En août 2024, en quête d’un emploi saisonnier comme beaucoup d’étudiants, j’avais trouvé un poste d’auxiliaire dans une entreprise de location de bateaux sur les rives du Léman. Le travail, plutôt simple, consistait à accueillir les clients, préparer les embarcations et entretenir les engins nautiques : pédalos, kayaks, petits bateaux moteurs. Un jour de pluie, synonyme de basse fréquentation, on m’a demandé de refaire l’antifouling des bateaux de locations ainsi que des pédalos. Je n’avais auparavant jamais entendu parler de ces produits mais la tâche assignée me sauvait de l’ennui et je me suis donc mis au travail avec enthousiasme. Le but étant de rendre impossible l’accrochage des petits coquillages, algues ou crustacés sur les coques (qui est considéré dans le domaine comme du « fouling ») . Plus la journée passait, plus je m’interrogeais sur la véritable utilité de ce produit et sur la pertinence de son application. En fin de journée, on m’a informé que pour faire partir les tâches d’antifoulings que j’avais sur la peau, le mieux était de frotter avec de l’essence. Quant aux restes d’antifouling tombés au sol, il fallait rincer avec un jet haute-pression et « pousser » le tout dans le lac. Cette expérience m’a amené à m’interroger sur l’usage des peintures antifouling dans les eaux lémaniques, et sur leurs conséquences pour les écosystèmes du lac.
(...)