Revue de presse théâtre
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Revue de presse théâtre
LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE  :   L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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June 2, 2017 8:55 AM
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Stadium, mise en scène Mohamed El Khatib

Stadium, mise en scène Mohamed El Khatib | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Après le succès de Finir en beauté, imaginé suite à la perte de sa mère, Mohamed El Khatib poursuit son exploration de l’intime et éclaire l’univers des supporters de football. Un spectacle très vivant !


Pourquoi avez-vous choisi d’explorer l’univers des supporters de football pour créer ce nouvel opus ?

Mohamed El Khatib : Cette création s’inscrit dans la continuité de mon travail et constitue une nouvelle exploration de la sphère de l’intime. Etre supporter de foot, c’est une passion souvent dévorante qui influe considérablement sur la vie des gens. J’ai voulu donner à voir de l’intérieur ce milieu plus divers qu’on l’imagine. Mon père est supporter de foot, et j’ai moi-même joué longtemps au foot à un haut niveau. J’ai constaté que le supporterisme, loin de se définir comme un penchant grégaire unissant un ramassis de gens braillards, alcoolisés et racistes, forme au contraire un véritable espace démocratique, qui rassemble des gens très différents, permet un brassage de classes et des rencontres favorisant le lien social et intergénérationnel. A l’échelle des dizaines de milliers de supporters qui se déplacent, le nombre d’incidents violents est d’ailleurs dérisoire. De plus, la question des ultras m’intéresse dans sa dimension politique. Ces supporters se battent contre la privatisation des stades, qui oblige par exemple à bannir les banderoles non conformes, et pour la liberté de circulation. Certains préfets imposent des interdictions de stade à titre préventif, et pratiquent une politique de fichage. Cette militance des supporters défendant leurs droits est un aspect méconnu de cet univers que j’ai découvert à l’occasion de cette création.

« Comme si je prélevais un morceau de tribune et que je le posais sur scène, avec 53 supporters du RC Lens. »

Où et comment avez-vous procédé pour préparer cette création ?

M. E. K. : J’ai choisi le Racing Club de Lens, bien connu pour la ferveur de son public. Pendant deux ans d’immersion, nous sommes allés voir les matchs, nous avons rencontré les gens dans les bars, chez eux… Il faut que la confiance s’installe, c’est une phase préparatoire longue et coûteuse. Les matchs attirent des supporters fidèles et nombreux, même si Lens reste pour l’instant relégué en deuxième division. La mythique tribune Marek, très populaire, demeure formidablement festive : c’est du spectacle vivant à fort suspense qui se joue ! Il existe à Lens une culture historique et ouvrière, une tradition minière et communiste. L’un des supporters m’a fait remarquer avec tristesse que sur les quelque 30000 personnes présentes dans le stade, la moitié vote Marine Le Pen. La pièce met en jeu des débats, traverse des questions sociologiques, économiques et politiques.

A quelle forme théâtrale aboutissez-vous ?

M. E. K. : Une forme inédite, qui n’est ni un spectacle ni une performance. Comme si je prélevais un morceau de tribune et que je le posais sur scène, avec 53 supporters du RC Lens. De l’enfant de 8 ans à Yvette, 85 ans. Je suis présent sur le plateau et joue les intermédiaires. Nous recréons les conditions de la rencontre, et organisons la confrontation entre le public de football et le public de théâtre…

Propos recueillis par Agnès Santi



La saison prochaine à l’automne au Quai, puis au Festival d’Automne. Création les 16 et 17 mai au TANDEM Arras-Douai.



Le Quai, Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire,

Cale de la Savatte, 49100 Angers.

Tél. : 02 41 22 20 20.

www.lequai-angers.eu
Photo : © Pascal Victor/ArtcomPress

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May 23, 2017 3:40 AM
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Le Théâtre National de la Colline annonce sa saison jusqu’en décembre 2018 !

Le Théâtre National de la Colline annonce sa saison jusqu’en décembre 2018 ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Stéphane Capron dans Sceneweb


Traditionnellement à ce moment de l’année, les théâtres présentent leur saison de septembre à juin. Wajdi Mouawad a présenté hier soir sa saison au-delà jusqu’en décembre 2018. Une saison découpée en saison qui l’on peut retrouver dans un almanach. Il a également dévoilé la nouvelle identité visuelle du théâtre dessinée par Pierre di Sciullo.

C’est Valère Novarina qui ouvrira la saison automnale 2017 avec une nouvelle création, L’Homme hors de lui avec Dominique Pinon, puis la Colline se transformera en Stadium grâce à la pièce de Mohamed El Khatib avec des supporters du RC Lens (dans le cadre du Festival d’Automne). Sébastien Barrier revient avec son spectacle sur le vin en décembre et une nouvelle création, Gus avec ses deux compères Nicolas Lafourest et Benoît Bonnemaison-Fitte. Les auteures sont à l’honneur avec les pièces d’Alexandra Badea – À la trace par Anne Théron en mai 2018, de Claudine Galea –Au Bois en mai 2018 dans une mise en scène de Benoît Bradel, de Christine Angot – Dîner en ville par Richard Brunel avec Emmanuel Bercot en mars (qui sera créé en juin 2017 dans le cadre du festival Ambivalence(s) ), de la québécoise Annick Lefebvre – Les Barbelés par Alexia Bürger en novembre 2017, d’Anaïs Allais – Au milieu de l’hiver, j’ai découvert un invincible été en mai 2018.

Vincent Macaigne sera présent au printemps 2018 avec deux spectacles: Je suis un pays et Voilà ce que jamais je ne te dirai. Et donc on connaît déjà le spectacle qui fera l’ouverture en septembre 2018, ce sera le japonais Satoshi Miyagi avec Révélation de Léonora Miano.

Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

Automne
L’Homme hors de lui
texte, mise en scène et peintures
Valère Novarina
du 20 Septembre au 15 Octobre 2017
Petit Théâtre

Stadium
texte Mohamed El Khatib
conception, réalisation
Mohamed El Khatib et Fred Hocké
du 27 Septembre au 7 Octobre 2017
Grand Théâtre

Le Poète aveugle
texte, mise en scène, images
Jan Lauwers & Needcompany
du 11 au 22 Octobre 2017
Grand Théâtre

Les Barbelés
texte Annick Lefebvre
mise en scène
Alexia Bürger
du 8 Novembre
au 2 Décembre 2017
Petit Théâtre

Le Chant de l’oiseau amphibie
texte et mise en scène
Wajdi Mouawad
du 17 Novembre au 16 Décembre 2017
Grand Théâtre

Hiver
Gus
parole Sébastien Barrier
musique, dessins
Nicolas Lafourest, Benoît Bonnemaison-Fitte
du 6 au 29 Décembre 2017
Petit Théâtre

Savoir enfin qui nous buvons
de Sébastien Barrier
du 23 au 30 Décembre 2017
Grand Théâtre

La Maison
de Julien Gaillard
mise en scène et scénographie
Simon Delétang
du 17 Janvier
au 11 février 2018
Petit Théâtre

Schatten (Eurydike sagt)
[Ombre (Eurydice parle)]
d’ Elfriede Jelinek
mise en scène
Katie Mitchell
du 19 au 28 Janvier 2018
Grand Théâtre

Quills
de Doug Wright
mise en scène et espace scénique
Jean-Pierre Cloutier, Robert Lepage
du 6 au 18 février 2018
Grand Théâtre

Dîner en ville
de Christine Angot
mise en scène
Richard Brunel
du 6 Mars au 1er Avril 2018
Petit Théâtre

Printemps
Victoires
texte et mise en scène
Wajdi Mouawad
du 14 Mars
au 11 Avril 2018
Grand Théâtre

À la trace
d’ Alexandra Badea
mise en scène
Anne Théron
du 2 au 26 Mai 2018
Grand Théâtre

Au Bois
texte Claudine Galea
mise en scène
Benoît Bradel
du 3 au 19 Mai 2018
Petit Théâtre

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert un invincible été
[titre provisoire]
texte et mise en scène
Anaïs Allais
du 23 Mai au 17 Juin 2018
Petit Théâtre

Je suis un pays
texte, mise en scène, conception visuelle et scénographique
Vincent Macaigne
du 31 Mai
au 14 Juin 2018
Grand Théâtre

Voilà ce que jamais je ne te dirai
conception et texte
Vincent Macaigne
du 31 Mai au 14 Juin 2018
Grand Théâtre

Automne
Points de non-retour
texte et mise en scène
Alexandra Badea
du 19 Septembre au 14 Octobre 2018
Petit Théâtre

Révélation
de Léonora Miano
mise en scène
Satoshi Miyagi
du 20 Septembre au 20 Octobre 2018
Grand Théâtre

Uso umano di esseri umani
[Usage humain d’êtres humains]
de Romeo Castellucci
du 13 Novembre au 2 Décembre 2018
Petit Théâtre

Mort prématurée d’un chanteur populaire dans la force de l’âge
texte et mise en scène
Wajdi Mouawad
du 14 Novembre au 16 Décembre 2018
Grand Théâtre

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March 28, 2017 3:35 PM
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Corinne Dadat, une femme de ménage sur les planches du théâtre de la Colline

Corinne Dadat, une femme de ménage sur les planches du théâtre de la Colline | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Une femme de ménage sur une scène, mais pas pour y passer la serpillère : Moi, Corinne Dadat est un spectacle de Mohamed El Khatib, actuellement au théâtre de la Colline à Paris. Avec beaucoup d'humour, le metteur en scène-chorégraphe dirige cette femme de ménage rencontrée à Bourges. Depuis trois ans, ils ne se quittent plus.



Ecouter l'entretien sur le site de France Info : http://www.francetvinfo.fr/culture/corinne-dadat-une-femme-de-menage-sur-les-planches-du-theatre-de-la-colline_2118543.html



"Tu ne disais jamais bonjour !"

L'histoire commence mal, Mohamed El Khatib anime un atelier de théâtre dans un lycée de Bourges, là où travaille Corinne Dadat, femme de ménage, 53 ans. "Tu ne disais jamais bonjour, dit le premier, quand je suis venu te voir..." "Ben oui, lui répond la seconde. Les gens ne disent jamais bonjour. Alors ça m'a fait du bien, quand tu m'as posé cette question là..."


"Il a fallu le temps de s'apprivoiser mutuellement. Le temps que s'installe une confiance... Ce qui m'a frappé, c'est sa capacité à apprendre l'espace, une forme de virtuosité dans le ménage, une extrême précision", explique Mohamed El Khatib. "J'ai dit oui tout de suite, se souvient Corinne Dadat. Et pourtant il n'avait rien écrit. Je me suis méfiée au début... Le plus dur, c'est d'attendre que les gens entrent et s'asseoient. C'est horrible ça..."

Une femme de l'ombre dans la lumière, sans pathos

Sur scène, Corinne Dadat improvise chaque soir, épaulée par la danseuse Elodie Guézou, elle tente des chorégraphies. Cash, drôle, elle parle de sa vie : "On est des femmes de l'ombre", dit-elle. Mohamed El Khatib, la met en lumière, sans pathos, ni parole moralisatrice. "Je suis issu d'une famille de culture ouvrière. Quand je vois Corinne, je vois ma mère, d'une certaine manière. Ce sont des gens qui ont une vie extrêmement laborieuse et beaucoup de dignité... Puisque les gens auxquels on souhaite s'adresser ne viennent pas dans les salles de théâtre, on les fait venir sur les plateaux !" En peuplant les plateaux, le metteur en scène espère peupler les salles, un peu plus à l'image de la France d'aujourd'hui, dans sa diversité.

"Dans mon lycée, se souvient Corinne Dadat, il y avait des profs qui ne me disaient jamais bonjour. Et après ma représentation à Bourges, en reprenant le travail, les profs sont passés à côté de moi, et m'ont, là, dit bonjour. Il y en a qui me disaient même "Bonjour Coco ! Faux-culs, va..."

Entre deux spectacles, le retour au travail

Depuis trois ans Moi, Corinne Dadat tourne en France et à l'étranger, entre deux spectacles, Corinne retourne travailler. "Cela me change, s'amuse-t-elle. Parce que je n'étais jamais sortie de Bourges. Maintenant, je prends le train toute seule, je vais dans les hôtels, je mange dans les restaurants." Il y a bien une chose qui lui manque : son fils de 35 ans, qui vit à La Réunion. Elle espère que lui aussi viendra la voir, malgré les billets d'avion.

>> Moi, Corinne Dadat au théâtre de la Colline à Paris jusqu'au 1er avril et en tournée en France.

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December 19, 2016 2:39 PM
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« Bâtir un lieu de ressources, avec plein de “s” » : le projet d'Arthur Nauzyciel pour le Théâtre national de Bretagne

« Bâtir un lieu de ressources, avec plein de “s” » : le projet d'Arthur Nauzyciel pour le Théâtre national de Bretagne | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Brigitte Salino dans Le Monde



Arthur Nauzyciel dévoile son projet pour le Théâtre national de Bretagne, à Rennes, dont il prend la direction.



Le 1er janvier 2017, Arthur Nauzyciel prendra la direction du Théâtre national de Bretagne (TNB), à Rennes, où il succédera à François Le Pillouër. Le passage de relais est symbolique : un artiste, metteur en scène et acteur remplace un intendant. Et c’est bien sur ce terrain qu’Arthur Nauzyciel fonde son projet. A 49 ans, fort de son parcours, qui a une dimension internationale revendiquée, et de son expérience à Orléans, où il a dirigé le Centre dramatique national durant neuf ans, il entend développer l’héritage prestigieux du TNB et lui donner un nouveau souffle.


Qu’est-ce qui vous intéresse particulièrement dans le Théâtre national de Bretagne ?

C’est à la fois un théâtre, avec trois salles, plus deux de cinéma, et une école. Sa mission est celle d’un centre dramatique national, mais on y fait aussi de la danse et de la musique. Cela va nous permettre, à mon équipe et à moi, de proposer des saisons cohérentes, dont le cœur sera le théâtre de texte, mais où les spectateurs pourront circuler entre les disciplines, guidés par des artistes qui, dans leur pratique, sont intéressés par d’autres disciplines, comme je le suis moi-même. J’aime travailler avec des chorégraphes, des plasticiens et des réalisateurs, je sais que ces arts peuventnourrir le théâtre, et nourrir ces arts en retour.

Quelle ligne entendez-vous suivre pour la programmation ?

Ce que nous voulons faire s’apparente plus à un choix éditorial qu’à une programmation au sens classique du terme. Nous ne chercherons pas une cohérence, dans les saisons, qui relèverait d’une thématique ou d’un équilibre proche d’un catalogue. Ce qui m’intéresse, c’est offrir au public un parcours, à travers un ensemble de propositions faites par des artistes qui viennent d’univers esthétiques différents, mais qui sont habités par des visions, une urgence.

A quels artistes pensez-vous en particulier ?

A seize artistes associés qui vont venir au TNB. Des metteurs en scène : Jean-Pierre Baro, Julie Duclos, Vincent Macaigne, Guillaume Vincent. Des chorégraphes : Damien Jalet, Sidi Larbi Cherkaoui, Gisèle Vienne. Des performeurs : Mohamed El Khatib, Phia Ménard. Des écrivains : Marie Darrieussecq, Yannick Haenel, Valérie Mréjen. Des plasticiens :M/M, Xavier Veilhan. Des musiciens : Albin de la Simone, Keren Ann Zeidel. De par leur histoire et leur parcours, beaucoup de ces artistes ont une appétence pour l’altérité, le voyage, l’international. Gisèle Vienne est franco-autrichienne, Sidi Larbi Cherkaoui belgo-marocain, Keren Ann Zeidel israélienne, Jean-Pierre Baro franco-sénégalais, Mohamed El Khatib franco-marocain… La plupart d’entre eux travaillent dans plusieurs disciplines. Ensemble, ils forment une communauté artistique, L’Association, qui est aussi une communauté d’esprit. Chaque saison, on mettra l’accent, dans chaque discipline, sur un ou une de ces artistes, qui choisira éventuellement de présenter d’autres artistes qu’il a envie de faire découvrir au public. Il assumera donc un choix de programmation, qui est celui du partage.

Seize artistes associés, n’est-ce pas beaucoup ?

Non. D’une part, parce qu’on a 40 spectacles à programmer dans la saison. D’autre part, parce que les artistes associés ne vont pas tous créer en même temps et qu’ils n’ont pas tous les mêmes besoins. J’ai dit à chacun et chacune : le TNB est un lieu où vous pouvez venir réfléchir, répéter, faire des essais… Au-delà de l’argent pour produire un spectacle, certains ont vraiment besoin, en amont, d’un temps de maturation. Cela nous était arrivé avec Vincent Macaigne, qui était venu en résidence à Orléans. Il hésitait entre plusieurs projets de théâtre et, finalement, a tourné son premier court-métrage, Ce qui restera de nous.

« JE VIENS AU TNB AVEC UN DÉSIR DE TRANSMISSION, DE RENCONTRE ET DE DÉCOUVERTE. L’ÉCOLE EST UN PILIER DU PROJET. »


Que va devenir le festival ­Mettre en scène, qui était un moment fort de la saison ?

Il va continuer, en évoluant. La présence de l’international y restera forte, même s’il y aura des artistes étrangers tout au long de la saison, comme Amir Reza Koohestani, Guy Cassiers, Markus Ohrn, Jan Fabre… Mais Mettre en scène sera davantage axé sur des formats qui ne trouvent pas leur place dans une saison : des spectacles très longs, ou très courts, ou qui ne se jouent pas forcément dans un théâtre. J’aimerais que Mettre en scène soit un festival où l’on fasse des pas de côté et qu’il tisse des liens avec d’autres festivals, comme le Festival d’automne à Paris. Il y aura les artistes associés, et d’autres aussi qu’on aime et qu’on retrouvera dans les saisons, Stanislas Nordey, Pascal Rambert, Joël Pommerat, Caroline N’Guyen.

Qu’envisagez-vous pour l’école ?

J’en deviens directeur. Pour la première fois, le directeur de l’école et celui du TNB seront la même personne. J’ai été formé à l’école d’Antoine Vitez, à Chaillot, et je sais à quel point le lien entre une école et un théâtre est essentiel. Je viens au TNB avec un désir de transmission, de rencontre et de découverte. L’école est un pilier du projet. « Elle peut être le plus beau théâtre du monde », comme disait Vitez, parce que les élèves peuvent apprendre en toute liberté. Je vais recentrer l’enseignement de la première année sur le texte. Il y a trop d’écoles où on n’apprend pas à lire vraiment. Je veux aussi que les élèves se nourrissent d’autres disciplines, d’abord artistiques, mais aussi intellectuelles, des sciences humaines à l’histoire de l’art. J’ai commencé par étudier les arts plastiques et le cinéma. C’est la peinture qui m’a appris la mise en scène.


Quelle place allez-vous accorder à vos créations ?

La première saison sera particulière, elle mettra en place les prémices du projet. Mes spectacles n’ont jamais été joués à Rennes. Je vais en reprendre certains, à commencer par Jules César, de Shakespeare, pour que le public apprenne à me connaître. Sinon, je créerai comme je l’ai toujours fait : sans plan, mais en fonction de mes désirs et des nécessités. Ceux-ci seront influencés par ce qui va se passer au TNB, dont je veux avant tout qu’il soit, pour l’équipe, les artistes, les élèves et le public, un lieu de ressources, avec plein de « s ».

Brigitte Salino
Journaliste au Monde

Sally B's curator insight, December 21, 2016 2:55 AM
En changeant de direction à partir du 1er Janvier 2017, le TNB va très probablement offrir une programmation novatrice aux bretons grâce à Arthur Nauzyciel, metteur en scène formé au théâtre de Chaillot par Antoine Vitez
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December 16, 2016 6:31 AM
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Livres de théâtre, une sélection par les Solitaires intempestifs

Livres de théâtre, une sélection par les Solitaires intempestifs | Revue de presse théâtre | Scoop.it

voir la sélection sur le site des Solitaires Intempestifs :*http://jk2.mj.am/nl2/jk2/1j1rq.html?m=ADwAGUs3JigAAUHVXDkAAE5HmA4AAAky0jkAAF2ZAABMbwBYT85XREDVqHqIQWGkWho_VFSaNQAAUdY&b=b3aebd0e&e=0965191f



Quelques incontournables ! : Anne-Françoise Benhamou, Serge Daney-Nicolas Bouchaud-Eric Didry-Véronique Timsit, Michel Deguy-Thomas Dommange-Nicolas Doutey- Denis Guénoun- Esa Kirkkopelto-Schirin Nowrousian, François Dusigne, Mohamed El Khatib, Guillaume Gallienne, Tadeusz Kantor, Jean-Luc Lagarce, Valérie Lang, Karelle Ménine-Jack Ralite, François Morel, Tiago Rodrigues, Jean-Pierre Siméon, Bruno Tackels.



Idées cadeaux 4/4 - Plaisir de la lecture 100% garantis

Quelques incontournables !

JEAN-LUC LAGARCE

Du luxe et de l'impuissance

Raconter le Monde, ma part misérable et infime du Monde, la part qui me revient, l'écrire et la mettre en scène, en construire à peine, une fois encore, l'éclair, la dureté, en dire avec lucidité l'évidence. Montrer sur le théâtre la force exacte qui nous saisit parfois (...)

"Nous devons préserver les lieux de la création‚ les lieux du luxe de la pensée‚ les lieux du superficiel‚ les lieux de l’invention de ce qui n’existe pas encore..."

Classique... et toujours d'actualité.




TIAGO RODRIGUES

By Heart

(Apprendre par cœur)

Traduction de Thomas Resendes

À présent, Candida veut apprendre un dernier livre, le livre définitif. La faveur qu’elle m’a demandée est que je choisisse ce livre. Cher professeur, je suppose que maintenant vous comprenez la dimension de mon problème. Pressé par le temps, je dois accomplir cette terrible (...)

Pourquoi la poésie, pourquoi apprendre, pourquoi transmettre ?... Un texte référence pour tous.





VALÉRIE LANG

Corps de bataille

Actrice, j’ai appris que je devais incarner la langue pour retrouver le corps de l’auteur. Mais dans la vie, c’est d’abord le corps que je jette dans la bataille, comme un cheval, chaque seconde de la vie est de vouloir conquérir un territoire. (...)

Au cœur de ces écrits, inlassablement, il y a l'amour de l’autre, l’amour des autres, et cette conviction incassable que le théâtre aide à vivre, aide à comprendre le monde.




KARELLE MÉNINE / JACK RALITE

La pensée, la poésie

et le politique

(Dialogue avec Jack Ralite)

Homme politique et communiste singulier, passionné de théâtre, ami d’Aragon, de Jean Vilar, complice d’Antoine Vitez, Jack Ralite est de cette époque où les acteurs politiques et les artistes tentaient de nouvelles voies de discussion. Il est aussi celui qui, depuis plus de cinquante ans, ne cesse de (...)

En délaissant le dialogue avec les poètes, les hommes et femmes politiques contemporains ont abandonné un de leurs plus beaux outils : Le pouvoir des mots.


ANNE-FRANÇOISE BENHAMOU

Patrice Chéreau

Figurer le réel

Les essais réunis dans ce livre envisagent l’œuvre de Patrice Chéreau comme un univers artistique en constante réinvention, depuis ses débuts dans les années 1960 jusqu’à ses dernières créations. Qu’ils évoquent sa relation à l’acteur, à (...)

Retour critique sur un homme qui a modifié notre regard sur l'art de la mise en scène.







TADEUSZ KANTOR

Ma Pauvre Chambre

de l’Imagination

(Kantor par lui-même)

Traduction de Marie-Thérèse Vido-Rzewuska

Préface de Jean-Pierre Thibaudat

J’aimerais me concentrer sur le courant qui mène du théâtre zéro, à travers le happening et le théâtre impossible, vers le théâtre de la mort. Chacune de ces étapes est importante. Et si je revendique les valeurs que j’ai découvertes, je me garde de traiter ce fait en mégalomane et de considérer que je suis seul à avoir (...)

Un choix de textes de Kantor pour découvrir une œuvre fondatrice non seulement de ce que l'on appelle aujourd'hui "Ecriture de plateau" mais aussi un précurseur de la "performance".
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JEAN-LUC LAGARCE

Les règles du savoir-vivre dans la société moderne

Naître, ce n'est pas compliqué. Mourir, c'est très facile. Vivre, entre ces deux événements, ce n'est pas nécessairement impossible. Il n'est question que de suivre les règles et d'appliquer les principes pour s'en accommoder, il suffit de savoir qu'en toutes circonstances, il existe une (...)

Il existe un livre, ce livre règle tout... avec l'humour et la subtilité de la langue lagarcienne. Pour toutes les générations.






SERGE DANEY

La Loi du marcheur

Adaptation de Nicolas Bouchaud,

Éric Didry et de Véronique Timsit

d’après Itinéraire d’un ciné-fils,

un entretien avec Régis Debray

C’est à notre propre rapport à l’art que nous renvoie Daney. L’art du côté du présent et de la vie‚ c’est-à-dire du côté de l’expérience. Il suffit de se souvenir que le cinéma prend sa source dans notre enfance et qu’un photogramme aperçu en passant à l’entrée d’une (...)

Serge Daney, passion cinéma.


JEAN-PIERRE SIMÉON

Sermons joyeux

(De la lente corruption

des âmes dans la nuit tombante)

Oui ça va mal
oui les temps sont critiques
et de tous les malheurs qui grognent à nos mollets
de tous les abandons qui nous vident le coeur
de toutes les défaites qui nous brisent la nuque
l'enfermement où dans ces heures poisseuses
on tient désormais la (...)

Le "sermon joyeux" est une forme comique du Moyen Âge et c'est en s'inspirant de ce même registre que Jean-Pierre Siméon a écrit "ses" sermons joyeux.





FRANÇOIS DUSIGNE

La direction d’acteurs peut-elle s’apprendre ?

Qu’est-ce qui, de l’expérience, peut se transmettre ? Y a-t-il quelque chose qui, de la relation sensible entre un metteur en scène et des acteurs, puisse s’apprendre ou s’enseigner ?

Les termes ne sont-ils pas réducteurs, sans cesse à redéfinir ? Le (...)

Une bonne question à poursuivre en permanence !





DIEUDONNÉ NIANGOUNA

M'appelle Mohamed Ali

Prix littéraire 2015 des lycéens et apprentis en Île-de-France

Le ring est un dialogue, et la scène est un champ de bataille. Je ne saurais vous dire la joie que j’ai en ce moment, en faisant entendre ma voix, mon corps, toute mon histoire à travers Mohamed Ali. Ce n’est donc pas (...)

Un passage de relais par-delà l’espace et le temps entre deux combattants : l’Afro-américain et l’Africain.





GUILLAUME GALLIENNE

Les garçons et Guillaume,

à table !

Le premier souvenir que j’ai de ma mère, c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone il y a deux jours, elle raccroche en me disant: « Je t’embrasse ma (...)

Redécouvrez le texte original qui a inspiré le film aux 5 César.





MOHAMED EL KHATIB

Finir en beauté

(Pièce en un acte de décès)

J’ai réuni l’ensemble du « matériau-vie » à ma disposition entre mai 2010 et août 2013. Je n’ai pas toujours demandé les autorisations utiles. Je ne me suis pas posé la question de la limite, de la décence, de la pudeur. J’ai rassemblé ce que j’ai pu et j’ai reconstruit. Tout est allé très vite et (...)

"Les parents se demandent toujours s’ils ont été de bons parents. Mais nous, est-ce qu’on a été de bons enfants ?"





BRUNO TACKELS

Les Écritures de plateau

(État des lieux)

Cet essai est une tentative de description des grandes mutations qui affectent la scène contemporaine depuis les années 1990. Il ne prétend pas faire le tour des textes et des poètes qui écrivent aujourd’hui pour la scène. Il se limite à décrire un certain type (...)

Le plateau, outil moderne d’écriture théâtrale.


FRANÇOIS MOREL

La fin du monde est pour dimanche

S’imaginer encore un peu

Presque éternel

Presque immortel

Juste avant de se dire adieu

Ça va tomber par où ça penche

La fin du monde est pour dimanche (...)

Quand c'est François Morel qui l'annonce,
c'est réjouissant !




MICHEL DEGUY, THOMAS DOMMANGE NICOLAS DOUTEY,

DENIS GUÉNOUN, ESA KIRKKOPELTO

SCHIRIN NOWROUSIAN

Philosophie de la scène

Ceci n’est pas un ouvrage de « philosophie du théâtre »‚ au sens général du mot. C’est bien la scène qui est prise ici comme objet de pensée. En effet‚ cette réalité a souvent été étudiée d’un point de vue historique‚ ou pratique‚ ou dans ses usages dramatiques – mais‚ paradoxalement‚ on s’est (...)

Qu’est-ce au juste qu’une scène ?

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December 6, 2016 2:46 AM
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"Finir en beauté" au centre socioculturel, vendredi 9 décembre 2016

"Finir en beauté" au centre socioculturel, vendredi 9 décembre 2016 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Finir en Beauté de Mohamed El Khatib en tournée dans les centres socio-culturels de l'agglomération caennaise ( à la Grâce de Dieu, Folie Couvrechef et Ouistreham ) et à la Comédie de Caen en partenariat avec la Caf! 


Programmé par la Comédie de Caen-CDN

 Avec le soutien du Conseil régional de Normandie



Publié dans Ouest-France :


Vendredi 9 décembre 2016, le centre socioculturel à Ouistreham, accueille un spectacle de Mohamed El Khatib, "Finir en beauté".

Cet auteur dramatique, metteur en scène aussi, interprétera cette fiction-documentaire, construite autour de la mort de sa mère, d’origine marocaine.Programmée par la Comédie de Caen au Théâtre d’Hérouville-Saint-Clair, Finir en beauté affiche complet pour les quatre représentations prévues. « C’est vraiment une opportunité exceptionnelle pour nous de recevoir cet auteur au centre socioculturel", souligne le directeur, Jérôme Boulay.

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November 28, 2016 2:02 PM
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Aide à la création – Palmarès de la session de novembre 2016 – Artcena

Aide à la création – Palmarès de la session de novembre 2016 – Artcena | Revue de presse théâtre | Scoop.it

La Commission nationale d’Aide à la création de textes dramatiques s’est réunie à ARTCENA les 21 et 22 novembre derniers. Elle a sélectionné les textes suivants :

Textes dramatiques


Mamamé / L’ancêtre de Fabien Arca


Contagion de François Bégaudeau


Une commune (Retourner l’effondrement tentative 1) de Guillaume Cayet


La Fusillade sur une plage d’Allemagne de Simon Diard


C’est la vie de Mohamed El Khatib


Michelle, doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz de Sylvain Levey


21 rue des Sources de Philippe Minyana


Qui déplace le soleil de Marie Piemontese


Delta Charlie Delta de Michel Simonot



Traductions
Love and information de Caryl Churchill, traduit de l’anglais (GB) 

par Elisabeth Angel-Perez


Pièce en plastique de Marius von Mayenburg, traduit de l’allemand par Mathilde Sobottke



Dramaturgies plurielles



Clairière d’Emilie Flacher


Swann s’inclina poliment de Nicolas Kerszenbaum


SAMO A tribute to Basquiat de Laëtitia Guédon et Koffi Kwahulé


blablabla de Joris Lacoste


ÇA DADA d’Alice Laloy


La Pièce de Pauline Ringeade



Encouragements


Tangente de Nina Chataignier


Le Mauvais oeil d’Eneylaire


Et c’était quand même très bon – poème théâtral de Valérian Guillaume


La Courbe de mon pied de Séphora Haymann


Le refuge de Hélène Trembles


Coeur Sacré de Christelle Saez

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November 18, 2016 6:39 PM
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Finir en beauté de Mohamed El Khatib

Finir en beauté de Mohamed El Khatib | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Mohamed El Khatib a reçu le 17 Octobre dernier, le grand prix de littérature dramatique pour sa pièce "Finir en beauté décerné par "ARTCENA" 



A l’occasion de l’attribution du Grand Prix de littérature dramatique 2016 à Mohamed el Khatib pour sa pièce « Finir en beauté » , France Culture propose une soirée spéciale en deux parties : un entretien par Joëlle Gayot de Mohammed El Khatib dans « Une saison au théâtre » à 20h30, suivi de la rediffusion dans « Théâtre & Cie »à 21h00, de la version radiophonique de « Finir en beauté (Pièce en une acte de décès) », réalisée par Christophe Hocké et diffusée pour la première fois dans les programmes de fiction en octobre 2015.

France Culture est partenaire du Grand Prix de littérature dramatique depuis 2006

Finir en beauté (Pièce en un acte de décès)

de Mohammed El Khatib

Réalisation Christophe Hocké

Conseillère littéraire Céline Geoffroy

"J’ai réuni l’ensemble du « matériau-vie » à ma disposition entre mai 2010 et août 2013. Je n’ai pas toujours demandé les autorisations utiles. Je ne me suis pas posé la question de la limite, de la décence, de la pudeur. J’ai rassemblé ce que j’ai pu et j’ai reconstruit. Tout est allé très vite et sans préméditation. Cette fiction documentaire est restituée ici arbitrairement sous la forme d’un livre, de façon chronologique, à peu près linéaire. Il n’y a aucun suspense, à la fin on sait qu’elle meurt et que son fils est très très triste. On sait également que si c’était à refaire, j’agirais sans doute différemment. J’aurais été un fils irréprochable. Les parents se demandent toujours s’ils ont été de bons parents. Mais nous, est-ce qu’on a été de bons enfants ? On a été des enfants au niveau, nous ? On a été des enfants olympiques, nous ?" M. El K.

Equipe technique Martin Delafosse, Olivier Depré

Assistante à la réalisation Cécile Laffon

Ce texte est publié sous le titre "Finir en beauté (Pièce en un acte de décès)" aux Solitaires intempestifs.

http://www.artcena.fr/

Vous pouvez aller voir cette pièce en ce moment et jusqu'au 26 Novembre 2016 au Théâtre de la ville

Mohamed El Khatib en Novembre 2016• Crédits : Jacques Demarthon - AFP

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October 18, 2016 3:55 AM
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Mohamed El Khatib Grand Prix de littérature dramatique Nathalie Papin Grand Prix de littérature dramatique jeunesse

Mohamed El Khatib Grand Prix de littérature dramatique Nathalie Papin Grand Prix de littérature dramatique jeunesse | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Le jury des Grands Prix de Littérature dramatique et de Littérature dramatique Jeunesse organisé par ARTCENA, Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre a dévoilé hier soir ses lauréats 2016.

Mohamed El Khatib pour Finir en beauté, Les Solitaires Intempestifs reçoit le Grand Prix de Littérature dramatique. Le spectacle sera repris le mois prochain au Monfort dans le cadre du Festival « Temps fort Danse Théâtre"  . Léonie et Noélie, de Nathalie Papin, L’école des loisirs reçoit le Grand Prix de Littérature dramatique Jeunesse. Les autres finalistes étaient:

Pour le Grand Prix de Littérature dramatique :
• Des cows-boys, de Sandrine Roche, Les Éditions Théâtrales
• Et dans le trou de mon coeur, le monde entier, de Stanislas Cotton, Lansman Éditeur
• La Baraque, d’Aiat Fayez, L’Arche Éditeur
• Seuls les vivants peuvent mourir, d’Aurore Jabob, Éditions Théâtre
Ouvert

Pour le Grand Prix de Littérature dramatique Jeunesse :
• Münchlausen ?, de Fabrice Melquiot, L’Arche Éditeur
• Stroboscopie, de Sébastien Joanniez, Les Éditions Théâtrales

Le jury 2016 des Grands Prix était composé de 13 membres (président compris) issus des différents secteurs de la profession : auteurs, traducteurs, comédiens, metteurs en scène, directeurs de lieux ou de festival, chercheurs…

Marie Bernanoce, enseignant-chercheur, professeur
Maïa Bouteillet, journaliste
Agnès Chemama, directrice du développement et des publics et conseillère à la programmation jeune public, Théâtre National de Chaillot
Hubert Colas, directeur du festival Actoral – Montevideo
Catherine Dan, directrice générale de La Chartreuse – CNES
Amine Khaled, responsable du comité de lecture et des relations aux auteurs, Théâtre du Rond-Point
Claire Lasne-Darcueil, directrice du CNSAD / présidente du jury 2016
Jean-René Lemoine, auteur
Vincent Monadé, Président du CNL
Estelle Savasta, autrice, metteure en scène
Philippe Touzet, auteur, président des EAT
Alain Sachs, auteur, metteur en scène, administrateur de la SACD
Jacques Vincey, comédien, metteur en scène, directeur du Centre dramatique régional de Tours – théâtre Olympia

Pour rappel, la dotation aux auteurs lauréats s’élève à 4 000 euros pour chacun des Prix.
Après la remise de ces Prix, ARTCENA œuvre au rayonnement des pièces primées, et accompagne tout particulièrement les auteurs lauréats.

Les Grands Prix sont financés par le ministère de la Culture et de la Communication – Direction générale de la création artistique (DGCA). Communiqué de presse.

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September 29, 2015 3:12 PM
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Reprise : « Finir en beauté » au Théâtre de la Cité internationale

Reprise : « Finir en beauté » au Théâtre de la Cité internationale | Revue de presse théâtre | Scoop.it

La pièce de Mohamed El Khatib, Finir en beauté, qui a rencontré un vif succès en juillet au festival « off  » d’Avignon, est reprise, du 28 septembre au 23 octobre, au Théâtre de la Cité internationale (Paris 14e).

Nous republions ci-dessous la critique de ce spectacle parue au moment des représentations à La Manufacture à Avignon en juillet 2015.


Lire l'article de Brigitte Salino : http://www.lemonde.fr/festival-d-avignon/article/2015/07/14/pour-mohamed-el-khatib-avignon-commence-en-beaute_4682164_4406278.html#TuK1rcUheXitjMj8.99

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May 29, 2017 3:20 PM
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PROGRAMME | Festival d'Automne à Paris

PROGRAMME | Festival d'Automne à Paris | Revue de presse théâtre | Scoop.it

L'ÉDITION 2017


Voir sur le site du Festival  http://www.festival-automne.com/programme

PROGRAMMATION THÉÂTRE

Simon McBurney
La Pitié dangereuse
de Stefan Zweig
14 au 24 septembre

Forced Entertainment
Real Magic
18 au 24 septembre

Fanny de Chaillé
Les Grands
20 au 23 septembre

Tania Bruguera
Endgame
de Samuel Beckett
22 septembre au 1 octobre

Théâtre du Radeau
François Tanguy
Soubresaut
22 septembre au 8 octobre

Mohamed El Khatib
Stadium
27 septembre au 16 novembre

Jeanne Candel
Samuel Achache
La Chute de la maison
Talents Adami Paroles d’acteurs
3 au 7 octobre

Suzuki Matsuo
Go-on
ou le son de la déraison
5 au 7 octobre

Timofeï Kouliabine
Les Trois Sœurs
d’Anton Tchekhov
5 au 15 octobre

Laila Soliman
Zig Zig
12 au 21 octobre

Romeo Castellucci
Democracy in America
12 au 22 octobre

Encyclopédie de la parole
blablabla
Emmanuelle Lafon
13 octobre au 9 décembre

Vincent Thomasset
Ensemble Ensemble
18 au 24 octobre

Mohamed El Khatib
C’est la vie
30 octobre au 22 novembre

Baptiste Amann
Des territoires (...D’une prison l’autre...)
2 au 25 novembre

Milo Rau
Compassion. L’histoire de la mitraillette
7 au 11 novembre

Lucia Calamaro
La Vita ferma. Sguardi sul dolore del ricordo
7 au 15 novembre

Mapa Teatro
La Despedida
13 au 18 novembre

Luis Guenel
El Otro
15 novembre au 13 janvier

Nicolas Bouchaud
Éric Didry
Maîtres anciens
de Thomas Bernhard
22 novembre au 22 décembre

Jonathan Capdevielle
À nous deux maintenant
d’après Un Crime de Georges Bernanos
23 novembre au 3 décembre

Julie Deliquet
Mélancolie(s)
25 novembre au 12 janvier

Vincent Macaigne
Je suis un pays
Comédie burlesque et tragique de notre jeunesse passée
25 novembre au 8 décembre

Vincent Macaigne
Voilà ce que jamais je ne te dirai
25 novembre au 8 décembre

Jonathan Capdevielle
Adishatz / Adieu
12 décembre au 6 janvier

Mohamed El Khatib
Alain Cavalier
Conversation entre Mohamed El Khatib et Alain Cavalier
14 au 22 décembre

Vincent Macaigne
En manque
14 au 22 décembre

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April 14, 2017 3:45 AM
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« Parages » : une revue d’auteurs en partage

« Parages » : une revue d’auteurs en partage | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Jean-Pierre Thibaudat pour son blog Balagan :



Plus de vingt ans après la disparition de « Prospero » paraît « Parages », une revue vouée aux textes de théâtre, animée par des auteurs et qui parle d’eux mais aussi de maisons d’édition, d’écoles et de théâtres qui les concernent. Le premier numéro de « Parages » manquait de hauteur, le second n’en manque pas mais bute sur une marche glissante.

L’acteur, metteur en scène, directeur du TNS (Théâtre national de Strasbourg) et gros dévoreur de textes de théâtre qu’est Stanislas Nordey l’a voulue, l’auteur Frédéric Vossier l’a conçue, la revue Parages, après un numéro 1 (juin 2016) qui fut un tour de chauffe, prend sa vitesse de croisière (un à deux numéros l’an) avec la présente sortie de son numéro 2.

De « Prospero » à « Parages »

Parages entend être « une revue de réflexion et de création » vouée au « théâtre de texte contemporain », dans la diversité de sa « galaxie » : « auteurs, textes, inédits » bien sûr, mais aussi « institutions, écoles, maisons d’édition ».

Il y a plus de vingt ans, quelques saisons durant, Prospero fut la revue (trimestrielle) du Centre national des écritures du spectacle (la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon), avec pour rédacteur en chef un auteur, Michel Azama. Elle se voulait « une revue d’écrivains de théâtre, conçue pour donner leur point de vue sur tous les aspects de la vie théâtrale et débrouiller ce qui se passe entre écriture et plateau ». De fait, on y vit des auteurs écrire des critiques de spectacles ou de textes de confrères auteurs. Dans Prospero n°1, Jean-Luc Lagarce racontait comment il écrivait et Didier-Georges Gabily s’entretenait avec Bernard Dort. Dans Prospero n°2, Claudine Galea se penchait sur une pièce d’Hubert Colas, Visages. Seule rescapée d’une autre époque, elle figure également dans Parages /02 avec l’un de ses textes.

Une autre époque ? « Beaucoup de directeurs de structures – CDN ou Scènes nationales – avouent n’avoir pas le temps, ou la compétence, pour lire les écrivains de théâtre d’aujourd’hui », écrivait Azama. La situation a-t-elle beaucoup changé ? En revanche, pour ce qui est des comités de lecture au sein de ces établissements dont Azama déplorait l’absence, la situation a évolué. De même, le rédacteur en chef de Prospero s’insurgeait contre le fait que la notion d’« artiste associé » soit réservée aux metteurs en scène, ce n’est plus le cas aujourd’hui avec Claudine Galea, Marie Ndiaye et Pascal Rambert, auteurs associés au TNS mais cela reste une exception.

« Comité de rédaction » pour Prospero ou « Ensemble éditorial » pour Parages, les auteurs sont nettement majoritaires dans le pilotage de ces revues. Quatre (Mohamed El Khatib, Claudine Galea, Lancelot Hamelin, David Lescot) sur six membres pour Parages, les deux autres étant des personnes sensibles aux écritures contemporaines : la journaliste Joëlle Gayot (France-Culture) et la maîtresse de conférences en arts de la scène Bérénice Hamidi-Kim (Université Lumière-Lyon-2).

« Le Bruit du monde », revue

Cette dernière entre dans le dédale d’une passionnante jeune autrice, Pauline Peyrade dont, pour l’heure, seules deux pièces Ctrl-X et Bois impériaux sont publiées (ensemble, aux Solitaires intempestifs). La première a été mise en scène par Cyril Teste, la seconde a fait l’objet d’une mise en espace par Anne Théron. L’an dernier, Pauline Peyrade participait aux Sujets à vif du Festival d’Avignon, formant un attachant tandem avec la circassienne Justine Berthillot et l’on y entendait des extraits de Poings, son dernier texte (à paraître). En outre, Pauline Peyrade dirige une revue électronique Le Bruit du monde dont il existe une version papier. Chaque numéro est centré autour d’un axe (de « Prise de parole » pour le n°1, à « Censuré » pour le n°4, le plus récent) et est parrainé par un auteur : Philippe Malone, Sonia Chiambretto, Christophe Pellet, Magali Mougel pour les quatre premiers numéros. Des noms que l’on retrouve ou que l’on retrouvera dans Parages.

Suite du sommaire : Christophe Pellet et Eric Noël, auteur canadien, qui se sont rencontrés à Montréal lors d’une résidence d’écriture, proposent une savoureuse correspondance amoureuse fictive et par mail. C’est aussi par mail qu’Anne Théron et Alexandra Badea correspondent. Elles parlent d’amour, de politique, d’enfance, de larmes (elles ont un projet ensemble sur le rapport mère/fille) et de leurs lectures : Cynthia Fleury, W.G Sebald, Georges Didi-Huberman.

L’un des principes de la revue consiste à donner aux membres du comité la possibilité d’avoir un invité. Joëlle Gayot invite ainsi David Léon ; Claudine Galéa, Jean-René Lemoine ; David Lescot, Céline Champinot. Chaque invité apporte en cadeau un texte inédit ou un extrait d’une écriture en cours. C’est riche, souvent surprenant, toujours éclairant.

En 2003, l’auteur Enzo Corman fondait au sein de l’Ensatt, un département « écrivain dramaturge ». Magali Mougel, Pauline Peyrade et d’autres sont passés par là. Dans Parades/02, Corman raconte la genèse de ce département unique dans les écoles de théâtre françaises qu’il codirige aujourd’hui avec un ancien élève, Samuel Gallet.

De L’Arche au Rond-Point

Un focus est consacré à la maison d’édition L’Arche où sont publiés Badea et Pellet. Etude universitaire sur l’un des auteurs phares de la maison, Fabrice Melquiot ; portrait par ce dernier du directeur de la maison d’édition Rudolf Rach qui, lui, nous restitue une rencontre avec Thomas Bernhard où il est question de contrat et d’argent ; et enfin très beau portfolio de Jean-Louis Fernandez photographiant la petite équipe de L’Arche dans sa boutique-bureaux à deux pas de la place Saint-Sulpice.

Parages /02 s’achève par une incongruité qui s’étale sur 47 pages (c’est de loin l’ensemble le plus long du numéro) : un séjour « en immersion » de Lancelot Hamelin au Théâtre du Rond-Point, établissement dont Frédéric Vossier évoque sans rire « la démesure, l’aspect inclassable et hors du commun ». Il faut tout le talent de l’auteur Lancelot Hamelin pour retenir notre attention en parcourant ce lieu que l’on peut tout autant qualifier de fourre-tout, opportuniste et malin. Pourquoi parler de ce théâtre dans Partages alors que la question des auteurs et de leur traitement y est escamotée?

Comme c’était à prévoir, le directeur de l’établissement pressé et fort occupé, retarde le moment de rencontrer l’insaisissable dramaturge relooké en néo-journaliste gonzo. Hamelin en profite pour s’attarder au bar (passage obligé et prolongé de tout journaliste gonzo) dont les cocktails aussi compliqués qu’écœurants et les histoires pas tristes qu’il y entend dressent, par ricochets, un portrait en creux du théâtre assez croquignolesque. Assurément bien plus intéressant que l’entretien accordé enfin par le directeur dans son vaste bureau dont le journaliste occasionnel résume la décoration par un délicieux oxymore : « humble mégalomanie ».

Dans le numéro 7 de Prospero, Michel Azama saluait la disparition de l’auteur Heiner Müller devenu directeur d’un grand théâtre allemand. Et achevait ainsi son édito : « Nous voulons espérer qu’un jour nous verrons en France de grands auteurs à qui auront été accordés les moyens de travailler, de grandir, d’approfondir leur œuvre en dirigeant un théâtre. » Ce jour est arrivé en 2003 au Théâtre du Rond-Point et il perdure. Le directeur n’est peut-être pas un « grand auteur » mais c’est un auteur dont la « poésie » « atteint cet étrange tremblement proche du rire », si, si, c’est Lancelot Hamelin qui le dit. On a les Heiner Müller qu’on peut.

Parages /02, 190 p., 15 euros, revue distribuée par Les Solitaires intempestifs.

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January 3, 2017 5:53 AM
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Rennes. Arthur Nauzyciel, artiste, prend la direction du TNB

Rennes. Arthur Nauzyciel, artiste, prend la direction du TNB | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Arthur Nauzyciel prend ses fonctions le 4 janvier au Théâtre national de Bretagne, à Rennes. | Photo : Frédéric Nauzyciel


Par Agnès le Morvan dans Ouest-France

Arthur Nauzyciel, comédien et metteur en scène, prend ses fonctions le 4 janvier. Avec lui, seize artistes, metteurs en scène, chorégraphes, performeurs, musiciens, plasticiens, réalisateurs…
Découverte du théâtre au lycée

« J’avais envie de travailler avec des acteurs, mais je me destinais davantage à la réalisation cinéma », se souvient Arthur Nauzyciel. Mais quand il est au lycée, aux Ulis (91), dans un établissement à forte mixité, il croise une documentaliste, « elle nous a emmenés voir ce qu’il y avait de mieux à Paris, du théâtre, ni élitiste, ni excluant. C’est resté dans mon ADN. » Il découvre Patrice Chéreau, Claude Régy, Peter Stein, Peter Brook… Jamais il n’oubliera « qu’on peut être exigeant et accessible. »
Seize artistes associés

Ce qui l’a attiré pour postuler au TNB, c’est le label européen, la dimension pluridisciplinaire, l’école… À Rennes, Arthur Nauzyciel arrive avec seize artistes associés, « pas ou peu vus à Rennes qui ont tous un lien à l’international » : en théâtre, Guillaume Vincent, Vincent Macaigne, Jean-Pierre Baro, Julie Duclos. En danse, Gisèle Vienne, Damien Jalet, Sidi Larbi Cherkaoui. Côté performance, Phia Ménard (jongleur performeur), Mohamed El Khatib, récemment venu à Rennes à Mythos avec Moi Corinne Dadat.
Ecrivains, plasticiens, musiciens, réalisateurs...

Il y aura également deux écrivains associés, Marie Darrieussecq et Yannick Haenel, trois plasticiens, Xavier Veilhan, qui représentera la France à la prochaine Biennale de Venise en 2017, Valérie Mréjen et les artistes visuels M/M, association des deux artistes et graphistes français Michael Amzalag et Mathias Augustyniak. En musique, le TNB accueillera Keren Ann et Albin de la Simone. Arthur Nauzyciel vient aussi avec des réalisateurs de cinéma.
Première création à l’automne 2018

Pour se présenter au public rennais, Arthur Nauzyciel ouvrira la saison 2017-2018, avec le spectacle Jules César de Shakespeare, qu’il a créé à Boston en 2008, avec des acteurs américains, un trio de jazz sur scène. Sa première saison sera consacrée à la présentation des pièces marquantes de son parcours et de ceux qui l’accompagnent, « pour révéler qui nous sommes. » La première création arrivera à l’automne 2018.

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December 16, 2016 6:53 AM
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Théâtre - Arthur Nauzyciel, le directeur du Centre dramatique national Orléans-Loiret-Centre, quitte ses fonctions

Théâtre - Arthur Nauzyciel, le directeur du Centre dramatique national Orléans-Loiret-Centre, quitte ses fonctions | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans La Nouvelle RépubliqueArthur Nauzyciel quitte Orléans pour Rennes. Flashback sur les années orléanaises et les prospectives bretonnes du metteur en scène, directeur du Centre dramatique depuis le 1 er juin 2007.

Le bureau est encombré de cartons, de sacs… C'est l'heure du déménagement pour Arthur Nauzyciel et Anne Cuisset, secrétaire générale du Centre dramatique d'Orléans, qui rejoint, elle aussi, le Théâtre national de Bretagne (TNB).

Quels souvenirs gardez-vous de ces dix années ?


J'ai réalisé, quand la ville nous a remis notre médaille, à Joseph Nadj (directeur du Centre chorégraphique national) et à moi, ce que suscitait ce départ… Dix ans d'émotions, de création, d'excitation avant les premières représentations. Et dix ans de rencontres qui m'ont tout autant marqué. Et je suis toujours aussi impressionné par la rencontre entre le public et un spectacle joué pour la première fois.

Cela n'a pas évolué avec les années ?


Non, je l'étais encore, la semaine dernière, avec « Petra von Kant ». On a toujours peur de lasser, de décevoir ou de laisser indifférent. Car on a assez peu de retours du public finalement. C'est quand on organise des rencontres autour d'un spectacle que l'on comprend comment il a été perçu.

Quelles rencontres gardez-vous ainsi en mémoire ?


La Quinzaine islandaise, le mois autour de Jan Karski, les 20 ans du CDN et la Quinzaine coréenne ont été des moments forts. La rencontre publique avec Olivier Py, Stéphane Braunschweig (ses prédécesseurs) et moi était bouleversante. Il y a eu, aussi, ce projet singulier qu'a été la création de l'opéra « Red Water » : Keren Ann et Bardi Johannsson me faisaient écouter, chaque soir, ce qu'ils avaient composé dans la journée.
Et puis chaque première, ce moment particulier où la salle s'ouvre au public qui va découvrir les créations, les miennes mais aussi celles des autres…

Lesquelles par exemple ?


Celles d'artistes qu'on a eu envie de défendre ici. Mohamed El Khatib qui, après « Finir en beauté », est désormais demandé partout. Jean-Pierre Baro qu'on a beaucoup accompagné et qui joue actuellement au Théâtre de la Colline, à Paris. Des artistes un peu plus difficiles, Claude Régy, Gisèle Vienne ou Vincent Macaigne, qui ont construit un public ici. Ce sont de très beaux souvenirs.

Et des rencontres purement orléanaises ?


Les sœurs Zay, Catherine et Hélène, et Marie-Ange Brayer, ancienne directrice du Fonds régional d'art contemporain avec qui nous avons lancé les soirées sur l'architecture.

Vous avez présenté, chaque saison, des spectacles en langue étrangère. Un pari pour les équipes comme pour le public, non ?


Parce que le monde d'aujourd'hui ne peut plus vivre sur lui-même, c'est un atout pour le public, qui a compris ce qu'il y avait de philosophique derrière tout ça : toute rencontre avec l'altérité nécessite un petit effort.

Vous continuerez à Rennes ?


Oui, ça va être intéressant de le déployer parce que le TNB est un théâtre mais aussi un centre européen de création. En outre, il a une mission de danse, de musiques actuelles et – cerise sur le gâteau – de cinéma ! C'était déjà super, à Orléans, d'être à côté de structures qui présentaient d'autres disciplines mais à Rennes, je vais pouvoir les programmer. C'est génial. Il y a, enfin, une école nationale d'art dramatique et je vais donc pouvoir transmettre.

Vous avez vous-même été acteur d'avant d'être metteur en scène ?


Oui, pendant dix ans, à la sortie de l'école du Théâtre national de Chaillot. J'étais acteur associé à Éric Vigner qui dirigeait le Théâtre de Lorient : je jouais dans ses créations mais étais aussi impliqué dans les relations avec les publics, avec Laurent Poitrenaux. Ce sont eux qui m'ont incité, à créer, en 1999 « Le Malade imaginaire ou le silence de Molière ». Puis je suis parti aux États-Unis créer « Black Battles with dogs », de Koltès. C'est cette deuxième création qui m'a décidé à continuer. Et ce sont ces deux spectacles que j'ai présentés en arrivant à Orléans. L'origine de mon travail que j'allais développer par la suite.

Êtes-vous issu d'une famille d'artiste, à part votre frère, photographe ?


Non, pas du tout. J'ai même découvert, assez tard, qu'il y avait ce désir chez mes parents qui ne s'était jamais développé. Mon père avait eu envie de théâtre, ma mère de photo, mais aucun n'a réalisé son rêve. Même quand j'ai mis en scène mon père dans « Le malade imaginaire », je ne le savais pas…

Mais, même s'ils étaient peu allés à l'école, mes parents étaient d'une incroyable ouverture, avec un désir de culture qu'ils ont encouragé chez nous. Ensuite, l'école publique m'a donné les moyens de rencontrer le théâtre. La télévision publique, qui n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui, m'a permis de rencontrer la littérature grâce à « Apostrophes » et le cinéma avec « Le cinéma de minuit ».

C'était où ?


Dans une cité, aux Ulis (Essonne). Il y a eu ensuite des rencontres importantes, en particulier la documentaliste du lycée de l'Essouriau, Nicole Regnier, qui nous a emmenés voir ce qu'il y avait de mieux : Vitez, Chéreau, Duras, Régy, Mnouchkine, Strehler. Elle est retraitée maintenant mais elle vient toujours voir les spectacles ici, elle est devenue une amie. On allait au théâtre en car depuis notre banlieue. Nous n'étions pas les élèves les plus sages mais parce que c'étaient des œuvres puissantes, elles nous embarquaient. Et c'est ce qui m'a amené à passer le concours de Chaillot avec Antoine Vitez.

Et cet homme, dont j'avais vu des spectacles auxquels je ne comprenais rien quand j'étais adolescent, est devenu mon professeur quelques années plus tard. Après, il y a eu des acteurs, des metteurs en scène, Vassiliev, Vigner, Françon et la puissante représentation de « Savannah Bay », de Duras, avec Bulle Ogier, qui venait de perdre sa fille. Des moments extrêmement marquants.

Séverine Chavrier vous remplace : la connaissez-vous ?


Je connaissais un peu son travail. Je suis très content que ce soit elle qui reprenne ce formidable outil. Elle est une artiste, avec une vraie vision et cet esprit commun de défendre, coûte que coûte, les centres dramatiques et leur place dans un territoire.

Pas de regret ?


Non, mais une vraie mélancolie pour toutes les personnes rencontrées… et ce théâtre. Car le théâtre d'Orléans est l'un des plus formidables de France, vraiment. Je quitte un beau théâtre et une équipe géniale, avec beaucoup de souvenirs.

Katia Beaupetit

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December 6, 2016 2:49 AM
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Interview. Double dose de Mohamed El Khatib, dramaturge ancré dans le réel, à la Comédie de Caen

Interview. Double dose de Mohamed El Khatib, dramaturge ancré dans le réel, à la Comédie de Caen | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Mathieu Girard dans Normandie-Actu :


Lauréat du Grand Prix de la littérature dramatique en 2016, Mohamed El Khatib est un dramaturge résolument ancré dans le réel. À tel point qu’il a décidé de ne plus travailler avec des comédiens professionnels ! Du 6 au 9 décembre 2016, à Hérouville (Calvados), il va présenter à la Comédie de Caen deux pièces de théâtre documentaire : Finir en beauté, qui évoque la mort de sa mère, et Moi, Corine Dadat, qui met en scène une (vraie) femme de ménage. Rencontre.

Un dramaturge « à la marge » et fier de l’être


Normandie-actu : Vous n’avez pas un parcours classique. Comment êtes-vous devenu metteur en scène ?
Mohamed El Khatib : Je suis un vrai autodidacte, mais je voyais beaucoup de spectacles et j’ai commencé à écrire. Très vite, j’ai développé un style particulier qu’on pourrait qualifier d’écriture documentaire, même si le terme ne me convient pas parfaitement. Je m’appuie beaucoup sur des matériaux extérieurs et mon travail consiste à les agencer. Cela passe par énormément de rencontres que je porte ensuite à la scène. Je suis journaliste, sociologue et anthropologue à la fois, mais sans aucune obligation d’objectivité, bien au contraire.

Vous puisez donc votre inspiration dans le réel. La fiction pure et dure ne vous intéresse pas ?


Si, même si je suis sceptique sur la définition de ce que sont la fiction et réalité. En tout cas, je ne m’intéresse pas du tout au théâtre bourgeois avec une histoire, des personnages, etc. Mais il ne faut pas croire non plus qu’un documentaire est la réalité. Je me situe vraiment entre les deux : l’ancrage est toujours réel, mais j’introduis ensuite de la fiction pour des raisons dramaturgiques ou de rythme.

Votre carrière a explosé ces dernières années. Comment vivez-vous ce succès ?


J’allais dire que je ne le vis pas très bien, mais ce n’est pas vrai… Je gagne plus d’argent, c’est déjà ça ! (Rires) Prenons un exemple : récemment j’ai reçu le Grand Prix de la littérature dramatique. C’est typiquement ce que j’appelle une reconnaissance institutionnelle, alors que je m’inscris plutôt à la marge. On a longtemps dit de mon travail que ce n’était pas du théâtre. Ce prix va m’obliger à inventer autre chose car je ne veux pas produire des formes institutionnelles dans lesquelles on se complaît. Cette récompense, c’est un peu comme si on m’avait offert un pavillon Phénix : c’est horrible et aseptisé.

Démonter les rapports de domination


Vous avez peur que la reconnaissance vous prive de votre identité ?


Non, mais je ne veux pas être dilué dans la masse. Mon travail consiste à démonter les rapports de domination en questionnant la façon dont on fait du théâtre. Et le meilleur moyen de poser des questions est d’être à l’extérieur du système. J’essaye donc de rester à la marge.

Du 6 au 9 décembre 2016, vous présentez Finir en beauté à la Comédie de Caen, une pièce dans laquelle vous évoquez la mort de votre mère. Comment était-elle née ? 


L’idée m’est venue en observant les médecins. Ma mère avait un cancer, mais ils n’osaient pas prononcer ce mot. Ils tournaient autour du pot et n’arrivaient pas à nommer cette maladie. Mais il ne s’agit pas que du corps médical, car tous les gens ont un vrai problème avec la question de la fin de vie. Ils se racontent des histoires car la situation est difficilement acceptable. Cette pièce est aussi un travail sur le deuil et ces manuels de coaching qui vous expliquent comment vous y prendre. C’est ridicule… Quand on a du chagrin, on a le droit de le vivre pleinement, qu’il dure deux mois, six mois, un an ou cinq ans, il n’y a pas de règle. Il faut arrêter de vouloir formater ces choses-là. Enfin, j’évoque également les façons dont on accompagne les morts en France et au Maroc, qui sont très différentes.

Et cela prend quelle forme sur scène ?


Il n’y a rien, c’est le moins spectaculaire possible. C’est un spectacle pour 80 personnes, pas une de plus, qui développe un rapport très intime au public. Les gens sont autour de moi, sans le moindre effet théâtral, et j’ai juste avec moi ma caméra et un petit enregistreur. C’est comme une confidence.

« Je ne veux plus travailler avec des acteurs »


Le 8 décembre 2016, on pourra découvrir également Moi, Corinne Dadat, un spectacle qui met en scène une femme de ménage. Comment l’aviez-vous rencontrée ? 


J’ai rencontré Corinne alors que j’animais un atelier de théâtre à Bourges. Elle faisait le ménage dans la salle à côté. Elle ne disait jamais bonjour et j’ai fini par l’interpeller et lui demander pourquoi. Elle m’a répondu : « Vous voulez que je vous dise le nombre de fois où j’ai dit bonjour aux autres et où ils ne m’ont pas répondu ? » Elle avait fini par intérioriser ça et devenir transparente. Je l’ai alors suivie dans son travail en la filmant. Elle répétait ses gestes en variant l’amplitude et le rythme, comme une danseuse. Quand je lui ai fait cette réflexion, elle m’a rétorqué : « Sauf que quand j’ai fini de nettoyer les chiottes, il n’y a personne qui vient m’applaudir ! » Je lui ai donc proposé de venir sur scène pour parler de son travail, accompagnée d’une contorsionniste, pour leur faire passer un bilan de compétences et voir qui est la meilleure en danse et en ménage.




Qu’est-ce qui vous a fasciné chez Corinne ?


Elle a une telle présence scénique et une langue particulière. Ce sont des choses qu’on voit très peu sur scène. Cela ne m’intéresse pas du tout de demander à une actrice de jouer la femme de ménage, ça n’a aucun intérêt. Corinne, elle, perturbe le dispositif, car elle ne dispose pas des codes du théâtre. Elle ne fait pas ce que je lui demande et elle rend l’accident possible sur scène.

Cela a dû être une expérience très enrichissante pour vous. Qu’en avez-vous retenu ?


Quelque chose d’assez radical : je ne veux plus travailler avec des acteurs ! Et ça remet en cause tout le reste : le financement du théâtre, la façon dont on fabrique une pièce, le rapport au temps, etc.

Vous avez d’autres projets en tête ?


Oui, je travaille sur une pièce qui s’appelle Stadium , qui mettra en scène 53 supporters du RC Lens. C’est une exploration de la classe moyenne et populaire. On dit souvent que le public de Bollaert [le stade de Lens, NDLR] est le meilleur de France, et j’ai souhaité le confronter au public de théâtre. Et en regardant de près, on se rend compte qu’il n’y a pas beaucoup de différences : les deux sont constitués d’amateurs éclairés.

Infos pratiques :
• Finir en beauté, les 6, 7 et 9 décembre 2016, à 20h, et le 8 décembre, à 19h ;
• Moi, Corinne Dadat, jeudi 8 décembre 2016, à 20h et 21h, à la Comédie de Caen, 1 square du Théâtre, à Hérouville Saint-Clair (Calvados).
Tél : 02 31 46 27 29. Tarifs : 5 à 25 euros.

Mathieu Girard

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December 3, 2016 10:49 AM
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Mohamed El Khatib avec deux créations au Festival d'automne 2017

Mohamed El Khatib avec deux créations au Festival d'automne 2017 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Stéphane Capron dans Sceneweb


Alors que l’édition 2016 du Festival d’Automne bat son plein avec le Portrait autour de Krystian Lupa avec Des Arbres à abattre, puis Place des héros, et Déjeuner chez Wittgenstein, les premiers noms de l’édition 2017 commencent à se faire connaître. On peut vous annoncer que Mohamed el Khatib sera l’un des artistes français invités. Il présentera notamment Stadium qui s’appuie sur un travail documentaire avec 53 supporters du club de football le RC LENS: le Kop Sang et Or, les Tigers, les Gueules Noires, les Bollaert Boy’s et les Ch’tis Gavroches. Le spectacle sera créé au Théâtre National de la Colline. Autre création de Mohamed el Khatib, C’est la vie avec les comédiens Fanny Catel et Daniel Kenigsberg dans la lignée de Finir en beauté, un spectacle sur le deuil. Daniel Kenigsberg a perdu son fils âgé de 25 ans et Fanny Catel sa fille âgée de 5 ans.

Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

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November 19, 2016 6:18 PM
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Moi, Corinne Dadat de Mohamed El Khatib

Moi, Corinne Dadat de Mohamed El Khatib | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Christophe Candoni pour Sceneweb


Artiste associé au Théâtre de la Ville, l’auteur Mohamed Et Khatib montre au Monfort deux spectacles emblématiques de son style d’écriture particulier à la lisière du documentaire s’appuyant sur des événements intimes et personnels.

Ancien étudiant en sociologie, Mohamed Et Khatib, construit un théâtre du réel et dénué de théâtralité au point que ses spectacles se présentent parfois peu aimables et sans attrait. Dans une forme qu’on dirait presque improvisée, il s’adresse au public d’une manière simple, directe, frontale. Ses sujets sont des figures, des histoires appartenant à la vie du quotidien dont il atteste l’authenticité. Documents à l’appui, il se raconte avec un mélange étonnant de distance émotionnelle et d’empathie.

Dans Finir en beauté, succès du festival off d’Avignon en 2015 et en tournée depuis, il est seul en scène et évoque la mort de sa mère. A l’origine de Moi, Corinne Dadat : une autre figure féminine, une femme de ménage quinquagénaire rencontrée par hasard. Il la filme d’abord sur son lieu de travail, procède à une interview dans les toilettes de l’établissement scolaire qu’elle récure quotidiennement depuis plus de trente ans, puis il l’invite à monter sur scène. Elle se méfie du monde du spectacle mais accepte apparemment sans réticence.

Le verbe haut et drôlement caustique, la femme est une nature et c’est avec un génial aplomb qu’elle se présente sur scène pour y vider son sac, au sens propre comme au figuré. En blouse de travail, celle qui décrit le sentiment souvent éprouvé d’être transparente aux yeux des gens se voit propulsée en pleine lumière. Le geste évoque celui de Jérôme Bel qui, dans ses spectacles réunit souvent des comédiens amateurs. Pour autant, Moi, Corinne Dadat n’a rien d’un gala… Il y est question de dur labeur, de fatigue physique, des gestes répétitifs de la vie ouvrière relayés par la danseuse, Elodie Guezou, qui s’emploie à illustrer, avec souplesse et sans ménagement, la maltraitance du corps contorsionné en lavant par exemple le sol avec sa longue chevelure.

Dans la salle fusent des réactions spontanées, des rires déclenchés peut-être parfois même aux dépends de l’interprète Corinne qui ne manque pas d’autodérision et de bagout connivent. On se demande bien dans quelle mesure le public présent et enthousiaste n’a pas, dans sa vie sociale, l’occasion de prêter attention à une femme de ménage et a besoin de se rendre au théâtre pour cela. Ce qui pourrait être anecdotique prend alors tout son sens et montre, qu’à l’évidence et l’air de rien, le théâtre fait se rencontrer les gens et peut les transformer.

Christophe Candoni – www.sceneweb.fr

Moi, Corinne Dadat de Mohamed El Khatib
avec Corinne Dadat, Élodie Guezou, Mohamed El Khatib
environnement visuel Fred Hocké environnement sonore Raphaëlle Latini et Arnaud Léger régie générale Zakari Dutertre
Production : Zirlib – Coproduction : Théâtre d’Orléans / Scène Nationale, L’Hippodrome / Scène nationale de Douai / Tandem Douai-Arras, La Rose des Vents / Scène Nationale Lille Métropole-Villeneuve d’Ascq, Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau, Les Treize Arches / Scène conventionnée de Brive, Culture O Centre – Ateliers développement culturel,
Théâtre d’Amboise – Résidence de création : Centre Chorégraphique National d’Orléans (Dir. Josef Nadj), Emmetrop, le Quai des Arts / Argentan dans le cadre des Relais Culturels Régionaux – Avec la participation du DICRéAM, de Digital Airways et Walou Production – Zirlib est une compagnie conventionnée par le Ministère de la Culture / Drac Centre-Val de Loire, portée par la Région Centre, soutenu par la ville d’Orléans – Mohamed El Khatib est accompagné par L’L / lieu de recherche pour la jeune création (Bruxelles).
Durée: 1h

Le Monfort Théâtre
18 > 26 nov. 2016
Théâtre National de la Colline
du 22 Mars au 1er Avril 2017
du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h et le dimanche à 16h

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November 14, 2016 7:14 PM
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Mohamed El Khatib invite sur scène des gens qu'il rencontre dans la vie

Mohamed El Khatib invite sur scène des gens qu'il rencontre dans la vie | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Culturebox (avec AFP)


Mohamed El Khatib aime la sociologie, et le théâtre. Alors plutôt que d'écrire "des thèses que personne ne lit", il construit des pièces à partir des gens qu'il rencontre, d'une femme de ménage aux supporters du club de football de Lens.
Deux de ses pièces sont à l'affiche à Paris (Le Monfort) et en tournée, "Finir en beauté", autour de la mort de sa mère, et "Moi, Corinne Dadat", ou la vie quotidienne d'une femme de ménage. "Au début on me disait: 'c'est pas vraiment du théâtre'", raconte-t-il. "C'est extrêmement documenté, mais ce n'est pas du documentaire. C'est un travail de fiction à partir du réel".
"Je crois que le théâtre peut changer la vie des gens"

Il y a deux ans, il est en répétition à Bourges lorsqu'il rencontre Corinne Dadat, 50 ans, femme de ménage. "Elle ne disait jamais bonjour. Je lui ai demandé pourquoi, et elle m'a répondu: +tu veux que je te dise le nombre de fois où j'ai dit bonjour et où on ne m'a pas répondu?""Elle avait intériorisé le fait qu'elle était transparente pour les gens", dit-il.

Peu à peu, une relation se noue entre le metteur en scène et la femme de ménage. Il la filme dans son travail. "Ses gestes répétitifs, ses déplacements, évoquaient pour moi un vrai travail de danseuse". De là est née une pièce pour trois acteurs: Corinne Dadat, très "cash" avec son franc parler et sa blouse à carreaux, la danseuse Elodie Guézou et Mohamed El Khatib.
Quand il propose à la femme de ménage de jouer, il envisage une vingtaine de représentations et elle prend des congés sans solde au coup par coup. La pièce a déjà été donnée 70 fois et va partir en Angleterre et aux Etats-Unis. "Le regard sur elle a changé. Maintenant, on l'appelle Madame Dadat, un article avec sa photo a été affiché dans la salle des profs du lycée où elle travaille, ses enfants sont très fiers.

Physiquement elle s'est transformée, elle fait attention à elle, elle a perdu presque dix kilos", raconte Mohamed El Khatib. C'est pour ça que ce docteur en sociologie de 36 ans fait du théâtre: "Je crois que le théâtre peut changer la vie des gens".Après une première pièce "classique" avec des acteurs professionnels qui le laisse insatisfait, Mohamed El Khatib a décidé de "travailler avec des gens que je rencontrais dans le quotidien, des médecins, des femmes de ménage, des agriculteurs, que j'invitais à venir sur scène".


Reportage TV sur "Moi, Corinne Dadat"

https://youtu.be/CMhpN_bbaJo

Parfois, le matériau est sa propre famille, comme dans "Finir en beauté" où il raconte avec humour et délicatesse la mort de sa mère il y a quatre ans. Seul en scène sur un plateau dépouillé (un téléviseur, quelques documents et photos), il évoque le chagrin, les petits riens qui font dérailler le rituel de la mort, comme cette scène dans le cimetière marocain où l'orchestre massacre la musique jusqu'à ce qu'un oncle glisse discrètement un billet dans la poche du chef.


53 supporteurs du RC Lens 

L'humour, omniprésent, permet de désamorcer le trop plein d'émotion. Pour sa prochaine pièce, Mohammed El Khatib fera monter 53 supporteurs du RC Lens sur la scène du théâtre de la Colline en septembre, dans le cadre du festival d'Automne.

"Je prélève un morceau d'une tribune de football, avec ses mouvements, ses choeurs, sa chorégraphie", dit-il. La pièce fera aussi des "zooms" sur des trajectoires individuelles comme celle d'Yvette, 84 ans, qui va au stade depuis qu'elle a 8 ans. Le public de Lens est souvent qualifié de "meilleur public de France" : "Pour un match de routine de 2e division, comme Lens - Bourg-en-Bresse, il y a 30.000 personnes au stade!"

Il construit en parallèle une pièce avec les supporters anglais de Birmingham. "L'idée c'est d'organiser une confrontation entre deux types de public, le public du théâtre et celui du football. J'aime bien l'idée de réconcilier deux mondes qui ne se côtoient pas".

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February 10, 2016 5:55 PM
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« Finir en beauté » en tournée internationale

« Finir en beauté » en tournée internationale | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Après sa création au festival Actoral à Marseille et sa révélation au festival d’Avignon en 2015, la pièce de Mohamed El Khatib s’exporte à l'international.
Du 15 au 21 février 2016, « Finir en beauté » de Mohamed El Khatib sera au Caire et à Alexandrie avant une tournée au Maroc, au Chili, en Italie, au Mexique et aux États-Unis.
Présentée aux programmateurs du monde entier dans le cadre du Focus Performing Arts de la scèneorganisé par l’Institut français et l’Onda en octobre 2015, Finir en Beauté reçoit un accueil enthousiaste et unanime :  Mohamed El Khatib est invité en janvier 2016 au salon dʼartistes organisé dans le cadre de l’APAP à New York, puis au Birmingham Repertory Theatre (REP), en Grande-Bretagne, pour une série de représentations de sa pièce.
FINIR EN BEAUTÉ (2014)
Mohamed El Khatib voulait écrire un texte à partir d’entretiens réalisés avec sa mère. Le 20 février 2012, la mort interrompt tout. Sur le lit d’hôpital, sa mère l’interroge: « Pas d’opération ni rien ? — Non, rien. Ils ne peuvent plus rien faire. »
L’émiettement intérieur du fils orphelin s’incarne dans un récit discontinu, servi par une forme composite : extraits de journaux, emails envoyés et reçus, messages téléphoniques, SMS, bribes d’échanges avec le père, transcriptions d’enregistrements, vidéos… Le matériau intime embrasse fiction et documentaire. Ces instantanés de vie évoquent la famille, le pays, la langue maternelle, le souvenir, le deuil. À travers cette cartographie émouvante, mais aussi caustique et souvent drôle, Mohamed El Khatib, seul en scène, porte ce récit autobiographique. 

MOHAMED EL KHATIB
Auteur et metteur en scène, Mohamed El Khatib sʼastreint à confronter le théâtre à dʼautres médiums (cinéma, installations, journaux) et à observer le produit de ces frictions. Après des études de lettres (khâgne), un passage à Sciences Po, puis au Centre dʼart dramatique de Mexico, et une thèse de sociologie inachevée sur « La critique dans la presse française », il co-fonde à Orléans en 2006 le collectif Zirlib autour dʼun postulat simple : lʼesthétique nʼest pas dépourvue de sens politique.
 
Ce collectif est le fruit dʼune rencontre entre auteurs, performers, danseurs, vidéastes et musiciens de formations et dʼhorizons divers. Il envisage la création contemporaine comme une expérience, un geste sensible, social, dont la dimension esthétique la plus exigeante doit se confronter au quotidien le plus banal.
 
Le point de départ est toujours une rencontre : rencontre avec une femme de ménage, un éleveur de mouton, un électeur du Front national, un marin. À partir de ces rencontres, se mettent en place des protocoles de recherche qui aboutissent à des formes dont chacun peut s'emparer immédiatement.
 
Zirlib œuvre ainsi dans trois domaines : la création contemporaine dans les arts vivants en France et à l'étranger, la recherche dans les rapports arts / sciences humaines / sciences technologiques, l'action artistique avec des publics « périphériques ».
En savoir + sur Zirlib
 
 
TOURNÉE 2016
du 3 au 16 janvier : APAP Artistʼs Salon, New York26 et 27 janvier : REP, Birmingham du 15 au 21 février : Institut français d’Alexandrie et Institut français du Caire (représentations et ateliers)du 5 au 13 février : Institut français du Maroc – Tanger, Rabat, Essouira, Casablanca, Meknès, Fès, Oujda (7 représentations)du 26 juin au 10 juillet : Chili (8 représentations et des ateliers de dramaturgie avec Santiago off et rencontre avec les élèves du lycée français de Santiago)23 et 24 juillet : Italie du 10 au 20 août : Mexique25-26 septembre : États-Unis, notamment lors du Princeton Festival Seuls en scène
 

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July 8, 2015 7:55 PM
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[Avignon Off] « Finir en beauté » Mohamed El Khatib partage le deuil | Toutelaculture | [Avignon Off] « Finir en beauté » Mohamed El Khatib partage le deuil

[Avignon Off] « Finir en beauté » Mohamed El Khatib partage le deuil | Toutelaculture | [Avignon Off] « Finir en beauté » Mohamed El Khatib partage le deuil | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Faire un spectacle non pas sur la mort de sa mère mais sur tout le reste : l’annonce, l’entrée dans le deuil, l’extraction des affligés du cœur du monde de ceux qui vivent. C’est l’entreprise autobiographique de Mohamed El Khatib, et c’est un coup de poing libérateur.



Par Amélie Blaustein Niddam


A la Manufacture

 

Lire l'article sur le site de toutelaculture.com http://toutelaculture.com/spectacles/theatre/avignon-off-finir-en-beaute-mohamed-el-khatib-partage-le-deuil/?fb_action_ids=10153971159618265&fb_action_types=og.comments



Note de la rédaction : ★★★★★

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