Cet été, canicules et sécheresses mettent à l’épreuve le parc nucléaire français et contraignent l'arrêt de plusieurs réacteurs par EDF. L’énergie nucléaire, souvent présentée comme une énergie verte, est-elle vraiment adaptée au changement climatique ?
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L'équation "nucléaire et changement climatique" ne se résume pas au seul raccourci : "les centrales risquent de manquer d'eau en été". La réalité technique est plus nuancée et possède une vulnérabilité plus ou moins partagée par l'ensemble du mix électrique.
1. Distinction : prélèvement vs consommation
Si une centrale en circuit ouvert prélève bien un volume d'eau très important (~150 m³/MWh) en restituant la quasi-totalité mais bien plus chaude au cours d'eau, par contre en circuit fermé, elle en consomme par évaporation environ 2 m³/MWh et les baisses de charge estivales restent très contenues selon RTE (historiquement 0,3 % à 0,5 % de la production annuelle) et elles découlent majoritairement des normes réglementaires importantes visant à protéger la faune aquatique mais pas d'une incapacité technique à fonctionner.
2. Aucune filière n'est immunisée contre la météo
L'hydraulique reste la première victime des sécheresses (-20 % à -30 % de production lors des années sèches comme 2022).
Le solaire photovoltaïque subit une faible baisse de rendement quand les cellules dépassent 25 °C (-0,35 % à -0,4 % par degré supplémentaire).
L'éolien peut faire face quant à lui à des épisodes prolongés de calme anticyclonique durant les canicules.
3. L'adaptation est néanmoins en cours d'intégration
L'alignement sur la Trajectoire de Réchauffement de la France (+4 °C) impose déjà de nouvelles contraintes comme le plan ADAPT chez EDF, une réévaluation des sources froides par l'ASN et le choix prioritaire du littoral pour l'implantation de futurs EPR2 (Gravelines et Penly) afin de s'affranchir du stress hydrique fluvial.
La résilience du réseau électrique ne reposera donc pas sur une seule technologie miracle mais sur la complémentarité d'un mix décarboné et dimensionné pour les extrêmes climatiques de 2100.