Toute honte bue, ceci n'es pas un poison d'avril.
Le groupe français renonce à ses deux projets d'éolien en mer au large de l'Etat de New York et de la Caroline du Nord. En échange, il récupère 928 millions de dollars qu'il s'engage à investir dans des projets gaziers aux Etats-Unis.
Il faut presque se pincer pour y croire, mais c’est bel et bien vrai : TotalEnergies a annoncé cette semaine qu’il renonçait à ses deux projets d’éoliennes en mer au large de l’Etat de New York et de la Caroline du Nord afin de récupérer 928 millions de dollars de la part de l’administration Trump, que le groupe s’engage à investir dans des projets gaziers aux Etats-Unis. Un dialogue « gagnant-gagnant », comme l’a qualifié Patrick Pouyanné. Sauf pour le climat.
L’administration Trump fait feu tout bois pour annuler les projets de développement d’éoliennes lancées sous l’administration Biden. Selon le président américain, les éoliennes seraient une menace pour la sécurité intérieure car elles pourraient masquer la présence de drones ennemis à proximité des côtes.
Malgré ce recul sur l’éolien en mer, Patrick Pouyanné a pris soin de rappeler que TotalEnergies continuait à investir dans des projets d’énergies renouvelables aux Etats-Unis. La part de l’éolien et du solaire dans la production d’électricité continue à augmenter dans le pays malgré les attaques de la Maison-Blanche, grâce à des fortes baisses des coûts.
Ce deal ne va pas aider TotalEnergies à atteindre ses objectifs climatiques : le groupe a annoncé cette semaine qu’il ne serait pas en mesure d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Et ses émissions n’ont baissé que de 2 à 3 % en 2025.
Quant au conflit au Moyen-Orient, ce ne serait pas une si mauvaise affaire pour le géant pétrolier : la croissance de sa production se situe majoritairement en dehors de la zone de conflit. Ainsi, « un prix du pétrole plus élevé compense largement la perte de production au Moyen-Orient » pour TotalEnergies, explique un expert du secteur. Pas de quoi inciter l’entreprise à se tourner davantage vers les renouvelables.