Aide publique au développement : le prix de nos renoncements (Christian de Perthuis)
À l'occasion du PLF, Christian de Perthuis analyse la contraction drastique des crédits de l'Aide publique au développement (APD), qui s'achemine vers une baisse de plus de 50 % en trois ans en France.
Portée par une onde de choc internationale (démantèlement de l'USAID, repli des flux Nord-Sud de l'OCDE), cette coupe budgétaire est qualifiée d'injustifiable à l'heure où s'accumulent les urgences climatiques (impacts majeurs d'El Niño sur les denrées agricoles) et sanitaires.
L'auteur démontre l'aberration de cette stratégie à la fois sur le plan éthique, comptable (l'APD ne représentant que 0,43 % des dépenses de l'État) et économique, en rappelant que le retrait de l'aide affaiblit durablement l'influence et les positions des entreprises françaises sur les marchés extérieurs.
Territoires "zéro fossile" : entre ambition stratégique et pragmatisme de terrain
L'article d'octobre 2026 de l'ADEME (« Un territoire zéro fossile, ça ressemble à quoi ? ») a le mérite d'indiquer la bonne direction. Il rappelle avec justesse que s'affranchir des énergies fossiles n'est plus seulement une urgence climatique mais une condition essentielle pour pérenniser et dérisquer les modèles économiques des territoires et des industries.
Pour autant réussir cette transition à l'échelle locale suppose d'arriver à dépasser certains défis opérationnels incontournables :
Le défi de l'existant et des réseaux
Entre les impératifs croisés de la rénovation thermique du bâti et ceux du renforcement des infrastructures électriques, la trajectoire "zéro fossile" exige une planification volontariste mais aussi réaliste et coordonnée des réseaux.
Le défi de la compétitivité industrielle
Les investissements initiaux qui sont requis pour décarboner les procédés étant assez lourds, il est primordial d'accompagner les entreprises pour concilier leur transition environnementale et le maintien de leur compétitivité face à des marchés mondiaux aux règles environnementales très inégales.
Des clés pour transformer cette ambition en réussite concrète :
La sobriété et l'efficacité d'abord
Prioriser la réduction raisonnée des besoins intrinsèques plutôt que de tout miser et uniquement sur l'électrification des usages.
Le réflexe de la valorisation locale
Exploiter systématiquement les gisements de chaleur fatale et tenter de développer toutes les synergies territoriales (réseaux de chaleur, boucles d'énergie locales).
L'éco-conditionnalité des aides
Garantir un ciblage rigoureux des investissements publics pour maximiser l'efficacité énergétique réelle pour chaque euro investi
C'est ici une vision inspirante et nécessaire, à condition néanmoins de l'ancrer résolument dans les réalités thermodynamique et économique des territoires.