Les altercations au sein du personnel politique, les diatribes sur les réseaux sociaux et les invectives dans l’audiovisuel peuvent donner le sentiment que la société est de plus en plus polarisée. Les enquêtes en sciences sociales montrent plutôt, pour ce qui est des opinions sur les mœurs, un mouvement de convergence dans le temps autour de questions autrefois clivantes (travail des femmes, avortement, euthanasie, mariage et adoption par des couples de même sexe). De nouvelles controverses apparaissent, comme la possibilité d’introduire un genre « autre » sur les papiers d’identité ou la gestation pour autrui. Mais, même sur ces sujets, les opinions ont tendance à être moins radicales.
Comment expliquer dès lors le sentiment présent chez neuf personnes sur dix que les débats sont de plus en plus agressifs ? L’enquête Conditions de vie et aspirations du CRÉDOC et l’analyse des émotions sur les chaînes d’information en continu suggèrent trois pistes d’explication. Depuis deux ans, on observe un phénomène de backlash, dans certaines catégories (jeunes hommes, peu diplômés). La médiatisation des opinions par les chaînes d’information en continu mobilise de plus en plus le registre de l’émotion, notamment la colère. Enfin, la digitalisation des mobilisations via les réseaux sociaux et pétitions en ligne rend davantage visible la contestation. Ces évolutions invitent à penser et organiser des espaces de dialogue et de compromis ainsi que des politiques de renforcement des liens sociaux.
https://www.credoc.fr/download/pdf/4p/CMV352.pdf
Page internet : http://www.ademe.fr/developpement-covoiturage-regulier-courte-moyenne-distance