Pour limiter les dégâts sur les écosystèmes aquatiques provoqués par la chaleur des eaux de refroidissement rejetées par les centrales, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection fixe pour chaque site des limites de température de l'eau.
|
|
POLITIQUES ENVIRONNEMENTALES ET CLIMATIQUES, RSE, FINANCES "VERTES", INFORMATIONS GENERALES
A propos des politiques environnementales des institutions et de la responsablité sociale et environnementales des organismes Curated by Pascal Jacques Dumoulin |
Your new post is loading...
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 26, 7:51 AM
|
Pour limiter les dégâts sur les écosystèmes aquatiques provoqués par la chaleur des eaux de refroidissement rejetées par les centrales, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection fixe pour chaque site des limites de température de l'eau.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 25, 5:23 PM
|
RESSOURCES. L'Agence nationale de l'habitat a procédé à une actualisation de ce document compilant tous les dispositifs de soutien aux travaux de rénovation énergétique du parc résidentiel.
Cette nécessité d'actualisation permanente des guides et barèmes de l'Anah traduit le pilotage à vue de la politique publique de rénovation énergétique.
En ajustant sans cesse les critères d'éligibilité, l'État cherche à contenir ses engagements budgétaires au détriment d'une visibilité à long terme indispensable aux ménages et aux professionnels du bâtiment.
Cette instabilité réglementaire produit plusieurs effets pervers :
Incertitude et blocages
La complexification des démarches et la multiplication des règles d'écrêtement découragent la prise de décision et alourdissent la gestion opérationnelle des chantiers.
Problème du reste à charge
Malgré des taux d'aide théoriquement élevés pour les ménages modestes, la hausse du coût des travaux et les restrictions sur les avances créent une impasse de trésorerie insurmontable sans emprunt complémentaire.
Tensions du parcours accompagné
Privilégier la rénovation globale via Mon Accompagnateur Rénov' est indispensable pour l'efficacité énergétique mais le secteur manque de structures agréées et d'artisans RGE disponibles pour absorber la demande.
En multipliant les garde-fous administratifs, le dispositif gagne en contrôle budgétaire ce qu'il perd en efficacité de terrain et en vitesse de déploiement.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 25, 1:25 AM
|
Dans un rapport publié fin août, la Cour des comptes reconnaît la pertinence des effacements de consommation pour le système électrique, mais critique le dispositif de soutien public mis en place depuis 2013. À l’heure où la France accélère le développement des énergies renouvelables, elle recommande de raisonner plus largement en termes de flexibilité, en mettant en concurrence les différentes solutions disponibles.
La Cour des comptes remet en cause le soutien public à l’effacement électrique. Le modèle des appels d’offres dédiés (AOE/AOFD) touche à sa fin préfigurant une mutation profonde du marché de la flexibilité en France. Analyse de trois enjeux clés :
• Un coût budgétaire déconnecté de l'utilité réseau
Avec 1,18 Md€ de dépenses cumulées projetées d’ici 2033, la rémunération capacitaire fixe pour la seule disponibilité génère des effets d'aubaine, sans garantie d'activation réelle lors des tensions du système.
• Le passage à la neutralité technologique
Fin du soutien en silo : l’effacement sera mis en concurrence directe avec le stockage (BESS, STEP) et la modulation au sein du marché de capacité global. Une compétition indispensable pour gérer l'intégration de 65 à 90 GW d’EnR variables à l'horizon 2030.
• La modulation nucléaire : une limite régulatoire
Si le suivi de charge du nucléaire répond théoriquement à la définition d'une «flexibilité décarbonée», son intégration dans des mécanismes de soutien risquerait d'écraser le signal-prix et d’évincer les investissements dans le stockage. Sa valeur devrait continuer à s’exprimer sur les marchés de court terme (infra-journalier) et les services système.
L’effacement quitte donc son régime d'exception : la priorité devrait aller désormais à la performance économique réelle des actifs de flexibilité.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 23, 3:48 AM
|
EDF va mener une opération de maintenance d'une ampleur inédite sur le plus puissant et le plus récent des réacteurs français. Deux ans après sa mise en route, l'EPR n'a pas encore tenu toutes ses promesses.
L'arrêt pendant an de Flamanville 3 (1,65 GW) pour sa première Visite Complète (VC1) va être un crash-test pour le réseau électrique et un puissant accélérateur pour le stockage par batterie (BESS).
1. Un marché de capacité sous tension
La décertification temporaire de 1,65 GW de puissance ferme créera un effet de rareté. La valeur de la Garantie de Capacité va s'envoler (~28 €/kW/an) et renchérir le coût de la sécurité d'approvisionnement pour l'ensemble des acteurs.
2. Perte d'inertie & virage du Grid-Forming
Le retrait du plus grand alternateur synchrone d'Europe va faire chuter le niveau de court-circuit et va accélérer la vitesse de variation de fréquence. Pour stabiliser le réseau, les BESS vont devoir basculer du Grid-Following au Grid-Forming, injectant une inertie synthétique inférieure à 50 ms.
3. Un revenue stacking dopé
Cet arrêt renforce les trois leviers économiques des BESS :
• Rente capacitaire nette en hausse
• Spreads d'arbitrage Spot élargis
• Surprime sur les services système (FCR/aFRR et stabilité).
Résultat : un BESS 2h (10 MW / 20 MWh) peut viser ~132 k€/MW/an de CA, affichant un TRI Fonds Propres > 11 % en financement de projet. Du crowdfunding jusqu'au private equity, la flexibilité des BESS en Grid-Forming deviendra une brique clé du marché.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 22, 1:13 PM
|
Selon le ministère, l'abaissement de 1,9 à 1,7 du coefficient de conversion pour l'électricité utilisé dans le calcul du diagnostic de performance énergétique ne dégradera l'étiquette d'"aucun logement".
En abaissant le coefficient de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7 dans le DPE, l'État opère une réorientation stratégique majeure.
Sur le papier, la décision s'explique par la décarbonation du mix énergétique national : il paraît logique de mieux valoriser le vecteur électrique face aux énergies fossiles.
Cet arbitrage répond directement aux attentes de long terme de la puissante filière électrique qui plaidaient pour soutenir l'électrification des usages et le déploiement des pompes à chaleur.
Toutefois, cette convergence avec les intérêts du secteur électrique fait craindre le choix d'une «politique du thermomètre» plutôt que de celle du chantier de rénovation .
En modifiant une simple formule mathématique des milliers de logements vont sortir magiquement du statut de passoire thermique sans qu'aucun travail de rénovation thermique n'ait été réalisé.
Si ce glissement évite à court terme le retrait massif de biens du marché locatif, il s'apparente à un artifice comptable : la facture des ménages ne baissera pas d'un centime, le confort thermique ne s'améliore pas été comme hiver et la vulnérabilité du réseau électrique lors des pics de chaleur et de froid demeurera intacte.
En privilégiant le gain d'étiquette DPE «sur fiche» au détriment de la qualité du bâti, l'État risque de focaliser les efforts sur le seul choix des équipements, désincitant ainsi à la rénovation plus complète et fragilisant davantage la crédibilité du dispositif DPE.
Pour que cette mesure puisse bénéficier réellement à la transition écologique, il restera indispensable de veiller à ce que la valorisation de l'électricité ne fasse pas oublier l'urgence absolue : isoler et protéger durablement les logements.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 22, 12:42 PM
|
Lors de sa conférence de presse portant sur la rentrée scolaire 2026, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a exclu la mise en place d'un plan climatisation de grande ampleur dans les établissements d'enseignement secondaire.
🔥 Climatiser tous les lycées franciliens ?
La Région dit NON et assume son choix.
Face aux vagues de chaleur à répétition, l'Île-de-France a tranché : pas de climatisation généralisée dans ses 468 lycées publics. C'est un arbitrage fort qui privilégie la sobriété et la vision long terme aux solutions de facilité 👇
🎯 3 raisons majeures derrière cette décision :
1️⃣ Priorité sanitaire : Les budgets doivent cibler en priorité les publics les plus vulnérables (EHPAD, hôpitaux, petite enfance) plutôt que les lycées.
2️⃣ Sobriété énergétique : La climatisation massive ferait exploser les consommations d'électricité et aggraverait les îlots de chaleur urbains.
3️⃣ Résilience du bâti : La priorité va à l'architecture bioclimatique — isolation renforcée, protections solaires passives, ventilation nocturne et végétalisation des cours.
La réponse aux canicules ne viendra pas du «réflexe climatiseur», mais d'une rénovation thermique globale et d'une conception intelligente des bâtiments. Un signal clair envoyé aux acteurs de la construction et de l'immobilier ! 🏗️🌿
Et ce ne sont pas des "Zécolos décroissantistes" qui le disent" ! 😉
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 22, 12:12 PM
|
Vous remplacez le système de chauffage de votre maison ? Sachez qu’il existe une aide financière appelée « Coup de pouce chauffage ». Celle-ci peut vous aider.
La prime « Coup de pouce chauffage » part d'une excellente intention : inciter tout le monde, peu importe ses revenus, à abandonner les énergies fossiles. C'est un levier financier concret qui, cumulé à MaPrimeRénov', réduit vraiment la facture.
Mais sur le terrain, c'est souvent un parcours du combattant. Les règles du jeu administratif sont ultra rigides : si tu signes ton devis une journée avant d'avoir validé l'offre CEE, tu perds tout droit à la prime.
Beaucoup de ménages se font avoir. Ajoute à cela des montants qui varient pas mal selon les fournisseurs d'énergie et la présence de démarchages agressifs, et le dispositif devient assez vite stressant.
En clair, c'est un coup de pouce très utile pour financer ta transition énergétique, mais qui demande d'être hyper rigoureux sur la chronologie et le choix des artisans. Une vraie opportunité, à condition de ne pas trop se précipiter.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 21, 5:16 PM
|
La hausse rapide des prix des carburants est à la fois une raison évidente d'accélérer la transition énergétique et une explication de la relance des investissements dans les énergies fossiles. L'Europe n'a pourtant pas le choix : elle doit se libérer de ces dépendances énergétiques, plaide François Gemenne.
Le diesel à 3 € le litre. Derrière ce chiffre coup de poing se cache le dilemme central de la transition écologique.
Sur le papier, la théorie économique est relativement simple : il suffirait de monter les prix de l'énergie fossile pour inciter au changement d'énergie. C'est le fameux signal-prix. Mais sur le terrain, la réalité sociale est plus brutale.
D'un côté, pour des millions de personnes vivant hors des grands centres urbains, la voiture n'est pas un luxe, c'est un besoin quotidien. Sans alternatives crédibles, de véhicules électriques abordables ou de transports en commun de proximité, laisser augmenter le prix à la pompe ne fait que pénaliser le pouvoir d'achat sans changer les habitudes.
De l'autre, les pouvoirs publics se retrouvent coincés. Distribuer des aides ou des chèques carburant pour amortir le choc coûte une fortune et revient à subventionner une énergie fossile. Mais ne rien faire, c'est prendre le risque d'une crise sociale majeure et de braquer durablement la majorité de la population contre l'écologie, en tant que bouc émissaire idéal.
Le fond du problème est là : le signal-prix ne fonctionne pas seul. Tant que les moyens et infrastructures de remplacement ne sont pas déployées suffisamment en amont, la hausse des coûts est perçue comme une punition injuste et subie plutôt que comme un sujet de transformation.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 21, 12:32 PM
|
Au sortir d’un été 2026 marqué par les vagues de chaleur, entre canicules, sécheresse et incendies, une étude publiée par le laboratoire d’idées Destin commun estime que les Français sont prêts à accepter des politiques publiques de lutte contre le réchauffement climatique.
Au sortir de l'été 2026, marqué par des canicules, sécheresses et incendies répétés, cette étude de l'institut Destin Commun montre que la prise de conscience du réchauffement climatique, on le comprend bien, semble désormais largement ancrée en France.
Une prise de conscience généralisée
86 % des Français lient directement les événements extrêmes de cet été au changement climatique.
67 % se disent plus inquiets qu'auparavant, ce qui nourrit un sentiment d'urgence.
Malgré un sentiment d'impuissance face aux éléments, 49 % expriment une volonté renforcée d'agir à leur échelle.
Des attentes concrètes d'adaptation
83 % d'eux soutiennent un plan de rénovation thermique des bâtiments ainsi que la climatisation des lieux accueillant des publics vulnérables (écoles, hôpitaux, EHPAD).
81 % préconisent un développement massif de la géothermie.
Un enjeu fort pour les responsables politiques
Si la bataille de la prise de conscience semble gagnée, les offres politiques actuelles peinent encore à convaincre. L'attente majeure des citoyens résiderait désormais dans la capacité des décideurs à transformer cette anxiété climatique en une action collective structurante et crédible.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 21, 9:02 AM
|
LOGEMENT. Comme prévu, une salve de textes modifiant de nombreuses dispositions en lien avec la rénovation énergétique et l'électrification du bâtiment sont parus au Journal officiel dans les derniers jours du mois d'août.
DPE, CEE, MaPrimeRénov’ : le grand virage sur l'aile vers le chauffage électrique pose question.
L'abaissement du coefficient d'énergie primaire (2,3 ➔ 1,9 ➔ 1,7) fait sortir près d'un million de logements du statut de passoire thermique sans toutefois isoler et protéger un seul m² de l'enveloppe. Une belle modification comptable mais certainement pas physique.
En favorisant sans retenue le vecteur électrique sans exiger au préalable ou conjointement une Maîtrise de la Demande d’Énergie (MDE) sur le bâti :
1️⃣ L'illusion administrative : Le DPE s'améliore artificiellement mais les déperditions calorifiques des passoires et des bouilloires thermiques restent identiques.
2️⃣ La thermosensibilité accrue : Pousser le chauffage électrique (surtout à effet Joule) dans un bâti déperditif mal isolé du froid et du chaud amplifie les pics de consommation lors des pointes hivernales et estivales.
3️⃣ La logique capacitaire : En entretenant une consommation élevée de kWh, on crée la demande nécessaire pour légitimer la construction de nouvelles grosses unités de production.
On contourne aussi le principe européen « Energy Efficiency First » : le changement de vecteur prévaut ici sur la réduction de la demande. S'affranchir de l'isolation/protection du bâti pour tenter d'alimenter la croissance des volumes électriques à produire est un calcul très risqué pour la facture des ménages et aussi pour le réseau.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 20, 7:28 AM
|
Le Royaume-Uni soutient les batteries longue durée et le stockage d’hydrogène pour fournir une alimentation propre de 100 heures.
Stockage d'énergie > 100 heures : le Royaume-Uni accélère sur la très longue durée.
Le gouvernement britannique (via UKRI) vient de lancer un fonds de 28 millions de £ (~33 M€) pour soutenir l'innovation dans le stockage Ultra-LDES (Ultra-Long Duration Energy Storage).
L'objectif : Développer des technologies capables de restituer de l'électricité propre sur des durées supérieures à 100 h en continu.
Ce qu'il faut en retenir principalement :
🔹 Dépasser le stockage journalier
Si les batteries classiques (BESS) excellent sur l'infra-journalier (2h à 8h), la gestion des épisodes de Dunkelflaute (périodes prolongées sans vent ni soleil) exige un changement d'échelle.
🔹 Technologies ciblées
Le programme se concentre ici sur les batteries électrochimiques avancées (batteries à flux, sodium-ion, etc.) et aussi le stockage souterrain d'hydrogène.
🔹 Alternative au gaz fossile
L'enjeu stratégique est de remplacer les centrales à gaz fossile pour les pointes par des réserves bas-carbone capables de maintenir la stabilité du réseau sur plusieurs jours.
La résilience des réseaux décarbonés pourrait reposer sur ce mix entre flexibilité court terme et souveraineté pluri-journalière. Une initiative à suivre de près pour la politique énergétique européenne.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 18, 4:19 PM
|
Prix du marché GNL, tarification carbone, effet ciseau sur les réseaux, alignement fiscal et financement du biométhane : Alexandre Joly (Carbone 4) détaille les cinq facteurs qui selon lui pourraient faire doubler la facture de gaz d'ici 10 ans.
La facture de gaz va-t-elle vraiment doubler d'ici 10 ans ?
Dans cette tribune récente publiée sur Connaissance des Énergies, Carbone 4 alerte sur un MWh de gaz qui pourrait atteindre 190 € TTC à l'horizon 2035 (contre environ 100 € en 2024). Si cet exercice a le mérite de rappeler que l'ère du gaz fossile à bas coût est bien derrière nous, la trajectoire annoncée repose sur le cumul systématique des hypothèses les plus défavorables.
En soumettant les cinq composantes de hausse (marché du GNL,
« effet ciseau » des réseaux, fiscalité, carbone ETS 2 et biométhane)
à une simulation probabiliste de Monte-Carlo (100 000 tirages),
la réalité statistique apparaît nettement plus mesurée :
Prix médian (P₅₀) : 148 €/MWh
(soit + 48 % sur 10 ans et environ + 3,8 % /an).
Intervalle haut (P₉₀) : 156 €/MWh (+ 56 %).
Probabilité d'atteindre 190 €/MWh : inférieure à 0,01 %.
Même en modélisant un scénario de choc géopolitique majeur sur le GNL mondial, le prix médian se fixe alors à environ 156 €/MWh.
Deux enseignements majeurs ressortent de cette analyse :
Le biométhane ne sera pas le responsable d'inflation tarifaire : Avec la montée en charge de la filière et la baisse progressive des coûts de production vers les 70 €/MWh, l'impact net de l'injection de ~ 20 % de biogaz vert sur la facture moyenne ne dépassera pas + 5 à + 6 €/MWh.
La hausse est pilotée par les infrastructures et la dépendance au GNL : L'«effet ciseau» du réseau (avec l'amortissement des charges fixes d'exploitation sur des volumes consommés en net déclin) et l'exposition au marché mondial du GNL à eux deux représentent plus de 60 % du surcoût futur.
Un plaidoyer « tout-électrique » empreint de dogmatisme
En poussant l'ensemble des curseurs au maximum pour dramatiser l'avenir du marché du gaz, ce type de démonstration relève davantage d'une posture bien connue comme doctrinale du «tout-électrique» que d'une véritable prospective technico-économique objective.
Présenter l'électrification nécessaire comme une panacée et tenter de disqualifier le gaz renouvelable, masque sciemment les contraintes majeures qui pèseront sur le système électrique : gestion des pointes hivernales, coûts d'équilibrage, renforcement massif des réseaux de distribution et besoins critiques de stockage.
Une transition énergétique pragmatique ne pourra pas reposer sur l'éviction unilatérale d'un vecteur énergétique, mais sur une approche multi-énergies planifiée : réserver le biométhane aux usages aux plus fortes valeurs ajoutées (industrie, pointes thermiques, réseaux de chaleur, transports lourds) et orchestrer aussi une complémentarité intelligente entre électrons décarbonés et molécules vertes.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 18, 12:08 PM
|
Selon les informations du journal « Le Monde », l’Agence de la transition écologique verrait son budget d’intervention amputé de plus de 300 millions d’euros.
Amputation du budget de l’ADEME : myopie budgétaire ou rationalisation nécessaire ?
L’annonce d’un projet de baisse de plus de 30 % du budget d'intervention de l’ADEME dans le cadre des arbitrages budgétaires suscite une vague de réactions très clivées. D’un côté, la dénonciation d'un renoncement face à l'urgence climatique ; de l’autre, des appels politiques à couper dans ce qui serait de la «bureaucratie verte».
En tant que professionnels de l'énergie et de la décarbonation, tentons de dépasser les postures médiatiques pour poser une analyse factuelle de la situation :
Une grande partie du « bashing » organisé sur les réseaux sociaux repose sur une méconnaissance, volontaire ou non, de la structure budgétaire de l’agence.
Non, les milliards gérés par l’ADEME ne financent pas des opérations de communication ou de la bureaucratie interne. Plus de 90 % de ces enveloppes constituent des guichets de redistribution directe : Fonds Chaleur, décarbonation des procédés industriels, aides aux réseaux de chaleur et soutien à l'efficacité énergétique des collectivités.
Réduire ces crédits de 30 %, ce ne serait pas dégraisser l'État, ce serait couper des subventions directes d'investissement pour le tissu économique local et industriel en faveur d'actions environnementales.
Le débat énergétique français se focalise très (voire trop) souvent sur le mix électrique (le nucléaire vs les ENR, la stabilité des réseaux, les coûts système, etc.) Mais une décarbonation rapide et compétitive de la France passera avant tout par le traitement du signal thermique :
La valorisation de la chaleur fatale industrielle
Le déploiement de la géothermie et des pompes à chaleur
La biomasse performante et la sobriété des procédés
C’est précisément là que l’ADEME apporte une valeur ajoutée, à la fois technique et financière, qui est irremplaçable. Vouloir opposer une souveraineté électrique (nucléaire/EnR) à un accompagnement de la décarbonation thermique, serait un contresens à la fois économique et thermodynamique.
Pour engager des projets de décarbonation lourds (CAPEX élevés et temps longs de retour sur investissement), les industriels et les collectivités ont besoin d'une chose : de la visibilité pluriannuelle.
Le yoyo budgétaire permanent pour les guichets d'aides fragilise les décisions d'investissement et pénalise les entreprises françaises au moment même où les pressions réglementaires et les coûts du CO₂ imposent d'accélérer les actions.
La maîtrise des finances publiques est un impératif de bonne gestion. Néanmoins, sabrer dans les outils opérationnels de la décarbonation et de la transition écologique, industrielle et territoriale, sous l'effet des pressions politiques et budgétaires relève d'une vision à très court terme car demain le coût de l'inaction énergétique dépassera largement les économies de guichet réalisées aujourd'hui.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 18, 8:06 AM
|
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient d’actualiser ses perspectives du marché mondial de l’électricité, en intégrant les impacts de la guerre au Proche-Orient. Si la demande d’électricité est faiblement impactée par la hausse des prix du gaz et du pétrole, les émissions mondiales de CO2 du secteur électrique devraient repartir à la hausse en raison de la substitution gaz/charbon dans le secteur électrique et des conditions venteuses qui ont freiné l’éolien en Chine.
Excellente analyse ici et comme toujours, de Christian de Perthuis.
L'éviction du charbon offre le rendement carbone le plus immédiat, et le couple solaire/éolien + stockage apporte la vitesse indispensable d'un déploiement indispensable.
Mais le véritable verrou reste à mon sens la maîtrise de la demande. Sans vraie sobriété ni efficacité énergétique, l'explosion des besoins (climatisation, data centers, industrialisation) absorbera la totalité des nouveaux électrons renouvelables.
La sobriété n'est donc pas un supplément d'âme : c'est la condition de faisabilité physique pour éviter la saturation des réseaux et garantir que l'électrification chasse réellement les énergies fossiles.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 18, 6:02 AM
|
Un arrêté publié le 26 août au Journal officiel a révisé le calcul du DPE et réduit encore l’avantage économique des logements alimentés au gaz.
Revenons un instant sur les tenants et aboutissants de cette mesure administrative.
125 000 passoires thermiques supprimées d’un trait de plume, alors magie soudaine de la physique ou illusion comptable programmée ?
L'arrêté abaissant le coefficient de conversion de l'électricité dans le DPE à 1,7 (après le passage déjà de 2,3 à 1,9) ravive les débats sur la transition énergétique dans le bâtiment.
D'un côté, le choix est politiquement et climatiquement bien aligné : notre mix électrique (ENR et nucléaire) est très décarboné. Continuer de pénaliser l'électricité face au gaz n'aurait plus eu de signification.
Mais sur le terrain, la réalité technique rattrape l'affichage politique :
La physique ne cède pas aux décrets
L'isolation de l'enveloppe ne change ici pas d'un millimètre.
La facture d'énergie reste inchangée voire augmentera
Les ménages paieront toujours leurs kWh consommés en énergie finale au compteur et s'ils changeaient pour l'électricité, ils paieraient plus cher encore ceux-ci.
Les intérêts pécuniers du marché locatif sont certes soulagés
mais le confort thermique des occupants n'est pas amélioré.
Ce rééquilibrage traite un différentiel statistique des réseaux mais ne résout pas la question de la performance intrinsèque des logements.
Réforme du DPE : au-delà de l'alignement statistique, quels sont dans le futur les vrais risques et les alternatives possibles ?
L'abaissement du coefficient électrique à 1,7 crée deux effets pervers majeurs :
1️⃣ La réhabilitation du résistif : sans exigence d'isolation la mesure redonne de l'attractivité aux «grille-pains» convecteurs classiques moins chers à l'achat mais plus inefficaces qu'une PAC ou qu'une ITE.
2️⃣ La tension sur le réseau : accentuer le chauffage électrique dans des logements mal isolés va aggraver les pointes hivernales quand le réseau européen doit recourir au gaz ou au charbon pour compenser.
Des alternatives existaient pourtant afin de valoriser l'électricité bas carbone sans toutefois sacrifier l'isolation/protection nécessaire :
Disjoindre les critères : juger de la bonne isolation du bâtiment uniquement sur l'énergie finale et concrète (kWh/m²/an) et réserver un coefficient de l'empreinte carbone au volet Climat.
Moduler le coefficient de l'électricité : réserver le facteur de 1,7 aux seules pompes à chaleur (PAC) qui le méritent et garder un coefficient de 2,3 pour les grille-pains dissipatifs à effet Joule.
Décarboner est une priorité essentielle mais invisibiliser la nécessité d'isolation en faveur d'intérêts contraires par une simple mesure administrative l'est beaucoup moins. Mais n'est-ce pas là le but de la mesure ? et le KWh non consommé n'est-il pas le moins carboné ?
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 17, 4:36 PM
|
Selon une étude publiée mardi, la stratégie pro-fossiles de Donald Trump retrancherait 700 milliards de dollars aux énergies propres et doublerait l’empreinte carbone de l’électricité américaine.
Un recul environnemental majeur pour le secteur électrique américain.
Le dernier rapport du Natural Resources Defense Council (NRDC) chiffre les conséquences directes de la relance des énergies fossiles aux États-Unis :
Doublement des émissions de CO₂ : Dépassement du seuil d'un milliard de tonnes annuelles pour le secteur électrique d'ici 2035.
Blocage des filières propres : 390 à 540 GW de projets éoliens, solaires et de stockage évincés ou abandonnés.
Impact sanitaire lourd : Jusqu'à 69 000 décès prématurés supplémentaires prévus en raison du maintien des centrales à charbon et au gaz vétustes.
Au-delà de l'enjeu climatique global, le gel des autorisations et la prolongation de centrales polluantes réactivent des dégradations sanitaires et environnementales locales majeures.
Face à ce désengagement fédéral, la dynamique du marché ainsi que les actions individuelles d'États américains suffiront-elles à maintenir une trajectoire de décarbonation ?
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 16, 7:11 AM
|
Avec un budget annuel de plus de 8 milliards d’euros, les certificats d’économies d’énergie (CEE) ont constitué le principal outil de financement de l’efficacité énergétique en France. Depuis leur création en 2005, ils ont joué un rôle moteur dans la transition. Entre 2018 et 2024 les actions menées sous ce dispositif auraient permis de réduire la consommation d'énergie finale de 130 TWh par an.
(NDR : mais il faut aussi évaluer les orientations différentes de la 6eme période des CEE, ce qui est fait ici dans le commentaire joint)
1) CEE P6 : le grand basculement vers l'électrification, ses effets sur le réseau électrique et l'impact sur les consommations électriques.
Avec plus de 8 milliards d'euros mobilisés par an, la 6ᵉ période des CEE (2026-2030) privilégie donc l'élimination des fossiles, ce qui est une excellente chose mais ceci au détriment de l'efficacité énergétique, ce qui l'est beaucoup moins.
Ce virage vers la décarbonation électrique redéfinit ainsi la donne énergétique avec :
• L'explosion prévisible des consommations d'électricité
L'électrification massive (PAC, VE, etc.) va beaucoup augmenter le volume global de TWh électriques à fournir.
• La thermosensibilité accrue
Installer des PAC dans des logements mal isolés, type "passoires thermiques", fera chuter leur rendement par grand froid avec comme résultat des appels de puissance massifs lors des pics hivernaux.
• La Pression sur l'enveloppe
En subventionnant fortement le changement de vecteur énergétique sans imposer l'isolation préalable, on transfère la charge vers le système électrique.
• La tension du «Made in EEE»
L'éco-conditionnalité souhaitable va néanmoins restreindre l'offre de PAC en gonflant artificiellement les coûts des matériels.
Sans souci de sobriété dans les bâtiments, l'électrification intensive risque d'engorger le réseau électrique au moment même où il sera le plus sollicité.
2) L'équation complexe économique pour les vendeurs d'électricité et les consommateurs d'énergie.
Derrière l'obligation record de 5 250 TWh sur la période N°6 des CEE, le rôle des vendeurs d'électricité et l'impact financier se compliquent.
Un double jeu pour les fournisseurs et des factures alourdies : • • Dilemme pour les vendeurs d'électricité
L'électrification devrait leur apporter des volumes de vente en forte hausse mais va faire aussi grimper en flèche leurs obligations CEE (calculées sur les TWh vendus) ainsi que compliquer la gestion des risques lors des pointes de froid.
• Surcoût sur les factures :
Répercuté à la pompe (12 à 15 ct/L) et sur le kWh électrique, les CEE deviennent un lourd prélèvement pour tous.
• Des gagnants vs des perdants :
Les équipementiers "EEE" et les agrégateurs CEE vont capter l'essentiel de la valeur, tandis que les ménages captifs (locataires, ruraux) vont financer la transition des autres, plus aisés.
Trois priorités pour tenter de rééquilibrer les choses :
Imposer un minimum d'isolation avant la pose d'une PAC
Valoriser de nouveau l'efficacité énergétique proprement dite (enveloppe des bâtiments , GTB, chaleur fatale, etc.).
Encadrer les marges d'intermédiation et de fourniture d'énergie
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 14, 1:21 PM
|
MaPrimeRénov’ évolue en 2026 : fin progressive des aides pour les travaux isolés, accompagnement France Rénov’ renforcé et priorité aux rénovations globales.
Rénovation énergétique : le cap serait-il enfin mis sur la rénovation globale car l’évolution des aides France Rénov’ marque un tournant stratégique : la fin des aides pour les « gestes isolés » au profit d’une approche systémique et performante de la rénovation.
Ce qu’il faut retenir à mon avis :
• Fin des mono-prestations aidées : l’isolation seule (murs, toiture, fenêtres), les chauffe-eaux ou la VMC ne sont plus financés à l'unité, à l'exception des PAC (tiens donc !) et de la dépose de cuves à fioul.
• Priorité donnée aux Parcours d’Ampleur : aides renforcées mais conditionnées à un saut d’au moins deux classes DPE, à au moins deux travaux d'isolation et à l'abandon total des énergies fossiles.
• Exigence de méthode : recours obligatoire à Mon Accompagnateur Rénov’ pour mieux sécuriser le parcours technique et financier.
Mon analyse : Traiter un bâtiment au coup par coup a trop souvent déçu par le passé à propos des réelles économies d'énergie. Axer le soutien financier sur des rénovations globales et décarbonées semble là un chemin plus rigoureux pour garantir une sobriété plus durable et éradiquer les passoires thermiques.
Le principal défi résidera bien entendu sur le terrain : maîtriser le reste à charge pour les ménages tout en mobilisant la filière d'ingénierie et d'artisans qualifiés (compétences à trouver et/ou à créer). Il faudra donc voir si ce recentrage va accélérer les projets à haut impact ou va freiner les démarches des propriétaires qui se contenteront des primes versées aux PAC faciles et et réversibles.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 14, 12:31 PM
|
Selon S&P Global Commodity Insights, la multiplication des heures à prix négatif en Europe fragilise la rentabilité du solaire marchand et pousse à repenser les PPA vers stockage et correspondance horaire.
La multiplication des heures à prix négatifs cet été confirmerait une mutation profonde du marché électrique européen : le solaire ne pourrait plus se contenter de la seule logique de volume.
Quand les prix spot s'effondrent à midi faute de flexibilité suffisante (stockage et effacement) avant de s'envoler cette fois-ci le soir, c'est toute l'économie des projets photovoltaïques qui bascule. La chute du prix de capture fragilise le modèle « pay-as-produced » tandis que l'actuel redressement de la production nucléaire française accentue la pression sur les prix de gros régionaux.
Ce constat redessine directement la structure des PPA
(Power Purchase Agreements) :
• Fin du profil pur : la production brute d'énergie sans mise en forme perd sa valeur
• Couplage avec le stockage : l'hybridation avec des batteries devient incontournable pour déplacer l'énergie vers les pics du soir.
• Correspondance horaire : le hourly matching s'impose poussé par la révision à venir du GHG Protocol Scope 2. (révision de la norme internationale définissant la manière dont les entreprises mesurent l'empreinte carbone de leur consommation d'électricité.)
La valeur d'un parc solaire ne dépend donc plus de sa capacité à produire massivement au creux de la journée, mais de son aptitude à livrer l'électricité au bon moment. La flexibilité n'est plus une option, c'cela devient le cœur du modèle économique.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 13, 3:42 PM
|
Le lithium, le cobalt ou les terres rares sont au coeur de la transition énergétique, mais aussi d'une compétition croissante entre Etats. De la RDC aux fonds marins du Pacifique, jusqu'où cette nouvelle course aux ressources peut-elle aller ? Avec le géographe Philippe Le Billon.
Décarboner sans regarder la matérialité de nos infrastructures serait une illusion. L’éclairage de l'émission de France Culture avec Philippe Le Billon rappelle une réalité brute : la transition déplace nos dépendances des énergies fossiles vers les métaux stratégiques (lithium, cobalt, terres rares) et le raffinage dominé par la Chine.
Toutefois, une nécessaire analyse critique invite à garder 3 éléments clés à l'esprit :
1️⃣ Flux vs Stock
Contrairement au pétrole consumé en continu les métaux constituent un stock d'infrastructures durables et surtout réutilisables.
2️⃣ L’impasse du « 1 pour 1 »
Chercher à remplacer à volume égal le parc des usages thermiques sans placer la sobriété et l'efficience de ces usages au cœur de la stratégie conduirait droit au mur extractif.
3️⃣ La dynamique de l'évolution technologique
L'émergence des chimies alternatives (LFP, sodium-ion) et l'essor de l'économie circulaire permettront de venir progressivement fermer la boucle d'approvisionnement.
La transition n'est donc pas immatérielle mais elle reste infiniment plus soutenable qu'un statu quo fossile, à condition d'allier sobriété systémique et circularité économique.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 13, 1:41 PM
|
47,9 €/MWh en Allemagne, 79,5 €/MWh en France : l’écart entre les derniers appels d’offres solaires au sol des deux pays interpelle. Derrière ces chiffres se cachent des réalités économiques différentes : raccordement, fiscalité, foncier, coût du capital, risque de développement et mécanismes de soutien pèsent sur le prix final des projets.
A : Le constat et le diagnostic du marché
PV sol : 47,9 €/MWh en Allemagne contre 79,5 €/MWh en France. Rapporté au gisement solaire (+20 % en France) l’écart frôle les 100 %. Mauvais élève français ? Pas si simple.
Derrière ce différentiel se cachent deux modèles de marché opposés :
France (CfD symétrique)
Rémunération plateau. Le régulateur sécurise le projet mais capte 100 % des gains supplémentaires. Les développeurs doivent intégrer des délais d'instruction longs, l'IFER, des coûts de raccordement élevés et des critères carbone exigeants.
Allemagne (Marktprämie)
Le producteur vend sur le marché spot et conserve le surplus. Cette valeur optionnelle permet de baisser l'offre de prix faciale aux enchères, épaulée qu'elle est par un coût du capital (WACC) réduit grâce au réseau des banques locales.
Chaque système touche pourtant à ses limites :
Le modèle allemand subit la cannibalisation des prix à l'heure de midi (prix négatifs) et fragilise les actifs PV sans batterie.
Le CfD français neutralise l'intérêt économique du stockage (BESS) en lissant artificiellement les revenus.
Le vrai sujet ne résiderait donc pas dans le fait de copier un tarif donné mais d'aligner la régulation sur la réalité physique du réseau.
B : Evaluation des solutions et des refontes tarifaires
Comment optimiser le couple ENR + BESS de part et d'autre du Rhin ? En croisant le meilleur des deux modèles.
1. L'innovation clé : le CfD avec corridor (Floor / Cap)
En France : Flexibiliser le CfD (ex. plancher 60 € / plafond 110 €) pour autoriser la captation partielle des arbitrages BESS. Le solaire + stockage devient "bancable" faisant chuter le prix d'enchère vers 56-62 €/MWh.
En Allemagne : Introduire un plancher anti cannibalisation (Soft CfD) pour faire baisser le WACC bancaire à ~4,1 %, tout en intégrant des critères d'empreinte carbone des équipements.
2. L'impact pour le consommateur et le réseau
Baisse des factures : -12 % à -20 % en France et -16 % à -24 % en Allemagne d'ici 2035 grâce à la chute des frais de redistribution (redispatching) et à l'écrêtement des pics du soir.
Refonte tarifaire :
- Bascule des Heures Creuses au milieu de journée (11h-16h), - - tarification dynamique au pas horaire (Linky)
- valorisation de la flexibilité capacitive (TURPE / § 14a EnWG).
Le stockage redonne au solaire sa pilotabilité et c'est aux régulateurs de fournir alors les signaux prix adaptés.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 13, 9:58 AM
|
Après le véhicule électrique, le Gouvernement transpose une logique nouvelle au chauffage résidentiel : celle du leasing social.
Transposer le leasing social des véhicules électriques aux pompes à chaleur (PAC) : c'est donc le pari analysé dans cet article pour accélérer la décarbonation du chauffage résidentiel.
L'essentiel du concept Transformer un investissement initial lourd (CapEx) en un loyer mensuel modéré (OpEx) compensé par les économies d'énergie pour aider les ménages modestes à remplacer leurs chaudières fossiles.
De mon point de vue quels en sont les avantages et inconvénients :
Les forces du dispositif :
Inclusion sociale
Accès à la transition énergétique sans apport personnel.
Visibilité industrielle
Soutien de la demande pour tenter de structurer la filière de fabrication française et européenne.
Les limites et risques :
Le piège de l'isolation
Poser une PAC dans une passoire thermique détériore le rendement énergétique et fera exploser la facture d'électricité. La rénovation globale du bâtiment doit alors rester prioritaire.
Pression sur le réseau
Risque d'accentuer encore la pointe des consommations électriques lors des vagues de froid hivernale.
Dépendance tarifaire
Sensibilité directe de l'équation financière aux variations du prix de l'électricité déjà envisagées à la hausse au travers des futurs investissements de production qui lui sont nécessaires.
Le leasing social lève le verrou du coût initial mais son efficacité réelle, à la fois écologique et financière, dépendra à 100 % de l'isolation préalable du bâtiment. Faudrait-il alors conditionner strictement ce leasing à des travaux nécessaires d'isolation préalable ?
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 13, 6:38 AM
|
Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, 157.600 étudiants étaient inscrits en cycle ingénieur en septembre 2025. Soit une baisse 0,6 % par rapport à la rentrée précédente. Explications.
📉 Moins d'élèves ingénieurs alors que les besoins explosent : comment expliquer ce paradoxe français ?
Alors que la réindustrialisation désirée, les énergies décarbonées et l'IA, en plein développement, exigent concrètement l'arrivée de 60 000 ingénieurs et techniciens supplémentaires chaque année, les effectifs d'école d'ingénieurs reculent (-0,6 % rentrée 2025 soit 157 600 élèves).
Alors pourquoi ce grippage ? Quatre facteurs majeurs sont avancés :
1️⃣ L'effet de transition du BUT : Le passage de 2 à 3 ans (ex-DUT) aurait réduit temporairement le vivier des admissions parallèles et aurait favorisé l'insertion directe à Bac+3.
2️⃣ Les "séquelles" du lycée réformé : Moins de lycéennes et lycéens conservent le duo mathématiques/physique et la sous-représentation féminine dans les sciences s'accentue encore.
3️⃣ Des inégalités sociales très ancrées : En 5 ans, la part des élèves des milieux sociaux très favorisés a continué de progresser de + 2,2 points, réduisant encore plus la diversité des promotions.
4️⃣ Attractivité et arbitrages : Des reculs de candidatures dans le numérique (notamment avec les interrogations à propos de l'IA) sont constatés et des arbitrages salariaux ont lieu vers d'autres filières.
L'enjeu dépasse donc la seule question de la formation académique : il touche aussi directement la souveraineté industrielle.
💡Pénurie d'ingénieurs : quelles réponses peuvent alors concilier nécessaire transition écologique et équité sociale souhaitable ?
Face à ces urgences, former très académiquement plus ne suffit plus, il faut aussi former autrement. Quatre leviers se détachent alors à l'intersection du climat et de la justice sociale :
1️⃣ L’apprentissage (alternance) décarboné
Il lève le frein financier pour les étudiants modestes (scolarité gratuite + salaire) tout en dotant les PME/ETI régionales des bras et cerveaux nécessaires pour piloter leur sobriété énergétique.
2️⃣ La VAE et la promotion interne des techniciens
Offrir aux techniciens de terrain (Bac+2/3) l'accès au titre d'ingénieur. Un ascenseur social majeur qui valorise l'expérience pratique appliquée à l'efficacité énergétique et aux réseaux énergétiques.
3️⃣ Les passerelles territoriales IUT-Écoles
Recruter au-delà des métropoles (en zones rurales et périurbaines) pour y répondre directement aux projets territoriaux (chaleur fatale, EnR, réseaux de froid).
4️⃣ Un socle CTI universel « Climat »
Démocratiser la formation aux limites planétaires et à l'ACV pour tous les diplômés sans réserver une sorte de "méritocratie verte" aux seules grandes écoles élitistes.
💬 Et vous, chers collègues, quels leviers vous semblent-t-il les mieux adaptés et les plus prioritaires afin de les appliquer sur le terrain ?
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 13, 4:59 AM
|
Aux USA, La gouverneure du Maine, Janet Mills, s'oppose au projet de fusion entre NextEra Energy et Dominion Energy, rejoignant les critiques des six États de Nouvelle-Angleterre sur la concentration des actifs nucléaires régionaux et ses effets sur la concurrence.
L’opposition du Maine à la fusion géante NextEra / Dominion Energy offre un aperçu frappant des tensions qui guettent aussi le marché électrique européen.
Le déclencheur américain : La volonté de créer un géant des utilities pour répondre à la boulimie énergétique des Data Centers et de l'IA, au risque de placer les 100 % du parc nucléaire de Nouvelle-Angleterre sous une seule bannière.
Pourquoi ce cas d'école peut intéresser directement l'Europe ?
1️⃣ Hyper-concentration de la base décarboné : À l'image du poids d'EDF ou des monopoles historiques d'Europe centrale, concentrer la production pilotable entre trop peu de mains menace la liquidité des marchés et la concurrence.
2️⃣ Big Tech vs Usagers : La ruée des géants du numérique vers des contrats d'achat direct (PPA) sur le nucléaire risque de capter le ruban bas-carbone au détriment du tissu industriel traditionnel et du pouvoir d'achat des ménages.
3️⃣ Régulation vs Souveraineté locale : L'arbitrage entre les autorités centrales (FERC aux États-Unis, DG Concurrence dans l'UE) et la protection des tarifs territoriaux reste un exercice de haute voltige.
La course au gigawatt pour l'IA ne devrait pas se faire au détriment de l'équité des marchés. Un signal d'alarme transatlantique à méditer.
|
|
Scooped by
Pascal Jacques Dumoulin
September 12, 3:54 AM
|
Depuis des décennies, le climatoscepticisme sème le doute malgré un consensus scientifique solide. D'où vient-il ? Comment s'est-il imposé dans le débat public ? Pourquoi continue-t-il de convaincre ?
« Le climat a toujours changé, c'est naturel. » On a tous déjà entendu cette affirmation. Derrière ce discours ne se trouve pas un simple manque de culture scientifique, mais le croisement d'une stratégie industrielle, de nos biais cognitifs et de la mécanique des réseaux sociaux.
1. Une stratégie de la désinformation
Dès les années 1970, les industriels du secteur énergétique connaissaient la réalité du réchauffement climatique. En s'inspirant des méthodes de l'industrie du tabac, leur objectif n'a jamais été de prouver que la science avait tort mais d'instiller l'idée que « les experts ne sont pas tous d'accord » afin de retarder les régulations.
2. La guerre des mots et des biais cognitifs
Le détournement sémantique : se qualifier de «climatoréaliste» ou «climatorassuriste» pour paraître modéré face aux données scientifiques.
Le piège de l'expérience immédiate : privilégier la météo du jour «il fait froid ce matin» au détriment de l'analyse statistique sur plusieurs décennies.
La réactance psychologique : rejeter le diagnostic scientifique pour justifier le refus des contraintes et des régulations.
3. L'amplification par les algorithmes
Sur les plateformes numériques l'émotion et l'indignation génèrent plus d'engagement qu'une courbe de températures du GIEC. Les algorithmes de recommandation enferment les utilisateurs dans des bulles de filtres où la polémique devient un modèle économique rentable.
4. Passer de la réaction à l'inoculation
Pour contrer cette mécanique, la simple vérification des faits (debunking) ne suffit plus. La solution passe de plus en plus par le prebunking ou inoculation psychologique : expliquer préventivement les rouages des sophismes (faux experts, sélection arbitraire des données) pour armer le jugement critique du public avant que la manipulation ne survienne.

Ben voyons... C'est quand même formidable cette manie de tordre le thermomètre plutôt que de vouloir et savoir traiter la fièvre.
D'un point de vue purement thermodynamique et biologique, la température maximale d'un fleuve n'est pas une variable d'ajustement administrative, c'est un seuil de rupture physique.
Quand l'eau chauffe trop, la solubilité de l'oxygène s'effondre de manière non linéaire (O₂ dissous en chute libre), alors même que le métabolisme des espèces ectothermes s'accélère.
Augmenter la limite autorisée de rejet thermique ne rafraîchira pas le cours d'eau d'un dixième de degré ; c'est juste décaler artificiellement les limites pour que l'exploitant puisse rester dans les clous réglementaires sans avoir à brider sa production.
« ligne de touche »
Cela semble participer de la même logique que lorsqu'on abaisser le coefficient d'énergie primaire de l'électricité à 1,7 : un trait de plume administratif et des centaines de milliers de logements gagnent une classe énergétique sur le papier, mais hélas pas un seul kWh d'économie réelle sur la facture de l'habitant ou sur le réseau collectif.
Dans le sport ce serait comme l'équivalent de modifier les règles du jeu en cours de match, en repoussant la ligne de touche, en modifiant les règles du hors-jeu, ou encore même en dépénalisant "la main de Dieu" dans la surface de réparation, ceci pour éviter que l'équipe dominante ne de prenne des cartons jaunes ou même un carton rouge.
Plutôt que d'interroger la viabilité à long terme de nos modes de refroidissement en période d'étiage sévère ou de poser la question de la sobriété énergétique lors des pics de demande estivale, on choisit la fiction juridique. Sauf que les écosystèmes aquatiques, eux, ne lisent pas le Journal officiel et que vouloir adapter de force le vivant à la technologie et non pas l'inverse, conduit immanquablement à des périls déjà bien connus dans le milieu.