DEFENSE NEWS
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Revue de presse quotidienne des principaux articles concernant le secteur de la Défense, de ses industriels, des armements et technologies.
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April 10, 2013 8:37 AM
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Bernard Bajolet nommé directeur de la DGSE

Bernard Bajolet nommé directeur de la DGSE | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Bernard Bajolet, ancien coordonnateur national du renseignement et actuel ambassadeur à Kaboul, a été nommé mercredi en Conseil des ministres à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le plus important service de renseignement français.

Ce diplomate de 63 ans remplace Erard Corbin de Mangoux, 60 ans, nommé préfet des Yvelines et qui avait été désigné par Nicolas Sarkozy en octobre 2008 à la tête du service.

Bernard Bajolet, ambassadeur à Kaboul depuis février 2011, a été le premier coordonnateur du renseignement, poste créé par Nicolas Sarkozy, d'août 2008 à février 2011. Diplomate de carrière, énarque, il est familier du monde arabe et habitué aux missions difficiles. Il a été ambassadeur en Jordanie, en Bosnie-Herzégovine, en Irak et en Algérie.

DENIS FAVIER, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA GENDARMERIE

La DGSE, chargée de la collecte et de l'exploitation du renseignement intéressant la sécurité de la France à l'extérieur des frontières, compte 5 000 agents, dont 25 % de militaires.

Le général Denis Favier a été nommé directeur général de la gendarmerie nationale et élevé au rang de général d'armée. Agé de 53 ans, il a commandé le GIGN a deux reprises. Il succède à la tête de la gendarmerie au général d'armée Jacques Mignaux.

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April 5, 2013 5:23 AM
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Harris décroche un important contrat d'équipement en Algérie

Le géant Américain des télécommunication militaires Harris Corporation vient de décrocher un important contrat en Algérie.
En effet Harris a décroché le contrat de fourniture d'un système de communication voix et données pour le contrôle aérien militaire Liberty Star VCCS.
ce système monté dans un shelter mobile, permettra à l'armée de l'air Algérienne de contrôler le trafic aérien même dans des endroits reculés du pays. Ce VCCS représente le septième équipement du genre en Algérie. Quatre autres systèmes VCCS sont en option.
Ce marché fait la part belle au transfert de technologie et de technicité car nous apprenons qu'il impliquera grandement des partenaires Algériens dépendant de la direction des fabrication militaires.
Le déploiement de ce système permettra une communication en temps réel avec les aéronefs, ainsi qu'un transfert de données en haut débit vers le sol et ce sur l'ensemble du territoire national.

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April 3, 2013 6:35 AM
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Quelle-est la place de la France en Libye ?

Quelle-est la place de la France en Libye ? | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Quelle-est la place de la France en Libye ? Après l’engagement de 2011, les déconvenues sont nombreuses alors que la France, et son allié principal le Royaume-Uni, n’ont visiblement pas su tirer partie de l’après-guerre. Les entreprises américaines, bien plus rodées à cet exercice, semblent bien tirer leur épingle du jeu, comme toujours.

Mais qu’advient-il des questions de Défense ? Sensibles par nature, elles sont peu décrites dans la presse, si ce n’est lorsque l’on parle de Mirage.

Les négociations se passent comme toujours dans l’ombre, mais les rumeurs vont bon train concernant la signature d’un accord autour de ce type d’appareils. Ainsi, des Mirage 2000-5 trouveraient preneur en Lybie. Ces avions pourraient être prélevés dans les forces françaises, mais aussi qataries. Ces derniers ont utilisé avec professionnalisme l’avion lors de l’engagement de 2011. Leur influence croissante dans cette partie du monde pourrait bien jouer en leur faveur. Ceci d’autant plus que des avions de chasse plus récents seraient dans leur intérêt. Reste aussi la possibilité de débloquer la situation aux Emirats. S’il n’est pas que question de la revente des 2000-9, ils sont vraisemblablement toujours proposés sur le marché de l’occasion. 

Des bases sous contrôle français en Libye ? En voila une idée qu’elle est bonne. Après l’ouverture de la base d’Al Dhafra, cela permettrait à la France de continuer sur sa lancée en ouvrant des bases plus proches de ses théâtres d’intérêt plutôt que sur le territoire national. Ainsi, il se raconte que deux à trois bases pourraient être construites sur le sol libyen. L’une d’entre elle pourrait d’ailleurs être positionnée au plus proche du Mali. En comparaison de N’Djamena, la situation n'en serait pas forcément avantageuse, ceci d’autant plus que l’Algérie se trouve en ligne directe. A voir donc si cela représente un réel intérêt ou non, mais la réflexion est lancée d’autant plus que si elle servirait à l’armée de l’air libyenne, elle serait sous contrôle français.

Le Mirage 2000-5 a été mis en service en 1997, il s’agit de la dernière version du Mirage 2000. Il intègre d’ailleurs certaines fonctionnalités dérivées de celles du Rafale. Cette version a été commandée par la France (37 avions), la Grèce, le Qatar, Taiwan et les Emirats Arabes Unis dans une version différente désignée Mirage 2000-9.

Les Mirage 2000-5F français furent engagés en Libye en 2011 aux côtés d’autres Mirage 2000D et 2000N. Ils survolèrent aussi les cieux libyens sous cocarde qatarie puisque six Mirage 2000-5 EDA furent engagés. A ceci doit être ajouté les six Mirage 2000-9 émiriens qui ont prêté main forte aux alliés en Libye. Ils furent d’ailleurs envoyés avec six F-16 C/D Block 60 auxquels ils furent comparés. Le RETEX est souvent donné comme favorable au Mirage alors que les F-16 ont connu deux accidents et n’ont pas pu remplir leurs missions. Des missions air-air et air-sol ont été effectuées.

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February 28, 2013 6:00 AM
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IDEX fermé. Quelles sont les perspectives pour la Russie ?

IDEX fermé. Quelles sont les perspectives pour la Russie ? | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Le prestigieux salon de matériel de guerre et d'armement IDEX 2013 s'est achevé aux Emirats arabes unis. Les entreprises russes y ont présenté nombre d'échantillons et de modèles du matériel de guerre censés devenir des succès commerciaux ces dix prochaines années, les chars T-90SM compris.

Le Proche-Orient : marché à problème, mais attrayant

A présent la Russie occupe la deuxième place sur le marché du matériel de guerre du Proche-Orient. Elle est largement devancée par les Etats-Unis. De 2005 à 2012, les Américains ont fourni dans la région pour 56,2 milliards de dollars d'armes contre 7,8 milliards vendus par la Russie. La France occupe la troisième marche du podium avec 7,6 milliards. Une telle prédominance des Etats-Unis ne doit pas décourager. Le gros des fournitures américaines est constitué par les méga-contrats saoudiens. Riyad achète en de très grandes quantités les armements américains les plus récents et très onéreux. Ce sont les avions de chasse F-15SA, les hélicoptères de combat, le matériel terrestre et une grande quantité d'armes de haute précision. Ajoutons à cela de gros achats d'armes américaines de pointe effectués par Israël et par de « petites monarchies » du Golfe.

La Russie n'est pas en mesure de concurrencer les Etats-Unis sur les marchés d'Israël et d'Arabie saoudite. Néanmoins des producteurs russes parviennent à conclure des contrats non-négligeables avec d'autres pays, même ceux qui sont considérés traditionnellement comme « clients » des Etats-Unis. L'exemple des Emirats arabes unis qui ont acheté à la Russie des véhicules de combat d'infanterie, des lance-roquettes multiples et des systèmes de DCA est instructif en ce sens.

Le « printemps arabe » sera-t-il un obstacle pour Rosoboronexport ?

Après le début du « printemps arabe » beaucoup présageaient le départ de la Russie des marchés du Proche-Orient et d'Afrique du Nord suite au changement du pouvoir dans plusieurs pays ayant de gros contrats avec elle. Mais la « poussière » soulevée une fois retombée, il s'est avéré que le préjudice était beaucoup moins grand que prévu. Si l'on parle des perspectives de Russie sur les marchés proche-oriental et nord-africain, il convient de relever le contrat avec l'Irak, qui est actuellement au stade d'approbation et constitue incontestablement une percée, ainsi que la poursuite de la coopération avec l'Algérie, la Jordanie, les EAU et d'autres Etats. Il ne faut pas oublier la Libye et l'Egypte. La nouvelle direction de ces pays semble être portée à la reprise de la coopération militaro-technique avec la Russie. La Syrie est un sujet à part : le pays est en proie à la guerre civile et la Russie n'y fournit pas des systèmes de combat pour que les terroristes ne s'en emparent pas.

En ce qui concerne les armements concrets, des systèmes de DCA, le matériel et les armements des troupes terrestres et le matériel aéronautique jouissent d'une demande traditionnelle. Le matériel et les armements pour les forces navales sont demandés beaucoup moins. La dernière version du char T-90, T-90SM, a de très belles perspectives surtout dans les pays utilisant les chars T-72. Ouralvagonzavod qui avait développé le T-90SM a également créé une version de modernisation des chars T-72 et T-90 qui peuvent être dotés de nouveaux systèmes d'armements et d'une nouvelle tourelle. Les EAU doivent procéder cette année à une série d'essais du T-90SM et les militaires de ce pays pourront le tester eux-mêmes. Les perspectives de ces chars seront prometteuses en Algérie et en Syrie lorsque la situation dans ces pays se stabilisera, tout comme dans certains autres pays de la région.

En outre nous pouvons nous attendre à de nouveaux contrats de fourniture des systèmes de DCA, des hélicoptères et des avions, en premier lieu des avions d'entraînement Iakovlev Iak-130. Pour les années à venir, le Proche-Orient restera un marché d'armements important pour la Russie, le deuxième après les pays de l'Asie du Sud-Est.

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January 30, 2013 4:23 AM
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Tunisie : Déploiement au sud du pays de forces spéciales pour protéger les installations pétrolières

Des forces spéciales ont été déployées dans le grand Sud tunisien, voisin de la Libye et de l'Algérie, près d'installations pétrolières et gazières...
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April 8, 2013 9:07 AM
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Le Su-35 de Sukhoï en vedette au Bourget

Le Su-35 de Sukhoï en vedette au Bourget | DEFENSE NEWS | Scoop.it

Les organisateurs du salon du Bourget ont confirmé aujourd'hui la présence du Su-35 à l'occasion de l'évènement qui doit se tenir du 17 au 23 juin prochains. Selon le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), l'avion russe sera présenté en vol chaque jour du salon. De plus, le Yak-130, avion d'entraînement à réaction commandé par la Russie et l'Algérie, sera également présent à Paris.

Il s'agit là d'une vraie nouveauté, puisque le Su-35 n'avait jamais été présenté en vol ailleurs qu'au salon de Moscou (Maks). Un temps évoquée, la présence du F-35 de Lockheed Martin ne semble en revanche plus d'actualité, d'après l'avionneur américain. Le premier A400M aux couleurs de l'armée de l'Air (MSN7) devrait cependant faire le déplacement, si aucun imprévu de dernière minute ne vient remettre en cause sa livraison à la France.

Les organisateurs du Bourget rappellent également que plus de 2000 exposants venus de 44 pays ont déjà confirmé leur présence. Au total, 120 aéronefs sont inscrits pour la 50ème édition du salon du Bourget.

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April 4, 2013 8:53 AM
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Trois navires militaires chinois dans la baie d’Alger pour renforcer la coopération militaire

Trois navires militaires chinois dans la baie d’Alger pour renforcer la coopération militaire | DEFENSE NEWS | Scoop.it

En Algérie, trois navires militaires chinois, deux corvettes et un pétrolier ravitailleur ont accosté dans la baie d’Alger le mercredi 3 avril 2013. Selon l’armée algérienne, il s’agit de renforcer la coopération militaire entre Alger et Pékin, une coopération qui se développe peu à peu.

Comme les relations diplomatiques, les relations militaires entre la Chine et l’Algérie sont réputées excellentes. Bien sûr, c’est Moscou qui est le premier fournisseur de matériel de l’armée nationale populaire. Mais, en 2007, la découverte de pièces défectueuses sur les avions russes livrés à l'Algérie avait provoqué une véritable crise entre les deux pays. L’Algérie avait restitué les avions et réclamé un dédommagement. Depuis, Alger diversifie ses fournisseurs et Pékin fait peu à peu son entrée.

En 2006, le chef d’état major algérien s’était déplacé en Chine. Alger avait fini par commander des avions FC-1 Xiaolong pour pallier au retard des Russes. Le mois dernier, l’Algérie a commandé trois nouvelles corvettes. Si les navires militaires présents dans la baie d’Alger y sont dans le cadre d’une tournée internationale sur la lutte contre la piraterie, les deux corvettes présentes sont très similaires à celles commandées par Alger. Les experts de la marine algérienne ont prévu de tester certains équipements à bord des navires.

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March 19, 2013 10:10 AM
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Stratégie militaire : Algérie et Maroc, les frères ennemis

Stratégie militaire : Algérie et Maroc, les frères ennemis | DEFENSE NEWS | Scoop.it
uerre froide oblige, les armées de l'Algérie et du Maroc ont suivi des modèles et des doctrines opposés. Mais leurs stratégies ont considérablement évolué ces dernières années.

Deux pays, deux doctrines, deux visions du monde. L'Algérie et le Maroc appartenaient à deux blocs distincts. Dans chaque « camp », des années d'alignement - sur celui de l'Est pour la première et sur celui de l'Ouest pour le second - ont marqué les gradés. Les officiers sont devenus officiers supérieurs et officiers généraux, les sous-officiers sont parfois devenus officiers et officiers supérieurs. Les uns formés « à la soviétique », les autres « à la française » ou « à l'américaine ». Les doctrines militaires héritées de cette période continuent à façonner les forces armées contemporaines des deux pays. Sans pour autant exclure les évolutions.

Du côté algérien, le processus d'adoption d'une doctrine a été plus complexe que pour le Maroc. Les problèmes apparus lors de la guerre des Sables, en octobre 1963, ont démontré qu'une armée exclusivement populaire ne convenait pas. Il fallait créer une force plus professionnelle, disciplinée, en mesure d'utiliser des matériels modernes dans l'éventualité d'une guerre conventionnelle avec le voisin marocain. Des années 1960 à nos jours, c'est la doctrine soviétique qui a prévalu. En cas de guerre ouverte avec le Maroc, l'Algérie engagerait ses unités blindées, mécanisées et motorisées dans des opérations aux contours strictement définis par des plans rigides. L'aviation viendrait appuyer les actions des troupes terrestres ou intercepter les chasseurs adverses sous le contrôle des stations radars au sol, de concert avec les batteries de missiles surface-air. Si elle se veut souple sur le plan stratégique, cette doctrine laisse peu de place à l'initiative tactique et contraint les officiers à exécuter vaille que vaille les consignes pour anéantir l'ennemi en profondeur.

>> Lire aussi "Maroc, Algérie : des clients militaires très courtisés"

Deux idéologies

À l'opposé, le Maroc a lui privilégié le combat mobile. Les chefs d'unité ont été encouragés à faire preuve d'initiative en manoeuvrant, en mettant à profit la qualité et la quantité des moyens de transmission, du matériel... ainsi que le niveau d'entraînement des officiers, sous-officiers et militaires de carrière. Cela a conféré aux hommes du rang un encadrement solide et compétent. Tandis que les cadres militaires algériens étaient formés - et politisés - dans les académies d'Union soviétique et des « pays frères », ceux de Rabat apprenaient et se perfectionnaient en France, aux États-Unis... Plus que deux pays, ce sont deux idéologies qui s'affrontaient.

Les troupes algériennes n'étaient pas préparées pour affronter des combattants entraînés à la guérilla.

Toutefois, avec le temps, la pensée militaire des deux pays s'est adaptée aux contingences du terrain et des décisions politiques. Dans le Sahara occidental, le Maroc a dû lutter contre une guérilla bien armée, excellant elle aussi dans le combat mobile en zone désertique. Pour affronter cet adversaire bien moins prévisible que des colonnes mécanisées respectant un plan précis, Rabat a édifié une barrière fortifiée derrière laquelle ont été retranchés ses pièces d'artillerie automotrice, ses chars, son infanterie. Au bout du compte, le royaume a neutralisé efficacement la capacité de nuisance du Polisario - non sans pertes, en particulier dans l'aviation de chasse.

Médiocres

De l'autre côté de la frontière, l'Algérie a quant à elle cédé du matériel aux indépendantistes sahraouis. Tout en participant, en 1975, aux accrochages contre le Maroc. Mais Alger ne pouvait se conformer à la doctrine militaire soviétique, qui implique l'écrasement total de l'adversaire, sans risquer une conflagration régionale majeure. Voilà pourquoi, dans les deux capitales, la rhétorique musclée a remplacé le fracas des armes.

Seize ans plus tard, en 1992, l'Algérie bascule dans la guerre civile, qui oppose les autorités aux islamistes. Lesquels exploitent toute la panoplie des méthodes de combat asymétrique (guérilla, terrorisme), labellisé, quelques années auparavant, « guerre révolutionnaire ». Or les forces armées algériennes ne sont pas préparées à affronter une guérilla. Une fois encore, la doctrine soviétique n'est pas appropriée.

De fait, au début de cette crise sanglante, les forces régulières algériennes se montrent, au mieux, médiocres. La gendarmerie et les groupes d'autodéfense qui s'organisent alors se révèlent plus aptes à combattre l'adversaire. La nouvelle structure, organisée en divisions (des unités blindées et mécanisées, lourdes), convient peu à la traque des terroristes. Pour ne rien arranger, plusieurs pays imposent un embargo sur les armes et les équipements de sécurité à destination de l'Algérie : Eurocopter refuse de céder ses appareils, et l'armée ne peut recevoir les lunettes de vision nocturne qui lui seraient pourtant précieuses... La folie meurtrière des terroristes d'un côté - qui les coupe du soutien d'une grande partie de la population - conjuguée à de nombreuses actions politiques et à des méthodes de contre-insurrection (la tactique des petites unités) de l'autre permet finalement à Alger de prendre l'ascendant sur les terroristes.

Doctrine militaire

Au bout du compte, Algériens et Marocains ont appris qu'une doctrine militaire n'a de sens que si elle tient compte des contingences locales et évolue en conséquence. Tout en ayant l'expérience de la lutte antiguérilla sur des terrains différents, ils se préparent à présent à une guerre conventionnelle de haute intensité. En s'efforçant d'être en mesure de vaincre l'adversaire dans l'offensive, de le repousser dans la défensive et, dans les deux cas, de lui faire payer l'option militaire très cher.

Les forces terrestres chérifiennes sont plus expérimentées et mieux encadrées.

Sur le plan matériel, l'Algérie domine actuellement les débats avec ses quelque 985 chars de combat, contre 550 du côté marocain. Sa supériorité numérique s'avère encore plus écrasante en termes de véhicules blindés de combat d'infanterie, avec 1 085 engins en Algérie et seulement 195 au Maroc. Même rapport des forces pour l'aviation, puisque Alger dispose de 36 appareils de combat modernes et de 71 plus anciens, contre respectivement 24 et 46 pour Rabat. Malgré tout, le royaume conserve, pour l'heure, son avantage qualitatif : si ses armes sont globalement moins nombreuses et que, d'ici peu, elles seront en partie dépassées (à moins d'acquisitions importantes), ses forces armées bénéficient d'un taux de professionnalisation plus élevé. Selon l'ouvrage The Military Balance 2012, l'armée de terre marocaine dispose de 75 000 engagés sur un effectif de 175 000 hommes. L'armée de terre algérienne, elle, ne compte que 35 000 militaires de carrière sur 110 000 hommes.

Évolution

Les forces terrestres chérifiennes sont donc plus expérimentées et mieux encadrées. Comme le veulent les doctrines militaires française et, surtout, américaine, les unités de soutien marocaines sont nombreuses et bien organisées. La disponibilité des matériels est donc grande et les unités du royaume auraient la garantie, en cas de conflit, de bénéficier d'un approvisionnement constant, assurant un bon tempo aux opérations. Certes, les unités de maintenance et de logistique algériennes existent. Toutefois, leur capacité à soutenir des forces de première ligne avec un matériel important (et donc des besoins considérables en munitions, carburant et pièces de rechange) est sujette à caution : les lacunes des forces soviétiques - sur le modèle desquelles ont été organisées les unités algériennes - sont connues.

Supériorité matérielle algérienne, avantage qualitatif marocain... cette situation, pourtant vieille de cinquante ans, n'est pas intangible. Depuis quelques années, Alger professionnalise ses forces régulières et standardise ses moyens, afin d'être plus en phase avec les enjeux stratégiques et les menaces réelles ou fantasmées. Bien que freinée par les séquelles persistantes de la guerre civile, cette évolution se confirme. Une partie des gardes communaux sont intégrés aux forces armées (ce qui sert à justifier le budget de la défense, de plus de 10 milliards de dollars - 7,5 milliards d'euros - pour 2013), des blindés de conception émiratie Nimr II sont assemblés, et plusieurs centaines de Fuchs 2 allemands remplacent les anciens modèles.

Renseignement

Le choix d'un blindé à roues n'est pas anodin. D'une part, il est considéré comme plus adapté lors de troubles intérieurs (notamment en termes d'image à l'étranger : un char, imposant, heurte davantage et constitue un symbole négatif pour le pouvoir). D'autre part, il peut rapidement parcourir de grandes distances sur route. L'Algérie se dote ainsi d'une force beaucoup plus mobile, capable de se rendre d'un point à l'autre du pays dans de brefs délais. Enfin, il demande moins de maintenance (et moins de pièces détachées) qu'un véhicule chenillé...

À long terme, l'Algérie pourrait prendre l'ascendant - et pas seulement par le nombre - sur son voisin.

Autre orientation significative : le développement de plus en plus marqué de moyens de renseignements indépendants. Le satellite AlSat-2A, dont l'optique permet de réaliser une imagerie d'une résolution moyenne (par rapport aux satellites américains) de 10 mètres, a ainsi été lancé. AlSat-2B doit l'être également. Pour modeste qu'elle soit, la capacité de renseignements stratégique algérienne sera beaucoup plus pratique que les Mig-25 Foxbat D, qui ne peuvent évidemment pas survoler le territoire marocain.

Ascendant

Concernant l'entraînement des hommes, les autorités politiques et militaires algériennes semblent conscientes qu'il y a bien des choses à améliorer. La marine allemande a donc pris en charge cette tâche. En outre, après la prise d'otages sanglante d'In Amenas en janvier, des discussions ont été entamées à l'initiative de Londres afin que les Special Air Service et Special Boat Service, unités des forces spéciales britanniques, forment leurs homologues algériens aux opérations antiterroristes...

À plus long terme, l'Algérie pourrait prendre l'ascendant - et pas seulement par le nombre - sur son voisin. Bien entendu, la qualité des militaires de Rabat resterait la même, mais ceux d'Alger s'amélioreraient. Les moyens financiers algériens permettent d'entraîner les soldats de manière intensive, de faire voler les avions, et d'organiser des exercices.

Quoi qu'il en soit, même si l'Algérie venait un jour à égaler ou presque son voisin par les compétences tout en le dominant numériquement, un conflit serait une catastrophe économique pour les deux protagonistes. Et un suicide politico-diplomatique pour qui le déclencherait.

* Laurent Touchard travaille depuis de nombreuses années sur le terrorisme et l'histoire militaire. Il a collaboré à plusieurs ouvrages et certains de ses travaux sont utilisés par l'université Johns-Hopkins, aux États-Unis.


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February 20, 2013 5:40 AM
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IDEX : nouveau succès pour le Nimr émirien

IDEX : nouveau succès pour le Nimr émirien | DEFENSE NEWS | Scoop.it

Avec en moyenne un milliard d’euros de contrat annoncé par jour, les grands gagnants du salon IDEX sont pour l’instant l’industrie américaine et celle émirienne. Une entrée en négociation pour 800 véhicules de production locale Nimr a été annoncée aujourd’hui. Preuve de la forte percée des nombreuses et très présentes sociétés émiriennes. C’est donc un grand succès pour le groupe national NIMR Automotive, une joint-venture entre Tawazun et Bin Jabr Group.

Développé début des années 2000, le Nimr est à l’origine un blindé léger 4X4 de la classe des 4 tonnes. Mais depuis la gamme s’est étoffée, alourdie, une version 6X6 a été développée ainsi que de nombreuses variantes (transport, système d’armes divers, poste de commandement…). Les clients dans la région sont maintenant nombreux : L’Algérie, la Jordanie, le Liban et dernièrement la Libye (on évoque plus d’une centaine de véhicules). Les EAU l’avaient dès son lancement commandé pour le ministère de l’intérieur. Aujourd’hui c’est donc les forces terrestres émiriennes qui s’en équipent. Peu de détails ont filtré sur ces 800 véhicules, mais diverses versions sont concernées (transport, ambulance…) à définir « selon le besoin des forces armées ». Avec ce contrat c’est au total près de 2000 véhicules Nimr qui vont être en service dans des armées du Moyen Orient.

 

http://www.youtube.com/watch?v=DXeWe2NbxQo

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January 28, 2013 5:37 AM
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EXCLUSIF. Chef du GIGN : "La prise d'otages massive d'In Amenas a confirmé toutes nos analyses"

EXCLUSIF. Chef du GIGN : "La prise d'otages massive d'In Amenas a confirmé toutes nos analyses" | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Le général Thierry Orosco, chef du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), analyse pour "Le Point" la prise d'otages en Algérie.
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