Cet article s’intéresse à des pratiques urbaines entre art et action politique. Installer un potager illégal sur une avenue, détourner les cartes ou les panneaux de signalisation : et si c’était traduire ? Notre hypothèse consiste à penser les œuvres et pratiques « artivistes » en tant qu’actes de traduction, en considérant que ces pratiques opèrent par décalages dans l’espace de la ville (plan de l’objet analysé) et en procédant nous-mêmes par traductions (méta-plan de l’analyse). Ce faisant, nous nous positionnons comme hétérolinguiste (Myriam Suchet) et géographiste (Sarah Mekdjian) pour éprouver ce qui se modifie de nos manières de penser lorsque l’on articule recherche, action et création – ce que nous nommons une perspective indisciplinaire. Nous commencerons par établir une typologie ad hoc de quelques œuvres artivistes installées notamment à Montréal pour redéfinir la traduction en termes de battement et d’interstice, avant d’en faire une hypothèse pour analyser des pratiques cartographiques créatives menées à Grenoble en 2013.
Via Crenau