Le Kurdistan après le génocide
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Le Kurdistan après le génocide
Hommage aux victimes du génocide kurde (182000 morts en 1988, bien plus depuis 1969) et analyse du miracle économique actuel
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June 17, 2013 4:30 AM
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Le Kurdistan pourrait trouver « un nouveau cadre de relations » avec Bagdad

Le Kurdistan pourrait trouver « un nouveau cadre de relations » avec Bagdad | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
Pour les Kurdes, les négociations actuelles sont celles de la dernière chance.
Béatrice D.'s insight:

Le Kurdistan irakien sera contraint de trouver « un nouveau cadre de relations » avec le gouvernement central à Bagdad en cas d’échec des négociations en cours sur les différends territoriaux et pétroliers, a souligné hier Massoud Barzani.

Dans cet article il s'exprime sur les remations avec Badad, son voeux de voir le Kurdistan indépendant, et l'arrivée dans la région de combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

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June 16, 2013 7:06 PM
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L’engagement pour les enfants kurdes en Irak récompensé

L’engagement pour les enfants kurdes en Irak récompensé | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
Nouvelles d'Armenie en ligne
Béatrice D.'s insight:

Le Prix Caritas 2013 va dans la partie kurde du nord de l’Irak. L’organisation d’entraide catholique récompense cette année la Britannique Rachel Newton, fondatrice de l’organisation de protection de l’enfance STEP. La lauréate a amélioré les conditions de vie des enfants des rues dans ce pays en crise.

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June 15, 2013 2:07 AM
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Snur, la voix brisée du peuple kurde

Snur, la voix brisée du peuple kurde | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
Snur, la voix brisée du peuple kurde
Béatrice D.'s insight:

Première rencontre avec Snur, une jeune Kurde de 25 ans qui n'avait que 8 mois lorsque l'armée irakienne de Saddam Hussein a bombardé son village, dans la région de Duhok. Les gaz chimiques ont définitivement altéré sa voix. Je prépare un livre sur sa quête initiatique, à la recherche de son passé et des raisons de son handicap.

La communauté internationale n'a pas entendu les appels au secours des Kurdes en 1988. Et si, par un étrange retour de l'histoire, cette jeune femme qui a tant de mal à parler arrivait à se faire entendre et à faire entendre la voix du peuple kurde qui rêve de voir l'ONU reconnaitre officiellement le génocide, 25 ans après les terribles exactions du régime Ba'ath ! 

Que pensez-vous de ce projet ? Réactions et débats bienvenus.

 

Vous pouvez aussi visiter mon blog http://lephenixkurde.tumblr.com

Vous y trouverez des reportages et des infos pratiques sur la vie au Kurdistan.

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June 15, 2013 1:43 AM
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Le Kurdistan, terre d'accueil pour les Chrétiens du Moyen-Orient : reportage

Le Kurdistan, terre d'accueil pour les Chrétiens du Moyen-Orient : reportage | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
Le Kurdistan, terre d'accueil pour les Chrétiens du Proche et du Moyen-Orient
Béatrice D.'s insight:

Un reportage extrait de mon blog Tumblr "Le Phénix kurde " dans un Kurdistan qui renaît de ses cendres, 25 ans après le génocide. 

Tous les reportages et diaporamas en cliquant sur :

http://lephenixkurde.tumblr.com

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June 14, 2013 3:03 PM
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Des enfants syriens à l'école ou au travail dans un camp de réfugiés en Irak

Des enfants syriens à l'école ou au travail dans un camp de réfugiés en Irak | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
CAMP DE DOMIZ (Irak) (AFP) - Sidra déchiffre en arabe "Le Corbeau et le Renard" dans le camp de réfugiés syriens de Domiz, au Kurdistan irakien: la fillette a la c...
Béatrice D.'s insight:

Beau reportage dans le camp de réfugiés de Domiz, au nord du Kurdistan irakien, où 46.000 Syriens (dont 98% de Kurdes) attendent la fin des combats entre les rebelles et l'armée fidèle au président Bachar al-Assad.

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June 12, 2013 2:52 PM
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Massacre d'Halabja: les Kurdes veulent savoir qui sont les Français qui ont aidé Saddam Hussein

Massacre d'Halabja: les Kurdes veulent savoir qui sont les Français qui ont aidé Saddam Hussein | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
IRAK / FRANCE - Ce lundi 10 juin, vingt Kurdes d'Irak ont déposé au tribunal de grande instance de Paris une plainte contre X pour...
Béatrice D.'s insight:

Les vingt Kurdes qui ont porté plainte demandent l'ouverture d'une enquête sur le rôle de plusieurs personnes et de sociétés françaises susceptibles d'avoir rendu possible le massacre à l'arme chimique du village d'Halabja, au Kurdistan irakien, en 1988. Il y avait eu près de 5 000 morts.

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June 12, 2013 2:00 PM
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Irak: le gouvernement au Kurdistan pour apaiser les tensions entre Bagdad et Erbil

Irak: le gouvernement au Kurdistan pour apaiser les tensions entre Bagdad et Erbil | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
Toute l'actualité turco-kurde en français !
Béatrice D.'s insight:

Les relations entre le gouvernement de M. Maliki et les autorités du Kurdistan irakien sont empreintes d’une sourde inimité. Les deux entités s’affrontent notamment sur l’exploitation des hydrocarbures et une épineuse question territoriale.

En signe d'apaisement, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est rendu à Erbil, capitale de la Région autonome du Kurdistan, pour participer à une réunion à laquelle assistait aussi Nechirvan Barzani, le chef du gouvernement de la région.

 

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June 12, 2013 1:45 PM
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Kurdistan, la nouvelle destination touristique ?

Kurdistan, la nouvelle destination touristique ? | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
Erbil sera la capitale du tourisme arabe en 2014. Malgré des tensions récurrentes dans la région, les autorités de cette ville du Kurdistan autonome espèrent attirer 3 millions de visiteurs.
Béatrice D.'s insight:

Erbil connaît un boom touristique depuis la fin du régime de Saddam Hussein. Le développement des hôtels haute gamme s’est étendu jusqu’aux plaines situées entre la ville et les montagnes du nord. La ville peut aujourd’hui se vanter de posséder une douzaine d’hôtels aux standards internationaux, un salon d’automobiles de luxe, des boutiques de grands designers et des fast-foods à l’américaine.

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June 12, 2013 12:43 PM
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Un millier de soldats kurdes désertent l'armée irakienne

Un millier de soldats kurdes désertent l'armée irakienne | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
KIRKOUK (Irak), 11 juin 2013 (AFP) Un millier de soldats kurdes ont fait défection de l'armée irakienne et veulent rejoindre les forces de la région autonome du Kurdistan, un coup dur au pouvoir central.
Béatrice D.'s insight:

Cette décision a été prise après un différend avec le commandement de l'armée, ont affirmé mardi deux responsables kurdes.

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June 2, 2013 7:41 PM
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Le Kurdistan fait un pont d'or aux investisseurs étrangers

Le Kurdistan fait un pont d'or aux investisseurs étrangers | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Président de la branche agroalimentaire de UB Holding, à Zakho, Abdul Rakib Nazir (2e à droite) avait la possibilité de choisir une entreprise allemande très compétitive pour se doter d'une nouvelle machine d'embouteillage capable de produire 72.000 bouteilles d'eau à l'heure. Mais pour viser à terme les 12 millions de bouteilles/jour, il a préféré rester fidèle à Sidel, une entreprise basée à Octeville/Mer, près du Havre. Sidel qui était là au début de l'aventure en 2009, et qui a su accompagner UB Holding dans son développement à travers un service après-vente irréprochable. "C'est la qualité du suivi que l'on recherche", explique Abdul Rakib Nazir à Zoubeyr Mahy, PDG de Lush Tech, et Bruno Ghilardi, directeur technique de Phodé, deux Tarnais venus vendre leurs services à UB Holding (1).

A deux pas de là, Philippe Daoudal, l'ingénieur de Sidel venu installer la machine en mai, boit du petit lait... mais pas celui des 5000 vaches qui vont bientôt composer le cheptel de UB Holding. Eh oui, ça, ce sera l'affaire de Phodé et Lush Tech. 

Photo Béatrice Dillies

 

(1) Lire plus bas, dans ce topic, les articles intitulés: "26 milliards de dollars en 5 ans pour aider les entreprises qui investissent au Kurdistan" et "Des Tarnais à la conquête de l'eldorado kurde" 

Béatrice D.'s insight:

Les entreprises françaises adeptes des investissements directs à l'étranger ne vont pas être déçues au Kurdistan. Une loi a été spécialement votée en 2006 pour dérouler le tapis rouge aux investisseurs, quelle que soit leur nationalité.

Les treize mesures qui font la différence:
- La suprématie du droit du Kurdistan sur le droit irakien est garantie par l’article 115 de la Constitution irakienne.
- Conformément au droit kurde, les investisseurs étrangers bénéficient d’un droit exclusif de propriété sur les terrains ainsi que de plusieurs rabais pour acquérir des parcelles.
- Ils peuvent rapatrier les profits tirés des projets d’investissement.
- Ils ont le droit à une exemption fiscale de 10 ans, à partir du début de l’activité productive ou de service.
- L’exemption de l’importation des pièces détachées peut aller jusqu’à 15% du coût projet.  
- Les projets qui concernent les hôtels, les hôpitaux, les universités, les écoles, et les institutions touristiques bénéficient d’une exemption fiscale sur les biens d’équipement et les biens meubles.
- Les entreprises étrangères ont l’autorisation d’employer des travailleurs étrangers lorsque la main-d’oeuvre irakienne n’est pas disponible. Les travailleurs étrangers peuvent alors rapatrier leurs revenus.
- Exemption des droits de douane, de taxes et de brevets d’importation pour les véhicules, équipements... pendant 5 ans, sous réserve d’autorisation par le président de la Commission des investissements.
- Egalité des droits entre les investisseurs et les capitaux étrangers ou nationaux.
- Le GRK (gouvernement de la région autonome du Kurdistan, appelé aussi KRG en anglais) garantit le fourniture des services (eau, électricité, routes, télécommunications...) jusqu’à la limite géographique du projet.
- Exemption de taxe pendant 5 ans sur les matières premières destinées à la production.
- Incitation supplémentaires sous forme de primes pour des projets localisés dans des «zones moins développées» et pour les joint-ventures conclues entre des entreprises étrangères et kurdes.
- Autorisation de souscrire une assurance étrangère ou locale, au choix, quel que soit le projet d’investissement. 

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June 2, 2013 7:59 AM
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Le Kurdistan mise sur l'enseignement et la recherche

Le Kurdistan mise sur l'enseignement et la recherche | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Le Dr Mwafaq Barwary, directeur de la faculté d’agriculture et de foresterie de Duhok, gère un budget de 10 millions de $ par an. / Photo B. D.

Béatrice D.'s insight:

Le Dr Mwafaq Barwary n’a pas une minute à lui. Et pour cause, il est à la tête de la faculté d’agriculture et de foresterie de Duhok, la meilleure université du Kurdistan, qui en compte 22, mais aussi la première en Irak, qui en compte une centaine, et la douzième de tous les pays arabophones. Une grande fierté pour le Dr Barwary qui enchaîne donc les rendez-vous afin de rester au top. 

Après Valentin Barca, chercheur roumain venu signer un protocole d’accord au nom de l’université Carole Davila de Budapest, il reçoit une délégation tarnaise conduite par Bruno Ghilardi, le directeur technique Animal Care de Phodé, et par Zoubeyr Mahy, le président de l’association franco-kurde de Midi-Pyrénées, ici présent avec sa casquette de patron de Lush Tech pour mettre en place un protocole d’essai sur 8000 poulets. Objectif: que les jeunes étudiants-chercheurs comprennent le fonctionnement de l’additif alimentaire Force 6 et qu’ils s’inspirent du brevet déposé sur ce produit par l’Ensiacet de Toulouse pour extraire des propriétés aussi performantes des plantes kurdes. «On a des professeurs qui les ont toutes classifiées, indique le directeur de l’université. Maintenant, on a besoin de la technologie de Phodé pour avancer.»

Pour ça, mais aussi pour qu’étudiants et professeurs travaillent dans de bonnes conditions, le gouvernement de la région autonome du Kurdistan (GRK) n’hésite pas à mettre de l’argent sur la table. Beaucoup d’argent, car il a fallu partir de zéro après la chute du régime de Saddam Hussein. Les armes à la main, les Kurdes étaient devenus des soldats tandis que leurs femmes assuraient l’intendance pendant la résistance. L’urgence était de survivre, pas d’apprendre un métier ou de faire des études. Depuis qu’il gère 17% du pétrole irakien, le GRK rattrape donc le temps perdu. 

En l’occurrence, dans cette seule université de Duhok, il investit 10 millions de dollars par an, un budget qui prend en compte le salaire des enseignants, les coûts de fonctionnement, mais qui permet aussi de financer les études et le logement des 825 étudiants tout en assurant à chacun une bourse de 50$ par mois. Cette année, une enveloppe de 500.000 $ a en outre permis au centre de recherche de se doter de technologies récentes pour mener à bien ses 81 programmes de recherche dans l’agroalimentaire et l’agroforesterie. 

Une dernière enveloppe, et non des moindre, est destinée aux 56 étudiants en doctorat qui poursuivent actuellement leurs études à l’étranger, puisque, pour eux, la bourse peut atteindre 50.000 $ par an.

Cet appétit de savoir, largement financé par le GRK, n’a qu’un but: «Qu’il y ait des retombées sur la croissance des élevages kurdes, que ce soit de poulets, de vaches... peu importe», explique le Dr Barwary, visiblement soucieux d’accroître encore le prestige de son université, mais aussi de participer au développement du Kurdistan. Un large sourire se dessine sous sa moustache. «Nous sommes en train de construire un pays. C’est très excitant.»

Béatrice Dillies    

 

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May 30, 2013 9:20 AM
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Le Kurdistan, terre d'accueil pour les Chrétiens du Proche et du Moyen-Orient

Le Kurdistan, terre d'accueil pour les Chrétiens du Proche et du Moyen-Orient | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Le gardien de l'église, dans le quartier chrétien de Mayé, près de la frontière turque.

Pour voir plus de photos sur les chrétiens et les chaldéens du Kurdistan irakien, cliquez sur http://www.flickr.com/photos/beatrice_dillies/sets/72157633584267602/

Béatrice D.'s insight:

13 heures, la table de Faouzia est remplie de délicieux plats kurdes. La famille Mahy a profité du vendredi pour faire la route depuis Duhok et se reposer à Mayé, dans le berceau familial; un village rasé en 1978 par l'aviation de Saddam Hussein, mais aussi bombardé à plusieurs reprises au point que Faouzia, son frère Zoubeyr, et leurs enfants ont dû reconstruire leur maison quatre fois. En 1991, tous avaient trouvé refuge en France, à Albi près de Toulouse, pour fuir les menaces. Après la chute de Saddam, comme les autres habitants du village, ils ont reconstruit une dernière fois pour rester fidèles à leurs racines.

Alors le week-end, les voitures défilent dans le petit villge de montagne, près de la frontière turque. Mais ce jour-là, Faouzia a oublié le pain. Pas de souci, Zoubeyr descend au bas du village où des amis chrétiens sont justement en train de faire leur pain dans le four ancestral. Ils se saluent, échangent des nouvelles, et Zoubeyr repart avec deux galettes bien chaudes. 

L'après-midi, la famille décide d'aller visiter deux villages chrétiens célèbres pour abriter de magnifiques églises troglodytes. Première étape, Dooré. Benyimen Tyadors, le frère de l'évêque, propose d'accompagner les promeneurs car la montée est raide. A mi-chemin, il s'arrête et désigne une grotte, sur le versant opposé de la vallée de Galiya, juste en face l'église Marqiyoma ("le matin") construite au Xe siècle après Jésus Christ. "En 1961, nous avons caché le général Mustafa Barzani trois mois dans cette grotte." Zoubeyr tend l'oreille parce que cette année-là, le village de Mayé avait aussi caché le chef de la résistance kurde pendant quelques mois avant qu'il choisisse d'établir son QG à Dooré.

L'ancien peshmerga se souvient que 75 peshmergas chrétiens avaient accompagné Mustafa Barzani dans sa fuite en URSS en 1947. Lui-même a combattu aux côtés de chrétiens dans les années 80, dans la résistance; ça créé des liens. 

D'ailleurs, le KRG, le gouvernenement de la région autonome du Kurdistan, ne l'a pas oublié et construit des églises partout où c'est nécessaire. "Les Kurdes ont littéralement ouvert leur coeur et leur maison aux chrétiens pour qu'ils se sentent chez eux", confiait Mgr Nicodemus Daoud, il y a quelques mois, au mensuel L'Essentiel. Résultat, les chrétiens, régulièrement victimes d'exactions dans le reste de l'Irak, affluent. Si bien qu'à Erbil, dans la capitale du Kurdistan, le quartier d'Ankawa se développe à vitesse grand V.

Il faut dire que la sécurité des chrétiens comme celle de toutes les autres communautés de la région autonome est garantie par le projet de Constitution du Kurdistan. Dans l'article 5, alinéa 1, il est écrit que "le peuple de la Région du Kurdistan est composé de Kurdes, de Turcomans, d'Arabes, d'Assyro-Chaldéo-Syriaques, d'Arméniens et des autres citoyens du Kurdistan". L'article 35 de ce texte garantit en outre à chacune des communautés leurs "droits ethniques, culturels et administratifs" ainsi que la possibilité de disposer d'un statut d'autonomie "là où elles représentent la majorité de la population". Alors, au Kurdistan, les chrétiens de Bagdad, Kirkouk et d'ailleurs sont sereins. 

18h30. Fin de balade pour Zoubeyr et sa famille. La lumière du jour fléchit, mais ils ont encore le temps de voir l'église troglodyte de Yaté. Joséphine Gorgis, une catholique mariée à un Assyrien, se rend justement à l'église afin d'allumer la guirlande lumineuse qui pemet à la gigantesque croix, au-dessus de la porte, de briller à des kilomètres la nuit. Tout heureuse de voir des voisins musulmans s'intéresser à son église, elle leur fait visiter l'intérieur en précisant que c'est le gouvernement du Kurdistan qui l'a reconstruite après le bombardement du village en 1996. Un village devenu refuge pour cette ancienne habitante de Kirkouk.

Joséphine réalise soudain que Zoubeyr fait un commentaire en français. "Franci", demande la quinquagénaire, le regard brillant. Le visiteur franco-kurde d'Albi comprend que son interlocutrice lit Balzac et Voltaire, ses auteurs préférés, en arabe. Voltaire, le chantre de la tolérance. Zoubeyr n'est pas étonné. Pour lui, la tolérance est consubstantielle du peuple kurde. 

 

Béatrice DILLIES

 

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May 29, 2013 4:02 AM
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« C’est parce qu’il est flou que le processus de paix entre Turcs et Kurdes peut tenir »

« C’est parce qu’il est flou que le processus de paix entre Turcs et Kurdes peut tenir » | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
Le début du retrait du PKK soulève plusieurs interrogations, sur le processus lui-même et sur ses conséquences. Trois experts reviennent pour « L’Orient-Le Jour » sur le conflit.
Béatrice D.'s insight:

Le PKK a précisé qu’il resterait fidèle à son engagement de quitter le territoire turc dès lors qu’il n’était pas attaqué par les forces turques. Le nombre de rebelles kurdes présents en Turquie est estimé à 2 000, auxquels s’ajoutent 2 500 autres en Irak.

Outre la situation interne turque, le conflit qui ravage la Syrie déjà depuis plus de deux ans a également accéléré le processus de paix entre les Kurdes et la Turquie.

Mais, ces arrivées de militants du PKK en territoire irakien ne sont pas vues d’un bon œil, ni par les habitants du Kurdistan irakien ni par les autorités de Bagdad.

Olivier Gojean, maître de conférences en science politique à l’Université d’Aix-Marseille, en délégation au CNRS et spécialiste de la question kurde, analyse les conséquences sur le Kurdistan irakien.

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May 28, 2013 5:31 PM
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Gaz sarin : utilisé pour tuer depuis trois quart de siècles, y compris au Kurdistan

Gaz sarin : utilisé pour tuer depuis trois quart de siècles, y compris au Kurdistan | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
L’utilisation d’armes chimiques en Syrie est suspectée depuis quelques temps déjà. Quant à celle du gaz sarin en particulier, un reportage de la télévision belge flamande en avril dernier…
Béatrice D.'s insight:

Le président syrien n'est pas le premier à utiliser du gaz sarin sur son peuple. Saddam Hussein, lui, est fortement soupçonné de s’en être servi en 1988 dans ce qui fut l’un des pires moments de la guerre Iran-Irak, le massacre de la population civile de la ville kurde de Halabja. 5000 hommes, femmes et enfants en sont morts.

Euronews rappelle que la convention sur l’interdiction des armes chimiques a été signée en 1993 par 162 membres. Deux d’entre ne l’ont jamais ratifiée: Israel et Myanmar, et 6 ne l’ont jamais signée: l’Angola, la Corée du nord, le Sud Soudan, l’Egypte, la Somalie et... la Syrie.

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May 27, 2013 2:39 PM
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Le Kurdistan, du génocide à une croissance économique record: 100 photos pour comprendre

Le Kurdistan, du génocide à une croissance économique record: 100 photos pour comprendre | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Journaliste à La Dépêche du Midi, je suis actuellement à la recherche d'un éditeur pour un projet de livre multimédia sur le génocide kurde, génocide qui a commencé en Irak en 1969 dans la région de Badinan...

Béatrice D.'s insight:

Promenez-vous dans ma galerie Flickr et mes sept albums thématiques sur le Kurdistan irakien. Galerie appelée à s'agrandir cet été. Je serai au Kurdistan de mi-juin à mi-septembre.

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May 25, 2013 5:50 AM
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Dr Kemal Kerkuki, PDK: "Si Bagdad ne respecte pas la constitution, l'Irak ne restera pas en une seule partie"

Dr Kemal Kerkuki, PDK: "Si Bagdad ne respecte pas la constitution, l'Irak ne restera pas en une seule partie" | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Le Dr Kemal Kerkuki est l'ancien président du Parlement kurde. Il est aujourd'hui chargé des relations nationales et internationales au PDK, le parti majoritaire d'où est issu Massoud Barzani, le président de la région autonome du Kurdistan.

Béatrice D.'s insight:

Massoud Barzani hésite encore. Le président de la région autonome du Kurdistan, en Irak, sera-t-il candidat à un troisième mandat en septembre? «Son parti, le PDK, et la majorité des Kurdes le souhaitent», assure le Dr Kemal Kerkuki, l’ancien président du Parlement kurde, Parlement qui avait désigné Massoud Barzani à ce poste à l'issue des premières élections législatives post-Saddam. En 2009, ce sont les Kurdes eux-mêmes qui avait reconduit le héros de la résistance dans ses fonctions. Cette fois encore, Massoud Barzani souhaite que le peuple tranche par le biais du suffrage universel. Or, la constitution kurde n’autorise que deux mandats. Si les experts décident qu’il s’agit de deux mandats au suffrage universel, Massoud Barzani pourra se représenter. Sinon... le Dr Kemal Kerkuki n’ose pas l’imaginer. 

 

Pourquoi cet empressement à vouloir que Massoud Barzani se représente à la présidence du Gouvernement de la Région du Kurdistan? Le PDK n’a donc pas préparé l’après Barzani?

Dr Kemal Kerkuki: "Massoud Barzani est l’homme de la situation. Dans son enfance, il a suivi son père, le général Barzani, comme un apprenti, dans tous les domaines. Sur le plan militaire, politique, dans les négociations, il est devenu un vrai professionnel. Or, nous sommes à une période charnière, comme le peuple américain l’était à la création des Etats-Unis. Une situation fragile qui a amené le peuple américain à obliger Georges Washington à faire un deuxième mandat. S’il n’avait pas été malade, les Américains lui auraient demandé d’en faire un troisième. Aujourd’hui, on est en train de convaincre Massoud Barzani de se présenter à un troisième mandat. Là dessus, l’UPK pense la même chose que le PDK. C’est pour ça, je pense, qu’on arrivera à le convaincre."

 

La situation est tendue, depuis un an, entre Massoud Barzani et Nouri Kamal al-Maliki, le premier ministre irakien. Que ferait Massoud Barzani dans un troisième mandat?

Dr Kemal Kerkuki: "Ce que souhaitent tous les Kurdes. Aujourd’hui, le gouvernement de Bagdad ne respecte pas la constitution irakienne. Il y a des milices, en dehors de l’armée, attachée au Premier ministre. Elles ont fait des provocations, notamment à Kirkouk. Aujourd’hui, c’est notre choix de dépendre de l’Irak si l’Etat fédéral du Kurdistan reste libre et si l’Irak respecte la constitution. Si la constitution est bafouée, l’Irak ne pourra pas rester en une seule partie."

 

Mais est-ce que les Kurdes la respectent? Bagdad vous accuse d’outrepasser vos prérogatives sur le pétrole en ayant attribué des permis d’exploration à Exxon, Chevron, Total et Gazprom! 

Dr Kemal Kerkuki: "On a toujours respecté la constitution irakienne. Nous avons présenté ces projets à des experts juridiques internationaux. Ils nous ont dit qu’on était dans un cadre légal."

 

Le Kurdistan serait prêt alors à déclarer son indépendance?

Dr Kemal Kerkuki: "Comme je l’ai dit, si le gouvernement irakien ne respectait pas la constitution irakienne, l’Irak ne resterait pas en une seule partie. Cela dit, cette décision ne dépend pas d’une personne ou d’un parti, mais d’un référendum qui concernerait la totalité du peuple kurde. Moi, à titre personnel, je suis pour avoir un Etat libre pour le Kurdistan."

 

Comment expliquer le retournement d’alliance avec la Turquie, dont le régime a causé la mort de beaucoup de Kurdes, qu’ils soient Turcs ou Irakiens?

Dr Kemal Kerkuki: "Nous avons connu le génocide; ça n’a jamais été dans notre philosophie d’être une menace pour qui que ce soit. On a fait le maximum pour dire aux Turcs que nous n’étions pas un danger. C’est un voisin important, qui a une longue frontière avec nous. Nous sommes ravis que les investisseurs turcs viennent chez nous. Nous avons eu la même politique avec l’Iran. Nous sommes une région démocratique. Nous souhaitons avoir de bonnes relations avec tous les Etats et régimes démocratiques dans le monde. Notre position est qu’il faut toujours régler les problèmes avec le dialogue. Mais en même temps, si on nous attaque, on est prêt à répondre."

 

Vous avez participé aux négociations entre Ankara et les Kurdes du PKK, en Turquie?

Dr Kemal Kerkuki: "Effectivement, on a été médiateur. On continue à suivre le retrait du PKK vers les montagnes du Kurdistan. Il n’y a pas eu d’accrochage. Les deux côtés sont vraiment prêts à un accord de paix. A cet égard, en acceptant de négocier avec Abdullah Öcalan, Recep Tayyip Erdoğan, le 1er ministre turc, a pris un chemin très juste. On salue Abdullahh Öcalan qui arrive à gérer une révolution tout en négociant avec son adversaire en prison. Et on salue la position du 1er ministre turc qui a déclaré que le temps était fini de nier que les Kurdes existent. Maintenant, on souhaite que le processus en cours arrive à son terme et que le PKK devienne un parti politique, qui a le droit de participer aux élections. L’homme ne doit jamais être prisonnier du passé. On doit jamais penser à la vengeance."

 

C’est important ce que vous dites, alors que le génocide perpétré contre votre peuple a conduit des centaines de milliers de Kurdes à la mort en 40 ans. Le pardon est important dans la philosophie kurde?

Dr Kemal Kerkuki: "Oui, surtout quand on voit qu’en face l’adversaire est sérieux dans sa volonté de changer. 100.000 soldats irakiens étaient au Kurdistan lorsque la région a été libérée en 1991. Nous les avons tous faits prisonniers. Le peuple kurde n’en a pas tué un seul, alors que la blessure du génocide était encore vive. Aujourd’hui encore, on ne fait pas de différence entre un Kurde, un Arabe, un Chrétien. Un être humain est un être humain. Chacun doit avoir la vie sauve." 

 

Vous pardonnez et, en même temps, vous vous battez pour que la communauté internationale reconnaisse officiellement le génocide kurde.  Pourquoi?

Dr Kemal Kerkuki: "Pardonner ne veut pas dire oublier."  

 

Sur ce point, qu’attendez-vous de la France?

Dr Kemal Kerkuki: "Le peuple de France est immense. Il a une grande profondeur démocratique. On est sûr que les élus français vont suivre l’exemple britannique en votant la reconnaissance du génocide kurde au Parlement."

 

Les problèmes s’apaisent pour les Kurdes de Turquie mais ils perdurent pour les Kurdes de Syrie, un pays en pleine guerre civile. Quelle est votre position sur le régime de Bachar El-Assad?

Dr Kemal Kerkuki: "On ne peut pas défendre un régime comme ça. Quelqu’un qui tue son peuple comme ça a pris tout seul la décision de ne pas exister et de se mettre au ban des Nations. Quoi qu’il arrive, il n’y a aucune raison qu’un régime dictorial qui tue son peuple continue." 

 

Si la Syrie éclate, peut-on imaginer que le Kurdistan syrien et le Kurdistan irakien réclament ensemble leur indépendance?

Dr Kemal Kerkuki: "Après Bachar, les Kurdes syriens réclameront ce qu’ils veulent. On ne leur dictera pas leur conduite. Par ailleurs, on les voit régulièrement, ils ne nous ont jamais parlé de ce projet."

 

Propos recueillis par BEATRICE DILLIES

 

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May 24, 2013 12:56 PM
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Les Kurdes veulent sortir leur génocide de l'oubli

Les Kurdes veulent sortir leur génocide de l'oubli | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Mohsin Dizey (ici avec la canne) est l'ex bras droit de Mustafa Barzani, qui était le chef de la résistance kurde de 1931 à 1979. Il a été interviewé le 16 mai 2013, lors d'une expo sur le génocide kurde au parc des expos à Erbil.

Béatrice D.'s insight:

Farhan Murad Hamed, né en 1966, tué en 1988 à Hanaray Choan. Khidr Hama Cheikh Omar, né en 1944 à Khalifan, tué en 1988 à Joramerg. Bakhtiar Ali Mohamed, né en 1974 à Tcharaxarota, tué en 1988 route de Sangao...
Mohsin Dizey s’attarde sur tous les visages figés pour l’éternité dans un parc des expositions bien trop petit, à Erbil, pour accueillir la photo des 182.000 Kurdes tués entre le 23 février et le 6 septembre 1988 à cause d’Anfal, nom de code donné par Saddam Hussein et son âme damnée, Ali le chimiste, à «l’opération» qui avait pour but de terminer le «travail» commencé en 1969 dans la région de Badinan, à savoir l’extermination systématique de tous les Kurdes d’Irak.

L’ancien bras droit du général Mustafa Barzani, le héros de la résistance kurde, est l’invité d’honneur de l’exposition que l’université Salahaddin consacre au 25e anniversaire d’Anfal. Un indispensable travail de mémoire pour Mohsin Dizey qui s’attarde un peu plus longuement sur la photo de Jiyan Abdulkader Salih, née en 1986 à Talabani Gawra, et tuée le 5 mai 1988 à Qasrok...

Tout près de là, le sinistre nuage de fumée qui a recouvert Halabja le 16 mars 1988. Bilan des 297 bombes lâchées en quelques heures sur la ville martyre: 5000 morts et 10.000 blessés, essentiellement à cause des gaz chimiques. Difficile de retenir les larmes devant tous ces corps aux yeux vitreux, les traits souvent déformés par la souffrance des derniers instants.
De retour dans le hall d’entrée du parc des expos de la capitale de la région autonome du Kurdistan, Mohsin Dizey s’appuie plus lourdement encore sur sa canne. Un voile de tristesse traverse ses yeux, mais il se déchire immédiatement à la vue de la seule journaliste européenne présente en ce 16 mai 2013. Le vieux peshmerga reprend son bâton de pèlerin, heureux de transmettre son message aux Français par mon intermédiaire.


En quoi cette exposition est importante pour vous?
Mohsin Dizey: «Le gouvernement régional du Kurdistan soutient fortement toutes les initiatives pour maintenir la mémoire; ça passe par le mémorial à Barzan et évidemment par l’éducation. Le président de l’université en sait quelque chose. C’est la nouvelle génération qui doit porter la mémoire du génocide kurde maintenant. C’est en ce sens que la transmission est importante. Après la shoah, en Europe, ce travail a été fait. Au Kurdistan, on essaie de faire la même chose pour que nos petits enfants n’oublient pas.»


Pensez-vous que la communauté internationale reconnaîtra un jour, officiellement, ce génocide?
«Les Kurdes ne sont pas les Juifs. Après avoir été exterminés, on leur a accordé le droit de créer l’Etat d’Israël. Nous, on attend encore. Je me rappelle de l’année 1976. J’étais aux Etats-Unis avec Mustafa Barzani. Le 10 décembre, on s’est retrouvé face à l’ONU. On est resté silencieux pendant dix minutes. J’ai fini par demander pourquoi. Il a dit: «Tous les peuples du monde sont représentés à l’ONU sauf un seul: le peuple kurde. Tant qu’on ne sera pas représenté ici, les Kurdes n’avanceront pas.» Les Kurdes font partie des oubliés, avec les Palestiniens.»


Aujourd’hui, Mohsin Dizey veut croire que la communauté internationale va enfin donner une suite à l’initiative de Danièle Mitterrand, considérée comme la «mère des Kurdes» pour avoir poussé son mari, François Mitterrand, à défendre la résolution 688 à l’ONU, résolution qui a permis de mettre en place une exclusion aérienne au-dessus du Kurdistan, en 1991. Pour la première fois, les Kurdes étaient reconnus comme victimes. Reste maintenant à accepter l’évidence au vu des archives du régime Baas; c’est un peuple qui était visé, simplement parce qu’il prétendait faire vivre sa culture et sa langue sur le territoire de ses ancêtres. Ses aspirations n'ont pas changé.


Propos recueillis par Béatrice Dillies

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May 24, 2013 12:44 PM
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Il y a 25 ans, des Kurdes musulmans tués au nom d'une sourate du Coran

Il y a 25 ans, des Kurdes musulmans tués au nom d'une sourate du Coran | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Lanja Dizayee, conseillère du ministre des Martyrs et des affaires Anfal, dans le gouvernement de la région autonome du Kurdistan.

Béatrice D.'s insight:

1988. Une année terrible pour les Kurdes d’Irak qui ont entamé des démarches auprès de l’ONU pour que la communauté internationale reconnaissance enfin ce qui apparaît comme une évidence au vu des ordres écrits retrouvés dans les archives de Saddam Hussein: la volonté génocidaire du régime Baas (parfois orthographié Baath, Ba'ath ou Ba'as) envers ces Kurdes fiers qui ont toujours résisté à la volonté de Bagdad d’arabiser la totalité du pays.

Puisqu’il ne pouvait les soumettre, Saddam Hussein a opté pour la "solution finale", dite opération "Anfal", qui a fait 182.000 morts entre le 23 février et le 6 septembre 1988. Le paroxysme de l’horreur a été atteint le 16 mars 1988, avec le bombardement d'Halabja, d'abord au napal, puis avec des gaz chimiques. Bilan: 5.000 Kurdes morts gazés et 10.000 blessés en quelques heures.

«Le paradoxe, c’est qu’ils ont choisi le nom d’une sourate du Coran pour leur opération, et que 95% des victimes étaient des musulmans», soupire Lanja Dizayee, la directrice de cabinet du ministère des martyrs.

Les autres victimes? Des chrétiens essentiellement; Kurdes pour la plupart. Preuve qu’il ne s’agissait pas d’une guerre de religion, mais bien d’un conflit ethnique. D'ailleurs, quasiment tous les Kurdes d'Irak sont sunnites... comme les anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein.

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May 24, 2013 10:53 AM
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26 milliards de dollars en 5 ans pour aider les entreprises qui investissent au Kurdistan

26 milliards de dollars en 5 ans pour aider les entreprises qui investissent au Kurdistan | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it

Le Dr Kamaran Mufti est Directeur général du Board of Investment, le bureau des investissements, à Erbil. Sur les 5 dernières années, son service a donné 26 milliards de $ pour aider les entreprises à investir, dont 15% au profit d'investisseurs étrangers.

Béatrice D.'s insight:

Le siège du Board of Investment ne paie pas de mine, dans la capitale de la région autonome du Kurdistan. Le Dr Kamaran Mufti préfère consacrer l'essentiel du budget aux entreprises qui frappent à sa porte, pourvu qu'elles aient un bon projet pour le pays. "La construction, les transports, les routes, la santé, l'agroalimentaire, l'eau, l'enseignement supérieur... nous aidons tous les projets qui participent au développement du Kurdistan", sourit le Dr Mufti, qui peut dire merci aux puits de pétrole kurdes.

Sur les cinq dernières années, 750 projets ont ainsi reçu le soutien de son ministère qui a déboursé pour eux 26 milliards de dollars, dont 15% au profit d'investisseurs étrangers. Le Dr Mufti fait d'ailleurs un appel du pied aux investisseurs français qui ont très bonne réputation au Kurdistan. "Toute entreprise qui veut s'installer au Kurdistan se voit attribuer un terrain pendant 25 ans pour une location symbolique. Et après, ça se renouvelle. Les investisseurs étrangers sont exonérés d'impôts pendant 10 ans et de droits de douane pendant 5 ans. Au-delà, les impôts se montent au maximum à 15% sur les cigarettes et l'alcool. Pour les autres produits, ils sont entre 2 et 4%."

Les ciments Lafarge ont été parmi les premiers à bénéficier de cette politique de soutien à l'investissement. Le régime de Saddam Hussein avait laissé le Kurdistan exsangue. Après sa chute, les Kurdes ont commencé à reconstruire. "Nous avons investi 1 milliard 710 millions de dollars dans le ciment. En 2005, on ne produisait que 3000 tonnes de ciment. Aujourd'hui, grâce aux projets qu'on a soutenus, on produit 10,5 millions de tonnes par an. On a aussi récupéré le fer de tout l'Irak, si bien que la plus grande usine de fabrication de fer est maintenant à Erbil. Pareil pour l'eau. En 2005, 95% des bouteilles venaient de l'étranger. Aujourd'hui, 95% sont fabriquées au Kurdistan." 

Mais il y a encore beaucoup à faire. Le Dr Kamaran Mufti insiste: "On a besoin du soutien des Français, de votre technologie, de votre savoir-faire. Nos portes sont ouvertes. Venez nombreux, et je plante moi-même le drapeau français."

Beaucoup de chefs d'entreprise kurdes espèrent que son appel sera entendu car l'image de la France est bonne depuis que Danièle Mitterrand a poussé son mari à obtenir une zone d'exclusion aérienne au-dessus du Kurdistan, en 1991, alors que Saddam Hussein s'apprêtait à commettre un nouveau génocide. Le PDG de Kosar company, dont le chiffre d'affaire augmente de près de 20% par an, en est presque triste pour la France. "Les Français sont venus nous aider pour rien avec Médecins du Monde. Et maintenant qu'ils pourraient gagner de l'argent, ils ne sont pas là. Je ne comprends pas."

BEATRICE DILLIES

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May 24, 2013 8:21 AM
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Des Tarnais à la conquête de l'eldorado kurde

Des Tarnais à la conquête de l'eldorado kurde | Le Kurdistan après le génocide | Scoop.it
«Rojbaç, Doktor Muhsin! Tu yébaçi? Bonjour Zoubeyr, ça va, merci», répond le PDG de Kosar company, dans sa langue natale.A l’entrée d’un des plus grands restaurants de la capitale de la région autonome du Kurdistan, Bruno Ghilardi salue de la tête...
Béatrice D.'s insight:

Depuis 2006, la région autonome du Kurdistan gère à son profit 17% de la manne pétrolière irakienne. Par ailleurs, le Gouvernement de la région du Kurdistan, présidée par Massoud Barzani, a eu l'autorisation de mettre les anciens peshmergas au service de la nouvelle armée kurde qui, avec la police, protège un véritable havre de paix, à quelques kilomètres à peine des attentats quasi quotidiens qui frappent le reste de l'Irak. Résultat, le Kurdistan connaît aujourd'hui la deuxième plus forte croissance économique au monde. Les hommes d'affaire turcs, américains, russes, anglais et allemands sont présents en force là-bas. Les Français sont beaucoup plus timides en dehors du groupe Carrefour et des ciments Lafarge.

Deux PME tarnaises montrent pourtant l'exemple... avec de gros bénéfices à la clé. 

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Idem pour la situation au Kurdistan.