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Nous sommes en train de comprendre ce qui s’est passé depuis cinquante ans. L’hystérie du monde du travail, la grande protestation des peuples, l’enfermement des nouvelles générations dans une espèce de présent perpétuel, sont les conséquences de l’effondrement d’une civilisation: celle de la société industrielle. L’une après l’autre, les utopies de gauche et de droite se sont fracassées sur une réalité qu’il est désormais possible de désigner par son nom : la société digitale. Elle nous transforme en une série d’informations qu’un logiciel peut traiter à partir de n’importe quel point du globe. Une immense frayeur traverse la société. Le travail à la chaine d’hier a-t-il laissé la place à la dictature des algorithmes? Les réseaux sociaux sont-ils le moyen d’un nouveau formatage des esprits? Par un formidable retour en arrière, les questions de l’ancien monde sont en train de resurgir au cœur du nouveau. Les temps changent, mais vont-ils dans la bonne direction? Ce livre iconoclaste permet de comprendre le désarroi dont le populisme est l’expression. Il décrypte d’une façon lumineuse des événements dont le sens nous échappe parfois, tout en ayant l’ambition de veiller à la défense des valeurs humanistes au nom desquelles le nouveau monde a, aussi, été créé. No comment yet.
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En déclarant la mort de la nature, nombreux sont ceux qui voient dans l’Anthropocène l’opportunité de prendre enfin les commandes d’un système-terre entièrement modelé par les humains. À rebours de cet appel au pilotage global, Virginie Maris réhabilite l’idée de nature et défend la préservation du monde sauvage. Elle revisite pour cela les attributs de la nature que les fantasmes prométhéens du contrôle total s’appliquent à nier : son extériorité, en repensant la frontière entre nature et culture ; son altérité, en reconnaissant la façon dont les non-humains constituent leurs mondes tout comme nous constituons le nôtre ; et enfin son autonomie, en se donnant les moyens de respecter et de valoriser ces mondes multiples. L'auteure invite à remettre au cœur de la réflexion sur la crise environnementale la nécessité de limiter l’emprise humaine sur la planète, en redonnant toute sa place au respect de cette nature indocile qui peuple nos paysages, nos imaginaires, et qui constitue finalement l’autre face de notre humanité.
Ladyss's insight:
Septembre 2018
Face à la crise écologique globale, la transition énergétique est aujourd’hui devenue un enjeu crucial pour les démocraties modernes. Pourtant, l’essentiel des politiques de transition mises en œuvre restent animées par un idéal d’abondance énergétique, et concentrent leurs efforts sur les aspects techniques du problème : gains d’efficacité et promotion des renouvelables. Mais n’est-ce pas aussi l’idéal d’abondance énergétique lui-même qui mériterait aujourd’hui d’être questionné ? La notion de sobriété énergétique, qui émerge péniblement dans le discours public depuis les années 2000, cristallise les doutes contemporains quant au degré réel de compatibilité entre abondance énergétique et limites environnementales. Elle permet d’insister sur la dimension politique et sociale de la transition énergétique, lorsque les démocraties modernes se heurtent aux contraintes matérielles posées par la finitude des ressources et le réchauffement global. Elle fait apparaître l’importance qu’il y aurait à préserver ou renforcer l’équité sociale dans la confrontation collective aux limites, par une répartition plus équitable des efforts de réduction des consommations énergétiques. Elle pose enfin la question décisive du rôle des institutions démocratiques dans la conception et la mise en œuvre de politiques de transition énergétique qui assumeraient davantage la perspective de la fin de l’abondance énergétique. Sur la base d’enquêtes de terrain, cet ouvrage propose une analyse interdisciplinaire, associant science politique, sociologie, marketing et anthropologie, des enjeux sociaux et politiques de la transition énergétique. Il contribue ainsi à mettre en débat la portée politique, la pertinence sociale et la nécessité écologique de la sobriété énergétique
Une autre ville est-t-elle possible ? En s'appuyant sur les travaux du philosophe Ivan Illich (1926-2002), Silvia Grünig montre combien le développement exponentiel des villes, devenues d'authentiques entreprises urbaines, se révèle contre-productif. La mondialisation urbaine génère ainsi de véritables anti-villes, comme autant de lieux de « grand enfermement », où les populations ont la plupart du temps largement perdu toute possibilité de contrôler, de maîtriser ces territoires qu'elles sont pourtant censées habiter ; d’autant plus que, dans ce contexte, ville et campagne constituent deux volets du même processus.
Ladyss's insight:
Sept. 2018
La période contemporaine connaît une situation inédite dans l’histoire de la terre : les apports sédimentaires aux océans ont chuté à des niveaux jamais atteints. Les fleuves de la planète sont victimes d’une forte réduction de leur transport sédimentaire en direction des océans. Sur un fond d’érosion « géologique », ils ont connu des phases de pénurie et d’abondance dues à des climats agressifs et aux actions humaines. En cause, la multiplication des barrages et des extractions de matériaux dans les lits fluviaux.
This book explores the strong links between sustainability and the humanities, which go beyond the inclusion of social sciences in discussions on sustainability, and offers a holistic discussion on the intellectual and moral aspects of sustainable development. The contributions from researchers in the fields of education, social sciences, religion, humanities, and sustainable development fulfill three main aims: They provide university lecturers interested in humanities and sustainable development with an opportunity to present their work; foster the exchange of information, ideas and experiences acquired in the execution of teaching and research; and discuss methodological approaches and projects that provide a better understanding of how the humanities can contribute to the debate on sustainable development. Prepared by the Inter-University Sustainable Development Research Programme and the World Sustainable Development Research and Transfer Centre, the book reiterates the need to promote integrated approaches to sustainable development. Including practice-based lessons learnt that can be replicated further, it is a valuable resource for scientists and practitioners working in the humanities and sustainable development.
Cet ouvrage propose des perspectives novatrices de jeunes chercheurs s'interrogeant sur l'évolution des pratiques et des objets d’études devenus complexes. Il rassemble les réponses à l’appel à contributions passé suite à la Journée Internationale des Jeunes Chercheurs « Quelles Questions pour Quelles Recherches? » (Université de Lorraine, 16 Juin 2017). Dans une perspective collaborative, ces chercheurs de différents horizons culturels et disciplinaires, ont présenté, visuellement ou textuellement, des méthodologies et/ou des concepts originaux dans leur approche ou de par leur(s) objet(s) d’étude. Les frontières disciplinaires se retrouvent bousculées, déconstruites. Ainsi on découvre dans ce recueil de surprenants liens tissés entre des conceptions antiques et pratiques de recherches contemporaines, une recherche de rationalité dans l’art communément considéré subjectif, ou encore l’étude d’objets pouvant paraitre insolites. Qui penserait, de premier abord, à étudier les représentations télévisuelles, ou l’influence d’un récit littéraire sur l’attitude rocambolesque d’un groupe de saltimbanques? On s’interroge également sur les apports de la psychologie, de la sociologie, de la philosophie ou encore de la géographie dans des domaines pratiques comme la médecine. La question de la praticité de la recherche universitaire est également abordée à travers des exemples de contributions de chercheurs en entreprise, qui estompent les limites entre chercheurs et problématiques sociétales. Les principes éthiques et la déontologiques que l’on pensait immuables sont également interrogées, confrontés aux réalités des recherches de terrain. Les objets nouveaux et complexes de la recherche dissolvent les frontières disciplinaires et nécessitent la collaboration des chercheurs, donnant naissance à des champs trans – inter ou pluridisciplinaires et faisant émerger des interrogations, allant même jusqu’à oser « l’indiscipline ». Ce sont ces questions cruciales qui ébranlent le monde de la recherche aujourd’hui que les éditeurs ont rassemblé ici.
La situation critique dans laquelle se trouve la planète n’est plus à démontrer. Des effondrements sont déjà en cours tandis que d’autres s’amorcent, faisant grandir la possibilité d’un emballement global qui signifierait la fin du monde tel que nous le connaissons. Le choix de notre génération est cornélien : soit nous attendons de subir de plein fouet la violence des cataclysmes à venir, soit, pour en éviter certains, nous prenons un virage si serré qu’il déclencherait notre propre fin-du-monde-industriel. L’horizon se trouve désormais au-delà : imaginer la suite, tout en se préparant à vivre des années de désorganisation et d’incertitude. En toute honnêteté, qui est prêt à cela ? Est-il possible de se remettre d’un déluge de mauvaises nouvelles ? Peut-on simplement se contenter de vouloir survivre ? Comment se projeter au-delà, voir plus grand, et trouver des manières de vivre ces effondrements ? Dans ce deuxième opus, après Comment tout peut s’effondrer, les auteurs montrent qu’un changement de cap ouvrant à de nouveaux horizons passe nécessairement par un cheminement intérieur et par une remise en question radicale de notre vision du monde. Par- delà optimisme et pessimisme, ce sentier non balisé part de la collapsologie et mène à ce que l’on pourrait appeler la collapsosophie…
Écrire l’histoire de la consommation en France, c’est raconter l’histoire de tous les Français : celle de nos grands ancêtres, de nos parents, de chacun d’entre nous. C’est aussi raconter l’histoire de la révolution matérielle qui s’est opérée sous l’influence des innovations techniques et commerciales, des avancées sociales, de nouvelles mœurs, etc. Ce sont toutes ces transformations depuis le milieu du XIXe siècle que ce livre retrace en articulant production et consommation, conditionnements sociaux et libre-arbitre du consommateur, culture matérielle et représentations symboliques. L’historien Jean-Claude Daumas décrit les usages de la société française – dites-moi quel canapé vous avez choisi et je vous dirai qui vous êtes –, montre comment les consommateurs s’approprient les objets – de la lessiveuse au smartphone en passant par la bicyclette, le presse-purée et le blue jean –, dans une savante dialectique où le hasard n’a pas de place.
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Octobre 2018
Aujourd’hui, c’est vers les places publiques que nous nous tournons pour « réinventer la société », car nous y voyons le meilleur lieu d’opération pour l’innovation politique et l’expérience démocratique. Mais à quelles places publiques pense-t-on précisément ? Admettons qu’elles jouent un rôle, mais est-ce forcément celui d’assurer les libertés et de « recréer du lien social » ? Et inversement, se rassembler sur la place, est-ce par là même faire acte de « démocratie » ? En réalité, conçues par des rois, des empereurs, des chefs fascistes qui nous les ont léguées, bien des places se révèlent des dispositifs de contrôle brutal et de surveillance minutieuse. Jules César, Louis XIV, Napoléon III, Ismaïl Pacha, Hitler ou Mao Zedong ont voulu des places à leur image. Mais qu’en est-il des démocrates convaincus ? Se sont-ils eux aussi demandé quelles places conviendraient à leurs idéaux et à la promotion des modes de vie démocratiques qui leur tiennent à cœur ? La réponse est non. En adoptant le point de vue de l’usager-architecte que chacun de nous pourrait être, cet essai a pour but de contribuer à répondre à ces questions : quelles places en démocratie ? Comment les concevoir afin qu’elles soient appropriées non aux masses, aux foules ou aux troupes, mais aux véritables publics ?
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Avril 2018
This book elucidates what it means to transition to alternative sources of energy and discusses the potential for this energy transition to be a more democratic process. The book dynamically describes a recent sociotechnical study of a number of energy transitions occurring in several countries - France, Germany and Tunisia, and involving different energy technologies - including solar, on/off-shore wind, smart grids, biomass, low-energy buildings, and carbon capture and storage. Drawing on a pragmatist tradition of social inquiry, the authors examine the consequences of energy transition processes for the actors and entities that are affected by them, as well as the spaces for political participation they offer. This critical inquiry is organised according to foundational categories that have defined the energy transition - ‘renewable’ energy resources, markets, economic instruments, technological demonstration, spatiality (‘scale’) and temporality (‘horizon(s)’). Using a set of select case studies, this book systematically investigates the role these categories play in the current developments in energy transitions.
Le retour des villes dissidentes - Editions du PUCA (Collection Réflexions en partage) - N. MaisettiL’accession de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2017 et ses premières initiatives en matière de politiques migratoire et environnementale ont suscité une opposition dans un certain nombre de villes et d’États fédérés américains. Les conflits qui en découlent s’insèrent dans la mise en oeuvre de la politique étrangère américaine. Sa contestation s’est traduite localement par la réaffirmation d’un « mouvement sanctuaire » qui tente d’amorcer des stratégies dissidentes. Celles-ci s’appuient sur un champ de controverses multiples qui renvoient aux trois catégories de l’analyse du politique : la compétition partisane (politics), l’efficacité des politiques publiques (policies), et les valeurs et les principes (polity) en jeu. L’analyse de ces stratégies dissidentes, proposée dans cet ouvrage, est complétée par un éclairage sur la réaction du maire de Londres face au Brexit. Sa contre-offensive diplomatique visant à affirmer « l’ouverture » de Londres sur le monde s’adresse à la fois aux investisseurs et aux touristes sur le plan économique et à l’esprit de tolérance de ses administrés.
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Octobre 2018 |
Cet ouvrage propose des perspectives novatrices de jeunes chercheurs s'interrogeant sur l'évolution des pratiques et des objets d’études devenus complexes. Il rassemble les réponses à l’appel à contributions passé suite à la Journée Internationale des Jeunes Chercheurs « Quelles Questions pour Quelles Recherches? » (Université de Lorraine, 16 Juin 2017). Dans une perspective collaborative, ces chercheurs de différents horizons culturels et disciplinaires, ont présenté, visuellement ou textuellement, des méthodologies et/ou des concepts originaux dans leur approche ou de par leur(s) objet(s) d’étude. Les frontières disciplinaires se retrouvent bousculées, déconstruites. Ainsi on découvre dans ce recueil de surprenants liens tissés entre des conceptions antiques et pratiques de recherches contemporaines, une recherche de rationalité dans l’art communément considéré subjectif, ou encore l’étude d’objets pouvant paraitre insolites. Qui penserait, de premier abord, à étudier les représentations télévisuelles, ou l’influence d’un récit littéraire sur l’attitude rocambolesque d’un groupe de saltimbanques? On s’interroge également sur les apports de la psychologie, de la sociologie, de la philosophie ou encore de la géographie dans des domaines pratiques comme la médecine. La question de la praticité de la recherche universitaire est également abordée à travers des exemples de contributions de chercheurs en entreprise, qui estompent les limites entre chercheurs et problématiques sociétales. Les principes éthiques et la déontologiques que l’on pensait immuables sont également interrogées, confrontés aux réalités des recherches de terrain. Les objets nouveaux et complexes de la recherche dissolvent les frontières disciplinaires et nécessitent la collaboration des chercheurs, donnant naissance à des champs trans – inter ou pluridisciplinaires et faisant émerger des interrogations, allant même jusqu’à oser « l’indiscipline ». Ce sont ces questions cruciales qui ébranlent le monde de la recherche aujourd’hui que les éditeurs ont rassemblé ici.
L’ambition d’intégrer des approches « sensibles » est de plus en plus valorisée dans les discours sur la ville. Les politiques y voient un enjeu de promotion d’une ville attractive, les professionnels une réponse aux critiques des aménagements trop fonctionnels et spéculatifs, les citoyens un enjeu de réappropriation locale. Elle exprime le besoin d’une pensée urbaine plus respectueuse des personnes et des liens, affects et ressentis qu’elles portent à leurs lieux de vie.
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mai 2018
Quelles sont les dynamiques constitutives des études urbaines en France ? Quels sont les questionnements, les approches méthodologiques et les références théoriques qui caractérisent aujourd’hui ce champ d’étude ? Quels en sont les angles morts ? Comment ce champ s’articule-t-il avec les débats qui animent communauté internationale, et particulièrement anglophone ? Ce numéro Hors-série, conçu pour le dixième anniversaire de la revue Métropoles, propose de revenir sur les études urbaines en France. Il ouvre également des pistes de recherche et suggère des terrains peu couverts pour qui s’intéresse aux phénomènes urbains et métropolitains. Au-delà de son propos liminaire, cette introduction présente la structuration du numéro, autour de quatre grands axes. Le premier ensemble d’articles situe la trajectoire de Métropoles au regard de l’évolution de ses ambitions et de ses contenus, ainsi que du contexte éditorial. Le deuxième rassemble des enquêtes de terrain, qui interrogent collectivement les conditions d’une critique dans les études urbaines. La troisième partie du numéro s’attache aux enjeux de la métropolisation dans des villes du Sud, en explorant des terrains peu couverts jusque-là dans la revue. Enfin, plusieurs portraits clôturent ce numéro. Ils invitent à repenser les frontières disciplinaires et les interfaces avec le monde social et politique.
Parution d'un guide de bonnes pratiques éthiques et juridiques pour la diffusion des données en SHS. L’ouvrage est publié en version papier aux Presses universitaires de Provence et sera en ligne sur OpenEdition Books en 2019.
Cet ouvrage présente la manière dont la recherche peut aider les professionnels de l'aménagement du territoire, en s'appuyant sur des protocoles, des méthodologies et des logiciels expérimentés dans le cadre de projets théoriques qui peuvent leur servir à concevoir et planifier des espaces de vie en ville agréables et durables.
L'urgence et l’importance dramatiques de la question écologique n’ont d’égale que l’incertitude sur sa signification philosophique profonde. Plutôt donc que de partir du problème écologique radical auquel l’humanité devra se confronter durant les prochaines décennies, il s’agit de montrer que si la philosophie parvient à opérer une régression refondatrice depuis la brûlante « question animale » jusqu’à la question architectonique du sens et de sa crise (première partie), alors le philosopher peut se hisser à la hauteur des enjeux écologiques du siècle en se réinventant dans toutes ses dimensions, comprises désormais comme dimensions du sens lui-même. Mais cette pluridimensionnalité du sens ne pourra être pensée sans contradiction que si l’individu philosophant s’interroge dans le même temps sur ce qu’impliquait, à son insu, son propre rapport au faire-sens des significations – les mal nommées « re-présentations » (seconde partie).
Milieu de tous les milieux qui s’y laissent penser, le sens est alors le non-ob-jet d’une écologie philosophique fondamentale recevant ici le nom d’écologie humaine, expression vieille d’un siècle qui, pour la première fois, se met à désigner une méthode archiréflexive par laquelle l’individu philosophant parvient à déjouer le piège de son intention[n]alité en tant que structure d’oubli de sa propre non-originarité. En découlent une redéfinition des domaines épistémo-ontologique, politico-économique et pédagogico-axiologique de la philosophie et de leurs liens, mais aussi un humanisme décentré reconnaissant des droits à tout sujet sensitivo-émotif au moins. Car le droit n’est plus ici un « système de la compatibilité des libres-arbitres » qui serait axiologiquement fondé, mais il est le système de la compatibilité des besoins en souffrance, la responsabilité juridique reposant sur l’être-en-dette économique en tant que régime de normativité qui n’est ni ontologique ni axiologique. Telles sont les voies d’une future mais vitale réinvention sociale qui puisse aussi définir une Société de l’invention théorique et pratique
L’homme construit de nouvelles infrastructures (routes, bâtiments, espaces de loisirs, etc.) à une vitesse jamais vue auparavant. Or, si ces projets sont des vecteurs de développement économique et social, ils sont aussi une source importante de dégradation et de destruction d’espaces naturels. En cette période de crise écologique, il est urgent de chercher à réconcilier le développement avec la conservation de la biodiversité. La compensation est devenue un enjeu-clé des politiques publiques de préservation de la biodiversité. On compense de plus en plus les impacts d’aménagement par l’utilisation de l’ingénierie et de la restauration écologiques. Mais est-ce la solution ? Quels sont les impacts réels des projets d’aménagement et des mesures compensatoires sur la biodiversité ? Comment les mesurer ? Quelles sont les connaissances scientifiques sur la faisabilité et la durabilité des mesures compensatoires ? Comment faire de la compensation un outil efficace pour la préservation de la biodiversité ? L’objectif de cet ouvrage est d’apporter une réflexion scientifique et critique sur la compensation écologique. À partir des sciences écologiques, l’auteur analyse le mécanisme de compensation et apporte des éclairages pour mesurer, évaluer, restaurer, comparer, ou encore suivre la biodiversité. Ce faisant, il montre que les mesures compensatoires se heurtent à de nombreuses limites et s’avèrent un moyen d’action très insuffisant face au rythme actuel de l’artificialisation des sols. Il propose une voie vers l’objectif d’« absence de perte nette de biodiversité », fondée sur l’évitement des impacts et une utilisation éthique et solidaire des espaces naturels. Ce livre fait le point sur les connaissances scientifiques et techniques d’un sujet au cœur des préoccupations de développement durable. Il s’adresse à un large public : aménageurs, décideurs, gestionnaires d’espaces naturels, étudiants en sciences de l’environnement, citoyens intéressés par les questions d’environnement.
Une présentation des principales approches théoriques de l’action publique, à partir d’exemples tirés de l’actualité internationale, nationale et locale. La sociologie de l’action publique constitue un pôle majeur dans le champ de la science politique. Ce manuel d’introduction propose un état des lieux de la discipline, en présentant et discutant ses principales notions et approches théoriques. Illustré par des exemples variés, issus de travaux classiques mais aussi de l’actualité la plus récente, cet ouvrage montre que la sociologie de l’action publique ne se limite pas à l’analyse de l’État. L'ouvrage propose d’abord un repérage des acteurs, publics ou privés, qui participent à la formulation des politiques publiques (acteurs administratifs, groupes d’intérêt, responsables politiques, mais aussi le « public » de ces politiques). Il examine ensuite les séquences essentielles d’une politique publique (dynamiques d’émergence des problèmes, fabrique de la décision, logiques de mise en oeuvre et d’évaluation), avant d’aborder l’épineuse question du changement dans l’action publique. Enfin, il s’intéresse à la multiplication des échelles de l’action publique et plus particulièrement aux politiques internationales, européennes et locales. Cet ouvrage intéressera les étudiants, chercheurs et enseignants des 1er, 2e et 3e cycles en science politique, sociologie et en droit, ainsi que les praticiens de l'action publique.
International institutions and agencies from the Global North are no longer the sole initiators of development norms and best practices. The proliferation of exports and imports of social, economic and policy management models have called for a rethinking of South–South relations. To date, most studies have focused on the drivers and strategies of international initiatives made by emerging powers; none have analysed the impact of these initiatives on the receiving country’s institutions, and on the structures of international organisations. In this book, Carolina Milhorance examines the content, process and consequences of the internationalisation of Brazil’s rural public policy instruments. Brazil earned wide international recognition in the early 2000s for its agricultural modernisation and social policies; its increasing influence illustrated the specific political interests of coalitions that are embedded in domestic and international struggles. Drawing on extensive field research – including more than 280 interviews – conducted in Brazil, Mozambique, South Africa, Malawi, France and Italy, Milhorance analyses the effects of the internationalisation of Brazilian policy solutions on national and local political systems in recipient countries, highlighting specifically the case of Mozambique. Relying on a new theoretical approach to International Relations – one based on public policy analysis and international political sociology – she moves beyond a debate about conventional notions of international power.
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Octobre 2018
Du cyclone de Bhola en 1970 à la catastrophe de Tohoku et Fukushima en 2011, en passant par le séisme en Arménie de 1988, l'ouragan Mitch de 1998 ou le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, un monde international des catastrophes dites « naturelles » a progressivement émergé. Pourquoi « naturelles » ? Depuis les années 1990, les phénomènes naturels – séisme, ouragan, tsunami, éruption volcanique – ne sont plus considérés comme seuls responsables des catastrophes : l’activité humaine accentue la vulnérabilité des territoires et des habitants face aux catastrophes, qu’il n’est donc plus acceptable d’imputer à la seule nature. Le monde social qui se construit autour de ces catastrophes est composé de nombreux acteurs issus d’horizons divers : secouristes, professionnels des ONG, diplomates, scientifiques... Pour former un « gouvernement international des catastrophes », ils ont dû élaborer des normes, des standards, des outils et un langage communs afin d’harmoniser des façons de faire divergentes voire concurrentes. Cet ouvrage, fruit d’une ethnographie de sept années auprès des acteurs de ce monde, rend compte de ce travail continu et fait émerger les principales tensions qui l’animent : entre préparation et résilience, prévention et urgence, technologie et pratiques traditionnelles, commandement hiérarchique et organisation horizontale, paradigme aléa-centré et paradigme de la vulnérabilité...
Ladyss's insight:
Septembre 2018
Entre les années 1950 et 1980, de grandes enquêtes en sciences sociales ont été réalisées en France. Elles ont marqué la sociologie, comme l’anthropologie et l’histoire et, au-delà, ont touché un large public en faisant découvrir une image nouvelle de la société française, des tensions et des bouleversements qui la traversent. Ce livre, pour une part écrit par les protagonistes de ces enquêtes eux-mêmes, revient à la fois sur la manière dont elles ont été fabriquées et sur les effets qu’elles ont produits dans les sciences sociales. Il raconte comment elles se sont déroulées, dans quels contextes et avec quels moyens, comment elles ont été accueillies, les obstacles qu’elles ont rencontrés, les manières de faire qu’il a fallu déployer. Il montre le travail de recherche comme une pratique collective qui consiste en une élaboration lente et patiente d’hypothèses, de méthodes et de résultats selon un style intellectuel et des définitions du métier qui s’inventent sur le terrain.
Ladyss's insight:
Septembre 2018 |
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