En 2024, les éditeurs ont publié 65 000 nouveaux titres, soit 12 000 de plus qu’en 2004. Une surproduction qui n’amène pas plus de diversité. Au contraire, la course aux ventes pousse à l’uniformisation et la concentration des éditeurs dans de grands groupes sature le marché. Jusqu’à mettre en péril la pluralité ?
Pauline Gabinari
Illustration : Gally
Paru dans La Brèche n° 13 (septembre-novembre 2025)
"Le dernier prix Goncourt, un énième livre introspectif d’Emmanuel Carrère, le roman annuel d’Amélie Notomb et une pile du chouchou du moment, Cédric Sapin-Defour. Si vous êtes entré dans une librairie ces derniers mois, vous avez forcément vu ces ouvrages. Comme vous en avez sûrement entendu parler dans les médias, sur les réseaux sociaux, voire, sur une pub dans les transports en commun.
Des nouveaux titres, il y en a eu pourtant plus de 65 000 en 2024, soit 12 000 de plus qu’il y a 20 ans, d’après l’Observatoire de l’économie du livre. De quoi rester circonspect face au mimétisme provocateur des librairies, la logique réclamant : plus de livres pour plus de diversité. « Se dire que la surproduction amène de la variété est un piège, s’exclame Mathilde Charrier, libraire au Rideau rouge, à Paris, au contraire, elle met en danger la bibliodiversité. » À l’image de la prédation des petites exploitations agricoles par la monoculture, la pluralité de l’édition est en perdition."
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