Comme l’ont successivement montré les récents travaux parlementaires sur la question, la protection de l’enfance connaît depuis plusieurs années une crise d’une particulière intensité si bien qu’elle apparaît aujourd’hui à bout de souffle. Souffrant d’une organisation atomisée entre des acteurs insuffisamment coordonnés, cette politique connaît en outre, depuis plus de deux décennies, une dégradation préoccupante de ses conditions d’exercice, qui n’est certainement pas étrangère à l’alarmante crise d’attractivité qu’elle traverse : 97% des structures du secteur éprouvent aujourd’hui des difficultés à recruter.
Les indicateurs, déjà au rouge, risquent de s’assombrir encore : alors que le nombre de mesures prononcées ne cesse de progresser et a augmenté de plus de 50 % en vingt ans,
les formations se heurtent à l’érosion du vivier de candidats. De plus, le secteur est confronté à une démographie particulièrement défavorable, puisque la moitié des assistantes familiales devraient partir à la retraite au cours des dix prochaines années. Derrière ces
chiffres, se cachent des enfants privés d’attache émotionnelle, ballotés au gré des décisions institutionnelles, et des professionnels surmenés, épuisés face à la difficulté de leurs missions.