TEXTURE VOUS CONVIE A UNE RENCONTRE AVEC
EDITH DE LA HERONNIERE
A L'OCCASION DE LA PARUTION DE SES TROIS LIVRES SUR LA SICILE :
DU VOLCAN AU CHAOS : JOURNAL SICILIEN (EDITIONS NOUS)
LA SAGESSE VIENT DE L'OMBRE. DANS LES JARDINS DE SICILE (EDITIONS KLINCKSIECK)
SICILE AQUARELLES, EN COLLABORATION AVEC FABRICE MOIREAU (EDITIONS DU PACIFIQUE)
JEUDI 9 NOVEMBRE A 19H30
Texture - 94, avenue Jean Jaurès - 75019 Paris - 01 42 01 25 12
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DU VOLCAN AU CHAOS :
Du volcan, l’ascension du Stromboli, au « Chaos », lieu de naissance de Pirandello, ce journal sicilien est le récit d’un voyage qui est plus qu’un voyage : une recherche, une quête, menée avec une extrême attention, « à la rencontre de je ne sais quoi ». Edith de la Héronnière, étrangère en état d’alerte permanent, pénètre en Sicile comme dans un labyrinthe.
Lorsque Maupassant visitait la Sicile en 1890, il se disait étranger et n’en avait pas honte. L’étranger passe, il vient de l’extérieur et s’en retourne là-bas. Il passe sans laisser de traces, tout comme le voyageur, légèrement, il traverse, et sa manière de le faire doit avoir du style. Être étranger est un art, être touriste est un état, une manière d’encombrer les lieux sans y être vraiment : « Le tourisme consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des lieux qui seraient mieux sans eux. » Tandis que le sel du voyage est cette approche fervente et solitaire de l’espace où l’on se trouve, qu’il s’agisse de l’ici ou de l’ailleurs. Étranger, c’est la disposition d’esprit la plus proche du réel pour nous autres, humains, toujours extérieurs, toujours passants momentanés, en route pour je ne sais quelle destination fatale, sachant qu’à tout moment peut se produire une rencontre et qu’alors nous serons bouleversés, mais qu’il faut être prêts.
LA SAGESSE VIENT DE L'OMBRE :
L'œuvre littéraire d'Édith de la Héronnière a pour terreau la pratique d'un art majeur : celui de l' « égarement ». En s’égarant, on risque bien moins de se perdre que de rencontrer. Et lorsqu’on se trouve en Sicile, ce sont les jardins qui surgissent, ahurissants d’aspect et de tons, au beau milieu des chemins titubants de chaleur.
Édith de la Héronnière nous conduit ici au cœur des mythiques jardins siciliens, ancrés dans une histoire lointaine au parfum oriental. Ces oasis, à la flore si riche en espèces, en couleurs, en odeurs, ont souvent quelque chose d’un peu fou, à l’image du labyrinthe de Donnafugata où l’on peut se perdre à jamais.
Le point commun de tous ces jardins est sans doute l’exubérance créatrice. Derrière les clôtures, la nature n’a pas seulement fait germer le génie botanique ; elle a aussi produit le génie poétique et littéraire. Car nous sommes sur les terres de Lampedusa ou de Lucio Piccolo, et dans les pas de Goethe ou de Dumas. Sous les ficus géants, pétrifiés de soleil, s’étale l’ombre de la mort avec laquelle les Siciliens ont très lentement, note après note, composé une sorte d’« hymne au silence », chantant ainsi leur singulière sagesse.
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