Revue de presse théâtre
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LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE  :   L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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June 27, 2014 2:06 PM
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Polémique autour du théâtre de Saint-Priest : la Région pourrait retirer ses subventions

Polémique autour du théâtre de Saint-Priest : la Région pourrait retirer ses subventions | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Mercredi, on apprenait que le nouveau maire UMP de Saint-Priest et ses équipes avaient décidé d'annuler une grande partie de la programmation du théâtre Théo Argence. 18 spectacles sur 38 oeuvres prévues la saison prochaine seraient conservés car Gilles Gascon préférerait proposer à ses concitoyens des oeuvres plus populaires selon l'opposition.

Farida Boudaoud, vice-présidente chargée de la Culture à la Région Rhône-Alpes, a affirmé que le conseil régional resterait vigilant sur cette affaire. "Si la nouvelle municipalité se mêle des choix de programmation, si l'action culturelle dans le cadre de la Fabrique de théâtre est supprimée, si l'accueil des compagnies en résidence est modifié, la Région se verra contrainte de retirer son label Scène régionale ainsi que les financements alloués au théâtre".

Pour l’instant, la mairie de Saint-Priest n’a pas encore réagi sur le sujet

  paru dans www.mlyon.fr le 26 juin 

 

Lire aussi : Mauvaise farce au théâtre de Saint-Priest, paru dans 20 minutes Lyon : http://www.20minutes.fr/sport-lyon/1410889-20140625-mauvaise-farce-theatre

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June 26, 2014 11:39 AM
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Pierre-Michel Menger : « L'intermittence est un système inégalitaire »

Pierre-Michel Menger : « L'intermittence est un système inégalitaire » | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le régime des intermittents du spectacle engendre précarité et inflation des effectifs, explique le sociologue Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France.

 

Alors que le conflit des intermittents se poursuit, menaçant les festivals d’été, Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France (chaire de sociologie du travail créateur) et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), revient sur ce statut controversé. Il est l’auteur des Intermittents du spectacle. Sociologie du travail flexible(Editions de l’EHESS, 2011).

 

 -  D’où vient le régime des intermittents, dont la réforme suscite tant de tensions?

Depuis le XIXe siècle, le travail en « troupe » ou au sein d’un orchestre permanent est très minoritaire : dans les music-halls, les théâtres, les cabarets ou les scènes lyriques, l’embauche « au ­cachet » a toujours été monnaie courante. C’est une pratique ancienne, qui existait bien avant l’instauration d’un­ ­régime d’assurance-chômage particulier pour les intermittents. Le travail au projet est même l’une des caractéristiques intrinsèques du travail des artistes et des techniciens. Ce système est lié à un ­mécanisme structurellement déséquilibrant : en France comme ailleurs, dans le monde du spectacle, il faut, pour ­détecter les talents et dénicher des formes particulières d’originalité, beaucoup de candidats afin de pouvoir sélectionner les plus prometteurs ou les mieux armés pour des carrières incertaines. C’est vrai des artistes plus que des techniciens.

Dans les années 1930, ces formes d’emploi « intermittentes » ont reçu pour la première fois une qualification juridique particulière. En 1937, sous le Front populaire, des conventions collectives se sont ainsi appliquées au secteur des spectacles. Grâce à cette avancée sociale ­majeure, le travail a été mieux encadré dans les théâtres, les bals, les cirques, la variété, le music-hall, le cinéma ou l’opéra. C’est dans ces conventions que l’on trouve pour la première fois le terme juridique de « salarié intermittent ». Il n’est pas encore question, dans ces ­années-là, de constituer un mécanisme particulier d’assurance-chômage, mais dans le sillage de ces conventions se crée, en 1939, la caisse des congés spectacles, qui distribue depuis lors des congés payés aux ­artistes ou aux techniciens qui travaillent pour de multiples employeurs.

La troisième étape intervient au début de la Ve République, sous le général de Gaulle. En 1958, c’est la naissance de l’Unedic, un organisme paritaire et obligatoire gérant l’assurance-chômage qui fait l’objet de négociations régulières ­entre les représentants des employeurs et ceux des salariés. L’Unedic épouse progressivement le terrain du salariat et, en 1964, adopte un dispositif particulier pour les techniciens du cinéma : c’est la fameuse annexe VIII. En 1967, une ordonnance généralise au salariat tout entier le principe de l’assurance-chômage : elle donne naissance à la non moins fameuse annexe X, qui s’applique aux artistes. Le régime est consolidé avec l’abaissement, en 1980, du seuil d’éligibilité à l’assurance­-chômage : tous les artistes et techniciens peuvent bénéficier d’une indemnisation s’ils ont ­travaillé 520 heures de travail par an – 507 heures depuis 1982.

 

 -  Ce régime est-il propre à la France ?

Le chômage des artistes et des techniciens existe, bien sûr, dans tous les pays occidentaux, mais la France est la seule à leur offrir un régime particulier d’indemnisation. Il y a eu des tentatives de transposition du système français, en Suisse et en Belgique notamment, mais elles ont fait long feu ou sont restées très éloignées du modèle français. Si la France fait figure d’exception, c’est parce que ce ­régime d’assurance-chômage est le fruit d’une construction historique très longue.

Dans la plupart des autres pays, les artistes travaillent dans des structures permanentes comme des orchestres ou des troupes de théâtre – c’est le cas en Allemagne – ou sont considérés comme des free-lances ou des indépendants – c’est le cas dans le monde anglo-saxon. Il existe, à l’étranger, des dispositifs particuliers pour prendre en compte la spécificité des artistes, en Allemagne ­notamment, mais ils passent par la Sécurité sociale, pas par l’assurance-chômage.

 

 -  Quels sont les principes de base de ce système ?

Le régime des intermittents du spectacle, qui s’applique à des activités « par nature temporaires », consacre la liberté totale de l’employeur : s’il est dans le périmètre sectoriel où s’applique le « CDD d’usage », il n’a pas à expliquer les raisons pour lesquelles il propose un travail de trois heures, de trois jours ou de trois ­semaines, et il n’a aucune responsabilité à l’égard de la carrière des artistes et des techniciens qu’il emploie.

Dans le monde du travail, c’est une asymétrie employeur-employé que l’on ne retrouve nulle part ailleurs : le salarié contracte avec un employeur, mais ce dernier n’est tenu, à aucun titre, de renouveler ultérieurement le lien contractuel, d’assurer le suivi de carrière de son salarié, l’évolution de ses compétences, la gestion de sa retraite. Toutes ces questions sont transférées à des organismes ­sociaux qui prennent en charge la carrière individuelle des artistes et des techniciens. Les directeurs des ressources ­humaines du monde du spectacle, ce sont la caisse des congés payés, les organismes de retraite et l’assurance-chômage ! Dans ce secteur, la fonction d’employeur est « miniaturisée » : c’est une situation unique sur le marché du travail français.

Du côté du salarié aussi, la situation est très particulière : lorsque l’artiste ou le technicien a accumulé, à un rythme discontinu, 507 heures de travail sur une ­durée de dix mois ou de dix mois et demi, s’ouvre une période d’indemnisation qui est la partie la plus certaine de sa rémunération. Il en sort à chaque contrat et y ­retourne à chaque fin de ­contrat, ce qui génère une intrication ­totale entre le chômage et le travail. On ­atteint donc, pour le salarié, une hyperflexibilité assurantielle qui est le symétrique, pour l’employeur, de l’hyperflexibilité contractuelle. Une carrière réussie, dans le monde des intermittents du spectacle, ce n’est pas un emploi continu : c’est une succession, d’année en année, de contrats et de droits à ­indemnisation. L’indemnisation constitue donc un filet de sécurité avec des mailles aussi fines et souples que le système d’emploi lui-même.

 

 

 -  Pourquoi le système est-il en crise depuis les années 1980 ?

Au début des années 1980, le système a connu un tournant majeur. Après son élection, en 1981, François Mitterrand a mis en place une grande politique culturelle d’Etat – le budget du ministère a doublé et les collectivités locales ont suivi le mouvement. Des compagnies de théâtre, de danse, de cirque ont été créées, la musique s’est développée, les festivals se sont multipliés. Cette création d’emplois n’a pas donné naissance à des emplois permanents dans des troupes ou des maisons de la culture : elle s’est faite d’abord par l’intermittence, qui a constitué un ­levier extraordinaire pour cette nouvelle offre car elle permettait de rémunérer des artistes et des techniciens pour des coûts réduits et dans une flexibilité complète.

Au cours de ces années, l’Etat et plus ­encore les collectivités territoriales ont financé une croissance très rapide de l’offre dans le spectacle vivant. Si l’emploi ­intermittent a énormément progressé, dès les années 1980, c’est aussi en ­raison de la fin du monopole de la radio et de la télévision publiques. Pour nourrir la nouvelle ­offre radiophonique et télévisuelle, il a fallu faire travailler des techniciens qui ont, eux aussi, été massivement embauchés comme intermittents. Le système était très avantageux, notamment pour les structures fragiles comme les radios libres, les nouvelles chaînes de télévision ou les boîtes de production : un certain nombre d’entre elles se situait entre l’entrepreneuriat et le secteur associatif, et l’intermittence correspondait parfaitement à leur tentative d’innovation et à leur économie fragile.

 

Ces évolutions ont fait exploser le nombre d’intermittents : pour ceux que recensait la caisse des congés spectacles, ils étaient en effet 9 000 en 1980, 123 000 en 2002, 130 000 en 2012 ! Il a fallu prendre la mesure des effets de cette croissance car les comptes des annexes VIII et X de l’Unedic se déséquilibraient à grande vitesse. Au début des ­années 2000, les partenaires sociaux (sauf la CGT) ont décidé de modifier les règles d’indemnisation pour contenir la croissance démographique déséquilibrée du secteur, et s’ensuivit la longue crise de 2003 – l’Etat a finalement été obligé de recourir à un mécanisme de correction temporaire de la réforme.

Depuis, le nombre d’intermittents ­indemnisés a continué à croître, même si cette croissance est moins forte que dans les années 1990. Aujourd’hui, quatre mois de travail procurent huit mois de chômage. Cette équation, qui était minoritaire dans l’agenda des intermittents des années 1980, est largement majoritaire aujourd’hui.

 

 

-  Comment analysez-vous le débat actuel ?

L’intermittence est une construction collective très ingénieuse. Elle conduit cependant à un paradoxe extraordinaire qui défie la position de syndicats comme la CGT ou l’argumentation des coordinations : ils disent qu’il faut protéger les plus précaires, mais ce qu’ils ne ­disent pas, c’est que le système d’emploi lui-même produit de la précarité !

Au cours des années 1990, alors que les règles d’indemnisation ne bougeaient pas, le volume moyen de travail des artistes a chuté, passant de 68 à 43 jours. Pourquoi ? La quantité totale de travail a certes augmenté de 36 %, mais les effectifs d’intermittents ont augmenté de 79 %… Les employeurs, toujours plus nombreux, ont dispersé leur offre de travail, par choix ou par nécessité, sur un grand nombre d’intermittents, créant de la précarité.

Le monde de l’intermittence est caractérisé par trois facteurs : une totale liberté pour les employeurs, une forte attractivité des métiers et une solution de sécurisation du chômage. Si l’on combine ces trois facteurs, on obtient le cocktail explosif de l’intermittence : le volume de travail augmente rapidement, le nombre d’intermittents progresse plus vite encore, l’adossement au chômage ­indemnisé s’accroît, et le déficit, mécaniquement, se creuse.

Ce phénomène de croissance déséquilibrée n’est pas le fruit de l’initiative de tel ou tel acteur du système : l’initiative est tellement dispersée, la procédure tellement souple, que le seul socle de ­coordination des acteurs du monde du spectacle est l’assurance-chômage. Cette précarisation endogène au système constitue, pour beaucoup, un véritable marché de dupes. L’intermittence est un système bien plus inégalitaire que le ­salariat classique et beaucoup plus précarisant après l’âge de 50 ans. Le revenu moyen des artistes intermittents est nettement plus faible que celui des ­cadres et des professions intellectuelles supérieures, catégorie dans ­laquelle les artistes sont classés par l’Insee. Même si le « revenu psychique » procuré par l’exercice de tels métiers doit être ajouté comme une compensation, on est loin du compte. Et les retraites sont à des niveaux exceptionnellement bas. Sujet beaucoup plus explosif que les différés d’indemnisation !

 

 

-  Vous plaidez en faveur d’une responsabilisation des employeurs. Comment y parvenir ?

Le système permet de tout savoir sur les salariés : on connaît, pour chaque intermittent, le nombre d’heures de travail, les congés payés, les revenus, les indemnités chômage. Sur le comportement des employeurs, en revanche, on ne veut rien ­savoir. Or le système leur offre des avantages considérables : dans l’intermittence, la souplesse d’embauche est totale et la dépense salariale peut varier en fonction des projets, à l’heure près. Ces avantages dont rêveraient beaucoup d’employeurs ont un prix invisible : c’est la part assurantielle du travail des intermittents.

Ce coût invisible, les employeurs en laissent 80 % à la charge de la solidarité interprofessionnelle qui lie tous les employeurs et tous les salariés du secteur privé à travers la gestion de l’assurance-chômage. Et cette solidarité est sollicitée depuis trente ans. Il est temps de faire apparaître le coût réel du système en créant, pour chaque employeur, un compte assurantiel. Ce compte précisera que l’employeur a embauché tant d’intermittents, qu’il a signé tant de contrats et qu’il a permis à ses salariés d’obtenir telle quantité de chômage indemnisé. Faisons, chaque année, la somme de ce qui, dans le chômage indemnisé des salariés, peut être rattaché à chacun de ses employeurs et comparons ce chiffre au montant des cotisations versées par chaque employeur. Au lieu de dénoncer tous les abus, comme on le fait ­rituellement depuis trente ans, on y verrait enfin clair sur le comportement des « vrais » employeurs – pas ceux qui s’autoemploient et qui, selon certains ­ « experts » des coordinations, sont l’avant-garde du salariat émancipé, sous forme de salariés-employeurs-chômeurs.

Le problème du déficit sera plus simple à traiter : il s’agira de demander aux gros utilisateurs de l’intermittence de ­cotiser plus. Moduler les cotisations en fonction de l’intensité d’utilisation de l’emploi précaire, c’est un principe simple et juste, qui relégitimera la solidarité interprofessionnelle. Si un employeur veut disperser sa demande de travail sur beaucoup d’intermittents peu employés, il exerce un droit de tirage élevé sur l’Unedic : son choix en faveur de l’hyperflexibilité a un prix, ses cotisations sont réévaluées à la hausse. S’il veut, au contraire, concentrer sa demande de ­travail sur un nombre plus resserré de salariés qui travaillent davantage, il fait moins appel à l’indemnisation et ses cotisations sont orientées à la baisse.

Ce mécanisme nous vient tout droit de l’origine du droit social français, avec la loi sur les accidents du travail de 1898 : les ­cotisations varient en fonction du nombre d’accidents constatés dans l’entreprise et du niveau de risque de leur activité. Ma proposition entre en outre en résonance avec l’accord interprofessionnel de 2013, qui est un premier pas vers la modulation des cotisations en fonction du taux d’utilisation, par les entreprises, des contrats courts. C’était une vieille revendication de la CGT et ce fut une proposition de Martine Aubry lorsqu’elle était ministre des affaires sociales ! Une fois ces principes posés, il faut, bien sûr, prendre en compte la diversité du monde des spectacles.

Qu’arrivera-t-il, par exemple, si la modulation risque d’étrangler une petite compagnie de théâtre ? Pour éviter cette situation, on peut faire varier la modulation en fonction des caractéristiques des secteurs (taille des entreprises, intensité capitalistique, etc.). On peut aussi, si cela ne suffit pas, faire intervenir en dernier ressort l’Etat et les collectivités territoriales. Pas par l’impôt – impossible de créer des emplois publics ancrés dans le chômage ! – mais par le biais du Fonds de solidarité (FDS) ou du fonds de financement du chômage partiel, qui sont déjà reliés à l’assurance-chôage. Cette réforme permettrait de traiter le monde de la culture à la hauteur de son importance économique et symbolique, comme un secteur mature et responsable. Et de rendre les autres secteurs plus tranquillement solidaires de sa croissance brillante mais paradoxale.

 

 

Anne Chemin 
Journaliste au supplément Culture-Idées Paru dans Le Monde du 26 juin

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May 4, 2014 5:16 PM
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Le directeur du théâtre de Roanne Abdelouahab Sefsaf viré par le maire

Le directeur du théâtre de Roanne Abdelouahab Sefsaf viré par le maire | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Le 9 avril dernier, à Roanne dans la Loire (42), le maire récemment élu Yves Nicolin, annonce sans arguments valables le limogeage du directeur du théâtre. Un licenciement qui fait beaucoup de bruit, puisque c’est la police municipale qui a déclaré la nouvelle à l’intéressé, se rendant à son propre domicile. Artistes, syndicats et admirateurs de ses œuvres, se sont mobilisées les mercredis 9 et jeudis 24 avril devant la mairie pour exprimer leur indignation.


 

 
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March 25, 2014 7:18 PM
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"En tant qu'homme de théâtre, on ne peut pas s'opposer au Front national"

"En tant qu'homme de théâtre, on ne peut pas s'opposer au Front national" | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Thomas Ostermeier est le directeur artistique de la Schaubühne de Berlin et un habitué du Festival d'Avignon. Il défend la position d'Oliver Py, même s'il pense qu'il ne faut pas tourner le dos aux électeurs du Front national, mais plutôt tenter d'analyser comment on en est arrivé là.

 

Interview réalisée par Annette Gerlach pour arte

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

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February 15, 2014 6:33 AM
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Fin de l'exception culturelle française ?

Fin de l'exception culturelle française ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Pour ce qui est du moins cher, le monde de l'art et de la culture a déjà bien donné, avec conscience et responsabilité, depuis une bonne dizaine d'années, estime Jean-Pierre Vincent.

 

 

On s'est réjoui de toute part, parfois même avec surprise, du récent rapport des inspections des finances et de la culture faisant apparaître le secteur culturel comme un remarquable élément productif de notre économie, dépassant largement des secteurs réputés essentiels, comme par exemple l'automobile.

Certes, la culture est ici envisagée dans un sens vraiment très large, jusqu'aux confins des industries culturelles. Depuis quelques années déjà, des voix s'élevaient ici et là pour justifier la dépense culturelle publique par ses retombées économiques. Aujourd'hui, ces opinions sont confirmées, entérinées par un rapport solennel.

Ce n'est pas mince, d'autant plus que le spectacle vivant s'y taille la part du lion. Voilà une réponse ferme et mathématique aux inlassables détracteurs de la politique artistique et culturelle de notre pays, qu'ils soient partisans d'un retour à « avant Malraux » ou « avant Lang », ou bien qu'ils guettent les bénéfices espérables d'une culture enfin privatisée.

Mais il faut savoir relativiser cette heureuse consécration. Justifier la dépense artistique et culturelle par son rendement économique peut cacher une déviation perverse de son but profond. L'économie humaine ne saurait se réduire à l'économie productrice de richesses – lesquelles, et au profit de qui ? Georges Bataille (1897-1962), dès 1933 dans La Notion de dépense (Nouvelles Editions Lignes, 2011), livre essentiel, ouvrait une vraie révolution dans les conceptions admises de l'économie. A côté de la dépense productive, il y a la dépense improductive. Pour faire bref, c'est cette dernière qui constitue réellement l'humanité en tant qu'humanité.

A partir d'une formulation juste : « La culture n'est pas seulement une dépense », on peut glisser facilement vers une autre : « Elle est un élément de croissance. » Après tout, ce n'est pas impossible. Mais on en vient très vite à justifier la dépense artistique et culturelle par des raisons qui lui sont étrangères, voire contraires. On introduit un ver dans le fruit.

Prenons l'exemple du sport : lui aussi fait partie de cette dépense gratuite nécessaire à l'existence humaine. Il est désormais presque entièrement avalé par l'économie « créatrice de richesses », le casino mondialisé. Redisons-le : la culture est une dépense. Le retour sur investissement (financier ou électoral) ne saurait être sa justification. C'est cela que les décideurs et dirigeants doivent se remettre en tête, car il semble que cette évidence se soit perdue dans le désarroi financier et politique mondial.

 

SANS L'IMAGINAIRE ET LE SUPERFLU

 

Que l'art puisse – et doive – avoir aujourd'hui une utilité pédagogique et civique, personne ne le nie, et chacun s'y emploie. Mais cette utilité doit rester un élargissement de la dépense improductive, un acte de liberté gratuite et partagée, à l'abri des contraintes purement matérielles. La vraie vie est ailleurs, a-t-on fait dire à Rimbaud, qui en vérité avait écrit : « La vraie vie est absente. » Le Roi Lear de Shakespeare criait à ses filles : « Ô ! Ne discutez pas le besoin ; nos plus misérables mendiants ont toujours quelque objet superflu. N'accordez à la nature que ce dont la nature a besoin, et la vie de l'homme ne vaut pas plus cher que celle de la bête. »Sans l'imaginaire et le superflu, nous aurions pu rester des animaux, après tout, ou pourrions le redevenir.

Comment ne pas tomber d'accord avec les récents propos de notre président de la République : « produire plus, produire mieux », voir l'avenir avec énergie et volonté, mettre un terme à l'actuelle mélancolie française ? Mais expliquons-nous un peu : mieux signifie-t-il ici plus beau, vraiment ? Ou alors… moins cher ? Ou bien « plus beau et moins cher » ? Pour ce qui est du moins cher, le monde de l'art et de la culture a déjà bien donné, avec conscience et responsabilité, depuis une bonne dizaine d'années. L'espace matériel des productions artistiques se réduit lentement comme peau de chagrin. Le maintien à flot du budget de la culture, tant bien que mal, d'année en année, proclamé par les ministres successifs, a doucement, inexorablement – inflation et non-indexation aidant – rogné les moyens du théâtre, de la musique, de la danse, de tous les arts de la scène et des arts plastiques, dans leurs missions publiques.

Pour produire plus et mieux, dit le président, il faut économiser sur les dépenses publiques – dont nous faisons partie, ne serait-ce que pour une part infime. Nous ne pouvons nous empêcher de nous inquiéter une nouvelle fois. En 2014, une mise en réserve, un gel de crédits de 7 % sur chaque entreprise, grande, moyenne ou petite, du spectacle vivant ? Cela amaigrirait gravement la création en France et causerait un chômage dévastateur.

Et pour quel gain financier ? Très peu, si peu de choses, en fait. Il n'y a pas de petites économies, dit-on. Mais en ce domaine, aujourd'hui, elles peuvent être mortelles. Osera-t-on par ailleurs s'attaquer aux vrais gaspillages dont notre République fourmille, secteurs public et privé rassemblés ?

Après un lumineux et pertinent parcours historique de nos économies culturelles depuis les tribus les plus anciennes, Georges Bataille en venait à l'ère moderne, à la période bourgeoise. « La générosité et la noblesse ont disparu et, avec elles, la contrepartie spectaculaire que les riches rendaient aux misérables. »

La bourgeoisie, qui existe toujours bel et bien parmi nous au XXIe siècle, ne « dépense que pour soi ». Elle porte et promeut « une représentation uniquement économique du monde, au sens vulgaire, au sens bourgeois du mot ». Cette médiocrité avait reflué chez nous grâce à une initiative exceptionnelle, au sortir des horreurs mondiales de la guerre : la création du ministère des affaires culturelles. On sent partout que cette exception est en danger. La fameuse politique culturelle de la France pourrait n'avoir été qu'une brève parenthèse au regard de l'Histoire. Il est simplement temps de réagir. Et l'économie ne s'en portera sans doute que mieux. L'humanité aussi – « si cette notion est maintenue », disait Samuel Beckett.

En janvier 2014, le président de la République n'a pas souhaité reprendre la tradition des voeux au monde de la culture. « Invention sarkozienne »,expliqua-t-on à l'Elysée. Drôle de raison. Dommage.

 

 

  Jean-Pierre Vincent, metteur en scène Tribune dans Le Monde du 14 février 2014

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June 27, 2014 9:43 AM
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Cessons de subventionner la médiocrité créatrice

Cessons de subventionner la médiocrité créatrice | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Il faut anticiper sur les nouveaux usages numériques pour initier une véritable politique culturelle de gauche, estime le philosophe Yves Michaud.

 

Le grand bond en avant de l'action culturelle à l'époque Lang-Mitterrand a reposé sur le doublement du budget du ministère de la culture et la vitalité de la culture française des années 1970. Ni l'un ni l'autre ne sont aujourd'hui au rendez-vous.

Il ne peut être question d'un effort financier supplémentaire en période d'économies et de coupes. D'autre part, l'essentiel du budget du ministère de la culture est affecté par avance aux équipements et institutions de l'époque du bond en avant. Quant à la vitalité de la création, elle est à la traîne – et pas seulement à cause de la bureaucratisation et de la culture de la subvention qui s'est installée dans un peu tous les domaines.

 

LA CONSOMMATION DE CULTURE A CHANGÉ

Nous n'avons plus ni les artistes, ni les gens de théâtre, ni les cinéastes des années 1970 et 1980. Seule est un peu inventive la musique électronique. Dans le même temps, le cadre de consommation et de production de la culture a changé du tout au tout.

D'abord le ministère de la culture est loin d'être le seul acteur. Il est même devenu un personnage mineur. Sur les quelque 7 milliards d'euros de son budget, près de 4 vont à l'audiovisuel public, si bien que le président de France Télévisions est aussi important que le ministre, et même son rival, sans grande obligation de résultat culturel. Les régions, villes et communautés locales financent, elles, la culture pour près de 8 milliards d'euros, en contribuant à la fois à la diffusion culturelle auprès des publics et plus encore au soutien à l'industrie du tourisme.

Surtout, ce sont les dépenses culturelles des ménages qui pèsent : pour près de 80 milliards d'euros par an (je ne compte pas les dépenses d'animaux domestiques et de jardinage), avec cette particularité que 30 milliards vont aux achats de contenu (musique, cinéma, livres, jeux vidéo, spectacles, loisirs culturels) et le reste aux achats de tuyaux (abonnements Internet, téléphone, redevances, péages en tout genre, téléviseurs, matériel informatique, logiciels). Ces dépenses culturelles ont d'abord une fonction de loisir et de divertissement, et elles font le dynamisme de l'industrie globalisée de la culture.

 

C'est pourquoi une politique « de gauche » tournée vers la diffusion d'une culture de qualité auprès de larges publics, à commencer par les publics défavorisés, est aujourd'hui dans l'impasse. Non seulement à l'époque des vaches grasses, elle n'a pas atteint ses objectifs mais, aujourd'hui, en période de disette budgétaire, elle est débordée par la réalité de la consommation culturelle et de l'industrie des loisirs.

Le ministère de la culture en est du coup réduit à gérer l'existant tout en reprenant les vieux slogans : le rayonnement du cinéma français, la fréquentation record des musées, la floraison des festivals, le soutien à la presse, la défense de l'exception culturelle française dans les négociations internationales et à Bruxelles. Surtout, ne touchons à rien et distribuons des médailles des arts et lettres aux people et aux vedettes d'Hollywood !

 

PROFITER DE LA VAGUE NUMÉRIQUE

Malheureusement, derrière les slogans, la situation est moins brillante : le cinéma français tourne sur lui-même grâce au pactole du Centre national du cinéma et de l'image animée, la presse survit grâce aux perfusions d'aides, les festivals servent à faire tourner l'hôtellerie, les séries françaises ne valent pas tripette, la télévision est d'une médiocrité confondante, les écoles d'art se sont normalisées, et le ministère soutient les revendications les plus rétrogrades des éditeurs contre le livre numérique, Amazon et Google.

Sans que ça coûte grand-chose, la gauche aurait pu réfléchir afin d'anticiper, au moins un peu, des évolutions difficiles, mais parfois aussi passionnantes. On ne s'opposera pas à la vague numérique, mais on pourrait profiter d'elle.

Au lieu de jeter l'anathème Google et Amazon, ne pourrait-on inciter les éditeurs français à avoir une plate-forme unique de diffusion et de vente de l'édition francophone ? Au lieu de défendre à tout prix le statut des intermittents, ne pourrait-on se demander comment il se fait qu'il ne cesse d'attirer de nouveaux bénéficiaires pour pas beaucoup plus de qualité culturelle ? Au lieu de tenir à bout de bras une presse moribonde, ne pourrait-on l'inciter à accélérer le virage numérique ? Faut-il vraiment financer autant de chaînes de télévision aussi nulles et est-ce que la médiocrité privée ne suffit pas ? Faut-il continuer à subventionner un cinéma français pour initiés (au sens des marchés) ?

Surtout, la gauche devrait penser à la francophonie. La politique française en ce domaine reste celle des trafiquants d'influence de la Françafrique et du Medef-Afrique. La langue française se perd faute de diffusion, les étudiants africains vont aux Etats-Unis ou ailleurs en Europe, la diffusion télévisuelle à destination des pays francophones est quasi inexistante quand on la compare au forcing des chaînes arabes et anglophones. Même Israël fait mieux en Afrique avec i24 que la France avec France 24.

On ne demande pas à la gauche de faire des miracles. Elle pourrait juste réfléchir aux changements du monde et de la culture et commencer à les aborder de manière inventive. Au lieu de cela, elle s'occupe de répartir les bonnes places entre les obligés du régime. Ça, la droite sait aussi le faire.

 

 

Yves Michaud (Philosophe) 
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June 23, 2014 11:46 AM
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L'annulation des festivals, une catastrophe économique pour les territoires - Lagazette.fr

L'annulation de certains festivals de l'été à la suite du mouvement des intermittents aurait des conséquences économiques catastrophiques à la fois pour les festivals et pour les collectivités locales, qui bénéficient de retombées de l'ordre de 5 à 10 euros pour un euro investi, selon plusieurs études de terrain.

 

Près de 2.000 festivals animent les villes et villages français, dont la moitié pendant l’été avec des manifestations emblématiques comme Avignon, Aix-en-Provence (opéra) et des rassemblements massifs comme Hellfest en Loire-Atlantique. On compte sur le seul mois de juillet 12 festivals par jour en moyenne, avec un record pour le premier week-end de juillet.

La CGT-Spectacle, fer de lance de la lutte des intermittents contre la nouvelle convention chômage, a déposé vendredi un préavis de grève pour le mois de juillet et appelé à « une grève massive » le 4 juillet, jour de l’ouverture du festival d’Avignon.

Lors de l’annulation du festival en 2003, date de la dernière grande crise des intermittents, la ville désertée par les festivaliers avait estimé à 23 millions d’euros le manque à gagner, bien que le « Off » ait continué de jouer massivement. L’ardoise est lourde pour les organisateurs mais elle l’est aussi pour les hôteliers, restaurateurs, commerçants etc.

La fédération France Festival estime qu’un festival génère en moyenne 6,83 euros d’impact économique pour un euro de subvention, sur la base d’une étude portant sur 19 festivals de toutes tailles et genres en 2009.

A Aix-en-Provence, chaque euro de subvention versé déclenche 10 euros d’impact économique direct: transport, hôtellerie, restauration et achats des spectateurs, mais aussi production artistique, tournées des spectacles, productions audiovisuelles etc. Le festival emploie 927 personnes, dont 72% d’intermittents qui doivent se prononcer sur une éventuelle grève à compter du 2 juillet, jour de la première de « La Flûte enchantée ».

Une grande partie des festivals se déroulent dans le sud de la France, d’où le cri d’alarme du président PS de la région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne mardi. « L’annulation serait un désastre économique pour ces territoires qui bénéficient, généralement, de coefficients multiplicateurs, en terme de retombées économiques, oscillant entre 4 et 13″, avait-il estimé dans une lettre au médiateur nommé par le gouvernement.

 

La Gazette des Communes

 

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March 28, 2014 2:44 PM
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Pour renouer avec un art militant, tribune de Thibaud Croisy

Pour renouer avec un art militant, tribune de Thibaud Croisy | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le sursaut d'indignation face au score du Front national à Avignon ne suffit pas. Plus qu'un moment passager de colère, il faut un paysage culturel repolitisé, estime Thibaud Croisy, metteur en scène.

 

 

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February 16, 2014 5:38 PM
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POUR L'ART ET LA CULTURE : Lettre au Président de la République

POUR L'ART ET LA CULTURE : Lettre au Président de la République | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

 

Jack  Ralite, ancien ministre, animateur des Etats généraux de la culture, a, avec Catherine Tasca et la comédienne Dominique Blanc, rédigé un courrier à l'intention du Président de la République François Hollande sur les questions culturelles. Vous en  trouverez copie en cliquant sur le lien ci-dessous.

 

http://archives.rueduconservatoire.fr/fichiers/file/courrier_au_presidernt_de_la_republique.pdf

 

Extrait :

 

"Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société. 

On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi le meilleur antidote à tous les racismes,
antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme."

 

Paru sur le site Rue du Conservatoire

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