 Your new post is loading...
 Your new post is loading...
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
September 25, 2024 5:19 AM
|
Par Kilian Orain dans Télérama :- 23 sept. 2024 D’un côté une nageuse en eau glacée ; de l’autre une femme plus âgée, malade. Une pièce, de et avec Elise Vigier, qui retrace le parcours de deux héroïnes du quotidien. Trois blocs de sièges enserrent en U la scène, figurant les rangées de chaises d’une salle d’attente lambda. C’est dans cet environnement froid et inhospitalier que se croisent deux femmes apparemment sans lien. L’une est jeune et sportive, spécialiste de la nage en eau glacée ; l’autre est une patiente plus âgée. On comprend rapidement que la maladie les a fait se rencontrer. Le spectacle débute par une difficile traversée, celle de la Manche, que s’est donnée pour défi la plus jeune. Difficile traversée aussi pour l’aînée (incarnée avec grande sensibilité par Élise Vigier), qui chemine avec un cancer. L’autrice et metteuse en scène a choisi un dispositif narratif simple mais efficace, parfois artificiel mais qui distille l’essentiel d’un parcours de malade. Les trajectoires des deux protagonistes existent ainsi en parallèle, sans fusionner. C’est sans doute l’écueil du spectacle. L’ouverture d’une « troisième voie » où les deux héroïnes seraient pleinement réunies aurait apporté davantage de matière à la pièce. Laquelle a germé après une rencontre avec la nageuse de l’extrême Marion Joffle, 25 ans. Le soir de la première, l’athlète était présente dans la salle, puis a rejoint la scène. Elle aussi a combattu un cancer, enfant. Et s’est relevée. Bouleversantes histoires. Kilian Orain / Télérama Nageuse de l’extrême. Portrait d’une jeune femme givrée. Jusqu’au 28 septembre, Théâtre ouvert, Paris 20e ; du 7 au 9 octobre, Comédie de Caen (14) ; du 24 au 28 février et du 13 au 16 mai, Le Quai-CDN d’Angers (49) ; du 2 au 4 avril, Théâtre du Point du Jour, Lyon (69). Légende photo : Léna Bokobza-Brunet, dans un rôle inspiré par la nageuse Marion Joffle. Photo Christophe Raynaud de Lage
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
April 8, 2021 7:10 PM
|
Par Philippe du Vignal dans Théâtre du blog - 8 avril 2021 Buster Keaton conception et mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier, textes d’Agnès Desarthe, Leslie Kaplan, Federico Garcia Lorca, Florence Seyvos, Yoann Thommerel, Tanguy Viel et Steven Wallace Les metteurs en scène avaient obtenu M comme Méliès le Molière de la meilleure création Jeune Public il y a deux ans. Ils réitèrent avec ce Buster Keaton où ils veulent nous faire découvrir l’univers de cet immense artiste du cinéma muet d’il y a un siècle. Il fut à la fois acteur et aussi scénariste pour ses nombreux courts, moyens et longs-métrages et pour ceux d’autres réalisateurs comme Samuel Beckett. Merveilleux athlète-acrobate virtuose d’abord rompu encore très jeune enfant à la scène de cabaret par des parents qui se servaient de lui pour des cascades. “ J’ai appris à tomber quand j’étais petit. J’ai aussi appris quelques trucs acrobatiques comme le saut périlleux arrière et d’autres trucs simples.(…) Ce que je sais, c’est contrôler mes muscles. Quand vous vous trouvez en train de voler dans les airs, votre tête est votre gouvernail, c’est elle qui indique la direction que vous allez prendre. » Ce merveilleux clown triste et burlesque à la fois, en costume trois-pièces gris, aux chaussures vernies et canotier vissé sur le tête ne sourit jamais. Maladroit souvent empêtré dans le temps et l’espace d’une machinerie industrielle contemporain, il a un rapport difficile avec les objets et a le plus grand mal à maîtriser un environnement hostile, que ce soit celui de la Nature ou celui de la mécanique industrielle imaginée par ses contemporains. Mais impassible et toujours solitaire, il arrive pourtant à faire face à des situations absurdes et/ou des catastrophes. Malgré une succession d’échecs, il réussit à s’adapter tant bien que mal à un monde violent qui le rejette. Grâce à son imagination, à sa persévérance et à un corps d’une résistance exceptionnelle.Un fondamental chez lui comme chez d’autres comiques: la course-poursuite où Buster Keaton se révèle magistral… La réalisation sur une scène de théâtre d’un film muet avait aussi été le thème de M comme Méliès et des Naufragés du Fol-Espoir, mise en scène d’Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil (2010) et de nombreux spectacles où on montre le déplacement de la caméra et la réalisation d’effets et de gags. Spectacle ou pseudo-tournage d’un film ? Les deux avec le plaisir de voir le travail de dizaines de collaborateurs sur un plateau et la naissance d’une vraie scène de film… Ici, de nombreux éléments de décor -ce qui devient rare par les temps qui courent, comme une petite scène dans le fond, des façades de gratte-ciels de New York remarquablement dessinés et peints par Catherine Rankl. Et un travail d’interprétation au cordeau par Louis Benmokhtar, Pierre Bidard, Samy Caffonnette, Michèle Colson et May Hilaire, issus du Jeune Théâtre National Mais aussi une direction d’acteurs scrupuleuse, des perruques et masques remarquables signés Cécile Kretschmar. Bref, il y a tout pour que ce soit dans l’axe mais ce travail honnête et soigné avec de belles images est un peu sec et ne fonctionne pas bien. D’abord à cause d’une dramaturgie approximative et d’un manque de rythme évident: on a du mal à comprendre ce qu’ont voulu nous raconter Marcial di Fonzo Bo et Elise Vigier. Réaliser une mise en abyme d’une scène comique de film muet sur un plateau de théâtre est assez casse-gueule, alors que nous avons tous en mémoire de magnifiques moments de théâtre… au cinéma. Les concepteurs de ce Buster Keaton ont-ils voulu rendre un hommage au grand acteur et réalisateur avec de courtes scènes de tournage d’un film, avec aussi de temps à autre, des projections de films de Fatty Arbuckle, Buster Keaton, Bob Fosse, Friedrich Murneau, Sergueï Eisenstein, Jean Epstein… Fritz Lang. Il y a ainsi le wagon de tête avec les acteurs debout de métro aérien sur la scène, alors que défile sur l’écran, une vue panoramique prise dans la cabine du conducteur d’un métro filant entre les buildings dans New York (dont parle avec terreur Charles Bukowski quand il avait été embauché sans protection pour réparer des traverses à quelque quinze mètres de hauteur… Cela pourrait être réussi, si on avait monté cette tête de wagon sur un pivot pour donner l’illusion qu’il suive les sinuosités des rails. Et les meilleurs moments sont paradoxalement ces extraits de films mythiques projetés où on voit notamment ce grand comique résistant à une violente tempête ou en équilibre sur une échelle posée elle-même en équilibre sur un mur. Comme cette très belle scène finale où les jeunes acteurs, tous costumés en Buster Keaton, réussissent à être tous les cinq debout sur une planche. Mais c’est bien tout et à l’impossible, nul n’est tenu… Réalisé avec des moyens corrects mais fondé sur un pari impossible, ce spectacle honnête mais sans véritable unité nous a paru bien longuet et pas vraiment drôle. Même s’il était joué devant une centaine de spectateurs (dont des enfants) soit un public limité mais un vrai public… plaisir rarissime en ces temps de pandémie!
Philippe du Vignal Représentation pour les professionnels vue le 27 mars, au Montfort Théâtre, 106 rue Brancion, Paris (XVème) Sous réserves: Du 18 au 21 mai, Théâtre National de Bretagne, Rennes. Les 2 et 3 juin, Grand Théâtre de Lorient. Les 8, 9 et 10 juin, Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie (Calvados)
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
November 28, 2014 7:07 PM
|
Chronique de Jean-Pierre Thibaudat pour son blog "Théâtre et Balagan" : Ce qui est sûr dans le théâtre de l’anglais Martin Crimp, c’est que rien ne l’est. Excepté le pire, puisqu’il l’est toujours (sûr). Les proverbes n’ont pas de frontières pour cet auteur (né en 1956) souvent joué en France, actuellement à l’affiche du Théâtre de Chaillot et du Théâtre de la Colline."Est-ce que tu te sens bien?"Au départ, le temps d’une scène, voire d’un acte, tout semble couler de source. On vit des jours tranquilles ou normalement agités (querelle de famille, bisbilles de couple) à London ou ailleurs, plutôt dans un quartier huppé, bourge ou branché, assurément loin des rues lumpen-prolétarisées des faubourgs de la ville. Du mobilier au temps qu’il fait, ça ronronne gentiment, ça pose des questions aimables du genre : « Est-ce que tu te sens bien ? » (« La Pièce » et autres morceaux, Editions l’Arche, éditeur attitré), on nage dans le train-train du bonheur de vivre. Mais très vite, ça se fissure, une digue lâche, une gorge se serre. On n’est pas bien là où l’on est ? Si, mais… On a tout ce qu’il faut, mais justement, c’est cela qui devient angoissant. Cet autre, là devant moi, est-ce qu’il ne me regarde pas bizarrement ? L’étrange est entré dans la pièce, il ne la quittera plus. Toutes les pièces de Crimp sont faites de déraillements, tout personnage en cache au fond de lui un autre. Il y a chez cet auteur anglais un cousin germain d’Harold Pinter qui mettrait en vrille la façon d’écrire du tonton en invitant Kafka et Buñuel dans le tourbillon d’une autre époque (la sienne) où l’idée du bonheur n’est plus depuis belle lurette une idée neuve en Europe, mais une vieille tarte à la crème, un mot-slogan que les publicitaires ont disputé longtemps aux poètes avant que ces derniers ne baissent les bras devant la puissance de l’adversaire. Un monde où le désir, le sexe se gèrent comme une petite entreprise, où le baiser sur la bouche s’apparente au permis à points. CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE "Dans la république du Bonheur" et "La Ville" Deux pièces de Martin Crimp Mises en scène l'une par Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo, l'autre par Rémy Barché. « Dans la République du bonheur », Théâtre de Chaillot jusqu'au 30 nov, 20h30 du mar au sam (sf sam 29 à 14h30), dim 15h30, puis du 4 au 6 déc au Nouveau théâtre d'Angers et du 9 au 11 déc à la Comédie de Saint Etienne ;« La Ville » Théâtre de la Colline du 27 nov au 20 déc, du mer au sam 21h, mar 19h, dim 16h, représentations supplémentaires les sam 13 et 20 déc à 16h, puis du 7 au 10 janvier au théâtre national de Toulouse. Les pièces de Martin Crimp sont publiées à l'Arche.
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
November 19, 2014 2:52 AM
|
Martin Crimp était aux Subsistances mardi soir pour assister à la première mondiale de sa dernière pièce, « Dans la République du bonheur », dans une mise en scène d’Élise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo aussi dérangeante que le texte. Inutile, évidemment, d’attendre un propos lénifiant de l’auteur anglais sur le bonheur, pas plus que sur la démocratie, les deux thèmes évoqués par le titre. Celui-ci serait plutôt acide, désabusé, caustique et un rien désespéré. Et plutôt désespérant. Car si la pièce parle bien du bonheur, et de la place de l’individu dans le groupe, tout cela fort joyeusement, avec paillettes, musiques, danses et éclats de rire, l’auteur s’ingénie à fermer chaque ouverture, à clore toute velléité de sincérité, à dupliquer répliques et gestes à l’infini. Comme pour bien montrer que, derrière la rutilante façade de notre république universelle, mondialisée et consommatrice, restent tapis inquiétude, désarroi, solitude, mensonge et surtout incapacité à être soi-même et à ne pas se laisser dissoudre dans le groupe, ses tentacules, son confort. Le contraste entre la forme, joyeuse, exubérante, novatrice, et le fond, plutôt austère et sombre, est extrêmement percutant. Partis pour le jardin des délices, nous voici dans 1984. La république ? Quelle farce ! Le bonheur ? Quel bonheur ? La forme de Dans la république du bonheur déroute. Les trois parties qui composent la pièce, très distinctes, semblent ne rien avoir en commun et donnent lieu à des exercices de style passionnants pour les comédiens. Tous libres, tous pareils Le premier « acte » nous place face à un repas de Noël dans une famille bourgeoise bien décidée (au moins pour certains de ses membres) à sauver le consensus à tout prix, c’est-à-dire à éviter les sujets qui fâchent. Mais ces derniers s’invitent à table en la personne des représentantes de la jeunesse, de la vieillesse, du handicap et de l’oncle qui surgit à l’improviste sans avoir été invité. Avec eux s’invitent eux aussi le sexe (l’une des filles est enceinte on ne sait de qui et le grand-père qui divague revendique haut et fort son goût pour les magazines porno) et tous les secrets de famille. L’oncle qui surgit règle ses comptes avec toute la famille, mais pas en son nom propre, au nom de sa compagne restée en bas dans la voiture. Parti dans un monologue interminable, il n’est interrompu que par ladite compagne qui finit par débouler dans une robe bleu pétrole à paillettes qui moule des formes elles aussi hors des normes. On est dans une comédie de boulevard extrêmement cruelle, très enlevée et très drôle (les passages, par exemple, où la maîtresse de maison essaie de régler en douce le Sonotone de son mari sont particulièrement réussis). Mais malgré tout très classique. Ce sont les mêmes personnages qu’on retrouve dans l’acte II, même si les liens qui les unissent se sont dissous avec le décor classique. En fond de scène, de grands miroirs qui vont refléter les différents pas de deux des acteurs (ou de trois, ou de quatre) comme dans une salle de répétition de danse. Impression renforcée par la présence sur scène d’un trio qui va mettre en musique cette comédie musicale qui ne dit pas son nom. L’un après l’autre, chaque acteur va proclamer en chansons sa différence irréductible, son identité propre, ses libertés absolues et essentielles (elles sont au nombre de cinq : celle d’écarter les jambes, celle d’échapper à un horrible trauma, celle de tourner la page…). Autant de propositions farfelues et sans rapport avec une quelconque déclinaison des droits et des libertés de l’individu. Mais même celles-ci ne sont pas atteintes : l’un des comédiens glisse-t-il de gauche à droite en esquissant un petit saut que son double, son ombre, ou son marionnettiste, l’exécute à son tour. Les chorégraphies sont rythmées à la perfection, chacune étant un régal pour les yeux et une gourmandise pour l’esprit. Ainsi, au nom de l’individu, des groupes qui sont plus des agrégats se forment-ils. Parfois, l’un d’entre eux essaie de s’échapper, de marquer ainsi qu’il est unique, sans y réussir… Chacun de ces comédiens-chanteurs-danseurs est formidable : ils savent tout faire avec beaucoup de grâce, de subtilité, d’humour. Et la présence parmi eux de Marcial Di Fonzo Bo, tel un maître de ballet pris dans l’engrenage, renforce encore l’impression d’être devant un chœur. La dernière partie est encore plus énigmatique, plus abstraite : tout est à réinventer, et les sentiments qui animent les personnages demeurent flous, équivoques. Ainsi, d’acte en acte, ce spectacle évolue-t-il du réalisme le plus traditionnel à quelque chose de très contemporain, très fluide, aux images glacées, comme son propos. Un objet théâtral passionnant et jubilatoire malgré l’acidité et la lucidité cruelle de son regard sur notre époque et sur nous-mêmes. ¶ Trina Mounier pour le blog Les Trois coups (juin 2014)
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
December 5, 2013 3:06 PM
|
De quoi peut-on parler sinon d’amour ? C’est ce que font F (comme femme) et E (comme elle) à longueur de pièce, à savoir Frédérique Loliée et Elise Vigier dans « Déplace le ciel », pièce de leur amie Leslie Kaplan. On aimerait bien qu’un théâtre ait l’idée de leur proposer de jouer d’un coup la trilogie d’autant que les deux premiers volets ont été peu vus. Elles ont tellement de plaisir à être ensemble sur un plateau de théâtre. Et puis Leslie Kaplan a visiblement plaisir à écrire pour elles ces pièces légères comme l’air et drôles comme tout. « Les allers retours entre l’écriture et le travail de plateau sont pour moi extrêmement stimulants » confesse-t-elle. Et cela se voit. C’est dire la jubilation qu’on a à être assis devant elles, à les voir déplacer le ciel en faisant bouger les lignes écrites par leur amie. Jean-Pierre Thibaudat pour son blog "Théâtre et Balagan" sur Rue 89 CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE "Déplace le ciel" de Leslie Kaplan Mise en scène et jeu Frédérique Loliée et Elise Vigier Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, les lun, mer, jeu, ven 20h, sam 18h, dim 16h. Jusqu'au 15 déc. 01 48 13 70 00.Le texte de la pièce (138p, 11€) est publié aux éditions POL comme tous les livres de Leslie Kaplan
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
December 11, 2011 2:54 PM
|
"On se croirait au début des années 40, dans cette Espagne déchirée en proie aux guerres intestines. Coups bas, complots, trahisons, tout y est. Comme toujours avec les Lucioles, l’humour et le loufoque flottent sur scène. C’est d’ailleurs leur marque de fabrique : inscrire et défendre des propos ultra sérieux sans jamais oublier de faire rire. Un équilibre subtil auquel beaucoup prétendent mais peu parviennent." Joelle Gayot, France Culture Suite de la tournée : 9,10,13 et 14 décembre 2011 > Théâtre de Saint Quentin en Yvelines (dans le cadre du Festival d'Automne 2011) les 22 et 23 mars 2012 > Théâtre de Nîmes le 30 mars 2012 > Théâtre Le Liberté (Toulon) du 13 au 15 avril 2012 > Le Maillon - Théâtre de Strasbourg Et critique d'Armelle Héliot dans son blog: http://blog.lefigaro.fr/theatre/2011/07/avignon-lentetement-ou-lhistoi.html et de David Larre dans le blog "Au poulailler" : http://www.aupoulailler.com/article-critique-l-entetement-rafael-spregelburd-marcial-di-fonzo-bo-elise-vigier-89297836.html
|
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
April 2, 2022 9:11 AM
|
Par Brigitte Salino dans Le Monde - 2 avril 2022 Portrait Avedon-Baldwyn : entretiens imaginaires », au Théâtre du Rond-Point. GIOVANNI CITTADINI CESI Au Rond-point, à Paris, un beau portrait croisé de l’écrivain et du photographe, auteurs du livre « Nothing Personal », en 1964.
Richard Avedon et James Baldwin sont sur scène, au Théâtre du Rond-Point, dans un spectacle enthousiasmant : un portrait croisé du photographe et de l’écrivain américains, qui, chacun à leur manière, ont marqué le XXe siècle. L’idée vient de la Comédie de Caen, qui pratique depuis plusieurs années l’exercice du portrait, sous la forme de spectacles légers, destinés à voyager facilement, comme celui de Ludmilla Dabo en Nina Simone, écrit par David Lescot, ou celui d’Hannah Arendt, signé Jean-Luc Charlot. Pour Richard Avedon (1923-2004) et James Baldwin (1924-1987), Kevin Keiss et Elise Vigier, qui assure aussi la mise en scène, ont établi leur texte à partir d’entretiens et d’essais des deux artistes. Lire aussi le portrait dans « M » : Article réservé à nos abonnés Richard Avedon, démiurge et photographe Le principe est simple. Avedon et Baldwin se retrouvent dans le studio du photographe, à New York, en 1963. Ils ne se sont pas vus depuis longtemps. Baldwin est de retour aux Etats-Unis, après avoir vécu en France, où il s’installera en 1970, à Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes). Il est célèbre depuis la publication de Personne ne sait mon nom (1961) et surtout de La Prochaine fois, le feu (1963), ses recueils sur la situation explosive des Noirs dans la société américaine. Avedon s’est détourné de la mode qui l’a rendu célèbre pour photographier des militants des droits de l’homme ou patients psychiatriques. Les deux hommes ont en projet un livre sur l’Amérique telle qu’ils la voient, l’un avec ses images, l’autre avec ses mots. Ce sera Nothing Personal, un chef-d’œuvre, publié en 1964. Heureuse complicité Avedon et Balwin fréquentaient le même collège d’Harlem, à New York, dans les années 1930. L’un juif, blanc, fils d’un émigré d’origine russe qui tenait un magasin de vêtements, l’autre chrétien, noir, fils reconnu (mais non biologique) d’un père pasteur, et aîné de neuf enfants. Ils sont devenus amis. Déjà, Avedon faisait des photos, et Balwin écrivait. Quand ils se retrouvent, ils ont une quarantaine d’années. Au Rond-Point, les comédiens qui les interprètent ne cherchent pas à leur ressembler. Ils arrivent avec leur histoire : Marcial Di Fonzo Bo a été un enfant blanc dans le Buenos Aires de la dictature militaire, Jean-Christophe Folly un enfant noir dans le XXe arrondissement de Paris. Ils échangent des photos et des souvenirs, en écho à ceux d’Avedon et Baldwin. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Sur les traces de James Baldwin à Saint-Paul-de-Vence, où l’écrivain afro-américain vécut ses dernières années Entre eux, il y a une heureuse complicité d’acteurs (en matière de jeu, Marcial Di Fonzo Bo est un stradivarius), et, surtout, ils font passer l’essentiel : un sentiment de la vie, celui-là même qui irrigue le dialogue de Richard Avedon et James Baldwin. Pudique et profond, ce dialogue témoigne d’une amitié et d’un engagement, dans l’art et la société, qui se clôt par la visite d’Avedon à Jean Renoir. Un dimanche à Beverly Hills, inoubliable, où tout est dit. Portrait Avedon-Baldwyn : entretiens imaginaires, au Théâtre du Rond-Point, 2 bis, avenue Franklin-D. Roosevelt, Paris 8e. Texte de Kevin Keiss et Elise Vigier. Mise en scène Elise Vigier. Avec Marcial Di Fonzo Bo et Jean-Christophe Folly. Jusqu’au 17 avril. De 8 € à 31 €. Durée : 1 heure. Brigitte Salino
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
March 29, 2021 1:18 PM
|
Par Jean-Pierre Thibaudat dans son blog Balagan - le 29 mars 2021 Leslie Kaplan a écrit « Le Monde et son contraire » pour un acteur, Marc Bertin, mue par leur passion commune pour Kafka. Le spectacle mis en scène par Elise Vigier, qui parle le Kaplan couramment, aurait dû être créé pendant le second confinement. Au terme d’un itinéraire kafkaïen, le voici, pour l'heure, devenu invisible.. L’écrivaine Leslie Kaplan a vu la femme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. On peut le dire comme ça. La femme, c’est Elise Vigier, l’homme, c’est l’acteur Marc Bertin et l’ours, c’est Franz Kafka. On pourrait dire aussi que Leslie Kaplan a écrit le portrait d’un acteur qui, à force de lire Kafka, a fini par lui ressembler jusqu’à devenir son double et que, pour tout arranger, la metteuse en scène Elise Vigier a donné un corps à ce double, celui du danseur élastique Jim Couturier. Bref, c’est un portrait, qui entre dans l’excellente série de portraits que nous offre la Comédie de Caen, dont Elise Vigier est la directrice associée (aux côtés de Marcial Di Fonzo Bo). Mais la pièce effectue un pas de côté : est-ce le portrait de Marc Bertin, ou bien celui du Kafka selon Bertin ? A moins que cela soit celui de Kafka par Bertin ? Ou encore Kafka, cet amoureux du théâtre, se mettant dans la peau de Bertin, cet amoureux de Kafka ? C’est à n’y rien comprendre. La preuve, c’est que la pièce de Kaplan a pour titre Le Monde et son contraire. Vous l’avez compris, c’est un spectacle kafkaïen de bout en bout. Et tendrement drôle, du début à la fin. C’est son prof de français au collège qui a appris au héros de la pièce de Kaplan, autrement dit, au futur acteur Marc Bertin, ce que voulait dire le mot kafkaïen en faisant lire à sa classe La Métamorphose. Un livre – l’un de ses premiers récits – où Kafka n’attend pas la seconde phrase pour nous mettre dans le bain : « Gregor Samsa se réveilla un beau matin au sortir de rêves agités, il se retrouva transformé dans son lit en une énorme bestiole immonde. » C’est la traduction proposée par l’équipe dirigée par Jean-Pierre Lefevre qui a magnifiquement édité l’œuvre de Kafka dans la Pléiade. Une autre traduction, en livre de poche, parle de « monstrueux insecte ». Toujours est-il que le mot allemand ungeziefer veut dire vermine . Comment choisir ? Comment s’y retrouver ? Même les traducteurs s’y mettent à plusieurs pour rendre Kafka encore plus kafkaïen qu’il ne l’est. Tout comme le portrait de Leslie Kaplan qui avance en crabe, en jouant des tours et en prenant bien des détours. L’acteur-personnage se demande s’il n’est pas une « espèce de vermine », s’il ne faut pas être une vermine pour jouer un rôle pareil. Marc Bertin aurait dû être ouvrier en usine comme son père ; c’est ce qu’il voulait, le père. Mais le fils de Tourcoing s’est métamorphosé en acteur. Le professeur de français au collège n’y est pas pour rien. Résultat : cela fait près de vingt ans que Marc Bertin fait parie de la compagnie Les Lucioles, avec Elise Vigier, Pierre Maillet et les autres. Et voilà que Kafka lui retombe entre les pattes, lui qui, après La Métamorphose – son rituel d’initiation –, s’était attelé à lire tout Kafka au fil des années. Y compris le Journal où le jeune Franz, cet amoureux du théâtre, offre des fleurs à l’actrice Madame Tschissik dont Kafka dit aimer écrire le nom. Il ne restait plus à Leslie Kaplan qu’à conjuguer son plaisir à lire Kafka et celui de voir jouer Marc Bertin. Quant à Elise Vigier, elle retrouve une écrivaine qu’elle connaît bien. On n’a pas pas oublié les pièces loufoques de Kaplan qu’elle a mises en scène avec Frédérique Loliée, Déplace le ciel ou Louise elle est folle (lire ici). Cette pièce sur Kafka-Bertin risquait d’être plus kafkaïenne que foldingue. Kaplan l’a compris en établissant un parallèle entre Kafka et Charlot et leur commun couvre-chef. Elise Vigier l’a compris en demandant au danseur Jim Couturier d’y apporter son grain de folie. Et hop ! Tout le monde en sort gagnant. Spectacle, vu en décembre dernier durant le confinement aux Plateaux Sauvages où il devait être joué du 9 au 21nov. Il devait être à l'affiche de la Comédie de Caen, théâtre d'Hérouville, du 24 au 26 mars, représentation également annulées.Qu'en sera -t-il dans l'avenir? Légende photo : Scène de "Le monde et son contraire" © Pauline le Goff
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
November 24, 2014 2:43 PM
|
Publié par Les Inrocks : Martin Crimp : mon idée du bonheur Comment un simple baiser, accordé ou refusé, peut faire la différence. S’il existe un point commun – qui est aussi un point de rupture – entre Dans la République du bonheur et La Ville, deux pièces de Martin Crimp présentées en ce moment à Paris, c’est dans l’intonation sensiblement distincte donnée à ce geste évocateur. Dans La Ville, Claire refuse catégoriquement d’accorder le baiser quémandé par son époux Christopher. En revanche quand Madeleine ordonne à Oncle Bob“Embrasse Robbie. J’ai dit embrasse”, l’affaire prend une autre tournure révélatrice de la dérision au cœur de Dans la République du bonheur. Le magnétisme qui fait se rapprocher irrésistiblement les lèvres des amants s’avère l’enjeu d’un paradoxal rapport de pouvoir. Malade de son économie, la société contemporaine désorganise le désir. D’une pièce à l’autre, l’expression de ce désordre oscille de l’intime à une dimension plus générale même si toujours parasitée par un besoin irrépressible d’autosatisfaction narcissique. Un monde sans autres points de repère que les indices boursiers n’est-il pas nécessairement voué à flatter les bas instincts, devenus son unique boussole ? Tel est le constat ironique de Martin Crimp dans ce brûlot implacable qu’est Dans la République du bonheur. Abordant pour la première fois l’œuvre du dramaturge, Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigiée donnent une version aussi méchante que désopilante de cette pièce encore jamais créée en français. Mêlant dialogues et chansons sur un mode quelque peu déjanté, le texte gravite autour de la notion de “bonheur”. L’écriture minutieuse de Crimp est servie au mieux dans cette mise en scène incisive. Entre exultation et dérision, on baigne dans une atmosphère chavirée au bord de l’effondrement. Traduire cette virtuosité stylistique sur le fil du rasoir constitue un exploit auquel contribuent amplement les comédiens du spectacle, Marcial Di Fonzo Bo lui-même, mais aussi Pierre Maillet – avec notamment une version à mourir de rire de Space Oddity de David Bowie – ou encore Claude Degliame, pour n’en citer que quelques-uns. Hugues Le Tanneur pour Les Inrocks CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE Autres critiques : Joshka Schidlow pour son blog Allegro Théâtre : http://www.allegrotheatre.blogspot.fr/2014/11/dans-la-republique-du-bonheur-de-martin.html Marie Chenieux pour le JDD : http://www.lejdd.fr/Culture/Theatre/La-comedie-du-bonheur-de-Martin-Crimp-702464 le blog Hier au Théâtre : http://hierautheatre.wordpress.com/2014/11/23/crimpdi-fonzo-bo-un-bonheur-remis-en-question-dans-une-fantaisie-folle/ Critique de Corinne Denailles pour WebThéâtre : http://www.webtheatre.fr/La-Republique-du-bonheur-de-Martin?var_mode=calcul Dans la République du bonheur, de Martin Crimp, mise en scène Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigier, avec Katell Daunis, Claude degliame, Marcial Di Fonzo Bo, Katleen Dol, Frédérique loliée, Pierre maillet, Jean-François perrier, Julie Teuf et les musiciens Etienne Bonhomme, Baptiste Germser, Antoine Kogut, jusqu’au 30 novembre au théâtre national de Chaillot, Paris XVIe. www.theatre-chaillot.fr
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
October 30, 2014 1:01 PM
|
Dans sa dernière pièce, l’auteur britannique Martin Crimp interroge le « vivre ensemble » et les illusions de notre époque. Elise Vigier cosigne, avec Marcial Di Fonzo Bo, la mise en scène d’un spectacle qui se propose comme une expérience vivante et joyeuse. Entretien avec Elise Vigier réalisé par Manuel Piolat Soleymat pour La Terrasse de novembre CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE DANS LA RÉPUBLIQUE DU BONHEUR du 8 novembre 2024 au 11 décembre 2014Le 8 nov. Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines - Scène nationale 78 Place Georges Pompidou, 78180 Montigny-le-Bretonneux, France à 20h30. Tél. : 01 30 96 99 00.www.theatresqy.org Théâtre National de Chaillot, 1 Place du Trocadéro, 75116 Paris. Du 21 au 30 novembre 2014. Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30, le samedi 29 à 14h30. Tél. : 01 53 65 30 00. www.theatre-chaillot.frEgalement les 13 et 14 novembre 2014 au Théâtre du Beauvaisis à Beauvais, du 4 au 6 décembre au Nouveau Théâtre d’Angers, du 9 au 11 décembre à la Comédie de Saint-Etienne.
|
Scooped by
Le spectateur de Belleville
December 1, 2013 10:26 AM
|
(...)Leslie Kaplan a, à l'évidence inventé une nouvelle écriture scénique. Si son texte est d'une densité intimidante, il est aussi gorgé d'humour. D'un humour souvent âpre. Elle assène surtout la preuve ( comme elle le faisait déjà dans "Duetto-Toute ma vie j'ai été une femme" et dans "Louise, elle est folle" déjà montées et interprétées par les deux mêmes comédiennes) que le théâtre est un champ où la pensée peut gambader, où elle a la liberté de se se déployer.
La salle était ,le soir de la première, majoritairement occupée par des adolescents. Qui tout au long de la représentation n'ont pas mouftés et ont manifestés, lors des saluts, combien ils avaient été captivés. La preuve que leurs enseignants savent y faire.
Joshka Shidlow pour son blog Allegro Théâtre
CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE Vidéo de présentation du spectacle : http://www.theatregerardphilipe.com/tgp-cdn/spectacles/deplace-le-ciel
Jusqu'au 15 décembre TGP Théâtre Gérard Philipe Centre dramatique national de Saint-Denis tel 01 48 13 70 00
|