On nous l’avais promis : l’intelligence artificielle allait nous libérer des tâches fastidieuses, nous offrir du temps pour l’essentiel, rendre le travail plus humain. Mais une étude publiée en février dernier dans la Harvard Business Review vient bousculer ce récit optimiste. Et si l’IA, loin de réduire la charge de travail, l’intensifiait ? Et si les professionnel(le)s qui l’adoptent le plus massivement étaient précisément les plus exposés à une nouvelle forme d’épuisement ?
Cette étude de l’Université de Californie à Berkeley montre que l’usage d’outils d’IA conduit à une intensification des tâches et à un allongement du temps de travail. Cela même lorsque leur adoption reste volontaire. Le mécanisme est plutôt insidieux voire invisible : l’IA accélère certaines tâches, ce qui fait monter les attentes de cadence, ce qui pousse les employés à s’appuyer encore davantage sur l’IA. Ce qui est un cercle auto-entretenu.
L’IA ne supprime pas le travail : elle déplace la charge vers des tâches de contrôle, de correction et d’arbitrage. Ce sont celles qui sollicitent les fonctions cognitives les plus coûteuses telles le jugement, l’attention sélective et la responsabilité finale. Pour les métiers à forte dimension relationnelle et éthique, comme le travail social, cette densification peut devenir une source réelle de fatigue professionnelle si elle n’est pas anticipée et régulée collectivement.
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