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Le spectateur de Belleville
April 29, 2021 3:06 PM
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par Anne Diatkine dans Libération publié le 28 avril 2021 Des délégations des 56 lieux culturels occupés de France se sont retrouvés à Villeurbanne pour unifier le mouvement. Pas gagné tant les demandes peuvent sembler disparates. Ils sont venus, ils sont tous là, enfin une bonne partie : des délégations de cinquante-six lieux occupés ont traversé la France pour se retrouver au Théâtre National Populaire (TNP) dans le quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne, dont le tout nouveau directeur, Jean Bellorini, vient d’annoncer qu’il est en mesure de présenter un premier spectacle à partir de la mi-mai, signe que dans son théâtre, public, occupants, salariés, équipe artistique, sauront cohabiter. Ils sont venus, ils étaient là et ils ont pu confronter ce qui les rassemble en dépit de leur disparité et de l’extrême hétérogénéité des types d’occupation. A quoi sert le raout ? «Il fallait unifier le mouvement. Comme la résistance après guerre, au moment du Conseil national de la résistance, a dû être unifiée», ose l’un des organisateurs. Quoi de commun en effet, entre les problèmes de Thomas, berger-charpentier, qui se présente comme «précaire volontaire», délégué d’un petit théâtre municipal dans l’Aude en Lozère et qui dit se battre pour «l’essentialisation de la culture» en milieu rural et ceux d’une infirmière psy en burn-out ? Entre ceux d’une délégation de la confédération paysanne et ceux d’Antoine, contrebassiste de jazz, dont l’activité s’est arrêtée depuis maintenant un an puisqu’elle se passe en bonne partie dans des cafés et des restaurants ? «Eh bien on a élargi la lutte. On n’est plus dans une revendication sectorielle», estime-t-il, lui qui a épluché jusqu’à la dernière virgule le rapport Gauron sur le sort des intermittents et la possible prolongation de l’année blanche. Espérance des luttes Arrêtons-nous un instant sur l’occupation à Auch, dont tous les occupants se présentent sous le prénom de Camille «afin de ne pas être mis en avant en tant qu’individu», même si le risque du vedettariat semble cependant une faible menace. Camille E. et Camille V., une fille et un garçon de moins de trente ans chacun, occupent le jour le Dôme de Gascogne et à partir de 19 heures et jusqu’au lendemain, le Ciné 32, cinéma d’art d’essai qu’ils ont transformé en «outil de travail» en organisant des projections «ciné-lutte». Camille E. et V. se targuent que la plupart des occupations a permis d’ouvrir les lieux culturels fermés, bien qu’on n’entre pas au Ciné 32 comme dans un moulin juste pour voir un film. L’occupation agrège l’association le Véloche et accompagne les manifestations contre la suppression de poste de CPE dans un lycée de la ville. Le champ est trop vaste pour ne pas s’y embourber ? «Non», pense Camille E., qui comme les autres Camille ne parle plus de «convergence des luttes» mais «d’espérance des luttes» : «On crée un lien social qui était rompu.» Dialogue qui passe par un système particulier de prise de parole lors des AG où une femme alterne avec un homme «afin de ne pas reproduire les discriminations de genre qui existent dans la société.» Là aussi, «l’occupation continuera tant que la réforme de l’assurance chômage ne sera pas abrogée». Camille E., elle, restera car elle a réussi l’exploit de trouver un emploi salarié dans l’un des lieux qu’elle occupe grâce au mouvement. Mine de rien, certaines occupations se rêvent en université populaire. Emma, étudiante en littérature espagnole, a poussé la porte de l’Opéra de Lyon parce qu’elle avait entendu parler d’un atelier de gravure mais des étudiants en philo organisent aussi des points philo, et elle y est depuis maintenant un mois. Et les intermittents ? Oui, bon, d’accord. Et les intermittents ? Comme Jacquemine, par exemple, ingénieure du son, venue en délégation du Quartz de Brest, qui a perdu «cinq cents euros par mois depuis un an» et qui compte bien réunir ses heures cet été notamment aux Francofolies de la Rochelle. C’est le bât qui blesse et le principal point d’âpreté : le mouvement quasi invisible, dont la principale revendication et dénominateur commun s’est fixée sur l’abrogation de l’assurance chômage, doit-il s’attaquer à la reprise des activités au risque de bloquer spectacles et festivals et de créer une scission entre équipes, public et chômeurs ? Ou doit-il changer de stratégie afin de provoquer un genre d’insurrection populaire digne de ce nom ? Jacquemine pense qu’elle sera, «comme un tiers des intermittents», obligée de se reconvertir si la réforme honnie passe. Pour autant, elle est «complètement opposée» à ce que le mouvement bloque les festivals cet été. Christophe Jaillet, acteur, encarté à la CGT spectacle, estime à l’opposé qu’il va falloir «péter les festivals» si la réforme n’est pas «complètement abrogée» et si la reprise «ne s’accompagne pas de droits sociaux». L’autre possibilité serait, toujours selon Jaillet, de se focaliser sur les gros spectacles avec des vedettes. Sur ce point essentiel et clivant, «aucune décision n’a été votée.» La suite au prochain épisode, fin mai, dans les lieux occupés d’Orléans.
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Le spectateur de Belleville
April 20, 2021 12:46 PM
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Par des responsables de scènes publiques publié le 19 avril 2021 dans Libération En même temps qu’il envisage une réouverture des lieux culturels le 15 mai, le gouvernement impose une transformation brutale de l’assurance chômage que dénoncent plus de 200 artistes et responsables culturels, de Laure Calamy à Jean-Claude Gallotta en passant par Corinne Masiero ou Charles Berling. Monsieur le président de la République, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Nous sommes artistes, acteur·rice·s, auteur·rice·s, technicien·ne·s, directeur·rice·s de lieux culturels et, comme tous nos concitoyens, nous avons bien entendu et compris, durant cette année, qu’il allait falloir «apprendre à vivre avec le virus», que ce qui avait d’abord été considéré comme une situation exceptionnelle allait sans doute entraîner des modifications pérennes de nos manières de vivre et de travailler. Nous pensions alors, «qu’apprendre à vivre avec le virus» consisterait à concevoir ensemble les modalités du maintien d’un service public des arts et de la culture en toutes circonstances. Depuis plus d’un an, nos organisations professionnelles ont multiplié les propositions raisonnables de calendriers et de modalités de réouverture partielle. Tout comme pour l’école, il y avait là un enjeu politique et social essentiel, précisément en temps de crise. Et nous ne comprenons pas l’interminable mise à l’arrêt qui a été infligée à notre secteur. Votre surdité et votre mutisme face à cette question fondamentale s’apparentent à un terrible choix de société, que vous avez fait. Nous attendons donc fermement la proposition de calendrier de réouverture des lieux culturels et de convivialité, que vous avez évoquée pour le 15 mai. Pour autant, nous voyons qu’au moment où vous esquissez cette perspective de nous rassembler à nouveau, vous n’hésitez pas à compromettre ces retrouvailles, en alimentant la division et la fracture sociale avec des projets de réformes des droits sociaux injustes et incompréhensibles dans ce contexte. Ces jours meilleurs, promis et espérés, vous les placez délibérément sous les auspices des conflits sociaux. Nous ne pouvons pas comprendre cette volonté d’imposer en pleine crise une transformation brutale de l’assurance chômage. Nous savons qu’elle engendrera pour l’ensemble des intermittent·e·s du travail, pour la jeunesse qui cherche à accéder à l’emploi, pour les salarié·e·s les plus fragiles, une aggravation de la précarité et une dégradation des conditions d’existence. Comment envisagez-vous un retour à la vie dans de telles conditions ? Beaucoup d’entre nous travaillent dans des lieux occupés depuis plus d’un mois, au cœur de conflits sociaux qui germent partout en France, que vos annonces provoquent et nourrissent de désespoir et de colère. Aujourd’hui, à l’approche d’échéances électorales majeures dans notre pays, l’indifférence gouvernementale que vous opposez aux mouvements en cours aura des conséquences profondes. Nous vous demandons solennellement de prendre en considération une situation qui, dans son ensemble, témoigne d’un appel désespéré à créer un espace de dialogue qui permettra de revenir à la vie sociale et sensible. Voilà ce que les occupant·e·s des lieux culturels essayent de vous faire entendre. Voilà ce que nombre d’expert·e·s des questions sociales et économiques essayent de vous faire entendre. Voilà ce que les élu·e·s des grandes villes de France, de tous bords politiques, ont également essayé de vous faire entendre, il y a quelques jours, via un communiqué de l’association France urbaine. Voilà ce que tout le monde, finalement, essaie de vous faire entendre. Et c’est ce que nous essayons de faire à notre tour. Entendez-vous ? Signataires : Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France, président de l’ACDN, Ariane Ascaride, comédienne, Nicolas Bouchaud, comédien, Joris Mathieu, auteur, metteur en scène, directeur du Théâtre Nouvelle Génération-CDN de Lyon, Maguy Marin, chorégraphe, Béatrice Dalle, actrice, Emilie Capliez, directrice de la Comédie de Colmar-CDN, Benoît Lambert, metteur en scène, directeur de la Comédie de Saint-Etienne, Vincent Dedienne, acteur, Nathalie Garraud, directrice du Théâtre des 13 vents-CDN Montpellier, Jean Bellorini, metteur en scène et directeur du TNP, Chloé Delaume, autrice, Alice Diop, cinéaste, David Bobée, metteur en scène, directeur du Théâtre du Nord et du CDN de Normandie Rouen, Joey Starr, musicien et acteur, Charles Berling, acteur, directeur du Théâtre Liberté, scène nationale de Châteauvallon, Philippe Torreton, comédien, François Morel, comédien, Laure Calamy, actrice, Julie Deliquet, metteuse en scène et directrice du Théâtre Gérard Philipe-CDN de Saint-Denis, Clothilde Hesme, actrice, Jean-Claude Gallotta, chorégraphe, Hervé Le Tellier, écrivain, Stéphane Brizé, réalisateur, Christophe Honoré, metteur en scène et réalisateur, Isabelle Gélinas, actrice Collectif (La) Horde, chorégraphes, Cécile Ladjali, écrivain, Antoine Volodine, auteur, Christian Rizzo, chorégraphe et directeur ICI-CCN Montpellier-Occitanie, Irène Jacob, actrice, Virginie Boccard, directrice-Les Quinconces et l’Espal, scène nationale Le Mans, Boris Charmatz, chorégraphe, Gérard Mordillat, auteur, metteur en scène, Judith Henry, actrice, Arnaud Meunier, directeur de la MC2 Grenoble, Corinne Masiero, actrice, Claire Lasne-Darcueil, comédienne et metteuse en scène, Jean-Louis Martinelli, metteur en scène, Sandrine Mini, directrice - TMS - Sète - Scène nationale de l’archipel de Thau, Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène, directeur du Théâtre de la Ville et du Festival d’Automne, Nicolas Royer, directeur de l’Espace des arts-Scène nationale de Chalon-sur-Saône, Marcial Di Fonzo Bo, metteur en scène et directeur de la Comédie de Caen, Anne Alvaro, actrice, Jacques Bonnaffé, acteur, Marcel Bozonnet, metteur en scène, Phia Ménard, chorégraphe, Jean-Claude Mourlevat, écrivain, Jean-François Sivadier, metteur en scène, Maud Le Pladec, chorégraphe et directrice du Centre chorégraphique national d’Orléans, Anna Mouglalis, actrice, Olivier Cadiot, écrivain, Jacques Fansten, réalisateur, Jean-Charles Massera, artiste-écrivain, Chloé Dabert, directrice de la Comédie de Reims-Centre dramatique national, Renaud Herbin, marionnettiste directeur du TJP Centre dramatique national de Strasbourg-Grand Est, Daniel Jeanneteau, directeur du T2G-théâtre de Gennevilliers, François Rancillac, metteur en scène Cie Théâtre sur paroles, Sylvie Gouttebaron, écrivain, Matthieu Cruciani, directeur CDN Colmar, Marc Lainé, directeur de la Comédie de Valence, Centre dramatique national Drôme Ardèche, Julia Vidit, metteuse en scène, Théâtre de la Manufacture -CDN de Nancy, Pascale Daniel-Lacombe, directrice CDN Comédie Poitou-Charentes, Jacques Vincey, metteur en scène et directeur du Théâtre Olympia-CDN de Tours, Jacques Peigné, directeur délégué Comédie de Caen-CDN de Normandie, Carole Thibaut, autrice, metteuse en scène, directrice du CDN de Montluçon, Muriel Mayette-Holtz, directrice du Théâtre national de Nice, Rodolphe Dana, directeur du Centre dramatique de Lorient, Benoît Joëssel, directeur administratif et financier du Théâtre national de Nice, Lucie Berelowitsch, directrice du Préau, CDN de Normandie-Vire, Sébastien Juilliard, directeur adjoint du Préau CDN de Normandie-Vire, Martin Palisse, directeur le Sirque, Olivier Saccomano, auteur et directeur du Théâtre de 13 vents-CDN de Montpellier, Anne Tanguy, directrice des 2 Scènes, Scène nationale de Besançon, Fabrice Boy, administrateur CDN Besançon Franche-Comté, Nicolas Dupas, directeur adjoint du Théâtre de Lorient, CDN, Catherine Meneret, direction adjointe du centre chorégraphique national de Caen, Alban Richard, chorégraphe, directeur du centre chorégraphique national de Caen, Ariane Lipp, directrice adjointe CDN Nancy, Lucien Ammar-Arino, directeur délégué /VIADANSE - CCN de Bourgogne Franche-Comté à Belfort, Anne Monfort, metteuse en scène, Joëlle Smadja, directrice - CDCN Pole Sud Strasbourg, Corinne Gaillard, directrice /La Place de la Danse-CDCN Toulouse /Occitanie, Olivier Letellier, metteur en scène Théâtre du Phare, Laurence Méner, directrice adjointe /TJP CDN de Strasbourg Grand Est, Eric Lamoureux, chorégraphe directeur de VIADANSE Centre chorégraphique national de Bourgogne Franche Comté à Belfort, Adèle Lhoutellier, secrétaire générale, TJP - CDN de Strasbourg, Mathieu Bauer, metteur en scène, directeur du Nouveau Théâtre de Montreuil, Marion Aubert, autrice, Maëva Paquereau, chargée de projet de territoire - Collectif FAIR-E /CCN de Rennes et de Bretagne, Catherine Marnas, metteuse en scène et directrice du TnBA, Célie Pauthe, metteuse en scène et directrice du CDN Besançon Franche-Comté, Bernard Chambaz, écrivain, Clémence Sormani, directrice déléguée Ballet national de Marseille, Didier Grimel, directeur adjoint Comédie de Béthune CDN Hauts-de-France, Sandra Neuveut, directrice de La Briqueterie, Luc Beraud, cinéaste, Yves Beaunesne, metteur en scène Compagnie de la Chose incertaine, Mme miniature, créatrice son musicienne, Nadia Minisini, directrice adjointe Le Gymnase CDCN Roubaix - Hauts de France, Laurent Heynemann, réalisateur, Richard Sandra, comédien, Constance Dollé, comédienne, Lorraine de Sagazan, metteuse en scène, Bruno Bouché, directeur artistique Ballet de l’Opéra national du Rhin, Julie Jacovella, comédienne, Thierry Malandain, directeur CCN - Malandain Ballet Biarritz, Alexandra Tobelaim, metteuse en scène directrice du NEST – CDN de Thionville, Elise Vigier, metteuse en scène, Marianne Alphant, auteure, Didier Stephant, artiste plasticien, Aleksandra de Cizancourt, comédienne /Collectif In Vitro, Stéphane Gil, directeur délégué - ThéâtredelaCité - CDN Toulouse Occitanie, Galin Stoev, artiste directeur - ThéâtredelaCité - CDN Toulouse Occitanie, Emmanuelle Boisanfray, administratrice du Ballet de l’Opéra national du Rhin, Céline Breant, directrice du Gymnase /CDCN Roubaix-Hauts de France, Macha Makeieff, artiste et directrice théâtre national de Marseille La Criée, Benoît Peeters, écrivain, Stephan Lauret, directeur La Manufacture CDCN Bordeaux La Rochelle, Liliane Schaus, directrice de La Maison CDCN, Borja Sitjà, directeur de l’Archipel-Scène Nationale de Perpignan, Simon Delétang, directeur du Théâtre du Peuple de Bussang, Yoann Barbereau, écrivain, Olivier Atlan, directeur Maison de la culture de Bourges, Emmanuel Ruben, directeur littéraire et artistique Maison Julien-Gracq, Farid Bentaieb, directeur /Le Trident scène nationale de Cherbourg en Cotentin, Annabelle Simon, metteuse en scène Cie Les immersives, Aline Chassagne, adjointe à la culture Besançon, Jean-Christophe Laurier, comédien, David Seigneur, comédien théâtre Gérard-Philipe Saint Denis, Damien Godet, directeur /Scène nationale du Sud-Aquitain, Emmanuel Noblet, comédien, Jérôme Prieur, écrivain et réalisateur, Lise Saladain, directrice déléguée, La Manufacture CDCN Bordeaux La Rochelle, Maia Sandoz, metteuse en scène, Christian Benedetti, acteur /metteur en scène /directeur du Théâtre-Studio à Alfortville, Kevin Keiss, auteur, dramaturge, maître de conférence associé à l’université BordeauxMontaigne, Daniel Jeanneteau, directeur du T2G - théâtre de Gennevilliers, Nelson-Rafaell Madel, comédien, metteur en scène, Astrid Bayiha, autrice, comédienne et metteuse en scène, Adrien Bernard-Brunel, artiste-interprète, Jonathan Prigent, régisseur général, Jeanne Benameur, écrivaine, Xavier Deranlot, acteur /metteur en scène, Julie Bardin, régisseuse lumière, Arlette Farge, historienne, Lise Facchin, auteure, metteure en scène, Le Ring, Maud Le pladec, directrice Centre Chorégraphique National d’Orléans, Irina Solano, actrice, Anne Barbot, metteuse en scène et comédienne, Paul Moulin, comédien /metteur en scène - Théâtre de l’Argument, Pierre Tanguy, musicien, Claire Pouderoux, comédienne, Maëlle Dequiedt, metteuse en scène - Cie La Phenomena, Kristina Chaumont, comédienne, Alexandre Dain, directeur adjoint le quai CDN Angers pays de la Loire, Christophe Rauck, metteur en scène directeur du Théâtre Nanterre-Amandiers, Beatrice Venet, metteuse en scène de la cie Rêve Mobile, Camille Davin, directrice /compagnie ia, Sarah Horoks, Comédienne /metteuse en scène /La C.T.C, Élie Triffault, metteur en scène- Auteur- Comédien -Compagnie 55, Yannick Thebault, Rêve Mobile, Sophie Chesne, directrice adjointe La Comédie de Saint-Etienne, Michel Chaumont, Débats et rencontres, théâtre des Amandiers, aujourd’hui retraité, Anne-Marie Peigné, directrice adjointe déléguée au développement Théâtre Nanterre-Amandiers, Bruno Cochet, directeur du Théâtre de Rungis, Tatiana Breidi, directrice Le studio d’Asnières, Bruno Brinas, concepteur lumière, Jenny Macquart, metteuse en scène, Lucie Joliot, éclairagiste et scénographe, Christophe Marquis, directeur L’échangeur-CDCN Hauts-de-France, Dominique Fabre, auteur, Clara Benoit-Casanova, autrice, comédienne, Sonia Kechichian, directrice, Théâtre d’Angoulême, scène nationale, Camille Claris, comédienne, Olivier Faliez, comédien, Frédéric Danos, poète, Eric Massé, co-directeur du Théâtre du Point du Jour, Angélique Clairand, co-directrice du Théâtre du Point du Jour, Xavier Deranlot, acteur /metteur en scène, Thomas Jolly, artiste-directeur Le Quai CDN - Angers /Pays de la Loire, Emmanuelle Vo Dinh, chorégraphe-directrice, Nasser Djemaï, auteur, metteur en scène, directeur du Théâtre des quartiers d’Ivry – CDN du Val-de-Marne, Philippe Triboit, scénariste-réalisateur, Mexianu Medenou, comédien, Leïla Anis, autrice associée /TGP-CDN de Saint-Denis, Laurence De Magalhaes, directrice Le Monfort /Festival Paris l’été, Stephane Ricordel, directeur du Théâtre le Monfort et festival Paris L’été, Roland Auzet, metteur en scène compositeur, Christine Citti, comédienne, autrice, Laurent Vacher, metteur en scène, Aurélien Recoing, acteur - metteur en scène - réalisateur, Sylvain Maurice, directeur CDN Sartrouville, Pierre-Yves Lenoir, directeur des Célestins, Théâtre de Lyon, Emmanuel Meirieu, metteur en scène /auteur de théâtre, Benoît André, directeur de La Filature - Scène nationale de Mulhouse, Pierre Maillet, acteur /metteur en scène /Les Lucioles, Stéphane Malfettes, directeur des SUBS, Lyon, José-Manuel Gonçalves, directeur /CENTQUATREPARIS, Severine Chavrier, directrice CDNO, Hélène Joly, directrice déléguée terrain I Boris Charmatz, Claudia Stavisky, directrice Célestins Théâtre de Lyon, Mehdi Guellati, administrateur adjoint d’un CDN, Paul Desveaux, metteur en scène, Vincent Garanger, comédien, Pauline Sales, autrice, Céline Le Roux, directrice adjointe Théâtre Nouvelle Génération- CDN de Lyon, David Lescot, auteur, metteur en scène, Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la danse, Mathurin Bolze, directeur artistique Cie MPTA /festival Utopistes, Anne Theron, Compagnie nationale Les Productions Merlin, Sinan Bertrand, acteur, Luc Rosello, directeur CDNOI, Anne-Laure Liégeois, metteuse en scène, Olivier Dutilloy, comédien, Franck Manzoni, comédien, Théâtre National Bordeaux Aquitaine, Isabelle Bridot, directrice Les Hivernales - CDCN Avignon, Pierre Cattan, producteur et fondateur du studio Small Bang, Adrien De Van, directeur Théâtre Paris /Villette, Lydie Salvayre, autrice, Jeanne Balibar, actrice, Catherine Corsini, cinéaste, Marina Foïs, actrice, Michel Hazanavicius, cinéaste, Pascale Ferran, cinéaste.
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Le spectateur de Belleville
April 9, 2021 2:16 PM
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Par Sandrine Blanchard dans Le Monde - 9 avril 2021 Les annulations et reports de spectacles précarisent les aspirants à l’intermittence, que la pandémie prive de revenus. Diplômé à l’automne 2019 du Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) de Lyon, Quentin Rebuffet n’a plus de revenus : « Je vis sur mes réserves, et, si ça continue, je vais devoir faire appel à ma famille. » A 29 ans, ce violoncelliste passionné par la musique de chambre a eu la malchance de subir de plein fouet l’impact de la crise sanitaire sur le secteur culturel : « C’est vraiment une histoire de calendrier. Avec toutes les dates de concerts annulés, je n’ai pas pu faire les heures qui m’auraient permis d’entrer dans le régime de l’intermittence du spectacle et, du coup, je n’ai pas pu bénéficier de l’année blanche. » Ses « réserves », il les doit aux quelques mois de cours qu’il a donnés comme remplaçant au conservatoire, au sortir de ses études. « Cela m’a permis de toucher le chômage, mais mes indemnités se sont arrêtées depuis deux mois », souligne-t-il. Lire le récit : La « génération Covid », stoppée dans son envol, entre angoisse et résilience Quentin Rebuffet fait partie de ces nombreux jeunes diplômés dans le milieu artistique coupés dans leur élan par la fermeture des lieux culturels. « Quand j’étais étudiant, jamais je n’aurais imaginé que, un an et demi après ma sortie d’une grande école, où j’ai eu de bons résultats, je me retrouverais sans emploi et dans une situation si précaire », témoigne le violoncelliste. Il a envoyé, en vain, des lettres de candidature pour « cachetonner » dans des orchestres, mais, « comme ils fonctionnent actuellement en mode réduit, ils font appel à moins de musiciens et privilégient, ce qu’[il] comprend, ceux avec qui ils travaillent déjà ». Quentin Rebuffet croise désormais les doigts pour que la dizaine de concerts qu’il devrait faire cet été dans des festivals puisse bien avoir lieu. « Incertitude perpétuelle » « Cela aurait dû être une bonne année, mais des dizaines de contrats ont été annulés à cause des mesures contre le Covid », dit, avec lassitude, Juliana Plançon. A 27 ans, cette violoniste en master 2 au CNSMD de Lyon a eu « la chance » d’obtenir son intermittence juste avant le premier confinement. Mais, depuis, « tout s’est annulé, hormis quelques contrats de captation avec l’Opéra de Lyon ». Et, avec la fermeture des écoles, même les interventions en milieu scolaire ont été stoppées. Élise Noiraud, comédienne : « L’année blanche va entraîner de fortes chutes de revenus. Chez les intermittents, la bombe sociale arrivera à l’été » Après cinq années de conservatoire, « sans compter les études préparatoires, j’ai de l’amertume et la colère commence à monter », ne cache pas la musicienne. Etant parvenue, malgré tout, à cumuler 250 heures en un an, elle est loin des 507 heures nécessaires au renouvellement de son intermittence et redoute de voir son taux d’indemnités baisser drastiquement. Même pour ceux qui sont installés depuis plus longtemps dans un métier artistique, « l’impact professionnel de la crise sanitaire est très violent », insiste Elise Noiraud. Après le succès de son spectacle Le Champ des possibles, en juillet 2019 au festival « off » d’Avignon, cette comédienne, autrice et metteuse en scène aurait dû jouer tout le mois de novembre 2020 au Théâtre du Rond-Point, à Paris, et cumuler sur l’année quelque soixante-dix dates de tournée. Désormais, elle jongle avec l’« incertitude perpétuelle », fait le point chaque mois sur les reports ou annulations avec les lieux où elle était programmée en bataillant afin de « sauver les meubles, financièrement ». Car, avec le chômage partiel, les cachets ne représentent que 5 heures au lieu de 12 heures. « Le risque, à l’issue de l’année blanche, est de se retrouver avec un taux minimal aux alentours de 40 euros par jour, ce qui va entraîner de fortes chutes de revenus, calcule-t-elle. Chez les intermittents, la bombe sociale arrivera à l’été », prédit la comédienne. Le calendrier de sa compagnie a été bouleversé. « La création de notre nouveau spectacle, l’adaptation de Ressources humaines, d’après le film de Laurent Cantet, initialement prévue pour cet automne, a dû être décalée d’un an. Cela devient très compliqué de monter des coproductions. » En cause : l’embouteillage de spectacles en attente de programmation. Elise Noiraud éprouve « un sentiment paradoxal » : « On ne peut pas dire que l’Etat n’a rien fait – l’année blanche a été primordiale –, mais on se rend compte que ce ne sera pas suffisant. » Appel aux dons Pour l’heure, Quentin Rebuffet répète à ses frais et n’envisage pas une seconde de renoncer à son métier. « Je suis un idéaliste, j’aime profondément ce que je fais. Les prochains mois vont être difficiles, mais je ne suis pas prêt à abandonner mon rêve », assure-t-il. Juliana Plançon veut rester « confiante », malgré « le peu d’écoute accordé à la jeunesse et à la culture ». Trop d’interprètes, trop de créations, pas assez de diffusion, ce triangle infernal risque d’aggraver la précarité des jeunes artistes qui ne sont plus étudiants et pas encore intermittents Le réalisateur Bertrand Guerry, habitué dans son travail à côtoyer beaucoup de compagnies de danse, s’inquiète pour tous ces diplômés formés dans des écoles d’excellence qui, avec la crise sanitaire, vont être victimes d’une « double peine » : « Ils auront davantage de difficultés à être engagés et vont être confrontés à une année blanche de création sur 2021-2022 à cause d’un trop-plein de spectacles. » Trop d’interprètes, trop de créations, pas assez de diffusion, ce triangle infernal risque d’aggraver la précarité des jeunes artistes qui ne sont plus étudiants et pas encore intermittents. Lire l’enquête : La saison sinistrée des intermittents du spectacle Sous le titre « Soutenons le spectacle vivant », un appel aux dons vient d’être ouvert en faveur de ces jeunes en difficulté. Lancée à l’initiative du producteur et diffuseur Pierre Beffeyte, ancien président de l’association Avignon festival & compagnies (qui coordonne le « off »), du nouveau magazine trimestriel G.I.V.E., consacré aux « nouvelles générosités », avec le soutien d’Antoine Vaccaro, président de Force for Good et du fonds Globale Philanthropie, cette collecte vise à « apporter une aide individuelle à des jeunes en situation de précarité identifiés par les conservatoires et les écoles », explique Pierre Beffeyte. « Nous nous donnons deux mois pour réunir au moins 200 000 euros », précise Antoine Vaccaro. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le revenu brut mensuel moyen des intermittents a diminué de 400 euros en 2020, selon l’Unédic « Pour mes parents, le fait que j’intègre un conservatoire national constituait une garantie pour l’avenir. Aujourd’hui, je les sens inquiets », constate Quentin Rebuffet. Dès qu’il leur parle d’un éventuel projet, la première question est : « De combien sera le cachet ? » Illustration : OLIVIER BONHOMME
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Le spectateur de Belleville
April 7, 2021 5:29 PM
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Par Sophie Rahal dans Télérama - 7 avril 2021 Onze mois après l’annonce d’Emmanuel Macron, rien n’est revenu à la normale et le gouvernement doit choisir : prolonger l’année blanche, l’adapter ou la repenser ? Pour trancher, il s’appuiera sur une mission de diagnostic confiée à André Gauron, expert à la Cour des comptes.
Le 6 mai 2020, Emmanuel Macron annonce la mise en place d’une « année blanche » pour les intermittents du spectacle. Il s’engage à ce que leur indemnité chômage soit prolongée « d’un an, au-delà des six mois où leur activité aura été impossible, [soit du 1er mars 2020] au 31 août 2021 ». Une date définitivement actée par arrêté le 22 juillet 2020. C’est un soulagement : pour être indemnisés entre deux contrats, artistes et techniciens doivent avoir accumulé 507 heures de travail sur douze mois. Une mission impossible en plein confinement. À ceux-là, l’année blanche donne donc un peu d’air. Sauf que, lorsqu’il prend la parole, le président de la République croit encore que le retour à la normale est pour bientôt. Onze mois plus tard, rien n’a changé. Aucun concert n’a pu se tenir, les théâtres demeurent fermés, et de plus en plus de festivals (Les Eurockéennes, Lollapalooza, Main Square, Beauregard...) se résignent cette année encore à l’annulation, malgré la possibilité d’accueillir cinq mille personnes assises, masquées et à distance. Pire, les perspectives d’une reprise d’activité restent vagues. Dans sa dernière allocution, mercredi 31 mars, Emmanuel Macron a bien évoqué un « calendrier de réouverture progressive » entre mi-mai et le début de l’été, mais sans en préciser les échéances ni les conditions. Comment, dans ce contexte, éviter que la situation s’aggrave pour les artistes et techniciens du spectacle dont les revenus sont, par nature, irréguliers dans le temps et dans les montants ? Théâtres occupés, jeunesse indignéeDébats & Reportages par Sophie Rahal Le 1er février, les ministres du Travail et de la Culture confient à André Gauron, expert à la Cour des comptes, une double mission. « Analyser le niveau d’activité actuel et à venir », et proposer des pistes pour « ajuster le dispositif » de l’année blanche. La consigne est aussi de différencier l’analyse selon le « secteur d’activité concerné et le métier exercé ». Enfin, la lettre indique en préambule que « l’emploi des intermittents concernait 276 000 salariés en 2019 », mais ne précise pas qu’environ 127 000 seulement (en 2018) réalisent les 507 heures de travail ouvrant droit à indemnisation. Or c’est à ces derniers que s’adresse l’année blanche, soit moins de la moitié des intermittents du spectacle en France. Bon connaisseur du sujet – en 2016, il faisait partie du groupe d’experts indépendants chargé d’évaluer l’impact financier d’un accord tout juste signé –, André Gauron devrait rendre ses conclusions début avril. Déséquilibres flagrants Les informations concernant l’activité intermittente sont principalement collectées par Pôle emploi et l’Unedic, l’association qui gère l’assurance-chômage. Le dernier rapport détaillé sur le sujet date de mars et dévoile des données sur l’impact de la crise sanitaire pour le secteur. On y apprend que les intermittents ont travaillé plus qu’attendu. « L’activité dans le spectacle intermittent professionnel s’élève en 2020 à 71 % de l’activité en 2019 », note l’enquête. Un chiffre surprenant qui masque toutefois des disparités considérables. Le spectacle vivant (59 % d’activité en 2020 par rapport à 2019) est globalement plus affecté que le spectacle enregistré (86 %). Dès la fin du premier confinement, l’activité dans l’audiovisuel et le cinéma a progressivement repris, jusqu’à retrouver un niveau normal en août, et ce jusqu’au deuxième confinement. La principale crainte aujourd’hui porte sur l’embouteillage qui pourrait survenir plus tard et impacter le secteur en décalé. La même crainte existe dans le secteur des films d’animation où l’emploi salarié en 2020 a été plus important qu’en 2019. Ici, les durées de production sont plus longues, les carnets de commandes bouclés à l’avance, et le travail se fait en extérieur et sans public : la reprise a donc pu s’opérer dans le respect des consignes sanitaires. Mais l’impact du surcoût des productions lié à la crise pourrait se faire ressentir dans un ou deux ans. Le spectacle vivant subventionné a, lui aussi, un peu plus travaillé, notamment grâce à la possibilité pour les artistes et techniciens de reprendre les répétitions et les représentations professionnelles à l’été. En revanche, le privé reste exsangue. Et avec 42 % d’activité en 2020 par rapport à 2019, la prestation technique dans la création et l’événementiel (techniciens du spectacle, régie de diffusion, location de matériels…) est la branche la plus touchée. Des disparités existent aussi selon les métiers. Musiciens et chanteurs sont les plus à la peine côté artistes ; métiers de la lumière, de l’éclairage, de plateau, machinerie et structure souffrent le plus côté techniciens. Le document précise également que, fin décembre 2020, environ 118 000 intermittents devraient voir leur situation examinée au 1er septembre, date théorique de fin de l’année blanche. Parmi elles, 57 % ont déjà cumulé plus de 507 heures de travail, principalement dans l’audiovisuel et le spectacle enregistré. Intermittents : à peine ouvert, le dossier de l’indemnisation chômage est déjà refermé DécryptageSophie Rahal Plusieurs pistes à l’étude Plusieurs pistes sont sur la table, à commencer par le report intégral de l’année blanche. C’est la solution portée par la CGT Spectacle, le Snam-CGT, par des organisations d’employeurs ou de salariés comme le Syndicat des musiques actuelles (SMA) ou le Synavi pour les arts vivants. Précisément, ils souhaitent le maintien de l’année blanche pour tous les travailleurs précaires, jusqu’à un an après la réouverture des lieux. « Ce serait fidèle à l’esprit de l’annonce d’Emmanuel Macron en mai 2020, qui tenait compte du fait qu’il faut plus ou moins un an pour recharger ses droits au chômage, quand l’activité est normale », nous explique-t-on. Il n’est pas certain que le gouvernement suive cette piste, même si elle est symbolique et relativement « simple » à appliquer. Il pourrait se justifier en arguant qu’une part plus élevée que prévu d’intermittents a travaillé, accumulé des heures et cotisé. En outre, faudra-t-il passer par un nouveau texte de loi pour prolonger sa durée ? Auquel cas, l’option pourrait être politiquement risquée. D’autres, comme la CFDT, plaident pour une reconduction « au cas par cas » et pendant quelques mois, par exemple pour ceux qui n’auraient pas toutes leurs heures. Selon nos informations, André Gauron pourrait proposer d’autres solutions. Serait ainsi à l’étude une « clause de sauvegarde Covid » qui s’ajouterait à une autre clause créée, elle, en 2016 pour pallier un éventuel accident de carrière. Explications : les 507 heures de travail nécessaires au renouvellement du droit au chômage sont recherchées sur une période de douze mois. Si, pour une raison exceptionnelle, ce nombre d’heures n’est pas atteint, un intermittent peut solliciter le prolongement de la période sous certaines conditions, et il dispose alors de six mois maximum pour atteindre son quota et conserver son indemnisation. La « clause Covid » viendrait soutenir les intermittents pénalisés par la pandémie. Pour autant, ils ne perdraient pas le bénéfice éventuel de la clause créée en 2016. Dans ses préconisations, André Gauron pourrait aussi demander à porter une attention particulière aux jeunes diplômés, qui n’ont pas pu réaliser leurs heures. L’idée d’un seuil abaissé pour ces derniers serait envisagée. Un contexte politique pas tout à fait neutre À quelques jours de la restitution de la mission de diagnostic d’André Gauron, le contexte n’est plus tout à fait le même que celui dans lequel il a commencé à travailler début février. Le gouvernement a dû se résoudre à reconfiner le pays pour un mois et, sur le terrain, la situation s’est pour le moins tendue. Une centaine de théâtres sont désormais investis partout en France, depuis l’occupation de l’Odéon le 4 mars, et la fronde contre la réforme de l’assurance-chômage a repris sitôt l’annonce par le gouvernement qu’il la remettait sur les rails. La volonté affichée du pouvoir d’aller jusqu’au bout de cette réforme ne plaide pas pour qu’il accède à une demande de reconduction d’une nouvelle année blanche. Comment imaginer, en effet, qu’il offre cette possibilité aux intermittents au moment où il durcit les règles pour tous les chômeurs ? Légende photo : Plus d’un an après le premier confinement, les théâtres demeurent fermés et de plus en plus de festivals sont annulés. Photo : Antoine Mermet / Hans Lucas
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Le spectateur de Belleville
March 26, 2021 3:24 PM
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Par Richard Schittly (Lyon, correspondant) pour M, le magazine du Monde 26 mars 2021 Le Théâtre national populaire est occupé depuis le 12 mars. Chaque jour, une cinquantaine d’artistes mêlent pratiques culturelles et militantes pour questionner l’avenir de la société dans la lignée du mouvement Nuit debout. En attendant une éventuelle « convergence des luttes »… Une poignée d’intermittents du spectacle a investi le Théâtre national populaire (TNP) à Villeurbanne, dans la foulée de l’occupation de celui de l’Odéon à Paris, dans un mouvement de protestation qui dépasse la seule question de la réouverture des lieux culturels. Depuis vendredi 12 mars, la vie s’organise à l’intérieur du bâtiment monumental au fronton élancé, hérité de l’architecture socialiste. Les assemblées générales se succèdent quotidiennement. Pas plus de cinquante participants à l’intérieur, par précaution sanitaire. Sinon, la réunion se tient sur le parvis, au milieu des gratte-ciels, du nom du quartier érigé au tournant des années 1930 au centre de la ville ouvrière, voisine de Lyon la bourgeoise. Le jour, une cinquantaine d’artistes occupent les lieux dans un roulement permanent. La nuit, une dizaine dort sur place, à tour de rôle. Parmi eux, Ophelia Llorens-Cornet, 24 ans, qui a passé trois nuits dans une loge, tout près des fantômes de Jean Vilar, Roger Blin, Antoine Vitez… « On a trouvé un moyen de revenir ! », ironise la jeune comédienne aux blonds cheveux en bataille. « Réinvestir ce lieu, c’est ouvrir une tribune populaire. On peut se demander quel monde on va vraiment réouvrir. » Ophelia Llorens-Cornet, comédienne Privée de toute production artistique depuis un an, la jeune femme, bien décidée à ne plus subir les événements, a choisi de retourner au théâtre par une porte dérobée. « Depuis des mois, j’ai la sensation de travailler dans le vide. Je répète, j’écris, je répète, je crée à l’infini, sans public. J’ai voulu sortir d’une bulle. Ici, je rencontre des galériens comme moi », confie Ophelia. La jeune artiste est sortie de l’école de théâtre Art en scène, fin 2019, à Lyon. Dans les mois suivants, elle a créé un spectacle fondé sur des témoignages de la guerre en Bosnie. Une histoire racontant le siège de Sarajevo par la voix d’orphelins. Puis, pour assurer sa subsistance, elle a enchaîné plusieurs petits boulots, dont celui d’ouvreuse… au TNP. Sa pièce n’a jamais pu être jouée. Dix dates ont été annulées à cause des restrictions. La crise sanitaire a cassé son calendrier et ébranlé un peu sa confiance. Issue d’une famille modeste, sans tradition militante, Ophelia n’affiche pas de convictions politiques précises. Elle ne sait pas si elle doit voter ni pour qui. Elle a suivi plusieurs manifestations récentes, pour la défense du climat, contre la loi de « sécurité globale », sans vouloir formuler de discours théorique. « Mon engagement se retranscrit surtout dans mes spectacles », résume la jeune femme. Son sentiment indéfini de révolte, intégré dans sa création naissante, l’a naturellement incitée à investir le TNP. L’ancien théâtre de la Cité, fondé en 1957 par Roger Planchon, devenu TNP en 1972, n’est-il pas le symbole de l’ouverture de la culture aux publics de toutes conditions ? « Réinvestir ce lieu, c’est ouvrir une tribune populaire. On peut se demander quel monde on va vraiment réouvrir », dit-elle. Sans RSA possible « C’est rassurant de se rassembler, tout est tellement flou autour de nous », confie aussi Haldan de Vulpillières, 24 ans, qui assiste aux assemblées générales du TNP depuis le jeudi 18 mars. Originaire de Marne-la-Vallée (Val-de-Marne), le jeune régisseur a suivi une prépa scientifique à Paris, puis la filière conception sonore de l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (Ensatt) de Lyon. Après sa sortie d’école, en octobre 2020, son premier contrat de deux mois, décroché au Théâtre national de Bretagne (TNB), a été annulé pour cause de Covid-19. En un an, Haldan a travaillé une petite semaine au Théâtre La Mouche, à Saint-Genis-Laval, non loin de Lyon. Depuis, le rideau reste désespérément baissé, sans RSA possible, puisque le revenu minimal est réservé aux plus de 25 ans. « C’est une année vide que je n’avais pas prévue. J’espère encore faire ce métier », témoigne Haldan, cherchant sa façon de participer au mouvement de protestation naissant : « C’est encore assez émergeant, pas trop coordonné. Pendant mes études, je n’étais pas très impliqué dans les questions politiques. Ce qui se passe en ce moment m’intéresse. » Le jeune homme a suivi une manifestation contre la loi travail, une autre pour la défense du climat et quelques journées des « gilets jaunes ». Il passe régulièrement au TNP pour se tenir au courant de l’évolution du mouvement. Chant des canuts A l’intérieur du grand théâtre de Villeurbanne, la brasserie est transformée en agora. Masque obligatoire, gel à disposition, tout est soigneusement organisé, avec le bienveillant assentiment du directeur, Jean Bellorini. Les syndicats CGT, SUD et Solidaires ont accroché leurs drapeaux dans l’entrée, en signe de soutien, accompagnant discrètement un collectif autogéré. Les roulements d’occupation des locaux sont affichés, des ateliers sont montés : actions, communication, artistique, assurance-chômage… Le collectif Rhizome, spécialisé dans le ravitaillement des collectifs en lutte, propose d’apporter des légumes. Le tout dans une ambiance à la fois festive et studieuse, spontanée, grave et incertaine, qui rappelle irrésistiblement Nuit debout, du nom du mouvement né de la protestation contre la loi travail, en 2016. Personne ne commande véritablement. A l’étage, devant les grandes baies vitrées, une chorale s’est formée. Ils sont une douzaine, en cercle, à entonner le chant des canuts, écho révolutionnaire des ouvriers de la soie. Dans la mezzanine baignée de lumière, tout autour d’eux, sont accrochés les portraits des grands acteurs du TNP – Jean Bouise, Guy Tréjean –, ses directeurs – Patrice Chéreau, Georges Lavaudant, Christian Schiaretti… Après la répétition, les chanteurs se fixent de nouveaux rendez-vous. Ils veulent s’inscrire dans la durée. « Au-delà de la défense du droit des intermittents, nous sommes dans un mouvement de protestation. » François Tramoy, auteur et chanteur Rouvrir les lieux culturels ? Oui, évidemment. Mais l’occupation du TNP va bien au-delà de cette question purement sanitaire. Si les artistes revendiquent la sauvegarde de leur statut d’intermittent, s’ils s’inquiètent de la réforme de l’assurance-chômage, ils interrogent surtout l’avenir d’une société qui, pour eux, a délibérément choisi d’oublier la culture en chemin. « Ça fait du bien d’ouvrir un nouvel espace. Tout le monde était bâillonné, le bec cloué par les contraintes. Au-delà de la défense du droit des intermittents, nous sommes dans un mouvement de protestation », dit François Tramoy, 45 ans, auteur et chanteur. A ses côtés, Syldie, 42 ans, approuve. Présente à la manifestation contre la loi de « sécurité globale », cette infirmière qui préfère rester anonyme, a suivi la petite délégation qui partait en direction de Villeurbanne. La professionnelle de santé se retrouve à l’intérieur du TNP aux côtés des artistes, avec la conviction qu’il faut « se soutenir dans la revendication d’une vie meilleure ». A l’écart, dans le grand hall, son ordinateur posé sur un guéridon, Ophelia parcourt l’iconographie de la révolte des canuts et celle de la Commune de Paris. Les images de barricades pourraient inspirer leur action, en puisant dans l’énergie des révoltes passées. Deux jours plus tard, pendant que les artistes occupent la place du TNP, elle décide de rejoindre une manifestation, « gilets jaunes » et black blocs, qui descend vers la préfecture. Le maigre cortège affronte rapidement les forces de l’ordre, au pied de la tour Part-Dieu. Explosions de grenade, fumées irritantes, Ophelia prend fébrilement des photos, à la recherche d’un passage entre la création artistique et la lutte sociale. Richard Schittly (Lyon, correspondant)
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Le spectateur de Belleville
April 20, 2020 9:27 AM
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Communiqué du SFA - Info NewsTank MUS, SPEC - Paris - lundi 20 avril 2020 - Actualité n° 180990 • « Neutralisation des droits ouverts jusqu'à la reprise possible d’une activité “normale”, • prolongation des droits d’un an, à l’issue de la “neutralisation”, • abaissement dérogatoire et exceptionnel du seuil de 507 à 250 heures pour les “entrants” », telles sont les demandes du SFA-CGT pour les artistes interprètes dans le contexte de l'épidémie de Covid-19, apprend News Tank le 20/04/2020.
« Le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé (le 13/04/2020 NDLR), la levée progressive du confinement strict à partir du 11/05/2020. Dans le même temps, les rassemblements - dont les festivals de l’été - resteront interdits, au moins jusqu’à la mi-juillet. Dans ce contexte, les premières mesures annoncées concernant l’assurance chômage sont insuffisantes, en particulier pour les artistes interprètes du spectacle vivant qui seront les parmi les derniers à retrouver des conditions d’exercice normales », indique le syndicat.
Le SFA-CGT propose que la date de réouverture des salles de spectacle « serve à calculer la fin de la période de “neutralisation” » et souhaite que cette fin de neutralisation se traduise « par l’allongement automatique de tous les droits en cours de la durée de la neutralisation ; l’allongement automatique de la période d’affiliation de la durée de la neutralisation ainsi que la prise en compte des heures et cachets déclarés durant la durée de la neutralisation ».
Le SFA-CGT propose également un « Fonds Transitoire Covid-19 » qui soit « abondé par l’État, afin de maintenir l’indemnisation jusqu’à un an pour ceux qui ne rempliraient pas les critères de réadmission, même à leur date anniversaire décalée ». Le syndicat demande également de « ramener de manière dérogatoire et exceptionnelle le seuil d’entrée dans les annexes à 250 heures. Cette mesure serait strictement limitée aux demandeurs d’emploi ne bénéficiant d’aucune prise en charge au titre de l’assurance chômage et établie uniquement sur une fin de contrat attestée à partir de janvier 2020 ».
Le décret « portant mesures d’urgence en matière de revenus de remplacement » en date du 14/04/2020 prévoit notamment pour les intermittents : la prolongation des droits pour les allocataires arrivant en fin de droits pendant la période de confinement ; la prolongation de la période de recherche de droits ; le décompte des jours ou cachets pour les contrats dont l’employeur a eu recours à l’activité partielle à raison de sept heures par jour ; la « neutralisation » des jours de chômage qui seront retirés du calcul des droits et l’assouplissement provisoire de la dégressivité pour les cadres intermédiaires. Syndicat Français des Artistes interprètes • Syndicat professionnel des artistes dramatiques, chorégraphiques, lyriques, de variété, de cirque, des marionnettistes et des artistes traditionnels • Délégation générale : Frank Getreau, Jimmy Shuman, Jean-Maximilien Sobocinski et Lucie Sorin • Secrétaire nationale : Claire Serre-Combe • Tél : 01 53 25 09 09 https://sfa-cgt.fr/accueil
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Le spectateur de Belleville
June 17, 2016 2:48 PM
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Par Frédérique Roussel , Luc Peillon et Amandine Cailhol pour Libération
Après l’échec des négociations, jeudi, entre les partenaires sociaux, le gouvernement s’est empressé de reprendre la main. Et de protéger le fragile accord sur le régime des intermittents.
Petit tremblement de terre au sein de l’assurance chômage. Après quatre mois d’échanges, les organisations patronales et syndicales, gestionnaires de l’Unédic, ont acté jeudi l’échec des négociations sur la nouvelle convention qui régit les règles d’indemnisation des chômeurs. Un nouveau foyer d’embrasement pour un gouvernement déjà empêtré dans de nombreux dossiers sociaux, dont la loi travail. D’où l’extrême réactivité de l’exécutif, qui a décidé, dès l’annonce de cet échec, de prolonger l’actuelle convention, tout en réglant par décret la question - connexe - des intermittents du spectacle. Explications.
Pourquoi les négociations ont-elles échoué ? Sans surprise, les syndicats accusent le Medef et inversement. «Les organisations patronales n’ont pas été à la hauteur de leur responsabilité. Il n’y a pas eu de négociations, seulement des travaux techniques», pointe Véronique Descacq, de la CFDT. «Le Medef mène un drôle de jeu, très dangereux. Il joue avec les demandeurs d’emploi, c’est inacceptable», abonde Eric Courpotin, de la CFTC, qui regrette que le négociateur du Medef n’ait jamais eu de mandat de la part de son conseil exécutif pour négocier. La faute à des «conflits internes au Medef», estiment les deux centrales réformistes dans un communiqué commun. Prévue pour 2018, la succession de Pierre Gattaz, le patron du Medef, a, selon eux, pesé dans la balance. «Ce n’est pas un problème de méthode de négociation, mais d’état de santé du Medef», poursuit Descacq. Même constat d’Eric Aubin, de la CGT : «Au Medef, la guerre de succession de Gattaz est engagée, et ceux qui sont contre le paritarisme ont gagné la bataille !»
Mais l’élection du président du Medef, dans deux ans, n’est pas la seule explication mise en avant. Certains, comme Michel Beaugas, de FO, soulignent que l’élection présidentielle approchant, le patronat a pu «faire le pari d’un changement de majorité». D’autres, comme Jean-François Foucard, de la CGC, pointent la méthode de négociation, où seul le Medef tient les rênes des discussions. «Celui qui tient la plume aujourd’hui est complètement autiste aux autres», explique Jean-François Foucard.
Pour le négociateur de l’organisation patronale, Jean Cerutti, ce sont les «déclarations» ayant précédé les négociations, notamment du gouvernement, qui ont compliqué les échanges. Mais aussi le comportement des syndicats, qui sont dans «l’incapacité de dépasser des postures dogmatiques visant à "punir" les entreprises - donc les salariés et indirectement les chômeurs - en procédant à des hausses de cotisations sur le travail».
Quels sont les points de désaccord ? Dès le début, le patronat a refusé net une mesure qui faisait pourtant consensus du côté des syndicats de salariés : la modulation plus importante des cotisations chômage en fonction de la durée des contrats de travail. Autrement dit, taxer davantage les contrats courts tout en baissant les cotisations pour les CDI, le tout dans le cadre d’une enveloppe financière constante. L’idée n’est pas neuve : un temps, le gouvernement avait envisagé de l’inscrire au cœur de la loi travail, avant d’abandonner face à la levée de bouclier du patronat. Pour Jean-Michel Pottier, de la CGPME, il s’agit d’un «diktat» que les organisations syndicales ont porté tout au long de la négociation. Et d’ajouter : «Nous avons toujours dit que nous étions d’accord pour négocier, mais il y a un point que nous ne voulions pas franchir : taxer de manière supplémentaire les CDD. Taxer l’accès à l’emploi aujourd’hui est une mesure contre-productive. Nous laissons la responsabilité à ceux qui voudront prendre cette décision, mais ils seront comptables devant les Français.» Pour le président du Medef, «il faut en finir avec les positions "symboliques" qui veulent que pour faire passer une réforme, il faille taxer les entreprises d’une manière ou d’une autre».
Autre demande syndicale repoussée par le patronat : une taxation des ruptures de contrat des plus de 50 ans, afin de favoriser le maintien des seniors dans l’emploi, «tout en dissuadant les entreprises d’utiliser l’assurance chômage comme un système de pré-retraite». Un sujet sur lequel «le Medef s’était engagé en octobre, il ne respecte donc pas sa signature», pestent la CFDT et la CFTC.
Et maintenant ? L’exécutif, qui fait également porter la responsabilité de cet échec au patronat, souhaite désormais «qu’à la rentrée, les partenaires sociaux puissent reprendre des négociations en vue d’aboutir à un accord». Un optimisme pas vraiment partagé pas la CFDT, qui considère qu’il y a très peu de probabilité que les discussions reprennent avant la présidentielle. «Se remettre autour de la table ? Pour quoi faire ? interroge Aubin, de la CGT. Si le Medef nous dit qu’il a un nouveau mandat pour apporter des recettes nouvelles, pourquoi pas. Sinon, non. La balle est dans le camp du Medef.» Même prudence de la CFTC, qui préfère laisser passer la présidentielle de 2017 et «les pressions liées à la loi travail».
D’ici là, les règles en vigueur continuent de s’appliquer. Dans les minutes même qui ont suivi la fin des négociations, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a en effet annoncé une prolongation de l’actuelle convention au-delà de sa date limite du 30 juin. «Le gouvernement tient à rassurer l’ensemble des demandeurs d’emploi indemnisés et ceux qui le deviendraient : ils continueront de percevoir leurs allocations sans subir le moindre désagrément», explique le cabinet de la ministre dans un communiqué. Reste à savoir si la ministre du Travail fera le choix de modifier, par la suite, les règles de l’assurance chômage, par décret.
Les difficultés des partenaires sociaux à se mettre d’accord et les économies promises, soit 800 millions d’euros (alors que le régime est en déficit de 4,5 milliards et porte une dette de 35 milliards), pourraient l’inciter à le faire. «On attend de l’Etat qu’il prenne ses responsabilités», explique FO. La centrale invite notamment le gouvernement à «remettre en place la surtaxation des contrats courts et voir sous quelle forme il pourrait augmenter les contributions des entreprises». Mais l’idée ne fait pas consensus. Voire inquiète, notamment la CFTC. «Dès l’instant où l’Etat reprend la main, il y a une multitude de risques qui vont émerger», note Eric Courpotin.
Et pour les intermittents ? Autre dossier lié à la convention d’assurance chômage, celui des intermittents du spectacle. Ceux-ci bénéficient en effet d’un régime spécifique d’indemnisation, abrité dans les annexes 8 et 10 de la convention générale. Or depuis des mois, il y a le feu autour de leur régime. Le Medef et la CFDT exigent depuis mars qu’ils fassent 185 millions d’euros d’économies, dont éventuellement 80 millions apportés par l’Etat. Réunis autour d’une table, syndicats et employeurs du spectacle sont donc tombés d’accord, fin avril, sur une série de mesures générant quelque 90 millions d’euros d’économies, tout en rétablissant certains droits aux intermittents, supprimés en 2003. Insuffisant pour le Medef et la CFDT, d’autant que l’Etat n’apportait pas les 80 millions manquants. Donc même si la convention générale avait abouti à un accord, les annexes sur les intermittents avaient de fortes chances d’être repoussées. Un échec qui menaçait de mettre en péril les festivals d’été. Le gouvernement a donc annoncé jeudi un décret, applicable dès la mi-juillet, qui reprend les mesures décidées par les professionnels du spectacle fin avril.
Quid des festivals et du mouvement social ? La transposition de l’accord de branche des intermittents devrait enrayer la mobilisation qui s’annonçait chez les intermittents. Et qui risquait de paralyser les festivals, Avignon en tête. «Mais c’est une victoire dont on mesure les limites», relativise Denis Gravouil, le secrétaire général de la CGT-Spectacle. On est en sursis une fois de plus et pour une période courte.» Cette situation inédite pose en effet beaucoup de questions : Quelle sera la durée du décret ? Quid de la participation financière de l’Etat à laquelle s’opposent les intermittents qui refusent une caisse autonome ? «Nous serons vigilants sur la transposition de l’accord», poursuit Denis Gravouil. S’il se félicite de cette victoire après treize ans de bataille depuis la réforme de 2003, Samuel Churin, de la Coordination des intermittents et des précaires (CIP), avance aussi sur Facebook que «cette victoire nous engage à étendre l’intermittence du spectacle à toute l’intermittence de l’emploi».
A Lyon, où des actions étaient organisées tout au long de cette journée, comme à Caen, Montpellier, Toulouse, Avignon et Paris, une porte-parole du Collectif unitaire 69 parle de «statu quo» et se demande «combien de temps cela durera». Le groupe qui occupe le Théâtre de l’Union à Limoges depuis mardi a décidé de rester mobilisé dans les lieux jusqu’à vendredi. Et des sujets, dont la loi travail, restent en piste. Les intermittents vont prendre le temps de soupeser la portée de cette victoire.
Frédérique Roussel , Luc Peillon , Amandine Cailhol
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Le spectateur de Belleville
June 3, 2016 2:23 AM
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Par Culturebox (avec AFP)
Après une annulation due à la grève des intermittents en 2014, suivie d'une édition 2015 affaiblie, le Printemps des comédiens (3 juin-10 juillet), l'un des principaux festivals de théâtre en France, espère pour ses 30 ans repartir "toutes voiles déployées" à partir de vendredi à Montpellier. Une menace pèse toujours sur les festivals de l'été - dont le Printemps des comédiens lance la saison - faute d'accord à ce jour dans la négociation sur l'assurance chômage de la profession du spectacle : Jean Varela, le directeur du Printemps se dit, comme en 2014, "très solidaire des intermittents" mais il prévient que le festival peinerait à supporter de nouvelles perturbations.
"Le conflit de 2014 n'a pas été vain. Il a permis de grandes avancées sociales", a-t-il estimé auprès de l'AFP. "Mais aujourd'hui je pense que les artistes et techniciens qui ont porté la grève au festival en 2014 sont conscients que le Printemps a beaucoup donné et qu'autant il s'est relevé une première fois, autant deux ans après, +c'est un peu court jeune homme+ comme dirait Cyrano".
"Si d'autres actions des intermittents empêchaient le festival de se dérouler cette année, ça mettrait l'outil véritablement en péril", prévient-il.
Deux ans après le cataclysme de l'annulation, le directeur du Printemps des comédiens se félicite de la stabilisation de ses financements, avec un budget de 2,3 millions d'euros. "Un état possible du théâtre"
Organisé du 3 juin au 10 juillet, le festival propose une riche programmation qui se veut "un état possible du théâtre". Et ce, sur près d'un mois et demi, alors que l'édition 2015 avait été réduite à 18 jours. Quelque 60.000 spectateurs sont attendus cette année dans le vaste Domaine départemental d'O à Montpellier.
"Il y a beaucoup plus de spectacles prévus que l'an dernier puisque la grève nous avait affaiblis, ou disons que c'était une année de reprise", dit Jean Varela. "Cette année, le festival est toutes voiles déployées... on verra où les vents nous mènent."
Souhaitant pour ses 30 ans rendre hommage aux "grands maîtres du théâtre européen", le Printemps doit débuter vendredi avec le symbole même des comédiens, "l'Arlequin, serviteur de deux maîtres" de Carlo Goldoni dans la légendaire mise en scène de Giorgio Strehler.
Jean Varela présente des temps forts de la programmation 2016 :
Vidéo : Domaine d'O - Théâtre et spectacles
Parmi les prestigieux invités du Printemps, figurent également Peter Brooks avec "Battefield", un "Dom Juan" de Molière mis en scène par Jean-François Sivadier et joué par Nicolas Bouchaud, ou encore Georges Lavaudant pour une création, "Le Rosaire des voluptés épineuses", d'après l'œuvre d'un maudit de la littérature, Stanislas Rodanski, qui passa la moitié de sa vie en hôpital psychiatrique.
"Ca ira (1) Fin de Louis", le spectacle de Joël Pommerat plebiscité fin mai par les Molières, sera également à l'affiche et permettra selon Jean Varela d'aborder une question "très actuelle : l'ordre ancien qui s'effondre et celui qui va naître".
Le Printemps doit également accueillir cette année des "bricoleurs de génie, qui, comme les Italiens l'ont fait avec la machinerie au 17e siècle, utilisent les technologies d'aujourd'hui pour amplifier la résonance de la cage de scène", souligne le directeur du festival. "Cold Blood" du cinéaste Jaco Van Dormael, qui voyage dans les nano-univers en s'interrogeant sur la dernière image que l'on garde avant de mourir, se place dans cette catégorie.
Tout comme "La Rencontre" de Simon McBurney, qui explore la conscience humaine en utilisant la technologie binaire. Pour ce spectacle, chaque spectateur est muni d'un casque audio pour une expérience sensorielle unique. La jeune garde sera représentée
Mais le festival se veut également un lieu de transmission, d'où la présence de la jeune garde française de Yoann Bourgeois à Dag Jeanneret en passant par David Lescot ou les élèves de l'Ecole nationale supérieure d'art dramatique de Montpellier dirigés par quatre metteurs en scène différents : Alain Françon, Robert Cantarella, Gildas Milin, Jean-Pierre Baro.
Le Printemps se déplacera aussi à Béziers (Hérault) pour une vingtaine de représentations de "On achève bien les anges", dernier spectacle du théâtre équestre Zingaro de Bartabas.
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Le spectateur de Belleville
May 31, 2016 6:16 PM
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Par Luc Peillon dans Libération du 1er juin 2016
L’accord trouvé au sein de la profession du spectacle ne produirait pas assez d’économies, selon le Medef et la CFDT. Le Premier ministre assure que le gouvernement comblera le trou.
L’exécutif prêt à tout pour éteindre le conflit des intermittents. Dans un communiqué diffusé lundi, le Premier ministre a assuré que l’Etat était disposé à prendre en charge, financièrement, une partie des mesures contenues dans l’accord trouvé fin avril entre syndicats et employeurs du spectacle sur leur régime spécifique d’assurance chômage, abrité dans les annexes 8 et 10 de la convention Unedic.
Il y avait urgence. Un peu plus tôt dans l’après-midi, le Medef et la CFDT, qui gèrent l’Unedic avec les autres confédérations syndicales et patronales, considéraient que le texte signé au sein de la profession ne respectait pas le montant des économies exigées, soit 105 millions d’euros. Le comité d’experts chargé de l’évaluer estimait en effet que les mesures listées par l’accord ne produisaient «que» 84 à 93 millions d’euros d’économies. Soit un écart de 10 à 20 millions.
Festivals d’été Or un refus des organisations confédérales de reprendre l’accord de branche du spectacle dans leur convention – plus large – sur l’assurance chômage, aurait à coup sûr relancé le conflit dans le petit monde des intermittents, à quelques semaines des festivals d’été. Un cauchemar de plus pour l’exécutif. D’autant que les intermittents sont fortement impliqués dans la lutte contre la loi travail et le mouvement Nuit debout.
«Concrètement, on va prendre en charge certaines mesures qui relèvent de la solidarité nationale, explique l’entourage du Premier ministre à Libération. Notamment l’allocation minimale, évaluée à 8 millions d’euros, ou encore ce qui touche à la retraite, à la maternité ou à la santé, estimé à 5 millions». Et ce, afin, «que l’accord tienne dans l’enveloppe des 105 millions d’économies».
Du côté des intermittents, on reste très prudent. «Matignon était persuadé que le Medef et la CFDT allaient accepter notre accord, ils se sont plantés, explique Samuel Churin, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP). Donc pour l’heure, on attend de voir, d’autant que c’est aussi le contenu même de l’accord qui est remis en cause, la CFDT considérant qu’il ne respecte pas les principes généraux de l’assurance chômage». Et notamment le principe assurantiel, qui veut que l’on soit indemnisé à hauteur de ce que l’on cotise. «Or dans notre régime, on peut cotiser 570 heures et être indemnisé douze mois», rappelle Churin. Une position qui divise au sein même de la CFDT, puisque la fédération CFDT spectacle, qui a signé l’accord de branche et donc sa philosophie, est désavouée par sa confédération.
Problème de calendrier Par ailleurs, le Medef et la CFDT exigeaient à l’origine 185 millions d’euros d’économie. Mais considéraient que les 80 millions d’euros mis en 2014 par l’Etat pour compenser le différé d’indemnisation étaient acquis. Or le gouvernement veut reprendre ces 80 millions pour créer un fonds pour l’emploi, à hauteur de 90 millions. «On prèfère privilégier la création d'emplois pérennes dans le spectacle vivant, ce qui va forcément alléger l’assurance chômage», justifie-t-on du côté du ministère de la Culture. Pas sûr, cependant, que ce transfert convienne aux gestionnaires de l’assurance chômage, qui risquent donc de demander 80 millions d’économies supplémentaires.
Dernier problème, enfin : le calendrier. Quand bien même la CFDT et le Medef accepteraient l’accord et la rallonge de l’Etat, difficile de le faire entrer en vigueur au 1er juillet, alors que la convention sur le régime général risque elle aussi d’avoir du retard. «On peut prolonger l’actuelle convention sur le régime général tout en collant les nouvelles annexes 8 et 10, assure Matignon. Quoi qu’il en soit, on souhaite que l’accord s’applique dès juillet.» Ce qui implique aussi un petit bras de fer avec le Medef et la CFDT, qui sont aujourd’hui ses principaux soutiens sur la loi travail. Y a plus qu’à.
Luc Peillon
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Le spectateur de Belleville
May 30, 2016 12:22 PM
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Un message urgent de Samuel Churin (lundi 30 mai 2016)
La guerre est déclarée ! Je communiquerai plus longuement demain mais dans L'URGENCE : Une négociation d'assurance chômage s'est tenue au MEDEF cet après-midi sous haute tension puisque Gattaz avait traité la CGT de "voyous" et de "terroristes" dans Le Monde. Les confédérations nous déclarent la guerre : la CFDT, CFTC et CGC déjugent les signatures de leurs propres fédérations spectacle en ne validant pas l'accord (pourtant signé à l'unanimité) et en faisant des réclamations à l'Etat. Le Medef refuse l'application de l'accord au 1er juillet. Nous exigeons que la loi soit appliquée et que l'accord signé à l'unanimité soit intégré dans la convention d'assurance chômage. Nous devons lutter partout, par tous les moyens. Ce soir pour Paris lundi 30 mai AG à 19 h à la bourse du travail 3 rue du chateau d'eau. Nous nous battrons et nous gagnerons Publié sur la page Facebook de Samuel Churin, le 30 mai 2016 vers 18h00
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Le spectateur de Belleville
April 29, 2016 1:16 PM
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En soutien au mouvement de lutte des intermittents, voici un message de Karin Viard, projeté à l’issue de la représentation de Véra…
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Le spectateur de Belleville
April 15, 2016 2:37 PM
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Publié le 15/04 dans La Marseillaise par Jean-Marie Dinh, repris dans le blog "Le vent se lève"
Le directeur du centre dramatique national de Montpellier Rodrigo Garcia, livre son point de vue sur l’occupation du CDN et sur l’avenir incertain du lieu où campent toujours les intermittents et précaires.
Comment réagissez-vous face à l’action menée par les intermittents et précaires qui occupent le CDN depuis mardi soir ?
C’est une occupation très relative parce qu’habituellement lorsqu’on parle d’occupation on fait référence à une action violente qui ne s’est pas produite. Ils ont attendu la fin de la première du spectacle d’Ana Borralho et Joao Galante et sont montés sur scène d’une façon certes surprenante, mais de manière tout à fait respectueuse. Lorsqu’ils nous ont exprimé les raisons de leur intervention, personne n’a rien eu à redire. Leur action leur permet pour l’instant de profiter des locaux du CDN.
Que pensez-vous de leurs revendications ?
Je partage le point de vue des travailleurs. Perdre des droits correspond à un retour en arrière. Certaines préoccupations exprimées concernent aussi le futur de ce CDN qui font jour dans le débat sur la compétence culturelle qui se tient actuellement entre le Conseil départemental et la Métropole de Montpellier. La déclaration du président de la Métropole qui a évoqué le transfert possible du CDN au Domaine D’O, a généré beaucoup d’incertitudes pour les artistes, le public et auprès des différents personnels concernés.
Quelle est votre position face à cet éventuel déménagement ?
Pour ce qui nous concerne, nous ne refuserons jamais de grandir. Tout initiative qui viserait à faire du CDN un projet plus important, j’y serai favorable.
Pour l’heure, les tractations semblent de natures purement politiques mais personne n’évoque de projet artistique…
C’est une des choses que j’ai dite au Président Philippe Saurel.
Êtes-vous entré en contact avec vos tutelles depuis l’occupation ?
Oui, j’ai contacté l’ensemble des tutelles afin de les informer de la situation et je les ai invitées à venir. Je pense que des représentants du ministère de la Culture ont assisté à une partie des débats.
Avez-vous obtenu des réponses de leur part ?
Pas pour l’instant. J’ai le sentiment que ce qui est débattu actuellement va bientôt tourner en rond parce que nous débattons face à une chaise vide.
Si l’on se réfère au mouvement de 2014, l’occupation pourrait se prolonger dans le temps. Comment envisagez-vous l’avenir ?
Je participe à presque toutes les AG et je leur ai dit que cette occupation me paraissait sensée si elle pouvait produire des résultats. Pour moi l’objectif est de faire venir les politiques, de s’asseoir et de discuter. Mais cela relève peut-être d’une vision naïve. Moi c’est comme ça que je vois les choses… C’est aux personnes qui sont mobilisées de décider. Une AG a lieu cet après-midi…
Recueilli par JMDH
AU CDN DE MONTPELLIER LE MOUVEMENT UNITAIRE MAINTIENT LE CAMPS ET OUVRE LE DEBAT
« On occupe parce qu’on fait partie du monde et que le monde bouge. » Depuis mardi, une AG ouverte se tient chaque jour au CDN de Montpellier qui reste occupé par les membres de la coordination des intermittents et précaires et ceux de la CGT Spectacle. Mercredi après la représentation, une nouvelle intervention a eu lieu en direction du public dont les applaudissements souligne la solidarité.
Dans la foulée l’AG a accueilli des lycéens et citoyens participants aux Nuits debout dont les manifestations font gronder la ville. La réflexion s’oriente sur la convergence des luttes. L’esprit consiste à changer de paradigme pour passer de la vision économique, schéma ultra-violent qui guide aujourd’hui la politique – dont les acteurs culturels mesurent tous les jours les effets mortifères -, à un modèle social, reposant sur le bien vivre ensemble.
Rien ou presque n’a filtré des négociations sur les annexes 8 et 10 qui se tiennent le jour même. Comme si le climat social qui règne dans le pays mettait cela en sourdine. Le patron du Medef qui vient de qualifier par SMS, la présidente de la CFE-CGC, de « cégétiste » menacerait de quitter la table sous prétexte qu’il ne veut pas dialoguer « avec des gens partisans de la lutte des classes ». C’est tellement démodé.
Pour Stéphanie Marc de la CIP « Il ne s’agit pas s’inscrire dans une continuité du mouvement de 2014, mais inventer de nouvelles formes. Notre action a démarré de manière sage. C’est absolument normal que ce soit ainsi au début. Nous avons décidé de ne pas bloquer les spectacles et de respecter les outils de travail. Cela c’est notre position aujourd’hui… »
Il apparaît clairement que le choix du CDN concerne en premier lieu l’Etat que l’on souhaite rappeler à sa raison d’être. Un comédien revient sur certains fondamentaux : « Oui, le chômage, la maladie, la retraite, cela coûte de l’argent. On n’a pas à s’excuser d’être au chômage, d’être malade ou à la retraite. Dans une République , personne ne doit nous faire croire que nous sommes responsables de cela. La prise en charge de ces coûts, c’est républicain. Et nous sommes citoyens de cette République, à moins qu’on nous dise le contraire. »
Dans le hall où les occupants se relayent pour passer les nuits, on trompe la fatigue dans la bonne humeur : « Panama on y va ! » On réfléchit aussi sur le mode « qu’est ce qu’on fait demain ?» Personne ne tient à se tirer une balle dans le pied. Alors on cherche à fonder des alliances, et à trouver de nouvelles cibles.
Source : La Marseillaise culture 15/04/2016
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Le spectateur de Belleville
April 12, 2016 4:13 PM
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Un message de Samuel Churin - 12 avril 2016
A DIFFUSER MASSIVEMENT La mobilisation lors des AG de la semaine du 4 Avril (notamment à la Colline) a été très importante partout en France. Se déplacer et faire nombre est déjà une action très regardée en "haut lieu". Nous devons être au moins aussi nombreux pour construire ensemble la suite de la mobilisation. Il faut monter en puissance. A été décidée à l'AG d'hier 2 journées d'action les 20 et 25 Avril. Avant cela soyons le plus nombreux possible aux AG qui se tiendront partout en France dans la semaine du 18 Avril. Pour Paris, diffusez partout : THEATRE DE LA VILLE 18 avril à 19h Ci-dessous le texte d'appel Intermittent.e.s et précaires : Construisons la mobilisation ! 1500 personnes étaient réunies en assemblée générale au Théâtre de la Colline à Paris lundi 4 avril 2016 et plus de 40 autres rassemblements se sont tenus partout en France. À Paris, une action d’occupation de la toute nouvelle Maison des Pratiques Artistiques Amateurs a réuni des intermittent.e.s, des précaires et des étudiant.e.s jeudi 7 avril à l’appel de la CGT Spectacles et de la Coordination des Intermittents et Précaires (CIP) La mobilisation, c’est parti ! Nos états d’urgence Les négociations sur la convention UNEDIC sur l’assurance chômage ont commencé : Actuellement, 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés. Ça ne suffit ni au Medef ni au gouvernement !! Ils prévoient 800 millions d'économies sur le dos des chômeur.se.s... en même temps que la loi El Khomri facilite les licenciements. Pour les annexes 8 et 10, le MEDEF impose, dans une lettre de cadrage, 185 millions d’euros d’économie pour la seule année à venir et 400 millions d’euros à l’horizon 2020 ! Cette attaque, encore plus violente qu’en 2014, vise clairement à la disparition du régime des intermittents. Encore une fois ils jouent la carte de la division : chômeurs vs intermittents, artistes vs techniciens : refusons-là ! La loi CAP (Création Architecture et Patrimoine) qui vient d’être votée à l’Assemblée Nationale prévoit la mise en pièce de la présomption de salariat. En clair, sous prétexte de valoriser les activités amateures, elle promeut le travail gratuit pour les spectacles professionnels. Dans un contexte de mobilisation générale contre la loi El Khomri, les intermittent.e.s et les précaires doivent rentrer dans la bataille ! Les jeunes et les travailleur.se.s se mobilisent, le mouvement se développe, construisons la convergence des luttes ! Pour maintenir le souffle de la mobilisation et la mener jusqu'à la victoire, il faut se rassembler et construire l’offensive dans notre secteur. ASSEMBLEE GENERALE : Lundi 18 avril à 19h Théâtre de la Ville 2 Place du Chatelet 75004 PARIS JOURNÉE DE MOBILISATION "ON BLOQUE TOUT" : Mercredi 20 avril (infos et rdv à venir) JOURNEE d'ACTIONS : Lundi 25 avril (Publié sur Facebook par Samuel Churin le 12 avril)
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Le spectateur de Belleville
April 25, 2021 2:11 PM
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Par Anne Diatkine dans Libération - 25 avril 2021 Souvent solidaires des mobilisations, les responsables des lieux de spectacle, qui tentent d’organiser leur réouverture, doivent composer avec la défiance et la perspective d’une occupation au long cours. Jean-Marc Grangier, qui dirige la Comédie de Clermont, scène nationale, a été assez secoué, lorsqu’à sa question («Quand est-ce que vous pensez partir ?»), les occupants lui répondirent : «On compte tenir jusqu’à la présidentielle.» Plus d’un an, donc, dans le magnifique bâtiment conçu par l’architecte star Eduardo Souto de Moura, qui n’a pas encore été inauguré. Boutade ou non, et aussi solidaire qu’il soit avec les revendications portées par ses hôtes, le directeur du théâtre a compris qu’un déménagement en deux heures avant la réouverture des lieux ne serait pas possible, et qu’il fallait qu’il envisage avec eux les conditions de leur départ et un rétroplanning. «On a pris le temps de discuter pendant deux heures. Je leur ai demandé qu’ils arrêtent dans un premier temps l’occupation nocturne et dans un deuxième l’occupation diurne de manière à ce que les publics ne se croisent pas en période de pandémie. Le blocage des théâtres est de toute manière antagoniste avec leurs revendications, qui comprend la reprise de l’activité.» Abrogation de la réforme de l’assurance chômage Aussi bien les occupants que les équipes et les directions voudraient éviter un scénario catastrophe qui opposerait ceux qui travaillent et ceux qui occupent. «On n’a jamais envisagé de bloquer les théâtres» renchérit Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT spectacle. Mais chacun le sait tout autant : parmi les revendications, il y a l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage qui devrait entrer en application le 1er juillet et qui affectera tous les précaires. La solidarité et le souhait de faire tache d’huile, de ne pas restreindre le mouvement au seul périmètre artistique, sont parmi les ingrédients de ce mouvement qui essaime dans toute la France et plus de 100 théâtres depuis déjà sept semaines. Faut-il quitter les lieux au moment même où le rapport de force risque enfin d’émerger ? Jusqu’ici, les occupations dans les théâtres ont été superbement ignorées par le ministère, sans doute dans l’espoir que le mouvement s’éteigne de lui-même. La perspective d’une réouverture des salles mi-mai et l’analyse du rapport Gauron qui soumet différents scénarios possibles à l’issue de l’année blanche, suffiront-elles à changer la donne et permettre aux occupants d’organiser la tête haute leur départ ? Ces problèmes et bien d’autres seront débattus ces lundi et mardi, avec des délégations de la plupart des lieux, qui se rencontrent pour la première fois dans l’emblématique Théâtre national populaire, à Villeurbanne, dirigé par Jean Bellorini. Une grande première en effet, car le mouvement, à la fois uni et disparate, agrège aussi bien des intermittents, des précaires, des étudiants et élèves des cours de théâtre, des gilets jaunes, ce qui rend chaque occupation spécifique aussi bien par ses modes d’action, sa vigueur, que par le type de relation avec les directions des théâtres. Hortense Archambault, directrice de la MC93 à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et présidente de l’Association des scènes nationales, explique : «Ça se passe plutôt bien quand les théâtres sont occupés par des personnes que les équipes de théâtre connaissent déjà. Et plus mal quand ce n’est pas le cas.» Faute d’obtenir la considération des tutelles, les relations se sont durcies au fil des semaines. Le changement de vocabulaire est éloquent. Si les étudiants et les élèves «habitaient» le Théâtre de la Colline ou le TNS à Strasbourg, ils revendiquent aujourd’hui le terme d’«occupation». A Villeurbanne encore, le metteur en scène Jean Bellorini qui s’inscrivait «en solidarité totale» avec le mouvement, a commencé par ouvrir quatre loges avec des douches puis deux dortoirs distincts femmes et hommes à ses hôtes, adhérents à la CGT spectacle, et des membres du collectif unitaire 69. «Ils revendiquent que le théâtre soit le lieu de l’agora. Je suis d’accord avec eux.» Soutenir les artistes émergents Mais depuis quelque temps déjà, l’humeur a changé. Bellorini, à l’instar de la tribune initiée par des responsables de scènes dont Robin Renucci, interpelle le «silence du gouvernement qui conduit à un durcissement. Lequel se manifeste par des appels très réguliers à changer la hiérarchisation des priorités. L’ouverture des salles devient presque accessoire. Ce qui me semble inacceptable, c’est lorsque les occupants remettent en cause l’institution en demandant sa “mise à mort“. Je ne peux pas les accompagner. Aujourd’hui je reste à l’écart.» Même distance prise au Théâtre de la Cité à Toulouse, où le directeur du lieu n’est plus présent lors des AG, souvent houleuses. Plongé dans cette situation tempétueuse et complexe car il est à la fois pris à partie et solidaire, Jean Bellorini, pourtant en mesure de présenter des spectacles dans ses deux salles en mai, se demande s’il ne serait pas plus sage de repousser l’ouverture à l’automne. On le sent amer : «Le TNP a assumé tous ses contrats et les cessions qui n’ont pas eu lieu, on n’a pas eu recours au chômage partiel, car on n’allait pas demander à l’Etat une double subvention. Ce serait bien qu’on ne nous laisse pas seuls face à la crise sociale.» Certaines directions le disent : la remise en cause des institutions qui peut être très violente – certaines banderoles clament : «Ils nous ont mis dedans, foutons-les dehors» – n’a pas que des inconvénients. Elle oblige à repenser la fonction des CDN et théâtres nationaux dans leurs contrées, et notamment la recherche effrénée d’artistes de renommée internationale. Jean-Marc Grangier : «Sur le territoire, certaines équipes artistiques sont très discrètes voire invisibles. Mais même si on les voit peu, elles font un travail conséquent, notamment en médiation, qu’il faut reconnaître, et peut-être que nous, les institutions, tellement obsédées par notre cahier des charges, notre soif de visibilité et de faire découvrir les grandes signatures, on les a un peu oubliées. Il ne faudrait pas qu’on participe à creuser davantage le fossé entre les têtes d’affiche et ces toutes petites compagnies composées parfois de gens très jeunes.» Une remise en cause créatrice si elle s’accompagne d’une proposition : «Je vais créer une ligne budgétaire pour ces artistes émergents et j’en discuterai avec la personne qui sera à ma place la saison prochaine» – Jean-Marc Grangier quitte le théâtre en juin prochain. Ce qui témoigne d’une certaine endurance : en mars dernier, lorsqu’il a proposé aux intermittents occupants de leur donner les moyens d’organiser leur propre festival en plein air en juin, contrat et cachets à l’appui, après avoir persuadé la municipalité de construire un plateau dans un jardin de la ville, son initiative a été refusée, car comprise comme une tentative de récupération.
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April 9, 2021 2:39 PM
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Par Sandrine Blanchard dans Le Monde - 9 avril 2021 L’étude révèle d’importantes disparités selon les branches, dont les plus touchées sont le spectacle vivant et les prestations techniques. C’est une étude qui tombe à point nommé. Publiée le 26 mars par l’Unédic, elle analyse « l’impact de la crise sanitaire sur l’emploi des intermittents du spectacle en 2020 ». Alors que la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, et la ministre du travail, Elisabeth Borne, devraient recevoir, dans le courant de la semaine prochaine, les conclusions de la mission de diagnostic – confiée à André Gauron, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes – sur les suites à donner à l’année blanche, les chiffres fournis par l’Unédic révèlent d’importantes disparités entre les différentes branches et selon les métiers du secteur culturel. Sur tout le territoire, les salles de concerts, les cinémas et les théâtres sont fermés au public depuis mars 2020 (hormis une réouverture partielle entre fin juin et fin octobre). Malgré ce contexte, « l’activité globale dans le spectacle intermittent professionnel s’élève, en 2020, à 71 % de l’activité en 2019 », indique l’organisme gestionnaire de l’assurance-chômage. Sans surprise, le spectacle vivant (59 % d’activité en 2020 par rapport à 2019) est généralement plus affecté que le spectacle enregistré (86 %). Derrière ces pourcentages se cachent des écarts considérables. Ainsi, si la production de films d’animation, la radiodiffusion et la production audiovisuelle ont été peu impactées en 2020, à l’inverse, le spectacle vivant privé et les prestations techniques pour la création et l’événement ont vu leur activité tomber respectivement à 50 % et 42 % de celle de 2019. Du côté des métiers, les plus touchés par la crise sont les professions techniques de la lumière, de l’éclairage, du plateau et de la machinerie, dont l’activité a diminué de moitié par rapport à 2019. Et, parmi les artistes, les musiciens et les chanteurs sont les plus mal lotis, avec seulement 57 % de leur activité habituelle, suivis par les danseurs (61 %). « Limiter la casse » Afin de couvrir les allocataires intermittents du spectacle dans l’impossibilité de réaliser les 507 heures de travail indispensables pour ouvrir des droits, Emmanuel Macron annonçait, le 6 mai 2020, la mise en place d’une « année blanche », permettant de prolonger les indemnités chômage jusqu’au 31 août 2021. Qu’en est-il aujourd’hui du nombre d’heures réalisées et de l’évolution des revenus ? Si la baisse des salaires a été en partie amortie par l’année blanche, « 65 % des allocataires ont cependant vu leur revenu global diminuer », note l’Unédic Selon l’étude, « fin décembre 2020, sur les 118 000 intermittents indemnisables et qui ont ouvert leurs droits entre mars 2019 et août 2020, 57 % ont déjà cumulé plus de 507 heures ». Là encore, des différences apparaissent : sur les 58 000 techniciens, 65 % ont cumulé plus de 507 heures, alors que, sur les 60 000 artistes, seuls 50 % ont pu les faire. Surtout, avant la crise, ils étaient globalement 82 % à les réaliser, et donc à être réadmis dans le régime d’allocation. Sans surprise, le revenu brut mensuel moyen (salaire, plus indemnisation) des intermittents du spectacle a diminué, passant de 2 500 euros en 2019 à 2 100 euros en 2020. Si la part du salaire brut mensuel moyen a fortement chuté (de 1 450 euros en 2019 à 900 euros en 2020), en revanche, le montant d’indemnisation brut mensuel moyen a progressé (1 300 euros en 2020 contre 1 000 euros en 2019). « Au cours de l’année blanche, l’assurance-chômage a joué son rôle, l’indemnisation a permis de limiter la casse sur les revenus », résume Odile Muller, l’une des autrices de l’étude. Si la baisse des salaires a été en partie amortie, « 65 % des allocataires ont cependant vu leur revenu global diminuer », note l’Unédic. Parmi eux, 25 % enregistrent une baisse de leur pouvoir d’achat de 15 % à 30 %, et, pour 6 %, elle atteint plus de 30 %. Lorsque le président de la République s’était engagé sur l’année blanche, personne n’imaginait que, onze mois plus tard, le confinement serait toujours d’actualité, et les lieux culturels encore à l’arrêt. Que va-t-il se passer après le 31 août, lorsque l’année blanche s’arrêtera et que la situation des allocataires sera réexaminée ? C’est tout l’enjeu du rapport Gauron, très attendu. Lire l’enquête : La saison sinistrée des intermittents du spectacle Au regard de l’étude de l’Unédic, on comprend mieux pourquoi les ministres de la culture et de l’emploi ont demandé que la mission « différencie l’analyse selon le secteur d’activité concerné, le métier exercé et la date anniversaire des droits des intéressés ». Alors qu’une centaine de théâtres sont actuellement occupés en France pour réclamer l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage, qui va durcir les règles pour tous les chômeurs, la reconduction d’une année blanche pour tous les intermittents semble incertaine. Sandrine Blanchard Légende photo : Concert devant l’Odéon-Théâtre de l’Europe, le 27 mars 2021, à Paris. Les intermittents du spectacle manifestent contre la réforme de l’assurance-chômage, qui doit entrer en vigueur au 1er juillet. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
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April 8, 2021 2:40 PM
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Par Samuel Churin, publié dans Politis le 8 avril 2021 Le nouveau décret réformant, au 1er juillet, les règles d'indemnisation aura des répercussions dramatiques sur le niveau des allocations versées aux chômeurs et sera extrêmement inégalitaire, alerte Samuel Churin, membre de la Coordination des intermittents et précaires. Preuves à l’appui, il met au défi le gouvernement de prétendre le contraire. Lors d’un rendez-vous récent au ministère du travail, j’ai commencé mon intervention par ces mots : « Vous avez le droit de ne pas être d’accord avec nous, mais nous devons d’abord nous mettre d’accord sur des faits, des chiffres incontestables. Lorsqu’un immeuble mesure 15 mètres, que sa hauteur est validée au centimètre près par un géomètre expert, certains considèreront qu’il est trop haut, d’autres trop bas. La discussion est alors possible. Votre méthode, seuls contre tous, consiste à affirmer que l’immeuble mesure 100 mètres. Soit vous êtes incompétents, soit vous êtes menteurs, soit les deux, mais dans tous les cas il est impossible de discuter avec vous. » Ainsi l’heure est trop grave pour laisser passer autant de mensonges d’État. Bien sûr ce gouvernement brille par ses incompétences multiples, mais il est grand temps de rétablir des faits incontestables. À partir de là, ce gouvernement devra assumer sa folie. Je demande donc que soit vérifié tout ce qui suit. Ce qui est écrit n’est pas de l’ordre de l’opinion. C’est vrai ou faux. Le fact checking (vérification des faits) est indispensable. Tant que ces faits ne seront pas vérifiés, ce gouvernement pourra avancer masqué, mettre en avant une divergence de point de vue. Or la réalité est très grave : ce président et ce gouvernement qui prétendent lutter contre le fléau des rumeurs et des fake news, contre les complotistes, sont les premiers à utiliser ces méthodes dans une indifférence d’opinion presque générale au moment où tous les médias sont obsédés par la crise sanitaire. De quoi s’agit-il ? De la plus grave réforme jamais proposée depuis l’après-guerre, celle de l’Assurance chômage du régime général. Cette réforme fera des milliards d’euros d’économie sur les plus pauvres et interdira de toute indemnisation bon nombre de chômeurs. Cela, nous le savions, et nous le hurlons depuis 2019. À ce propos, Il faut saluer le mouvement d’occupations des 100 théâtres qui le rappelle tous les jours. Mais ce que Mathieu Grégoire, sociologue, vient de démontrer va beaucoup plus loin. Graphiques et chiffres à l’appui, le résultat est implacable : cette réforme est une pure loterie. Ce qui suit vous paraîtra irréel, et pourtant tous ces cas exposés par Mathieu Grégoire sur la revue Salariat ont été vérifiés. Loterie pour les malades et les femmes enceintes Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, chômeuses et chômeurs pourront être lésés par la réforme simplement parce qu’elles seront enceintes ou malades au mauvais moment. Contester ces nombreux cas est un mensonge. Ces faits sont vérifiés. Loterie due à l’effet papillon : une journée de travail supplémentaire pour 10.820 euros de perdu ! Le cas de Julien est emblématique : À cause d’un seul contrat d’une seule journée à 180 euros 12 mois avant, Julien percevra 11.000 euros en moins d’Assurance Chômage sur une année ! Autrement dit, si Julien n’avait pas travaillé cette journée un an avant, il aurait perçu 11.000 euros en plus. À cause de cette petite journée isolée effectuée 12 mois avant, Julien a perdu 11.000-180 = 10.820 euros. Autrement dit, on pourrait croire que ce gouvernement incite Julien à ne pas travailler ou à ne surtout pas déclarer cette seule petite journée isolée tant les conséquences financières sont importantes. C’est le travailler plus pour gagner beaucoup beaucoup moins ! Le cas de Julien (un exemple parmi beaucoup d’autres) est incontestable. Ces faits sont vérifiés. Loterie due à la répartition des périodes d’emploi : emploi égal, salaire égal, un rapport de 1 à 24 ! C’est le plus grand scandale de ce dossier et le mot loterie doit être pris au premier degré. Pour rappel, la période de référence à partir de laquelle est calculée l’indemnité journalière est de 24 mois. Comparons deux parcours : celui de Félix et Marjorie. Pendant sa période de référence de 24 mois, Félix est d’abord en inactivité totale pendant 12 mois puis a un premier CDD de 2 mois et immédiatement un second CDD de 10 mois, au même salaire mensuel. Félix a donc déclaré 12 mois de travail en 24 mois. Félix ouvre des droits au chômage et travaille 1 mois sur 2 à partir du 1er janvier. Pendant sa période de référence de 24 mois, Marjorie a d’abord un CDD de 2 mois, une période de chômage de 12 mois, puis un CDD de 10 mois, au même salaire mensuel que Félix. Marjorie a donc comme Félix déclaré 12 mois de travail en 24 mois pour exactement le même salaire. Marjorie ouvre des droits au chômage et comme Félix travaille 1 mois sur 2, mais à partir du 15 janvier. Pour résumer, Félix et Marjorie ont déclaré exactement le même nombre de mois de travail (12 mois) pour exactement le même salaire avant d’ouvrir des droits. Félix travaillera du 1 au 30 du mois, un mois sur deux et Marjorie du 15 au 15 du mois suivant, un mois sur deux. Félix percevra 19.000 euros d’indemnisation sur deux années. Marjorie percevra 800 euros d’indemnisation sur deux années. Alors que leurs emplois et leurs salaires sont strictement identiques et ne différent que par leur répartition dans les 24 mois de la période de référence et par les dates de leurs contrats, Marjorie percevra 24 fois moins que Félix. Les cas de Félix et Marjorie sont incontestables. Les faits sont vérifiés. Pour les intermittents du spectacle qui me lisent, imaginez que votre indemnisation puisse être 24 fois moins importante selon la répartition de vos contrats dans l’année ! Selon que vous ayez des dates en janvier et pas en mars ! Messieurs Macron, Castex, madame Borne, les faits ci-dessus sont incontestables. Si vous continuez à les nier alors que les preuves sont faites, cela relève du mensonge et nous vous attaquerons. Si ce que nous disons est faux, attaquez-nous tout de suite en diffamation. Continuer de défendre cette réforme, c’est non seulement assumer une casse sociale sans précédent mais c’est aussi défendre un principe de loterie et d’inégalité de traitement que le conseil d’État a déjà relevé lors d’un précédent jugement. Lire > Une immense victoire pour les précaires Saluons les chercheurs, cibles du gouvernement, pour leur formidable travail. Merci en particulier à Mathieu Grégoire qui ne cesse de rétablir des vérités par ses travaux éclairés et éclairants. Merci à Mediapart pour son travail d’information sur ce dossier depuis le début. À nous de tout faire pour révéler ces faits partout, que cela devienne pandémique, afin que les médias enfin dénoncent les mensonges répétés de ce gouvernement, leur demandent de s’expliquer. À nous de les mettre hors d’état de nuire, il y a non-assistance à personne en danger. Retrouvez tous nos articles sur ce sujet. CET ARTICLE EST EN ACCÈS LIBRE. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.
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Le spectateur de Belleville
March 31, 2021 2:12 PM
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Publié par FranceInfo Culture le 31/03/2021 La prestigieuse troupe de la Comédie-Française a apporté mardi son soutien aux intermittents du spectacle qui réclament au gouvernement de prolonger leur indemnisation au-delà d'août 2021 en raison de la crise sanitaire.
"Depuis l'interruption de nos spectacles, nous ne pouvons que constater la baisse d'au moins 50% de l'engagement des intermittents qui travaillent chaque année avec nous", a indiqué un communiqué de la troupe. "Comment ne pas comprendre le désarroi de beaucoup d'intermittents qui subissent de plein fouet les annulations ou reports en cascade de cette année?", s'interroge la Comédie-Française qui a apporté mardi son soutien aux intermittents du spectacle. Une prolongation de l'année blanche jusqu'à août 2022 ? En 2020, le président Emmanuel Macron avait décidé d'accorder une année blanche aux intermittents qui, en raison de la fermeture des théâtres et des cinémas et de l'annulation des grands festivals d'été, n'avaient pas pu faire les 507 heures qui leur sont requises sur douze mois pour toucher des indemnités. Ce dispositif arrive à terme en août et les intermittents réclament qu'ils soient prolongés jusqu'à août 2022 en raison des incertitudes sanitaires. "La saison prochaine, à supposer qu'elle puisse se dérouler à peu près correctement, comportera des reports de spectacles, et donc une diminution vraisemblable, et nous l'espérons exceptionnelle, des créations dans la majorité des théâtres", préviennent les comédiens et comédiennes du Français, rappelant l'importance de cette "exception française". Une mission dresse actuellement un diagnostic de leur situation pour "proposer une réponse adaptée", selon le gouvernement. France Télévisions Rédaction Culture Près d'une centaine de théâtres en France sont "occupés", notamment par des intermittents qui réclament également le retrait de la réforme de l'assurance chômage qui entre en vigueur en juillet. Légende photo : La Comédie-Française, place Colette (BRUNO DE HOGUES / ONLY FRANCE)
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Le spectateur de Belleville
May 5, 2020 5:33 AM
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Riester assure que les intermittents bénéficieront d'un dispositif pendant l'été (info AFP)
Paris, 5 mai 2020 (AFP) - Le ministre de la Culture Franck Riester travaille sur un dispositif de protection des intermittents du spectacle durant les mois d'été mais n'a pas encore tranché sur l'éventualité de leur accorder l'"année blanche" qu'ils réclament. Interrogé par un auditeur au micro d'Europe 1, le ministre a réfuté tergiverser et rester inactif: "Nous avons pris dans l'urgence la décision de repousser de trois mois le délai pour regarder le nombre d'heures obtenues par les intermittents du spectacle pour bénéficier de leur régime d'assurance-chômage et de leur protection sociale". "Nous travaillons avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud et le gouvernement à prolonger les dispositifs pour que, notamment pendant l'été, les intermittents du spectacle ne soient pas pénalisés", a-t-il poursuivi, à la veille de l'annonce par Emmanuel Macron de mesures pour le monde de la culture. "Est-ce que ce sera une année blanche (une mise à zéro des compteurs sur le décompte des droits, NDLR) comme certains le disent, je ne le sais pas encore". "Cela nécessite des évaluations, des discussions avec mes collègues du gouvernement", a-t-il poursuivi. Le ministre a assuré vouloir mettre en place un "plan ambitieux" parce qu'"on est convaincu que cet écosystème des artistes et techniciens qui bénéficient de l'intermittence est vitale pour la pérennité tout simplement de la culture dans notre pays". "J'ai tout de suite pris des mesures d'urgence importantes en lien avec mes collègues du gouvernement pour que les mesures transversales destinées à sauver l'économie puissent être accessibles au monde de la culture: l'accès au chômage partiel, à un fonds de solidarité pour notamment les artistes-auteurs, la question de la modification des règles d'accès à l'intermittence, l'accès aux prêts garantis", s'est-il défendu. Mais "ce n'est pas suffisant pour l'avenir. On travaille avec les organisations syndicales et Muriel Pénicaud" pour permettre "la continuation d'un accompagnement". "Nous sommes déterminés à avoir un dispositif qui les protège sur le temps long". jlv/rh/it
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Le spectateur de Belleville
April 19, 2020 5:06 PM
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Par Marius Chapuis et Annabelle Martella dans Libération — 20 avril 2020 Régime opaque, précarité, maigres compensations, absence de statuts : intermittents et artistes-auteurs ont du mal à être rassurés par les annonces récentes du ministre de la Culture.
Un flou artistique persiste chez les intermittents du spectacle. Alors qu’un arrêté paru le 17 avril devait clarifier la situation des comédiens, musiciens ou techniciens en temps de Covid-19, c’est toujours la croix et la bannière pour comprendre les mesures gouvernementales et leurs applications à tous les cas particuliers que recouvre le régime. Chaque année, les intermittents doivent déclarer 507 heures de travail à une «date anniversaire». Si celle-ci tombe durant la période de confinement, elle sera décalée le 1er juin pour pouvoir continuer à bénéficier de ses droits.
«Urgence» Mais que se passera-t-il pour ceux qui devront justifier leurs heures en septembre ? Avec l’annulation à la pelle des festivals d’été, beaucoup craignent de ne pas travailler suffisamment cette année. Surtout s’ils se fient au scénario catastrophe de l’Académie nationale des sciences allemande qui prévoit dans le pire des cas une réouverture des salles de concert dans dix-huit mois. Pour Ghislain Gauthier, de la CGT Spectacle, «ces mesures règlent l’urgence mais pas le problème de fond. Beaucoup de professionnels vont se retrouver sur le carreau, dont ceux qui comptaient sur le printemps pour ouvrir leurs droits pour la première fois».
Dans le Monde de vendredi dernier, le ministre de la Culture, Franck Riester, rappelait que la période de crise était neutralisée, que les entreprises et les associations pouvaient bénéficier du dispositif de chômage partiel, et que les structures étaient incitées par l’Etat à payer les cachets. En outre, sur France Inter jeudi, il assurait que «les intermittents qui ne sont pas actuellement dans un statut d’intermittence, qui auraient dû avoir leurs droits en travaillant par exemple à Avignon» pourront «bénéficier de la solidarité». Un fonds spécifique sera bientôt ouvert, en partenariat avec Audiens, groupe de protection sociale qui, par ailleurs, a récolté 1 million d’euros d’aide du géant Netflix pour soutenir les intermittents de l’industrie audiovisuelle et cinématographique. Selon la CGT, le ministère n’aurait pas jugé opportun de se concerter avec les partenaires sociaux sur ce point : «Personne n’a été mis au courant avant l’interview de la création de ce fonds.» Un autre, spécifique au théâtre privé et aux compagnies peu subventionnées, est également en cours de création, en lien avec la Ville de Paris, les régions et l’Etat (à hauteur de 5 à 7 millions d’euros).
«Gravité» Les artistes-auteurs, eux, n’ont toujours aucune assurance chômage. Plasticiens, photographes ou graphistes peuvent bénéficier d’une aide (de 1 500 euros maximum) ainsi que du report ou de l’étalement de leurs loyers et de leurs factures d’eau, d’électricité et de gaz. «Nous avons déjà passé le fonds de solidarité accessible aux artistes-auteurs de 1 à 7 milliards. Et on a fait en sorte de modifier les critères d’accès à ce fonds pour prendre en compte une période plus longue, mieux adaptée, sur douze mois plutôt que sur un mois», s’est félicité le ministre de la Culture. Mais à ces mots, certains professionnels du secteur rient jaune. Encore trop d’artistes, dont ceux arrivés récemment dans le métier, ne seraient éligibles ni à ce fonds (ou peuvent juste en obtenir une maigre compensation financière) ni à celui mis en place par le Centre national des arts plastiques (Cnap). «Cette nouvelle crise nous montre la justesse du rapport Racine et la gravité de son enterrement, explique quant à lui Benoît Peeters, de la Ligue des auteurs professionnels. Le problème de l’absence de statut pour les artistes-auteurs se confirme aujourd’hui de manière tragique. Il y aura des aides, mais la réponse sera individuelle et non collective. Ce sont toujours les plus malins ou ceux qui rentrent bien dans les critères qui en bénéficieront.»
Marius Chapuis , Annabelle Martella A LIRE AUSSI Culture : des assurances pas vraiment tous risques Légende photo : Lors du festival les Eurockéennes, à Belfort, en 2012. Photo Pascal Bastien. Divergence
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Le spectateur de Belleville
June 7, 2016 1:44 PM
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Tribune publiée dans Libération
Intermittents : la dangereuse générosité de l’Etat Par un collectif, (liste des signataires en bas de l'article) — 7 juin 2016 à 17:11
Un collectif de personnalités, dont Mathieu Amalric, Agnès Jaoui ou Denis Podalydès, dénoncent dans un appel la dernière proposition du gouvernement : la prise en charge de l’assurance chômage par l’Etat. La gauche prendrait-elle le risque de devenir le fossoyeur de l’intermittence ?
Intermittents : la dangereuse générosité de l’Etat
«Certains jours, il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles à décrire» (René Char). Epuisement… Les revendications des intermittents du spectacle pour faire valoir leurs droits à l’assurance chômage et préserver leur régime spécifique passent mal la rampe. Difficile pour eux d’échapper à l’étiquette de «privilégiés» dont certains se plaisent à les gratifier afin de discréditer un combat qu’ils mènent depuis près de vingt-cinq ans. Combat mené d’abord sur le mode défensif et, depuis une dizaine d’années, de façon constructive, avec l’avancée de propositions concrètes et l’élaboration collective d’un projet viable.
Nos publics peinent, jusqu’à ce jour, à comprendre nos revendications du fait de leur aspect technique et à concevoir que les techniciens et les artistes qu’ils applaudissent sur scène sont pour la plupart des travailleurs précaires. Une réalité qui pourtant s’aggrave au fil des saisons. C’est dans cette brèche que le Medef et ses alliés s’engouffrent depuis toujours si bien qu’on finit par croire qu’ils ne souhaitent surtout pas qu’apparaisse au grand jour le modèle de ce que pourrait être une flexisécurité pour tous les citoyens.
Au-delà même de l’argument qui veut que les valeurs, les pensées, les expériences sensorielles qui sont produites sur nos scènes, dans nos films, nos musiques sont nécessaires à la bonne marche d’une société qui tiendrait compte et respecterait l’ensemble de ceux qui la composent, jamais le constat que le secteur du spectacle produit plus de richesse qu’il n’en coûte, confirmé par de nombreux économistes, n’a été pris en compte par les détracteurs de l’intermittence.
Dans la nuit du 27 au 28 avril, un accord portant sur le fonctionnement des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, régissant le système d’indemnisation des intermittents du spectacle, a été signé pour la première fois à l’unanimité. Un comité d’experts, présidé par un économiste et réunissant un inspecteur général des affaires sociales, un magistrat honoraire à la Cour des comptes, un sociologue, des représentants de l’Unédic, de Pôle Emploi et des ministères de la Culture et du Travail, a approuvé cet accord qui permet de réaliser plus de 90 millions d’euros d’économies.
Cet accord est historique
Il prend en compte bon nombre des revendications des intermittents : date anniversaire, 507 heures sur 12 mois, prise en compte des congés maternité et des heures d’enseignement artistique, droits de ceux qui arrivent à la retraite. L’ensemble de notre secteur consent également à faire des efforts importants : plafonnement des indemnités, suppression du versement des allocations chômage durant les congés payés, hausse de 1 % des cotisations patronales. Ces concessions qui font preuve, vu les difficultés de l’ensemble des structures et compagnies qui voient leurs budgets fondre d’année en année, d’un geste d’adaptation fort. Un bel effort qu’aucun autre secteur n’a, pour l’heure, accepté de faire.
Le 30 mai, le Medef et l es confédérations CFDT, CFTC, CGC o nt refusé de signer l’accord du 28 avril, désavouant du même coup leur «branche spectacle». Sous prétexte d’économies insuffisantes, ils n’ont pas souhaité l’intégrer à la nouvelle convention d’assurance chômage de l’Unédic.
Epuisement… Ce refus ne nous étonne pas. Il était déjà inscrit dans la «lettre de cadrage» proposée par le Medef avant le début des négociations. Cette lettre exige que le secteur «spectacle» réalise 185 millions d’économies (400 millions à l’horizon 2020). Une démesure budgétaire inacceptable.
En effet, comment oser demander à 4 % des chômeurs indemnisés 23 % des économies générales de l’Unédic (50 % à l’horizon 2020) ?
Ces efforts constants, les intermittents ne peuvent plus les supporter.
Ils n’ont d’autres finalités que de tuer le sujet que l’on veut prétendument soigner.
Le gouvernement, par la voix de son Premier ministre, a déclaré «vouloir s’engager dans la préparation de la mise en œuvre de "l’accord" afin qu’il entre en vigueur en juillet». Manuel Valls a émis le désir de proroger l’accord par décret laissant croire à chacun que le problème était réglé. Rappelons qu’en 2014, Manuel Valls avait annoncé la prise en charge par le gouvernement d’un des dispositifs du protocole signé cette année-là : «le différé d’indemnisation». Il avait, alors, présenté cette aide comme une aide éphémère.
Nous refusons catégoriquement que la prise en charge de l’Etat devienne durable. Cette proposition, soi-disant généreuse, s’avère extrêmement dangereuse. Pourquoi ?
Si aujourd’hui, l’Etat finançait, même en partie, l’assurance chômage des intermittents du spectacle, leur régime spécifique deviendrait tributaire des budgets de l’Etat et des alternances politiques. Et alors… que se passerait-il au prochain changement de président à la tête de l’Etat, au prochain changement de gouvernement, de majorité à l’Assemblée ? Que se passerait-il si le nouveau Premier ministre refusait de poursuivre ce que Manuel Valls aura prétendument sauvé à court terme ?
La réponse est claire : l’intermittence, essentielle et structurelle à la survie de notre secteur, disparaîtrait. Purement et simplement. Sans que personne ne puisse plus rien faire.
Une disparition tragique qui balayerait d’un coup plus de vingt-cinq ans de combats dans un cadre démocratique de négociations. Si cela était, nous serions alors nombreux à dire que c’est bel et bien un gouvernement de gauche qui aura été le fossoyeur de l’intermittence et, par là même, de la vitalité de la culture française. Une dernière réunion interprofessionnelle de négociations sur l’assurance chômage doit avoir lieu le 16 juin. Intermittents du spectacle nous-mêmes ou directeurs permanents de théâtres, directeurs d’établissement culturel , responsables de compagnie et de festival, auteurs au côté des intermittents, nous serons attentifs à son déroulement et serons disposés à agir ensemble en cas de refus de la signature de l’accord approuvé à l’unanimité le 28 avril 2016.
PREMIERS SIGNATAIRES
Directeurs/trices de Structures Nationales (Centre dramatiques, écoles, Scènes Nationales, théâtres, festivals) :
Jean-Paul ANGOT, directeur de la MC2 Scène Nationale de Grenoble Cécile BACKES, directrice du CDN de Béthune Valérie BARRAN, directrice du Tarmac Mathieu BAUER, directeur du Nouveau théâtre, CDN de Montreuil Yves BEAUNESNE, directeur du CDN de Poitiers Jean BELLORINI, directeur du TGP - CDN de Seine-Saint-Denis Frédéric BÉLIER-GARCIA, directeur du Quai, CDN d’Angers David BOBBÉE, directeur du CDN de Normandie-Rouen Jean BOILLOT,directeur du Nest, CDN de Thionville Richard BRUNEL, directeur de laComédie De Valence, CDN Drôme-Ardèche Guy-Pierre COULEAU, directeur de la Comédie de l’Est, CDN de Colmar François-Xavier HAUVILLE, directeur de la Scène Nationale d’Orléans Benoît LAMBERT, directeur du Théâtre Dijon Bourgogne, CDN Claire LASNE-DARCUEIL, Directrice du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) Bruno LOBÉ, directeur du Manège de Reims, Scène Nationale Babette MASSON, directrice du Carré, Scène Nationale et Centre d’Art contemporain, pays de Château-Gontier Lionel MASSÉTAT, directeur du Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène Nationale Arnaud MEUNIER,directeurde la Comédie de Saint-Etienne, CDN Régine MONTOYA, directrice de la Scène Nationale 61 (Alençon, Flers, Mortagne) Célie PAUTHE, directrice du CDNBesançon Franche-Comté Thierry PARIENTE,directeur de l’École Nationale Supérieure des Arts et Technique du Théâtre (ENSATT) Christophe RAUCK, directeur du Théâtre du Nord, CDN Lille / Tourcoing / Nord-Pas de Calais Pierre-François ROUSSILLON, directeur du Théâtre 71, scène Nationale de Malakoff Jean VARELA, directeur du printemps des Comédiens & Théâtre Sortie Ouest Jacques VINCEY,directeur du CDR de Tours LA SOCIÉTÉ DES RÉALISATEURS DE FILMS
Avec la signature individuelle de Matthieu AMALRIC Jacques AUDIARD Luc BATTISTON Guillaume BRAC Stéphane BRIZE Thomas CAILLEY Laurent CANTET Malik CHIBANE Hélier CISTERNE Catherine CORSINI François FARELLACCI Philippe FAUCON Léa FEHNER Denis GHEERBRANT Fabienne GODET Yann GONZALEZ Agnès JAOUI Stéphanie KALFON Jean-Marie LARRIEU Serge LE PERON Thomas LILTI Paul MARQUES DUARTE Ana NOVION Nicolas PHILIBERT Kattell QUILLÉVÉRÉ Aude Léa RAPIN Christophe RUGGIA Pierre SALVADORI Céline SCIAMMA Jan SITTA Et par ordre alphabétique : Benjamin ABITAN, réalisateur radio Judith ABITBOL, scénariste Carine ALBA, comédienne Bruno ALAIN, auteur Juliette ALAIN, comédienne Jacques ALLAIRE, comédien, metteur en scène Jean ALIBERT, comédien Anne ALVARO, comédienne Franck ANDREÏ, acteur Performer Cyril ANDRIEU-LACU, comédien Fabien ARA, comédien Soleïma ARABI, comédienne Elise ARPENTINIER, comédienne Féodor ATKINE, comédien Sandrine ATTARD, comédienne Grégoire AUBERT, auteur, comédien Marion AUBERT, auteure Claire AVELINE, comédienne Francis AZEMA, metteur en scéne (directeur du théâtre du Pavé) Anne AZOULAY, comédienne Hélène BABU, comédienne Caroline BAEHR, comédienne Gautier BAILLOT, comédien Thierry BALASSE, metteur en scène (Cie Inouïe) Sabrina BALDASSARA, comédienne Jalie BARCILLON, auteure, metteuse en scène (Cie Lisa Klax) Mélissa BARBAUD, comédienne Guillaume BARBOT, metteur en scène Jean Pierre BARO, metteur en scène (Cie Ex Time) Gaël BARON, comédien Roberto BASARTE, musicien & compositeur Jean-Michel BAUDOIN, auteur Gaëlle BAUD, chargée de casting Xavier BEJA, directeur artistique de la Cie Théâtre en fusion Victoire BÉLÉZY, comédienne Catherine BENHAMOU auteure, comédienne Jean-Louis BENOIT, metteur en scène (Cie Jean-Louis Benoit) Isabelle BEN SOUSSAN, comédienne Sébastien BERGERY, comédien Philippe BERLING, metteur en scène (Cie La structure) BERTO, cadreur et caméra opérateur Jean-Claude BERUTTI, metteur en scène (Cie Jean-Claude Berutti) Véronique BISCIGLIA, comédienne Valérie BLANCHON, Comédienne Arlette BONNARD & Alain ENJARY (cie Ambre) Carole BORNE, monteuse Thierry BOSC, comédien Bertrand BOSSARD, metteur en scène (Cie B. Initials) Christophe BOTTI, auteur, scénariste, metteur en scène (Cie des Hommes Papillons) Nicolas BOUCHAUD, comédien, metteur en scène Clément BOURGAREL, comédien (cie Zizanie - Les géants ) Elsa BOSC, comédienne Gilles BOUILLON, metteur en scène Philip BOULAY, metteur en scène (Wor(l)ds…Cie) Barbara BOULEY, autrice-metteure en scène (Cie Un Excursus) Céline BOTHOREL, comédienne Isabelle BRANNENS, metteure en scéne Christophe BRAULT, comédien Danièle BRÉ, co-directrice du théâtre Antoine Vitez d’Aix-en-Provence Olivier BREITMAN, comédien Julie BROCHEN, metteure en scène (Cie Les compagnons du jeu) Lara BRUHL,comédienne & metteure en scène Cécile BRUNE, comédienne (Comédie Française) Claude BUCHWALD, metteuse en scène Arlette BUVAT, réalisatrice, Grégoire CAILLIES, théâtre Roublot, Cécile CAMP, comédienne Emilie CAZENAVE, comédienne Alan CASTELO, auteur, metteur en scène Bénédicte CERUTTI, comédienne, Linda CHAIB, comédienne Sébastien CHARTIER, comédien Nathalie CHERON, directrice de Casting Charlotte CLAMENS comédienne François CARON, comédien Célia CATALIFO, comédienne Antoine CAUBET, metteur en scène (Cie Théâtre Cazaril) Pierre-Yves CHAPALAIN, auteur, comédien, metteur en scène Pascal CERVO, comédien Alexandre CHARLET, comédien Sébastien CHARTIER, comédien Marion CHENETIER-ALEV, universitaire Frédéric CHERBOEUF, metteur en scène (Cie La part d’ombre) Gérard CHERQUI, comédien, metteur en scène Thibault CORRION, comédien Thomas CHABROL, comédien Arnaud CHURIN, metteur en scène (Cie Éclats Rémanences) Samuel CHURIN, comédien Christine CITTI, comédienne Catherine CLERET, administratrice Bruno COCHET, directeur du théâtre de Rungis Olivier COHEN, auteur, metteur en scène Yann-Joël COLIN, metteur en scène (Cie La nuit surprise par le jour) Delphine CONTET, comédienne Camille COTIN, comédienne Olivier COULON-JABLONKA, metteur en scène (collectif Moukden-Théâtre) Véro DAHURON, comédienne Olivier CRUVEILLER, comédien Gerty DAMBURY, dramaturge-metteure en scéne (cie La fabrique Insomniaque) Olivier DAVID, comédien, metteur en scène (Cie Fond de scène) Sylvie DEBRUN, comédienne Anaïs de COURSON, comédienne Guy DELAMOTTE, metteur en scène (Panta Théâtre) Aliénor DE MÉZEMAT, comédienne Aurore DEL PINO, danseuse & Chorégraphe (cie Sur le pont) Rébecca DEREIMS, comédienne Jean-Pierre DESCHEIX, comédien Cyril DESCLES, metteur en scéne (Cie l’embarquadère) Marie DESGRANGES, comédienne Arlette DESMOTS, metteure en scéne (Cie Ekphrasis) Mathieu DESSERTINE, comédien Vincent DHEYGRE, auteur Chriysogone DIANGOUAYA, danseur-chorégraphe Benoit DI MARCO, comédien Christine DORMOY, metteuse en scène, directrice Le Grain Théâtre de la Voix Catherine DUBOIS& François PILLON, (cie Inextenso93) Capucine DUCASTELLE, comédienne Julie DUCLOS, metteure en scène (Cie L’In-Quarto) Philippe DUCLOS, comédien Patrice DOUCHET,metteur en scène, directeur du Théâtre de la Tête noire, Sarran. Jean-Yves DUPARC, comédien Raphaël DUPLEIX, régisseur, compositeur Juliette DUVAL, comédienne Antoine DURIS, régisseur, éclairagiste Aurélie EDELINE, Comédienne permanente du Préau – CDR de Vire Jean-Marc EDER, comédien Florence EVRARD, Scénographe, metteuse en scène (Cie La gaillarde) Didier GALAS, comédien Christophe GAYRAL metteur en scène Isabelle GERBAUD, réalisatrice Marion GUERRERO, metteuse en scène (Cie Tire pas la nappe) Benoît GOURLEY, comédien Isabelle GOZARD, comédienne Moni GREGO, comédienne Anne-Laure GRUET, comédienne Laure FAVRET, metteure en scène (Cie dardart) Eric FASSA, scénographe Philippe FENWICK, metteur en scène (Cie Zone d’ombre et d’utopie) Frédéric FISBACH, metteur en scène Julien FIŠERA, metteur en scène (Cie Espace commun) Pierre FOREST, comédien Catherine FOURTY, comédienne Cécile FRAISSE-BAREILLE, autrice & metteure en scéne (Cie Nagananda) Philippe FRÉCON, comédien Jeanne-Marie GARCIA, metteure en scéne & comédienne Raffaella GARDON, comédienne Annie GAY, conservatrice Fanny GAYARD, metteure en scène (Cie sans la nommer) Yves-Noël GENOD, comédien & metteur en scène Maëlia GENTIL, comédienne Hughes GERMAIN, comédien David GÉRY, metteur en scène (Cie Théâtre d’or) Jean-Pierre GOS, comédien David GOUHIER, comédien Raphaëline GOUPILLEAU, comédienne Émilie GRANDPERRET, scripte et réalisatrice Anne-Laure GRUET, comédienne Aurélia GUILLET, metteuse en scène (Cie Image et ½) Claudie GUILLOT, comédienne GUIIHEM LACROUX (collectif la Novia) Laurent GUTTMAN, metteur en scène (Cie Théâtre Suranné) Norbert HABERLICK, comédien Rébecca DEREIMS, comédienne Cyril HERARD DUBREUIL, metteur en scène (cie en déliaison) Agnès HAREL, comédienne Laurent HATAT, metteur en scène (Cie Anima Motrix) Norbert HABERLICK, comédien Eric HERSON-MACAREL, comédien Sophie HURTIN, metteure en scéne (Cie de l’homme qui marche) Lucile JAILLANT, comédienne Yannick JAULIN, auteur, directeur du Nombril (Cie Le beau monde) Claire JOUBERT, artiste de cirque Pierre-Yves JOURDAIN, producteur de cinéma Dominique JOURNET RAMEL, comédienne Nicolas KERSZENBAUM, auteur, metteur en scène (Cie franchement, tu) Daniel KRELLENSTEIN, comédien Léa KHANANIÉ, responsable communication Benjamin KNOBIL, metteur en scène (Cie Nonante-trois) Julie KPÉRÉ, comédienne, metteuse en scène (Cie Katharsis) Jacques KRAEMER, metteur en scène Alexandre KRIEF, directeur du Théâtre Romain Roland de Villejuif Nathalie KOUSNETZOFF, comédienne Nathalie LACROIX, comédienne Kloé LANG, comédienne Nicolas LAMBERT, metteur en scène (Cie Un Pas de Côté) Chantal LAVALLEE, comédienne Raphaëlle LENGLARE, comédienne Xavier-Adrien LAURENT, directeur de la Coopérative contemporaine Guillaume LECANUS, metteur en scène (morbus théâtre) Gaëlle LE COURTOIS, comédienne Sophie-Anne LESCENE, comédienne Élisa LECURU, comédienne Gigi LEDRON, comédienne Flore LEFEBVRE DES NOETTES, comédienne Gérard LEFORT, comédien Emmanuel LEMIRE, comédien Micha LESCOT, comédien Bernadette LE SACHÉ, comédienne Gigi LESSER, entrepreneur de spectacle Crystal V.LESSER, comédienne Syvain LEVITTE, comédien Laurent LÉVY, comédien Sara LLORCA, comédienne, metteure en scène (Cie Hasard Objectif) Odja LLORCA,comédienne Ricardo LOPEZ-MUNOZ, metteur en scène (Cie La position du guetteur) Agnès LOUDES, secrétaire Générale du Théâtre Antoine Vitez d’Aix-en Provence Eric LOUIS, metteur en scène (Cie la nuit surprise par le jour) René LOYON, metteur en scène (Cie R. Loyon) Christiane LUDOT, comédienne & réalisatrice Laurent MADIOT, comédien Laurent MAINDON, directeur du théâtre du Rictus Jean-François MAENNER, comédien Elisa MAILLOT, comédienne Marine MANE, metteure en scène (Cie in Vitro) Nathalie MANN, comédienne Xavier MARCHAND, metteur en scène (Cie Lanicolacheur) Nicolas MARTEL, comédien et musicien Lise MARTIN, Auteure, comédienne, metteuse en scène Olivier MARTINEAU, comédien Danièle MARTY-PESKINE, Cie du Hasard Alice MAY, comédienne Elisabeth MAZEV, comédienne Yana MAIZEL, comédienne Claude MERLIN, comédien & metteur en scène Céline METRICH, comédienne Paul MICHINEAU, directeur de casting Barbara MIGNY, comédienne Urszula MIKOS,metteure en scène (fabrique Mc11) Ashkey MOLCO CASTELO, assistante de production cinéma Thibault De MONTALEMBERT, comédien Magali MONTOYA, metteure en scène (Cie Le solstice d’hiver) Martin MOULIN, compositeur, co directeur de l’ensemble Offrande Xavier MAUREL, metteur en scène (compagnie Se non è vero), festival Après la neige (Haute-Loire) Lucie NICOLAS, metteure en scène (Collectif F71) Frédéric MINIERE, comédien Arlette NAMIAND, auteure Olivier NEVEUX, professeur d’études théâtrales (Université de Lyon 2) Jacques NICHET, Metteur en scène (Ancien directeur du Th. National de Toulouse) Valère NOVARINA, écrivain & metteur en scène (Cie l’Union des Contraires) Laurent ORRY, comédien Gilles OSTROWKY, comédien Jérémie PAPIN, éclairagiste Marc PAQUIEN, metteur en scène Dominique PARENT, comédien Nathalie PRATS BERLING, costumière Sylvie PASCAUD, comédienne, pédagogue Marie PAYEN, comédienne Blandine PELISSIER, comédienne et traductrice Aurélia PETIT, comédienne Véronique PETIT, metteure en scène (Cie Théâtre à Grande vitesse) Laure PICHAT, scénographe Bernard PICO, dramaturge Flora PILET, chorégraphe (Cie Noèsis) Olivier PEIGNÉ, comédien Patrick PINEAU, comédien, metteur en scène (Cie Pipo) Denis PODALYDES, comédien & metteur en scène (Comédie française) Clara PONSOT, comédienne Anne-Sophie POUCHET, metteuse en scène (Cie Akté) Sébastien, POUDEROUX, comédien & metteur en (Comédie Française) Antony POUPART, comédie Caroline PROUST, comédienne Nathalie POUSSET, directrice adjointe du Théâtre National du Nord, Lille. Pierre Henri PUENTE, comédien Jean-François QUENON, comédien François RANCILLAC, metteur en scène (directeur du Théâtre de l’Aquarium) Aurélien RECOING, comédien Maud RAYER, comédienne Mélodie RICHARD, comédienne Peggy RIESS, comédienne Loïc RISSER, comédien Alexandra ROJO, cinéaste Nicolas ROMÉAS, directeur de la revue Cassandre/Hors champs François ROSTAIN, comédien Christophe ROUFFY, directeur technique du festival des Francophonies Jean-Paul ROUVRAIS, metteur en scène (Cie en déliaison) Mirabelle ROUSSEAU, metteure en scène (Cie Le T.O.C) Nicolas ROUX, directeur adjoint du Quai, CDN d’Angers Elsa SALADIN, comédienne Lucia SANCHEZ, comédienne & réalisatrice Nadège SELLIER, comédienne & metteure en scène Pierre SERRA, comédien Laurent SAUVAGE, comédien Micky SEBASTIAN, comédienne Michel SCOTTO DI CARLO, comédien Magali SERRA, comédienne Vladimir SERRE, comédien & metteur en scène Michel SIMONOT, auteur Olivier SITRUCK, comédien Jean-François SIVADIER, metteur en scène (Cie, Italienne avec orchestre) Anne SEE, comédienne Marie-Christine SOMA, éclairagiste, metteuse en scène Nicolas STRUVE, comédien, metteur en scène (Cie Oubli des Cerisiers) Céline SCHAEFFER, metteuse en scène Stéphanie SCHWARTZBROD, comédienne (Cie Oubli des Cerisiers) Micky SEBASTIAN,comédienne Joséphine SERRE, auteure & metteure en scène (Cie l’instant propice) Kazem SHAHRYARI, Metteur en scène, directeur de l’Art Studio Théâtre Sabine SIEGWALD, créatrice de costume Marc SUSINI, comédien Catherine SWARTENBROEKX, comédienne Geneviève SCHWOEBEL, metteur en scène (Cie la Dèlivre) Philippe TANCELIN, philosophe, poète Françoise THYRION, auteur dramatique & comédienne Véronique TIMSIT, dramaturge Christophe TRIAU, dramaturge, universitaire (Paris 3) Laurent VACHER, metteur en scène (Cie du Bredin) Jean VARELA, directeur du printemps des Comédiens & Théâtre Sortie Ouest Stéphanie VALENSI, comédienne Jean-Marie VAUDE, réalisateur Bernard VERGNE, comédien Marie VIALLE, comédienne Julia VIDIT, metteure en scène (Cie Java Vérité) Catherine VINATIER, comédienne Guillaume VINCENT, metteur en scène (Cie Midi Minuit) Valérie VINCI, comédienne Gérard WATKINS, auteur & metteur en scène (Cie Perdita ensemble) Bernard WAWER, comédien Jean-Paul WENZEL, metteur en scène Olivier WERMER, metteur en scène (Cie Forage) Nicolas WOLFER, dramaturge Lisa WURMSER, metteure en scène (Cie Théâtre de la Véranda) Vincent WINTERHALTER, comédien Pierre YVON, comédien & metteur en scène Margaret ZENOU, comédienne.
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Le spectateur de Belleville
June 1, 2016 4:05 PM
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Nouveau message de Samuel Churin (1er juin 2016) : Mobilisons-nous, rien n’est perdu
Mobilisons-nous, rien n’est perdu Lundi 30 mai se sont réunies les 8 confédérations lors d’une réunion au Medef sur l’assurance chômage en général et sur les intermittents en particulier. Ce sont ces organisations qui régulièrement décident de nos vies sur l’assurance chômage comme sur la sécurité sociale. Pour rappel ces 8 confédérations sont composées du MEDEF, UPA et CGPME (employeurs) et CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC (salariés). Pour rappel aussi le Medef a un droit de véto sur tous ces accords puisque sa signature est obligatoire. Toute la question était de savoir si les confédérations allaient valider l’accord du 28 avril signé à l’unanimité par les syndicats du secteur (Cf mon texte « 13 ans »). Le chiffrage à 90 millions d’euros était considéré comme acceptable et l’accord devait être intégré sans en modifier une ligne. Voilà ce qui s’est passé : la CFDT a démonté point par point l’accord, à commencer par les droits liés aux congés maternité les déclarant juridiquement illégaux. Pour info, une grande partie de ces droits sont déjà dans la présente convention, les arguties juridiques de la CFDT ne tiennent donc pas. De manière générale les 3 syndicats CFDT, CFTC, et CGC ont refusé l’accord en déjugeant de fait la signature de leurs propres syndicats professionnels (CFDT spectacle, CFTC spectacle et CGC spectacle). Au fond peu importe les détails. Tout cela est une preuve supplémentaire que le dialogue social n’existe pas. Que ce paritarisme là (appelé ainsi parce que composé d’employeurs et de salariés) est pourri. Que cela fait bien trop longtemps que nous subissons les conséquences de cette mafia. Qu’il faut relire le « discours sur la servitude volontaire » pour bien comprendre le rôle que joue la CFDT pour le MEDEF, la CFTC pour la CFDT, etc etc … Et quand la CGT essaye de faire des contre-propositions, elle n’est jamais entendue. Cette mafia est très loin de défendre les premiers concernés, elle ne s’en préoccupe pas. Elle sert ses intérêts faits de tactiques politiques et d’idéologies, faits d’enveloppes sous le manteau quand Denis Gautier Sauvagnac (négociateur pour le Medef lors de l’accord de 2003) avait pour mission de « fluidifier le dialogue social ». Oui ce sont des faits, à tel point que ce mafieux aux valises bien remplies a été condamné à de la prison pour cela. Cependant, nous n’avons pas à nous décourager. Et comme je l’écrivais dans un précédent texte nous allons nous battre comme des lions. Il est hors de question que le MEDEF/CFDT nous confisque notre victoire. Que faire ? La prochaine et dernière date de négos est le 16 juin. Tout d’abord, rappeler que l’accord du 28 avril a été signé par nos employeurs. C’est aussi le leur ! Ainsi, il est grand temps qu’ils nous aident concrètement dans notre combat, et pas seulement par de jolis discours. Quant à nous, nous devons d’abord nous réunir massivement partout. Le nombre de participants à une AG est déjà une action. Il est le signe que nous ne les laisserons pas mettre à la poubelle le fruit d’années de travail et de lutte. Nous déciderons ensuite collectivement des actions à mener. Nous recevons beaucoup de mercis. Le moment n’est pas aux mercis mais à participer à la défense de nos droits. Relayons les appels à rassemblements et participons activement à la lutte. Nous exigeons que l’accord du 28 avril signé à l’unanimité soit respecté dans son intégralité et appliqué au 1er juillet 2016. Nous exigeons que l’état refuse de céder au chantage du Medef/CFDT et ne finance pas cet accord. Cette sortie partielle de la solidarité interprofessionnelle serait une bombe à retardement. Nous exigeons que l’ensemble des chômeurs à activités réduites puissent bénéficier de droits adaptés à la discontinuité. Pas de droit au travail sans droit au chômage. A Paris Lundi 6 juin à 19 h AG dans un lieu pas encore trouvé, nous attendons qu’un grand théâtre nous ouvre ses portes. Soyons très nombreux, ne les laissons pas décider de nos vies. Nous n’avons pas encore gagné, mais nous sommes loin d’avoir perdu. Publié sur la page Facebook de Samuel Churin 1er juin, 20h.
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Le spectateur de Belleville
May 30, 2016 5:03 PM
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Par Solveig Godeluck pour Les Echos :
Les partenaires sociaux ne se sont pas entendus ce lundi sur une mise en œuvre rapide de l’accord sur les intermittents. L’Unedic juge le plan d’économies très insuffisant.
Combien d'économies l'assurance-chômage pourra-t-elle réaliser en appliquant l'accord-cadre du 28 avril sur les intermittents du spectacle ? La question n'a pas été tranchée ce lundi au cours de la séance de négociation consacrée à ce volet de la future convention Unedic. La cacophonie a même grandi : l'organisme gestionnaire de l'assurance-chômage a chiffré entre 40 et 64 millions d'euros par an ces économies, en rythme de croisière. Bien loin des estimations livrées la semaine précédente par le comité d'experts indépendants (84 à 93 millions d'euros) et ce qui était attendu initialement (105 millions d'euros).
Les représentants des syndicats de salariés sont sortis de la négociation avec le sentiment d'avoir perdu une journée. « C'est déjà la septième séance, et le Medef nous propose le même texte qu'au début . On se demande vraiment si un accord est souhaité par la délégation patronale », a regretté Michel Beaugars de Force ouvrière.
La menace de bloquer les festivals
A la CGT, qui est majoritaire dans le monde du spectacle (50 % des voix), on prend moins de gants : « Le Medef n'a jamais eu l'intention d'aboutir à un accord sur l'assurance-chômage, et maintenant que nous arrivons au terme il en profite pour empêcher l'application de l'accord-cadre sur les intermittents », a dénoncé Eric Aubin. La CGT a répété que si la réforme du régime des intermittents n'entrait pas en vigueur dès le mois de juillet, elle bloquerait les festivals par des grèves. Elle a rappelé que ce texte avait été adopté par les organisations syndicales et patronales du spectacles et salué par le gouvernement, accusant le Medef d'être « mauvais joueur ».
L'espoir est désormais très mince de parvenir à un accord le 16 juin, date de la prochaine séance, qui devra être « conclusive " selon le patronat. De fait, les partenaires sociaux se sont tournés vers l'Etat pour débloquer la situation. Ils lui ont demandé de sécuriser juridiquement l'accord intermittents. Et de garantir la réalisation des 185 millions d'euros d'économies attendus chaque année sur les intermittents, en complément des efforts du régime. Une lettre paritaire va être envoyée au Premier ministre dans quelques jours.
Manuel Valls a d'ores et déjà déclaré ce lundi soir que le fonds de professionnalisation et de solidarité sera abondé pour soutenir l'accord, en vue d'une mise en oeuvre dès juillet.
Communiqué du Gouvernement (30 mai 2016) http://www.gouvernement.fr/partage/7221-regime-d-assurance-chomage-des-intermittents
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Le spectateur de Belleville
May 28, 2016 10:12 AM
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Message de Samuel Churin (28 mai 2016)
Où en est on ? Rapide résumé. L'accord a été chiffré autour de 90 millions d'euros d'économies. Preuve s'il en est que ce que nous disons depuis 13 ans est vérifié : un accord plus juste et redistributif n'est pas plus "coûteux". Ce chiffrage est considéré comme acceptable par le gouvernement. Il doit être validé par les confédérations (donc par le Medef) lundi 30 mai (Après midi) lors de la négociation sur l'assurance chômage. Cette journée sera importante. Pour rappel, nous exigeons que le Medef et la CFDT intègrent l'accord dans la convention d'assurance chômage sans en modifier une ligne et qu'il soit applicable au 1er juillet. Que nos adversaires sachent que notre détermination sera totale. (Publié sur la page Facebook de Samuel Churin le 28 mai)
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Le spectateur de Belleville
April 28, 2016 10:21 AM
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C'est un accord historique que les partenaires sociaux représentatifs dans le domaine du spectacle vivant et enregistré ont trouvé la nuit dernière.
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Le spectateur de Belleville
April 15, 2016 2:29 PM
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Paru dans Libération du 16 avril. Propos recueillis par Frédérique Roussel :
A un an de la présidentielle, la nouvelle ministre de la Culture défend le bilan du gouvernement et précise sa politique.
Audrey Azoulay : «L’Etat ne laissera pas tomber les intermittents» La veille, Audrey Azoulay assistait à la soirée de gala des 40 ans du Printemps de Bourges. La ministre de la Culture, qui a succédé en février à une Fleur Pellerin raillée pour son inculture, se plaît à déployer un intérêt éclectique et sûr. Elle dit se rendre souvent à la Philharmonie, a vu l’exposition sur le Velvet Underground «sans être une fan» , et a plusieurs livres en cours, celui de Mohammed Arkoun sur le Coran et Itinéraires d’un jardinier de Pascal Cribier. Au théâtre, le Metope del Partenone, de Romeo Castellucci, vu juste après les attentats, l’a particulièrement «bouleversée». Quid de la politique culturelle à mener pour cette fin de mandat ?
- Ce quinquennat est marqué par une défiance croissante des milieux culturels vis-à-vis du gouvernement. Il y a un problème de lisibilité de votre politique. Comment comptez-vous y remédier en onze mois ? Je parlerais, à l’inverse, de mobilisation croissante du gouvernement pour la culture. La question du bilan viendra. Beaucoup de décisions restent à prendre dans les mois qui viennent. Et depuis deux mois, beaucoup ont déjà été prises, sur la liberté de création, la protection des sources des journalistes, les bibliothèques, et les nominations pour le spectacle vivant.
- Quel bilan pouvez-vous déjà tirer ?
Enormément a été fait. Je pense notamment au livre, qui était une priorité pour Aurélie Filippetti [à la Culture de 2012 à 2014, ndlr]. Le retour à une TVA réduite ou le plan pour les librairies, qui fait qu’aujourd’hui le secteur se porte bien. En 2013, il y a aussi eu un combat majeur pour l’exception culturelle, dans le cadre du mandat transatlantique. Le mandat de négociation préparée par la Commission européenne pour l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis incluait la culture. Seule la France s’est battue dès le début pour que ce ne soit pas le cas. Le combat a été porté par les milieux culturels, le cinéma et l’audiovisuel, mais c’est l’engagement du chef de l’Etat qui a pesé sur la décision finale. C’est aujourd’hui la protection des droits d’auteur qui le mobilise.
- Mais il persiste un flou sur votre action, notamment dans le spectacle vivant…
Le soutien au spectacle vivant est au cœur de la politique artistique. Nous avons la chance d’avoir en France un modèle de soutien aux artistes envié à l’étranger, grâce au dynamisme de nos lieux de création et de diffusion. Cela passe par le maintien d’un régime spécifique d’assurance chômage, qui correspond à l’activité intermittente de ces professions aujourd’hui inquiètes pour les négociations sur l’avenir de l’Unédic. En 2015, le gouvernement a pris ses responsabilités et permis de rétablir un dialogue serein avec les professionnels les plus directement concernés. Ils discutent en ce moment et j’ai bon espoir qu’un accord sera trouvé fin avril.
- Mais le Medef leur demande une économie de 185 millions !
Le cadrage adressé au monde du spectacle est une provocation, et il est clairement un appel explicite à ce que ce soit le gouvernement qui finance une bonne part des économies. Tout le monde reconnaît qu’une économie se situant autour de 100 millions, après ceux de la précédente convention, constituera déjà un effort très important pour la profession. Le Premier ministre l’a dit, l’Etat ne laissera pas tomber les intermittents, il ne permettra pas que ce régime soit dans l’impasse. Mais la demande des professionnels du secteur est bien de préserver dans la durée un régime d’indemnisation du chômage dans le cadre de la solidarité professionnelle.
- Craignez-vous des protestations à Cannes ou à Avignon ? Les gens savent que les festivals sont fragiles et ont eu du mal à se remettre des crises précédentes. Mais je suis aussi inquiète pour la saison qui s’annonce quand je vois le désengagement important de certaines collectivités locales. J’appelle simplement tous les mouvements à préserver les lieux culturels et les événements qui contribuent à renforcer le lien social. Le Premier ministre a annoncé un dégel de 50 millions d’euros pour la culture.
- Comment allez-vous les utiliser ? Le dégel permet de tenir nos engagements sur l’éducation artistique et culturelle et l’aide à la création. Nous allons déployer des crédits nouveaux, notamment pour soutenir les compagnies de théâtre et de danse et les ensembles musicaux, l’accompagnement de résidences d’artistes, de plasticiens et de photographes, et pour ouvrir les bibliothèques le dimanche. J’ai décidé de consacrer 15 millions d’euros aux conservatoires qui s’engageront à favoriser la diversité des publics.
- Le label «compagnies nationales» a été créé afin de venir en aide aux troupes hors institutions. Quels en sont les critères d’attribution? Une soixantaine de compagnies vont en bénéficier, dont celles de Joël Pommerat, de Julien Gosselin, ou de Phia Ménard. Cela va leur donner un véritable élan pour leurs projets. C’est une démarche pérenne qui vise à soutenir ces compagnies, qui sont hors des structures institutionnelles et qui apportent un souffle différent à la création.
- Quels types d’actions artistiques et culturelles comptez-vous soutenir ? D’abord étendre des initiatives existantes. Par exemple, l’éducation au cinéma. On ne touche que 12 % d’une classe d’âge. Je souhaiterais élargir l’éducation à l’image pour les élèves de primaire. Avec Laurent Bayle à la Philharmonie, nous voulons aussi étendre le projet Démos, ces orchestres composés d’enfants qui, sans connaître le solfège, abordent la musique par la pratique collective.
- Ou en est-on sur la diversité ? Il faut commencer par agir au niveau des écoles supérieures d’art. A nous de trouver des dispositifs pour les ouvrir davantage à une génération qui soit à l’image de la France, qu’on retrouvera demain au théâtre et au cinéma. Je pense à ce que tente Claire Lasne-Darcueil au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris ou Arnaud Meunier à l’école de la Comédie de Saint-Etienne. Ce sont des exemples à suivre. La politique de nomination des dirigeants d’établissements culturels doit aussi refléter la réalité de la société.
- Quelle réponse apportez-vous à l’inquiétude qui monte dans les écoles d’art ? Il faut avant tout se réjouir d’avoir un réseau d’écoles d’art territoriales de grande qualité. J’entends les inquiétudes sur la reconnaissance de la spécificité de ces écoles, où les enseignants sont des artistes. C’est pour cela que la loi en cours de discussion prévoit la création d’un Parlement des écoles, qui sera un lieu de débats et aussi de prise de décision.
- Il y a en France de riches collections d’œuvres d’art. Mais très peu de moyens sont consacrés à leur circulation… Nous avons la chance d’avoir un réseau exceptionnel de plus de 1 200 «musées de France». Je vais lancer une réflexion collective sur les enjeux du musée du XXIe siècle. Quel musée pour permettre le dialogue entre les cultures, pour contribuer à l’éducation citoyenne et nous rassembler ? Ouvrir les musées, c’est aussi se déployer hors les murs. Le maire de Clichy-sous-Bois [Olivier Klein] expliquait très bien, à l’occasion du comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté à Vaulx-en-Velin [mercredi], comment le Quai Branly, qui vient faire des ateliers nomades dans sa ville, a changé le rapport des publics au musée et à l’œuvre.
- Pensez-vous également jouer sur les horaires d’ouverture ? Oui. Dans les musées comme dans les bibliothèques, nous voulons améliorer l’accessibilité du public. Les bibliothèques sont des lieux de culture et de transmission des savoirs. Il faut les ouvrir davantage. C’est une question d’égalité. Il existe un réseau de 16 000 bibliothèques sur tout le territoire. Nous allons accompagner dès cette année celles qui ouvrent le dimanche. Nous avons déjà identifié une cinquantaine de collectivités.
- Et pour les musées ? Nous allons signer avec Najat Vallaud-Belkacem une convention avec trois grands musées parisiens - le Louvre, Versailles et le Musée d’Orsay - pour un accueil privilégié des groupes scolaires, avec des parcours spécifiques, le jour habituel de fermeture. Je veux aussi faire de Clichy-Montfermeil [Seine-Saint-Denis] la porte culturelle du Grand Paris. Ce sera un lieu d’expérimentation de nouvelles relations à l’art et à la culture au plus près des habitants.
- Les musées sont entrés dans une logique de rentabilité avec des expos «blockbusters» parfois discutables, ou un recours parfois envahissant à des ressources financières privées. Comment peut peser le ministère ? Structurellement, les musées ont été encouragés à développer leurs recettes propres. Les contributions des Amis de Pompidou représentent ainsi 80 % du budget des acquisitions du musée. Son action n’en est pas pour autant dévoyée, sa mission pluridisciplinaire est préservée. La mobilisation d’autres ressources que celles de l’Etat en faveur de l’enrichissement des collections nationales et de leur déploiement est cruciale. Le Grand Palais, qui a accueilli en location d’espace une exposition consacrée à Louis Vuitton, a une vocation culturelle mais également une mission de valorisation plus large d’un lieu extraordinaire. Peut-être faut-il mieux les différencier vis-à-vis du public ?
- Serez-vous la ministre qui «recréera l’ORTF», comme vous interpellent les sociétés des journalistes de France 2, France 3 et FranceTV Info dans une tribune parue dans Libé ?
Il n’y aura pas de fusion entre les sociétés de l’audiovisuel public. Une partie des équipes sera associée pour produire en commun un service d’information continue sur tous les médias. Sur la question du nom, c’est aux éditeurs d’en décider. Je saisirai dans les prochains jours le CSA des projets de modification des cahiers des charges de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde fixant le cadre de cette coopération.
Frédérique Roussel
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