Aller au contenu Navigation Accès directs Connexion RAPPORT - AUX ORIGINES D'UN MONDE. Les réseaux socionumériques dans la presse quotidienne française (2003-2024) Accueil Nos activités Rapports de recherche Imprimer Partager Publié le 8 avril 2026 – Mis à jour le 9 mai 2026À l’heure où l’Europe renforce ses exigences en matière de souveraineté numérique et de régulation des grandes plateformes, à l’heure où l’Australie, l’Espagne et la France semblent décidées à interdire l’accès des adolescents les plus jeunes aux réseaux socionumériques (RSN), nous avons voulu nous pencher sur la médiatisation de ces dispositifs devenus éminemment politiques. Éléments du quotidien concernant un nombre croissant d’individus, acteurs économiques majeurs, à l’origine d’un nombre incalculable de tentatives de régulation à l’échelle de la planète, jusqu’à leur faire jouer un rôle dans la géopolitique mondiale, les RSN s'imposent comme une évidence de notre temps. Et ce, au point de nous faire oublier une époque révolue où les mots Facebook, YouTube, Instagram ou Twitter n’évoquaient rien pour nous. L’expression même de “réseaux sociaux”, longtemps circonscrite à une branche de la sociologie traitant des réseaux relationnels, a pris une importance qui lui permet aujourd’hui d’être associée à un ensemble disparate de significations qui trouvent en partie leurs origines dans la façon dont les médias les ont présentés et dans les usages que nos sociétés en ont fait. La communauté scientifique alerte depuis longtemps sur les effets démocratiques et informationnels de la non-portabilité des données, de la dépendance technologique et économique à l’égard de plateformes extra-européennes et de l’absence d’une régulation avancée. Ces préoccupations s’inscrivent donc dans un contexte marqué par les récentes décisions législatives, les débats autour du Digital Services Act1 (DSA) et du Digital Markets Act2 (DMA), et les tensions entre acteurs publics et plateformes. Les RSN se présentent ainsi comme des infrastructures politiques disputées, au croisement du pouvoir, de la visibilité, de la gouvernance de l’espace public numérique, et de la question du “libre marché des idées” version néo-libérale revisitée de la liberté d’expression et fer de lance des PDG et fondateurs des RSN. À partir d’une analyse longitudinale de la presse française, notre étude remonte aux origines des RSN et enquête sur 20 ans de couverture médiatique par la presse quotidienne nationale (PQN). Notons que nous distinguons dans cette étude, à titre analytique, trois grandes générations de réseaux sociaux, chacune apparaissant à des moments différents et correspondant à des environnements technologiques spécifiques. La première génération (Génération Web), apparue dans les années 2000 avec des plateformes comme MySpace, Facebook, LinkedIn, YouTube, Twitter ou Reddit, a été initialement conçue pour un usage sur ordinateur avant d’être progressivement adaptée aux smartphones. La seconde génération (Génération Smartphone) qui émerge autour du début des années 2010 avec Instagram, Snapchat ou Pinterest, est pensée dès l’origine pour un usage en mobilité, ce qui va impacter les formats de contenu et les modalités d’interaction. Enfin la troisième génération représentée par TikTok à partir de la fin des années 2010, repose sur les débits élevés permis par la 4G puis la 5G, favorisant les contenus vidéo.
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08/03/12