En 2025, la France affichait une situation budgétaire dégradée : le déficit public s’établissait à 5,1 % du PIB (le quatrième plus élevé de l’Union européenne après la Roumanie, la Pologne et la Belgique), tandis que la dette publique atteignait 115,6 % du PIB (troisième plus élevée de l’UE après la Grèce et l’Italie).
Sur les vingt-cinq dernières années, les dépenses ont cru de près de 5 points de PIB pour se situer à 57,3 % du PIB en 2025 (deuxième de l’UE, derrière la Finlande à 57,5 %). Dans le même temps, les recettes publiques totales progressaient de 0,9 point, pour atteindre 52,2 % du PIB en 2025 (deuxième de l’UE, derrière la Finlande à 54,1 % du PIB)2. Cet écart entre dépenses et recettes retrace une difficulté chronique à réduire significativement les déficits publics et à tenir nos engagements européens, y compris lorsque la conjoncture économique était favorable (notamment entre 2000 et 2008, et entre 2017 et 20193).
La structure actuelle des dépenses publiques françaises fait apparaître une orientation très marquée vers la prise en charge des risques liés à la vieillesse (retraites et autonomie des personnes âgées) et à la santé/invalidité, reflétant le modèle social développé depuis la Seconde Guerre mondiale. Ces deux postes concentrent à eux seuls 46 % de la dépense publique totale (respectivement 26 % et 20 %), tandis que les autres dépenses de protection sociale en représentent 11 %4. Les dépenses publiques sont ainsi constituées pour moitié de prestations sociales – en espèces ou en nature – et pour un tiers de dépenses de fonctionnement (rémunération et consommation de biens et services). La charge d’intérêts sur la dette publique représente, elle, 3,5 % de la dépense publique totale.