. Il faudra aussi préciser à partir de combien d'heures un salarié en CCDU doit voir son contrat transformé en CDI (et résoudre ainsi les fameux problèmes de « permittence » qui n'existent pas que dans l'audiovisuel). Utiliser le CDDU ne doit pas être une chose qui permette de faire n'importe quoi… Tout cela est à redéfinir et c'est à l'intérieur des branches que ces choses-là peuvent être négociées. On fait confiance aux négociateurs des conventions collectives pour trouver des solutions innovantes qui fonctionneront dans l'économie de leur branche respective.

 

Le Premier ministre a repris votre proposition de créer un fond de soutien à l'emploi culturel…
HA : Avec les difficultés de financement actuels du secteur, on voit bien que la création de postes permanents ne se fera pas sans financements complémentaires…

Des détails qui n’en sont pas

Que pensez-vous du retour à la date anniversaire supprimée en 2003, réclamé par les intermittents : que les 507 heures donnant droit aux indemnités soient réalisées sur douze mois ?
HA : Cela permettrait surtout aux artistes et techniciens de mieux s'y retrouver dans leur vie. Finalement, on s'est aperçu pendant cette concertation qu'il y a énormément de choses qui ont l'air d'être des détails mais qui n'en sont pas pour le quotidien des ayants droit. C'est très compliqué pour eux depuis cette suppression de se projeter dans l'avenir au-delà de quelques mois. Le mouvement des « matermittentes » nous a prouvé aussi que c'est difficile d'être intermittente et de faire un enfant…

 

Ce retour est possible ou pas ?
JPG : Ce retour à la date anniversaire n'a pas un coût énorme (35 à 40 millions d'euros) mais un coût quand même. Et comme l'on veut rester dans le cadre financier reconnu par tous les partenaires sociaux, cela veut dire qu'il faut trouver des économies ailleurs (plafonnement du cumul indemnités-salaires par exemple). Dans les annexes chiffrées, on a simulé tous les paramètres car tout se tient comme dans un jeu de taquets… Donc, on sait que c'est possible, mais à aucun moment, on précise quelle formule il faut privilégier. Les intermittents se plaignaient que leurs propositions n'avaient jamais été étudiées, or, là, tout a été étudié et rendu public. Vous allez y découvrir des choses étonnantes… Les propositions de la Coordination des intermittents du spectacle, par exemple, sont finalement les moins coûteuses (100 millions d'économies) et rentrent dans le cadre financier de la réforme 2014. Ils ont voulu montrer que leurs préconisations pour réformer l'accord de 2003 étaient viables. Ce sont ceux qui ont le plus combattu le système qui le maîtrisent le mieux techniquement. Comme c'est souvent le cas.

Artistes au forfait, techniciens à l’heure

La CGT-spectacles souhaite fondre les annexes 8 des techniciens et 10 des artistes. Vous êtes contre. Pourquoi ?
HA : Parce que l'on voit bien qu'il y a des différences de précarité. Ce sont les artistes qui sont les plus fragiles, qui ont le moins de revenus et qui ont le plus de difficultés à atteindre les fameuses 507 heures. Les rythmes de travail sont différents d'une annexe à l'autre. Et les manières de rétribuer aussi : les artistes sont plutôt au forfait et les techniciens, payés à l'heure. Garder deux annexes permet aussi d'avoir un moyen de discussion supplémentaire.

La renégociation officielle du régime de l'assurance-chômage doit se tenir en mars 2016. Que va-t-il se passer avant ?
HA : Le Premier ministe a esquissé un calendrier ce matin, une nouveauté pour nous. La loi qui sanctuarise les annexes 8 et 10 sera votée dans le premier semestre 2015.

JPG : Mars 2016, c'est la date butoir, mais ils peuvent convenir avant d'un avenant aux annexes 8 et 10 : juridiquement, c'est possible, même si pour le moment, la CFDT et le Medef ne le veulent pas. Pourtant, rien ne les empêche de le faire. Oui, on peut signer un avenant sans remettre en cause l'ensemble de la négociation de l'assurance-chômage car ce ne sont que des annexes. Et moi, je le leur conseillerais… On peut imaginer un scénario idéal, où, dans l'enthousiasme de ce qu'on vient d'annoncer, de la concertation qu'on a lancée, tout le monde dans le métier serait d'accord. On n'aurait plus alors qu'à se tourner vers le Medef, la CFDT, FO…

Aujourd'hui, des intermittents qui ont eu recours à d'autres emplois se retrouvent pris au piège du régime général. La réforme de 2014 leur impose d'épuiser leurs droits rechargeables avant de pouvoir prétendre à un retour au régime de l'intermittence. Comment en sortir ?
JPG : C'est un problème urgent qui dépend du régime général. On le souligne fortement dans le rapport et tout le monde à l'Unedic est conscient qu'il faut régler la question au plus vite.

Encore des solutions à explorer

Sur ce point comme sur d'autres, n'êtes vous pas trop prudents dans vos conclusions ?
HA : On s'est prononcés sur certaines pistes importantes : les 507 heures, la date anniversaire, le maintien de deux annexes , le plafonnement… Mais si l'on ne s'avance pas plus, c'est parce qu'il y a encore plein de solutions à explorer (on n'a pas pu tout faire malgré le temps passé et tous les chiffrages réalisés). Il y a une chose assez claire cependant : les propositions de la CIP ou des syndicats, Syndéac et CGT-spectacles, ne sont pas fantaisistes. Il existe désormais une vraie expertise sur ce sujet : l'horizon de la renégociation n'est donc pas si éloigné. Les solutions proposées par la profession doivent être entendues car elles tiennent la route. On voit aussi que la logique (partagée) de créer un système vertueux et simple, avec le moins d'effets de seuils ou de comportements pervers optimisant le système, est possible. Une chose m'a frappée : l'interdépendance des paramètres. Tout ce qui viserait à dire : c'est simple, il suffit de faire ça… ne fonctionne pas. Cela nécessite donc de penser la chose dans sa globalité.

Pensez-vous être pour quelque chose dans la suspension du gel de 8% des crédits de la Culture (sur les missions de la Création et de la Transmission des savoirs) ?
JPG et HA : On a découvert ce matin ces décisions du Premier ministre. Elles sont complémentaires de notre démarche. Il reconnaît dans la culture une vraie économie, très vivante, qu'il faut soutenir. Il pense aussi que l'art et la culture, c'est beaucoup plus que ça : un vrai projet de société… qui mérite bien « de sécuriser et de stabiliser » un système de travail et d'emploi si particulier, envié dans le monde entier, comme le nôtre. A condition, d'expliquer au grand public que ce système est contenu, qu'il n'est pas en train de dériver…

  Emmanuelle Bouchez pour Télérama du 12 janvier 2015 CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUT LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE
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January 6, 2015 5:08 PM
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Intermittents : ce que préconise le rapport qui peut mettre fin au conflit

Intermittents : ce que préconise le rapport qui peut mettre fin au conflit | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par l'Obs :

 

Le document rédigé par trois médiateurs avance plusieurs pistes de sortie de crise qui doivent être remises à Manuel Valls ce mercredi et sur lesquelles le Premier ministre devrait largement s'appuyer.

 

Après des mois de concertation, Manuel Valls reçoit ce mercredi 7 janvier un rapport pour trouver une issue à la crise du régime d'indemnisation des intermittents du spectacle, qui ont encore perturbé cet été la saison des festivals. Le Premier ministre va se voir remettre à 10 heures un document issu de la concertation confiée en juin au député socialiste Jean-Patrick Gille, à l'ancienne directrice du Festival d'Avignon, Hortense Archambault, et à Jean-Denis Combrexelle, ex-directeur général du Travail. Que propose le document ? Que va dire Manuel Valls ?

# Le régime ne sera pas remis en cause

Premier soulagement pour les intermittents du spectacle, le rapport réaffirme le bien fondé d'un régime spécifique pour les salariés du spectacle, contenu dans les fameuses "annexes 8 et 10" de la convention chômage. Selon "Les Echos", aucune suppression ou remise à plat du dispositif n’est suggérée, encore moins un alignement sur le régime général.

Le rapport indique clairement que les intermittents doivent rester dans le giron de l’Unédic d’une part, et disposer d’autres parts de règles spécifiques en lien avec la spécificité de leurs métiers", précisent ainsi au quotidien plusieurs sources très proches du dossier.

"C'est déjà un point positif dans un contexte qui a vu le Medef réclamer la suppression des annexes l'an dernier", a réagi auprès de l’AFP Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle.

# Mettre fin aux abus des CDD d'usage 

Autre élément que souhaitent mettre en avant les rapporteurs du texte : l'utilisation abusive de certains employeurs de l'audiovisuel et du spectacle des CDD d’usage. Les trois médiateurs suggèrent donc au gouvernement "de resserrer la vis" afin d’éviter que l’intermittence du spectacle ne souffre de la présence de "passagers clandestins", rapporte "Les Echos".

Grâce à ce contrat particulier - spécificité du domaine culturel, certaines entreprises embauchent peu d'employés en CDD classique voire en CDI. Pour mettre fin à ces pratiques, une mission devrait être ainsi confiée à la Direction générale du travail (DGT) pour faire le tour des branches professionnelles concernées.

# Revenir à la "date anniversaire"

Parmi les autres pistes proposées, le rapport devrait mentionner la principale demande des intermittents du retour à une date anniversaire pour le calcul de leurs droits, plus avantageux que l'actuel système "glissant", instauré en 2003 (507 heures de travail sur 10 mois pour les techniciens et 10 mois et demi pour les artistes). Ce retour pourrait être tout ou partie financée par un plafonnement des allocations, avance "Les Echos".

Le document propose aussi un outil : la modélisation faite par l'Unédic des différentes propositions. Ainsi, la date anniversaire, principale revendication des intermittents, "n'a pas un coût exorbitant", observe Jean-Patrick Gille.

# Revoir le dialogue social

Pour ce qui est de la méthode, le rapport suggère d'isoler la discussion sur les annexes 8 et 10, qui contamine régulièrement la négociation de la convention chômage. "On dit clairement qu'il faut réexaminer les annexes 8 et 10", déclare Jean-Patrick Gille. Le rapport propose aussi une méthode directement issue de la concertation : associer les représentants des intermittents et les entreprises du spectacle à la négociation, aux cotés des grandes centrales syndicales et du patronat.

# Que va proposer Manuel Valls ?

Le Premier ministre devrait proposer dans la foulée du rapport de lancer des discussions en vue de la prochaine négociation de la conventionchômage, prévue fin 2015 ou début 2016. En attendant, l'Etat garderait à sa charge la mesure la plus décriée de la précédente convention, le "différé d'indemnisation", qui instaurait un délai de carence pour le versement des indemnisations des intermittents (coût estimé à 90 millions d'euros en année pleine).

Les intermittents se contenteront-ils d'un simple "plan de travail" en attendant l'ouverture de véritables négociations fin 2015 ou début 2016 ? Rien n'est moins sûr.

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December 19, 2014 7:49 PM
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Concertation sur l’intermittence : l’expertise chiffrée nous donne raison !

Concertation sur l’intermittence : l’expertise chiffrée nous donne raison ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Communiqué du Comité de suivi de la réforme de l'intermittence - 19 décembre 2014

Le Comité de suivi, constitué d'organisations de salariés, d'employeurs du spectacle et de parlementaires, s'est réuni à l'Assemblée Nationale le mercredi 17 décembre 2014.

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LE LOGO POUR LIRE LE TEXTE COMPLET DU COMMUNIQUÉ SUR LE SITE DU SYNDEAC

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December 18, 2014 5:18 PM
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Samuel Churin : Un jour historique (à partager sans modération)

Samuel Churin : Un jour historique  (à partager sans modération) | Revue de presse théâtre | Scoop.it

UN JOUR HISTORIQUE


Le combat pour les droits sociaux est constitué d’étapes. Certaines sont décourageantes et d’autres ouvrent des perspectives possibles. La dernière journée des tables de concertation du 17 décembre a été consacrée au chiffrage par l’Unedic des propositions alternatives de la CGT, du Syndeac et de la CIP. Pour rappel c’est la première fois que nous avons la possibilité de faire chiffrer nos modèles d’indemnisation. Jusqu’à présent, nous avancions que ces alternatives étaient crédibles. Mais les chiffrages que nous avions étaient tous réalisés à partir des données de la caisse des congés spectacle, et étaient pour le moins contestés par nos « adversaires ». Aujourd’hui, ce débat est clos. L’Unedic admet que nos propositions ne sont pas plus couteuses que la réforme imposée depuis 2003. Le retour à la date anniversaire sur 12 mois évaluée à 35 millions d’euros supplémentaires est largement compensé par un plafonnement des hauts revenus. Il augmenterait le nombre d’allocataires de 3000 personnes jusqu’à présent exclues. Et il éviterait beaucoup de ruptures de droits temporaires chez les actuels ayant droits. Cela conduirait à une bien plus grande continuité de revenu. Ainsi, tout ce que nous disons depuis 11 ans a été confirmé : une réforme juste est possible sans aucun surcoût. Oui ce jour est historique parce que cette affirmation est maintenant incontestable. Plus personne ne pourra nous répondre « prouvez le nous » : C’EST FAIT. Certes, nous avons manqué de temps pour affiner les paramètres et nos propositions pourront être encore améliorées. Il ne s’agit pas de revanche, encore moins d’esprit triomphant. Il s’agit de mettre en avant ceci : la preuve est faite que le choix est bel et bien politique et pas économique. Quel modèle de société voulons-nous ? Le conseil national de la résistance avait pensé des droits sociaux solidaires : les actifs cotisent pour les retraités, les bien-portants pour les malades. La solidarité et la redistributivité sont les bases de toute la protection sociale. L’enjeu est là : celui du choix entre un modèle assuranciel, celui dont les exclus du régime financent les assedics versés aux salariés à haut revenus, ou un modèle redistributif, solidaire et juste. 

A partir du cas particulier des intermittents du spectacle et notre démonstration maintenant actée et partagée, nous pouvons affirmer que tous les choix sont politiques et qu’il est possible de penser le monde autrement. Toute la convention d’assurance chômage est à revoir. A l’heure où 86% des embauches se font en CDD, où le nombre de chômeurs à activités réduites explose, il est urgent d’adapter la protection sociale en générale et l’assurance chômage en particulier à la discontinuité. Le dossier des matermittentes a mis en avant un fait : toutes les règles sont pensées pour l’emploi stable et sont inadaptées à l’emploi discontinu. A droit ouvert égal, être enceinte un jour de l’année plutôt qu’un autre a des conséquences énormes : dans un cas le congé sera couvert par la sécurité sociale, dans l’autre non. Comment continuer de supporter cette injustice ?

Oui nous le rappelons sans cesse : 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés. Cela peut paraître un slogan. C’est une réalité terrible pour ces millions de pauvres dont on ne parle pas. Face à cette situation, on nous vend des recettes de plein emploi toutes aussi mensongères et farfelues les unes que les autres. Nous pouvons faire autrement, il y a des solutions possibles. Ces réformes aussi ne sont pas économiques mais politiques : imposer la précarité généralisée afin d’avoir une main d’œuvre à pas chère, des petits boulots de misère, et des droits sociaux inexistants. 

Enfin, il faut rendre hommage à la lutte. Grâce à la mobilisation, ces tables de concertations auront pour la première fois permis de prouver de manière incontestable ce que nous affirmons depuis le début. La balle est maintenant dans le camp de ceux qui décident. Nous avons maintenant tous les arguments pour les faire changer de cap. Le mouvement devra être à la hauteur si nous voulons transformer ce jour historique en jour de justice pour tous.


Publié par Samuel Churin sur Facebook le 18 décembre 2014

 

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December 5, 2014 6:15 PM
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L'intermittence dans un parcours professionnel, dans un parcours de vie. Récit

L'intermittence dans un parcours professionnel, dans un parcours de vie. Récit | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Thierry Balasse publie ce 5 décembre sur Facebook ce témoignage :   

 

 

"Aujourd’hui, je ne suis pas intermittent du spectacle, et pourtant…

En 1982, je suis entré à la « Rue Blanche » (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Spectacle) pour apprendre le métier d’éclairagiste/sonorisateur du spectacle. Peu avant ma sortie de l’école, on m’a appris que je pourrai m’inscrire à l’ANPE comme intermittent du spectacle. J’ai refusé d’entamer mon métier de cette façon, je savais que ce ne serait pas facile, mais je voulais d’abord m’inscrire dans cette société comme « travailleur », pas comme chômeur. 
Mais comme je regarde autour de moi, j’ai pu constater à quel point c’était salvateur pour mes amis comédiens de l’époque qui en avaient alors bien besoin, malgré leur talent (Je vous laisse juger si des comédiens comme Marc Fayet, Maria de Meidéros, Kristin Scott Thomas, François Morel ont du talent). Sans ce système, les verriez-vous aujourd’hui sur vos écrans, les entendriez-vous à la radio ?

 

Après quelques contrats à durée déterminée successifs, arrive la rentrée 1986, début d’une période de contrats très courts. Je vais être intermittent du spectacle de 1986 à 1989. Pour moi, cela se passe plutôt bien, les contrats se succèdent sans trop de problème. 
Mais je regarde autour de moi, je constate que certains de mes amis techniciens préfèrent prendre des postes à plein temps,

l’intermittence étant trop galère, ou sont obligés de faire des boulots à côté (je me rappelle du regard fuyant d’un ami croisé dans la rue, ayant accepté une mission de facteur pour arriver à vivre, non pas que le métier de facteur soit dégradant, mais ne pas pouvoir vivre du métier pour lequel on a été formé est difficile à vivre).

En 1989, je commence en plus de mes acticités de créateur son, à donner des cours dans un centre de formation. Je pourrais profiter de ce système et gagner pas mal d’argent combinant salaires et indemnités… 


Mais comme je regarde autour de moi, je préfère ne pas abuser, pour que d’autres puissent en profiter pleinement. Je me radie moi même du système alors que j’y ai légalement droit.

En 1992, je ne suis pas intermittent, je suis salarié en CDI à temps partiel ; mais je participe à des assemblées de mouvements prônant la création d’un salaire universel, pour tous donc, s’appuyant sur le modèle des intermittents. L’Europe se construit, une occasion de changer notre rapport au travail. Parce que je regarde autour de moi, et que je vois bien que plein de travailleurs, et d’artistes plasticiens (notamment) rament encore plus que mes amis artistes et techniciens intermittents. L’intermittence, je la voudrais pour tout le monde.

 

En 1996, je rentre dans une période difficile de traversée du désert. Je dois à nouveau m’inscrire comme intermittent. Je connais le doute, le stress de l’absence de boulot, la sensation qu’il va peut être falloir renoncer au métier que je pratique depuis plus de 10 ans, la sensation que si on ne veut pas de moi, c’est que je ne suis pas compétent. Bref, être intermittent du spectacle, je sais que c’est travailler, pas assez parfois, tout en connaissant le stress du chômeur. Une situation enviable ?

 

En 1999, je décide d‘ « entreprendre ». Je créé une SARL dont je suis le gérant, prenant ainsi tous les risques à mon nom, et me privant totalement d’un quelconque droit à des indemnités de chômage comme tous les entrepreneurs véritables de ce pays.

Pari risquée, mais je suis un « entrepreneur », comme aiment souvent s’appeler les patrons du MEDEF. Même si, je crois utile de le rappeler, nos grands patrons, ceux qui dirigent le MEDEF, n’ont pas toujours entrepris, se contentant de passer d’une direction à l’autre, des entreprises qu’ils n’ont pas fondés, et donc au sein desquels ils ne prennent aucun risque puisque leurs salaires et indemnités de départ leur sont garantis, quelque soit l’état de la société qu’ils quittent. On peut être un petit artisan et être un bien plus grand entrepreneur que le patron de AXA Assurances ou de Total.

En 2008, suite à un énorme impayé d’un festival qui m’a confié une création, je décide de payer toutes les personnes qui m’ont fait confiance, d’honorer tous les salaires, ce qui conduit à la faillite de ma structure. Je suis un entrepreneur responsable. 
Je regarde autour de moi, je lis la presse, et constate que d’autres patrons d’entreprise qui touchent des sommes correspondant à des salaires moyens multipliés par 10, 20, 30, parfois 100 ou plus sont moins scrupuleux que moi.

 

En 2009, je créé l’association Inouïe en m’appuyant sur des aides des ASSEDIC pendant 1 an. Alors que j’aurais pu rester intermittent, l’être encore aujourd’hui, je choisi très vite de quitter le système pour ne pas en abuser, parce que ma situation me le permet (suffisamment de travail en vue).

Je suis donc aujourd’hui un des très rares directeurs de compagnie à ne pas être intermittent du spectacle. Je suis un des très rares directeurs de compagnie de musique à proposer des salaires pour les répétitions, là où de très nombreuses compagnies sont obligées de s’appuyer sur l’intermittence. Je suis un homme entreprenant, et je n’aime pas qu’on oppose employés et patrons. Je n’aime pas qu’on caricature les patrons. Je n’aime pas dire que « tous les journalistes sont pourris ». Et je continue à regarder autour de moi, et je vois bien que beaucoup de gens, de plus en plus, sont dans la pauvreté et que oui, face à eux, être intermittent du spectacle est une chance. Mais bizarrement, ce ne sont pas eux qui demandent la suppression de ce régime particulier. Et puis parmi ces chômeurs sans indemnités, il y a justement d’anciens intermittents qui ont perdu leurs droits.

 

Je n’aime pas qu’on manipule l’opinion.

En 30 ans de carrière, j’aurai été intermittent pendant 7 ans, alors que j’aurais pu l’être pendant une bonne vingtaine d’années. Mais je regarde autour de moi, et sur scène, dans les salles de spectacle, je vis aux côtés des professionnels du spectacle, dont beaucoup sont intermittents.

 

Ce n’est donc pas en tant qu’intermittent que je vous le dis : 
Oui, de même que de nombreux journalistes, dirigeants d’entreprise, politiciens, artisans, employés abusent parfois de leur situation, certains intermittents abusent du système. Très peu.
Oui, certaines grandes maisons, très grandes maisons comme les opéras abusent du système de l’intermittence et l’imposent à leurs techniciens. 
Oui, je préfèrerais qu’on supprime le système de l’intermittence au profit d’un salaire universel, un salaire « de vie », rétablissant l’égalité face au problème du chômage. 
Oui, j’aimerais que tout le monde puisse bénéficier d’un système qui combat la précarité.
Oui, je préfèrerais avoir plus de subventions pour pouvoir payer les techniciens et artistes qui pour chaque spectacle doivent travailler en partie gratuitement.

Je refuse de rentrer dans un système qui vous amènerait à payer vos places de spectacles 2 à 3 fois plus cher, pénalisant un fois de plus les plus démunis.
Je refuse de voir la culture aux seules mains d’entrepreneurs privés qui s’appuient sur le star-système et se préoccupent peu de la véritable création. Il y a le travail de création et il y a le divertissement. Ce sont deux secteurs différents.
Je refuse de continuer à voir des artistes talentueux devoir quitter le métier alors que probablement dans un ou deux ans, on fera de nouveau appel à eux. 
Je refuse de continuer à lire des unes de journaux manipulatrices qui préfèrent nommer des boucs-émissaires comme aux heures les plus sombres de notre histoire, que de regarder la réalité des injustices grandissantes dus à l’appauvrissement de beaucoup face à l’enrichissement démesuré de quelques uns, qui n’en ont visiblement jamais assez.

Non, il ne faut pas supprimer le système de l’intermittence, cela ne résoudrait aucun des problèmes auxquelles notre société doit faire face. Cela ne ferait qu’accroitre le problème de la pauvreté dans un pays par ailleurs très riche.

Messieurs les patrons du MEDEF, ce que je vois, c’est vous, à la barre de navires que vous n’avez pas construit, déposés sur le pont par hélicoptères. 
Vous vous targuez d’être des « entrepreneurs », formé dans des grandes écoles de commerce publique financées par nos impôts, quand vous n’êtes souvent que des repreneurs de postes. 
Vous regardez des hommes à la mer, dans des embarcations de fortune… Et vous leur dites qu’ils sont privilégiés, et qu’ils devraient être à la mer, dans des bouées de sauvetage, comme les autres suite au naufrage d’un bateau mis à mal peut-être par un de vos collègues. 
Et vous prenez à témoin ceux qui se noient, en leur demandant s’il est juste que d’autres soient dans des bateaux…

Ce samedi, je ne pourrai pas être dans la rue pour manifester ma colère parce que je me suis engagé à donner des ateliers de découverte du son et de la musique électroacoustique. Je tiens mes engagements. Mais je soutiens ce mouvement, et j’aurais aimé être parmi ces gens qui se battent depuis des années, non pas pour eux, mais pour tout le monde.

 

Merci pour votre attention."

 

 

Thierry Balasse

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November 23, 2014 12:09 PM
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CIP-IDF > Droits rechargeables, précarité éternelle

CIP-IDF > Droits rechargeables, précarité éternelle | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié sur le site de la CIP (Coordination des intermittents  et précaires d'Ile de France)

Depuis le 1er Octobre, la convention d’assurance chômage signée le 22 mars et agréée par le gouvernement est en application dans son intégralité.

Les témoignages arrivent en nombre chaque jour. C’est le désespoir qui s’exprime pour des milliers de gens. Nous l’avions dénoncé dès la signature, aujourd’hui les faits parlent d’eux-mêmes.

Une fois de plus, ce sont les plus précaires qui trinquent !

 

Extrait : 

 

3. Pour les annexes 8 et 10 :

C’est la catastrophe annoncée.

Les personnes en cours d’indemnisation au régime général, mais pas en fin de droits, ayant réussi à cumuler les 507 heures nécessaires à une ouverture de droits en annexe 8 ou 10 se voient refuser cette ouverture.

Depuis le premier octobre, elles doivent aller à l’épuisement du droit ouvert, pas de demande express de recalcul possible, pas de droit d’option pour demander une ouverture de droits au régime qui correspond à ses pratiques d’emploi.

Et impossible d’y échapper : une démission ou une radiation ne font que reculer l’échéance et donc rallonger la durée d’écoulement - une reprise des droits ouverts est possible jusqu’à 3 ans de suspension !

Ceux qui ont ouvert des droits ridiculement bas après un emploi aidé, type CAE ou CUI (par exemple l’administratrice d’une jeune compagnie) ou après avoir travaillé quelques heures par semaine en donnant des cours dans un conservatoire ou une école de théâtre, se retrouvent bloqués au régime général.

Cette règle va aussi toucher de plein fouet les jeunes qui auront fait des petits boulots pour payer leurs études avant de se consacrer à une activité spectacle, qui auront travaillé comme ouvreurs pendant qu’ils étaient dans une école de théâtre, qui auront été serveurs dans un bar, qui auront donné des cours de musique payés au régime général : ils seront condamnés à une allocation à taux très bas, et s’ils parviennent à faire 507 heures dans les annexes 8 et 10, ils les perdront, une fois, deux fois, etc, tant qu’ils n’auront pas épuisé leurs droits précédents.

 

Tout est fait pour empêcher que les jeunes entrent dans les annexes 8 et 10 – tout est fait pour vider les annexes en bloquant leur accès aux jeunes, à empêcher quiconque d’entrer pour la première fois ou de nouveau dans les annexes, tout est fait pour que, peu à peu, plus personne ne bénéficie du régime des intermittents du spectacle.

 

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October 1, 2014 7:12 PM
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Les intermittents redescendent dans la rue

Les intermittents redescendent dans la rue | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Les intermittents, qui ont perturbé pendant l'été plusieurs festivals emblématiques, contestent la convention d'assurance-chômage signée en mars, qui durcit leurs règles d'indemnisation.

 

Heure après heure, les informations tombent, et la liste des spectacles annulés se précise. Ce mercredi 1er octobre, journée de mobilisation nationale des intermittents, un premier état des lieux, vers 13 heures, témoigne de la vigueur du mouvement de protestation des artistes et des techniciens du spectacle.

On sait déjà que deux spectacles du Festival d'automne, manifestation emblématique de la rentrée culturelle, à Paris et en banlieue, sont annulés :Le Capital et son singe, mis en scène par Sylvain Creuzevault, au Théâtre de la Colline, à Paris ; et Passim, mis en scène par François Tanguy, qui devait se jouer au T2G à Gennevilliers (Seine-Saint-Denis).

 

« ON EST COMPLÈTEMENT PERDUS »

Mais on ignore encore si la première représentation du spectacle très attendu de Vincent Macaigne, Idiot ! Parce que nous aurions dû nous aimer, sera donnée ou non ce soir, à 19 h 30, au Théâtre de la Ville, à Paris. Si l'équipe décide de jouer ce soir, le spectacle sera-t-il perturbé par une action ? On en saura plus dans les heures qui viennent. « On est complètement perdus », confie Vincent Macaigne, la voix enrouée.

 

CLARISSE FABRE POUR LE MONDE DU 2 OCTOBRE

 

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March 26, 2016 6:22 AM
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Les intermittents «piégés» par le Medef ?

Les intermittents «piégés» par le Medef ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Amandine Cailhol dans Libération :


La CGT dénonce «un bras de fer clair entre Matignon et l'organisation patronale». Photo Jacques Demarthon. AFP
A l'occasion d'une réunion avec les syndicats, jeudi, le Mouvement des entreprises de France a demandé d'économiser 185 millions d'euros par an, tout en appelant l’Etat à la rescousse. Un «chantage» pour la CGT, mais aussi pour FO.

Les intermittents «piégés» par le Medef ?


Mercredi, 43 000 jeunes étaient dans la rue. De plus, 58% des Français rejettent le projet de loi El Khomri selon un sondage réalisé pour Libération, et le chômage, dont les derniers chiffres viennent d’être publiés, est reparti à la hausse. Bref, l’agenda social est aussi électrique que chargé. Pourtant, c’est un sujet bien spécifique qui a occupé les partenaires sociaux jeudi : l’avenir des règles d’indemnisation chômage des artistes et techniciens intermittents. Réunis au siège du Medef, dans le cadre des négociations sur l’assurance chômage, syndicats et représentants du patronat ont tenté, sans succès, de se mettre d’accord sur les économies à réaliser par les intermittents du spectacle, dans le cadre de leur régime spécifique, défini par les annexes 8 et 10 de la convention Unédic.

Mais de quoi parle-t-on ? Cette année, pour la première fois, les règles propres au «régime» des intermittents du spectacle sont négociées «à part», c’est-à-dire entre représentants du secteur. Mais, si les partenaires sociaux interprofessionnels sont sortis du jeu, ils gardent la main sur le «cadre financier» de cette négo. Déjà attendu le 8 mars, lors de la dernière rencontre des partenaires sociaux, ce dernier divise les syndicats.

«C’est la guerre à nouveau qu’ils veulent»


En amont de la réunion de jeudi, le Medef a fait parvenir ses propositions aux  syndicats. Parmi ses requêtes : «a minima», que les règles applicables aux annexes 8 et 10 ne conduisent «pas à augmenter l’écart existant entre celles-ci et les règles d’indemnisation du régime de droit commun». Et, surtout, qu’à l’horizon 2020, les dépenses liées à l’indemnisation des intermittents ne soient pas plus de trois fois supérieures à ses recettes (le ratio étant de quatre aujourd’hui). Ce qui, selon la CGT, pourrait entraîner une baisse des allocations de l’ordre d’un quart.

L’organisation patronale, qui a précisé ses attentes devant les partenaires sociaux, attend donc une économie de 185 millions d’euros par an, d’ici 2018. Un chiffre jugé «inacceptable» par la CGT Spectacle, majoritaire dans la profession. «Il faut que ce document évolue considérablement», prévient Denis Gravouil, son secrétaire général. Sans quoi le conflit des intermittents pourrait repartir de plus belle, comme en 2014, lors de la précédente négociation sur l’assurance chômage. «C’est la guerre à nouveau qu’ils veulent», note sur Twitter la Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France (CIP-IDF). Un scénario catastrophe pour le gouvernement.

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October 16, 2015 6:16 PM
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Un message de Samuel Churin

Un message de Samuel Churin | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié sur Facebook le 16 octobre 2015 :

 

Hier et aujourd'hui 16 octobre a eu lieu la conférence pour l'emploi. Hier étaient présents M. Valls, M. El Khomri et F. Pellerin pour l'ouverture et aujourd'hui la conférence a été cloturée par F. Pellerin. Ci-dessous le texte lu et adressé à la ministre lors de la dernière plénière.

 

 

Conférence pour l’emploi

 

Quel bilan pouvons-nous faire d’une conférence pour l’emploi où les conclusions semblent déjà actées avant qu’elle ne commence ? 
Nous savons qu’une fois encore nous ne serons pas entendus, nous savons que nos mots mille fois répétés resteront lettres mortes.
Ce programme semble rester sourd à la réalité du conflit.


Quand 6 millions de personnes sont au chômage, on fait mine de penser que le plein emploi demeure un horizon indépassable. Or le plein emploi n’existe pas et n’a jamais existé. Le conflit réel, que d’aucun voudrait taire, est celui des droits sociaux ! En cela l’annulation de la dernière convention d’assurance chômage par le Conseil d’Etat n’est pas un simple « aménagement technique » comme l’a déclaré la nouvelle ministre du travail Myriam El Khomri.

 

Les pratiques de Pôle Emploi consistant à ne pas accepter des heures déclarées tardivement tout en les prenant en compte pour réclamer des indus, ces pratiques reconnues aujourd’hui comme illégales et qui ont poussé Djamal Chaar à s’immoler par le feu devant une agence de Nantes, ce n’est pas un aménagement technique.


Dans le discours du premier ministre, comme dans celui de beaucoup d’autres, on a retrouvé la petite musique du « trop ». Il y a « trop ». Trop de métiers dans cette liste trop longue, trop d’entreprises, trop de compagnies, trop de contrats courts, trop de films, trop d’intermittents et enfin trop de spectacles que vous Mme la ministre de la culture allez « devoir vous taper » (je cite François Hollande). 


Mais pourquoi sommes-nous le seul secteur à être traité de la sorte ? On s’enthousiasme en évoquant les domaines vivifiants des PME, TPE, des start up, mais quand il est question de culture toute l’énergie est concentrée au contraire sur la réduction. Au lieu d’accompagner, au lieu de se réjouir de ce foisonnement, on ne pense qu’à circonscrire. 


Cette politique du « trop », sachez que nous ne l’accepterons jamais.
Cette politique du « trop » se refuse à l’invention de nouveaux droits sociaux et tente, contre vents et marées, de faire rentrer la réalité des pratiques d’emploi actuelles dans des schémas archaïques. Pourquoi continuer à nier, pour ne citer qu’un exemple, la position d’employeur-employé qui est la réalité de 56% des artistes du spectacle vivant en province ? 


Vous n’avez comme seul guide que le totem de l’entreprise, mais en terme culturel, il ne s’agit pas d’accompagner des « entreprises », mais des œuvres et des artistes. La pauvreté de ce raisonnement vous amène à essayer de réduire la diversité et la richesse d’un secteur que vous proclamez pourtant si important pour une démocratie. 


Votre politique sociale continuellement à charge, basée sur une obsession de l’emploi permanent, à l’heure où plus de 80% des embauches se font en contrat court, fait peser une présomption de culpabilité insoutenable sur les intermittents comme sur l’ensemble des chômeurs. 


Ainsi sont mis en place des labels, ou des certifications sociales sur des critères qui visent à éliminer toutes les structures qui n’auront pas les moyens de créer des emplois permanents. Nous le redisons pour la millième fois, nous ne sommes pas contre la permanence à condition qu’elle soit choisie. De même nous avons toujours soutenus les salariés « permittents » dans leurs demandes de réintégration en CDI. Mais c’est une erreur majeure que de faire de la permanence un préalable à des droits sociaux ou à une subvention. Il faut au contraire que les millions d’euros versés jusqu’à présent pour palier le différé d’indemnisation, aillent aux plus précaires, aux plus pauvres, sur les seuls critères d’accompagnements de projets. Alors, ces structures qui peinent à respecter les conventions collectives, je veux parler des compagnies qui dans le spectacle vivant composent 80 % du festival d’Avignon off, celles qui dans l’audiovisuel représentent la grande majorité des documentaires et films courts, alors oui, ces « entreprises » comme vous les appelez pourront respecter les critères que vous exigez. 


Tous les metteurs en scène, tous les réalisateurs maintenant reconnus, absolument tous, ont commencé avec des projets pas payés, ou mal payés, qui ne répondaient à aucun des labels ou certifications sociales. Tous ont eu heureusement la possibilité d’être accompagnés. Tous sont la preuve qu’il ne faut pas interdire sur la base de critères qui n’ont aucun sens, mais au contraire aider plus encore.


La certification sociale déjà mise en place dans une partie du secteur audiovisuelle va engendrer deux catégories de salariés : à activité égale, les uns seront éligibles au régime spécifique d’assurance chômage, les autres pas. C’est aussi aberrant que profondément injuste.


De même, votre politique pousse les plus faibles à porter le risque social de votre incohérence : vous confiez aux artistes une mission de démocratisation culturelle à travers l’accompagnement et le développement des pratiques amateurs que vous avez inscrit dans la loi sur la liberté de création, alors que ces périodes de travail ne peuvent même pas être prises en compte pour les droits au chômage de l’annexe 10 parce que ces mêmes artistes ne sont pas reconnus comme tels lorsqu’ils exercent ces activités. En considérant les problèmes uniquement du côté de l’emploi, vous creusez dangereusement le clivage entre les précaires. La solution est pourtant simple, on vous l’a déjà dit : construire des droits sociaux pour tous, sans oublier les malades et les femmes enceintes, adaptés aux réalités de l’emploi discontinu. 
Les plus faibles, les plus pauvres, les plus précaires, les laisser pour compte, les « trop », toujours plus contrôlés, toujours plus ciblés, sauront vous rappeler que cette politique est définitivement inacceptable. 


Et pour conclure, je voudrais citer cette phrase de Jankelevitch : « il y a tragédie chaque fois que l’impossible se joint au nécessaire. ». Et bien faisons en sorte que le nécessaire soit possible pour éviter la tragédie.

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May 30, 2015 5:52 AM
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Intermittents du spectacle : leur régime sera inscrit dans le Code du travail

Intermittents du spectacle : leur régime sera inscrit dans le Code du travail | Revue de presse théâtre | Scoop.it
L'Assemblée nationale a gravé dans le projet de loi sur le dialogue social et l'emploi le régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle pour le conforter, dans la lignée des résultats de la concertation ayant suivi la crise des festivals de l'été 2014.
L'article 20 du projet de loi examiné en première lecture par les députés prévoit l'inscription dans le Code du travail du principe de l'existence de règles spécifiques d'indemnisation du chômage des salariés intermittents du spectacle.
"Il fallait en finir avec la menace récurrente qui pesait sur le régime des artistes et techniciens du spectacle"

Evoquant "un moment important pour notre culture, pour les artistes et techniciens qui la font vivre, partout sur nos territoires", la ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin a salué dans ce vote l'approbation des "décisions annoncées par le Premier ministre, le 7 janvier, suite au formidable travail de consensus et de conviction effectué pendant plusieurs mois par Hortense Archambault, Jean-Denis Combrexelle et le député socialiste Jean-Patrick Gille"

 

 

Lire l'article : http://culturebox.francetvinfo.fr/le-conflit-des-intermittents/intermittents-du-spectacle-leur-regime-sera-inscrit-dans-le-code-du-travail-220615.

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April 21, 2015 1:59 PM
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Feuille de route pour refonder le régime de l’intermittence - Ministère de la Culture et de la Communication

Feuille de route pour refonder le régime de l’intermittence - Ministère de la Culture et de la Communication | Revue de presse théâtre | Scoop.it

COMMUNIQUÉ DE PRESSE



François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social et Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication présentent la feuille de route du gouvernement pour refonder le régime de l’intermittence

 

Les 7 janvier et 11 février derniers, le Premier ministre a annoncé les décisions du Gouvernement à la suite du rapport que lui a remis la mission de concertation sur le régime des intermittents. François Rebsamen et Fleur Pellerin présentent aujourd’hui les premiers résultats et l'orientation pour les prochains mois.

 

Tout d’abord, l’existence de règles spécifiques pour les professions concernées sera inscrite dans la loi. C’est l’objet de l’article 20 du projet de loi présenté le 22 avril en Conseil des ministres et prochainement soumis au Parlement pour une adoption à l’été. Dès la prochaine négociation de la convention d’assurance chômage, les professionnels du spectacle par l’intermédiaire de leurs représentants participeront, dans le cadre du processus inscrit dans la loi, à la définition des règles qui leur seront applicables sur la base des orientations fixées par les partenaires sociaux au niveau interprofessionnel.

 

Parallèlement, les partenaires sociaux du spectacle vont ouvrir des négociations afin de mieux encadrer le recours au contrat à durée déterminée d’usage et de lutter contre la précarisation de l’emploi. François Rebsamen et Fleur Pellerin les réuniront pour lancer ce processus dans les prochaines semaines.

 

Par ailleurs, une conférence pour l’emploi dans les métiers du spectacle sera organisée à l’automne pour développer l’emploi et renforcer la pérennisation des contrats de travail. Les ministres ont confié à Jean-Paul Guillot une mission de préparation de cette conférence.

 

Enfin, plusieurs chantiers complémentaires ouverts par la mission de conciliation seront poursuivis afin d’améliorer l’accès aux droits des intermittents :

l Sur la question de l’accès aux indemnités maladie et maternité : depuis le 31 janvier, le nombre d’heures nécessaires pour bénéficier des indemnités journalières a été abaissé à 150 heures par trimestre contre 200 auparavant. Une circulaire viendra préciser les conditions d’accès des intermittents à ces prestations ;

l Un comité de liaison avec Pôle emploi a été créé et sera réuni pour la première fois en avril ;

l Le guichet unique du spectacle occasionnel sera modernisé et son fonctionnement amélioré.

 

Avec cette feuille de route, le gouvernement affirme son ambition de donner aux artistes et techniciens du spectacle qui font vivre la politique culturelle de la France, un cadre social refondé qui permette de sortir durablement des crises périodiques connues par leur régime.

 
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March 10, 2015 7:51 PM
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Communiqué de la CIP- IDF

Communiqué de la CIP- IDF | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Nous avons rencontré Fleur Pellerin - compte-rendu du rendez-vous rue de Valois du lundi 2 mars 20159 mars 2015, 14:02

Nous avons rencontré Fleur Pellerin.

 

Nous étions 6 : Samuel Churin et Sofi Vaillant pour la CIP-IdF, Véro Ravier pour CAP, Paul-Marie Plaideau pour la CIP-LR, Myriam Lotton pour la KIC de Caen et Gaël Leveugle pour le CIPC Lorraine. En face, Fleur Pellerin était entourée de François Romaneix, son conseiller social, Laurent Dréano son conseiller artistique, Michel Orier directeur de la DGCA (Direction Générale de la Création Artistique).

 

À l’ouverture de la séance : elle souhaitait nous écouter, nous voulions l’entendre.

 

Nous avons commencé par lui dire les dangers d’une loi qui viendrait sanctuariser les annexes 8 et 10 sans se préoccuper du contenu, en nous appuyant sur ce qui s’était passé pour l’annexe 4 lors de la dernière convention. Sanctuariser le titre sans contenu serait extrêmement dangereux car cela n’empêcherait pas de fusiller les annexes. Nous lui avons d’ailleurs rappelé notre revendication d’une annexe unique.

 

Nous avons mentionné la Proposition de Projet de Loi (PPL) du 12 octobre 2006 [1], en disant que seule une loi avec son contenu nous conviendrait. Nous avons également rappelé que cette PPL avait alors été défendue par le groupe socialiste.

 

Fleur Pellerin et François Romaneix nous ont donné le calendrier de cette loi : cette "sanctuarisation" des annexes devrait s’insérer dans la loi sur le dialogue social, qui sera préparée par ministère du travail et présentée au conseil des ministres à la fin du mois. Le travail de texte et les négociations devraient donc commencer sous peu, le vote se déroulant durant l'été.

 

À propos de la volonté du gouvernement de modifier la négociation, nous leur avons demandé quels seraient les critères de représentativité des négociateurs, en pointant la difficulté de définition de ces critères, le nombre de cotisants et la diversité des syndicats dans chacune des neuf branches étant disparate. Serait-ce un vote par syndicat ? Ou bien un poids de vote proportionnel ? Et quelle serait notre place ? Ils ont répondu que la décision revenait au ministère du travail et que, pour l'heure, ils n’avaient pas d’information sur ce point.

 

Sur l’éventualité de voir un cadre financier fixé par les confédérations, et négocié dans les branches, nous avons soulevé les différents écueils que nous y voyons. À commencer par le risque de la sortie du régime interprofessionnel. La ministre a alors affirmé sa volonté de garantir l’attachement des annexes à ce système solidaire.

 

Nous lui avons fait remarquer que ce cadre financier tiendrait lieu de budget, et que le risque qu’il devienne un outil de chantage des syndicats signataires était patent. En effet, en proposant un budget bas, les confédérations mettraient l’État dans la délicate position de devoir choisir entre laisser les conditions d’indemnisation et d’accès se durcir, ou bien mettre au pot, en ponctionnant alors sur son budget. En clair, cette loi risquerait de déboucher sur une caisse autonome [2].

Deuxième écueil : un cadre financier trop rigide ferait que les pourparlers dans les branches ne pourraient aboutir faute d’accord et, au final, la négociation reviendrait sur les tables des confédérations. En substance il nous apparaît néfaste de raisonner en terme de budget, et pas en terme de besoin. C’est le reproche général que nous faisons à la gestion de l’assurance chômage. Et nous l'avons illustré par l’exemple de l’élaboration de notre nouveau modèle, qui réfléchit en terme de besoin et d’adaptation aux pratiques, et

qui, en fin de compte, se montre économiquement fondé et valide.

 

Nous avons ensuite fait une analyse de la convention actuelle avec, pour axe central, l’inadaptation aux pratiques d’emploi, car tout est pensé à partir du CDI et autour de l’hypothèse du plein emploi.

 

Entre autres aberrations, nous avons évoqué :

 

* La catastrophe des droits rechargeables et (pour les emplois du spectacle et de l’audiovisuel) la porosité des annexes avec le régime général, qui englue dans des droits inépuisables ceux qui n’arrivent pas à faire les heures ou qui veulent accéder au régime après des petits boulots ou des contrats aidés. Le risque de déprofessionnalisation du secteur devenant alors extrêmement dangereux.

 

* Nous avons dénoncé l’accroissement des contrôles, l’instrumentalisation des DRAC -via leur bureau des licences- par Pôle Emploi pour lancer des contrôles mandataires. Ça devrait les agacer.

 

* Nous avons parlé du problème de double contrôle des AEM, et plus globalement de la défaillance de l’institution qui, parce qu'elle mise tout sur le contrôle et l’exclusion, ne remplit plus sa mission première d’accompagnement des chômeurs.

 

* Par le décryptage et par l’exemple, nous avons démontré que, dans tous les secteurs, c’est systématiquement les plus fragiles et les plus précaires qui subissent les préjudices de la convention. Et nous avons argué du fait que, en période d’intensification du chômage, il n’y a pas d’autre voie que d’augmenter la protection sociale.

 

Fleur Pellerin nous a alors dit que son approche politique et sa préoccupation étaient l’activité et la "déprécarisation".

 

Nous avons ensuite rappelé le scandale du numéro d’objet, qui venait se rajouter aux outils de contrôle que sont déjà les licences d’entrepreneur de spectacle et l’inspection du travail.

 

Puis, nous avons énuméré les autres risques de déprofessionnalisation que constituent l’accès au régime pour les CAE, les inscrits à Pôle Emploi sur des petits boulots au régime général, et nous avons souligné les problèmes liés à la non-prise en compte des heures d’intervention artistique, alors que le ministère insiste particulièrement sur l'utilité et l'urgence de ces dispositifs, alors que les institutions poussent les compagnies à s’y impliquer, et alors que Pôle Emploi les comptabilise au régime général.

 

Nous avons rappelé que le secteur de l’audiovisuel était frappé par des délocalisations massives et que les conditions de travail en post-production étaient devenues insoutenables.

 

Nous avons également rappelé la forte mobilisation de l’année dernière avec la grève, ainsi que le soutien conséquent du public qui en a découlé grâce, entre autres, aux caisses de soutien. Et nous avons évoqué l'éventualité d'une nouvelle mobilisation rapide et massive : ils ont bien saisi à quel point nous restions vigilants.

 

Nous avons conclu en évoquant nos inquiétudes sur la baisse des budgets des collectivités, avec la réforme territoriale à venir, ainsi que sur les nombreuses réductions, annulations de spectacles et de festivals et fermetures en cours de lieux culturels et artistiques.

 

Ils nous ont alors dit combien ils étaient sensibles à ces mobilisations, et aujourd’hui, à la pétition de Montpellier, sur laquelle le ministère dit vouloir intervenir directement en région.

 

Nous avons insisté sur nos revendications de toujours : 507 heures en douze mois, date anniversaire et annexe unique.

 

Au final, notre impression est que nous avons été pris très au sérieux. On a pu noter, à plusieurs reprises, que la participation aux tables [3] n’y était certainement pas pour rien.

 

Fleur Pellerin a salué à 2 reprises nos travaux et notre expertise :

 

* en disant que le document "Pôle Emploi, zone de non-droit" était très bien fait ;

 

* en rappelant que nos propositions étaient tout à fait crédibles.

 

Fin de la réunion

 

 

Source: Coordination des Intermittents et Précaires.

 

--

Notes: 

[1] Une Proposition de Projet Loi relative à la pérennisation du régime d’assurance-chômage des professions du spectacle, de l’audiovisuel et du cinéma dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle, avait été présentée par les parlementaires membres du Comité de suivi de la réforme du régime d’assurance-chômage des professions du spectacle, de l’audiovisuel et du cinéma le 2 mars 2005 à l'Assemblée Nationale. Elle n'avait pas pu être votée en raison d'une manoeuvre législative utilisée par ses opposants. (Voir tous les articles concernant la PPL de 2006 ici: http://www.cip-idf.org/rubrique.php3?id_rubrique=49)

[2] La CFDT avait déjà préconisé en 2003, par l'entremise de son secrétaire général François Chérèque, la création d'une caisse autonome complémentaire financée par l'Etat, les collectivités locales et les employeurs pour les intermittents (du spectacle). Nous nous y sommes toujours opposé (voir: http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=1209).

[3] Tables rondes de la mission de concertation et de proposition pour bâtir un cadre stabilisé et sécurisé pour les intermittents du spectacle, ordonnée par Manuel Valls le 24 juin 2014 (voir : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7579).

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February 12, 2015 3:48 PM
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Intermittents : un texte de Samuel Churin (12 février 2015)

Intermittents : un texte de Samuel Churin (12 février 2015) | Revue de presse théâtre | Scoop.it


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Chers amis,
Vous trouverez ci-dessous le texte lu hier le 11 février 2015 lors de la dernière plénière de restitution du rapport issu des tables de concertations devant Manuel Valls, Fleur Pellerin et François Rebsamen. Comme vous pourrez le constater, non seulement rien n’est gagné mais il y a danger. Tout d’abord ce n’est pas parce que nos propositions sont jugées crédibles qu’elles seront adoptées, on en est loin. Ensuite la pérennisation des annexes 8 et 10 dans la loi est un effet d’annonce qui n’empêchera pas la diminution de nos droits, bien au contraire. La nouvelle proposition de négociation par les syndicats représentatifs du secteur (sans la participation de la CIP) est pipée d’avance si, comme il est affirmé, les confédérations fixent en amont le budget. Un budget en diminution signifiera toujours plus de précarité et moins d’intermittents couverts. 


Lors de cette dernière plénière, JF Pillard (chef de la délégation du MEDEF lors des négos Unedic) a très clairement dit que ce sont les confédérations (donc le MEDEF !) qui fixeront le cadre des négos du secteur. Pour finir, sachez que Manuel Valls n’a pas apprécié le passage sur Jamel Chaar et encore moins le mot « obscénité » pour qualifier les déclarations d’octobre de Rebsamen sur le contrôle des chômeurs. En plus de ce texte, j’ai rappelé que les tables avaient été mises en place grâce à la lutte. Au sujet des contrôles, j’ai pris pour exemple les intermittents des cies régulièrement épinglés dans leurs pratiques d’atelier alors que ces pratiques étaient de plus en plus réclamées par l’état et les collectivités territoriales. En fin d’intervention, en réponse à Valls qui dans son intro nous avait fait le sempiternel complet sur la fraude, j’ai cité le cas d’une amie en procès depuis 1 an et demi pour requalifier en CDI les CDD faits pendant des années à Radio France et j’ai conclu : c’est l’état qui dans ce cas pratique la fraude. 


Pour finir, je voudrais insister sur le fait que tout ceci est un travail collectif. Ainsi Recours Radiation (Rose-Marie Péchallat est intervenue à toutes les tables), les matermittentes, la CIP avec en particulier toute l’équipe du groupe CAP (Conséquences d’application du protocole) assurent des permanences toutes les semaines, décryptent les accords et ce qui s’y cachent. Un immense travail COLLECTIF fait par toutes les régions réunies régulièrement en coordination nationale a été effectué depuis 11 ans. Nous avons marqué quelques points, nos expertises sont enfin reconnues comme justes, continuons à travailler ensemble pour que le mot justice sociale devienne réalité.


                                                                                 Samuel Churin



Penser l’intermittence autrement

Ces tables de concertations ont mis en avant une grande partie des dysfonctionnements de l’assurance-chômage. Ce mot "dysfonctionnement" signifie concrètement, pour le chômeur, toujours plus de précarité et de pauvreté. Oui, tous ces problèmes conduisent à des drames dont nous pouvons mesurer l’ampleur, grâce aux permanences de conseil aux premiers concernés que nous avons mis en place sur tout le territoire. Pour résumer en une phrase l’ampleur de la mission : notre société n’est pas du tout adaptée à la discontinuité de l’emploi, toutes les règles sont élaborées pour l’emploi permanent. Actuellement, 86% des embauches se font en CDD, le nombre de chômeurs à activité réduite (catégories B et C) a explosé et 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés. Il est donc urgent d’arrêter de mentir avec les mots "plein emploi", pour enfin assurer une réelle continuité de revenus pour tous.

 

Il faut réformer profondément le système de protection sociale afin de l’adapter à toutes formes d’activités discontinues. Prenons l'exemple du dossier “congés maternité". Vous avez décidé de baisser le seuil de 200 à 150 heures à effectuer dans les 3 derniers mois précédant le congé. Ce toilettage ne règle en rien le vrai sujet : à droit ouvert égal, être enceinte un jour de l’année plutôt qu’un autre a des conséquences terribles, selon les cas. Pour certaines, le congé sera couvert par la sécurité sociale et par l’assurance chômage, pour d’autres, non. Cela est discriminatoire !

 

Pôle Emploi et le GUSO ne doivent plus être des zones de non-droit. Pour ne prendre que deux exemples : Pôle Emploi a décidé de ne plus prendre en compte les heures de répétitions dans le cadre d’atelier de création artistique. Les œuvres répétées doivent être préalablement écrites et suivies de représentations publiques. Ainsi, bon nombre d’artistes voient-ils basculer ces heures au régime général. Pourquoi ? Personne ne peut le dire ! Le GUSO applique des nouvelles règles au cas par cas. Ainsi, des chanteuses lyriques se produisant dans une église ont-elles vu leurs heures refusées sous le prétexte que le public dans une église n’était pas un vrai public ! Autre exemple : du théâtre en appartement déclaré en bonne et due forme n’a pas été comptabilisé, parce que le cachet avait été versé en liquide ! Ce n’est pas à Pôle Emploi de décider ce qui relève du champ artistique ou non ! Pour invalider toutes ces mesures hors-la-loi, il faut abolir toutes les directives internes, tous les modes opératoires, qui n’ont aucune valeur en droit.

 

De plus, nous le répétons encore une fois : nous ne sommes pas une réserve d’indiens ! Vous persistez à séparer les intermittents du spectacle du reste des chômeurs, alors qu’il y a une réelle porosité avec le régime général. Ne pas se pencher sur les règles de coordination entre le régime général et les annexes continuera à engendrer des inégalités de traitement aux lourdes conséquences. Dans la même logique de division, vous vous évertuez à vouloir séparer artistes et techniciens. Dans le rapport, la seule réelle prise de position concerne le refus de l'annexe unique : c'est une erreur majeure. Elle est, au contraire, indispensable ! Les statistiques Unedic montrent à quel point bon nombre d’intermittents déclarent des heures dans l’annexe 8 ET dans l’annexe 10. Votre raisonnement sur le volume d’heures plus important dans l’annexe 8 est irrecevable : demandez à un technicien qui fait du trucage vidéo s’il est facile de faire ses heures, alors que cette activité subit une délocalisation généralisée dans des pays qui pratiquent le crédit d’impôt. La discussion sur la liste des métiers n’a pas lieu d’être : c’est la pratique d’emploi qui devrait être retenue comme seul critère. Pourquoi deux intermittentes n’auraient-elles pas les mêmes droits ? Parce que l’une est pigiste et que l’autre joue du Racine ?

Vous préconisez une loi pour pérenniser les annexes 8 et 10. Mais, votre proposition ne sauvegardant que l’étiquette, rien n’empêchera le Medef de les supprimer. Nous le savons bien, puisque c’est ce qui vient de se passer pour l’annexe 4 des dits "intérimaires", qui a été vidée de son contenu lors de la dernière convention, et dont seul le titre a été maintenu. Pour rappel, en 2004, François Hollande était au premier rang pour nous applaudir lors de la conférence de presse du Comité de suivi, tout le groupe socialiste à l’Assemblée nationale avait signé nos contre-propositions, une PPL avait été déposée avec un fléchage de date anniversaire sur 12 mois. M. Rebsamen a signé ces mêmes propositions 2 semaines avant d’être nommé ministre du travail. Pourquoi les promesses d’hier ne sont-elles pas tenues ?

 

Les annexes doivent pleinement rester dans la solidarité interprofessionnelle. Ainsi, il est inacceptable que les confédérations fixent un budget en amont de la négociation avec les syndicats du secteur. C’est acter la notion de budget à part, donc de caisse à part, et de déficit à part. Les 110 000 intermittents du spectacle ne coûtent pas plus chers qu’une moyenne de 110 000 chômeurs. Il faut cesser la stigmatisation et penser à des mesures justes et adaptées aux situations particulières plutôt qu'à des schémas qui s'apparentent à une caisse autonome. Ce n’est pas le budget qui doit guider les négociations, mais les besoins.

 

Avec notre modèle d’indemnisation, nous avons fait la preuve que l’on pouvait couvrir les plus précaires en dépensant moins. Pour la première fois, l’Unedic est forcée de reconnaître que nos propositions ne sont pas plus coûteuses. Un modèle vertueux peut être mis en place. Ces tables auront permis de démontrer, une bonne fois pour toutes, que la réforme de 2003 n’a pas été économique -puisqu’elle coûte plus cher-, mais idéologique.

Par ailleurs, tous les chômeurs doivent bénéficier immédiatement du renouvellement de droits anticipés. En effet, la nouvelle disposition -qui les oblige à aller à épuisement de leurs droits- est catastrophique. Contrairement à ce qui est dit, les nouvelles règles -concernant l’activité "reprise" couplée aux droits rechargeables- sont une régression, et non pas un progrès. Pour rappel, cette règle avait été imposée en 2003 pour les annexes 8 et 10. Suite aux conséquences désastreuses que cela engendrait, une circulaire avait permis d’accorder à tous les intermittents du spectacle de pouvoir renouveler leurs droits à n’importe quel moment. Comment une mesure considérée, à juste titre, comme néfaste pour les intermittents du spectacle a-t-elle pu être mise en place pour les chômeurs à activité réduite ? Combien de fois faudra-t-il répéter qu’un intermittent du spectacle est un chômeur à activité réduite ?

De plus, un rapprochement des AEM émises par les employeurs et celles transmises par les salariés tous les mois doit permettre de vérifier la cohérence des déclarations et de rectifier celles qui seraient tardives, erronées, ou omises, sans pénalités ni sanctions. Or, le principe actuel est une double peine : on ne prend pas en compte les heures de travail mal déclarées ou déclarées tardivement pour l’ouverture de droits, mais on les valide pour réclamer des indus. C’est la raison pour laquelle Djamel Chaar s’était immolé par le feu devant une agence de Pôle Emploi. Combien de Djamel Chaar faudra-t-il pour que cette mesure de bon sens soit prise ?

 

Ces tables de concertations ont prouvé que bon nombre d’organisations exclues du dialogue paritaire avaient leur mot à dire et des propositions viables. Redéfinir les règles de la gouvernance de l’Unedic et penser un "dialogue social" élargi sont les seuls moyens d’assurer une véritable démocratie, dans laquelle les premiers concernés seraient réellement représentés. Il est anormal que le MEDEF ait un droit de veto sur toutes les décisions. Le travail sur les chiffrages des différents modèles d’indemnisation est positif. Mais, pourquoi cela n’a-t-il pas eu lieu à chaque fois ? Pour les intermittents du spectacle, cela aurait évité la réforme totalement inutile de 2003 et, pour l’ensemble des chômeurs, les catastrophes annoncées de la convention 2014.

 

À l’heure où la flexibilité est réclamée partout, il est urgent de penser l’intermittence de l’emploi autrement, afin d’assurer une continuité de revenus pour tous. Pour cela, il faut repenser le système dans sa globalité : les règles doivent être adaptées aux contrats courts, les chômeurs ne doivent plus être stigmatisés comme des fraudeurs, les mots "contrôles" et "abus" étant des présupposés qui fragilisent toujours les plus pauvres. Ainsi, les dernières déclarations de M. Rebsamen sont-elles obscènes. Dans la plupart des cas, le chômeur contrôlé voit son indemnisation coupée a priori car Pôle Emploi applique la présomption de culpabilité. Et pour ceux qui veulent faire valoir leurs droits, une longue bataille juridique commence : en fin de compte, ils sont, en grande majorité, réintégrés car tous ces contrôles se font au mépris du droit le plus élémentaire. Mais, à quel prix ?… Vous devez lire le rapport du Conseil National de Lutte Contre la Précarité et l’Exclusion, organisme dépendant du Ministère du travail, et présidé par Etienne Pinte. Il y est écrit que tous ces contrôles sont une catastrophe et il se conclut par "Il est urgent de passer d’une société de défiance à une société de confiance". Puisse-t-il être entendu…

 

Samuel Churin, publié sur Facebook le 12/02/2015)

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January 7, 2015 6:19 AM
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Intermittents du spectacle : Manuel Valls veut sanctuariser le régime en l'inscrivant dans la loi

Intermittents du spectacle : Manuel Valls veut sanctuariser le régime en l'inscrivant dans la loi | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Le Monde : Les 507 heures en douze mois, slogan de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) depuis le conflit de 2003, c’est économiquement possible ! Mais reste à savoir si ce modèle alternatif d’assurance-chômage des artistes et des techniciens du spectacle sera, dans les faits, politiquement faisable. On ne saurait mieux résumer la situation alors que les « trois sages » ont remis leur rapport au premier ministre, mercredi 8 janvier, à 10 heures du matin. Le 24 juin 2014, Manuel Valls confiait une mission de concertation au député Jean-Patrick Gille, à l’ancienne codirectrice du Festival d’Avignon, Hortense Archambault, et à l’ancien directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle. Alors que le monde de la culture ne décolérait pas contre l’accord du 22 mars 2014 sur l’assurance-chômage, il s’agissait de sortir des crises à répétition et de trouver un cadre pérenne aux annexes 8 (techniciens) et 10 (artistes) de l’Unedic.

Dans sa hotte de Noël, le trio formule trois propositions que Manuel Valls va retenir et préciser lors de sa conférence de presse à Matignon, mercredi matin : la première consiste à inscrire dans la loi le principe d’un régime spécifique pour les artistes et les techniciens du spectacle. « Les annexes 8 et 10 demeurent dans la solidarité interprofessionnelle, et on ne crée pas de caisse autonome. En revanche, on inscrit le principe du régime spécifique dans la loi pour écarter toute menace sur sa disparition », indique Jean-Patrick Gille. Deuxièmement, les auteurs préconisent une nouvelle gouvernance : les partenaires sociaux détermineraient « l’enveloppe financière » des annexes 8 et 10 – en clair, le montant d’économies à réaliser –, mais laisseraient le soin aux professionnels du spectacle de fixer les règles. Enfin, ils plaident pour la création d’un fond pour l’emploi, lequel serait abondé par l’Etat, afin de structurer le secteur, favoriser la diffusion. Contacté par Le Monde, l’entourage du premier ministre ajoute qu’il sera demandé aux partenaires sociaux de préciser, dans chaque secteur, la liste des métiers éligibles aux contrats d’intermittence, d’ici à la fin de l’année 2015. « Faute de quoi, une liste sera arrêtée par décret », prévient-on à Matignon.

 

« Guerre » des chiffres
Quelle doit être la philosophie d’un régime d’indemnisation pour des professionnels qui alternent des périodes de travail (préparation d’un spectacle, tournage d’un film, concert…) et de chômage, auprès de différents employeurs ? Le régime spécifique, loin d’être un privilège, vise à compenser la précarité de leur activité. Le trio d’experts, dans son rapport intitulé « Bâtir un cadre stabilisé et sécurisé pour les intermittents du spectacle », souligne que le retour aux 507 heures en douze mois « n’est plus un tabou » – alors que, depuis onze ans, le régime a été durci sans générer d’économies (à l’heure actuelle, les artistes doivent réaliser 507 heures en 10,5 mois, et les techniciens 507 heures en dix mois, pour pouvoir bénéficier d’une indemnisation). « L’hypothèse d’un retour à un système de date anniversaire, associé à une période de référence de douze mois, doit pouvoir faire l’objet d’un examen dépassionné dans le cadre des futures négociations de l’assurance-chômage. C’est une revendication essentielle sur laquelle une large partie des interlocuteurs s’accordent au niveau professionnel, qui va dans le sens d’un cadre plus stable et plus sécurisant pour les salariés intermittents », écrivent les auteurs du rapport.

Les travaux menés depuis six mois auront permis de mettre autour de la table des acteurs qui ne s’adressaient plus la parole, sauf pour mener la « guerre » des chiffres. Depuis la réforme contestée du 26 juin 2003, la Coordination – ainsi que la CGTspectacle, avec des nuances – clamait qu’un autre modèle était possible. En réponse, l’Unedic, alternativement présidée par le Medef et la CFDT, publiait des estimations démontant cet argumentaire. Or, la même Unedic a été mise à contribution dans le cadre de la mission de concertation, afin d’évaluer toutes les pistes de réforme, de manière inédite, c’est-à-dire en puisant dans sa formidable base de données. Pour rassurer les sceptiques ont été associés à ces travaux deux experts indépendants, Jean-Paul Guillot, économiste et auteur de deux rapports sur l’intermittence, et Mathieu Grégoire, maître de conférences en sociologie à l’université d’Amiens. Il en ressort, entre autres nombreux résultats, qu’un retour aux 507 heures en douze mois, « toutes choses égales par ailleurs », entraînerait un surcoût évalué entre 35 et 40 millions d’euros – loin des 170 millions d’euros avancés par l’Unedic en juin 2014.

D’autres modèles ont été évalués, à la demande de la Coordination, de la CGTspectacle ou du syndicat d’employeurs, le Syndeac. Et il apparaît que la proposition de la Coordination est la plus économe : « Lors de la synthèse des travaux, en décembre 2014, au Conseil économique et social, à Paris, on a pu sentir la surprise des participants : le modèle de la Coordination génère les économies escomptées par les partenaires sociaux, à savoir une centaine de millions d’euros. Et son savant calcul de l’indemnisation journalière est vertueux, car il évite les effets de seuil », constate Jean-Patrick Gille. Mais l’heure n’est pas à fanfaronner : « On n’est pas dans un esprit de revanche », confirme Samuel Churin, porte-parole de la Coordination. Aux cinquante-deux pages du rapport s’ajoute un passionnant volume d’annexes (450 pages !), rempli de tableaux. Une belle tentative d’évaluation démocratique, qui témoigne par ailleurs de la complexité du dossier. Car il suffit de toucher à un paramètre pour ébranler l’édifice.

Les opposants peuvent s’engouffrer dans la brèche. Ainsi, la numéro deux de la CFDT, Véronique Descacq, récuse l’estimation des 507 heures en douze mois : « Ces chiffres sont des mensonges qui ne tiennent pas compte des effets comportementaux », déclare-t-elle au Monde. Autrement dit, une réforme entraînerait, selon elle, des changements de comportements qui ne manqueraient pas d’alourdir les comptes de l’Unedic. La perspective que les partenaires sociaux renégocient sans tarder les annexes 8 et 10 n’est pas gagnée. Sachant que l’accord sera de toute façon renégocié en 2016. « On ne négociera pas avant 2016 », ajoute Véronique Descacq. En aparté, les auteurs du rapport estiment que le climat n’est pas mûr : il y aurait encore trop de divisions.

Clarisse Fabre

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January 6, 2015 2:39 PM
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Manuel Valls présentera mercredi ses «propositions» sur le régime des intermittents du spectacle

Manuel Valls présentera mercredi ses «propositions» sur le régime des intermittents du spectacle | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par 20minutes.fr :

 

SOCIETE - Le Premier ministre conclue la concertation lancée en juin dernier…

Manuel Valls présentera mercredi ses «propositions» concernant le régime d'assurance-chômage des intermittents du spectacle, au terme de la concertation lancée en juin pour déminer le mouvement social qui avait perturbé les festivals culturels d'été, a-t-on appris auprès de Matignon.

Le Premier ministre se verra remettre mercredi à 10h le rapport confié au député Jean-Patrick Gille, à l'ancienne directrice du Festival d'Avignon Hortense Archambault et à Jean-Denis Combrexelle, ex-directeur général du Travail, ont précisé ses services. Après les avoir reçus, il prononcera un discours en présence des ministres de la Culture Fleur Pellerin et du Travail François Rebsamen dans lequel il fera des «propositions», a indiqué Matignon à l'AFP. 

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December 18, 2014 7:51 PM
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Le régime des intermittents peut être réformé à moindre coût, selon de nouvelles estimations

Le régime des intermittents peut être réformé à moindre coût, selon de nouvelles estimations | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par l"Entreprise-L'Express, par l'AFP :

 

Paris, 17 déc 2014 - Le régime d'indemnisation des intermittents du spectacle peut être réformé à moindre coût, selon les estimations réalisées par l'Unedic à partir des propositions des représentants des intermittents et présentées mercredi lors de la dernière réunion de la mission de concertation sur leur statut.

 

Cette réunion cruciale devait faire le point chiffré sur les trois scénarios de réforme proposés par la CGT Spectacle, la Coordination des intermittents et le Syndeac (employeurs). La mission de concertation, mise en place par le gouvernement après le conflit des intermittents cet été, doit remettre son rapport au Premier ministre fin décembre ou début janvier. 

"On peut arriver à un système plus juste sans surcoût", a estimé Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle, interrogé par l'AFP. 

"C'est une réunion historique. Pour la première fois, l'Unedic a passé à la moulinette nos propositions de réforme et a conclu que les modèles alternatifs sont peu coûteux, voire moins coûteux que le système actuel", a souligné Samuel Churin, porte-parole de la Coordination des intermittents. "Cela fait 11 ans (depuis la dernière grande crise des intermittents en 2003) que nous disons qu'il y a une alternative". 

Les trois scénarios de réforme prévoient une indemnisation sur la base de base de 507 heures de travail sur douze mois, à partir d'une date anniversaire (au lieu de 10 mois pour les techniciens et 10 mois et demi pour les artistes). 

Cette mesure permettrait de réintégrer 2% d'allocataires aujourd'hui exclus du système d'indemnisation, soit 2 à 3.000 personnes par an pour un coût réduit, estimé entre 35 et 40 millions d'euros, selon les estimations de l'Unedic. D'autres mesures pourraient compenser ce coût. 

La CGT appelle à la "vigilance" sur la suite: "Que va faire le gouvernement' Prendre en compte nos propositions ou nous oublier'" 

Manuel Valls avait confié en juin à trois personnalités une mission de concertation pour "remettre à plat" le régime, alors que les intermittents étaient vent debout contre la nouvelle convention chômage du 22 mars, qui durcissait leurs conditions d'indemnisation. 

Les préconisations de cette mission devraient idéalement être examinées par les partenaires sociaux gestionnaires de l'Unedic. Mais le Medef et la CFDT, principaux piliers de l'assurance chômage, ont manifesté leur réticence à rouvrir le dossier avant l'échéance normale de négociation de la prochaine convention de 2016. 

Si les partenaires sociaux ne rouvrent pas la négociation, une proposition de loi pourrait être introduite, par exemple par un parlementaire du Comité de suivi sur l'intermittence, qui rassemble une dizaine de parlementaires de gauche.


En savoir plus sur http://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/le-regime-des-intermittents-peut-etre-reforme-a-moindre-cout-selon-de-nouvelles-estimations_1633659.html#YEgawLgkTk9Xemd3.99

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December 13, 2014 4:24 AM
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Fleur Pellerin : «Oui, il y a un risque pour la création»

Fleur Pellerin : «Oui, il y a un risque pour la création» | Revue de presse théâtre | Scoop.it

roINTERVIEW publiée par Libération du 13 décembre :

 

. Interpellée par les acteurs du monde de la culture sur la baisse des budgets publics, notamment au niveau local, la ministre Fleur Pellerin cherche à rassurer. Tout en assumant des choix.

 

 

PROPOS RECUEILLIS PAR GRÉGOIRE BISEAU, ELISABETH FRANCK-DUMAS ET DIDIER PÉRON

 

La manifestation a scellé le désamour entre la gauche et les milieux culturels. Mercredi 10 décembre au soir, au théâtre de la Colline à Paris, ils sont venus en masse, des centaines de comédiens, de metteurs en scènes, de chorégraphes, mais aussi des directeurs de centres d’art, de scènes nationales, pour interpeller le gouvernement sur le risque d’«effritement du réseau culturel» français. A l’appel du Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), les intervenants, parmi lesquels la comédienne Clotilde Hesme et la chorégraphe Maguy Marin, se sont succédé pour évoquer les maux qui rongent la création et ses moyens de diffusion : le gel des subventions, la baisse des dotations, les impératifs de rentabilité. Mais aussi le très inquiétant virage «populaire» amorcé dans certaines mairies depuis les dernières municipales, qui remet en question la programmation de centres exigeants - Xavier Croci, du Forum de Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), a notamment décrit comment la nouvelle équipe municipale, usant d’arguments contre «l’élitisme», a déconventionné le lieu qu’il dirige.

Cinq mois après la promesse faite par Manuel Valls de «garantir le budget de la culture pour les trois années à venir», le gel récent de 8% des crédits d’intervention du ministère et la baisse des dotations aux collectivités locales (- 11 milliards d’euros) ont fragilisé nombre d’institutions culturelles. En plus de l’hécatombe récente dans les centres d’art (fermeture annoncée du Wharf à Hérouville-Saint-Clair et des Eglises à Chelles, disparition probable du CAC de Brétigny-sur-Orge, lire page 5), les orchestres des Musiciens du Louvre à Grenoble (lire pages 6-7) et des Arts florissants à Caen ont vu remise en cause la convention les liant à la ville. Est-ce, en filigrane, l’avènement d’un nouveau modèle de financement, qui remet en question soixante-dix ans de décentralisation culturelle ? Prise à partie dans une lettre ouverte lue à la Colline, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin a accepté de s’exprimer sur ces inquiétudes et sur les critiques dont elle fait l’objet.

 

-  Dans son appel du 10 décembre, le Syndeac écrit : « Aucun dessein, aucune volonté aucune ambition ne s’annoncent pour garantir et relancer la création artistique ni en France ni en Europe ». Ça sonne au minimum comme un désaveu pour la politique du gouvernement et accessoirement pour votre action…

 

F.P. : Je ne suis ministre de la Culture que depuis trois mois, mais je fais partie d’un collectif et j’assume les critiques qui peuvent être faites. La première question que pose cet appel c’est : y a-t-il aujourd’hui un risque réel d’effritement de notre modèle de financement de la culture ? Je réponds oui, c’est vrai, il y a un risque de fragilisation de la création et de sa diffusion mais en aucun cas notre héritage culturel, né du conseil national de la résistance et de soixante-dix ans de politique culturelle, ne peut être dilapidé. J’y veillerai en protégeant la création, et en défendant l’exception culturelle à l’échelle de l’Europe. Malgré la baisse des dotations budgétaires des collectivités territoriales, le maintien du budget du ministère de la Culture pour les trois ans à venir nous le permettra. Je comprends les inquiétudes, mais je récuse cette critique sur l’absence de vision et d’ambition sur l’avenir.

 

Face à cette mobilisation, vous avez répondu que l’Etat avait assumé sa responsabilité en ayant sanctuarisé le budget de la culture mais c’est votre gouvernement qui a décidé de baisser les dotations aux collectivités locales, qui maintenant répercutent cette baisse sur leurs budgets culturels…

 

F.P. :  Ce gouvernement a fait le choix courageux et responsable de mettre un terme à l’explosion de la dette qui a doublé pendant la gestion de la droite. Or dans ce contexte, nous avons décidé de préserver le budget de la culture en 2015, 2016 et 2017. Comme l’Etat, les collectivités locales doivent faire un important effort budgétaire. Elles sont donc aujourd’hui confrontées à un choix politique, un arbitrage entre diverses priorités. Ce n’est pas facile. Mais encore une fois, l’Etat a fait le sien : celui de sauvegarder la culture.

 

-  On ne peut pas dire que ce gouvernement préserve les moyens de la culture quand les effets de sa politique vont conduire certaines villes et département à baisser de 10% leurs budgets culturels…

 

F.P. : Je le répète, les choix budgétaires sont des choix politiques qui doivent être assumés comme tels face aux Français. Il y a un principe de libre administration des collectivités locales. Ce n’est pas à l’Etat de leur dire de baisser tel budget ou d’augmenter tel autre… Ce sont les choix d’exécutifs locaux, élus par des citoyens.

 

-  C’est comme ça que la culture devient une variable d’ajustement…

 

F.P. : Ce n’est heureusement pas le cas dans de nombreuses collectivités. Il y a des villes, comme Rennes, où j’étais la semaine dernière, qui ont fait le choix de maintenir ses crédits d’intervention en 2015. Ou la Seine-Saint-Denis, qui est pourtant le département le moins riche de France par habitant. Pour autant, je ne veux pas me défausser. Je suis en dialogue continu avec les collectivités locales qui, je le rappelle, assurent les deux tiers du financement de la culture [hors cinéma et audiovisuel, ndlr]. Je leur propose un pacte. Je dis aux élus locaux : si vous vous engagez sur trois ans, l’Etat s’engagera à vos côtés sur trois ans.

 

-  Nous publions un reportage sur les baisses de subventions qui affectent l’orchestre des Musiciens du Louvre à Grenoble . En avez-vous parlé avec le maire, Eric Piolle ?

 

F.P. :  Encore une fois, ce n’est pas à moi de dicter aux exécutifs locaux ce qu’ils ont à faire mais effectivement, ayant été alertée, j’ai échangé avec Eric Piolle pour comprendre quels étaient ses choix, ses marges, et j’ai relayé les inquiétudes de certains acteurs culturels ou compagnies ou associations culturelles. Au-delà d’une situation particulière, derrière l’intention louable de vouloir gérer raisonnablement un budget, on peut se retrouver à faire des choix que l’on risque de regretter douloureusement dans quelques années. La culture n’est pas un accessoire, c’est un investissement pour notre avenir à tous, et j’appelle à un sursaut des consciences. Il y a le risque réel de voir se détisser ce que l’on a mis soixante-dix ans à construire.

 

-  Pour rentrer dans les cas particuliers, on a constaté la fermeture récente de plusieurs centres d’art et d’une scène conventionnée, le Forum au Blanc-Mesnil. Vous pouvez le regretter mais vous ne pouvez rien faire…

 

F.P. :  Il y a deux aspects dans ces fermetures : une dimension de moyens et une dimension politique. Sur le premier point, il y a des centres où l’Etat n’est pas partie prenante. Pour ceux où il est partenaire, je travaille à un projet de label pour leur donner une forme d’assurance sur une participation de l’Etat dans la durée. Sur le second point [ la politique «élitiste» du Forum, ndlr], qui pose la question de la politique de programmation, la problématique est totalement différente et touche tous les secteurs de la création. Depuis quelques mois, on voit en effet apparaître çà et là des tentations politiques de prendre la main sur la programmation de certains établissements culturels. Je veux être très claire : il y a un principe fondamental de liberté de création et de programmation qui nous est envié dans le monde entier. C’est ce que je vais réaffirmer dans la loi sur la liberté de création que je porterai au Parlement au printemps prochain. L’appel du Syndeac au théâtre de la Colline exprime certes une inquiétude sur les budgets, mais il exprime surtout une inquiétude sur le sens, une crainte de voir se refermer un cycle né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pour moi, c’est hors de question !

 

-  Ce qui est en cause aussi dans ces fermetures de centres d’art, c’est un sentiment que l’artiste n’est plus la priorité mais qu’il faut essayer de plaire à un public large en anticipant ce dont il aurait besoin…

 

F.P. :  Le modèle français s’est construit autour de l’offre culturelle. Car l’offre, c’est la condition de la diversité. Les principes de Malraux, quand il inaugurait les maisons de la culture à Bourges et à Amiens sont toujours d’actualité, mais les pratiques ont beaucoup changé. Aujourd’hui, il y a certes des zones rurales ou périurbaines où demeure un problème d’accès mais, au-delà, nous sommes plutôt dans un contexte d’hyperprofusion de propositions de toutes sortes, induites entre autres par la révolution numérique. Le risque est le nivellement par le bas, or nous devons maintenir une forte exigence artistique. Cela implique de penser les politiques de démocratisation pour répondre à cette exigence tout en prenant en compte les nouvelles pratiques des Français.

 

-  Vous avez évoqué qu’on est possiblement à la fin d’un cycle. Les professionnels de la culture disent souvent que vous avez fait le choix de l’accompagner, de privilégier les pistes de privatisations des ressources, par l’appel aux dons, au mécénat, aux financements extérieurs…

 

F.P. :  Il y a toujours eu des mécènes, la culture n’est pas le monopole de la puissance publique. C’est formidable que nos concitoyens aient envie de s’investir pour favoriser la création ou préserver le patrimoine qui les entoure, y compris à travers des plateformes de financement participatif. Les collections publiques des musées appartiennent à la nation, pas au ministère de la Culture. Le lien avec l’œuvre est beaucoup plus immédiat, plus affectif lorsqu’on décide de participer à la restauration de la Victoire de Samothrace que lorsqu’on est juste contribuable : c’est complémentaire.

 

- Pour vous, on est donc en train de basculer dans quelque chose d’autre ?

 

F.P. :  Oui, sans doute, même s’il convient de distinguer ce qui relève du spectacle vivant et les industries culturelles. L’économiste américain William Baumol explique que le spectacle vivant est, si on le considère un instant sous un angle économique, un domaine où il n’y a pas de gain de productivité : quand Molière faisait jouer une pièce à la cour de Louis XIV, il y avait autant de comédiens qu’aujourd’hui. Il serait donc absurde de vouloir parler de rentabilité. C’est la raison pour laquelle Manuel Valls a voulu sanctuariser les crédits d’intervention du ministère de la Culture pour les trois ans à venir. Si on veut soutenir ce réseau du spectacle vivant, si on veut avoir autant de festivals pour animer l’ensemble des territoires, l’intervention de l’Etat reste indispensable. D’ailleurs, les crédits consacrés au spectacle vivant avaient été préservés durant ces deux dernières années, où le ministère avait pris sa part, très courageuse, d’efforts. Le changement de paradigme est plutôt du côté des industries créatives et du modèle dit d’«exception culturelle» fondé sur les quotas de diversité et le modèle de financement de la création par l’ensemble de la chaîne audiovisuelle. Aujourd’hui, les géants de l’Internet profitent de cette richesse sans participer au financement de la création ni même des infrastructures. Le ministère de la Culture a un budget stabilisé. Et pour l’augmenter, honnêtement, notre marge de manœuvre se situe entre autres dans les comptes de Google aux Bermudes ! Aujourd’hui, l’argent qui manque et qui devrait alimenter les circuits de soutien à la création se situe dans cette évaporation fiscale qui est totalement inadmissible.

 

- Qu’avez-vous vu au théâtre récemment ?

F.P. :  Certains disent que je ne vais jamais au théâtre, mais eux non plus visiblement, sinon on s’y serait croisé. J’ai par exemple vu, en voisine, à la Comédie Française, Antigone et un Chapeau de paille d’Italie ; au théâtre de la Colline une très belle pièce de Arne Lygre, très exigeante pour les comédiens,  Exoconférence d’Alexandre Astier, aussi… Je suis allée voir le ballet de l’Opéra de Lyon, Forsythe, Carolyn Carlson, j’ai ouvert la Belle Saison pour l’enfance et la jeunesse au théâtre de Chaillot - une très belle initiative du ministère de la Culture - sans compter les concerts et les sorties à l’opéra… [Jeudi] soir, j’ai assisté à la première de Répétition, la pièce incroyable de Pascal Rambert.

 

-  Quand pensez-vous que verra le jour la réforme du régime des intermittents ? Avez-vous bon espoir de trouver une résolution ?

 

F.P. : La mission va rendre ses travaux en fin d’année, et le Premier ministre devrait prochainement s’exprimer sur le sujet. Je suis optimiste. Vous avez raison de faire le lien avec la baisse des subventions aux compagnies par certaines collectivités locales, car la question de l’intermittence est aussi un problème d’activité et d’accès à l’emploi. Le sujet pour moi est : comment faire en sorte de développer l’activité, et que les spectacles soient diffusés. Les spectacles dans les théâtres sont joués, en moyenne, 2 à 3 fois. C’est trop peu !

 

- Qu’y a-t-il de gauche dans la politique culturelle mise en place par ce gouvernement ? N’y a-t-il pas une sorte de continuité, depuis quinze ans, dans un ministère assez régalien ?

 

F.P. : Ce ministère est éminemment politique. Autrefois, il y a eu une conception selon laquelle la culture se résumait aux grands chantiers. Les grands chantiers, c’est évidemment prestigieux, mais la culture, ce n’est pas que de l’immobilier. En période difficile d’un point de vue budgétaire, augmenter de 30% les crédits de l’éducation artistique et culturelle comme nous le faisons, c’est un choix politique.

 

Justement, prenons le cas des musées. Avant, un endroit comme le centre Pompidou, qui vient de monter une exposition extrêmement coûteuse, la rétrospective Jeff Koons, qui semble répondre à un impératif de rentabilité plus que de qualité artistique, irriguait le reste du pays en faisant voyager des expositions et ses collections. Aujourd’hui, c’est devenu trop coûteux.

 

F.P. :  La vocation des collections, c’est d’aller vers le public et de circuler en région. J’y veillerai. On a donné aux musées de l’autonomie, ce qui est évidemment une bonne chose. Ce que je souhaite en revanche, c’est réaffirmer un pilotage politique clair du ministère sur ses musées. Pas en m’ingérant dans leur gestion quotidienne, mais en les impliquant étroitement dans la mise en œuvre de mes priorités politiques. Ce sera, par exemple, le cas en matière de circulation des collections, qui appartiennent aux citoyens, et ont vocation à être vues par tous.

 

Puisque vous en parlez, il y a, c’est vrai, depuis quelque mois, ce reproche lancinant qui vous est fait de vous intéresser plus aux tuyaux qu’aux œuvres.

F.P. : Parce que j’étais précédemment en charge du numérique… Si je venais du spectacle vivant on me dirait : «elle s’intéresse plus au spectacle vivant qu’aux industries culturelles»…

 

Cela s’est cristallisé autour de l’affaire Modiano…

 

F.P. :  J’ai avant tout exprimé un regret, une frustration, celui du peu de temps que l’on peut consacrer à la lecture lorsque l’on est ministre. Je me consacre pleinement à ma tâche, qui est de me battre pour la création, pour les artistes, pour la défense du patrimoine, du droit d’auteur, de l’accès des Français à la culture, etc. Il n’est pas acceptable de dire « elle vient du numérique, elle ne peut pas être une bonne ministre de la Culture et défendre, nos droits ». C’est tout le contraire. C’est parce que je sais comprendre ces mécanismes que je suis bien placée pour défendre la culture au XXIe siècle. Au-delà des enjeux du numérique, cela fait partie aussi du travail de ministre que de se plonger dans des problématiques parfois très concrètes et techniques. Il n’y a pas de culture sans artistes, mais il n’y a pas d’artistes sans droits sociaux. Celle qui va se battre pour les droits sociaux a intérêt à se plonger un peu dans le code du travail et de protection sociale de temps en temps. Celle qui va défendre le droit d’auteur à Bruxelles a tout intérêt à se plonger dans les complexités de la politique européenne si elle veut porter haut et fort la parole des artistes.

 

 

PROPOS RECUEILLIS PAR GRÉGOIRE BISEAU, ELISABETH FRANCK-DUMAS ET DIDIER PÉRON pour Libération du 13 décembre 2014

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE SUR SON SITE D'ORIGINE, www.liberation.fr

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December 4, 2014 3:11 AM
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CIP-IDF > Différé d’indemnisation chômage des annexes 8 et 10 reporté au 30 juin 2016 au plus tard

Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France - Régime des intermittents du spectacle - en lutte contre le protocole Unédic du 26 juin (...)

 

Nous ne nous laisserons pas intimider

Sur le site de la Direction de l’information légale et administrative du Premier ministre, nous lisons sous le titre Intermittents du spectacle : différé d’indemnisation chômage reporté au 30 juin 2016 au plus tard :
« La mise en place d’un « délai de carence » concernant l’indemnisation des intermittents du spectacle (différé d’indemnisation chômage) ne va pas s’appliquer comme prévu initialement par la nouvelle convention chômage en vigueur depuis le 1er juillet 2014.
Un arrêté publié au Journal officiel du jeudi 20 novembre 2014 prévoit d’en reporter l’application au 30 juin 2016 au plus tard. L’État s’est en effet engagé, le 19 juin 2014, à neutraliser ce différé et à compenser le coût pour le régime d’assurance chômage.
À la suite de la nouvelle convention chômage, les règles sur le différé d’indemnisation ont été modifiées avec un allongement pour les salariés touchant des indemnités supérieures au minimum légal au moment de la rupture de leur contrat de travail. »

Nous le disions avant la signature de l’accord Unedic du 22 mars : nous ne voulons pas être sauvés [1]. Nous ne voulons pas voir le sort des intermittents du spectacle disjoint de celui des autres intermittents de l’emploi : chômeurs, intérimaires, précaires, sans papiers.
La prise en charge du différé des annexes 8 et 10 par l’Etat aurait dû paraît-il nous réjouir. Il n’en n’est rien ! Cette décision, annoncée à la hâte en juin à la veille des festivals d’été par le gouvernement, n’avait d’autre but que d’étouffer la lutte portés par les intermittents de l’emploi depuis la signature et l’agrément de la convention d’assurance chômage du 22 mars 2014. 
Monsieur Valls voulait séparer par cette manœuvre la lutte des intermittents de l’emploi de celle des intermittents du spectacle.
Il n’a trompé personne. Nous sommes encore et toujours unis dans la lutte.

 

 

 

CLIQUER SUR LE TITRE POUR LIRE LE COMMUNIQUÉ COMPLET DE LA CIP-IDF

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October 30, 2014 5:03 PM
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Samuel Churin : le point au 30 octobre (réforme de l'assurance-chômage)

Un point sur les concertations :
Mi-octobre, nous avons donné nos contre-propositions à chiffrer lors d’une réunion de travail avec les experts. Elles sont en train d’être étudiées, les experts indépendants JP Guillot et Mathieu Grégoire devront veiller à ce que toutes les étapes d’une démarche scientifique juste et incontestable soient respectées. Aujourd’hui 30 octobre, une plénière sur l’architecture du régime (chiffrage des différentes propositions) a eu lieu comme d’habitude au conseil économique et social. Cette réunion a marqué un clair retour en arrière. La CFDT avait envoyé Véronique Descacq pour ne laisser aucune fenêtre possible de renégociation ou même d’avenant. Lors de la table ronde du 17 juillet sur le même sujet, la fédé spectacle CFDT avait fait plusieurs pas, demandant notamment « un audit » (je cite) sur ce qu’ils avaient signé en ajoutant : « nous aussi, on veut savoir ! ». Les syndicats signataires se disaient prêts à étudier les propositions alternatives. La réunion d’aujourd’hui a marqué un retour à la case départ : à savoir la première réunion du 3 juillet, insultes en moins. Nous sommes « admis », CFDT et FO nous répondent, mais ferment la porte à toute modification sur le régime d’indemnisation et renvoient à la négociation de 2016. La lutte sera nécessaire pour que nos propositions soient entendues. Le prochain rdv sur le chiffrage sera en bilatérale avec les experts le 24 Novembre. Nous aurons une première idée de l’évaluation chiffrée de notre modèle d’indemnisation.

 

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Message de la commission CAP ( Conséquences de l'Application du Protocole) de la Coordination des Intermittents et Précaires ile de France.

Message CAP au sujet des galères liées aux nouvelles règles de l'assurance chômage (épuisement total des droits au régime général nécessaire avant de pouvoir engranger des heures pour un régime spécifique, par exemple : si vous avez fait des petits boulots pour financer vos études dans une école de théâtre, vous pouvez bien être engagé par Bob Wilson à la sortie, même avec 700 heures affiliées annexes 8 ou 10, vous ne deviendrez pas intermittent avant d'avoir épuisé vos droits au régime général en 2017, 2018, etc. Vous resterez coincé au régime général avec une allocation très basse pendant des années...)

On conseille d'ores et déjà à tous ceux qui nous contactent sur ce sujet d'envoyer leur témoignage au

 

Défenseur des droits 
7 rue Saint-Florentin
75409 Paris Cedex 08

 

Pour qu'au moins quelqu'un en haut lieu soit au courant...

Par ailleurs ce sujet figure dans le recours au conseil d'état, car il ne concerne pas simplement les intermittents du spectacle mais tous ceux qui pourraient ouvrir des droits dans une annexe (annexe 4, intérimaires, annexe 1, journalistes, etc) et qui se retrouvent "coincés" au régime général.

Pour l'instant nous n'avons pas vraiment besoin à CAP de main d’œuvre, mais de suivi, donc dès que vous tombez sur ce genre de cas ou de message, merci de demander à la personne de nous le transférer (Plus on en aura, mieux ce sera pour une action collective !) et de se tenir au courant pour être là lors de la conférence de presse pour le recours !

Rappel, mail CAP : cap@cip-idf.org
Et pour en savoir plus : http://www.cip-idf.org/article.php3…

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