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February 10, 2024 6:56 AM
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Après le « greenwashing », le « greenhushing » ?

Après le « greenwashing », le « greenhushing » ? | EntomoNews | Scoop.it
Une nouvelle tendance se profile en matière de communication environnementale pour les entreprises : revoir ses promesses à la baisse, phénomène que l'on appelle « greenhushing ».

 

Mathis Navard

Docteur en Sciences de l'information et communication (ISI), Université de Poitiers, IAE de Poitiers

 

"N’avez-vous pas eu l’impression ces derniers temps que les entreprises communiquaient moins sur leurs engagements climatiques ? Si tel est le cas, votre intuition est la bonne. Ce nouveau phénomène a désormais un nom : le « greenhushing » (ou écosilence en français). Des acteurs économiques tels que BP, Shell ou Amazon l’ont pratiqué en 2023.

 

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Pour comprendre ce qu’est le greenhushing, il est nécessaire de revenir sur des années de « greenwashing » (ou écoblanchiment) avec lequel il s’inscrit en rupture. Ce procédé, massivement utilisé depuis les années 1990, est aujourd’hui bien connu du public. Il consiste à maquiller en vert des produits ou des services qui ne le sont pas.

 

À lire aussi : Protéger les consommateurs du « greenwashing » subliminal

 

Jusqu’à récemment, les acteurs économiques n’hésitaient pas à faire des promesses vertes. L’objectif annoncé était souvent le même : atteindre une forme de neutralité carbone à un horizon plus ou moins lointain. Ce cap a donné lieu à d’importantes dérives s’apparentant à des pratiques commerciales trompeuses. Comprendre : les paroles n’étaient pas toujours suivies d’actes.

La France, pionnière d’une réglementation coercitive

Afin de juguler cette tendance en plein essor, les pouvoirs publics ont récemment décidé de s’emparer du sujet en mettant sur pied un arsenal législatif de plus en plus coercitif.

 

En France, la loi Climat et résilience interdit depuis le 1er janvier 2023 aux annonceurs d’affirmer dans une publicité qu’un produit ou un service est « neutre en carbone », « biodégradable » ou « respectueux de l’environnement » sans que soit publié son bilan d’émissions de gaz à effet de serre. Dans le cas d’une personne morale, le contrevenant risque une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 euros ou représentant la totalité des dépenses consacrées à l’opération illégale.

 

À lire aussi : Publicité : une tolérance de plus en plus grande au greenwashing en France ?

 

Notre pays a été le premier à ouvrir la voie. L’Union européenne s’est depuis engagée dans le bannissement des allégations environnementales génériques sans preuve. L’actualisation en ce sens des règles de consommation a été votée en janvier 2024 par les députés européens. Elle attend désormais l’approbation du Conseil avant d’être retranscrite sous deux ans dans les droits nationaux.

 

Outre-Atlantique, l’État de Californie a à son tour promulgué le 1er janvier dernier une loi « anti-greenwashing ». Majoritairement inspirée de la réglementation française, elle propose d’aller plus loin que la dernière mise à jour des « green guides » de la Federal Trade Commission en obligeant les annonceurs à fournir des données normalisées devant attester de la véracité de leurs promesses environnementales.

Contourner l’opinion publique… et la justice

Conséquence directe de ce nouvel environnement légal, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à cesser de communiquer sur leurs engagements climatiques. On appelle cela le greenhushing.

 

Outre le fait de se conformer à la réglementation, elles évitent ainsi de s’exposer au jugement de l’opinion publique, mais aussi de leurs clients, des investisseurs et des médias tout en se protégeant d’éventuelles poursuites judiciaires.

Il faut dire que le nombre de dossiers portés en justice en raison de communications environnementales trompeuses n’a jamais été aussi nombreux. En particulier aux États-Unis, comme en témoigne l’impressionnante liste de la Federal Trade Commission. En mai dernier, Delta était ainsi poursuivie devant les juges californiens après avoir affirmé être la « première compagnie aérienne neutre en carbone ».

Une popularité grandissante depuis 2023

Jusqu’en 2022, l’expression « greenhushing » était surtout utilisée pour décrire un certain type de communication visant à réduire la dissonance entre les valeurs écologiques de l’entreprise et celles des clients. Nous voyons qu’elle prend désormais un autre sens avec les dernières évolutions législatives.

 

Compte tenu de l’apparition récente du phénomène, il est encore peu documenté. Le cabinet de conseil suisse South Pole fut le premier, dès 2022, à l’évoquer dans son rapport annuel « En route vers le Net Zéro ». Ce rapport a contribué à populariser le greenhushing. À tel point qu’il est à présent mentionné dans de grands titres de presse tels que le New York Times ou le Washington Post.

 

Il faut dire qu’il a connu un essor fulgurant. Au cours de cette dernière année, le nombre d’entreprises reconnaissant pratiquer le greenhushing a été multiplié par trois, selon South Pole. Au moins une sur cinq serait à présent concernée.

 

L’édition 2024 du rapport de South Pole, qui vient d’être publiée, nous apprend que tous les secteurs d’activité se livrent à présent au greenhushing. Parmi les 1400 compagnies sondées, 86 % de celles commercialisant des biens de consommation et 72 % des compagnies pétrolières disent avoir réduit leurs communications."

(...)

 

 

Le dernier rapport de South Pole confirme que la plupart des entreprises réduisent leurs communications environnementales

Communiqué de presse
South Pole, 17.01.2024

 

→ Téléchargez dès maintenant notre résumé (en français) pour découvrir les principales conclusions du rapport.
Rapport Net Zéro 2023/2024 - South Pole

 

 

 

[Image] Pour éviter que leurs promesses environnementales ne soient disqualifiées comme du greenwashing, certaines firmes ont trouvé la solution : se taire et ne plus communiquer à ce sujet. Shutterstock

Bernadette Cassel's insight:

https://www.scoop.it/topic/entomonews?q=greenwashing

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May 18, 2021 12:08 PM
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Écologie des toitures végétalisées (2021)

Écologie des toitures végétalisées (2021) | EntomoNews | Scoop.it
Depuis les années 90, la montée en puissance des politiques de nature en ville s’est accompagnée d’un regain d’intérêt pour les toitures végétalisées. De multiples avantages écologiques leur sont généralement attribués, qu’il s’agisse de l’accueil de la biodiversité, de la rétention en eau ou rafraichissement urbain. Or, ces bénéfices sont encore mal évalués dans la réalité. Afin de combler ces lacunes, et en continuité avec les travaux de recherche existants sur le sujet, l'Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France a réalisé entre 2017 et 2019 une étude scientifique pour mieux quantifier et qualifier les bénéfices des toitures végétalisées.

 

 
Synthèse de l’étude GROOVES (green roofs verified ecosystem services) - 03 mai 2021

Contact : Hemminki Johan, Marc Barra

 

 

→ Les toitures végétalisées : une évaluation des bénéfices écologiques en île-de-france (Note rapide résumant l'étude)

 

"... Laisser s’exprimer la végétation spontanée pendant l’ensemble de son cycle s’avère primordial pour les pollinisateurs et autres invertébrés, tout autant que multiplier les strates végétales (hauteurs de végétation). De plus, une strate herbacée (végétations de 0 à 50 cm de hauteur) dense et bien développée améliorera la capacité d’évapotranspiration et la rétention d’eau de la toiture. D’autres options existent pour rendre la toiture attractive à la biodiversité, en faisant par exemple varier les profondeurs ou les types de substrat, ou en diversifiant le couvert végétal.

 

Pour favoriser l’accueil des pollinisateurs et autres invertébrés, la création de micro-habitats (bois mort, pierres sèches, tiges creuses, substrat sableux nu pour les abeilles sauvages...) fait partie des solutions qui enrichissent l’attractivité des toitures, à condition d’être associés à une végétation adaptée.

 

«Greenwashing» pour les uns, moyen pour le bâti d’accueillir le vivant pour les autres, les toitures végétalisées font parler d’elles. L’étude «Grooves» vient confirmer que ces milieux originaux peuvent servir d’habitats de substitution ou de refuges complémentaires aux autres espaces verts urbains. Pour autant, l’effet de mode entourant la végétalisation du bâti ne doit pas servir de caution verte à des projets d’aménagement contribuant à l’artificialisation des sols. Leur mise en œuvre n’est acceptable qu’en complément d’une politique de sobriété foncière, de maintien de la pleine terre et de reconquête de la nature à toutes les échelles."

 

Marc Barra et Hemminki Johan, écologues département Biodiversité – ARB îdF (Julie Collombat Dubois, directrice)

 

Études apparentées

  • Écologie des toitures végétalisées en Île-de-France : Analyse comparative des services rendus par les substrats (2018)

 

Rapport

Le projet GROOVES (Green Roof Verified Ecosystem Services) étudie l’écosystème des toitures végétalisées dans sa globalité (flore, arthropodes, faune du sol, substrat, gestion). Cette étude, réalisée sur 32 toitures en Île-de-France, vise à mieux comprendre le ...

mars 2019

 
  • Les toitures végétalisées : espaces d'accueil pour les pollinisateurs urbains

 

Rapport

L’augmentation rapide des zones urbaines engendre une homogénéisation et un déclin de la biodiversité urbaine, notamment des pollinisateurs. Dans ce contexte, la végétalisation des toitures apparaît comme une solution pour ajouter à la matrice urbaine des espaces naturels ...

juin 2018

 
  • Etude des communautés d’arthropodes des toitures végétalisées d’Île-de-France

 

Rapport

La biodiversité du 21e siècle est en train de décliner. La destruction et la fragmentation de l’habitat en est la première cause, notamment en ville. Afin de réduire ces impacts, les villes développent la construction d’espaces de nature dont les toitures végétalisées.  ...

juin 2018 ARB (l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de- France)

 

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NDÉ

Autres liens :

 

→ Rapport de stage Bachelor / BTS
Gestion et Protection de la Nature


Suivi et écologie des communautés d’arthropodes dans le cadre de la première année d’expérimentation de l’étude GROOVES ((Green ROOfs Verified Ecosystem Services) - octobre 2017
Stagiaire : Hemminki JOHAN ; Encadrement : Marc BARRA et Maxime ZUCCA

 

→ Écologie des toitures végétalisées - GROOVE - iEES Paris, 03.05.2021 https://iees-paris.fr/ecologie-des-toitures-vegetalisees-groove/

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June 29, 2023 11:57 AM
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La France n'est pas prête : le terrible constat du Haut Conseil pour le Climat

La France n'est pas prête : le terrible constat du Haut Conseil pour le Climat | EntomoNews | Scoop.it
Le rapport annuel 2023 du Haut Conseil pour le Climat vient de sortir, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la France n’est pas prête pour le changement climatique en cours et à venir.

 

 

Bon Pote, 29.06.2023


"Après une année 2022 où “le changement climatique dû à l’influence humaine a entraîné des impacts graves en France en 2022 pour les personnes, les activités économiques, les infrastructures et les écosystèmes”, force est de constater que les dispositifs de prévention et de gestion de crise actuels ont été dépassés, faisant plusieurs milliers de morts, dans un silence médiatique assourdissant.

En 10 points, cet article revient sur les principaux éléments du rapport du Haut Conseil pour le Climat (HCC).

 

1/ La gestion de crise dépassée : des milliers de morts en 2022

La France n’est pas prête, et l’impréparation est mortelle. C’est le message principal de ce rapport du HCC. Les dispositifs de prévention et de gestion de crise actuels ont été dépassés en 2022. L’Etat a réagi dans l’urgence, débordé par les évènements, avec des conséquences mortelles. En effet, le Haut Conseil pour le Climat évoque 2 816 décès pendant les canicules. Précisons que ce chiffre a depuis été mis à jour par Santé Publique France, qui évoque désormais environ 7000 morts des canicules en France en 2022.

 

Le HCC souligne l’importance de pouvoir gérer une année 2022 comme une année normale et non exceptionnelle. Car c’est bien ce qui nous attend, compte tenu des trajectoires de réchauffement climatique.

 

2/ Le changement climatique a eu de multiples impacts

Au-delà des milliers de morts, le changement climatique d’origine humaine a eu en 2022 des impacts sur les activités économiques, les infrastructures et les écosystèmes. Cela a nécessité des mesures d’urgence et d’indemnisations, dont 8 000 demandes de communes pour “catastrophes naturelles”, avec un coût pour les assureurs de 2,9 milliards d’euros.

 

La sécheresse historique a mené à une sécheresse des sols exceptionnelle pour les trois quarts du territoire métropolitain, avec -10 à -30% de production agricole selon les filières, et une production hydroélectrique en baisse de 20%. Le changement climatique met en péril notre agriculture, notre industrie, nos maisons, mais aussi nos emplois, l’accès à l’éducation, à la santé, au sport…

 

Si la lumière est surtout mise sur le climat, n’oublions pas que cela a eu aussi de graves conséquences sur la biodiversité, qui observe une chute record ces trente dernières années sur notre territoire. Enfin, les territoires en outre-mer tropicaux ont subi de plein fouet le changement climatique, avec de très fortes précipitations."

 

[...]

 

Conclusion : un constat cinglant du Haut Conseil pour le Climat

"... Ce rapport est une excellente synthèse. Certains aspects manquent, comme la non mention d’EACOP ou de la régulation concrète des marchés financiers, mais il permettra à quiconque le lira de réfuter le greenwashing du gouvernement. La baisse rapide des émissions est plus que jamais essentielle pour contenir l’intensification des risques climatiques graves. C’est aujourd’hui une question de survie pour des milliers de Français, et bien plus dans les années à venir.

 

 

[Image] Enjeux d’adaptation en fonction de l’évolution de la température en France et de la hausse du niveau marin au XX et XXIe siècle
Source : Rapport Annuel 2023 du Haut Conseil pour le climat

 

Bernadette Cassel's insight:

 

À (re)lire

 

  • Déclin des insectes : alerte aux réactions en chaîne - De www.science-et-vie.com - 28 mars, 20:23

 

Un impact sur d’innombrables espèces animales

Une disparition des insectivores bien documentée          

Le lien entre crise des insectes et crise des oiseaux est désormais bien établi. Des études de 2010 et 2015 ont montré que leurs populations déclinent dans les plaines agricoles, alors que celles des oiseaux se nourrissant de fruits et de graines restent stables. Tous les autres insectivores (grenouilles, chauves-souris, lézards…) sont aussi touchés par cette crise.

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September 17, 2013 6:14 PM
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Comment Monsanto prévoit de modifier génétiquement les abeilles… pour les sauver

Comment Monsanto prévoit de modifier génétiquement les abeilles… pour les sauver | EntomoNews | Scoop.it

WikiStrike. « Comment Monsanto prévoit de modifier génétiquement les abeilles… pour les sauver »


« En l’espace de vingt-cinq ans, la moitié des abeilles ont disparu. Leur extinction, qui semble inéluctable, pourrait être évitée grâce à un produit « miracle » développé par l’entreprise Beeologics, filiale israélienne du groupe américain Monsanto. »

 

« [...] Beeologics a ainsi mis au point une solution sucrée qui contient des molécules d’ARN protégeant les abeilles contre les virus transmis par le varroa, en « empêchant » la fabrication des protéines sensibles au parasite. »

 

[...]

 

« Pour Cédric Gervet, chargé de communication à Greenpeace, Remembee est « une solution réductrice pour un problème beaucoup plus complexe ». Le varroa infeste la totalité des ruches françaises « et pourtant, les abeilles de ville sont en meilleure forme que leurs soeurs de la campagne », souligne Olivier Belval, président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). Les hyménoptères peuvent résister au varroa tant qu’elles ne sont pas fragilisées par les pesticides et le manque de nourriture engendré par la monoculture. »

 

« Le fond du problème serait donc le modèle agricole prôné par Monsanto, Bayer et Syngeta, les trois grands groupes du secteur de l’agrotechnologie. Contacté par francetv info, Marco Contiero, directeur des politiques agricoles à Greenpeace Europe, se désole : "Débarquer avec une solution miracle sans prendre en compte les facteurs environnementaux, ça n’a absolument aucun sens. Il faut remettre en cause le système global." »

 

« Olivier Belval est catégorique : « Monsanto essaye de se refaire une image auprès des apiculteurs », assène-t-il. L’Unaf et les associations écologistes s’accordent à dire que le groupe, principal producteur de semences génétiquement modifiées, s’applique à redorer son image en pratiquant le « greenwashing ». Monsanto a refusé répondre aux questions de francetv info. »


[...]


→ Monsanto | The Buzz on Beeologics
http://www.monsanto.com/newsviews/pages/the-buzz-on-beologics.aspx


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