"De nombreux commissaires européens servent également les intérêts de grands groupes industriels et financiers, ce qui remet en cause leur impartialité dans le débat public, accuse une ONG
Peut-on servir l'intérêt public lorsque l'on défend des intérêts privés ? La question a été maintes fois posée à Bruxelles, tant le lobbying y est puissant et les conflits d'intérêts nombreux. Dernièrement, l'ONG Corporate Europe Observatory (CEO) a répertorié l'ensemble des conflits d'intérêts qui subsistent à la Commission européenne. Les résultats sont édifiants.
Quel est le problème ?
Le principal problème que soulève la situation actuelle à Bruxelles est le manque d'impartialité des commissaires européens. En effet, ceux-ci sont responsables de l'initiation, de la négociation et du vote de lois qui affectent le quotidien de 500 millions de citoyens, dans des domaines aussi essentiels que le climat, l'agriculture, l'alimentation, la finance... Leur rôle est donc loin d'être négligeable.
Une vraie porosité entre les deux milieux
Pourtant, parallèlement, nombre d'entre eux occupent des postes dans de grands groupes financiers ou industriels, dans les domaines qu'ils sont sensés encadrer législativement. Payés par ces groupes, il devient alors difficile pour les commissaires européens de légiférer contre leurs intérêts.
Cette récupération par les entreprises privées de personnalités politiques est regroupée sous le concept de "Revolving Doors" ("portes tambours"), qui illustre la porosité existant entre les deux milieux.
L'existences de conflits d'intérêt est depuis longtemps dénoncée par des associations citoyennes et certains politiques, mais bien loin de diminuer, il semblerait au contraire qu'elle s'accentue. Selon CEO, les tentatives des entreprises et des groupes de pression d'influencer les politiques de l'Union Européenne ont été plus efficaces que jamais ces dernières années, sous la Commission Barroso II.
Qui est concerné ?
Les chiffres sont accablants : un tiers des anciens commissaires - soit 9 sur 27 - auraient pris des fonctions dans de grandes entreprises privées issues de secteurs souvent proches de leurs affectations politiques. Le tout en cumulant les postes, pour un total de 98 fonctions (soit une moyenne de plus de 10 par personne).
37 de ces transferts ont fait l'objet d'un examen par le Comité d'éthique, mais celui-ci n'en a empêché aucun. Selon CEO, neuf d'entre eux n'aurait pourtant pas dû être autorisés, car ils représentaient des conflits d'intérêt directs." (...)
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