Revue de presse théâtre
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LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE  :   L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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July 25, 3:59 AM
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Le voyage le long du « Danube » de Mathias Zakhar

Le voyage le long du « Danube » de Mathias Zakhar | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Critique de Fanny Imbert dans Sceneweb - Publié le 24 juillet 2026

 

Le comédien Mathias Zakhar présente son premier seul en scène et revient sur les traces de sa famille en suivant les rives du Danube pour prendre le pouls de l’Europe. Poétique et puissant.

 

Tremblant, une veste en jean jetée sur ses épaules malgré la chaleur, Mathias Zakhar allume maladroitement une cigarette. Les épaules voûtées, ce jeune poète en herbe va bientôt s’élancer, plein de vigueur, dans un voyage à travers l’Europe, sur les traces de sa famille disséminée, issue des communautés hongroises de Slovaquie. Tiré de ses « Croquis de voyage » initiés en 2017 par l’École du Nord lorsqu’il y était encore comédien, le texte est le premier seul en scène écrit par ce comédien hors pair, que l’on a notamment remarqué dans Le Nid de Cendres de Simon Falguières, et qui fait depuis partie de la galaxie du Moulin de l’Hydre, ce lieu créé par le metteur en scène.

 

 

Plein d’entrain, le jeune homme débute son périple à la source du Danube, en Allemagne, bien décidé à remonter les 2 882 kilomètres qui le séparent de l’embouchure du fleuve. En train, à pied, en stop, les aventures et les rencontres se multiplient. Autriche, Hongrie, Serbie, Roumanie : les langues et les frontières se mêlent, entre beuveries et envolées philosophiques. Il est né l’année où le mur de Berlin est tombé et, enfant de l’Europe, il part à la rencontre de cette identité multiple, de ses promesses et de ses désillusions, entre la mémoire de ces pays balafrés par les nationalismes et les souvenirs de l’ancien bloc soviétique. 

 

Accompagné en chemin par Cendrars, Céline et Adorno, il tente d’y voir un peu plus clair dans les contradictions qui composent les identités européennes d’aujourd’hui. Et finalement, puisque tout est vrai, et donc que tout est mensonge, la vérité semble bien inaccessible, comme un « feu follet pour guider les oiseaux ».

Entre vaste mélancolie et fête ininterrompue, dans sa chasse aux souvenirs, Mathias Zakhar nous parle aussi de son désarroi face aux bégaiements de l’histoire, de son désespoir à la vue des tourbières identitaires qui ne se sont jamais éteintes. Le comédien et auteur parvient avec justesse à contourner la narration de soi pour plonger plus avant dans la poésie de l’errance, non sans nous imposer, par ailleurs, quelques obsessions christiques sous couvert de montée de LSD. C’est un comédien habité qui déploie une langue riche et qui nous emporte par son dévouement et sa générosité scénique peu commune.

 

 

Fanny Imbert – www.sceneweb.fr

Danube, au kilomètre zéro
Texte, mise en scène et interprétation Mathias Zakhar
Collaboratrice artistique Anne Duverneuil
Créateur son et régisseur général Hippolyte Leblanc
Créateur lumières Léandre Gans

Production Kilomètre Zéro
Coproduction Centre Dramatique National de Nanterre-Amandiers
Partenaires et soutiens Théâtre d’Angoulême – Scène Nationale, Université de Lille, SARTR – Sarajevo War Theatre (BA), Le Moulin de l’Hydre – Fabrique théâtrale et Festival Pampa (Sainte-Foy-La-Grande)

La compagnie Kilomètre Zéro est implantée en région Haut-de-France.

Durée : 1h15

Vu en juillet 2026 au Théâtre du Train Bleu, dans le cadre du Festival Off d’Avignon

Festival Pampa, Sainte-Foy-La-Grande
les 25 et 27 août

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July 23, 4:44 AM
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Dystopie : quel futur pour le Festival d’Avignon en 2050 ? 

Dystopie : quel futur pour le Festival d’Avignon en 2050 ?  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

 

Un événement déplacé au mois d’avril ? Sur la Côte d’Opale ? A voir depuis des véhicules climatisés ? Ou bien sacrifié ? Sous l’effet des fortes chaleurs et de l’éco-anxiété, des artistes présents cette année se risquent à l’anticipation et fantasment le futur utopique ou dystopique de leur grand raout de l’été.

 

 

«L’an prochain : le Festival d’Avignon de Dunkerque ?» La «blague» tourne, ici, sur les visages en nage des programmateurs, dans les rues surchauffées d’Avignon, comme une façon de sourire de cette question mélancolique qui perle dans beaucoup d’esprits : quelle est la viabilité de ce modèle ? Celui d’un festival de prestige mondial mais situé dans un département particulièrement exposé à la sécheresse, aux incendies et aux fortes chaleurs du fait du réchauffement climatique, et dont la signature est la transformation de lieux de plein air époustouflants en scènes de théâtre (cour d’honneur, cloître des Célestins, carrière Boulbon…).

Au Festival d’Avignon in s’active une cellule à l’intitulé sans ambiguïté : le groupe «Chaleur», à qui l’on doit pour cette 80e édition des salles climatisées à 100 %, des séances en plein air calées à 22 heures et des horaires aménagés pour les techniciens qui manipulent les gradins bouillants (de 5 heures à 13 heures). «On tente d’optimiser au maximum le confort des publics et des équipes, mais on est encore à la merci des orages et des averses sur les lieux de plein air, explique Clémentine Aubry, directrice déléguée. Ce pourquoi des clauses intempéries sont désormais insérées dans les contrats.» Après une annulation liée au risque incendie, la représentation de la pièce Silence a finalement pu être jouée à la carrière de Boulbon, lundi 6 juillet. Dans les instances des festivals d’été, on partage les bonnes pratiques sur le sujet non pas seulement du réchauffement mais plus largement du dérèglement climatique. Clémentine Aubry : «Dunkerque non plus ne sera pas épargné, vous savez…»

 

 

Mais tout le monde le sent cette année en rasant les murs en pierre en quête d’un mince filet d’ombre : est-ce vraiment suffisant ? Quid d’un festival au mois d’avril plutôt qu’en juillet ? Ce serait tout un paradigme philosophique, touristique et économique à repenser, le festival étant né en 1947 de l’utopie de s’ouvrir au plus grand nombre, donc sur la période des vacances d’été, celles où les familles ont le temps de traverser la France, de s’immerger dans la ville avant de poursuivre les vacances. «Il faudrait qu’on nous impose, d’en haut, ce changement de date car nous sommes très attachés à ce legs». Pas pour tout de suite donc. Peut-être en 2050 ? Pour Libé, cinq artistes fantasment à quoi pourrait ressembler le festival d’Avignon du futur.

Alice Carré, autrice et metteuse en scène

Présente à Avignon «Ecorces, polar forestier»

Avignon 2050, les cigales ne chantent plus, le célèbre pont ne recouvre maintenant qu’un mince liseré d’eau. Le festival a été décalé à mi-mars et au fil des années, réduit à une semaine. Le maire de la ville, nommé à vie sur proposition démocratique, a déclaré : «Une semaine de culture ça suffit, après on se fait chier, les Grandes Dionysies de la Grèce antique c’était pas plus de six jours !»

A l’entrée des remparts, un aspirateur de particules fines accueille les spectateurs. Un dôme climatisé (offert par le Qatar à la France) recouvre la cour du palais des Papes. Un brumisateur géant dissémine ses précieuses gouttelettes de fraîcheur au-dessus de quelques points stratégiques comme la place de l’Horloge. Le reste de la ville et des alentours est rationné en eau.

Les murs du palais des Papes sont recouverts des panneaux publicitaires Xing, la société chinoise de satellites qui domine le marché, et Baukraft, leader incontesté du bunker, tous deux principaux financeurs du festival. Un comité d’experts, composé des différents mécènes, a désormais un droit de regard sur la programmation. Le ministre du CSI (Culture, Sport, Information) y siège aussi à titre honorifique, même s’il ne finance plus l’événement qu’à hauteur de 0,5 %.

 

Le festival off a quant à lui presque disparu, seules quelques salles restent actives, grâce au rachat par un investisseur philanthrope, ou aux locations de quelques héritiers. Les théâtres vacants ont été remplacés par des compagnies d’assurance ou des «digital data parks».

Le festival amateur de Barneville-Carteret (Manche), monté par d’anciens artistes reconvertis dans l’événementiel (et financé sur fonds propres), est devenu un lieu en vogue, mais ses infrastructures sont menacées par la montée des eaux.

Ecorces, polar forestier jusqu’au 23 juillet à 22h05 au 11, à Avignon (84).

Joachim Maudet, danseur et chorégraphe

A présenté «Gigi (à la suite de Nox)» dans le off

Après la crise mondiale de 2042, la culture est devenue un bien de première nécessité. Le ministère de la Santé peut désormais s’appuyer sur des études scientifiques pour prouver qu’elle est aussi importante que se nourrir ou faire l’amour, qu’elle est un remède anti-dépression, et combat la solitude Elle devient le principal pilier de la société. Dans ce contexte la ville d’Avignon est devenue la municipalité ressource, un pôle avec ses salles de shoot rue des Teinturiers, ses prescriptions de balades chorégraphiques le long du Rhône, tout cela gratuit et sans ordonnance.

 

François Gremaud, comédien et metteur en scène

A présenté «Mon frère» dans le in

En 2050, Avignon est devenu le plus grand festival nocturne d’Europe : on y circule à vélo sous la canopée, on se baigne entre deux spectacles dans les canaux remis en eau, les transports sont gratuits, les artistes correctement rémunéré·es et la culture accessible à touxstes. Le climat continue de se réchauffer, mais Avignon est devenue plus fraîche grâce aux millions d’arbres plantés après le Grand Tournant des communs (GTC) engagé à la fin des années 2020, peu après cet autre événement longtemps jugé par les spécialistes encore plus improbable que la transition écosociale elle-même : l’union durable des gauches françaises. Le plus grand succès de cette édition, dans la cour d’honneur, est une comédie qui résume le début du XXIe siècle : ce temps où tout le monde connaissait parfaitement les solutions permettant d’éviter le pire, mais passait l’essentiel de son temps à débattre de leur nécessité. Le spectacle dure quatre heures et fait rire tout le monde.

 

Vanasay Khamphommala, dramaturge, performeuse et autrice

Présente «Songs of Grief [Love Me Tender]» et «Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre» dans le in

En 2076, ma performance Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre n’aura sans doute plus de sens : la chaleur nous aura contraint·es à renégocier notre rapport à la nudité. Le changement climatique placera au cœur du travail artistique les conditions et le sens mêmes de notre présence les un·es aux autres, les formes de sociabilité, les modalités de rassemblement, les écologies relationnelles qui conditionnent le fait d’être ensemble. Alors, les spectateurs du festival pourront participer, dans la Cour d’honneur revégétalisée, à une exploration participative de nouvelles formes d’intimité écoérotique en inclusivité radicale. Mais aussi à une épopée mondiale des migrations, portée par des artistes et personnes déplacé·es par le changement climatique. Ou encore à une réécriture radicale de Pirandello : «Rafraîchir celleux qui brûlent». Une chorégraphie proche du bain rituel sera créée en collaboration avec le Rhône — ce qu’il en restera — : chaque représentation serait augmentée des larmes du public, comme si notre deuil du vivant devenait lui aussi une ressource à partager.

Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre, 12 min., jusqu’au 23 juillet et Songs of Grief, 30 min., jusqu’au 24 juillet au Bar du Festival.

Laura Vazquez, poète et romancière

Elle présente «Vive le sujet ! Tentatives - série 3» avec le duo MazelFreten

AVIGNON – PLUS TARD

LA TERREUR A FINI PAR PRODUIRE

LE REFUS COMPLET DE SE VOIR

NOUS VIVRONS LE CORPS COUVERT

D’UN TISSU BLANC QUI NOUS

PROTÈGERA DE L’AIR POURRI

PLUS DE VISAGE

LES CORPS QU’ON ENTERRERA

SERONT REJETÉS

PAR LES SOLS

SI BIEN QUE LES MORT·E·S CIRCULERONT

PARMI NOUS

ET ILS PUERONT TERRIBLEMENT

NOUS SERONS HABITUÉ·E·S

ÇA NE NOUS DÉRANGERA PAS

SACHEZ BIEN QUE LA TERREUR

NE SE REGARDERA PLUS

DEPUIS LONGTEMPS

LA TERREUR GÉNÉRALE DONNERA

UN SOURIRE GÉNÉRAL

RICHE ET PARFAIT

DESSINÉ SUR LE TISSU

DEVANT NOS BOUCHES

LE PLUS BEAU PROJET POUR UN INDIVIDU

SERA DE N’AVOIR

AUCUN PROJET AUCUNE IDÉE

LE MEILLEUR MOMENT POUR UN INDIVIDU

SERA SON ABSENCE PROLONGÉE

À SA PROPRE CONSCIENCE

BIEN SÛR

NOUS IRONS AU SPECTACLE

LE POÈME SERA LA SEULE ANOMALIE DE NOTRE MONDE

LES SPECTATEURS FABRIQUERONT

EN CONTINU

L’AVEUGLEMENT QUI LES PROTÈGE

LORSQUE LA POÉSIE

APPARAÎTRA ILS TREMBLERONT

MAIS ILS NE VERRONT PAS

ET ILS NE SAURONT PAS

IL FAUDRA ÊTRE TARÉ·E

POUR SENTIR ET POUR VOIR

IL Y AURA DES TARÉ·E·S

COMME AUJOURD’HUI C’EST LA NATURE

QUELQUES TARÉ·E·S

CACHÉ·E·S COMME DES RATS DES VERS

DES STRATES SOUS LES ROCHES

LE SEUL DÉBORDEMENT SERA SECRET

AU THÉÂTRE NOUS RECEVRONS

DES CHOCS CONTRÔLÉS

PAR UN SYSTÈME DE RÉFLEXES

LES ÉMOTIONS COLLECTIVES

SERONT DISTRIBUÉES

LES PERSONNES PLEURERONT ET RIRONT

ELLES S’INDIGNERONT

ELLES UTILISERONT

DES PAROLES ADAPTÉES

IL FAUT SAVOIR QUE

LA PLUPART DES ŒUVRES SERONT

DES SCÈNES DÉJÀ JOUÉES DES SÉQUENCES SAINTES

DES SITUATIONS D’APRÈS LA MORT

EN FONCTION DE NOS COMPORTEMENTS

DOCILES DANS CETTE VIE

LES TEMPS APRÈS LA MORT

SERONT HYPER-REPRÉSENTÉS

IL FAUT SAVOIR QU’

ON EMPLOIERA BEAUCOUP LES ANIMAUX

CAR LES MACHINES AURONT CRAMÉ

DES CHEVAUX MAIGRES DANS LES RUES

TIRERONT LE MATÉRIEL OU LES MORT·E·S

ET NOUS SERONS PLONGÉ·E·S DANS

UNE ODEUR PRIMAIRE LOURDE

LES GENS RIRONT ET ILS S’HYDRATERONT

PAR UN SYSTÈME DE TUBES

LA CHALEUR SERA CONSIDÉRÉE COMME

UN ÊTRE VIVANT QU’ON AURA BAPTISÉ

D’UN PRÉNOM REMÂCHÉ DANS UN TIC DE LANGAGE

LES ADULTES MOURRONT BEAUCOUP

LES ENFANTS MOURRONT BEAUCOUP

IL N’Y AURA PAS D’OISEAUX

ON POUSSERA DES CORPS

L’HIVER L’ÉTÉ DÉSIGNERONT DES ÉTATS

QUE LES VIVANT·E·S

N’AURONT JAMAIS CONNUS

ÇA NE NOUS DÉRANGERA PAS

NOUS IMAGINERONS BEAUCOUP

LES TEMPS APRÈS LA MORT

NOUS RÊVERONS DUREMENT

TOURNÉ·E·S APRÈS LA MORT

LES OBJETS DE NOS IMAGINATIONS

SERONT SANS EFFET SUR LE DESTIN

DE LA PLANÈTE DE NOTRE ESPÈCE

SI BIEN QUE LA TERREUR

PERDURERA AU MAXIMUM

PARFOIS UNE RESPIRATION

VENUE D’UNE PLUS GRANDE OBSCURITÉ

APPARAÎTRA SUR LES SCÈNES

COMME SI LES PENSÉES HUMAINES

SORTAIENT DES EAUX

ET ENTRAIENT DANS LES EAUX

CE SERA LE NOUVEAU THÉÂTRE

CE SERA LE DERNIER

Vive le sujet ! Tentatives - série 3, 1 h 30, au Jardin de la Vierge du lycée Saint-Joseph, du 22 au 25 juillet.

Ève Beauvallet -  Libération

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July 16, 11:28 AM
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Avignon Festival Off 2026 : coups de cœur, la suite - Une sélection par Hélène Kuttner (Artistik Rezo) 

Avignon Festival Off 2026 : coups de cœur, la suite - Une sélection par Hélène Kuttner (Artistik Rezo)  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Hélène Kuttner dans Artistik Rezo, publié le 14 juillet 2026

 

 

Une histoire d’amour passion entre une concierge d’un lycée et un enseignant, un serial killer échappé de prison, un Ubu étourdi de pouvoir et de haine, un couple réfrigéré par la domination masculine ou une résidence soumise à l’avancée inquiétante de la forêt environnante et des invisibles qui y habitent ? Notre petite sélection dans le Festival Off se poursuit, faites vos choix ! 

 

Tanto Poco

 

La comédienne Cécile Garcia-Fogel se glisse dans la peau d’une héroïne invisibilisée, une concierge en poste dans un lycée à Rome, qui soudain tombe passionnément amoureuse d’un jeune professeur de lettres. Ce qu’elle nous raconte, à la première personne, remonte à quarante ans. Aujourd’hui, la soixantaine encore fébrile, l’amoureuse reprend le fil de cette histoire incroyable, totalement platonique et secrète, qui a rempli sa vie entière. « Pourquoi m’attacher à ce garçon ? » s’interroge-t-elle, lorsque le jeune enseignant arrive pour son premier poste, sous la pluie et les cheveux trempés, son casque de scooter à la main. Elle ne fait que lui indiquer où se trouve sa salle de classe. « Dès cet instant, je me suis mise à l’aimer. » Cecile Garcia-Fogel, robe noire fluide et escarpins rétro, porte ce texte avec une délicatesse aristocratique, d’une totale simplicité et d’un naturel confondant. Elle parle et danse parfois, les chansons de Giovanna Marini, de Barbara et les comptines siciliennes emportent les cœurs avec une infinie tendresse.  La comédienne nous embarque dans cette histoire écrite par le romancier Marco Lodoli, professeur lui aussi, à la manière d’une magicienne : une vie rêvée comme un fantasme, une fidélité passionnelle à toute épreuve, une existence où le sentiment amoureux, même à sens unique, a permis à une femme d’exister, d’être présente au monde qui l’entoure. C’est magnifique.

Le 11. Avignon, 19h35 (relâches les vendredis)

 

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Ubu Roi

 

Jamais la pièce de Jarry, une farce grivoise qui fit scandale à sa création en 1886, ne fut autant jouée qu’aujourd’hui. Ubu inspire les artistes, car ses clones sont légion parmi les dictateurs sans vergogne du monde entier. Jean-Marie Galey, acteur et metteur en scène, s’empare du mythe burlesque en le transposant à l’époque actuelle, faisant de ce « cloporte » au ventre bedonnant un vieillard corrompu et féroce semblable à Donald Trump, la casquette MAGA vissée sur le crâne et le rire gargantuesque. Sa femme, jouée par Teresa Ovidio, lady Macbeth, se trémousse en l’insultant grossièrement, en robe disco et en semelles à étages. Dans une boite à jeu enfantine, ces deux-là rivalisent de méchanceté et de haine, diffusant la xénophobie, le repli sur soi et la haine de l’autre sur les réseaux sociaux et célébrant en fanfare et flatulences le pouvoir surdimensionnée de l’argent. Dans cet Ubu frénétique et déjanté, le Capitaine Bordure trempe sa flagornerie stupide dans un nuage de cocaïne, le Csar de toutes les Russies, alter ego de Ras(Poutine), chasse l’ours blanc en chantant Nathalie sur la place rouge avec Gilbert Bécaud et son fils Bougrelas, geek surdoué de la toile, manipule les fake news en se défoulant comme un ado sur Fortnite. Les scènes s’enchaînent, le père de Macbeth apparaît en se trompant d’acte, les acteurs rivalisent de malice et l’esprit frondeur, enfantin et provocant de Jarry est revivifié ici grâce à cette adaptation caustique. On rit jaune !

 

Théâtre du Chêne Noir, 14h15 (relâches les lundis)

 

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Cold Cuts

 

Nous sommes dans une cuisine. Ian, le mari, est assis à la table et semble préoccupé. Molly, debout et dans un état de sidération muette, est collée au réfrigérateur. Qu’a-t-elle fait pour mettre Ian dans une colère si froide ? Que lui reproche-t-il, alors qu’il l’interroge sans jamais expliquer la faute qu’elle a commise ? Dans ce dialogue vertigineux, époustouflant de vérité et de précision, l’Ecossaise Linda McLean décrit la progression et les étapes de l’emprise masculine, la domination totale, traversée d’éclats de séduction, que le mari impose en permanence à son épouse. Dans cet interrogatoire où la victime ne peut plus rien dire, le bourreau ne cesse de s’inventer des raisons de l’écraser, l’époux faisant de sa femme un objet sans vie à la merci de violences et et d’humiliation. Amandine du Rivau et Régis Lux interprètent ces deux conjoints, dans une mise en scène au cordeau, limpide comme une eau qui glace. Les scènes courtes s’enchaînent et le comédien passe d’un personnage à l’autre, le grand fils, le médecin que Molly consulte finalement, le psychothérapeute qui recueille sa parole et ses silences. Aucune violence physique n’apparait sur le plateau, mais la violence psychique, l’asservissement par le traumatisme sont sans cesse présents, grâce aux comédiens éblouissants. Lumineux et indispensable !

 

Le 11. Avignon, 10h45 (relâches les vendredis)


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La Clairière

 

Entre conte fantastique et dystopie inquiétante, voici La Clairière, fable extralucide signée Stéphane Jaubertie et mise en scène par Jérôme Wacquiez. Dans une scénographie lumineuse de vie et de couleurs, Luce et Pierre prennent le temps de savourer leur situation de jeunes retraités dans une résidence hautement sécurisée, au milieu d’une clairière bordée par une forêt. « On est du bon côté du soleil », roucoulent-ils, comme pour signifier leur satisfaction de propriétaires nantis. Leur fille habite un appartement voisin, les relations avec les autres copropriétaires sont cordiales. Mais un matin, plus de mur ! La protection bétonnée contre la forêt, immense et inquiétante, n’est plus garantie. Pire, le chien de Perrine, la jeune fille, a disparu. Dès lors, la panique saisit tout le monde, on alerte, on s’organise, on achète des armes. Pierre se met à parler en japonais, le fantôme d’une jeune soeur réapparait, un ouvrier slovaque semble opérer une mue végétale. Depuis Shakespeare et Tchekhov, de nombreux murs se sont érigés partout dans le monde et autour de nos lieux de vie. Grâce aux sept épatants comédiens de la Compagnie Les Lucioles, ces murs se fissurent, tombent, entraînant ainsi une nouvelle attention aux autres et au monde qui nous entoure. Les secrets explosent, les langues se délient, les regards se décillent. Drôle, étrange et insaisissable, c’est une comédie très réussie sur le besoin que nous avons d’abattre nos murs intérieurs.

 

La Factory, Théâtre de l’Oulle, 15h30 (relâches les jeudis)

 

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Roberto Zucco

C’est la dernière pièce de Jean-Marie Koltès, achevée quelques mois avant sa mort, en 1989. L’auteur à l’écriture prodigieuse y raconte la folle épopée d’un prisonnier, Roberto Zucco, tueur en série italien, qui s’échappe par le toit de sa prison, commet d’autres crimes, avant d’être rattrapé et capturé par la police. Belle gueule, serial killer effronté mais doux comme un agneau, le véritable Roberto Succo, qui fit la une scandaleuse des journaux de l’époque, fascina Koltès qui en dessina une figure tutélaire, identitaire et mythique. La jeune metteuse en scène Rose Noël s’en empare avec un immense talent, entraînant dans un espace ouvert au public, sans quatrième mur, une bande de comédiens et de musiciens habités. La première scène est exemplaire, où Roberto jeune prisonnier en fuite, beau comme un ange, déboule chez sa mère en train de plier du linge. Devant nous, comme chien et chat, à même la terre, deux êtres perdus s’agrippent l’un à l’autre, comme pour mieux se retrouver et se fuir. Au fond du plateau, un choeur musical, constitué de Natalia Bacalov, voix céleste et violoncelle, et Martin Sevrin, à la guitare et comme elle à la percussion. Ils chantent en italien et en calabrais, langue et musique irriguent avec une puissance magistrale le spectacle. Zucco le schizophrène, Zucco le démon pasolinien est interprété de manière fulgurante par un comédien acrobate, animal et magnétique, Axel Granberger, qui ne cesse de se suspendre aux murs, de fuir par les coursives ou de se fondre parmi le public, le visage ensanglanté. La dernière scène, véritable lion décharné dans une cage en suspension, est poignante. Mais il faudrait tous les citer, les acteurs de ce spectacle qui portent haut la prose magnifique et violente de Koltès : Laurence Côte (la mère), Suzanne Dauthieux (la gamine), Lola Blanchard (la grande sœur), Maxime Gleizes ou Thomas Rio (le grand frère), Simon Cohen et Akrem Hamdi (les policiers), alors que Rose Noël campe la dame élégante. Un spectacle qui fera date.

 

Théâtre du Girasole, 18h50 (relâche les mercredis)

 

Hélène Kuttner  / Artistik Rezo 

 

 

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June 24, 2:48 PM
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Avignon off 2026 - Une sélection de spectacles, par Alain Neddam 

Avignon off 2026 - Une sélection de spectacles, par Alain Neddam  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

Important : cette sélection de spectacles est forcément subjective et incomplète. Elle se base sur une expérience personnelle de spectateur, comporte – nécessairement - des oublis et ne porte pas de jugement sur des artistes, des projets qui auraient échappé à ma vigilance. Mise à jour au 24/06/26

 

Cette sélection est un simple outil offert gratuitement aux professionnels présents à Avignon et aux festivaliers. Les artistes et les compagnies mentionnés ne doivent pas en faire état dans leur communication. Les compagnies et spectacles non mentionnés m'excuseront par avance de ne pas les connaître ou d'avoir oublié de les citer.

 

 

1 - Spectacles vus et aimés

 

 

 

10H00

10h15 Le Train bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

FORCENES, de Philippe Bordas, mise en scène Jacques Vincey

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8106-forcens

https://www.envotrecompagnie.fr/accompagnement-administration-production/jacques-vincey/forcen%C3%A9s/

 

 

 

10h15 Le 11 du 6 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

L'ART D'ETRE MON PERE de et par Julie Timmermann

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8666-l-art-d-tre-mon-pre

https://www.idiomecanictheatre.com/l-art-d-etre-mon-pere

 

 

11h00

11h05 Le Train Bleu (du 4 au 23 sauf 10 et 17)

LE PROJET BARTHES, cours de R. Barthes, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9077-le-projet-barthes

https://sylvainmaurice.fr/spectacles/le-projet-barthes

 

 

 

11h15 Présence Pasteur du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

J'AI SAIGNE de Blaise Cendrars, par Jean-Yves Ruf, mise en scène J-Chr. Cochard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9336-j-ai-saign

https://www.journal-laterrasse.fr/jean-yves-ruf-porte-a-la-scene-jai-saigne-de-blaise-cendrars-un-temoignage-douloureux-de-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.youtube.com/watch?v=ccz__msqi5k

 

 

11h30 Le 11 – du 6 au 23 (sauf les 10 et 17)

[poíēsis] de Florian Goetz et Jérémie Sonntag

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8243-posis

https://sceneweb.fr/poiesis-florian-goetz-jordan-sajous-jeremie-sonntag/

 

11h30 La Factory - les, 3, 5, 7, 10, 12, 14, 17, 19, 21 et 24 juillet

DANS TES REVES de et par Mathieu Lemeunier, mise en scène Alexandre Philip

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8122-dans-tes-rves

https://www.grandioseetordinaire.fr/artistes/dans-tes-reves/

 

 

11h35 La Manufacture du 4 au 12 juillet (sauf le 9)

AU BON PASTEUR (Peines mineures) de Sonia Chiambretto, mise en scène Marcial di Fonzo Bo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8818-au-bon-pasteur-peines-mineures-2

https://sceneweb.fr/ines-quaireau-dans-au-bon-pasteur-peines-mineurs-2-de-sonia-chiambretto/

https://vimeo.com/1182913352

 

 

11h55 Théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet (sauf le 8, 15 et 22)

HCHOUMA BLUES texte et mise en scène Hicham Boutahar 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9902-hchouma-blues

https://www.youtube.com/watch?v=PUU9aCEDseQ

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/05/avec-hchouma-blues-hicham-boutahar-place-les-violences-policieres-au-c-ur-de-son-amphitheatre-politique_6656141_3246.html

 

12H00

 

12h30 Théâtre du Chêne Noir du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

LE CONTE D'HIVER, de W. Shakespeare, nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier,

mise en scène Sandrine Anglade

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8233-le-conte-d-hiver

 

12h35 Le Train Bleu, du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOS ASSEMBLEES d'Elise Chatauret et Thomas Pondevie

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8748-nos-assembles

https://sceneweb.fr/nos-assemblees-delise-chatauret-thomas-pondevie/

 

 

12h40 La Manufacture, du 4 au 21 juillet (sauf 9 et 16)

5 SECONDES de Catherine Benhamou, mise en scène Hélène Soulié

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9523-5-secondes

https://sceneweb.fr/maxime-taffanel-dans-5-secondes-de-catherine-benhamou-une-mise-en-scene-dhelen/

 

 

 

13h00

14h00

14H00 Théâtre Transversal du 4 au 25 juillet (sauf les 8, 15 et 22)

KATSUJIN KEN Le sabre qui donne la vie, conception Stéphane Facco et Yan Allegret

(ancien titre : SOLO ARTS MARTIAUX)

Direction d’acteur Stéphane Facco - Jeu Yan Allegret

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9617-katsujin-ken-le-sabre-qui-donne-la-vie

https://unfauteuilpourlorchestre.com/solo-arts-martiaux-texte-et-mise-en-scene-de-yan-allegret-au-theatre-de-belleville/

 

14h20 Le Train Bleu - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

DOLEANCES (La Fable de l'écoute), mise en scène Stanislas Roquette

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9426-dolances

https://www.journal-laterrasse.fr/stanislas-roquette-adapte-et-met-en-scene-les-cahiers-de-doleances-du-grand-debat-national-de-2019-avec-doleances/

 

14h40 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

L'AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8861-l-affaire-rosalind-franklin

 

 

14h45 Le Train Bleu du 5 au 23 juillet (jours impairs)

GARCON FIEVRE de Jeanne Lazar et Timothée Lerolle

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/garcon-fievre/

https://www.journal-laterrasse.fr/dans-garcon-fievre-jeanne-lazar-et-timothee-lerolle-interrogent-la-nature-de-la-passion-en-racontant-les-annees-sida-dapres-un-entretien-avec-tim-joanny-madesclaire/

 

15h00

15h05 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

MAINTENANT JE N'ECRIS PLUS QU'EN FRANCAIS, de et par Viktor Kyrylov

https://www.11avignon.com/fr/maintenant-je-necris-plus-quen-francais

https://mlascene-blog-theatre.fr/critiques/theatre/critique-maintenant-je-necris-plus-quen-francais-viktor-kyrylov/

 

 

16h00

16h20 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

LA DECOUVREUSE OUBLIEE d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8860-la-dcouvreuse-oublie

https://sceneweb.fr/marie-christine-barrault-dans-la-decouvreuse-oubliee-delisabeth-bouchaud/

 

16h40  Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15, 22)

Là PERSONNE, de et par Geoffrey Rouge-Carrassat

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9559-l-personne

https://coupsdoeil.fr/2025/12/la-personne-geoffrey-rouge-carrassat-critique/

 

16h50  Train Bleu (au jardin de l'ancien Carmel) du 5 au 23 juillet (sauf 8, 15, 22)

SILLAGES de Léo Ricordel et Quentin Beaufils (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9431-sillages

https://www.journal-laterrasse.fr/sillages-de-leo-ricordel-et-quentin-beaufils-croise-documentaire-musique-cirque-danse-theatre/

 

17h00

17h45 La Manufacture du 4 au 29 juillet (sauf les 9 et 16)

QUAND ON DORT ON N'A PAS FAIM de et par Anthony Martine

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8548-quand-on-dort-on-n-a-pas-faim

https://sceneweb.fr/anthony-martine-dans-quand-on-dort-on-na-pas-faim/

 

18h00

18H00 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

ENQUETE DE FAMILLE d'après Jacques Attali, mise en scène Elisabeth Bouchaud et Benoit di Marco

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8858-enqute-de-famille

https://www.reineblanche.com/calendrier/avignon/enquete-de-famille

 

 

19h00

19h10 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

LA TRILOGIE DU TROISIEME TYPE (trois spectacles de et par Mickaël Délis)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9010-la-trilogie-du-troisime-type

https://sceneweb.fr/les-paillettes-de-leur-vie-ou-la-paix-demenage-de-mickael-delis/

 

20h00

20H25 Le Train Bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOTRE HISTOIRE (se répète) de Jana Klein, mise en scène et jeu Jana Klein et Stéphane Schoukroun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9671-notre-histoire-se-rpte

https://s-vrai.com/spectacles/notre-histoire-se-repete/

 

 

20h50 Le 11 du 4 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

BARBARA (PAR BARBARA) d'après les entretiens de Barbara, par Marie-Sophie Ferdane,

mise en scène Emmanuel Noblet

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8110-barbara-par-barbara

https://www.journal-laterrasse.fr/emmanuel-noblet-dirige-marie-sophie-ferdane-et-olivier-marguerit-dans-barbara-par-barbara-un-petit-bijou/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 4 au 24 juillet (sauf 8 et 22) Jours pairs

ET SI JE N'AVAIS JAMAIS RENCONTRE JACQUES HIGELIN, écriture Zoon Besse et Guillaume Barbot

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8709-et-si-je-n-avais-jamais-rencontr-jacques-higelin

https://www.journal-laterrasse.fr/et-si-je-navais-jamais-rencontre-jacques-higelin-un-temoignage-intime-du-comedien-zoon-besse-accompagne-par-la-poesie-de-guillaume-barbot/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 5 au 25 juillet (sauf le 15) Jours impairs

ON A FORT MAL DORMI, d'après le livre de Patrick Declerck

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8708-on-a-fort-mal-dormi

https://www.journal-laterrasse.fr/on-a-fort-mal-dormi-2/

 

 

 

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Avignon Off 2026 - Sélection AN

Pas encore vu mais intéressant, inscrit sur mon programme

 

 

 

10H00

10h00 Le Train Bleu (Salle Maif par navette du théâtre) du 4 au 23 juillet sauf les 5, 12 et 19

REQUIN VELOURS texte et mise en scène Gaëlle Axelbrun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8765-requin-velours

https://www.journal-laterrasse.fr/requin-velours-de-la-jeune-autrice-et-metteuse-en-scene-gaelle-axelbrun-une-revelation/

 

 

10h00 Le 11 du 4 au 23 juillet sauf les10 et 17

SPIRITUEUX de et par Laurent Cazanave, mise en scène Audrey Bertrand et Laurent Cazanave

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9292-spiritueux

https://www.journal-laterrasse.fr/avec-spiritueux-laurent-cazanave-aborde-sans-didactisme-un-sujet-essentiel-lalcool/

 

 

10h00 La Scala Provence du 4 au 25 (sauf le 6, 13 et 20)

LE TARTUFFE de Molière, par le Nouveau Théâtre populaire, mise en scène Léo Cohen – Paperman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8449-le-tartuffe

https://nouveautheatrepopulaire.fr/le-tartuffe/

 

 

 

10h30 La Manufacture (du 4 au 21 juillet, sauf les 9 et 16)

LES AVEUGLES de Maeterlinck, spectacle en réalité virtuelle de Julien Dubuc

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9577-les-aveugles

https://www.youtube.com/watch?v=UGLzVY3RTFs

 

 

11h00

11h00 Le Train Bleu du 5 au 23, jours impairs

SOPRANE de David Gauchard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9482-soprane

https://www.youtube.com/shorts/nKzB7xYN468

 

 

12H00

 

12h35 Le Train Bleu du 4 au 22 juillet (jours pairs)

FAKE de Claudine Galéa, mise en scène Emilie Lafarge

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/fake/

https://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2025-2026/fake

 

13h00

 

13H50 La Scala Provence du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

PEU IMPORTE de Marius von Mayenburg, mise en scène Robin Ormond

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8181-peu-importe

https://lascala-provence.fr/programmation/peu-importe/

 

 

14h00

 

14h00 le 11 - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

ALIF texte et mise en scène Abdelwaheb Sefsaf

https://www.11avignon.com/programmation/alif

https://coupsdoeil.fr/2026/04/alif-abdelwaheb-sefsaf-critique/

 

 

 

14h30 au Totem du 7 au 23 juillet (sauf le 12 et 19)

IMMOBILE ET REBONDI de et par Betty Bone et Sylvère Lamotte ( jeune public à partir de 3 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8136-immobile-rebondi-2

https://www.cie-lamento.fr/portfolio/immobile-rebondi-1/

 

 

15h00

15h00 à la Chartreuse du 7 au 13 juillet

TEEN PLAY de Marcos Carames Blanco, mise en scène Nathalie Bensard (jeune public à partir de 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8330-teen-play

https://compagnielarousse.fr/teen-play/

 

16h00

17h00

18h00

18H00 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 21 juillet (sauf le 15)

PETIT QUELQU'UN de Catherine Monin, mise en scène Julien Duval (jeune public à partir de 8 ans)

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/petit-quelquun/

https://lesyndicatdinitiative.fr/petit-quelquun

 

 

 

19h00

19h00 : Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

LE CLOWN COMME UN POEME, par François Cervantès et Catherine Germain

https://www.theatredeshalles.com/spectacles/le-clown-comme-un-poeme-2/

https://www.journal-laterrasse.fr/le-clown-comme-un-poeme-francois-cervantes-et-catherine-germain-interrogent-a-travers-la-figure-du-clown-arletti-le-role-de-lartiste-dans-ce-monde/

 

 

20h00

20H30 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 8 au 21 juillet (sauf les 12, 15, et 19)

OSTINATO, par la Cie Akoreacro (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9095-ostinato

 

 

21h00

22h00

22h00 VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 20 juillet (sauf le 15)

CARBONE DE Julien Duval, Carlos Martins et Bénédicte Simon, mise en scène Julien Duval

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/carbone/

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9123-carbone

 

23h00

23H00 La Manufacture du 10 au 15 juillet

CHERE IJEAWELE, OU UN MANIFESTE POUR UNE EDUCATION FEMINISTE

Lecture musicale par Ludmilla Dabo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10044-chre-ijeawele-ou-un-manifeste-pour-une-ducation-fminist

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April 8, 1:41 PM
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L’édition 2026 du Festival d’Avignon célèbre le doute et ne craint pas la démesure

L’édition 2026 du Festival d’Avignon célèbre le doute et ne craint pas la démesure | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joëlle Gayot / Le Monde du 8 avril 2026

 

Le directeur Tiago Rodrigues invite une dizaine de spectacles coréens et ouvre la manifestation avec « Maldoror », mis en scène par Julien Gosselin, dans la Cour d’honneur le 4 juillet.

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/04/08/l-edition-2026-du-festival-d-avignon-celebre-le-doute-et-ne-craint-pas-la-demesure_6678293_3246.html

Quarante-sept spectacles, 27 projets portés par des femmes, 16 par des hommes, six par des collectifs, une dizaine de spectacles coréens, 14 000 places supplémentaires disponibles à la vente. Le Festival d’Avignon ne se résume pas qu’à des chiffres. Mais ces derniers ont une vertu : ils traduisent le désir de Tiago Rodrigues, directeur jusqu’en 2030, de ne rien lâcher sur l’envergure quantitative (et on l’espère qualitative) d’une manifestation dont l’édition 2026 se tiendra du 4 au 26 juillet, aux mêmes dates que le festival « off ».

 

 

Si l’artiste ne crée pas de spectacle cet été, il cosigne en revanche l’organisation d’une « Aube des questions » qui verra déferler dans la Cour d’honneur du Palais des papes 80 questions adressées par des artistes ou des intellectuels (pour son 80e anniversaire). Une « célébration du doute », c’est dans ces termes que Tiago Rodrigues qualifie l’édition 2026, en rappelant qu’Avignon a toujours été le lieu des complexités, des débats et même des querelles. Cette prérogative, le directeur entend la renforcer dans un monde qui, regrette-t-il, simplifie la pensée à outrance.

 

Pas question de renoncer à la démesure de projets qui déplacent le public hors de ses zones de confort. Julien Gosselin donnera le ton dès le 4 juillet avec Maldoror, une traversée de textes de Lautréamont et de Roberto Bolaño. Cinq heures annoncées, une irruption probable de la vidéo entre les murs de la Cour d’honneur et une exploration des bas-fonds de l’humain par un artiste peu enclin à un optimisme béat. Ce geste d’ouverture devrait être suivi d’un séisme tout aussi puissant grâce à Carolina Bianchi.

 

Sensation forte de l’édition 2023 avec un spectacle-choc sur la drogue du violeur, l’artiste brésilienne présentera, à l’Opéra Grand Avignon, la troisième partie de Cadela força, triptyque qui traite (entre autres) de la déconstruction des dominations patriarcales. L’intégrale durera dix heures. Dans la cité des Papes, les durées exponentielles font partie du folklore.. Elles sont le luxe du festivalier, qui vivra encore, à la Carrière de Boulbon, cinq heures d’une immersion moliéresque menée par le collectif TG Stan : sept pièces de leur création Poquelin s’enchaîneront sur un théâtre de tréteaux devant 1 200 personnes.

Le coréen, quatrième langue invitée

Le répertoire n’a pas déserté la manifestation fondée en 1947 par Jean Vilar, mais il est bousculé par les créateurs contemporains. Deux Hamlet, un condensé par Thibault Perrenoud, le second chorégraphié par Ben Duke, un Roi Lear équipé d’oreillette avec l’Espagnole Andrea Jimenez : Shakespeare se métamorphose tandis que Henrik Ibsen (Un ennemi du peuple) se fait interactif sous la double impulsion des Brésiliens Christiane Jatahy et Wagner Moura. L’acteur, Prix d’interprétation masculine à Cannes en 2025 pour le film L’Agent secret, sera l’une des stars du festival, qui convie aussi, pour seulement deux soirées, les actrices Isabelle Huppert et Hye-young Lee. Ensemble, elles liront, dans la Cour d’honneur, L’Oiseau, un roman de la Sud-Coréenne et Prix Nobel de littérature 2024 Han Kang.

 

 

Après l’anglais, l’espagnol et l’arabe, le coréen est la quatrième langue invitée par le festival. Spectacles de danse et de théâtre, pansori ou documentaires : cette présence, qui représente 20 % de la programmation, saura-t-elle être l’alternative artistique au soft power coréen déployé par la K-pop et les K-dramas ? C’est le souhait affiché de Tiago Rodrigues et la raison de la présence de Daria Deflorian. La metteuse en scène italienne qui, en 2024, créait La Végétarienne, de Han Kang, entrecroisera cette fois le dernier roman en date de l’écrivaine et son histoire personnelle dans Che dolore terribile è l’amore. Ce sera la première française de ce spectacle au sein d’une manifestation qui ne porte, par ailleurs, aucune création sur ses seules épaules.

 
 

Si les recettes de billetterie et des tournées ont permis de remettre les compteurs à zéro, le Festival d’Avignon n’a plus les moyens de financer à lui seul la production de spectacles originaux. Le Pas du monde, du Collectif XY, qui se jouera quatre soirs dans la Cour d’honneur et qui consacre le retour du cirque dans la cité des Papes, a ainsi été créé en 2025 à La Villette, à Paris. La mutualisation des moyens est aujourd’hui la condition sine qua non pour bénéficier d’une exposition avignonnaise. C’est au prix des solidarités entre structures (à Paris, en Ile-de-France, en décentralisation ou à l’étranger) qu’il est encore possible de proposer 47 spectacles au public. Et encore possible d’inviter la crème des chorégraphes (Mathilde Monnier, Boris Charmatz, Trajal Harrell), de confirmer l’ascension d’une scène française (Tiphaine Raffier, Marion Siéfert, Jeanne Candel, Rébecca Chaillon, Gwenaël Morin) ou de déplier la carte de valeurs sûres internationales (le groupe britannique Forced Entertainment ou l’Egyptien Ahmed El Attar). Avec 64 % de spectacles spécialement créés en juillet, le Festival n’a pas perdu le goût du risque.

 

 

Joëlle Gayot / Le Monde

 
 
Légende photo : Tiago Rodrigues, lors de la présentation de l’édition 2026 du Festival d’Avignon, le 8 avril 2026. CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE/FESTIVAL D’AVIGNON
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March 18, 7:18 AM
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Au théâtre de l’Echangeur, «le Projet Barthes» à cœur ouvert –

Au théâtre de l’Echangeur, «le Projet Barthes» à cœur ouvert – | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Anne Diatkine dans Libération - 17 mars 2026

 

Changer sa vie, claquer la porte, s’extirper de la routine: c’est le sujet, ô combien partagé, des dernières leçons de Roland Barthes au Collège de France, porté par Vincent Dissez dans une mise en scène de Sylvain Maurice, qui adapte en toute beauté «la Préparation du roman».

 

Restituer la parole, les fulgurances, la pensée quand elle naît, les hésitations fertiles, les coqs à l’âne, les détours, et les émotions qu’ils suscitent, brusques moments d’abattement, découragements, éclaircie provoquée par un mot, une citation, un souvenir : ça a lieu parfois sur un plateau de théâtre, et totalement dans ce Projet Barthes porté à chaque fragment de seconde et jusqu’au bout des ongles et de ses jeux de main par Vincent Dissez.

 

 

Ce pourrait être austère, c’est l’inverse. Ce pourrait être abstrait, c’est au contraire merveilleusement concret et quotidien. Ce pourrait être réservé à celles et ceux qui connaissent de près ou de loin l’œuvre de Roland Barthes, ça parle à tous. Enfin à tous : si l’on en croit le public de l’Echangeur, scène en danger, constitué le soir où l’on découvre ce Projet Barthes d’une assemblée à cheveux majoritairement gris. C’est dommage tant ce solo, qui ravive cependant un temps plus ou moins révolu où lire et écrire pouvaient être la passion d’une vie et en tout cas celle de Barthes, est a-générationnel, sans esprit de clan, sans enfermements référentiels, ouvert.

Claquer la porte

La Préparation du roman est une série de conférences qu’adressa pendant deux ans, aux publics variés du Collège de France, celui qui demeura un essayiste et n’écrira jamais le roman auquel il rêvait de se dédier en ce que cette «conversion littéraire» changerait sa vie. Sa mère est morte l’année d’avant, la tristesse décolore ses journées, et l’étreint cette nécessité : bifurquer. «Je n’ai plus le temps d’essayer plusieurs vies, il faut que je choisisse ma dernière vie, ma vie nouvelle, Vita Nova comme dit Dante. Tout d’un coup, se produit cette évidence : je dois sortir de cet état ténébreux.» Et comment ? Par l’écriture d’un roman.

Claquer la porte, fut-elle intérieure et invisible : faire ce dont tout le monde rêve et dont peu trouvent l’issue, quand bien même elle est à portée de main. L’acteur s’adresse à la salle, qui du coup se confond avec le public d’il y a presque un demi-siècle qui venait écouter les leçons de Barthes. Pour un peu, on prendrait des notes. Barthes voit son avenir proche jusqu’à la mort, comme une infinie répétition : «Quoi ? Quand j’aurai fini ce texte, quand j’aurai fini ce cours, il n’y aura plus qu’à en recommencer un autre ?» «J’ai écrit il y a plus de vingt ans les Mythologies et ce qu’on me demande, ce sont toujours des mythologies. J’ai écrit le Plaisir du texte et ce que l’on me demande toujours, c’est de témoigner sur “le plaisir du texte”. Ce qu’on me demande n’est pas du tout d’écrire du nouveau, mais de me faire répéter ce que j’ai déjà dit.»

Quête de l’échappée

Tout l’intérêt du jeu de Vincent Dissez est de ne jamais jouer la dépression, mais son envers, la quête de l’échappée. Non pas le ressassement ou le chagrin, mais la recherche d’appuis, en l’occurrence textuels, pour escalader le gouffre. Non pas la nostalgie, mais le dégagement, la promesse d’un avenir. Au passage, le Barthes que ressaisit le comédien, qui lit et relit Proust et Flaubert pour mieux comprendre la préparation du roman, enchante par son acuité sur les œuvres. Il s’étonne notamment que si l’on n’ignore rien de la phrase de Flaubert grâce à sa correspondance, il y ait si peu de traces sur la conception des plans de Madame Bovary, par exemple. Se faisant, c’est tout autant son écriture qui change par cette œuvre orale, que sa position de lecteur, au côté, tout contre les écrivains bien aimés.

Une quinzaine d’années plus tard, une autre essayiste, la philosophe Sarah Kofman changea elle aussi radicalement d’écriture avec la publication de Rue Ordener, rue Labat, récit crucial de son enfance. Ce fut une poignée de mois avant de se donner la mort. Toute à la joie d’avoir dégagé les pierres qui ensevelissaient sa parole, elle disait en substance : «Je n’écrirai plus jamais d’essai. J’ai l’impression d’une voie (ou voix) nouvelles.» Roland Barthes également a disparu le 26 mars 1980, alors même qu’il forait encore cette transformation ou échappée radicale.

Le Projet Barthes, d’après la Préparation du roman de Roland Barthes, version scénique et mise en en scène par Sylvain Maurice. Jusqu’au 21 mars à l’Echangeur à Bagnolet et pendant le festival d’Avignon, dans le off, au Train bleu.

 

Anne Diatkine / Libération

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February 21, 7:35 AM
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«Rumba» à la Maison des métallos : pour Ascanio Celestini, la fin d’une ère de misère 

«Rumba» à la Maison des métallos : pour Ascanio Celestini, la fin d’une ère de misère  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Gilles Renault / Libération -  Publié le 18/02/2026

 

 

L’auteur italien et le comédien belge, David Murgia, bouclent leur triptyque centré sur l’évocation exaltée des laissés-pour-compte.

 

Il n’est pas indispensable, voire parfaitement facultatif, d’avoir vu Laïka et Pueblo, avant de se lancer dans Rumba. Une précision liminaire qui se justifie par le fait que les trois spectacles forment cependant un triptyque, dit «des pauvres diables», conçu et agencé par l’auteur et metteur en scène italien, Ascanio Celestini, et le comédien belge, David Murgia. Deux artistes ayant tissé de solides liens depuis le début du XXIe siècle, dont résultera notamment un Discours à la nation, qui avait marqué les esprits en 2015.

Accessoirement, la perspective que les trois propositions soient aussi corrélées que dissociables nous arrange, dans la mesure où, la première remontant à 2017 et la deuxième à 2021, un effort de mémoire colossal serait nécessaire si, d’aventure, l’ensemble exigeait qu’on assemble les pièces du puzzle. Ceci posé, on précisera que Laïka exaltait la condition ouvrière autour des figures d’un aveugle, d’une vieille et d’une «dame avec la tête embrouillée», tandis que Pueblo développait sur le même dispositif cette galerie des laissés-pour-compte où l’on croisait notamment la «vieille de plus en plus vieille», une clocharde ou un «gitan de 8 ans».

Funambule magnétique

Soit autant de profils esquintés, que le tandem Celestini-Murgia replonge, avec cette verve poético-déglinguée désormais identifiée, dans un maelstrom de mots (et de pensées) qui tour à tour se chevauchent, s’entrechoquent, se répètent et se complètent, pour composer la mosaïque ébréchée d’un microcosme dépoli n’ayant guère que la contemplation des étoiles pour rêver. Direction, donc, ce parking de supermarché où, une nuit de Noël, deux saltimbanques échoués (le conteur Murgia étant une nouvelle fois flanqué du musicien, Philippe Orivel, entre claviers et accordéon) guettent un public illusoire qui leur fera l’aumône.

 

 

Autour de la figure de Saint-François d’Assise, qui fournit le sous-titre à rallonge du monologue («l’Ane et le bœuf de la crèche de Saint-François sur le parking du supermarché») et justifie le modeste décor (une dizaine d’illustrations sur un panneau, derrière un rideau rouge), prennent alors vie, Job, le manutentionnaire analphabète régnant sur un entrepôt dont il connaît les moindres recoins, mais qui n’est pas foutu de trouver les toilettes dans un bistrot ; Joseph l’Africain, miraculé des eaux ayant englouti ses frères de misère (l’évocation des migrants rappelant ici le monologue, Abysses, de Davide Enia, autre auteur italien, ayant aussi fait l’objet d’une adaptation théâtrale) ; ou toujours ce gitan qui glande, sur lequel s’abat un tombereau de poncifs racistes. Funambule magnétique – pour autant bien sûr qu’on daigne se laisser happer par la faconde –, David Murgia cisèle de la sorte un portrait de groupe dépenaillé que, le temps d’une représentation, le théâtre auréole de dignité.

Rumba, d’Ascanio Celestini et David Murgia, Maison des métallos, 75011, jusqu’au samedi 21 février, dans le Off d’Avignon (théâtre des Doms) du 4 au 25 juillet.
 
Légende photo :  «Rumba» nous emmène dans un parking de supermarché où, une nuit de Noël, deux saltimbanques échoués (le conteur Murgia étant une nouvelle fois flanqué du musicien, Philippe Orivel, entre claviers et accordéon) guettent un public illusoire qui leur fera l’aumône. (Maison des métallos)
 
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February 5, 5:38 AM
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Création, diffusion : le spectacle vivant sous pression

Par Martine Robert dans Les Echos - Le 2 février 2026

 

Le spectacle vivant traverse une crise profonde. Entre baisses de subventions, difficultés de diffusion et montée des censures, les professionnels s'inquiètent pour l'avenir. Les modèles économiques sont remis en question et les réductions de voilure dans les salles subventionnées rejaillissent sur le secteur privé.

 

L'heure est grave pour Nicolas Marc, le fondateur des Biennales internationales du spectacle (Bis) qui réunit tous les deux ans le monde du spectacle vivant. « Jamais la culture, le spectacle vivant et celles et ceux qui les font vivre n'auront été aussi attaqués : resserrements budgétaires, crise de la diffusion, polarisation idéologique, montée des réflexes illibéraux, menaces sur la liberté de création et de diffusion. Des menaces qui n'ont pas manqué de frapper les Biennales internationales du spectacle », énumérait récemment le responsable, à Nantes, lors de la dernière édition de ces rencontres.

 

Parmi les intervenants, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avait fait le déplacement pour défendre la culture publique. Celle-ci repose essentiellement sur des financements croisés (Etat-collectivités) et il peut y avoir un risque de choc systémique dès que l'un des partenaires se retire comme l'ont fait certains départements ou régions.

 

Réduction des tournées

 

Pour leur part, les acteurs de la culture privée ont témoigné d'un effet domino, en période de restriction budgétaire, constatant qu'ils ont beaucoup plus de difficultés à vendre leurs productions aux salles publiques victimes de baisses de subventions.

 

« Les tournées deviennent compliquées à construire, c'est difficile d'avoir plus de dix dates alors qu'on pouvait en avoir jusqu'à quatre-vingts avant le Covid. Par conséquent, nous avons réduit nos créations d'une trentaine à une douzaine dans l'année », confie Fleur Houdinière, qui codirige le théâtre La Bruyère à Paris et la société de production et de diffusion de spectacles Atelier Théâtre Actuel.

L'Association Festival & Compagnies, qui organise chaque été le Off d'Avignon avec 1.600 spectacles à l'affiche, a mené un sondage auprès de ses adhérents et s'est rendu compte que 80 % des spectacles présentés ont vendu moins de cinq dates dans la foulée. « Cela a été un électrochoc car le festival Off n'est que le miroir déformant du malaise de la diffusion en France », pointe Laurent Domingos, coprésident de AF&C.

 

 

Pour les artistes émergents qui assureront la diversité des propositions demain, la baisse progressive des aides publiques, comme le Fonpeps lorsqu'elles tournent dans les petites salles, est un vrai sujet. Ce fonds, qui a apporté 60 millions de soutien l'an dernier, pourrait diminuer de 40 % d'ici à 2028.

 

« Sans lui, on devra accepter de très mal se payer, voire de ne pas se payer, confie Camille Jouannest, directrice artistique de la compagnie Janitor. Par exemple, au Théâtre du Champ de Bataille à Angers, on a joué deux dates dans une salle de 90 places et empoché seulement 560 euros TTC de billetterie. »

 

« Je sens l'épuisement, le découragement »

 

« Le spectacle vivant est sous pression même si nous n'avons jamais eu autant de spectateurs - 65 millions en 2024. Mais la situation est contrastée, je sens l'épuisement, le découragement. Et avec la montée des populismes, je crains la progression d'une vision utilitariste de la culture », n'a pas caché lors des Bis Christopher Miles, à la tête de la Direction générale de la création artistique au ministère de la Culture.

 

« Les nuages s'amoncellent et rarement on a ressenti une telle interdépendance entre tous les maillons de la filière. Les mouvements capitalistiques de grande ampleur dans la musique inquiètent la scène indépendante, la hausse des coûts interroge la soutenabilité du modèle culturel, les collectivités se désengagent, le consensus transpartisan dont la culture jouissait s'effrite, des censures émergent ici ou là », souligne quant à lui Jean-Baptiste Gourdin, président du Centre national de la musique.

 

Martine Robert / Les Echos

 

Légende photo : La compagnie Janitor et son spectacle « A la limite de la crédibilité » sur le vrai-faux, jusqu'au 28 février au théâtre de Belleville (Paris). (Amélie Kiritzé-Topor)

 

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January 14, 10:10 AM
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Guillaume Vincent et son théâtre des faux-semblants

Guillaume Vincent et son théâtre des faux-semblants | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joëlle Gayot dans Le Monde - 14 janvier 2026

 

L’auteur et metteur en scène, installé à Sète, cultive les illusions dans son spectacle «Paradoxe», à l’affiche au Théâtre de Gennevilliers.

 

Lire l'article sur le site du "Monde" :

https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/01/14/guillaume-vincent-et-son-theatre-des-faux-semblants_6662175_3246.html

La merveilleuse certitude, avec l’auteur et metteur en scène Guillaume Vincent, c’est qu’on n’est jamais sûr de rien. Ni de la forme ni du sujet de ses spectacles. En 2023 et en 2024, il présentait deux pièces de groupe sur l’envol de la jeunesse, Vertige (2001-2021) et La Tour de Constance. Le voici au Théâtre de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) avec une représentation (en duo) subtile et malicieuse consacrée au deuil : créé au Théâtre national de Bretagne, à Rennes, à l’automne 2025, Paradoxe raconte le retour d’un fils auprès de sa mère mourante dans le Sud.

 
 
Une histoire vécue ? Pas du tout. Le pas de deux entre fiction et vérité est la prérogative de l’artiste. Alors qu’il vient de fêter ses 49 ans, mercredi 14 janvier, il n’a pas l’intention de s’en priver. « Ma mère va très bien. Elle a eu 80 ans le 1er janvier, précise-t-il. J’ai beau m’amuser à glisser une part de moi dans mes spectacles, les insertions biographiques restent pudiques et très cryptées. »
 

Inutile donc de chercher un message subliminal dans la grille de mots croisés (du Monde) qu’il achève alors qu’on le retrouve dans un café. Ligne III horizontale : « Gravée dans le marbre. » Si la définition lui échappe, c’est que Guillaume Vincent n’écrit pas d’épitaphe. Son théâtre est une célébration parfois mélancolique mais toujours ardente du vivant. A commencer par la vibration des interprètes, leur puissance, leur présence et la fascination que certains exercent sur lui. Il les cite : Emilie Incerti Formentini, héroïne, en 2012, du monologue Rendez-vous gare de l’Est ; Alison Dechamps, révélation, en 2024, de La Tour de Constance : « J’ai fait ces spectacles pour elles. »

Richesse imaginative

Paradoxe n’existerait ainsi pas sans l’actrice Florence Janas, co-conceptrice du projet avec qui il partage les planches, lui qui n’est pas vraiment comédien. « Cette fois, je ne voyais pas qui d’autre que moi pouvait endosser mon propre rôle. Je l’ai aussi fait grâce à Florence en qui j’ai une confiance totale. Elle me rattrape si je vacille. » De son double gémellaire (ils échangent sur scène leurs identités, leurs récits, leurs genres et leurs moustaches), il dit qu’elle est « un roc d’une exigence folle qui n’autorise jamais le laisser-aller ».

 

 

Ils se connaissent depuis leurs 18 ans et leur rencontre à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Ils y ont fait la fac ensemble, mangé des crêpes au Nutella sur le cours Mirabeau, pris tous deux le train pour le Nord. Elle vers le Conservatoire national supérieur d’art dramatique à Paris. Lui vers l’Ecole du Théâtre national de Strasbourg. « J’ai adoré y étudier. J’avais redoublé mon CM2 et ma 2de parce que j’étais dysorthographique, je me retrouvais avec des gens qui fréquentaient des normaliens ou sortaient eux-mêmes de Normale-Sup. C’était bizarre, je me sentais décalé. Mais cette gêne n’a pas duré. »

 

Même s’il a grandi dans un mas, à Uzès (Gard), au milieu des champs et au cœur d’une famille où on est agriculteur de père en fils depuis trois générations, Guillaume Vincent n’a pas le complexe du transfuge de classe. Sans doute grâce à sa grand-mère paternelle qui, chaque été, l’amenait au Festival d’Avignon. Sans doute aussi à son arrière-grand-père, « un héritier marseillais propriétaire d’un château ». Le château est toujours là. Invendu car invendable. La richesse de l’arrière-petit-fils n’est pas matérielle mais imaginative. Elle est forte des chocs esthétiques vécus dans la Cour d’honneur d’Avignon, de la découverte, dans le « off », des textes de Fassbinder ou de Beckett, du souvenir du Footsbarn Theatre, une troupe circassienne qui a planté sa tente dans le jardin de son enfance.

Un authentique poète

Le nomadisme des saltimbanques ne le fait pourtant pas rêver. Le déclic vient plutôt de l’illusion théâtrale. Et d’un principe actif dans l’œuvre de Marivaux (dont il a monté, en 2005, La Fausse Suivante) : « Faire semblant de faire semblant. » Il n’est encore qu’un collégien, mais cet apprentissage lui « retourne le cerveau ». Il deviendra metteur en scène. Pour faire semblant de faire semblant et entraîner à sa suite le public dans des tourbillons mouvementés où le vrai et le faux, le passé et le présent, soi et l’autre s’entremêlent.

 

Il ne se sent pas vraiment auteur (« Je fais du collage »), mais il est bel et bien devenu un authentique poète qui cherche la beauté dans la banalité et l’universalité dans l’anecdote. Comme bien des poètes, il se protège. Il ne postule à aucune direction de lieu : « Gérer des tâches administratives n’est vraiment pas mon truc. » Il a, voici deux ans, quitté Paris pour s’installer à Sète (Hérault) : « J’y connais peu de monde. Ce qui est bien car, étant un peu dépressif, j’ai besoin de plages de solitude. »

Enfin, il refuse de livrer des spectacles vite et mal faits. « Je préfère présenter des maquettes de trente minutes et ne les transformer en véritables représentations que lorsque je suis sûr qu’elles tiendront leurs promesses. » Faire ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut, ce luxe est rare et périssable. Il le sait. Mais il dispose d’une arme magique : même invendable, un château familial est un coffre-fort symbolique. Or les symboles, les métaphores et les fantasmes inventés de toutes pièces sont les citadelles de Guillaume Vincent.

 

 

Paradoxe, écriture, conception et jeu : Florence Janas et Guillaume Vincent. Théâtre de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), du 15 au 26 janvier.

 

 

Joëlle Gayot / LE MONDE

 

Légende photo : Guillaume Vincent, au  Musée de l’illusion, à Paris, le 13 mai 2020. DAMIEN MAESTRAGGI

 

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October 13, 2025 4:08 PM
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«Ma république et moi» d’Issam Rachyq-Ahrad : au charme citoyen 

«Ma république et moi» d’Issam Rachyq-Ahrad : au charme citoyen  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Gilles Renault dans Libération, publié le 13 oct. 2025

 

Sa mère, l’identité, le racisme… Dans son presque seul en scène au Rond-Point à Paris, l’auteur défend avec justesse sa place dans la société.

En novembre, cela fera deux ans qu’a été créé Ma république et moi. On ne parlera donc pas de découverte, d’autant que le spectacle a déjà transité en 2024 par le off d’Avignon où, à l’affiche du Théâtre des Halles, il a eu bonne presse. De même que, fin janvier, le Centquatre – où l’auteur et interprète, Issam Rachyq-Ahrad, était en résidence – le programmait dans le cadre du festival Les Singulier·es. Projet aussi modeste – au sens où il n’a que faire du décorum – que soigneusement élaboré, le (presque) seul en scène repasse donc par Paris avec, cette fois, le palais de l’Elysée quasiment en ligne de mire en ce début d’automne. Alors, Issam président ? Nullement, car l’artiste n’est pas du tout en campagne et si le titre de l’exposé – où l’on entendra dans l’emploi de l’adjectif possessif comme un écho au livre Ma part de gaulois, de l’aîné toulousain, Magyd Cherfi – a des faux airs programmatiques, c’est bien à la première personne qu’il se joue désormais à quelques hectomètres du «Château», au théâtre du Rond-Point.

 

Tranches de vie ordinaire

De politique, il n’est au demeurant guère question dans Ma république et moi. Sinon, par vidéo interposée, pour planter le décor, hideux : à Dijon, en 2019, au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, un élu d’extrême droite (Julien Odoul) apostrophe une femme qui accompagne un groupe scolaire, afin de lui demander d’ôter son «voile islamique», ou de déguerpir. Un oukase auquel le comédien choisit de répondre sans véhémence ni même sarcasme. Mais juste en racontant quelques tranches de vie ordinaire, dans lesquelles il endosse deux rôles : le sien, grandi dans «l’inconfort d’une ville moyenne» qu’il se refuse à dramatiser, ou vilipender, et celui d’une mère aimante, dont la dignité plane si haut au-dessus des «sale bougnoule» ou «va manger ton couscous au bled», entre autres métastases «citoyennes». Une femme, aujourd’hui veuve et retraitée, qui chérit Dalida, prépare le thé à la menthe avec autant d’attention que de sucre (les diabétiques comprendront) et, par messagerie interposée, s’inquiète de savoir si la salle dans laquelle joue son fils est correctement remplie. Ce qui, juste récompense, est à l’évidence souvent le cas.

 

Plaidoyer sensible et concis (trop, à peine cinquante minutes) contre l’acculturation et son chapelet de questions autour des thèmes de l’identité et du déterminisme, Ma république et moi installe ainsi sur le devant de la scène Issam Rachyq-Ahrad qui, la quarantaine atteinte, a attendu son heur(e), après diverses piges au cinéma et au théâtre. Où il a notamment accompagné Mohamed El Khatib, lui-même auteur et metteur en scène dorénavant à la mode, auquel l’évocation des racines nord-africaines étayée par des archives familiales et une gestion astucieuse de la quincaillerie, fait naturellement penser. Sans qu’ici, l’évocation sincère ne confine encore à l’exploitation un rien roublarde du filon.

 
Ma république et moi d’Issam Rachyq-Ahrad au théâtre du Rond-Point (75008) jusqu’au 19 octobre.

Gilles Renault / Libération

 

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October 5, 2025 1:27 PM
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Le réalisateur et dramaturge Xavier Durringer est mort

Le réalisateur et dramaturge Xavier Durringer est mort | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Télérama - le 5 octobre 2025

 

 

Connu notamment pour son film “La Conquête” sur Nicolas Sarkozy, Xavier Durringer est décédé d’une crise cardiaque, à l’âge de 61 ans.

 

Le réalisateur et dramaturge Xavier Durringer est mort d’une crise cardiaque à son domicile de L’Isle-sur-la-Sorgue, près d’Avignon, à l’âge de 61 ans, a indiqué son agente à l’AFP. Il avait notamment réalisé en 2011 La Conquête, une farce aux accents de polar sur l’ascension du candidat Nicolas Sarkozy (joué par Denis Podalydès). Scénarisé par Patrick Rotman, le film avait fait l’objet d’une présentation remarquée (hors compétition) à Cannes en 2011 – Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, n’avait pas souhaité le voir, se justifiant ainsi auprès de Télérama « Je n’ai pas besoin de me voir en personnage de fiction pour connaître la part de création, d’art presque, qu’il peut y avoir dans le rôle de président ».

 

 

Né à Paris en 1963, Xavier Durringer avait fondé une compagnie de théâtre à 19 ans, et avait présenté sa première vraie création, Une rose sous la peau, en 1988, dans le festival « off » d’Avignon. Dix ans plus tard, il revient dans le « in » avec Surfeurs, « chronique désenchantée de notre monde en perdition où on ne fait jamais que surfer sur le vide, ramer dans le malheur », écrivait Télérama. Entretemps, il s’était également lancé au cinéma avec La Nage indienne en 1993, portrait doux-amer d’une jeunesse paumée, et J’irai au paradis… car l’enfer est ici en 1997, pour l’écriture duquel il s’était associé à un ex-braqueur, et salué par Télérama comme « un polar français digne de Scorsese ».

 

Son dernier film de cinéma, L’Homme parfait, était sorti en 2022, et mettait en scène l’arrivée d’un androïde chez un couple dont la femme n’en peut plus de s’occuper de tout (avec Didier Bourdon dans le rôle du mari, Valérie Karsenti dans celui de l’épouse et Pierre-François Martin-Laval en robot). Il avait également réalisé de nombreux téléfilms et en 2008 la série Scalp, pour Canal+, l’histoire d’une poignée de golden boys, amis de longue date, plongés dans la tourmente financière du début des années 90.

 

 

Légende photo : Xavier Durringer en 2001 à Cannes, pour la présentation de son film « La Conquête » hors compétition. Le réalisateur et dramaturge est mort à l’âge de 61 ans. Guillaume Baptiste / AFP

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September 5, 2025 9:07 AM
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Les spectacles à réserver en septembre 2025

Les spectacles à réserver en septembre 2025 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sandrine Blanchard, Rosita Boisseau, Joëlle Gayot, Cristina Marino et Marie-Aude Roux dans Le Monde - 05/09:2025

 

L’heure est à la reprise sur les scènes de théâtre, dans les salles de danse et de stand-up ou sous les chapiteaux de cirque. Les journalistes du «Monde » ont sélectionné, parmi l’offre de rentrée, les rendez-vous à ne pas manquer.

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/09/05/les-spectacles-a-reserver-en-septembre_6638981_3246.html

 

 

Ce mois-ci, nous vous proposons notamment une pièce de théâtre tirée d’un récit autobiographique d’Annie Ernaux sur un avortement, une histoire d’adolescents désœuvrés et rivés à leur smartphone, une battle de danses urbaines, un opéra autour du fanatisme religieux, ou encore de (re) découvrir l’univers absurde et sensible de Marc Fraize.

 

 

THÉÂTRE

Les mots radioactifs d’Annie Ernaux dans « L’Evénement »

En 1963, Annie Ernaux a 23 ans. Etudiante à Rouen, elle se retrouve enceinte d’un amant de passage. Elle veut avorter et elle avortera. Mais à quel prix : entre le choix assumé en conscience et son accomplissement, le chemin de croix exige une volonté de fer. Cet écrit autobiographique, insoutenable joyau noir, est porté sur scène par Marianne Basler. Vêtue de noir, l’actrice se tient seule sur un plateau plongé dans l’obscurité. Elle en habite chaque recoin et semble pousser les mots devant elle. Elle les dépose dans l’espace à l’intention du public, puis elle s’éloigne d’eux, fuyant, sans doute, leur dimension radioactive. Impossible d’esquiver l’impact d’un témoignage rude et cru où la réminiscence brute des actes et leur nature agressive heurtent le spectateur dans sa chair. On dit parfois du théâtre qu’il doit passer par le corps pour être pleinement reçu et perçu. L’expression prend ici tout son sens. J. Ga.

Théâtre de l’Atelier, Paris 18e, du 12 septembre au 19 octobre.

 

 

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Emilie Rousset ne plaisante pas avec les « Affaires familiales »

Convoqués à tour de rôle sur les ondulations d’un podium blanc déposé au centre de l’espace, sept acteurs reprennent mot pour mot, à la virgule, aux hésitations et aux soupirs près, les argumentaires d’avocates spécialisées en droit de la famille. Ces professionnelles, interviewées caméra à l’appui, par la metteuse en scène Emilie Rousset, racontent leur façon de mener la bataille de la loi : de la PMA à la GPA, de la protection des mineurs victimes d’inceste ou d’enlèvement à celle des femmes qui subissent des viols conjugaux, du mariage pour tous à l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, le droit de la famille ne s’arrête pas aux portes des chambres à coucher. Sérieux du propos, gravité des faits, acuité des combats : Emilie Rousset fait le pari de la rigueur dans un spectacle documentaire qui tisse le lien entre théâtre et vidéo. J. Ga.

Théâtre de la Bastille, Paris 11e, du 19 septembre au 3 octobre.

 

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« Woke » libère la fiction et émancipe les imaginaires

Quatre auteurs se réunissent pour écrire une pièce dont le sujet pourrait être la liberté de créer dans un contexte d’oppression généralisée. Cheffe de file d’un spectacle collectif et irrévérencieux, Virginie Despentes orchestre le dérapage contrôlé d’un théâtre qui s’abandonne à la fantaisie pure de la fiction et de ses héros de papier. Un homme affublé d’une longue queue, une drag-queen : les créatures fictionnelles qui vivaient, jusque-là, enfermées dans les pages des écrivains font intrusion sur scène et actent l’appel définitif à l’insurrection des imaginaires. De sorties de route en dérapages, c’est un théâtre d’une sauvage liberté qui dicte peu à peu les règles. Il vagabonde en terre pirandellienne, entre réalité et onirisme, royaume des vivants et des morts, pamphlet et poésie, concert et agora. Et s’achève en musique, dans une salle noyée de fumigènes où, du plateau aux gradins, tout le monde danse. Ce n’est plus du théâtre, c’est de la transe. J. Ga.

 

Théâtre public de Montreuil (Seine-Saint-Denis), du 24 septembre au 2 octobre.

 

 

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« La guerre n’a pas un visage de femme », entre l’effroi et la dignité

D’un geste artistique radical et puissant, Julie Deliquet adapte et met en scène La guerre n’a pas un visage de femme. Un récit polyphonique, documentaire et majeur de Svetlana Alexievitch, qui, dès 1975, a tendu son micro aux femmes russes parties combattre l’ennemi nazi durant la seconde guerre mondiale. Ces combattantes de tous âges étaient tireuses d’élite, brancardières, infirmières ou agentes de renseignement. Les corps amputés, les enfants massacrés, les tortures subies ou infligées, le froid, la faim, la saleté : en quatre ans de carnage, rien ne leur a été épargné. Pour faire vivre au théâtre un tel matériau, Julie Deliquet a opéré un fabuleux travail de recomposition du texte original. Il est ici servi par dix actrices exceptionnelles de vérité et d’humanité dont le jeu, la tenue et la dignité font honneur à la grandeur d’héroïnes russes un peu trop vite oubliées. J. Ga.

Théâtre Gérard-Philipe, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), du 24 septembre au 17 octobre.

 

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« Une mouette » sur le qui-vive

Une saisie impérieuse de la pièce de Tchekhov, de folles libertés prises avec ce texte iconique : le fil suivi par Elsa Granat, adaptatrice et metteuse en scène de La Mouette, est d’une cohérence imparable. Grâce à elle, les héroïnes tchékhoviennes sont des femmes qui ne s’autorisent que d’elles-mêmes. Exit les visions passées et patriarcales de Nina en jeune fille crédule ou d’Arkadina en mère insensible. Sur le plateau de la salle Richelieu, dans un décor de hauts rideaux, de toiles peintes, de transats alanguis à la nuit tombante, ces femmes, qui ne lâchent rien sur leur désir, tiennent la dragée haute à des héros masculins de petite envergure. Elsa Granat impose un spectacle singulier, servi par une fabuleuse distribution, où pas un personnage n’est conforme à l’idée qu’on pouvait en avoir. Et où chaque comédien est talonné par l’ici et maintenant d’une représentation qui se tient sur le qui-vive de sa première à sa dernière minute. J. Ga.

Comédie-Française, salle Richelieu, Paris 1er, du 19 septembre au 11 janvier 2026.

 

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« Denali » ou le drame d’une jeunesse trop connectée

Quand le théâtre s’empare avec justesse des codes des séries, cela donne un très bon thriller policier sur une jeunesse sans repères face à la folie de notre monde hyperconnecté. Denali – créé en 2023 au Festival Off d’Avignon et repris au théâtre parisien Juliette-Récamier qui vient de rouvrir ses portes – s’inspire d’une histoire vraie, celle de Cynthia, une ado retrouvée en 2019 à Anchorage (Alaska) tuée d’une balle dans la tête. Denali, c’est une histoire d’adolescents désœuvrés, rivés à leur smartphone et aux réseaux sociaux, persuadés que réussir se résume à être riche et célèbre. Cette quête dépourvue de sens, à l’image d’une époque envahie par les apparences, va mener Denali et son ami Kayden au pire. Parfaitement construite et rythmée, cette pièce du jeune auteur et metteur en scène Nicolas Le Bricquir, conçue en trois épisodes, porte un regard précis et nécessaire sur des ados influençables, qui prennent le virtuel pour du réel et finissent par être aussi coupables que victimes. S. Bl.

 

Théâtre Juliette-Récamier, Paris 7e, du 10 septembre au 19 octobre.

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« Maintenant je n’écris plus qu’en français », le récit poignant d’un comédien ukrainien en exil

Au matin du 24 février 2022, la vie de Viktor Kyrylov est devenue « absurde ». Cet Ukrainien, alors âgé de 20 ans, est réveillé par un coup de téléphone de sa mère qui lui annonce que la Russie a déclaré la guerre à son pays, que des bombardements frappent sa ville natale d’Odessa. Viktor Kyrylov vit à Moscou où, depuis trois ans, il étudie au Gitis, prestigieuse école de théâtre. « Mon rêve de culture fait de moi un traître pour les Ukrainiens et un ennemi pour les Russes, ma vie n’a plus de sens », résume le comédien. Où aller ? Doit-il faire la guerre contre ceux chez qui il voulait vivre ? Doit-il fuir ? Trois ans plus tard, dans un seul-en-scène captivant en forme de confession, Viktor Kyrylov fait le récit d’un exil avec l’ardeur de celui qui a besoin de lever l’ambivalence (combattre ou s’enfuir) qui lui a longtemps serré la poitrine. Grâce à sa présence intense sur scène, à la qualité de son écriture et à la profondeur de ses réflexions, Viktor Kyrylov, 23 ans, nous ébranle et nous questionne : qu’aurions-nous fait à sa place ? S. Bl.

Théâtre de Belleville, Paris 11e, du 7 au 30 septembre.

 

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« La Disparition de Josef Mengele », leçon d’histoire et performance d’acteur

En cette année de commémoration de la libération des camps de concentration, quatre-vingts ans après la capitulation du régime nazi, l’adaptation du livre d’Olivier Guez La Disparition de Josef Mengele, par Mikaël Chirinian, résonne comme la nécessité absolue de ne jamais oublier que l’homme ordinaire peut devenir un monstre. Seul en scène au milieu des « vestiges » (unes de journaux, portraits, cartes et photos) de cet officier SS, médecin de son état, qui parvint à fuir en Argentine en 1949 après avoir envoyé des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans les chambres à gaz, Mikaël Chirinian nous bouleverse et nous captive grâce à la force du texte et à l’intensité de son jeu. Récit glaçant d’une fuite et d’une traque d’un effroyable nazi sans remords, jusqu’à un ultime face-à-face père-fils, ce spectacle, mis en scène par Benoît Giros, est à la fois une leçon d’histoire et une performance d’acteur. S. Bl.

 

Théâtre La Pépinière, Paris 2e, du 2 septembre au 5 novembre.

 

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DANSE

Le choc esthétique du « Sacre du printemps » de Pina Bausch

On ne s’en lasse pas. Voir et revoir Le Sacre du printemps, chef-d’œuvre chorégraphié en 1975 par l’artiste allemande Pina Bausch sur la partition éruptive de Stravinsky, réserve toujours un choc esthétique et émotionnel. Hier comme aujourd’hui, la barre est si haute techniquement que cette pièce solidement tempétueuse reste plus que jamais un sommet à franchir. Pour ce Sacre, qui se déploie sur un sol couvert de terre vite dévasté par les déplacements affolants des danseurs, ils sont 36 interprètes de 14 pays africains rassemblés au sein de l’Ecole des Sables, au Sénégal, par la chorégraphe Germaine Acogny. Soutenue par la Fondation Pina Bausch, cette production, en tournée depuis 2022, est accompagnée ici par une création intitulée Joséphine, interprétée par Acogny elle-même et cochorégraphiée avec Alesandra Seutin, autour de la vie et l’œuvre de Joséphine Baker. Un programme insolite dans le cadre du Théâtre des Champs-Elysées, où fut créé, en 1913, Le Sacre du Printemps, signé par Vaslav Nijinski. R. Bu.

 

 

Théâtre des Champs-Elysées, Paris 8e, Du 24 au 28 septembre.

 

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« Echelle humaine » sur le thème de la mémoire

La 8e édition d’Echelle humaine, rendez-vous piloté par Lafayette Anticipations, en partenariat avec le Festival d’automne, soutient de jeunes artistes, chorégraphes, performeurs, cinéastes et plasticiens. Sur le thème cette année de l’histoire, de la mémoire et de la nécessité de conserver des traces, la manifestation met en avant La Vertigineuse Histoire d’Orthosia, des cinéastes Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, qui nous entraînent au sein du camp de Nahr El-Bared, situé sur les ruines d’une cité romaine, dans le nord du Liban. Parallèlement, les chorégraphes Makisig Akin et Anya Cloud présentent leur pièce We Are (nothing) Everything, autour de l’amour queer. A l’affiche pendant les trois jours du festival, The Complete Works, de la performeuse Nina Beier, distingue les parcours de deux étoiles de l’Opéra national de Paris : Alice Renavand et Karl Paquette. Quant à Alex Baczynski, il se focalise sur le travail des mains dans la performance Federico. R. Bu.

Lafayette Anticipations, Paris 4e. Du 19 au 21 septembre.

 

 

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« Fusion Concept », une battle de danses urbaines

Quel incroyable décor pour une battle de danses urbaines que le merveilleux Cirque d’hiver, à Paris. C’est là que la finale internationale de la battle Fusion Concept, créé en 2009 par le danseur et chorégraphe Kanon Zouzoua, aura lieu le dimanche 14 septembre dans une ambiance effervescente. Au programme de cette soirée de haut niveau rythmée comme un show avec des démos enlevées, des affrontements en duo avec plusieurs styles au plateau, du breaking au krump en passant par la house et le popping. Sélectionnés dans différents pays dont cette année, pour la première fois, le Kazakhstan, le Kirghiszistan et le Mexique, 28 danseurs au total composant 14 équipes vont se jeter avec fougue dans l’arène. Devant un jury composé de Marvin Gofin, Akamz, Dany Dan, Storm et Ladia Yates, l’invention et l’intrépidité, le dépassement de soi et la cohésion en duo vont assurément exploser les codes de la virtuosité. Une soirée feu d’artifice. R. Bu.

Cirque d’hiver, Paris 11e. Dimanche 14 septembre.

 

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« Plastique danse flore », le choc de l’urbain et de la nature

On a toujours aimé le nom de ce festival pour le choc de l’urbain et de la nature autour de la danse. Sous la houlette de Frédéric Seguette, directeur du Dancing, à Dijon, la conjugaison incongrue du plastique et de la végétation a entraîné un rendez-vous éclectique et festif se déroulant dans les espaces du Potager du roi, à Versailles, en partenariat avec l’Ecole nationale supérieure de paysage. Pour la 19e édition de ce rendez-vous téméraire et champêtre, une kyrielle d’artistes vont s’enchaîner sur les thèmes, entre autres, de la beauté et de la fragilité. Parmi les invités, Olga de Soto nous prend par la main pour La Balade du regard ; Yaïr Barelli questionne le groupe et son pouvoir dans Unisson ; Rémy Héritier fouille les couches des gestes qui nous habillent avec Un monde réel ; la plasticienne Alix Boillot présente son concert de batterie sur l’eau intitulé Grace, en hommage à Jeff Buckley. De la musique, une buvette et un environnement vert magique, c’est Plastique danse flore. R. Bu.

 

 

Potager du roi, Versailles, les samedi 6 et dimanche 7 septembre.

 

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CIRQUE

« Village de cirque » se redéploie sur la pelouse de Reuilly

Pour sa 21e édition, Village de cirque, qui se déploie sur la pelouse de Reuilly, à Paris, télescope les styles et les genres. La compagnie historique Rasposo, dirigée par Marie Molliens, accroche ses exploits aériens sur les thèmes de la désobéissance et de la libération dans Hourvari ; le Cirque Queer, comme son nom l’indique, navigue entre la piste et le cabaret avec Il n’y a pas que les chat·tes qui ont 9 vies, tandis que la compagnie La Bossue, dirigée par Julieta Salz, repérée comme interprète chez Raphaëlle Boitel et Bastien Dausse, joue Mon royaume pour un cheval, un solo plein de surprises resserré sur un mètre carré… Les spectacles Blob, trio mis en scène par la fameuse compagnie Les Colporteurs, qui se déroule dans la forêt à dix minutes du village, ainsi que la carte blanche au jeune expert en corde lisse et clown Daniel Kvasnovsky, diplômé de l’Académie Fratellini en 2024, sont gratuits. Des ateliers cirque pour les enfants de 7 à 12 ans sont proposés. R. Bu.

Pelouse de Reuilly, Paris 12e. Du 12 au 21 septembre.

 

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OPÉRA

Une « Aida » sous le faix du fanatisme religieux à l’Opéra de Paris

Raison du cœur, raison d’Etat. Tel est le cornélien dilemme d’Aida, princesse éthiopienne que l’Egypte a réduite en esclavage, amoureuse de Radames, général ennemi également aimé de sa rivale, Amneris, la fille du pharaon. Créé en 1871 à l’Opéra du Caire, l’opéra de Verdi alterne scènes épiques (ainsi la fameuse marche triomphale avec trompettes) et airs plus intimes tels le « Céleste Aida » chanté par Radames. La plasticienne, photographe et cinéaste Shirin Neshat s’est emparée des thèmes universels de l’amour et de la guerre, mais aussi du fanatisme religieux qui oppresse les femmes pour mettre en scène, au moyen de nombreuses vidéos tirées de ses propres œuvres, un opéra dont la production salzbourgeoise de 2017, reprise ici à l’Opéra de Paris du 24 septembre au 4 novembre, signera les débuts de l’artiste iranienne sur la scène lyrique française. Sur le plateau, dont la distribution changera le 19 octobre, l’Aida de Saioa Hernandez affrontera la mort pour les beaux yeux du Radames de Piotr Beczala (remplacés ensuite par Ewa Plonka et Gregory Kunde), que tentera de sauver, malgré sa dévorante jalousie, l’Amnéris d’Eve-Maud Hubeaux (suivie de Judit Kutasi). Le tout sous la baguette italianissime du talentueux Michele Mariotti. M.-A. R.

Opéra Bastille, Paris 12e. Du 24 septembre au 4 novembre.

 

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L’édifiante conversion de « Thaïs »

Tiré du roman du même nom d’Anatole France, l’opéra de Massenet a été créé à l’Opéra de Paris en mars 1894. Il relate la confrontation entre la courtisane Thaïs et l’ascète et rigoriste Athanaël. Tandis que la « prêtresse de Vénus » accède peu à peu aux joies de la spiritualité et se convertit aux lumières compatissantes du christianisme, le moine, amoureux de Thaïs, sombre dans le péché de chair et se damne. Parmi les nombreux atouts de cette nouvelle production venue du Teatro Regio, à Turin (2008), présentée du 26 septembre au 5 octobre au Théâtre du Capitole, les prises de rôle très attendues de la soprano américaine Rachel Willis-Sorensen et du baryton grec Tassis Christoyannis. La mise en scène a été confiée au « magicien » Stefano Poda (comptable, en 2017, d’un magnifique Ariane et Barbe-Bleue, de Dukas), la direction musicale à la baguette d’Hervé Niquet, réputé grand amoureux de la musique française. M.-A. R.

Théâtre national du Capitole, à Toulouse. Du 26 septembre au 5 octobre.

 

 

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« La Traviata » de Jean-François Sivadier, remise sur le métier

Présentée pour la première fois au Festival d’Aix-en-Provence en 2011, La Traviata, de Verdi, mise en scène par Jean-François Sivadier autour de la personnalité de Natalie Dessay, qui tenait à elle seule le spectacle, a déjà parcouru les scènes des maisons d’art lyrique (Vienne, Dijon, Caen, Nancy). Un making of réalisé par Philippe Béziat, intitulé Traviata et nous, a même fini de mythifier ce spectacle conçu dans le dénuement d’un plateau quasiment vide, laissant la bouleversante « dévoyée » de Verdi aux prises avec la solitude et la mort après avoir cru un instant que l’amour d’Alfredo la sauverait. Le Paris du XIXe siècle peut-il en effet rédimer une courtisane comme elle, et lui concéder le bonheur, quand s’exerce la cruelle sentence de l’ordre social ? De l’ivresse des premières fêtes aux larmes du sacrifice, chaque acte déploie une musique qui célèbre la voix dans toute sa splendide acception, servie par une orchestration d’une expressivité inouïe. Du 26 septembre au 6 octobre, sous la baguette de Dayner Tafur-Diaz à la tête de l’Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen, la scène rouennaise accueillera les amours « sivadiennes » de Violetta et Alfredo – incarnés par la soprano Chelsea Lehnea et le ténor Leonardo Sanchez – que brisera, non sans quelque état d’âme, l’inflexible Giorgio Germont d’Anthony Clark Evans. M.-A. R.

 

Théâtre des arts, à Rouen. Du 26 septembre au 6 octobre.

 

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HUMOUR

« Madame Fraize », poétique et drolatique

Qu’il est bon de rire. Surtout avec Marc Fraize. Se laisser embarquer par cet humoriste singulier, c’est comme plonger dans une bulle poétique et réconfortante loin du cynisme du monde. Après avoir, pendant plus de quinze ans, fait vivre son personnage inoubliable de Monsieur Fraize, antihéros magnifiquement burlesque, le comédien a créé Madame Fraize. Détachée du monde, rompant avec la frénésie de notre époque, Madame Fraize cultive l’art de prendre son temps. On pourrait croire qu’elle joue avec nos nerfs, mais sa manière d’être nous donne tout de suite le sourire puis l’envie irrépressible de rire. Ce spectacle inénarrable est d’une drôlerie déconcertante, mais délicieuse. Amateurs de punchlines, passez votre chemin. Jouant, avec malice, l’ambiguïté entre le masculin et le féminin, Marc Fraize n’est jamais grotesque dans le costume de Madame. Il respecte son personnage avec délicatesse et tendresse grâce à une gestuelle précise et maîtrisée. A la fois absurde et sensible, audacieux et candide, l’univers de Marc Fraize est unique. S. Bl.

 

La Nouvelle Seine, Paris 5e, du 10 septembre au 28 octobre

 

 

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ARTS DU RÉCIT

L’association Calliope transforme parcs et jardins en berceaux du merveilleux

Depuis 2021, la mairie du 17e arrondissement de Paris propose, en partenariat avec l’association Calliope, de venir écouter des contes dans les parcs et jardins du quartier, tous les week-ends de septembre. L’occasion de découvrir les différents espaces verts du 17e (le parc Martin-Luther-King, le square Sainte-Odile, le square des Epinettes…) tout en partant vers d’autres contrées grâce aux histoires des conteurs et conteuses programmés. Le dimanche 7 septembre, la comédienne Isabelle Genlis, accompagnée en musique par Hô Thuy Trang et Thanh Nam Mai, présentera Tam et Cam, une Cendrillon du Vietnam. Le dimanche 14 septembre, direction l’Ukraine avec Gorochko contre le dragon, un récit musical conté par Magda Lena Gorska. Puis viendra le tour du Burkina Faso avec François Moïse Bamba et son bestiaire africain (21 septembre) et, pour finir, ce voyage en Corée avec Le Dit du bon Heungbo et de son odieux frère Nolbo, par Hervé Péjaudier et Benjamin Bertocchi (28 septembre). Le tout accompagné d’ateliers, d’une scène ouverte, d’une séance de signature et, en clôture, la 3e édition du Salon du livre de conte, organisé place Richard-Baret, le 28 septembre, en partenariat avec les bibliothèques et médiathèques du 17e : Batignolles, Colette-Vivier et Edmond-Rostand. C. Mo.

 

Le 17e, berceau du merveilleux, 5e édition, à Paris, les samedis et dimanches, jusqu’au 28 septembre.

 

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MARIONNETTES

Un début de saison hors les murs pour Le Mouffetard

La saison 2025-2026 s’annonce placée sous le signe du changement pour Le Mouffetard – Centre national de la marionnette. Elle ne débutera vraiment qu’en décembre pour cause de fermeture pour travaux. La Ville de Paris a souhaité rendre accessible cette salle aux personnes à mobilité réduite. Par ailleurs, Isabelle Bertola, qui dirigeait le lieu depuis 2013 et son installation rue Mouffetard, dans le 5e arrondissement, va quitter ses fonctions le 1er janvier 2026. En attendant ces changements, Le Mouffetard propose deux rendez-vous de rentrée avec le Théâtre de la Tortue noire, une troupe venue du Québec. Deux performances en plein air, les 28 et 29 septembre, présentées dans le quartier autour du théâtre. La première, 2050, entre intelligence artificielle et bêtise humaine, est la dernière création en date de la compagnie québécoise : du théâtre en boîte (six vraies boîtes installées dans l’espace public) avec une représentation destinée à un seul spectateur à la fois. La seconde, L’Autre dans la cité, remonte à 2018 et repose sur la déambulation dans les rues de la ville d’une marionnette à taille humaine qui expérimente le quotidien des habitants en sirotant un verre en terrasse, en consultant un livre à la bibliothèque ou en déjeunant au restaurant, entre autres. C. Mo

 

 

Spectacles du Théâtre de la Tortue noire pour Le Mouffetard – Centre national de la marionnette, Paris 5e. Les 28 et 29 septembre.

 

Par le service Culture du "Monde" Sandrine Blanchard, Rosita Boisseau, Joëlle Gayot, Cristina Marino et Marie-Aude Roux

 

 

Légende photo : Blanche Ripoche, Amandine Pudlo et Julie André, dans le spectacle « La guerre n’a pas un visage de femme », au festival Printemps des comédiens, en juin 2025. CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE

 

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A la Maison Maria Casarès, une belle ambiance entre patrimoine et théâtre contemporain

A la Maison Maria Casarès, une belle ambiance entre patrimoine et théâtre contemporain | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sandrine Blanchard (Alloue (Charente), envoyée spéciale du Monde), publié le 7 août 2025

 


Entièrement rénové, le logis de l’illustre comédienne est désormais ouvert à tous. Et le domaine de la Vergne, en Charente, bat au rythme du Festival d’été jusqu’au 16 août.

 

Lire l'article entier sur le site du Monde : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/08/07/a-la-maison-maria-casares-une-belle-ambiance-entre-patrimoine-et-theatre-contemporain_6627337_3246.html

 

Dormir dans la chambre de Maria Casarès, petit-déjeuner dans sa salle à manger, bouquiner dans sa bibliothèque, flâner dans son salon… Depuis le 26 juillet, le logis du domaine de la Vergne, niché dans la Charente limousine, où l’illustre comédienne (1922-1996) vécut régulièrement de 1961 jusqu’à sa mort, est désormais accessible à tous : aux artistes en résidence comme aux festivaliers et autres amoureux de l’art.

 

 

La tragédienne, exilée de l’Espagne de Franco, qui fit don de ce domaine au village voisin d’Alloue en remerciement à la France pour avoir été une terre d’asile, serait sans doute heureuse de savoir qu’il est désormais entièrement restauré et consacré à la culture. Des papiers peints aux meubles rustiques, l’esprit du lieu, à la fois simple et chaleureux, a été préservé grâce à une restauration à l’identique, et cinq chambres d’hôtes peuvent y être louées.

 

Cette rénovation, financée à hauteur de 1,2 million d’euros par l’Etat, les collectivités locales et la Fondation du patrimoine, signe la dernière étape de la métamorphose du domaine de la Vergne, inscrit monument historique, en lieu réservé au théâtre contemporain, au patrimoine et aux repas partagés. Depuis 2017, la comédienne Johanna Silberstein et le metteur en scène Matthieu Roy ont pris, avec succès, la direction de ce centre culturel de rencontre. A leurs compétences artistiques se sont ajoutées celles de « gestionnaire, maître d’ouvrage, hôtelier, restaurateur », listent-ils avec le sourire. Il faut tout ça, et beaucoup de persévérance et de passion, pour faire vivre chaque année cette initiative culturelle en milieu rural.

 

 

Lire le reportage (en 2020) : Article réservé à nos abonnés Au théâtre chez Maria Casarès
 

En ce mardi 29 juillet, le désormais traditionnel Festival d’été démarre sous les meilleurs auspices – trois semaines de festivités du 26 juillet au 16 août, soit le temps fort du lieu qui, au printemps et à l’automne, accueille des artistes en résidence et des ateliers de théâtre pour les collégiens et les lycéens de la région. De 1 000 entrées lors de la première édition il y a huit ans, la fréquentation devrait atteindre 8 000 entrées cette année grâce à une fidélisation du public, composé pour moitié de Charentais. Il faut dire que le cadre est idyllique et le programme généreux. Le tout compose une sorte d’art de vivre commun entre spectateurs et artistes.

Trois rendez-vous théâtraux

Dans une campagne vallonnée et verdoyante, les festivaliers ou simples visiteurs peuvent se promener dans les cinq hectares de jardin et, équipés d’un casque audio, écouter, en longeant un bras de la Charente, des extraits de la correspondance amoureuse entre les deux amants, Maria Casarès et Albert Camus (Correspondance 1944-1959, publiée en 2017 chez Gallimard). « Tu es ma certitude, ma liberté, je t’aime pour toujours », écrit l’auteur de L’Etranger (1942) à la comédienne. « Comment va mon éternel angoissé ? Je trouverai toutes les patiences pour te laisser en paix pendant que tu travailles. Je t’aime à en mourir », lui répond-elle.

 

 

 

Cette balade sonore d’une grande intimité est d’autant plus touchante que cet amour se fracassa en 1960 avec la mort, dans un accident de voiture, d’Albert Camus. Anéantie par cette disparition, Maria Casarès, alors âgée de 38 ans, cherchera un refuge, une terre où s’ancrer, tombera sous le charme du domaine de la Vergne et l’achètera avec le comédien André Schlesser (1914-1985), son compagnon de route, qui deviendra son mari en 1978.

 

Les promenades sonores et les visites guidées du logis ne sont qu’un des aspects du Festival d’été. Au-delà de ces expériences patrimoniales, les responsables des lieux ont imaginé trois rendez-vous théâtraux ponctuant chaque journée : goûter-spectacle, apéro-spectacle, dîner-spectacle, en salle ou en plein air. Le concept prend des allures de fêtes de famille estivales. Matthieu Roy accueille les spectateurs, déroule le menu qui les attend, et, à l’issue des représentations, les comédiens et comédiennes leur servent les viennoiseries, les verres de pineau ou les plats chauds servis en bocaux. « Nous voulons trouver un autre rapport au public », défend Johanna Silberstein.

 

La programmation repose sur trois piliers : un artiste issu du dispositif Jeunes pousses (soutien à des metteurs en scène diplômés depuis moins de cinq ans), une compagnie régionale et une pièce du répertoire de la Compagnie Veilleur, dirigée par Matthieu Roy et Johanna Silberstein. « Nous souhaitons partager des esthétiques diverses et assumons des sujets engagés », explique le duo.

Sujets de société

A l’heure du goûter, le spectacle familial Prélude en bleu majeur, de la compagnie Choc Trio, offre un voyage enchanteur et burlesque à partir de l’œuvre de Kandinsky. Monsieur Maurice (interprété avec justesse par Claude Cordier), tel Charlot dans Les Temps modernes (1936), enfermé dans un quotidien gris et répétitif, va voir son ordinaire bousculé par l’apparition d’une balle bleue. L’univers de Kandinsky se met à éclabousser murs et cartons dans une ambiance à la fois clownesque et poétique. Répété au domaine d’Alloue, en 2019, lors d’une résidence, ce spectacle a, depuis, été joué plus de 400 fois.

 

 

Timlideur, une histoire de militantisme, proposé pour le dîner-spectacle, a, lui, été présenté en mai 2024 aux rencontres Jeunes pousses de la Maison Maria Casarès avant d’y être créé en septembre. Grâce à ce Festival d’été, la jeune troupe lyonnaise, emmenée par le metteur en scène Grégoire Vauquois, bénéficie de dix-neuf représentations, « presque comme un petit Avignon “off” », souligne Matthieu Roy.

 

 

Cette fiction-documentaire, comme la définit son auteur, plonge les festivaliers dans l’itinéraire d’un jeune étudiant sans histoire, convaincu que la crise climatique est le grand combat du XXIe siècle et qui, au-delà de ses gestes écologiques individuels, se met en tête de rejoindre une association pour être « au cœur de l’action ». En plein air, à l’arrière de la Maison Maria Casarès, il est question de « bloquer la République des pollueurs » en occupant, notamment, le hall du ministère de l’écologie. Engagée, cette pièce politique évite le piège du pensum moraliste en instillant de la drôlerie. Surtout, elle est portée par cinq jeunes comédiennes et comédiens au talent rafraîchissant.

 

Avant eux, lors de l’apéro-spectacle, un autre sujet de société, celui du monde du travail et de ses absurdités, est proposé avec l’adaptation par Matthieu Roy du roman de Mariette Navarro, Palais de verre (Quidam, 2024). Soit une femme, employée modèle, « parfait rouage » d’une grande institution, qui, un jour, « n’adhère plus », ne comprend plus les « nouvelles directives » et se détache peu à peu de cet univers de soumission, en quête d’une nouvelle liberté. Création de la Compagnie Veilleur, cette pièce sera reprise au cours de l’hiver à La Scène Maria-Casarès à Poitiers, le pendant « citadin » de la maison charentaise ouvert depuis octobre 2023.

 

A l’issue du dîner-spectacle, 116 spectateurs se retrouvent pour un repas sous les tilleuls dans une ambiance de guinguette. « Dites donc, c’est de plus en plus engagé vos spectacles, attention », interpelle un retraité, habitué du festival. « C’est bien, continuez comme ça, se réjouit une autre convive qui vient aussi à chaque édition. C’est ma sortie théâtrale de l’année. Je ne regarde même pas le programme, je fais confiance et je viens. »

Bénévoles indispensables

Comme la plupart des initiatives culturelles, le modèle économique de la Maison Maria Casarès est fragile et tient, en partie, grâce à 20 % de fonds propres issus de privatisations (pour des mariages, des séminaires, etc.). « Avec la fin des travaux de rénovation, nous avons, grâce à l’investissement, un outil en ordre de marche. Mais quid du fonctionnement ? », s’interroge Matthieu Roy.

La structure, qui participe à l’animation du territoire, n’a obtenu aucun financement du plan Culture et ruralité, lancé en 2024 par le ministère de la culture. Et le metteur en scène ne cache pas son inquiétude quant au renouvellement du soutien financier de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour le dispositif Jeunes pousses.

La Maison Maria Casarès, c’est sans doute Nadine Boutant qui en parle mieux. Cette agricultrice fait partie des bénévoles indispensables – au-delà de la petite équipe rattachée au lieu – à la bonne marche de cette aventure culturelle. Elle aide notamment à l’organisation des repas et pour rien au monde ne louperait la moindre soirée de ce Festival d’été. « Ça fait partie de ma vie, ça me permet de sortir, ce sont mes vacances. J’ai toujours des frissons quand je franchis l’entrée du domaine et j’admire le travail des troupes de théâtre », témoigne Nadine sans cacher son émotion.

En 2024, après avoir assisté à une réunion locale consacrée au plan Culture et ruralité, elle a, « exceptionnellement », écrit un courrier à Rachida Dati, à la DRAC et à la sous-préfète. « Les agriculteurs n’osent pas venir au théâtre, ils pensent que ce n’est pas pour eux. Mais une fois qu’ils ont assisté à une représentation, leur opinion change, écrit-elle. Il faut défendre ces lieux qui rapprochent les gens et créent du lien social. »

 

 

Festival d’été de la Maison Maria Casarès, Alloue (Charente). Jusqu’au 16 août.

 

 

Sandrine Blanchard (Alloue (Charente), envoyée spéciale)

 

 

Sandrine Blanchard / Le Monde 

 

Légende photo : Le repas partagé sous les tilleuls après le dîner-spectacle lors du Festival d’été à la Maison Maria Casarès, à Alloue (Charente), le 26 juillet 2025. JOSEPH BANDERET

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July 25, 3:54 AM
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Festival d’Avignon, jour 21 : un bilan pour ne rien oublier 

Festival d’Avignon, jour 21 : un bilan pour ne rien oublier  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par les envoyés spéciaux de Libération : Sonya Faure - Nina Lacour - Elisabeth Franck-Dumas - Anne Diatkine

Publié le 24 juillet 2026   

 

Et enfin, ce vendredi : Trajal Harrell qui joue sa «Music Music» intérieure, un «Pas du monde» de toute portée et Dominique de Villepin qui ferme le rideau.

 

C’est fou ce qu’on aura vu comme trous de mémoire cette année à Avignon. Pas de vrais oublis de texte – encore que dans l’excellent le Deuil sied à Electre de Gwenaël Morin, les acteurs se tournent parfois vers un camarade («Texte ) qui, la pièce à la main, leur souffle leur réplique au vu et au su du public. Non, on pense plutôt à toutes ces pièces comblant l’oubli collectif autour d’un massacre tu en Corée du Sud (Island StoryChe dolore terribile è l’amore, Oiseau), aux quêtes identitaires pour retrouver le fil d’Ariane des souvenirs familiaux enfouis (Thésée, sa vie nouvelle de Valérie Dréville). Mais aussi à tous ces personnages frappés de troubles de la parole, de démence et d’alzheimer – et qui parfois font semblant, comme cette vieille femme oubliant opportunément son admiration pour Hitler cinquante ans plus tôt dans Maldoror. Quand Laure, jeune femme atteinte d’un cancer dans l’Hors-Présence de Tiphaine Raffier, ne trouve plus le nom du fossile qui pourtant la passionnait tant, elle perd du même coup aux yeux des soignants le statut de personne en pleine possession de ses moyens et le droit de mourir comme elle l’entend. C’est aussi la grand-mère de Jaha Koo qui perd la mémoire comme le théâtre coréen a perdu la sienne en délaissant ses traditions au profit des textes occidentaux (The History of Korean Western Theatre). C’est encore cette jeune femme qui s’oblige à ranger ses souvenirs dans les pièces d’une maison imaginaire pour ne pas les perdre définitivement (Capra), c’est enfin cet ultrariche qui, à trop vouloir performer, en perd l’usage du langage (Bunker de Marion Siéfert).

 

Alors pour ne rien oublier des moments forts (et des plus faibles) de cette 80e édition du festival d’Avignon, l’équipe théâtre de Libé vous livre un tout dernier journal de bord et le bilan de trois semaines de festival – chaudes, à tous les sens du terme.

 

«Music Music» de Trajal Harrell. Entre voguing, fado et butô, le chorégraphe et danseur américain déploie toute sa vulnérabilité au cloître des Carmes dans une performance drôle et intime. L’un des spectacles les plus poignants de cette édition. Lire notre critique.

 

On aime :

«Le Pas du monde» du Collectif XY. Spécialistes du porté acrobatique, les circassiens présentent une formidable création qui questionne la relation de l’humain à la nature en un continuum de tableaux où, entre hybridations et métamorphoses, transparaissent, ici les ondulations de vagues, là, l’épanouissement de fleurs.Retrouver notre reportage.

 

Le big bilan :

Un festival dans les règles de l’ardent : au terme d’une 80e édition marquée par des spectacles sombres et parfois quelques joyeuses pépites, «Libé» fait le bilan : des budgets asséchés, des récits sous insolation, des spectateurs dans le feu de l’action. L’intégralité de notre article est à lire ici.

 

L'interview fournaise :

Francesca Corona «On ne se rend pas assez compte à quel point la vitalité artistique d’un pays est fragile.» Croisée à Avignon, l’Italienne raconte son lien avec l’événement et le théâtre mais aussi ses craintes sur l’avenir de la culture, elle dont le pays natal, sous Meloni, procède à une destruction massive des espaces artistiques. Lire l’intégralité de notre interview.

 

L’actu

Dernière personnalité politique à se prêter au jeu, Dominique de Villepin a décliné ses propositions pour la culture face à la journaliste Marie Sorbier et à l’invitation du festival off d’Avignon, en tant que «candidat non déclaré» à l’élection présidentielle de 2027, mais «très déterminé» (malgré sa difficulté à réunir les 500 signatures nécessaires). Bien conscient de la crise de la diffusion qui touche le secteur du spectacle vivant, il a évoqué la possibilité de créer un fonds national de la diffusion sur le modèle de l’avance sur recette distribuée par le CNC. Il viserait à aider financièrement la tournée d’un spectacle et c’est seulement si cette dernière est bénéficiaire que la structure aurait à rembourser la somme avancée, si elle ne l’est pas, le montant devient une subvention. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui s’est par ailleurs dit «très attaché au statut de l’intermittence», propose d’en élargir le système en créant un statut d’artiste plus global qui comprendrait notamment, en plus du statut d’intermittent, celui d’artiste émergent lui garantissant un revenu de 1 000 euros sous forme d’impôt négatif. L’aspirant candidat s’est toutefois montré plus réticent quant à une mesure phare, réclamée par l’intersyndicale du spectacle vivant et qui faisait jusque là l’unanimité parmi les autres politiques invités à Avignon : augmenter le budget de la culture. Certains proposant de le faire passer de 0,7 % du budget de l’Etat à 1 %, voire 3 % et d’autres envisageant d’investir 1 % du PIB dans ce poste de dépenses, Dominique de Villepin est, lui, convaincu, au nom du «redressement budgétaire» en cours et à venir, que la priorité est d’abord de faire en sorte que ce poste de dépenses ne baisse pas.

 

 Les chiffres du Off :

L’heure du bilan a sonné. Le festival off a fait les comptes pour cette édition : 1 812 spectacles ont joué, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente, alors que les pièces jouent de moins en moins longtemps, du fait, notamment, de la fragilisation économique des compagnies, moins soutenues par l’Etat et les collectivités territoriales, mais toujours confrontées à des coûts incompressibles. Pour ces 27 000 levers de rideau, l’événement anticipe une recette de 22 millions d’euros avec près d’1,4 millions de billets vendus. Car malgré un «climat très anxiogène» selon les organisateurs (lié aux menaces de nouvelles coupes budgétaires, depuis levées pour l’année 2026), les spectateurs ont répondu présents et l’association qui cordonne l’événement revendique une fréquentation plutôt stable par rapport aux autres années, avec un taux de remplissage qui s’établit à 54 %. D’après les données du site de vente de billets Ticket’Off, une grande part (41 %) des festivaliers provient du quart sud-est, soit du Vaucluse, du Var, des Bouches-du-Rhône, du Gard, du Rhône, ou encore de l’Isère, et 18 % des acheteurs ont fait le déplacement d’Île-de-France, dont 12 % depuis Paris intra-muros.

 

Le Fomo

Vous n’étiez pas à Avignon ? Pas d’inquiétude : non seulement vous avez peut-être évité l’insolation mais vous allez pouvoir vous rattraper un peu partout en France cette saison. Libé vous dit où voir ses spectacles préférés du Festival cette année ici.

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July 23, 3:50 AM
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Festival d’Avignon, jour 19 : un jeu de chaise musical, les sauts de cabri de Jeanne Candel et sa bande et la cour qui fait son cirque 

Festival d’Avignon, jour 19 : un jeu de chaise musical, les sauts de cabri de Jeanne Candel et sa bande et la cour qui fait son cirque  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Lucile Commeaux•Anne Diatkine•Sonya Faure•Nina Lacour•Aïnhoa Jean-Calmettes•Victor Inisan•Ève Beauvallet•Elisabeth Franck-Dumas dans Libération -

Publié le 22 juillet 2026

 

Le Saint-Siège. Celui qui a le pouvoir de nous faire passer un terrible spectacle s’il n’est pas confortable ou adapté. «C’est bien mais pour des personnes avec de petites fesses», s’indigne, hilare, un spectateur coincé dans son fauteuil plastique du gymnase Mistral. Sur Instagram, une internaute se plaignait, début juillet, que le sien se soit cassé en pleine représentation de la Parabole du seum – la pièce de Rebecca Chaillon porte précisément un discours sur la grossophobie et les corps minorés. Le festival propose d’ailleurs dans deux lieux – le cloître des Célestins et la Fabrica, des assises de différentes dimensions taillées pour plusieurs morphologies, dans un souci d’inclusivité.

Qu’il flirte avec le tabouret, le pouf ou le trône, le siège a son rôle à jouer dans l’appréciation d’une pièce. Assis, on se sent tantôt petit écolier, tantôt roi. Et peu importe si ce que l’on voit sur scène est mémorable ou pas, le corps, lui, se souviendra – de la chic assise en cuir de la cour d’honneur, des fauteuils de l’opéra, propices à nous faire piquer du nez (sauf pour Lee Jaram), des larges banquettes de la Fabrica, des coques en plastoc’ de gradins finalement aussi attachantes que collantes à la peau. Sacré jeu de chaises théâtrales.

Les spectacles du jour

«On adore»

«Capra» de Jeanne Candel. Dans son dernier spectacle, la metteuse en scène nous plonge dans les pensées fourmillantes d’une poétesse, matérialisées par un enchaînement de saynètes fantasques si foisonnantes qu’on ne sait où donner de la tête. Comme toujours chez Candel et sa petite troupe, c’est le bordel. L’enchaînement de saynètes hilarantes, funambules, oulipiennes, fonctionne comme un carambolage mental. Lire notre critique.

 

 

«On aime» : 

 
 

«Bâtir» de Salim Djaferi et Clément PapachristouBâtir est une pièce-enquête. A l’aide d’archives et d’une scénographie habile, le comédien retrace, avec douceur, par les mots et les gestes chorégraphiés, le passé discriminatoire des banlieues depuis les années 50. Dont celle de Sevran où il est né. Retrouver notre critique.

«Allez y sans nous» : 

 
 

«Bunker» de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre. La metteuse en scène signe avec Matthieu Bareyre une uchronie bien vide sur la dislocation du langage sous le coup de l’ultralibéralisme et de la technologie débridée. Lire notre critique en intégralité.

 

On court le voir dans le Off

«Le dernier jour de Pierre», de Baptiste Zsilina. Véritable petit écran scénique, l’espace de jeu du castelet restreint le champ de vision. Par tableaux successifs, on découvre Pierre qui semble traîner sa solitude partout où il va, même lorsqu’il joue quelques airs dans une fête de village. Tenues par des fils, les marionnettes sont bouleversantes de vie, parmi elles, un petit chat qui offre quelques miaulements au protagoniste, à la fois si triste et de marbre, en guise de consolation. A ces moments de douceur nostalgique se mêlent des scènes (hors castelet cette fois) de pénombre, déroutantes, macabres. Un magnifique spectacle crève-cœur. N.L.

 

«Le dernier jour de Pierre», de Baptiste Zsilina, par la compagnie  DERAÏDENZ au théâtre du Train bleu, Sauveterre - pole culturel Jean-Ferrat. Jusqu’au 25 juillet (relâche le 24 juillet). Tarif : de 15 à 22 euros. A retrouver le 27 février à l’espace Michel-Simon, Noisy-le-Grand.

L’actu

L’Etat dégèle des crédits. Rebondissement dans le feuilleton qui oppose, depuis le 3 juillet, 28 lieux de spectacle vivant, soutenus par l’intersyndicale, au ministère de la Culture. La tutelle a annoncé à l’AFP, ce mardi 21 juillet, que toutes les subventions, alors menacées d’un gel, leur seront versées au second semestre. Si les professionnels se réjouissent de la nouvelle, ils appellent toutefois à maintenir la mobilisation et à continuer à politiser la question du financement de la culture. Retrouver notre article.

A chaud

 
 

Un festival d’Avignon déplacé au mois d’avril ? Sur la Côte d’Opale ? A voir depuis des véhicules climatisés ? Ou bien sacrifié ? Sous l’effet des fortes chaleurs et de l’éco-anxiété, des artistes présents cette année se risquent à l’anticipation et fantasment le futur utopique ou dystopique de leur grand raout de l’été. Retrouver les dystopies de Laura Vazquez, Vanasay Khamphommala, François Gremaud, Alice Carré et Joachim Maudet.

L’analyse

 

A Avignon, cette année, le cirque est bien en cour. La programmation de la pièce chorale et acrobatique le Pas du monde du collectif XY, à la cour d’honneur du palais des Papes marque un tournant dans la reconnaissance institutionnelle d’un art autrefois marginalisé. Lire notre enquête.

L’affiche

 
 

L’outil IA s’est peu à peu immiscé au festival de théâtre, que ce soit en débridant le travail graphique ou en s’insinuant dans certains processus de création, où l’artifice nourrit l’art. Retrouver notre article.

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July 2, 6:45 AM
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Avignon off - Une sélection de spectacles 

Avignon off - Une sélection de spectacles  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Avignon - sélection du off 2026 par Alain Neddam

Important : cette sélection de spectacles est forcément subjective et incomplète. Elle se base sur une expérience personnelle de spectateur, comporte – nécessairement - des oublis et ne porte pas de jugement sur des artistes, des projets qui auraient échappé à ma vigilance. Mise à jour au 01/07/26

Cette sélection est un simple outil offert gratuitement aux professionnels présents à Avignon et aux festivaliers. Les artistes et les compagnies mentionnés ne doivent pas en faire état dans leur communication. Les compagnies et spectacles non mentionnés m'excuseront par avance de ne pas les connaître ou d'avoir oublié de les citer.

 

 

1 - Spectacles vus et aimés

 

 

 

10H00

 

10h15 La Factory (Salle Tomasi) du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

L'ENTREMONDES ou le lac de l'oubli, texte et mise en scène Charles van de Vyver

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8941-l-entremondes-ou-le-lac-de-l-oubli

https://cult.news/scenes/theatre/lentremondes-charles-van-de-vyver-met-son-pere-en-garde/

 

 

10h15 Le Train bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

FORCENES, de Philippe Bordas, mise en scène Jacques Vincey

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8106-forcenes

https://www.envotrecompagnie.fr/accompagnement-administration-production/jacques-vincey/forcen%C3%A9s/

 

 

 

10h15 Le 11 du 6 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

L'ART D'ETRE MON PERE de et par Julie Timmermann

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8666-l-art-d-tre-mon-pre

https://www.idiomecanictheatre.com/l-art-d-etre-mon-pere

 

 

11h00

11h05 Le Train Bleu (du 4 au 23 sauf 10 et 17)

LE PROJET BARTHES, cours de R. Barthes, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9077-le-projet-barthes

https://sylvainmaurice.fr/spectacles/le-projet-barthes

 

 

 

11h15 Présence Pasteur du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

J'AI SAIGNE de Blaise Cendrars, par Jean-Yves Ruf, mise en scène J-Chr. Cochard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9336-j-ai-saign

https://www.journal-laterrasse.fr/jean-yves-ruf-porte-a-la-scene-jai-saigne-de-blaise-cendrars-un-temoignage-douloureux-de-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.youtube.com/watch?v=ccz__msqi5k

 

 

11h30 Le 11 – du 6 au 23 (sauf les 10 et 17)

[poíēsis] de Florian Goetz et Jérémie Sonntag

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8243-posis

https://sceneweb.fr/poiesis-florian-goetz-jordan-sajous-jeremie-sonntag/

 

11h30 La Factory - les, 3, 5, 7, 10, 12, 14, 17, 19, 21 et 24 juillet

DANS TES REVES de et par Matthieu Lemeunier, mise en scène Alexandre Philip

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8122-dans-tes-rves

https://www.grandioseetordinaire.fr/artistes/dans-tes-reves/

 

 

11h35 La Manufacture du 4 au 12 juillet (sauf le 9)

AU BON PASTEUR (Peines mineures) de Sonia Chiambretto, mise en scène Marcial di Fonzo Bo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8818-au-bon-pasteur-peines-mineures-2

https://sceneweb.fr/ines-quaireau-dans-au-bon-pasteur-peines-mineurs-2-de-sonia-chiambretto/

https://vimeo.com/1182913352

 

 

11h55 Théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet (sauf le 8, 15 et 22)

HCHOUMA BLUES texte et mise en scène Hicham Boutahar 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9902-hchouma-blues

https://www.youtube.com/watch?v=PUU9aCEDseQ

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/05/avec-hchouma-blues-hicham-boutahar-place-les-violences-policieres-au-c-ur-de-son-amphitheatre-politique_6656141_3246.html

 

12H00

 

12h30 Théâtre du Chêne Noir du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

LE CONTE D'HIVER, de W. Shakespeare, nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier,

mise en scène Sandrine Anglade

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8233-le-conte-d-hiver

 

12h35 Le Train Bleu, du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOS ASSEMBLEES d'Elise Chatauret et Thomas Pondevie

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8748-nos-assembles

https://sceneweb.fr/nos-assemblees-delise-chatauret-thomas-pondevie/

 

 

12h40 La Manufacture, du 4 au 21 juillet (sauf 9 et 16)

5 SECONDES de Catherine Benhamou, mise en scène Hélène Soulié

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9523-5-secondes

https://sceneweb.fr/maxime-taffanel-dans-5-secondes-de-catherine-benhamou-une-mise-en-scene-dhelen/

 

 

13h00

14h00

 

14H00 Théâtre Transversal du 4 au 25 juillet (sauf les 8, 15 et 22)

KATSUJIN KEN Le sabre qui donne la vie, conception Stéphane Facco et Yan Allegret

(ancien titre : SOLO ARTS MARTIAUX)

Direction d’acteur Stéphane Facco - Jeu Yan Allegret

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9617-katsujin-ken-le-sabre-qui-donne-la-vie

https://unfauteuilpourlorchestre.com/solo-arts-martiaux-texte-et-mise-en-scene-de-yan-allegret-au-theatre-de-belleville/

 

 

14h20 Le Train bleu - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

DOLEANCES (La Fable de l'écoute), mise en scène Stanislas Roquette

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9426-dolances

https://www.journal-laterrasse.fr/stanislas-roquette-adapte-et-met-en-scene-les-cahiers-de-doleances-du-grand-debat-national-de-2019-avec-doleances/

 

 

14h40 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

L'AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8861-l-affaire-rosalind-franklin

 

 

14h45 Le Train Bleu du 5 au 23 juillet (jours impairs)

GARCON FIEVRE de Jeanne Lazar et Timothée Lerolle

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/garcon-fievre/

https://www.journal-laterrasse.fr/dans-garcon-fievre-jeanne-lazar-et-timothee-lerolle-interrogent-la-nature-de-la-passion-en-racontant-les-annees-sida-dapres-un-entretien-avec-tim-joanny-madesclaire/

 

15h00

 

15h05 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

MAINTENANT JE N'ECRIS PLUS QU'EN FRANCAIS, de et par Viktor Kyrylov

https://www.11avignon.com/fr/maintenant-je-necris-plus-quen-francais

https://mlascene-blog-theatre.fr/critiques/theatre/critique-maintenant-je-necris-plus-quen-francais-viktor-kyrylov/

 

 

16h00

 

16h20 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

LA DECOUVREUSE OUBLIEE d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8860-la-dcouvreuse-oublie

https://sceneweb.fr/marie-christine-barrault-dans-la-decouvreuse-oubliee-delisabeth-bouchaud/

 

16h40  Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15, 22)

Là PERSONNE, de et par Geoffrey Rouge-Carrassat

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9559-l-personne

https://coupsdoeil.fr/2025/12/la-personne-geoffrey-rouge-carrassat-critique/

 

16h50  Train Bleu (au jardin de l'ancien Carmel) du 5 au 23 juillet (sauf 8, 15, 22)

SILLAGES de Léo Ricordel et Quentin Beaufils (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9431-sillages

https://www.journal-laterrasse.fr/sillages-de-leo-ricordel-et-quentin-beaufils-croise-documentaire-musique-cirque-danse-theatre/

 

17h00

 

17h10 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

VOYAGE EN ATAXIE de Gilles Ostrowsky, mise en scène Sophie Cusset et Gilles Ostrowsky

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9295-voyage-en-ataxie

https://www.journal-laterrasse.fr/voyage-en-ataxie-du-regrette-gilles-ostrowsky-un-spectacle-ou-malgre-le-tragique-le-rire-deploie-sa-force/

 

 

17h45 La Manufacture du 4 au 29 juillet (sauf les 9 et 16)

QUAND ON DORT ON N'A PAS FAIM de et par Anthony Martine

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8548-quand-on-dort-on-n-a-pas-faim

https://sceneweb.fr/anthony-martine-dans-quand-on-dort-on-na-pas-faim/

 

18h00

 

18H00 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

ENQUETE DE FAMILLE d'après Jacques Attali, mise en scène Elisabeth Bouchaud et Benoit di Marco

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8858-enqute-de-famille

https://www.reineblanche.com/calendrier/avignon/enquete-de-famille

 

 

19h00

 

19h10 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

LA TRILOGIE DU TROISIEME TYPE (trois spectacles de et par Mickaël Délis)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9010-la-trilogie-du-troisime-type

https://sceneweb.fr/les-paillettes-de-leur-vie-ou-la-paix-demenage-de-mickael-delis/

 

20h00

 

20H25 Le Train Bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOTRE HISTOIRE (se répète) de Jana Klein, mise en scène et jeu Jana Klein et Stéphane Schoukroun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9671-notre-histoire-se-rpte

https://s-vrai.com/spectacles/notre-histoire-se-repete/

 

 

20h50 Le 11 du 4 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

BARBARA (PAR BARBARA) d'après les entretiens de Barbara, par Marie-Sophie Ferdane,

mise en scène Emmanuel Noblet

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8110-barbara-par-barbara

https://www.journal-laterrasse.fr/emmanuel-noblet-dirige-marie-sophie-ferdane-et-olivier-marguerit-dans-barbara-par-barbara-un-petit-bijou/

 

20h50 Théâtre Transversal du 4 au 24 juillet (sauf 8 et 22) Jours pairs

ET SI JE N'AVAIS JAMAIS RENCONTRE JACQUES HIGELIN, écriture Zoon Besse et Guillaume Barbot

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8709-et-si-je-n-avais-jamais-rencontr-jacques-higelin

https://www.journal-laterrasse.fr/et-si-je-navais-jamais-rencontre-jacques-higelin-un-temoignage-intime-du-comedien-zoon-besse-accompagne-par-la-poesie-de-guillaume-barbot/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 5 au 25 juillet (sauf le 15) Jours impairs

ON A FORT MAL DORMI, d'après le livre de Patrick Declerck

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8708-on-a-fort-mal-dormi

https://www.journal-laterrasse.fr/on-a-fort-mal-dormi-2/

 

20H50 Au Vieux Balancier du 3 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

EL MAESTRO d'Aziz Chouaki, par Mouss Zouheyri

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10286-el-maestro

https://www.journal-laterrasse.fr/mouss-zouheyri-fait-resonner-la-langue-jouissive-et-bouillante-de-son-ami-aziz-chouaki-dans-el-maestro/

 

 

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Avignon Off 2026 - Sélection AN

Pas encore vu mais intéressant, inscrit sur mon programme

 

 

 

10H00

10h00 Le Train Bleu (Salle Maif par navette du théâtre) du 4 au 23 juillet sauf les 5, 12 et 19

REQUIN VELOURS texte et mise en scène Gaëlle Axelbrun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8765-requin-velours

https://www.journal-laterrasse.fr/requin-velours-de-la-jeune-autrice-et-metteuse-en-scene-gaelle-axelbrun-une-revelation/

 

 

10h00 Le 11 du 4 au 23 juillet sauf les10 et 17

SPIRITUEUX de et par Laurent Cazanave, mise en scène Audrey Bertrand et Laurent Cazanave

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9292-spiritueux

https://www.journal-laterrasse.fr/avec-spiritueux-laurent-cazanave-aborde-sans-didactisme-un-sujet-essentiel-lalcool/

 

 

 

10h00 La Scala Provence du 4 au 25 (sauf le 6, 13 et 20)

LE TARTUFFE de Molière, par le Nouveau Théâtre populaire, mise en scène Léo Cohen – Paperman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8449-le-tartuffe

https://nouveautheatrepopulaire.fr/le-tartuffe/

 

 

 

10h30 La Manufacture (du 4 au 21 juillet, sauf les 9 et 16)

LES AVEUGLES de Maeterlinck, spectacle en réalité virtuelle de Julien Dubuc

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9577-les-aveugles

https://www.youtube.com/watch?v=UGLzVY3RTFs

 

 

11h00

11h00 Le Train Bleu du 5 au 23, jours impairs

SOPRANE de David Gauchard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9482-soprane

https://www.youtube.com/shorts/nKzB7xYN468

 

 

12H00

 

12h35 Le Train Bleu du 4 au 22 juillet (jours pairs)

FAKE de Claudine Galéa, mise en scène Emilie Lafarge

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/fake/

https://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2025-2026/fake

 

13h00

 

13h30 Le Train bleu - du 4 au 19 juillet (sauf 10 et 17)

UN SOUPCON (dégustation cinématographique à l'aveugle)

Texte et mise en scène Julien Fišera, interprétation Martin Nikonoff 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8721-un-soupcon-degustation-cinematographique-a-l-aveugle

https://www.compagnieespacecommun.com/un-soupcon

 

 

 

13H50 La Scala Provence du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

PEU IMPORTE de Marius von Mayenburg, mise en scène Robin Ormond

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8181-peu-importe

https://lascala-provence.fr/programmation/peu-importe/

 

 

14h00

 

14h00 le 11 - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

ALIF texte et mise en scène Abdelwaheb Sefsaf

https://www.11avignon.com/programmation/alif

https://coupsdoeil.fr/2026/04/alif-abdelwaheb-sefsaf-critique/

 

 

14h05 Le Train bleu - du 5 au 23 juillet (sauf le 5, 12, 19)

ROMANCE de Catherine Benhamou, mise en scène Heidi-Eva Clavier 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9638-romance

https://sceneweb.fr/romance-catherine-benhamou-heidi-eva-clavier/

 

 

14h30 au Totem du 7 au 23 juillet (sauf le 12 et 19)

IMMOBILE ET REBONDI de et par Betty Bone et Sylvère Lamotte ( jeune public à partir de 3 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8136-immobile-rebondi-2

https://www.cie-lamento.fr/portfolio/immobile-rebondi-1/

 

 

15h00

15h00 à la Chartreuse du 7 au 13 juillet

TEEN PLAY de Marcos Carames Blanco, mise en scène Nathalie Bensard (jeune public à partir de 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8330-teen-play

https://compagnielarousse.fr/teen-play/

 

 

15h15 Le Totem du 7 au 23 juillet

ALLEZ, OLLIE ! A L'EAU ! De Mike Kenny, mise en scène Audrey Bonnefoy (jeune public de 6 à 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8738-allez-ollie-a-l-eau

https://vimeo.com/1119761090?fl=pl&fe=sh

 

16h00

17h00

18h00

 

18H00 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 21 juillet (sauf le 15)

PETIT QUELQU'UN de Catherine Monin, mise en scène Julien Duval (jeune public à partir de 8 ans)

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/petit-quelquun/

https://lesyndicatdinitiative.fr/petit-quelquun

 

19h00

19h00 : Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

LE CLOWN COMME UN POEME, par François Cervantès et Catherine Germain

https://www.theatredeshalles.com/spectacles/le-clown-comme-un-poeme-2/

 

19h35 le 11 - du 6 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

TANTO POCO de Marco Lodoli, mise en scène et interprétation Cécile Garcia-Fogel

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9286-tanto-poco

https://coupsdoeil.fr/2026/02/tanto-poco-marco-lodoli-cecile-garcia-fogel-critique/

 

 

19h45 : Théâtre des Doms du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

RUMBA d'Ascanio Celestini, jeu David Murgia 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9462-rumba

https://sceneweb.fr/rumba-dascanio-celestini-et-david-murgia/

 

20h00

 

20H30 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 8 au 21 juillet (sauf les 12, 15, et 19)

OSTINATO, par la Cie Akoreacro (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9095-ostinato

 

 

20H30 - LA SCIERIE - du 5 au 25 juillet (jours impair)

LE SONGE D'UNE NUIT D'ETE de W. Shakespeare, mise en scène Arnaud Anckaert

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8272-le-songe-d-une-nuit-d-ete

https://www.theatreduprisme.com/le-songe-d-une-nuit-d-ete

 

 

21h00

22h00

 

22h00 VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 20 juillet (sauf le 15)

CARBONE DE Julien Duval, Carlos Martins et Bénédicte Simon, mise en scène Julien Duval

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/carbone/

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9123-carbone

 

 

23h00

23H00 La Manufacture du 10 au 15 juillet

CHERE IJEAWELE, OU UN MANIFESTE POUR UNE EDUCATION FEMINISTE

Lecture musicale par Ludmilla Dabo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10044-chre-ijeawele-ou-un-manifeste-pour-une-ducation-fminist

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June 4, 5:13 PM
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Au Festival d’Avignon 2026, les spectacles du off à ne pas manquer –   La sélection du service Culture de Libération 

Au Festival d’Avignon 2026, les spectacles du off à ne pas manquer –   La sélection du service Culture de Libération  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par le service Culture de Libération - le 4 juin 2026

 

Seuls-en-scène, récits intimes, bals, krump, cirque ou spectacles jeunesse… L’équipe théâtre de «Libé» vous aide à ne pas vous égarer parmi les innombrables spectacles du off 2026.

 

Pour ses 60 ans, le Festival off d’Avignon qui aura lieu, comme le in, du 4 au 25 juillet 2026, a convié 1 432 compagnies. Mieux que des bougies et des cotillons (mais peut-être pas que la ginger beer fraîchement débarquée sur la carte du bar du village du off), les 141 théâtres partenaires offriront 1 250 levers de rideau quotidiens. Alors, pour ne pas s’égarer dans ces surabondantes commémorations dionysiaques, l’équipe théâtre de Libé a compilé les immanquables dans une première liste to be continued selon nos trouvailles tout au long du festival.

 

Théâtre

«Croire aux fauves» de Constance Dollé et Sandrine Raynal d’après le récit de Nastassja Martin

Ils sont peu nombreux sur le plateau, seulement trois, Constance Dollé, Camille Grandville, Miglen Mirtchev à prendre en charge une densité d’humains. (Pierre-Marie Croquet)

Une petite forme, seulement trois acteurs au plateau, et une densité d’émotions et d’histoires rarement atteints et avec clarté. L’air de rien, sans aucune esbroufe, l’adaptation de Constance Dollé et Sandrine Raynal, où une femme interroge sa métamorphose après avoir été mordue par une bête sauvage, révèle une maîtrise impressionnante du jeu, de la mise en scène. Et parvient avec une grande acuité et pertinence à relier l’aventure de Nastassja Martin qui se sent devenir être hybride, mi-femme mi-ours, avec une réflexion sur son métier de comédienne. Une découverteA.D.

 
A la Scala Provence, du 4 au 25 juillet 2026, à 17 h 20, relâche les 6, 13 et 20 juillet. Durée : 1 h 10.

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«Nos assemblées» d’Elise Chatauret et Thomas Pondevie

Pourra-t-on enfin la déguster, cette pizza qui nous assemble et nous unit, et que le public choisit durant la représentation grâce à maintes argumentations ? A travers l’élection d’une prosaïque pizza, les deux interprètes auteurs de la pièce analysent toutes les manières de faire démocratie, testent toutes les façons de faire un choix commun et de se répartir les charges, tout en évoquant «l’oseille sauvage» et en rappelant que ce sont toujours les «oiseaux à la périphérie qui font basculer le système» selon le chercheur et biologiste Olivier Hamant. Un spectacle didactique mais pas pesant, utile mais pas utilitaire, destiné à se promener partout et qui on l’espère se fraiera un chemin durant ces mois électoraux. A voir en famille sans modération. A.D.

Au Train bleu du 4 au 23 juillet à 12 h 35, relâche les 10 et 17 juillet. Tout public à partir de 12 ans. Durée : 1 h 20.

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«Là personne» de Geoffrey Rouge-Carrassat

Formé au conservatoire d’art dramatique, l’acteur-metteur-en-scène-auteur était l’une des révélations de l’édition avignonnaise 2 021 in et off confondus avec Dépôt de bilan. Et on le retrouve toujours dans un seul-en-scène et tout aussi inquiétant. Là personne est l’histoire d’une obsession : celle d’être épié par un voisin qui paraît se manifester à tout bout de champ. Une déformation liée au métier ? C’est possible. Une situation d’emprise l’air de rien et avec des riens qui pousserait presque à déménager ? En tout cas, sur le plateau, Geoffrey Rouge-Carrassat déménage mais subtilement, en modifiant son texte et son jeu en fonction de l’écoute de la salle. Un «stand-up poétique» ? A.D.

Au théâtre des Halles, du 4 au 25 juillet à 16 h 40, relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée 1 h 10.

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«Rumba» d’Ascanio Celestini et David Murgia

«Rumba» a lieu dans un parking de supermarché. (Maison des métallos)

Un parking de supermarché, une nuit de Noël où des personnages marginaux, esseulés se croisent. Job, le manutentionnaire analphabète régnant sur un entrepôt dont il connaît les moindres recoins, mais qui n’est pas foutu de trouver les toilettes dans un bistrot ; Joseph l’Africain, miraculé des eaux ayant englouti ses frères de misère ; et ce gitan qui glande, sur lequel s’abat un tombereau de poncifs racistes. En revisitant la figure de Saint-François d’Assise avec sa verve poético-déglinguée, le conteur David Murgia, flanqué du musicien Philippe Orivel (claviers et accordéon), cisèle un portrait de groupe dépenaillé que, le temps d’une représentation, le théâtre auréole de dignité. Lire notre critique. G.R.

Au Théâtre des Doms, du 4 au 25 juillet, à 19 h 45, relâche les 8, 15, 22 juillet). Durée : 1 h 35.

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«The Aborrrtion Ship» de Mathilde Wind

Elle aime sa Suzuki à en mourir, elle nous gratifie de quelques riffs de guitare électrique (version Riot grrrl), mais plus que tout elle se donne à son travail de gynécologue dans un hôpital public. Juliette Fribourg est seule sur scène pour incarner cette médecin nature et punk ; et nous, le public, sommes une réalisatrice venue tourner un documentaire sur le centre qui reçoit, chaque jour, des femmes venues pour une contraception ou un IVG. Simplement, doucement, de son rendez-vous avec une patiente désespérée d’être enceinte à sa pause clope, la gynéco nous parle des mots, précis, qui mettent à l’aise, des gestes sûrs qu’impose sa pratique, de la fatigue aussi quand le centre est encore une fois menacé de coupes budgétaires. Pour constituer cette «fiction documentaire», l’autrice et metteuse en scène Mathilde Wind a recueilli une douzaine de témoignages de soignantes. Le spectacle a été sélectionné pour concourir au Festival du théâtre émergent Impatience. S.F.

Au Train bleu (salle 2) du 4 au 23 juillet, à 19 h 05, relâche les 10, 17 juillet. Durée : 55 min.

 

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«Le Projet Barthes» de Sylvain Maurice

Vincent Dissez dans «le Projet Barthes». (Christophe Raynaud de Lage)

Restituer la parole, les fulgurances, la pensée quand elle naît, les hésitations fertiles, les coqs à l’âne, les détours et les émotions qu’ils suscitent, brusques moments d’abattement, découragements, éclaircie provoquée par un mot, une citation, un souvenir : ça a lieu parfois sur un plateau de théâtre, et totalement dans ce Projet Barthes porté à chaque fragment de seconde et jusqu’au bout des ongles et de ses jeux de main par Vincent Dissez. Sylvain Maurice adapte en toute beauté la Préparation du roman et les dernières leçons de Roland Barthes au Collège de France. Autour de questionnements, ô combien partagés : changer sa vie, claquer la porte, s’extirper de la routine. Lire notre critique. A.D.

Au train bleu, du 4 au 23 juillet à 11 h 05, relâche les 10 et 17 juillet. Durée : 1 heure.

 

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«Barbara par Barbara» d’Emmanuel Noblet et Marie-Sophie Ferdane

Marie-Sophie Ferdane n’a aucunement besoin de recourir à l’imitation pour distiller la quintessence de l’interprète-poète et rendre évidente une note à laquelle on associe peu Barbara : la drôlerie. A travers des propos publics, des entretiens, mais aussi sa correspondance, la comédienne fait bien sûr entendre ses mots et son débit, mais en lui offrant sa joie. Barbara, joyeuse ? C’est le pari de ce spectacle conçu par Clémentine Deroudille et Arnaud Cathrine dans un décor radiophonique blanc écarlate (et non pas noir). Marie-Sophie Ferdane, le plaisir de jouer, qui chante, au côté du musicien Olivier Marguerit, merveilleusement l’Eau à la bouche de Gainsbourg et ne fredonnera que quelques notes de celle qui renaît en blonde sous ses traits, dans une mise en scène élégante et sobre d’Emmanuel Noblet. A.D.

Au 11, du 4 au 23 juillet et à 20 h 50. relâche le 10 et 17 juillet. Durée : 1 h 15.

 

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«Maintenant, je n’écris plus qu’en français» de Viktor Kyrylov

«Maintenant, je n’écris plus qu’en français» est un seul-en-scène complexe et émouvant. (Pauline Le Goff)

Parfois certains spectacles font plus que percuter l’actualité. Il lui donne une intelligence sensible. Viktor Kyrylov est Ukrainien, né à Odessa, il grandit dans la langue russe et adolescent, il s’honorait de «détester» la langue ukrainienne. Ses sentiments patriotiques naissent lors de l’invasion russe le 24 février 2022, alors qu’il est à Moscou. Que faire ? Rejoindre la ligne de front ? Seul-en-scène complexe et émouvant, cette première création qui a pu être montée grâce à une campagne de crowdfunding, l’aide de la Comédie-Française et du théâtre de Belleville à Paris, est aussi plébiscitée par le public. Gageons que le temps qui passe lui donne encore une épaisseur supplémentaire. A.D.

Au 11 du 4 au 23 juillet à 15 h 05, relâche les 10 et 17 juillet. Durée : 1 h 30.

 

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«Peu importe» de Marius von Mayenburg et Robin Ormond

L’auteur allemand Marius von Mayenburg, né en 1972, fait partie des contemporains très régulièrement montrés sur scène ces dernières années – que ce soit en France ou à la Schaubühne de Thomas Ostermeier à Berlin. Cette version de Peu importe mise en scène par Robin Ormond vaut le coup d’œil : les comédiens Marilyne Fontaine et Assane Timbo, couple au bord de la crise de nerfs tentant de concilier enfants /travail /amour (dans lequel beaucoup pourront se retrouver) excellent à faire entendre la finesse d’un texte où les rôles s’inversent, se poursuivent et se rejouent en permanence. S.F.

A la Scala Provence, du 4 au 25 juillet à 13 h 50, relâche les 6, 13, 20 juillet. Durée 1 h 20.

 

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«Molière et ses masques» de Simon Falguières

«Molière et ses masques» est une farce resserrée et efficace. (Xavier Tesson)

Le jeune auteur et metteur en scène de 36 ans a été révélé par son Nid de cendresune épopée théâtrale de treize heures. Cette fois, ni lumière ni décor, seulement du jeu, des costumes, et basta : du pur théâtre de tréteaux, démontable en un rien de temps et exportable un peu partout. Dans cette farce resserrée et efficace, tenue de bout en bout, l’auteur reconnaît se prendre aux jeux des parallèles entre le XVIIe siècle et la nôtre, deux «périodes de changements climatiques, de résurgences obscurantistes et d’instabilité politique». Lire le reportage auprès de la compagnie de Simon Falguières. C.M.

Au Train bleu, Jardin de l’ancien Carmel, du 4 au 23 juillet à 19 h 40, relâche les 10, 17 juillet. Durée : 1 h 25.

 

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«Seule comme Maria» de Marilou Aussilloux et Théo Askolovitch

Seule comme Maria (India Lange/Théâtre de l'Athénée)

Pour une fois, c’est elle qu’on entend : l’actrice Maria Schneider, comédienne révélée (et longtemps bousillée) par son rôle dans le Dernier Tango à Paris en 1972. Marlon Brando (48 ans) y simule une sodomie sur Maria Schneider (19 ans), avec du beurre pour lubrifiant, sans l’avoir prévenue. Avec Seule comme Maria, Marilou Aussilloux et Théo Askolovitch donnent la possibilité à Maria Schneider d’être autre chose que la victime humiliée de Brando et Bertolucci. Sa voix résonne à travers des images d’archives (quel charisme elle avait), des enregistrements. Si Aussilloux reprend les mots de son aînée dans sa voix, c’est parce que la pièce n’est pas tant sur l’histoire de Maria Schneider que sur le trait d’union qui peut la relier à une jeune comédienne en 2025. Parfois léger et drôle, parfois plus du tout. Ici, notre critique. S.F.

Salle Extra de la Manufacture, du 13 au 21 juillet (relâche le 16 juillet) à 11 h 35. Durée : 1 h 05. A partir de 12 ans.

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«Requin velours» de Gaëlle Axelbrun

«Cette histoire sera nécessairement impudique, puisque je confonds la pudeur et la honte. En dynamitant l’une, j’ai décapité l’autre. […] Ce sera impudique, car la honte a sauté.» Superbement écrit par Gaëlle Axelbrun (qui signe aussi la mise en scène), Requin velours parle de viol. «VIOL VIOL VIOL», répète Roxane, le mot qui fait peur «aux gens qui sont pas prêts»Requin velours parle de ce qui est avant le viol, et de ce qui vient après. Au sein d’un ring de catch, avec ses trois actrices dans les cordes ou qui s’en échappent, la pièce questionne la notion de réparation, parle de lutte, de prostitution et d’amour lesbien – les lesbiennes, «sirènes qui ne veulent que séduire l’océan qui n’ont pas besoin des marins». S.F.

Salle Étoile - MAIF Avignon du Théâtre du Train bleu (navette comprise dans le billet), du 4 au 23 juillet (relâche les 5, 12, 19 juillet) à 10 h 00. Durée 2h10. A partir de 16 ans.

 

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«L’Entre-mondes ou le lac de l’oubli» de Charles Van de Vyver

Hériter est toujours un peu plus qu’une histoire d’argent. Alors qu’ils doivent décider de reprendre, ou non, l’entreprise familiale, les frères Chevalier sont catapultés sur le territoire de leur enfance. Le vernis du rêve pavillonnaire ne tarde pas à se fissurer. Maniant aussi bien l’aller-retour passé-présent que celui rires-grincements de dents, Charles Van de Vyver et ses trois acolytes comédiens auscultent, entre trois épiques aventures de gosses, les ressorts de la violence ordinaire et de la construction de la masculinité. AJC.

A la Factory, du 4 au 25 juillet à 10 heures, relâche les 9, 16, 23 juillet. Durée : 1 h 15.

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«La Vie et la Mort de J. Chirac, roi des Français» et «Sarkhollande (comédie identitaire)» de Léo Cohen-Paperman

Etalé sur une dizaine d’années, c’est un chantier artistique qui percute le tumulte sociopolitique dans lequel le pays n’en finit plus de s’enfoncer. Dès 2019, l’auteur et metteur en scène Léo Cohen-Paperman met en branle la saga Huit Rois (nos présidents) qui, sous forme d’épisodes distincts, évoque tous les chefs d’Etat de la Ve République, de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron. Le Train bleu propose cet été d’en découvrir deux opus : La Vie et la Mort de Jacques Chirac, roi des Français, traité sous la forme déconcertante d’une enquête onirique, et SarkhollandeLire ici notre interview de l’auteur et metteur en scène Léo Cohen-Paperman. G.R.

Au Train Bleu. «Vie et mort de J.Chirac» du 4 au 22 juillet, les jours pairs à 16 h 05 (Durée 1 h 30). «Sarkhollande» du 4 au 23 juillet à 10 heures, relâche les 10 et 17 juillet (Durée 1 h 30).

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«Tumeur ou tutu» d’Elodie Faucheux d’après Léna Ghar

Etre une enfant de 3 ans, être une femme de 27 ans, être tous les âges à la fois, traversée par une parole fleuve interrompue qui ravive une maltraitance maternelle et un désir de pardon. La comédienne et metteuse en scène Emilie Faucheux, artiste régionale complice du Théâtre Dijon- Bourgogne, adapte au plateau le premier récit de l’autrice Léna Ghar, riche en néologismes, créations langagières. Seule sur scène et pourtant multiple, Emilie Faucheux explore les violences intrafamiliales, quand le couple mère-fille s’avère fusionnel à l’excès, sans aucun recul possible. A.D.

Présence Pasteur du 4 au 25 juillet à 14 h 50, relâche les 9, 16, 23 juillet. Durée : 1 h 25.

 

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«Défoncé» de François Créton et Marie Desgranges

«Quand je serai grand, je serai junkie», s’est juré François Créton, alors qu’il découvrait le rock du haut de ses 10 ans. Vœu exaucé, homme cabossé : la drogue et l’alcool seront pour lui des compagnes de vie. Multiviolenté, l’acteur témoigne sur scène grâce au duo qu’il forme avec la metteuse en scène devenue interprète et accoucheuse de son récit. Un binôme parfois même un peu trop complice pour que le spectateur se fraie un chemin à lui dans ce spectacle déroutant, parfois cringe, qui esquisse les pistes d’une réparation sous témoins. Car au bout d’un tunnel, il y a lumière. N.L.

Au 11 Avignon, 4 au 23 juillet, relâche les 10, 17 juillet à 17 heures. Durée : 1 h 15.

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«Dessiner encore», d’après Coco, mise en scène de Georges Vauraz

Dans cette adaptation théâtrale de la BD Dessiner encore de Coco, on est d’abord avec elle, Corinne Rey, emplie du trauma des attentats de Charlie en janvier 2015. La culpabilité (d’être en vie), la colère (contre les «nouveaux amis faux-culs»), les séances d’ASMR (comiques) : trois femmes en même temps jouent Coco (et tous les autres personnages), trois voix qui disent ses doutes et ses contradictions : vivre ? S’en empêcher ? Mais ce qu’on voit surtout dans Dessiner encore c’est l’ambiance qui régnait dans la salle de rédaction du journal et le récit de sa lutte commencée bien avant l’attentat (le procès des caricatures en 2007, le premier incendie de la rédac en 2011) et poursuivie bien après lui : onze ans plus tard, Coco dessine encore pour Charlie (et pour Libé bien sûr, où elle traite de l’actualité quotidiennement depuis 2021). Sur le mur blanc érigé sur scène sont projetées des unes de Charlie, des dessins de Coco (cette immense vague qui la submerge parfois), ses caricatures. Comme celle-ci : «MORT A L’IMPRIMERIE» est-il écrit au-dessus des frères Kouachi qui achèvent leur fuite dans l’imprimerie de Dammartin-en-Goële. Et l’un d’eux qui dit : «J’ai peur que ça fasse un peu intello.» S.F.

Théâtre des Béliers, du 4 au 25 juillet à 13h40 (relâche les 9, 16, 23 juillet). Durée : 1h10.

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«Psicofonía», l’audiobiographie de Faustine Noguès

Enregistrer le silence. Le projet de Faustine Noguès est d’envergure. Un jour, elle tombe dans une spirale qui l’empêche d’avancer et comprend qu’il est temps d’exhumer l’histoire de ses ancêtres et d’aller creuser pour de bon les vieilles fosses. Elle part pour l’Espagne, patrie de ses grands-parents qui ont fui le franquisme, et tente d’y mener une enquête sonore. Dans une grotte, elle prélève du son qu’elle trifouille ensuite jusqu’à obtenir ce qu’elle était venue chercher : la voix de quelques vieilles âmes évaporées dans notre monde sous la forme de fantômes. Cette forme sonore, qu’elle l’appelle «psicofonia», sera la première d’une suite qu’elle donne à entendre dans son spectacle, inaugurale pierre à l’édifice d’une mémoire trop longtemps tue. La pièce dessine l’itinéraire d’une errance en tentant de conjurer l’amnésie par le son, quitte vers la fin à frôler le podcast et réduire la scène à un petit espace – boîte noire ou boîte à souvenirs. N.L.

Au Théâtre des Halles. «Psicofonia» du 4 au 25 juillet à 14 h 00, relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée : 1h15.

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Danse

«Le bal magnétique» de Massimo Fusco

Massimo Fusco reconstitue un folklore contemporain pour tous les âges. (Benjamin Le Bellec)

Cette fois-ci, la danse déborde la scène, efface les frontières entre public et interprètes, propulsant le spectateur au milieu du show. Pas seul heureusement – quelle angoisse ! – mais entouré du public réuni là, enfants, parents, jeunes adultes, grands-mères, teenagers, malentendants. La société telle qu’elle est, en somme. Dans son dancing participatif mêlant pizzica italienne, waacking et beat électronique, le chorégraphe Massimo Fusco reconstitue un folklore contemporain pour tous les âges, qui attire irrésistiblement sur la piste. Lire ici notre critique. C.D.

A la Chartreuse de Villeneuve, dans le cadre des Hivernales- CDCN d’Avignon, du 9 au 11 juillet à 21h30. Durée : 1h15.

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«T’façon on est en 2012» de Lorraine Dambermont

Trois guerriers tout de noir vêtus, avec floquée sur leur bombers, une année : 2012. On est en plein dans l’ère des clashes sur Internet, mais pas que : «C’est bientôt la fin du monde», répète un gitan fou de rage à la bande-son. Autant tous se péter la gueule ? D’une série de vidéos virales et viriles, la chorégraphe Loraine Dambermont a extrait l’audio, une prose fleurie que les interprètes hallucinants abordent en mêlant combat et danse… T’façon on est en 2012, s’il assume une fascination pour les corps en lutte, à la fois virtuoses et risibles, pastiche avec brio le désir masculin de se battre : ainsi d’un «coach en bagarre» en deuxième partie, humiliant ses élèves en slibard. Et le trio d’aboyer en chœur : pas facile de différencier les hommes des chiens, lorsqu’ils sont enragés. V.I.

Aux Hivernales - CDCN d’Avignon, du 10 au 20 juillet (relâche le 15 juillet) à 21 heures, avec le Théâtre des Doms. Durée : 40 minutes.

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«La Breva» de Dafne Bianchi

A-t-on déjà vu du krump doux ? Avec sa sœur Anaïs, la chorégraphe Dafne Bianchi imagine une baguenaude rêveuse où la mémoire de l’enfance – celle des villages près du lac de Côme, en Italie – se colore d’une vibe hip-hop. Seul élément de décor, une cafetière autour de laquelle ça pérore, avec la gestuelle qui va avec (main qui chiquenaude, doigts qui se pincent) : difficile de la jouer plus italien. Mais c’est pour mieux plonger, à l’unisson ou en solo, dans un vaste labyrinthe de souvenirs qui affleurent, nappes sonores et lumineuses aidant, grâce à un vocabulaire chorégraphique prodigieux. Et on imagine sans peine, lorsque pointent les voix bavardes des parents et les comptines des enfants, une brochette de fantômes autour d’un lac ombré, que la Breva ressuscite avec pudeur et maîtrise. V.I.

A la Belle Scène Saint-Denis, du 8 au 12 juillet à 10 heures. Durée : 1h30.

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Cirque

«Yongoyely» de Circus Baobab

 

Le Circus Baobab est un collectif itinérant d’artistes guinéens, né en 1998, puis réinvesti en 2021 avec de nouveaux circassiens, dont beaucoup ont été découverts dans les rues de Conakry, et rendus célèbres à vitesse grand V lors d’un passage dans l’émission La France a un incroyable talent. Dans leur spectacle largement peuplé d’artistes féminines (six sur les neuf qui composent la troupe), le collectif questionne les rapports de genre dans son pays et livre une performance engagée et périlleuse dans un mélange réussi d’art africain et de nouveau cirque occidental. Lire notre critique. L.C.

A la Scala Provence du 4 au 25 juillet à 14h25, relâche les 6, 13, 20 juillet. Durée : 1h10.

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Pièces jeunesse

«Ici commence la mer» de la compagnie les Entichés

Désespérée d’avoir perdu son doudou, Gabrielle part à sa recherche à bord d’un fragile bateau en papier. La fillette rame et rencontre en chemin de drôles de bêtes, toutes réalisées à partir de matériaux plastiques : crabe gourmand et volubile, albatros sournois, poissons sacrément remontés contre les humains… Ces apparitions révèlent l’abondante faune du monde marin, où le plastoc dicte sa loi. Conclue dans un vortex de déchets, la pièce se déploie comme une leçon d’écologie à destination des porteurs d’ours en peluche. N.L.

Au Théâtre du Bleu du 4 au 23 juillet à 9h45, relâche les 10 et 17 juillet. Durée : 50 minutes. A partir de 5 ans.

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«Au bout de ma langue» de Simon Grangeat et Tal Reuveny

Quand il arrive en France à 9 ans, Taym ne parle qu’arabe – ou plutôt comme il dit «les arabes» de cette langue multiple. «Tout autour de moi le français. Ça fait des bruits, jamais de phrases, du brouhaha.» Alors Taym se tait. Parce qu’il refuse de se donner au français et pense qu’ainsi il retiendra en lui la langue de son enfance et des contes de sa grand-mère adorée. Obéissant au principe du dispositif 4x4 des Tréteaux de France (monter des spectacles légers, capables de s’adapter à différents lieux, et surtout à ceux où l’on n’entend pas habituellement du théâtre), la metteuse en scène Tal Reuveny (le formidable Sans faire de bruit) a donc fait en sorte de pouvoir trimballer tout le décor de son spectacle tout simple dans une valise. Deux ventilateurs, des foulards : le souffle d’air des uns dans la matière des autres fait naître une tempête de sable s’il le faut. S.F.

Au Totem, du 7 au 23 juillet à 10 h 40, relâche les dimanches. Durée : 50 minutes. A partir de 9 ans.

 

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On n’a pas encore vu mais c’est tentant

«Les Figurants» de Delphine de Vigan mis en scène par Valérie Donzelli

Première mise en scène de Valérie Donzelli, première pièce de Delphine de Vigan, la pièce se centre sur celles et ceux qui n’ont pas leur mot à dire et qui soudainement la prenne, la parole, s’offusquent, grondent, se révoltent. Que se passe-t-il quand les êtres «sans badge» qui attendent invisible «un gobelet de café tiède à la main» sortent de leur fonction et déplacent les limites ? Une création axée sur deux noms en tête d’affiche, mais avec Léna Tournier Bernard, Pierre Benezit, Béatrice de Staël, Stéphane Lara, Audrey Marnay, Thelma Pourias. Ce serait un comble qu’on oublie les interprètes dont les noms ne scintillent pas encore… A.D.

A la Scala Provence, du 4 au 25 juillet à 19 heures. Durée : 1h20.

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«Parler pointu» de Hélène François et Benjamin Tholozan

Même à Avignon, il n’échappe à personne que les accents se perdent sur les plateaux et dans la rue. A travers l’expérience de l’acteur principal, Benjamin Tholozan qui a dû quitter son Cévennes natal pour monter à Paris devenir acteur, Parler pointu est une histoire d’abandon, intime et politique : ou comment pour avoir une chance de travailler, on accepte l’injonction de gommer son accent, polir sa voix, et abraser ses origines ? A partir de quand, et dans quelle cour du roi, le parler dit «pointu» ou tourangeau est devenu le seul légitime ou normatif ? Fougue, joie, drôlerie promettent d’être au rendez-vous dans ce Parler pointu qui convoque un festival de personnages pour une nouvelle histoire de la norme. A.D.

Au théâtre des Carmes André Benedetto, du 4 au 25 juillet à 18h10, relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée : 1h30.

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«Ma nuit à Beyrouth» de Mona El Yafi

Prix lycéen impatience 2025, ce spectacle très remarqué est le fruit d’une rencontre entre le performeur Nadim Bahsoun et l’autrice et metteuse en scène Mona El Yafi. Sur une bande-son composée à partir de sons enregistrés à Beyrouth, cette création à propos d’une banale quête administrative occasionnée par un renouvellement de passeport en 2022, veut plonger dans un Liban aux mille visages, horrifique et aimé, cauchemardesque et poétique, et acquiert à chaque nouvelle représentation une épaisseur historique inattendue, ne serait-ce qu’en raison de la bande-son. A.D.

Au 11 Avignon, du 4 au 23 juillet à 19h15, relâche le 10 et 17. Durée : 1h10.
 
 
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Vers un plan social à bas bruit dans le théâtre subventionné

Vers un plan social à bas bruit dans le théâtre subventionné | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sandrine Blanchard et Joëlle Gayot dans Le Monde - Publié le 17 mars 2026

 

Confrontés à la baisse des budgets du ministère de la culture et des collectivités locales, de plus en plus de compagnies et de lieux sont menacés de disparition.

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/03/17/vers-un-plan-social-a-bas-bruit-dans-le-theatre-subventionne_6671790_3246.html

 

 

Le spectacle vivant serait-il en train de vivre un plan social à bas bruit qui ne dit pas son nom ? Gel des embauches, licenciements, non-remplacement des départs à la retraite ou des contrats à durée déterminée, difficultés pour les compagnies à trouver les financements pour monter leurs créations et perte prochaine du régime d’assurance-chômage pour des intermittents qui ne parviennent plus à justifier du nombre de cachets nécessaires…

 

 

 

Derrière la baisse des budgets du ministère de la culture et des collectivités locales – entre 2024 et 2025, 49 % des collectivités et intercommunalités ont baissé leurs budgets culturels contre 21 % entre 2023 et 2024, selon les chiffres de l’Observatoire des politiques culturelles – et la diminution du Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle (le Fonpeps, passé de 60 millions en 2025 à 40 millions en 2026), ce sont des lieux et des compagnies qui sont menacés de disparition.

 

« Notre secteur fait face à un empilement de menaces », constatent les responsables du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), première organisation d’employeurs du spectacle vivant subventionné, pour qui le service public du théâtre est en danger. Les professionnels subissent une cure d’austérité dont les dégâts collatéraux obligent chacun à trouver des solutions. Acteurs, compagnies, lieux intermédiaires, établissements publics ayant pignon sur rue : plus personne n’est à l’abri dans un secteur où la chute d’un domino peut entraîner, par effet de capillarité, l’effondrement du jeu tout entier.

Conséquences artistiques

Fondateur, en 1997, du Théâtre-Studio d’Alfortville (Val-de-Marne), Christian Benedetti voit, depuis cinq ans, les subventions octroyées par ses tutelles fondre comme neige au soleil, exception faite de la ville, dont l’aide annuelle de 82 000 euros n’a pas varié (et pourrait même sans doute augmenter). En revanche, le département ne donne plus un centime tandis que la région Ile-de-France et l’Etat, par l’intermédiaire de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), ont progressivement réduit leur contribution. La subvention du lieu, qui était de 451 480 euros en 2021, est tombée à 282 000 euros.

Ces baisses ont des conséquences artistiques et sociales : « Nous étions sept ou huit salariés, nous ne sommes plus que deux permanents, l’administrateur et moi-même », témoigne Christian Benedetti, qui n’a plus, ajoute-t-il, les « moyens d’avoir un régisseur payé de façon permanente ». En cas de besoin, le directeur fait appel à des techniciens intermittents.

 

Difficile d’imaginer la disparition du Théâtre-Studio. Ce lieu de taille modeste, construit sur l’emplacement d’un ancien entrepôt de vin et de liqueur, assume une place de défricheur dans l’écosystème théâtral. C’est là que furent créés, en première française, des textes d’Edward Bond, de Sarah Kane ou encore de Falk Richter. Là que Benedetti a arpenté tout le répertoire de Tchekhov. Là que la génération émergente (comme la metteuse en scène Elsa Granat, aujourd’hui programmée à la Comédie-Française) a pu fourbir ses armes et affûter son geste.

 

Christian Benedetti ne décolère pas : « Ce qui est insupportable, c’est que les tutelles nous obligent à être leurs supplétifs, ils retirent de l’argent et ensuite, c’est à nous, les directeurs, de répercuter les mesures coercitives qu’on nous impose et de passer pour les salauds. »

Enjeux cornéliens

A Alfortville, comme dans une multitude de théâtres frappés de plein fouet par la crise économique, le « non » est devenu une réponse quasi pavlovienne face aux sollicitations des compagnies. « On ne peut plus accueillir les équipes en leur assurant 100 % de la recette. Parfois même, on préfère ne pas donner les clés de la salle puisqu’on sait que ce serait aux compagnies de tout prendre en charge. » Une situation tendue qui alimente non seulement les frustrations chez les artistes, mais qui exacerbe aussi les tensions au sein des institutions et qui place les patrons face à des enjeux cornéliens.

 

 

Faut-il trancher dans le nombre de salariés pour financer la création ? Cette hypothèse pèse de plus en plus lourd dans les réflexions directoriales. « La baisse de l’activité artistique, c’est la variable la plus facile à mettre en œuvre », témoigne l’administratrice d’une scène nationale (qui a choisi l’anonymat). Pour tenter d’inverser ce mouvement et endiguer la dégringolade du nombre de spectacles et de festivals programmés, cette responsable est passée à l’acte : « Nous ne renouvelons pas les départs à la retraite. Ils sont notre seule fenêtre de tir pour agir sur la masse salariale qui représente un point important de nos dépenses de fonctionnement. » Si la mesure est plutôt bien admise par le personnel, il n’empêche, poursuit notre interlocutrice, que « le dialogue social se crispe, d’autant que tout le monde se plaint, à raison, de son salaire ».

 

Difficile d’entamer des négociations sur la base d’une réalité économique en déshérence alors que, dans la plupart des scènes nationales ou des centres dramatiques nationaux, les conventions collectives et les accords d’entreprise datent des années 1980 et 1990, c’est-à-dire d’une époque d’abondance budgétaire : « On se retrouve dans des discussions syndicales du type patronat versus salariat alors même que nous ne sommes pas des patrons de boîtes privées à la recherche de bénéfices, insiste l’administratrice. Dans nos théâtres, on gère des subventions qu’on essaie de répartir le plus équitablement entre l’activité qui fait vivre la création et l’équipe, sans qui le projet n’existerait pas. »

Double peine

Tandis que ces directeurs d’institutions bataillent pour garder leurs maisons à flot et dégager quelques marges de manœuvre artistiques, du côté des compagnies, c’est la double peine : pour survivre, elles doivent baisser les salaires et ont de plus en plus de difficultés, du fait du désengagement des collectivités locales, à décrocher des aides à la création. « Les montages de productions sont de plus en plus difficiles à boucler et le recours aux fonds propres devient massif », explique Margot Quénéhervé, directrice depuis cinq ans d’un bureau de production. « Les compagnies sont confrontées à un manque de coproductions, de préachats, et doivent baisser le prix de vente de leurs créations pour parvenir à tourner, constate-t-elle. Il est maintenant fréquent d’avoir des coproductions de seulement 5 000 euros. »

 

 

Pour sa nouvelle création, Un jour sans vent (Une Orestie), la compagnie Das Plateau a été confrontée à des « difficultés quasi gigantesques pour monter la production », témoigne sa cofondatrice, Céleste Germe. Pourtant, cette compagnie, bien implantée depuis 2008, a connu un beau succès avec son adaptation du Petit Chaperon rouge (plus de 300 représentations). « Nous avons été impactés par la baisse de budget des lieux producteurs », explique la metteuse en scène.

 

Résultat, tout a dû être « réduit » : la scénographie, le temps de répétition, les salaires. Quant au budget du projet, il a été assuré à hauteur de 50 % par la trésorerie de la compagnie et un prêt personnel. « Les conditions de production dans lesquelles nous avons travaillé ont mis tout le monde sous pression et dans un grand état de nervosité », regrette-t-elle.

 

Même si elle se dit « combative », Céleste Germe ne se fait pas d’illusion, « une bascule est en train d’avoir lieu. Tous les intermittents s’interrogent sur la possibilité de continuer à faire leur métier. Je ne connais personne qui ne se dit pas : peut-être que je devrais me reconvertir ».

Formes de plus en plus légères

Sentiment partagé par Rémi Fortin, qui, pour la première fois, a eu recours à un producteur privé pour boucler le financement de L’Usage de la peur, sa nouvelle création. Le Beau Monde, le précédent spectacle de cet artiste émergent, qui a créé sa compagnie en 2023, a eu pourtant une belle vie avec 140 représentations. « C’est la première fois que le planning de la compagnie est aussi vide pour l’année prochaine, déplore-t-il. Les lieux prennent de moins en moins de risques, les programmations et la durée des saisons se réduisent, avec moins de monde au plateau. »

 

C’est l’autre conséquence, cette fois artistique, des contractions financières. Les spectacles proposés ont des formes de plus en plus légères. « Je ne vends que des solos l’année prochaine », lâche Margot Quénéhervé. Pour monter L’Usage de la peur avec un budget réduit d’environ 25 000 euros, la compagnie de Rémi Fortin a revu à la baisse « presque tout. [Ils] [ont] dû faire des arbitrages sur le décor, la technique, les salaires ».

 

A tel point que le créateur ne cache pas son inquiétude sur sa capacité à monter de futurs projets. « Plus personne n’a confiance, rien n’est acquis, le contexte est de plus en plus incertain », résume-t-il. Aller dans les festivals comme le « off » d’Avignon pour espérer des diffusions et trouver des coproducteurs devient quasiment une injonction, mais avec le risque d’y laisser sa peau tant les coûts de représentation y sont chers.

Une refonte du modèle économique

De tous côtés, les options de sortie qui s’offrent aux professionnels du spectacle vivant semblent se transformer en impasse. Le temps n’est-il pas venu de revoir de A à Z le logiciel du théâtre subventionné ? Directeur depuis 2021 de la MC2, à Grenoble, une scène nationale d’envergure, Arnaud Meunier plaide pour une refonte du modèle économique : « Si ce n’est pas nous, à la tête de ces maisons, qui conduisons ces réformes, les changements nous seront imposés par des gens qui ne partagent pas nos valeurs. » Lui qui a renoncé à la mise en scène se vit désormais comme un chef d’entreprise. Une nécessité à laquelle devra sans doute se plier le milieu culturel qui persiste, pour l’heure, à croire qu’il peut « échapper aux lois du marché ».

Depuis son arrivée à Grenoble, Arnaud Meunier a presque triplé les recettes générées par son institution : « On est passés de 2,7 millions en 2021 à 6,5 millions en 2025. » Il a créé neuf emplois permanents. Et a triplé, entre 2023 et 2025, le nombre d’heures d’intermittence. Une embellie qui a eu ses contreparties : « La mutation économique de la MC2 a entraîné la transformation en profondeur de son modèle. Organigrammes, “process” de décisions, postes de travail, etc., toutes ces évolutions ont conduit à une réorganisation des effectifs. » Pour Arnaud Meunier, il s’agissait de refabriquer de l’emploi mais, cette fois, à partir des recettes propres du théâtre.

 

« Pour un établissement aussi important que la MC2, nous ne pouvons plus nous contenter de gérer de la subvention. Nous devons aller chercher du développement », insiste-t-il. Le manageur a donc dissocié, pour mieux les additionner, deux modèles économiques distincts au sein de sa scène nationale. D’un côté, la programmation classique de spectacles et la billetterie qu’elle génère, de l’autre, une fonction de producteur tourneur. En 2025, la MC2 a engrangé plus de 230 dates de tournée. « Cela nous a permis d’avoir un chiffre d’affaires sur les tournées qui a dépassé celui de la billetterie. »

 

La MC2, ajoute-t-il, « revendique le fait de vouloir être un établissement pilote pour la transformation des modèles, d’autant plus important que nous ne sommes pas à Paris mais en région ». Arnaud Meunier refuse de se résigner face au fameux « effet ciseaux » subi par les théâtres : « Tout le monde finit par faire moins de spectacles et moins d’activités. A ce rythme, les institutions publiques n’auront bientôt plus aucun sens. Si nous ne faisons pas dès aujourd’hui des choix stratégiques, nous crèverons. »

 

 

Sandrine Blanchard et Joëlle Gayot  /  Le Monde

 

Illustration : OLIVIER BONHOMME

 

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Rachida Dati quitte le ministère de la culture avec un bilan marqué par des effets d’annonce, mais peu de réalisations

Rachida Dati quitte le ministère de la culture avec un bilan marqué par des effets d’annonce, mais peu de réalisations | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Roxana Azimi, Sandrine Blanchard et Aude Dassonville dans Le Monde - 26 février 2026

 

Au cours des vingt-cinq mois qu’elle a passés à la tête de la Rue de Valois, l’ancienne garde des sceaux a délaissé le spectacle vivant, échoué sur la réforme de l’audiovisuel public et bégayé sur le dossier du Louvre.


Lire l'article sur le site du "Monde" 26/02/26/rachida-dati-au-ministere-de-la-culture-un-bilan-marque-par-des-effets-d-annonces-mais-peu-de-realisations_6668299_3246.html

Résistant à la pression du premier ministre, Sébastien Lecornu, Rachida Dati aura attendu le dernier moment pour annoncer, mercredi 25 février, qu’elle quittait le ministère de la culture pour se consacrer à sa campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars à Paris. Nommée ministre de la culture le 11 janvier 2024, elle sera restée vingt-cinq mois à la tête de ce ministère, reconduite dans ses fonctions sous quatre gouvernements. Si elle a battu le record de longévité de ses prédécesseurs sous la présidence d’Emmanuel Macron, son passage Rue de Valois s’apparente davantage à une succession d’effets d’annonce qu’à de véritables réalisations. Avec une volonté délibérée de faire le tri dans les médias auxquels elle consent à parler – la ministre a toujours refusé toute rencontre avec le service Culture du Monde.

 

Dès son discours, lors de la passation des pouvoirs, rue de Valois, elle affiche sa volonté de rendre la culture accessible à tous et dans tous les territoires. Le plan Culture et ruralité devient sa priorité. Elle n’a de fait pas lésiné sur les déplacements dans de petites communes qui avaient rarement vu passer un ministre de la culture.

 

En juillet 2024, son cabinet dévoile un plan à 100 millions d’euros, censé développer l’offre culturelle en milieu rural. Vitrine de l’opération : la relance, avec une enveloppe de 4 millions d’euros, des artothèques, ces lieux de proximité où l’on emprunte des œuvres. Astuce politique toutefois : la moitié du plan recycle des dispositifs déjà financés par l’Etat – des Micro-Folies au plan Fanfare lancé en 2021. Et les moyens humains pour faire vivre ces politiques sur le terrain ne sont pas au rendez-vous.

Rendez-vous snobés

Même satisfecit abusif concernant le Pass culture, dispositif emblématique de la politique culturelle présidentielle. En octobre 2024, la ministre promet, dans une tribune au Monde, de réformer cette plateforme numérique destinée aux jeunes, qui ne remplit pas suffisamment ses objectifs de démocratisation culturelle. Le budget de la part collective du passe (consacrée au financement d’activités dans les établissements du secondaire) est raboté, le montant de la part individuelle allouée aux jeunes de 18 ans passe de 300 à 150 euros et l’engagement de réserver une partie de ce crédit au spectacle vivant n’est pas tenu. Quand elle annonce finalement la « généralisation » du passe, il ne s’agit que d’inciter tout le monde à télécharger l’application géolocalisée pour connaître les activités culturelles de proximité.

Alors que le spectacle vivant est fragilisé, en partie en raison de la baisse des budgets de la culture des collectivités locales, Rachida Dati snobe deux grands rendez-vous de ce secteur : les Biennales internationales du spectacle, à Nantes, et le Festival d’Avignon. Elle aura été l’une des très rares ministres de la culture à ne mettre les pieds ni dans la Cour d’honneur du Palais des papes ni dans les allées du « off » avignonnais.

 
 

Si Rachida Dati a préféré se placer en protectrice du patrimoine, en particulier parisien, elle n’a cependant pas pour autant accordé à celui-ci les financements nécessaires : le 29 janvier, Le Canard enchaîné rappelle que les crédits consacrés aux monuments historiques ont chuté de 24 % depuis deux ans, un record. Rachida Dati a beau jeu, dès lors, d’affirmer sur CNews, après le vol des bijoux royaux, le 19 octobre 2025, au Louvre, que la « sécurisation du patrimoine avait toujours été mise sous le tapis » par ses prédécesseurs.

 

 

« Il y a eu beaucoup de communication pour peu d’opérations concrètes, les logiques politiques étant privilégiées dans nombre de dossiers au détriment de l’intérêt général », regrette Julien Lacaze, président de l’association Sites & Monuments. Ce défenseur du patrimoine déplore ainsi la destruction, à Paris, de la ferme urbaine, vaste de 5 500 mètres carrés, du monastère de la Visitation, ou le fait que la cité-jardin de la Butte-Rouge, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), soit en passe de l’être.

Sur le dossier du Louvre, qui fait figure de caillou dans sa campagne pour les municipales, la ministre a soufflé le chaud et le froid. Le jour du cambriolage, elle refuse la démission de Laurence des Cars. Mais elle annonce ensuite une refonte de la gouvernance sous la houlette de Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame, sans en avoir informé son propre cabinet ni l’Elysée – une idée qui a rapidement fait pschitt. Mme Dati, qui laisse filtrer une irritation croissante envers la patronne du musée, finira par obtenir le départ forcé de cette dernière, le 24 février.

 

Même enlisement du côté de l’audiovisuel public. Dès son arrivée au ministère, en mettant toute son énergie dans la reprise d’une proposition de loi sénatoriale portant la réforme de l’audiovisuel public, qui propose de rapprocher France Télévisions, Radio France et l’Institut national de l’audiovisuel au sein d’une holding, elle fait sien un objectif du premier mandat d’Emmanuel Macron.

Deux échecs

L’ancienne garde des sceaux se livre d’abord à une offensive éclair, espérant faire adopter le texte avant la fin de la session parlementaire de juillet 2024. La dissolution l’interrompt sur sa lancée. La chute du gouvernement Barnier, en décembre 2024, arrête de nouveau son texte aux portes de l’Assemblée nationale. Avec François Bayrou à Matignon, la nécessité et l’urgence d’une réforme, fortement contestée, ne paraissent plus aussi évidentes. Quand, le 30 juin 2025, l’extrême droite ajoute finalement son vote aux députés de l’opposition pour retoquer le texte, Rachida Dati le voit aussitôt adopté par les sénateurs, en deuxième lecture. Depuis, il n’a plus jamais été inscrit à l’ordre du jour d’un vote définitif de l’Assemblée.

 

Sans jamais cesser de vanter la radio du service public, la ministre s’est beaucoup employée à déstabiliser son audiovisuel. Ainsi, en 2024, les crédits alloués à la transformation numérique des entreprises, pourtant prévus dans le projet de loi de finances, n’ont jamais été versés – l’année 2026 sera encore marquée par une sévère baisse de dotations. En parallèle, Mme Dati se fait agressive à l’égard des antennes publiques. Sur France Inter, le 7 mai 2025, elle s’en prend à Sibyle Veil, la présidente de Radio France. Invitée de « C à vous », le 18 juin, sur France 5, elle menace le journaliste Patrick Cohen de poursuites.

A défaut d’avoir réussi à faire adopter sa réforme, Rachida Dati a espéré, dès l’été 2025, dégager un consensus autour d’un projet de loi inspiré des recommandations issues des Etats généraux de l’information – le grand projet du début du deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron. Mais le texte, visant à sauvegarder le droit à disposer d’une information libre et indépendante, n’a toujours pas été dévoilé. Elle part donc sur deux échecs, et un seul véritable acquis : la pérennisation, à l’automne 2024, du mécanisme de financement de l’audiovisuel public, imaginé après la suppression de la redevance par Emmanuel Macron. In extremis, le 5 février, lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, elle a reconnu que celui-ci est « au cœur de notre démocratie » et appelé à « le préserver ».

Quant à la loi-cadre sur les restitutions – annoncée, en 2017, par Emmanuel Macron et rédigée, en 2023, par l’ancienne ministre de la culture Rima Abdul Malak –, le vote de celle-ci, le 29 janvier, en première lecture au Sénat doit davantage à la détermination d’élus comme Catherine Morin-Desailly (Les Centristes, Seine-Maritime), Laurent Lafon (Union des démocrates et indépendants, Val-de-Marne) et Pierre Ouzoulias (Parti communiste français, Hauts-de-Seine), qu’à un réel engagement de Rachida Dati.

« Quand je vous quitterai, vous ne pleurerez pas, vous m’applaudirez ». C’est ainsi que cette dernière concluait ses vœux aux acteurs culturels, le 29 janvier 2024. Deux ans plus tard, son départ se déroule sans effusion.

 

 

Roxana Azimi, Sandrine Blanchard et Aude Dassonville / Le Monde 

Légende photo : Rachida Dati, alors ministre de la culture, lors de la cérémonie de réouverture de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, le 27 septembre 2025. JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP

 

 

 

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Un Enfant, librement inspiré du seul conte de Marguerite Duras, Ah! Ernesto, par Vincent Ecrepont

Un Enfant, librement inspiré du seul conte de Marguerite Duras, Ah! Ernesto, par Vincent Ecrepont | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Véronique Hotte dans son blog Hottello - publié le 15/02/26

 

Un Enfant, librement inspiré du seul conte de Marguerite Duras, Ah! Ernesto par Vincent Ecrepont de la compagnie à vrai dire, collaboration artistique Teddy Bogaert, regard dramaturgique Laurent Hatat, avec Robin Condamin, Manesca de Ternay, Florent Pelayo, Laurent Stachnick. Scénographie Caroline Ginet, création costumes Isabelle Deffin, création sonore Maxime Denis, création lumière Benoît André, conception film d’animation Sylvain Hua. Tout public à partir de 12 ans. Création les 5 et 6 février 2026 à La MCL de Gauchy / sc. conventionnée pour la jeunesse de Gauchy. 

 

 

 

« Plus il apprenait, plus il voulait apprendre. Ses capacités d’enthousiasme semblaient pratiquement illimitées et tout aussi illimitées ses facultés d’absorption. Il lui suffisait de lire quelque chose une fois pour s’en souvenir à jamais, et il avalait avec la même rapidité, la même voracité et la même intelligence des traités de grammaire grecque, des histoires de la Pologne, des poèmes épiques en vingt-cinq chants, des manuels d’escrime ou d’horticulture, des romans populaires et des dictionnaires encyclopédiques avec même, il faut bien le dire, une prédilection pour ces derniers…»  

(Georges Perec, La Vie mode d’emploi.)

 

 

A ce regard plein d’élan sur le bonheur, l’élan et le plaisir d’apprendre, s’oppose Ah ! Ernesto, le seul texte écrit par Marguerite Duras pour les enfants. Initié en 1968 et paru en 1971, il est rédigé avec un soin particulier. Invitée en 1967 avec d’autres écrivains par Fidel Castro, Duras séjourne à Cuba, attachée à l’image rebelle d’Ernesto Guevara (1928-1967), le Che, l’un des dirigeants de la révolution cubaine. Lors d’un voyage en Amérique latine, il observe les inégalités socio-économiques: urgent est l’appel à la révolution. 

 

On apprend en découvrant le monde, lors des rencontres au cours des voyages: ouverture du regard aux différences et ouverture d’esprit. Le Che part en moto, en bateau, en avion dans un périple qui l’éveille à l’existence et aux peuples démunis, un parcours dessiné géographiquement avec facétie sur l’écran, à la façon d’un livre d’enfant illustré aux pages joliment tournées.

Ce conte durassien sur la question entre le savoir et la connaissance sera suivi d’un film Les enfants (1985) et d’un roman La pluie d’été (1990).

 

Ainsi, à la rentrée des classes, Ernesto rentre chez lui et dit à sa mère qu’il ne veut plus aller à l’école. Le lendemain, les parents rencontrent l’instituteur pour l’informer du choix de leur fils: le maître d’école veut rencontrer cet enfant rebelle de 7 ans… alors qu’il en parait davantage, aux dires parentaux. 

 

La cellule familiale et l’institution de l’Education sont mises à la question. L’intime rejoint l’universel car le récit conte ainsi le passage initiatique d’un âge à l’autre: singularité et exception hors de toute tentative de normalisation.

 

 Soit l’histoire d’un enfant ne voulant pas retourner à l’école parce que, dit-il, « On m’apprend des choses que je ne sais pas ». Un paradoxe déconcertant qui invite à la réflexion ses parents, l’instituteur et aussi les spectateurs. Une occasion unique de dialogues surréalistes entre parents, maître d’école et Ernesto – échanges sur le sens de l’enseignement tourné vers l’autonomie. 

Ce « conte à grandir » invite à prendre les chemins de la connaissance en toute liberté, « à se servir de soi-même ». Ernesto s’écarte du droit chemin en refusant l’école: il ne sera pas pour autant ignorant. Il saura observer et à son tour reproduire, interpréter, transposer ce que ses yeux lui auront enseigné. 

 

« Par la force des choses », il apprendra la vie et deviendra adulte, ou au moins lui-même. Belle représentation d’un monde onirique non formaté, celle d’un enfant libre, différent, et découvrant l’univers qui l’entoure à sa manière. 

 

Poésie et fantaisie, le spectacle se saisit avec élan de l’attention du public, à travers des interprètes brillants, Manesca de Ternay, Florent Pelayo, Laurent Stachnick – la Mère, le Père et l’Instituteur – qui donnent au conte sa dimension à la fois comique et dramatique, pleine d’humour et de doute: des personnages s’accomplissant dans l’analyse de leurs sensations et leur compréhension de l’existence dont ils estiment la haute valeur humaniste.

 

Quant à Ernesto, Robin Condamin, il danse, se meut et se déplace dans l’art souple d’une chorégraphie, se tenant debout droit, les épaules vibrantes en mouvement vues de dos, ou bien, se glissant, allongé sous la table familiale, rampant, avançant et reculant en évitant les obstacles, mobile et à l’écoute. L’interprète épouse une relation au monde confiante, paisible et accueillante.

 

Véronique Hotte / Hottello

 

 

Spectacle vu le 13 février à La Comédie de Picardie, Scène conventionnée pour le théâtre d’auteur, à Amiens. Les 8, 9 et 10 avril à La Communauté de Communes du Pays de Bray. Projet en cours d’élaboration pour le Festival d’Avignon Off 2026.

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January 28, 9:09 AM
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La Comédie de Genève cherche la sortie d’une crise partie tous azimuts

La Comédie de Genève cherche la sortie d’une crise partie tous azimuts | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Laurent Carpentier (Genève [Suisse], envoyé spécial du Monde),  publié le 28 janvier 2026

 

Mise en cause anonymement à l’automne 2025 pour son management « toxique », la metteuse en scène Séverine Chavrier, acclamée pour ses créations, a été écartée du théâtre suisse dont elle doit cependant toujours assurer la programmation. Elle a porté plainte.


Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/01/28/la-comedie-de-geneve-cherche-la-sortie-d-une-crise-partie-tous-azimuts_6664403_3246.html

La situation est ubuesque, l’avenir une impasse, et pourtant Séverine Chavrier ne baisse pas les bras. Mise sur la touche par sa tutelle, interdite de se présenter à la Comédie de Genève, qu’elle dirige depuis juillet 2023, la metteuse en scène ne lâche pas prise : « De toute façon, je ne pourrais pas : si je suis déchargée des responsabilités administratives et financières, j’ai paradoxalement, jusqu’à nouvel ordre, la charge de la programmation de la prochaine saison. Et je suis censée faire ça sans avoir accès au directeur financier, et sans observer les spectacles. Une programmation, c’est comme organiser une fête. Et la seule personne qui n’est pas invitée à la fête, ici, c’est celle qui l’organise. C’est bizarre. Et illégal. »

Tout commence le 22 octobre 2025 par un article violemment à charge paru dans La Tribune de Genève. Un « certain nombre » d’employés du théâtre, tous anonymes, mais « concordants », explique le journaliste, y dénoncent un « comportement toxique et pervers », des « recrutements arbitraires et dénués de logique », des « dénigrements au travail »… qui auraient poussé, affirme le quotidien, une quinzaine de personnes sur 80 salariés à partir.

 

Comme si ce n’était pas assez, on y dénonce l’usage que ferait l’impétrante d’un acronyme, « PPSDM », pour parler de « petites productions suisses de merde ». N’en jetez plus. C’est l’Helvétie qu’on assassine. Et par une Française, de surcroît. Peu importe que, dix jours plus tard, un article de la Radio-Télévision suisse démontre que l’information sur l’acronyme était fausse – en réalité utilisée par une ancienne salariée de la production qui a été éconduite –, le mal est fait, les syndicats embrayent et la « théâtrosphère » genevoise s’en donne à cœur joie.

Katia Berger, elle, n’en revient pas. Fille de l’écrivain britannique John Berger (1926-2017), elle a été pendant douze ans critique de théâtre à cette même Tribune de Genève. Confrontée à une direction qui, juge-t-elle, poussait à la roue pour faire de l’audience, elle a préféré, en 2024, prendre sa retraite de manière anticipée. « Quand Séverine Chavrier a été nommée, il régnait un climat un peu méfiant. Ma hiérarchie me harcelait pour que j’aille fouiller et que je révèle je ne sais quel méfait, témoigne-t-elle. Quand l’article est paru, j’ai été sidérée, choquée par le type d’enquête, relais de dénonciations anonymes, sans jamais donner la parole à l’intéressée. Se sont alors engouffrés dans cette brèche les créateurs locaux, une nébuleuse d’artistes qui l’ont lynchée, par amertume, par frustration de voir “leur” théâtre leur échapper. Et on les voit aujourd’hui comme effarés de leur propre pouvoir. Elle était le gage d’une programmation d’excellence, et voici que tout ça est remis en question. »

Salve d’attaques

Aujourd’hui directeur de la programmation du Grand Palais à Paris, Christophe Lemaire a vécu cette bronca aux premières loges. Il venait de quitter son poste auprès de Séverine Chavrier lorsque l’article est paru. Secrétaire général du Théâtre de la Ville à Paris pendant seize ans, il a pris sur les réseaux sociaux la défense de l’équipe dirigeante, se débattant avec les commentaires haineux sur son ex-patronne. « Et là, je deviens un “Frouze” », découvre-t-il. Le mot désigne de façon péjorative les Français dans un pays où, derrière le policé et le neutralisme, traînent des relents de nationalisme.

 

« Le coup de génie des ennemis de Séverine, ce fut de sortir l’acronyme, salue Christophe Lemaire. Sur les pages Facebook, les gens ajoutaient à leur profil “I love PPSDM”. Imaginez, les “Frouzes” venant prendre l’argent des Suisses, alors qu’à Genève, en ce moment, ils ne mettent que des Français à la tête des institutions culturelles : Jean Bellorini au Théâtre de Carouge, Stéphane Malfettes au festival de La Bâtie, Lou Colombani à l’ADC, l’Association pour la danse contemporaine… »

Face à cette salve d’attaques tous azimuts, les soutiens de la directrice s’efforcent d’argumenter. Les 15 départs ? Que des promotions ou des changements de vie, pas de plainte pour harcèlement ou maltraitance, plaident-ils, et un renouvellement dans la normale pour une maison de théâtre. Son management autoritaire et toxique ? « J’ai été témoin, à ses côtés, au quotidien, de la difficulté pour une femme de faire valoir sa légitimité, s’agace Christophe Lemaire. Séverine est une vraie capitaine de navire. On lui reproche à la fois d’être absente et d’avoir un management toxique : il faut choisir. »

 

Emménageant dans de nouveaux locaux flambant neufs – deux salles, l’une de 500 places, l’autre modulable, des bureaux, un atelier technique, un restaurant… – , l’équipe de direction précédente a dû, en 2021, engager à tour de bras et à toute vitesse, passant de 25 à 80 salariés, créant des sous-directions qui vont se révéler des baronnies très autonomes. « Ils ont inauguré ces nouveaux lieux et vivent cette maison comme si elle leur appartenait », analyse Christophe Lemaire.

Précédent de l’affaire Lupa

Premier théâtre de l’agglomération de 200 000 habitants (pour un bassin urbain de plus d’un million de personnes), la Comédie de Genève a plus d’un siècle d’existence. Autrefois installée boulevard des Philosophes, la vieille salle s’est révélée peu adaptée au théâtre contemporain. Au tournant du millénaire, un collectif de comédiens, de metteurs en scène et de techniciens locaux a créé une association pour porter le projet d’un nouveau bâtiment. Celui-ci sera finalement mis en chantier en 2017 et ouvert quatre ans plus tard. Avec un budget de fonctionnement de l’ordre de 15 millions d’euros, la nouvelle Comédie figure parmi les maisons d’art dramatique les mieux dotées d’Europe.

 

Lorsque Séverine Chavrier est choisie en 2023 pour prendre la tête de l’institution, c’est clairement pour sa stature d’artiste internationale et son carnet d’adresses à même de mettre la programmation sur la carte de l’Europe. Or, d’emblée, l’équipe rue dans les brancards. On s’offusque que la directrice parte avec sa troupe six semaines à Orléans – dont elle dirigeait auparavant le Centre dramatique national – répéter Absalon, Absalon !, d’après William Faulkner. Le spectacle fera sensation à Avignon, en juillet 2024. « Il n’y avait pas de salle disponible à Genève, se justifiera-t-elle. Or, après le “crash Lupa”, c’était important pour moi de montrer que la Comédie pouvait monter des projets d’ampleur. »

 

Le précédent de l’affaire Lupa va, en effet, jouer un rôle dans la crise actuelle. En 2023, alors que la direction précédente est encore aux manettes, Les Emigrants, une pièce de W. G. Sebald mise en scène par le dramaturge polonais Krystian Lupa, est coproduite avec le Festival d’Avignon et L’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris.

 

Les répétitions ont pris du retard. Partenaire à la ville comme sur le plateau de Lupa, Piotr Skiba est régulièrement complètement ivre. Le maître, lui, s’agace de la difficulté qu’il a à se faire comprendre de l’équipe technique. Les techniciens sont froissés que Krystian Lupa s’installe sur la scène plutôt qu’au bureau qu’ils ont installé à côté d’eux. Un jour, l’ingénieur du son, énervé, prend sa pause et ne revient pas. Impatience et orgueil forment un ménage toxique. Le ton monte. Les comédiens, eux, se taisent, à l’instigation du directeur d’alors de l’Odéon, Stéphane Braunschweig, qui, de loin, espère calmer le jeu, et que le spectacle finisse par être monté. Peine perdue. Les techniciens refusent de reprendre le travail.

 

 

 
 

Victoire de la classe ouvrière ? Sans doute. Que les hommes de l’ombre de la technique fassent ainsi annuler une pièce de théâtre, c’est une première. Et son écho va se répandre dans toute l’Europe. Même s’il y a toujours deux faces à une même pièce. « Aucun travail, aussi exigeant soit-il, ne mérite de malmener ses équipes, soutient le comédien Pierre-François Garel, qui jouait dans le spectacle (lequel sera finalement monté à l’Odéon six mois plus tard). Mais c’est valable des deux côtés. Quand une équipe technique traite les acteurs de “dingues” et qu’elle répond aux demandes du metteur en scène en marmonnant : “Qu’est-ce qu’il veut encore, le vieux ?”, c’est une forme de mépris et de violence. Certaines œuvres radicales demandent un engagement auquel il faut être préparé, et, à Genève, certains ne semblaient pas l’être. Ni curieux ni préparés. »

Mesure d’éloignement

X est technicien à la Comédie de Genève. Il a donné rendez-vous dans un café à l’écart du théâtre, puis il nous a fait changer d’endroit (« Ici, ce n’est pas… »). On nous avait prévenus : en Suisse, la culture de l’anonymat, du secret, n’est pas un mythe réservé aux banques. « C’est maintenant que ça commence. Mais on se reverra… Là, c’est un peu trop tôt, l’audit démarre juste », explique-t-il, méfiant. « Krystian Lupa, comme Séverine Chavrier, ce sont des attitudes qui ne sont plus adaptées… C’est une enfant gâtée. Sur les “warnings”, il y a peu d’écoute. Et puis, on est passé de 32 projets à 42, on n’est pas en capacité. Quatre-vingts pour cent des salariés valident cette mise à l’écart. »

 

On s’interroge : à quoi est due cette mesure d’éloignement, en général réservée aux criminels ? Y a-t-il eu violence de la part de Séverine Chavrier ? Qui a peur de quoi ? Et qui fait peur à qui ? Sa plus proche collaboratrice, Pauline Pierron, venue elle aussi d’Orléans, où déjà elle la secondait, est chargée de tenir les rênes en son absence. Elle aussi préfère ne pas nous parler. L’équilibre est fragile, et l’irruption d’un journaliste pourrait le briser. Derrière les vitres transparentes de l’immense paquebot, l’opacité règne. « Je ne dis pas que tout est vrai dans l’article de La Tribune, convient notre technicien anonyme. Mais il fallait que ça pète à un moment donné. Ce fut juste l’élément déclencheur. »

Quand on la retrouve, au centre-ville, loin de son théâtre, Séverine Chavrier fulmine. « C’est la femme que vous venez voir ou c’est la sorcière ? », ironise-t-elle. On la dit autoritaire, elle est directe, parle cash, ne s’embarrasse pas de joliesse. Cinquante et un ans, cheveux noirs, yeux noirs, débraillée, elle tranche avec le paysage policé, elle qui a grandi à Annemasse (Haute-Savoie), juste là, de l’autre côté de la frontière, fille d’un couple de médecins. Le bac passé à 16 ans, khâgne au très coté lycée du Parc, à Lyon, éternelle bonne élève, éternelle rebelle.

 

Le verbe haut fuse et déferle en cascade, le cerveau est une machinerie. Mais derrière, une tristesse régulièrement l’envahit, elle qui pourtant, dit-on, adore aller au charbon… « Ceux qui, à la Comédie, me critiquent n’ont aucune conscience de ce qu’est la maïeutique. Dans mes spectacles, tout le monde est en puissance, je cherche à produire des conditions de travail et d’improvisation qui permettent aux artistes, aux techniciens de créer de la matière, ce sont vraiment des créateurs que j’aide à faire accoucher. Un son, c’est une âme, le truc intouchable. Je travaille avec ça, avec l’intuition permanente de ce que font les gens et de comment je vais orchestrer ça. Et, parfois, je me plante. Parfois, je fais de mauvais choix, de construction, de dramaturgie, mais, en tout cas, voilà quelque chose qu’on ne peut pas faire en piétinant les gens », explique la musicienne (Médaille d’or de piano à Genève), philosophe (mémoire sur l’Autrichien Thomas Bernhard) et metteuse en scène (Cours Florent à Paris).

 

Du reste, c’est au Cours Florent qu’elle a rencontré, il y a vingt ans, Laurent Papot, avec qui elle a créé sa compagnie. Ils vivent séparés depuis longtemps, mais ils ont une fille de 8 ans. « Séverine n’est pas quelqu’un de hargneux et d’autoritaire, elle est brillante si on a l’humilité de le comprendre, témoigne le comédien. On s’est pris la tête, mais parce qu’on sait que ce qu’on cherche n’est pas à portée de main. Développer un langage artistique, c’est comme une relation amoureuse, il faut se mettre d’accord sur énormément de choses. Le pire, c’est que les équipes du théâtre rejouent la lutte des classes avec des gens qui sont bien plus précaires qu’eux. Nous, on sait qui on est, d’où on vient : des squats de Ris-Orangis [Essonne] et des sous-sols de bars. Le moindre sou que la compagnie a eu dans sa vie, on l’a utilisé à bon escient. Autant vous dire qu’on ne joue pas avec l’argent public. »

 

Au directeur d’une scène parisienne qui lui glissait : « Ils ne te reprochent pas de mal faire, ils te reprochent de faire », Séverine Chavrier répond : « Il faut du temps pour constituer une équipe et l’emmener derrière un projet. Je pense qu’on était en train d’y arriver. Mais quand tu prends une attaque personnelle, vengeresse, avec une telle déloyauté… Et que la Fondation [d’art dramatique, FAD] qui te gère, au lieu de faire paravent, te sort, c’est difficile. Ils vont jusqu’à m’interdire de créer avec l’argent de la Comédie le spectacle qu’on m’a demandé pour le prochain Festival d’Avignon. »

Machisme quotidien

La violence des attaques a ouvert paradoxalement les vannes. La souffrance des uns a réveillé celle des autres. « Dire à une artiste : “Tu n’as pas le droit d’aller dans ton théâtre” équivaut à une mise à mort, s’indigne Claude Ratzé, qui, jusqu’en août 2025, dirigeait le festival de La Bâtie, événement central du spectacle vivant à Genève. Il y a peu d’endroits comme la Comédie où le corpus technique a assez de force, d’unité, pour faire annuler un spectacle. Après l’affaire Lupa, on aurait dû aborder cette question-là, mais, à Genève, il y a une manière de dire les choses sans jamais s’exposer. Ça a la texture de la rumeur. Et quand vous prenez la défense, on vous rétorque : “Tu ne sais pas tout…” Sans qu’on vous en dise jamais plus. Moi qui travaille depuis vingt ans ici, je n’ai jamais vu ça, et cette crise a fait sortir des choses très nauséeuses. »

 

Pour le meilleur ou pour le pire, le linge sale risque de ne plus se laver en famille. A 35 ans, Louise Sari est une scénographe reconnue, professeure à la réputée Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, à Lyon, où elle a elle-même étudié. Avant de connaître la Comédie, elle a travaillé avec les équipes du Centre Pompidou, du MuCEM à Marseille, du CDN d’Orléans…

Depuis dix ans, elle accompagne Séverine Chavrier sur tous ses spectacles. Les deux femmes maîtrisent la technique, et adorent ça. Leurs productions en sont pétries : vidéos, sons, accessoires y ont une place à part entière. Pas toujours simple à accepter pour une équipe masculine de voir cette jeune femme leur tenir la dragée haute. « Ils ne comprenaient pas que je touche à tout, témoigne l’intermittente du spectacle que l’on retrouve près de chez elle, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Une telle défiance et remise en question des compétences, je n’ai jamais connu… Ils s’imaginent avoir une méthode, qu’ils savent mieux que les artistes. Là où je suis déçue, c’est qu’il n’y ait pas plus de fierté pour les productions. Il n’y a pas de culture de théâtre. En revanche, quand Hermès veut privatiser la Comédie… » – une référence à un défilé organisé à l’automne 2023 par la maison de luxe.

 

Surprise par l’article de La Tribune de Genève où, dit-elle, « tout est faux », elle écrit dans la foulée au Syndicat suisse romand du spectacle (SSRS) un premier témoignage circonstancié. Celui-ci arrive bizarrement dans les mains du directeur technique, Yves Frohle, qui sort de ses gonds et lui demande, dit-elle, de ne plus s’exprimer. Elle envoie alors un deuxième rapport à la direction des ressources humaines, témoignant des propos et des actes blessants dont elle a été l’objet ou le témoin, notamment à l’égard de Séverine Chavrier : « Elle ne va pas rester longtemps, celle-ci », ou : « Elle ferait mieux de s’occuper de sa fille. » Ou témoignant de cette fois où, arrivant les cheveux en bataille, un technicien lui lance : « Tu ressembles de plus en plus à Séverine, et ce n’est pas beau à voir. »

 

Dans les différents exemples donnés dans sa lettre, Louise Sari raconte avoir signalé au directeur technique une main clairement posée, « sans aucune ambiguïté », sur sa cuisse par un technicien ivre. « Un attouchement contraint et non consenti. » Après lui avoir proposé d’en parler à l’intéressé et pris acte de son signalement, Yves Frohle aurait ajouté : « Oui, mais bon, lui, c’est un chasseur-cueilleur. » Elles sont quatre trentenaires à avoir aujourd’hui déposé des témoignages dénonçant le machisme quotidien dont elles furent victimes. Aucune n’est salariée. « Comment voulez-vous que des gens prennent la défense de Séverine Chavrier au sein de l’institution maintenant qu’il est annoncé qu’elle ne sera plus là l’année prochaine ? », s’indigne la scénographe. On attend l’audit. Mais l’audit, basé sur des témoignages oraux volontaires, est, on le voit, déjà remis en question.

« Sanction disproportionnée »

L’embrasement des esprits ne s’arrête pas aux guichets du théâtre, il a envahi l’arène politique genevoise. Notamment à travers la FAD, qui contrôle la Comédie de Genève. Y sont représentés ville, syndicats, partis politiques, sous la présidence de l’avocate Lorella Bertani, figure médiatique locale, membre du Parti socialiste suisse. Contactée, elle nous répondait, le 20 janvier, poliment, que « la Fondation d’art dramatique ne s’exprime pas », précisant seulement par abondance de prudence : « Et la Fondation, ce n’est pas une seule personne. » Le 27 janvier, elle a annoncé sa démission de ses fonctions, comme sa vice-présidente. C’est que, par sa décision radicale de mettre la directrice à l’écart, l’association s’est mise toute seule sur la sellette.

 

Comédien et metteur en scène genevois, Daniel Wolf y siégeait jusqu’à l’été 2025 comme représentant du SSRS. « Dans un premier temps, la FAD a bien réagi, juge-t-il, en interviewant les gens pour tirer les choses au clair. Et puis – qu’est-ce qui a viré, à quel moment ont-ils changé d’attitude ? –, je n’ai pas compris. Quelle que soit l’origine du problème, la sanction est disproportionnée. Les délateurs sont cachés, et la punition laisse penser que les forfaits sont graves, qu’on ne peut pas les dire. » Et de dénoncer, lui aussi, ce « tu ne sais pas tout… », qui revient sans cesse comme un leitmotiv imparable et ouvre des abîmes de non-dits.

 

Comme Lorella Bertani, Olivier Gurtner est socialiste. Conseiller municipal, il a même été récemment le candidat malheureux au poste de délégué à la culture tenu par une autre socialiste. Directeur du service communication de la Comédie de Genève, il en est parti il y a moins d’un an. On dit qu’il a été licencié par la direction, mais, officiellement, il a démissionné, les deux parties prenantes restant silencieuses sur le sujet. Lui aussi a donné rendez-vous dans un café, puis finalement dans un lieu « encore plus discret », la Société de lecture, une sorte de bibliothèque où nous nous retrouvons dans un salon vide, entouré de rangées de livres aux reliures passées qui donnent à l’entretien un caractère solennel.

 

Olivier Gurtner a posé sa montre sur la table, maître des horloges… Mais d’entretien, il n’y aura pas. Du moins officiellement. L’on repartira ainsi, tel un coffre de banque, dépositaire de tous ces mots secrets qu’il nous a livrés, et qu’il nous est impossible d’écrire puisque tout est off. Mais alors pourquoi nous parler, se demande-t-on ? Quel est cet off qui permettrait à un journaliste peu consciencieux d’écrire en son nom propre des propos improuvables ?

 

« La première erreur que j’ai faite, analyse Séverine Chavrier, c’est de croire que le concours qui m’a permis d’obtenir le poste me donnait une légitimité, alors que ce qui compte, c’est d’avoir des appuis politiques. » Fin décembre 2025, elle a pris pour avocat Romain Jordan, une figure du barreau genevois, qui défend aujourd’hui les victimes de l’incendie de Crans-Montana, survenu le 1er janvier. Elle organise la contre-attaque, à commencer par une procédure au pénal. Et veut croire que rien n’est joué. Ni son éviction temporaire ni même la décision de son renouvellement par la Fondation. « Il n’y a aucune raison que je renonce. Les salles sont pleines. Le public est là. Quatre-vingts pour cent des spectacles sont suisses. Tout ce qu’on me reproche est faux. On m’a dit : “Tu as fait des erreurs de management. Fais du team building.” » Elle se marre. « Normalement, c’est le théâtre, le team building. »

 

Laurent Carpentier (Genève [Suisse], envoyé spécial du Monde)

 

Illustration SÉVERIN MILLET

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December 20, 2025 5:39 AM
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Joël Pommerat expédie le théâtre dans une fascinante quatrième dimension avec « Les Petites Filles modernes (titre provisoire) » aux Amandiers

Joël Pommerat expédie le théâtre dans une fascinante quatrième dimension avec « Les Petites Filles modernes (titre provisoire) » aux Amandiers | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joëlle Gayot dans Le Monde - 17 déc. 2025

 

Pour la réouverture du théâtre de Nanterre, l’auteur et metteur en scène invente son propre conte, épique et fantaisiste, misant sur l’étrangeté.

Lire l'article sur le site du "Monde" :
https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/17/avec-les-petites-filles-modernes-titre-provisoire-aux-amandiers-joel-pommerat-expedie-le-theatre-dans-une-fascinante-quatrieme-dimension_6658416_3246.html

La dernière fois que Joël Pommerat est venu au Théâtre Nanterre-Amandiers, c’était en 2020, avec Contes et Légendes, une fiction d’anticipation dont les héros étaient des androïdes. Un an plus tard, en mai 2021, le théâtre fermait ses portes pour travaux. Après quatre années d’un colossal chantier, elles vont se rouvrir sur la dernière création en date de l’auteur et metteur en scène. Avec Les Petites Filles modernes (titre provisoire), l’artiste propulse le théâtre vers une quatrième dimension fascinante. Face à son geste qui ne pose aucune limite aux possibles de la représentation, l’enchantement est total et le trouble, absolu.

Sur la scène, une intrigue, ses intrus et des flots d’intranquillité. Joël Pommerat, à qui l’on doit les adaptations du Petit Chaperon rouge (2004), de Pinocchio (2008) et de Cendrillon (2011), invente son propre conte, sans rien oublier de ce qui structure le genre : le merveilleux et l’effroi, l’antagonisme du bien et du mal, le pas-à-pas initiatique des personnages.

 
Joué au TNP de Villeurbanne, accueilli à Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d’automne, cet ovni suscite un désir impérieux de revenir se frotter à sa bizarrerie. Les Petites Filles modernes s’achèvent là où elles ont démarré. C’est à une boucle temporelle qu’est convié le public, devant lequel le réel a volé en éclats en balayant ce qu’une heure trente plus tôt il tenait encore pour certains, fiable et vérifiable.

Un amour qui dérègle l’ordinaire

Le spectateur scrute pourtant des êtres de chair et d’os sur un plateau dont la nudité apparaît lors du salut des trois comédiens, tous formidables : Eric Feldman, un fidèle de la tribu Pommerat, et deux nouvelles recrues, Coraline Kerléo et Marie Malaquias. Tandis que Feldman incarne plusieurs hommes (un père, un vieillard, un amoureux), les deux actrices épousent la juvénilité de Jade et Marjorie, deux adolescentes bien de leur temps qui n’auraient rien d’exceptionnel si leur amour mutuel ne les poussait aux sorties de route. Leur passion dérègle leur ordinaire, et c’est à force de désobéissance et de transgression qu’elles vont vers l’émancipation.

 

Comme toujours avec Joël Pommerat, la banalité des situations est un leurre. Ce n’est pas un hasard si un jaguar (en peluche) investit la chambre où les deux amies se retrouvent la nuit, à l’insu des parents, chambre qui est le seul lieu où s’immisce un soupçon de quotidien. Un lit, un fauteuil, un bureau y apparaissent par magie, après un de ces fameux « noirs plateau » dont l’artiste est adepte.

 

En qui concerne les autres décors, ils appartiennent au fantastique et bénéficient des talents conjugués d’Eric Soyer, créateur lumières, et Renaud Rubiano, créateur vidéo. Deux orfèvres de la métamorphose qui dématérialisent les corps et les espaces, au point qu’on prend pour charnel ce qui est hologramme et pour mouvant un sol immobile.

 

Dans un écrin fluctuant, strié de lignes, de diagonales, de spirales, d’ondes de lumière ciselées par les lasers de la vidéo, les tableaux déployés par l’auteur et metteur en scène révèlent une suite de visions hallucinantes qui déplacent le public vers les confins de l’irrationnel.

« Une histoire vraie, jamais vérifiée »

D’entrée de jeu, la fiction mise sur l’étrangeté. Or l’étrange est le domaine de l’extraordinaire : là où des créatures invisibles menacent, où l’on ne vieillit pas, où l’on peut vivre des transmutations, mourir et renaître. Le ton est donné dès la première image : deux minuscules silhouettes perdues dans une lointaine galaxie avancent vers le spectateur. En voix off, ce préambule : « Ça commencerait comme ça, par le plus inconcevable, une histoire vraie, jamais vérifiée, une révélation jamais certifiée. Dans d’autres dimensions du vide il existerait des mondes tellement différents qu’il serait vain d’essayer de les décrire ou de les expliquer. Dans ces mondes-là, ce que nous appelons le temps, les distances, l’ombre et le silence n’auraient aucune signification. »

 

Venues de mondes parallèles, les « petites filles modernes » entraînent le public vers l’onirique. Toute rationalité abolie, on leur emboîte le pas pour atterrir dans une faille spatiotemporelle où les géographies, les durées, les présences échappent au sens commun. Un trou noir sur le sol où sombrent les désirs ; un puits sans fond qui mène vers l’inconnu ; une jeune fille enfermée dans une cage pour cent millions d’années ; des parents qui ne sont pas des humains ; des fillettes qui ont incorporé de précédentes existences dont elles sont, sans doute, la réincarnation.

La noirceur inquiétante du spectacle n’altère pas la dynamique de l’aventure vécue. Elle est épique et fantaisiste. Ici, ailleurs, hier, aujourd’hui, demain : aucun repère ne tient debout. Vraiment, c’est fou ce qu’un artiste est capable d’obtenir du théâtre lorsqu’il ne lui pose aucune limite.

 

Les Petites Filles modernes (titre provisoire). Création de Joël Pommerat, au Théâtre Nanterre-Amandiers (Hauts-de-Seine), Festival d’automne. Avec Eric Feldman, Coraline Kerléo, Marie Malaquias et les voix de David Charier, Delfine Huot, Roxane Isnard, Pierre Sorais, Faustine Zanardo. Du 18 décembre au 24 janvier 2026.

Légende photo : « Les Petites Filles modernes (titre provisoire) », de Joël Pommerat. AGATHE POMMERAT

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October 8, 2025 5:07 AM
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«La Petite Boutique des horreurs» refleurit à Paris 

«La Petite Boutique des horreurs» refleurit à Paris  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Gilles Renault, publié dans Libération - 5 oct. 2025

 

 

Adaptée du film culte de Roger Corman, la comédie horrifique refait un tour de piste sous la forme d’un spectacle musical tonique agencée par le tandem Hecq-Lesort.

 

 
 

Cinq années durant, de 1982 à 1987, la Petite Boutique des horreurs a fait les beaux soirs du off-Broadway. De la Deuxième Avenue de Manhattan, où l’Orpheum Theater vendait ses tickets comme des petits buns, au Xe arrondissement de Paris, le Théâtre de la Porte Saint-Martin ne cultive pas les mêmes ambitions. Ce qui n’empêche pas cette relecture française (une quarantaine d’années après celle d’Alain Marcel, couronnée de succès) de tirer son épingle du jeu, dans une mise en scène du prolifique tandem Christian Hecq /Valérie Lesort, qui rempile après l’Opéra comique, où, fin 2022, la salle Favart (coproductrice avec l’Opéra de Dijon) plaçait des billes pour la première fois dans une comédie musicale.

 

Rappelons qu’à l’origine figure le film de Roger Corman, comédie macabre et fantastique low cost qui servira la notoriété d’un cinéaste carburant alors à la moyenne de quatre ou cinq panouilles par an. Numéro gagnant d’une loterie par essence aléatoire, «la Petite Boutique» deviendra un juteux commerce que, concomitamment au musical signé par deux collaborateurs des Studios Disney, Alan Menken (musique) et Howard Ashman (livret et paroles), Frank Oz assaisonnera aussi à sa sauce cinématographique en 1986.

 

Jeu de massacre

Dynamique et bigarrée, la version Hecq-Lesort ne sort guère du magasin du fleuriste Mushnik. La modeste devanture «du ghetto» chez Corman, est ici convertie en un imposant décor autour duquel tourne cette histoire de plante insatiable. Une sorte de mythe de Faust végétal que l’employé Seymour, par ailleurs amoureux transi d’Audrey, sa godiche de collègue, se retrouve à devoir nourrir de chair humaine. Boostée par une partition musicale réorchestrée par Arthur Lavandier, et interprétée live (rock, blues, jazz), l’intrigue crapahute ainsi autour de figures archétypales assumant un statut parodique qui maintient le jeu de massacre dans les clous du divertissement débonnaire. A l’instar d’une version animée des arts ménagers, quelques tableaux débridés témoignent d’une inventivité joyeusement kitsch, compatible avec les canons du spectacle de faim damnée. Jusqu’au salut final où les vivats valident autant l’osmose entre acteurs, chanteurs et danseurs, que la performance d’une plante animée (des pires intentions), poussée sur le terreau de l’artisanat théâtral.

 
«La Petite Boutique des horreurs», ms Christian Hecq /Valérie Lesort, Théâtre de la Porte Saint-Martin, 75010. Jusqu’au 23 novembre.

 

Gilles Renault / Libération

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October 2, 2025 10:12 AM
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Derrière les satires politiques « Made in France » et « Coupures », l’itinéraire peu banal de Samuel Valensi

Derrière les satires politiques « Made in France » et « Coupures », l’itinéraire peu banal de Samuel Valensi | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sandrine Blanchard dans Le Monde - 2 octobre 2025

 

A 34 ans, le comédien, auteur et metteur en scène, fort d’un accueil triomphal au Festival « off » d’Avignon, aborde dans ses pièces des enjeux sociétaux par le biais de comédies caustiques.

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/10/02/derriere-les-satires-politiques-made-in-france-et-coupures-l-itineraire-peu-banal-de-samuel-valensi_6644039_3246.html

Quelle est la place du débat démocratique face aux enjeux écologiques ? Que faire pour lutter contre la délocalisation industrielle ? C’est ce genre de questionnements, a priori très peu théâtraux, que Samuel Valensi porte sur scène. Et ça marche ! Après le succès de Coupures, toujours en tournée et à l’affiche, en novembre, du Théâtre de la Concorde à Paris, Made in France arrive aussi dans la capitale, au Théâtre de la Renaissance, dans la foulée de l’accueil triomphal reçu cet été au Festival « off » d’Avignon.

 

Ecrites avec Paul-Eloi Forget, ces deux pièces contemporaines abordent des enjeux sociétaux par le biais de comédies caustiques. Coupures met aux prises les habitants d’une commune rurale et un maire écologiste qui a accepté, sans en référer à ses administrés, l’installation de plusieurs antennes-relais 5G. Made in France nous plonge dans les rouages d’une usine en passe d’être délocalisée et dans les coulisses de notre monde politico-syndicalo-économique.

 

« Le choix des sujets vient de mes indignations personnelles », résume Samuel Valensi. A 34 ans, ce comédien, auteur, metteur en scène en pleine ascension déroule un parcours peu ordinaire et un engagement chevillé au corps face à un monde qui tourne mal. « On voit bien que ça ne va pas. Alors je préfère l’indignation à l’anesthésie. Je suis choqué par le peu de réaction et d’empathie face à la crise environnementale et par l’absence de réflexion sur notre système. On est coincés entre deux feux, le populisme et le technocratisme, qui tous deux nous mènent dans le mur », juge-t-il.

« Dissonance cognitive »

Diplômé d’HEC et d’une licence de philosophie, il a choisi, en 2020, de faire du théâtre sa seule activité, de lâcher son poste de directeur artistique dans une start-up de vidéo et de se consacrer à sa compagnie La Poursuite du bleu (référence à la métaphore utilisée par Romain Gary dans son roman Les Cerfs-Volants) fondée en 2014.

Son goût pour la scène est né durant ses études. Pour « sortir de la normativité de l’enseignement » délivré dans son école de commerce réputée, il prend la tête de Backstage, l’association qui prépare chaque année la comédie musicale d’HEC et s’inscrit en philosophie à la Sorbonne. « Dès la première année d’HEC, j’ai hésité à quitter l’école. J’étais désenchanté par la reproduction conservatrice des cours et je n’arrivais pas à me projeter dans les grandes entreprises où nous étions censés travailler, j’étais en pleine dissonance cognitive. Mais mes parents m’ont dissuadé d’arrêter. »

 

Tous deux vétérinaires (père né en Tunisie, mère issue d’une famille juive d’Europe de l’Est), ils attachent beaucoup d’importance aux études et au travail comme facteurs d’assimilation. « Au moment de trouver un stage, j’errais dans les allées des salons d’orientation, j’étais paumé. J’ai partagé à mon père mon désarroi. » Coup de chance, ce dernier soigne les chats de Philippe Tesson (mort en 2023), journaliste culturel et propriétaire du Théâtre de Poche Montparnasse, et lui parle de son fils lors d’une consultation.

Jeune homme hyperactif

« Deux choses ont changé ma vie : les chats de Philippe Tesson et Des souris et des hommes, de Steinbeck mis en scène par Paul Balagué, pièce dans laquelle j’ai joué en 2013. Steinbeck est devenu mon maître dans ma volonté de faire du théâtre politique et non politisé. » Il se souvient encore de son premier rendez-vous avec Philippe Tesson. « Ce fut un entretien incroyable, digne de la scène de rencontre entre John Ford et Steven Spielberg jeune dans The Fabelmans [le dernier film de Spielberg] ». Samuel Valensi devient son assistant de production au Théâtre de Poche pendant un an. « Je participais à l’élaboration des dossiers de presse, à la communication. Il me laissait assister à toutes les répétitions, m’abreuvait de textes de théâtre. Ç’a été ma meilleure vie ! »

Par la suite, le jeune homme hyperactif coproduit Merlin au Théâtre du Soleil puis écrit et met en scène, avec plus ou moins de bonheur, ses premières créations, L’Inversion de la courbe (sur le déclassement social) et Melone Blu (sur la raréfaction des ressources). Il met aussi en adéquation les enjeux de ses pièces et le fonctionnement de sa compagnie en insufflant un modèle écologique et social.

 

La démarche est repérée par The Shift Project (groupe de réflexion sur la décarbonation créé par Jean-Marc Jancovici). Samuel Valensi en devient le responsable culturel et le coauteur du rapport Décarbonons la culture publié en 2021. « L’activisme de la compagnie n’est pas sur le plateau, mais dans sa manière de faire des spectacles à faible impact environnemental, de respecter la parité homme-femme, de rémunérer l’équipe artistique et technique de manière égalitaire, de former les futurs professionnels du secteur culturel aux enjeux énergie-climat », précise Samuel Valensi.

 
 

Pour lui, le théâtre ne doit pas « faire de propagande, mais être un lieu de représentation du conflit ». Il revendique un théâtre « politique et populaire visant à toucher un large public avec des sujets a priori peu sexy ». Il dit vouloir « rendre le spectateur plus libre sur un sujet qui lui paraissait lointain ». Sa recette ? Dans sa « cuisine » d’auteur, sa plume est trempée dans le réel. Pour écrire Coupures ou Made in France, avec son complice, le comédien Paul-Eloi Forjet (désormais parti vivre à l’étranger), il se documente pendant des mois, lit les rapports d’enquêtes de commissions parlementaires, réalise des entretiens avec des syndicalistes, des hommes et des femmes politiques de tout bord et fait des rencontres sur le terrain, comme avec les ouvriers de Fralib.

Eviter tout militantisme

Pour dénoncer ce qui ne va pas dans notre système, il use de la force de la comédie, voire du vaudeville, pour « ne pas toucher que les convaincus. Il n’y a rien de plus beau que de voir 600 personnes pas d’accord rire ensemble de la même chose ». Selon lui, « l’humour c’est le désespoir bien habillé, la soupape indispensable à notre époque ». Scénographie mobile, rythme soutenu, troupe efficace, traits appuyés des personnages pour mieux faire passer la critique, Made in France débute comme du boulevard avec un invraisemblable quiproquo et va tendre vers une satire féroce des liens entre politiques et entrepreneurs, des négociations syndicales biaisées, des ministères hypocrites.

 

 

C’est à la fois intelligemment mené pour éviter tout militantisme et déconcertant tant la farce laisse un sentiment de « tous pourris » et pourrait décourager de voter. Samuel Valensi s’en défend : « Dans mon récit, je ne cherche ni à diaboliser ni à enjoliver qui que ce soit. Ce n’est pas la faute des gens, mais [celle] d’un système économique désespérant qui atomise, du Monopoly dans lequel on vit et qui entraîne un tiraillement entre l’intérêt personnel et l’intérêt général. Jamais je ne dirai “tous pourris”, je n’en veux pas aux élus. »

Régulièrement, ses spectacles se poursuivent par des « bords de plateau ». Le public est invité, après la représentation, à prolonger le questionnement suscité par la pièce à travers des rencontres entre chercheurs, artistes, responsables politiques, entrepreneurs, etc. Ainsi, un cycle de conférences est programmé pour Made in France. Le 6 octobre, par exemple, Xavier Jaravel, président délégué du Conseil d’analyse économique, Philippe Martinez, ancien secrétaire général de la CGT et la géographe Anaïs Voy-Gillis viendront dialoguer avec le public.

 

« Avec le théâtre, j’ai trouvé mon lieu d’action, c’est mon remède à l’anxiété. Le monde va mal, il faut faire le pari pascalien qu’on n’a rien à perdre d’essayer que ça aille mieux », résume Samuel Valensi. « C’est finalement une chance d’être passé par HEC et le monde de l’entreprise, dit-il aujourd’hui. En tant qu’auteur, j’ai une empathie par rapport aux injonctions contradictoires que nous ressentons tous en nous levant le matin. »

 

 

« Made in France », jusqu’au 31 mars 2026 au Théâtre de la Renaissance, Paris 10e, puis en tournée. « Coupures », le 7 octobre à Laval, le 15 octobre au Théâtre du Château de la Ville d’Eu (Seine-Maritime), du 12 au 15 novembre au Théâtre de la Concorde, Paris 8e.

 

Sandrine Blanchard / Le Monde 

 

Légende photo : Samuel Valensi, lors des répétitions de « Made in France », au Théâtre de Belleville, à Paris, le 31 mars 2025. LAURA BOUSQUET

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Au Grand-Bornand, les beaux accents étrangers du festival Au bonheur des mômes

Au Grand-Bornand, les beaux accents étrangers du festival Au bonheur des mômes | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Cristina Marino (Le Grand-Bornand (Haute-Savoie), envoyée spéciale du Monde - 27 août 2025

 

Pour sa 33ᵉ édition, qui se tient jusqu’au 28 août, la manifestation, destinée au jeune public, a accueilli 19 compagnies étrangères, venues de 11 pays différents.

Lire l'article sur le site du "Monde" :
https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/08/27/au-grand-bornand-les-beaux-accents-etrangers-du-festival-au-bonheur-des-momes_6636148_3246.html

 

Chaque année, la dernière semaine d’août venue, Le Grand-Bornand (Haute-Savoie) se vide de voitures pour cause de circulation interdite dans le centre-ville et s’emplit de cris d’enfants, le temps du rendez-vous annuel destiné au jeune public, Au bonheur des mômes. La 33e édition du « festival le plus tendre de l’été », pour reprendre son slogan, du dimanche 24 au jeudi 28 août, n’a pas dérogé à la règle. Chose plus inattendue : on y entend parler différentes langues, autres que le français, non pas tant au niveau du public, qui reste très majoritairement hexagonal, mais plutôt sur scène, parmi les artistes venus du monde entier.

 

 

 

Cette année, sur les 73 compagnies accueillies au Grand-Bornand, 19 étaient internationales, représentant 11 pays : Allemagne, Argentine, Belgique, Brésil, Ecosse, Espagne, Italie, Norvège, Mexique, Pérou et Suisse. Et ce, pour un total de 91 spectacles, soit 465 représentations, dont 8 premières françaises de troupes étrangères.

 

Mais pourquoi tant de compagnies internationales dans ce petit village haut-savoyard en plein cœur de l’été ? Tous les artistes et professionnels rencontrés s’accordent sur un point : le rôle essentiel joué par son fondateur, Alain Benzoni, dit « Benzo », directeur général et artistique de la manifestation. Comme le résume Eric Wolff, directeur et programmateur du Relais culturel – Théâtre d’Haguenau (Bas-Rhin) : « Grâce à lui, depuis plus de trente ans, il y a une âme dans ce festival. Il en incarne l’esprit résolument humain. »

Une dimension « humaine »

Cette dimension profondément « humaine » d’Au bonheur des mômes est revenue à plusieurs reprises chez les artistes interrogés sur les raisons de leur venue. Ainsi, Luzia Bonilla, du duo Lucy & Lucky Loop, souligne « les bonnes conditions d’accueil » des compagnies au Grand-Bornand, tant au niveau du public que des infrastructures mises à leur disposition, techniques et autres.

 
Repérés par Alain Benzoni en Suisse, où ils vivent et travaillent, Lucy & Lucky Loop, Luzia Bonilla et Michael Kobi à la ville, proposent depuis des années des spectacles de théâtre de rue dans lesquels ils mêlent musique, acrobaties en tout genre, jonglage et hula hoop, le tout avec une bonne dose d’humour. Au Grand-Bornand, ils ont pu présenter deux de leurs créations, Marionetta et Catastrofonia, un petit bijou burlesque à la Charlie Chaplin avec des numéros de cirque d’une grande inventivité.
 

Egalement originaire de Suisse, du Tessin plus précisément, la Family Camus, une vraie famille à la ville comme à la scène, avec le père, Henry, la mère, Gaby, et les deux enfants, Viviana et Dominic. Déjà venus il y a plus de quinze ans avec leur Duo Full House, les parents ont décidé d’y revenir cette année à quatre pour présenter Les Touristes, un irrésistible mélange de musique, de jonglage, de danse et d’humour.

 
Pourtant habitués des festivals internationaux, Henry et Gaby Camus louent « l’attention portée aux détails, le travail remarquable des bénévoles et aussi la vitrine que représente le festival avec la présence de nombreux programmateurs ». Viviana, quant à elle, y apprécie surtout « l’ambiance et l’univers plein de fantaisie » et aussi « la possibilité d’y voir ce que font les autres en termes de création ».

« Un anti-Avignon »

Les artistes et programmateurs rencontrés voient tous Au bonheur des mômes comme « un anti-Avignon », un lieu où l’accent est mis avant tout sur le qualitatif plus que sur le quantitatif. Une exigence de qualité qui intervient dès la sélection des spectacles. Aucune création ne peut arriver devant les festivaliers sans avoir été vue au préalable dans son intégralité par Alain Benzoni ou un membre de son équipe, surtout pour des représentations destinées au jeune public.

 

 

Roser Vila, fondatrice de 23 Arts Brothers Projections, une agence de production et diffusion spécialisée dans le spectacle vivant et installée en Catalogne, désormais dirigée par son fils Jordi Fabregas, a rencontré « Benzo » il y a des années à Charleville-Mézières lors du Festival mondial des théâtres de marionnettes et ils sont devenus « compagnons de chemin ». Elle souligne « le niveau artistique très élevé » de la programmation qui fait d’Au bonheur des mômes « un festival réputé à l’international où de nombreuses compagnies rêvent de venir pour se faire repérer par des professionnels et décrocher des dates en France ». C’est le cas de la compagnie espagnole Giramagic venue présenter un spectacle plein de magie et de poésie, KariGuri, qui a séduit le public.

 
Autre élément attractif pour les compagnies étrangères au Grand-Bornand : une programmation multidisciplinaire qui couvre le spectacle vivant dans toute sa diversité. Ainsi, cette année, sur la thématique générale « Zanimal », consacrée aux relations entre enfants et animaux, on a pu y voir du jonglage, de la magie, de la musique, de la danse, de l’acrobatie, etc. Avec une dominante : des artistes touche-à-tout, à la fois musiciens, circassiens, danseurs, capables de faire naître de la poésie et du rêve, et une bonne dose de rires, à partir de petits riens – un simple fil élastique pour le duo suisse du Théâtre L’Articule ou un banal paquet de spaghettis pour l’artiste mexicain Guillermo Leon (Cie Facile à retenir), par exemple.

 

Artistes et professionnels sont aussi friands des temps d’échanges proposés par le festival. C’est le cas de Florian Guyot, responsable de la programmation jeune public, La Cour du spectateur, proposée par la Ligue de l’enseignement, fédération du Vaucluse, au « off » d’Avignon, et chargé de production pour La Fabrik, une association culturelle implantée dans les monts du Lyonnais.

Federico Cibin, chargé de diffusion pour la compagnie Nando e Maila, fondée par Ferdinando D’Andria et Maila Sparapani, installée à Bologne, en Italie, déjà venue à plusieurs reprises au Grand-Bornand, « un véritable tremplin » pour les artistes étrangers, et président de l’Association pour le cirque contemporain en Italie, estime qu’en fin de compte, le festival Au bonheur des mômes contribue aussi au « bonheur des artistes ».

 

 

Au bonheur des mômes, Le Grand-Bornand (Haute-Savoie), jusqu’au 28 août. Passe journée, 7 €, et passe semaine, 24 €. Puis tarification spécifique pour chaque spectacle, de 4 € à 14 €.

 

 

Cristina Marino (Le Grand-Bornand (Haute-Savoie), envoyée spéciale) / Le Monde 

Légende photo : Luzia Bonilla et Michael Kobi, le duo Lucy & Lucky Loop, lors du festival Au bonheur des mômes, au Grand-Bornand (Haute-Savoie), le 24 août 2025. G. PIEL/AU BONHEUR DES MÔMES

 

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