 Your new post is loading...
 Your new post is loading...
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:36 PM
|
Hubble (en anglais : Hubble Space Telescope, en abrégé HST ou, rarement en français, TSH) est un télescope spatial conçu par la NASA avec une participation de l' Agence spatiale européenne, opérationnel depuis 1990, et orbitant à 515 km d'altitude environ.
Hubble (en anglais : Hubble Space Telescope, en abrégé HST ou, rarement en français, TSH[2]) est un télescope spatial conçu par la NASA avec une participation de l'Agence spatiale européenne, opérationnel depuis 1990, et orbitant à 515 km d'altitude environ[3]. Son miroir de grande taille (2,4 m de diamètre), qui lui permet de restituer des images avec une résolution angulaire inférieure à 0,1 seconde d'arc, ainsi que sa capacité à observer à l'aide d'imageurs et de spectroscopes dans l'infrarouge proche et l'ultraviolet, lui permettent de surclasser, pour de nombreux types d'observation, les instruments au sol les plus puissants, handicapés par la présence de l'atmosphère terrestre. Les données collectées par Hubble ont contribué à des découvertes de grande portée dans le domaine de l'astrophysique, telles que la mesure du taux d'expansion de l'Univers, la confirmation de la présence de trous noirs supermassifs au centre des galaxies spirales, ou l'existence de la matière noire et de l'énergie noire. Le développement du télescope Hubble, qui tient son nom de l'astronome Edwin Hubble, démarre au début des années 1970. Cependant, des problèmes de financement, de mise au point technique et la destruction de la navette spatiale Challenger repoussent son lancement jusqu'en 1990. Une aberration optique particulièrement grave est découverte peu après qu'il a été placé sur son orbite terrestre basse à 600 km d'altitude. Dès le départ, le télescope spatial avait été conçu pour permettre des opérations de maintenance par des missions des navettes spatiales. La première de ces missions, en 1993, est mise à profit pour corriger l'anomalie de sa partie optique. Quatre autres missions, en 1997, 1999, 2002 et 2009, permettent de moderniser les cinq instruments scientifiques et remplacer certains équipements défaillants ou devenus obsolètes. La dernière mission de maintenance, réalisée en 2009 par la mission STS-125, immédiatement avant le retrait définitif des navettes spatiales, doit permettre au télescope Hubble de fonctionner quelques années de plus, probablement jusqu'en 2030. Pour les observations dans l'infrarouge, il est remplacé en 2022 par le télescope spatial James-Webb, aux capacités supérieures. Historique[modifier le code] Contexte : des prémices à la décision de réalisation[modifier le code] La première mention d'un télescope spatial remonte à 1923 : Hermann Oberth, un des pionniers de l'astronautique, indique dans son ouvrage Die Rakete zu den Planetenräumen (La fusée dans l'espace interplanétaire) qu'une fusée pourrait être utilisée pour placer un télescope en orbite[4],[5]. On peut retracer à 1946 l'origine du projet du télescope spatial Hubble. Cette année-là, l'astronome Lyman Spitzer publie un article intitulé Astronomical advantages of an extraterrestrial observatory, exposant les avantages présentés par un télescope situé dans l'espace par rapport à un télescope situé sur Terre[6]. Deux arguments sont mis en avant. D'une part la résolution angulaire n'est plus limitée par les turbulences atmosphériques mais uniquement par la diffraction : à l'époque, la résolution d'un télescope de 2,5 mètres ne dépasse pas 0,5 à 1 seconde d'arc à cause de ce phénomène, alors que théoriquement elle devrait pouvoir atteindre 0,05 seconde d'arc. Le deuxième avantage d'un télescope spatial est qu'il permet d'observer les rayonnements infrarouge et ultraviolet, qui sont pratiquement complètement interceptés par l'atmosphère. Spitzer plaide durant toute sa carrière en faveur d'un projet de télescope spatial. En 1962, soit cinq ans après la mise en orbite du premier satellite artificiel, l'Académie nationale des sciences américaine identifie parmi les objectifs scientifiques à mener dans le cadre du programme spatial la réalisation d'un télescope spatial. En 1965, Spitzer est placé à la tête d'une commission chargée de définir les objectifs scientifiques d'un télescope spatial de grande taille[7]. En réalité, l'astronomie spatiale débute à une très petite échelle immédiatement après la fin de la Seconde Guerre mondiale : des instruments embarqués sur les premières fusées-sondes parviennent à obtenir un spectre électromagnétique du Soleil dans l'ultraviolet[8]. À compter de 1962, l'agence spatiale américaine NASA lance la première série de satellites dédiés à l'astronomie : les observatoires solaires Orbiting Solar Observatory (OSO) sont capables d'obtenir des spectres électromagnétiques dans les domaines de l'ultraviolet, des rayons X et des rayons gamma[9]. Le Royaume-Uni place en orbite la même année son propre observatoire solaire, le satellite Ariel 1. Enfin, en 1966, la NASA lance le premier télescope spatial de la série des Orbiting Astronomical Observatory (OAO). OAO-1 est victime d'une défaillance d'une batterie après seulement trois jours de mission, mais OAO-2, qui a pour mission d'observer les étoiles et les galaxies dans l'ultraviolet, fonctionne de 1968 à 1972, bien au-delà de la durée d'une année pour laquelle il avait été prévu[10]. Le projet[modifier le code] Les résultats scientifiques obtenus par la série des télescopes spatiaux de la NASA OAO convainquent la communauté des astronomes de se mobiliser pour lancer un projet de grand télescope spatial. En 1970, la NASA crée deux comités pour définir d'une part les caractéristiques techniques, d'autre part les objectifs scientifiques de l'instrument. Mais l'agence spatiale américaine peine à obtenir un budget, alors que le coût envisagé dépasse de manière importante celui d'un télescope terrestre de taille équivalente. En 1974, les fonds alloués à l'étude du télescope spatial sont entièrement annulés par le comité (en) chargé de préparer le budget national. Malgré la pression de la communauté scientifique appuyée par un rapport de l'Académie des sciences américaines, le Congrès et le Sénat américain ne rétablissent que la moitié du montant demandé par la NASA pour réaliser les premières études détaillées des instruments susceptibles d'être embarqués et pour développer les premiers composants de la partie optique. Confrontée à ces difficultés de financement, la NASA choisit de revoir les caractéristiques du système à la baisse, avec une taille du miroir primaire ramenée de 3 à 2,4 mètres[Note 1] et l'Agence spatiale européenne est invitée dans le projet en échange d'une allocation de 15 % du temps d'observation : l'ESA doit fournir un des cinq instruments (Faint Object Camera), les panneaux solaires et participer au support opérationnel du télescope. Finalement, en 1977, le Congrès accorde les fonds nécessaires aux premiers travaux de construction du Large Space Telescope (LST), premier nom de l'instrument[11]. Le rôle de la navette spatiale américaine[modifier le code] Le télescope spatial est conçu dès le départ pour être réparé et amélioré périodiquement, une fois placé en orbite par des astronautes embarqués sur la navette spatiale américaine. Cette dernière est en cours de développement à l'époque et les futures missions de maintenance du télescope constituent progressivement une des raisons majeures de son existence, d'autant que la station spatiale qu'elle devait desservir ne trouve pas de financement. Pour permettre sa maintenance par les astronautes, de nombreuses mains courantes peintes en jaune vif sont installées à la surface du télescope. Tous les instruments et de nombreux équipements sont conçus pour pouvoir être remplacés par un astronaute, malgré le handicap de la combinaison spatiale rigide et des gants épais : ils sont accessibles derrière des panneaux qui peuvent être démontés avec un seul outil et ils se présentent sous la forme de boîtes aux interconnexions peu nombreuses et faciles à manipuler. Les panneaux solaires peuvent être enroulés et démontés pour être remplacés. La longue phase de développement a permis de mettre au point les outils et les procédures permettant les opérations de maintenance dans l'espace. L'astronaute Bruce McCandless en particulier y a consacré pratiquement vingt années de sa carrière, en réalisant des répétitions sur une maquette du télescope spatial placée dans la piscine du Neutral Buoyancy Simulator (en), simulant l'apesanteur[12]. Construction du miroir principal Polissage du miroir principal de Hubble. Les ingénieurs de Perkin-Elmer inspectent la surface du miroir principal. Inspection finale du miroir principal. La construction du télescope Hubble[modifier le code] Plusieurs centres de la NASA et industriels sont impliqués dans la réalisation du télescope spatial. Le centre de vol spatial Marshall, qui souffre de la baisse de son plan de charge depuis l'arrêt du programme Apollo, est un ardent promoteur du projet et parvient à convaincre la direction de la NASA d'être désigné comme responsable de la conception, du développement et de la construction du télescope. Au lancement du projet, le Centre de vol spatial Goddard dispose d'une grande expérience dans le domaine de l'astronomie spatiale, mais ses ressources humaines relativement limitées sont accaparées par d'autres objectifs. Lorsque le projet se concrétise, la direction de la NASA lui confie la réalisation des instruments ainsi que l'hébergement du centre de contrôle du télescope. Cette division des tâches suscite de nombreux conflits entre les deux centres spatiaux[Note 2],[13]. Les principaux industriels impliqués sont Perkin-Elmer, qui réalise la partie optique, et Lockheed, chargé de la fabrication du télescope dans sa globalité et de l'intégration de l'optique. Les deux sociétés disposent dans le domaine d'une grande expérience, qui a été acquise en développant les satellites de reconnaissance optique KH-9[14]. Mais la réalisation de la partie optique du télescope spatial rencontre de graves difficultés. Le cahier des charges prévoit que le miroir primaire soit poli avec une précision inégalée de 10 nanomètres. Son polissage débute en 1979, à partir d'une lentille de verre brut réalisée par Corning. En 1981, les surcoûts et les retards s'accumulent et la NASA décide, pour limiter les dépenses, d'arrêter le développement du miroir primaire de rechange confié aux sociétés Kodak et Itek (en). Le polissage s'achève fin 1981, mais Perkin-Elmer continue d'accumuler les retards dans la réalisation des autres composants optiques. Les développements confiés à Lockheed, ainsi que la fabrication des instruments, se heurtent aux mêmes problèmes de dépassement en charge et en délai. En 1983, après une série d'audits poussés qui mettent en évidence la sous-évaluation initiale du projet, la direction de la NASA augmente fortement les effectifs du centre Marshall affectés au télescope spatial. Le Congrès, de son côté, accepte de porter les fonds totaux consacrés au projet à 1,175 milliards US$ contre 475 millions US$ en 1977. L'injection de fonds est utilisée notamment pour limiter les risques : le nombre de composants qui peuvent être remplacés en orbite (Orbital replacement unit, ou ORU) qui de 120 avait chuté à 20 pour faire face aux surcoûts, repasse à 49 ; des pièces de rechange sont systématiquement réalisées et les phases de test sont allongées. En octobre 1983, le télescope spatial est renommé « Edwin P. Hubble Space Telescope », en l'honneur d'un des astronomes américains les plus célèbres[15]. Le développement du télescope rencontre encore d'importantes difficultés durant l'intégration finale de tous les composants par Lockheed. La destruction de la navette Challenger en janvier 1986, qui cloue les navettes au sol, donne un répit salutaire aux équipes travaillant sur le télescope, qui devait être lancé en juin de la même année. De nombreuses mises au point et corrections mineures sont effectuées dans les locaux de Lockheed à Sunnyvale (Californie), jusqu'au lancement qui a finalement lieu en 1990. Entre-temps, le coût du projet atteint 2 milliards US$, faisant du télescope Hubble l'instrument scientifique le plus coûteux jamais réalisé à l'époque[Note 3],[16]. Vie opérationnelle et maintenance par les missions de la navette spatiale[modifier le code] Il était prévu initialement que le télescope Hubble ait une durée de vie de quinze ans et que la navette spatiale effectue une mission de maintenance tous les deux ans et demi, en ramenant si nécessaire le télescope sur Terre pour des travaux plus importants. L'élévation du coût et des risques associés aux missions de la navette spatiale vont bouleverser ces plans. Cinq opérations de maintenance ont été effectuées : en 1993, 1997, 1999, 2002 et 2009. Depuis le retrait de la navette spatiale, devenu effectif en 2011, plus aucune opération de maintenance n'est possible car aucun vaisseau spatial existant ou en développement ne dispose des capacités nécessaires (capacité d'emport de pièces de rechange, autonomie, bras télécommandé) pour effectuer ce travail à l'altitude relativement élevée sur laquelle circule le télescope spatial. Au cours de chacune des opérations de maintenance, plusieurs types de travaux sont réalisés dans le cadre de longues sorties extravéhiculaires : réparations d'équipements ou d'instruments défaillants ; remplacement d'équipements défaillants, obsolètes ou arrivés en fin de vie (batteries, panneaux solaires photovoltaïques, ordinateur embarqué, mémoire de masse) ; changement des instruments. De plus, en raison du freinage atmosphérique, le télescope perd lentement de l'altitude (et gagne de la vitesse). On profite donc de chacune de ces visites d'entretien pour replacer le télescope à une orbite plus haute à l'aide de la navette. L'altitude de l'orbite de Hubble a varié au cours du temps et des missions de maintenance de 515 km[17] à 618 km (mission STS-31). Le lancement du télescope spatial (1990)[modifier le code] Le télescope est lancé le 24 avril 1990 par la mission STS-31 de la navette spatiale Discovery. Une fois celle-ci placée sur l'orbite future du télescope spatial, le 25 avril, l'astronaute et astronome Steven Hawley utilise le bras télécommandé pour sortir le télescope Hubble de la soute cargo. Des commandes sont envoyées pour déclencher le déploiement des antennes et des panneaux solaires. Puis le télescope est libéré du bras et s'oriente de lui-même en utilisant ses capteurs solaires, puis une fois l'axe optique écarté de la direction du Soleil, la porte qui protège le télescope est ouverte et les premiers photons viennent frapper le miroir primaire. Le centre de contrôle au sol commence alors une longue phase de calibrage destinée à rendre le télescope opérationnel. La navette spatiale revient au sol avec un équipage confiant dans la réussite de la mission[12]. Découverte de l'aberration optique et mise au point d'un dispositif correcteur[modifier le code] Dès les premiers jours qui suivent le lancement, des problèmes, qui dans un premier temps semblent mineurs, viennent tempérer la joie des participants au projet. Le télescope spatial se met régulièrement en mode sauvegarde lorsque certains de ses appendices sont mis en mouvement tandis que les senseurs fins, chargés de maintenir le télescope pointé vers la partie du ciel étudiée, ne parviennent pas à se verrouiller sur la zone visée[12]. Ces problèmes sont progressivement maîtrisés mais pas résolus lorsque, à la mi-juin, les premières images détaillées des champs d'étoiles sont produites. À la stupéfaction des scientifiques et des ingénieurs, les photos sont floues : il apparaît rapidement que l'origine du problème est une aberration sphérique, soit du miroir principal, soit du miroir secondaire, soit des deux, créée par un polissage du verre effectué selon des spécifications erronées. Personne ne comprend comment une erreur aussi grossière n'a pas été détectée durant le développement particulièrement long et coûteux du télescope spatial. Pour la NASA, c'est un revers particulièrement cinglant, après l'accident de la navette Challenger, qui met une fois de plus en cause ses méthodes de management[18]. Avec cette anomalie, Hubble ne parvient pas à fournir de meilleures images que celles des grands télescopes terrestres. Une commission d'enquête, l'Hubble Space Telescope Optical Systems Board of Investigation, est créée le 2 juillet 1990 et détermine rapidement que le miroir primaire est trop plat à sa périphérie, de 2 microns. Il en résulte que les rayons réfléchis par le centre et la périphérie du miroir ne convergent pas au même point. À l'origine de cette géométrie erronée du miroir, se trouve un mauvais étalonnage de l'instrument de vérification de courbure utilisé par le fabricant Perkin-Elmer pour contrôler le polissage. L'anomalie de courbure a pourtant été détectée lors des tests finaux effectués avec d'autres instruments de contrôle, mais les responsables de Perkin-Elmer ont délibérément ignoré ces résultats, considérant qu'ils étaient dus aux instruments de mesure utilisés[19]. Certains redoutent dans un premier temps que la NASA et le Congrès renoncent à toute tentative de correction. Mais la NASA décide de tenter de restaurer les capacités du télescope spatial, dans le cadre de la première mission de maintenance assurée par la navette spatiale en 1993. Le défaut de courbure est homogène, ce qui permet de le corriger via un dispositif optique présentant la même anomalie mais inversée[20]. Les astronomes décident de sacrifier un des cinq instruments, le HSP (High Speed Photometer), pour installer à son emplacement le dispositif correcteur baptisé COSTAR (Corrective Optics Space Telescope Axial Replacement). Celui-ci comprend deux miroirs, qui interceptent et corrigent le flux lumineux dirigé vers les instruments FOC, FOS et GHRS[21]. Le cinquième instrument doit être remplacé par WF/PC 2 dans le cadre de la mission de 1993 et il incorpore directement des optiques correctrices. Il est décidé que les futurs instruments qui doivent progressivement remplacer les instruments d'origine comprendront également un dispositif correcteur éliminant à terme le besoin de recourir à COSTAR (celui-ci sera effectivement démonté et ramené sur Terre en 2009, et est depuis exposé au National Air And Space Museum). On décide de remplacer également les panneaux solaires, qui induisent à chaque orbite lors du passage de l'ombre de la Terre au Soleil, des oscillations qui perturbent le pointage. De 1990 à 1993, les défaillances se multiplient et la liste des réparations à réaliser par l'équipage de la navette spatiale s'allonge : deux, puis trois des gyroscopes chargés de contrôler son orientation, des problèmes d'alimentation électrique des instruments GHRS et FOC leur font perdre la moitié de leur capacité, deux des mémoires de masse de l'ordinateur embarqué cessent de fonctionner. Au milieu de l'année 1993, la NASA connaît plusieurs échecs cuisants qui accroissent la pression sur la mission de réparation à venir : la défaillance peu après son lancement du satellite météorologique NOAA-13, la sonde spatiale jovienne Galileo incapable de déployer son antenne grand gain, la perte totale de la sonde spatiale Mars Observer en septembre et la défaillance du moteur d'apogée de Landsat-6 (en) en octobre[22]. La mission de sauvetage STS-61 (1993)[modifier le code] Les astronautes de la première mission d'entretien (STS-61) se sont longuement entraînés pour leur intervention sur le télescope spatial. Toutes les réparations ne pourront peut-être pas être effectuées et des objectifs prioritaires ont été fixés : dans l'ordre, l'installation de nouveaux panneaux solaires fournis par l'ESA, le remplacement de deux gyroscopes, l'installation de la caméra à champ large WF/PC-II et de l'instrument COSTAR (en). Le 2 décembre, avec un jour de retard sur le planning, la navette spatiale Endeavour décolle et, deux jours plus tard, Claude Nicollier parvient à saisir le télescope à l'aide du bras télécommandé de la navette spatiale et à le ramener dans la soute cargo de celle-ci pour commencer les travaux de maintenance. Jeffrey A. Hoffman et F. Story Musgrave enchaînent des sorties extravéhiculaires d'une durée de six à huit heures durant cinq jours consécutifs[23]. Tous les objectifs fixés à la mission sont remplis et, un mois plus tard, au vu des résultats produits, le responsable scientifique du programme déclare publiquement que la réparation du télescope spatial permet de tenir les objectifs les plus ambitieux qui avaient été fixés au projet. En mai 1994, des astronomes annoncent que des observations effectuées à l'aide de l'instrument ont permis pour la première fois d'établir de manière quasi certaine l'existence de trous noirs au centre de la galaxie voisine M87. À la mi-juillet, le télescope est utilisé pour observer la chute des débris de la comète Shoemaker-Levy 9 sur Jupiter. À la fin de l'année, les conclusions d'inventaires systématiques d'étoiles pouvant constituer la masse manquante de l'univers se concluent par un échec confirmant la théorie de la matière noire[24]. Maintenance en orbite : la mission de sauvetage de 1993 Le télescope spatial après sa capture, durant la mission STS-61. Remplacement des panneaux solaires par Kathryn Thornton. Jeffrey Hoffman manipule l'instrument WF/PC1, qui vient d'être retiré du télescope spatial Hubble. STS-82 (1997)[modifier le code] La deuxième mission d'entretien du télescope spatial, STS-82, en février 1997, remplace le spectrographe haute résolution et le spectrographe pour objets faibles par un nouveau spectrographe (STIS), capable d'examiner les objets célestes avec une extrême finesse. L'on ajoute aussi une nouvelle caméra infrarouge couplée à un spectrographe multi-objets (Near Infrared Camera / Multi-Object Spectrograph, NICMOS), pour observer les galaxies très lointaines. L'équipage améliore aussi le système de navigation de Hubble en installant un senseur de guidage et des volants d'inertie refaits à neuf. On le dote par ailleurs d'un nouveau disque dur, capable de stocker dix fois plus de données que l'ancien[25]. STS-103 (1999)[modifier le code] La troisième mission d'entretien du télescope était planifiée pour juin 2000, mais la défaillance successive de trois des six gyroscopes chargés d'orienter le télescope amène la NASA à modifier ses plans. La mission prévue est dédoublée avec une première mission SM3A, planifiée pour décembre 1999. Le 13 novembre 1999, un quatrième gyroscope tombe en panne et l'agence spatiale est obligée d'arrêter les observations car le télescope ne peut pas fonctionner avec moins de trois gyroscopes en état de marche. La mission de sauvetage STS-103 est finalement lancée à la date prévue. Au cours de trois sorties extravéhiculaires, les gyroscopes défaillants sont remplacés, ainsi que l'ordinateur de bord. Le nouveau microprocesseur de type 486 est vingt fois plus rapide que son prédécesseur et bénéficie d'une mémoire six fois plus importante. Une nouvelle mémoire de masse à semi-conducteurs vient remplacer un système à bande magnétique. Enfin, les astronautes remplacent un émetteur en bande S et certaines parties du revêtement de protection thermique[26]. STS-109 (2002)[modifier le code] La mission d'entretien SM3B (STS-109), en mars 2002, constitue la deuxième partie de la mission SM3, prévue initialement en juin 2000. Son objectif principal est l'installation de l'instrument de troisième génération ACS (Advanced Camera for Surveys) à la place de FOC (Faint Object Camera), qui doit démultiplier les performances du télescope. ACS comprend trois sous-instruments, chacun consacré à un domaine d'intervention : observation des galaxies les plus anciennes, images détaillées du centre des galaxies, et un instrument fonctionnant dans l'ultraviolet pour l'observation, par exemple, des phénomènes météorologiques ou magnétiques sur d'autres planètes. La mission est également l'occasion de remplacer d'autres composants[27],[28] : le système de contrôle d'énergie — son remplacement est particulièrement difficile car il n'avait pas été conçu pour être remplacé en orbite et demandait aussi un arrêt total du télescope pour la première fois depuis sa mise en opération ; les panneaux solaires sont remplacés pour la troisième fois — les nouveaux panneaux, basés sur ceux des satellites de télécommunications Iridium, ont seulement les deux-tiers de la taille des anciens panneaux, ce qui permet de réduire le freinage atmosphérique, tout en fournissant 30 % de puissance en plus, cette puissance additionnelle permettra à tous les instruments à bord de Hubble de fonctionner simultanément ; le système de refroidissement de la caméra infrarouge NICMOS, tombé en panne en 1999, redonne au télescope la capacité d'observer dans l'infrarouge ; une des quatre roues de réaction ; le revêtement thermique, remplacé à plusieurs endroits. STS-125 (2009)[modifier le code] À la suite de la décision de retirer rapidement les navettes spatiales du service, l'Agence spatiale canadienne (ASC/CSA) propose d'envoyer un robot afin d'entretenir le télescope Hubble. Début 2005, cette option est annulée, la NASA décidant qu'elle effectuerait une ultime mission d'entretien. Cette mission, désignée STS-125, devait être lancée le 10 octobre 2008[29] avec la navette spatiale Atlantis. Toutefois, une panne majeure du système permettant le traitement et la transmission des données acquises par le télescope — dont le système de sauvegarde, qui fonctionne encore — provoque un décalage de la mission pour le remplacer. La navette a donc décollé le 11 mai 2009[30],[31]. Cette dernière mission (STS-125) est réalisée par la navette spatiale à la suite de l'approbation de l'administrateur de la NASA Michael Griffin. La mise à niveau a consisté à installer deux nouveaux instruments scientifiques : le spectrographe des origines cosmiques (COS) et la troisième caméra à grand champ (WFC-3). La mission aura finalement duré treize jours[Note 4]. Maintenance en orbite : la mission de 2009 Michael T. Good et Michael J. Massimino réparent l'instrument STIS durant la mission STS-125 (2009). Mise en place de l'instrument COS durant la mission STS-125. Derniers travaux de maintenance durant la mission STS-125. Vue arrière du télescope Hubble, qui vient d'être libéré par les astronautes de la mission STS-125. Synthèse des missions de maintenance et de mise à jour du télescope[modifier le code] Synthèse des missions de maintenance et des principaux équipements et instruments remplacés Mise en orbite SM 1 SM 2 SM 3A SM 3B SM 4 Date Avril 1990 Décembre 1993 Février 1997 Décembre 1999 Mars 2002 Mai 2009 Missionde la navette STS-31Discovery STS-61Endeavour STS-82Discovery STS-103Discovery STS-109Columbia STS-125Atlantis AltitudeRehaussement 618 km 590 km +8 km 596 km +15 km 603 km 577 km +6 km 567 km Instrument 1 WF/PC WFPC2 WFC3 Instrument 2 GHRS STIS STIS (R) Instrument 3 (position axiale) HSP COSTAR COS Instrument 4 FOC ACS ACS (R) Instrument 5 FOS NICMOS NICMOS (système réfrigérant) Gyroscope 6 4 (R) 2 (R) 6 (R) 2 (R) 6 (R) panneaux solaires photovoltaïques SA1 SA2 SA3 Observations programmées et fin de vie[modifier le code] La dernière mission de maintenance, en 2009, a permis de remettre à neuf le télescope Hubble. À la mi-2013, les capacités du télescope, dont de nombreux composants ont pourtant 25 à 30 ans d'existence, sont pratiquement intactes et le responsable du programme à la NASA estime que le télescope pourra sans doute fonctionner jusqu'à la fin de la décennie, permettant de mener des observations en parallèle avec le JWST, qui a été lancé le 25 décembre 2021. Malgré l'apparition de télescopes terrestres de plus en plus puissants (le VLT par exemple), Hubble est toujours aussi prisé par la communauté des astronomes : 180 à 200 demandes d'observation peuvent être honorées chaque année, sur un total de 1 100 requêtes (représentant 3 000 à 3 500 orbites sur les 20 000 orbites annuelles). Trois projets d'observation de longue durée sont programmés pour les années à venir[33] : la cartographie d'un tiers des étoiles de la galaxie d'Andromède, voisine de notre Voie Lactée ; la réalisation de photographies de vastes portions du ciel analogues à celles de champs profonds et montrant les galaxies se formant à tous les âges de l'Univers — ces photos sont destinées à fournir de nouvelles informations sur la formation des trous noirs, la distribution des noyaux galactiques et le déroulement des fusions de galaxies ; l'étude des amas de galaxies de grande taille pour déterminer la matière noire présente à travers l'effet de loupe gravitationnelle qu'elle suscite. Début 2013, un des gyroscopes présente des signes de dérive, mais l'anomalie peut être corrigée par une modification du logiciel associé. Par le passé le télescope a rencontré de nombreux problèmes avec ce type d'équipement et les équipes assurant le support ont développé des stratégies permettant de faire fonctionner le télescope avec un seul des six gyroscopes. Un des trois capteurs de pointage fin fonctionne de manière irrégulière, mais les opérateurs qui contrôlent le télescope parviennent à contourner l'anomalie en ayant recours plus rarement à cet équipement (seuls deux des trois capteurs sont utilisés simultanément en fonctionnement normal). La caméra infrarouge NICMOS a été arrêtée à la suite d'un dysfonctionnement de son système de réfrigération. La communauté des utilisateurs a décidé de renoncer à cet instrument car la caméra grand champ WFC3 peut réaliser le même type d'observation. La durée de vie du télescope Hubble est néanmoins comptée. En avril 2013, la mission a été prolongée jusqu'à 2016. L'altitude de l'orbite du télescope diminue régulièrement sous l'effet de la traînée créée par l'atmosphère résiduelle. Depuis le retrait de la navette spatiale américaine, la NASA ne dispose plus de vaisseau capable de rehausser l'orbite ; le télescope devrait être détruit en effectuant une rentrée atmosphérique à une date qui dépend de l'activité solaire mais qui se situerait entre 2030 et 2040. L'équipage de la dernière mission de maintenance STS-125 a installé sur l'arrière du télescope un système d'amarrage, qui doit permettre à un engin spatial de s'amarrer pour modifier la trajectoire du télescope avant sa rentrée atmosphérique, de sorte que les zones habitées ne soient pas touchées par d'éventuels débris[34]. La désorbitation du télescope spatial a été annoncée autour de 2020. En juin 2016, la NASA annonce que le télescope spatial sera maintenu en service au moins jusqu’en 2021, avec une rallonge budgétaire atteignant presque 200 millions de dollars[35]. Certains projets prévoient soit de ravitailler les réservoirs d'ergol de l'engin, ce qui rallongerait sa capacité de fonctionnement, soit de le ramener sur Terre. Elon Musk estime qu'il est possible à Starship de récupérer Hubble sans qu'il soit détruit par l'arrivée dans l'atmosphère[36]. En 2018, pour réduire les biais systémiques et de genre, la NASA modifie son système d'évaluation des demandes de temps d'observation en instituant un système « à double insu » où les candidats ni les examinateurs évaluant leurs propositions ne connaissent leurs identités respectives (et dès 2019, le système est étendu aux autres télescopes de la NASA). Depuis, un nombre sans précédent de jeunes chercheurs ont obtenu du temps d'observation sur le télescope[37]. En septembre 2022, le programme Polaris indique signer un accord avec la NASA et SpaceX pour mener une étude de six mois en vue de rehausser l'orbite et assurer la desserte du télescope avec un Crew Dragon[38]. En octobre 2022, Hubble est à 535 km d'altitude et a une probabilité de 50 % de rentrer dans l'atmosphère avant 2037. La NASA s'enquiert en décembre 2022 auprès d'entreprises du domaine spatial de la faisabilité de rehausser le télescope à une altitude supérieure à 600 km[39]. En novembre 2023, un des trois gyroscopes opérationnels est défaillant. Ce qui met automatiquement le télescope en mode sécurité interrompant les observations scientifiques. Les mises en sécurité des 19 et 21 novembre sont rapidement récupérées. Une nouvelle mise en sécurité le 23 novembre contraint la NASA à approfondir le problème pour apporter une solution pérenne. Finalement, Hubble peut reprendre ses observations en reconfigurant une marche avec un seul gyroscope[40],[41]. Description technique[modifier le code] Le télescope Hubble a une masse d'environ 11 tonnes, mesure 13,2 mètres de long, a un diamètre maximum de 2,4 mètres et a coûté un milliard de dollars US (soit environ 50 millions de dollars par an) dont 76 millions pour le dernier prolongement de mission en date (2013–2016). C'est un télescope réflecteur à deux miroirs ; le miroir primaire mesure à lui seul environ 2,4 mètres de diamètre et a coûté plus de 350 millions de dollars. Il est couplé à divers spectromètres ainsi que trois caméras : une à large champ pour les objets faiblement lumineux, une autre à champ étroit pour les images planétaires et une dernière réservée au domaine infrarouge. La partie optique[modifier le code] La partie optique du télescope Hubble, ou OTA (pour Optical Telescope Assembly), utilise une architecture de type Cassegrain. Celle-ci, la plus courante pour les grands télescopes terrestres, permet d'obtenir une grande longueur focale (57,6 mètres) avec un tube relativement court (6,4 mètres). Hubble dispose d'un miroir de 2,4 mètres beaucoup plus petit que les télescopes terrestres les plus récents (jusqu'à 10 mètres), mais en étant placé au-dessus de l'atmosphère, le rayonnement n'est pas filtré ou perturbé par celle-ci, ce qui lui permet d'atteindre une résolution angulaire bien supérieure, en plus d'effectuer des observations dans l'infrarouge et l'ultraviolet. Un télescope Cassegrain comporte un miroir primaire qui réfléchit la lumière incidente vers un miroir secondaire situé dans l'axe, qui la réfléchit à son tour vers les instruments chargés d'enregistrer l'image ou le spectre du rayonnement lumineux. Le télescope Hubble utilise une variante du Cassegrain, dite Ritchey-Chrétien, qui se caractérise par des miroirs primaire et secondaire hyperboliques, ce qui permet de supprimer le coma et l'aberration sphérique. La lumière incidente pénètre dans le tube optique, puis est réfléchie par le miroir primaire de 2,4 mètres de diamètre vers le miroir secondaire de 30 cm de diamètre situé dans l'axe, puis passe par un orifice central de 60 cm de diamètre au milieu du miroir primaire pour atteindre le plan focal situé 1,5 mètre derrière celui-ci. Le flux lumineux est alors dirigé par un système de miroirs vers les différents instruments scientifiques. Le miroir primaire est réalisé dans un verre ayant un taux de dilatation très faible. Sa masse a pu être abaissée à 818 kg (contre environ 3 600 kg pour ses homologues terrestres) grâce à une structure interne en nid d'abeilles. La température du miroir primaire est maintenue constante grâce à une série de radiateurs et sa forme peut être corrigée par 24 vérins montés sur sa face arrière. Le miroir secondaire est réalisé en verre Zerodur recouvert d'une couche réfléchissante de fluorures de magnésium et d'aluminium. Des vérins commandés depuis le sol permettent de modifier son alignement par rapport au miroir primaire[42]. Instruments scientifiques[modifier le code] Le télescope spatial Hubble dispose de cinq emplacements pour installer des instruments exploitant la lumière collectée par la partie optique. Les cinq instruments peuvent fonctionner de manière simultanée. Tous les instruments d'origine ont été remplacés, dont certains à deux reprises, depuis le lancement de Hubble. Douze instruments ont en tout été installés sur Hubble. Les instruments se distinguent par la taille du champ optique couvert, la partie du spectre électromagnétique observée (infrarouge, ultraviolet, lumière visible) et le fait qu'ils restituent soit des images soit des spectres. La caméra à large champ WFC3[modifier le code] Article détaillé : Wide Field Camera 3. La caméra à grand champ WFC3 (Wide Field Camera 3), installée en 2009 dans le cadre de la mission STS-125, constitue la troisième génération de cet instrument équipant Hubble. Elle couvre un spectre très large comprenant l'ultraviolet, la lumière visible et l'infrarouge. WFC3 est utilisée pour observer les galaxies très lointaines, le milieu interstellaire et les planètes du Système solaire. L'instrument comprend deux canaux : UVIS, pour l'observation en ultraviolet et en lumière visible (200 à 1 000 nm) et NIR, pour le proche infrarouge (800 à 1 700 nm). Un miroir est utilisé pour orienter le faisceau lumineux vers l'un ou l'autre des canaux. L'instrument ne peut pas exploiter les deux canaux en même temps. Pour UVIS, la résolution est de 0,04 seconde d'arc par pixel et le champ optique est de 162 × 162 secondes d'arc. Pour NIR, la résolution atteint 0,13 seconde d'arc par pixel pour un champ optique de 136 × 123 secondes d'arc[43]. La caméra et spectromètre infrarouge NICMOS[modifier le code] Article détaillé : Near Infrared Camera and Multi-Object Spectrometer. La caméra et spectromètre NICMOS (Near Infrared Camera and Multi-Object Spectrometer), fonctionnant dans l'infrarouge proche (Near Infrared), a été mise en place en 1997 par l'équipage de la mission STS-82. Elle est utilisée pour observer les objets très lointains et en déterminer le spectre électromagnétique. Cet instrument ne fonctionne plus (2013) et les tentatives de réparation à distance ont été abandonnées à la suite d'une consultation de la communauté des utilisateurs, car la fonctionnalité peut être prise en charge par la caméra à large champ WFC3[44]. La caméra ACS[modifier le code] La caméra ACS (Advanced Camera for Surveys) est en fait constituée de trois caméras : une à grand champ, une à haute résolution et une fonctionnant dans l'ultraviolet. Elle a été installée en 2002 mais est tombée partiellement en panne en 2007, puis a été réparée par l'équipage de la mission STS-125. L'instrument permet de déterminer la distribution des galaxies et des amas et de réaliser des images à très haute résolution des régions où se forment les étoiles et leurs planètes[45]. La caméra et spectromètre STIS[modifier le code] La caméra et spectromètre STIS (en) (Space Telescope Imaging Spectrograph) a été mise en place en 1997 par l'équipage de la mission STS-82. Elle a été réparée en 2009 par l'équipage de STS-125. L'instrument permet d'observer en ultraviolet, lumière visible et proche infrarouge. Elle est utilisée pour obtenir les spectres des galaxies[46]. Le spectromètre ultraviolet COS[modifier le code] Le spectromètre ultraviolet COS (en) (Cosmic Origins Spectrograph) fournit des spectres électromagnétiques d'objets ponctuels. Cet instrument a été mis en place en 2009 par l'équipage de la mission STS-125. Il est utilisé pour étudier les grandes structures de l'Univers et la composition des nuages de gaz et des atmosphères planétaires[47]. Les instruments Capteur CCD de l'instrument ACS (2002). La caméra grand champ WFC3 avant son chargement dans la navette pour la mission STS-125 (2009). L'instrument COS. Les instruments retirés[modifier le code] Note : Une partie des liens cliquables des différents instruments redirigent vers Wikipédia en anglais. Les instruments suivants ont été installés à bord du télescope spatial puis remplacés au cours d'une des missions de maintenance de la navette spatiale : Wide Field/Planetary Camera (WFPC) (1990-1993) prédécesseur de WFPC3., Longueur d'onde : 115 à 1 100 nm avec une résolution de 0,1 ou 0,043 secondes d'arc/pixel et un champ de vision de 154 × 154 secondes d'arc. Wide Field/Planetary Camera 2 (WFPC2) (1993-2009). Version modernisée de WFPC avec des caractéristiques identiques et des senseurs améliorés. Faint Object Camera (FOC) (1990-2002) fourni par l'Agence spatiale européenne. Caméra à très haute résolution pour l'étude des objets très lointains et peu lumineux. Longueur d'onde : 122 à 550 nm avec une résolution de 0,043 à 0,007 secondes d'arc/pixel et un champ de vision compris entre 3,6 × 3,6 et 22 × 22 secondes d'arc. Goddard High Resolution Spectrograph (GHRS) (1990-1997) Longueur d'onde : 115 à 320 nm avec une résolution de 2 000 à 100 000 secondes d'arc/pixel. Faint Object Spectrograph (FOS) (1990-1997) Spectrographe avec une sensibilité plus importante que GHRS. Longueur d'onde : 115 à 850 nm avec une résolution de 1 150 à 8 500 secondes d'arc/pixel. High Speed Photometer (HSP) (1990-1993). Instrument spécial pour la mesure des changements extrêmement rapides de la luminosité ou de la polarisation des étoiles. Longueur d'onde : 115 à 870 nm, avec une vitesse de lecture pouvant aller jusqu'à 100 kilohertz. Énergie[modifier le code] Le télescope Hubble utilise deux ensembles de panneaux solaires photovoltaïques pour produire l'électricité, principalement utilisée par les instruments scientifiques et les roues de réaction employées pour orienter et stabiliser le télescope. La caméra infrarouge et le spectromètre multi-objets, qui doivent être refroidis à une température de −180 °C, font partie des gros consommateurs d'énergie. Les panneaux solaires pivotent autour d'un axe pour optimiser l'incidence des rayons du Soleil tout au long de l'orbite. Les panneaux solaires d'origine fournis par l'Agence spatiale européenne, qui créaient des phénomènes vibratoires dus aux changements thermiques, ont été remplacés une première fois en 1993 (SM1), puis en 2002. Les panneaux solaires mis en place en 2002 (mission SM3B) et développés pour les satellites Iridium permettent de réduire leur taille (7,1 × 2,6 m contre 12,1 × 3,3 m) en augmentant l'énergie fournie (5 270 watts contre 4 600 watts)[48]. Six batteries nickel-hydrogène sont utilisées pour stocker l'électricité et la restituer durant les phases de l'orbite où les panneaux solaires se trouvent à l'ombre de la Terre. Les batteries disposent d'une capacité totale de 510 Ah, qui permet de faire fonctionner le télescope et ses instruments scientifiques durant 7,5 heures, soit 5 orbites. Les batteries, d'une masse totale de 428 kg (avec leur conditionnement), sont stockées dans les baies d'équipement nos 2 et 3. L'énergie est répartie par un système de régulation et de distribution situé dans la baie no 4. Les batteries d'origine, dont les performances s'étaient logiquement dégradées, ont été remplacées dans le cadre de la mission SM3A (1999), ainsi que le système de distribution d'énergie par la mission SM3B (2002)[49]. Le contrôle d'orientation[modifier le code] Le télescope doit rester fixe par rapport aux étoiles avec un pointage extrêmement précis, de manière à pouvoir effectuer des observations de longue durée attendues par les astronomes. Le télescope utilise plusieurs types de capteurs, en partie redondants, pour déterminer son orientation et mesurer ses mouvements de rotation propres. Trois capteurs de pointage fin FGS (Fine Guidance Sensors) sont utilisés pour maintenir le télescope pointé vers les étoiles en cours d'observation. Quatre capteurs déterminent la direction du Soleil et sont notamment utilisés pour déterminer si le volet de protection situé à l'extrémité du télescope doit être fermé pour protéger les capteurs des instruments scientifiques. Deux magnétomètres permettent de déterminer l'orientation du télescope par rapport au champ magnétique terrestre. Trois systèmes RSU (Rate Sensor Units), contenant chacun deux gyroscopes, détectent les mouvements de rotation du télescope sur lui-même selon les trois axes. Enfin, trois viseurs d'étoiles sont également utilisés pour déterminer l'orientation de Hubble par rapport aux étoiles[50]. Pour maintenir le télescope pointé avec précision vers les étoiles observées, deux types d'actionneurs sont utilisés[50] : quatre roues de réaction (dont une de rechange) permettant, en accélérant (jusqu'à 3 000 tours par minute) ou en ralentissant, de modifier la vitesse de rotation du télescope sur lui-même ; quatre magnéto-coupleurs exploitant le champ magnétique terrestre pour désaturer (ralentir) les roues de réaction. Stockage des données et télécommunications[modifier le code] Deux mémoires de masse à base de semi-conducteurs permettent de stocker 12 gigabits de données. Celles-ci peuvent être des télémesures ou des données scientifiques. Par ailleurs, une mémoire de masse utilisant une bande magnétique ayant une capacité de stockage de 1,2 gigabits, composant d'origine, peut être utilisée en secours[51]. Le système de télécommunications utilise deux antennes à grand gain orientables avec deux degrés de liberté et un débattement de 100° dans les deux directions. Elles sont utilisées pour transmettre les données scientifiques aux satellites de télécommunications géostationnaires TDRS de la NASA, qui présentent l'avantage d'être visibles depuis n'importe quel point de l'orbite de Hubble. Ceux-ci retransmettent ensuite ces données vers la station de White Sands, au Nouveau-Mexique. Deux antennes faible gain omnidirectionnelles avec un champ de 180° sont installées à chaque extrémité du télescope et sont utilisées pour transmettre les télémesures et recevoir les commandes transmises depuis la station au sol. Les télécommunications utilisent la bande S[52]. Système de régulation thermique[modifier le code] Les différentes parties externes du télescope spatial sont tour à tour exposées au rayonnement solaire, qu'aucune atmosphère n'atténue, ou plongées dans l'ombre lorsque la Terre s'interpose entre le Soleil et Hubble. Par ailleurs, l'électronique des équipements dégage de la chaleur qu'il faut évacuer. Pour son bon fonctionnement, il est essentiel de maintenir les différentes parties du télescope dans une plage de températures restreinte, en particulier la partie optique (structure et miroirs), susceptible de se déformer en cas de fluctuation importante des températures. L'essentiel du système de régulation thermique est pris en charge de manière passive par des couches d'isolants, qui recouvrent 80 % de la surface extérieure du télescope. Différents matériaux sont utilisés. Le MLI (Multilayer insulation) installé à l'origine est constitué de 15 couches de kapton aluminisé, recouvertes d'une couche réfléchissante de téflon aluminisé FOSR (flexible optical solar reflector). Certaines parties de ce revêtement, qui s'étaient dégradées avec le temps, ont été remplacées durant les missions de maintenance de la navette spatiale par un revêtement baptisé NOBL (New Outer Blanket Layer) à base d'acier sans étain recouvert de dioxyde de silicium. Les parties du télescope qui ne sont pas couvertes par des isolants thermiques sont couvertes d'une peinture soit réfléchissante soit absorbante (zone en permanence à l'ombre) ou d'une protection aluminisée ou argentée. Des résistances électriques permettent de combattre le froid. Le système de contrôle thermique surveille et corrige la température des composants du télescope spatial grâce à près de 200 capteurs de température et thermistances[53]. Ordinateur de bord[modifier le code] Le fonctionnement du télescope spatial est piloté par l'ordinateur de bord AC (Advanced Computer). Celui-ci : exécute les commandes transmises par les opérateurs au sol ; prépare avant leur transmission les télémesures qui reflètent l'état de santé de ses différents composants ; vérifie de manière continue le fonctionnement du télescope spatial ; génère les commandes pour les différents appareils chargés de modifier l'orientation du télescope, de manière à le maintenir écarté de l'axe du Soleil et stable et pointé vers la région du ciel dont l'observation est en cours ; maintient l'antenne grand gain pointée vers les satellites de télécommunications. L'ordinateur de bord d'origine a été remplacé au cours de la mission SM3A de 1999 par une unité centrale utilisant un microprocesseur Intel 80486. Il existe en fait trois unités centrales, capables de se relayer en cas de défaillance de l'une d'entre elles. Chacune dispose de deux mégaoctets de mémoire volatile à accès rapide et un mégaoctet de mémoire non volatile. Seule une des trois unités centrales contrôle le télescope à un instant donné. L'ordinateur communique avec les différents systèmes du télescope via le DMU (Data Management Unit), chargé d'encoder et décoder les différents messages et paquets de données[54]. Fonctionnement[modifier le code] Les structures impliquées dans le fonctionnement de Hubble[modifier le code] Le volet scientifique des opérations du télescope Hubble est pris en charge par le Space Telescope Science Institute (STScI), dont les bureaux sont installés dans l'enceinte de l'université Johns-Hopkins, à Baltimore. Cette structure, qui emploie 500 personnes dont une centaine d'astronomes, a été créée peu avant le lancement du télescope. Elle est gérée par l'AURA (Association of Universities for Research in Astronomy) pour le compte de la NASA. Ses principales tâches sont la sélection des demandes d'utilisation du télescope, la préparation et l’exécution des observations, la gestion du télescope et de ses instruments pour les aspects scientifiques et l'archivage et la distribution des données collectées par Hubble. Une quinzaine d'astronomes européens sont employés par le STScI pour représenter les intérêts de l'Europe dans le projet. De 1984 à 2010, l'Agence spatiale européenne et l'Observatoire européen austral disposaient d'une structure, le Space Telescope-European Coordinati
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:35 PM
|
Un État fédéral ou fédération est un État habituellement souverain, composé de plusieurs entités nommées États fédérés dotées de leur propre gouvernement, de lois propres (y compris en matière fiscale), et parfois même de leur propre armée.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2025). Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ? Un État fédéral ou fédération est un État habituellement souverain, composé de plusieurs entités nommées États fédérés dotées de leur propre gouvernement, de lois propres (y compris en matière fiscale), et parfois même de leur propre armée. En général, ces entités ont un statut garanti par la Constitution, elles disposent collectivement d'une représentation auprès du gouvernement central fédéral sous la forme d'une chambre législative (les fédérations adoptent donc généralement le bicamérisme) avec une influence suffisante pour que leur statut, la constitution elle-même, ou des lois importantes ne puissent être modifiés sans leur accord, mais ne disposent généralement pas du droit de sécession. La forme de gouvernement de l'État fédéral, ou sa structure constitutionnelle, est nommée fédéralisme. C'est un ensemble d'États qui se sont unis et qui ont une certaine autonomie tout en reconnaissant une autorité supérieure commune. Il peut être considéré comme l'opposé de l'État unitaire, bien que celui-ci dans certains cas puisse être administré par plusieurs entités administratives ayant leur propre gouvernement régional. Une fédération se distingue d'une confédération, qui est une union d'États indépendants qui, par un ou plusieurs traités, délèguent l'exercice de certaines compétences à des organes communs destinés à coordonner leur politique dans un certain nombre de domaines, sans constituer cependant un nouvel État superposé aux États membres. Les États d'une confédération conservent ainsi leur souveraineté propre. Les fédérations peuvent être multiethniques, multiconfesionnelles, ou couvrir de vastes territoires, même si ce n'est pas nécessairement le cas. Historiquement, les fédérations sont le plus souvent nées de l'approfondissement d'une confédération, ou d'une décomposition partielle d'un état ou d'un empire unitaire (notamment l'empire colonial anglais puis l'empire britannique dans le cadre de la décolonisation). Histoire[modifier le code] Article connexe : Fédéralisme. À la suite de Siegfried Brie (de)[1],[2], les auteurs s'accordent pour considérer que la notion d'État fédéral apparaît pour la première fois dans l'ouvrage de Karl S. Zachariä portant sur la confédération du Rhin[3],[4]. L'œuvre de Georg Waitz en donne la première formulation doctrinale[3],[5]. Au XXe siècle, la chute des empires coloniaux a entraîné la création de plusieurs fédérations postcoloniales (Inde, Pakistan, Malaisie, Nigeria, ou encore les micro-fédérations que sont les Palaos, les Comores, la Micronésie et Saint-Christophe-et-Niévès)[6]. Fédérations et autres formes d'État[modifier le code] Dans une fédération, les États la composant sont considérés dans une certaine mesure comme souverains, puisque certains pouvoirs leur sont réservés, et ne peuvent pas être exercés par le gouvernement central. Cependant, une fédération est plus qu'une pure alliance d'États indépendants. Les États composants d'une fédération ne possèdent généralement aucun pouvoir concernant la politique étrangère, et n'ont pas le statut d'États indépendants au sens du droit international. Certaines fédérations sont dites asymétriques car certains États ont plus d'autonomie que d'autres. Un exemple d'une telle fédération est la Malaisie, composée de treize États, dans laquelle Sarawak et Sabah sont entrés dans la fédération en des conditions générales différentes des États de Malaisie péninsulaire. Une fédération émerge souvent d'un accord initial entre un nombre d'États séparés. Le but peut être la volonté de résoudre des problèmes réciproques ou prévoir une défense réciproque, ou créer un État-nation. Cependant, comme l'histoire des pays et des nations varie, le système de fédéralisme d'un État peut-être assez différent de ces modèles. L'Australie, par exemple, est née du vote démocratique des citoyens de chaque État qui ont voté « oui » aux référendums et ont adopté ainsi la constitution de l'Australie. État unitaire[modifier le code] Dans certains cas, les limites entre État fédéral et État unitaire sont plus floues. En effet, on trouve bien souvent des États unitaires qui possèdent des subdivisions territoriales, administratives qui se gèrent elles-mêmes. Cependant la différence entre une fédération et ce type d'État unitaire est que ce dernier accorde l'autonomie à ses territoires selon son bon vouloir, et peut la révoquer quand bon lui semble, de manière unilatérale. Alors qu'il est courant pour un État fédéral de naître d'un accord entre d'anciens États indépendants, les régions possédant un régime autonome sont souvent créées par un mécanisme de dévolution, avec l'acceptation de l'État unitaire d'accorder de l'autonomie à une partie de son territoire qui lui était jusqu'alors entièrement subordonnée. Il est courant de dire que par essence dans un État unitaire, sans regarder l'état actuel de toutes ses composantes, l'ensemble de son territoire constitue une entité unique et souveraine ou État-nation, et que par conséquent son gouvernement central exerce sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. À l'inverse, dans une fédération d'États, la souveraineté est souvent considérée comme résidant théoriquement dans les États composants, ou comme étant partagée entre ces États et le gouvernement central. Le fédéralisme en Belgique : un cas d'espèce[modifier le code] L'instauration du fédéralisme en Belgique date de la modification de la Constitution du 8 mai 1993[7]. Auparavant, l'État belge était officiellement unitaire bien qu'une décentralisation progressive se soit accentuée tout au long du XXe siècle. Le fédéralisme belge est caractérisé par le fait que deux sortes d'entités fédérées exercent concomitamment leurs compétences sur un même territoire : les Régions et les Communautés. Ainsi, par exemple, la Région wallonne comprend l'ensemble de la Communauté germanophone et une partie de la Communauté française. La Communauté française exerce ses compétences sur une partie de la Région wallonne et sur la Région de Bruxelles-Capitale. Les entités fédérées disposent d'une large autonomie qui se prolonge sur le plan international quasiment sans restriction ni veto possibles, avec une application stricte des principes de l'équipollence des normes et de la compétence exclusive. L'Autorité fédérale dispose, nonobstant l'article 35 de la Constitution, des compétences résiduaires. Liste des États fédéraux dans le monde[modifier le code] États fédéraux contemporains[modifier le code] Année de création Fédérations Unités fédérées/majeures Unités fédérales/mineures 1949 Allemagne 16 Länder : Bade-Wurtemberg Basse-Saxe Bavière Berlin Brandebourg Brême Hambourg Hesse Mecklembourg-Poméranie-Occidentale Rhénanie-du-Nord-Westphalie Rhénanie-Palatinat Sarre Saxe Saxe-Anhalt Schleswig-Holstein Thuringe 1853 Argentine 23 Provinces : Buenos Aires Catamarca Chaco Chubut Córdoba Corrientes Entre Ríos Formosa Jujuy La Pampa La Rioja Mendoza Misiones Neuquén Río Negro Salta San Juan San Luis Santa Cruz Santa Fe Santiago del Estero Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud Tucumán 1 capitale fédérale : Ville autonome de Buenos Aires 1901 Australie 6 États : Australie-Méridionale Australie-Occidentale Nouvelle-Galles du Sud Queensland Tasmanie Victoria 3 territoires intérieurs : Territoire de la capitale australienne Territoire de la baie de Jervis Territoire du Nord 6 territoires extérieurs : Île ChristmasÎles Cocos Îles Ashmore-et-Cartier Îles de la Mer de Corail Îles Heard-et-MacDonald Territoire antarctique australien 1 territoire associé autonome : Île Norfolk 1920 Autriche 9 Bundesländer : Basse-Autriche Burgenland Carinthie Haute-Autriche Salzbourg Styrie Tyrol Vienne Vorarlberg 1970 Belgique 3 Communautés : Communauté française Communauté flamande Communauté germanophone 3 Régions : Région wallonne Région flamande Région de Bruxelles-Capitale 3 Commissions communautaires de la région de Bruxelles-Capitale : Commission communautaire française Commission communautaire flamande Commission communautaire commune 1995 Bosnie-Herzégovine 2 entités : Fédération de Bosnie-et-Herzégovine République serbe de Bosnie 1 district : District de Brčko 1889 Brésil 26 États : Acre Alagoas Amapá Amazonas Bahia Ceará Espírito Santo Goiás Maranhão Mato Grosso Mato Grosso do Sul Minas Gerais Pará Paraíba Paraná Pernambouc Piauí Rio de Janeiro Rio Grande do Norte Rio Grande do Sul Rondônia Roraima Santa Catarina São Paulo Sergipe Tocantins 1 district fédéral : District Fédéral 1867 Canada 10 Provinces : Alberta Colombie-Britannique Île-du-Prince-Édouard Manitoba Nouveau-Brunswick Nouvelle-Écosse Ontario Québec Saskatchewan Terre-Neuve-et-Labrador 3 territoires : Nunavut Territoires du Nord-Ouest Yukon 1975 Comores 3 Îles : Grande Comore Anjouan Mohéli 1971 Émirats arabes unis 7 Émirats : Abou Dabi Ajman Charjah Dubaï Fujaïrah Oumm al-Qaïwaïn Ras el-Khaïmah 1776 États-Unis 50 États : Alabama Alaska Arizona Arkansas Californie Caroline du Nord Caroline du Sud Colorado Connecticut Dakota du Nord Dakota du Sud Delaware Floride Géorgie Hawaï Idaho Illinois Indiana Iowa Kansas Kentucky Louisiane Maine Maryland Massachusetts Michigan Minnesota Mississippi Missouri Montana Nebraska Nevada New Hampshire New Jersey Nouveau-Mexique New York Ohio Oklahoma Oregon Pennsylvanie Rhode Island Tennessee Texas Utah Vermont Virginie Virginie-Occidentale Washington Wisconsin Wyoming 1 district fédéral : Washington D.C. 4 Territoires non-incorporés et organisés : Guam Îles Mariannes du Nord Porto Rico Îles Vierges des États-Unis 9 Territoires non-incorporés et non-organisés : Île BakerÎle HowlandÎle Jarvis Atoll JohnstonRécif Kingman Îles MidwayÎle de la Navasse Samoa américainesWake 1 Territoire incorporé et non-organisé : Atoll Palmyra 1995 Éthiopie 10 Régions : Afar Amhara Benishangul-Gumaz Gambela Région Harar Oromia Sidama Somali Région des nations, nationalités et peuples du Sud Tigré 2 villes-régions : Addis-Abeba Dire Dawa 1950 Inde 29 États : Andhra PradeshArunachal PradeshAssamBengale-OccidentalBiharChhattisgarhGoaGujaratHaryanaHimachal PradeshJharkhand KarnatakaKeralaMadhya PradeshMaharashtraManipurMeghalayaMizoramNagalandOdishaPendjabRajasthanSikkimTamil NaduTelanganaTripuraUttar PradeshUttarakhand 7 territoires : ChandigarhDadra et Nagar HaveliDaman et DiuDelhiÎles Andaman-et-NicobarJammu-et-CachemireLakshadweepPondichéry 2005 Irak 19 gouvernorats : Al-AnbarAl-BasraAl-MuthannaAl-QadisiyyaAn-NajafAs-SulaymaniyaBabilBagdadDahukDhi QarDiyalaErbilHalabjaKarbalaKirkoukMaysanNiniveSalah ad-DinWasit 1963 Malaisie 13 États : Johor Kedah Kelantan Pahang Perak Selangor Terengganu Negeri Sembilan Perlis Malacca Penang Sabah Sarawak 3 territoires fédéraux : Putrajaya, capitale administrative de la Fédération Kuala Lumpur, capitale législative de la Fédération Labuan, ancienne partie de l'état de Sabah 1824[8] Mexique 31 États : Aguascalientes Basse-Californie Basse-Californie-du-Sud Campeche Chiapas Chihuahua Coahuila Colima Durango Guanajuato Guerrero Hidalgo Jalisco Mexico Michoacán Morelos Nayarit Nuevo León Oaxaca Puebla Querétaro Quintana Roo San Luis Potosí Sinaloa Sonora Tabasco Tamaulipas Tlaxcala Veracruz Yucatán Zacatecas 1 entité fédérale sui generis[9]: Mexico 1979 États fédérés de Micronésie 4 États : Chuuk Kosrae Pohnpei Yap 2008 Népal 7 provinces : KoshiMadheshBagmatiGandakiKarnaliLumbiniSudurpashchim 1963 Nigeria 36 états : Abia Adamawa Akwa Ibom Anambra Bauchi Bayelsa Benue Borno Cross River Delta Ebonyi Edo Ekiti Enugu Gomber Imo Jigawa Kaduna Kano Katsina Kebbi Kogi Kwara Lagos Nassarawa Niger Ogun Ondo Osun Oyo Plateau Rivers Sokoto Taraba Yobe Zamfara 1 territoire : Territoire de la capitale fédérale 1956 Pakistan 4 provinces : Baloutchistan Khyber Pakhtunkhwa Pendjab Sind 3 territoires fédéraux : Azad Cachemire Gilgit-Baltistan Territoire fédéral d'Islamabad 1991 Russie 22 républiques : Adyguée République de l'Altaï Bachkirie Bouriatie Daghestan Ingouchie Kabardino-Balkarie Kalmoukie Karatchaïévo-Tcherkessie Carélie République des Komis République des Maris Mordovie Sakha Ossétie-du-Nord-Alanie Tatarstan Touva Oudmourtie Khakassie Tchétchénie Tchouvachie République de Crimée 9 Kraïs : Kraï de l'Altaï Kraï du Kamtchatka Kraï de Khabarovsk Kraï de Krasnodar Kraï de Krasnoïarsk Kraï de Perm Kraï du Primorié Kraï de Stavropol Kraï de Transbaïkalie 46 Oblasts : Oblast de l'Amour Oblast d'Arkhangelsk Oblast d'Astrakhan Oblast de Belgorod Oblast de Briansk Oblast de Tcheliabinsk Oblast d'Irkoutsk Oblast d'Ivanovo Oblast de Kaliningrad Oblast de Kalouga Oblast de Kemerovo-Kouzbass Oblast de Kirov Oblast de Kostroma Oblast de Kourgan Oblast de Koursk Oblast de Léningrad Oblast de Lipetsk Oblast de Magadan Oblast de Moscou Oblast de Mourmansk Oblast de Nijni Novgorod Oblast de Novgorod Oblast de Novossibirsk Oblast d'Omsk Oblast d'Orenbourg Oblast d'Orel Oblast de Penza Oblast de Pskov Oblast de Rostov Oblast de Riazan Oblast de Sakhaline Oblast de Samara Oblast de Saratov Oblast de Smolensk Oblast de Sverdlovsk Oblast de Tambov Oblast de Tomsk Oblast de Tver Oblast de Toula Oblast de Tioumen Oblast d'Oulianovsk Oblast de Vladimir Oblast de Volgograd Oblast de Vologda Oblast de Voronej Oblast de Iaroslavl 3 Villes d'importance fédérale : Sébastopol Saint-Pétersbourg Moscou 1 Oblast autonome : Oblast autonome juif 4 Districts autonomes : Tchoukotka Khantys-Mansis Nénétsie Iamalie 1983 Saint-Christophe-et-Niévès 1 île fédérée : Niévès 1 île fédérale : Saint-Christophe 2012 Somalie 8 États fédérés : Galmudug Hirshabelle Jubaland Khatumo Mogadiscio Pount Somalie-du-Sud-Ouest Somaliland 1956 Soudan 18 États : Al DjazirahAl QadarifDarfour du NordDarfour du SudDarfour-CentralDarfour-OccidentalDarfour-OrientalKassalaKhartoumKordofan-OccidentalKordofan du NordKordofan du SudMer RougeNilNil BlancNil BleuNordSannar 2011 Soudan du Sud 10 États : Bahr el Ghazal du Nord Bahr el Ghazal occidental Équatoria-Central Équatoria-Occidental Équatoria-Oriental Jonglei Lacs Nil Supérieur Unité Warab 1848 Suisse 26 Cantons : Appenzell Rhodes-Extérieures Appenzell Rhodes-Intérieures Argovie Bâle-Campagne Bâle-Ville Berne Fribourg Genève Glaris Grisons Jura Lucerne Neuchâtel Obwald Nidwald Saint-Gall Schaffhouse Schwytz Soleure Tessin Thurgovie Uri Valais Vaud Zoug Zurich 1863 Venezuela 23 États : État d'Amazonas État d'Anzoátegui État d'Apure État d'Aragua État de Barinas État de Bolívar État de Carabobo État de Cojedes État de Delta Amacuro État de Falcón État de Guárico État de Lara État de Mérida État de Miranda État de Monagas État de Nueva Esparta État de Portuguesa État de Sucre État de Táchira État de Trujillo État de La Guaira État de Yaracuy État de Zulia 1 district fédéraldes dépendances fédérales Nota : Le Royaume-Uni est une monarchie constitutionnelle, sans constitution écrite. C'est un État unitaire avec certaines caractéristiques d'un État fédéral, depuis la mise en œuvre du programme de décentralisation de 1997 dans trois de ses quatre nations constitutives : l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord[10]. Le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas et la Nouvelle-Zélande ont également des pays constitutifs disposant d'un degré d'autonomie plus ou moins important. États fédéraux par titre[modifier le code] République fédérale : Allemagne, Nigeria, Somalie République démocratique fédérale : Éthiopie, Népal République fédérative : Brésil Fédération : Russie, Saint-Christophe-et-Niévès, Malaisie République : Argentine, Autriche, Inde, Irak, Palaos, Soudan, Soudan du Sud République bolivarienne : Venezuela Confédération : Suisse Commonwealth : Australie États fédérés : États fédérés de Micronésie Royaume : Belgique Union : Comores Émirats unis : Émirats arabes unis États-Unis : Mexique, États-Unis d'Amérique Sans titre : Bosnie-et-Herzégovine, Canada États fédéraux disparus[modifier le code] Empire Tang[11] (618-907) Saint-Empire romain germanique (962-1806) Empire inca (1197-1572) République des Deux Nations (1569-1795) Confédération Iroquois (1570-1799) Provinces-Unies (1579-1795) Confédération irlandaise (1642-1651) Royaume-Uni de Portugal, du Brésil et des Algarves (1816-1826) Provinces unies d'Amérique centrale (1823-1839) Confédération péruvio-bolivienne (1836-1839) Confédération grenadine (1858-1863) États-Unis de Colombie (1863-1886) États confédérés d'Amérique (1861-1865) Confédération de l'Allemagne du Nord (1867-1871) Autriche-Hongrie (1867-1918) Empire allemand (1871-1918) République fédérale d'Espagne (1873-1874) British Imperial Federation[12] (1884-1919) États malais fédérés (1896-1946) Afrique-Occidentale française (1904-1958) Afrique-Équatoriale française (1910-1960) République fédérative démocratique de Transcaucasie (1918) République de Weimar (1919-1933) Fédération syrienne (1922–1925) Union soviétique (1922-1991) République fédérative socialiste de Yougoslavie[13] (1943-1992) Fédération de Malaisie[14] (1948-1963) République des États-Unis d'Indonésie (1949-1950) Royaume-Uni de Libye (1951-1963) Fédération de l'Éthiopie et de l'Érythrée Fédération de Rhodésie et du Nyassaland (1953-1963) Fédération des Indes occidentales (1958-1962) Fédération du Mali (1959-1960) République du Congo-Léopoldville (1960-1964) République fédérale du Cameroun (1961-1972) Fédération d'Arabie du Sud (1962-1967) Ouganda (1962-1967) Tanzanie (1964-1965) Tchécoslovaquie (1969-1992) : République socialiste tchécoslovaque, puis République fédérale tchèque et slovaque RF Yougoslavie (1992-2003) Notes et références[modifier le code] ↑ Brie 1874. ↑ Kley 2014, § 1. ↑ a et b Maulin 2003, p. 33. ↑ Zachariä 1810. ↑ Waitz 1862. ↑ Nicolas Schmitt, « Le fédéralisme : plus fragile et plus nécessaire que jamais. Quelques réflexions illustrées par la Suisse et les pays d'Afrique », L'Europe en formation, no 363, 2012 (lire en ligne, consulté le 28 mars 2021). Via Cairn.info. ↑ Moniteur Belge du 8 mai 1995 ↑ (es) Secretaria de la Defensa Nacional, « 31 de enero de 1824, aprobación del Acta Constitutiva de la Nación. », sur Gobierno de México (consulté le 13 aout 2020) ↑ (es) Víctor Chávez, « DF no es el estado 32, aclaran legisladores », sur El Financiero Bloomberg, 22 janvier 2016 (consulté le 13 aout 2020) ↑ « Données générales du Royaume-Uni », Base Fonction publique, 2010 (lire en ligne ) ↑ À l'origine c'est une fédération née de l'Empire de Chine Modèle:Köktürks et de l'Empire tibétain, avec l'empereur de Chine à la tête de l'État. Elle s'est disloquée lorsque le Tibet et les Turcs sont devenus des ennemis de l'Empire de Chine. ↑ Cette fédération était une proposition qui n'a jamais vu le jour. Elle était destinée à remplacer l'Empire britannique, dans lequel toutes ses colonies et dominions seraient représentés par un unique Parlement sous couronne impériale. L'idée était en avance sur son temps et la fédération impériale indique la voie pour la création du Modèle:Commonwealth of Nations. ↑ La république fédérative socialiste de Yougoslavie fut officiellement proclamée en 1963. Avant cela, l'État communiste yougoslave était dénommé République fédérative socialiste de Yougoslavie en 1943 puis République fédérative socialiste de Yougoslavie en 1946. ↑ Elle devient indépendante en 1957. En 1963, la fédération s'associe aux colonies britanniques de Singapour, Bornéo du Nord (renommé Sabah) et Sarawak pour former une nouvelle fédération appelée Malaysia (en français toutefois, le nom de « Malaisie » a été conservé pour désigner la nouvelle fédération). Singapour se sépare de la Malaysia en 1965 pour devenir une république indépendante. cf. Modèle:Histoire de la Malaisie. Bibliographie[modifier le code] XIXe siècle[modifier le code] [Brie 1874] (de) Siegfried Brie, Der Bundesstaat: eine historisch-dogmatische Untersuchung [« L'État fédéral : une étude historico-dogmatique »], t. Ier : Geschichte der Lehre vom Bundesstaate [« Histoire de la théorique de l'État fédéral »], Leipzig, W. Engelmann, 1874, 1re éd., 1 vol., VII-203-[1], in-8o (21 cm) (OCLC , BNF , SUDOC , lire en ligne). [Le Fur 1896] Louis Le Fur, État fédéral et confédération d'États (édition commerciale de la thèse de doctorat en droit, soutenue à Paris en 1896), Paris, Marchal et Billard, 1896, 1re éd., 1 vol., XVII-839, in-8o (24 cm) (OCLC , BNF , SUDOC , lire en ligne). [Waitz 1862] (de) Georg Waitz, Grundzüge der Politik, nebst einzelnen Ausführungen, Kiel, E. Homann, 1862, 1re éd., 1 vol., VI-247, in-8o (OCLC , SUDOC , lire en ligne), 3e part. (« Von den Formen des Staates »), chap. 2, § 3, p. 43-45. [Zachariä 1804] (de) Karl S. Zachariä, « Geist der neuesten deutschen Reichsverfassung » [« L'esprit de la dernière constitution du Reich allemand »], Geschichte und Politik, vol. 1, 1804, p. 34-66 (lire en ligne). [Zachariä 1810] (de) Karl S. Zachariä, Das Staatsrecht des Rheinischen Bundesstaates und das Rheinische Bundesrecht, erläutert in einer Reihe Abhandlungen [« Le droit public de la Confédération du Rhin et le droit fédéral rhénan »], Heidelberg, Mohr et Zimmer, 1810, 1 vol., XII-289, in-8o (OCLC , lire en ligne). XXe – XXIe siècles[modifier le code] [Beaud 2004] Olivier Beaud, « Aperçus sur le fédéralisme dans la doctrine publiciste française au XXe siècle », Revue d'histoire des facultés de droit et de la culture juridique, no 24, 2004, p. 165-204 (lire en ligne). [Kley 2014] Andreas Kley, « État fédéral », dans Dictionnaire historique de la Suisse, art. no 9801 du 20 janv. 2014 (lire en ligne). [Maulin 2003] Éric Maulin, La théorie de l'État de Carré de Malberg (texte remanié de la thèse de doctorat en droit public, préparée sous la direction de Stéphane Rials, et soutenue à Paris-II en 1997), Paris, Presses universitaires de France, coll. « Léviathan », juin 2003, 1re éd., 1 vol., 344, 24 cm (ISBN 2-13-053607-7, EAN 9782130536079, OCLC , BNF , DOI , SUDOC , lire en ligne), 1re part. (« La souveraineté de l'État »), chap. 1er « (L'État fédéral authentique »), p. 33-88. Olivier Costa, Sylvain Brouard et Thomas König, The Europeanization of domestic legislatures. The empirical implications of the Delors' Myth in nine countries, New York, Springer, 2012 Articles connexes[modifier le code] Fédéralisme État fédéré Territoire fédéral État régional État unitaire Fédéralisme européen : une étude de cas Confédération (organisation politique) Staatenverbund Liens externes[modifier le code] Les États fédéraux dans le monde : article de Maurice Croisat. Forum des fédérations : site officiel du forum des fédérations, réseau mondial sur le fédéralisme. Géographie des États fédéraux : site spécialisé sur le fédéralisme, liste d’organismes, bibliothèque spécialisée... Les États canadiens comparés Le Taurillon, site analysant l'actualité européenne sous un angle fédéraliste v · mFormes de gouvernements (liste) Démocratie directe (gouvernement du peuple directement) Acratie Anarchie Autogestion Communalisme expériences de communisme libertaire Municipalisme libertaire Démocratie liquide Société sans État Démocratie représentative (gouvernement des élus) Démocratie libérale Démocratie illibérale Démocratie non partisane Démocratie parlementaire Régime : d'assemblée parlementaire présidentiel semi-présidentiel Démocratie participative (hybridation avec la démocratie directe) Monarchie constitutionnelle parlementaire République démocratique Oligarchie (gouvernement de quelques-uns) Aristocratie Cacocratie Dictature Dictature militaire Gérontocratie Théocratie États pontificaux Théocratie tibétaine Méritocratie Népotisme Ochlocratie Particratie Ploutocratie République aristocratique Stratocratie Technocratie Épistocratie Gouvernement des juges Autocratie (gouvernement d'un seul) Despotisme Despotisme éclairé Dictature Dictature militaire Monarchie absolue héréditaire élective Totalitarisme/Parti unique Communisme National-socialisme Fascisme Tyrannie Caractères transversaux Autoritarisme Gouvernement mixte Stochocratie Réseaucratie Théocratie État islamique/République islamique Portail du droit Portail de la politique <img style="border: none; position: absolute;" height="1" src="https://fr.wikipedia.org/wiki/Special:CentralAutoLogin/start?useformat=desktop&type=1x1&usesul3=1"; alt="" width="1"> Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=État_fédéral&oldid=233057016 ».
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:34 PM
|
Étudiants 80 000 Effectif Budget L' université de Lille (en abrégé ULille, UDL ou univ-lille) est une université française publique située à Lille ( Métropole européenne de Lille, Hauts-de-France). Avec près de 80 000 étudiants, (dont 10 000 internationaux de 150 nationalités différentes), elle est l'une des plus grandes universités du pays,.
L’université de Lille (en abrégé ULille, UDL ou univ-lille) est une université française publique située à Lille (Métropole européenne de Lille, Hauts-de-France). Avec près de 80 000 étudiants[1],[2] (dont 10 000 internationaux de 150 nationalités différentes), elle est l'une des plus grandes universités du pays[3],[4]. Étalée sur six principaux campus de la métropole lilloise, ses composantes (principalement facultés, UFR, écoles et instituts) proposent des formations réparties en six grands domaines : 1° arts, lettres, langues ; 2° droit, économie, gestion ; 3° santé ; 4° sciences et technologies ; 5° sciences humaines et sociales ; 6° sport. Elle tient ses origines dans l'université de Douai fondée en 1559 puis finalement officiellement transférée à Lille en 1896. En 1970, elle est structurée en trois universités indépendantes situées sur des campus distincts : l'université Lille-I (sciences et technologies ; campus Cité scientifique), l'université Lille-II (droit, gestion et santé ; campus Santé et Lille-Moulins), et l'université Lille-III (sciences humaines et sociales, lettres, langues et arts ; campus Pont-de-Bois). La fusion au 1er janvier 2018 de ces trois universités lilloises forme de nouveau une seule université pluridisciplinaire. L'université de Lille ainsi créée emploie alors près de 8 000 personnes, ce qui en fait le principal employeur public du Nord avec le CHU, pour un budget annuel d'environ 800 millions d'euros[1],[5],[4],[3]. Elle est située au cœur du 3e pôle étudiant de France que constitue la métropole lilloise (après Paris et Lyon)[6], et fait partie de l'académie de Lille qui compte près de 200 000 étudiants dans l'enseignement supérieur[4]. Elle est l'un des premiers opérateurs français en matière de formation continue et alternance, possède un taux d'insertion des diplômés de master de 93 %[7], et gère en moyenne chaque année plus de 12 000 stages dont 1 600 à l'étranger (115 universités partenaires à l'étranger). Elle délivre près de 20 000 diplômes par an pour près de 200 mentions de formation[8] (principalement licences, masters et doctorats)[9]. L'université possède également plusieurs équipements et bâtiments particuliers, à l'instar du Lilliad Learning Center Innovation. Un collège doctoral européen comptant 3 000 doctorants pour 150 laboratoires régionaux au sein de sept écoles doctorales y est rattaché. Avec près de 400 thèses soutenues par an et plus de 3 000 publications scientifiques chaque année, l'université de Lille est bien représentée dans le milieu de la recherche (membre de la CURIF). Associée à plusieurs organismes (institut Pasteur de Lille, CHU de Lille, CNRS, Inserm, Inrae, Inria...) et partenaire avec de nombreuses écoles (École centrale de Lille, Institut Mines Télécom Nord Europe...)[10], elle possède 64 unités de recherche, cinq laboratoires « Labex », et sept équipements « Equipex ». Elle est classée dans les classements mondiaux d'universités (ARWU, THE, QS). Labellisée I-Site (Initiatives science-innovation-territoires-économie) en 2017 par le gouvernement, elle bénéficie d'une dotation spéciale de 500 millions d'euros pour son projet visant à créer une université-cible européenne[11],[4]. À ce titre, elle est devenue au 1er janvier 2022 un établissement public expérimental (EPE) et a intégré quatre établissements-composantes : Sciences Po Lille, l'ESJ Lille, l'ENSAPL et l'ENSAIT. Histoire[modifier le code] Les prémices de l'université : l'université de Douai (1559 à 1887)[modifier le code] Article connexe : Universités de Douai. L'essor du monachisme parallèle à la christianisation et urbanisation du Nord-Pas-de-Calais à partir du VIIe siècle, puis les foyers intellectuels animés par des écolâtres et des clercs issus d'abbayes et prieurés du XIe siècle au XVe siècle furent un terreau propice à l'établissement d'une université, équidistante de l'université de Louvain et de l'université de Paris. Initialement autorisée en 1559 par les papes Paul IV et Pie IV dans la mouvance de la Contre-Réforme et du Concile de Trente, créée effectivement par Philippe II d'Espagne en 1562 par l'installation des facultés de théologie et droit canon, droit civil, puis celle de médecine et des arts, l'organisation médiévale primitive rayonne à Douai[12] jusqu'à la Révolution française qui fit disparaître universités et facultés. La faculté des lettres et la faculté des sciences de Douai sont restaurées sous le Premier Empire en 1808, quand est créée l'Université impériale ; cependant « à Douai, par exemple, il n'y a en 1814, qu'un seul professeur à la faculté de lettres »[13]. Sous la Restauration, l'ordonnance du 17 février 1815 visant à remplacer l’Université impériale par dix-sept universités régionales, dont une université de Flandres[13], n'est pas appliquée en raison de l'interruption des Cent-Jours. Pire, l'arrêté de la Commission d'instruction publique du 31 octobre 1815 confirmée par l'ordonnance du roi du 18 janvier 1816, supprime dix sept facultés de lettres et trois facultés de sciences, par mesure d'économie[13] : les facultés de Douai disparaissent à nouveau[14]. La loi du 14 juin 1854 et le décret du 22 août 1854 rétablissent la faculté de lettres à Douai[14]. La faculté de droit est rétablie à Douai en 1865[15]. Essor des facultés à Lille (1854 à 1896)[modifier le code] Voir également les historiques des universités Lille-I, Lille-II, Lille-III. À Lille, une école royale de chirurgie est créée en 1705 et est transformée en école préparatoire de médecine en 1805. À la suite de la disparition de la faculté des arts de l'université de Douai en 1795, une École centrale de Lille[16] est ouverte le 30 décembre 1796, rue des arts à Lille et ses enseignements sont assurés au travers de chaires municipales. Une chaire municipale de sciences est établie en 1817, suivie par une chaire de chimie en 1823. La loi du 14 juin 1854 et le décret du 22 août 1854 conduisent à la création d'une faculté des sciences à Lille[17], à laquelle est juxtaposée une École des arts industriels et des mines pour les sciences appliquées. Le décret du 12 août 1854 institue l'école préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille[15]. L'école préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille est transformée en faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille par décret du 2 novembre 1875[15]. La faculté des sciences de Lille établie en 1854 a pour premier doyen Louis Pasteur, qui s'installe dans une aile du lycée, rue des Arts et rue des Fleurs (actuel boulevard Carnot). Mais de nombreux bâtiments sont ensuite construits dans le quartier Saint-Michel pour accueillir les étudiants entre le boulevard Jean-Baptiste-Lebas, la rue Jean Bart et la rue Jeanne-d'Arc, la rue Gauthier-de-Châtillon (actuelle rue Angellier) et la place Philippe Lebon. En 1875, l'institut industriel du Nord quitte la rue du Lombard et s'installe rue Jeanne-d'Arc. Les locaux de la faculté des sciences de Lille place Philippe Lebon sont inaugurés par Géry Legrand en 1892. En 1894, l'institut de physique de la faculté des sciences de Lille quitte ses locaux rue des Fleurs utilisés depuis 1854 et s'installe rue Gauthier-de-Châtillon et rue Jeanne-d'Arc ; l'Institut de chimie de Lille s'installe rue Jeanne-d'Arc et rue Barthélémy-Delespaul. En 1895, l'institut des sciences naturelles de Lille s'installe rue Malus, rue Nouvelle et rue Brûle-Maison. Les premiers bâtiments de la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille sont inaugurés par Jules Ferry le 24 avril 1874, prenant la suite de l'école de préparation à la médecine et à la pharmacie créée en 1805. Les principaux locaux de recherche de la faculté de médecine et de pharmacie sont construits à l’angle de la rue Jean-Bart et de la rue de Valmy, face à la place Philippe-Lebon. Les travaux, confiés à l’architecte Carlos Batteur, se sont déroulés de 1876 à 1892. L'université de Lille (1896 à 1970)[modifier le code] Par décret du 22 octobre 1887, les facultés de lettres et de droit sont transférées de Douai à Lille[18]. En 1891, la faculté mixte de médecine et de pharmacie comprend 21 chaires, la faculté des sciences 9 chaires, la faculté de droit 9 chaires, la faculté de lettres 7 chaires[19]. La faculté de droit de Lille est installée dans des locaux rue Angelier, inaugurés en 1895, à proximité de la faculté de lettres de Lille présente depuis 1887. La loi du 10 juillet 1896 rétablit les universités en France, dont désormais l'université de Lille, qui regroupe maintenant officiellement toutes les facultés publiques. L'institut Pasteur de Lille est inauguré boulevard Louis-XIV en 1899. La faculté d'odontologie est d'abord liée à l'histoire de la faculté de médecine, au sein de laquelle est autorisé l'enseignement dentaire, le 30 novembre 1903. Lille devient ainsi la seconde ville, après Nancy, à posséder un tel enseignement. L'Institut de stomatologie, finalement ouvert en 1935, boulevard Paul-Painlevé, et détruit en 1944, est reconstruit en 1965 à son emplacement actuel, place de Verdun (proche du centre hospitalier). À partir de 1913, l'université apporte son soutien à l'Institut français du Royaume-Uni, y envoyant des professeurs et accueillant des étudiants. L'institut d'électrotechnique s'installe rue des Fleurs en 1912. En 1930 a lieu l'inauguration de l'Institut de mécanique des fluides de Lille. En 1949, la faculté de droit déménage rue Paul-Duez (siège actuel de l'université). La faculté de médecine déménage partiellement à la cité hospitalière (aujourd'hui le CHU), achevée en 1953 à l'est de Lille. À la suite de travaux débutés en 1962, la faculté des sciences de Lille est transférée à partir de 1967 du centre de Lille vers un campus scientifique construit dans l'est de la communauté urbaine de Lille, dans le quartier de la cité scientifique où est créée la technopole de Villeneuve-d'Ascq (anciennement Annapes). La délocalisation de laboratoires de la faculté des sciences conduit à la création en 1968 de l'université de Valenciennes. Trois universités indépendantes (1970 à 2017)[modifier le code] Articles détaillés : Université Lille-I, Université Lille-II, Université Lille-III et Communauté d'universités et établissements Lille-Nord-de-France. La mise en œuvre de la loi Faure du 12 novembre 1968 conduit à la subdivision de l'université de Lille en trois entités autonomes fin 1970. La faculté des sciences de Lille devient l'université Lille-I (ou université des sciences et technologies de Lille - USTL); la faculté de droit et les facultés de médecine et pharmacie deviennent l'université Lille-II (ou université du droit et de la santé); les facultés de lettres et sciences humaines deviennent l'université Lille-III (ou université Charles-de-Gaulle, sciences humaines et sociales). À la suite d'une décision en 1966; la faculté de lettres et sciences humaines de Lille (devenue l'université Lille-III) est transférée en 1974 du centre de Lille vers un campus dédié à Villeneuve-d'Ascq, quartier Pont-de-Bois; et la faculté de droit de Lille (intégrée dans l'université Lille-II) est transférée en 1974 du centre de Lille vers le campus quartier Pont-de-Bois. En 1995, cette dernière est finalement déménagée dans le quartier Moulins, place Déliot. En 1971, un autre campus de l'université Lille II (enseignement du sport) est créé à Ronchin, au sud de Lille. Plusieurs antennes sont par la suite créées en dehors de ces campus, notamment à Roubaix et Tourcoing. Des antennes régionales des universités lilloises sont créées dans le Nord de la France entre 1988 et 1992 ; elles prennent leur autonomie entre 1991 et 1992 pour former l'université du Littoral et l'université d'Artois. Les universités de Lille et leurs trois consœurs du Nord de la France (avec d'autres écoles de la région) coopèrent au sein du « pôle universitaire Lille Nord Pas de Calais »[20] créé en 1992 et remplacé en 2009 par le PRES « Lille - Nord-de-France » puis par la COMUE du même nom. La réunification (2008 à 2018)[modifier le code] Les trois universités envisageaient en 2008 une fusion devant intervenir avant 2013, dans le contexte du plan Campus français. Si en 2010 le principe semblait s’éloigner[21], le processus de réunion des trois établissements au sein d'une fédération « Université de Lille » a cependant été amorcé dès le 21 juillet 2011 à la suite d'un conseil d'administration simultané dans les universités concernées[22]. L'objectif était, à terme, d'intégrer également six écoles de la métropole lilloise (Centrale Lille, l'École nationale supérieure de chimie de Lille, Télécom Lille, l'ENSAIT (textile) de Roubaix, l'Institut d'études politiques de Lille et l'École supérieure de journalisme de Lille)[23]. Il s'agit alors principalement de mutualiser un certain nombre de compétences communes, notamment en matière de recherche et de formation tout au long de la vie, afin d'améliorer l'attractivité et la visibilité des établissements fondateurs. Mais en 2014, la situation évolue et les trois universités décident de s'engager clairement vers une fusion[24] en vue de reconstituer l'université de Lille d'ici à 2018, quand jusque-là il n'était question que de « fédération ». En conséquence les six grandes écoles, si elles restent associées au projet, n'en sont plus partie intégrante[24]. L'objectif est désormais de constituer « une grande université de recherche internationalement visible et reconnue et de développer un véritable modèle de formation tout au long de la vie »[24]. Le processus est articulé autour de projets communs touchant à toutes les compétences portées par une université[24]. Lors de la Conférence inaugurale des trois universités lilloises, le 22 septembre 2014, les trois universités ont présenté une nouvelle identité graphique commune (Université de Lille, sciences et technologies ; Université de Lille, droit et santé ; Université de Lille, sciences humaines et sociales). La fusion est officiellement votée fin mars 2017 par les conseils d'administration de Lille-I, Lille-II et Lille-III[25], le décret portant création de l'université de Lille est signé le 11 septembre 2017 pour entrer en vigueur au premier janvier 2018[26]. Nouvelle université de Lille (2017 à aujourd'hui)[modifier le code] Dans le cadre de la réunification des universités Lille-I, Lille-II et Lille-III pour reformer l'historique université de Lille ; l'université de Lille et ses 13 partenaires sont labellisés I-SITE (Initiatives Science-Innovation-Territoires-Économie) en 2017 par le gouvernement sous le nom Université Lille Nord-Europe - ULNE. Ils bénéficient ainsi d'une dotation spéciale de 500 millions d'euros pour leur projet visant à créer une université-cible européenne regroupant les Grandes Écoles lilloises[27]. La COMUE Lille - Nord-de-France est de ce fait dissoute le 31 décembre 2019, l'ensemble de ses compétences, personnels, étudiants et locaux est alors repris par l'université de Lille (notamment l'INSPÉ et le collège doctoral)[28]. Le 1er janvier 2022, les composantes de l'université de Lille ont rejoint une nouvelle entité nommée « Université de Lille », et qui est un établissement public expérimental (EPE). Cet EPE est composé, en plus des facultés et écoles de l'université de Lille, de l'Institut d'études politiques de Lille (SciencesPo Lille), de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), de l'École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL), et de l'École nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT) comme établissements-composantes[29],[30]. C'est le 22 avril 2021 que les conseils d'administration de quatre établissements ont voté en faveur du projet de création de la nouvelle entité, malgré l'opposition de certains personnels. Un cinquième établissement, l'ENSAPL, a voté contre. Un nouveau vote, organisé le 11 mai, a été favorable au projet[31]. Composantes[modifier le code] L'université regroupe les composantes suivantes[32] (elles-mêmes composées de plusieurs départements et instituts non détaillés ici). L'ensemble couvre ainsi un vaste domaine d'enseignement réparti en six grands pôles : arts, lettres, langues ; droit, économie, gestion ; santé ; sciences et technologies ; sciences humaines et sociales ; sport. Facultés[modifier le code] Faculté des humanités (FHUMA) Faculté des langues, cultures et sociétés (LCS) Faculté des sciences économiques, sociales et des territoires (FASEST) Faculté des sciences et technologies (FST) Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales (FSJPS) Faculté de psychologie, des sciences de l'éducation et de la formation (PSYSEF) UFR3S : UFR des sciences de santé et du sport (facultés de pharmacie, d'odontologie, de médecine, d'ingénierie et management de la santé, des sciences du sport et de l'éducation physique) Établissements-composantes[modifier le code] Dans le cadre de l'établissement public expérimental, quatre établissements-composantes sont intégrés à l'université de Lille au 1er janvier 2022. École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL) École nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT) École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille) Institut d’études politiques de Lille (Sciences Po Lille) École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille). École nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT). Institut d’études politiques de Lille (Sciences Po Lille). Bibliothèque de l'Institut d’études politiques de Lille. Instituts et écoles[modifier le code] IAE Lille - university school of management Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPÉ - Académie de Lille) Institut universitaire de technologie de Lille (IUT de Lille) École polytechnique universitaire de Lille (Polytech' Lille) Institut d'administration des entreprises de Lille (IAE Lille). École polytechnique universitaire de Lille (Polytech Lille). Composantes communes et associées[modifier le code] Presses universitaires du Septentrion[modifier le code] Article dédié : Presses universitaires du Septentrion. Les Presses universitaires du Septentrion sont une maison d'édition universitaire française spécialisée dans les domaines des lettres et des sciences humaines et sociales. Elles regroupent plusieurs universités des Hauts-de-France : Université de Lille, Université Catholique de Lille, Université du Littoral - Côte d'Opale, Université de Valenciennes et Université de Picardie. Fondation Université-de-Lille[modifier le code] La fondation Université-de-Lille a été créée le 4 novembre 2015 avec une dotation initiale de 15 millions d'euros issue de la vente d'une participation de l'université Lille-II dans la société Genfit[33]. L'objectif est de porter la dotation à 50 millions d'euros en 2020[33]. Les missions de la fondation sont de financer et accompagner les projets de recherche puis d'en diffuser et valoriser les résultats, de développer les coopérations à l'international et de diffuser la culture et l'information scientifique[33]. Son conseil d'administration est composé de trois collèges[33] : collège des fondateurs : Xavier Vandendriessche, Eric de Bodt, Serge Dauchy, Didier Gosset ; collège des représentants du personnel : Pierre-Marie Robert, Bart Staels ; collège des personnalités qualifiées : Jean-Oliver Arnaud, Damien Castelain, Frédéric Motte. Implantations actuelles[modifier le code] Historiquement, les facultés s'installent d'abord à Douai, puis dans le centre de Lille. Entre 1950 et 1953 puis entre 1962 et 1974, des campus ont été constitués en périphérie de Lille, pour surmonter la croissance des effectifs étudiants. Depuis la réunification des trois universités, l'Université de Lille possède officiellement 6 campus universitaires[34]. L'identification de leur accès en métro facilite leur localisation dans la Métropole européenne de Lille. Campus Cité scientifique[modifier le code] La Cité scientifique est le campus universitaire consacré aux sciences et technologies créé en 1964 et implanté dans la technopole Villeneuve-d'Ascq, commune de la métropole européenne de Lille. Le campus compte 150 hectares et une centaine de bâtiments, et la majorité des lieux est occupée par la faculté des sciences et technologies de l'université et ses départements (biologie, chimie, électronique/électrotechnique/automatique (EEA), informatique, mathématiques, mécanique, physique, sciences de la Terre), mais aussi par de nombreuses écoles (École centrale de Lille, ENSCL Chimie Lille, Polytech Lille, École nationale supérieure Mines-Télécom Nord Europe, Institut Universitaire de Technologie de Lille, etc.) et entités scientifiques (CNRS, IEMN, ITEEM Inserm, Inria, IFSTTAR, Icare/Cnes, Météo France etc.). On y trouve également la faculté des sciences économiques, sociales et des territoires. Toit de Lilliad. Bâtiment de géographie. Bâtiment SH3. Passage du métro. Résidence étudiante. On trouve entre autres sur le campus des bâtiments d'enseignement, de travaux pratiques, d'administration, de services aux étudiants, des laboratoires de recherche mais aussi des restaurants universitaires, des résidences universitaires, des installations sportives, des hôtels, des entreprises, des instituts, des écoles scientifiques indépendantes etc. Elle se trouve a proximité directe du parc scientifique européen de la Haute-Borne (parc scientifique de 200 ha à dimension européenne avec de nombreux sièges d'entreprises, start-up et laboratoires, l'ensemble formant ainsi un vaste complexe scientifique de 350 ha) mais également du stade Pierre-Mauroy (4e plus grand stade de France avec 50 000 places), et des zones commerciales V2 et Heron Parc (plus grand espace commercial au nord de Paris). Elle bénéficie ainsi des infrastructures locales notamment d'un P+R de plus de 2 000 places. Depuis la rentrée 2016, LILLIAD Learning Center Innovation remplace son ancienne bibliothèque universitaire. Situé au centre du campus, toute la cité scientifique est pensée autour de celui-ci. Il s'agit d'un espace de plusieurs étages ultramoderne et doté des dernières technologies, comprenant bibliothèque universitaire, espaces de détente, lieux d'expositions scientifiques, salles de conférence etc. Elle est desservie par les stations de métro (situées au sein même du campus) Cité Scientifique - Professeur Gabillard et Quatre Cantons - Stade Pierre-Mauroy. Depuis fin 2018, des navettes autonomes sillonnent également le campus. Campus Santé[modifier le code] Ce campus abrite les facultés de l'UFR sciences de la santé et du sport (UFR3S). Consacré à la santé et situé principalement à cheval entre les communes de Lille (Sud) et Loos au niveau du CHU de Lille; c'est le premier campus à avoir été délocalisé, les travaux débutant dans les années 1930 pour ne se terminer que dans les années 1950 après une interruption due à la Seconde Guerre mondiale. Les facultés de pharmacie et médecine (la plus grande de France) quittent alors le centre de Lille (en 1953) pour le quartier de la Cité Hospitalière où se trouve le centre hospitalier de la ville, aujourd'hui devenu le CHU de Lille, le plus grand complexe hospitalo-universitaire d'Europe étalé sur près de 350 hectares[35]. La faculté d'odontologie se trouve à proximité, place Verdun, depuis 1965. La faculté ingénierie et management de la santé (ILIS) y est également présente depuis sa création en 1992. Le parc d'activité Eurasanté, pôle d'excellence consacré aux biotechnologies, voit le jour en 1996. Ainsi, les 14 hôpitaux spécialisés du CHU de Lille mais également les entreprises et laboratoires d’Eurasanté, les centres de recherche, les écoles et instituts du CHU (sages-femmes, soins infirmiers, ambulanciers etc.) ainsi que plusieurs centres de formation privés de santé partagent les lieux avec les facultés, instituts et départements de l'université. Ce site est desservi par les stations de métro CHU – Centre Oscar-Lambret et CHU – Eurasanté. La Faculté des sciences du sport et de l'éducation physique se trouve quant à elle à Ronchin, commune limitrophe du sud-est de la métropole de Lille. Cet emplacement concentre une importante partie des équipements sportifs de l'université, bien que d'autres installations soient également présentes sur les autres campus et au siège de l'établissement. Ces équipements sont prêtés au Lille Université Club par l'université, qui par ailleurs siège à son conseil d'administration[36]. Cette Faculté est desservie par la station de métro Porte de Douai - Jardin des Plantes. Campus Pont de Bois[modifier le code] Après un transfert planifié en 1966, le campus du Pont-de-Bois à Villeneuve-d'Ascq accueille brièvement la faculté de droit de 1975 à 1995. L'historique faculté des lettres du centre de Lille y déménage définitivement en 1974. C'est le campus de l'université associé aux sciences humaines et sociales, arts, lettres et langues. On y trouve la Faculté des humanités ; la Faculté des langues, cultures et sociétés ; et la Faculté de psychologie, des sciences de l’éducation et de la formation. Ce site est desservi par la station de métro Pont de Bois. Campus Lille - Moulins[modifier le code] Ce vaste campus est étalé entre le quartier de Moulins et le reste de la commune de Lille. Il est consacré principalement au droit et à la gestion, et abrite le siège de l'université de Lille. Après avoir été au quartier Saint-Michel de 1887 à 1975, puis sur le campus Pont de Bois de Villeneuve-d'Ascq, la faculté de droit (aujourd'hui Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales) retrouve un site dans le centre de Lille, quartier Moulins, en 1995 sur la place Déliot. Le site de Moulins de l'IAE Lille University School of Management (anciennement Faculté de Finance, Banque, Comptabilité - FFBC) s'y trouve aussi. Ce site est desservi par la station de métro Porte de Douai - Jardin des Plantes. Le siège de l'Université est situé quant à lui dans le quartier de Lille-Centre, au 42 rue Paul-Duez. Il est desservi par les stations de métro Mairie de Lille et Lille Grand Palais. Le site Vieux-Lille et siège historique de l'IAE Lille University School of Management est situé au nord du Vieux-Lille. Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales. IAE Lille. Siège de l'université de Lille. Campus Roubaix - Tourcoing[modifier le code] Ce campus comprend plusieurs lieux d'enseignement répartis sur les proches communes de Roubaix et Tourcoing, communes de la Métropole européenne de Lille. Le principal site de ce campus, mais également le plus récent et moderne de toute l'université, est celui de la gare de Roubaix inauguré partiellement en 2016. On y trouve le site de Roubaix de l'IAE Lille University School of Management (anciennement Institut du marketing et du management de la distribution - IMMD); l'Institut universitaire de technologie de Lille (site de Roubaix) et les Langues étrangères appliquées (LEA). Ce site est desservi par la station de métro Gare Jean-Lebas Roubaix. Le Département Infocom de l'université est situé à Roubaix, rue Vincent Auriol, proche de la station de métro Eurotéléport. L'Institut universitaire de technologie de Lille (site de Tourcoing) et le Département des Arts-Plastiques se trouvent à proximité de Tourcoing-Centre. Campus Flers-Château[modifier le code] Ce campus abrite les locaux de l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPÉ Académie de Lille), à Villeneuve-d'Ascq. Autres sites[modifier le code] Historiquement, le premier site décentré de l'université de Lille est la station marine de Wimereux (aujourd'hui Département de la Faculté des sciences et technologies), créée en 1874 à Wimereux, au nord de Boulogne-sur-Mer et suivie fin du XIXe siècle par le laboratoire du Portel, au sud de cette même ville. Plusieurs autres sites sont également aujourd'hui situés en dehors des 6 campus principaux, une partie du centre universitaire de Cambrai « La Forêt » est occupée par l'Université de Lille. Les 4 établissements-composantes intégrés au 1er janvier 2022 (l'école nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL), l'école nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT), l'école supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), l'institut d’études politiques de Lille (Sciences-Po Lille) sont situés en différents lieux de la métropole lilloise. Certains anciens sites délocalisés de l'Université de Lille sont devenus indépendants ; outre l'université de Valenciennes créée en 1968 à la suite de la délocalisation de laboratoires de la faculté des sciences de Lille; l'université a développé d'autres multiples antennes universitaires et laboratoires de recherches décentrés dans le département du Nord. Ces sites formeront ultérieurement les universités d'Artois et du Littoral à la fin du XXe siècle. Implantations et composantes historiques[modifier le code] Faculté des sciences[modifier le code] Voir Faculté des sciences de Lille. Il y a continuité entre la faculté des sciences telle qu'établie à Lille en 1854 et ses évolutions administratives et l'accroissement du nombre de chaires jusqu'à 1970, puis avec l'université Lille-I. La faculté des sciences s'établit en 1854 dirigée par Louis Pasteur dans l'ancien couvent des Récollets, rue des arts et rue des Fleurs, au centre de Lille. De nombreux bâtiments sont ensuite construits dans le quartier Saint-Michel pour accueillir les étudiants entre le boulevard Jean-Baptiste-Lebas et la rue Jeanne-d'Arc, entre 1875 et 1895. La faculté des sciences comprend différents instituts créés successivement au XIXe siècle (institut de physique, institut de chimie, institut de sciences naturelles, institut de zoologie et station marine de Wimereux, observatoire, institut d'électrotechniques, institut Pasteur de Lille) et au XXe siècle (institut d'électromécanique, institut de mécanique des fluides de Lille, institut universitaire de technologie de Lille). Institut de chimie de Lille. Institut de physique de Lille. Institut industriel du Nord. Observatoire de Lille. Faculté de médecine et pharmacie[modifier le code] Voir Faculté de médecine et pharmacie de Lille. L'école préparatoire de médecine et de pharmacie devient faculté et son développement est associé à l'organisation administrative de l'université de Lille jusqu'à 1970. La faculté mixte de médecine et de pharmacie s'implante rue Jean-Bart en 1874 et 1875. Elle déménage à la cité hospitalière (aujourd'hui le CHU), au sud de Lille, en 1951-1953. Université de Lille, facultés de la rue Jean-Bart et la rue Jeanne-d'Arc. Fronton de la faculté de médecine et de pharmacie de Lille (1874). Faculté mixte de médecine et de pharmacie (1892-1953). Institut Pasteur de Lille (1899). Faculté de droit[modifier le code] Voir Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Lille. Il y a continuité entre la faculté de droit[37] rétablie à Douai en 1865, transférée à Lille en 1887, et ses évolutions administratives jusqu'à 1970. Après le transfert de la Faculté de droit à Lille en 1887, elle obtient en 1895 des locaux rue Angelier, puis déménage en 1949 rue Paul-Duez. Les sciences économiques sont rattachées à la Faculté jusqu'en 1970. Un « institut de préparation aux affaires » y est créé en 1958. Institut d'administration des entreprises de Lille (IAE Lille). Faculté de lettres[modifier le code] Voir Faculté de lettres de Lille. Il y a continuité entre la faculté de lettres rétablie à Douai en 1854, transférée à Lille en 1887, et ses évolutions administratives jusqu'à 1970. La faculté de lettres de Lille intègre en 1895 des locaux dédiés situés à proximité de la rue Gauthier-de-Châtillon (actuelle rue Angellier) et de la rue Jean-Bart. Bibliothèque universitaire devant l'Institut industriel du Nord. Statue d'Auguste Angellier, doyen de la faculté de lettres, vu de la rue Jeanne-d'Arc. Bibliothèque universitaire. Faculté de lettres, rue Jean-Bart (Lille). Gouvernance[modifier le code] L'université de Lille est un établissement public à caractère scientifique culturel et professionnel (EPSCP). Elle est dirigée par un président, élu par les membres du conseil d’administration, et son équipe. L'équipe présidentielle de l'université de Lille est composée d'un président et d'une dizaine de vice-présidents. Les conseils centraux participent à l'administration de l'université et sont composés de représentants élus parmi les personnels, étudiants et personnalités extérieures. Ces conseils centraux sont constitués du conseil d'administration et du conseil académique, ce dernier étant lui même composé de la commission recherche ainsi que de la commission formation et vie universitaire. Chaque composante (faculté, UFR, école, institut) est également administrée en interne par un directeur ou doyen et son équipe, et possède conseils, commissions et services propres[38]. Patrimoine et collections[modifier le code] Les collections botaniques constituées depuis l'époque de Jean-Baptiste Lestiboudois, les collections minéralogiques et paléontologiques rassemblées par Jules Gosselet, Charles Barrois et leurs successeurs ont formé au début du XXe siècle des musées : musée régional de zoologie appliquée, musée de géologie et de minéralogie, musée houiller. Les collections sont ensuite partiellement centralisées au muséum d'histoire naturelle de Lille. Déploiement numérique[modifier le code] L'Université de Lille est la première en France à délivrer des diplômes numériques, sécurisés via des technologies blockchain. À l'automne 2021, elle avait ainsi délivré plus 16.000 attestations de réussite avec cette méthode, via son son programme Dem-Attest-ULille. « Le 28 mai 2021, dans son Communiqué de Presse, l’Université de Lille annonçait la mise en place d’une solution blockchain d’attestations numériques pour tous les diplômé·e·s de l’Université : « À partir du mois de juillet, l’Université de Lille va déployer une attestation numérique de réussite pour l’ensemble de ses diplômé·e·s, grâce à la technologie blockchain. Finies les photocopies de diplômes papier envoyés par email aux recruteurs, aisément falsifiables, et dont la vérification et la production sont coûteuses. Désormais, les étudiantes et étudiants de l’Université de Lille recevront très rapidement après l’obtention de leur diplôme un lien pour afficher une attestation numérique « à valeur probante»[39]. Vie étudiante[modifier le code] De 1854 à 1896[modifier le code] Les soubresauts de la vie étudiante à Lille ne sont pas différents de ceux des autres universités françaises, à l'exception de la période entre 1875 et 1905 où l'opposition entre étudiants de l'université et étudiants de l'institut catholique de Lille est exacerbée. Après un long article d'Ernest Lavisse dans la Revue internationale de l'enseignement[40] le 15 décembre 1886 qui justifie le transfert à Lille, et la signature le 12 mars 1887 de la convention entre le maire Géry Legrand et Louis Liard, directeur de l'enseignement supérieur pour le transfert des deux facultés et la construction de quatre instituts à Lille, et enfin le 23 octobre 1887 la publication au Journal officiel de la République française de deux décrets qui officialisent le transfert des deux facultés de Douai à Lille, des fêtes universitaires sont organisées à Lille les 6 et 7 novembre 1887, avec la venue du ministre Eugène Spuller. À nouveau, les 1er et 2 juin 1895 ont lieu de grandes fêtes universitaires de Lille avec le Ministre du Commerce et Louis Liard, directeur de l'enseignement supérieur[41]. « L'Union des étudiants et étudiantes de l'État, fondée en 1881, reconnue d'utilité publique le 17 février 1930, a son siège à la Maison des Étudiants au 49 rue de Valmy. »[42]. De 1896 à 1968[modifier le code] Des manifestations étudiantes ont lieu entre le 15 et le 21 janvier 1898 après la publication le 13 janvier 1898 de l'article J'accuse…! par Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus[43]. L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) est constituée le 4 mai 1907 lors d'un rassemblement des Associations générale des étudiants (AGE) à Lille. Le Stade universitaire lillois est créé en 1913. Pendant la Première Guerre mondiale, Lille est occupée par les Allemands entre le 13 octobre 1914 et 17 octobre 1918, l'université subit des pillages et réquisitions ; l'explosion du dépôt de munition des dix-huit ponts en 1916 détruit des laboratoires ; le nombre d'étudiants et de professeur est au plus bas. « Dans cette lutte permanente pour la survie afin d’affirmer « l’existence et l’action morale de l’Université », le recteur Georges Lyon, président du Conseil de l’Université joue un rôle capital et mobilise les énergies encore présentes à Lille »[44]. Dans le domaine sportif[45], « en 1921, l'union des étudiants de l'Université de Lille crée son association sportive : le Lille Université Club, qui succède au Stade universitaire lillois fondé huit ans plus tôt »[46]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lille est occupée par les Allemands et se trouve dans la zone interdite. « Le maire de Lille doit écrire aux doyens le 18 octobre 1940 pour leur signaler qu’il a reçu des observations très sévères des autorités allemandes au sujet d’inscriptions offensantes dessinées sur les murs des facultés. De nombreux étudiants participent à cette longue « bataille de l’écrit » qui fait se multiplier les inscriptions à la craie sur les murs ou l’apposition d’affichettes anti-allemandes et antivichyssoises. Ils sont aussi souvent fortement présents dans les cérémonies patriotiques clandestines ou déguisées qui font célébrer la fête de Jeanne d’Arc, le 1er mai ou le 11 novembre. Quelques-uns rejoignent les groupes de résistance active qui sont nombreux et précoces dans la région. Les enseignants Vladimir Jankélévitch, Edouard Perroy et le professeur Gaillard jouent quant à eux un rôle important dans la résistance. La libération de Lille, le 3 septembre, après les combats du début septembre 1944, marque alors une réelle délivrance »[47]. Lors de la guerre d'Algérie, « la manifestation du 27 octobre 1960 marque un tournant. Le meeting salle Roger Salengro rassemble plus de 3000 personnes, surtout des étudiants des diverses facultés, pour réclamer une solution négociée. Si la faculté ne réagit pas collectivement face au 13 mai 1958 et au retour de Charles de Gaulle, elle se mobilise par contre face au putsch des généraux en avril 1961. (...) Face au développement des attentats de l’O.A.S, les universitaires poursuivent ensuite leur mobilisation dans plusieurs grèves et manifestations (16 novembre, 6 décembre 1961). Dès lors, le monde universitaire lillois est identifié à un pôle fort dans le combat contre la poursuite de la Guerre. Le lundi 15 janvier 1962, un attentat par explosifs vise la Maison des étudiants, rue de Valmy et cause d’importants dommages. Le même jour, un grand meeting de protestation est organisé où l’on dénonce ces actes qui sont « un défi au bon sens ». Le 6 février 1962, une nouvelle manifestation est ensuite organisée à Lille »[48]. L'accroissement des effectifs étudiants sature les capacités de l'université, tandis que les premiers transferts vers des campus modernes sont initiés en 1966. Les facultés sont occupées en Mai 68[49]. Évolution démographique[modifier le code] L'évolution démographique de la population étudiante inscrite dans les facultés publiques de Lille puis à l'université de Lille comprend plusieurs phases, qui ne sont pas corrélées avec les paliers d'accroissement de la population de Lille. Entre 1854 et 1875, l'effectif comprend les seuls étudiants de la faculté des sciences de Lille (école préparatoire de médecine et pharmacie, facultés de Douai non comprises dans le décompte). Entre 1875 et 1887, l'effectif étudiant est le cumul de celui de la faculté des sciences et de la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille (facultés de Douai non comprises dans le décompte) Entre 1887 et 1968, l'université de Lille couvre l'ensemble des champs disciplinaires de ses 4 facultés (effectif en formation continue non compris). Entre 1970 et 2017, elle est divisée en 3 universités indépendantes. En 2018, les 3 universités fusionnent, l'université compte alors 68 000 étudiants ce qui en fait la plus grande de France. Elle couvre tous les grands domaines d'enseignement. En 2020, à la suite de l'absorption de la COMUE et l'INSPÉ, les effectifs augmentent. En 2022, transformation en EPE, avec établissements-composantes. Évolution démographique de la population étudiante inscrite à Lille 1854 1886-87 1887-88 1911 1912-13 1913-14 1945-46 1947 10[50]1 134[51]784[51]1 801[52]1 700[53]1 402[53]5 3265 000[53] Évolution démographique de la population étudiante inscrite à Lille, suite (1) 1967-68 1968 1970-2017 2018 2020 2022 - - 23 92729 478-----68 00072 20080 000-- Personnalités liées à l'université[modifier le code] Voir également les personnalités distinguées dans les historiques des universités de Douai, Lille I, Lille II, Lille III. Plusieurs anciens enseignants-chercheurs ou docteurs de l'université de Lille ont obtenu la médaille d'or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française : Émile Borel (1954), Raoul Blanchard (1960), Paul Pascal (1966), Georges Chaudron (1969), Henri Cartan (1976), Jacques Le Goff (1991), Pierre Bourdieu (1993). René Cassin a obtenu le prix Nobel de la paix en 1968. Faustin-Archange Touadéra, titulaire de deux doctorats en mathématiques des Universités de Lille et Yaoundé, fut recteur de l'Université de Bangui de 2005 à 2008, puis Premier ministre de 2008 à 2013, avant d'être élu Président de la Centrafrique en février 2016. Professeurs[modifier le code] Voir la catégorie : Professeur à l'université de Lille. Claude-Auguste Lamy (1820-1878), physicien et chimiste. Henri de Lacaze-Duthiers (1821-1901), zoologiste. Louis Pasteur (1822-1895), chimiste bactériologiste. Jules Gosselet (1832-1916), géologue. Joseph Boussinesq (1842-1929), mathématicien, hydraulicien. Alfred Giard (1846-1908), zoologiste. Auguste Angellier (1848-1911), angliciste et poète linguiste. Victor Henry (1850-1907), linguiste. Paul Painlevé (1863-1933), mathématicien. Albert Calmette (1863-1933), biologiste Henri Padé (1863-1953), mathématicien. Ernest Vessiot (1865-1952), mathématicien Charles Petit-Dutaillis (1868–1947), historien médiéviste. Émile Borel (1871-1956), mathématicien, homme politique. Antoine Vacher (1873-1920), géographe hydrologue. Henri Béghin (1876-1969), physicien. Albert Châtelet (1883-1960), mathématicien, homme politique. Étienne Gilson (1884-1978), historien. René Cassin (1887-1976), juriste (prix Nobel). Paul Duez (1888-1947), juriste. Joseph Kampé de Fériet (1893-1982), professeur de mécanique des fluides. Vladimir Jankélévitch (1903-1985), philosophe. Claude Huriez (1907-1984), dermatologue. Jacqueline de Romilly (1913-2010), helléniste. Marie-Hélène Schwartz (1913-2013), mathématicienne. Albert Maige (1872-1943), botaniste. Maurice Hocquette (1902-1984), botaniste. Jean-Marie Géhu (1930-2014), botaniste. Marie-Louise Delwaulle (1906-1962), chimiste. Yvette Barbaza (1914-2009), géographe. Sandrine Rousseau (1972-), économiste, militante féministe et députée. Étudiants[modifier le code] Voir la catégorie : Étudiant de l'université de Lille. Paul Hallez (1846-1938), zoologue. Charles Barrois (1851-1939), géologue. Louis Dollo (1857-1931), paléontologue. Daniel Vincent (1874-1960), homme politique. Eugène Lefebvre (1878-1909), pionnier de l'aviation. Roger Salengro (1890-1936), homme politique. Jean Théodore Delacour (1890-1985), ornithologue. Jean Hélion (1904-1987), peintre. Georges Delbart, ingénieur chimiste, métallurgiste, directeur de l'IRSID. Mohammad Ali Mojtahedi (1908-1997), doyen de l’École polytechnique de Téhéran. Marc-Philippe Daubresse, ancien ministre. Faustin-Archange Touadéra (1957-), président de la République centrafricaine depuis février 2016. Sébastien Huyghe, député du Nord. Ugo Bernalicis, député du Nord. Adrien Quatennens, député du Nord. Dounia Bouzar, anthropologue française Iris Mittenaere, Miss France 2016 puis Miss Univers 2016 Jean-Paul Rouve, acteur français. Notes et références[modifier le code] Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Université de Lille (1896-1970) » (voir la liste des auteurs). ↑ a et b « Un niveau « jamais atteint » : l’université de Lille affiche un déficit record de 45 millions d’euros », sur SudOuest.fr, 10 décembre 2025 (consulté le 11 décembre 2025) ↑ « Questions aux candidates et candidats aux élections municipales et métropolitaines à Lille, Loos, Ronchin, Roubaix, Tourcoing et Villeneuve d’Ascq. », sur univ-lille.fr, 31 janvier 2020. ↑ a et b DEPP - Ministères de l'éducation nationale, et de l'enseignement supérieur et de la recherche, RERS 2017 (lire en ligne) ↑ a b c et d DSI université Lille2 - France, « Université de Lille: Les chiffres clés », sur univ-lille.fr (consulté le 22 décembre 2017). ↑ Morgane Taquet, « À Lille, les universités entrent en fusion », sur letudiant.fr, EducPro / L'Étudiant, 18 septembre 2017 (consulté le 22 septembre 2017). ↑ « Paris, Lille et Lyon concentrent près de la moitié des étudiants français. », sur etudiant.lefigaro.fr, 2014 (consulté le 2017). ↑ « CONFÉRENCE DE PRESSE DE RENTRÉE 2018 - 2019 (PDF) », sur univ-lille.fr, 2018 (consulté le 2018). ↑ Université de Lille - France, « Découvrir l'Université de Lille - Université de Lille », sur univ-lille.fr (consulté le 25 octobre 2018). ↑ DSI université Lille2 - France, « Université de Lille: FORMATION », sur univ-lille.fr (consulté le 23 décembre 2017). ↑ « Partenariats - Université de Lille », sur univ-lille.fr (consulté le 18 janvier 2019). ↑ « Université de Lille labellisée i-Site », sur univ-lille.fr, 2017 (consulté le 2017). ↑ Trénard 1978 ↑ a b et c Louis Liard, L'Enseignement supérieur en France, 1789-1893, Armand Colin et Cie, 1894, 522 p. (lire en ligne), p. 121, 129-136 ↑ a et b « CNE - L'université du droit et de la santé Lille II ; Rapport d'évaluation Septembre 1995 », sur cne-evaluation.fr, Comité National d'Evaluation des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel, 1995. ↑ a b et c Trénard 1978, p. 80 ↑ Albert Mathiez et Georges Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, vol. 46, Firmin-Didot, coll. « Société des études robespierristes », 1974, p. 236 « Seule la candidature de Lille fut retenue et, le 10 nivôse an V (30 décembre 1796), l'Ecole centrale de Lille ouvrit ses portes dans les locaux de l'ancien couvent des Récollets » ↑ Université Lille I, « Historique de l'université Lille I », sur univ-lille1.fr. ↑ « Programme « Villes et institutions scientifiques » Rapport final 1996 ; Programme Interdisciplinaire de Recherche Sur les Villes (PIR-VILLES - CNRS) », sur w3.cers.univ-tlse2.fr. ↑ Paul Melon, L'enseignement supérieur et l'enseignement technique en France, Paris, Librairie classique Armand Collin et Cie, 1891 (lire en ligne) ↑ « Pôle universitaire Lille Nord Pas de Calais », sur poleuniv-lille-npdc.fr (consulté le 30 mars 2010) : « Avec la création du Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur « Université Lille Nord de France », les activités du Pôle Universitaire Nord-Pas de Calais prennent fin. Les missions du Pôle Universitaire qui s'inscrivaient dans les priorités du PRES ont été redéfinies et transférées à l'Université Lille Nord de France ». ↑ Pascal Aimé, Thierry Berthé et Jean-Pierre Korolitski, Développement des PRES et reconfiguration des sites universitaires, mars 2010, 112 p. (lire en ligne) (rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche); p 67 ↑ Université Lille 2, « Lille 1, Lille 2 et Lille 3 fédèrent leurs forces », 2011 (consulté le 23 juillet 2011). ↑ « Lille : l'enseignement supérieur fusionne », La Voix du Nord, 2011 (consulté le 8 novembre 2011). ↑ a b c et d « Construction de l'Université de Lille », Université Lille 2, 2014 (consulté le 31 juillet 2014). ↑ « Création de l’Université de Lille : la fusion des trois universités lilloises est votée par les trois conseils d’administration », sur univ-lille.fr, 27 mars 2017 (consulté le 24 mars 2017). ↑ Décret no 2017-1329 du 11 septembre 2017 portant création de l'université de Lille ↑ « Lille. La Fondation I-SITE Université Lille Nord-Europe se donne 10 ans pour être parmi les 200 meilleures du monde », sur actu.fr (consulté le 25 octobre 2019). ↑ « Comment la Comue Lille Nord de France prépare son extinction au 31 décembre 2019 », sur aefinfo.fr (consulté le 14 décembre 2019). ↑ Université de Lille 2022, « Statuts de l'établissement public expérimental Université de Lille », sur universitedelille202
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:33 PM
|
Logo original de la série. Réalisateur Producteur Chiaki Imada, Toshio Katsuta Scénariste Shozo Uehara, Mitsuru Majima, Tatsuo Tamura, Keisuke Fujikawa, Toyohiro Ando Compositeur Chaîne Fuji TV 1re diffusion - Épisodes 74 Goldorak, le robot de l'espace , qui porte comme titre international en anglais Ufo Robot Grendizer Raids, est une série animée japonaise en 74 épisodes de 24 minutes, conçue, réalisée et produite par Toei Animation en 1975 d'après une idée originale de Tōei Dōga et son film Uchū Enban Daisensō .
Goldorak, le robot de l'espace (UFOロボ グレンダイザー, Yūfō robo Gurendaizā?, litt. « Grendizer, le robot OVNI ») est une série animée japonaise en 74 épisodes de 24 minutes, conçue, réalisée et produite par Toei Animation en 1975 d'après une idée originale de Tōei Dōga et de son film Uchū Enban Daisensō[1]. Il s’agit du troisième volet de la trilogie Mazinger. Le titre officiel international en anglais de la série c'est "Ufo Robot Grendizer Raids"[2]. Sponsorisée par le fabricant de jouets Popy et la chaîne Fuji TV en parallèle de la parution d'un manga de Gō Nagai, puis de Gosaku Ōta, la série est diffusée au Japon du 5 octobre 1975 au 27 février 1977, chaque dimanche avant vingt heures sur la chaîne nippone Fuji TV, remplaçant alors la série Great Mazinger[3]. La série donnera lieu à un ouvrage intitulé Roman Album, publié par Tokuma Shoten fin 1978[4] au Japon, dans lequel s'expriment différents auteurs et artistes ayant pris part à l'aventure. En France, la série fait son apparition sur la chaîne Antenne 2 dès la première émission de Récré A2, le 3 juillet 1978 à 18 heures, sous l'impulsion de la directrice de l'unité jeunesse et créatrice de l'émission, Jacqueline Joubert[5]. La diffusion complète se fait en plusieurs salves, à raison de deux puis un épisode par semaine, mais l'ordre chronologique de la série n'est pas toujours respecté. Des rediffusions aléatoires, entrecoupées d'inédits et comprenant les six derniers épisodes, perdurent jusqu'au 24 octobre 1980. Au Québec, la série est diffusée à partir du 9 septembre 1978 sur le réseau TVA. En 2013, Goldorak fait son retour sur la chaîne Mangas avant d'être rediffusé partiellement sur France 4 en 2022 ; il est finalement disponible sur les plates-formes Okoo et Paramount+ en 2023. En octobre 2021, avec l'accord de Gō Nagai, cinq auteurs français publient une bande dessinée hommage à la série originale, simplement intitulée Goldorak, et qui situe l'action dix ans après la fin de l'anime[6]. En août 2024, un reboot de la série animée, composé de treize épisodes réalisés par Mitsuo Fukuda et écrits par Ichiro Okouchi, intitulé Goldorak U, est diffusé à la télévision japonaise. Résumé[modifier le code] Un empire extraterrestre belliqueux, Véga — nom désignant indifféremment son chef suprême, appelé aussi le « Grand Stratéguerre » et les forces qu'il gouverne — a asservi et ravagé la lointaine planète avancée et pacifique d'Euphor. Le prince d'Euphor, Actarus, a toutefois pu échapper au massacre en leur soustrayant la machine de combat Goldorak (Grendizer en V.O.) pouvant voyager à travers l'espace arrimé dans sa soucoupe porteuse. Le prince trouve refuge sur Terre deux ans avant le début de l'intrigue ; il est alors découvert, soigné et adopté par un scientifique humaniste : le professeur Procyon (Genzō Umon en V.O.), directeur d'un centre de recherches spatiales localisé au pied des Monts Yatsugatake. Ce dernier l'adopte comme son propre fils et dissimule Goldorak dans une base souterraine située sous le Centre. En tous points humain extérieurement, contrairement aux humanoïdes au physique plus « exotique » de Véga, Actarus mène une vie de Terrien ordinaire et travaille comme garçon d'écurie au ranch du Bouleau Blanc voisin (ranch Shirakaba en V.O.), co-géré (en V.O.) par Rigel et Procyon. Lorsque l'empire de Véga tourne sa soif de conquêtes vers la Terre, il établit une base militaire dans ce but sur la face cachée de la Lune. Actarus, bien que très réticent à reprendre les commandes de son « engin de mort », s'oppose bien vite à leurs plans en combattant, avec Goldorak, leurs soucoupes et monstres robotiques. Il est aidé initialement par Alcor, qui pilote ici une modeste soucoupe construite par ses soins, l'O.V. Terre (« objet volant terrien », T.F.O. en V.O., par analogie avec U.F.O.). Celui-ci sera détruit par un golgoth au cours de l’épisode 27 et remplacé par un éphémère OVTerre triangulaire à son tour détruit dans l'épisode 30. Il prend ensuite les commande de l'Alcorak, premier engin imaginé par le Pr Procyon dans l’épisode 35. Dès l’épisode suivant, Alcorak est amélioré en pouvant se jumeler avec Goldorak ce qui donne au robot la possibilité de voler sans sa soucoupe[7]. Au fil de la série, le secret entourant l'identité réelle d'Actarus se dissipe aux yeux des autres protagonistes et deux jeunes filles finissent par rejoindre le tandem masculin de départ : d'abord Vénusia (Hikaru Makiba en V.O.), la fille de Rigel, puis Phénicia (Maria en V.O.), la sœur cadette du prince, retrouvée aux trois quarts de la série, qui a elle aussi échappé au massacre d'Euphor. Le quatuor devient la Patrouille des Aigles (Grendizer Team en V.O.), équipée de trois engins qui s'assemblent à la partie « robot » de Goldorak (le Dizer en V.O.) : Alcorak (piloté par Alcor) pour les combats aériens, Vénusiak (piloté par Vénusia) pour les affrontements sous-marins et Fossoirak (piloté par Phénicia) pour ceux se déroulant sous terre — ce dernier engin étant doté d'une double tarière —, à mesure que les stratagèmes de Véga deviennent plus complexes. Le Grand Stratéguerre (Véga) finit par abandonner sa planète, détruite dans une catastrophe, pour commander personnellement l'invasion de la Terre. À la fin de la série, il est anéanti, ainsi que les restes de sa flotte, dans un combat ultime et rapide contre Goldorak et le Cosmorak (assemblage de trois engins spatiaux de la patrouille des aigles) entre la Terre et la Lune. Tous les protagonistes étant sortis vainqueurs de cette dernière bataille, Actarus et Phénicia prennent, à bord de Goldorak, la route d'Euphor, qu'ils n'ont jamais oubliée, avec l'espoir d'y refonder une civilisation. Tout au long de la série, Actarus affronte des envoyés de Véga, dont certains sont de vieilles connaissances, voire des proches, qu'il a côtoyés au temps où il vivait sur Euphor. Ces rencontres ou ces retrouvailles se soldent par des victoires parfois très amères pour le prince d'Euphor. Personnages[modifier le code] Protagonistes[modifier le code] Actarus (宇門 大介, Umon Daisuke?) / Prince d'Euphor (デューク・フリード, Dyūku Furīdo?) : Prince héritier de la planète Euphor ayant fui sa planète natale à bord de Goldorak après la destruction de sa civilisation par les forces de Véga, soustrayant ainsi la machine à l'ennemi qui souhaitait s'en servir. Il est tourmenté, introverti et mélancolique, ne rêvant que de paix. Guitariste à ses heures, dans des moments de recueillement, il interprète des œuvres au style flamenco. C'est malgré lui (en V.O.) qu'il reprend les commandes de son appareil pour défendre la Terre. Il s'avère réfléchi et implacable au combat et révèle un sens des responsabilités particulièrement élevé. Son passé est révélé par touches tout au long de la série, notamment la nature de ses relations avec plusieurs autres personnages extraterrestres apparaissant comme héros ou héroïnes d'un épisode. Sa nature extraterrestre lui confère en outre, sur Terre, des capacités physiques exceptionnelles[8]. Il souffre aussi fréquemment des conséquences d'une blessure d'origine radioactive qui menace sa vie à partir de l'épisode 30. À partir de l'épisode 36, il accepte de devoir coupler son appareil au nouveau vaisseau d'Alcor, baptisé Alcorak et de combattre régulièrement en mode assemblé, y compris par la suite avec les vaisseaux de Vénusia (le Vénusiak) et de Phénicia (le Fossoirak). Alcor (兜 甲児, Kabuto Kōji?) : Héros de la série antérieure Mazinger Z, il figure ici en qualité de partenaire du protagoniste principal. Les seules évocations de son statut de pilote du robot Mazinger Z résideront dans un bref flashback du premier épisode, et dans la visite, dans les épisodes 14 et 31, de ses anciens comparses. Hormis ces trois exceptions, les liens entre les deux séries seront totalement inexistants. Ingénieur à la NASA, Alcor est de retour dans son pays natal pour étudier de récents passages d'OVNI dans la région du Mont Fuji[9]. Il est un jeune homme impétueux épris de justice. Téméraire plus que courageux, il met souvent sa vie (et celle d'autres) en danger par son impulsivité. Sa lutte aux côtés d'Actarus lui apprend la sagesse et la patience[10] tout en apportant à son ami l'énergie nécessaire pour remporter à chaque fois la victoire. Il combat d'abord aux commandes d'une petite soucoupe expérimentale appelée OV-Terre, avant que le Professeur Procyon conçoive un engin beaucoup plus puissant, l'Alcorak, qui pallie certaines lacunes de Goldorak en combat aérien. Professeur Procyon (宇門 源蔵(所長, Umon Genzō (Shochō)?) : Scientifique et directeur du Centre d'Études spatiales situé sur les terres du ranch du Bouleau Blanc. Procyon est un savant d'une intelligence exceptionnelle, grand et sage humaniste, obligé, à son grand dam, de transformer son Centre en une invincible forteresse de métal pour lutter contre Véga. Calme et réfléchi, il guide souvent Actarus dans ses choix ; il l'a recueilli et adopté lorsque Goldorak s'est écrasé sur Terre. Actarus lui transmet la technologie photo-énergique développée sur sa planète natale (et avec laquelle fonctionne Goldorak), ce qui permet aux autres appareils d'en bénéficier. Rigel (牧場 団兵衛, Makiba Danbei?) : Rigel (prononcé en français : [ʁigɛl], « Riguel ») est le propriétaire du ranch du Bouleau Blanc ainsi que du terrain où se trouve le Centre Spatial. C'est un homme d'âge mûr, au physique peu commun, au tempérament colérique, têtu, mythomane et souvent porté sur l'excès de boissons alcoolisées. Il est fasciné par l'Ouest américain dont il adopte les codes vestimentaires et les comportements. Il se targue constamment d'un tumultueux passé de cow-boy au Far West, dont on ne sait trop s'il est réel ou imaginaire. Ses principales préoccupations sont, au début de la série, de surveiller sa fille Vénusia et d'entrer en contact avec des OVNI. Président du « Comité d'accueil des hommes de l'espace », il passe le plus clair de son temps juché sur un poste d'observation l’œil rivé à un télescope. Il comprend son erreur lorsqu'il rencontre Hydargos. Malgré tout, il a bon fond, est un père attentionné et n'est pas si stupide qu'il en a l'air. Comme d'autres personnages récurrents de Gō Nagai, il joue principalement un rôle comique dans la série, amenant régulièrement des intermèdes humoristiques qui iront néanmoins en se raréfiant dans la deuxième partie de la série. Vénusia (牧場 ひかる, Makiba Hikaru?) : Fille de Rigel, elle est amoureuse d'Actarus et la relation entre les deux protagonistes évolue au fil de la série. Elle est d'abord tenue dans l'ignorance de la véritable identité de ce dernier, jusqu'à ce qu'elle découvre son secret. Elle en comprend les enjeux et devient un soutien moral du prince dans son combat. Grièvement blessée au cours d'une attaque de Véga, elle est sauvée grâce à une transfusion du sang d'Actarus. Intrépide, elle s'intègre au binôme que formaient jusque-là Actarus et Alcor. Un vaisseau amphibie, le Vénusiak, lui est attribué pour qu'elle puisse participer aux combats[11]. Malgré l'effort des scénaristes et un nouveau design, l'évolution du personnage de Vénusia s'accompagne d'une chute des audiences de la série. Pour y remédier, une autre fille, Phénicia, fait son apparition et le rôle de Vénusia s'efface progressivement. Phénicia (グレース・マリア・フリード, Gurēsu Maria Furīdo?) : Princesse d'Euphor et sœur cadette d'Actarus[11], elle aussi a trouvé refuge sur Terre. Son arrivée tardive dans la série s'explique par une stratégie de regain d'audience (première apparition dans l'épisode 49, où lui est aussi révélé son statut de princesse). Vive et intrépide, Phénicia sait aussi se montrer douce et sensible le moment venu. Elle apprend avec son grand frère à s'intégrer dans la Patrouille et semble (en V.F.) exprimer des sentiments pour Alcor. En combat, elle pilote un engin muni d'une double tarière appelé Fossoirak permettant à Goldorak de se mouvoir et de combattre sous terre. Elle possède en outre, comme son frère, des dons de perception extrasensorielle qui ne sont que peu évoqués/utilisés (tout comme le Translucidateur d'Actarus). Mizar (牧場 吾郎, Makiba Gorō?) : Petit frère de Vénusia, c'est encore un enfant qui va à l'école ; bien qu'orphelin de mère, il évolue dans un environnement familial et entouré de nature. Il se montre plein d'admiration pour Actarus, à qui il souhaiterait ressembler même s'il ne comprend pas toujours ses attitudes. Diverses situations lui donnent l'occasion de tenir tête à son père et, d'une façon générale, à des aînés obtus, pour apprendre à défendre intelligemment ses convictions, ce à quoi l'encourage Actarus. Antarès (山田, Yamada?), Argoli (林 アキラ, Hayashi Akira?), Cochyre (大井/佐伯, Ōi / Saeki?) et Octan (?) : Assistants scientifiques du professeur Procyon, travaillant au Centre de recherches spatiales. Banta (荒野 番太, Arano Banta?) : Garçon de ferme fruste, bagarreur et grossier, constamment affublé d'un sombrero et d'une chemise bariolée. Lui et sa mère vivent dans une ferme voisine du ranch du Bouleau Blanc. Lorsqu'il ne cherche pas querelle, il passe son temps à faire lourdement la cour à Vénusia, ce qui lui vaut au mieux l'indifférence des protagonistes, sinon les menaces de pendaison de la part du père. Il n'apparaît plus dans la série après l'épisode 31. Ennemis[modifier le code] Véga, le Grand Stratéguerre (恐星大王ベガ, Kyōsei daiō Bega?) (signifiant littéralement « Vega, le Grand Roi de l'Étoile Terrifiante ») : Souverain de l'empire de Véga résidant sur la planète Stykadès (ベガトロン, Begatoron?) ; C'est un humanoïde de forte corpulence (il mesure entre 2m30 et 2m50) possédant une peau orange, des yeux rouges, une barbe violette et de grandes oreilles noires pointues. Il porte un uniforme rouge avec une ample cape de même couleur ornée d'une tête de mort et un petit casque violet et vert doté de dents et trois antennes blanches. Il reste tout d'abord à l'écart des conflits en commandant par visioconférence depuis la planète Stykadès, avant de prendre lui-même les choses en main devant l'incompétence de ses hommes et à la suite de l'explosion de sa planète, qu'il abandonne à contrecœur (épisode 52). À la suite de cette explosion, il s'installe dans le Camp de la Lune noire[12], Horos et Minos créant une base directement sur Terre, dans les profondeurs des océans. Dans les derniers épisodes, il doit subir la mort de sa fille Végalia, puis une tentative d'assassinat ; devenu fou, il finit par lancer une attaque générale sur la Terre, qui se solde par la destruction de ses forces et par sa mort dans le dernier épisode de la série. Minos (ガンダル司令, Gandaru-shirei?) : Commandant en chef des forces de Véga[13], un humanoïde à peau bleue établi au camp de la Lune noire, sur la face cachée de la Lune. Il porte un costume collant de couleur foncée et une large cape parme. Il est dévoué corps et âme à la cause de Véga, et est prêt à tous les sacrifices pour éliminer Actarus et s'emparer de la Terre. Ses yeux peuvent lancer des rayons (ceux-ci mettent à terre Hydargos dans l'épisode 2) et Minos a la particularité de partager son corps avec une créature appelée Minas (レディガンダル, Redi Gandaru?), qui, des épisodes 1 à 27, apparaît comme une minuscule femme à l'apparence de sorcière aux cheveux rouges résidant à l'intérieur de sa tête : lorsqu'elle prend la parole à son tour, le visage de Minos s'ouvre en deux par le milieu pour lui laisser place. Après la blessure contractée à la fin de l'épisode 27, Minas change d'apparence et devient un visage féminin qui se découvre lorsque la moitié ou la totalité du visage de Minos s'escamote, toujours en 2 parties. Minos et Minas, dont la nature de la relation reste libre d'interprétation, tombent rarement d'accord sur une stratégie machiavélique car ils sont le plus souvent en conflit. Comme les autres officiers des forces de Véga mais seulement dans le dernier épisode et séparément, chacun dans le cadre d'une démarche personnelle, Minos et Minas connaîtront la mort : Minas sera tuée par Minos après qu’elle ait décidé de trahir et d’assassiner Véga et Minos sera tué dans sa soucoupe lors de son dernier combat contre Goldorak. Hydargos (ブラッキー隊長, Burakkī-taichō?) : Commandant en second du camp de la Lune Noire[13] ; Hydargos, un extraterrestre chauve à peau grise et oreilles pointues revêtu d'un costume collant noir et jaune avec de larges épaulettes, de bottes et de gants jaunes, est un être sournois et haineux qui n'hésite pas, à l'occasion, à trahir ses pairs pour accaparer tous les honneurs. Il trouve la mort au début de la seconde saison (épisode 27) dans l'explosion de sa soucoupe amirale, après avoir entrepris de combattre lui-même Goldorak. Horos (科学長官ズリル, Kagaku chōkan Zuriru?) : Officier scientifique qui vient remplacer Hydargos sur la Lune Noire après la mort de ce dernier. C'est un humanoïde à la peau vert d'eau et oreilles pointues. Il porte une courte tunique jaune à manches longues avec des bottes hautes violettes. Son œil gauche est absent, remplacé par un cache-œil dissimulant un micro-ordinateur. Il est coiffé d'un casque violet doté d’ailes rouges de chauve-souris. Il possède le pouvoir d’hypnotiser les humains (ép 57). Il se vante souvent d'être un « homme de science », et non pas un militaire, et semble avoir des idées quelque peu différentes de celles de Minos quant à la conquête de la Terre. À plusieurs reprises, Horos et Minos, dont les grades militaires sont sensiblement égaux, s'affrontent, mais ils sont d'accord pour éliminer un rival des forces de Véga qui risque de vaincre Goldorak à leur place (épisode 53). C'est aussi l'officier de Véga le plus doté de sentiments, comme le prouve l'affection qu'il porte à son fils lui aussi nommé Horos, et les larmes abondantes qu'il verse lorsque ce dernier se sacrifie (épisode 69) pour lui permettre d'échapper à Goldorak. Dans l’épisode 72, Horos est tué sur Terre par Alcor, alors qu'il était sur le point d'abattre Actarus. L’armée des forces de Véga se compose de soldats anonymes totalement masqués portant un uniforme vert clair avec gants et bottes violets : insensibles aux armes des Terriens, ils sont silencieux mais savent parler, et ont la capacité de s’emparer des corps des humains en se fondant en eux[14]. Engins[modifier le code] Goldorak et ses alliés[modifier le code] Goldorak (グレンダイザー, Gurendaizā?) : Goldorak est une gigantesque machine de guerre extraterrestre en deux parties (un robot Mecha et sa soucoupe de transport), très lourdement armée. L'engin est stationné dans un lieu tenu secret du Centre de recherches spatiales. Il en sort, pour ses missions, par des routes souterraines ou son accès direct, eux aussi secrets. Dans la version française, Goldorak a une origine véghienne : il est dit dans l'épisode 2 que « le Grand Stratéguerre, qui avait poussé la technologie jusqu’à une perfection diabolique, avait conçu le prototype d’une effroyable machine de guerre. Il l’avait appelé Goldorak. Véga avait projeté d’utiliser Goldorak pour conquérir l’espace. » Actarus ne pouvant se résoudre à laisser Goldorak entre ses mains parvint après une capture momentanée à s’échapper et à s’emparer de la machine ; l'épisode 49 ajoute que Véga s'est servi de Goldorak pour conquérir Euphor. Sa réalisation est donc antérieure à ce conflit. Goldorak a donc été conçu comme un engin offensif, mais s'est finalement retrouvé dans le rôle de défenseur de notre planète, Actarus étant parvenu à s'en emparer dans des conditions que l'on ignore et à s'enfuir sur Terre après avoir détruit grâce à lui ses poursuivants. Dans l'épisode 8, on apprend que Goldorak a été perfectionné sur Terre par Procyon et Actarus. Dans la version japonaise, Goldorak a une origine euphorienne : Véga a besoin de celui-ci pour conquérir l'univers selon le teaser de l'épisode 2 et attaque donc Euphor pour s'en emparer ; on apprend dans l'épisode 49 que Goldorak est construit à l'effigie du dieu protecteur de la planète. L'épisode 2 indique cependant que Véga ne s'est pas emparé directement de Goldorak mais de la technologie euphorienne en vue d'en faire mauvais usage. Dans l'épisode 25, Aphélie reproche à Actarus de s'être échappé avec Goldorak sans combattre, ce qui peut sembler contradictoire avec l'idée de la récupération de la technologie euphorienne et d'une construction postérieure à la conquête d'Euphor, sauf si Actarus a été capturé et Goldorak construit après cette capture au début de l'occupation de la planète. Armes principales du robot mecha (Dizer en anglais) : AchiléoChoc : coup de pied, Goldorak fonce sur son adversaire une jambe en avant. AchiléoPunch : coup des deux pieds, Goldorak fonce sur son adversaire les deux pieds en avant. Astérohache (ダブルハーケン, Daburu Hāken?, Harkens) : Deux tranchants en forme de croissant de lune sont expulsés des épaules du robot, pour être ensuite reliés par un long manche. Cela forme une hache double. Cette dernière peut être utilisée au corps-à-corps ou projetée sur l'adversaire. Atomissiles (ハンドミサイル, Hando Misairu?, Backhand Missile) : Trois lance-missiles miniatures situés sur les poings du robot (Cette arme est utilisée uniquement dans la BD "La Montagne de Feu" ou "L'Enlèvement"[15]). Cervofulgure (?) : Puissant rayon laser issu de l'une des trois pointes situées sur la tête du robot. Cervo-cornofulgure (?) : Utilisation groupée du rayon laser et de l'éclair à partir de la tête du robot. Clavicogyre (ショルダーブーメラン, Shorudā Būmeran?, Shoulder Boomerang) : Deux lames tranchantes en forme de croissant de lune (composants de la Astérohache) sont expulsées des épaules du robot pour être projetées. À l'instar d'un boomerang, elles regagnent ensuite leur position initiale. Cornofulgure (スペースサンダー, Supēsu Sandā?, Space Thunder) : Les cornes du robot s'électrifient et projettent un éclair. Fulguropoing (クラッシャーパンチ, Kurasshā Panchi?, Crusher Punch) : L'un des poings se désolidarise du bras et se propulse. Le bracelet constitué de pointes se retourne, orientant celles-ci vers l'avant. Une forme profilée et une vrille rapide augmentent alors le pouvoir de perforation. À l'instar d'un boomerang, il regagne ensuite sa position initiale. Hélicopunch (スクリューパンチ, Sukuryū Panchi?, Screw Punch) : L'un des poings se désolidarise du bras et se propulse. Le bracelet constitué de pointes se retourne, pivotant comme une hélice. À l'instar d'un boomerang, il regagne ensuite sa position initiale. IncrustoChoc : les doigts du robot s'incrustent dans le métal pour une prise maximale. Optofisseur (ダイザービーム, Daizā Bīmu?, Dizer Beam) : Rayon désintégrateur lancé par les yeux du robot. Pulvonium (ハンドビーム, Hando Bīmu?, Hand Beam) : rayons laser violets sortant des phalanges du robot, poings serrés. Rétrolaser (反重力ストーム, Hanjūryoku Sutōmu?, Anti-Gravity Storm) : rayon répulseur polychromatique en forme de V jaillissant du thorax du robot. Il est utile pour repousser un adversaire. RétroSpace : rayon répulseur qui sort du bassin du robot. Armes principales de la soucoupe porteuse (Spacer en anglais): Mégamach : Engagement de la vitesse maximale (a priori mach 9) Mégavolt (メルトシャワー, Meruto Shawā?, Melt Shower) : Liquide destructeur jaillissant de six trous situés sur la soucoupe du robot. Missiles Gamma (スピンドリル, Supin Doriru?, Spin Drill) : Missiles en forme de cônes filetés lancés par les Planitrons. Ces derniers s'ouvrent pour laisser apparaître leur canon. Planitron (スピンソーサー, Supin Sōsā?, Spin Saucer) : Disques à roues dentées en rotation rapide projetés depuis la soucoupe du robot. Parasitaire ou brouilleur radar Anti-Radar Mist: un gaz violet sortant à l'arrière de la soucoupe qui affole les radars des ennemis. Spirolargue : La soucoupe se met à tourner sur elle-même (de façon à désarçonner les golgoths qui s'en prennent à la soucoupe). Voltogyre : La soucoupe se met à tourner sur elle-même en lançant des rayons Mégavolt. OVTerres (ティーフォー, Tīfō?) : La petite soucoupe jaune d'Alcor, équipée d'un lance-missiles sous une trappe, lui permet de combattre les navettes de Véga et d'effectuer des missions de reconnaissance. Elle apparaît dès la première minute du premier épisode. À la suite de sa destruction dans l'épisode 27, Alcor construit un deuxième OVT, également jaune mais de forme triangulaire, pas encore au point et dépourvu de tout armement. Cet appareil est détruit dès l'épisode 30 et remplacé par Alcorak. (Un OVTerre est un objet volant terrien, ainsi dénommé par opposition à l'OVNI, objet volant non identifié.) Alcorak (ダブルスペイザー, Daburu Supeizā?) : Conçu par Alcor et l'équipe du professeur Procyon, Alcorak est un appareil à la fois plus grand, plus puissant et surtout mieux armé que ceux qui l'ont précédé. Son aspect général, avec son nez effilé et ses ailes ajustables, n'est pas sans rappeler celui d'un avion supersonique. Il apparaît pour la première fois dans l'épisode 35 « Le Premier Raid » et prouve son efficacité en aidant Actarus à détruire son adversaire. Procyon, qui a perçu les avantages de combiner sa puissance et sa rapidité d'arrimage à Goldorak, conçoit un mécanisme permettant, via un corset d'assemblage, de jumeler les deux appareils. Cette innovation sera ensuite reprise pour les deux autres appareils de la Patrouille des Aigles. Il prend généralement son envol de l'emplacement central des trois aires de lancement du Centre spatial. Vénusiak (マリンスペイザー, Marin Supeizā?) : Conçu par le professeur Procyon et son équipe, Vénusiak apparaît pour la première fois dans l'épisode 41 « Le Baptême du feu ». Comme son nom l'indique, Vénusia en est le pilote attitré. Il s'agit d'un appareil amphibie destiné à compenser l'une des plus grosses faiblesses de Goldorak (il est moins efficace et autonome sous l'eau) mais qui reste efficient utilisé seul. Fossoirak (ドリルスペイザー, Doriru Supeizā?) : Piloté d'abord par Alcor puis par Phénicia, Fossoirak fait son apparition dans l'épisode 45 « Des Fourmis et des Hommes ». Muni de deux puissantes tarières rétractables (Tarièro-pulseurs), il est spécialement conçu pour évoluer sous terre en creusant un tunnel et peut même transpercer ses adversaires. Comme les autres appareils de la Patrouille des Aigles, il est capable de se jumeler avec Goldorak, mais en plus avec les bras. Aquarak (ウルトラサブマリン, Urutorasabumarin?) : Cet appareil est un sous-marin géant, dans lequel Goldorak s'installe et pilote, pour descendre à de grandes profondeurs (le robot est en effet incapable de descendre en dessous de 400 mètres de profondeur). Il apparaît une seule fois, dans l'épisode 67 « Opération plongée ». Actarus l'utilise pour aller délivrer Alcor, retenu prisonnier dans la base sous-marine édifiée par les forces de Véga (et située à plus de 1 000 mètres sous la surface des eaux), puis détruire cette dernière. Cosmorak (コズモスペシャルスペイザー, Kozumo Supesharu Supeizā?) : Ces appareils ne pouvant opérer que dans l'atmosphère, Procyon et son équipe conçoivent finalement le Cosmorak, un appareil spatial composé de trois vaisseaux différents, capables de se combiner et de se séparer à volonté. Chaque appareil, spécifiquement armé, est confié à un pilote (Alcor, Vénusia, Phénicia). Il apparaît pour la première fois dans l'épisode 73 « Pour l'amour de la Terre » alors qu'il est encore en cours de construction. Il ne sera opérationnel que pour l'épisode 74, soit le dernier de la série, lors du combat final contre le Grand Stratéguerre et ses troupes. Engins de Véga[modifier le code] Navettes (ミニフォー, Minifō?) ; ミディフォー (Midifō?) : Les navettes sont des soucoupes volantes de combat beaucoup plus petites que Goldorak, pilotées par les soldats masqués et anonymes de Véga. Elles accompagnent généralement un engin plus grand et sont envoyées et détruites en grand nombre. Il en existe trois versions : le modèle rond équipé de six lasers, visible jusqu'à l'épisode 52 « La Génération des monstres ». Le deuxième modèle, muni d'un canon-laser au-dessus du fuselage et de deux lance-missiles, fait son apparition lors de l'épisode suivant « La Bête ». L'utilisation de ces nouveaux appareils fait directement suite à l'arrivée du Grand Stratéguerre sur la Lune noire. Leur apparence est clairement inspirée par celles du film La Guerre des mondes (1953). Un troisième modèle est vu dans l'épisode 20 « La Terre En Danger », c'est un modèle du Génie contrairement aux deux premières qui sont des appareils de combat. Golgoths / Antéraks (円盤獣, Enban-jū?) : Les machines envoyées depuis le Camp de la Lune Noire pour combattre la terre sont très différentes les unes des autres mais possèdent souvent deux formes différentes : la première, généralement celle d'une soucoupe, permet au Golgoth de voler, et la seconde, après transformation, est sa forme de combat, le plus souvent humanoïde ou robotico-animale. Certains ont plusieurs têtes ou sont capables de se désassembler et réassembler en plusieurs modules. Les Golgoths sont en principe autonomes et les Antéraks pilotés, mais l'adaptation française inverse parfois cette distinction qui lui est d'ailleurs propre et n'existe pas dans la version originale. Monstrogoths (ベガ獣, Bega-jū?) : À partir de l'épisode 52 « La Génération des monstres », le général Dantus, militaire de talent et scientifique de renom, parvient à transformer des animaux en machines de guerre : ce sont les Monstrogoths (terme qui, dans la version française, ne sera utilisé que dans l'épisode 52). Ces engins de mort allient, selon leur créateur, « l'instinct ancestral de la guerre à la sophistication des robots ». Ces nouveaux adversaires se révéleront beaucoup plus redoutables contre Goldorak. Soucoupes amirales (?) : Les soucoupes amirales sont les vaisseaux de commandement des forces de Véga. Ils servent d'une part à superviser les opérations de guerre et d'autre part à transporter les armements de combats, qu'il s'agisse des navettes ou des Golgoths. Trois soucoupes amirales sont visibles dans la série : Durant la première saison, la soucoupe amirale du général Hydargos マザーバーン (Mazābān?) est composée de deux hémisphères roses soudés l'un à l'autre, terminés en chevrons inversés portant des antennes à ses extrémités, et peut s'arrimer à la base lunaire. Elle est détruite à la fin de l'épisode 27 Vaincre ou périr lors d'un combat contre Goldorak, au cours duquel Hydargos perd la vie. Durant les saisons 2 et 3, la seconde soucoupe amirale ガンダル専用母艦 (Gandaru sen'yō bokan?) revêt une forme différente où l'une de ses extrémités est terminée par une tête monstrueuse. De la gueule de cette tête sortent les navettes de combat et les Golgoths. Ce vaisseau est lui aussi détruit par Goldorak lors du dernier épisode de la série. La destruction du vaisseau entraîne la mort de Minos. Horos également utilisera une soucoupe amirale ズリル戦闘母艦 (Zuriru sentō bokan?), de forme assez comparable à celle de Minos : une soucoupe classique et amphibie avec un rostre monstrueux. Cet appareil se caractérise par une imitation de volcan en son sommet par lequel décollent les Golgoths. Ce vaisseau est détruit par l'action combinée du vaisseau de la princesse Végalia, Alcorak, Fossoirak et Goldorak lors de l'épisode 72 de la série, Horos en sort blessé mais il est finalement tué par Alcor. Vaisseau impérial (キング・オブ・ベガ, Kingu obu Bega?) : Le vaisseau impérial est l'immense engin spatial bleu en forme de cigare à bord duquel le Grand Stratéguerre quitte en catastrophe la planète Stykadès et se rend au Camp de la Lune noire. Du fait de ses dimensions, et ce même s'il dispose d'un armement essentiellement défensif, il ne s'agit pas d'un vaisseau de combat. Il est détruit à son tour dans le dernier épisode de la série par Actarus et la Patrouille des Aigles, entraînant la mort de Véga. Épisodes[modifier le code] Saison 1[modifier le code] Article détaillé : Saison 1 de Goldorak. Les Frères de l'espace Le Prince d'un autre monde La Fiesta tragique L'Île de la peur Le Traquenard de la mort Attaque sur Perlépolis Le Festin des loups Les radars se sont tus Le Camp de la Lune noire L'espion qui venait de Véga Le jour où le soleil s'arrêta Du sang sur la neige Par le fer et par le feu Le Jour du soleil levant Akereb la rouge Le Fiancé de la mort La Chevauchée infernale Le Nouveau Temps des cavernes Le village écrasé Terre en danger Les Continents submergés Les Massacreurs du ciel Le Déluge des mondes L'Exécuteur Les Amoureux d'Euphor Les Bords de l'abîme Saison 2[modifier le code] Article détaillé : Saison 2 de Goldorak. Vaincre ou périr Les Nouveaux Maîtres des ténèbres L'Oiseau de feu La Pierre de foudre Don Quichotte de l'espace La Reine fantôme Les Ailes de la mort Le Mercenaire de l'oppression Le Premier Raid L'Invincible du cosmos Une étoile est morte Les Faiseurs de ténèbres La Patrouille des aigles Le Réveil des volcans Le Baptême du feu Péril en la demeure La Victoire des aigles Quand les chiens sont lâchés Des fourmis et des hommes Le Ballet des requins Le Lac embrasé Un monde en fusion La Dernière Survivante L'Aigle à quatre têtes L'Étoile noire La Génération des monstres Saison 3[modifier le code] Article détaillé : Saison 3 de Goldorak. La Bête Le Serpent Le Monstre du Loch Ness Le Lynx de l'espace Le Monstre et l'Enfant Le Sosie Le Commando Les Rats Pégase Les Cygnes L'Ours polaire Cinq minutes pour mourir Un grand entre les grands La mort vient de la mer Opération plongée La Grande Douleur Tel père, tel fils L'Imposture Le Meilleur Ami La Princesse amoureuse Pour l'amour de la Terre Ce n'est qu'un au revoir Voix françaises[modifier le code] Pour le doublage en version française, réalisé par Michel Gatineau et Jane Val[16], la plupart des personnages portent des noms d'étoiles (Rigel, Alcor, Procyon, Mizar, Antarès), de planètes (Vénusia) et autres termes astronomiques (Aphélie, Nadir…). Quant au nom d'Actarus, il semble dériver du nom traditionnel de l'étoile α Bootis, Arcturus. Michel Gatineau, connu pour avoir prêté sa voix au professeur Procyon, mais aussi comme la voix française de Michael Landon (La Petite Maison dans la prairie) et Horst Tappert (Inspecteur Derrick), est l'inventeur de tout ce vocabulaire issu des constellations, des noms mythologiques et bibliques — Golgoth vient de Golgotha — et des adaptations des noms d'attaques (son épouse, Liliane Gatineau, écrivaine sous le nom de Mike Cooper a créé les noms d'Hydargos et de Phénicia). Il est l'adapteur de la série dont la version française diffère sensiblement de la version originale de la série Grendizer comme le précise entre autres un rapport d'études de 2017[17]. C'est également lui qui a choisi les acteurs pour le doublage qui, au départ, n'était prévu que pour 20 épisodes[18]. Les personnages de Horos, Dantus et Phénicia ont été les seuls à changer de voix dans le courant de la série. C'est aussi à partir de la saison 3 que l'équipe VF reprenait une nouvelle suite de doublage[19]. Daniel Gall : Actarus Pierre Guillermo : Alcor Michel Gatineau : Professeur Procyon ; le narrateur Jacques Ferrière : Rigel Jane Val : Vénusia ; l'institutrice de Mizar Marcelle Lajeunesse : Mizar ; la mère de Banta Michèle Bardollet : Aphélie Catherine Lafond : Phénicia (épisodes 53-74) Claude Chantal : Phénicia (épisodes 49-52) Jacques Berthier : Véga Jeanine Forney : Végalia Marc de Georgi : Hydargos Jean-Claude Michel : Minos Paule Emanuele : Minas Henry Djanik : Horos (2e voix) ; Sogrady ; Pr Schubyler Jacques Harden : Horos (1re voix) Claude Bertrand : Banta ; Bélier ; Titios Philippe Dumat : Argoly Pierre Fromont : Antarès Claude Joseph : Cochir Monique Thierry : Eurydie ; Elsa ; Alysée ; la mère d'Akénor René Arrieu : Dantus / Achéron (1re voix) Jean-François Laley : Dantus / Achéron (2e voix) ; Dagos ; Pollux Jacques Richard : Janus Arlette Thomas : Uranus Jean-Henri Chambois : grand-père d'Uranus ; Roi d'Euphor ; Coscythe Sylvaine Bressy : Cassiopée Pierre Hatet : Œudix Sylviane Margollé : Capella Production[modifier le code] La série d'animation[modifier le code] Goldorak est un anime de science-fiction appartenant au genre « robots géants » que, à compter de Gundam, on baptise mecha. Dans les années 1970, apparaissent au Japon de nombreuses séries populaires mettant en scène des robots géants surpuissants, pilotés par des adolescents ou de jeunes adultes, entraînés par hasard dans des événements qui les dépassent et dont la tâche est généralement de sauver le monde. Ces séries sont rétrospectivement catégorisées dans le genre des « super robots »[20],[21]. Lorsque la Tōei crée et lance la série Grendizer, c'est essentiellement à la demande de Popy, devenue Bandaï et de la chaîne de télévision Fuji TV que la machine Grendizer est conçue selon un design rappelant celui des Mazinger, dans le but de mieux vendre des produits dérivés et des jouets[22]. L'artiste Gō Nagai a déjà connu un immense succès au Japon avec Mazinger Z. En fait, Mazinger Z et Great Mazinger se déroulent dans le même univers de fiction, tandis que l'univers de Grendizer est spécifique, même si des personnages communs apparaissent dans ces trois séries[23]. Le personnage vedette étant à l'époque Kōji Kabuto (Alcor), Fuji TV demande qu'il soit intégré à la série Grendizer (Il ne l'était pas dans le film prototype datant de juillet 1975.) malgré la difficulté — soulignée par Tōei — d'avoir deux protagonistes principaux dans l'histoire. Désireuse de s'éloigner de l'univers de Mazinger Z, Tōei avait en effet souhaité explorer l'idée d'une technologie extraterrestre pouvant ainsi, comme l'a rappelé Gō Nagai, « dépasser n’importe quel robot imaginé jusque-là »[24]. Les personnages phares de Gō Nagai que sont Kōji Kabuto (Alcor) et ses amis apparaissant dans les épisodes 14 et 31, ainsi que Danbei Makiba (Rigel), sont issus d’œuvres antérieures de l'artiste (Mazinger Z pour les premiers et Abashiri Ikka et Cutie Honey pour le second). Techniquement, l'animation en général dans la série, et des robots géants en particulier, peut apparaître rudimentaire pour les spectateurs d'aujourd'hui, habitués à des techniques plus évoluées[22]. Elle marque cependant une évolution très sensible pour l'époque, comparée à des anime produits antérieurement tels que Mazinger, ceci grâce à des designs et une mise en scène pendant les combats très soignés. Rôle de Go Nagai[modifier le code] La mention « auteur original » jointe au nom de Gō Nagai et figurant aux crédits correspond à son statut de dessinateur et fournisseur d'esquisses (dessins préparatoires) de personnages et machines retenus par Tōei Dōga pour servir de bases originales au travail des character-designers et animateurs Kazuo Komatsubara (ja) et Shingo Araki, ce dernier assisté de Michi Himeno (dont Grendizer est le premier anime en tant qu'animatrice sur les poses-clé et charadesigner associée)[25]. Gō Nagai affirme qu'il a mis dans Goldorak le « meilleur de lui-même[26] ». Le studio Araki Production a fourni lui aussi à Tōei des esquisses, en particulier de « beaux personnages » (bikei characters), qui ont été retenues comme « originales », telles que celles de Naiida (Aphélie), Rubina (Végalia), Grace Maria Fried (Phénicia), Kirika (Alyzée) et Kane (Cyrus). Seul Gō Nagai a cependant été crédité « auteur original ». Son personnage de Kōji n'avait pas d'existence dans le projet originel de Tōei (il est absent du film-prototype) ; il a été intégré à lunivers Grendizer (alternatif à lunivers Mazinger) à la demande expresse de la chaîne Fuji TV adepte du Star System, rendant ainsi ardue la tâche de faire coexister, dans la série, deux protagonistes principaux. Son studio Dynamic Planning fut régulièrement associé à Tōei pour les productions d'anime comme Grendizer, ce qui n'a pas été sans tension dès lors que des anime "sous collaboration" ont été vendus à l'étranger sans le consentement de Dynamic, en particulier Grendizer. Gō Nagai a été identifié à tort à l'étranger comme « auteur unique d'un manga précédant et inspirant l'anime » et sera donc le seul membre du staff créatif à être invité à l'étranger en tant qu'auteur ; néanmoins il a été moins impliqué dans la création que le responsable du Planning Toshio Katsuta, le scénariste principal Shōzō Uehara, les scénaristes Tatsuo Tamura, Mitsuru Majima et Keisuke Fujikawa, le réalisateur en chef Tomoharu Katsumata, les charadesigners Kazuo Komatsubara et Shingo Araki, le mechadesigner Tadanao Tsuji... Gō Nagai, qui possède désormais suffisamment de droits sur l'univers et les personnages, publie en 2014 Grendizer Giga, un reboot de la série[27],[28]. Une vidéo animée promotionnelle est diffusée à l'occasion de la sortie du premier volume relié, correspondant au 40e anniversaire de la série originelle[29]. L'édition française est distribuée en 2016 chez Black Box. Musique[modifier le code] Musique de fond[modifier le code] Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2016). Pour l'améliorer, ajoutez des références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source. Les musiques de fond (Back Ground Music - BGM) de Goldorak ont été composées par Shunsuke Kikuchi, musicien de renom surnommé le « Ennio Morricone japonais ». Ses créations se retrouvent aussi bien dans Albator, Dragon Ball Z, que dans les films de Quentin Tarantino[30]. Ces musiques ont été enregistrées par un orchestre classique au cours de deux sessions distinctes. La première concerne l'enregistrement des musiques de fond du film pilote de Goldorak (Uchû enban daisensô La Grande Bataille des soucoupes de l'espace). La deuxième concerne l'enregistrement spécifique des musiques de fond de la série Goldorak (Grendizer). Celles de la première session se retrouvent en intégralité dans le film pilote mais ont été aussi réutilisées tout au long de la série. Le site Goldorak-OST recense ces musiques et constitue également un véritable hommage au compositeur. Comme beaucoup de productions japonaises de l'époque, des musiques de fond d'autres séries apparentées sont ré-utilisées à l'occasion. En l'occurrence, Getter Robot, Miracle Shoujo Limit-chan ou encore Great Mazinger, dans les épisodes où apparaît le Béliorak (Boss Borot en VO et dans Mazinger Z). Ces musiques de fond ont été éditées plusieurs fois sur disque[31]. Les chansons d'insertion de l'anime ont généralement été retirées de la version française et remplacées par des versions instrumentales ou génériques. Leur version originale a fait l'objet d'une traduction littérale amateure en 2019. Chansons françaises et québécoises[modifier le code] Génériques[modifier le code] Accours vers nous, prince de l'espace : première version du générique de début, reprise en français du générique original, enregistré en une seule prise et supervisé par les Japonais. Il a été diffusé en juillet et août 1978 (interprète : Enriqué Fort ; auteur : Pierre Delanoë ; compositeur : Shunsuke Kikuchi). Il n'a jamais été édité en disque dans cette version. Va combattre ton ennemi : générique de fin. Ce fut le premier générique final à être diffusé en juillet et août 1978 (interprète : Enriqué Fort ; auteur : Pierre Delanoë ; compositeur : Shunsuke Kikuchi). Ce générique a été retiré rapidement de l'antenne et n'a jamais été édité en disque. On peut cependant retrouver des extraits de ces chansons dans certains épisodes de Goldorak durant les combats. Ce générique a suscité une certaine polémique, en effet, dans le deuxième couplet de la chanson, dans la phrase Tu vas sauver notre race, le mot “race” ne passe pas du tout pour la direction d'unité jeunesse d'Antenne 2. C'est pourquoi les dirigeants de la chaîne ont exigé un nouveau thème pour le dessin animé[32],[33]. Goldorak, le grand : ce fut le second générique en français, devenu le générique officiel — totalement différent du générique original — de début et de fin d'épisode, à partir de septembre 1978 (interprète : Noam ; auteur : Pierre Delanoë ; compositeur : Pascal Auriat). Cette version, qui demeure la plus connue, s'est vendue à plus de quatre millions d'exemplaires et a été fréquemment rééditée sur CD. Elle est présente, en version générique remastérisée et en stéréo, sur l'édition DVD / Blu-Ray réalisée par AB Vidéo. La Légende d'Actarus : nouvelle version d’Accours vers nous (texte réécrit et orchestration différente) diffusée en 1979 (interprète : Jean-Pierre Savelli / Les Goldies ; auteur : Pierre Delanoë ; compositeur : Shunsuke Kikuchi). Le Prince de l'espace : nouvelle version de Va combattre ton ennemi (texte réécrit et orchestration différente) diffusée en 1979 (interprète : Jean-Pierre Savelli / Les Goldies ; auteur : Pierre Delanoë ; compositeur : Shunsuke Kikuchi). Et l'aventure continue : diffusée en 1982 (interprète : Lionel Leroy ; auteur : Haim Saban ; compositeurs : Shuki Levy, Jacques Canestrier). La Justice de Goldorak : diffusée en 1982 (interprète : Lionel Leroy ; auteur : Haim Saban ; compositeurs : Shuki Levy, Jacques Canestrier). Le Retour de Goldorak – Goldorak Go : diffusée en 1987 (interprète : Bernard Minet ; auteur : Jean-François Porry ; compositeur : Jean-François Porry, Gérard Salesses). Accours vers nous et Va combattre ton ennemi sont ressorties dans les années 2000, avec une orchestration différente, toujours interprétées par Enriqué Fort et en format disque comprenant la totalité des paroles, inconnues jusqu'ici. Le Retour de Goldorak : générique de fin québécois en 1980 (interprète : Noam). Goldorak, Go : générique québécois en 1980 (interprète : Noam). Le groupe Band-Maid compose et interprète la chanson Protect you pour le générique de fin du reboot de la série en 2024[34]. Autres chansons[modifier le code] D'autres chansons, hors génériques, existent : Goldorak et l'enfant, diffusée en 1979 (interprète : Jean-Pierre Savelli / Les Goldies). Goldorak et les 2 Mazinger, diffusée en 1982 (interprète : Michel Barouille). La Ballade d'Actarus, diffusée en 1982 (interprète : Lionel Leroy). Robot, diffusée en 1982 (interprète : Lionel Leroy). Un Robot, un Héros, diffusée en 1987 (interprète : Bernard Minet ; auteur : Jean-Luc Azoulay ; compositeurs : Gérard Salesses ; Jean-Luc Azoulay). Le plus grand des robots, diffusée en 1987 (interprète : Bernard Minet ; auteur : Jean-Luc Azoulay ; compositeur : Gérard Salesses). Goldorak, oui c'est son nom, diffusée en 1987 (interprète : Bernard Minet ; auteur : Jean-Luc Azoulay ; compositeurs : Gérard Salesses, Jean-Luc Azoulay). Disco Goldorak, chanson québécoise diffusée en 1980 (interprète : Michel Smith). Chansons japonaises[modifier le code] Au Japon, Goldorak a également donné lieu à de nombreuses chansons : Isao Sasaki a enregistré dix titres évoquant Goldorak ou Gattaiger, le robot de l'épisode pilote de la série (la Guerre des soucoupes volantes) : Moeru Ai no Hoshi (dans le film pilote, sortie le 25 juillet 1975[35]) ; Tatakae! Uchuu no Ouja (dans le film pilote, sortie le 25 juillet 1975[35]) ; Tobe! Grendizer (générique d'ouverture, sortie le 1er octobre 1975[36]) ; Uchuu no Ouja Grendizer (générique de fin, reprenant la musique et bande instrumentale de Tatakae! Uchuu no Ouja, sortie le 1er octobre 1975[36]) ; Kimikoso Yuusha (épisodes 18 & 20, sortie le 10 mars 1976[37]) ; Daisuke Barrado (épisode 30, sortie le 10 mars 1976[37]) ; Go Go Koji ! (épisodes 47 & 49, sortie le 10 mars 1976[37]) ; Tatakae Grendizer (épisode 48, sortie le 10 mars 1976[37]) ; Iza Ike ! Robot Gundan (dans le film L'attaque du Dragosaure, sortie le 1er juillet 1976[38]) ; Tatakai no Uta (dans le film L'attaque du Dragosaure, sortie le 1er juillet 1976[38]). Mitsuko Hori a chanté dans les épisodes 44, 47, 63, 74 Chiisana Ai no Uta, une chanson avec la même musique et bande instrumentale que la chanson Moeru Ai no Hoshi du film pilote. Accueil[modifier le code] Au Japon[modifier le code] Au Japon, la série rencontre un succès réel (audience moyenne équivalente à celle de Mazinger Z mais avec des taux variables au cours de la diffusion, là où la constance caractérisait Mazinger Z[39]). Alors que l'information qui prévaut pendant des années est que la série a été boudée au Japon, le mangaka Gō Nagai avance comme explications — finalement assez peu vérifiées par la suite — que le public nippon commençait à se lasser des séries de super robots, ainsi qu'un intérêt moindre envers les héros (comme Actarus) non japonais[40]. Ce qui est vérifiable est que le public nippon fan de Mazinger Z n'a pas apprécié que le personnage d'Alcor (qui était le héros de Mazinger Z) soit relégué au rôle de simple partenaire dans Grendizer. Mais telle était la volonté du marchand de jouets Popy, soucieux de vendre un maximum de produits, et surtout de la chaîne de télévision adepte du Star System comme le précise en 1979 Toshio Katsuta dans le Roman Album. Ces volontés ont été imposées à Tōei chez qui le responsable du planning de la série et d'autres collaborateurs voulaient faire de Grendizer une série à part et non un troisième volet de la très populaire saga des Mazing
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:32 PM
|
Chat forestier, Chat sylvestre, Chat sauvage d'Europe, Chat sauvage (Stricto sensu ) Le Chat forestier ou sylvestre (Felis silvestris ), également connu sous le nom de Chat sauvage d'Europe, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des félins.
Chat forestier, Chat sylvestre, Chat sauvage d’Europe Le Chat forestier ou sylvestre (Felis silvestris), également connu sous le nom de Chat sauvage d’Europe, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des félins. Proche parent du chat domestique (Felis catus), il s’en distingue par une morphologie plus robuste, une queue épaisse annelée à extrémité noire et un pelage généralement plus dense et uniforme. Espèce principalement forestière, il fréquente aussi des milieux semi-ouverts tels que les bocages, les lisières et les zones montagneuses. Discret et essentiellement nocturne, le chat forestier est un prédateur opportuniste dont le régime alimentaire se compose principalement de petits mammifères. Longtemps persécuté et menacé par la destruction de son habitat et l’hybridation avec le chat domestique, il bénéficie aujourd’hui de mesures de protection dans plusieurs pays de son aire de répartition. Dénominations[modifier le code] Nom scientifique valide : Félis silvestris (Schreber, 1777)[1] ; Nom normalisé anglais : European Wildcat ; Noms vulgaires recommandés ou typiques en français : Chat forestier[2], Chat sauvage d'Europe[2], Chat sylvestre[2],[3]; Autres noms vulgaires : Chat forestier européen[3], Chat sauvage européen[3] ; Noms vernaculaires (langage courant) pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : Chat, Chat sauvage[4],[5],[6]. Le terme « chat sauvage » fut utilisé par rapports à ses anciennes dénominations et sa parentée supposée avec le chat domestique comme la dénomination Felis catus ferus. Mais cette terminologie est eurocentrée, et elle est aussi utilisée dans certaines régions pour désigner plus largement un animal non domestique ressemblant à un chat mais n'appartenant pas forcément à l’espèce Felis silvestris. Au Canada français, le terme « chat sauvage » désigne indistinctement, dans le langage populaire, le lynx du Canada, le lynx roux[7] voire d’autres mammifères comme le raton laveur[8]. Étant donné que depuis 2017, le nom Felis silvestris ne désigne plus que deux sous-espèces européennes, les autres ayant été réparties chez les espèces F. lybica, l’appellation « Chat sauvage » est devenue erronée comme dénomination vulgaire recommendée en français et n’apparaît pas dans le document de la Cat specialist group[2]. Le nom « chat forestier » est une traduction en français de la terminologie binominale latine Felis silvestris « chat sylvestre » ; « chat des forêts ». Certaines sources prétendent que seule la sous-espèce nominale F. s. silvestris peut s’appeler « chat forestier », mais cette affirmation est incorrecte, cela est dû au fait que l’espèce-type est répartie par défaut dans les régions francophones d’Europe. Les noms « chat forestier » et « chat sauvage d’Europe » sont des synonymes. Taxonomie et évolution[modifier le code] Histoire taxinomique[modifier le code] Felis (catus) silvestris est le nom scientifique proposé en 1778 par Johann von Schreber lorsqu’il a décrit un chat sauvage à partir de textes du début du XVIIIe siècle et antérieurs[9]. Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs spécimens types de chats sauvages ont été décrits et proposés comme sous-espèces, notamment : Felis silvestris caucasica proposée par Konstantin Satunin en 1905 à partir de la peau d’une femelle recueillie près de Borjomi en Géorgie[10]. Felis grampia proposée par Gerrit Smith Miller Jr. en 1907 à partir de la peau et du crâne d’un chat sauvage mâle provenant d’Invermoriston en Écosse[11]. Miller révise sa classification en 1912, proposant Felis silvestris grampia après avoir examiné davantage de peaux de chats sauvages d’Écosse[12]. Felis tartessia, également proposée par Miller en 1907, à partir de la peau et du crâne d’un chat sauvage mâle provenant de Jerez de la Frontera dans le sud de l’Espagne[11]. Les chats sauvages vivant au nord des fleuves Douro et Èbre sont considérés comme étant plus petits que ceux du reste de la région[13]. Le taxon controversé Felis tartessia aurait conservé la taille et les proportions de la forme présente en Europe continentale durant les glaciations du dernier âge glaciaire[14]. L'espèce Felis silvestris regroupait historiquement jusqu'à une vingtaine de sous-espèces[15]. Une étude menée en 2007 a conduit au regroupement de ces divisions en six sous-espèces distinctes[16]. À cette époque, le nom scientifique Felis silvestris désignait au sens large l'ensemble des « chats sauvages » (incluant le chat domestique, le chat orné, le chat de Biet ou le chat ganté), le chat forestier (aujourd’hui Felis silvestris) étant considéré comme la sous-espèce type : Felis silvestris silvestris. Le genre Felis était alors représenté de la manière suivante (selon l'étude de 2007)[16] : Felis Felis chaus - Chat des marais *** Felis nigripes - Chat à pieds noirs **** Felis margarita - Chat des sables ***** Felis silvestris - appelé Chat sauvage (au sens large) Felis silvestris silvestris - Chat forestier (le présent article) Felis silvestris lybica - Chat ganté Felis silvestris cafra - Chat de la caferie Felis silvestris ornata - Chat orné Felis silvestris bieti - Chat de Biet Felis silvestris catus - Chat domestique Systématique actuelle[modifier le code] En 2017, une révision taxonomique de l'UICN a élevé plusieurs sous-espèces au rang d'espèces distinctes (comme Felis lybica). Désormais, Felis silvestris se restreint au chat forestier européen et ses populations proches. En 2017, les deux sous-espèces reconnues comme valides sont[2],[17] : Nom binominal, vernaculaire, auteur et images Description[17] Distribution[17] Synonymes Chat forestier d’EuropeF. s. silvestrisSchreber, 1777(sous-espèce type) Un peu plus petit et plus élancé, avec une longueur tête-corps variant de 43 à 91 cm chez les mâles et de 40 à 77 cm chez les femelles, pour un poids maximal de 7,3 kg pour les mâles. Son pelage est long et épais en hiver, brun-gris à brun-jaunâtre, avec un motif de rayures noires bien marqué sur la tête, le cou et les membres, ainsi qu’une bande dorsale distincte. La queue est touffue, ornée de plusieurs anneaux noirs avec une extrémité noire. Originaire de : Albanie, Andorre, Autriche, Biélorussie, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suisse, Ukraine et Royaume-Uni. Possiblement éteint : République tchèque. Éteint : Pays-Bas. - Chat sauvage du CaucaseF. s. caucasicaSatunin, 1905 Légèrement plus grand et plus massif que son homologue européen, avec une longueur tête-corps de 63 à 75 cm pour les mâles. Il présente un pelage plus clair, grisâtre, avec des motifs latéraux et caudaux plus discrets. La queue est relativement courte, avec généralement trois anneaux noirs et une extrémité noire. Originaire de : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Russie et Turquie. - Les spécimens provenant des îles méditerranéennes ne sont pas considérés comme indigènes mais introduits par l'humain[18],[19],[20], notamment : Felis lybica var. sarda (Sardaigne, 1885). Felis reyi (Corse, 1929). F. s. cretensis (Crète, 1953). Phylogénie[modifier le code] Les analyses phylogénétiques de l’ADN nucléaire indiquent que la radiation évolutive des félidés a débuté en Asie durant le Miocène, il y a environ entre 8,38 et 14,45 millions d’années[21]. Les analyses de l’ADN mitochondrial suggèrent quant à elles une radiation entre 6,46 et 16,76 millions d’années[22]. Le chat forestier appartient à une lignée qui se serait séparée de l’ancêtre commun du genre Felis il y a environ 0,59 à 1,62 million d’années[21]. Ces modèles s’accordent pour considérer le Chaus (F. chaus) comme la première espèce à s’être différenciée au sein du genre, suivie par le chat à pieds noirs (F. nigripes), le chat des sables (F. margarita), puis le complexe comprenant le chat ganté et le chat sauvage d'Europe[21],[22]. Des restes fossiles suggèrent que le chat forestier descend probablement de Felis lunensis (Chat de Martelli) au Villafranchien, il y a plus d’un million d’années. La transition vers la forme moderne se serait achevée durant l’interglaciaire Holsteinien, il y a environ 325 000 à 340 000 ans[14]. Phylogénie basée sur l'ADN nucléaire[21],[23],[22][modifier le code] Position du Chat forestier au sein des lignées de félidés : Felis Chat domestique (F. catus) Chat forestier (F. silvestris) Chat ganté (F. lybica) Chat de Biet (F. bieti) Chat des sables (F. margarita) Chat à pieds noirs (F. nigripes) Chat de jungle (F. chaus) Phylogénie basée sur l'ADN mitochondrial[20][modifier le code] Divergence entre le Chat forestier et les lignées de chats sauvages africains : Felis Chat ganté Chat domestique Chat de Libye Chat orné (F. l. ornata) Chat de la caferie (F. l. cafra) Chat forestier Chat de Biet (F. bieti) Chat des sables (F. margarita) Description[modifier le code] Forme et dimensions[modifier le code] Mensurations moyennes et poids[modifier le code] En moyenne, les mâles présentent une longueur tête-corps de 57 à 61 cm avec une queue de 30 à 32 cm. Les femelles mesurent en moyenne de 51 à 57 cm[24] avec une queue de 29 à 30 cm. La queue dépasse presque toujours 50% de la longueur tête-corps. La hauteur au garrot est comprise entre 35 et40 cm. La longueur et le poids du chat forestier ont souvent été exagérés dans le passé. Les études de Condé et Schauenberg[25], portant sur 177 individus français, ont établi les moyennes suivantes : 5 kg pour les mâles (maximums de 7,7 kg hors saison, et jusqu'à 8,1 kg pour des cas exceptionnels)[26] et 3,5 kg pour les femelles (maximum de 4,95 kg hors gestation, et jusqu'à 6,2 kg avec contenu stomacal)[27]. La masse varie de façon saisonnière (jusqu'à 2,5 kg d'amplitude)[28]. Le poids est à son maximum à l'automne, en prévision de l'hiver, et diminue du début du printemps jusqu'à la fin de l'été en raison du rut et de la mue. Dans la culture populaire, ce félin est souvent décrit avec des proportions démesurées. Cela s'explique parfois par des mesures réalisées sur des spécimens naturalisés : les traitements imposés aux peaux peuvent occasionner un allongement artificiel de 20% de la longueur totale[29]. Les populations ibériques présentent des particularités : les grands mâles d’Espagne atteignent 65 cm de longueur pour un poids de 7,5 kg. Ils possèdent des dents proportionnellement plus grandes, leur régime étant davantage axé sur le Lapin européen que les populations du nord (douro et èbre) plus dépendantes des rongeurs[30]. La capacité crânienne du chat forestier varie de 31 à 53 cm2. Le chat forestier dispose d’une excellente vue en faible luminosité, d’un odorat fin et d’une ouïe très développée. Ses oreilles sont larges à la base et ses yeux sont jaunes. Les canines et les dents carnassières sont particulièrement adaptées à la mise à mort et à la section des chair de ses proies[31] . Pelage[modifier le code] Caractéristiques distinctives[modifier le code] Le pelage présente des marques diagnostiques précises : Une Bande dorsale dessinée sous la forme d’une ligne noire unique et continue s'étend du garrot à la racine de la queue[24]. La queue est épaisse et cylindrique, elle porte deux à quatre anneaux noirs fermés et se termine par un manchon noir arrondi[32]. Le front est marqué de quatre bandes sombres se divisant en petites taches. On observe souvent quatre ou cinq rayures noires de la face vers la nuque, dessinant une « lyre » au-dessus des yeux[24]. Sur les flancs, des rayures ou taches irrégulières perpendiculaires à la ligne dorsale, plus diffuses en pelage d'été[32]. Le menton, le museau et l’intérieur des oreilles sont blancs. Trois teintes dominantes existent : une teinte grise argentée, une teinte rousse fauve ou plus rarement sombre/mélanique (principalement en Écosse). Variation saisonnière[modifier le code] Le pelage d'hiver, entre octobre à mars est plus foncé, plus dense, jusqu'à 30 000 poils/cm2, et plus long, de 6 à 7 cm sur le dos, que le pelage d'été, avec 5 500 à 24 000 poils par cm2 pour 2 à 3 cm de long. La mue dure environ six semaines[33]. Individu au pelage gris. Individu au pelage fauve. Profil de la tête. Détail des yeux jaunes. Pelage brunâtre (type écossais). Bande dorsale bien visible. Queue cylindrique et annelée. Comparaison avec le chat domestique[modifier le code] Distinguer un chat forestier d'un chat domestique de type européen est une tâche complexe. Le chat forestier est généralement plus robuste avec un pelage plus long et touffu[34]. Les principaux critères visuels sont : La queue : courte, cylindrique et épaisse, terminée par un bout arrondi chez le chat forestier, contre une queue plus longue, effilée et pointue chez le domestique[35]. Le stop nasal : Plus marqué, avec une courbure entre le front et le museau. Et enfin le volume crânien : Supérieur chez le chat forestier[35]. La seule distinction absolue reste l'analyse génétique. Les naturalistes utilisent aussi l'indice intestinal, la longueur de l'intestin rapportée à la longueur tête-corps. Le tube digestif du chat forestier est nettement plus court, de 92 à 170 cm, que celui du chat domestique, de 155 à 254 cm[35]. Toutefois, cette méthode nécessite une mesure rigoureuse sur un spécimen mort et peut manquer de précision selon la texture des tissus[33]. Cependant, l’hybridation croissante entre les deux espèces rend l'identification visuelle des individus de plus en plus incertaine dans certaines régions[36]. Distribution et habitat[modifier le code] Distribution géographique[modifier le code] Les chats forestiers étaient largement répandus en Europe au Pléistocène. Lors du retrait des glaces, ils se sont adaptés aux forêts denses. Historiquement, leur aire de répartition couvrait l'ensemble du continent jusqu'au Caucase, à l'exception de l'Irlande, de la Corse[37] et de la Sardaigne[33]. Les changements climatiques, mais surtout la déforestation humaine, ont entraîné un fort déclin des populations aux XVIIIe siècle et XIXe siècle siècles. La dynamique actuelle de reforestation en Europe de l'Ouest favorise une recolonisation. L’espèce occupe aujourd'hui les massifs forestiers d'Europe de l'Est, centrale et de l'Ouest, de l'Écosse jusqu'à la Turquie. Elle demeure toutefois absente de Scandinavie, d'Islande, d'Angleterre et du Pays de Galles. L'espèce est limitée par l'enneigement : elle évite les régions où la neige recouvre plus de 50 % du sol, dépasse 20 cm d'épaisseur ou persiste plus de 100 jours par an. Cela explique sa rareté en haute altitude ; dans le Jura, il est rare au-dessus de 1 000 m et, d'une manière générale, peu présent au-delà de 800 m[38]. La population la plus septentrionale se situe dans le nord et l’est de l’Écosse[39] . Le chat forestier est une espèce qui bénéficie de la reforestation, mais il nécessite des massifs hétérogènes. Les études télémétriques indiquent qu'il privilégie les lisières (intérieures et extérieures) pour la chasse aux petits mammifères et aux oiseaux[38]. Distribution par pays[modifier le code] En France[modifier le code] Pour la France continentale, voir article détaillé : Chat forestier en France#Aire de répartition. En France, deux populations principales sont disjointes : La population du Grand Quart Nord-Est (des Ardennes jusqu'à la Corrèze et la Savoie), connectée aux populations du Benelux et d'Allemagne. La population Pyrénéenne, reliée à la péninsule Ibérique, présente principalement dans les piémonts jusqu'à 1 700 à 1 800 m d'altitude[38]. Après avoir frôlé l'extinction au XXe siècle siècle, l'espèce recolonise ses anciens territoires. En 2012, sa présence était avérée dans 44 départements, avec une densité plus forte dans les Vosges et le Jura. Des observations récentes confirment son retour dans le Massif des Bauges (Savoie) en 2022 après un siècle d'absence[40]. Un reliquat de population semble également subsister dans le Massif de l'Esterel, dans le Var[38]. En Allemagne[modifier le code] Le Rhin constitue une barrière biogéographique majeure entre les populations de l'Eifel (à l'ouest) et celles situées à l'est. En 2025, une observation exceptionnelle a été signalée dans le Schleswig-Holstein, suggérant une dispersion naturelle au-delà de l'Elbe[41]. En Suisse[modifier le code] Présent essentiellement dans le massif du Jura, le chat forestier y est protégé depuis 1963. Il privilégie les forêts de feuillus ou mixtes à lisières riches en campagnols. Bien que bon grimpeur, il vit surtout au sol et utilise des terriers de blaireaux ou des tas de bois pour s'abriter[42]. L'hybridation avec le chat domestique constitue sa principale menace en Suisse : on estime que 15 à 20% de la population féline du Jura sont des hybrides, ce qui menace l'intégrité génétique de l'espèce à long terme[43]. Italie, Pologne et Pays-Bas[modifier le code] En italie, Trois populations fragmentées existent (Centre-Sud, Alpes orientales et Sicile). La population sicilienne est la seule population insulaire méditerranéenne considérée comme autochtone[44]. En Pologne, la population se concentre dans les Carpates, en lien avec les massifs slovaques et ukrainiens. Et aux Pays-Bas, des observations sporadiques entre 1999 et 2004 suggèrent une recolonisation par des individus provenant d'Allemagne[45]. Habitat[modifier le code] Le chat forestier est une espèce sylvicole dont le territoire doit être composé d'au moins 3<% de zones boisées. Il privilégie les grands massifs de feuillus et délaisse les plantations de résineux ou les châtaigneraies méditerranéennes. Il recherche des milieux variés : lisières, clairières de régénération, vallons avec cours d'eau et coteaux ensoleillés. Les zones humides (roselières, forêts riveraines) sont également fréquentées, notamment près du Danube ou des grands lacs de Champagne[38]. La neige est un facteur limitant majeur : au-delà de 10 cm, ses déplacements sont entravés, ce qui provoque des migrations saisonnières vers des altitudes plus basses dans le Caucase ou les Alpes. Bien que craintif, il peut tolérer une promiscuité humaine momentanée si son gîte est protégé par des fourrés denses comme les ronces ou les terres en friches[46]. En Écosse, l'habitat diffère notablement, l'espèce occupant des landes ouvertes à bruyères (62%) et des forêts de résineux (24%). Écologie et comportement[modifier le code] Activité[modifier le code] Le chat forestier est un animal solitaire et territorial. En France et en Italie, il est principalement nocturne et crépusculaire ; toutefois, dans les zones peu perturbées par l'homme, il peut présenter une activité diurne significative[47] . Sa longévité en milieu naturel peut dépasser dix ans, comme l'atteste l'observation d'un individu en Sicile suivi sur une période de neuf ans[48]. D'un naturel extrêmement timide, il évite tout contact humain. Son rythme d'activité dépend étroitement de la disponibilité des proies et de la pression anthropique. Une étude menée en Lorraine a démontré une grande variabilité individuelle : si la majorité des individus s'activent entre 16h et 18h pour s'arrêter vers 5h ou 7h du matin, certains peuvent être actifs à toute heure[49]. Les conditions météorologiques extrêmes, comme de fortes chutes de neige, réduisent ses déplacements au strict nécessaire. Le domaine vital moyen est d'environ 3 km2, mais les distances parcourues quotidiennement varient de 4,3 à 12,1 km (avec des pointes à près de 20 km). On distingue deux stratégies spatiales : les femelles occupent des domaines plus restreints. Leur vitesse de déplacement est faible (225 à 1 065 mètres par heures), correspondant à une chasse à l'affût ou stationnaire. Les mâles patrouillent sur de vastes territoires à une vitesse moyenne plus élevée (1 215 à 2 031 mètres par heures), alternant chasse itinérante, marquage territorial et visite de gîtes. Le marquage s'effectue notamment par des lacérations sur des troncs à écorce fibreuse (sureau, jeunes résineux). Ces marques, situées entre 30 et 40 cm de hauteur, servent également à l'entretien des griffes dont les enveloppes cornées s'exfolient et se retrouvent parfois au pied des arbres. Alimentation[modifier le code] Le régime alimentaire est composé à plus de 90% de petits mammifères (micro-mammifères). Les besoins quotidiens sont estimés entre 400 et 500 g de nourriture. Le chat forestier chasse exclusivement au sol, à l'approche ou à l'affût, bien qu'il soit excellent grimpeur. Ses proies varient selon les régions : en Europe occidentale, il chasse principalement des campagnols, mulots, rats et lérots. Il peut occasionnellement capturer des oiseaux (passereaux, galliformes) ou de petits carnivores comme la belette (Mustela nivalis) et l’hermine (Mustela erminea). En Écosse, il a été observé chassant le lapin de garenne, ils constituent l'essentiel de son alimentation, avec une fréquence de 91% dans les fèces). En Europe de l'Est et dans le Caucase, le régime est plus diversifié, incluant des rats musqués, des batraciens, des poissons et même des écrevisses en zone humide. En hiver, la consommation de charognes d'ongulés (Chevreuil, Cerf élaphe, Chamois) est documentée, représentant jusqu'à 15% de l'apport calorique en Slovaquie. Reproduction[modifier le code] La période de reproduction s'étend de mi-décembre à mi-août, avec un pic de naissances entre mars et mai. La femelle n'élève généralement qu'une seule portée par an (une seconde est possible en cas de perte de la première). La gestation dure environ 66 jours. Les gîtes de mise bas sont choisis pour leur protection contre les intempéries : ronciers denses, souches creuses, trous d'arbres ou bâtiments abandonnés. La femelle nettoie le site 24 à 48 heures avant la mise bas mais n'apporte aucun matériau de litière. Une portée compte généralement de un à quatre chatons, rarement cinq. Les nouveaux nés pèsent environ 135 g, ouvrent les yeux entre le 7e et le 12e jour ; les premiers déplacements se font vers 20 jours. Le sevrage débute vers un mois et s'achève vers quatre mois, bien que la consommation de viande commence dès le 30e jour. Le poids adulte est atteint vers 10 mois, mais la croissance osseuse se poursuit jusqu'à 18 ou 19 mois. En milieu naturel, les études montrent souvent un sex-ratio biaisé en faveur des mâles, à savoir deux mâles pour une femelle contrairement aux observations en captivité où il est équilibré. Le chat forestier et l’Homme[modifier le code] Menaces[modifier le code] Le chat forestier est devenu rare dans la majeure partie de son aire de répartition européenne. Bien qu'il bénéficie d'une protection légale, plusieurs menaces pèsent sur sa survie : L'hybridation avec le chat domestique représente la menace principale pour l'intégrité génétique de l'espèce. Le croisement avec des chats domestiques (notamment les chats harets) produit des hybrides fertiles. En Écosse, la population sauvage est jugée « non viable » en raison d'une introgression massive (plus de 20% d'hybrides)[50]. En Suisse, le taux d'hybridation dans le Jura est estimé entre 15 et 20%[51]. À l'inverse, l'Allemagne centrale et l'Europe de l'Est conservent des taux d'hybridation faibles (inférieurs à 5%)[52]. La fragmentation de l'habitat, à savoir, la destruction des forêts de feuillus et la disparition des corridors biologiques (haies, bosquets) isolent les populations, limitant le brassage génétique et augmentant les risques de collisions routières. Malgré sa protection, il arrive que des individus soient abattus par erreur lors d'opérations de régulation des chats errants ou par acte de braconnage. Protection et conservation[modifier le code] Le chat forestier est inscrit à l’Appendice II de la CITES, à l’Annexe II de la Convention de Berne et à l’Annexe IV de la Directive Habitats-Faune-Flore de l’Union européenne. France[modifier le code] Le chat sauvage bénéficie d'une protection totale depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981. Il est interdit de le capturer, de le perturber intentionnellement ou de dégrader son milieu. L'espèce est actuellement dans une phase d'expansion géographique, notamment dans le Nord-Est, les Pyrénées et plus récemment en Savoie[53]. Allemagne[modifier le code] L’association Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland (BUND) a lancé le projet « Réseau de sécurité pour le chat forestier ». Ce plan vise à créer un réseau de 20 000 km de corridors écologiques (haies et bandes boisées) pour reconnecter les massifs forestiers de plus de 500 km2[54]. Royaume-Uni[modifier le code] En Angleterre, l'espèce a disparu depuis des siècles. Un programme de réintroduction dans le Devon et en Cornouailles est prévu à partir de 2024, marquant son retour après 500 ans d'absence. En Écosse, Face au risque d'extinction, un plan d'action coordonné par NatureScot a autorisé la réintroduction de chats élevés en captivité dans les Cairngorms en 2023. 19 individus ont été relâchés pour renforcer la population sauvage[55]. Suisse[modifier le code] Protégé depuis 1963, le félin a recolonisé le Jura et a été aperçu dans le canton de Genève pour la première fois depuis 1887. Des modélisations de l'Université de Genève suggèrent que la stérilisation des chats domestiques errants est la mesure la plus efficace pour prévenir l'assimilation génétique du chat sauvage à long terme[56]. Des opérations de réintroduction ciblées ont eu lieu par le passé, notamment à La Sarraz (Suisse) entre 1971 et 1974 pour renforcer les effectifs locaux[57]. Notes et références[modifier le code] Notes[modifier le code] Références[modifier le code] (en)/(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « European wildcat » (voir la liste des auteurs) et en allemand « Europäische Wildkatze » (voir la liste des auteurs). ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le 8 novembre 2025. ↑ a b c d et e (en) Kitchener, A. C., « A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group », Cat News, no Special Issue 11, 2017, p. 17–20 (lire en ligne) ↑ a b et c Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. [lire en ligne]. Montpellier, France, Cirad. [12/05/2015]. ↑ (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals : in Latin, English, German, French and Italian, Amsterdam, Elsevier, 2007, 857 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, lire en ligne) ↑ Nom en français d'après l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) ↑ Nom en français d'après l'UICN sur le site de la liste rouge de l'UICN ↑ (fr) Peter Jackson et Adrienne Farrell Jackson (trad. Danièle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste », 15 octobre 1996, 272 p., relié (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0). « Lynx roux, Lynx bai », p. 195 ↑ (fr) Chat sur le site du CNRTL ↑ (de) Schreber, J. C. D., Die Säugthiere in Abbildungen nach der Natur mit Beschreibungen (Dritter Theil), Erlangen, Expedition des Schreber'schen Säugthier – und des Esper'schen Schmetterlingswerkes, 1778, 397–402 p., « Die wilde Kaze » ↑ (de) Satunin, K. A., « Die Säugetiere des Talyschgebietes und der Mughansteppe », Mitteilungen des Kaukasischen Museums, no 2, 1905, p. 87–402 ↑ a et b (en) Miller, G. S., « Some new European Insectivora and Carnivora », Annals and Magazine of Natural History, seventh Series, vol. 20, no 119, 1907, p. 389–401 (DOI , lire en ligne) ↑ (en) Miller, G. S., Catalogue of the Mammals of Western Europe in the collection of the British Museum, London, British Museum (Natural History), 1912, 464–465 p. ↑ (es) Purroy, F. J. et Varela, J. M., Guía de los Mamíferos de España. Península, Baleares y Canarias, Barcelona, Lynx Edicions, 2003 ↑ a et b (en) Kurtén, B., « On the evolution of the European Wild Cat, Felis silvestris Schreber », Acta Zoologica Fennica, vol. 111, 1965, p. 3–34 ↑ (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Felis silvestris Schreber, 1777 ↑ a et b « The Near Eastern Origin of Cat Domestication », Science, 29 juin 2007. : Résumé. Auteurs : Carlos A. Driscoll et al. ↑ a b et c José R. Castello (trad. Anne Saint-Girons), Félins et Hyènes du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Mammifères », 2022, 280 p. (ISBN 978-2603028636) ↑ (en) Groves, C. P., The Walking Larder: Patterns of Domestication, Pastoralism, and Predation, London and New York, Routledge, 1989, 46–58 p., « Feral mammals of the Mediterranean islands: documents of early domestication » ↑ (en) Gippoliti, S. et Amori, G., « Ancient introductions of mammals in the Mediterranean Basin and their implications for conservation », Mammal Review, vol. 36, no 1, 2006, p. 37–48 (DOI ) ↑ a et b (en) Driscoll, C. A., Menotti-Raymond, M. et Roca, A. L., « The Near Eastern Origin of Cat Domestication », Science, vol. 317, no 5837, 2007, p. 519–523 (DOI ) ↑ a b c et d (en) Johnson, W. E., « The Late Miocene Radiation of Modern Felidae: A Genetic Assessment », Science, vol. 311, no 5757, 2006, p. 73–77 (DOI ) ↑ a b et c (en) Li, G., « Phylogenomic evidence for ancient hybridization in the genomes of living cats (Felidae) », Genome Research, vol. 26, no 1, 2016, p. 1–11 (DOI ) ↑ (en) L. Werdelin (dir.), N. Yamaguchi (dir.), W. E. Johnson et S. J. O'Brien, Biology and Conservation of Wild Felids, Oxford, Oxford University Press, 2010, 59–82 p. (ISBN 978-0-19-923445-5, lire en ligne), « Phylogeny and evolution of cats (Felidae) » ↑ a b et c « Fiche « Felis silvestris silvestris — Chat forestier » », sur Office français de la biodiversité (OFB) (consulté le 11 novembre 2025) ↑ Condé B. et Schauenberg P., « Le poids du chat forestier d'Europe », Revue suisse de zoologie, vol. tome 78, n°10, fasc.2, 1969 ↑ Bourand M. 1999. Le chat « sauvage » ou chat forestier en France et en Bourgogne. Observatoire nivernais. ↑ Riols C., « Étude du régime alimentaire du chat forestier dans l'est de la France », Bulletin mensuel de l'ONCFS, no 121, 1988 ↑ Condé, B. et Schauenberg, P., « Le poids du chat forestier d'Europe (Felis silvestris Schreber, 1777) », Revue suisse de Zoologie, vol. 78, 1971, p. 295–315 ↑ Rode P. et Didier R., « Sur un chat sauvage de France », Bulletin Muséum, 1935 ↑ (es) Garcia-Perea, R., Atlas y Libro Rojo de los Mamíferos Terrestres de España, Madrid, Gobierno de España, Ministerio de Agricultura, Alimentación y Medio Ambiente, 2006, 333–338 p. (), « Felis silvestris Schreber, 1777 » ↑ (it) Associazione Verdecammina, « Il Gatto selvatico (Felis sylvestris sylvestris) », sur Verdecammina, 2010 (consulté le 17 avril 2010) ↑ a et b (en) Pocock, R. I., Catalogue of the Genus Felis, Londres, Trustees of the British Museum, 1951, 29–50 p. (lire en ligne), « Felis silvestris, Schreber » ↑ a b et c Patrice Raydelet, Le chat forestier d'Europe : répartition, description, mœurs, hybridation, protection, Paris, Delachaux et Niestlé, 2009 (ISBN 978-2-603-01597-1) ↑ Condé, B. et Schauenberg, P., « Le chat sauvage – dernier félin de France », Éditions Font-Vive, no 8, 1963, p. 1–8 ↑ a b et c « Dossier Géo Extra – Chat forestier », sur Parc national de forêts (consulté le 11 novembre 2025) ↑ (en) Krüger, M., Hertwig, S. T., Jetschke, G. et Fischer, M. S., « Evaluation of anatomical characters and the question of hybridization with domestic cats in the wildcat population of Thuringia, Germany », Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research, vol. 47, no 3, 2009, p. 268–282 (DOI , lire en ligne, consulté le 9 septembre 2020) ↑ « Un "chat-renard" découvert dans une forêt en Corse », sur L'Express, 13 juin 2019 (consulté le 3 septembre 2024) ↑ a b c d et e Romain Sordello, Le chat forestier Felis silvestris, MNHN-SPN, Janvier 2012. ↑ (en) A. R. Davis et D. Gray, The distribution of Scottish wildcats (Felis silvestris) in Scotland (2006–2008), Perth (Écosse), Scottish Natural Heritage, 2010 ↑ « Savoie. Le chat sauvage fait son retour dans le massif des Bauges », sur Ouest-France, 28 mai 2022. ↑ (de) « Sensationeller Nachweis einer Wildkatze in Schleswig-Holstein », sur Landesamt für Umwelt, 2025 (consulté le 17 mai 2025) ↑ Paul Schauenberg, « Le chat sauvage démystifié », Musées de Genève, septembre 1974, p. 3-6 ↑ (en) Claudio S. Quilodrán, « Projecting introgression from domestic cats into European wildcats in the Swiss Jura », Evolutionary Applications, vol. 13, no 8, 2020, p. 2101–2112 (DOI ) ↑ (en) Mattucci, F., « Genetic structure of wildcat (Felis silvestris) populations in Italy », Ecology and Evolution, vol. 3, no 8, 2013 ↑ (en) K. Canters, « The wildcat (Felis silvestris) finally recorded in the Netherlands », Lutra, vol. 48, no 2, 2005 ↑ A. Martzolff, Étude de la structure des zones de repos diurnes du chat forestier (Felis silvestris silvestris) dans les Vosges du Nord (Mémoire de Master II : Forêt, agronomie, génie de l'environnement), Nancy, Université Nancy-I / ONCFS, 2007, 45 p. ↑ Philippe Stahl, Le chat forestier d'Europe (Felis silvestris Schreber, 1777) : exploitation des ressources et organisation spatiale (Thèse de doctorat en biologie), Nancy, Université Nancy-I, 1986, 103 p. ↑ (en) Anile, S., « Record of a 10-year old European Wildcat... », Journal of Threatened Taxa, vol. 12, no 2, 2020 (DOI ) ↑ Stahl P. et Léger F., Le chat sauvage d'Europe, SFEPM, 1992. ↑ (en) Scottish Wildcat Conservation Action Group, Scottish Wildcat Conservation Action Plan, Edinburgh, Scottish Natural Heritage, 2013 (lire en ligne) ↑ (en) B. Nussberger, « Range expansion as an explanation for introgression in European wildcats », Biological Conservation, vol. 218, 2018, p. 49–56 ↑ (en) Annika Tiesmeyer, « Range-wide patterns of human-mediated hybridisation in European wildcats », Conservation Genetics, vol. 21, 2020, p. 247–260 ↑ Marie-Amélie Carpio, « Le chat forestier, le petit félin à la conquête de l’Hexagone », sur National Geographic, 13 octobre 2020. ↑ (de) B. Vogel, « Der Wildkatzenwegeplan – Ein strategisches Instrument des Naturschutzes », Naturschutz und Landschaftsplanung, vol. 41, 2009, p. 333–340 ↑ « Scottish wildcats to be released in Cairngorms », BBC News, 2023 (lire en ligne) ↑ UNIGE, « Le chat sauvage menacé par son cousin domestique », 29 septembre 2020 ↑ Geneviève Praplan, « Le chat sauvage : discret mais présent », Coopération, no 52, 25 décembre 1996 Voir aussi[modifier le code] Sur les autres projets Wikimedia : Articles connexes[modifier le code] Felis Chat forestier en France Liens externes[modifier le code] (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Felis silvestris (consulté le 21 décembre 2025) (fr + en) ITIS : Felis silvestris Schreber, 1777 (consulté le 8 novembre 2025) (en) BioLib : Felis silvestris Schreber, 1777 (consulté le 8 novembre 2025) (fr) INPN : Felis silvestris Schreber, 1775 (TAXREF) (en) Fauna Europaea : Felis silvestris Schreber, 1775 (consulté le 22 février 2022) (en) Animal Diversity Web : Felis silvestris (consulté le 19 juin 2017) (en) BioLib : Felis silvestris Schreber, 1777 (consulté le 19 juin 2017) (en) Catalogue of Life : Felis silvestris Schreber, 1777 (consulté le 15 décembre 2020) (fr + en) ITIS : Felis silvestris Schreber, 1777 (consulté le 19 juin 2017) (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Felis silvestris Schreber, 1777 (consulté le 19 juin 2017) (en) NCBI : Felis silvestris (taxons inclus) (consulté le 19 juin 2017) (en) Tree of Life Web Project : Felis silvestris (consulté le 19 juin 2017) (en) Paleobiology Database : Felis silvestris Schreber 1777 (consulté le 19 juin 2017) Statut de conservation : (en) UICN : espèce Felis silvestris (consulté le 19 juin 2017) (en) CITES : Felis silvestris Schreber, 1775 (+ répartition sur Species+) (consulté le 20 mai 2015) (fr) CITES : taxon Felis silvestris (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le 20 mai 2015) Autres sites : Fiches de la IUCN/SSC Cat Specialist Group sur Felis silvestris silvestris, Felis silvestris ornata, Felis silvestris lybica et Felis bieti (en) Felis sylverstris Trois sous-espèces distinctes. v · mLes différentes espèces actuelles de félins Règne : Animalia Embranchement : Chordata Clade : Synapsida Classe : Mammalia Ordre : Carnivora Sous-ordre : Feliformia Famille : Felidae Felinae Acinonyx Guépard Caracal Caracal Chat doré d'Afrique Felis Chat de jungle Chat des marais Chauss Chat à pieds noirs Chat des sables Chat forestier Chat ganté(Chat orné) Chat de Biet Leopardus Chat des Andes Chat de Geoffroy Guigna Kodkod Margay Ocelot Oncille Chat-tacheté Chat-tigre Chat des pampas, statuts incertains : Chat du Pantanal Leopardus pajeros Colocolo Leptailurus Serval Lynx Lynx du Canada Lynx roux Lynx pardelle Lynx boréal Otocolobus Manul (Chat de Pallas) Pardofelis Chat marbré Chat bai Chat de Temminck Chat doré d'Asie Prionailurus Chat à tête plate Chat-léopard Chat pêcheur Chat rubigineux Chat rougeâtre Chat-léopard de l'Inde Chat de Java Puma Jaguarondi Puma Pantherinae Neofelis Panthère nébuleuse Panthère longibande Neofelis diardi Panthère nébuleuse de Bornéo Chat de Diard Panthera Jaguar Lion Léopard Panthère Panthère des neiges Léopard des neiges once irbis Tigre Portail des mammifères Portail des félins Portail de l’Europe <img width="1" height="1" style="border: none; position: absolute;" src="https://fr.wikipedia.org/wiki/Special:CentralAutoLogin/start?useformat=desktop&type=1x1&usesul3=1"; alt=""> Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Felis_silvestris&oldid=231704392 ».
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:30 PM
|
Il y a cinq cents six ans, le 2 mai 1519 précisément, Léonard de Vinci mourait à l’âge de 67 ans au manoir de Cloux, aujourd’hui château du Clos-Lucé à…...
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:29 PM
|
L' histoire de la Nouvelle-Zélande couvre plus de 700 ans, depuis le moment où elle a été découverte et colonisée par des populations polynésiennes, qui y ont développé une culture spécifique, la culture maorie. Abel Tasman est le premier Européen à découvrir ce territoire le .
L'histoire de la Nouvelle-Zélande couvre plus de 700 ans, depuis le moment où elle a été découverte et colonisée par des populations polynésiennes, qui y ont développé une culture spécifique, la culture maorie. Abel Tasman est le premier Européen à découvrir ce territoire le 13 décembre 1642. Tout au long du XVIIe siècle, des explorateurs, des marins, des missionnaires, des aventuriers, ont régulièrement abordé la Nouvelle-Zélande. En 1840, le traité de Waitangi est signé par la couronne britannique et différents chefs maoris. Il incorpore la Nouvelle-Zélande à l'Empire britannique et donne des droits équivalents aux Maoris et aux Britanniques. Le reste du XIXe siècle est marqué par l'installation sur place de nombreux Européens et dans une moindre mesure de populations asiatiques. Les effets de la guerre, la mise en place d'un système juridique et économique d'origine européenne expliquent la perte d'influence des populations maories et leur appauvrissement. À partir des années 1890 le parlement néo-zélandais a voté de nombreuses mesures progressistes, parmi lesquelles le droit de vote accordé aux femmes ou la mise en place d'un système de retraites. Dans les années 1930, l'économie du pays était fortement régulée et l'État providence particulièrement puissant. La culture maorie connut une renaissance spectaculaire et, à partir des années 1950, de nombreux Maoris s'installèrent en ville. Le militantisme maori conduisit l'État néo-zélandais à promouvoir une plus grande reconnaissance des Maoris, sur la base du traité de Waitangi. Pendant les années 1980, l'économie néo-zélandaise a connu une forte déréglementation libérale. La politique étrangère, traditionnellement liée à celle du Royaume-Uni ou des États-Unis, a cherché à devenir plus autonome. Les gouvernements successifs ont généralement maintenu ces orientations. Océanie Tectonique Zealandia Relief Géologie Satellite Austronésiens Migrations Voyages de Tasman (1642-1644) Carte de Tuki, 1798 Premiers colons (après 1000)[modifier le code] Les premiers colons sont des Polynésiens de l'est (îles de la Société, îles Cook, les îles Australes de Polynésie française[1]) qui arrivent probablement entre 1050 et 1350 apr. J.-C., naviguant dans des waka avec l'aide des systèmes météorologiques subtropicaux[2] ou des oiseaux migrateurs ou des baleines[3],[4], et établissent la culture indigène maorie[5]. Aux alentours de l'an 1500, certains Maoris partent s'installer sur les îles Chatham[2],[6],[7],[8],[9],[10], y développant leur propre culture moriori[11],[12]. La date de l'arrivée des premiers Maoris varie selon les sources, mais beaucoup s'accordent sur le siècle entre 1250 et 1350[13],[14]. L'historien néo-zélandais Michael King suggère le XIIIe siècle[15], tandis qu'un autre historien néo-zélandais, James Belich, suggère le milieu du XIe siècle[16]. Ils arrivent au nord de l'île du Nord[3] et rencontrent les forêts tempérées et des espèces qu'ils n'avaient pas vus auparavant dans les îles à climat plus doux d'où ils étaient originaires (le moa, l'aigle géant de Haast, la weta...), de nouveaux fruits, poissons et produits de la mer. Ils introduisent le chien et le rat polynésien (kiore), le taro, la variante de patate douce appelée kumara, le mûrier à papier et l'épinard hawaïen[1]. James Belich dresse le résumé suivant de l'histoire de la Nouvelle-Zélande avant la venue des Européens. Arrivés au XIe siècle, les Maoris occupent d'abord une petite colonie dans le nord. Aux XIIe et XIIIe siècles, la population néo-zélandaise n'est toujours que de quelques centaines, mais commence à se subdiviser et à se disperser, occupant un territoire de plus en plus important. Aux XIVe et XVe siècles, la population s'accroît, atteignant finalement des dizaines de milliers, et le gibier, surexploité, est menacé d'extinction. Le moa disparaît vers l'an 1500. La chasse ne pouvant plus être maintenue en mode de subsistance essentiel, les populations maories s'adaptent. La démographie se stabilise. Les communautés deviennent davantage sédentaires, et se structurent en unités socio-économiques, les iwi. C'est le début de « l’ère tribale », qui dure du XVIe au XVIIIe siècle[17]. Les iwi (tribus) se divisent en hapu (clans) qui peuvent se disputer ou se combattre, mais coopèrent en cas d'hostilité de la part d'un autre iwi à l'encontre du leur. Les hapu, comportant jusqu'à plusieurs centaines de personnes, sont eux-mêmes divisés en whanau (parentèle)[18], aujourd'hui un concept culturel encore très respecté des Maori et à la base de la structure de leur société[19]. Les iwi et hapu pouvaient se modifier sous l'effet des conflits (particulièrement sur les ressources exploitables), de l'élargissement ou diminution du nombre de membres, des fusions[20]... Leurs noms pouvaient venir d'un illustre ancêtre (femme ou homme), un évènement marquant dans leur histoire, voire du nom des chefs des groupes ayant décidé de resserrer leurs liens et de fusionner[21]. Le passé n'était pas méconnu chez les Maoris. Leur histoire était préservée de manière orale, à travers des récits et des chants. Les experts en généalogie (whakapapa) pouvaient (et peuvent) réciter la liste des ancêtres d'un whanau, d'un hapu ou d'un iwi et remonter ainsi des centaines d'années[22], jusqu'aux ancêtres fondateurs, dont on disait qu'ils étaient venus de Hawaiki à bord de quarante wakas[23]. Cette connaissance des lignées ancestrales avait des visées pratiques. D'une part, elle définissait l'appartenance à la communauté. Les Ngāi Tahu, par exemple, sont par définition le peuple qui a pour ancêtre Tahupōtiki. D'autre part, elle permettait à un individu ou à un groupe d'hériter le mana d'ancêtres renommés. Enfin, elle servait de preuve en matière de revendication foncière : la terre d'un iwi est celle de ses ancêtres. Les îles Chatham, plus à l'est, alors inhabitées, ont été atteintes et occupées vers l'an 1500 par les Morioris, originaires de la mythique Hawaiki. Selon une autre version, vers l'an 1000, une première découverte serait le fait de migrateurs maoris d'origine polynésienne. Premiers explorateurs européens (dès 1642)[modifier le code] Exploration européenne de l'île[modifier le code] Les premiers explorateurs européens qu'on sait avoir abordé la terre néo-zélandaise sont Abel Tasman, qui arrive de Batavie en 1642, et son équipage (dont Franz Jacobszoon Visscher, pilote-major, et Isaack Gilsemans, qui fera les premiers dessins de la Nouvelle-Zélande[24]), sur les navires Heemskerck et Zeehaen[25]. Plusieurs d'entre eux sont tués par des Māori le 19 décembre de la même année, dans ce qui est aujourd'hui la baie Golden, que Tasman appellera Moordenaers Bay (« Baie des Assassins »)[25]. Quelques jours après leur mort, Tasman écrit dans son journal que ce sont « de très belles terres »[26] ; ils auraient vu, entre autres régions, les Alpes du Sud[24]. Ils s'arrêtent à l'île d'Urville, où Tasman se doute de l'existence du détroit de Cook, mais doit renoncer à explorer les environs en raison du mauvais temps[24]. Aucun autre Européen ne visite la Nouvelle-Zélande jusqu'au voyage de 1768-1771 du capitaine James Cook à bord de l'Endeavour. Envoyé par le gouvernement britannique, il arrive en 1769 et cartographie presque toute la côte en prenant soin de décrire en détail les terres qu'il explore, que ce soit en Australie ou en Nouvelle-Zélande, pour une éventuelle colonisation[27]. Ces cartes très détaillées sont longtemps utilisées par les explorateurs[28]. Joseph Banks l'accompagne et dessine la faune et flore du pays avec Daniel Solander, botaniste, et plusieurs autres dessinateurs[29]. Les contacts avec les maoris sont difficiles malgré l'aide de traduction de Tupaia[29]. Cook retourne à deux reprises, utilisant la Nouvelle-Zélande comme base pour ses explorations de la côte australienne, une fois compris que la Nouvelle-Zélande ne fait pas partie du continent Terra Australis Incognita[30]. Ayant l'esprit plus ouvert à propos des autochtones des pays qu'il visite, que la plupart de ses concitoyens, essayant de communiquer avec eux, il les présente à ses supérieurs comme « les possesseurs naturels et légaux des terres qu'ils habitent »[31]. Sur les traces de Cook, on trouve George Vancouver (1757-1798) et William Robert Broughton ((1762-1821) qui partent ensemble à bord des navires Discovery et Chatham ; Vancouver découvrira les îles Snares et Broughton les îles Chatham en novembre 1791. En février 1793, l'Italien Alessandro Malaspina, commandant d'une expédition espagnole de deux navires, explore un peu la région, mais dresse peu de cartes. 1820 voit l'arrivée de Fabian Gottlieb von Bellingshausen (1778-1852), commandant deux navires russes, Mirny et Vostok, et qui s'arrête à Queen Charlotte Sound avant de continuer vers sa destination, l'Antarctique[28]. Les Français sont également présents dans la région, De Surville la même année que Cook (il rencontra beaucoup de difficultés et accidents et tue des Maoris), Du Fresne (au début en bons termes avec les Maoris, mais la fin de l'expédition se solde par un massacre d'Européens et de Maoris), D'Entrecasteaux, Duperrey et D'Urville[32]. Alors que la France cherche à développer son implantation dans le théâtre océanien face à l'Angleterre, en 1820, Charles de Thierry propose au Roi de France de lui céder des terres dans l'île du sud qu'il aurait obtenues de māori[33]. Le Roi envoie Jules Dumont d'Urville en 1826 pour explorer les possibilités pour établir une colonie pénitentiaire en Nouvelle-Zélande[33]. A son retour, ce dernier esquisse un plan de colonisation du territoire, qu'il présente au Roi[34]. Conséquences des premières relations entre européens et māori[modifier le code] Suivent de nombreux navires de chasse à la baleine, et au phoque, ainsi que de divers marchands. On échange des produits et des vivres européens, particulièrement des outils métalliques et des armes, contre du bois, des vivres, des artefacts et de l'eau des Māori. Parfois les Européens échangent leurs produits contre des relations sexuelles[35]. Chez les Māori, l'agriculture et la guerre sont transformées par l'arrivée de la pomme de terre et du mousquet, les guerres des mousquets qui en résultent de 1806 à 1845 cessent quand ces armes sont plus équitablement réparties parmi les Māori. Ces dernières se déroule de 1806 à 1845 entre tribus maories pour acquérir, détenir (et utiliser) des armes à feu. Sous l'impulsion du missionnaire britannique Samuel Mardsen, deux missions méthodistes s'installent en Nouvelle-Zélande[36]. La première s'installe à la Baie des îles en décembre 1814 et la seconde dans l'île Nord en 1822-1823[36]. Ces missions seront relativement infructueuses ayant réussi leurs premières conversions plus de vingt ans après leur installations[37]. De son côté le catholique vicariat d'Océanie occidentale s'implante en 1838 et convertit en dix ans environ 5 000 maoris[38]. Les efforts de traduction des missions chrétiennes permettent la publication d'un premier dictionnaire maori en 1835[39]. Les missionnaires n'enseignent pas que le christianisme, mais aussi leur techniques agricoles, ainsi que l'écriture et la lecture[40]. Les iwi deviennent peu à peu plus importants que les hapu, car moins nombreuses et donc plus faciles à gérer pour les Européens, et partout en Nouvelle-Zélande, les Maori se déplacent, certains pour profiter du commerce avec les Européens et d'autres pour les éviter[41]. L'île d'Urville, refuge des premiers explorateurs Maori troquant une écrevisse contre du tissu - Dessins illustrant le premier voyage du capitaine Cook (1769) Religieux protégeant un indigène (1861) Robley et sa collection de mokomokai (1895) Maoris tissant un taniko Le traité de Waitangi (1840)[modifier le code] De 1788 à 1840, les îles de Nouvelle-Zélande font officiellement partie de la Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Se rendant compte du caractère désordonné de la colonisation européenne en Nouvelle-Zélande et de l'intérêt croissant de la France pour ce territoire (autour d'Akaroa), le gouvernement britannique envoie William Hobson proclamer la souveraineté britannique et négocier un traité avec les Māori. Le traité de Waitangi est signé dans la baie des Îles le 6 février 1840[42]. Ce traité est écrit rapidement et dans la confusion ; on se dispute encore sur la traduction du document en maori. Le traité est vu comme l'acte fondateur de la Nouvelle-Zélande en tant que nation et comme la charte garantissant les droits des Maoris. Il anéantit les ambitions française sur la Nouvelle-Zélande, tout juste avant la mise en œuvre des projets français de colonisation[43]. En 1839 la population totale non-Maori est de 2 000 personnes ; en 1852 elle est de 28 000[44],[45]. À partir de 1840, un nombre grandissant de colons européens émigrent dans l'île du sud, encouragés par les efforts de la New Zealand Company, qui permet l'installation de quatorze mille colons entre 1840 et 1852[46],[42]. La compagnie établit de nombreux comptoirs commerciaux et fonde alors notamment Wellington en 1839, New Plymouth en 1848 et Christchurch en 1850[46],[42]. La découverte d'or en mai 1952 en Otago instigue une véritable ruée vers l'or et attire 195 000 personnes, dont 114 000 s'installe sur l'archipel[47]. Dans les années 1850, la plus grande partie de l'intérieur de l'île du Nord est connue des Européens ; on attend les années 1860 et l'arrivée des orpailleurs pour connaître la géographie de l'île du Sud[42]. Deux-tiers des immigrants viennent du sud de l'Angleterre ; peu de personnes d'autres nationalités y émigrent : 281 Allemands à Nelson en 1843-44, 100 Français à Akaroa en 1840, des Écossais (particulièrement de Glasgow et Édimbourg) en Otago... Moins de 2 % proviennent d'Irlande[48]. Au début les Maoris se lancent avec enthousiasme dans le commerce avec ceux qu'ils appellent Pākehā, et de nombreux iwi (tribus) deviennent riches. Mais les conflits se multiplient avec l'augmentation du nombre de colons, pour aboutir aux guerres maories (1845-1872), qui provoquent la perte de beaucoup de terres par les Māori. Le mouvement Kīngitanga, qui établit une monarchie maorie pan-tribale et autonome en 1857, principalement dans la région du Waikato, subsiste tant bien que mal face à l'extension de l'autorité coloniale. Le mouvement est affaibli par sa défaite en 1864, pendant la guerre du Waikato mais ne disparaît jamais totalement. Le détail et l'interprétation de la colonisation européenne et de l'acquisition des terres māori demeurent aujourd'hui controversés. Globalement, la population maorie passe de 80 000 à 42 000 personnes entre les années 1840 et 1891[41]. Là, où elles occupaient 80% des terres de l'île du nord en 1890, elles n'en possède plus que 40% en 1890, 27% en 1910 et 9% en 1939[49]. Tūkaitote, la pa de Te Wherowhero (1775-1860), premier roi maori (1857-1860) Tāwhiao (1822-1894), second roi Māori Mahuta Tāwhiao (en) (1855c-1912), troisième roi Māori Te Rata (en) (1878-1933), quatrième roi Māori Korokī Mahuta (en) (1906-1966), cinquième roi Māori Galerie Moriori des îles Chatham (1873-1910)[modifier le code] De l'autonomie à l'indépendance (1854-1975)[modifier le code] Article connexe : Indépendance de la Nouvelle-Zélande. En 1854, le premier Parlement de Nouvelle-Zélande, établi par le Parlement britannique, à travers la New Zealand Constitution Act de 1852, conduit le pays vers une autonomie partielle, et vers la fin du siècle, elle sera entièrement autonome. Cette période verra une explosion démographique, puisqu'en 1870 la population non-Maori atteindra 250 000 alors qu'en 1853 elle était de 30 000[50]. De 1891 à 1912, le Parti libéral (progressiste) est au pouvoir. Il introduit des mesures sociales sans précédent, conférant au pays l’appellation de « laboratoire social du monde ». En 1893, la Nouvelle-Zélande est le premier pays à donner le droit de vote aux femmes. En 1894, la loi Industrial Conciliation and Arbitration Act (introduite par le ministre du Travail William Pember Reeves, architecte de la pensée du Parti libéral) vise à permettre l'arbitrage des conflits sociaux. En 1898, elle introduit l'épargne retraite. 1900[modifier le code] La Grande-Bretagne, qui avait fait des îles Cook un protectorat britannique en 1888, délègue son administration à la Nouvelle-Zélande en 1900[51] En 1901, elle établit un département de la Santé. C'est également au sein de ce gouvernement que l'élite politique maori accède pour la première fois à des postes de haute responsabilité ; le député maori James Carroll, ministre des Affaires indigènes de 1899 à 1912, exerce brièvement les fonctions de Premier ministre en 1909 et en 1911 (remplaçant le Premier ministre Joseph Ward lorsqu'il est absent). La Nouvelle-Zélande devient un dominion en 1907, reconnaissance symbolique de son autonomie en matière de politique intérieure, et le pays est entièrement souverain en 1947 lors de la ratification du Statut de Westminster de 1931 ; en pratique le Royaume-Uni a cessé depuis longtemps de jouer un quelconque rôle dans la politique du pays. Plus elle devient indépendante politiquement, plus elle le devient aussi économiquement : dans les années 1890, la réfrigération dans le transport des produits commerciaux permet à la Nouvelle-Zélande de fonder toute son économie sur l'exportation de la viande et de produits laitiers vers le Royaume-Uni. La Nouvelle-Zélande est un membre enthousiaste de l'Empire britannique, envoyant des hommes lutter dans la seconde guerre des Boers (1899-1902) et la Première et Seconde Guerre mondiale ; elle le soutient également lors de la crise du canal de Suez. En 1919, le pays obtient un siège à la Société des Nations (SDN). Le pays fait partie de l'économie mondiale et souffre comme les autres pendant la Grande Dépression des années 1930. Cette dépression mène à l'élection du premier gouvernement travailliste sous Michael Joseph Savage, qui établit un État-providence et une économie protectionniste. 1940[modifier le code] Article connexe : Histoire militaire de la Nouvelle-Zélande pendant la Seconde Guerre mondiale. La Nouvelle-Zélande entre dans une période de prospérité grandissante après la fin de la Seconde Guerre mondiale. 1950[modifier le code] Toutefois, certains problèmes sociaux se développent en même temps. Les Maoris commencent à migrer vers les villes et abandonnent peu à peu leur mode de vie traditionnel : en 1936, 83 % habitaient en région rurale et 17 % en ville ; en 1986, les pourcentages sont presque inversés avec 80 % des Maoris en ville[41]. Le recensement de 2001 révèle que 20 % des Maori ne connaissent pas leur iwi d'origine, et beaucoup de ceux qui s'en souviennent ne connaissent pas leur hapu[41]. La jeunesse maori, n'ayant connu que la ville, se sent détachée de sa culture et de sa famille, isolée dans la pauvreté urbaine, et se rebelle en créant et rejoignant des bandes criminelles[52], mais aussi des groupes culturels, de soutien et d'éducation sur la culture maori pour accompagner tous ceux voulant reconnecter avec leurs origines[53]. On construit des marae urbains ouverts à tous, Maori ou Pakeha[54]. 1970[modifier le code] Le mouvement de protestation māori se forme, critiquant l'eurocentrisme et cherchant une meilleure reconnaissance de la culture māori et du traité de Waitangi, qu'ils considèrent trahi[53]. En 1975 est créé le tribunal de Waitangi, qui enquête sur les violations du traité dès 1985. Comme dans les autres pays développés, les mœurs et le comportement politique changent pendant les années 1970 ; le commerce avec le Royaume-Uni est fragilisé par son adhésion à la Communauté européenne. Les réformes des années 1980 et 1990[modifier le code] De grands changements économiques et sociaux ont lieu dans les années 1980 sous le quatrième gouvernement travailliste, particulièrement par la politique du ministre des finances, Roger Douglas (« Rogernomics »). Le dollar néo-zélandais adopte un taux de change flottant. Les autres réformes incluent la réduction des dépenses de l'état, la baisse des impôts et la quasi-suppression des subventions à l'industrie. Cette politique ne permit pas de régler le problème du chômage, notamment après le crash de 1987. Le quatrième gouvernement travailliste opéra une révolution en matière de politique étrangère. Il décréta que le pays n'abriterait pas d'armes nucléaire et il quitta l'ANZUS. La politique d'immigration a été assouplie, ce qui a permis l'accueil de nombreux immigrants venant d'Asie. Par ailleurs, le gouvernement travailliste a adopté des mesures comme la réforme constitutionnelle de 1986 ou la promotion des droits homosexuels. Pourtant, les électeurs se sont tournés en 1990 vers un gouvernement conservateur dirigé par Jim Bolger. Ce gouvernement a largement continué les réformes économiques entamées par les travaillistes. 1996 est l'année de la mise en place d'un scrutin de type proportionnel en Nouvelle-Zélande. La Nouvelle-Zélande aujourd'hui[modifier le code] Le cinquième gouvernement travailliste, dirigé par Helen Clark, arrive au pouvoir en 1999. Il maintient les grands principes de l'action des précédents gouvernements (peu d'intervention publique dans l'économie) mais infléchit sa politique vers plus d'action sociale. Ainsi, la protection des travailleurs a été renforcée, les prêts aux étudiants réformés. Le gouvernement Clark est resté au pouvoir pendant neuf ans, jusqu'en 2008. Le conservateur John Key lui succède. La Nouvelle-Zélande continue d'entretenir avec le Royaume-Uni des liens informels mais puissants. Nombreux sont les jeunes néo-zélandais qui partent, du fait de conditions avantageuses d'obtention des visas, au Royaume-Uni pour quelque temps à la fin de leurs études. Malgré l'assouplissement des règles d'immigrations dans les années 1980, les personnes d'origine britanniques restent la première source de migrants vers la Nouvelle-Zélande. En 2003, une cour suprême néo-zélandaise remplace les juridictions héritées des britanniques. La politique étrangère de la Nouvelle-Zélande cherche à rester indépendante. Ainsi, elle a envoyé des troupes en Afghanistan en 2001 mais pas en Irak en 2003. Aujourd'hui, l'économie de la Nouvelle-Zélande étant moins forte que celle de l'Australie et d'autres nations développées[55], on observe une fuite des cerveaux de jeunes Néo-Zélandais vers l'Australie en particulier (35 300 de septembre 2006 à septembre 2007[56]), mais aussi le Royaume-Uni et d'autres pays anglophones ; c'est également le cas des Maoris[57]. Dans la même période, on a vu 13 579 Australiens migrer en Nouvelle-Zélande[56]. La pandémie de Covid-19 en Nouvelle-Zélande débute le 28 février 2020 avec le premier cas de Covid-19 signalé à Auckland. Le pays est le 48e à être touché dans le monde. Au 8 décembre 2022, 2 235 morts sont recensés[58]. Galerie de dirigeants récents : Premier/ère ministre[modifier le code] Helen Clark1999-2008 John Key2008-2016 Bill English2016-2017 Jacinda Ardern2017-2023 Chris Hipkins2023 Christopher Luxon2023-présent Galerie de dirigeants récents : gouverneur(e) général(e)[modifier le code] Silvia Cartwright2001-2006 Anand Satyanand2006-2011 Jerry Mateparae2011-2016 Patsy Reddy2016-2021 Cindy Kiro2021-présent Notes et références[modifier le code] ↑ a et b (en) Geoff Irwin ; Pacific migrations : Māori ancestors ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a et b (en) Geoff Irwin ; Pacific migrations: The world's first seafarers ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a et b (en) Geoff Irwin ; Pacific migrations: East to the empty Pacific ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand ↑ (en) Rāwiri Taonui ; Canoe navigation: Locating land ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand ↑ (en) John Wilson ; European discovery of New Zealand: Before Tasman ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ (en) Ross Clark, Moriori and Maori : The Linguistic Evidence. In Sutton, Douglas G. (Ed.) (1994), The Origins of the First New Zealanders, Auckland, Auckland University Press, 1994, p. 123-135. ↑ Māui Solomon et Denise Davis, Moriori, Te Ara - the Encyclopedia of New Zealand, 9 juin 2006 (lire en ligne) ↑ (en) Kerry Howe, "Ideas of Māori origins", Te Ara - the Encyclopedia of New Zealand ↑ (en) Michael King (trad. du chinois), Moriori : A People Rediscovered, Albany, Viking, 2000 (1re éd. 1989) (ISBN 978-0-14-010391-5, LCCN ). ↑ (en) Kerry Howe, The Quest for Origins : Who First Discovered and Settled New Zealand and the Pacific Islands?, Auckland, Penguin, 2003, p. 183. ↑ (en) R. Clark ; « Moriori and Māori: The Linguistic Evidence » dans Douglas G. Sutton (éd.) ; The Origins of the First New Zealanders ; Auckland University Press ; Auckland ; 1994 ; pages 123 à 135. ↑ (en) Moriori - The impact of new arrivals ; Encyclopedia of New Zealand ↑ (en) Geoff Irwin and Carl Walrond, , sur www.teara.govt.nz (consulté le 13 février 2026) ↑ (en) Geoff Irwin and Carl Walrond, , sur www.teara.govt.nz (consulté le 13 février 2026) ↑ (en) Michael King, The Penguin History of New Zealand, Auckland, Penguin Books Ltd., 2003 (ISBN 0-14-301867-1), p. 48. ↑ (en) James Belich, Making Peoples: A History of the New Zealanders, Honolulu: University of Hawai'i Press, 1996, (ISBN 0-8248-2517-9), p. 36. ↑ James Belich, Making Peoples: A History of the New Zealanders from the Polynesian Settlement to the End of the Nineteenth Century, 2001 (1996), (ISBN 0-8248-2517-9), p. 48. ↑ (en) Rāwiri Taonui ; Tribal organisation : the significance of iwi and hapū ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand ↑ (en) Rawiri Taonui, , sur www.teara.govt.nz (consulté le 13 février 2026) ↑ (en) Rawiri Taonui, , sur www.teara.govt.nz (consulté le 13 février 2026) ↑ (en) Rāwiri Taonui ; Tribal organisation: How iwi and hapū were named ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ Best, Elsdon, "Te Whanga-nui-a-Tara: Wellington in pre-Pakeha days", Journal of the Polynesian Society, vol.10, septembre 1901, pp. 107-165. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 36. ↑ a b et c (en) John Wilson ; European Discovery of New Zealand: Abel Tasman ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a et b (en) K.A. Simpson ; Tasman, Abel Janszoon 1602/1603? - 1659? ; Dictionary of New Zealand Biography. ↑ (en) Andrew Sharp, The voyages of Abel Janszoon Tasman, Londres, Oxford University Press, 1968, p. 124. ↑ (en) John Wilson ; European discovery of New Zealand: James Cook ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a et b (en) John Wilson ; European discovery of New Zealand: Explorers after Cook ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a et b Mohamed-Gaillard 2015, p. 24. ↑ (en) John Wilson ; European discovery of New Zealand : Cook's three voyages ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ En anglais : « ...the natural, and … legal possessors of the several Regions they inhabit... ». ↑ (en) John Wilson ; European discovery of New Zealand: French explorers ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a et b Mohamed-Gaillard 2015, p. 68. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 69. ↑ (en) Michael King ; The Penguin History of New Zealand ; 2003 ; page 122 ; (ISBN 0143018671) ↑ a et b Mohamed-Gaillard 2015, p. 54-55. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 55. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 57. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 60. ↑ (en) John Wilson, , sur www.teara.govt.nz (consulté le 13 février 2026) ↑ a b c et d (en) Rāwiri Taonui ; Tribal organisation : the history of Māori social organisation ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a b c et d (en) John Wilson, , sur www.teara.govt.nz (consulté le 13 février 2026) ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 70-71. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 70. ↑ (en) Jock Phillips, , sur www.teara.govt.nz (consulté le 13 février 2026) ↑ a et b Mohamed-Gaillard 2015, p. 84. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 84-85. ↑ (en) Jock Phillips ; History of immigration: The immigrants: 1840 to 1852 ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 90. ↑ (en) Jock Phillips ; History of immigration: Settlement in the provinces 1853 to 1870 ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand ↑ Mohamed-Gaillard 2015, p. 79. ↑ (en) Paul Meredith ; Urban Māori: Hopes and reality ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ a et b (en) Paul Meredith ; Urban Māori: Urban networks ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ (en) Paul Meredith ; Urban Māori: Urban marae ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ (en) Michael Fields et Anna Chalmers ; NZ stuck as other nations prosper ; The Dominion Post ; 1er décembre 2007 ↑ a et b (en) Dan Eaton ; More Kiwis than Brits moving to Australia ; The Press ; 14 novembre 2007. ↑ (en) Carl Walrond ; Māori overseas: Settling in Australia ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ↑ (en) « COVID-19: Current cases », sur Ministry of Health NZ (consulté le 8 décembre 2022). Annexes[modifier le code] Sur les autres projets Wikimedia : Bibliographie[modifier le code] Bibliographie de l'histoire de la Nouvelle-Zélande (en) Sarah Mohamed-Gaillard, Histoire de l'Océanie: de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, coll. « Collection U », 2015, 235 p. (ISBN 978-2-200-60130-0), p. 24-25, 36 Articles connexes[modifier le code] Bassin Indo-Pacifique, Zone Indo-Pacifique, Ceinture de feu du Pacifique, Écozone océanienne îles et archipels, regroupés (ou non) en Australasie, Miocronésie, Mélanésie et Polynésie, hors pourtour du Pacifique Histoire de l'Océanie Histoire naturelle de la Nouvelle-Zélande (en) Liste du patrimoine mondial en Nouvelle-Zélande Culture de la Nouvelle-Zélande, littérature néo-zélandaise Registre international Mémoire du monde (Nouvelle-Zélande) Bibliothèque nationale de Nouvelle-Zélande & Archives nationales Chronologie de la Nouvelle-Zélande (en) avant 1500 Peuplement de l'Océanie, peuples autochtones d'Océanie Austronésiens, langues austronésiennes, langues océaniennes, langues malayo-polynésiennes Océaniens : Mélanésiens, Micronésiens, Polynésiens Maoris, histoire des Maoris (en) Navigation polynésienne (en), vaisseaux austronésiens (en), pirogues des migrations maories, navigation micronésienne (en), carte à bâtonnets Archéologie de la Nouvelle-Zélande (en) Hawaiki (île mythique des origines), Moriori (Îles Chatham), Ngāi Tahu (une des principales tribus / iwi) Culture maorie, langues maories : maori de Nouvelle-Zélande, maori des îles Cook Musique maorie, Kapa haka, mythologie maorie, littérature orale polynésienne Textiles traditionnels maoris (en) 1500 Explorateurs occidentaux de l'océan Pacifique, dont Juan Fernández (navigateur espagnol) (1536-1604), possible découvreur de la Nouvelle-Zélande en 1576 Abel Tasman (1603-1659), navigateur néerlandais, explorateur (Tasmanie, Nouvelle-Zélande, Fidji) James Cook (1728-1779), navigateur et cartographe britannique, cartographie le pays en 1769-1770 (premier voyage de Cook, 1768-1771) Jean-François de Surville (1717-1770), navigateur français, explore la Nouvelle-Zélande en 1769-1770 Marc Joseph Marion du Fresne (1724-1772), navigateur malouin, explore le pays en 1772 Antoine Bruny d'Entrecasteaux (1737-1793), navigateur français, passe au large en 1793 (expédition d'Entrecasteaux) Jean-Michel Huon de Kermadec (1748-1793), navigateur français, passe au large en 1793 (expédition d'Entrecasteaux) Alessandro Malaspina (1754-1810), navigateur italien (pour l'Espagne), passe en 1793 (Île Sud, expédition Malaspina 1789-1794) La tribu maori Ngāi Tahu migre vers 1730 de l'île du Nord vers l'île du Sud 1800 Colonie de Nouvelle-Galles du Sud (1788-1901, dépendant au départ de la Terre de Van Diemen/Tasmanie) Guerres des mousquets (1806-1845), mokomokai (chefs conservés), affaire des têtes maories Colons européens en Nouvelle-Zélande (en), Pākehā Māori (Pakeha) Déclaration d'indépendance de la Nouvelle-Zélande (en) (1835, He Whakaputanga o te Rangatiratanga o Nu Tireni) Compagnie de Nouvelle-Zélande (1837-?, NZC, conçue dès 1825 pour la colonisation), navires de la NZC (en) Confiscations de terres en Nouvelle-Zélande (en) (particulièrement dans les années 1860) Tribus unies de Nouvelle-Zélande (1835-1840), État souverain éphémère et essentiellement théorique Traité de Waitangi (1840) Colonie de Nouvelle-Zélande (1841-1907), liste des gouverneurs-généraux de Nouvelle-Zélande (en) Commission foncière de Nouvelle-Zélande (en) (1841-1844) Otago Association (en) (1845), Canterbury Association (en) (1848) Guerres maories (1845-1872), New Zealand Army (1845) Loi constitutionnelle néo-zélandaise de 1852 (en) Ministère Sewell (1856) (en), premier gouvernement responsable Monarchie maorie (Kīngitanga, Māori King Movement, 1858), Potatau Te Wherowhero (1775-1860) Indépendance de la Nouvelle-Zélande Richard Seddon (1845-1906) Ringatū (1868), Te Kooti (1832c-1893) Ère Vogel (en) (1873-1876), Julius Vogel (1835-1899) Grande Dépression (1873-1896) Mouvement de tempérance en Nouvelle-Zélande (en) (1834-1919) Gouvernement libéral de Nouvelle-Zélande (en) (1891-1912) Droit de vote des femmes en Nouvelle-Zélande (1893) 1900 Tournée de l'équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XV en 1905-1906 (The Original All Blacks) Dominion de Nouvelle-Zélande (1907-1947) One Hundred Crowded Years, film sorti en 1940 à l'occasion du centenaire de la Nouvelle-Zélande Loi d'adoption du statut de Westminster de 1947 Histoire militaire de la Nouvelle-Zélande pendant la Première Guerre mondiale, ANZAC, journée de l'ANZAC Histoire militaire de la Nouvelle-Zélande pendant la Seconde Guerre mondiale Boom de la laine en Nouvelle-Zélande (1951, guerre de Corée) Mouvement de protestation maori (en) Tribunal de Waitangi (1975) Think Big (années 1980, politique interventionniste de grands projets industriels) Rogernomics (1984-1990, politique néo-libérale) Zone dénucléarisée de Nouvelle-Zélande (en) (1984-) 2000 Séisme de 2010 en Nouvelle-Zélande, séisme de 2011 en Nouvelle-Zélande Attentats de Christchurch (2019), pandémie de Covid-19 en Nouvelle-Zélande Autres[modifier le code] Démographie de la Nouvelle-Zélande, économie de la Nouvelle-Zélande Politique en Nouvelle-Zélande, Gouverneur général de Nouvelle-Zélande, Gouvernement de Nouvelle-Zélande, Cabinet de Nouvelle-Zélande Parlement de Nouvelle-Zélande, liste des Premiers ministres de Nouvelle-Zélande Politique étrangère de la Nouvelle-Zélande, histoire politique de la Nouvelle-Zélande (en) Chronologie néo-zélandaise de l'Antarctique Chronologie de l'environnement de la Nouvelle-Zélande (en) Culpabilité blanche (White guilt) v · mHistoire de l’Océanie États souverains Australie États fédérés de Micronésie Fidji Îles Salomon Kiribati Îles Marshall Indonésie Nauru Nouvelle-Zélande Palaos Papouasie-Nouvelle-Guinée Samoa Tonga Tuvalu Vanuatu Dépendances et territoires à souveraineté spéciale Bougainville (Papouasie-Nouvelle-Guinée) Guam (États-Unis) Hawaï (États-Unis) Îles Ashmore-et-Cartier (Australie) Île Christmas (Australie) Îles Cocos (Australie) îles Cook (Nouvelle-Zélande) Îles Mariannes du Nord (États-Unis) Îles de la mer de Corail (Australie) Îles mineures éloignées des États-Unis (États-Unis) Île Norfolk (Australie) Île de Pâques (Chili) Îles Pitcairn (Royaume-Uni) Nouvelle-Calédonie (France) Niue (Nouvelle-Zélande) Polynésie française (France) Samoa américaines (États-Unis) Tokelau (Nouvelle-Zélande) Wallis-et-Futuna (France) Portail de la Nouvelle-Zélande <img width="1" height="1" style="border: none; position: absolute;" alt="" src="https://fr.wikipedia.org/wiki/Special:CentralAutoLogin/start?useformat=desktop&type=1x1&usesul3=1">; Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Histoire_de_la_Nouvelle-Zélande&oldid=234751073 ».
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:28 PM
|
Ypres (nl) Ieper (de) Ypern La halle aux draps d'Ypres avec son beffroi à gauche et la cathédrale en arrière-plan à droite, vues de la Grand-Place.
Ypres[1] (néerlandais : Ieper, allemand : Ypern) est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d'arrondissement en province de Flandre-Occidentale. Elle est située dans le nord-ouest de la Belgique dans la région du Westhoek. La ville compte 35 000 habitants, ce qui en fait la sixième ville de Flandre-Occidentale. Avec Lille et les villes de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais en France, elle participe aussi à un ensemble métropolitain de près de 3,8 millions d'habitants, appelé en France aire métropolitaine de Lille, s'organisant autour de l'Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai. Ypres est une ville historique avec un patrimoine architectural important, qui témoigne de la grandeur qu'a connue la ville au Moyen Âge, où elle fut l'une des principales cités drapières de Flandre, comme Bruges et Gand. Au XIIIe siècle Ypres comptait au rang des plus grandes villes d'Europe, mais elle tomba rapidement en déclin au profit de ses voisines. Plus récemment Ypres a été au centre des tristement célèbres batailles d'Ypres durant la Première Guerre mondiale, la ville et ses monuments historiques ont alors été entièrement détruits. La plupart des monuments et des maisons anciennes ont été reconstruits à l'identique après la guerre, cela a donné lieu à un engouement pour le style régional, ainsi des maisons néo-flamandes diverses (gothiques, renaissances, baroques) mais s'inspirant très fidèlement de l'ancien ont été ajoutées pour compléter harmonieusement l'ensemble, ce qui donne aujourd'hui à cette ville un cachet flamand homogène et bien affirmé, évoquant Bruges. Toponymie[modifier le code] Représentations cartographiques de la commune Mairie 1 : carte dynamique ; 2 : carte OpenStreetMap ; 3 : carte topographique ; 4 : avec les communes environnantes Le nom de la localité est attesté sous les formes Iprensis en 1066, Ipera en 1070 - 1093, Ipram (accusatif) en 1085, Ipre régulièrement par la suite au XIIe siècle[2]. Il s'agit d'un transfert du nom de la rivière l'Yperlée, qui donne son nom à la ville[2]. À l’origine, il existait une petite rivière dont la source se situe près du mont Kemmel appelée Ipre ou Iepere qui signifiait « rivière aux ormes » (cf. iep). Histoire d'Ypres[modifier le code] La ville d'Ypres a pris naissance autour d'un domaine carolingien et d'un marché, éloignés l'un de l'autre d'environ 600 m. Au XIe siècle, ces deux centres avaient pratiquement fusionné pour former un bourg[3] doté d'attributions administratives, puisqu'un burgrave y gouvernait la châtellenie d'Ypres au nom du comte de Flandres. Ce fut la ville natale de Guillaume d'Ypres, un capitaine de mercenaires qui combattit avec succès aux côtés du roi Étienne d'Angleterre contre l'impératrice Mathilde. Liste des châtelains d'Ypres[modifier le code] Le plus ancien acte connu, dans lequel le titre de châtelain d'Ypres se trouve expressément mentionné, remonte seulement à l'année 1109 : Fromold, châtelain d’Ypres, y assiste comme témoin à la donation de six arpens de terre inculte (wastine) faite par le comte Robert de Jérusalem à l'abbaye de Vormezeele[4] Fulpold (supposé) qui fonda vers 1072 avec sa femme Ramburge le chapitre de Zonnebeke dans les environs d'Ypres[4]. Thibaut I d'Ypres (Thietbold, Tetbold ou Theobald) (supposé) (fils du précédent) : Il apparaît sous le nom d'Iprensis dans diverses chartes des années 1070, 1087. La qualification d'Iprensis ou de Ipra, donnée à Thibaut dans ces chartes, porte à croire qu'il était réellement investi de la dignité de châlelain, bien que le titre ne lui en soit attribué dans aucune pièce[4]. Outre Fromold I mentionné ci-après, Thibaut I est le père de Lambert de Zonnebeke, évêque de Noyon-Tournai de 1114 à 1122 ou 1123. Fromold I (appelé aussi Fromald et Frumold) (fils du précédent), châtelain d'Ypres de 1109 à 1124[4]. Thibaut II (Tebbald ou Tietbald) (fils du précédent), qui porte le titre de châtelain dès 1123 en même temps que son père[4]. Anselme d'Ypres (frère du précédent), châtelain de 1131 à 1147[4] Baudouin I de Bailleul, châtelain d'Ypres de 1158 à 1176. Il tient cette dignité du chef de sa femme Agnès, fille du châtelain Anselme[4]. Baudouin II de Bailleul (fils du précédent), époux de Mabilie de Bourbourg[4]. Mabilie de Bailleul (sœur de Baudouin II de Bailleul), châtelaine d'Ypres et de Bailleul[4]. Adam seigneur de Walincourt, cité châtelain d'Ypres et de Bailleul en 1209 et 1211, époux de Mabilie de Bailleul, châtelaine d'Ypres et de Bailleul, sœur de Baudouin II de Bailleul[4]. Hugues de Réthel, cité comme châtelain d'Ypres et de Bailleul en 1219, 1221 et 1235. Second époux de Mabilie de Bailleul, châtelaine d'Ypres et de Bailleul[4]. Marguerite de Bailleul (sœur de Mabilie de Bailleul), citée comme châtelaine d'Ypres et dame de Becelaere en 1238 et 1239. Déjà mariée en 1227 à Baudouin d'Aire qui prend lui-même le titre de châtelain d'Ypres dans une charte de 1244[4]. Marguerite (ou Marie) d'Aire (fille des précédents), mariée à Jean d'Aubigny[4]. Hugues d'Aubigny (fils des précédents), cité comme châtelain de Bailleul et d'Ypres en 1257, 1261 et 1275[4]. Baudoin d'Aubigny († 1316) (fils des précédents), châtelain en 1284. Marié à Agnès[4]. Jacques d'Aubigny, cité comme châtelain en 1319[4]. Jean d'Aubigny († 1327)[4]. Gérard d'Oultre, marié à Jeanne d'Aubigny, qui signe avec le titre de vicomte d'Ypres le traité d'alliance entre la Flandre et le Brabant le 3 décembre 1339. Il est le premier qui remplace le titre de châtelain d'Ypres par celui de vicomte d'Ypres[4]. Jean d'Oultre (fils du précédent), cité comme vicomte d'Ypres en 1379[4]. Au XVIIIe siècle, un nouveau personnage porte le nom de châtelain d'Ypres à l'occasion de l'érection en comté de terres de Flandre. En mai 1712, les terres de Staden, Roosebecque (Roosebeke), Swylande, Loo (Lo), Suos, Cachembilk, Terheyde, Cackenburgh, tenues d'Ypres, sont érigées en comté sous le nom de Carnin Staden, au bénéfice de Jean de Carnin, vicomte de Vain, baron de Slyps (sans doute Slype), seigneur de Staden et Roosebeke, châtelain d'Ypres. Il est le fils de Jean-Baptiste-François de Carnin, baron de Slype, seigneur de Lignecourt, Boutouzel, Staden, etc. et de Jeanne-Marie Wain. Dans le passé, un Jean de Carnin a été échanson de Philippe le Bon et un autre Jean de Carnin a été fait chevalier par l'archiduc Albert d'Autriche[5]. La cité drapière médiévale[modifier le code] C'est au XIIe siècle qu'Ypres devint florissante. En tant que troisième ville de Flandres (derrière Gand et Bruges), Ypres fut appelée à jouer un rôle de premier plan dans l'histoire du comté. Son marché annuel avait un rayonnement européen, et elle devint pour un temps la seconde plus importante ville de la hanse flamande de Londres[6] ; dès le début du XIIe siècle, Ypres commerçait avec Novgorod, l'Angleterre, les villes de Champagne, l'Italie et les pays du Levant[7]. C'était aussi avec Arras l'un des grands centres artisanaux de la draperie, dont le commerce était alors des plus lucratifs, et pendant tout le XIIe siècle la capitale du drap en Flandres[7]. L'artisanat du drap (de laine) atteignit son apogée vers 1250. Ypres pouvait être facilement approvisionnée avec une laine de haute qualité, qui était acheminée par bateaux sur l'Yser et l'Yperlée (qui n'est plus aujourd'hui navigable) depuis la côte où les moutons étaient élevés puis vendus sur les faubourgs[8]. Ypres rejoignit les scabini Flandriæ, une ligue de villes du nord qui, par suite de l'invasion française entre autres, se réduisit finalement à quatre membres : Gand, Bruges, Ypres et le Franc de Bruges. Ypres y conserva son droit de vote jusqu'en 1678. La cité drapière fut affectée par la plupart des conflits qui agitèrent le Moyen Âge, parmi lesquels la bataille des éperons d'or, la bataille de Mons-en-Pévèle, la paix de Melun qui suivit la bataille de Bouvines, la bataille de Cassel. Le déclin de l'artisanat du drap s'amorça, comme un peu partout en Flandre, au tournant du XIVe siècle. La ville demeura malgré tout un centre administratif et hospitalier majeur. Les premières fortifications de la ville semblent dater de 1385 : une partie en est encore visible près de la Porte de Lille (Rijselpoort). La célèbre Halle aux draps et son beffroi datent du XIIIe siècle. C'est vers cette époque qu'on précipitait, hors de la Halle aux draps, les chats, qui symbolisaient alors le Malin et la sorcellerie, sans doute pour signifier par cet acte que les transactions seraient vierges de toute action maléfique. Ce rituel est commémoré aujourd'hui par la « fête du chat » triennale. La concurrence avec la laine anglaise et hollandaise, la guerre avec la France, les jacqueries, le siège de la ville et un bombardement soutenu par l'armée anglaise en 1383, la grande peste de 1347 et les épisodes de disette accablèrent Ypres[9], dont la production manufacturière chuta à 50 % de ce qu'elle était en 1300[10]. La ville ne parvint pas à préserver ses débouchés commerciaux aussi bien que d'autres villes flamandes (Bruges, par exemple). L'effondrement économique et les épidémies provoquèrent l'exode de la plus grande partie des familles ouvrières au XVe siècle. La peste ravagea encore la ville à de nombreuses reprises entre le XIVe et le XVIIe siècle[11]. L'échevinage[modifier le code] La ville était administrée par un bailli et des échevins. Ces magistrats étaient assistés par un Grand Conseil. Les échevins, après un mandat de deux ans, devaient attendre une année avant de pouvoir présenter à nouveau leur candidature à cet office. Ils pouvaient toutefois conserver une activité politique dans l'intervalle en siégeant au Grand Conseil[12]. Au Moyen Âge, l'échevinage était pratiquement détenu par une oligarchie de quelques familles. Contrairement à d'autres villes flamandes, un mandat d'échevin pouvait être détenu par la même personne pendant plusieurs années : tant que l'on restait fidèle au comte de Flandres, la charge était pérenne. Le Grand Conseil était composé du bailli, des échevins, et de 27 conseillers, dont quatre représentants des quartiers, quinze représentants de la bourgeoisie et cinq représentants des artisans (tisserands et foulons essentiellement)[13]. Le collège des échevins était composé pour l'essentiel (en tout cas au XVIIe siècle) d'aristocrates, seigneurs et chevaliers, ce qui peut s'expliquer de la façon suivante : on sait qu'au cours du Moyen Âge, 75 % des échevins se consacraient au commerce et à l'artisanat ; à la chute de Charles le Téméraire, tous les échevins étaient devenus propriétaires de terres, et en 1521, les trois quarts de ces échevins vivaient de rentes foncières et des tenures. C'est ainsi que les artisans devinrent minoritaires au sein du Grand Conseil. Enfin il faut ajouter que, contrairement aux autres villes de Flandre, l'échevinage employait des clercs rémunérés. Ces fonctionnaires, qui devaient prêter serment, assuraient l’intérim du collège des échevins. Réforme et Contre-Réforme[modifier le code] Article connexe : Siège d'Ypres (1678). À la fin du XVe siècle, la ville commença à se repeupler. Des tisserands possédant leur propre métier à tisser s'y installèrent. Ils amenaient une nouvelle mentalité, faite de curiosité et de foi intériorisée (devotio moderna). Ces nouveaux citoyens grossirent les rangs de la vague évangélique. En 1525, les échevins de la ville mirent en application le programme politique proposé par le philosophe Juan Luis Vives, particulièrement la mise à contribution des congrégations pour le traitement social de la mendicité. Cette initiative, combattue par les Franciscains, fut finalement sanctionnée favorablement par la Sorbonne et l'empereur Charles Quint. C'est à Ypres, en 1566, que prirent naissance les premiers troubles de la Furie iconoclaste aux Pays-Bas[14]. Ce déchaînement de violence gagna rapidement les provinces du nord. Ypres, comme Bruges, tomba aux mains des calvinistes gantois en 1577. Le parti protestant conserva le pouvoir jusqu'en 1583, lorsque Farnèse envahit les Pays-Bas. Dès 1559, à la suite de la réorganisation ecclésiastique des Pays-Bas, Ypres était devenu siège d'un évêché, suscitant l'arrivée de plusieurs ordres religieux. Elle eut notamment pour évêque Cornelius Jansen, dit Jansenius (dont la doctrine est connue sous le nom de jansénisme), qui mourut en 1638 lors d'une épidémie de peste, en visitant ses diocésains malades[15]. Auparavant, la ville retrouva une certaine prospérité au début du XVIIe siècle : on le voit à la recrudescence de construction d'édifices en pierre[16]. Ypres vers 1581-1588, avec son système de fortifications médiévales à doubles douves en eau, qui ressemblait quelque peu à celui de Bruges. Ypres et les châtellenies de sa campagne environnante dans la première moitié du XVIIe siècle. Le plan-relief de la ville datant de 1698-1702, conservé au palais des beaux-arts de Lille, montrant les fortifications augmentées par Vauban lors de la courte période française. Ce n'est qu'à ce moment qu'on songea à reprendre les fortifications de la ville. Depuis Ypres, il était facile de contrôler tous les ports du littoral flamand : Nieuport, Bruges, Ostende, Furnes, et surtout Dunkerque[17]. Les Espagnols abattirent les vieilles murailles médiévales et entourèrent la ville d'une enceinte bastionnée, ce qui n'empêcha pas les Français de s'emparer d'Ypres, d'abord en 1658[18], puis à nouveau le 25 mars 1678[19] par les traités de Nimègue. Le rattachement d'Ypres à la France est une conséquence de la bataille de la Peene livrée à Noordpeene un an plus tôt. Vauban, qui avait pu juger des défauts du dispositif en place, modifia à son tour profondément les ouvrages d'enceinte : il s'agissait pour lui d'une place frontière du « Pré carré ». La ville abrita dès lors une importante garnison (5 000 hommes), à laquelle toutes les activités manufacturières et commerciales étaient subordonnées[20]. Il se mit en place une économie autarcique et surtout très dépendante du contexte politique et militaire. Lors des traités d'Utrecht, les Provinces-Unies obtinrent le droit de garnison à Ypres et dans sept autres villes des Pays-Bas espagnols par le traité des Barrières. En 1782, l'empereur Joseph II ordonna le démantèlement des fortifications. Cette décision facilita la prise de la ville par l'armée révolutionnaire française commandée par Pichegru le 17 juin 1794[21]. Période néerlandaise[modifier le code] L'enceinte d'Ypres fait partie du programme d'édification de la barrière Wellington qui débute en 1816. Quand se déclenche la révolution belge de 1830, Ypres abrite une garnison de la 6e afdeeling des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas sous le commandement du général-major Lambertus Josephus George[22]. Celle-ci évacue la ville le 1er octobre[23], quelques jours avant la déclaration d'indépendance de la Belgique, le 4 octobre 1830. Première Guerre mondiale[modifier le code] Article connexe : Histoire de la Belgique pendant la Première Guerre mondiale. La guerre à Ypres et dans sa région[modifier le code] Après les inondations de Nieuport (front de l'Yser), l'armée de l'Empire allemand reporte ses attaques sur la région d'Ypres en octobre 1914. Ypres était située au centre de la zone dite du saillant d'Ypres, une saillie en forme de demi-cercle sur la ligne de front de l'ouest située au cœur des bois de Gasthuisbossen (Ypres). Elle fut le théâtre de plusieurs batailles extrêmement sanglantes ; lors de la première bataille d'Ypres en novembre 1914, pris sous les bombardements allemands, la cathédrale Saint-Martin et le beffroi (Halles aux draps) brûlèrent[24]. Lors de la troisième bataille d'Ypres (bataille de Passchendaele) en juillet 1917, l'armée allemande utilisa pour la première fois les gaz de combat contre les troupes canadiennes. Celles-ci, n'étant pas équipées pour faire face à ce type d'attaque, résistèrent malgré les dommages causés par le gaz moutarde (dès lors aussi appelé « ypérite »). En avril 1918, une importante offensive allemande fut arrêtée à Merkem, au nord, par les Belges, et aux monts de Flandre par les Britanniques et les Français. À partir de septembre, la contre-attaque des Alliés, commandée par le maréchal Foch, permit de libérer la Belgique. Plus de 300 000 Alliés dont 250 000 soldats du Commonwealth trouvèrent la mort au cours des combats. Soumise aux bombardements de l'artillerie allemande, la ville médiévale était presque entièrement détruite à l'issue de la guerre. La campagne environnant Ypres n'est qu'une vaste nécropole : on y compte quelque 170 cimetières militaires. La commune a été décorée le 22 octobre 1919 de la croix de guerre 1914-1918[25]. L'histoire d'Ypres avec le Touquet-Paris-Plage[modifier le code] Articles connexes : bataille des Flandres, deuxième bataille d'Ypres, bataille de Passchendaele et bataille de la Lys.Pendant la Première Guerre mondiale, la ville d'Ypres est étroitement liée avec la ville du Touquet-Paris-Plage dans le Pas-de-Calais, France. Le comité franco-belge des réfugiés au Touquet-Paris-Plage établit, le 15 février 1915, une liste des réfugiés belges sur laquelle figurent 49 familles de la ville d'Ypres. En mai 1915, le bourgmestre de la ville d'Ypres, René Colaert, membre fondateur de l'association des sinistrés de la Flandre occidentale, s'installe au Touquet-Paris-Plage d'où il poursuivra, avec les membres du conseil échevinal, l'administration de sa ville, organisant l'instruction des centaines d'enfants et l'assistance aux réfugiés. La villa Domrémy à l'angle sud-est des rues Saint-Jean et de Moscou accueille les services et le personnel de la ville d'Ypres. Dimanche 23 février 1919, le Conseil municipal d'Ypres dans l'impossibilité de se réunir en Belgique tient une séance en la mairie du Touquet-Paris-Plage pour discuter de la reconstruction de sa ville et des bâtiments communaux. Cette séance extraordinaire dure de 9 h à 19 h. Quelques jours après, René Colaert, le bourgmestre, adresse à la ville du Touquet-Paris-Plage, une lettre de remerciements. Cette lettre trouve son prolongement dans l'appellation « Jardin d'Ypres » donnée, après délibération du conseil municipal du 2 février 1935, au jardin public du Touquet-Paris-Plage, le 30 juin 1935[26]. Seconde Guerre mondiale[modifier le code] Article connexe : Histoire de la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 10 mai 1940, l'Allemagne commence son offensive en pénétrant aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg. Les armées allemandes progressent très vite. La France commandée par le généralissime Gamelin envoie des renforts en Belgique. Quelques jours plus tard, l'Allemagne commence sa principale offensive en Ardenne. La Wehrmacht se montre partout irrésistible. Les Belges résistent autant qu'ils le peuvent. Le 14 mai, les Pays-Bas déposent les armes. Le 19 mai 1940, Gamelin est remplacé par le général Weygand. Celui-ci veut se rendre compte sur le terrain et vient rencontrer les responsables des armées du Nord le 21 mai. Le voyage s'effectue dans des conditions épiques. Il va rencontrer à Ypres le roi des Belges Léopold III et le général Gaston Billotte. La réunion ne va rien changer au sort des armées alliées, le général Billotte meurt dans un accident de voiture à Ypres le 23 mai. La capitulation belge intervient le 28 mai 1940. Débute alors l'Occupation allemande de la Belgique. Le 6 septembre 1944, le dixième régiment de chasseurs à cheval et la 1re division blindée polonaise libèrent Ypres[27]. Héraldique[modifier le code] La ville possède des armoiries qui lui ont été octroyées le 20 octobre 1819, confirmées le 26 février 1844, changées et confirmées le 31 mars 1925 et à nouveau le 1er mars 1988. La double croix est le symbole le plus ancien de la ville d'Ypres et provient surement des armes de la ville avec qui elle entretient des liens très étroit, de Saint-Omer qui l'adopte en même temps après le retour des croisades de Godefroy de Saint-Omer cofondateur de l'ordre du Temple et qui ramène ce symbole des États Latins d'Orient. La plus ancienne utilisation de la croix date d'un sceau de la ville de 1199. Sur le sceau le plus ancien, la croix est entourée de deux aigles, d'une étoile et d'un croissant, ainsi que de deux lions de Flandre. Les armoiries actuelles, avec une seconde croix de vair dans la moitié inférieure appartient à la famille de Bailleul qui furent Vicomte de la ville, elles sont apparues pour la première fois sur les sceaux en 1372. Le bouclier était soutenu par deux lions de Flandre. Tous les sceaux et images postérieurs ont montré le même bouclier, cependant, parfois le bouclier est divisé, parfois la petite croix est montrée en chef. Les supporteurs ont changé régulièrement au cours des siècles. Le lion et la colonne actuels apparaissent à la fin du XVIIIe siècle et sont restés inchangés. Ce n'est qu'en 1988 que la colonne a été remplacée par un canon comme référence aux batailles de la Première Guerre mondiale. Depuis 1925, la ville est autorisée à utiliser les croix militaires françaises et britanniques autour du bouclier, qui symbolisent également les violents combats autour de la ville pendant quatre ans. La croix dans le chef est le symbole utilisé par la ville et a été utilisé par les citoyens d’Ypres lors de la bataille des éperons d'or le 11 juillet 1302. On ne sait pas pourquoi la ville a choisi cette croix spécifique. La croix dans la moitié inférieure provient des armes des burgraves, ou gouverneurs d'Ypres, la famille Belle. Cette famille a déjà utilisé cette croix au début du XIIIe siècle. Le lion supporteur est le lion de Flandre. Le sens de la colonne n'est pas connu. Blasonnement : De gueules à la croix vairée, au chef d'argent, à double croix de gueules. Le bouclier surmonté d'une couronne murale à cinq créneaux d'or maintenue par un lion du même, portant sur l'épaule droite un canon de fusil en argent. Deux bijoux, suspendus à leur ruban, partent de la base, à droite la croix de guerre française, à gauche la croix militaire anglaise. Source du blasonnement : Heraldy of the World[28]. Géographie[modifier le code] Ville de plaine, Ypres fut longtemps la plaque tournante du commerce entre la côte flamande distante de 60 km et ses ports de commerce (Dunkerque, Furnes, Nieuport, Ostende et Bruges avant l'ensablement) d'une part, et la route des foires de Champagne, d'autre part. Desservie par quelques grandes routes, située au cœur d'un réseau de rivières et de canaux (la plupart impropres à la navigation moderne), cette ville opulente contrôlait l'accès à la mer du Nord, et ce fut encore le cas au début de la Première Guerre mondiale. Le musée des Beaux-Arts de la ville de Lille conserve et expose un plan-relief (9 × 5 m) original de la ville d'Ypres établi entre 1698 et 1702. Il est composé de 12 tables en bois à une échelle de 1/600°. Sections de la commune[modifier le code] # Section Superf.(km²)[29] Habitants(2025)[29] Habitantspar km² Code INS 1 Ypres (I) 18,61 20.698 1.112 33011A 2 Brielen (VII) 5,71 848 148 33011B 3 Sint-Jan (XI) 4,51 1.057 234 33011C 4 Boezinge (X) 18,26 2.034 111 33011D 5 Zuidschote (IX) 4,38 439 100 33011E 6 Elverdinge (VIII) 13,99 1.775 127 33011F 7 Vlamertinge (VI) 20,78 3.700 178 33011G 8 Dikkebus (V) 10,14 1.476 146 33011H 9 Voormezele (IV) 11,89 876 74 33011J 10 Hollebeke (III) 5,71 635 111 33011K 11 Zillebeke (II) 17,47 2.040 117 33011L Localités[modifier le code] Boezinge: Pilkem (XII) Carte[modifier le code] Communes limitrophes[modifier le code] a. Bikschote (Langemark-Poelkapelle) b. Langemark (Langemark-Poelkapelle) c. Zonnebeke (Zonnebeke) d. Geluveld (Zonnebeke) e. Zandvoorde (Zonnebeke) f. Houthem (Comines-Warneton) g. Wijtschate (Heuvelland) h. Kemmel (Heuvelland) i. De Klijte (Heuvelland) j. Reningelst (Poperinge) k. Poperinge (Poperinge) l. Oostvleteren (Vleteren) m. Woesten (Vleteren) n. Reninge (Lo-Reninge) o. Noordschote (Lo-Reninge) Géologie[modifier le code] L'Yprésien est l'étage le plus ancien de l'ère éocène (Tertiaire). Il s'étend de 56,0 à 47,8 Ma. Il fut défini par André Dumont en référence à la ville d'Ypres où les roches sédimentaires, l'argile yprésienne, déposées durant cet âge sont particulièrement caractéristiques. Démographie[modifier le code] Évolution démographique: Avant la fusion des communes[modifier le code] Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre[30]. Évolution démographique: Commune fusionnée[modifier le code] Le graphique suivant reprend sa population résidente au 1er janvier de chaque année Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier[31] Nombre d'habitants de 1992 à nos jours (au 1er janvier) Évolution démographique Année Population Évolution 1992=index 100 1992 35 282 100,0 1993 35 409 100,4 1994 35 434 100,4 1995 35 411 100,4 1996 35 399 100,3 1997 35 257 99,9 1998 35 208 99,8 1999 35 128 99,6 2000 35 071 99,4 2001 35 084 99,4 2002 35 081 99,4 2003 35 089 99,5 2004 35 021 99,3 2005 34 949 99,1 2006 34 897 98,9 2007 34 919 99,0 2008 34 815 98,7 2009 34 828 98,7 2010 34 962 99,1 2011 35 102 99,5 2012 35 087 99,4 2013 34 978 99,1 2014 34 930 99,0 2015 34 971 99,1 2016 34 959 99,1 2017 35 014 99,2 2018 34 964 99,1 2019 34 845 98,8 2020 34 995 99,2 2021 34 954 99,1 2022 35 039 99,3 2023 35 387 100,3 2024 35 550 100,8 2025 35 587 100,9 Jumelage[modifier le code] Saint-Omer (France) Lehrte (Allemagne) Siegen (Allemagne) Semeï (Kazakhstan) Médias[modifier le code] L'ancien journal Le Progrès (Ypres), édité de 1841 à 1914, était un journal régional pour Ypres et son arrondissement. Personnalités liées à la ville[modifier le code] Voir la catégorie : Naissance à Ypres. Voir la catégorie : Décès à Ypres. Évrard d'Ypres (1120- ), moine cistercien et théologien ; Jehan Yperman, médecin de la seconde moitié du XIIe siècle ; Jacob Clemens non Papa (v. 1510-1556), compositeur de la Renaissance ; Andreas Hyperius (1511-1564), théologien protestant ; Cornelius Jansen (1585-1638), évêque ; Étienne-Michel Bulteel (1635-?), seigneur de Nieppe ; François Durutte (1767-1827), général français des armées de la République et de l'Empire, décédé et inhumé à Ypres (nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile à la 17e colonne). Martin Legraverand (1775-1862), conseiller communal, médaillé de Sainte-Hélène, désigné pour assister au sacre de l'Empereur à Paris. François-Antoine Bossuet (1798-1889), artiste-peintre ; Jean Jacques De Langhe (1800-1865), peintre portraitiste ; Jean-Jacques Altmeyer (1804-1877), historien et juriste ; Désiré De Haerne (1804-1890), prêtre et homme politique ; Jean-Baptiste Malou (1809-1864), évêque de Bruges ; Jules Malou (1810-1886), Premier ministre de Belgique (1871-1878 et 1884) ; Louis Van Houtte (1810-1876), botaniste et horticulteur ; Alphonse Vandenpeereboom (1812-1884), homme politique, ministre ; Gaston Hynderick de Theulegoet (x-x), chevalier, 1846-1914, ancien colonel d'état-major et hippologue belge, fondateur de la Société nationale du cheval de trait belge ; Auguste Böhm (1819-1891), dessinateur et peintre ; François Roffiaen (1820-1898), artiste-peintre ; Édouard Fiers (1822-1894), sculpteur ; Martin Domicent (1823-1897), peintre ; Henri Iweins d'Eeckhoutte (1837-1902), homme politique ; Albert Nyssens (1855-1901), ministre de l'Industrie et du Travail, juriste, professeur ; Julien Nyssens (1859-1910), ingénieur, administrateur, constructeur du port de Zeebruges ; Albert Devèze (1881-1959), homme politique, ministre ; Édouard de Keyser aussi connu comme Edmond Romazières (1883-1974), romancier ; Paul Sobry (1895-1954), chanoine et professeur à Louvain ; L'abbé Froidure (1899-1971), prêtre, fondateur de l'association Petits Riens ; Simona Noorenbergh (1907-1990), religieuse, travailleuse sociale en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; André Noyelle (1931-2003), coureur cycliste ; Jo Lernout (nl) (1951), cofondateur avec Pol Hauspie de la société de technologie de la parole Lernout & Hauspie installée à Ypres et déclarée en faillite en 2001 Renaat Landuyt (1958), homme politique, ministre ; Yves Leterme (1960), homme politique, Ministre-président du gouvernement flamand, Premier ministre de Belgique ; Serge-Henri Valcke (1946), acteur, actif principalement aux Pays-Bas ; Noël Vantyghem (1947-1994), coureur cycliste ; Paul Breyne (1947), gouverneur de la province Flandre-Orientale ; Marc Vervenne (1949), recteur de l'université de Louvain (KUL) ; Édouard Vermeulen (1957), créateur de mode vestimentaire (Maison de couture Natan) ; Jan Desmarets (1961), sculpteur ; Isaac Delahaye (1982), musicien ; Emma Meesseman (1993), basketteuse. Lieux et monuments[modifier le code] la Grand-Place les Halles aux draps (Lakenhal) avec son beffroi la cathédrale Saint-Martin le mémorial de la porte de Menin (Menenpoort) la porte de Menin, sous laquelle se déroule les soirs depuis 1928 au son du clairon, le Last Post, cérémonie d'hommage aux victimes de guerres. l'église Saint-Georges (St. George's Memorial Church) pour les soldats anglais et du Commonwealth (consacrée en 1929)[32] la promenade sur les remparts construits par Vauban. Peut se faire au départ de la porte de Menin. la « maison Biebuyck » (1544) - Diksmuidsestraat 48 le parc d'attractions et animalier Bellewaerde. l'église Saint-Jacques, située entre la Porte de Menin et la Porte de Lille. l'abbaye de la Nouvelle-Plante. Elle existe sous le patronage de Notre-Dame. Établie à l'origine à Roesbrugge, l'abbaye a été transférée à Ypres en 1588. Vendue comme bien national en 1798, rebâtie au milieu du XIXe siècle, détruite au cours de la Première Guerre mondiale, elle a été réédifiée de 1921 à 1928 selon les plans de l'architecte bruxellois Camille Damman[33]. Musées[modifier le code] l'hospice Saint-Jean, fondé à 1270. Le bâtiment actuel date de 1555 et fait partie des rares rescapés de la Première Guerre mondiale. Il abrite le musée municipal qui retrace l'histoire de la ville. le musée de la guerre « In Flanders Fields », situé dans les Halles aux draps. le musée Merghelynck (XIXe siècle) - A. Merghelynckstraat 2 le musée Godshuis Belle. Fêtes[modifier le code] Lors de la fête des Chats (Kattenfeest) qui a lieu tous les trois ans (le deuxième dimanche de mai), des animaux en peluche sont lancés du deuxième étage du beffroi. L'origine de cette fête remonterait au XVe siècle. Les chats, complices du diable et des sorcières, étaient alors jetés vivants du haut du beffroi. Depuis 1955, la manifestation est précédée du grand cortège des Chats (Kattenstoet) qui se déroule tous les trois ans. Cortège des chats. Cortège des chats. Diocèse titulaire d'Ypres[modifier le code] Article détaillé : Diocèse d'Ypres. Ypres fut le siège d'un diocèse de 1559 à 1801. Aujourd'hui ce siège n'est plus résidentiel mais titulaire. Galerie[modifier le code] Vues de la ville[modifier le code] Pignon maniériste du Nieuwerck, contre les Halles aux Draps, abritant l’hôtel de ville. La Porte de Menin, intégrée aux remparts. C'est un important mémorial de guerre britannique. L'intérieur gothique de la cathédrale Saint-Martin, fidèlement reconstruite après la guerre. Les maisons d'Ypres, de style néoflamand en brique. L'église Saint-Jacques, elle aussi reconstruite, vue du beffroi. Les remparts, entourant encore une partie importante du centre-ville. Ils sont bordés de larges plans d'eau et abritent des jardins publics boisés. Vues aériennes[modifier le code] Le centre-ville. La Halle aux draps, La porte de Menin et la zone industrielle. Références[modifier le code] ↑ 24 JUIN 1988. - Arrêté royal déterminant l'orthographe du nom des communes ↑ a et b Maurits_Gysseling, Toponymisch Woordenboek van België, Nederland, Luxemburg, Noord-Frankrijk en West-Duitsland (vóór 1226), 1960, p. 531 (lire en ligne)[1] ↑ (nl) Octaaf Mus, « De stedelijke ontwikkeling van de Middeleeuwen tot 1914 », dans H. Stynen & J.M. Duvosquel, Omtrent de vestingstad Ieper, Bruxelles, Gemeentekrediet van België & Koning Boudewijnstichting, 1992, p.6. ↑ a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Leopold August Warnkönig, Albert Eugène Gheldolf, Histoire administrative et constitutionnelle des villes et chatellenies d'Ypres, Cassel, Bailleul et Warnêton jusqu'à l'an 1305, Lacroix, Verboeckhoven, 1864 (lire en ligne), p. 182. ↑ Amédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p 386. lire en ligne. ↑ Cf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie in 26 delen » (1990), éd. Elsevier, Amsterdam, vol. XII, p. 47. La première ville de la hanse londonienne était alors Bruges. ↑ a et b Mus 1992, p. 8. ↑ Cf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie », p. 47. ↑ Mus 1992, p. 8-12. ↑ Mus 1992, p. 13. ↑ L'expression flamande « j'ai l'air d'un mort d'Ypres » (« hij ziet eruit als de dood van Ieperen »), c'est-à-dire « je suis livide », fait allusion à l'épidémie de 1347. ↑ (nl) P. Trio, « Bestuursinstellingen van de stad Ieper (12e eeuw - 1500) », dans W. Prevenier et B. Augustyn, De gewestelijke en lokale overheidsinstellingen in Vlaanderen tot 1795, Bruxelles, Algemeen Rijksarchief, 1997, p.335. ↑ Trio 1997, p. 344. ↑ Mus 1992, p. 14. ↑ Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie, éd. Hachette, année 1860, page 907. ↑ Mus 1992, p. 15. ↑ Mus 1992, p. 16. ↑ Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant (préf. Jean Nouvel), Vauban - L’intelligence du territoire, Paris, Éditions Nicolas Chaudun et Service historique de l'armée, 2006, 175 p. (ISBN 2-35039-028-4), p. 166. ↑ Barros, Salat et Sarmant 2006, p. 167. ↑ Mus 1992, p. 18. ↑ Hugues Marquis, « Le général François Jarry au service de l'Angleterre (1793-1806) », Annales historiques de la Révolution française, no 356, février 2009, p.93-118 (lire en ligne). ↑ (nl) Abraham Jacob van der Aa, Biographisch woordenboek der Nederlanden (lire en ligne) ↑ (nl) « De desertie van sergeant Hoek tijdens de belgische afscheiding 1830-1839 », sur zeeuwsarchief.nl ↑ Cent ans de vie dans la région, Tome II : 1914-1939, La Voix du Nord éditions, n° hors série du 17 février 1999, p. 37 ↑ Communes décorées de la Croix de guerre 1914-1918. ↑ Mémoires de la Société Académique du Touquet-Paris-Plage 2014-2106, édité en 2017 I.H. Montreuil (Pas-de-Calais), pages 122 et 124 ↑ tracesofwar.com ↑ (en) « Ieper : Wapen - Armoiries - coat of arms - crest », sur heraldry-wiki.com, Heraldry of the World, 18 mars 2023 (consulté le 8 avril 2023). ↑ a et b https://statbel.fgov.be/fr/open-data/population-par-secteur-statistique-10 ↑ https://bib.kuleuven.be/ebib/project-belgische-historische-tellingen ↑ https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK ↑ St. George's website. ↑ Joseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Rossel édition, Bruxelles, p. 30. Sources[modifier le code] Alphonse Vandenpeereboom, Ypriana : notices, études, notes et documents sur Ypres, Bruges : A. de Zuttere, 1878-1883, sept tomes. Disponible en texte intégral sur LillOnum [PDF] Henri Pirenne, « Les dénombrements de la population d'Ypres au XVe siècle (1412-1506). Contribution à la statistique sociale du Moyen Âge », Vierteljahrschrift für Sozial- u. Wirtschaftsgeschichte, 1903 (consulté le 7 août 2007). H. Stynen, J.M. Duvosquel (éd.), Omtrent de vestingstad Ieper (1992), Bruxelles, Crédit mutuel de Belgique et Fondation roi Baudouin. Annexes[modifier le code] Sur les autres projets Wikimedia : Articles connexes[modifier le code] Liste des 139 sites funéraires et mémoriaux de la Première Guerre mondiale inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco Siège ou bataille d'Ypres Première bataille d'Ypres Seconde bataille d'Ypres Bataille de Passchendaele ou troisième bataille d'Ypres Bataille de la Lys ou quatrième bataille d'Ypres Conférence d'Ypres Gare d'Ypres Quatre jours de l'Yser Enceinte d'Ypres Liste des monuments historiques d'Ypres Ypres Business Park Liens externes[modifier le code] (nl) Site officiel Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica Brockhaus Den Store Danske Encyklopædi Dizionario di Storia Enciclopedia italiana Enciclopedia De Agostini Gran Enciclopèdia Catalana Hrvatska Enciklopedija Internetowa encyklopedia PWN Nationalencyklopedin Store norske leksikon Treccani Visuotinė lietuvių enciklopedija Notices d'autorité : v · mProvince de Flandre-Occidentale Bruges Beernem Blankenberge Bruges Damme Jabbeke Knokke-Heist Oostkamp Thourout Zedelghem Zuienkerke Dixmude Dixmude Houthulst Koekelare Kortemark Lo-Reninge Ypres Heuvelland Langemark-Poelkapelle Messines Poperinge Vleteren Wervik Ypres Zonnebeke Courtrai Anzegem Avelgem Courtrai Kuurne Deerlijk Espierres-Helchin Harelbeke Lendelede Menin Waregem Wevelgem Zwevegem Ostende Audembourg Bredene Gistel Ichtegem Le Coq Middelkerke Ostende Roulers Hooglede Ingelmunster Iseghem Ledeghem Lichtervelde Moorslede Roulers Staden Tielt Ardoye Dentergem Oostrozebeke Pittem Ruiselede Tielt Wielsbeke Wingene Furnes Alveringem Coxyde La Panne Nieuport Furnes Voir aussi : Belgique Région flamande Communauté flamande Communes Portail de la Flandre-Occidentale Portail des Flandres <img style="border: none; position: absolute;" width="1" alt="" height="1" src="https://fr.wikipedia.org/wiki/Special:CentralAutoLogin/start?useformat=desktop&type=1x1&usesul3=1">; Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Ypres&oldid=232242609 ».
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:27 PM
|
Les Lumières sont un courant de pensée européen philosophique, littéraire et intellectuel qui émerge dans la seconde moitié du siècle, influencé par des philosophes comme Descartes, Spinoza, Locke, Bayle et Newton, avant de se développer dans toute l' Europe, notamment en France, au .
Les Lumières[1] sont un courant de pensée européen philosophique, littéraire et intellectuel qui émerge dans la seconde moitié du XVIIe siècle, influencé par des philosophes comme Descartes, Spinoza, Locke, Bayle et Newton, avant de se développer dans toute l'Europe, notamment en France, au XVIIIe siècle. Par extension, on a donné à cette période le nom de siècle des Lumières. Par leur engagement contre les oppressions religieuses et politiques, les membres de ce mouvement se voyaient comme une élite avancée œuvrant pour un progrès du monde. Combattant l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la « superstition » des siècles passés, ils ont procédé au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique de leur temps. L’influence de leurs écrits a été déterminante dans les grands événements de la fin du XVIIIe siècle que sont la Déclaration d'indépendance des États-Unis et la Révolution française[2]. Le mouvement de renouveau intellectuel et culturel des Lumières reste, au sens strict, européen avant tout, et il découle presque exclusivement d’un contexte spécifique de maturation des idées héritées de la Renaissance. La pensée des Lumières s’est étendue à l’Europe, quoique la traduction de ce terme dans les autres langues européennes ait toujours privilégié l'idée d'une « illumination » provenant de l’extérieur, alors que le terme français privilégie le fait que les Lumières viennent de soi-même. De manière très générale, sur les plans scientifique et philosophique, les Lumières voient le triomphe de la raison sur la foi et la croyance ; sur les plans politique et économique, le triomphe de la bourgeoisie sur la noblesse et le clergé. Universalité : antécédents et sources[modifier le code] Selon Tzvetan Todorov, même si les Lumières sont identifiées à l'Europe, plusieurs de ses idées fondamentales sont apparues à des époques antérieures et dans d'autres continents. On trouve ainsi un sentiment de bienveillance universelle chez l'empereur indien Asoka au IIIe siècle av. J.-C.. En Chine, le confucianisme « pose comme but le perfectionnement de la personne par l'éducation et le travail ». Dans le monde arabe du IXe siècle, le médecin Al Razi prônait le développement d'un « savoir strictement humain, puisé dans l'expérience et encadré par la seule raison ». En 1615, le penseur africain Ahmed Baba a écrit à Tombouctou un traité sur l'égalité des races. Pour Todorov, « Ces développements multiples témoignent de l'universalité des idées des Lumières »[3]. Pour l'anthropologue David Graeber, le mouvement aurait été inspiré, dans sa philosophie politique, par les récits de pirates. Il en veut pour exemple que le fonctionnement démocratique qui prévalait à bord des navires (élection du capitaine notamment) était l'une des seules sources d'inspiration alors possible d'un autre mode de gouvernance à l'époque. Il pointe l'influence de certains récits pirates populaires de l'époque, des voyages réalisés et retranscrits, ainsi que les supposées utopies pirates, imaginaires ou non (dont Libertalia), qui étaient selon lui amplement débattus et commentés dans les villes portuaires et dans les centres intellectuels du pays. Ces derniers ont selon lui sûrement atteint et influencé des philosophes comme Rousseau, Voltaire ou Montesquieu et inspiré leur philosophie politique[4]. Il est cependant important de mentionner qu'il n'existe pas de consensus d'experts à ce sujet. Graeber pointe également la responsabilité des femmes dans la formation du mouvement, qui étaient les principales organisatrices des salons littéraires dans lesquels les idées étaient débattues, construites et influencées, déplorant leur invisibilisation[4]. Les récits de voyageurs témoignant de l'organisation politique des autochtones d'Amérique ont aussi joué un rôle selon Graeber et Wengrow, notamment le livre Dialogues avec un sauvage (1703), dans lequel le baron de Lahontan (Louis-Armand de Lom d'Arce) relate de longues discussions qu'il a eues avec Adario (Kondiaronk) grand chef wendat qui tente de démontrer la supériorité de sa société par rapport à la société européenne. Les idées de liberté et d’égalité promues par Adario auront une grande influence sur les penseurs des Lumières[5] et Rousseau pourrait s'en être inspiré pour sa conception du « bon sauvage »[6]. Thématiques de la philosophie des Lumières[modifier le code] Révolution dans les sciences et programme politique de la philosophie des Lumières[modifier le code] Révolution galiléo-copernicienne et modernité philosophique[modifier le code] Le mouvement des Lumières prend en partie son origine dans la défense de l'héliocentrisme par Nicolas Copernic au XVIe siècle, peu diffusées de son vivant, puis surtout dans les théories physiques de Galileo Galilei (1564-1642). La physique d'Aristote est abandonnée au profit d'une nouvelle science mécanique fondée sur le principe d'inertie et une nouvelle philosophie s'élabore conjointement avec elle. L'Église se voit critiquée pour son enseignement du géocentrisme et sa défense plus générale d'Aristote. René Descartes joue un rôle de premier plan dans cette réforme de la philosophie, il élabore notamment une métaphysique et une méthode nouvelle dans le but de remplacer l'aristotélisme. Cette philosophie nouvelle se donne pour objectif de rechercher des premiers principes certains - tel le cogito - à partir desquels la raison pourrait déduire l'ensemble des connaissances humaines, aussi bien les principes de la physique que l'existence de Dieu. L'autorité est rejetée par Descartes comme justification des connaissances : la raison est universelle, chaque personne peut en faire usage pour juger correctement par soi-même. Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) s'inscrit dans la postérité de Descartes, reprenant ce projet rationaliste, et faisant progresser la physique par l'invention du calcul infinitésimal. En réaction au rationalisme des cartésiens, les philosophes britanniques comme Thomas Hobbes, John Locke, puis David Hume, défendirent l'empirisme : les connaissances proviennent des sens et l’expérience plutôt que de la raison pure. Elles sont ainsi faillibles. Il n'y a pas lieu de chercher un premier principe à partir duquel fonder avec certitude toute la connaissance. En particulier, l'existence de Dieu ne peut se prouver rationnellement. Elle relève de la croyance et non du savoir. Baruch Spinoza prit parti pour Descartes, surtout dans son Éthique[7]. Il reprend de Descartes sa preuve ontologique de l'existence de Dieu. Il se démarqua pourtant de son aîné dans son Traité de la réforme de l'entendement (Tractatus intellectus amendatione), où il montra que le processus de perception engage non seulement la raison, mais aussi les sens et l’intuition. La conception de Spinoza était centrée sur une vision de l’Univers où Dieu et la Nature ne font qu’un. Cette idée deviendra centrale au siècle des Lumières[8], depuis Isaac Newton (1642-1727) jusqu’à Thomas Jefferson (1743-1826). Un changement notable fut entre autres l’émergence de la philosophie naturaliste à travers toute l’Europe, incarnée par Isaac Newton. Ses idées, sa réussite indéniable à confronter et assembler les preuves axiomatiques et les observations physiques en un système cohérent, source de prédictions, donnèrent le ton de tout ce qui allait suivre son exemplaire Philosophiæ naturalis principia mathematica (1687). Pour montrer le progrès entre l’Âge de la Raison et le mouvement des Lumières, l’exemple de Newton reste en effet indépassable, en ce que le scientifique utilisa des faits observés empiriquement, comme la dynamique des planètes de Johannes Kepler ou l’optique, pour construire une théorie sous-jacente expliquant ces faits a priori : la théorie de la gravitation universelle. Ce mouvement correspond à l’unification d’un pur empirisme, comme celui de Francis Bacon et de l’approche axiomatique de Descartes (1596-1650). La croyance en un monde intelligible ordonné par le dieu chrétien a représenté le plus fort élan du questionnement philosophique sur la connaissance. D’un côté, la philosophie religieuse se concentrait sur la piété, la toute-puissance et le mystère de la nature ultime de Dieu ; de l’autre, des idées telles que le déisme soulignaient que le monde était visiblement compréhensible par la raison humaine et que les lois le gouvernant l’étaient tout autant. L’image de Dieu comme « Grand Horloger » pénétra alors les esprits, tandis que les observateurs du monde prenaient conscience que ce dernier semblait bel et bien parfaitement ordonné et que, dans le même temps, on réalisait des machines de plus en plus sophistiquées et précises[9]. À cet égard, il est intéressant de souligner la critique de cette théologie naturelle portée par Buffon, le naturaliste du XVIIIe siècle, dans son œuvre monumentale Histoire naturelle. Buffon rejette l'attitude qui consiste à attribuer à l’intervention divine, surnaturelle, ce que la science ne sait pas – pas encore – expliquer. Cette critique lui valut d’affronter la Sorbonne qui, dominée par l’Église catholique, n’eut de cesse que de vouloir le censurer. En 1751, il est ainsi sommé de se rétracter sur « des propositions contraires à la croyance de l’Église », pour avoir proposé un âge de 74 000 ans à la Terre, quand on admet alors le récit biblique comme vérité scientifique et la datation de notre planète à environ 6 000 ans. Hostile par ailleurs au système de classification de son contemporain suédois Linné, il n’est pas loin de penser que l’ordre n’existe pas dans la nature[10]. Promotion de la liberté individuelle[modifier le code] La philosophie naturelle a entraîné l'apparition d'une nouvelle philosophie politique promouvant la liberté individuelle comme valeur suprême. Si le sujet peut expliquer rationnellement le monde en découvrant les lois de la nature établies par Dieu, pourquoi ne peut-il pas également comprendre ses droits individuels en découvrant le droit naturel établi par Dieu ? C'est le développement de l'individualisme : chaque personne dispose de droits fondamentaux en vertu de la nature humaine (droits humains) que chacun peut comprendre et connaître. Le droit ne peut se fonder sur la tradition seule. On parle alors d’avènement du sujet pensant, il peut décider par son raisonnement propre et non plus sous le seul joug des us et coutumes. Ainsi, John Locke rédigea ses deux Traités du gouvernement civil dans lesquels il avance que le droit de propriété n’est pas familial, mais totalement individuel et légitimé par le travail consacré au terrain concerné, ainsi que de sa protection face à autrui. Une fois l’idée émise qu’il y avait des lois naturelles et des droits naturels, il devenait possible de s’aventurer dans les domaines nouveaux qu’on appelle maintenant l’économie et la politique. Dans son essai Was ist Aufklärung?, Emmanuel Kant donne des Lumières la définition suivante : « Les Lumières c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières ». Les Lumières se basent donc sur l'explication du monde par la raison, exigeant de l’homme l’établissement d’une connaissance rationnelle et organisée. Cela commence par l’idée que les lois gouvernent aussi bien les cieux que les affaires humaines, et que le pouvoir du Prince émane de la loi et non l’inverse. La conception de la loi en tant que contrat social théorisée par Jean-Jacques Rousseau comme relation réciproque entre les hommes, plutôt qu’entre les familles ou des groupes, devint de plus en plus remarquable, accompagnée du souci de la liberté individuelle comme réalité imprescriptible – le seul droit tiré de Dieu. Le mouvement des Lumières conçut donc l'idée moderne de liberté, telle qu’on la connaît toujours aujourd’hui : chaque individu est en capacité et a le droit de décider par lui-même de ce qui est bon pour lui, liberté que doit garantir l’État. Cette recherche aboutit, en France, à la formulation des droits de l'homme, qui trouve son expression dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui influencera largement les déclarations de droits lors des siècles suivants, et entraînera dans son sillage des bouleversements politiques dans le monde entier. Tant en France qu'aux États-Unis, les libertés d'opinion, de religion, de pensée, d'expression tiennent une place fondamentale. Pour comprendre quels changements interviennent réellement entre « l’Âge de Raison » et le « mouvement des Lumières », la comparaison entre la philosophie de Thomas Hobbes et celle de John Locke est une bonne approche. Hobbes, qui traverse les trois quarts du XVIIe siècle, a entrepris de classer de façon systématique les émotions humaines, ce qui l’amena à construire un système rigide garantissant par coercition la stabilité du chaos primaire – qui est la source de son travail (voir le Léviathan). À l’inverse, Locke voit en la Nature la source de l’unité et de tous les droits, que l’État doit s’assurer de reprendre et de protéger, non pas d’étouffer. Ainsi, la « révolution » culturelle entre les deux siècles fait intervenir la relation de l’homme à la Nature. Valeurs et représentations sociales des Lumières[modifier le code] Changement de représentation[modifier le code] Les valeurs essentielles défendues par les hommes des Lumières dans toute l’Europe sont la tolérance, la liberté et l’égalité. Ces valeurs débouchent, en Angleterre, en Amérique et en France, sur la définition de nouveaux droits naturels et sur une séparation des pouvoirs politiques. À ces valeurs s'ajoutent le goût de la Nature et le culte de la Raison. « Aujourd’hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières. » — Montesquieu[11] L'étude des articles d'astronomie de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert montre que c'est une représentation héliocentrique et une philosophie mécaniste qui assurent la cohérence de l'ouvrage et imprègnent l'esprit des Lumières[12]. Idéal du philosophe[modifier le code] La figure idéale des Lumières est le philosophe, homme de lettres avec une fonction sociale qui exerce sa raison dans tous les domaines pour guider les consciences, prôner une échelle de valeurs et militer dans les problèmes d’actualité. C’est un intellectuel engagé qui intervient dans la société, un « honnête homme qui agit en tout par raison » (Encyclopédie), « qui s’occupe à démasquer des erreurs » (Diderot). Le rationalisme des Lumières n’exclut en aucun cas la sensibilité. Raison et sentiment dialoguent au sein même de la philosophie des Lumières. Les penseurs des Lumières peuvent être capables de rigueur intellectuelle mais aussi de sensibilité. Idéal encyclopédique : tout connaître[modifier le code] Cette époque cultive un goût particulièrement prononcé pour les écrits totalisants qui rassemblent l’ensemble des connaissances de leur temps, les bilans généraux du savoir. Cet idéal va trouver sa réalisation dans l'Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, publiée entre 1751 et 1772, dont le but était de sortir le peuple de l’ignorance par une diffusion très large du savoir. Article détaillé : Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Critique de l’organisation sociale[modifier le code] Le mouvement des Lumières est, sur toute sa durée, le substrat de deux pressions sociologiques antagonistes : d’une part, une forte spiritualité accompagnée d’une foi traditionaliste en la religion et l’Église ; d’autre part, la montée d’un mouvement anticlérical critiquant les divergences entre théorie religieuse et pratique, qui s’est surtout manifesté en France. L’anticléricalisme ne fut pas la seule source de tension en France : certains nobles contestaient le pouvoir monarchique et la haute bourgeoisie souhaitait bénéficier des fruits de ses efforts. La libéralisation des mœurs engendrait la contestation de l’absolutisme et de l’ordre ancien. Le courant janséniste en France fut aussi, selon Dale K. Van Kley, une source de division[13]. Le système judiciaire se révélait archaïque. Même si le droit du commerce avait été codifié au XVIIe siècle, le droit civil n’était pas unifié ni codifié. Tel est l’arrière-plan social et juridique dans lequel s’exerce la critique et se développe la contestation, qu’un auteur comme Voltaire a pu incarner. Exilé en Angleterre entre 1726 et 1729, il y étudie les travaux de John Locke, Isaac Newton et la monarchie anglaise. Il se rend populaire par sa dénonciation des injustices (affaires Calas, Sirven, de La Barre, Lally-Tollendal). Le milieu du XVIIIe siècle correspond à l’apogée de la philosophie des Lumières[14]. Pour Voltaire, il est clair que si le Prince obtient du peuple qu’il croie en des choses déraisonnables, alors ce peuple fera des choses déraisonnables[15]. Ce constat simple a introduit ce qui devait être la principale critique faite aux Lumières, et que devait formuler la pensée romantique : la construction raisonnable crée autant de problèmes qu’elle en résout[16]. Selon les philosophes des Lumières[17], le point crucial du progrès intellectuel consistait en la synthèse de la connaissance, éclairée par la raison humaine, afin de créer une autorité morale qui serait seule souveraine. Le point de vue contraire se développa, mettant en avant le fait que de façon intrinsèque, ce processus serait corrompu par le poids des conventions sociales, montrant ainsi la « nouvelle vérité » raisonnable comme une mauvaise imitation de la Vérité immanente et insaisissable. Le mouvement des Lumières trouva alors un certain équilibre, entre l’appel à la liberté « naturelle » et la liberté de cette liberté, c’est-à-dire la reconnaissance d’une autonomie de la Nature face à la raison. Correspondent à ce stade les réformes de plusieurs monarchies, par l’intermédiaire de lois nouvelles allant dans le sens des sujets et d’une réorganisation parcellaire de la société. L’idée d’un ordre éclairé entre également dans la pensée scientifique avec, par exemple, le travail du biologiste Carl von Linné. En Allemagne, Emmanuel Kant se montra critique à la fois par rapport aux prétentions de la Raison (Critique de la raison pure), mais aussi à celles de l’empirisme anglais (Critique de la raison pratique). Par rapport à la métaphysique très subjective de Descartes, le philosophe allemand souhaita développer une vision plus objective de cette branche de la philosophie. Les grands penseurs de la fin du mouvement des Lumières (Adam Smith, Thomas Jefferson ou encore le jeune Goethe) adoptèrent dans leurs pensées le schème, dérivé d’une métaphore biologique, des forces d’auto-organisation et d’évolution. L’achèvement des Lumières est alors pressenti, avec le constat suivant : le Bien est le fondement de la Nature, mais celle-ci n’est pas ordonnée par elle-même. Bien au contraire, c’est la raison et la maturité humaine qui doivent en trouver la constante structure, en retirer la stabilité naturelle. Le romantisme en prendra le contre-pied parfait. Sensibilité des Lumières[modifier le code] « D’une façon générale, la sensibilité des Lumières porte à une sentimentalité morale : le temps de l’ironie voltairienne passé, on veut s’apitoyer, avec Rousseau (la Nouvelle Héloïse, 1761) et les tableaux de Greuze, chercher le beau et le bon éternels. Plus le siècle s’avance, plus la littérature et l’art répudient la gratuité des formes, la légèreté, regardées comme aristocratiques et mondaines, pour aller vers le sérieux, l’authentique et le naturel, c'est-à-dire vers ce qui est conforme à la morale utilitaire du public bourgeois d’où le goût croissant pour le néoclassicisme, qui met en avant l’antique, non pas l’antique allégorique de l’époque classique mais un antique historique plus sobre, à la façon du peintre David »[18]. Ceci se traduit dans les réflexions sur l'urbanisme[19]. La ville des Lumières est le fruit des efforts conjoints des pouvoirs publics et des architectes soucieux de réaliser des bâtiments administratifs ou utiles (hôtels de ville, hôpitaux, théâtres, intendances) tout en aménageant des perspectives, des places, fontaines, promenades[20]… L'Académie royale d'architecture reste un des centres de la réflexion sur la théorie : pour elle, le beau est ce qui plait. Pour l'abbé Laugier, au contraire, ce qui est beau est conforme à la raison[21]. Le modèle naturel de toute architecture est la cabane primitive soutenue par quatre troncs d'arbre, avec quatre parties horizontales et un toit qui deviennent respectivement colonnes, entablements, frontons. Le modèle du temple grec se répand alors jusque dans le décor et le mobilier. Ce paradigme se traduit par un changement de style au milieu du siècle : le rococo est abandonné, la Grèce antique et Palladio deviennent les principales références du style néo-classique. L’université de Virginie, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité défini par l’UNESCO, a été fondée par Thomas Jefferson sur le projet de son ami, Du Pont de Nemours, philosophe français émigré. Ce dernier dessina les plans d’une partie du campus en suivant les valeurs des Lumières. La place Stanislas de Nancy est le cœur d’un ensemble urbanistique classique, inscrite depuis 1983 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que d’autres places de cette ville comme la place de la Carrière et la place d’Alliance, autour desquelles s’articulent administrations et services de l’époque. Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), membre de l'Académie d'architecture est sans doute l’architecte dont les projets incarnent le mieux l’utopie d’un habitat totalement rationnel. Il dirige, à partir de 1775, l’édification de la Saline royale d'Arc-et-Senans, dans le Doubs, véritable cité usinière[22]. Les Lumières n’ont touché que les élites aristocratiques et les fractions montantes des bourgeoisies[23]. L’écho, dans ces milieux dominants, est certes considérable en Angleterre et en France, mais plus restreint en Allemagne et en Italie ; le public éclairé est très peu nombreux en Espagne ou en Russie, où seuls quelques intellectuels, hauts fonctionnaires et grandes familles participent au mouvement. Le peuple, lui, n’est pas touché : l’immense majorité des paysans, même français, n’a jamais entendu parler de Voltaire ou de Rousseau. Malgré tout, les Lumières ont ébranlé les certitudes anciennes. Et l’ébranlement ne s’est pas arrêté aux portes du social et du politique : les Lumières ont inspiré la génération révolutionnaire. Ce qui ne signifie nullement qu’elles aient consciemment appelé de leurs vœux la Révolution de 1789. Attitudes face à l'esclavage[modifier le code] Les Lumières étaient dévoués haut et fort à la liberté humaine et au bonheur humain. Par exemple, il est bien connu que Montesquieu a fortement critiqué le despotisme dans son chef-d’œuvre De l'esprit des lois. Les premiers mots de la grande œuvre de Rousseau, Du contrat social, sont : « L’homme est né libre ». C’était donc difficile philosophiquement d’exclure certains peuples de la liberté et du bonheur à cause de la race. Par conséquent, beaucoup des Lumières ont dénoncé l’esclavage des noirs. Montesquieu a affirmé que l’esclavage « n’est pas bon par sa nature ; il n’est utile ni au maître ni à l’esclave »[24]. De plus, dans son conte classique Candide, Voltaire a inclus une rencontre du héros éponyme avec « un nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié de son habit » et manquant « la jambe gauche et la main droite ». Ce pauvre homme explique que ses souffrances sont le résultat de son travail aux sucreries et dit d’une façon frappante que « C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe »[25]. Le marquis de Condorcet a même écrit un ouvrage complet contre l’esclavage, sous le titre Réflexions sur l'esclavage des nègres. Cependant, il y avait de l’ambiguïté sur ce point dans les écrits des Lumières, ce qui a provoqué de la controverse[26]. Par exemple, on peut trouver dans l’Encyclopédie, véritable bible de l’époque des Lumières, des approches et pour et contre l’esclavage : le chevalier de Jaucourt a dénoncé l’esclavage dans son article « Traite des nègres » mais Jean-Baptiste-Pierre Le Romain a défendu cette institution dans son article « Nègres, considérés comme esclaves dans les colonies de l’Amérique »[27]. D’une façon similaire, l'Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, qu’on s’accorde généralement à dire que c’était un ouvrage de l'anticolonialisme, n’est pas sans équivoque sur ce point. Elle contient des condamnations vigoureuses de l’esclavage, mais aussi des portraits racistes des indigènes et des discussions pragmatiques sur la valeur économique des esclaves. En effet, l’érudite Jenny Mander a soutenu que « c’est un fait inconfortable que l’épanouissement de l’époque des Lumières a coïncidé avec le sommet du système de la plantation et le trait des esclaves »[28]. Acteurs et portée[modifier le code] Philosophes des Lumières[modifier le code] Portraits[modifier le code] Les humanistes de la Renaissance et les philosophes des Lumières[29] s’intéressent à divers domaines. L’Américain Thomas Jefferson avait reçu une formation juridique mais pratiquait également l’archéologie et l’architecture. Benjamin Franklin eut une carrière de diplomate et de physicien. Condorcet écrivit sur des sujets aussi différents que le commerce, les finances, l’éducation ou la science. Les origines sociales des philosophes sont diverses : beaucoup sont issus de familles bourgeoises (Voltaire, Thomas Jefferson), d’autres de milieux plus modestes (Emmanuel Kant, Benjamin Franklin, Denis Diderot) ou encore de la noblesse (Montesquieu, Condorcet). Un certain nombre d’entre eux avaient reçu une éducation religieuse (Denis Diderot, Louis de Jaucourt) ou une formation juridique (Montesquieu, Thomas Jefferson). Les philosophes constituaient des réseaux et communiquaient par lettres. On connaît la correspondance violente entre Rousseau et Voltaire. Les grands esprits du XVIIIe siècle se rencontraient et discutaient dans les salons, les cafés ou les académies. Les penseurs et les savants formaient une communauté internationale. Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Adam Smith, Hume ou Galiani séjournèrent plusieurs années en France. Parce qu’ils critiquaient l’ordre établi, les philosophes étaient poursuivis par les autorités et devaient recourir à des subterfuges pour éviter la prison. François-Marie Arouet prit le pseudonyme de Voltaire. Thomas Jefferson rédigea en 1774 un rapport destiné aux délégués de Virginie du Premier Congrès continental, qui se réunissait pour discuter des griefs des colonies à l’égard de la Grande-Bretagne. En raison du contenu du texte, il fut contraint de le publier anonymement. La Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient valut à Denis Diderot d’être emprisonné au fort de Vincennes pour sa remise en cause de la religion[30]. Accusé d’avoir rédigé des pamphlets contre le régent Philippe III d’Orléans, Voltaire fut emprisonné à la Bastille. Montesquieu publia de façon anonyme les Lettres persanes en 1721 en Hollande. De 1728 à 1734, il visita plusieurs pays d’Europe. Face à la censure et aux difficultés financières, les philosophes recouraient souvent à la protection d’aristocrates et de mécènes : Malesherbes et la marquise de Pompadour, favorite de Louis XV, soutinrent ainsi Diderot. Marie-Thérèse Geoffrin (1699-1777) subventionna une partie de la publication de l’Encyclopédie. Elle organisait un salon bi-hebdomadaire, recevant des artistes, des savants, des gens de lettres et des philosophes, de 1749 à 1777. L’autre grand salon de l’époque des Lumières était celui de Claudine de Tencin. Dans les années 1720, Voltaire dut s’exiler en Angleterre où il s’enquit des idées de John Locke. Les philosophes luttaient généralement moins contre le pouvoir royal que contre l’hégémonie ecclésiastique et nobiliaire[31] : dans sa défense de Jean Calas, Voltaire défendait ainsi la justice royale contre les excès d’une justice provinciale jugée plus fanatique[32]. Bien des monarques européens — Charles III d'Espagne, Marie-Thérèse et Joseph II d’Autriche, Catherine II de Russie, Gustave III de Suède — lisaient et appréciaient les philosophes. Comme Voltaire, qui fut accueilli à la cour de Frédéric II de Prusse ou Diderot, qui fut accueilli à la cour de Catherine II, les philosophes comme d’Holbach se montraient favorables au despotisme éclairé[33] dans l’espérance de voir leurs idées se répandre le plus rapidement possible en touchant directement à la tête de l’État. La suite des événements devait montrer aux philosophes les limites de leurs ambitions chez des souverains « plus despotes qu’éclairés »[34]. Seul Rousseau revendiqua avec constance l’égalité politique, qui devint par la suite un idéal révolutionnaire[35]. Représentants des Lumières[modifier le code] France : Pierre Bayle, Émilie du Châtelet, Étienne Bonnot de Condillac, Nicolas de Condorcet, Denis Diderot, D'Alembert, Olympe de Gouges, Vincent de Gournay, D'Holbach, Fontenelle, Claude-Adrien Helvétius, Marquis de La Fayette, Antoine Lavoisier, La Mettrie, Louis de Jaucourt, Choderlos de Laclos, Marquis de Sade, Marivaux, Jean-François Marmontel, Pierre Louis Moreau de Maupertuis, Montesquieu, François Quesnay, Restif de la Bretonne, Antoine Destutt de Tracy, Anne Robert Jacques Turgot, Voltaire, Buffon. Angleterre : Anthony Collins, John Locke, Edward Gibbon, William Godwin, Henri Saint Jean de Bolingbroke, Samuel Johnson, James Edward Oglethorpe, William Paley, Joseph Priestley, William Wilberforce, Mary Wollstonecraft. Écosse : James Boswell, David Hume, Francis Hutcheson, James Burnett, lord Monboddo, Adam Smith, James Watt[réf. nécessaire]. Irlande : George Berkeley, Richard Cantillon, John Toland. Allemagne : Johann Joachim Christoph Bode, Friedrich Heinrich Jacobi[36], Johann Gottlieb Fichte[37], Johann Gottfried von Herder, Emmanuel Kant[38], Gotthold Ephraim Lessing, Moses Mendelssohn, Friedrich Nicolai, Leibniz, Friedrich Melchior Grimm, Karl Leonhard Reinhold, Johann Wolfgang von Goethe Pologne : Hugo Kołłątaj, Jan Potocki, Ignacy Krasicki. Portugal : Marquis de Pombal, Luis Antonio Verney, António Nunes Ribeiro Sanches, Francisco de Oliveira, Duarte Ribeiro de Macedo, Matias Aires Ramos da Silva Eça. États-Unis : John Adams, Samuel Adams, Benjamin Franklin, Alexander Hamilton, John Jay, Thomas Jefferson, James Madison, Thomas Paine, George Washington. Italie : Cesare Beccaria, Ferdinando Galiani, Mario Pagano, Giambattista Vico, Pietro Verri, Alessandro Verri, Antonio Genovesi, Carlo Goldoni, Giuseppe Parini, Gaetano Filangieri Espagne : Leandro Fernández de Moratín, Gaspar Melchor de Jovellanos, Antonio José Cavanilles, Lorenzo Hervás, Benito Jerónimo Feijoo, Pedro Rodríguez de Campomanes, José Celestino Mutis Russie : Nikolaï Novikov, Mikhaïl Lomonossov Roumanie : Ion Budai-Deleanu, Ienăchiță Văcărescu, Anton Pann, Samuil Micu Klein, Gheorghe Șincai Suisse (Genève) : Jean-Jacques Rousseau Corse : Pascal Paoli Diffusion des Lumières[modifier le code] Les progrès de l’alphabétisation et de la lecture[39] permettent le développement de ce qu’on a appelé un « espace public », les débats intellectuels et politiques dépassent le cercle restreint de l’administration et des élites, impliquant progressivement des secteurs plus larges de la société. Encyclopédie[modifier le code] Un second changement important dans le mouvement des Lumières par rapport au siècle précédent trouve son origine en France, avec les Encyclopédistes. Ce mouvement intellectuel défend l’idée qu’il existe une architecture scientifique et morale du savoir, une structure prévalente et ordonnée, et que sa réalisation est un moyen de libération de l’homme[40]. Denis Diderot et D’Alembert publient à partir de 1751 l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Le processus de diffusion des idées nouvelles se trouva amplifié par le progrès des techniques de diffusion de l’information. Les passages de l’Encyclopédie sont lus par les nobles, les ducs et les bourgeois dans des salons, les personnes présentes donnent leur avis sur les écrits des philosophes. Les journaux et la correspondance permettent des échanges plus rapides dans toute l’Europe, réalisant une nouvelle forme d’unité culturelle. Ceci ne fut pas sans poser des questions sur la liberté d’accès et de diffusion de ces informations. On connaît le rôle joué par la presse dans la diffusion des idées, pendant la Révolution française notamment. Salons et cafés[modifier le code] Articles détaillés : Café littéraire, Salon littéraire et Femmes et salons littéraires en France. Ce sont d’abord les cafés, où on lit et on débat, comme le café Procope à Paris, qui sont le rendez-vous nocturne des jeunes poètes ou des critiques qui discutent passionnément des derniers succès de théâtre ou de librairie. Mais ce sont surtout les salons mondains, ouverts par tous ceux qui ont quelque ambition, ne serait-ce que celle de paraître. Ils sont caractérisés par la mixité intellectuelle ; les gens s’y expriment, y trouvent une occasion de satisfaire leur soif de savoir et y entretiennent leur vision du monde. Mais il faut y être introduit. Les grandes dames reçoivent artistes, savants et philosophes. Chaque hôtesse a son jour, sa spécialité et ses invités de marque. Le modèle est l’hôtel de Madame de Lambert, au début du siècle. Les gens de talent s’y retrouvent régulièrement pour confronter leurs idées ou tester sur un public privilégié leurs derniers vers. Mondaines et cultivées, les créatrices de ces salons animent les soirées, encouragent les timides et coupent court aux disputes. Ces fortes personnalités, très libres par rapport à leurs consœurs, sont souvent elles-mêmes écrivaines et épistolières. La mixité est particulièrement réussie en France, au XVIIIe, dans ces « États Généraux de l’esprit humain » où s’épanouit la philosophie des Lumières. Des femmes cultivées, intelligentes y sont de véritables partenaires avec qui on peut remettre en question des idées religieuses, politiques, scientifiques, qui sont capables de donner un élan aux débats ; on peut citer par exemple l’intervention d’Anne Dacier dans la querelle des Anciens et des Modernes et les œuvres d’Émilie du Châtelet. Académies, bibliothèques et loges[modifier le code] Articles détaillés : Académie et Loge maçonnique. Les Académies étaient des sociétés savantes qui se réunissaient pour s’occuper de Belles-lettres et de sciences et contribuer à la diffusion du savoir. En France, après les fondations monarchiques du XVIIe siècle (Académie française, 1634 ; Académie des inscriptions et belles-lettres, 1663 ; Académie royale des sciences, 1666 ; Académie royale d'architecture, 1671), naissent encore, à Paris, l’Académie royale de chirurgie (1731) et la Société royale de médecine (1776). Le clergé et, dans une moindre mesure, la noblesse y prédominent. Ces sociétés provinciales regroupent les représentants de l’élite intellectuelle des villes françaises. Leur composition sociale révèle que les privilégiés y occupent une place moindre qu’à Paris : 37 % de nobles, 20 % de gens d’Église. Les roturiers constituent 43 % des effectifs : c’est l’élite des possédants tranquilles qui siège là. Marchands et manufacturiers sont peu présents (4 %). Voisines des Académies, souvent peuplées des mêmes hommes avides de savoir, les bibliothèques publiques et chambres de lecture se sont multipliées, fondées par de riches particuliers ou à partir de souscriptions publiques. Elles collectionnent les travaux scientifiques, les gros dictionnaires, offrent une salle de lecture et, à côté, une salle de conversation. Toutes ces sociétés de pensée fonctionnent comme des salons ouverts et forment entre elles des réseaux provinciaux, nationaux, européens, échangeant livres et correspondance, accueillant les étrangers éclairés, lançant des programmes de réflexion, des concours de recherche. On y parle physique, chimie, minéralogie, agronomie, démographie. Dans les Treize colonies britanniques en Amérique du Nord, James Bowdoin (1726-1790), John Adams (1735-1826) et John Hancock (1737-1793) fondent l’Académie américaine des arts et des sciences à Boston durant la Guerre d'indépendance des États-Unis. En 1743, Benjamin Franklin fonde la Société américaine de philosophie. Au début du XIXe siècle, Thomas Jefferson avait l’une des plus riches bibliothèques privées du pays. Parmi les réseaux éclairés, le plus développé est celui de la franc-maçonnerie, quoique réservé aux couches supérieures. Née en Angleterre et en Écosse, la franc-maçonnerie, groupement à vocation humaniste et initiatique, concentre tous les caractères des Lumières : elle est théiste, tolérante, libérale, humaniste, sentimentale. Elle connaît un succès foudroyant dans toute l’Europe où l’on compte des milliers de loges en 1789. Les milieux civils, militaires et même religieux, liés aux appareils d’État, sont tout particulièrement gagnés. Ni anticléricales (elles le seront au XIXe siècle) ni révolutionnaires, les loges ont contribué à répandre les idées philosophiques et l’esprit de réforme dans les lieux politiquement stratégiques. La discussion intellectuelle l’emporte sur le caractère ésotérique ou sectaire. Surtout, les élites y font, plus encore que dans les Académies, l’apprentissage du primat de l’égalité des talents sur les privilèges de la naissance. Marchands ambulants et presse[modifier le code] La diffusion des idées des Lumières est également permise grâce aux différents marchands ambulants. En effet, ces derniers, allant de province en province, colportaient les informations et, par extension, apportaient les idées aux analphabètes. La presse a facilité la diffusion des textes philosophiques (notamment l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert), et a déclenché les processus de la réflexion chez le peuple. La presse contribue enfin à la constitution de l’opinion publique, malgré la censure, toujours active. Le Journal des Sçavans, le Mercure de France, les périodiques économiques comme les Éphémérides du citoyen rédigées par Nicolas Baudeau du parti des Économistes (parti des philosophes politiques ou les Physiocrates comme aussi François Quesnay), sont en fait plutôt ce que nous appellerions des revues. Par le recensement d’ouvrages et par les abonnements collectifs des sociétés de pensée, un public éloigné des centres de création peut prendre connaissance des idées et des débats, des découvertes du mois, sinon du jour. Influence de la Philosophie des Lumières dans les changements politiques[modifier le code] Dès la fin du XVIIe siècle, John Locke avait défini la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif[41]. Montesquieu reprit l’idée de séparation des pouvoirs et l’étendit à un troisième pouvoir, le pouvoir judiciaire dans De l'esprit des lois (1748). Dans les années 1750, on tenta, en Angleterre, en Autriche, en Prusse et en France, de « rationaliser » les monarchies et leurs lois. L’idée lumineuse d’un gouvernement « rationnel » s’incarna dans la Déclaration d’Indépendance américaine et, dans une moindre mesure, dans le programme des Jacobins au cours de la Révolution française. On peut citer également la Constitution américaine de 1787. Influence des Lumières sur la révolution américaine[modifier le code] Cultivé et instruit, Thomas Jefferson, planteur originaire de Virginie, est très marqué par le philosophe anglais John Locke et par Jean-Jacques Rousseau. Il préside à l’élaboration de la Constitution de Virginie au début de 1776, et en reprend certaines dispositions lorsqu’il procède à la rédaction de la déclaration d'indépendance des États-Unis, proclamée le 4 juillet 1776 au congrès de Philadelphie. Il a l’occasion de rencontrer les personnalités des Lumières lors de son séjour en Europe. Arrivé au cours de l’été 1784, il succède à Benjamin Franklin comme ambassadeur des États-Unis et fréquente les salons littéraires et les libraires de la capitale. L’influence de la philosophie des Lumières transparaît ainsi nettement dans la Déclaration d'indépendance des États-Unis, qui proclame que les hommes ont été créés égaux en droit et qu'ils peuvent s’opposer à la tyrannie. La Constitution des États-Unis d'Amérique (1787) reprend les principes de Montesquieu de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, qui forment la base de toute démocratie. Influence des Lumières sur la Révolution française[modifier le code] À mesure que se développe l’esprit philosophique, dans les salons, les cafés ou les clubs, l’autorité monarchique se délite, sapée tant par l’opposition aristocratique[42] que par des tentatives de réformes sans lendemain. Pendant la période révolutionnaire, les idées des philosophes inspirent les débats politiques. La plupart des députés de l’Assemblée nationale sont des bourgeois cultivés qui se sont nourris des valeurs de liberté et d’égalité. Par exemple, Robespierre est un rousseauiste convaincu. Pourtant, la plupart des philosophes français sont morts avant d’avoir vu l’œuvre de la Révolution française, sauf Condorcet, Louis-Sébastien Mercier et l'abbé Raynal. Les deux premiers, proches des Girondins en l'an II, connaîtront des déboires avec la Révolution. Seul le troisième ne sera jamais inquiété et aura même droit à un buste après sa mort en 1796 en hommage à ses écrits contre l'esclavage des Noirs, aboli le 16 pluviôse an II. Il était par ailleurs l'oncle d'un conventionnel régicide, Simon Camboulas. La Révolution française en particulier représente une application violente de la philosophie des Lumières, notamment lors de la brève période de pouvoir des Jacobins. Le désir de rationalité révolutionnaire se coupe du rationalisme dit « spirituel » de Descartes, jusqu'à conduire à une tentative d’éradiquer l’Église et le christianisme dans son ensemble. Ainsi, la Convention nationale change le calendrier, système de mesure du temps, et le système monétaire, tout en plaçant l’idée d’égalité, sociale et économique, au plus haut point des priorités de l’État[43]. Perception de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle à nos jours[modifier le code] Au moment de son élaboration, la philosophie des Lumières n'a pas été partagée par toute la société. Certains groupes s'y sont opposés : apologistes (jansénistes et jésuites), gens de lettre, adversaires littéraires des encyclopédistes (voir article Contre-Lumières). Par la suite, certains courants de pensée ont émis des critiques vis-à-vis de la philosophie des Lumières : les romantiques, les nationalistes, les antilibéraux, les néoconservateurs (voir article Critique des Lumières). Depuis son apparition au XVIIIe siècle, les principaux héritages des Lumières (démocratie, droits de l'homme) ont fini par s'imposer dans le monde occidental, et même dans une majorité de pays sur la planète, de sorte que la perception des Lumières est globalement positive. Certains penseurs ne partagent cependant pas cet optimisme, concernant les conséquences de la philosophie des Lumières sur nos modes de vie et ce que cela induit sur le plan de la crise écologique. Notamment, le théologien orthodoxe Jean-Claude Larchet voit dans la philosophie des Lumières, après l'humanisme, l'individualisme, le rationalisme déjà apparus à la Renaissance, un des fondements spirituels de la crise écologique. Selon ce penseur, qui appuie son argumentation sur une étude approfondie des écrits des Pères de l'Église (en particulier saint Maxime le Confesseur), les éléments suivants ont conduit à la situation de crise que nous connaissons aujourd'hui[44] : la conception de Dieu qui subsiste chez certains philosophes théistes est celle d'un Dieu abstrait et lointain ; la religion n'est plus vue comme ce qui relie, mais comme un ensemble de superstitions à combattre et à détruire ; l'athéisme est souvent donné en exemple (Diderot) et sert de base au naturalisme et au matérialisme ; l'homme est affirmé comme un centre de référence absolu, contre Dieu ; la raison est affirmée comme la source de connaissance de référence ; l'individu est affirmé contre la communauté. Toujours selon Jean-Claude Larchet, la rationalisation de la perception du monde réalisée par les Lumières n'est plus compensée par l'esprit (ou intellect) dans une approche contemplative des êtres ouverte à la transcendance et au sens du symbole, mais par le sentiment, ouvrant la voie au siècle suivant, sous une forme exacerbée, au romantisme[44]. Lumières de la pensée juridique[modifier le code] Le concept de Lumières de la pensée juridique, définit la conjonction de quatre transformations de la société qui engendre un changement significatif de la pensée juridique. Les Lumières philosophiques, les avancées techniques (en particulier le développement de l'imprimerie), un climat économique favorable, les changements politiques rendent possible la codification du droit. Ce phénomène est directement lié à l'émergence de l'État-nation. L'État, dans la personne du souverain devient l'unique source de droit. Cet élargissement des prérogatives royales s'accompagnent de la nécessité de codifier le droit afin d'en garantir la sécurité. Les Lumières sont toutefois marquées par les résistances à la codification et l'échec des projets de code civil. Ce n'est qu'au XIXe siècle que les idées imaginées durant les Lumières de la pensée juridique se réalisent et que les sociétés européennes deviennent civilistes[45]. Critiques[modifier le code] Article détaillé : Critique des Lumières. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Notes et références[modifier le code] ↑ Les dictionnaires écrivent le mot lumières, pris en ce sens, soit uniquement avec une minuscule (voir Trésor de la langue française informatisé et dictionnaires Le Robert) soit avec une minuscule ou une majuscule, voir Dictionnaire de l’Académie française et dictionnaires Larousse). ↑ Josiane Boulad-Ayoub : « Ainsi explicitée, adaptée, transformée, la Philosophie a pu servir de garant aux idées et aux valeurs que la Démocratie française sur toute l’Europe, et qui, au nom des lois de la République une et indivisible, au nom de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité, faisait trembler les tyrans sur les champs de bataille ou, chez elle, guillotinait le roi » et « La vie coloniale (de l’Amérique du Nord) s’organisa autour de quatre idées inspirées par les philosophes des Lumières : les droits naturels, la hiérarchie de lois (aucune loi des colonies n’est contraire à la Couronne), la séparation des pouvoirs, le contrôle du contre-pouvoir. Ces pensées influenceront les révolutionnaires français de 1789. » ↑ Tzvetan Todorov, « Tous les matins du monde », Télérama, 2006, p. 20, Hors série : Les Lumières. Des idées pour demain ↑ a et b David Graeber, Pirates des lumières ou la véritable histoire de Libertalia, Montreuil, Libertalia, 2019, 240 p. ↑ Jacques Collin, Présentation, chronologie et notes. Louis-Armand de Lom d'Arce, Nouveaux Voyages en Amérique septentrionale, Montréal, 1983, p. 43 ↑ (en) David Graeber et David Wengrow, The dawn of everything… A new history of humanity, Signal. McCleland & Stewart, 2021, 704 p. (ISBN 978-0771049828) Traduction française par Élise Roy : Au commencement était… Une nouvelle histoire de l’humanité, Paris, Les Liens qui libèrent, 2021, 752 p., p. 536. ↑ Franc̜ois Pillon, L’Année philosophique : Bibliothèque de philosophie contemporaine, vol. 13, Paris, Félix Alcan, 1903, 308 p. (lire en ligne), p. 257. ↑ Antoine Eugène Genoude, La Raison du christianisme : ou, Preuves de la verité de la religion tirées des écrits des plus grands hommes de la France, de l’Angleterre et d
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:25 PM
|
Dans cet article, nous allons vous donner des tests d'évaluation afin que vous puissiez savoir si vous êtes harcelée ou harcelé au travail.
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:24 PM
|
Lyndon B. Johnson Portrait officiel de Lyndon B. Johnson en tant que président des États-Unis en 1963.
Lyndon Baines Johnson (/ˈlɪndən beɪnz ˈd͡ʒɑnsən/[b]), généralement appelé Lyndon B. Johnson et également connu sous ses initiales LBJ, né le 27 août 1908 à Stonewall (Texas) et mort le 22 janvier 1973 à Johnson City (Texas), était un homme d'État américain. Membre du Parti démocrate, il est le 37e vice-président des États-Unis, en fonction du 20 janvier 1961 au 22 novembre 1963, puis le 36e président des États-Unis, en fonction du 22 novembre 1963 au 20 janvier 1969. Enseignant de profession, il est représentant des États-Unis pour le Texas de 1937 à 1949 et sénateur fédéral de 1949 à 1961, avec six ans passés en tant que chef de la majorité du Sénat et deux ans en tant que whip de la majorité démocrate. Après avoir tenté d'obtenir l'investiture présidentielle du Parti démocrate, il accepte d'être le colistier de John Fitzgerald Kennedy à l'élection présidentielle de 1960, le ticket l'emportant de justesse face à celui mené par le républicain Richard Nixon. En cette qualité, il accède à la présidence le jour de l'assassinat de Kennedy, prêtant serment dans un avion au côté de Jacqueline Kennedy. Il termine le mandat de son prédécesseur, puis remporte largement l'élection présidentielle de 1964 face au républicain Barry Goldwater. Sa présidence est marquée par de violentes émeutes raciales et des assassinats politiques, notamment ceux de Malcolm X, Martin Luther King et Robert Francis Kennedy. Il conçoit le programme politique de « Grande société », qui comprend des lois soutenant les droits civiques des minorités (il signe le Voting Rights Act en 1965), la radiodiffusion publique, la protection de l'environnement, l'aide à l'éducation. Il lance un programme de « guerre contre la pauvreté », créant le Medicare et le Medicaid. Sa popularité chute de façon continue en raison de sa décision de renforcer l'implication américaine dans la guerre du Viêt Nam et de sujets intérieurs comme les émeutes raciales ou la hausse des impôts fédéraux. Alors qu'il est éligible à un troisième mandat, il retire sa candidature après avoir été mis en difficulté aux primaires démocrates en vue de l’élection présidentielle de 1968, qui est remportée par Richard Nixon face au vice-président Hubert Humphrey. Affaibli par une santé déclinante, il se retire dans son ranch de Johnson City et ne prend guère plus part au débat public. Il meurt des suites d'une énième crise cardiaque, à l'âge de 64 ans, quatre années après son départ de la Maison-Blanche. L'opinion publique et les évaluations de l'action de Johnson ont beaucoup fluctué : si un certain nombre d'historiens tirent un bilan favorable de sa présidence du fait des réformes qu'il a su réaliser en politique intérieure, les échecs de sa politique étrangère lui sont reprochés. Son comportement dominateur est resté célèbre, notamment son fameux « traitement Johnson », par lequel il s'imposait physiquement à ses interlocuteurs et dont il a souvent abusé, même face aux plus influents hommes politiques, pour les forcer à accepter ses projets[1],[2]. Situation personnelle[modifier le code] Origines familiales, jeunesse et études[modifier le code] Lyndon Baines Johnson naît le 27 août 1908 à Stonewall dans le comté de Gillespie situé au centre du Texas, dans une ferme près de la rivière Pedernales, mis au monde avec l'aide d'une sage-femme d'origine allemande que son grand-père paternel Samuel Ealy Johnson Sr. (en) était allé chercher à cheval[3]. Son père, Samuel Ealy Johnson Jr. (en), dont la famille est d'ascendance écossaise-irlandaise et anglaise, épouse en le 20 août 1907 sa mère Rebekah Baines, dont la famille a des origines anglaises et allemandes[4]. Au cours de la cérémonie, la tante de son père résuma le sens de cette union, phrase qui aura beaucoup d'incidence sur la vie de son petit-neveu[4] : « Les Baines ont des cerveaux et les Johnson des tripes. Les Baines sont intelligents mais ils ne réussissent pas à faire les choses. Les Johnson, eux, y parviennent. » Ses parents sont fermiers et son père également homme d'affaires[5], ayant même été un temps instituteur[6]. Avant le mariage, sa mère fut bibliothécaire et enseignante[4]. Son grand-père maternel Joseph Wilson Baines (en), qu'il n'a pas connu, était à la fois professeur de droit et avocat et avait servi dans l'armée confédérée pendant la guerre de Sécession[7]. Il est l'aîné d'une fratrie de cinq enfants[5], avec un jeune frère Sam Houston Johnson (en) (1914-1978) et trois sœurs, Rebekah (1910-1978), Josefa (1912-1961) et Lucia (1916-1997) et lui-même[8]. Comme la plupart des fermiers texans, les parents de Lyndon ont des revenus modestes. Son père devra même vendre la ferme à cause de l'épuisement des terres[9]. Son père est également actif dans la vie politique locale, membre du parti dominant de l'époque dans le Sud, à savoir le Parti démocrate. En 1913, les Johnson s'installent dans une bourgade nommée en l'honneur d'un cousin de son père dénommé James Polk Johnson, Johnson City[10],[11]. Lyndon fréquente l’école publique où il sera plusieurs fois élu président de sa classe. Il y vénère sa maîtresse, Katie Deadrich Looney, qu'il remerciera comme président en l'invitant à assister à la signature de la loi sur l'enseignement supérieur de 1965. Il est également membre de l'équipe de baseball de l'école[12]. Il fréquente beaucoup de Germano-Américains, très présents dans la région, bien plus que des Afro-Américains ou des Latino-Américains[11]. Sa mère profite du déménagement pour reprendre son métier d'enseignante. Son père lui, renoue avec les affaires et investit dans l'immobilier[8]. Cependant, Sam perdra à nouveau beaucoup d'argent pendant l'entre-deux-guerres[13]. Lyndon obtient son diplôme de fin d’études secondaires en 1924 au lycée de Johnson City[12]. Dès l'époque du lycée, il excelle dans la prise de parole et dans la rhétorique. Pendant sa jeunesse, son père l'initie également à la politique en l'introduisant auprès des principaux leaders texans[14]. Les dernières années de sa scolarité sont plus chaotiques, y compris sur le plan sentimental, sa petite amie et camarade de classe de l'époque Kitty Clide ayant rompu avec lui sur l'insistance du père fortuné qui méprisait les Johnson[15]. En novembre 1924, malgré le refus de ses parents, il quitte le domicile familial avec quelques amis et se rend en Californie. Il devient secrétaire au cabinet d'avocats de son cousin Tom Martin, qui a réussi à convaincre ses parents. Il quitte le cabinet un an plus tard à la suite des problèmes d'alcoolisme de son cousin mais aussi parce qu'il refusait la perspective de longues études pour devenir avocat dans le Nevada[16]. En février 1927, il décide d'entrer à l'université. Il s'inscrit à l'université d'État du Texas, qui est alors la moins onéreuse de l'État[17]. Il commence les cours le mois suivant, à l'occasion du deuxième semestre, après avoir validé toutes les matières qui lui manquaient pour y entrer[18]. Il obtient une licence en 1930, ce qui sera son seul diplôme[19]. En parallèle de ses études, il devient le secrétaire du président de l'université puis chargé de nettoyage. Il participe également à la vie du campus, animant le journal de l'université[20]. En 1928, il assiste à la convention du Parti démocrate (en) qui se tient à Houston[21]. Entre 1928 et 1929, il enseigne à Cotulla où il est le seul professeur et dirige l'école primaire de la ville. À l'époque, les trois quarts des habitants sont des Mexicains[22]. Lyndon est touché par la précarité des enfants qu'il accueille à l'école et va faire preuve de beaucoup d'inventivité pour transmettre et apprendre l'anglais à ces enfants[23]. Cette courte expérience aura une incidence très importante sur sa vie politique et sur ses conceptions sociales et éducatives. Vie privée[modifier le code] En septembre 1934, Johnson rencontre Claudia Alta Taylor, connue sous le surnom de Lady Bird, une jeune Texane elle aussi, à laquelle il propose immédiatement un rendez-vous[24]. Ils se marient le 17 novembre 1934 à San Antonio après s'être fréquentés pendant une courte période[25], en l'absence des parents des mariés[26]. Le voyage de noces se déroule à Mexico, avant le retour à Washington[26]. Ils ont deux filles, Lynda Bird Johnson (en), présidente de l'organisme Reading is Fundamental, née le 19 mars 1944 et Luci Baines Johnson (en), née le 2 juillet 1947[27]. On peut remarquer que Johnson aimait bien donner ses initiales à de nombreuses choses. Les prénoms de ses filles en sont un exemple. Malgré ce mariage heureux, Johnson a de nombreuses relations adultérines, en particulier avec son assistante Alice Marsh. Il est initié à la franc-maçonnerie le 30 octobre 1937 à la loge maçonnique de Johnson City, mais il ne va pas au bout de son initiation. Il s'aperçoit peu de temps après que ses tâches au Congrès lui prennent trop de temps et il ne cherchera pas à s’élever dans la hiérarchie maçonnique. Il n'est pas considéré comme ayant appartenu à la franc-maçonnerie[28]. Débuts de carrière politique[modifier le code] Juste après son diplôme, Johnson enseigne la prise de parole en public et l'art de la rhétorique dans un lycée de Houston, mais démissionne cependant rapidement pour se lancer en politique[29]. Le père de Johnson avait été élu pour cinq mandats à la législature d'État du Texas et était l'ami du représentant Sam Rayburn, l'une des figures montantes de la politique texane. Ses premiers pas en politiques ont lieu lors d'un meeting en 1930 pour la campagne de réélection du gouverneur Pat Morris Neff (en), son père l'ayant introduit auprès de lui[30]. La réunion s'éternisant, le gouverneur ayant du retard, Johnson est invité à prononcer un discours au nom du gouverneur[29]. Repéré par le futur représentant fédéral Richard M. Kleberg (en) présent au meeting, il devient son secrétaire après l'élection de Kleberg lors d'une élection partielle[31]. Il mène également efficacement campagne contre le sénateur local Willy K. Hopkins[29]. Le 4 décembre 1931, Lyndon Johnson arrive à Washington[32]. Il ne quittera plus la ville jusqu'à son départ de la Maison-Blanche en 1969[33]. En tant que secrétaire parlementaire, Lyndon B. Johnson se lie avec des personnes influentes, découvre comment elles en sont arrivées là et gagne leur respect grâce à ses compétences. Pendant la période, il travaille de 7 heures 30 à 20 heures et même parfois plus tard, ce qui lui permet de connaître toutes les arcanes et les mécanismes du Congrès[34]. L'efficacité du travail fourni par Johnson fait que les habitants de la circonscription de Kleberg est celle qui bénéficie du plus des différentes politiques du New Deal au niveau fédéral en 1934[35]. Il compte bientôt parmi ses amis des proches du président Franklin Delano Roosevelt, mais aussi des Texans comme lui, parmi lesquels le vice-président John Nance Garner ou le futur président de la Chambre Sam Rayburn, qui deviendra son mentor en politique[36]. Il est même repéré par le président Franklin Delano Roosevelt en personne, qui le nomme en 1935 directeur d’une agence de l’État du Texas chargée de la jeunesse[32]. Ce poste lui permet de proposer des formations et des emplois à des jeunes et donc de montrer aux électeurs texans qu’il a de l’influence. Fin 1936, Johnson est le seul directeur d'agence à avoir accompli les objectifs fixés par le gouvernement fédéral[37]. Il menace tout de même de démissionner lorsqu'on lui suggère d'engager des Afro-Américains au sein de l'agence, justifiant son refus par le fait que cela conduirait à une démission de tous les fonctionnaires. Néanmoins, cet épisode illustrait bien le caractère sudiste du futur président[38]. En coulisses néanmoins, il fait tout son possible pour leur avancement, craignant que la mentalité sudiste ne mette en péril tous ses efforts[39]. Il reste directeur pendant deux ans, puis quitte son poste pour se présenter au Congrès. Le futur président est connu pour être un patron très exigeant avec ses employés, leur demandant de nombreuses heures supplémentaires ; toutefois, il en fait autant, sinon plus, lui-même. Représentant fédéral pour le Texas (1937-1949)[modifier le code] En 1937, Johnson se présente à la Chambre des représentants à l'élection partielle pour élire le représentant du 10e district du Texas, soit la circonscription d'Austin et du comté de Hill[32], à la suite du décès du représentant James P. Buchanan[40]. Il base sa campagne sur le principe du New Deal et est aidé efficacement par sa femme, Lady Bird Johnson. Il bénéficie également du soutien discret du gouverneur James Allred[41]. Lors de la dernière soirée de campagne, il est victime d'une crise d'appendicite causée par ses nombreux déplacements pendant la campagne, au point d'avoir perdu une vingtaine de kilos, et opéré en urgence[42]. C'est le premier grave problème de santé auquel Johnson est confronté, bien avant de devenir sénateur. Le président Franklin Delano Roosevelt montre un intérêt personnel pour le jeune Texan dès son élection. Johnson est affecté au Comité des affaires navales, position d'une grande importance pour un jeune élu. Néanmoins, le tout nouveau représentant n'est pas très intéressé par le travail législatif, préférant cultiver ses réseaux au Texas et à Washington. Cela ne l'empêche pas d'obtenir que de vastes chantiers de travaux publics soient conduits dans son État et dans sa circonscription[43]. Il constitue son cabinet à la manière dont fonctionnait celui de Kleberg. Parmi les membres de son cabinet figurent le jeune John Bowden Connally, brillant juriste qui deviendra gouverneur du Texas dans les années 1960 et dont Johnson devint le mentor et Walter Jenkins (en), futur chef de cabinet de la Maison-Blanche[44]. En 1941, Johnson se présente au Sénat dans une élection partielle (en) contre le gouverneur sortant du Texas Wilbert Lee O'Daniel, par ailleurs farouche opposant au New Deal[45] et qui avait promis à Johnson de ne pas se présenter contre lui[46]. Il tombe à nouveau malade pendant la campagne, officiellement admis à l'hôpital pour indigestion alors même qu'il était dépressif à cause de la tournure prise par la campagne[46]. Malgré une campagne extrêmement rôdée, Johnson est battu, mais seulement après un recomptage de bulletins de vote dans une élection marquée par des fraudes massives de part et d’autre[47]. Le lendemain de sa défaite, il est accueilli à la Maison-Blanche par les Roosevelt qui peinent à le relever. Il se décide à rester à la Chambre en attendant d'acquérir plus d'expérience pour le Sénat[48]. La même année, il présente sa première proposition de loi à la Chambre. Au total, il n'en présenta que cinq pendant ses onze années de mandat[44]. Lorsque survient l'attaque de Pearl Harbor, Roosevelt réagit en déclarant la guerre à l'empire du Japon. Dans le même temps, il enjoint tous les membres du Congrès à gagner leurs centres de mobilisation sans tarder[48]. Johnson ayant déclaré au cours de la campagne électorale qu'il servirait son pays en cas de conflit, il s'engage dans la marine de réserve avec le grade de lieutenant commander (ou de major) correspondant à son statut d'élu. Il obtient de l'amiral Chester Nimitz une mission de contrôle des bases navales du Texas et de la Californie[49]. Pendant cette mission, il envisage une nouvelle candidature au Sénat mais les équipes du président Roosevelt parviennent à l'en dissuader. Il se déclare alors candidat à un nouveau mandat à la Chambre, comme l'oblige la loi. Le président Roosevelt décide de son affectation pour rester sur les opérations militaires. Il participe ainsi en observateur à la campagne de Nouvelle-Guinée dans le cadre de la guerre du Pacifique et sera décoré de la Silver Star par le général Douglas McArthur à la suite d'un accident d'avion qui coûta la vie à une partie de l'équipage. Le 9 juillet 1942, il est déchargé de ses obligations militaires comme tous les autres membres du Congrès sur décision du président Roosevelt et décide de revenir à la vie civile[50]. Sa mission dans le Pacifique fut largement embellie par la suite, y compris par Johnson lui-même pour sa carrière politique[51]. L'un de ses biographes, Robert Dallek, juge sa courte mission dans le Pacifique de la façon suivante[52] : « The mission was a temporary exposure to danger calculated to satisfy Johnson's personal and political wishes, but it also represented a genuine effort on his part, however misplaced, to improve the lot of America's fighting men. » « La mission était une exposition temporaire à un danger destiné à satisfaire les désirs personnels et politiques de Johnson, mais elle représentait aussi un véritable effort de sa part, si mal placé soit-il, pour améliorer le sort des combattants américains. » Il est réélu aux élections de mi-mandat pour un nouveau mandat au Congrès. À la suite de sa mission, il est affecté à la tête du sous-comité aux affaires navales, dans des travaux similaires à ceux de la commission sénatoriale[53]. En février 1943, sa femme rachète une station de radio locale texane située à Austin, qu'il utilisa abondamment pour sa carrière politique. Dix ans plus tard, une chaîne de télévision associée à la station radio sera créée[54]. Quelques mois plus tôt, les Johnson achètent leur maison à Washington grâce à l'héritage d'une tante de Claudia[27]. Affecté par le décès du président Roosevelt, il opère un changement profond dans sa pratique politique au début du maccarthysme face à la désaffection pour le nouveau président Harry S. Truman[55]. Sénateur et chef des démocrates (1949-1961)[modifier le code] En 1948, le tiers du Sénat doit être renouvelé. Johnson apprend que le sénateur Wilbert Lee O'Daniel, qui fut son adversaire sept ans plus tôt, renonçait à se présenter, étant totalement déconsidéré par les électeurs texans à cause de ses frasques à Washington[56]. Après avoir hésité, Johnson décide de rentrer dans la course. Campagne de 1948[modifier le code] Son équipe de campagne est encore plus rôdée qu'en 1941, tandis que lui-même bénéficie d'importants soutiens financiers et de personnalités. Il devient le premier candidat à utiliser un hélicoptère pour mener campagne. Son adversaire est l'ancien gouverneur Coke Stevenson, qui dispose d'un réseau très important dans son État. Comme en 1941, la campagne porte principalement sur le maintien ou non des politiques du New Deal[57]. Stevenson n'a d'ailleurs pas de véritable programme, ce qui ne l'empêche pas d'être en tête des intentions de vote pour la primaire démocrate. En mai 1948, comme sept ans plus tôt, Johnson tombe à nouveau malade. Le diagnostic est sans appel : les médecins décèlent un calcul rénal, lui-même provoquant des coliques néphrétiques et même une infection. Johnson refuse l'opération et termine la campagne aidé par des injections de morphine[58]. Il finit malgré tout par être hospitalisé en urgence à Dallas, mais parvient à cacher l'information. Il est également hospitalisé dans le Minnesota où les médecins parviennent à extraire le calcul sans opération, ce qui constituait une prouesse à l'époque. C'est à partir de là qu'il utilise massivement l'hélicoptère pour les besoins de sa campagne, principalement dans les comtés ruraux de l'État[59]. Le soir du premier tour de la primaire, Johnson arrive deuxième avec 30 % des suffrages contre 40 % à Stevenson[60]. La campagne pour le second tour de la primaire confirme sa mue vers le conservatisme, notamment sur la politique intérieure du président Truman. Johnson n'hésite pas à attaquer frontalement son adversaire sur ses positions, notamment sur son soutien à la loi Taft-Hartley — Johnson avait cependant voté pour à la Chambre — et au maintien de la ségrégation raciale[61]. Comme en 1941, le scrutin est marqué par les erreurs et une fraude électorale importante[62]. Après trois dépouillements, Johnson est déclaré vainqueur de la primaire par 87 voix d'avance[63]. L'espacement des dépouillements maintint l'espoir dans le camp de Johnson, qui pouvait estimer le nombre de voix manquantes pour l'emporter[62]. Stevenson fit de nombreux recours qui furent tous rejetés par la Cour suprême, et le résultat de la primaire fut validé définitivement le 1er janvier 1949, soit deux jours avant l'investiture des nouveaux sénateurs. Johnson est largement élu lors de l'Election Day le 2 novembre 1948[64]. Il accompagne le président Truman dans sa campagne pour l'élection présidentielle, ce qui lui permet de se montrer auprès des électeurs[65]. Il arrive au Sénat avec le surnom de « Lanslide Johnson » (glissement de terrain), qu'il assuma malgré les critiques[66]. Mandature[modifier le code] Johnson commence son mandat au Sénat le 3 janvier 1949. Comme à la Chambre, il cherche à connaître et cerner toutes les arcanes de la chambre haute. Lui-même texan mais désireux d'acquérir une stature, il comprend vite qu'il doit se rapprocher des démocrates sudistes, en particulier de Richard Brevard Russell, Jr., l'influent sénateur de Géorgie[67]. Il n'hésite pas non plus à se rapprocher d'hommes plus libéraux[68]. Affecté à la commission des forces armées, il est à l'origine de la création d'un sous-comité chargé de la préparation militaire à d'éventuels conflits armés, dont il prend la tête en 1950[67]. Il est également affecté à la commission chargée du commerce, ce qui lui permet de conserver de solides liens avec les pétroliers texans. Cependant, très vite, Johnson se voit confronté à un dilemme. Le programme législatif proposé au Congrès était essentiellement tiré du Fair Deal, programme défendu par Truman pendant l'élection présidentielle et dans son discours sur l'état de l'Union deux jours après la rentrée parlementaire[69]. Le principal point d'opposition entre les sénateurs démocrates et le président est celui de l'obstruction parlementaire (filibuster en anglais) dont abusent en particulier les démocrates sudistes[c]. Dans son premier discours de sénateur, Johnson expose son refus de soutenir le programme législatif du président, même seulement au nom des droits des États, vieille querelle depuis la fin du XVIIIe siècle[70]. Son discours est très mal reçu auprès de la National Association for the Advancement of Colored People, en particulier au Texas. Pendant ses premières années au Sénat, il affirme son ambiguïté politique. Johnson travaille énormément à partir du déclenchement de la guerre de Corée, qu'il approuve personnellement, au point de faire fonctionner le sous-comité de la préparation militaire même lorsque le Sénat n'est pas en session[71]. Il va même jusqu'à fournir des documents au président Truman qui vont lui permettre de renvoyer le général MacArthur[72]. En janvier 1951, il est récompensé en devenant le whip (chef de file) du groupe démocrate[73]. Johnson se sert alors de cette fonction pour renouer le lien avec les démocrates libéraux et pour se détacher quelque peu de l'influence des sudistes. Lors du renouvellement du Sénat en 1952, le chef de file des démocrates Ernest McFarland est battu par le républicain Barry Goldwater. Johnson est ainsi choisi par ses pairs pour lui succéder à partir du 3 janvier 1953. Cependant, les démocrates perdent aussi la majorité dans les deux chambres du Congrès dans le sillage de l'élection de Dwight D. Eisenhower comme président[73]. Même le Texas vote majoritairement pour les républicains[74]. Durant le passage dans la minorité, Johnson tire profit de la situation en plaçant dans les différents comités les sénateurs non pas en fonction de leurs convictions politiques, mais justement pour éviter les tensions au sein même du groupe démocrate. Il sort de son chapeau une vieille règle oubliée, celle du « consentement unanime », qui nécessite que le groupe démocrate ne présente que des projets de loi adoptés par au moins 90 % du comité de direction du groupe[75]. Il est à l'origine de la télédiffusion des affrontements interposés entre Joseph McCarthy et l'armée qui aboutiront à la disgrâce du sénateur et la fin du maccarthysme[76]. Entre juillet 1955 et janvier 1956, il est absent de Washington, car victime d'une crise cardiaque sévère[77]. Confronté aux débuts du mouvement pour les droits civiques, il comprend que la clé pour mettre d'accord les républicains et les démocrates est la question du droit de vote[78]. Il vote en faveur du Civil Rights Act de 1957[79]. Campagne présidentielle de 1960 et réélection sénatoriale[modifier le code] Article connexe : Élection présidentielle américaine de 1960. Le succès de Johnson au Sénat fait de lui un candidat démocrate potentiel pour la présidentielle de 1956, il est le « fils préféré » du Texas lors de la convention nationale du parti de cette année. Le républicain Eisenhower sera réélu. En 1960, Johnson forme une coalition appelée Stop Kennedy avec Adlai Stevenson, Stuart Symington, et Hubert Humphrey et obtient 409 voix lors la convention démocrate, mais John Fitzgerald Kennedy, le sénateur du Massachusetts, est élu dès le premier tour de scrutin avec 806 voix de délégués[80]. Il avait déclaré sa candidature à peine une semaine avant la convention, ce qui fut préjudiciable[81]. Néanmoins, Kennedy se rend compte qu'il ne pourra pas être élu sans l'appui des démocrates du sud traditionnel, dont la plupart ont soutenu Johnson. Par conséquent, malgré leur rivalité il prend Johnson comme colistier et candidat à la vice-présidence. Robert Francis Kennedy tenta de dissuader Johnson, qu'il méprisait depuis plusieurs années, en l'accusant de chantage pour obtenir la vice-présidence. John dut intervenir pour mettre fin à la discussion[82]. En même temps qu'il concourait pour obtenir la vice-présidence, Johnson cherchait à gagner un troisième mandat au Sénat. Il l'emporta sur les deux tableaux le 5 novembre 1960 (il avait changé la loi du Texas pour pouvoir se présenter aux deux postes). Ayant gagné la vice-présidence, il démissionna du Sénat, comme il était tenu de le faire, le 3 janvier 1961[83]. Vice-président des États-Unis (1961-1963)[modifier le code] Article connexe : Présidence de John Fitzgerald Kennedy. Après l'élection et l'investiture, Johnson se retrouve sans pouvoir. Il tente d'abord de transférer l'autorité du chef de la majorité du Sénat à la vice-présidence, puisque cette charge faisait de lui le Président du Sénat, mais fait face à une opposition véhémente de la part de la coalition démocrate, y compris ceux sur lesquels il avait compté comme ses partisans[84]. Johnson chercha à accroître son influence au sein du pouvoir exécutif. Il tenta d'obtenir de Kennedy de pouvoir suivre étroitement les activités gouvernementales et d'être activement associé aux agences gouvernementales dans l'exercice de sa mission. Néanmoins, Kennedy ne lui accorda qu'un droit de regard en réponse à sa demande[85]. De même, Kennedy a refusé les demandes de Johnson d'obtenir un bureau au sein de la Maison-Blanche et de pouvoir constituer une équipe autour de lui[86]. Malgré tout, Johnson peut conserver ses bureaux au Sénat, dont il préside les séances en sa qualité de vice-président[87]. Les limites de son influence furent encore mises en relief plus tard cette année-là quand Kennedy nomma Sarah T. Hughes (en), une amie de Johnson, comme juge fédéral de la magistrature ; alors que Johnson avait échoué à obtenir cette nomination pour Hughes au début de sa vice-présidence, le président de la Chambre Sam Rayburn venait de la marchander avec Kennedy, en échange de son soutien sur une loi. Kennedy s'efforce de garder Johnson occupé, informé, et souvent présent à la Maison-Blanche, mais certains de ses conseillers et des membres de la famille Kennedy sont dédaigneux envers lui[82]. Le président déclare même auprès de ses équipes à propos de son vice-président[88] : « I can't afford to have my vice president, who knows every reporter in Washington, going around saying we're all screwed up, so we're going to keep him happy. » « Je ne peux pas me permettre que mon vice-président, qui connaît tous les journalistes de Washington, se promène en disant qu’on est tous foutus, alors on va le garder occupé. » Kennedy le nomme à des postes tels que chef du Comité du président sur l'égalité des chances au travail, ce qui permet à Johnson de s'occuper des Afro-Américains et des autres minorités[87]. Bien que Kennedy puisse avoir eu l'intention que cela soit pour Johnson une position plutôt symbolique, Taylor Branch dans le Pillar of Fire affirme que Johnson contribua à pousser les actions de l'administration Kennedy pour les droits civiques plus loin et plus vite que Kennedy ne l'avait prévu au départ. Branch note l'ironie que Johnson, sur lequel la famille Kennedy comptait pour apaiser les électeurs conservateurs du sud, soit devenu l'avocat des droits civiques. En particulier, il constate que le discours de Johnson lors du Memorial Day de 1963 à Gettysburg, en Pennsylvanie, fut un catalyseur qui conduisit à plus d'action. Johnson s'éloigna définitivement des ségrégationnistes à l'automne 1962, déçu du manque d'avancement pour les Afro-Américains que le comité a aidé[89]. Kennedy donna également à Johnson le contrôle de toutes les nominations présidentielles impliquant le Texas, et le nomma président du Comité spécial du président pour la science[90]. Johnson s'occupe de nombreuses missions diplomatiques mineures, ce qui ne lui donne qu'un aperçu limité des questions internationales. Il lui est permis de suivre les réunions du Cabinet et du Conseil de sécurité nationale. Lorsqu'en avril 1961, les Soviétiques battent les États-Unis pour mener le premier vol spatial habité, Kennedy charge Johnson de trouver une prouesse scientifique qui pourrait rétablir la prédominance mondiale des États-Unis[citation nécessaire]. Johnson savait que le programme Apollo et l'élargissement de la NASA étaient réalisables, il guide donc la recommandation vers le programme de l'envoi d'un Américain sur la Lune[87]. Kennedy a donné la priorité au programme spatial, mais la nomination de Johnson a fourni une couverture potentielle en cas d’échec[91]. Le vice-président Johnson est complètement tenu à l'écart des opérations lors de la crise des missiles de Cuba en 1962, ne s'exprimant pas au Conseil de sécurité nationale. Il effectue néanmoins onze voyages à l'étranger au cours de son mandat[92]. En août 1963, Johnson est touché par un scandale au Sénat quand Bobby Baker, le secrétaire de la majorité au Sénat, un protégé de Johnson, fait l'objet d'une enquête par le Comité d'éthique du Sénat pour des allégations de corruption et malfaisance financière. Baker démissionne en octobre et l'enquête s'arrête avant de toucher Johnson[93]. Mais la publicité négative de l'affaire fut telle qu'elle alimenta des rumeurs dans les milieux de Washington selon lesquelles Kennedy avait pris la décision de rayer Johnson du ticket démocrate pour l'élection présidentielle de 1964. Le 31 octobre 1963, Kennedy nie cependant que ce soit le cas devant un journaliste[94]. D'ailleurs, John et Robert Kennedy s'accordent bien sur le fait que si Johnson était écarté du ticket présidentiel, le risque de perdre le Sud était très important[95]. Johnson lui, accuse Robert, alors procureur général, de l'espionner. Le vice-président se sent impuissant, mais prépare un évènement important : le voyage du président au Texas, prévu à l'automne 1963. Cependant, un évènement inattendu se produit. Le président Kennedy est assassiné à Dallas le 22 novembre 1963[93], devenant le premier président assassiné depuis William McKinley en 1901[96]. Président des États-Unis (1963-1969)[modifier le code] Article détaillé : Présidence de Lyndon B. Johnson. Lorsque Lyndon Johnson prend la présidence à la suite du décès de John F. Kennedy, la situation intérieure et internationale est très bonne. L'économie américaine se porte bien, le chômage est faible (hormis pour les Afro-Américains) tandis que la Détente s'est installée avec l'Union soviétique. Il se consacre dans un premier temps uniquement à la politique intérieure. Cependant, le tournant de sa présidence intervient très tôt avec un évènement qui va catalyser une grande partie de son temps : l'intensification de la guerre au Vietnam. Investiture et transition[modifier le code] Articles détaillés : Assassinat de John F. Kennedy et Théories sur l'assassinat de John F. Kennedy. Lyndon Johnson prête serment à bord d'Air Force One à peine deux heures et huit minutes après la mort de Kennedy, alors même que commençaient à émerger des soupçons de conspiration au sein du gouvernement fédéral. Il est assermenté par son amie la juge fédérale Sarah T. Hughes (en)[97]. Johnson était convaincu de la nécessité de donner l’impression d’une transition immédiate du pouvoir après l’assassinat pour assurer la stabilité d’une nation endeuillée en état de choc. Lui-même et le Secret Service craignaient qu’il puisse aussi être la cible d’une conspiration ou bien que Cuba voire l'Union soviétique soient les commanditaires de l'assassinat[98], le Secret Service insistant pour qu'il rentre au plus vite à Washington. Johnson demande également au FBI une protection rapprochée pour sa famille. Certains ont jugé que Johnson voulait à tout prix rentrer pour exercer au plus vite ses prérogatives de président[99],[100]. Cependant, Johnson s'expliqua à ce sujet dans ses mémoires, écrivant la chose suivante[101] : « Chacun des présidents doit faire comprendre « son droit de gouverner » aux divers groupes qui composent notre pays […]. Pour moi, cela posait quelques problèmes. En dépit de trois décennies dans une fonction publique, je devais n'être, au moment où j'entrais en fonction, qu'un inconnu pour beaucoup de mes compatriotes comme pour la plus grande partie du monde. Je souffrais d'un autre handicap, dans la mesure où je n'étais pas arrivé à la présidence par la volonté du peuple mais après la secousse d'une tragédie. Je n'avais pas de mandat des électeurs. » Le 27 novembre 1963, Johnson prononce son premier discours comme président devant le Congrès réuni en session conjointe, où il s'appropria l'héritage de Kennedy et affirma sa volonté de concentrer son action sur les droits civiques[102]. La période de deuil national qui suivit l’assassinat donna un élan énorme à la promesse de Johnson de réaliser les plans de Kennedy et à sa politique de s’emparer de l’héritage de Kennedy pour donner un élan à son programme législatif[100]. Deux jours plus tard, Johnson a mis sur pied un groupe d’experts dirigé par le juge en chef Earl Warren, connu sous le nom de commission Warren, par décret exécutif pour enquêter sur l’assassinat de Kennedy et les éventuels complots qui l’entourent[103],[104]. La commission a mené des recherches et des audiences approfondies et a conclu à l’unanimité que Lee Harvey Oswald a agi seul dans l’assassinat. Cependant, le rapport reste controversé, et beaucoup de théories du complot ont remis en cause les conclusions dudit rapport, notamment depuis 1968[105]. Il s'est avéré que l'enquête avait été bâclée, notamment à cause de la pression conjointe exercée par la CIA et le FBI mais aussi celle du président lui-même. Ainsi, tous les témoins n'auraient pas été auditionnés et le FBI aurait caché des informations pourtant essentielles sur Lee Harvey Oswald[104]. Johnson garde la plupart des hauts fonctionnaires nommés par Kennedy, dont certains pour le mandat complet de sa présidence. Il a même retenu les services du procureur général Robert Kennedy, avec qui il avait une relation notoirement difficile, tout comme avec le conseiller juridique de Kennedy Ted Sorensen[98]. Robert Kennedy n'est cependant resté en fonction que jusqu’en septembre 1964, de manière à se présenter au Sénat dans l'État de New York[106]. Bien que Johnson n’ait pas de chef de cabinet à proprement dit, Walter Jenkins (en) est le premier parmi une poignée d’égaux et préside les détails des opérations quotidiennes à la Maison-Blanche. George Reedy (en), qui fut le deuxième aide de Johnson le plus longtemps en service, assuma le poste d’attaché de presse lorsque Pierre Salinger, de John F. Kennedy, quitta ce poste en mars 1964[107]. Le principal rédacteur de ses discours fut Horace Busby (en), qui fut également son principal conseiller politique[108]. Bill Moyers (en) était le plus jeune membre de l'équipe de Johnson. Il s’occupait de l'agenda du président et de la rédaction de discours à temps partiel[109]. Seuls Dean Rusk et Robert McNamara traverseront toute la période ou presque, McNamara démissionnant en février 1968 pour devenir président de la Banque mondiale. Les deux hommes bénéficiaient de la confiance totale du président, McNamara ayant acquis une réputation de « stratège » après la crise des missiles de Cuba[110]. Premières initiatives législatives[modifier le code] Le nouveau président a estimé qu’il était avantageux de poursuivre rapidement l’un des principaux objectifs législatifs de Kennedy, soit une réduction des impôts. Johnson a travaillé en étroite collaboration avec le sénateur de Virginie Harry F. Byrd, Sr. pour négocier une réduction du budget à moins de 100 milliards de dollars en échange de l'adoption par le Sénat du Revenue Act of 1964 (en)[111]. L’approbation du Congrès a suivi à la fin de février, et a facilité les efforts de suivi sur les droits civils. À la fin de l'année 1963, Johnson lance également l’offensive initiale de sa « guerre contre la pauvreté », recrutant le beau-frère du président Kennedy, Sargent Shriver, alors chef du Corps de la paix, pour mener les négociations. En mars 1964, le président envoie au Congrès le Economic Opportunity Act (en), qui crée le Job Corps (en) et le Community Action Program, conçus pour s’attaquer à la pauvreté locale. La loi a également créé le Volunteers in Service to America, un pendant national du Corps de la paix[112]. Progressivement, les programmes destinés au Congrès sont centralisés à la Maison-Blanche[113]. Civil Rights Act de 1964[modifier le code] Article détaillé : Civil Rights Act de 1964. Le président Kennedy avait présenté à l'été 1963 un nouveau projet de loi en faveur des droits civiques au Congrès, celui-ci suscitant une forte opposition de la part des élus sudistes. Johnson décida de remettre le projet à l'ordre du jour et demanda à Robert Kennedy de faire le nécessaire au Congrès pour convaincre le maximum d'élus. Cela permettait au nouveau président d'avoir une couverture en cas d'échec du projet, mais aussi d'en tirer les bénéfices en cas de succès législatif[114]. L'un des biographes de Johnson, Robert Caro, souligne qu'une fois encore, l'utilisation du filibuster a empêché bon nombre de projets de lois d'être adoptés sous la présidence de Kennedy, notamment le projet d'abrogation de la poll tax (taxe sur le vote)[115]. Or, le président Johnson était familier des procédures parlementaires, dont il avait usé comme jeune sénateur pour s'opposer au projet de loi sur les droits civiques du président Truman[116]. Johnson savait donc qu'il fallait commencer par étudier la question de la taxe électorale pour que le projet de loi ait des chances d'être adopté[117]. L'adoption du projet de loi nécessitait de passer devant le comité d'éthique de la Chambre, qui a tout fait pour tenter de vider de sa substance le projet. Johnson a donc décidé d'utiliser une procédure exceptionnelle, la pétition de décharge (en) pour l'imposer à l'ordre du jour de la Chambre, sans qu'elle ne passe par les comités[118]. Devant la menace de se voir déchargé de sa mission, le comité d'éthique de la Chambre a fini par adopter le projet de loi et le présenter en séance plénière. Le projet de loi est adopté par 290 voix pour et 110 contre[119]. Au Sénat, il ne restait aux élus sudistes et aux élus favorables aux droits des États que la procédure du filibuster. Cependant, ils avaient besoin de l'appui d'une vingtaine de sénateurs républicains pour empêcher l'adoption du projet de loi. Parmi eux figurait Barry Goldwater, sénateur de l'Arizona et candidat à la primaire du Parti républicain pour l'élection présidentielle[120]. Selon Robert Caro, Johnson a réussi à convaincre le chef de file des républicains Everett Dirksen d’appuyer le projet de loi, rendant caduque toute tentative de filibuster. Après 75 heures de débat, le projet de loi est adopté en mars 1964 par 71 voix pour et 29 contre[121]. Le Civil Rights Act de 1964 est promulgué par Johnson le 2 juillet, date retenue pour avoir une meilleure couverture télévisée que l'Independence Day[122]. Le soir suivant la promulgation, Johnson déclara à son conseiller Bill Moyers (en)[123] : « I think we may have lost the south for your lifetime – and mine » « Je crois que nous avons perdu le Sud pour le restant de tes jours – et des miens. » Le président anticipait déjà les réactions du Parti démocrate et des WASP dans les États du Sud, en particulier dans le Sud profond[124], ce dont le sénateur de Géorgie Richard Brevard Russell, Jr. le mit en garde lors d'un entretien à la Maison-Blanche pendant les travaux parlementaires[125]. Néanmoins, il déclara également[125] : « Je serai le président qui a achevé ce qu'Abraham Lincoln a initié ». Le Civil Rights Act de 1964 ne bénéficie pas seulement aux Afro-Américains, mais à toutes les minorités ethniques ou religieuses[126]. La loi prévoit même de suspendre les aides fédérales aux États récalcitrants à appliquer la législation[127]. La loi élargissait également les compétences du département de la Justice concernant la déségrégation[128]. Grande Société[modifier le code] Article détaillé : Grande société de Johnson. Pour l'élection présidentielle de 1964, Johnson voulait un slogan accrocheur pour mener campagne, mais aussi pour illustrer le programme législatif qu'il souhaitait mettre en place à partir de janvier 1965. Eric Goldman, qui a rejoint l'équipe de la Maison-Blanche en décembre 1963, pensait que le titre du livre de Walter Lippmann The Good Society, paru en 1937, illustrait parfaitement le programme du président. L'assistant de Johnson Richard N. Goodwin changea Good par Great, ce qui devint « La Grande société ». Le slogan fut utilisé pour la première fois en mai 1964 lors d'une visite à l'université du Michigan où Johnson prononça un discours où il présenta les grandes lignes de son projet. La priorité était donné à la rénovation urbaine, à une politique environnementale et une politique de transport ambitieuse, à la lutte contre la pauvreté et la criminalité, à une réforme de la protection sociale et enfin une réforme du système éducatif[129]. Élection présidentielle de 1964[modifier le code] Article détaillé : Élection présidentielle américaine de 1964. Au printemps 1964, le président Johnson n'est pas persuadé de pouvoir être élu président sur son nom[130]. Sa gestion des négociations entre les dirigeants de l'industrie ferroviaire et des syndicats des chemins de fer, notamment en insistant sur l'état de l'économie américaine en cas de grève, a considérablement renforcé la confiance du président sortant pour mener campagne, mais aussi son image dans les sondages[131]. Opposé au gouverneur de l'Alabama George Wallace pour les primaires démocrates, Johnson devait également faire face au fait que Robert Kennedy était plébiscité pour être le candidat à la vice-présidence. Cependant, Johnson était opposé à cette idée, convaincu que Robert serait crédité pour son élection à la présidence et que cela entacherait sa victoire. De plus, les deux hommes ne s'aimaient guère, en particulier Bobby Kennedy qui vouait une rancune tenace à Johnson[132]. Kennedy était lui-même indécis sur le fait d'accepter une telle proposition. Sachant que Johnson considérerait cela comme un affront, il renonça de lui-même à cette idée. En vérité, la faiblesse de Barry Goldwater dans les sondages d'intentions de vote enleva à Johnson ainsi qu'au Parti démocrate tout le poids d'une éventuelle dépendance à Robert Kennedy[133]. Le choix de Hubert Humphrey, sénateur libéral du Minnesota, fut alors une évidence pour Johnson, d'autant que cela lui permettait de renforcer sa candidature dans le Midwest et dans le Nord-Est industriel[134]. Johnson, connaissant très bien le degré de frustration inhérent à la fonction de vice-président, sut parfaitement mettre Humphrey en condition et put ainsi compter sur son absolue loyauté. Bien que la décision fût prise très vite, Johnson voulut la garder secrète jusqu'à la Convention démocrate (en) qui devait se tenir à Atlantic City[135],[136]. En préparation de la convention démocrate, Johnson a demandé au FBI d’envoyer une escouade de trente agents pour couvrir les activités de la convention ; l’objectif de l’escouade était d’informer le personnel de la Maison-Blanche de toute activité perturbatrice sur place. L’attention de l’escouade s’est limitée à la délégation du Mississippi Freedom Democratic Party (MFDP), qui cherchait à supplanter la délégation ségrégationniste blanche choisie par les instances locales du parti[137]. Les activités de l’escouade comprenaient également l’écoute électronique de la salle de Martin Luther King ainsi que du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) et du Congress of Racial Equality (CORE). Du début à la fin, la mission de l’escouade a été soigneusement définie en termes de surveillance des activités perturbatrices qui pourraient mettre en danger le président et d’autres hauts fonctionnaires[138]. Deux semaines avant la convention d'Atlantic City, les corps de trois personnes assassinées sont retrouvés dans le Mississippi par des agents du FBI[139]. Johnson était très préoccupé par les conséquences politiques potentielles de la couverture médiatique des tensions raciales exposées par une lutte de pouvoirs entre le MFDP et la délégation ségrégationniste, et il a confié à Humphrey la tâche de gérer le problème[140],[141]. Le comité chargé des accréditations décida que deux délégués du PDFM dans la délégation seraient assis en tant qu’observateurs et a accepté « d’interdire aux futures délégations des États où tout citoyen est privé du droit de vote en raison de sa race ou de sa couleur »[142]. Johnson craignait que la contestation à la convention ne soit trop visible et ne finisse par favoriser Goldwater[139]. Au début de la campagne présidentielle, Barry Goldwater semblait être un adversaire solide, avec un fort soutien du Sud qui menaçait la position de Johnson comme il l’avait prédit en réaction à l’adoption du Civil Rights Act de 1964. Cependant, Goldwater a perdu de l’élan au fil de la campagne. Le 7 septembre 1964, les équipes de campagne de Johnson ont diffusé un clip de campagne, intitulé sobrement « Daisy ». Il représentait une petite fille, prénommée Daisy, arrachant les feuilles d'une marguerite en comptant jusqu'à dix. Puis une voix de baryton est arrivée, comptant de dix à zéro, le visuel a montrant l’explosion d’une bombe nucléaire. Le message transmis était que l'élection de Goldwater risquait d'entraîner une guerre nucléaire, tant Goldwater affichait des positions antisoviétiques et anticommunistes. Il faut dire que le candidat républicain avait déclaré qu'il songeait à la possibilité d'utiliser l'arme atomique au Viêt Nam, mais aussi il associait l'État-providence au communisme[143]. En parallèle, il préconisait le retrait de toutes les organisations internationales, s'inscrivant dans la pure tradition isolationniste[144]. Goldwater lui, diffusa massivement son slogan de campagne sur des Pin's[145] : « In your heart, you know he's right. » « Dans votre cœur, vous savez qu'il a raison. » Des années plus tard, le directeur de la CIA William Colby affirma que l'agent Tracy Barnes (en) a chargé la CIA d'enquêter sur la campagne de Goldwater et le Comité national républicain afin de fournir des informations aux équipes de campagne de Johnson[146]. Le 3 novembre 1964, Lyndon Johnson l'emporte très largement devant Barry Goldwater avec plus de 43 millions de suffrages du vote populaire (61,05 %) contre 27 millions à Goldwater (38,47 %), soit 16 millions d'avance[147]. Johnson fait ainsi mieux que Roosevelt en 1936 au vote populaire[148]. Pour le collège électoral, Johnson l'emportait encore plus largement avec 486 mandats contre 52. Le président sortant l'emportait dans 44 États contre 6 pour Goldwater, dont cinq du Sud profond[143]. Les élections au Congrès ont également donné à Johnson la plus large majorité acquise par un président en exercice depuis Roosevelt en 1936, avec 68 sénateurs et 295 représentants élus[149]. Voting Rights Act[modifier le code] Article détaillé : Voting Rights Act de 1965. Lyndon Johnson commence son mandat complet de président avec les m
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:23 PM
|
Robert Francis Kennedy, dit Bob Kennedy, communément appelé Bobby Kennedy ou par ses initiales RFK, né le à Brookline ( Massachusetts) et mort assassiné le à Los Angeles ( Californie), est un homme politique américain. Frère cadet du président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, il est procureur général des États-Unis de 1961 à 1964, dans les administrations Kennedy et Johnson.
Robert Francis Kennedy, dit Bob Kennedy, communément appelé Bobby Kennedy ou par ses initiales RFK, né le 20 novembre 1925 à Brookline (Massachusetts) et mort assassiné le 6 juin 1968 à Los Angeles (Californie), est un homme politique américain. Frère cadet du 35e président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, il est procureur général des États-Unis[a] de 1961 à 1964, dans les administrations Kennedy et Johnson. Il est ensuite sénateur pour l'État de New York, incarnant l'aile gauche (« libérale ») du Parti démocrate. En 1968, Bobby Kennedy se lance dans la course à la Maison-Blanche. Figure clivante mais considéré comme l'un des favoris des primaires démocrates, il est assassiné à l'issue du scrutin en Californie. Sirhan Sirhan est reconnu coupable mais des incohérences dans l'enquête rendent la version officielle de sa mort, comme celle de son frère, sujette à caution[b][1]. Biographie[modifier le code] Enfance et études[modifier le code] Robert Francis Kennedy, fils de Joseph Patrick Kennedy, est issu d’une famille catholique irlando-américaine installée à Brookline dans le Massachusetts. Les Kennedy sont une famille influente dans les affaires et qui sera très présente en politique ; parmi ses huit frères et sœurs, il y a eu un président, John Kennedy, et trois sénateurs, John Fitzgerald, Robert Francis et Edward Moore Kennedy. À 17 ans, Bobby Kennedy s’enrôle dans l’United States Navy, où il sert plusieurs années. Il intègre les universités de Bates College et de Harvard entre 1946 et 1948, d'où il sort diplômé en sciences-politiques puis de 1948 à 1951 la faculté de droit de l'université de Virginie, où il passe un diplôme d'avocat. Maison natale de Robert Francis Kennedy à Brookline dans le Massachusetts. Joseph Kennedy avec ses fils (Robert, troisième en partant de la gauche) en 1939. Carrière politique[modifier le code] Conseiller juridique au Sénat[modifier le code] Au début des années 1950, Robert Kennedy travaille comme conseiller juridique pour différentes commissions d'enquête du Sénat des États-Unis, à Washington, notamment pour le sénateur républicain Joseph McCarthy et pour la commission anti-mafia, sous la direction du sénateur démocrate John Little McClellan, où il affronte celui qui deviendra son plus implacable ennemi, Jimmy Hoffa, président du syndicat des camionneurs. Conseiller et soutien de son frère[modifier le code] Lorsque son frère John Kennedy mène campagne pour devenir sénateur du Massachusetts, Robert Kennedy l’épaule et le conseille. Alors que John Fitzgerald ne vit que pour la politique et est réaliste, Bobby se montre plus idéaliste, faisant sienne la phrase de George Bernard Shaw « Vous voyez le monde tel qu'il est et vous vous dites : « Pourquoi ? », moi je rêve d'un autre monde et je me dis : « Pourquoi pas ? » »[2]. Procureur général des États-Unis[modifier le code] À 35 ans, Bobby Kennedy passe au premier plan lorsque son frère John, élu en novembre 1960 président des États-Unis, prend ses fonctions en janvier 1961 et le nomme procureur général des États-Unis (ministre de la Justice). Il mène alors une grande lutte contre le crime organisé et la pègre[3], notamment contre Jimmy Hoffa, Sam Giancana, Santo Trafficante Junior et Carlos Marcello. Il indique que « dans certaines villes des États-Unis, les forces locales du maintien de l'ordre sont entièrement aux mains des gangsters. […] Les gangsters se sont emparés du contrôle complet de certaines industries pour s'y tailler un monopole »[4]. Après l’échec de l'invasion de la baie des cochons en 1961, qui visait à renverser le gouvernement cubain, il supervise de nouvelles opérations clandestines contre Cuba. Miami devient l’épicentre de la plus grande opération paramilitaire (nom de code JM/WAVE) jamais montée sur le sol américain. L'opération fut démantelée après la crise des missiles de Cuba, à l'issue de laquelle Washington prit l'engagement de ne plus attaquer Cuba en échange du retrait des missiles soviétiques déployés sur l'ile[5]. Il joua un rôle essentiel dans la résolution pacifique de cette crise, étant chargé par son frère d'établir un contact secret avec l'ambassadeur soviétique Anatoli Dobrynine[6] par l'intermédiaire d'un journaliste et du « résident » local du KGB ; il élabore avec l'ambassadeur le compromis permettant à l'URSS de retirer ses missiles de Cuba sans perdre la face. Bobby (c'est son surnom) est le plus proche conseiller de son frère. C’est également lui qui presse son frère de s’engager activement en faveur des droits civiques durant l’été 1963, peu avant que ce dernier ne soit assassiné. Après l’assassinat de John Kennedy, le 22 novembre 1963, Bobby remet sa démission le 3 septembre 1964 au nouveau président Lyndon B. Johnson, avec lequel il ne s’entend pas. Il passe alors par une longue période de doute et de remise en question. Profondément changé par la mort de son frère, il glisse sur la gauche du spectre politique et s’engage fermement du côté des pauvres, des laissés-pour-compte et contre la peine de mort. Son action le conduit aux quatre coins des États-Unis, mais aussi dans les pays du tiers monde. En 1964, il décide de briguer le poste de sénateur de l’État de New York, auquel il est élu. Images de Robert F. Kennedy en tant que procureur général des États-Unis Robert F. Kennedy, prononçant un discours, 1963. De gauche à droite : Robert F. Kennedy, avec Ted et John en 1963. Robert F. Kennedy en 1964. Sénateur des États-Unis[modifier le code] Neuf mois après l'assassinat du président John Kennedy, Robert Kennedy quitte le cabinet présidentiel pour poser sa candidature à un siège au Sénat américain, représentant l'État de New York. Son adversaire dans la course des élections sénatoriales de 1964 était le titulaire républicain Kenneth Keating (en). Kennedy gagne le scrutin, en partie grâce à l'aide du président Johnson. En 1965, Robert Kennedy est devenu la première personne à atteindre le sommet du mont Kennedy (en). À l'époque, c'était la montagne la plus haute au Canada qui n'avait pas encore été escaladée ; elle a été nommée en l'honneur de son frère John Kennedy après son assassinat. En juin 1966, Kennedy visite l'Afrique du Sud sous le régime de l'apartheid, accompagné par sa femme, Ethel Kennedy. À l'université du Cap, il prononce un discours dont une partie apparaît sur son mémorial au cimetière national d'Arlington (« Chaque fois qu’un homme se dresse pour défendre un idéal, améliorer le sort de ses semblables, redresser une injustice, naît une minuscule vaguelette d’espoir… »). Candidature à l'élection présidentielle en 1968[modifier le code] Article détaillé : Campagne présidentielle de Robert F. Kennedy en 1968. Le président sortant Lyndon B. Johnson, affaibli par la guerre du Viêt Nam, annonce en mars 1968 qu’il ne se représentera pas. Robert Kennedy décide de se présenter aux primaires du Parti démocrate afin de devenir le candidat à la présidence des États-Unis. Bobby Kennedy est donc en course face au vice-président démocrate sortant Hubert Humphrey, mais aussi face à Eugene McCarthy et George McGovern. Il fait partie des candidats qui dénoncent publiquement la guerre du Viêt Nam et soutiennent la lutte en faveur des droits civiques, la justice sociale et l’égalité. Le jour de l’assassinat de Martin Luther King, le 4 avril 1968, il est ainsi dans un ghetto noir, où il fait un discours qui tente d'apaiser les hardeurs. Images de la campagne présidentielle de Robert F. Kennedy en 1968 Assassinat[modifier le code] Article détaillé : Assassinat de Robert F. Kennedy. Robert Francis Kennedy remporte les élections primaires de Californie, ce qui le ramène en meilleure position dans la course à la nomination par son parti après son échec dans l'Oregon[7]. Le soir même de cette victoire, le 5 juin 1968, il est la cible de plusieurs coups de revolver de la part d'un Jordanien, Sirhan Sirhan, aux motivations incertaines. Il meurt le lendemain à l’hôpital. Bobby venait de terminer son discours et quittait la salle de réception par les cuisines de l'hôtel Ambassador lorsque Sirhan est arrivé et a tiré plusieurs balles en direction du sénateur Kennedy : l’une l’a blessé à l’épaule, une autre à la tête et toutes les autres ont soit blessé des gens dans la foule, soit se sont logées dans les murs et les encadrements de portes. Son assassinat, tout comme celui de son frère, reste sujet de controverses. Selon tous les témoins présents, lorsque Sirhan Sirhan ouvrit le feu sur Robert Kennedy, il était positionné de face et à une distance estimée de 1,00 mètre + - 1.50mètre. Or, le médecin légiste a déterminé que la balle mortelle a été tirée dans la nuque de Kennedy, derrière l'oreille droite et à bout portant[8]. Le témoin Donald Schumman, employé d'une chaîne de télévision locale, a affirmé avoir vu Thane Eugène Cesar, un des gardes du corps privés de Robert Kennedy, d'origine cubaine et militant d'extrême droite, faire usage de son arme dans sa direction[8]. Un million d'Américains se rassemble au bord de la voie ferrée sur le passage de la dépouille de Robert Kennedy, transportée de New York à Washington D.C. en train. Il est enterré au cimetière national d'Arlington, proche de son frère. Son frère Ted Kennedy, devenu par la force des choses patriarche de la famille après les morts successives de ses trois frères aînés et l'invalidité de son père, prononça un éloge funèbre considéré comme très émouvant : « Mon frère n'a pas besoin d'être idéalisé, ou grandi dans la mort au-delà de ce qu'il était dans la vie, il doit être reconnu simplement comme un homme aussi bon et honnête, qui a vu le mal et essayait de l'enrayer, a vu la souffrance et a essayé de la guérir, a vu la guerre et a essayé de l'arrêter. Ceux d'entre nous qui l’aimions et qui l’accompagnons aujourd'hui, prions pour que ce qu'il représentait pour nous et ce qu'il souhaitait pour les autres se réalise pour tout le monde. Comme il a dit de nombreuses fois, en plein d'endroits de ce pays, à ceux qu'il a abordés et à ceux qui ont cherché à l’aborder : “Certains hommes voient les choses telles qu'elles sont et disent, pourquoi ; je rêve de choses qui n'ont jamais été et dis, pourquoi pas”[9]. » Vie privée[modifier le code] Vie privée officielle[modifier le code] Marié le 17 juin 1950 avec Ethel Skakel, née le 11 avril 1928, ils eurent onze enfants. Descendants[modifier le code] Kathleen Kennedy Townsend, née le 4 juillet 1951, aînée des petits-enfants de Joe et Rose Kennedy, mariée depuis le 17 novembre 1973 à David Lee Townsend (né le 17 novembre 1947), avec qui elle a quatre filles : Meaghan Anne (née le 7 novembre 1977 à Santa Fe, Nouveau-Mexique), Maeve Fahey (1er novembre 1979 à New Haven, Connecticut - 2 avril 2020 Shady Side, Maryland) Gideon Kennedy McKean, né en 2011 et mort noyé en même temps que sa mère en 2020, à 8 ans ; Gabriella Kennedy Mckean né en 2012 Toby Kennedy Mckean né en 2017 ou 2018 Rose Katherine (née le 17 décembre 1983 à Weston, Massachusetts) Kerry Sophia (née le 30 novembre 1991 à Bethesda, Maryland) ; Joseph P. Kennedy II, né le 24 septembre 1952, marié en premières noces à Sheila Brewster Rauch (née le 22 mars 1949) avec qui il a deux fils : ils divorcent en 1991. Joseph Patrick Kennedy II est marié en secondes noces à Anne Elizabeth Kelly dite Beth (née le 3 avril 1957) depuis le 23 octobre 1993. À la mort de son cousin, John Fitzgerald Kennedy, Jr., le 16 juillet 1999, Joseph Patrick II devient l'aîné des descendants Kennedy, en ligne agnatique, dite branche de Bobby ; Matthew, né le 4 octobre 1980 Lily Kennedy, née en 2013 Charlotte Kennedy, née en 2016 Joseph Patrick III, né le 4 octobre 1980 à Boston (Massachusetts) : Eleanore Kennedy, née en 2015 James Kennedy, né en 2017 Robert Francis Kennedy, Jr., né le 17 janvier 1954. Il est marié le 3 avril 1982 en premières noces à Emily Ruth Black (née le 15 octobre 1957), avec qui il a deux enfants : Robert Francis Kennedy III (né le 2 septembre 1984 à Mt. Kisco, New York) Kathleen Alexandra (née le 13 avril 1988 à Mt. Kisco, New York). Ils divorcent le 25 mars 1994. Robert Kennedy, Jr épouse le 15 avril 1994 Mary Richardson (1960-2012) avec qui il a quatre autres enfants : Conor Richardson (né le 24 juillet 1994 à Mt. Kisco, New York), Kyra LeMoyne (née le 27 août 1995 à Mt. Kisco, New York), William Finbar (né le 8 novembre 1997 à Mt. Kisco, New York) Aidan Caohman Vieques (né en 2001) ; David Anthony Kennedy, né le 15 juin 1955 et mort le 25 avril 1984 des suites d'une overdose ; Mary Courtney Kennedy, née le 9 septembre 1956, mariée le 14 juin 1980 à Jeffrey Robert Ruhe, divorcés en 1990. Elle épouse en secondes noces Paul Michael Hill (né le 13 août 1954), l'un des « Quatre de Guildford » emprisonnés à tort pendant 15 ans pour un attentat de l'IRA qu'ils n'avaient pas commis. Ils ont une fille : Saoirse Roisin (née le 22 mai 1997 à Washington D.C. - morte le 1er août 2019) Le couple est légalement séparé ; Michael LeMoyne Kennedy, né le 27 février 1958 et mort le 31 décembre 1997 à la suite d'un accident de ski. Il épouse le 14 mars 1981 Victoria Denise Gifford (née le 20 février 1957) avec qui il a trois enfants : Michael LeMoyne Kennedy Jr. (né le 9 janvier 1983 à Charlottesville, Virginie) Michael Campbell Kennedy, né en 2014 ; Ethel Campbell Kennedy, née en 2016 ; Kathleen et Caroline Campbell Kennedy, née en 2018 Kyle Frances (née le 6 juillet 1984 à Washington D.C.) Conor Kennedy Kerr né en 2014 ; Joséphine Kennedy Kerr, sœur jumelle de Conor, née et morte en 2014 ; Declan Kennedy Kerr né en 2016 Rory Gifford (née le 14 novembre 1987 à Dorchester, Massachusetts) ; Miller Kennedy DiCamillo, né en 2017 Mary Kerry Kennedy, née le 8 septembre 1959, mariée à Andrew Cuomo avec qui elle a trois filles : Cara Ethel (née le 11 janvier 1995) Mariah Matilda (née le 11 janvier 1995), mariée en 2024 à Tellef Lundendall ; Michaela Andrea (née le 26 août 1997) ; Christopher George Kennedy, né le 4 juillet 1963, marié le 15 août 1987 à Sheila Sinclair Berner (née le 4 décembre 1962) avec qui il a quatre enfants : Katherine Berner (née le 4 octobre 1990), Christopher George Jr. (né le 15 juin 1992), Sarah Louise (née le 26 septembre 1994) Clare Rose (née le 3 novembre 1998) ; Matthew Maxwell Taylor Kennedy dit Max, né le 11 janvier 1965, marié le 13 juillet 1991 à Victoria Anne Stauss (née le 10 février 1964) avec qui il a trois enfants : Matthew Maxwell Taylor Jr (né le 18 septembre 1993), Caroline Summer Rose (née le 29 décembre 1994) Noah Isabella Rose (née le 9 juillet 1998) ; Douglas Harriman Kennedy, né le 24 mars 1967, marié le 22 août 1998 à Nantucket (Massachusetts) à Molly Elizabeth Stark avec qui il a trois filles : Riley Elizabeth (née le 26 août 1999), Mary McCauley (née le 22 août 2001) Rowen Francis (née en juin 2004) ; Rory Elizabeth Katherine Kennedy, née posthume le 12 décembre 1968, mariée le 2 août 1999[c] à Mark Bailey dont elle a trois enfants : Georgia Elizabeth (née le 30 septembre 2002), Bridget Katherine (née en juillet 2004), Zachary Corkland (né le 16 juillet 2007). Autres liaisons[modifier le code] La presse fit état d'une liaison qu'aurait eue Robert Kennedy avec Marilyn Monroe avant 1962 et entre 1964 et 1968 avec d'autres femmes, notamment Jayne Mansfield, Lee Remick et Kim Novak[10]. Le concierge, qui nota beaucoup d'allées et venues de Bobby chez Jacqueline Kennedy-Onassis, donna lieu à un débat historiographique sur une possible liaison entre ces deux personnes[11]. Hommages[modifier le code] Le 6 décembre 1971 a été inauguré le mémorial Robert F. Kennedy dans le cimetière national d'Arlington, à quelques mètres de celui de son frère John F. Kennedy. Le mémorial se compose d'un miroir d'eau et de plusieurs discours de RFK gravés sur du granit. Il est positionné face à sa tombe, tous deux ayant été conçus par Ieoh Ming Pei. En 1968, à la suite de son assassinat, sa veuve Ethel Kennedy a fondé l’organisation Robert F. Kennedy Human Rights (en) afin de poursuivre son combat pour la justice sociale, les droits humains et l'équité. Cette organisation œuvre à défendre les droits fondamentaux à travers le monde en soutenant les défenseurs des droits humains et en promouvant des réformes juridiques et sociales. Depuis 1984, elle remet chaque année le prix Robert F. Kennedy des droits de l’homme, qui honore des individus ou des groupes ayant fait preuve d’un courage exceptionnel dans la défense des droits humains, souvent au péril de leur propre sécurité. En 1969, l'ancien stade du district de Columbia, situé à Washington, D.C., a été rebaptisé Robert F. Kennedy Memorial Stadium. Le 2 novembre 1972, un buste (en) en bronze fut inauguré devant le bâtiment de la Cour suprême de l'État de New York, dans le Columbus Park à Brooklyn. Il a été réalisé par Anneta Duveen. Sur le socle en granit sont inscrites quatre citations de Kennedy. En 1978, le Congrès des États-Unis a décerné à Kennedy la médaille d'or du Congrès pour services distingués. En 1998, la Monnaie des États-Unis a émis le dollar en argent Robert F. Kennedy, une pièce d'un dollar spéciale qui présentait un portrait de face de RFK à l'avers et les emblèmes du département de la Justice des États-Unis et du Sénat des États-Unis au revers. En 2001, le président George W. Bush et le procureur général John Ashcroft, en présence d’Ethel Kennedy, ont annoncé que le siège du département de la Justice des États-Unis était officiellement renommé Robert F. Kennedy Department of Justice Building (en). En 2008, la ville de New York renomme le pont Triborough (Triborough Bridge) en pont Robert F. Kennedy. En 2010, est inaugurée à Los Angeles, la Robert F. Kennedy Community Schools (en) sur le site de l’ancien Ambassador Hotel, lieu de son assassinat. Cette école est l’une des plus chères jamais construites aux États-Unis. À l’intérieur, de nombreux hommages lui sont dédiés : des fresques murales, des citations et une bibliothèque portant son nom. En 2025, il reçoit à titre posthume la médaille présidentielle de la Liberté[12]. Publications[modifier le code] The Enemy Within : The McClellan Committee's Crusade Against Jimmy Hoffa and Corrupt Labor Unions, en collaboration avec le journaliste John Seigenthaler, 1960 Ma lutte contre la corruption, Éditions Robert Laffont, 1964. Vers un Monde nouveau, Éditions Stock, 1968. Crise à la Maison-Blanche, Paris, Éditions Stock, 1969. Notes et références[modifier le code] Notes[modifier le code] ↑ L'équivalent du ministre de la Justice en France. ↑ Notamment le calibre de l'arme ayant tué, l'angle balistique, le nombre de détonations entendues par les témoins. ↑ Le mariage, initialement prévu le 17 juillet, a été reporté à la suite de l'accident de John Fitzgerald Kennedy, Jr. Références[modifier le code] ↑ Lentz 2010, p. 88-95. ↑ (en) Robert F. Kennedy, Norman MacAfee, The Gospel According to RFK. Why It Matters Now, Westview Press, 2004, p. 105. ↑ « Robert Kennedy, une biographie par Guillaume Gonin », sur alivreouvert.net, 20 février 2017. ↑ Frank Browning et John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, 2015, p. 570. ↑ Hernando Calvo Ospina, « L’équipe de choc de la CIA », sur Le Monde diplomatique, 1er janvier 2009 ↑ (en) Arthur Schlesinger Jr., « Foreword », dans Robert F. Kennedy, Thirteen Days: A Memoir of the Cuban Missile Crisis, W. W. Norton & Company, 2011, 192 p. (ISBN 0393341534 et 9780393341539, lire en ligne), p. 12-13. ↑ « Mccarthy defeats bobby (may 29, 1968) », sur Internet Archive (consulté le 28 juillet 2025). ↑ a et b Lentz 2010, p. 90. ↑ « My brother need not be idealized, or enlarged in death beyond what he was in life; to be remembered simply as a good and decent man, who saw wrong and tried to right it, saw suffering and tried to heal it, saw war and tried to stop it. Those of us who loved him and who take him to his rest today, pray that what he was to us and what he wished for others will some day come to pass for all the world. As he said many times, in many parts of this nation, to those he touched and who sought to touch him: 'Some men see things as they are and say why. I dream things that never were and say why not. ».(en) « American Rhetoric: Edward M. Kennedy - Eulogy for Robert F. Kennedy », sur americanrhetoric.com (consulté le 6 août 2019) ↑ « Jackie & Bobby, secret story », Madame Figaro, 5 avril 2010 (lire en ligne, consulté le 17 septembre 2017). ↑ (en) C. David Heymann, Bobby and Jackie. A Love Story, Simon & Schuster, 2009, 226 p. (lire en ligne). ↑ « Joe Biden honore Hillary Clinton et 18 autres personnalités de la Médaille présidentielle de la Liberté » , sur i24news.tv, 4 janvier 2025 (consulté le 6 janvier 2025) Annexes[modifier le code] Sur les autres projets Wikimedia : Bibliographie[modifier le code] : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article. Guillaume Gonin (d), Robert Kennedy, Fayard, 2017, 312 p. (ISBN 978-2-213-70118-9). Thierry Lentz, L'assassinat de John F. Kennedy : histoire d'un mystère d'État, Nouveau Monde Éditions, 10 juin 2010, 446 p. (ISBN 978-2-84736-508-5). . Roman[modifier le code] Marc Dugain, Ils vont tuer Robert Kennedy, Gallimard, 2017. Au cinéma et à la télévision[modifier le code] 2000 : Treize jours, film américain, joué par Steven Culp. 2007 : Bobby d'Emilio Estevez retrace la dernière journée de la vie de Robert Kennedy, telle que l'ont vécue 22 témoins de son assassinat à l'hôtel Ambassador. 2011 : Les Kennedy de Jon Cassar, joué par Barry Pepper. 2012 : J. Edgar de Clint Eastwood, joué par Jeffrey Donovan. 2013 : Killing Kennedy, téléfilm américain basé sur le livre éponyme (en) de 2012 écrit par Bill O'Reilly et Martin Dugard (en), joué par Jack Noseworthy. 2016 : L. B. Johnson, après Kennedy de Rob Reiner. 2016 : Jackie de Pablo Larraín. Documentaires[modifier le code] 1968 : Robert Kennedy remembered, documentaire récompensé par un Oscar en 1969. Bob Kennedy, l'homme qui voulait changer l'Amérique de Patrick Jeudy. La fin d'un rêve américain l'assassinat de Robert Kennedy, un documentaire de Yoash Tatari. Liens externes[modifier le code] Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : American National Biography Britannica Brockhaus Den Store Danske Encyklopædi Deutsche Biographie Hrvatska Enciklopedija Internetowa encyklopedia PWN Larousse Nationalencyklopedin Munzinger Proleksis enciklopedija Store norske leksikon Treccani Universalis Notices d'autorité : () Vidéo : Robert Francis Kennedy en 1968, les minutes qui suivent son assassinat, une archive de la Télévision suisse romande. (en) Son discours d’Indianapolis prononcé après la mort de Martin Luther King. v · mProcureurs généraux des États-Unis XVIIIe siècle Edmund Randolph William Bradford Charles Lee XIXe siècle Levi Lincoln Robert Smith John Breckinridge Caesar A. Rodney William Pinkney Richard Rush William Wirt John M. Berrien Roger Taney Benjamin Franklin Butler Felix Grundy Henry D. Gilpin John J. Crittenden Hugh S. Legaré John Nelson John Y. Mason Nathan Clifford Isaac Toucey Reverdy Johnson John J. Crittenden Caleb Cushing Jeremiah S. Black Edwin M. Stanton Edward Bates James Speed Henry Stanbery William M. Evarts Ebenezer R. Hoar Amos T. Akerman George H. Williams Edwards Pierrepont Alphonso Taft Charles Devens Wayne MacVeagh Benjamin H. Brewster Augustus Hill Garland William H. H. Miller Richard Olney Judson Harmon Joseph McKenna John W. Griggs XXe siècle Philander C. Knox William H. Moody Charles Joseph Bonaparte George W. Wickersham James Clark McReynolds Thomas Watt Gregory Alexander Mitchell Palmer Harry M. Daugherty Harlan Fiske Stone John G. Sargent William D. Mitchell Homer Stille Cummings Frank Murphy (Michigan) Robert Jackson Francis Biddle Tom Clark James Howard McGrath James McGranery Herbert Brownell Junior William P. Rogers Robert Francis Kennedy Nicholas Katzenbach Ramsey Clark John Newton Mitchell Richard Kleindienst Elliot Richardson William Bart Saxbe Edward Hirsch Levi Griffin Bell Benjamin Civiletti William French Smith Edwin Meese Dick Thornburgh William P. Barr Janet Reno XXIe siècle John Ashcroft Alberto Gonzales Michael B. Mukasey Eric Holder Loretta Lynch Jeff Sessions William P. Barr Merrick Garland Pam Bondi v · mCabinet du président Lyndon B. Johnson (1963-1969) Vice-président Aucun (1963-1965) Hubert Humphrey (1965-1969) Secrétaire d'État Dean Rusk (1963-1969) Secrétaire au Trésor Douglas Dillon (1963-1965) Henry H. Fowler (1965-1968) Joseph Barr (1968-1969) Secrétaire à la Défense Robert McNamara (1963-1968) Clark Clifford (1968-1969) Procureur général Robert Francis Kennedy (1963-1964) Nicholas Katzenbach (1965-1966) Ramsey Clark (1967-1969) Postmaster General John A. Gronouski (1963-1965) Larry O'Brien (1965-1968) W. Marvin Watson (1968-1969) Secrétaire à l'Intérieur Stewart Lee Udall (1963-1969) Secrétaire à l'Agriculture Orville Freeman (1963-1969) Secrétaire au Commerce Luther H. Hodges (1963-1965) John T. Connor (1965-1967) Alexander Trowbridge (1967-1968) C. R. Smith (1968-1969) Secrétaire au Travail W. Willard Wirtz (1963-1969) Secrétaire à la Santé, à l'Éducation et aux Services sociaux Anthony J. Celebrezze (1962-1965) John W. Gardner (1965-1968) Wilbur J. Cohen (1968-1969) Secrétaire au Logement et au Développement urbain Robert C. Weaver (1966-1968) Robert C. Wood (1969) Secrétaire aux Transports Alan Stephenson Boyd (1967-1969) (KENNEDY ←) Administration précédente •••• Administration suivante (NIXON ←) v · mCabinet du président John Fitzgerald Kennedy (1961-1963) Vice-président Lyndon B. Johnson (1961-1963) Secrétaire d'État Dean Rusk (1961-1963) Secrétaire au Trésor Douglas Dillon (1961-1963) Secrétaire à la Défense Robert McNamara (1961-1963) Procureur général Robert Francis Kennedy (1961-1963) Postmaster General J. Edward Day (1961-1963) John A. Gronouski (1963) Secrétaire à l'Intérieur Stewart Lee Udall (1961-1963) Secrétaire à l'Agriculture Orville Freeman (1961-1963) Secrétaire au Commerce Luther H. Hodges (1961-1963) Secrétaire au Travail Arthur Goldberg (1961-1963) W. Willard Wirtz (1962-1963) Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux Abraham A. Ribicoff (1961-1962) Anthony J. Celebrezze (1962-1963) (EISENHOWER ←) Administration précédente •••• Administration suivante (L.D. JOHNSON ←) v · mFamille Kennedy Généalogie de la famille Kennedy Ascendants de Joseph Patrick Kennedy(1888 – 1969) James Kennedy (v. 1780 - v. 1831) et Maria Kennedy, parents de Patrick Kennedy (v. 1823 - 1858) ép. Bridget Murphy, parents de Patrick Joseph Kennedy (1858 - 1929) ép. Mary Augusta Hickey (1857 - 1923), parents de Joseph Patrick Kennedy Rose Elizabeth Fitzgerald(1890 – 1995) John Francis Fitzgerald (1863 - 1950) et Mary Josephine Hannon, parents de Rose Elizabeth Fitzgerald Enfants de Joseph Patrick Kennedy (1888 – 1969)Rose Elizabeth Fitzgerald (1890 – 1995) (par ordre des naissances) Joseph Patrick Kennedy, Jr. John Fitzgerald Kennedy ép. Jacqueline Lee Bouvier Rosemary Kennedy Kathleen Agnes Kennedy ép. William Cavendish, Marquis de Hartington Eunice Mary Kennedy ép. Robert Sargent Shriver, Jr. Patricia Kennedy ép./div. Peter Lawford Robert Francis Kennedy ép. Ethel Skakel Jean Ann Kennedy ép. Stephen Edward Smith Edward Moore Kennedy ép./div. Virginia Joan Bennett; ép. Victoria Anne Reggie Descendance Joseph Patrick Kennedy, Jr. (1915 – 1944) - John Fitzgerald Kennedy(1917 - 1963) Arabella Kennedy (1956, mort-née) Caroline Kennedy (1957) ép. Edwin Schlossberg John Fitzgerald Kennedy, Jr. (1960-1999) ép. Carolyn Bessette Patrick Bouvier Kennedy (1963, décédé deux jours après sa naissance) Rosemary Kennedy(1918 – 2005) - Kathleen Agnes Kennedy(1920 – 1948) - Eunice Mary Kennedy(1921 – 2009) Robert Shriver (1954) ép. Malissa Feruzzi Maria Owings Shriver (1955) ép./div. Arnold Schwarzenegger Timothy Shriver (1959) ép. Linda Potter Mark Kennedy Shriver (1964) ép. Jeannie Eileen Ripp Anthony Paul Kennedy Shriver (1965) ép. Alina Mojica Patricia Kennedy(1924 – 2006) Christopher Lawford (1955-2018) Sydney Maleia Kennedy Lawford (1956) Victoria Francis Lawford (1958) Robin Elizabeth Lawford (1961) Robert Francis Kennedy(1925 – 1968) Kathleen Kennedy Townsend (1951) ép. David Lee Townsend Joseph P. Kennedy II ép./div. Sheila Brewster Rauch; ép. Anne Elizabeth "Beth" Kelly Robert Francis Kennedy Jr. ép../div. Emily Ruth Black ép. Mary Richardson David Anthony Kennedy Mary Courtney Kennedy ép./div. Jeffrey Robert Ruhe; ép./sép. Paul Michael Hill Michael LeMoyne Kennedy ép. Victoria Denise Gifford Mary Kerry Kennedy ép./div. Andrew Cuomo Christopher George Kennedy ép. Sheila Sinclair Berner Max Kennedy ép. Victoria Anne Strauss Douglas Harriman Kennedy ép. Molly Elizabeth Stark Rory Elizabeth Katherine Kennedy ép. Mark Bailey Jean Ann Kennedy(1928 - 2020) Stephen Edward Smith, Jr. (1957) William Kennedy Smith (1960) Amanda Mary Smith (1967) Kym Maria Smith (1972) Edward Moore Kennedy(1932 – 2009) Kara Kennedy (1960 - 2011) ép. Michael Allen Edward Moore Kennedy Jr. (1961) ép. Katherine Anne Gershman Patrick J. Kennedy (1967) ép. Amy Petitgout v · mSénateurs des États-Unis pour l'État de New York Classe I Philip Schuyler Aaron Burr Philip Schuyler John Sloss Hobart William North James Watson Gouverneur Morris Theodorus Bailey John Armstrong Jr. Samuel Latham Mitchill Obadiah German Nathan Sanford Martin Van Buren Charles E. Dudley Nathaniel P. Tallmadge Daniel S. Dickinson Hamilton Fish Preston King Edwin D. Morgan Reuben Fenton Francis Kernan Thomas C. Platt Warner Miller Frank Hiscock Edward Murphy Jr. Chauncey Depew James Aloysius O'Gorman William M. Calder Royal S. Copeland James M. Mead Irving Ives Kenneth Keating Robert Francis Kennedy Charles Goodell James Lane Buckley Daniel Patrick Moynihan Hillary Clinton Kirsten Gillibrand Classe III Rufus King John Laurance John Armstrong Jr. DeWitt Clinton John Armstrong Jr. John Smith Rufus King Nathan Sanford William L. Marcy Silas Wright Henry A. Foster John Adams Dix William Henry Seward Ira Harris Roscoe Conkling Elbridge G. Lapham William M. Evarts David B. Hill Thomas C. Platt Elihu Root James Wolcott Wadsworth Jr. Robert F. Wagner John Foster Dulles Herbert H. Lehman Jacob K. Javits Alfonse D'Amato Chuck Schumer Portail de la politique américaine Portail de l’État de New York Portail du XXe siècle <img width="1" height="1" alt="" src="https://fr.wikipedia.org/wiki/Special:CentralAutoLogin/start?useformat=desktop&type=1x1&usesul3=1"; style="border: none; position: absolute;"> Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Robert_Francis_Kennedy&oldid=234097339 ».
|
Scooped by
bonplansous
Today, 12:23 PM
|
Pour tous les gamers et fans de jeux de vidéo voici un bon plan qui vous permet d'avoir toute l'actualité chaque mois et au meilleur prix car en ce moment un bon plan Abonnement au magazine Total Jeux Vidéo pas cher est à saisir !
|
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:36 PM
|
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Louis-Ferdinand Céline en 1932. Signature de Louis Ferdinand Céline. Louis-Ferdinand Céline Écouter , né le à Courbevoie et mort le à Meudon, connu sous son nom de plume généralement abrégé en Céline, est un écrivain, médecin et collaborationniste français.
Louis-Ferdinand Céline Écouterⓘ, né le 27 mai 1894 à Courbevoie et mort le 1er juillet 1961 à Meudon[1], connu sous son nom de plume généralement abrégé en Céline[note 1], est un écrivain, médecin et collaborationniste français. Il est notamment célèbre pour Voyage au bout de la nuit, publié en 1932 et récompensé par le prix Renaudot la même année. Considéré, à l'instar de Faulkner et de Joyce, comme l'un des plus grands novateurs de la littérature du XXe siècle, « d'une stature exceptionnelle, au rôle décisif dans l'histoire du roman moderne[2] », selon George Steiner, Céline introduit un style elliptique personnel et très travaillé, qui emprunte à l'argot et tend à s'approcher de l'émotion immédiate du langage parlé. À propos de son style, Julien Gracq dira : « Ce qui m'intéresse chez lui, c'est surtout l'usage très judicieux, efficace qu'il fait de cette langue entièrement artificielle — entièrement littéraire — qu'il a tirée de la langue parlée »[3]. Céline est aussi connu pour son antisémitisme et sa collaboration active avec l'occupant nazi : il publie des pamphlets virulents dès 1937 (année de la parution de Bagatelles pour un massacre) et, sous l'Occupation durant la Seconde Guerre mondiale, dénonce publiquement plusieurs personnes pour leur judéité réelle ou supposée. Il est alors proche des milieux collaborationnistes et du service de sécurité nazi. Il rejoint en 1944 le gouvernement en exil du régime de Vichy à Sigmaringen, épisode de sa vie qui lui inspire le roman D'un château l'autre, paru en 1957. Ces faits lui vaudront, après la guerre, d'être frappé d'indignité nationale. Biographie[modifier le code] Jeunesse en région parisienne[modifier le code] Louis Ferdinand Destouches est né le 27 mai 1894 à Courbevoie (ancien département de la Seine, actuels Hauts-de-Seine) au domicile de ses parents (11, rampe du Pont-de-Neuilly, actuelle chaussée du Président Paul-Doumer)[1]. Il est le fils unique de Ferdinand Destouches et de Marguerite Guillou, mariés le 13 juillet 1893 à Asnières-sur-Seine[4]. Famille paternelle[modifier le code] La famille paternelle de Louis Destouches, originaire de la Bretagne et de la Normandie, appartient à la petite bourgeoisie déclassée et a des prétentions nobiliaires, l'auteur revendiquant une parenté avec le chevalier Jacques Destouches, qui a inspiré à Jules Barbey d'Aurevilly le roman Le Chevalier des Touches. Son grand-père paternel, Auguste Destouches (né en 1835 à Vannes[5], mort en 1874 au Havre[6]), est reçu à l'agrégation de littérature en 1867, le deuxième sur trois[7], et enseigne au lycée François-Ier[8]. Céline mentionne son grand-père dans la préface de son roman Guignol's Band[9]. En 1860, il épouse Caroline Delhaye[10]. De leur union naissent cinq enfants : Georges Destouches, né en 1862 au Havre, mort en 1945 à Brétigny-sur-Orge[11] ; secrétaire de la faculté de médecine de l'Université de Paris, et est élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur en 1918[12]. De son union, avec Blanche Gendron, naissent deux enfants : Jean Destouches, né en 1887 à Paris 7e arrondissement, mort en 1963 à Étampes (département de l'Essonne)[13]. Jacques Destouches, né en 1897 à Paris 6e arrondissement[14], mort en 1967 dans le 18e arrondissement[15] ; médecin, il est élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur en 1965[16]. Il inspire le personnage de Gustin Sabayot, cousin de Ferdinand, au début de Mort à crédit. René Destouches, née en 1863 au Havre[17], mort en 1928 à Paris ; en 1884, il s'engage volontairement par devancement d'appel au sein du 21e régiment de dragons[18]. Ferdinand Destouches, né en 1865 au Havre[19], mort en 1932 à Paris (2e arrondissement)[20] ; père de Céline, il est employé au sein de la compagnie d'assurance Le Phénix ; en 1885, il s'engage volontairement par devancement d'appel au sein du 27e régiment d'artillerie et termine avec le grade de maréchal des logis[21]. Charles Destouches, né en 1867 au Havre[22], mort en 1931 à Colombes (département des Hauts-de-Seine). Amélie Destouches, née en 1869 au Havre. Famille maternelle[modifier le code] La famille maternelle de Louis Destouches descend d'artisans et de petits commerçants, également originaires de la Bretagne, installés en région parisienne[23]. Son grand-père maternel, Jacques Julien Guillou, né en 1847 à Paris (ancien 12e arrondissement)[24], mort en 1879 à Paris (2e arrondissement)[25], est ouvrier soudeur devenu brocanteur. En 1868, il épouse, à Paris (20e arrondissement)[26], Céline Lesjean ; née en 1847 à Paris (ancien 12e arrondissement), morte en 1904 à Paris (9e arrondissement)[27], est commerçante d'antiquités et de dentelles ; c'est en son souvenir qu'en 1932, Louis Destouches adopte le pseudonyme de « Céline », à la publication du Voyage au bout de la nuit. ; elle inspire le personnage de Grand-mère Caroline dans Mort à crédit. De leur union naissent deux enfants : Marguerite Guillou (née en 1868 à Paris 20e arrondissement[28], morte en 1945 à Paris 9e arrondissement[29]) ; mère de Céline, elle est commerçante en dentelles et exploite une petite boutique de mode au 64, passage Choiseul à Paris[30]. Julien Guillou, (né en 1874 à Paris 2e arrondissement[31], mort en 1954 à Paris 9e arrondissement[32]) ; commerçant de vêtements de pluie, il inspire le personnage de l'oncle Édouard dans Mort à crédit. L'auteur Philippe Collin, dans la série radiophonique « Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour », estime que les parents de Louis Destouches, qui appartiennent à la petite bourgeoisie, craignent le déclassement social et sont perméables au climat antisémite de la Troisième république, entretenu par la publication du pamphlet La France juive d'Édouard Drumont et par l'affaire Dreyfus[33]. Louis-Ferdinand Destouches est placé chez une nourrice à Voisines (Yonne)[34] puis à Puteaux (Hauts-de-Seine) jusqu'à l'âge de deux ans. En 1897, ses parents déménagent rue de Babylone à Paris dans le 7e arrondissement. En 1898, ils s'installent rue Ganneron dans le 18e arrondissement. En 1899 enfin, ils s'installent passage Choiseul au numéro 67 où Marguerite Destouches ouvre un commerce de dentelles anciennes. La famille déménage au numéro 64 du même passage couvert en 1904[35]. L'écrivain décrit plus tard, notamment dans Mort à crédit, le passage Choiseul comme une « cloche à gaz », allusion à l'éclairage de la galerie par une multitude de becs à gaz au début du xxe siècle. En 1900, Louis-Ferdinand Destouches fréquente l'école communale du square Louvois. En 1905, il fréquente brièvement l'école Saint-Joseph des Tuileries avant de revenir à l'enseignement public. Il est reçu au certificat d'études primaires en juin 1907. La même année, ses parents déménagent rue Marsollier dans le 2e arrondissement[35]. En 1908, Louis-Ferdinand Destouches effectue un séjour linguistique en Allemagne à Diepholz (Basse-Saxe) puis à Karlsruhe (Bade-Wurtemberg). L'année suivante, il effectue un second séjour, cette fois en Angleterre, à Rochester puis à Broadstairs (Kent)[35]. Ses parents, qui ambitionnent de faire de lui un acheteur de grand magasin, financent ces séjours afin d'offrir à l'enfant une formation linguistique[36]. Le second séjour inspire à l'écrivain, dans Mort à crédit, le passage de Ferdinand au Meanwell College de Chatham. Il occupe de petits emplois durant son adolescence, notamment dans des bijouteries, et s'engage pour trois ans dans l'armée française le 28 septembre 1912, à 18 ans, par devancement d'appel[37]. Première Guerre mondiale et Afrique[modifier le code] Le 28 septembre 1912, Louis Ferdinand Destouches contracte un engagement volontaire au sein du 12e régiment de cuirassiers cantonné à Rambouillet. Le 5 août 1913, il est nommé brigadier. Le 5 mai 1914, il est nommé maréchal des logis, accédant ainsi au grade de sous-officier[38]. Il suit ainsi les conseils et l'exemple de son père pour pouvoir choisir un régiment doté du prestige de l'arme, et accéder plus rapidement au grade de sous-officier. Il supporte mal la vie de caserne marquée par l'ennui, la promiscuité et les brimades. Il subit aussi un calvaire physique avec les corvées et les exercices de monte à cheval, qui lui occasionnent excoriations et furoncles alors qu'il rêvait de la charge des cavaliers de Reichshoffen. Il envisage même la désertion, mais l'acculturation militaire et le desserrement progressif des contraintes — grâce à l'intervention de ses parents auprès du lieutenant Dugué-Mac Carthy — permettent de comprendre les raisons de son acceptation[39]. Il évoque les souvenirs de son incorporation dans son écrit de jeunesse Carnet du cuirassier Destouches, puis dans son roman Casse-pipe. Trois mois plus tard, son régiment participe aux premiers combats de la Première Guerre mondiale en Flandre-Occidentale. Le 25 octobre 1914, alors que son unité est chargée de couvrir le 66e régiment d'infanterie dans le secteur de Poelcappelle sur le champ de bataille d'Ypres, il se porte volontaire pour transmettre un ordre entre les tranchées du 66e et du 125e, mission risquée à l'issue de laquelle il est grièvement blessé au bras droit par balle — et non par un éclat d'obus à la tête, contrairement à une légende tenace qu'il a lui-même répandue[note 2], affirmant avoir été trépané[40] —, évacué puis opéré dans l'hôpital auxiliaire d'Hazebrouck où il refuse l'anesthésie pour éviter d'être amputé à son insu[41]. Cet acte vaut au maréchal des logis Destouches d'être successivement cité à l'ordre du régiment le 29 octobre 1914, à l'ordre de la 7e DC le 25 octobre 1914[38], et le 25 novembre 1914 il est décoré de la médaille militaire[note 3], puis rétroactivement de la croix de guerre avec étoile d'argent. Grâce aux connaissances du père de Louis Destouches dans le milieu de la presse illustrée, ce fait d'armes est relaté en décembre 1915 dans L'Illustré national[note 4], dont la couverture montre le cuirassier Destouches fonçant à travers les balles sur son cheval alors qu'il a probablement accompli sa mission à pied[42]. L'expérience de la guerre jouera un rôle décisif dans la formation de son pacifisme et de son pessimisme. Ré-opéré en janvier 1915 au Val-de-Grâce et réformé provisoire, il est affecté en mai 1915 comme auxiliaire au service des visas du consulat français à Londres (dirigé par l'armée en raison de l'état de siège) grâce à sa maîtrise de l'anglais et probablement grâce à l'intervention opportune de son père[43]. Le 2 décembre 1915, il bénéficie d'une décision de réforme numéro 2 (c'est-à-dire sans pension), ce qui lui permet de quitter l'armée alors que sa blessure n'est pas suffisamment grave pour ne plus servir au front[44]. Il quitte le consulat. Dès lors, en janvier 1916, commence la période opaque de son séjour à Londres qui devient celui d'un embusqué fréquentant les bas-fonds de la capitale du Royaume-Uni[45]. Le 19 janvier 1916, il se marie avec Suzanne Nebout[note 5], une danseuse de cabaret et entraîneuse sans doute rencontrée à Soho et qui a inspiré plusieurs personnages de ses livres[46]. Ce mariage n'est pas déclaré au consulat et Louis Destouches rentre seul en France, considéré comme célibataire par l'État français. Ensuite il contracte un engagement avec une compagnie de traite qui l'envoie au Cameroun, où il part en avril 1916 surveiller des plantations. Malade, il rentre par bateau en France au mois d'avril 1917, voyage durant lequel il rédige une nouvelle, Des vagues. Il arrive à destination en juin 1917[47]. Il travaille en 1917-1918 au côté de l'écrivain polygraphe Henry de Graffigny, qui inspirera à l'écrivain le personnage de Courtial des Pereires dans Mort à crédit. Embauchés ensemble par la Fondation Rockefeller, ils parcourent la Bretagne en 1918 pour une campagne de prévention de la tuberculose. Formation de médecin[modifier le code] Après la guerre, Louis Ferdinand Destouches se fixe à Rennes. Il y rencontre le Dr Athanase Follet, notable qui cumule les charges et les honneurs, et qui lui offre une opportunité d'ascension sociale. Le 10 août 1919, il épouse la fille du docteur, Édith Follet, à Quintin[48], loin de la capitale bretonne pour éviter d'attiser la rancœur du milieu médical rennais jaloux du succès du docteur[49]. De leur union naît l'unique enfant de Céline, Colette Destouches, née en 1920 à Rennes[50], morte en 2011 à Neuilly-sur-Seine[51], qui épouse, en 1942 à Paris dans le 7e arrondissement, Yves Turpin[52]. Louis-Ferdinand prépare alors le baccalauréat, qu'il obtiendra en 1919, puis poursuit des études de médecine de 1920 à 1924 en bénéficiant des programmes allégés réservés aux anciens combattants, ponctuées par des remplacements de médecin en Bretagne, et dans les Ardennes, à Revin[53]. Sa thèse de doctorat de médecine, La Vie et l'Œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (soutenue en 1924), sera plus tard considérée comme sa première œuvre littéraire. Il publie ensuite un ouvrage médical, La Quinine en thérapeutique (1925). Après son doctorat, il est embauché à Genève par la fondation Rockefeller qui subventionne un poste de l'Institut d'hygiène de la Société des Nations, fondé et dirigé par le Dr Rajchman. Sa famille ne l'accompagne pas. Il effectue plusieurs voyages en Afrique et en Amérique avec des médecins. Cela l'amène notamment à visiter les usines Ford au cours d'un séjour à Détroit qui dure un peu moins de 36 heures, le temps pour lui d'être vivement impressionné par le fordisme et plus largement par l'industrialisation. Contrairement à la légende souvent reprise, il n'a jamais été conseiller médical de la société des automobiles Ford à Détroit[54]. Son contrat à la Société des Nations n'ayant pas été renouvelé, il envisage d'acheter une clinique en banlieue parisienne puis s'essaie à l'exercice libéral de la médecine en ouvrant en novembre 1927 un cabinet à Clichy qu'il ferme rapidement, faute de clientèle. Il finit par être engagé comme médecin de banlieue au dispensaire de Clichy dirigé par Grégoire Ichok (sa rancœur est d'abord dirigée contre ce docteur juif dont il convoite le poste), ensuite comme médecin-chef au dispensaire de Sartrouville puis à Bezons de 1940 à 1944[55]. Il y rencontre l'historien Albert Serouille et lui écrira même une fameuse préface à son livre Bezons à travers les âges[56]. Pour compléter ses revenus, il occupe un poste polyvalent de concepteur de documents publicitaires, de spécialités pharmaceutiques (il élabore en 1933 un traitement de la maladie de Basedow qui sera commercialisé sous le nom de Basedowine[57]) et même de visiteur médical dans trois laboratoires pharmaceutiques dans les années 1930. Elizabeth Craig[modifier le code] En 1926, il rencontre à Genève Elizabeth Craig (1902-1989), une danseuse américaine, qui sera la plus grande passion de sa vie. C'est à elle, qu'il surnommera « l'Impératrice », qu'il dédiera Voyage au bout de la nuit. Elle le suit à Paris, 98 rue Lepic[note 6], mais le quitte en 1933, peu après la publication du Voyage. Il part à sa recherche en Californie, mais il apprend qu'elle a épousé un Américain nommé Ben Tankel, qui se trouve être juif. Après cela, on n'entend plus parler d'elle jusqu'en 1988, date à laquelle l'universitaire américain Alphonse Juilland (de) la retrouve, quelques jours avant le critique Jean Monnier, qui était sur sa trace également[58]. Elle affirme alors dans une interview qu'elle craignait qu'en perdant sa beauté avec l'âge elle finisse par ne plus rien représenter pour lui[40]. Formation de l'écrivain[modifier le code] Comme d'autres écrivains, Céline a su habilement bâtir toute une série de mythes sur sa personne. En même temps que Voyage au bout de la nuit, Céline écrivait des articles pour une revue médicale (La Presse médicale) qui ne correspondent pas à l'image de libertaire qu'on s'est faite de lui[note 7]. Dans le premier des deux articles publiés dans cette revue en mai 1928, Céline vante les méthodes de l'industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de l'existence ». Cette sorte d'ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main-d’œuvre stable et qui se résigne mieux qu'une autre ». Céline déplore qu'il n'existe rien encore de semblable en Europe, « sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux ». Dans le deuxième article, publié en novembre 1928, Céline propose de créer des médecins-policiers d'entreprise, « vaste police médicale et sanitaire » chargée de convaincre les ouvriers « que la plupart des malades peuvent travailler » et que « l'assuré doit travailler le plus possible avec le moins d'interruption possible pour cause de maladie ». Il s'agit, affirme Céline, d'« une entreprise patiente de correction et de rectification intellectuelle », tout à fait réalisable pourtant car « le public ne demande pas à comprendre, il demande à croire. » Céline conclut sans équivoque : « L'intérêt populaire ? C'est une substance bien infidèle, impulsive et vague. Nous y renonçons volontiers. Ce qui nous paraît beaucoup plus sérieux, c'est l'intérêt patronal et son intérêt économique, point sentimental. » On peut toutefois s'interroger sur la correspondance entre ces écrits et les sentiments véritables de Céline, sur le degré d'ironie de ces commentaires « médicaux » (ou sur une éventuelle évolution) car, quelques années plus tard, plusieurs passages de Voyage au bout de la nuit dénonceront clairement l'inhumanité du système capitaliste en général et fordiste en particulier[note 8]. C'est toute cette partie de sa vie qu'il relate à travers les aventures de son antihéros Ferdinand Bardamu, dans son roman le plus connu, Voyage au bout de la nuit, paru le 15 octobre 1932. Ce premier livre a un retentissement considérable[59] : aux réactions scandalisées, ou déconcertées, se mêlent des éloges enthousiastes[60]. Le roman reçoit le prix Renaudot, après avoir manqué de peu le prix Goncourt[note 9] (ce qui provoquera le départ de Lucien Descaves du jury du Goncourt[61] : il ne reviendra qu'en 1939) et connaît un grand succès de librairie. Le 26 septembre 1933 paraît L'Église[62], pièce de théâtre écrite en 1926 et 1927[63], où figurent des allusions antisémites[64]. Les ventes sont modestes[65]. À cette époque, en raison de la publication de Voyage au bout de la nuit, Céline est particulièrement apprécié des milieux de gauche, qui voient en lui un porte-parole des milieux populaires et un militant antimilitariste[66]. Louis Aragon le presse, mais en vain, de rejoindre la SFIC-Parti communiste[67] (ancien nom du PCF). Il aurait cependant assisté en 1933 au banquet médical parisien de l'Action française[68],[note 10]. Le 1er octobre 1933, Céline prononce à Médan, sur l'invitation de Lucien Descaves, un discours intitulé « Hommage à Zola » lors de la commémoration annuelle de la mort de l'écrivain[69], discours qui demeure la seule allocution publique littéraire de sa carrière[70] : « pessimiste radical[71] », selon Henri Godard, Céline y dénonce aussi bien les sociétés fascistes que bourgeoises ou marxistes, qui reposeraient toutes sur le mensonge permanent et n'auraient qu'un seul et même but : la guerre[72]. Elsa Triolet participe à la traduction en russe du Voyage au bout de la nuit[note 11]. Il paraît en URSS en janvier 1934, lourdement sabré[73]. C'est vers la même période qu'il rencontre Max Jacob chez le docteur Augustin Tuset, à Quimper ; une courte correspondance a lieu entre les deux hommes[74]. Le 12 mai 1936, en plein Front populaire, paraît le deuxième roman de Céline, Mort à crédit, avec des coupures imposées par l'éditeur[note 12]. Le livre se vend bien, mais loin des proportions attendues[75]. Selon François Gibault, le public a la tête ailleurs : la société française, en pleine décomposition, en plein désarroi face au conflit des idéologies, réclame des penseurs et des philosophes, non des romanciers[76]. Les critiques, de gauche comme de droite, se déchaînent contre le livre[77]. Ils dénoncent d'une part le style[78] (le vocabulaire emprunte plus que jamais au langage populaire, et la phrase est maintenant déstructurée[79]), d'autre part la propension de Céline à rabaisser l'homme[80]. Les écrivains ne reconnaissent pas Céline comme leur pair[81]. Les fervents laudateurs du Voyage — Léon Daudet, Lucien Descaves — se taisent[82]. Céline est blessé du feu nourri d'attaques dirigées contre Mort à crédit[83]. Certains biographes y voient la raison de l'interruption de sa production romanesque[84] : il va se consacrer pour un temps à l'écriture de pamphlets[85]. Il se rend en URSS en septembre[note 13] pour dépenser les droits d'auteur de Voyage au bout de la nuit — les roubles n'étaient pas convertibles[86]. Deux mois plus tard, le 28 décembre, il publie Mea culpa, vision apocalyptique de la nature humaine. Pour Céline, toute forme d'optimisme est une imposture : on ne se débarrassera jamais des égoïsmes, et par conséquent le sort des hommes ne s'améliorera jamais[87]. Dans ce court pamphlet l'auteur exprime d'abord son dégoût du capitalisme et des bourgeois, avant de s'en prendre au communisme, qui ne serait rien d'autre que « l'injustice rambinée sous un nouveau blase[88] ». Le texte est suivi de sa thèse de médecine consacrée à Semmelweis[89]. Époque des « pamphlets » antisémites[modifier le code] À la fin des années 1930, alors qu'il est en contact avec Arthur Pfannstiel[90], un critique d'art et traducteur travaillant pour le Welt-Dienst (service mondial de propagande nazie anti-maçonnique et antisémite), organe auprès duquel il se renseigne[90],[91], Céline publie deux pamphlets violemment antisémites[92],[93] : Bagatelles pour un massacre (1937) et L'École des cadavres (1938). Il présente lui-même ces ouvrages dans une lettre au docteur Walter Strauss : « Je viens de publier un livre abominablement antisémite, je vous l'envoie. Je suis l'ennemi no 1 des juifs[94]. » Ces écrits relèvent de la « nordolâtrie » et affichent clairement l'antiméridionalisme de Céline en reprenant plusieurs lieux communs : le Nord conquérant et productif opposé au Sud menaçant et paralysant[95]. Dans L'École des cadavres « il assimile « le latinisme » à la « Grèce », qui est « déjà de l'Orient », mot qui, par association d'idées, évoque la franc-maçonnerie, que le pamphlétaire associe au « juif », fréquemment rapproché chez lui du « nègre » »[95]. Dès la fin des années 1930, Céline se rapproche des milieux d'extrême droite français pro-nazis, en particulier de l'équipe du journal de Louis Darquier de Pellepoix, La France enchaînée[96]. Le 10 mai 1939, Céline et Robert Denoël décident de retirer de la vente Bagatelles pour un massacre et L'École des cadavres. Cette décision est justifiée par la parution du décret-loi Marchandeau le 21 avril 1939. Ce dernier ne les vise pas directement : il a pour but de protéger les minorités raciales et de prévenir des agitations liées à des publications racistes et antisémites[97]. Voir plus bas : Politique, racisme et antisémitisme. Lucienne Delforge[modifier le code] Céline a une relation avec la pianiste Lucienne Delforge entre avril 1935 et avril 1936. Ensemble, ils visitent le Danemark, la Suède et l'Autriche. Leur maigre correspondance (6 lettres) a été vendue aux enchères pour 44 800 €[98] en 2003. Durant l'Occupation[modifier le code] Sous l'Occupation, Céline, s'il ne signe pas à proprement parler d'articles, envoie des lettres aux journaux collaborationnistes[99], qui sont publiées pour la plupart[100] ; il leur accorde également des interviews[101]. Il exprime dans ces publications un antisémitisme violent[102],[103] et se campe en écrivain pro-nazi. Le 7 mars 1941 l'hebdomadaire Je suis partout publie son interview[104] : « Pour le Juif, j'avais fait de mon mieux dans les deux derniers bouquins… Pour l'instant, ils sont quand même moins arrogants, moins crâneurs. Le secrétaire des médecins de Seine-et-Oise s'appelle Menckietzwick à part ça… J'ai d'ailleurs entendu dans une queue une bonne femme qui disait : Au temps des Juifs, on mangeait bien ! » Dans le numéro 4 (septembre 1941) de Notre Combat pour la Nouvelle France socialiste, André Chaumet sélectionne pour ses lecteurs de courts extraits de Bagatelles pour un massacre (1937) sous le titre « Céline nous parle des juifs… »[105] : « Pleurer, c'est le triomphe des Juifs ! Réussit admirablement ! Le monde à nous par les larmes ! 20 millions de martyrs bien entraînés c'est une force ! Les persécutés surgissent, hâves, blêmis, de la nuit des temps, des siècles de torture[106]… » Visitant l'exposition « Le Juif et la France », Céline reproche à Paul Sézille d'avoir éliminé de la librairie de l'exposition Bagatelles pour un massacre et L'École des cadavres. Ces ouvrages sont controversés jusque chez les nazis : si Karl Epting, directeur de l'Institut allemand de Paris, décrit Céline comme « un de ces Français qui ont une relation profonde avec les sources de l'esprit européen », Bernard Payr, qui travaille au service de la propagande en France occupée, se plaint du fait que Céline « gâcherait » son antisémitisme par des « obscénités » et des « cris d'hystérique »[107]. Durant cette période, Céline exprime ouvertement son soutien à l'Allemagne nazie. Lorsque celle-ci entre en guerre contre l'Union soviétique, en juin 1941, il déclare : « Pour devenir collaborationniste, j’ai pas attendu que la Kommandantur pavoise au Crillon… On n’y pense pas assez à cette protection de la race blanche. C’est maintenant qu’il faut agir, parce que demain il sera trop tard. […] Doriot s’est comporté comme il l’a toujours fait. C’est un homme… il faut travailler, militer avec Doriot. […] Cette légion (la LVF) si calomniée, si critiquée, c'est la preuve de la vie. […] Moi, je vous le dis, la Légion, c'est très bien, c'est tout ce qu'il y a de bien[108]. » Il publie alors Les Beaux Draps, son troisième et dernier pamphlet antisémite (Nouvelles éditions françaises, le 25 février 1941), dans lequel il ironise sur les sentiments du peuple français envers l'occupant : « C’est la présence des Allemands qu’est insupportable. Ils sont bien polis, bien convenables. Ils se tiennent comme des boys scouts. Pourtant on peut pas les piffer… Pourquoi je vous demande ? Ils ont humilié personne… Ils ont repoussé l’armée française qui ne demandait qu’à foutre le camp. Ah, si c’était une armée juive alors comment on l’adulerait[110] ! » En 1943, Hans Grimm, membre du Sicherheitsdienst, le service de renseignement de la SS à Rennes, fournit à Louis-Ferdinand Céline une autorisation pour se rendre en villégiature à Saint-Malo (zone d'accès limité à cette période du conflit). L’auteur lui offre un exemplaire d'une première édition de Mort à crédit[111]. L'absence en librairie des pamphlets n'est pas due à une décision d'interdiction officielle, Bagatelles pour un massacre n'ayant donné lieu à aucun procès, tandis que L'École des cadavres fut amputée de six pages (à la suite du jugement en correctionnelle pour diffamation du 21 juin 1939[97]), mais ne connut aucune mesure de restriction à la vente. Les Beaux Draps fut interdit en zone libre le 4 décembre 1941[97] par le gouvernement de Vichy, dont le régime[112] y est sévèrement critiqué. À son retour en France, Céline n'autorisa jamais leur réimpression et son ayant droit a, depuis 1961, respecté sa décision[113]. En février 1944, lors d'un dîner à l'ambassade d'Allemagne à Paris avec ses amis Jacques Benoist-Méchin, Pierre Drieu la Rochelle et Gen Paul, Céline aurait, selon Benoist-Méchin, déclaré à l'ambassadeur allemand Otto Abetz qu'Hitler était mort et remplacé par un sosie juif[114]. Le 15 mars 1944 marque son retour au roman : il publie Guignol's Band[115], récit de son séjour de 1915 en Angleterre. Polémiques sur son attitude face au nazisme[modifier le code] À l'opposé de la thèse qui relativise, voire nie le rôle de Céline dans la collaboration[116], Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour présentent l'écrivain comme un agent actif des services de sécurité de l'Allemagne nazie pendant l'occupation[117]. Toutefois, d'après Émile Brami, Taguieff et Duraffour procéderaient par amalgame pour suggérer, sans preuve formelle, que Céline était un agent payé par la propagande allemande, informé de la solution finale, qu'il aurait approuvée[118]. Certaines lettres privées de Céline font écho à la violence antisémite de ses pamphlets. Il écrit à sa secrétaire littéraire en octobre 1937 : « Lorsque Hitler a décidé de « purifier » Moabit à Berlin (leur quartier de la Villette), il fit surgir à l'improviste dans les réunions habituelles, dans les bistrots, des équipes de mitrailleuses et par salves, indistinctement, tuer tous les occupants ! […] Voilà la bonne méthode[119]. » Bien que Céline ait été ouvertement antisémite dans certains de ses livres, Henri Guillemin, grand admirateur de l'écrivain, affirme en 1966 que ce dernier n'aurait selon lui jamais collaboré pendant la guerre[120]. De même, l'écrivain Marc-Édouard Nabe affirme dans une tribune du Point en 2011 que Céline n'a jamais commis d'action antisémite de sa vie et que ses pamphlets n'étaient pas récupérables à des fins politiques sérieuses[121]. Or, dans un courrier adressé le 5 novembre 1940 au Dr Cadvelle, directeur de la Santé à Paris, Céline a dénoncé, d'abord comme « médecin étranger juif non naturalisé », puis comme « nègre haïtien... étranger », le Dr Joseph Hogarth[122], médecin du dispensaire de Bezons dont il convoitait le poste[123]. Ces dénonciations montrent « de quoi Céline était capable quand racisme et intérêt personnel se mettaient au service l'un de l'autre », relèvent Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff dans leur étude intitulée Céline, la race, le juif : légende littéraire et vérité historique (2017)[124]. Cet ouvrage réexamine le « combat sans cesse renaissant entre l’histoire et la légende », et procède à une « démythologisation de la question Céline plus d’un demi-siècle après la mort de l’écrivain »[125]. Répondant aux contestations de certains biographes comme Émile Brami qu'ils estiment œuvrer à la disculpation de Céline, Duraffour et Taguieff entendent démontrer qu'il n'y a pas seulement des « vilaines opinions »[125] à lui reprocher, mais des actes concrets que masque son attitude trompeuse de « persécuté » et de « bouc émissaire »[126],[127]. Les deux chercheurs affirment qu'« il a été un agent d’influence nazi » et qu'il est cité par le chef SS Knochen « parmi les Français désireux de collaborer volontairement avec les services allemands »[128] ; « sur la base des auditions de Knochen conduites par la DST, la direction générale des Renseignements généraux identifie Céline comme « agent du SD »[125], c'est-à-dire du service de sécurité nazi mis en place par Heydrich. Il serait établi qu'il était lié à « des réseaux nazis ou pronazis » comme le Welt-Dienst, dont il a « utilisé de nombreux documents — souvent des faux »[125]. Selon Duraffour et Taguieff, Céline s'est livré « effectivement à plusieurs reprises à cet acte de parole qu’est la dénonciation, quand cela peut valoir arrestation par la Gestapo. […] Sont attestées à ce jour les dénonciations de judéité de six voire sept personnes, ainsi que deux dénonciations de communistes[125] ». Exil[modifier le code] Sigmaringen (octobre 1944 - mars 1945)[modifier le code] Après le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, Céline, craignant pour sa vie, confie le manuscrit de Guignol's band II et quelques pages de Casse-pipe à sa secrétaire particulière Marie Canavaggia[130] puis, le 17 juin, il quitte la France avec son épouse Lucette. Il laisse à son domicile de la rue Girardon des documents et écrits qui seront considérés comme prise de guerre (volés, pour Céline) par les résistants et disparaîtront durant près de quatre-vingts ans avant qu'ils ne soient remis à Jean-Pierre Thibaudat en 2021[130],[131], lequel les remettra aux héritiers, une fois la femme de Céline décédée : un mètre cube de papiers personnels, manuscrits et textes inédits, notamment 600 feuillets de Casse-pipe, et un roman intitulé Londres[132],[133]. Pour son départ, le couple est muni de pièces d'or cousues dans un gilet de Lucette d'une valeur de près d'un million de francs de l'époque, soit 250 « napoléons »[134], de deux ampoules de cyanure de mercure et de faux papiers[note 14]. Le couple se retrouve au Brenner's Park Hôtel (de) de Baden-Baden, tout juste réquisitionné par la Wilhelmstrasse du Reich pour accueillir les hôtes de marque du gouvernement de Vichy en déroute. N'obtenant pas de visa pour le Danemark, ils sont transférés à Berlin puis à Kränzlin (le Zornhof de son roman Nord), à une centaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale allemande. Apprenant qu'un gouvernement français en exil tente de se former à Sigmaringen, Céline propose alors à Fernand de Brinon, ancien représentant de Vichy pour la France occupée et qui va présider ce gouvernement, d'y exercer la médecine ; celui-ci accepte. Céline gagne par le train Sigmaringen, voyage qu'il relate dans Rigodon ; fin octobre 1944, il s'installe avec sa femme et son chat Bébert dans le château de Sigmaringen et côtoie le dernier carré des pétainistes et des dignitaires du régime de Vichy, épisode qu'il raconte dans D'un château l'autre[note 15]. Le 18 mars 1945 il obtient enfin son visa pour le Danemark grâce à l'intervention du Lorrain Hermann Bickler. Il quitte Sigmaringen le 22 mars 1945 et arrive cinq jours plus tard à Copenhague. Danemark (mars 1945 - juillet 1951)[modifier le code] Le pays étant encore occupé par les Allemands, il s'installe dans l'appartement de Karen Marie Jensen, danseuse et ancienne maîtresse de Céline, qui a placé en 1942 les fonds de l'écrivain sous forme de lingots d'or[Information douteuse] dans une banque de Copenhague. Il récupère ses lingots et les change en couronnes danoises sur le marché noir[135]. Le 17 décembre 1945, il est arrêté par la police danoise[136]. Il passe au Danemark près d'une année et demie dans la prison Ouest (en danois : Vestre Fængsel) située à Copenhague[137], et plus de trois ans à Korsør dans une chaumière au confort rudimentaire près du Grand Belt et qui appartient à son avocat. Il est depuis la Libération boycotté par le monde littéraire français. Entre 1947 et 1949, Céline entame une longue correspondance avec un universitaire juif américain, Milton Hindus, admirateur de son œuvre romanesque[138] qui publie en 1950 une importante étude sur le romancier intitulée The Crippled Giant[139] (« Le Géant infirme » sorti en France l'année suivante sous le titre de L.-F. Céline tel que je l’ai vu), que Céline versera à sa décharge lors de son procès[92]. En 1947, il fait la connaissance de François Löchen, un pasteur français installé à Copenhague, ancien aumônier militaire à Sartrouville et Bezons, avec qui il échangera une abondante correspondance[140]. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, il est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration selon l'article 83 (pour « actes de nature à nuire à la défense nationale ») — et non l'article 75 (pour « intelligence avec l'ennemi » et « trahison ») des ordonnances du GPRF relatives à l'épuration[141] —, à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark), 50 000 francs d'amende, la confiscation de la moitié de ses biens et à la dégradation nationale[142],[40],[143],[144]. Raoul Nordling — consul général de Suède à Paris qui joua un rôle important auprès des autorités allemandes dans la sauvegarde des monuments de Paris à l'été 1944 —, est intervenu en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, pour retarder son extradition, et aurait écrit en sa faveur au président de la Cour de justice qui le jugeait[145],[146]. Céline fait valoir auprès des autorités danoises son exécution de peine de prison effectuée en 1946-1947. Louis-Ferdinand Céline est amnistié le 20 avril 1951. Une légende persiste quant à cette amnistie. En effet, le mythe veut que Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, la lui obtienne[147] au titre de « grand invalide de guerre » (depuis 1914) en présentant son dossier au Tribunal militaire sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat fasse le rapprochement[148],[93],[144]. En réalité, l'amnistie accordée à Céline est un faux en écriture publique[149]. Le tribunal n'a jamais statué sur l'amnistie de Céline ; au contraire, les juges ont condamné l'écrivain dans les mêmes termes que la Cour de justice. Par un ingénieux système, Louis-Ferdinand Céline est donc amnistié le jour même où son arrêt de jugement par contumace devient définitif, une main anonyme ayant après coup ajouté à la main sur la feuille dactylographiée du jugement une fausse déclaration d'amnistie, validée ensuite par le greffe sur l'arrêt du jugement. Ayant vraisemblablement reçu l'aide de complices au sein de la Chancellerie (Anne Simonin pointe vers René Mayer, partisan de l'amnistie), l'affaire de la fausse amnistie est portée en cassation après signalement de la fraude par les services juridiques du ministère de la Défense. Le 6 décembre 1951, la cour de Cassation casse donc « dans l’intérêt de la loi » l’amnistie frauduleuse de Céline. Mais il conserve cependant les bénéfices de l’amnistie à titre personnel, la décision de la Cour de Cassation interdisant seulement au cas Céline de faire jurisprudence. Il reste toutefois interdit de port de la médaille militaire, ce qui le révolte[149]. Retour en France[modifier le code] De retour de Copenhague l'été suivant, Céline et son épouse — ils se sont mariés le 15 février 1943 à Paris 18e[150] — Lucette (née Lucie Almansor, 1912-2019) s'installent chez des amis à Nice en juillet 1951. Son éditeur Robert Denoël ayant été assassiné en 1945, il signe, dès juillet 1951, un contrat de cinq millions de francs avec Gaston Gallimard (il a demandé à ce dernier et a obtenu 18 % de droits d'auteur[151]) pour la publication de Féerie pour une autre fois et pour la réédition de Voyage au bout de la nuit, de Mort à crédit et d'autres ouvrages[152]. En octobre de la même année, le couple s'installe dans un pavillon vétuste, 25 ter route des Gardes, à Meudon, dans les Hauts-de-Seine (à l'époque département de Seine-et-Oise). Inscrit à l'Ordre des médecins, le Docteur L.-F. Destouches, docteur en médecine de la Faculté de Paris accroche une plaque professionnelle au grillage qui enclot la propriété, ainsi qu'une plaque pour Lucette Almanzor qui annonce les cours de danse classique et de caractère que son épouse donne dans le pavillon[153]. Il vit pendant plusieurs années des avances de Gallimard jusqu'à ce qu'il renoue avec le succès[154], à partir de 1957, grâce à sa « Trilogie allemande », dans laquelle il romance son exil. Publiés successivement et séparément, D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969) forment en réalité trois volets d'un seul roman. Céline s'y met personnellement en scène comme personnage et comme narrateur. Le 16 juin 1959, il donne un entretien à Francine Bloch[note 16] pour la Phonothèque nationale. Lucette Destouches dira à Francine Bloch que Céline fut ravi de cet entretien[155]. Mort[modifier le code] Louis-Ferdinand Destouches meurt à son domicile de Meudon le 1er juillet 1961, vraisemblablement des suites d'une athérosclérose cérébrale[156], bien que d'autres causes soient parfois évoquées[40], laissant veuve Lucette Destouches. Il est enterré discrètement au cimetière des Longs Réages à Meudon le 4 juillet en présence de sa fille Colette Destouches, de Roger Nimier, Marcel Aymé, Claude Gallimard, Max Revol, Jean-Roger Caussimon, Renée Cosima et Lucien Rebatet et des journalistes André Halphen et Roger Grenier[157] ; ses lettres et manuscrits[158], sont détruits en mai 1968 dans l'incendie du pavillon qu'il occupait. Le style de Céline[modifier le code] Le style littéraire de Louis-Ferdinand Céline est souvent décrit comme ayant représenté une « révolution littéraire »[159]. Il renouvelle en son temps le récit romanesque traditionnel, jouant avec les rythmes et les sonorités, dans ce qu'il appelle sa « petite musique »[160]. Son épouse Lucette Destouches le décrit elle-même comme ayant été « avant tout […] un musicien »[161]. Le vocabulaire à la fois argotique influencé par les échanges avec son ami Gen Paul ainsi que le style scientifique, familier et recherché, est au service d'une terrible lucidité, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse, révolution stylistique et réelle révolte (le critique littéraire Gaëtan Picon est allé jusqu'à définir le Voyage comme « l'un des cris les plus insoutenables que l'homme ait jamais poussés »). Son style se caractérise par ailleurs par l’emploi d’un langage cru et un recours fréquent à l’invective[162]. C'est en 1936, dans Mort à crédit, mettant en scène l'enfance de Ferdinand Bardamu, alter ego littéraire de Céline, que son style se fait plus radical, notamment par l'utilisation de phrases courtes, très souvent exclamatives, séparées par trois points de suspension. Cette technique d'écriture combinant langue écrite et orale, conçue pour exprimer et provoquer l'émotion, se retrouvera dans tous les romans qui suivront. Elle décontenancera une bonne partie de la critique à la publication de Mort à crédit. Dans ce roman nourri des souvenirs de son adolescence, Céline présente une vision chaotique et antihéroïque, à la fois burlesque et tragique, de la condition humaine. Le livre, cependant, connaît peu de succès, et se trouve même critiqué par les partisans de Voyage au bout de la nuit. Simone de Beauvoir prétendra (mais longtemps après, en 1960) qu'elle et Jean-Paul Sartre y auraient alors vu « un certain mépris haineux des petites gens qui est une attitude préfasciste[163] », tandis qu'Élie Faure, qui avait encensé le Voyage, juge simplement que Céline « piétine dans la merde[164] ». Sur le plan stylistique, la progression qui apparaît entre son premier roman et son ultime trilogie est marquée par une correspondance de plus en plus nette entre le temps du récit (ou temps de l'action) et le temps de la narration (ou temps de l'écriture). C'est ainsi que le présent de narration envahit l'espace romanesque au point que l'action ne semble plus se dérouler dans le passé, mais bien au contraire au moment même où le narrateur écrit. Le texte se rapproche ainsi progressivement du genre de la chronique, donnant à son lecteur l'impression que les événements se déroulent « en direct », sous ses yeux. Il est intéressant de le rapprocher de son contemporain Charles Ferdinand Ramuz, qu'il disait être « l'initiateur du transfert de la langue parlée dans la langue écrite ». Avis politique, racisme et antisémitisme[modifier le code] Voyage au bout de la nuit au moment de sa parution (1932) est apparu aux yeux d'écrivains de droite tels Bernanos et Léon Daudet « comme une profession de foi humaniste[165] » et par sa forte critique du militarisme, du colonialisme et du capitalisme, « il impressionnait les hommes de gauche, d'Aragon à Trotski, en passant par Henry Miller[165] ». Mais Mort à crédit (1936) déconcerta parce que « l'engagement idéologique avait presque disparu[165] ». De fait, à la suite du Voyage, un certain « sentiment d'impuissance domine l'univers des romans et des pamphlets » ; son nihilisme et sa haine de l'humanité, alors, ne débouchent plus sur rien[166]. En 1936, il est invité en URSS[note 17], notamment sous l'influence d'Elsa Triolet. À son retour, il écrit son premier pamphlet, Mea culpa, charge impitoyable contre une Union soviétique qu'il juge bureaucratique et barbare, la même année que Retour de l'U.R.S.S. d'André Gide. Céline publie ensuite une série de pamphlets violemment antisémites[92],[167], commençant en 1937 par Bagatelles pour un massacre, puis en 1938, L'École des cadavres. Cependant Céline n'est pas qu'antisémite et anticommuniste, il a aussi une vision très péjorative de la France méridionale. Il écrit en 1940 : « Zone Sud, zone peuplée de bâtards méditerranéens dégénérés, de nervis, félibres gâteux, parasites arabiques que la France aurait eu tout intérêt à jeter par-dessus bord. Au-dessous de la Loire, rien que pourriture, fainéantise, infects métissages négrifiés »[168]. Bagatelles pour un massacre[modifier le code] Si dès 1927 sa pièce de théâtre L'Église dénonçait la Société des Nations comme une institution menée par des Juifs caricaturaux (Judenzweck et Mosaïc)[169], ses pamphlets désormais étalent un racisme et un antisémitisme radicaux, et ils connaissent un grand succès. Céline en outre y exprime le désir de voir se créer une armée franco-allemande, ainsi qu'une apologie de Hitler supposé n'avoir aucune visée sur la France : « Si demain Hitler me faisait des approches avec ses petites moustaches, je râlerais comme aujourd'hui sous les juifs. Mais si Hitler me disait : « Ferdinand ! c'est le grand partage ! On partage tout ! », il serait mon pote ! »[170]. L'École des cadavres[modifier le code] Et dans L'École des cadavres (1938) : « Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître. […] Dans l'élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangréneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif n'a jamais été persécuté par les aryens. Il s'est persécuté lui-même. Il est le damné des tiraillements de sa viande d'hybride » — L'École des cadavres, Paris, Denoël, 1938, p. 108 Ou encore : « Je me sens très ami d'Hitler, très ami de tous les Allemands, je trouve que ce sont des frères, qu'ils ont bien raison d'être racistes. Ça me ferait énormément de peine si jamais ils étaient battus. Je trouve que nos vrais ennemis c'est les Juifs et les francs-maçons. Que la guerre c'est la guerre des Juifs et des francs-maçons, que c'est pas du tout la nôtre. Que c'est un crime qu'on nous oblige à porter les armes contre des personnes de notre race, qui nous demandent rien, que c'est juste pour faire plaisir aux détrousseurs du ghetto. Que c'est la dégringolade au dernier cran de la dégueulasserie » — L'École des cadavres, Paris, Denoël, 1938, p. 151 Les Beaux Draps[modifier le code] Après la défaite de la France en 1940 et son occupation par les armées allemandes, Céline rédige un troisième pamphlet : Les Beaux Draps, où il dénonce non seulement les Juifs et les francs-maçons mais aussi la majorité des Français, soupçonnés de métissage et d'être stupides. Le pamphlétaire demande également, entre autres considérations, une réduction du temps de travail (à trente-cinq heures dans les usines, pour commencer) et s'en prend assez clairement à la politique d'ordre moral du maréchal Pétain. Cela déplaît tant au régime de Vichy que, au même titre que Les Décombres de Lucien Rebatet, le livre est mis à l'index (sans pour autant être interdit de publication). Céline adresse ensuite une quarantaine de lettres ouvertes publiées par les organes les plus virulents de la collaboration, sans toutefois adhérer formellement à aucun des mouvements collaborationnistes créés à la faveur des événements. Dans ces lettres, il se présente comme le pape du racisme et déplore l'insuffisance de la répression contre les Juifs, les francs-maçons, les communistes et les gaullistes. Il écrit en mars 1942 une lettre à Jacques Doriot dans laquelle il déplore le sentiment de communauté des Juifs, qu'il estime responsable de leur « pouvoir exorbitant » : « Le Juif n'est jamais seul en piste ! Un Juif, c'est toute la juiverie. Un Juif seul n'existe pas. Un termite, toute la termitière. Une punaise, toute la maison »[171]. Opinions sur l'antisémitisme de Céline[modifier le code] L'antisémitisme de Céline a suscité de nombreux commentaires. André Gide déclare en 1938 : « Quant à la question même du sémitisme, elle n'est pas effleurée. S'il fallait voir dans Bagatelles pour un massacre autre chose qu'un jeu, Céline, en dépit de tout son génie, serait sans excuse de remuer les passions banales avec ce cynisme et cette désinvolte légèreté[172] ». Julien Gracq : « Il y a dans Céline un homme qui s'est mis en marche derrière son clairon. J'ai le sentiment que ses dons exceptionnels de voci
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:35 PM
|
Montauban est une commune française située dans le département de Tarn-et-Garonne, dont elle est le chef-lieu, en région Occitanie. En 2023, sa population était de 62 945 habitants, faisant de Montauban, dont les habitants sont appelés Montalbanais ou Montalbanaises, la commune la plus peuplée du Tarn-et-Garonne, celle de son unité urbaine de 82 476 habitants et celle de la communauté d'agglomération du Grand Montauban, dont elle est le siège, de 82 095 habitants.
Montauban est une commune française située dans le département de Tarn-et-Garonne, dont elle est le chef-lieu, en région Occitanie. En 2023, sa population était de 62 945 habitants, faisant de Montauban, dont les habitants sont appelés Montalbanais ou Montalbanaises, la commune la plus peuplée du Tarn-et-Garonne, celle de son unité urbaine de 82 476 habitants et celle de la communauté d'agglomération du Grand Montauban, dont elle est le siège, de 82 095 habitants[1]. Exposée à un climat océanique altéré, elle est arrosée par l'Aveyron et le Tarn, ainsi que par de nombreux petits ruisseaux. La commune a un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (les « vallées du Tarn, de l'Aveyron, du Viaur, de l'Agout et du Gijou »), un espace protégé (le « cours de la Garonne, de l'Aveyron, du Viaur et du Tarn ») et quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Sur le plan historique et culturel, Montauban se trouve dans le Pays Montalbanais, c'est-à-dire la partie méridionale du Quercy, province traditionnelle issue de la cité gallo-romaine des Cadurques, dont la ville principale était Cahors. Elle fait aussi partie des pays anciennement occitanophones, à la limite entre le Languedoc et la Gascogne. Le site de Montauban n'est occupé de façon continue qu'à partir du IXe siècle, avec l'implantation de l'abbaye bénédictine de Montauriol. La ville de Montauban est fondée en 1144 par le comte de Toulouse Alphonse Jourdain. Cette bastide connait un grand succès et devient rapidement une ville importante entre Toulouse et Cahors, promue siège épiscopal en 1317, alors que les diocèses de Cahors et de Toulouse existent depuis la fin de l'Antiquité. Au XVIe siècle, la Réforme protestante touche fortement la population et Montauban devient un bastion du calvinisme français, avec La Rochelle, Nîmes et Saumur. En 1629, elle est la dernière place de sûreté protestante à faire sa soumission au pouvoir royal, après avoir résisté au siège des troupes royales en 1621 (épisode historique connu sous le nom des « Quatre Cents Coups »). En 1635, elle devient le siège d'une généralité et connait une certaine prospérité au XVIIIe siècle. En 1790, au début de la Révolution française, elle devient simplement chef-lieu d'un district du département du Lot (d'arrondissement à partir de 1800) et ce n'est qu'en 1808, sous le Premier Empire, qu'elle devient chef-lieu d'un département nouvellement créé. La commune est le lieu de naissance de plusieurs personnalités : le peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres, l'un des plus grands du XIXe siècle (la ville est d'ailleurs surnommée « la Cité d'Ingres ») ; le sculpteur Antoine Bourdelle ; la femme de lettres et femme politique féministe Olympe de Gouges (1748-1793) , le conventionnel et membre du Comité de salut public André Jeanbon Saint-André (1749-1813) qui a notamment contribué à l'adoption du drapeau français sous sa forme actuelle ; le général d'Empire Jean-Pierre Doumerc (1765-1847). Hébergeant depuis plusieurs décennies le 17e régiment du génie parachutiste (quartier Doumerc), Montauban est frappée en 2012 par les attentats perpétrés par le criminel djihadiste Merah contre trois soldats de ce régiment, prélude à son attaque contre une école juive de Toulouse quelques jours plus tard. Géographie[modifier le code] Situation[modifier le code] Représentations cartographiques de la commune Mairie 1 : carte dynamique ; 2. carte OpenStreetMap ; 3 : carte topographique ; 4 : avec les communes environnantes La commune de Montauban est située au centre du Tarn-et-Garonne, sur l'axe de communication reliant la mer Méditerranée et l'océan Atlantique par le seuil de Naurouze. Par rapport à des points géographiques notables, elle se situe à 177 kilomètres du pic d'Aneto (3 404 mètres), point culminant des Pyrénées, 215 kilomètres de la mer Méditerranée (Gruissan dans l'Aude), 287 kilomètres de l'océan Atlantique (Capbreton dans les Landes). Montauban se situe à mi-distance entre Cahors, au nord (60 km) et Toulouse, au sud (55 km). Castelsarrasin, la sous-préfecture à 23 km à l'ouest ainsi qu'Albi à 76 km (à l'est) sont les villes les plus proches. Plus loin, à vol d'oiseau, on trouve Andorre à 164 km, Bordeaux à 179 km, Barcelone à 299 km, Lyon à 335 km, Paris à 543 km, Madrid à 577 km, Milan à 638 km et Londres à 840 km[2]. Communes limitrophes[modifier le code] Montauban est limitrophe de quatorze communes. Les communes limitrophes sont Albefeuille-Lagarde, Albias, Bressols, Corbarieu, L'Honor-de-Cos, Labastide-Saint-Pierre, Lacourt-Saint-Pierre, Lamothe-Capdeville, Léojac, Montbeton, Piquecos, Saint-Étienne-de-Tulmont, Saint-Nauphary et Villemade. Limites communales entre Montauban et ses communes adjacentes. Communes limitrophes de Montauban[3] Piquecos,Villemade,Albefeuille-Lagarde L'Honor-de-Cos Lamothe-Capdeville,Albias Montbeton Saint-Étienne-de-Tulmont,Léojac Lacourt-Saint-Pierre,Bressols Labastide-Saint-Pierre Saint-Nauphary,Corbarieu Relief et hydrographie[modifier le code] Le territoire de la commune se présente comme une vaste plaine découpée en terrasses par les plaines alluviales du Tarn, de l’Aveyron, et du Tescou. Un réseau hydrographique secondaire vient à son tour former de nombreux vallons. Le paysage a été façonné par les mouvements de ce réseau hydrographique. La présence d’alluvions (dépôts de sédiments charriés par un cours d’eau) sur une large partie du territoire de la commune atteste de ce phénomène. L’altitude varie entre 75 et 80 mètres pour les points les plus bas de la commune (aux abords des lits mineurs du Tarn et de l’Aveyron), et entre 180 à 210 mètres pour les points les plus hauts, situés sur les plateaux[4]. Vers le sud par temps clair, la chaîne de montagnes pyrénéenne est visible. La commune est dans le bassin versant de la Garonne, au sein du bassin hydrographique Adour-Garonne[5]. Elle est drainée par l'Aveyron, le Tarn, le Tescou, le canal de Montech, le Grand Mortarieu, le ruisseau de Frézal, le ruisseau de l'Angle, le ruisseau de la Tauge, le Petit Mortarieu, le ruisseau de Dagran, le ruisseau de Gesse, le ruisseau de Laffitte, le ruisseau de la Garrigue, le ruisseau de Miroulet, constituant un réseau hydrographique de 181 km de longueur totale[6],[Carte 1]. L'Aveyron, d'une longueur totale de 291 km, prend sa source dans la commune de Sévérac d'Aveyron et s'écoule d'est en ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Tarn à Barry-d'Islemade, après avoir traversé 60 communes[7]. Le Tarn, d'une longueur totale de 380 km, prend sa source dans la commune de Pont de Montvert - Sud Mont Lozère et s'écoule d'est en ouest. Il traverse la commune et se jette dans la Garonne à Saint-Nicolas-de-la-Grave, après avoir traversé 98 communes[8]. Le Tescou, d'une longueur totale de 48,8 km, prend sa source dans la commune de Castelnau-de-Montmiral et s'écoule d'est en ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Tarn sur le territoire communal de Montauban, après avoir traversé 13 communes[9]. Le canal de Montech, d'une longueur totale de 10,9 km, prend sa source dans la commune de Montech et s'écoule du sud-ouest vers le nord-ouest. Il se jette dans le Tarn sur le territoire communal, après avoir traversé 3 communes[10]. Le Grand Mortarieu, d'une longueur totale de 19,3 km, prend sa source dans la commune de Montauban et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans l'Aveyron à Villemade[11]. Le ruisseau de Frézal, d'une longueur totale de 11,3 km, prend sa source dans la commune de Montauban et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest. Il se jette dans l'Aveyron sur le territoire communal[12]. Le ruisseau de l'Angle, d'une longueur totale de 12,4 km, prend sa source dans la commune de Génébrières et s'écoule du sud vers le nord. Il traverse la commune et se jette dans le ruisseau de la Tauge à Saint-Étienne-de-Tulmont, après avoir traversé 5 communes[13]. Le ruisseau de la Tauge, d'une longueur totale de 19,5 km, prend sa source dans la commune de Monclar-de-Quercy et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans l'Aveyron à Lamothe-Capdeville, après avoir traversé 7 communes[14]. L'inondation séculaire de mars 1930[modifier le code] Du 1er au 4 mars 1930, Montauban a connu une importante inondation. Le Tarn est monté jusqu'à 11,49 m et a fait d'importants dégâts avec plus de 3 000 habitations détruites et plusieurs grands ponts emportés. Sur la ville de Montauban, le bilan faisant état de 200 morts et 10 000 sinistrés, l'événement fut très vite qualifié d'« inondation du siècle ». Depuis, la ville a pris d'importantes mesures face aux inondations en s'équipant[Quand ?] de murs de 6 à 8 mètres de haut, avec des portes anti-crues pour éviter d'inonder le centre-ville exposé aux inondations. Elles ont servi pour la première fois le 29 novembre 2014 lors d'une crue du Tarn où l'eau est montée jusqu'à 7,09 m[15]. Climat[modifier le code] Article connexe : Climat de Montauban. Vue d'ensemble[modifier le code] En 2010, le climat de la commune est de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[16]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (19,5 °C), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à 20 jours)[17]. Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 13,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 738 mm, avec 9,9 jours de précipitations en janvier et 6 jours en juillet[16]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée par la station météorologique installée dans la commune est de 13,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 710,2 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 42,6 °C, atteinte le 24 août 2023 ; la température minimale est de −20 °C, atteinte le 16 janvier 1985[Note 1],[18],[19]. Statistiques 1991-2020 et records station MONTAUBAN (82) - alt : 106 m, Situation : 🗺️Records établis sur la période du 1er décembre 1874 au 2 avril 2026 Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année Record de chaleur (°C)date du record 18,525.1995 2527.2019 27,825.1981 30,330.2005 33,530.2001 4027.2019 40,123.2019 42,624.2023 36,103.2005 34,201.2023 24,802.2011 19,405.2006 42,62023 Température maximale moyenne (°C) 9,7 11,6 15,6 18,3 22,1 25,9 28,3 28,6 24,9 20 13,6 10,2 19,1 Température moyenne (°C) 5,9 6,8 10,2 12,8 16,5 20,2 22,4 22,5 18,8 14,9 9,5 6,4 13,9 Température minimale moyenne (°C) 2,2 2 4,7 7,3 10,9 14,5 16,5 16,3 12,7 9,7 5,4 2,7 8,7 Record de froid (°C)date du record −2016.1985 −1804.1963 −9,301.2005 −2,803.2022 −101.1960 5,808.1972 608.1978 5,830.1986 122.1977 −3,225.2003 −8,418.2007 −10,625.2001 −201985 Précipitations (mm) 58,2 44,4 51 74,6 71,9 68,1 47,4 55,8 56,1 58,7 63,2 60,8 710,2 ≥ 1 mm (jours) 10,2 8,1 8,5 9,8 9,1 7,3 6,1 6,6 7,1 8,4 10,3 10 101,3 ≥ 5 mm (jours) 3,9 3 3,5 4,9 5 3,8 2,8 3,2 3,3 3,6 4,3 3,7 45,1 ≥ 10 mm (jours) 1,4 1,2 1,2 2,4 2,5 2 1,5 1,8 1,8 1,7 2 1,7 21,1 Ensoleillement (h) 83,5 119,9 176 189,8 220,5 242,5 270,1 259,5 213,8 154,3 93,1 80,7 2 103,8 Source : « Fiche 82121002 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, edité le : 06/04/2026 dans l'état de la base (consulté le 7 avril 2026) Diagramme climatique 9,72,258,2J11,6244,4F15,64,751M18,37,374,6A22,110,971,9M25,914,568,1J28,316,547,4J28,616,355,8A24,912,756,1S209,758,7O13,65,463,2N10,22,760,8DMoyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[20]. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[21]. Milieux naturels et biodiversité[modifier le code] Espaces protégés[modifier le code] La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée[22],[23]. Un espace protégé est présent sur le territoire de la commune : le « cours de la Garonne, de l'Aveyron, du Viaur et du Tarn », objet d'un arrêté de protection de biotope, d'une superficie de 1 262,3 ha[24]. Réseau Natura 2000[modifier le code] Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d'intérêt écologique élaboré à partir des directives habitats et oiseaux, constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS)[Note 2]. Un site Natura 2000 a été défini dans la commune au titre de la directive habitats : Les « vallées du Tarn, de l'Aveyron, du Viaur, de l'Agout et du Gijou »[26], d'une superficie de 17 144 ha, s'étendant sur 136 communes dont 41 dans l'Aveyron, 8 en Haute-Garonne, 50 dans le Tarn et 37 dans le Tarn-et-Garonne. Elles présentent une très grande diversité d'habitats et d'espèces dans ce vaste réseau de cours d'eau et de gorges. La présence de la Loutre d'Europe et de la moule perlière d'eau douce est également d'un intérêt majeur[27]. Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique[modifier le code] L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Deux ZNIEFF de type 1[Note 3] sont recensées dans la commune[28] : le « lac de la Piboulette et ruisseau le Grand Mortarieu » (99 ha)[29], et la « rivière Aveyron » (3 500 ha), couvrant 63 communes dont 38 dans l'Aveyron, cinq dans le Tarn et 20 dans le Tarn-et-Garonne[30] et deux ZNIEFF de type 2[Note 4],[28] : la « basse vallée du Tarn » (3 623 ha), couvrant 49 communes dont huit dans la Haute-Garonne, 20 dans le Tarn et 21 dans le Tarn-et-Garonne[31] ; la « vallée de l' Aveyron » (14 644 ha), couvrant 68 communes dont 41 dans l'Aveyron, cinq dans le Tarn et 22 dans le Tarn-et-Garonne[32]. Carte des ZNIEFF de type 1 et 2 à Montauban. Carte des ZNIEFF de type 1 sur le territoire de la commune. Carte des ZNIEFF de type 2 sur le territoire de la commune. Urbanisme[modifier le code] Typologie[modifier le code] Au 1er janvier 2024, Montauban est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[33]. Elle appartient à l'unité urbaine de Montauban[Note 5], une agglomération intra-départementale regroupant neuf communes, dont elle est ville-centre[Note 6],[34],[Insee 1]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montauban, dont elle est la commune-centre[Note 7],[Insee 1]. Cette aire, qui regroupe 50 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[35],[36]. Occupation des sols[modifier le code] L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (80,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (27,9 %), terres arables (25,6 %), zones urbanisées (24,4 %), cultures permanentes (7,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (6,6 %), forêts (4,2 %), prairies (1,6 %), eaux continentales[Note 8] (1,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %)[37]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2]. Quartiers[modifier le code] La commune de Montauban est découpée en 4 zones et 24 quartiers[38] : Est : Fonneuve, Ramier, Les Chênes-Aérodrome, Lalande-Montplaisir, Saint-Martial, Clos Maury-Canteloube. Sud : Médiathèque-Beausoleil haut, Carreyrat, Beausoleil bas-Zac Tempé, Le Fau-Vignarnaud, Sapiac-Pech Boyer. Ouest : Villebourbon, Cours Foucault-Issanchou, Villenouvelle, Gasseras-Verlhaguet-Nivelle, Albasud, Quai Poult-Port Canal. Nord : Hippodrome-Saint-Hilaire-Capou, Falguières, Birac, Albanord-Marché gare, Pomponne. Hors zone : Centre-ville et Faubourgs. Voies de communication et transports[modifier le code] Distance routière entre Montauban et diverses villes françaises et étrangères[modifier le code] Montauban est à la croisée de grands itinéraires européens, comme les axes européens E80 (Rome-Lisbonne) et E9 (Paris-Barcelone). Destination Voie routière Distance routière Temps de parcours automobile (hors pauses) Distance à vol d'oiseau Castelsarrasin D958 - D14 - D813 23 km 26 minutes 20 km Toulouse A20 - A62 55 km 40 minutes 47 km Cahors A20 60 km 47 minutes 47 km Albi A68 76 km 1 heure 04 65 km Agen A20 - A62 86 km 51 minutes 60 km Auch D928 92 km 1 heure 21 74 km Castres D83 - D999 98 km 1 heure 32 86 km Rodez A20 - D926 130 km 1 heure 49 103 km Foix A66 - A62 140 km 1 heure 29 118 km Brive-la-Gaillarde A20 146 km 1 heure 14 126 km Carcassonne A20 - A62 - A61 147 km 1 heure 32 120 km Narbonne A20 - A62 - A61 204 km 1 heure 49 162 km Tarbes A20 - A62 - A64 204 km 2 heures 07 134 km Bordeaux A20 - A62 215 km 2 heures 00 177 km Limoges A20 237 km 2 heures 10 204 km Angoulême A20 - A62 - N10 329 km 2 heures 57 205 km La Rochelle RN137-A10-A62-A20 394 km 3 heures 21 309 km Montpellier A20 - A62 - A9 295 km 2 heures 51 208 km Marseille A20-A61-A9-A54-A7 413 km 4 heures 56 334 km Châteauroux A20 354 km 2 heures 57 310 km Tours D943-A20 457 km 4 heures 21 479 km Orléans RN20-A20 500 km 4 heures 07 433 km Lyon A20-A61-A9-A7 503 km 4 heures 34 336 km Nantes RN137-A83-A10-A62-A20 559 km 4 heures 40 423 km Angers A11-RN137-A83-A10-A62-A20 604 km 5 heures 04 410 km Rennes RN137-A83-A10-A62-A20 669 km 5 heures 42 511 km Caen A84-RN137-A83-A10-A62-A20 715 km 6 heures 32 590 km Paris RN20-A20-A71-A10 626 km 5 heures 37 544 km Barcelone (Espagne) A20-A61-RN20-E9 448 km 4 heures 12 281 km Saint-Sébastien (Espagne) A20 - A62 - A64 -AP8 397 km 3 heures 46 307 km Andorre (Principauté d'Andorre) A20 - A62 - A66 - E9 236 km 3 heures 06 207 km Voies routières[modifier le code] Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2021). Pour l'améliorer, ajoutez des références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source. Montauban se trouve sur un axe majeur reliant le Nord de la France à l'Espagne et des côtes Atlantique à la Provence. La rocade de Montauban est le contournement Est de la ville par le biais de l'autoroute A20, sur un axe sud-nord. La voie rapide, à 2x2 voies, compte environ 23 km de routes non concédées et la vitesse y est limitée à 90 km/h. La rocade compte 9 sorties sur le territoire et dessert les principaux quartiers de la ville ainsi que les principales communes alentour. L'autoroute A20, qui traverse donc la ville du nord au sud, permet de rejoindre depuis Montauban les villes de Cahors, Limoges et Paris. L'autoroute permet aussi de rejoindre l'autoroute A62, situé à une dizaine de kilomètres au sud de la ville, pour rejoindre ensuite Toulouse, Bordeaux ou les Pyrénées et la mer Méditerranée. D'autres routes départementales importantes permettent de rejoindre des villes alentour. L'ancienne route nationale 20, déclassée en RD 820 vers le nord ou partiellement remplacée par l'autoroute A20 au sud, permet de rejoindre Toulouse sans passer par l'A62 ou Caussade depuis le centre-ville. La RD 927 se dirige vers Moissac, la RD 928 vers Aubiet puis Auch, la RD 958 vers Castelsarrasin la RD 959 vers Molières ou encore la RD 999 vers Gaillac, puis Albi. Lignes de chemin de fer et gare[modifier le code] Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2021). Pour l'améliorer, ajoutez des références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source. Article détaillé : Gare de Montauban-Ville-Bourbon. C'est une gare desservie par des TGV, des Intercités, des Intercités de nuit et des TER. Elle permet de relier directement la ville, au sud à Toulouse et au nord à Paris, à Bordeaux à l'ouest et à Marseille à l'est, ce qui en fait un croisement ferroviaire majeur. La gare de Montauban est la seconde gare de Midi-Pyrénées par son chiffre d'affaires. Elle génère un peu plus de six millions d'euros de chiffre d'affaires par an, soit 90 000 euros par semaine. La gare de Montauban a accueilli environ un million de voyageurs en 2008. Entre 1913 et 1933, la ville était desservie par les lignes de la Compagnie des tramways de Tarn-et-Garonne. Transports en commun[modifier le code] Article détaillé : TM Transports Montalbanais. La ville de Montauban est desservie par le réseau urbain des Transports du Grand Montauban, qui a remplacé en juillet 2024 le réseau des «Transports Montalbanais». Ce réseau est constitué par neuf lignes urbaines[39], vingt lignes péri-urbaines[40] vers les communes du Grand Montauban, sept navettes spéciales et cinq lignes de transport à la demande[41]. Il existe aussi un réseau appelé « Rezo Pouce », premier réseau d’auto-stop organisé créé en France, concernant 183 communes du Nord-Toulousain[42]. Le canal de Montech[modifier le code] Le canal de Montech est une voie navigable qui relie le Tarn au canal latéral à la Garonne. Depuis mai 2008, une nouvelle capitainerie du « Port Canal » accueille une vingtaine de bateaux[pas clair]. Port Canal, le port de Montauban. La capitainerie. Canal de Montech - port de Montauban. Vue sur le port et la capitainerie de Port Canal. Risques majeurs[modifier le code] Le territoire de la commune de Montauban est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à deux risques technologiques, le transport de matières dangereuses et la rupture d'un barrage[43]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[44]. Risques naturels[modifier le code] La commune fait partie du territoire à risques importants d'inondation (TRI) de Montauban-Moissac, regroupant 15 communes concernées par un risque de débordement du Tarn, un des 18 TRI qui ont été arrêtés fin 2012 sur le bassin Adour-Garonne[45]. La crue historique de mars 1930 a provoqué des dégâts considérables. Le sinistre a fait 210 morts et près de 10 000 sinistrés. 120 morts ont été recensés pour la seule ville de Moissac après la rupture des digues et 2 769 maisons ont été détruites en Tarn-et-Garonne. Des cartes des surfaces inondables ont été établies pour trois scénarios : fréquent (crue de temps de retour de 10 ans à 30 ans), moyen (temps de retour de 100 ans à 300 ans) et extrême (temps de retour de l'ordre de 1 000 ans, qui met en défaut tout système de protection)[46]. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1988, 1994, 1996, 1999, 2003, 2013 et 2021[47],[43]. Montauban est exposée au risque de feu de forêt. Le département de Tarn-et-Garonne présentant toutefois globalement un niveau d’aléa moyen à faible très localisé, aucun Plan départemental de protection des forêts contre les risques d’incendie de forêt (PFCIF) n'a été élaboré. Le débroussaillement aux abords des maisons constitue l’une des meilleures protections pour les particuliers contre le feu[Note 9],[48]. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur le territoire de la commune sont des tassements différentiels[49]. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 99,9 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (92 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les 17 423 bâtiments dénombrés sur le territoire de la commune en 2019, 17 419 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 96 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM[50],[Carte 3]. Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur le territoire de la commune[51]. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1992, 1998, 2002, 2006, 2011, 2012 et 2018 et par des mouvements de terrain en 1999[43]. Risques technologiques[modifier le code] Le risque de transport de matières dangereuses dans la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence[52]. La commune est en outre située en aval du barrage de Pareloup, un ouvrage de classe A[Note 10] dans l'Aveyron sur les rivières Aveyron et Viaur, disposant d'une retenue de 169 millions de mètres cubes[54]. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à la rupture de cet ouvrage[55]. Philologie et toponymie[modifier le code] Documents médiévaux[modifier le code] La charte de fondation de 1144 n'existe plus. Le contenu en est connu grâce à une version en latin de 1236 (alors que la version de 1144 aurait été rédigée en langue d'oc[56]), conservée au Archives départementales du Tarn-et-Garonne, dans un recueil de manuscrits intitulé Livre rouge des consuls de Montauban[57]. Le nom de Montauban[modifier le code] Du latin (Mons Albanus) à l'occitan et au français[modifier le code] Selon Ernest Nègre, le nom de Montauban est attesté sous la forme Monte Albano en 1144[58], et villae Montis Albani en 1231. Montis Albani représente ici le cas génitif de Mons Albanus, forme latine fondamentale (cas nominatif). En occitan (languedocien), le nom de la commune est orthographié Montalban, ce qui donne une prononciation /moun-tal-BA/. Mais dans le parler local, ce nom est prononcé avec une assimilation du L en U (/moun-taw-BA/). En français, une évolution analogue fait passer -AL- avant consonne à -AU-, le groupe -AU- finissant par être prononcé -O- (/mon-to-BAN/). Signification de Mons Albanus[modifier le code] L'expression latine Mons Albanus signifie fondamentalement « Mont blanc »[59]. On met en général en parallèle mons albanus avec mons aureolus qui est le nom latin de l'abbaye de Montauriol, c'est-à-dire « mont doré ». En 1144, celle-ci existait depuis deux siècles environ. Une explication hypothétique affirme que cela résulte du fait que la ville de Mons Albanus était située sur un rebord de coteau où l'on trouvait de nombreux saules, dont le dos des feuilles est blanc[réf. nécessaire], donnant de loin une impression de blancheur. Les historiens locaux Paul Burgan et André Lafon pensent qu'il y a une intention ironique dans le choix de ce nom ; ils parlent de « la malice d'une telle appellation » due à la fondation de cette ville neuve et du château comtal en l'opposant « ironiquement » au mont doré de l'abbaye qui rejetait catégoriquement la création d'une ville neuve[60]. Toponymes de la commune[modifier le code] Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? On trouve actuellement des toponymes français (Bagatelle, Beausoleil, Cap de l'Homme, La Gravette, Bas Pays, etc.), des toponymes occitans (Pech Boyer, Cabreyrat, Lemboulas, Poutou, Capou, etc.). Histoire[modifier le code] Le site de fondation de la ville est délimité sur trois côtés par des cours d'eau : le Tarn à l'ouest, le Tescou au sud-ouest (jusqu'au confluent avec le Tarn) et le ruisseau de la Garrigue (ou Mandoune) au nord-est (jusqu'au confluent avec cette même rivière). Le site de Montauban durant la Préhistoire et l'Antiquité[modifier le code] Préhistoire et protohistoire gauloise[modifier le code] L'occupation du site aux époques de la Préhistoire et de l'Antiquité préromaine n'a pas laissé beaucoup de traces archéologiques. Période de la Gaule romaine[modifier le code] Après la conquête par Rome de la Gaule narbonnaise, achevée en -120, le site de Montauban fait sans doute partie de la cité indépendante des Cadurques (chef-lieu : Cahors), mais il est proche de la limite avec la cité des Volques Tectosages (chef-lieu : Toulouse), qui fait partie de la Narbonnaise (chef-lieu : Narbonne). Comme tout le reste de la Gaule, les Cadurques sont conquis par Jules César entre -58 et -51. La période romaine ne laisse pas non plus de traces importantes à Montauban. C'est à une dizaine de kilomètres au nord que se trouvent les vestiges du vicus cadurque de Cossa, mentionnée sur la carte de Peutinger, à 77 km de Toulouse et 44 kilomètres de Cahors. Mais elle cesse d'exister comme centre urbain à une époque inconnue de la fin de l'Antiquité ou du haut Moyen Âge (il existe aujourd'hui un village appelé Cos, dans la commune de Lamothe-Capdeville, ainsi qu'une commune L'Honor-de-Cos) et son existence est totalement ignorée au Moyen Âge et même plus tard. La grande voie romaine allant de Narbonne et Toulouse à Bordeaux, la via Aquitania, reprise ensuite par la RN 113 (aujourd'hui RD 813 en Tarn-et-Garonne), passait sur la rive droite de la Garonne par les sites de Montech et de Castelsarrasin, franchissant le Tarn à Moissac, passant donc à quelques kilomètres au sud-ouest du site de Montauban. Haut Moyen Âge : l'abbaye de Montauriol (première moitié du IXe siècle)[modifier le code] La première implantation importante date de l'époque carolingienne, lorsqu'une une abbaye bénédictine est établie sur une hauteur surplombant le Tescou, à environ un kilomètre au sud-est de l'actuelle place Nationale. Fondée vers 820-830, sous le règne de Louis le Pieux, elle est d'abord nommée Saint-Martin, puis à partir de la fin du Xe siècle Saint-Théodard (Sanctus Audardus)[61], mais elle est aussi couramment appelée abbaye de Montauriol. Dès cette époque, un premier noyau de peuplement se forme autour de l'abbaye : le village de Montauriol (Mons Aureolus)[62], qui a été absorbé par la ville de Montauban, mais dont le nom reste présent dans la toponymie (boulevard de Montauriol et château de Montauriol). Fondation de Montauban (1144)[modifier le code] Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2021). Pour l'améliorer, ajoutez des références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source. En octobre 1144, le comte de Toulouse Alphonse Jourdain, de la dynastie des Raimondins, fonde près de l'abbaye de Montauriol[63] une ville nouvelle souvent considérée[réf. nécessaire] comme une des premières bastides du Sud-Ouest de la France[64]. Le comte lui donne un nom qui est en latin Mons Albanus (« mont Blanc » ou « mont des Saules »), nom qui fait écho au nom de l'abbaye (Mons Aureolus, « mont Doré »). Le plan de la ville est de type hippodamien (ou orthogonal) avec les rues qui se croisent à angle droit et rejoignent le centre constitué par une place centrale rectangulaire, aujourd'hui représentée par l'actuelle place Nationale et la place annexe où se trouve l'église. Ce plan caractérise toutes les bastides construites par la suite. La ville est dotée d'une charte de fondation qui définit les devoirs et les droits du comte et des habitants de la ville, dont, dans le système féodal en vigueur à cette époque, le comte de Toulouse est le seigneur héréditaire. Moyen Âge[modifier le code] Prospérité du XIIe siècle au XIVe siècle[modifier le code] La ville nouvelle est une réussite : sa population croît de façon spectaculaire[réf. nécessaire], connaissant un essor commercial dès le XIIe siècle[réf. nécessaire]. Située dans l'aire du catharisme, Montauban reste fidèle au comte de Toulouse à l'époque de la croisade des albigeois (1209-1229), remportée par le roi de France Louis IX sur le comte de Toulouse Raymond VII : le traité de Meaux-Paris met fin à la puissance de la maison de Toulouse et prépare l'intégration du comté dans le domaine royal, réalisée à la suite du mariage (1241) resté sans descendance de la dernière héritière, Jeanne de Toulouse, avec le frère de Louis IX, Alphonse de Poitiers. La seconde moitié du XIIIe siècle et le début du XIVe siècle sont aussi une période de prospérité. C'est alors que sont réalisés de grands chantiers de construction : l'église Saint-Jacques est achevée en 1280 et le pont Vieux est bâti de 1304 à 1335, équipé de deux tours de défense à ses extrémités et d'une chapelle en son centre. En 1317, le pape Jean XXII (Jacques Duèze, ancien évêque de Cahors dont il est originaire), crée le diocèse de Montauban, émancipant définitivement la ville de l'espace d'influence de l'abbaye de Moissac[réf. nécessaire]. Période de la guerre de Cent Ans (1337-1453)[modifier le code] Mais la suite du XIVe siècle est marquée par des difficultés d'ailleurs générales dans le royaume de France : c'est le début de la guerre de Cent Ans (1337-1453), qui oppose les rois de France de la maison de Valois aux rois d'Angleterre qui sont aussi ducs d'Aquitaine et tiennent donc plusieurs villes du Sud-Ouest, notamment Bordeaux et Bayonne. À quoi s'ajoutent la catastrophique épidémie de peste noire de 1348 et, moins durement ressenti, le début du petit Âge glaciaire. La ville est occupée quelques années par les troupes anglaises du « Prince Noir », Édouard de Woodstock, prince de Galles et lieutenant d'Édouard III dans le duché d'Aquitaine, qui remporte en 1356 la bataille de Poitiers, faisant prisonnier le roi Jean le Bon. Il fait construire un château[réf. nécessaire] sur les rives du Tarn. L'occupation anglaise prend fin en 1368.[réf. nécessaire] De cette période, Montauban conserve le souvenir à travers la salle du Prince Noir aux immenses voûtes à croisée d'ogives dans l'actuel musée Ingres-Bourdelle. En 1453, les troupes de Charles VII prennent définitivement Bordeaux, chassant les derniers représentants du roi d'Angleterre en Aquitaine. Le duché d'Aquitaine, couramment appelé duché de Guyenne, est dévolu par Louis XI à son frère Charles de France (1446-1472). À la mort de Charles, le duché revient au roi, qui en mai 1472 confirme les privilèges de la ville par lettres patentes[65]. Montauban et la Réforme[modifier le code] Débuts du protestantisme à Montauban[modifier le code] Dans les années 1530 et suivantes, la population de Montauban se convertit au protestantisme, et devient une des capitales du protestantisme français avec La Rochelle puis devient entièrement huguenote au début des guerres de religion[66]. En 1559, la messe pour la mort d’Henri II n’est dite qu’au bout de huit mois. D'après Théodore de Bèze, c'est en 1560 que les réunions de protestants pour y faire des prières et chanter des psaumes ont commencé dans une maison[67]. En janvier 1561, le culte protestant est public ; au mois d’août, les moines catholiques sont dans l’impossibilité de prêcher. L’évêque est chassé, et tous les consuls de la ville sont protestants[68]. Période des guerres de religion (1562-1598)[modifier le code] En 1562, lors de la première guerre de religion, Montauban résiste à trois tentatives de siège de Blaise de Monluc. Les églises ne sont rendues aux catholiques, en 1563, que sous la menace. Aussi, quand Charles IX fait son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume – son frère le duc d’Anjou, futur Henri III, qui y fait de fréquents séjours et les cardinaux de Bourbon et de Lorraine –, il est exigé que les Montalbanais rasent leurs fortifications pour accueillir le roi. Après négociations, ce démantèlement est accepté et le roi fait son entrée le 20 mars 1565. Il est accueilli dans la liesse. Si l’évêque Jacques II des Prés-Montpezat peut revenir, il ne reste pas[69]. En 1570, la paix de Saint-Germain, signée entre le roi Charles IX et l’amiral Gaspard de Coligny, octroie aux protestants quatre places fortes : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité-sur-Loire. Une nouvelle enceinte est construite. En 1595, il y a deux temples et trois pasteurs à Montauban. Un premier temple est construit en 1565 qui a été démoli en 1615 pour construire le Grand temple de Montauban ou Temple neuf à l'emplacement de la chapelle de Lautier de l'hôpital Saint-Jacques suivant les plans de Pierre Belleville, architecte de Toulouse. Sa construction a été terminée avant le 24 mai 1617. L'ameublement du temple n'a été fait qu'en avril 1618[70]. Un second temple existait à Montauban, appelé Temple de l'École jusqu'en 1598, construit en 1609. C'est dans le Grand temple que le duc de Rohan prend la parole, le 11 juillet 1621, pour faire promettre aux calvinistes montalbanais de se défendre. Le Temple neuf est démoli en 1665 par l'intendant Claude Pellot commis pour cela par un arrêt du Conseil[71]. En 1598, Henri IV, ayant accordé par l'édit de Nantes des droits religieux aux protestants de France, garantit à ces derniers des « places de sûreté » au nombre de 51, plus des lieux de refuge. De l'édit de Nantes (1598) à la première rébellion huguenote (1620)[modifier le code] Montauban devient l'une des principales places de sûreté protestantes du royaume, aux côtés de Nîmes et La Rochelle. Elle acquiert ainsi le droit de se protéger en bâtissant et en entretenant des fortifications. En 1598, une université protestante, l'Académie de Montauban, y est installée. Daniel Chamier, pasteur drômois et rédacteur des articles secrets de l'édit de Nantes, y enseigne. Elle est transférée à Puylaurens en 1660 et fermée en 1685, lors de la révocation de l'édit de Nantes. La ville reconstruit à partir de 1614 les « couverts » qui portent aujourd'hui le nom de place Nationale. Mais la situation politico-religieuse se détériore après la mort de Henri IV (1610) : les avantages politiques concédés par l'édit de Nantes ne sont pas appréciés par ceux qui gouvernent alors le royaume, durant la minorité de Louis XIII, puis au début de son règne. C'est un édit concernant le culte catholique au Béarn (terre d'origine de Henri IV et bastion calviniste depuis le règne de sa mère, Jeanne d'Albret) qui déclenche une nouvelle période d'hostilités. Période des rébellions (1620-1629)[modifier le code] En 1620, une partie des chefs protestants, notamment le duc Henri II de Rohan, s'engagent dans un processus de rébellion, auquel Montauban donne son adhésion. En 1621, les armées royales prennent le contrôle de plusieurs villes de Saintonge (mais pas de La Rochelle, capitale protestante du royaume), puis remontent le cours de la Garonne et viennent mettre le siège devant Montauban. Les troupes royales sont commandées par le duc Charles de Luynes, connétable de France, qui dispose d'une forte supériorité en matière d'artillerie. La ville résiste pendant 96 jours sous la conduite du consul Jacques Dupuy. Selon la tradition, elle aurait subi le feu de 400 pièces d'artillerie dont le clocher de l'église Saint-Jacques garde encore quelques traces. Mais certains historiens considèrent cet épisode, connu comme « les Quatre Cents Coups de Montauban », comme étant en partie légendaire[72]. Charles de Luynes finit par lever le siège. Mais dans l'ensemble, les pertes des protestants sont considérables : au terme de cette première rébellion, ils ne conservent plus que deux des places de sûreté accordées par l'édit de Nantes : La Rochelle et Montauban. En 1629, au terme de la troisième rébellion huguenote, marquée par le terrible siège dirigé en 1627-1628 par le cardinal de Richelieu lui-même, La Rochelle est prise. Dernière place de sûreté calviniste, Montauban engage des pourparlers avec Richelieu et fait sa soumission (20 août 1629). Richelieu et Louis XIII entrent dans la ville, accueillis par les habitants aux cris de « Vive le roi, vive le cardinal ». Le culte catholique est rétabli à l'église Saint-Jacques et les remparts sont détruits sur l'ordre du roi. Un peu plus tard, la paix d'Alès remplace l'édit de Nantes : le culte protestant reste toléré, avec des conditions précises d'exercice, mais les protestants perdent toute autonomie militaire. Montauban du XVIIe siècle à la fin de l'Ancien Régime[modifier le code] La généralité de Montauban (1635-1790)[modifier le code] La ville devient alors une capitale régionale, chef-lieu d'intendance en 1633, chef-lieu de la généralité du Bas-Quercy en 1636, dote d'un tribunal des Finances, la cour des Aides en 1661. En 1635, Richelieu attribue à la généralité de Montauban onze élections[73] et six pays d'états situés entre le nord du Rouergue et la frontière du royaume d'Espagne (Quatre-Vallées). Les onze élections sont : Figeac, Cahors, Villefranche, Montauban, Rodez, Millau, Rivière-Verdun, Lomagne, Armagnac, Astarac, Comminges. Les pays d'états se trouvent dans la chaîne des Pyrénées : ressorts de Foix, Donnezan, Nébouzan et Quatre-Vallées[74]. En 1716, la généralité de Montauban est réduite au Quercy et au Rouergue, du fait de la création de la généralité d'Auch qui reçoit les cinq élections situées au sud de la Garonne : Rivière-Verdun, Lomagne, Armagnac, Astarac, Comminges et les pays d'états pyrénéens[75]. Les protestants de Montauban et la révocation de l'édit de Nantes (1685)[modifier le code] Sous le règne de Louis XIV, la situation des protestants devient de plus en plus difficile. Ils subissent des persécutions diverses, visant à les convaincre de se convertir. En 1685, l'édit de Nantes est révoqué par l'édit de Fontainebleau. Le culte public est strictement interdit, les pasteurs sont condamnés à l'exil. La pression sur les protestants devient très forte, notamment avec les dragonnades (logement de régiments de dragons chez l'habitant). Nombre de protestants décident de quitter le royaume. C'est aussi le cas de protestants de Montauban, tel un grand-père du Britannique Paul Pechell (en), parti en Irlande, à l'époque dans la dépendance du royaume d'Angleterre, pays protestant. Paul Pechell nait à Owenstown[réf. nécessaire], dans le comté de Kildare, entre en 1744 comme officier dans l'armée britannique, dans le premier régiment de Dragons, servant aux Pays-Bas espagnols au cours de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748). En 1752, il épouse Mary Brooke de Paglesham (Essex). Vers 1780, Thomas Gainsborough fait son portrait, aujourd'hui conservé au Metropolitan Museum de New York[76]. Prospérité de la ville[modifier le code] Malgré les persécutions antiprotestantes, Montauban atteint son apogée économique au XVIIIe siècle avec ses minoteries, ses tissages de la soie et de la laine, son dynamisme industriel est remarquable. En 1700, elle compte environ 30 000 habitants (Toulouse en compte environ 48 000)[77], 15 000 ouvriers textiles et 2 000 ouvriers de minoteries en 1750. Afin de réimplanter durablement le catholicisme, sont édifiés un nouveau palais épiscopal sur les ruines du château du Prince noir, une cathédrale de style classique en pierres de taille, un collège jésuite (l'Ancien Collège), et l'église Saint-Étienne de Sapiac[78]. Montauban connaît un âge d'or et prend le visage qu'on lui connaît encore aujourd'hui : les nombreux hôtels particuliers de style classique en brique toulousaine, la place Nationale (rebâtie dans le style actuel après un incendie en 1614), le creusement du canal du Midi (puis le canal de Montech), le cours Foucault[79]. Les consuls autorisent l'implantation d'un théâtre sur l'emplacement actuel du théâtre Olympe-de-Gouges. Les tours fortifiées du Pont Vieux sont détruites et un arc de triomphe à la gloire du roi est édifié à l'extrémité du pont. De nouveaux quartiers prennent forme autour du centre ancien : Villebourbon (à dominante industrielle et artisanale), Villenouvelle. La Cour de la Bourse des marchands est créée en août 1712 pour juger des différends commerciaux. Cette cour a continué jusqu'en 1790. La loi du 19 décembre 1790 a transformé les « juges consulaires » en « juges de commerce ». L'édit de mars 1710 donné à Versailles prévoit la création de 20 nouvelles juridictions consulaires. Le 11 mars 1710, un arrêt de Conseil du roi a nommé Jean-Jacques Clément, bourgeois de Paris, pour mettre en place ces juridictions. L'intendant de la généralité de Montauban, Gaspard-François Legendre de Lormoy, convoque 29 personnes le 3 septembre 1710 pour choisir les juges de cette cour. Pour une raison inconnue, il faut attendre août 1712 pour que cette cour soit mise en place. Cette Cour est séparée de la Cour de la Bourse des Marchands de Toulouse ce qui a entraîné une protestation des membres de cette cour dans une lettre du 12 août 1712[80]. Période de la Révolution française (1789-1799)[modifier le code] Montauban chef-lieu de district du département du Lot[modifier le code] Au début de la Révolution française, lorsque l'Assemblée nationale constituante crée les départements (1789-1790), malgré les efforts des notables locaux pour que la ville soit chef-lieu d'un département[81], Montauban devient seulement chef-lieu d'un district que l'Assemblée attribue (15 janvier 1790) au département du Lot (chef-lieu : Cahors), après avoir envisagé une attribution à celui de la Haute-Garonne (chef-lieu : Toulouse). Le district de Montauban est divisé entre les cantons de Montauban, Mirabel, Lafrançaise, Montpezat, Puylaroque, Caylus, Bruniquel, Nègrepelisse et Caussade[82]. En 1795 (constitution de l'an III), les districts sont supprimés. Lorsque, en 1800, le Premier Consul Bonaparte institue les préfets (départements) et les sous-préfets (arrondissement), Montauban devient chef-lieu d'arrondissement. Débuts de la municipalité de Montauban (1790)[modifier le code] Comme toutes les villes ou paroisses du royaume, Montauban devient en 1790 une commune, dotée d'un conseil municipal et d'un maire. Le palais épiscopal est nationalisé comme bien de l'Église à la fin de 1789 et vendu ensuite aux enchères. La municipalité l'acquiert pour en faire son hôtel de ville. Deux Montalbanais célèbres à l'époque de la Terreur : Olympe de Gouges et Jeanbon Saint-André[modifier le code] En septembre 1792 le régime de la monarchie constitutionnelle établi en 1789 est remplacé par la Première République, dirigée par une nouvelle assemblée, la Convention nationale. Les luttes politiques entre Girondins et Montagnards ainsi que les guerres étrangère (première coalition) et civile (guerre de Vendée) aboutissent durant l'été 1793 à l'arrivée au pouvoir des Montagnards et à l'instauration du régime de la Terreur, qui prend fin le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II) avec la chute de Robespierre. Deux Montalbanais sont impliqués dans ces événements politiques, mais pas dans le même camp : Olympe de Gouges (1748-1793), femme de lettres dès l'Ancien Régime, revendique (en vain) des droits égaux pour les citoyennes ; durant la Terreur, ses attaques contre Robespierre la mènent à l'échafaud (3 novembre 1793) ; Jeanbon Saint André (1749-1813), ancien pasteur calviniste, député à la Convention, membre du Comité de Salut Public ; il fait notamment adopter le drapeau tricolore sous sa forme actuelle. Au moment de la chute de Robespierre, il se trouve en province où il a été missionné par le Comité, ce qui lui permet de survivre à cet événement crucial[réf. nécessaire][83]. À l'époque napoléonienne, il mène une carrière préfectorale jusqu'à sa mort à Mayence, chef-lieu du département rhénan de Mont-Tonnerre. Période napoléonienne (1800-1815)[modifier le code] En 1805, le maire, le baron Joseph Vialètes de Montarieu, est portraituré par le peintre montalbanais Jean-Auguste-Dominique Ingres. En 1808 (sénatus-consulte du 21 novembre) est décidée la création d'un nouveau département, le Tarn-et-Garonne, dont Montauban devient le chef-lieu. Cette circonscription a une superficie de seulement 3 545 km² avec environ 239 000 habitants. Le premier préfet est Félix Le Peletier d'Aunay[84]. La même année, la faculté de théologie protestante de Montauban, rattachée à l'université de Toulouse, ouvre ses portes pour former les pasteurs de la religion réformée, légalisée en 1789 et bénéficiaire du concordat de 1801. Les professeurs les plus connus sont Jules Pédezert, Charles Bois, Émile Doumergue et Jean Monod. Article détaillé : Faculté de théologie protestante de Montauban. En 1809, Montauban fait partie des « bonnes villes du Premier Empire », qui remplacent, sur leur blason les fleurs de lys par trois abeilles, symbole adopté par Napoléon. De la chute de Napoléon à la Première guerre mondiale (1815-1914)[modifier le code] Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Évolution économique[modifier le code] La ville stagne économiquement et connaît ensuite un déclin industriel dû à la concurrence du Royaume-Uni, de la Belgique et des départements du Nord et du Pas-de-Calais dans la production textile. Montauban profite cependant de la croissance économique du Second Empire (1851-1870), puis de la Belle Époque (1900-1914). Villebourbon confirme son statut de quartier industriel, avec l'édification de deux moulins (Sapiacou et glacière de Palisse) et des biscuiteries Poult, bâtiment de style néo-mauresque[85]. En 1856, le premier train d
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:34 PM
|
Walter Benjamin ( en allemand : ˌ ? Écouter [Fiche] ) (nom complet : Walter Bendix Schönflies Benjamin) est un v a l t ɐ ˈ b ɛ n j a m i ː n ] philosophe, historien de l'art, critique littéraire, critique d'art et traducteur allemand né le à Berlin ( royaume de Prusse) et mort le à Portbou en Catalogne, dans l' Espagne franquiste.
Walter Benjamin (en allemand : [ˌvaltɐ ˈbɛnjamiːn][1] ? Écouter [Fiche]) (nom complet : Walter Bendix Schönflies Benjamin) est un philosophe, historien de l'art, critique littéraire, critique d'art et traducteur allemand né le 15 juillet 1892 à Berlin (royaume de Prusse) et mort le 26 septembre 1940 à Portbou en Catalogne, dans l'Espagne franquiste. Il est rattaché à l'école de Francfort. Il a notamment traduit Balzac, Baudelaire et Proust, et est l'auteur d'une œuvre hétéroclite aux confluents de la littérature, de la philosophie et des sciences sociales. Son suicide a laissé son œuvre dans l'inachèvement avec seulement deux livres publiés de son vivant, des articles et de nombreuses notes en vue de la publication d'une vaste enquête sur le Paris du XIXe siècle. Sa pensée a été redécouverte, étudiée et commentée à partir des années 1950, avec la publication de nombreux textes inédits et de sa correspondance. Longtemps ignoré en dehors de cercles littéraires, il a peu à peu acquis une notoriété le plaçant parmi les théoriciens majeurs du XXe siècle. Biographie[modifier le code] Enfance et jeunesse[modifier le code] Walter Bendix Schönflies Benjamin naît à Berlin-Charlottenburg de parents allemands de confession juive et assimilés, Emil Benjamin (1856-1926) et Pauline (née Schoenflies). Son père était d'abord banquier à Paris, puis antiquaire et marchand d'art à Berlin : son fils héritera de son goût pour la collection. Aîné de la fratrie, Walter a également un frère, Georg (1895–1942) et une sœur, Dora (1901–1946). Par ailleurs, Benjamin est le neveu du psychologue William Stern, ainsi que le cousin de la poétesse Gertrud Kolmar (par sa mère) et du philosophe et activiste Günther Anders, époux d'Hannah Arendt. Il passe son enfance à Berlin — il la relatera dans les années 1930, durant son exil (Enfance berlinoise vers 1900, posthume). Pour des raisons de santé, il effectue de 1904 à 1907 un séjour à la campagne. De 1905 à 1907, il fréquente la Hermann-Lietz-Schule à Haubinda, en Thuringe, où il subit l'influence de Gustav Wyneken (1875-1964), inspirateur du mouvement républicain Freie Studentenschaft (Union des étudiants libres). Celui-ci l'incite à s'engager dans les Jugendbewegung (« mouvement de jeunesse » allemand), ce qui lui permet de rompre avec ses origines bourgeoises. Premiers écrits et engagement[modifier le code] En 1910, il produit des articles pour Der Anfang (Le commencement), principale publication du Jugendbewegung, sous le pseudonyme d'« Ardor ». Après le baccalauréat, en 1912, Walter Benjamin commence des études de philosophie, de philologie allemande ainsi que d'histoire de l'art à l'université de Fribourg-en-Brisgau, puis voyage en Italie, point de destination traditionnel des bacheliers allemands. En 1914, il devient président des Freien Studentenschaften puis, en raison de désaccords, se retire des activités du groupe, y compris de la revue Der Anfang. Le suicide d'un couple d'amis le marque profondément. Il se fiance et commence la traduction des Tableaux parisiens de Charles Baudelaire, qu'il va mettre près de dix ans à terminer. En 1915, alors que l'Allemagne est en guerre, Gustav Wyneken publie un texte encourageant la jeunesse allemande à servir sa patrie. Walter Benjamin lui écrit pour lui signifier son désaccord et rompt définitivement avec lui. Il rencontre Werner Kraft (de). Il s'inscrit ensuite à l'université de Munich, où il rencontre Rainer Maria Rilke et Gershom Scholem, sans doute son premier véritable ami. En 1916, il rompt ses fiançailles pour vivre avec Dora Kellner, épouse de Max Pollack qu'elle quitte. En 1917, Benjamin reçoit un ordre de mobilisation, mais parvient à se procurer un certificat médical relatif à sa sciatique chronique, ce qui ajourne son incorporation. Il épouse Dora Kellner, et passe quelque temps avec elle en sanatorium à Dachau[2]. Afin de terminer au mieux ses études, il part en Suisse et s'inscrit à l'université de Berne en septembre 1917. Il commence une thèse sur la critique d'art à l'époque romantique. En 1918, son fils Stephan Rafael nait le 11 avril (mort le 6 février 1972) à son propos Benjamin tiendra un carnet intime jusqu'en mars 1932. Il achève la rédaction de sa thèse, soutenue à l'université de Berne. Il poursuit alors ses traductions de Baudelaire en allemand. Durant cette période suisse, il retrouve Gershom Scholem, également étudiant à Berne : ils sont très proches. Scholem tente d'intéresser Benjamin à la mystique juive, au sionisme progressiste, mais celui-ci n'est passionné que par les romantiques et les poètes allemands. Durant les deux dernières années de la guerre, le gouvernement harcèle les étudiants juifs allemands non-incorporés et déclenche contre eux une campagne antisémite. Benjamin reste alors en Suisse, explore le pays durant l'année 1918 et termine sa thèse, tout en se liant d'amitié avec des dadaïstes comme Hans Richter et Francis Picabia[3]. Vers une nouvelle sociologie de l'histoire[modifier le code] En 1919, Benjamin rencontre Ernst Bloch à Berne, également proche des dadaïstes, qui avait fui l'Allemagne contaminée selon lui par un esprit prussien qu'il dénonçait. L'année suivante, Benjamin publie à Berne son premier essai tiré de sa thèse, Begriff der Kunstkritik in der deutschen Romantik : il reste profondément attaché à l'esprit romantique d'un Hölderlin, aux utopies venues des Lumières, et ce, sous l'influence de Bloch ; mais Scholem note que son ami donne dans le « pathos de l'espoir »[3]. En 1920, incapable de subvenir aux besoins de sa femme et de son fils, il emménage avec eux chez ses propres parents à Berlin. En 1921, il se sépare de son épouse, et vit entre Heidelberg et Berlin. Cette année-là, il achète à Munich le tableau de Paul Klee, Angelus novus qui restera la plupart du temps chez lui, à Berlin, jusqu'à son exil, mais de temps en temps, Benjamin part en voyage et c'est Scholem qui garde le tableau[3]. Il rencontre Klee mais aussi Kandinsky, professeurs au Bauhaus à Weimar, et éprouve un grand enthousiasme pour la nouvelle architecture et le courant de la nouvelle objectivité. En 1922, il cherche à obtenir une habilitation d'enseignant à l'université de Heidelberg, mais son diplôme suisse n'y est pas reconnu. Il n'est pas plus heureux dans sa tentative similaire de 1923. De plus, au même moment, son ami Scholem part à Jérusalem y enseigner la mystique juive. Benjamin rencontre alors le jeune Theodor Adorno. Il abandonne l'apprentissage de l'hébreu, au désespoir de Scholem[3]. Il publie ensuite son deuxième essai, qui porte sur Charles Baudelaire et ses Tableaux parisiens : ce travail l'a conduit à Paris, une ville qui le passionne. Cet essai paraît grâce à l'Institut de recherche sociale, nouvellement fondé à Francfort, par Felix Weil (en) et Carl Grünberg : ce lieu est l'antichambre de la future école de Francfort, avec laquelle Benjamin va collaborer jusqu'à sa mort. Durant son premier séjour à Paris, il croise certains surréalistes : s'il connaissait déjà Picabia et Tristan Tzara, il découvre les ouvrages de Louis Aragon ; sa passion pour Paris s'en trouve renforcée. Puis, il se lie avec la photographe Germaine Krull qui lui donne ses clichés sur les passages parisiens. Benjamin commence à écrire sur ces passages, sur Paris et la mode ; s'inscrivant dans la continuité de son étude sur Baudelaire, il se demande comment et pourquoi Paris est devenue la ville de la modernité[3]. Cependant, le père de Benjamin a de gros problèmes financiers durant cette période d'hyperinflation, compromettant l'aide qu'il lui fournit. Walter produit des critiques d'art, mais ce sont surtout les travaux de traduction d'écrivains français qui lui permettent de vivre. Benjamin n'est pas seulement un traducteur chevronné du français (il traduit entre autres Balzac, Saint-John Perse, Paul Valéry...), il est aussi théoricien en cette matière, et, depuis 1916, travaille sur la notion de traduction. L'un de ces textes est devenu célèbre : « Die Aufgabe des Übersetzers » (La tâche du traducteur) qui servit de préface à son essai sur Baudelaire (1923). Il suit de près la politique allemande, notant à cet égard que « l’orientation de l’Action française lui semble finalement la seule qui permette, sans s’abêtir, de scruter les détails de la politique allemande[4] ». Il reste par ailleurs très lucide sur l'évolution de la république de Weimar : il ne croit pas au réarmement pacifique de son pays, de même, il observe une remontée de l'antisémitisme (après l'assassinat de Walther Rathenau en juin 1922). En 1924, il effectue en même temps qu'Ernst Bloch un séjour à Capri. Il y fait la connaissance et tombe amoureux d'Asja Lācis (1891-1979), communiste lettone, "une révolutionnaire russe de Riga, l'une des femmes les plus remarquables dont j'aie fait la connaissance", elle l'initie au marxisme ; ils sont ensemble à Berlin en 1924, à Riga en 1925[5]. Peu après, il rencontre le théoricien marxiste hongrois Georg Lukács. En 1925, il renonce à son habilitation d'enseignant à l'université de Heidelberg. En 1926, il séjourne en France, à Paris et dans le Var, ainsi qu'à Monaco. Il traduit Marcel Proust avec l'aide de Franz Hessel en s'attaquant aux premiers tomes d'À la recherche du temps perdu[6]. À la mort de son père en 1926, il fait un passage à Berlin, revient en France, puis part faire un séjour à Moscou du 6 décembre 1926 à fin janvier 1927 pour retrouver Asja et écrire des articles sur la situation en Russie, dont "Moscou" destiné à la revue Die Kreatur de Martin Buber. Durant ce voyage, il collectionne des livres, des objets du quotidien, des réclames, des jouets en bois. Il visite les musées, va au théâtre, rencontre les intellectuels communistes. Mais Asja est malade et liée au metteur en scène allemand Bernhard Reich, ancien directeur du Deutsches Theater de Berlin, leur liaison houleuse prend fin[7]. Quand il rentre en Allemagne, il ne parvient pas à créer une revue, faute de temps ou d'argent : elle devait s'appeler Angelus novus en hommage au tableau de Klee. En 1927, lors d'un nouveau séjour à Paris, il termine la traduction d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs. En 1928, Scholem lui propose de venir le rejoindre à Jérusalem, ce qu'il fera à plusieurs reprises, demandant même un visa. Mais il est tout entier absorbé dans la sortie de son nouvel ouvrage, Einbahnstraße (Sens unique ou Rue à sens unique) et dans les débuts d'un récit autobiographique intitulé provisoirement « Enfance berlinoise vers 1900 » qu'il va poursuivre durant dix ans. C'est également l'année où il devient ami avec Gretel Karplus, qui épouse ensuite Adorno et avec laquelle il correspondra. Homme de radio[modifier le code] De 1929, « jusqu’à l’infiltration des stations d’émission par les nazis, soit, à Berlin, jusqu’au printemps 1932, à Francfort jusqu’en janvier 1933, il produit quatre-vingt-cinq émissions en tout, parmi lesquelles des pièces radiophoniques, une série sur Berlin destinée aux enfants, des exposés sur Friedrich Hebbel, George, Brecht et Kafka, et enfin les Hörmodelle (modèles à écouter) conçus avec le journaliste Wolf Zucker, dans lesquels l’auditeur se voit proposer, à partir d’un dialogue naissant d’une situation quotidienne, des conseils pratiques censés l’aider à survivre. »[8],[9],[10]. L'exil[modifier le code] Tandis que les conséquences dramatiques de la crise de 1929 s'abattent sur l'Allemagne en 1930-1931, Walter Benjamin éprouve de nouveau le besoin de s'éloigner de son pays. En octobre 1930, il envisage de fonder avec son ami Bertolt Brecht une revue intitulée Krisis und Kritik, mais au moment de boucler le premier numéro en février 1932, Benjamin démissionne[11]. Il part s'installer à Ibiza, d'avril à juin 1932, puis de mars à septembre 1933. Là, il poursuit la rédaction de son récit d'enfance. Le 10 juin 1933, il écrit à Gretel[12] : « Nous sommes partis de bon matin à cinq heures avec un pêcheur de langoustes et l'on a commencé par rôder trois heures sur la mer, où nous avons tout appris de l'art d'attraper les langoustes. […] Puis on nous déposa dans une crique inconnue. Et là s'offrit à nous une image d'une perfection si accomplie qu'il se produisit en moi quelque chose d'étrange mais qui n'est pas incompréhensible ; c'est qu'à proprement parler je ne la voyais pas ; elle ne me frappait pas ; sa perfection la mettait au bord de l'invisible. » Alors que Benjamin a quarante ans, la situation politique de son pays l'épouvante et il rédige son testament : il n'a plus de travail ; Adorno est renvoyé de l'université de Francfort. De son côté, Scholem l'informe qu'à Jérusalem, il y a tant d'immigrés universitaires allemands que les postes dans l'enseignement sont devenus rares[3]. Alors que la plupart de ses amis et proches sont arrêtés (c'est le cas de son frère) ou partis à l'étranger (Bertolt Brecht, Ernst Bloch), Benjamin émigre en septembre 1933 en France, à Paris[13]. Il va percevoir une aide substantielle du New Yorker Institut for Social Research : originellement fondé à Francfort, l'Institut de recherche sociale part en exil à Genève et à Amsterdam, puis en 1934 à New York. Par le biais de Max Horkheimer, Benjamin produit des articles pour la revue de l’Institut et poursuit son énorme chantier, le Passagen-Werke (publié à titre posthume sous le titre Le Livre des passages. Paris capitale du XIXe siècle) qu'il avait entamé en 1926, se documentant à la Bibliothèque nationale, rue Richelieu : sa carte de lecteur mentionne comme profession « docteur en philosophie, critique littéraire »[3]. En 1934, Benjamin effectue une première visite à Brecht réfugié au Danemark[3]. En 1937, Adorno et son épouse finissent par s'installer à New York. La dernière fois que Benjamin voit Brecht, dont il aimait la poésie, c'est en juillet-octobre 1938, lors d'une dernière visite au Danemark. Peu avant l'entrée en guerre de la France en septembre 1939, il espère quitter l'Europe pour les États-Unis et cherche à vendre son tableau de Paul Klee afin de financer son voyage. Il transmet par la poste aux époux Adorno le manuscrit d'Enfance berlinoise vers 1900. Ses démarches de naturalisation française n'aboutissent pas. Le 5 septembre 1939, en tant que réfugié allemand devenu apatride car déchu de sa nationalité, il est convoqué au stade Yves-du-Manoir. Il y reste jusqu'au 17 septembre, date à laquelle il est conduit depuis la gare d'Austerlitz jusqu'au camp de Vernuche, hameau de la commune de Varennes-lès-Nevers (Varennes-Vauzelles aujourd'hui) près de Nevers[14]. Grâce à ses amis intellectuels, dont Adrienne Monnier et Jules Romains qui ont écrit au quai d'Orsay en la personne du diplomate Henri Hoppenot[15], il obtient une décision de libération le 16 novembre. Il quitte le camp le 21 et arrive à Paris le 22[14]. Peu avant cet internement, Benjamin dissimule certains de ses manuscrits dans un bureau de la Bibliothèque nationale[16], où ils ont été retrouvés en 1945. Le 13 mai 1940, il est décidé que tous les réfugiés allemands sans exception, même ceux précédemment libérés, doivent être internés. Cependant Henri Hoppenot intervient en amont pour éviter à Walter Benjamin, ainsi qu'à Siegfried Kracauer, Hanns-Erich Kaminski et Arthur Koestler, un nouvel internement. En revanche, sa sœur Dora et son amie Hannah Arendt sont convoquées le 14 au vélodrome d'Hiver d'où elles sont transférées au camp de Gurs. Pour remercier Hoppenot, Benjamin lui offrit un précieux exemplaire d'Anabase de Saint-John Perse annoté de la main de Rilke[17]. Une mort tragique[modifier le code] Départ[modifier le code] Le 10 juin 1940, quatre jours avant l'entrée de l'armée allemande dans Paris, Benjamin quitte la capitale et se rend à Lourdes. De là, il part à Marseille et arrive finalement à Port-Vendres le 25 septembre 1940 avec l'intention de fuir en Espagne franquiste[18]. Passage des Pyrénées et choix du suicide[modifier le code] Arrivé dans la petite commune des Pyrénées-Orientales, il se fait connaître auprès de Hans et Lisa Fittko, deux Allemands résistants au nazisme, qui peuvent lui faire franchir clandestinement la frontière. Walter Benjamin a quarante-huit ans, il souffre de multiples pathologies, son dos (sciatique chronique), son cœur (une myocardite) font qu'il prend de la morphine afin de soulager ses douleurs. Avec deux autres candidats à l'exil, Henny Gurland et son fils José, le philosophe est conduit par Lisa et ils parviennent, au bout d'une dizaine d'heures, à Portbou. Il y écrit sa toute dernière lettre en français, le 25 septembre 1940 : « Dans une situation sans issue, je n'ai d'autre choix que d'en finir. C'est dans un petit village dans les Pyrénées où personne ne me connaît que ma vie va s'achever »[19]. Dans la soirée du 26 septembre 1940, Walter Benjamin se suicide en absorbant une dose mortelle de morphine. Disparition énigmatique[modifier le code] D'après Lisa Fittko, les autorités espagnoles ont avisé les trois fugitifs qu'une nouvelle directive du gouvernement espagnol préconisait la reconduite des apatrides en France, ce que Benjamin n'aurait pas supporté. La nouvelle réglementation ne fut toutefois jamais appliquée et était sans doute déjà annulée quand il se donna la mort[20]. Les papiers contenus dans la serviette en cuir de Benjamin qui incluait, disait-il, un manuscrit « plus important que sa vie », n'ont pas été retrouvés même s'ils ont été répertoriés comme liasse de manuscrit dans la main courante de la police de Portbou[21]. Le philosophe a aussi écrit une lettre d'adieu à Theodor W. Adorno, dictée à sa compagne de fuite Henny Gurland. Bien que sa dépouille n'ait jamais été retrouvée[réf. nécessaire] un monument funéraire lui est dédié au cimetière de Portbou[22]. Une œuvre commémorative du sculpteur israélien Dani Karavan intitulée Passages a été érigée en hommage au philosophe dans le petit port espagnol. D'autres hypothèses ont été émises au sujet de sa mort, notamment dans un documentaire, Qui a tué Walter Benjamin…, réalisé par David Mauas qui présente une réflexion sur l’histoire et son discours[23]. Enfin, selon Stephen Suleyman Schwartz (en), il aurait été assassiné par des agents du NKVD, le service secret de l'URSS[24]. Autour de l'œuvre[modifier le code] « Penseur privé », Benjamin n'exerça pas dans le cadre de l'université allemande, même s'il essaya sans succès d'intégrer celle-ci pour des raisons financières. Il ne publia que cinq essais de son vivant sans compter ses articles de recherche, de théorisation, ses travaux de traductions, assez nombreux. Ajoutons qu'il percevait après la guerre une rente paternelle qui allait en s'amenuisant (en 1930, sa rente est perdue et en 1933, c'est l'exil), et qu'il perdit ainsi beaucoup d'énergie et de temps à essayer de gagner de quoi vivre. Il était proche de Gershom Scholem, qui lui dédia son premier ouvrage, et de Theodor Adorno avec lesquels il entretint une longue correspondance. Benjamin fit de ce dernier son héritier testamentaire et c'est lui, aidé de sa femme Gretel, qui publia en 1950, Enfance berlinoise vers 1900, premier livre posthume d'une longue série. Le capitalisme comme religion (1921)[modifier le code] (en allemand : Kapitalismus als Religion) est un fragment inachevé de Walter Benjamin écrit en 1921 qu'il ne destine pas à la publication et qui ne sera publié qu'en 1985. Il est lié aux premières ébauches de Benjamin sur la théorie politique et sociale, sur la religion, sur la théorie de l'histoire. Benjamin soutient dans ce fragment que le capitalisme est comme une religion. Une religion du culte sans théologie, une religion qui se poursuit sans interruption, une religion culpabilisante et non expiatoire[25]. Einbahnstraße (1928)[modifier le code] Paru du vivant de son auteur en janvier 1928 chez Ernst Rowohlt Verlag (Berlin) alors qu'il commençait à entreprendre la rédaction du Passagen-Werk (posthume), Einbahnstraße (littéralement « rue à sens unique ») se compose d'un ensemble d'aphorismes, de réflexions, de « vignettes », de miscellanées, reliés entre eux par des correspondances et des analogies et formant ainsi une série de paragraphes tous sur-titrés ; certains sont plus longs que d'autres (par exemple celui intitulé « Keiserpanorama »). Ce livre est à la fois le fruit de l'expérience parisienne surréaliste de Benjamin mais aussi de ses séjours à Berlin et Moscou, de la relation amoureuse avec Asja Lācis — à laquelle l'ouvrage est dédié — et de l'expérience de l'écrivain, qui affirme ici que l'écriture et la vie s'interpénètrent et ne sont pas deux instances séparées. Dans sa façon d'interpeller les signes urbains par la promenade, de casser le protocole de dissertation propre à l'essai classique, et d'introduire des réflexions d'ordre esthétique, personnel, sociologique, littéraire, Benjamin produit ici un ouvrage qui s'inscrit dans la lignée des Pensées de Blaise Pascal et des « fusées »[26] de Charles Baudelaire[27]. Ce montage de texte brefs invite le lecteur à parcourir une rue fictive « à sens unique », chaque paragraphe étant comme une station (une affiche, un panneau, un numéro, une pancarte...) qu'il rencontre chemin faisant et qui donne lieu à une réflexion. Réunis ensemble par l'auteur qui les rédigea entre 1923 et 1926, ces lumineux petits textes forment comme une constellation servant à marquer un nouveau territoire d'écriture[28]. Appartenance au judaïsme libertaire, adhésion à l'anarcho-syndicalisme, découverte du marxisme et apologie du surréalisme: la vision éthique de Benjamin.[modifier le code] Selon Michael Löwy, Walter Benjamin appartient à un mouvement intellectuel qui, à partir du judaïsme messianique, s'oriente vers l'utopie libertaire en raison des affinités entre le premier et la seconde: "le renversement des puissants de ce monde, la perspective restauratrice/utopique, le changement radical plutôt que l'amélioration ou le "progrès", le catastrophisme." Cependant, le tournant marxiste de Benjamin a composé une synthèse avec son inclination anarchiste première (faisant de Benjamin un marxiste libertraire), ce qui fait la singularité de ce penseur. Il se déclare partisan de Tolstoï[29]. La Critique de la Violence, en particulier, constitue une apologie de la pensée anarcho-syndicaliste, notamment celle de Georges Sorel exposée dans les Réflexions sur la violence. La consultation dudit ouvrage (fourni par Bernd Kampffmeyer, secrétaire de Max Nettlau) incita Benjamin à se renseigner sur la bibliographie anarchiste traitant de la violence, étatique comme révolutionnaire. Un inédit contemporain (1920-1921) voit Benjamin affirmer sa morale comme morale anarchiste. Le fragment sur le capitalisme comme religion est inspiré du libertaire juif Gustav Landauer[29]. C'est par la rencontre d'Asja Lacis et par la lecture de Georg Lukacs que Benjamin découvre le marxisme, qui deviendra une référence majeure pour lui, bien qu'il entretienne une distance critique avec les mouvements communistes de son temps et qu'il reste fidèle à ses convictions anarchistes, desquelles, confie-t-il à Scholem, il ne rougit pas. Le Journal de Moscou de 1926-1927, critique des visées autoritaires du régime soviétique, témoigne de cette sympathie critique abreuvée d'anarchisme. Pour Löwy, le texte le plus représentatif du marxisme libertaire de Benjamin est l'essai sur le Surréalisme. Pour Benjamin, l' "ivresse vive" de la liberté surréaliste, composante anarchiste du mouvement révolutionnaire, doit s'harmoniser avec la discipline et la préparation de terrain nécessaire à l'action elle-même[29]. Même durant les années 1933-1935, ou il apparaît "le plus proche du marxisme "productiviste" et techno-moderniste de l'URSS stalienne des années du Plan Quinquennal", Benjamin publie, en 1935, un essai sur Bachofen - crucial, selon Löwy, pour comprendre sa théorie de l'Histoire. Le romantisme de Bachofen, théoricien de la gynocratie et du communisme primitifs, aurait capté aussi bien l'intérêt de Engels que d'Elisée Reclus, exprimant aussi bien un attachement romantique à la Terre primitive qu'un bouleversement du principe d'autorité[29]. In fine, les Thèses sur le concept d'Histoire constituent l'ultime témoignage, selon Löwy, de l'alliance qu'essaya toute sa vie d'établir Benjamin entre l'enthousiasme libertaire et la méthode marxiste. S'appuyant sur la critique de Habermas, pour la retourner en apologie de la singularité de la pensée de Benjamin. En effet, l'enthousiasme libertaire se traduit dans ces thèses par une approche discontinuiste de l'Histoire, procédant par à-coup, mélangeant "modernité et barbarie (comme à Auschwitz ou Hiroshima)" à chaque instant - ce dont une vision progressiste de l'histoire ne peut rendre compte. Contrairement au progressisme de Kautsky et de Habermas lui-même, qui voient dans le déploiement historique de la modernité la phase graduelle d'une évolution nécessaire vers le socialisme, Benjamin, l'anarchiste, pense la révolution comme "l'interruption radicale de la continuité historique de la domination"[29]. Rosenzweig, Scholem et Benjamin: trois messianismes en réponse à l'effondrement du Progrès[modifier le code] Concept de l'« aura »[modifier le code] Walter Benjamin introduisit le terme d’aura en 1931 dans son essai Petite histoire de la photographie (suivi en 1936 de L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique), pour caractériser la spécificité de l’œuvre d'art qui est unique, liée à un endroit précis et qui s’inscrit dans l’histoire. Il définit l’aura comme « l'unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité » (einmalige Erscheinung einer Ferne, so nah sie auch sein mag). Pour illustrer son propos, il donna l’exemple d’un observateur admirant une chaîne de montagnes un jour d’été. Le sentiment qu’il ressent à ce moment précis ne pourra pas être reproduit parce qu’il est impossible de reproduire cet instant. L'inaccessibilité de l’œuvre d’art s’explique pour lui par ses origines dans des rites magiques et plus tard religieux. Les dernières traces de ses origines rituelles sont visibles dans le mouvement de l’art pour l’art. La reproductibilité automatique et technique a pour conséquence la perte de l’aura[30], parce que la copie acquiert une autonomie vis-à-vis de l’original par le fait que l’œuvre est placée dans de nouveaux contextes, qu’il devient possible de changer de point de vue, d'opérer des grossissements. En plus la copie va vers l’observateur, devient accessible dans des situations nouvelles et est sortie de tout contexte historique et spatial. Ainsi l’œuvre devient un objet commercial. Selon Benjamin, la perte de l'aura est un bien dans la mesure où l'œuvre, perdant sa dimension de sacralité, n'impose plus un sentiment religieux ou une position d'infériorité chez le spectateur. Passant d'un état de transcendance à un état d'immanence, l'œuvre est alors accessible au peuple[31]. Ses écrits sont notamment utilisés aujourd'hui par ceux qui étudient la culture populaire. En effet, contrairement à Adorno, Benjamin attribue un rôle positif à des aspects de la culture de masse, et ne la réduit pas comme Adorno à un pur produit de fausse conscience. Concept d'histoire : « texte et temps »[modifier le code] Le point le plus radical des notes « Sur le concept d’histoire » de Walter Benjamin est sans doute la critique du concept de temps comme continu et linéaire, concept aujourd’hui dominant, car la théologie connaît la possibilité et la nécessité d'interrompre le continuum temporel. La différence entre la théologie et ce que Benjamin saisit en elle consiste en ce qu’il voit la possibilité d'une fracture à l'intérieur de notre monde en immanence. L’« à-présent » [Jetztzeit] n'est pas le Jugement dernier et il ne faut pas attendre la mort pour s'approcher de la nouvelle conception du temps. L'expérience et la pratique de nombreuses générations dans leurs actes de remémoration vivante et dans les traditions attestent, en quelque façon, ce concept d’à-présent[32]. Héritage benjaminien[modifier le code] De son vivant, le travail de Benjamin était connu d'un certain nombre de chercheurs et de lecteurs : il n'est pas juste de croire qu'il a seulement été connu à titre posthume. Par exemple, Sens unique (ou Rue à sens unique), son essai paru en 1928, avait commencé d'asseoir sa notoriété auprès d'un plus large public. De même, à partir de 1933, les futurs tenants de l'école de Francfort diffusent sa pensée à travers leurs publications en Europe et aux États-Unis. Ce sont Gretel et Theodor Adorno, ainsi que Gershom Scholem, qui vont entreprendre, à partir de 1950, de publier et traduire tous ses écrits inédits, rassembler sa correspondance, développer des éditions critiques, etc. Hannah Arendt a rédigé une biographie critique, parue dans The New Yorker en 1968[33], puis en préface des Illuminations la même année. En France, pays où son œuvre est largement traduite, assez tardivement cependant — ainsi, Sens unique le fut seulement en 1978 chez Maurice Nadeau —, Jacques Derrida, entre autres, a commenté une partie de son œuvre, par exemple dans Force de loi (1994). En 1994, son nom est donné à une voie de Strasbourg, le passage Walter-Benjamin[34]. En 2017, son nom est donné à une voie de Paris, le passage Walter-Benjamin. En 2011, inauguration de l'Esplanade Walter Benjamin sur le site Colbert à Nevers En mars 2020, se crée l'association qui fonde le Prix Walter Benjamin[35]. En 2020, Louis Aliot élu maire de Perpignan évoque dans son programme municipal la réouverture du centre d'art Walter-Benjamin. Ce projet suscite l'indignation d'un collectif d'intellectuels dont Michael Löwy, Patrick Boucheron et Jean-Luc Nancy, qui lui adressent une lettre ouverte où ils dénoncent cette récupération[36]. Dans l'art[modifier le code] Sa mort est évoquée en 2004 dans l'opéra Shadowtime (en) (musique de Brian Ferneyhough, livret de Charles Bernstein). En 2016, Walter Benjamin est le personnage principal de Benjamin, dernière nuit, drame lyrique en quatorze scènes de Michel Tabachnik, d'après le livret de Régis Debray, créé à l'opéra de Lyon le 12 mars 2016. En 2018, Colin Firth incarne Walter Benjamin dans le film de Pat O'Connor Benjamin's Crossing, tiré du roman de Jay Parini paru en mai 1997[37]. En 1994, l'artiste Dani Karavan réalise un mémorial en l'honneur du travail de Benjamin à Portbou, ville dans laquelle il a disparu. Passages se veut une œuvre traduisant les concepts les plus importants de Benjamin, et son nom fait entre autres référence au passage du philosophe de la France vers Portbou[38]. En 2023, l'écrivain Aurélien Bellanger lui consacre un roman, Le Vingtième siècle, publié chez Gallimard, où il « dynamite la forme romanesque pour honorer, en théoricien et poète, la pensée admirée du philosophe »[39], placé au « centre d'un dispositif ingénieux (...) destiné à comprendre le XXe siècle »[40]. En 2023, l'acteur Moritz Bleibtreu interprète son rôle dans la série Transatlantique. Œuvre[modifier le code] Principales publications de son vivant[modifier le code] Essais[modifier le code] Begriff der Kunstkritik in der deutschen Romantik [thèse], Berne, Verlag A. Francke, 1920 Publié en français sous le titre Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand, traduit par Philippe Lacoue-Labarthe et Anne-Marie Lang, Paris, Flammarion, coll. « Champs essais », 2008 (ISBN 9782081218246) Charles Baudelaire, Tableaux Parisiens. Deutsche Übertragung mit einem Vorwort über die Aufgabe des Übersetzers, édition bilingue français-allemand, Heidelberg, Verlag von Richard Weißbach, 1923 Einbahnstraße, Berlin, Rowohlt, 1928 Publié en français sous le titre Sens unique, suivi d’Une enfance berlinoise, traduit par Jean Lacoste, Paris, Lettres nouvelles/Maurice Nadeau, 1978 ; réédition sous le même titre dans une nouvelle traduction par Frédéric Joly, Paris, Payot, 2013 (ISBN 9782228908382) ; nouvelle traduction par Anne Longuet Marx sous le titre Rue à sens unique, Paris, Allia, 2015 (ISBN 9791030410655) Ursprung des deutschen Trauerspiels, Berlin, Rowohlt, 1928 Publié en français sous le titre Origine du drame baroque allemand, traduit par Sybille Muller, préfacé par Irving Wohlfarth, Paris, Flammarion, coll. « Champs essais », 1985 (ISBN 9782081232174) Deutsche Menschen. Eine Folge von Briefen. Auswahl und Einleitungen von Detlef Holz, Lucerne (Suisse), Vita Nova Verlag, 1936 Publié en français sous le titre, Allemands, traduit par Georges-Arthur Goldschmidt, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2012. Deutsche Menschen est un recueil de lettres rédigées par des intellectuels allemands du siècle passé (1786-1880) et commentées par Benjamin sous pseudonyme [Detlef Holz], prépubliée en partie dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (1930-1931), puis orienté contre le régime nazi : véritable pamphlet épistolaire ironico-satirique dénonçant la bêtise de la bourgeoise d'affaire, le nationalisme et le populisme, l'ouvrage, édité en Suisse et qui arborait la devise, détournée, de Von Ehre ohne Ruhm / Von Grösse ohne Glanz / Von Würde ohne Sold (honneur sans gloire, taille sans brillant, dignité sans solde), fut bien entendu interdit par Berlin. Sélection d'articles[modifier le code] Le nombre d'articles publiés par Benjamin tout au long de sa vie, depuis ceux de Der Anfang (1910) aux dernières livraisons destinées au Zeitschrift für Sozialforschung, est évalué à près d'un millier et constitue un énorme corpus loin d'être secondaire puisqu'on y trouve développés bon nombre de concepts fondamentaux et propres à l'œuvre du philosophe. Les périodiques vont de la revue scientifique spécialisée au supplément littéraire de journal progressiste destiné aux classes moyennes (comme le Frankfurter Zeitung), en passant par des magazines de design et d'art moderne, des titres comme Neue Rundschau, Die Gesellschaft, Die Literarische Welt... Certains textes sont écrits en collaboration, d'autres font partie d'ouvrages collectifs (actes de colloque, catalogue d'exposition, etc.), sans parler des préfaces et appareils critique à ses propres traductions. « Aussicht ins Kinderbuch » [Vue perspective sur le livre pour enfants], dans Die Literarische Welt, Berlin, 3 décembre 1926. « Moskau » [Moscou], dans Martin Buber et Joseph Wittig (direction), Die Kreatur, Berlin, Verlag Lambert Schneider, 1927. Rédigé après son voyage à Moscou en décembre 1926 - janvier 1927 en compagnie de sa compagne, Asja Lācis avec laquelle il écrira également sur Naples. Il connaissait Buber depuis 1916. « Ich packe meine Bibliothek aus » [Je déballe ma bibliothèque], dans Die Literarische Welt, Berlin, 17 juillet 1931. « Karl Kraus », dans Literaturblatt fur Frankfurter Zeitung, 1931. « Kleine Geschichte der Photographie » [Petite histoire de la photographie], dans Die Literarische Welt, 18-25 septembre, et 2 octobre 1931. « Für arme Sammler » [Pour collectionneurs pauvres], dans Literaturblatt der frankfurter Zeitung, 6 décembre 1931. « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée » (1935), première édition parue en français dans Zeitschrift für Sozialforschung, Paris, Librairie Félix Alcan, 5e année, 1, 1936, p. 40-68, édition dirigée par Pierre Klossowski, modifiée par Benjamin entre 1936 et 1939 : une édition révisée est aujourd'hui publiée en français sous le titre L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique avec parfois des nuances (cf. plus loin). « Eduard Fuchs, der Sammler und der Historiker », in Zeitschrift für Sozialforschung, Paris, Librairie Félix Alcan, 6e année, no 2, 1937, p. 346-381 ; traduit en français par Philippe Ivernel (1978). Publications posthumes[modifier le code] Essais[modifier le code] Max Horkheimer (préface), Walter Benjamin zum Gedächtnis / In memory of Walter Benjamin, Los Angeles, Institut de Recherche sociale, 1942 ; contient : « Thèses sur le concept d'histoire » (traduit en français à Paris, dans Les Temps modernes, 1947, puis diverses éditions) — C'est la première édition et la première traduction posthume d'un texte de Benjamin. Paris, capitale du XIXe siècle. Le livre des passages [1924-1939], Paris, éd. du Cerf, 1997. Traduction de l'allemand par Jean Lacoste (ISSN ). La notule que constitue ce texte a été traduite indépendamment aux éd. Allia sous le titre Paris, capitale du XIXe siècle (EAN 9782385087364). Œuvres, 3 vol., Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2000. Traduction par Maurice de Gandillac, Rainer Rochlitz et Pierre Rusch. L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, édition comparée, comportant une nouvelle traduction par Lionel Duvoy de la 4e version de l'essai (1936) et une traduction inédite des passages non conservés par Benjamin figurant dans la 2e version de l'essai (fin 1935-février 1936), Paris, Allia, 2003 (ISBN 9782844854438). Sur Proust, traduit par Robert Kahn, éditions Nous, 2010 (ISBN 978-2-913549-52-4) Expérience et Pauvreté, suivi de : Le Conteur et de : La Tâche du traducteur, trad. Cédric Cohen Skalli, préface Elise Pestre, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2011 (ISBN 9782228906760). Récits d'Ibiza et autres écrits, textes de la période d'Ibiza (1932-1933), traduction et préface de Pierre Bayart, éd. Riveneuve, 2011 (ISBN 978-2-36013-067-2) Critique de la violence, suivi de : Destin et caractère et de : Brèves ombres, traduction de Nicole Casanova, préface par Antonia Birnbaum, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2012 (ISBN 9782228907415). Petite histoire de la photographie [1931], traduction de Lionel Duvoy, Paris, Allia, 2012 (ISBN 9782844854445). Baudelaire, édition établie par Giorgio Agamben, Barbara Chitussi et Clemnes-Carl Härle, traduit par Patrick Charbonneau, Paris, La Fabrique, 2013. Haschich à Marseille, accompagné de dessins de Julio Silva, Saint-Clément-de-Rivière, éd. Fata Morgana, 2013. Karl Kraus, traduction et postface par Marion Maurin et Antonin Wiser, Paris, éd. Allia, 2018 (ISBN 9791030408416). Pour une critique de la violence, traduction et postface par Antonin Wiser, Paris, éd. Allia, 2019 (ISBN 9791030410532). (de) Walter Benjamin Le capitalisme comme religion, In: Dirk Baecker (Hrsg.): Kapitalismus als Religion. Kadmos, Berlin 2003, (ISBN 3-931659-27-5), p. 15-18. Walter Benjamin (trad. Frédéric Joly), Le capitalisme comme religion, Payot, 2019, 144 p. (ISBN 978-2-228-92297-5) Radiophonie[modifier le code] Au microphone : Dr Walter Benjamin, Walter Benjamin et la création radiophonique, 1929-1933, Philippe Baudouin, Paris, Maison des Sciences de l'Homme, coll. « Philia », 2009. Livre + CD audio - (ISBN 978-2-7351-1265-4) Écrits radiophoniques, traduction par Philippe Ivernel, préface de Philippe Beaudouin, éd. Allia, 2014 (ISBN 978-2-84485-815-3), a été tiré à part Le cœur froid, éd. Allia, 2019 (ISBN 979-10-304-1063-1) Correspondance[modifier le code] Correspondance (1930-1940), Walter Benjamin et Gretel Adorno, édition établie par Christoph Gödde et Henri Lonitz, traduit de l'allemand par Christoph David, Paris, Le promeneur, 2007. Théologie et utopie. Correspondance 1933-1940, Walter Benjamin et Gershom Scholem, édition établie par Gershom Scholem, traduit de l'allemand par Pierre Rusch et Didier Renault, suivi de « Histoire d'une correspondance » par Stéphane Mosès, Paris, Éditions de l'éclat, 2011. Lettres françaises, intégralité des lettres écrites en français, préface de Christophe David, éditions Nous, 2013 (ISBN 978-2-913549-69-2) Poésie[modifier le code] Sonnette : Sonnets, traduit de l’allemand par Michel Métayer, Éditions Walden, Édition bilingue, 2021 Notes et références[modifier le code] ↑ Prononciation en haut allemand standardisé retranscrite selon la norme API. ↑ Willem van Reijen et Herman van Doorn, Aufenthalte und Passagen: Leben und Werk Walter Benjamins: Eine Chronik, Suhrkamp, 2001 ↑ a b c d e f g et h [vidéo] Walter Benjamin. Des histoires d'amitié, film documentaire de David Wittenberg, Allemagne, Arte, 2010, 55 min. ↑ Walter Benjamin, Correspondance avec Theodor W. Adorno, t. I, 1910-1928, Aubier Montaigne, 1979, p. 320. ↑ Préface de Gershom Sholem au Journal de Moscou ↑ Sur cette question, lire « Au pays des Kobolds » : Walter Benjamin traducteur de Marcel Proust » par Robert Kahn, dans Littérature, 1997, volume 107/3, p. 44-53. ↑ Journal de Moscou, Walter Benjamin, Gershom Scholem (Préfacier), Jean-François Poirier (Traducteur), L'Arche éditeur, 1983, (ISBN 2851810189) ↑ Bernd Witte, Walter Benjamin, une autobiographie traduit de l’allemand par André Bernold, « La nuit surveillée », Les éditions du Cerf, Paris, 1988, chapitre VI, Crise et critique : la fin d’une époque (1929-1933), p. 145. (ISBN 978-2204028752) ↑ "Les écrits radiophoniques" RTS ↑ Walter Benjamin : Les écrits radiophoniques, Éd. Allia, 2014, (ISBN 978-2844858153). ↑ (en) Uwe Steiner, Walter Benjamin: An Introduction to His Work and Thought, Chicago, The University of Chicago Press, 2010, p. 95. ↑ « Expérience et pauvreté : Walter Benjamin à Ibiza (1932-1933) », par Vicente Valero, 21 mai 2006. ↑ . Résumé d'un article de Jacques Couvreur in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Paris – No 24. ↑ a et b Nathalie Raoux, « 1939 Fusées », sur Carnets Walter Benjamin (consulté le 18 mai 2020). ↑ Christian Manso, Pyrénées 1940, ultime frontière : pour Carl Einstein, Walter Benjamin, Wilhelm Friedmann, éditions L'Harmattan, 2006, p. 140. ↑ [PDF] (de) « Ein verhängnisvoller Engel » par Johann Konrad Eberlein, dans FAZ, 20 juillet 1991. ↑ Nathalie Raoux, « Retour sur un non-internement (1940) », sur Carnets Walter Benjamin (consulté le 18 mai 2020). ↑ En Espagne, malgré le régime ultra-conservateur et répressif, personne ne rejette ceux qui fuient la Gestapo et le régime de Vichy. De nombreux intellectuels allemands se réfugient ainsi aux États-Unis en passant par l'Espagne : Hannah Arendt, Heinrich Mann, Franz Werfel, Alma Mahler, et bien d'autres. ↑ « La hotte bien remplie de Walter Benjamin », La Quinzaine littéraire, numéro 1 048, p. 20. ↑ Par la suite, aucun réfugié n'a de nouveau à craindre d'être remis à la police française ou à la Gestapo. La route empruntée par Walter Benjamin, dite « route Lister », sera utilisée par des centaines d'autres réfugiés guidés par le couple Fittko. ↑ Il semble pourtant que ces manuscrits n'étaient que des copies, dont l'original, les Thèses sur le concept de l'histoire, auraient été confiées à l'écrivain Georges Bataille à Paris, qui les aurait déposées pour sa part à la Bibliothèque nationale ↑ On peut lire sur sa tombe l'épitaphe suivante, extrait de son ouvrage Thèses sur la philosophie de l'histoire : « Il n'y a aucun témoignage de la culture qui ne soit également un témoignage de la barbarie ». ↑ Qui a tué Walter Benjamin… ↑ Henning Ritter, « The Missing Briefcase », article paru dans le Frankfurt Allegemeine Zeitung le 25 juin 2001. ↑ Le capitalisme comme religion : Walter Benjamin et Max Weber par Michael Löwy ↑ Fusées (Wikisource) ↑ « Le sens de la marche : Dans les pas de Walter Benjamin » par Olivier Ratouis, in Les Annales de la recherche urbaine, 1992, 57-58, p. 71-81 — lire sur Persée. ↑ Notice à Rue en sens unique, traduit et postfacé par Anne Longuet-Marx, Paris, Allia, 2015, p. 121-124. ↑ a b c d et e Michael Löwy, La révolution est le frein d'urgence: essais sur Walter Benjamin, Éditions de l'Éclat, coll. « Philosophie imaginaire », 2019, 168 p. (ISBN 978-2-84162-449-2), « Walter Benjamin et l'anarchisme », p.71-82 ↑ Jean-François Gautier, « Penser la crise de l’art après Walter Benjamin », L'inactuelle, 4 mai 2019 (lire en ligne) ↑ Hennion Antoine, Latour Bruno, « L'art, l'aura et la technique selon Benjamin. ou comment devenir célèbre en faisant tant d'erreurs à la fois… », Les cahiers de médiologie, 1996, p. 235-241 (lire en ligne) ↑ Voir : Stefan Gandler, « Pourquoi l’ange de l’histoire regarde-t-il vers l’arrière ? » Trad. Marc Sagnol. In Les Temps modernes, Paris, année 58, no 624, mai-juillet 2003, p. 54-74. ISSN 0040-3075. ↑ (en) The New Yorker. ↑ Maurice Moszberger (dir.), « Walter-Benjamin (passage) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), p. 108 ↑ « Prix Walter Benjamin » (consulté le 28 janvier 2022). ↑ « Si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté… », Le Monde.fr, 30 juin 2020 (lire en ligne, consulté le 30 juin 2020) ↑ [vidéo] « Benjamin’s Crossing », AlloCine (consulté le 18 mars 2025) ↑ Passages ↑ « “Le Vingtième Siècle”, Walter Benjamin dans les yeux d'Aurélien Bellanger - Les Inrocks », sur lesinrocks.com (consulté le 19 mars 2023). ↑ Jean Lacoste, « Le vingtième siècle, d'Aurélien Bellanger : Benjamin en roi mage », sur En attendant Nadeau, 14 mars 2023 (consulté le 19 mars 2023). Voir aussi[modifier le code] Une catégorie est consacrée à ce sujet : Walter Benjamin. Sur les autres projets Wikimedia : Bibliographie[modifier le code] Theodor W. Adorno, Sur Walter Benjamin, Allia, 1999 (ISBN 978-2-84485-004-1). Hannah Arendt, Walter Benjamin, 1892-1940, Allia, 2007 (ISBN 978-2-84485-235-9). Philippe Baudouin, Walter Benjamin au micro : Un philosophe sur les ondes (1927-1933), Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. « Bibliothèque allemande », 2022 (ISBN 978-2-7351-3018-4, DOI , lire en ligne). Daniel Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique : A la gauche du possible, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2010. Postface d'Enzo Traverso. Antoine Berman, L'âge de la traduction. "La tâche du traducteur" de Walter Benjamin, un commentaire, Presses universitaires de Vincennes, 2008. Libero Federici, Il misterioso eliotropismo. Filosofia, politica e diritto in Walter Benjamin, Ombre Corte, Verona 2017. Audrey Giboux (dir.) et Mathilde Labbé (dir.), Walter Benjamin ou les pouvoirs critiques de l’image, Presses universitaires Blaise-Pascal, coll. « Littératures », 2023 (ISBN 978-2-38377-273-6, DOI , lire en ligne). Marc Goldschmit, L’Écriture du messianique. La philosophie secrète de Walter Benjamin, éd. Hermann, coll. Le bel aujourd’hui, 26 novembre 2010. Eric Jacobson, Metaphysics of the Profane: The Political Theology of Walter Benjamin and Gershom Scholem, New York, Columbia University Press, 2003. Patricia Lavelle (dir.), Walter Benjamin, L'Herne, coll. « Cahiers de l'Herne », 2013 (ISBN 978-2-85197-175-3). Michael Löwy, Walter Benjajmin : avertissement d'incendie. Une lecture des thèses sur le concept d'histoire, Paris, Presses universitaires de France, coll. “ Pratiques théoriques ”, 2001. Michael Löwy, La révolution est le frein d'urgence : Essais sur Walter Benjamin, Editions de l'Eclat, coll. "Philosophie imaginaire", 2019 Stefano Marchesoni, Walter Benjamins Konzept des Eingedenkens. Über Genese und Semantik einer Denkfigur, Berlin, Kadmos Verlag, 2016 (ISBN 978-3-86599-328-1) (accessible en ligne: http://publikationen.ub.uni-frankfurt.de/frontdoor/index/index/docId/48909) Arno Münster, Progrès et catastrophe. Walter Benjamin et l'histoire. Réflexions sur l'itinéraire philosophique d'un marxisme « mélancolique », Paris, Kimé, 1996. Jean-Michel Palmier, Walter Benjamin. Le chiffonnier, l'ange et le petit bossu. Esthétique et politique chez Walter Benjamin, Paris, Klincksieck, 2006. Gérard Raulet, Le Caractère destructeur. Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin, Paris, Aubier, 1997. Anne Roche, Exercices sur le tracé des ombres: Walter Benjamin, Chemin de ronde, coll. « Strette », 2010 (ISBN 978-2-905357-02-1). Rainer Rochlitz, Le désenchantement de l'art : la philosophie de Walter Benjamin, Gallimard, 1992 (ISBN 2-07-072777-7, lire en ligne). Tilla Rudel, Walter Benjamin. L’Ange assassiné, Paris, Menges, 2006. Gershom Scholem, Walter Benjamin, Histoire d'une amitié, Calmann-Lévy, 1981 Bruno Tackels, Walter Benjamin, une vie dans les textes : essai biographique, Actes sud, 2009 (ISBN 978-2-7427-8224-6). Sigrid Weigel (trad. Marianne Dautrey), Walter Benjamin: la créature, le sacré et les images, Mimésis, coll. « Images, médiums », 2021 (ISBN 978-88-6976-168-3). Bernard Witte, Walter Benjamin, une biographie, traduction par André Bernold, Paris, Éditions du Cerf, 1988. (ISBN 9782204028752) Michael Löwy, Walter Benjamin, marxiste libertaire, Contretemps, 14 mai 2018, [lire en ligne]. Filmographie[modifier le code] Le Passant : Walter Benjamin, film documentaire de Jean-Paul Lebesson, France, 1990, 53 min. One Way Street: Fragments for Walter Benjamin, film documentaire de John Hughes, Australie, 1992, 54 min vidéo en ligne sur Ubuweb. Qui a tué Walter Benjamin…, film documentaire de David Mauas, Espagne - Pays-Bas, 2005, 73 min — présentation en ligne. Histoires nées de la solitude, film documentaire de Sylvain Maestraggi, France, 2009, 35 min. Walter Benjamin. Des histoires d'amitié, film documentaire de David Wittenberg, Allemagne, 2010, 55 min — vidéo en ligne via Arte. Paris, capitale du XIXe siècle, essai/film expérimental de Benjamin Bardou, France, 2010, 10 min. Les Unwanted de Europa, Film de Fabrizio Ferraro (2018) 1 h 51 min. 13, un ludodrame sur Walter Benjamin, un essai cinématographique de Carlos Ferrand et Thomas Sieber Satinsky, 2018, 77 min. Radiophonie[modifier le code] « Walter Benjamin », série en quatre volets, dans Les nouveaux chemin de la connaissance, réalisée par Philippe Baudoin et diffusées du 10 au 13 octobre 2011 sur France Culture. Liens externes[modifier le code] Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica Den Store Danske Encyklopædi Deutsche Biographie Dictionnaire historique de la Suisse Enciclopedia italiana Enciclopédia Itaú Cultural Frankfurter Personenlexikon Gran Enciclopèdia Catalana Hrvatska Enciklopedija Internetowa encyklopedia PWN Nationalencyklopedin Munzinger Proleksis enciklopedija Store norske leksikon Treccani Universalis Notices d'autorité : () Walter Benjamin (1892-1940), un génie de la littérature exilé dans le XVème Résumé d'un article de Jacques COUVREUR in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – no 23 Olivier Aïm, « Benjamin (Walter) », Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. Mis en ligne le 20 septembre 2015. Accès : https://publictionnaire.huma-num.fr/notice/benjamin-walter. (fr) Textes de Walter Benjamin Opera Omnia, Œuvres en allemand (en) Passages, monument en hommage à Benjamin (fr) Walter Benjamin à Marseille Portail de la philosophie Portail des arts Portail de l’historiographie Portail du judaï
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:32 PM
|
Le musée des Beaux-Arts de Carcassonne est un musée d'art situé dans la bastide Saint-Louis à Carcassonne ( Aude), en France. Installé dans l'ancien présidial de la ville, le musée des Beaux-Arts de Carcassonne a été créé en 1836 à l'initiative de personnes passionnées d'art, d'histoire et d' archéologie.
Le musée des Beaux-Arts de Carcassonne est un musée d'art situé dans la bastide Saint-Louis à Carcassonne (Aude), en France. Historique[modifier le code] Installé dans l'ancien présidial de la ville, le musée des Beaux-Arts de Carcassonne a été créé en 1836 à l'initiative de personnes passionnées d'art, d'histoire et d'archéologie. En 1876, des travaux d'agrandissement furent entrepris sous la direction de l’architecte Charles Émile Saulnier (1828-1900). La façade actuelle achevée en 1900 a été entièrement restaurée en 2015. La collection s'est constituée avec cent deux peintures offertes par la « Société des arts et sciences de Carcassonne » en 1845, des dépôts de l'État, de quelques donateurs généreux tels que Casimir Courtejaire (1876, 1880 et 1884) qui avait acquis une partie de la collection du cardinal Joseph Fesch, Alphonse Coste-Reboulh (1892), Chénier et Raynaud (1893), Delteil (1984), Albert Pla (1990) et Cahuzac (1995). Elle provient également de dons de « l'Association des amis de la ville et de la cité »[1] ainsi que de celle des « Amis du musée »[2] ou d'achats par la ville soutenus par le « Fonds régional d'acquisition des musées » et de la donation Faëss en 2025. Le musée possède aussi une importante collection archéologique dont certaines pièces sont en dépôt au Musée lapidaire du château comtal géré par le Centre des monuments nationaux[3],[4],[5],[6]. Le musée qui fut fermé de 1942 à 1948, a abrité de 1951 à 1961, une partie de la collection d'œuvres d'art surréalistes du poète Joë Bousquet, dans une salle dédiée à son nom. Il accueille plusieurs expositions temporaires chaque année, souvent coproduites avec d'autres musées et participe à la Nuit des musées ainsi qu'aux Journées européennes du patrimoine. Il propose une dizaine de conférences annuellement sur l'histoire de l'art et organise des ateliers pédagogiques pour les élèves de la maternelle à l'université. Il figurait à la 77e place sur 334 dans le classement annuel de fréquentation des musées français en 2008 du Journal des Arts[7]. Depuis le 1er septembre 2009, le musée de l'école de Carcassonne, situé dans la Cité médiévale est rattaché au musée des beaux-arts[8]. Les périodes de fermetures liées au confinement national de 2020 et 2021, ont permis la création d'un nouvel espace d'expositions temporaires intitulé « Le petit salon » et la rénovation des salles consacrées aux collections du XXe siècle et XXIe siècle[9],[10]. Collections de tableaux[modifier le code] Le musée est composé de onze salles regroupant les œuvres par période : Salle 1 : XVIe au XVIIe siècle, les écoles française, italienne et espagnole ; Salle 2 : XVIIIe siècle, les écoles française, italienne et autrichienne ; Salle 3 : fin XVIIIe au début XIXe siècle, l'école française, avec notamment le fonds Gamelin et l'orfèvrerie ; Salle 4 : André Chenier, Fabre d'Églantine, et le fonds napoléonien ; Salle 5 : école française et anglaise du XIXe siècle ; Salle 6 : école française du XIXe siècle et faïences françaises ; Salle 7 : écoles hollandaise et flamande, faïences du XVIIIe siècle (Nevers, Marseille, Delph) ; Salle 8 : néo-impressionnisme ; Salle 9 : XXe siècle, l'entre-deux-guerres et l'école de Paris ; Salle 10 : le XXe siècle après 1945 et le XXIe siècle; Salle 11 (René Nelli) : expositions temporaires. Les œuvres[modifier le code] Les collections du musée sont principalement constituées de peintures datant du XVIe au XXe siècle, notamment peintes par José de Ribera, Salvator Rosa, Mattia Preti, Jan Brueghel l'Ancien, Paulus Moreelse, Jan van Goyen, Cornelis Norbertus Gysbrechts, David Teniers le Jeune, Pierre Mignard, Sébastien Bourdon, Pierre Subleyras, Hyacinthe Rigaud, Jean Siméon Chardin, Hubert Robert, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Jean-Baptiste Camille Corot, Gustave Courbet, Léon Germain Pelouse, Albert Marquet… Le musée conserve une importante collection d'œuvres de Jacques Gamelin, natif de Carcassonne. Peinture[modifier le code] École française du XVIIe siècle[modifier le code] Ambroise Frédeau (1589-1673), peintre et sculpteur, élève de Simon Vouet, il prit sa vêture en 1640 et fit sa profession en 1641 « en qualité de frère lai » au couvent des Augustins de Toulouse : La Vierge et l'enfant Jésus au Rosaire. Pierre Mignard (1612-1695), élève de Jean Boucher et de Simon Vouet : Portrait de Dame de la cour. Joseph Parrocel (1646-1704), peintre, dessinateur et graveur surnommé le Parrocel des Batailles, élève de Jacques Courtois : Combat de chrétiens et de turcs. François Perrier (1594-1649), peintre et graveur, cofondateur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, élève d'Horace Le Blanc et de Giovanni Lanfranco : Acis et Galathée[11]. Étienne Rendu (1600-1670), élève de Jacques Fouquières : Marais boisé[12]. École française du XVIIe siècle Ambroise Frédeau, La Vierge et l'enfant Jésus au Rosaire. Pierre Mignard, Portrait de Dame de la cour. Joseph Parrocel, Combat de chrétiens et de Turcs. Joseph Parrocel, Combat de chrétiens et de Turcs. François Perrier, Acis et Galathée. Étienne Rendu, Marais boisé. École française du XVIIIe siècle[modifier le code] Anonyme premier quart du XVIIIe siècle : Portrait de Guillaume III Castanier[13]. Anonyme fin du XVIIIe siècle : Portrait d'André Chénier[14]. Henry d'Arles (1734-1784), peintre français connu pour ses marines et des scènes mythologiques, élève de Jean-Joseph Kapeller et de Claude Joseph Vernet : Magasin de blé au bord du Tibre[15] ; Intérieur d'une grande cave[16]. Nicolas Bertin (1667-1736), élève de Jean-Baptiste Jouvenet et de Louis Boullogne. Nicolas Bertin reçut le prix de Rome en 1685. Cycle de peintures mythologiques : Acis et Galathée ; Jupiter et Danaë ; Jupiter et Léda ; Persée délivrant Andromède ; Psyché abandonnée par l'Amour. Cazes fils : Portrait de Mme Louis Chénier, née Élisabeth[17] ; Portrait de Mme Louis Chénier en costume grec[18] ; Portrait de Louis-Sauveur Chénier[19] ; La Famille Chénier[20] ; Portrait d'André Chénier[21]. Jean Siméon Chardin (1699-1779), considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du XVIIIe siècle, élève de Pierre-Jacques Cazes, surtout reconnu pour ses natures mortes. La Table d'office ou les apprêts d'un déjeuner (1756), célèbre tableau du musée ; son pendant, La Table de cuisine, est conservé au musée des Beaux-Arts de Boston. Il provient de la collection du financier Ange Laurent Lalive de Jully (1725-1779). Pierre-Antoine Demachy (1723-1807), peintre français élève de Giovanni Niccolo Servandoni, spécialiste des peintures de ruines, des décors architecturaux en trompe-l’œil et surtout des vues de Paris : Ruines d'église. Intérieur de l'église des Saints Innocents[22]. Jean-Germain Drouais (1763-1788) : Un Jeune guerrier accompagné de son père demande aux dieux le succès de ses armes[23]. Pierre Ernou (1665-1735), peintre angevin, surtout connu pour ces portraits : Portrait d'homme[24]. École française du XVIIIe siècle Anonyme, Guillaume III Castanier. Anonyme, Portrait d'André Chénier. Henry d'Arles,Intérieur d'une grande cave (1771). Henry d'Arles,Magasin de blé au bord du Tibre. Nicolas Bertin,Acis et Galathée. Nicolas Bertin,Jupiter et Danaë. Nicolas Bertin,Jupiter et Léda. Nicolas Bertin,Persée délivrant Andromède. Nicolas Bertin,Psyché abandonnée par l'Amour. Cazes fils, Portrait de Madame Louis Chénier. Cazes fils, Portrait de Madame Louis Chénier en costume grec. Cazes fils, La Famille Chénier (vers 1773). Cazes fils, Portrait d'André Marie Chénier (1763). Cazes fils, Portrait de Louis Sauveur Chénier (1773). Jean Siméon Chardin, La Table d'office. Pierre-Antoine Demachy, Ruines de l'intérieur de l'église des saints Innocents. Jean-Germain Drouais,Un Jeune guerrier accompagné de son père demande aux dieux le succès de ses armes. Pierre Ernou,Portrait d'homme. Jacques Gamelin (1738-1803)[25], peintre français né à Carcassonne élève de Jean-Pierre Rivalz et Jean-Baptiste Deshays de Colleville : L'Évanouissement[26] ; La Piété filiale de Cléobis et Biton ; Portrait de la famille Guillard (1800); Abraham visité par trois anges[27] ; Bataille des roches rouges ou du pont Milvius[28] ; Choc de cavalerie (An VIII, 1799-1800)[29] ; Choc de cavalerie[30] ; Choc de cavalerie[31] ; Étude de tête de vieillard[32] ; L'Ensevelissement de saint Laurent[33] ; La Mort de Socrate[34] ; Le Golgotha[35] ; Le Mariage de Tobie et de Sara[36] ; Les Accordailles ; Scène de beuverie[37] ; Scène de corps de garde[38] ; Scène d'intérieur[39] ; Le Christ chassant les marchands du temple, modelo d’un tableau de grand format conservé dans la salle capitulaire de la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne ; Les Vestales[40] ; Le Miracle de Bolsena, copie d'une esquisse de Francesco Trevisani, conservée à l'Académie de Saint-Luc à Rome[41] ; Alexandre et Diogène[42] ; Portrait de Mlle Julie de Puymaurin Marcassus (1775)[43]. École française du XVIIIe siècle : œuvres de Jacques Gamelin Les accordailles. Scène de beuverie. Choc de cavalerie (1781). Choc de cavalerie (1791). Choc de cavalerie (1791). Choc de cavalerie (Campagne du Roussillon) (1793). Choc de cavalerie (An VIII, 1799-1800). Scène de corps de garde. Piété filiale de Cléobis et Biton. Le Mariage de Tobie et de Sara. Le Christ chassant les marchands du temple. Abraham visité par trois anges. Les Vestales. Scène d'intérieur (1784). Le Miracle de Bolsena. Le Golgotha. L'Ensevelissement de saint Laurent. Alexandre et Diogène. Portrait de Mlle Julie de Puymaurin Marcassus. Portrait de la famille Guillard (1800) Adélaïde Labille-Guiard (1749-1803), artiste peintre, miniaturiste et pastelliste française. Élève de François-Elie Vincent — qu'elle épousera — et de Maurice Quentin de La Tour : Portrait de femme[44]. Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784), peintre élève de Carle van Loo : Régulus sort de Rome pour se rendre à Carthage[45]. Tadeusz Kuntze (1727-1793), peintre silésien de l'école française, il est représenté dans le musée par une toile initialement attribuée à Jacques Gamelin : L'Enfant malade[46]. Jean-Baptiste Paulin Guérin, peintre français élève de Vincent Courdouan : Étude de tête d'homme[47]. Antoine Pesne (1683-1757); peintre portraitiste actif à Venise puis pour la cour de Prusse, élève de Charles de La Fosse : Samson et Dalila[48]. Jean Pillement (1728-1808) : Paysage[49]. Jean Raoux (1677-1734), peintre français élève d'Antoine Ranc, surtout connu comme portraitiste et peintre de scènes de genre : Portrait de Mme Nicolas de Poulhariez[50]. Hyacinthe Rigaud (1659-1743), peintre portraitiste français, prix de Rome en 1682, membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture dès 1700 : François Ier Castanier[51] ; Guillaume IV Castanier[52]. Antoine Rivalz (1667-1735), peintre officiel de Toulouse, élève de son père Jean-Pierre Rivalz, de Marc Arcis et de Raymond Lafage : Portrait de Pierre II de Poulhariez, capitoul de Toulouse en 1724. Hubert Robert (1733-1808), un des principaux artistes français du XVIIIe siècle qui s’illustra notamment comme dessinateur, peintre, graveur, professeur de dessin, créateur de jardins et conservateur au Muséum central des arts de la République, futur musée du Louvre : Paysage aux grands rochers[53]. Pierre Subleyras (1699-1749), peintre de la « génération de 1700 », élève d'Antoine Rivalz, prix de Rome en 1727 : Portrait de Madame Pierre II Poulhariez et de sa fille[54]. Pierre Augustin Thomire (1724-1808) : Portrait de Philippe Fabre d'Églantine[55]. Jean-Baptiste Tierce (1737-1794), peintre et dessinateur français, élève de Jean-Baptiste Marie Pierre, il a acquis une réputation de paysagiste : La Pêche au flambeau[56]. Anne Vallayer-Coster (1744-1818), artiste peintre française, élève de Madeleine Basseporte et de Claude Joseph Vernet. Elle est spécialisée dans le portrait et la nature morte, mais s’illustre aussi dans les tableaux de genre et la miniature. Claude Joseph Vernet (1714-1789), peintre, dessinateur et graveur français, élève de Louis René Vialy et de Philippe Sauvan, célèbre pour ses marines : Paysage à la cascade[57]. Louis Étienne Watelet (1780-1866), peintre paysagiste français. Vue de Civita-Castellana. Théodore Caruelle d'Aligny (1798-1871), peintre paysagiste français. Hercule terrassant l'hydre de Lerne. École française du XVIIIe siècle Adélaïde Labille-Guiard,Portrait de femme. Nicolas-Bernard Lépicié,Régulus sort de Rome pour se rendre à Carthage. Tadeusz Kuntze,L'Enfant malade. Paulin Guérin Étude de tête d'homme (1804). Antoine Pesne, Samson et Dalila. Jean RaouxPortrait de Mme Nicolas de Poulhariez. Hyacinthe RigaudGuillaume IV Castanier. Hyacinthe RigaudFrançois I Castanier. Antoine Rivalz,Portrait de Pierre II de Poulhariez. Hubert Robert,Paysage aux grands rochers. Pierre Subleyras,Portrait de Madame Poulhariez et de sa fille Anne. Pierre Augustin Thomire,Portrait de Philippe Fabre d'Églantine. Jean-Baptiste Tierce, La Pêche au flambeau (1776). Anne Vallayer-Coster,Bouquet de fleurs dans un verre d'eau. Claude Joseph Vernet,Paysage à la cascade. École française du XIXe siècle[modifier le code] Edmond Aman-Jean (1858-1936), élève d'Henri Lehmann à l'École des beaux-arts de Paris, ainsi que le condisciple de Georges Seurat, avec lequel il partage un atelier : Saint-Julien l'hospitalier[58],[59]. Hippolyte Berteaux (1843-1926), peintre français élève d'Hippolyte Flandrin, Léon Cogniet et Paul Baudry. Très actif à Nantes : La Jeune pastoure. Édouard Bertin (1797-1871), peintre et journaliste français élève de Jean-Auguste-Dominique Ingres : Vue des carrières de la Cervara[60]. Pierre Bouillon : Leonidas à la considération de sa fille Cleonide, se contente de bannir son gendre Cleombiote. Paul-Émile Boutigny (1853-1929), peintre, illustrateur et directeur de publication français, élève d'Alexandre Cabanel : Boule de suif. Jean-Eugène Buland (1852-1926), peintre français, élève d'Alexandre Cabanel à l'École des beaux-arts de Paris. Il s'inscrit dans le mouvement des peintres naturalistes : Mariage innocent[61] Léopold Burthe (1823-1860), peintre franco-américain, élevé d’Amaury-Duval, membre du mouvement nazaréen : Sapho jouant de la lyre[62] Alexandre Cabanel (1823-1889), peintre français, considéré comme l'un des grands peintres académiques du Second Empire, dont il est l'un des artistes les plus admirés puis décriés, élève de François-Édouard Picot : Martyr chrétien descendu dans une barque. Joseph Caraud (1821-1905), peintre français, élève d'Abel de Pujol et de Charles-Louis Muller: La Déclaration. Théodore Caruelle d'Aligny (1798-1871), peintre français, précurseur de l'école de Barbizon : Hercule combattant l'hydre de Lerne. Victor Charreton (1864-1936), peintre totalement consacré au paysage à la suite des impressionnistes, cofondateur avec Léon Boudal de l'École de Murol : Effet de neige. Louis Émile Dardoize (1826-1901), peintre et lithographe français. La nuit verte. Laure de Châtillon (1826 -1908), artiste peintre française de style post-romantique : L'Option. Camille Chazal (1825-1875), peintre français, fils du peintre Antoine Chazal et un proche parent du peintre Paul Gauguin : Jeunes filles au bord de la mer (1870). Fernand Cormon (1845-1924) : L'Âge de pierre, retour d'une chasse à l'ours[63] ; Portrait de Madame Cormon[64]. Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), peintre et graveur français, élève de Charles Le Roux et de Stanislas-Henri Rouart. Un des fondateurs de l'école de Barbizon : Paysage. Gustave Courbet (1819-1877), peintre et sculpteur français, chef de file du courant réaliste, élève de Charles-Antoine Flajoulot, Charles de Steuben et Nicolas-Auguste Hesse : Les Rochers d'Ornans ou les rochers de Mouthiers[65]. Louis Joseph Courtat (1847-1909), peintre français : Le Printemps (1878). École française du XIXe siècle Edmond Aman-Jean,Saint-Julien l'hospitalier (1882). Hippolyte Berteaux,La Jeune pastoure. Édouard Bertin,Vue des carrières de la Cervara. Pierre Bouillon,Leonidas à la considération de sa fille Cleonide, se contente de bannir son gendre Cleombiote. Paul-Émile Boutigny,Boule de suif (1884). Jean-Eugène Buland,Mariage innocent (1884). Léopold Burthe,Sapho jouant de la Lyre (1849). Alexandre Cabanel,Martyr chrétien descendu dans une barque (1855). Joseph Caraud,La Déclaration (1877). Victor Charreton,Effet de neige. Camille Chazal,Jeunes filles au bord de la mer (1870). Laure de Châtillon,L'Option. Fernand Cormon,Jeunes filles au bord de la mer (1870). Camille Corot,Paysage. Gustave Courbet,Les Rochers d'Ornans (1869). Louis Joseph Courtat,Le Printemps (1878). Édouard Debat-Ponsan (1847-1913), peintre français, élève d'Alexandre Cabanel : La Fille de Jephté (1876) ; Les Vaches[66]. François-Alfred Delobbe (1835-1920), peintre naturaliste français, élève de William Bouguereau et de Thomas Couture. Il reçoit de nombreuses distinctions et prix, dont une médaille en 1874 pour son tableau Joueur de flûte Champêtre. Jean Diffre (1864-1921), peintre toulousain : Le Triomphe de l'Espada (1898). Julien Dupré (1851-1910), peintre naturaliste français élève d'Isidore Pils, d'Henri Lehmann et de son beau-père, Désiré François Laugée : Dans la prairie. Henry d'Estienne (1872-1949), membre de l'Académie des beaux-arts, il est formé à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, élève de Jean-Léon Gérôme, il est portraitiste et rattaché au mouvement orientaliste : Portrait de grand-mère (Salon de 1899). Alexandre Falguière (1831-1900), sculpteur et peintre élève d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse et de François Jouffroy. Dans les années 1870, il réalise des toiles de grands formats comme étude préparatoire tel : Caïn portant le corps d'Abel[67]. Jules Grün (1868-1938) : La Cuisine. Jacques Guiaud (1810-1876) : Vue de Villefranche. Paul Guigou (1834-1871), peintre, illustrateur et poète français spécialisé dans les vues de Haute-Provence : Les Collines de Saint Loup. Armand Guillaumin (1841-1927), peintre et graveur, un des premiers et des plus fidèles participants du groupe impressionniste de l'école de Crozant : Les Lavandières. Paul Huet, peintre et graveur français, élève de Pierre-Narcisse Guérin et d'Antoine-Jean Gros, un précurseur de l'impressionnisme : Vue prise aux environs du col de Tende[68] (Salon de 1849). Victor Huguet (1835-1902), peintre orientaliste français, élève d’Émile Loubon à l’École des beaux-arts de Marseille, puis du peintre orientaliste Eugène Fromentin à Paris : Lisière d'oasis (1866). Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) peintre français, élève de Joseph Roques, Jean Suau et de Jacques-Louis David, champion de la doctrine du beau et de la primauté du dessin sur la couleur, en opposition successive aux courants romantiques et réalistes : Étude de tête et de torse d'homme. École française du XIXe siècle Édouard Debat-Ponsan,La fille de Jephté (1876). Édouard Debat-Ponsan,Les Vaches. François-Alfred Delobbe,Le Joueur de flûte champêtre (1894). Jean Diffre,Le Triomphe de l'Espada (1898). Julien Dupré, Dans la prairie. Henry d'Estienne, Portrait de grand-mère (1899). Alexandre Falguière, Caïn portant le corps d'Abel (1876). Paul Guigou, Les Collines de Saint-Loup (1856). Armand Guillaumin, Les Lavandières. Paul Huet, Vue prise aux environs du col de Tende (1849). Victor Huguet, Lisière d'oasis (1866). Jean-Auguste-Dominique Ingres,Étude de tête et torse d'homme (1797). Paul Huet, 1848Vue prise aux environs du col de Tende Jean Jalabert (1815-1900), conservateur du musée des Beaux-Arts de Carcassonne de 1862 à 1888 : La Villetade près de Sallèle Cabardès ; Portrait de Madame Alphonse Coste-Reboulh, née Dussau ; Portrait de Van Dyck ; Portrait de Françoise Bosquet ; Portrait de Jacques Gamelin ; Portrait de Marie-Claire Priscille Marguerite de Catellan ; Portrait de Raymond de Rolland ; Portrait d'Alphonse Coste Reboulh en Sorézien ; Portrait de Monseigneur de Bezons ; Portrait de M. Borel, avocat ; Autoportrait en miniature ; Portrait de Madame Coste, née Reboulh et de son fils Alphonse[69] ; Autoportrait de l'artiste en famille (1858). Louis-Auguste Lapito (1803-1874), peintre paysagiste français élève de Louis Étienne Watelet en 1818, puis de François-Joseph Heim. Il débute au Salon de Paris en 1827 et y expose jusqu'en 1870 : Paysage (1855). Achille Laugé (1861-1944), peintre et lithographe post-impressionniste élève d'Alexandre Cabanel et de Jean-Paul Laurens : Portrait de Guillaume Peyronnet (1882) ; Portrait de Madame Astre (1892), exposé au Salon des artistes français en 1894 et au Salon de la Société nationale des beaux-arts[70] ; L'Allée de Saules (1896) ; Portrait de femme (1896) ; Cailhau (1909) ; Fleurs et poires (1909) ; La Route de Cailhau (1910) ; Fleurs et fruits (1910) ; Le Relais (1909) ; Portait de d'Albert Sarraut ; L'évéché d'Aleth (1922) ; Une rue à Collioure (1926) ; Paysage-allée de peupliers (1928). Georges Laugée (1853-1937), peintre français élève de son père Désiré François Laugée, il était ami de Jean-François Millet. Il est connu pour sa peinture naturaliste de la vie paysanne aux champs : Les Premiers pas. Jean-Paul Laurens (1838-1921), peintre sculpteur français élève de l'École supérieure des beaux-arts de Toulouse, puis de l’École des beaux-arts de Paris où il est l’élève de Léon Cogniet et d’Alexandre Bida. Réputé pour ses scènes historiques : La Délivrance des emmurés de Carcassonne, huile sur toile, 431 × 351 cm, dépôt de l'État au musée d'Albi en 1879, puis au musée de Carcassonne en 1961[71]. Henri Lehmann (1814-1882), peintre français d'origine allemande, élève de son père Leo Lehmann (de) et de Jean Auguste Dominique Ingres. Portraitiste réputé, il reçoit de nombreuses récompenses. Léon Lhermitte (1844-1925), peintre et graveur naturaliste français, élève d'Horace Lecoq de Boisbaudran : La Moisson[72]. Maximilien Luce (1858-1941) : Lavandière. Évariste-Vital Luminais (1821-1896) : Combat de Romains et de Gaulois ; Le Dernier des mérovingiens[73]. Henri Marre (1858-1927), peintre impressionniste et pointilliste français élève de l'École supérieure des beaux-arts de Toulouse : Maisons et rochers à Larroque (vers 1906). École française du XIXe siècle Jean Jalabert,Autoportrait en miniature. Jean Jalabert, Alphonse Coste-Reboulh en Sorezien. Jean Jalabert, Portrait de Madame Coste, née Reboulh et de son fils Alphonse. Jean Jalabert, Autoportrait de l'artiste en famille (1858). Louis-Auguste Lapito, Paysage (1855). Achille Laugé, Portrait de Madame Astre (1892). Achille Laugé, L'Allée de saules (1896). Achille Laugé, Le Relais (1909). Achille Laugé,Fleurs et poires (1909). Achille Laugé,La Route de Cailhau (1910). Achille Laugé, Fleurs et fruits (1910). Achille Laugé, Portrait d'Albert Sarraut. Georges Laugée, Les Premiers pas. Jean-Paul Laurens,La Délivrance des emmurés de Carcassonne (Salon de 1879). Henri Lehmann,Le pêcheur et la nymphe (Salon de 1837). Léon Augustin Lhermitte,La Moisson (Salon de 1874). Évariste-Vital Luminais,Combat de Romains et de Gaulois. Évariste-Vital Luminais,Le Dernier des Mérovingiens. Henri Marre, Maisons et rochers à Larroque (vers 1906). Henri Martin (1860-1943), peintre post-impressionniste élève de l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse de 1877 à 1879 dans l'atelier de Jules Garipuy, puis à Paris où il devient l’élève de Jean-Paul Laurens : Paolo alatesta et Francesca da Rimini aux enfers[74] ; Autoportrait en saint Jean-Baptiste ; Paysage du Lauragais ; La Douleur ; Portrait d'Albert Sarraut (1897-1898)[75]. Eugène Médard (1847-1887) : En éclaireurs. Charles-Louis Müller (1815-1892), peintre d'histoire, de genre et portraitiste français, élève d'Antoine-Jean Gros et Léon Cogniet : L'Appel des dernières victimes de la Terreur à la prison Saint-Lazare le 7 thermidor an II, dépôt du musée de Tarbes en 1959. Léon Germain Pelouse (1838-1891), peintre paysagiste français de l'École de Barbizon. Élève d'Albert Rigolot et d'Eugène Galien-Laloue, chef de file de l'École de Cernay : Une ferme dans les bois ; Grandcamp à marée basse[76]. Marie Petiet (1854-1893) : Liseuse endormie (1882). Raphaël Ponson (1835-1904), peintre français, réputé pour ses paysages de la côte provençale, élève d’Émile Loubon : Bord de mer à Bandol. Henri Rachou (1855-1948), peintre et conservateur de musée français. Édouard Rosset-Granger (1853-1934), peintre de genre, portraitiste, paysagiste, pastelliste et illustrateur pour la presse et l'édition. Élevé d'Alexandre Cabanel, d'Édouard Louis Dubufe et d'Alexis-Joseph Mazerolle à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris : Orphée (1884). Philippe-Émile Roumens (1825-1901) : La Cité de Carcassonne ; Portrait de Paul Lacombe et de sa sœur Mme Serre[77] ; Portrait de femme ; Portrait d'Alphonse Mahul ; Portrait de Jean-Pierre Cros Mayrevieille ; Portrait de Monseigneur de La Bouillerie ; Portrait de Jean-Paul Raynaud ; Portrait du chanoine Léopold Verguet ; Portrait d'Alphonse Coste Reboulh ; Portrait de Marie-Thérèse Danés; Autoportrait. Narcisse Salières (1818-1908), peintre et illustrateur élève de Paul Delaroche et de Jean-Auguste-Dominique Ingres, essentiellement portraitiste : Portrait de Charles Portal de Moux ; Portrait d'Achille Mir Félibre Majoral ; Portrait de Prosper Lacombe ; Cimabue rencontrant Giotto (1876). Jules Salles (1818-1900), peintre français élève de Numa Boucoiran à Nîmes, et de Paul Delaroche à Paris. Il est réputé pour ses portraits d'abord, puis pour ses scènes de genre : Il Fratelino. Léonard Saurfelt, peintre français né en 1823 à Paris, actif de 1864 à 1877, notamment aux Pays-Bas : Le Marché (1877). Jean-Baptiste Jules Trayer (1824-1909), peintre français, fils du peintre Joseph Jean Trayer. Élève de son père et de Justin Lequien à l'Académie Suisse à Paris. Peintre de genre, il expose au Salon à partir de 1847 : Le Travail (avant 1876). Paul Vayson (1841-1911), peintre et graveur français élève de Charles Gleyre et de Jules Laurens, il s'est illustré principalement pour ces vues de la Provence rurale : Le Printemps (avant 1888). Vincent Vidal (1811-1887) peintre : Une paysanne bretonne, Autoportrait, Moïse sauvé des eaux, copie d'après Poussin. Achille Zo (1826-1901), peintre français, élève de Thomas Couture. Spécialisé dans les peintures à thèmes, le Pays basque (corridas, scènes d'Espagne), puis orientaliste. École française du XIXe siècle Henri Martin, Autoportrait en saint Jean-Baptiste (1883). Henri Martin, La Douleur (avant 1894). Henri Martin, Paysage du Lauragais (1891). Henri Martin, Portrait d'Albert Sarraut (1897-1898). Eugène Médard, En éclaireurs. Charles-Louis Müller, Appel des dernières victimes de la terreur dans la prison de saint Lazare.7, 9 thermidor 1794. Léon Germain Pelouse,Une ferme dans les bois. Léon Germain Pelouse,Grandcamp à marée basse (1884). Marie Petiet, Liseuse endormie (1882). Raphaël Ponson, Bord de la mer à Bandol. Henri Rachou, Le Cloître des Augustins (1899). Édouard Rosset-Granger, Orphée (1884). Philippe-Émile Roumens, La Cité de Carcassonne. Philippe-Émile Roumens, Portrait de femme. Narcisse Salières, Portrait de Charles Portal de Moux (avant 1870). Narcisse Salières, Cimabue rencontrant Giotto (1876). Jules Salles, Il Fratellino (avant 1876). Léonard Saurfelt,Le Marché (1877). Jean-Baptiste Jules Trayer, Le Travail. Paul Vayson, Le Printemps. Achille Zo, La Porte de Tolède (1869). École française du XXe siècle[modifier le code] Emmanuel de la Villéon (1858-1944): Labour, La route / Jalognes (Cher). Maurice Milliere (1871-1946): La dame au chapeau, La parisienne. Servais Detilleux (1874-1940), peintre, graveur et sculpteur belge: La femme en rouge. Albert Marquet (1875-1947), peintre post-impressionniste, élève de Gustave Moreau aux Beaux-Arts de Paris : Quai de Conti, l'automne. Francisque Poulbot (1879-1946): Gamin de Montmartre. Charles Camoin (1879-1965): Portrait de Jeanine, Portrait de femme avec le sourire. Henri Vergé-Sarrat (1880-1966) : Monastère de Pino, Cap Corse. Roger Grillon (1881-1938): Lagrasse, route de Ribaute. Charles Picart Le Doux (1881-1959): Portrait de femme. Charles Kvapil (1884-1958): Nu assis (1924). Pierre Brune (1887-1956): Catalane assise dans un fauteuil. François Desnoyer (1894-1972): Port breton. René Magritte (1898-1967) : onze dessins pour le manuscrit Les roses de janvier écrit en 1939 par Joë Bousquet (1897-1950). Robert Breitwieser (1899-1975): Cité de Carcassonne (1963); Serge Poliakoff (1900-1969) : Composition abstraite (1969). Hubert Yencesse (1900-1987): La danse (1958). Jean Marzelle (1905-2005): Nature morte au pichet. Georges Arditi (1914-2017): Composition. César Baldaccini, dit César (1921-1992) : Doigt, bronze. François Morellet (1926-2016) : Geometree 86016F (1986). Peter Klasen (1935) : Très fragile DB219 rouge (1988). Pierre Sulmon (1932-2008). À la suite d'une donation en 2023, le musée possède 156 de ses œuvres dans ses collections[78]. Jacques Houplain (1920-2020). À la suite d'une donation en 2024, le musée possède de nombreuses gravures dans ses collections. École française du XXe siècle Albert Marquet: Quai de Conti, l'Automne. Francisque Poulbot: Gamin de Montmartre. Roger Grillon: Lagrasse, route de Ribaute. École allemande[modifier le code] Otto Brandt (de) (1828-1892), peintre allemand. De 1850 à 1852, il travailla comme illustrateur à Berlin. De 1850 à 1856, il participa aux expositions de l'Académie de Berlin. Vers 1853, il se rendit à Paris où il étudia dans l'atelier de Léon Cogniet. Basé à Rome en 1854, Brandt travailla principalement en tant que peintre de paysages et de paysages : Paysanne avec enfant. Christian Seybold (1695-1768), peintre baroque allemand, célèbre pour ses portraits : Autoportrait. École allemande Otto Brandt (de), Paysanne avec enfant. Christian Seybold, Autoportrait. École italienne[modifier le code] Marco Benefial (1684-1764), peintre italien néoclassique, élève de Carlo Cignani, il a participé à la décoration de la chapelle du Sacrement de la basilique Saint-Pierre à Rome : Repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte[79]. Carlo Labruzzi (1748-1817), peintre néoclassique romain, directeur de l'Accademia di Belle Arti de Pérouse : La Cascade de Terni[80]. Giovanni Lanfranco (1582-1647), peintre italien baroque de l'école de Parme, élève d'Agostino Carracci : La Séparation de saint Pierre et de saint Paul, dépôt du musée de l'Histoire de France. Andrea Locatelli (1695-1741), peintre paysagiste italien, élève de son père Giovanni Francesco Locatelli : Voyageurs attaqués par des voleurs à l'entrée d'un bois[81] ; Paysage[82], tableau apparié avec le précédent. Francesco Noletti (1611-1654), surnommé il Maltese en raison de son origine maltaise, longtemps connu sous le nom de Francesco Fieravino jusqu'à la découverte de son identité véritable au début des années 2000. Spécialiste des natures mortes avec tapis et tentures : Nature morte au tapis[83]. Giuseppe Palizzi (1812-1888), peintre italien, élève d'Anton Sminck Pitloo et de Gabriele Smargiassi. Paysagiste romantique et animalier, proche de l'école du Pausilippe. Mattia Preti (1613-1699) : Le Reniement de saint Pierre[84]. Giovanni Richa (1600-1650), peintre napolitain : Saint Antoine le Grand. Salvator Rosa (1615-1673) : Tête de soldat. Giuseppe Sacchi (en), peintre italien baroque actif dans la deuxième partie du XVIIe siècle à Rome : David en prière. Pietro della Vecchia (1602-1678) : Le Muletier[85] ; La Femme du muletier[86]. José de Ribera (1591-1652) : Les larmes de Saint-Pierre. École italienne Marco Benefial,Repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte. Carlo Labruzzi, La Cascade de Terni. Giovanni Lanfranco, La Séparation de saint Pierre et de saint Paul. Andrea Locatelli, Paysage. Andrea Locatelli, Voyageurs attaqués par des voleurs à l'entrée d'un bois. Francesco Noletti, Nature morte au tapis. Giuseppe Palizzi, Intérieur de bergerie. Giovanni Richa, Saint Antoine le Grand. Giuseppe Sacchi (en), David en prière obtient la cessation de la peste. Pietro della Vecchia, Le Muletier. Pietro della Vecchia, La Femme du muletier. École hollandaise[modifier le code] Quirijn van Brekelenkam (1622-1669) : L'Oraison. Anthonie Jansz. van der Croos (1606-1662), peintre néerlandais du siècle d'or connu pour ses paysages de rivières, de forêts, avec en arrière-plan des villages, des châteaux, des palais ou des tours. Son œuvre est influencée par Jan van Goyen : Vue de la ville de Leyde. Henry Ferguson (1665 - 1730) est un peintre du Siècle d'or néerlandais ; fils et élève de William Gouw Ferguson. Il est mort à Toulouse :Paysage avec bergère et troupeau dans des ruines antiques Barend Graat (en), peintre néerlandais d'histoire et de retables, de paysages et de portraits à l'âge d'or. Il est également connu comme graveur et dessinateur : Portrait de famille dans un paysage. Dirck Hals (1591-1656), peintre néerlandais des Provinces-unies du siècle d’or. Frère cadet de Frans Hals, il a surtout réalisé des scènes de genre : Scène galante. Joris van der Haagen (1615-1679), peintre néerlandais du siècle d'or. Il est connu pour ses peintures de paysages : Environs d'Arnhem. Abraham Hondius (1631-1691) : Chasse à l'ours. Jan van Huijsum (1682-1749) peintre néerlandais réputé d’histoire, de portraits, de batailles, de marines ou de fleurs : Fleurs et fruits (dépôt du Musée des beaux-arts de Pau) Jan Lagoor (en) (1620-1660), né à Gorinchem mais installé à Haarlem en 1645, où il est devenu membre de la guilde de Saint Luc de Haarlem. En 1649, il était membre de la guilde et, au cours des années 1645-1651, membre du Haarlem schutterij. En 1653, il s'installe à Amsterdam. Il est déclaré en faillite en 1659 et quitte la ville : Paysage boisé. Nicolas Maes (1634-1693), peintre hollandais connu pour ses scènes de genre intimes et ses portraits, élève de Rembrandt: Enfant et triton. Œuvre récupérée à la fin de la seconde guerre mondiale, déposée par l'État 1954 ; en attente de sa restitution. Paulus Moreelse (1571-1638) peintre et architecte néerlandais du siècle d'or ; élève du portraitiste de Delft Michiel Jansz. van Mierevelt: Madame Van Schurman[87]. Aernout van der Neer (1603-1677) : Village hollandais au bord d'un canal. Jan van Goyen (1596-1656) Marchand d’art, peintre et dessinateur de paysages néerlandais du siècle d’or; Élève d’Esaias Van de Velde l'Ancien : Ferme au bord de la mer. Martinus Schouman (en) (1770–1848), peintre du nord des Pays-Bas, élève et petit-neveu d'Aert Schouman, il est connu pour ses marines et ses paysages et a été membre de la Société royale des beaux-arts de Bruxelles : Marine. Cornelis van Spaendonck (1756-1839), peintre néerlandais originaire de Tilbourg, élève de Guillaume-Jacques Herreyns. Il a dirigé un temps la manufacture de porcelaine de Sèvres. Il est surtout connu pour ses natures mortes de fleurs. David Teniers l'Ancien (1582-1649), peintre flamand et marchand de tableaux. Il est le frère de Juliaen Teniers, père de David Teniers le Jeune et le grand-père de David Teniers III. Il doit sa renommée à ses représentations du terroir et des paysages anversois : Intérieur hollandais; Le Cabinet d'un alchimiste. David Teniers le Jeune (1610-1690), peintre, graveur, dessinateur, miniaturiste et copiste flamand, particulièrement connu pour avoir développé le genre paysan et pour ses scènes de genre : Les Bûcherons. Willem van de Velde le Jeune (1633-1707), peintre flamand de marines, il est le fils de Willem van de Velde l'Ancien, autre peintre de marines, et l'élève de Simon de Vlieger : Marine[88]. Nicolaas Verkolje (1673-1746), graveur en manière noire et peintre néerlandais : L'Amour endormi auprès de Vénus. Jacob de Wet (1610-1672), peintre néerlandais du siècle d'or. Il est connu pour ses portraits de personnages bibliques et ses peintures de paysages : Nativité. Domenicus van Wijnen (1661-1695), peintre de l'âge d'or néerlandais, élève de Willem Doudijns (en) à La Haye. Il a vécu à Rome de 1680 à 1690. Il était spécialisé dans les allégories historiques : Le Rajeunissement des nourrices de Bacchus. École hollandaise Anthonie Jansz. van der Croos, Vue de la ville de Leyde. Henry Ferguson, Paysage avec bergère et troupeau dans des ruines antiques Barend Graat (en), Portrait de famille dans un paysage Dirck Hals, Scène galante. Joris van der Haagen, Environs d'Arnhem. Abraham Hondius, Chasse à l'ours. Jan van Huijsum, Fleurs et fruits. Jan Lagoor (en), Paysage boisé. Nicolas Maes, Enfant et triton. Paulus Moreelse, Madame Van Schurman. Aernout van der Neer, Village hollandais au bord d'un canal. Jan van Goyen, Ferme au bord de la mer Martinus Schouman (en), Marine. Cornelis van Spaendonck, Vase de fleurs avec nid. David Teniers l'Ancien, Intérieur hollandais. David Teniers le Jeune, Les Bûcherons. Willem van de Velde le Jeune, Marine. Nicolaas Verkolje, L'Amour endormi auprès de Vénus. Jacob de Wet, La Nativité. Domenicus van Wijnen, Le Rajeunissement des nourrices de Bacchus. École des Flandres[modifier le code] Nicasius Bernaerts (1620-1678), peintre flamand animalier et de nature morte. Élève de Frans Snyders, il fut le maître d'Alexandre-François Desportes : Gibier de plumes sur un rebord de pierre[89] ; Bataille de chiens et de chats. Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625), peintre baroque flamand. Maître de la Guilde des peintres de Saint-Luc à Anvers, il collabore à de nombreuses peintures avec Pierre-Paul Rubens : Paysage avec personnages[90]. Frans Francken II (1581-1642), peintre flamand des Pays-Bas. Connu essentiellement par ses tableaux de petites dimensions traitant souvent de sujets mythologiques, allégoriques et de scènes historiques et religieuses : Les 7 Œuvres de miséricorde[91]. Cornelis Norbertus Gysbrechts (vers 1630-après 1675), peintre flamand actif dans la deuxième moitié du XVIIe siècle et spécialisé dans les natures mortes et les trompe-l'œil : Nature morte, trompe-l'œil[92]. Philipp Ferdinand de Hamilton (1664-1750), peintre flamand actif à la cour de Vienne jusqu'à sa mort : Attributs de chasse[93]. Jacob Jordaens (1593-1678), peintre et graveur flamand : La Tentation de Madeleine[94]. Alexander Keirincx (1600-1652) : Le Repos des nymphes[95]. Jan Baptist Lambrechts (1680-1732), peintre flamand principalement connu pour ses scènes de genre de buveurs, de cuisiniers, de domestiques, de vendeurs de légumes et de paysans dansants : Scène dans un cabaret[96]. Michiel Jansz. van Mierevelt (1567-1641) peintre du siècle d'or hollandais, il acquit grand succès dans le genre des portraits environ 500 œuvres lui sont attribuées : Portrait d'homme ; Portrait de femme. École des Flandres Nicasius Bernaerts, Gibier de plumes sur un rebord de pierre. Nicasius Bernaerts, Bataille de chiens et de chats. Jan Brueghel l'Ancien, Paysage avec personnages. Frans Francken II, Les 7 œuvres de Miséricorde. Cornelis Norbertus Gysbrechts, Nature morte, trompe-l'œil. Jacob Jordaens, La Tentation de Madeleine. Philipp Ferdinand de Hamilton, Attributs de chasse. Jan Baptist Lambrechts, Scène dans un cabaret. Alexander Keirincx, Le Repos des nymphes. Michiel Jansz. van Mierevelt, Portrait d'homme. Michiel Jansz. van Mierevelt, Portrait de femme. École espagnole[modifier le code] Juan de Arellano (1614-1676), peintre de l'époque baroque, élève de Juan de Solis, spécialisé dans la peinture de fleurs : Corbeille de fleurs[97]. José de Ribera (1591-1652), peintre et graveur espagnol de l'époque baroque. Il est l'un des représentants du ténébrisme et de l'école napolitaine : Les Larmes de saint Pierre. Josep Maria Sert (1874-1945), peintre et photographe espagnol : Tobie et l'Ange. École espagnole Juan de Arellano, Corbeille de fleurs. José de Ribera, Les Larmes de saint Pierre. José Maria Sert, Tobie et l'Ange. École anglaise[modifier le code] Henry Nelson O'Neil (1817-1880) : Le Printemps, deux toiles. Sculpture[modifier le code] Hubert Lavigne (1818-1882), sculpteur, « Petit faune » (1866). Don de l'État. Antoine Bourdelle (1861-1929), sculpteur, élève d'Alexandre Falguière : Achille Laugé, 1884, buste en plâtre. Alexandre Falguière (1831-1900), sculpteur et peintre français, élevé d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse et de François Jouffroy : Jacques Gamelin, buste en bronze. Ayram (actif au XIXe siècle) : Fabre d'Eglantine, deuxième moitié du XIXe siècle, buste en plâtre. Denys Puech (1854-1942), sculpteur français élève de François Jouffroy puis d'Alexandre Falguière et d'Henri Chapu : Buste d'Eugène Poubelle, 1897, marbre de Carrare. Henry Maurette (1834-1898) : Buste de Casimir Courtejaire, 1897, marbre de Carrare. Yvonne Gisclard-Cau (1902-1990) : Torse de femme, 1946. Paul Manaut (1882-1959) : Jeune maternité, 1946. René Iché (1897-1954): Nu debout. Hubert Yencesse (1900-1987): Nu semi-couché. Sculptures de l'école française du XIXe siècle Hubert Lavigne « Petit faune » (1866). Exposé en bas de la rampe de l'escalier d'honneur de l'ancienne mairie. Alexandre Falguière, Jacques Gamelin. Ayram, Fabre d'Eglantine. Denys Puech, Buste d'Eugène Poubelle (1897). Henry Maurette, Buste de Casimir Courtejaire (1897). Antoine Bourdelle, Buste d'Achille Laugé (1884). Archéologie[modifier le code] Dauphin en grès de Pezens provenant de l'ancienne fontaine monumentale construite en 1676 sur la place Carnot à Carcassonne[98]. Emblème de la ville basse de Carcassonne à l'effigie de l'agneau pascal en pierre calcaire du XIVe siècle[99]. Dauphin en grès (XVIIe siècle). Emblème de la ville basse de Carcassonne (XIVe siècle). Arts décoratifs[modifier le code] Le musée présente une collection d'objets comprenant des pendules à musique et surtout un ensemble de faïences de Moustiers, de Marseille, de Delft et de vases signés Émile Gallé. Orfèvrerie[modifier le code] Deux vitrines présentent une collection de pièces d'orfèvreries civiles du XVIIIe siècle, principalement locale (Toulouse, Limoux, Carcassonne…), dont certaines sont estampillées des maîtres-orfèvres : Louis Ier Samson (1692-1752), Jean-Louis Duran (1715-1785), Etienne Siffren-Marrel (XVIIIe siècle), Philippe Aribaud (1736-1788), François Raffin (1746-1798), Claire Bertrand (seconde moitié du XVIIIe siècle)[100] ou Jean-Pierre Aribaud I (1719-1761) et II (1758-1820)[101]. Fonds du Premier Empire[modifier le code] Le musée possède un fonds napoléonien légué en partie par la famille du baron Guillaume Peyrusse, trésorier de l'Empereur et par son frère André, secrétaire du général Kléber. Découverte dans ses réserves en 2011, il présente la longue-vue, dont se servit Napoléon Ier sur le brick l'Inconstant pendant son retour de l'Île d'Elbe pour s'assurer de la marche d'une partie de sa flottille dans la nuit du 28 février au 1er mars 1815, avant les Cent-Jours[102],[103],[104],[105]. Il expose également le poignard de Souleyman el-Halaby avec lequel le général Kléber fut assassiné en Égypte en 1800[106],[107]. La longue-vue utilisée par Napoléon Ier en 1815 lors de son retour de l'île d'Elbe. Portrait du baron Guillaume Peyrusse signé Edouard-Joseph Corbet (1772-1825), visible au Musée des beaux-arts. Le poignard utilisé pour l'assassinat du général Jean-Baptiste Kléber. Expositions temporaires[modifier le code] Expositions temporaires Donation Faëss, du 24 janvier au 7 février 2026; Jacques Houplain, Des monts et merveilles, du 14 novembre 2025 au 1er mars 2026[108]; L'art du tatouage au Japon, du 21 juin 2025 au 28 septembre 2025[109]; Espace Images, en collaboration avec le Frac, du 14 mars au 30 septembre 2025; Regards sur Pierre Sulmon, du 15 novembre 2024 au 15 février 2025; Le Musée dresse la table, du 15 juin au 29 septembre 2024[110]; Association des amis du musée, 25 ans d'amitié, une belle synergie du 17 novembre 2023 au 16 mars 2024[111]; Viollet-le-Duc, trésors d'exception[112],[113] du 10 juin au 1er octobre 2023; Les Exceptionn'Elles[114], du 18 juin au 1er octobre 2022; Tapisser!es 1940-1970[115], du 17 décembre 2021 au 19 mars 2022; Philippe Shangti, The future is now[116], du 15 juillet 2020 au 31 octobre 2021; Carcassonne, ville d'art et d'artistes[117], du 29 novembre 2019 au 5 avril 2020; Jacques Font[118], une collection d'art contemporain, du 28 juin au 6 octobre 2019; Samouraï, art et symbolisme du Japon[119], du 9 novembre 2018 au 5 mai 2019; Collections et curiosités, dans les réserves du Musée des beaux-arts, du 24 février au 19 mai 2018; Jacques Gamelin, le nouveau recueil d'ostéologie et de myologie, du 21 octobre 2017 au 20 janvier 2018; André Marfaing, peintures et lavis, du 24 juin au 23 septembre 2017; Marie Madeleine, la passion révélée, du 24 février au 24 mai 2017; Eugène Pech, une vie de peinture, du 21 octobre 2016 au 14 janvier 2017; Mattia Bonetti, du 25 juin au 24 septembre 2016; Noël Garrigues, du 19 février au 21 mai 2016; Charles Camberoque, la bataille mise scène. Photographies, du 30 octobre 2015 au 24 janvier 2016; Raoul Dufy, tissus et créations, du 4 juillet au 4 octobre 2015; Tenues de soirée, 1826-1914, du 13 février au 20 mai 2015; Marie Petiet, être femme peintre au XIXe siècle, du 4 juillet au 27 septembre 2014; Camille Corot, dans la lumière du Nord, du 21 février au 21 mai 2014; Izzet Keribar, musées. Photographies, du 26 octobre 2013 au 23 janvier 2014; Collection Cérès Franco, acte I, les imagiers de l'imaginaire, du 28 septembre 2013 au 28 septembre 2014; Don Quichotte autour de Cervantès, du 21 juin au 4 août 2013; Olivier Debré, signes-personnages, signes-paysages, du 28 juin au 28 septembre 2013; Peintures du XXe au XXIe siècle du musée des Beaux-Arts de Carcassonne, du 22 février au 22 mai 2013; L'Estampe dans les collections du musée des Beaux-Arts de Carcassonne, du 19 octobre 2012 au 19 janvier 2013; Max Savy, une donation, du 22 juin au 22 septembre 2012; Jean Pidoux, du 24 février au 24 mai 2012; Fred Deux, du 21 octobre 2011 au 21 janvier 2012; Regard sur l'abstraction lyrique, Montparnasse et Saint-Germain-des-Près, du 17 juin au 18 septembre 2011; Roland Daraspe, orfèvre maître d'art, du 18 février au 15 mai 2011; Bernard Plossu, 101 éloges du paysage français. Photographies, du 15 octobre 2010 au 15 janvier 2011; Collection Cérès Franco, du 25 juin au 26 septembre 2010; Voir la musique, du 19 février au 15 mai 2010; Jacques Villon, d'une guerre à l'autre, du 20 juin au 20 septembre 2010; Achille Laugé, le point, la ligne, la lumière, du 16 octobre 2009 au 16 janvier 2010; Du portrait au XIXe siècle dans les collections du musée des Beaux-Arts de Carcassonne, du 13 février au 16 mai 2009; La reine de Saba et l'encens des dieux, du 24 octobre 2008 au 17 janvier 2009; Joan Miro, la métaphore de l'objet, du 20 juin au 21 septembre 2008; Yvonne Gisclard-Cau et Paul Manaut dans les collections du musée des Beaux-Arts de Carcassonne, du 28 février au 28 mai 2008; Cécile Reims grave Hans Bellmer, du 15 février au 15 mai 2008; Eugène Buland, 1852-1926, aux limites du réalisme, du 19 octobre 2007 au 19 janvier 2008; André Derain, sculpteur et photographe, du 15 juin au 16 septembre 2007; Par monts et par vaux, le paysage au XIXe siècle dans les collections du musée des Beaux-Arts de Carcassonne, du 16 février au 19 mai 2007; Les cuillères à sucre, passion d'un collectionneur, du 20 octobre 2006 au 20 janvier 2007; Marie Raymond - Yves Klein, du 16 juin au 17 septembre 2006; Félix Labisse, du 18 février au 14 mai 2006; Le cochon, portrait(s) d'un séducteur, du 21 octobre 2005 au 14 janvier 2006; Hans Hartung, carte blanche à Vicente Todoli, du 25 juin au 24 septembre 2005; Déballage, 20 ans du Fonds régional d'acquisition pour les musées du Languedoc-Roussillon, du 11 février au 7 mai 2005; Serge Poliakoff, Hans Bellmer, Jacques Gamelin, Achille Laugé et les autres. Quinze ans d'acquisitions au musée des Beaux-Arts de Carcassonne, du 15 octobre 2004 au 15 janvier 2005; Jean Augé, sculpteur, du 1er juillet au 15 août 2004; L'Égypte et l'opéra de Jean-Baptiste Lully à Philip Glass, du 18 juin au 19 septembre 2004; Edmond Aman-Jean (1858-1936), songes de femmes, du 7 février au 7 mai 2004; Fleurs et botanique, dans les collections du musée des Beaux-Arts et de la bibliothèque municipale de Carcassonne, du 17 octobre au 7 janvier 2004; Jacques Gamelin, peintre des batailles (1738-1803), du 13 juin au 14 septembre 2003; Jean-Baptiste Carpaux, sculpteur, du 7 février au 7 mai 2003; Évariste-Vital Luminais, peintre des Gaules, du 18 octobre 2002 au 4 janvier 2003; Antonio Seguí, 50 ans de création, du 14 juin au 22 septembre 2002; Serge Poliakoff, de novembre 2001 à février 2002; L'heure du thé, du 16 mars au 16 juin 2001; Portraits de femmes, la femme dans la peinture au XIXe siècle, du 17 novembre 2000 au 17 février 2001; Jean Camberoque, rétrospective, du 17 mars au 3 juin 2000; Teintures précieuses de la Méditerranée, pourpre, kermès et pastel, de novembre 1999 à février 2000; Jacques Gamelin (1738-1803) et les peintres de son temps, du 2 juillet au 2 octobre 1999; Gérard Schneider, peintures, du 20 février au 15 mai 1999; Armand Barbès et la révolution de 1848, du 6 novembre 1998 au 2 février 1999. Exposition organisée conjointement avec la Maison des Mémoires; Pour les yeux d'Isis, du 23 janvier au 19 avril 1998; Parfum d'Orient, la peinture orientaliste dans les collections publiques audoises, du 17 octobre 1997 au 5 janvier 1998; André Malraux, le texte et l'image, de avril à mai 1997; Jean Jalabert (1815-1900), de février à mai 1996; Jean-Marie Calmettes (1938-1994) rétrospective, de novembre 1995 à février 1996; Cléobis et Biton, un mythe oublié, du 9 juin au 11 septembre 1995; Tapisseries du Portugal, production de la manufacture de Portalegre (1977-1993), du 7 avril au 26 juin 1995; Louis Bausil (1876-1944), le peintre des pêchers en fleurs , de janvier à avril 1995; L'Aude préhistorique, de septembre 1994 à janvier 1995; Poètes audois dans la tourmente, André Chénier, Philippe Fabre D'Eglantine, Venance Dougados, du 22 avril au 18 juillet 1994; Verreries vénitiennes, maîtres verriers contemporains et des années 30, de janvier à mars 1994; Jagoda Buic, formes tissées, du 8 juillet au 19 septembre 1993; Trésors textiles du Moyen Âge en Languedoc-Roussillon, du 7 avril au 13 juin 1993; De re bellica, de l'art militaire dans les collections du musée des beaux-arts de Carcassonne et Saint-Rémi de Reims, du 24 juin au 17 septembre 1992; Paul Sibra, peintre de langue d'Oc, du 7 avril au 9 juin 1992; Philippe Cazal, D'une part, d'autre part, du 28 octobre 1991 au 13 janvier 1992; Héléne Quintilla, "Déclinaisons", photographies, de novembre à décembre 1991; Charles Camberoque, photographies de juillet à août 1991; Philippe Favier, œuvres récentes, du 27 mars au 4 juin 1990; Carsac et les origines de Carcassonne, du 8 novembre 1989 au 4 février 1990; Achille Laugé, portraits pointillistes, du 20 juin au 31 août 1990; Patrick Loste, œuvres récentes, du 30 septembre au 15 décembre 1989; Denis Laget, la solitude du citron, du 2 décembre 1988 au 31 janvier 1989; Anna-Eva Bergman, r&eacu
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:31 PM
|
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Intervention militaire chinoise au Tibet(1950-1951) 5 000 soldats tibétains tués[2] , 180 soldats tibétains tués ou blessés[3] 114 soldats de l'APL tués ou blessés[3] L' intervention militaire chinoise au Tibet, connue également sous le nom d' invasion du Tibet, désigne l'envoi, par la république populaire de Chine, d'une force armée au Tibet en pour reprendre le contrôle de ce territoire indépendant de facto depuis 1912.
L'intervention militaire chinoise au Tibet, connue également sous le nom d'invasion du Tibet, désigne l'envoi, par la république populaire de Chine, d'une force armée au Tibet en octobre 1950 pour reprendre le contrôle de ce territoire indépendant de facto depuis 1912. Cette opération militaire est appelée « libération pacifique du Tibet » par le gouvernement de la RPC, le terme « libération » désignant la reconquête de la Chine semi-colonisée et n'ayant rien de spécifique au Tibet[4],[5],[6]. Elle est qualifiée d'« invasion du Tibet » par le gouvernement tibétain en exil et les États-Unis. L'armée populaire de libération (APL) défait l'armée tibétaine le 7 octobre 1950 à Chamdo, chef-lieu du Kham (Tibet oriental). L'accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet, signé le 23 mai 1951 par des représentants du 14e dalaï-lama et le gouvernement de la RPC, met un terme au conflit et affirme la souveraineté chinoise sur le Tibet. Terminologie[modifier le code] L'opération est appelée « invasion du Tibet » par le gouvernement tibétain en exil[7], le Congrès américain[8], la revue d'analyse militaire Jane[9],[10], la Commission internationale de juristes[11] et le Center for World Indigenous Studies[12],[13],[14],[15],[16],[17],[18],[19]. Historique[modifier le code] Le Tibet prend une indépendance de fait à la révolution chinoise, après le soulèvement de Wuchang (1911)[20]. En 1933, le parti nationaliste chinois au pouvoir depuis 1912, divise le Tibet en deux avec à l'Est la province du Xikang, après la guerre Tibet-Qinghai et la guerre sino-tibétaine. En 1949[Quand ?], voyant que les communistes prenaient le contrôle de la Chine, le Kashag expulse tous les Chinois liés au gouvernement chinois, sous les protestations à la fois du Kuomintang et des communistes[21]. Le Parti nationaliste chinois se réfugie sur l'île de Taïwan (ou Formose). Le 1er octobre 1949, la république populaire de Chine (RPC) est déclarée par le Parti communiste chinois. Le 3 novembre 1949, le Kashag envoya une lettre au secrétaire d'État américain, Dean Acheson, lui demandant de soutenir l'adhésion du Tibet à l'ONU. Des appels similaires furent envoyés aux gouvernements indien et britannique. Le gouvernement indien donna comme argument contre cette candidature que l'URSS utiliserait son droit de veto au Conseil de sécurité, et que cette démarche agacerait la Chine inutilement. L'antenne du Foreign Office britannique à New Delhi était du même avis concernant l'URSS, et suggéra d'expliquer au Kashag la position des gouvernements occidentaux par l'intermédiaire du résident indien à Lhassa. Acheson souhaitant faire davantage pression sur l'Inde adressa un câble à Loy W. Henderson, ambassadeur américain en Inde. Quand K. P. S. Menon et Henderson abordèrent la question de l'admission du Tibet à l'ONU, Menon déclara, catégorique, que la requête du Tibet était sans espoir, et qu'un débat à l'ONU agiterait indûment la question tibétaine risquant de provoquer une réaction immédiate des communistes chinois. Un télégramme de Henderson à Acheson souligne qu'alors l'Inde avait pratiquement le monopole des relations étrangères et des communications tibétaines avec le monde non communiste[22]. En septembre 1950, le général Liu Bocheng et le représentant de la RPC au Sichuan, Deng Xiaoping, annoncèrent que le Tibet allait être « libéré »[23]. Le 7 octobre 1950, le général Zhang Guohua, à la tête de 40 000 soldats, franchit la Yangzi Jiang (Drichu)[24] en une demi-douzaine de points[23]. Selon le journaliste Thomas Laird, à Chamdo, chef-lieu du Tibet oriental (Kham), les unités extrêmement mobiles de l'APL encerclèrent rapidement les forces tibétaines dépassées en nombre, et le 19 octobre 1950, 5 000 soldats tibétains avaient été tués, et la petite armée tibétaine se rendit. Après confiscation de leurs armes, les prisonniers reçurent des livres sur le socialisme, un peu d'argent, et furent renvoyés chez eux[2]. Selon la république populaire de Chine, la bataille de Chamdo se termina le 24 octobre, se soldant par 114 soldats de l'APL et 180 soldats tibétains tués ou blessés[3]. Ngabo Ngawang Jigme, commandant-en-chef de l'armée tibétaine et gouverneur de Chamdo, capitula le 19 octobre 1950. Désormais entre les mains de l'Armée populaire de libération, il envoya, le 9 novembre 1950, un télégramme au gouvernement tibétain à Lhassa, l'informant de la nécessité d'envoyer des émissaires à Pékin pour y engager des pourparlers[24]. L'APL continua ensuite sa progression en direction du Tibet central, mais s'arrêta dans son avancée 200 km à l'est de Lhassa, à l'endroit que la Chine appelle la frontière de jure du Tibet[25],[17]. C'est ici qu'ils s'arrêtèrent et exigèrent la « libération pacifique » du Tibet. L'APL, tout en possédant un avantage militaire écrasant, souhaitait éviter l'intervention d'autres puissances telles que les États-Unis[26]. Selon le 14e dalaï-lama, l'APL n'attaqua pas les civils : « les Chinois étaient très disciplinés. Ils étaient comme les soldats anglais (en 1904). Même mieux que les Anglais, car ils ont distribué un peu d'argent (aux villageois et responsables locaux). Ils ont ainsi soigneusement tout planifié »[2]. L'APL envoya à Lhassa des prisonniers libérés (dont Ngabo Ngawang Jigme, le commandant en chef de l'armée tibétaine), pour convaincre le dalaï-lama de négocier. L'APL promit que si le Tibet était « libéré pacifiquement », les élites tibétaines garderaient leurs privilèges et leur pouvoir. Le 7 novembre 1950, le gouvernement du Tibet envoie un appel aux Nations unies concernant l'invasion du Tibet par la Chine. Le Salvador dans son époque autoritaire militaire, gouvernée par le lieutenant Óscar Osorio Hernández, seul à soutenir le gouvernement tibétain, propose une résolution aux Nations unies, mais en raison de la guerre de Corée qui se déroule au même moment, et de l'hésitation de l'Inde, le débat sur l'appel du Tibet aux Nations unies est ajourné[27]. Comme l'APL avait cessé le feu et demandé une négociation pacifique plutôt que d'entrer dans Lhassa par la force, l'ONU renonça à traiter la question du Tibet. L'association de la pression militaire, des rapports sur le bon traitement de la population locale et des prisonniers libérés ainsi que le manque de soutien international conduisirent les représentants tibétains à s'engager dans des négociations avec l'APL[2]. En mai 1951, les représentants tibétains signèrent à Pékin, avec le gouvernement central de la Chine, un accord en 17 points. Cet accord fut ratifié à Lhassa quelques mois après[28],[1]. En plus de reconnaître la souveraineté chinoise pour la première fois dans l'histoire tibétaine (point 1), les Tibétains étaient tenus désormais d'aider les troupes et les cadres de l'APL à occuper pacifiquement le Tibet (point 2). Les Tibétains acceptaient également de renoncer à s'occuper des affaires étrangères, de la défense des frontières et du commerce du Tibet (point 14) et acceptaient que l'armée tibétaine soit progressivement incorporée dans l'APL, quoique sans qu'une échéance précise soit fixée (point 8). Ils acceptaient également le retour du panchen lama au Tibet (points 5 et 6) et la création d'une nouvelle entité administrative, le Comité administratif militaire (point 15), distinct du gouvernement local tibétain et soumis au gouvernement populaire central[29]. Le texte contenait également une déclaration mettant fin officiellement à la monnaie tibétaine[30]. Le texte de l'accord reconnaissait l'autonomie régionale, la liberté religieuse et le maintien des revenus du clergé bouddhiste[31]. Selon le gouvernement chinois, le 26 octobre 1951, les troupes de l'APL, commandées par Zhang Guohua, entrèrent pacifiquement à Lhassa, où plus de 20 000 personnes se pressaient le long de leur passage. Il y eut une cérémonie de bienvenue en leur honneur, où Lhalu Tsewang Dorje fit un discours puis il y eut un banquet pour marquer la libération pacifique du Tibet et pour célébrer l'unité retrouvée des Han et des Tibétains. Y participèrent les chefs de la 18e armée et les principaux responsables du gouvernement tibétain. Le 19 novembre, le 14e dalaï-lama devait donner un banquet en l'honneur des officiers supérieurs de l'APL à Lhassa[32]. Conséquences[modifier le code] Incorporation du Tibet à la Chine[modifier le code] L'accord en 17 points, un traité, est conclu le 23 mai 1951 à Pékin entre des délégués du 14e dalaï-lama et de la république populaire de Chine : le Tibet, qui connaissait depuis 1912 une indépendance de fait, est incorporé à la république populaire de Chine. Cinq mois après la signature, le dalaï-lama envoie un télégramme à Mao Zedong pour exprimer, selon l'ambassadeur de Chine à Singapour Hong Xiaoyong, son soutien à l'accord et sa détermination à le mettre en œuvre[33]. Pendant huit ans, selon la formule du poète Jean Dif, « le parti communiste chinois va cohabiter avec l'une des dernières théocraties féodales du monde »[34], situation qualifiée par Rene Wadlow de « coexistence », le dalaï-lama ne se voyant attribuer alors qu'une position symbolique mais vide au sein du Parlement central chinois[35]. Selon l'historien Melvin Goldstein, il était évident que l'incorporation du Tibet à la république populaire de Chine amènerait deux systèmes sociaux opposés à un face à face. Au Tibet occidental, les communistes chinois optèrent pour ne pas donner à la réforme sociale une priorité immédiate. Au contraire, de 1951 à 1959, la société tibétaine traditionnelle avec ses seigneurs et ses propriétés seigneuriales reposant sur le servage continua à fonctionner inchangée. Malgré la présence de vingt mille soldats de l'APL au Tibet central, le gouvernement du dalaï-lama fut autorisé à maintenir le servage et des symboles importants de la période d'indépendance de facto[36]. Réaction indienne[modifier le code] À l'époque où l'APL attaque le Tibet, le Premier ministre adjoint de l'Inde Sardar Vallabhbhai Patel déclare : « Utiliser l'épée contre le peuple tibétain traditionnellement pacifique est injustifié. Aucun autre pays au monde n'est aussi attaché à la paix que le Tibet. Le gouvernement chinois n'a pas suivi l'avis de l'Inde de régler pacifiquement cette affaire. » Rajendra Prasad, président de l'Inde, déclara devant l'Assemblée nationale indienne : « L'Inde doit nécessairement être concernée par ce qui se passe au Tibet, dans l'espoir que l'autonomie de ce pays pacifique soit sauvegardée »[37]. Épilogue[modifier le code] L'accord en 17 points fut dénoncé 8 ans plus tard, en 1959, par le dalaï-lama et son gouvernement, qui affirment qu'il fut signé par les Tibétains sous la contrainte. Selon le gouvernement tibétain en exil, le Tibet vaincu et sous la menace de l'envoi d'une armée à Lhassa n'avait pas d'autre choix que de signer l'accord en 1951, traité qui fut dénoncé par le dalaï-lama au dzong de Lhuntsé dès son arrivée en Inde en 1959[38]. Annexes[modifier le code] Articles connexes[modifier le code] Conquête du Tibet par les Mongols Tibet sous le contrôle administratif de la dynastie Yuan Tibet sous la tutelle des Qing Expédition chinoise au Tibet (1720) Amban, urne d'or Tibet depuis 1950 Bataille de Markham Gartok Invasion du Tibet par les Gurkhas (1788-1791) et Expédition militaire britannique au Tibet (1903-1904) Soulèvement tibétain de 1959 Journée d'émancipation des serfs au Tibet Histoire du Tibet Débat sur la souveraineté du Tibet Chushi Gangdruk (résistance tibétaine) Bibliographie[modifier le code] Robert W. Ford, Tibet Rouge, Capturé par l'armée chinoise au Kham, Olizane, 1999 (ISBN 2-88086-241-8) : lire en ligne Liens externes[modifier le code] Invasion du Tibet par la Chine - Encyclopædia Universalis Invasion du Tibet par la Chine - Perspective Monde Notes et références[modifier le code] ↑ a et b (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, 1913-1951: The Demise of the Lamaist State, University of California Press, 1989 (ISBN 978-0520061408), pp. 812-813. ↑ a b c d et e (en) Thomas Laird, The Story of Tibet: Conversations with the Dalai Lama, Grove Press, 2006 (ISBN 0-80211-827-5), pp. 301-307. ↑ a b et c (en) Jiawei Wang et Nyima Gyaincain, The historical Status of China's Tibet, China Intercontinental Press, 1997, p. 209 [lire en ligne] (également reproduit sur The Local Government of Tibet Refused Peace Talks and the PLA Was Forced to Fight the Qamdo Battle, china.com.cn) : « The Quamdo battle thus came to a victorious end on October 24, with 114 PLA soldiers and 180 Tibetan troops killed or wounded. » ↑ (en) « Peaceful Liberation of Tibet ». ↑ (en) 50 Years In Tibet. ↑ « 50 ans de la libération pacifique du Tibet » - Le Quotidien du Peuple, 30 janvier 2002. ↑ (en) The Status of Tibet : « At the time of its invasion by troops of the People's Liberation Army of China in 1949, Tibet was an independent state in fact and law ». ↑ Cf la en:Concurrent resolution du Congrès américain en date du 21 mai 1991 : « exprimer que selon le sens du Congrès, le Tibet, y compris ces secteurs incorporés dans les provinces chinoises du Sichuan, Yunnan, Gansu et Qinghai qui ont été historiquement une partie du Tibet, est un pays occupé selon les principes établis du droit international […]. Alors qu'en 1949-50, la Chine a lancé une invasion armée du Tibet en infraction avec le droit international. » ↑ Intelligence Review de Jane, 001122 : « La Chine a envahi le pays en 1959 et a depuis été accusée de tactiques sanglantes visant à réduire la population indigène et s'assurer qu'elle serait dépassée en nombre par les Chinois ». ↑ (en) « Reborn supremacy: China's control of Tibetan reincarnation », 21 janvier 2008 : « Depuis l'invasion du Tibet alors indépendant en 1950, Pékin a assuré un contrôle militaire et politique étroit dans les secteurs stratégiquement importants ». ↑ (en) International Commission of Jurists - 5 juin 1959 : « En 1950, la Chine a assuré l'Inde que la Chine n'avait pas eu d'intention d'incorporer le Tibet à la Chine par la force ou d'une autre manière et voulait négocier avec le Tibet concernant la relation future du Tibet avec la Chine. Mais quelques semaines plus tard l'invasion du Tibet est intervenue ». ↑ (en) David L. Snellgrove et Hugh Richardson, A Cultural History of Tibet, Orchard Press, 2003, p. 267. ↑ (en) « Missions to Tibet », University of Texas, Dallas, 29 mai 2006 : « Quand la Chine communiste a envahi le Tibet en août 1950 ». ↑ (en) Eric Margolis, War At The Top of The World, Routledge, 2002 (ISBN 978-0-415-93468-8). ↑ (en) Tibet - Global Security « Le 1er octobre 1949, la république populaire de Chine a été formellement proclamée à Beijing et l'année suivante a lancé une invasion armée du Tibet. » ↑ (en) « Tibet's Sovereignity and the Tibetan People's Right to Self-Determination », 1er juin 1998. ↑ a et b (en) Samdhong Rinpoche, Donovan Roebert, préface du 14th Dalai Lama, Samdhong Rinpoche : Uncompromising Truth for a Compromised World : Tibetan Buddhism and Today's World, World Wisdom Books, 2006 (ISBN 978-1-9333-1620-8), pp. 116-117. ↑ (en) « Improving the Human Rights Situation in Tibet », German Bundestag parliamentary resolution, Bonn, Germany, 20 juin 1996. ↑ (en) Conrad Richter, « Tibetan Response to China's White on Tibet », Center for World Indigenous Studies, Olympia, WA, 1999. ↑ https://www.cairn.info/revue-materiaux-pour-l-histoire-de-notre-temps-2013-1-page-32.htm ↑ Shakya 1999, pp. 7-8. ↑ Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, pp. 209 et 213-215. ↑ a et b Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, p. 322. ↑ a et b Chronologie historique détaillée du Tibet sur le blog anonyme, tibet-info.net. ↑ (en) Tieh-tseng Li, Historical Status of Tibet, New York, Columbia University Press, 1956 [présentation en ligne] : « Chamdo is in Kham and outside of Tibet proper. The Chinese Communist army, though it had captured Chamdo, which was considered a part of Sikang, could not be said to have entered Tibet proper ». ↑ Shakya, 1999, pp. 33-45. ↑ Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié. ↑ (en) Tenzin Gyatso, Dalai Lama XIV, interview, 25 juillet 1981. ↑ Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, vol. 2 : the Calm Before the Storm, 1951-1955, 2007, pp. 104-105 : « In addition to acknowledging Chinese sovereignty for the first time in Tibetan history (point 1), the Tibetans would now assist the troops and cadres of the PLA to occupy Tibet peacefully (point 2). The Tibetans also agreed to give up control over Tibet's foreign affairs, border defense, and commerce (point 14) and agreed that the Tibetan army would be gradually incorporated into the PLA, albeit with no set deadline (point 8). They also accepted the return of the Panchen Lama to Tibet (points 5 and 6) and, in point 15, the creation of a new administrative entity, the Military Administrative Committee, separate from the Tibetan local government and under the Central People's Government ». ↑ (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, Vol. 2 : The Calm Before the Storm, 1951-1955, op. cit., p. 104. ↑ Richard Poulin, La politique des nationalités de la RPC de Mao Zedong à Hua Guofeng, chap. V : « La révolte tibétaine de 1959 ». ↑ (en) The Signing of the 17-Article Agreement and the Peaceful Liberation of Tibet, When the PLA Troops entered Lhasa, vol. 1, Chinese edition, p. 212 ; Tibetan edition, p. 344. Déclaration de Lhalu : « Dans le passé, lorsque les troupes impériales Qing, les troupes britanniques et les troupes du Kuomingtang vinrent au Tibet, il n'y eut pas de cérémonie en leur honneur. Seules les troupes de l'APL ont mérité un accueil chaleureux de notre part car les troupes de l'APL sont l'armée du peuple ». ↑ (en) China Did Well by Tibet - Hong Xiaoyong, The Straits Times (Singapour), 23 avril 2008, reproduit sur le site AsiaoneNews : « The Dalai Lama sent a telegram to Chairman Mao Zedong to express his support for the agreement and his determination to implement it ». ↑ Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (Suite 3). ↑ (en) Rene Wadlow, Book review of The World of the Dalai Lama, Quest Books, Wheaton, Illinois, 1998, 160 pages, sur le site Service Projects for All Humanity : « There were nine years of 'co-existence' during which the Dalai Lama lived in Tibet and China and was given symbolic but empty positions in the central Chinese Parliament along with the Panchen Lama, the other high religious/political figure of Tibet. » ↑ (en) Melvin C. Goldstein, A Histry of Modern Tibet, vol. 2, The Calm before the Storm, 1951-1955, University of California Press, 2007, p. 541 ; « In Tibet, However, Mao opted not to place "liberating the serfs" as an immediate priority. To the contrary, during the period of this history, traditional Tibetan society with its lords and manorial estates continued to function unchanged ». ↑ Patrick Souty, La guerre de Corée, 1950-1953 : Guerre froide en Asie orientale, Presses Universitaires Lyon, 2002 (ISBN 978-2-7297-0696-8) p. 123 [lire en ligne]. ↑ Michel Peissel, Les Cavaliers du Kham, guerre secrète au Tibet, Robert Laffont, Paris, 1972 (ISBN 9782221034446), pp. 138-139, 185-186, 206-207. v · m Conflits armés impliquant la république populaire de Chine Internes Guerre civile chinoise (1927-50) Invasion du Turkestan oriental (1949) Invasion du Tibet (1950–51) Révolte en Amdo en 1958 Soulèvement tibétain de 1959 Raid d'Akto (2007) Contre la république de Chine (post-guerre civile) Île de Nanri (1952) Île de Dongshan (1953) Îles Yijiangshan (1955) Achipel des Tachen (1955) 1re crise du détroit de Taïwan (1954-55) 2e crise du détroit de Taïwan (1958) Dong-Yin (1965) 3e crise du détroit de Taïwan (1995-96) 4e crise du détroit de Taïwan (depuis 2022) Externes Contre l'URSS Conflit sino-soviétique (1969) Contre les États-Unis et leurs alliés Guerre de Corée (1950-53) Guerre du Vietnam (1965-70) Contre l'Inde Guerre sino-indienne (1962) Contre le Vietnam du Sud Îles Paracels (1974) Contre le Vietnam Guerre sino-vietnamienne (1979) Conflit en mer de Chine méridionale v · mHistoire de la Chine après 1911 République de Chine Révolution chinoise de 1911 Guerre de protection de la nation Restauration mandchoue de 1917 Guerre civile chinoise Réunification chinoise de 1928 Décennie de Nankin Seconde guerre sino-japonaise (1937-1945) Massacre de Nankin République populaire de Chine Parti communiste chinois Maoïsme Petit Livre rouge Planification en république populaire de Chine Campagne des Cent Fleurs Rupture sino-soviétique Campagne anti-droitiste Campagnes des trois anti et des cinq anti Intervention militaire chinoise au Tibet Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet Révolte en Amdo en 1958 Soulèvement tibétain de 1959 Grand Bond en avant Grande famine chinoise Révolution culturelle Bande des Quatre Quatre Modernisations Mur de la Démocratie Manifestations de la place Tian'anmen Guerre civile chinoise Premier front uni chinois Soulèvement de la récolte d'automne Massacre de Shanghai Soulèvement de Nanchang République soviétique chinoise Longue Marche Accord de Xi'an Deuxième front uni chinois Première crise du détroit de Taïwan Deuxième crise du détroit de Taïwan Troisième crise du détroit de Taïwan Quatrième crise du détroit de Taïwan Personnalités Sun Yat-sen Tchang Kaï-chek Mao Zedong Liu Shaoqi Jiang Qing Zhou Enlai Hua Guofeng Deng Xiaoping Xi Jinping v · mGuerre froide Participants : États-Unis URSS ANZUS Mouvement des non-alignés OTAN OTASE Pacte de Varsovie Années 1940 Conférence de Yalta Opération Gold Opération Unthinkable Conférence de Potsdam Conflit coréen Affaire Gouzenko Crise irano-soviétique de 1946 Guerre civile chinoise Guerre civile grecque Incident du détroit de Corfou Discours de Stuttgart Guerre d'Indochine Doctrine Jdanov Doctrine Truman Conférence des relations asiatiques Plan Marshall Grèves de 1947 en France Tactique du salami Coup de Prague Rupture Tito-Staline Insurrection communiste en Malaisie Blocus de Berlin Affaire de Madiun Trahison de l'Ouest Rideau de fer Checkpoint Charlie Soldats maudits Résistance anticommuniste roumaine Frères de la forêt Crise des détroits turcs Partisans lituaniens Années 1950 Pacte sino-soviétique Intervention militaire chinoise au Tibet Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet Procès de Prague Guerre de Corée Opération Ajax Complot des blouses blanches Armistice de Panmunjeom Zone coréenne démilitarisée Insurrection de juin 1953 en Allemagne de l'Est Coup d'État de 1954 au Guatemala Accords de Genève Partition du Vietnam Rideau de bambou Première crise du détroit de Taïwan Accords de Paris (1954) Sommet de Genève (1955) XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique Déstalinisation Soulèvement de Poznań en 1956 Octobre polonais de 1956 Révolution hongroise de 1956 Crise du canal de Suez Crise du Spoutnik Deuxième crise du détroit de Taïwan Révolution cubaine Kitchen Debate Conférence de Bandung Amendement Bricker Maccarthysme Opération Strikeback Stay-behind Grand Bond en avant Crise de Berlin (1958-1963) Soulèvement tibétain de 1959 Grande famine en Chine Doctrine Hallstein Guerre du Vietnam Années 1960 Crise congolaise Conflit armé guatémaltèque Révolution sandiniste Rupture sino-soviétique Incident de l'U-2 Débarquement de la baie des Cochons Embargo des États-Unis contre Cuba Crise des missiles de Cuba Mur de Berlin Guerre sino-indienne Incidents du golfe du Tonkin Résolution du golfe du Tonkin Coup d'État de 1964 au Brésil Occupation de la République dominicaine par les États-Unis Guerre de la frontière sud-africaine Théorie des dominos Mouvement du 30 septembre 1965 en Indonésie Massacres de 1965-1966 en Indonésie Déclaration de l'ASEAN Guerre civile laotienne Guerre civile cambodgienne Dictature des colonels Révolution culturelle Guerre des Six Jours Printemps de Prague Invasion de la Tchécoslovaquie par le pacte de Varsovie Socialisme du goulash Années de plomb en Europe en Italie Conflit frontalier sino-soviétique de 1969 Années 1970 Normalisation en Tchécoslovaquie Détente Émeutes de la Baltique de 1970 Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires Septembre noir Diplomatie du ping-pong Accord quadripartite sur Berlin Visite de Richard Nixon en Chine en 1972 Accords de paix de Paris Coup d'État du 27 juin 1973 en Uruguay Enlèvement de Kim Dae-jung Coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili Guerre du Kippour Traités SALT Bataille des îles Paracels Guerres civiles en Éthiopie Chute de Saïgon Sommet de Vladivostok Guerre civile angolaise Accords d'Helsinki Guerre civile du Mozambique Guerre de l'Ogaden Génocide cambodgien Guerre entre le Cambodge et le Vietnam Guerre sino-vietnamienne Conflit cambodgien (1978-1999) Conflit hmong Guerre fraîche Opération Condor Coup d'État du 24 mars 1976 en Argentine Incident du peuplier dans la Joint Security Area Révolution de Saur Révolution iranienne Vol Korean Air Lines 902 Guerre civile du Salvador Rupture sino-albanaise Rébellion du Front démocratique national yéménite Guerre d'Afghanistan (1979-1989) Années 1980 Boycotts olympiques Solidarność État de siège en Pologne de 1981 à 1983 Coup d'État du 12 septembre 1980 en Turquie Crise en Amérique centrale RYAN Vol Korean Air Lines 007 Exercice Able Archer 83 Initiative de défense stratégique Invasion de la Grenade Crise des euromissiles Perestroïka Glasnost Nouvelle Détente Sommet de Genève (1985) Traité INF sur les forces nucléaires à portée intermédiaire Affaire Iran-Contra Opération Golden Pheasant Manifestations de la place Tian'anmen Voie balte Invasion du Panama par les États-Unis Accident aérien de Courtrai Chute du Mur de Berlin Chute des régimes communistes en Europe Die Wende Manifestations du lundi Révolution de Velours Révolution roumaine de 1989 Sommet de Malte Années 1990 Dislocation de la Yougoslavie Dislocation de la Tchécoslovaquie Unification du Yémen Réunification allemande Révolution démocratique de 1990 en Mongolie Accords de Paris sur le Cambodge de 1991 Putsch de Moscou Dislocation de l'URSS Années 2010 nouvelle guerre froide Ingérences russes dans l'élection présidentielle américaine de 2016 Sabotage des gazoducs Nord Stream guerre civile syrienne Annexion de la Crimée par la Russie en 2014 Conflit en mer de Chine méridionale Années 2020 Prélude à l'invasion de l'Ukraine par la Russie Invasion de l'Ukraine par la Russie Exercices militaires chinois de 2022 autour de Taïwan Guerre de Gaza depuis 2023 Guerre Iran-Israël des Douze Jours Géopolitique Superpuissance Bloc de l'Est Bloc de l'Ouest États communistes Monde libre Mouvement des non-alignés Chine communiste Conférence tricontinentale Géopolitique du pétrole Politique étrangèreet diplomatie Émigration depuis le bloc de l'Est Doctrine Truman Doctrine Jdanov Plan Marshall Endiguement Doctrine Eisenhower Théorie des dominos Doctrine Ulbricht Doctrine Kennedy Coexistence pacifique Ostpolitik Doctrine Johnson Doctrine Brejnev Doctrine Nixon Doctrine Carter Doctrine Reagan Rollback Doctrine Kirkpatrick Doctrine Sinatra Conférences de la guerre froide en Europe Mutual Defense Assistance Act Relations entre Cuba et l'URSS Relations entre les États-Unis et l'URSS Sommets États-Unis - Union soviétique Conférences internationales Organisations Organisation des Nations unies Conseil de sécurité des Nations unies Liste des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies Traités internationaux de la guerre froide Organisation du traité de l'Atlantique nord Pacte de Varsovie ANZUS OTASE ASEAN CAEM Kominform Communauté européenne Conseil de l'Europe OECE UEO Dissuasionnucléaire Dissuasion et prolifération nucléaires pendant la guerre froide Forces armées de l'OTAN et du pacte de Varsovie Course aux armements Course aux armements nucléaires Militarisation de l'espace Course à l'espace Initiative de défense stratégique Désarmement nucléaire Liste des traités de contrôle et de limitation des armements Arsenal nucléaire des États-Unis Arsenal nucléaire de la Russie Équilibre de la terreur Parapluie nucléaire Guerre secrète CIA KGB Histoire du renseignement soviétique et russe Office of Strategic Services Ethel et Julius Rosenberg Tentatives d'assassinat de Fidel Castro par la CIA Stasi Securitate SDECE DST SIS Reinhard Gehlen Opération Tamarisk Idéologie Libéralisme Impérialisme Capitalisme Thatchérisme Reaganomics Démocratie libérale Démocratie populaire Socialisme Communisme Histoire du communisme Marxisme-léninisme Stalinisme Trotskisme Maoïsme Titisme Hoxhaïsme Juche Propagande Antiaméricanisme Anticommunisme Pravda Radio Free Europe/Radio Liberty United States Information Agency Voice of America La Voix de la Russie Congrès pour la liberté de la culture Personnalités Harry S. Truman Joseph Staline Dwight D. Eisenhower George Marshall George F. Kennan Mao Zedong Zhou Enlai Tchang Kaï-chek Nikita Khrouchtchev Nikolaï Boulganine Viatcheslav Molotov Josip Broz Tito Enver Hoxha Hô Chi Minh Patrice Lumumba John Foster Dulles Winston Churchill Ernest Bevin Kim Il-sung Joseph McCarthy Norodom Sihanouk Andreï Gromyko Charles de Gaulle Georges Bidault Jean Monnet Robert Schuman Konrad Adenauer Walter Ulbricht Władysław Gomułka János Kádár John Fitzgerald Kennedy Che Guevara Mehdi Ben Barka Fidel Castro Léonid Brejnev Alexis Kossyguine Lyndon B. Johnson Richard Nixon Nicolae Ceaușescu Willy Brandt Henry Kissinger Erich Honecker Jimmy Carter Wojciech Jaruzelski Ronald Reagan Mikhaïl Gorbatchev George H. W. Bush Chronologie Portail des années 1950 Portail du Tibet Portail de la Chine Portail de la guerre froide Portail du communisme Portail de l’histoire militaire <img width="1" src="https://fr.wikipedia.org/wiki/Special:CentralAutoLogin/start?useformat=desktop&type=1x1&usesul3=1"; alt="" height="1" style="border: none; position: absolute;"> Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Intervention_militaire_chinoise_au_Tibet&oldid=233977479 ».
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:30 PM
|
Maghreb المغرب العربي (ar) ⵜⴰⵎⴰⵣⵖⴰ (ber) En vert, les pays membres de l' Union du Maghreb arabe. Administration Démographie Gentilé Maghrébins, Maghrébines Population 101 095 436 hab. (2019) Densité 17 hab./km2 Langue(s) arabe, arabe maghrébin, berbère, français PIB (2017) · PIB/hab.
Les contributeurs sont tenus de ne pas participer à une guerre d’édition sous peine de blocage. Cette page a récemment subi une guerre d’édition durant laquelle plusieurs contributeurs ont mutuellement annulé leurs modifications respectives. Ce comportement non collaboratif est interdit par la « règle des trois révocations ». En cas de désaccord éditorial, ils doivent en discuter et trouver un consensus avant toute nouvelle modification sur le même sujet. Le Maghreb (arabe : المغرب (al-Mağrib) est une zone géographique située en Afrique du Nord à l'Ouest de l'Égypte. Le terme tire son origine du point de vue des Arabes au VIIe siècle qui voient cette région comme la partie occidentale du monde géographiquement connu. Le califat omeyyade regroupe alors ses possessions nord-africaines à l'ouest de l'Égypte sous une même province (wilāya)[1]. Sous l’influence du nationalisme arabe moderne (XXe siècle), l’expression « Maghreb arabe » apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe ». En réalité, cette appellation idéologique, qui, contrairement au Machrek, éprouve le besoin de préciser le caractère ethnique, dissimule une arabisation tardive et partielle, ainsi que l’existence d’un fond de peuplement berbère et de vastes zones demeurées berbérophones. Le Maghreb est également un découpage de l'espace nord-africain et une construction historiographique héritée de la période coloniale. Il permet ainsi une délimitation essentiellement centrée sur la sphère d'influence française autour du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie[2]. À l'ouest du golfe de Syrte pendant la colonisation française, le terme Maghreb au sens strict désignait l'Afrique française du Nord (AFN) qui englobait l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Apparue dans les années 1950[3], la notion de « Grand Maghreb » se réfère à un espace qui inclut également la Libye et la Mauritanie, ainsi que le territoire contesté du Sahara occidental. Elle fait référence à un espace géographique, mais ce concept reste peu utilisé[4]. Le territoire de l'Azawad (partie nord du Mali) et l'Ouest du Niger, sont culturellement proches du reste du Maghreb. La limite orientale, elle, est plus floue : la Cyrénaïque, en Libye, reste fortement influencée par le Machrek[5], tandis que Siwa, Qara et certaines villes de l'ouest de l'Égypte[Lesquelles ?] sont des oasis berbérophones en territoire égyptien. Les îles Canaries, à l'ouest du Maroc, font partie de l'aire historico-culturelle berbère mais n'ont jamais été arabisées ni islamisées, et ne font pas partie du Maghreb. Le Maghreb occupe une superficie d'environ cinq millions de km2 partagés entre le bassin méditerranéen et le désert du Sahara, qui recouvre la majeure partie de son territoire : la population, d'environ 100 millions d’habitants, est de ce fait très inégalement répartie, et concentrée principalement sur les plaines littorales. Le Maghreb, situé à la croisée du monde arabe et des civilisations méditerranéenne et africaine, forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique caractérisée culturellement par la fusion d'éléments arabo-berbères[6]. Ses habitants, appelés Maghrébins, descendent essentiellement de son peuplement berbère autochtone. Au cours de l'Histoire se sont agrégées différentes vagues (Phéniciens, Vandales, Romains...), avant l'arrivée des Arabes au VIIe siècle. Il s'ensuit un large mouvement, quasiment complet, d'islamisation des populations, mais également un autre plus progressif et incomplet d'arabisation : le tamazight (berbère) comporte encore des millions de locuteurs au Maghreb. La majorité de la population est arabophone, mais l'essentiel du peuplement maghrébin est composé de Berbères arabisés. Bien qu'éloignés l'un de l'autre par divers aspects, le Maghreb et le Machrek sont néanmoins liés par la langue arabe et la culture islamique. L'histoire contemporaine du Maghreb est marquée par la présence ottomane et les colonisations française, espagnole, portugaise et italienne, mais aussi par sa proximité avec l'Europe de l'Ouest. Depuis 1989, une tentative de rapprochement politique et économique a été initiée avec la création de l'Union du Maghreb arabe. Étymologie et dénominations[modifier le code] Le terme Maghreb provient de l'arabe Maghrib, qui désigne le couchant, l'ouest, l'occident, en opposition au Mashriq, le Levant[7], c'est-à-dire « l'Orient », qui s'étend de l'Égypte à l'Irak et à la péninsule arabique[8],[9]. Les différentes dénominations utilisées pour désigner le Maghreb en arabe sont : Al-Maghrib (المغرب) « le Couchant, l'Occident », al-Maghrib al-Arabi (المغرب العربي) « l'Occident arabe », ou Al-Maghrib al-Kabir (المغرب الكبير) « le grand Maghreb ». Le Maghreb est aussi parfois surnommé l'Occident musulman[10]. Les géographes arabes délimitaient trois zones au Maghreb : Al-Maghrib al-Aqsa (Extrême-Maghreb ou Maghreb occidental, actuel Maroc), Al-Maghrib al-Awsat (Maghreb central, actuelle Algérie) et Al-Maghrib al-Adna (Proche-Maghreb ou Maghreb oriental, actuelle Tunisie, et incluant parfois la Libye)[11]. Les Arabes utilisèrent d'abord le nom de Jezirat Al-Maghrib, qui signifie « Île de l'Occident »[9], mettant alors en avant la situation de la région apparemment isolée entre une mer et un désert. Al-Maghrib en arabe désigne de nos jours aussi le Maroc ; toutefois, la langue distingue le terme Al-Maghrib Al-Araby (littéralement « Le Couchant arabe » mais souvent traduit par « Maghreb arabe ») de Al-Maghrib Al-Aqsa, qui signifie, pour désigner le Maroc « l'Occident lointain »[9]. Des activistes berbères utilisent le néologisme de Tamazgha (ⵜⴰⵎⴰⵣⵖⴰ en tifinagh), contestant l'appellation « Maghreb », au motif qu'elle n'est pas le nom originel de la région mais un terme employé dans l'historiographie arabo-musulmane, mais certains Maghrébins rejettent le mot Tamazgha qu'ils estiment être un néologisme qui n'a aucune historicité d'usage. Toutefois, ce terme dénote une certaine variété d'appréciation selon les tendances de ces activistes qui dépasse parfois le cadre géographique[12] ; ils ne l'appellent pas non plus Barbarie, terme qui vient de sa désignation, à l'époque de la Renaissance, par les Italiens, les Français et les Espagnols. Par le passé, cette région était connue sous le nom de « Libye », que l'on appelle aujourd'hui la Libye antique, ou encore Ifriqiya, qui a donné son nom à l'Afrique. Au Moyen Âge, le terme Maghreb désigne une partie de l'actuel Maghreb et comprend aussi le Maghreb al-Aqsa[13]. Le traducteur d'Ibn Khaldoun dit que le Maghreb al-Aqsa est l'actuel Maroc. Le Maghreb al-Awsat serait l'actuelle Algérie (provinces d'Alger et d'Oran) et le Maghreb al-Adna correspondait à l'Ifriqiya (Tunisie actuelle, ainsi qu'une partie de la Libye qui comprend Tripoli ; sous les Hafsides, s'ajoutaient également les provinces des Zibans, de Constantine, de Béjaïa). Ibn Khaldoun remplace parfois Maghreb al-Aqsa par Maghreb. Il donne ainsi Asfi (Safi) comme limite occidentale, et borne ce territoire par la chaîne de l'Atlas jusqu'à Agadir, situé entre la Moulouya, la mer, l'Atlas et la province de Souss. Bien que la plupart des chroniqueurs et géographes de cette période fassent correspondre l'ensemble maghrébin à l'Afrique septentrionale, comprenant parfois la Cyrénaïque, l'Égypte jusqu'à la mer Rouge, le géographe arabe médiéval Al-Maqdisi comprend par Maghreb, l'Afrique du Nord, l'Espagne et la Sicile[14]. La dimension géopolitique du terme et ses représentations amènent, elles, une approche différente du terme. Ainsi, le terme « Maghreb », en désignant le territoire composé de l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, est entendu dans une « acception restreinte »[8], voire une « acception française », selon la géographe Karine Bennafla[9]. Celle-ci relève par ailleurs, comme d'autres auteurs, que son usage est le fait des nationalistes arabes dans le but de promouvoir cet ensemble géographique, alors que les « autorités coloniales parlaient [elles] d'Afrique du Nord » pour le désigner[9],[14]. On trouve aussi d'autres usages au cours de la période coloniale, avec « Afrique septentrionale, Berbérie », ce qui permettait de distinguer cet ensemble du monde arabo-musulman, pour mieux l'assimiler[14]. Cet usage se fait à partir de 1956, dans le contexte de la crise de Suez[15]. Selon Rabah Kahlouche, de l'université de Tizi Ouzou, l'usage de l'épithète « arabe » dans le syntagme « Maghreb arabe » n'est popularisé largement, qu'à partir de la fin des années 1940[16], « de manière rare et marginale »[14] : ainsi en 1947, au Caire, est fondé notamment le « Comité de Libération du Maghreb Arabe », à partir de sept partis nationalistes originaires des trois pays d'Afrique du Nord[17]. Ainsi sous l’influence du nationalisme arabe moderne, l’expression « Maghreb arabe » n'apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe »[18],[19],[20] ,[21]. Historiquement, l’expression « Maghreb arabe » implique que le Maghreb serait arabe au même titre que le Machrek, une assimilation qui ne s’impose pourtant pas d’elle-même. En réalité, le Maghreb s’en distingue par une arabisation tardive et encore incomplète, laquelle a permis le maintien de vastes espaces berbérophones, aussi bien dans les zones montagneuses — Aurès, Kabylie, Atlas, Rif et Hoggar — que dans les oasis sahariennes, de Siwa en Égypte jusqu’au Mzab en Algérie, en passant par le Djébel Nefoussa en Libye. L’idéologie arabo-islamique ne nie pas totalement cette situation, mais tend à en atténuer la portée, notamment en s’appuyant sur des prétentions qui présentent les Berbères comme des cousins des Arabes originaires du Yémen. Cette démarche n’empêche toutefois pas la négation de l’existence de la ou des langues berbères, au profit de l’affirmation de l’arabe comme unique langue écrite légitime. Par ailleurs, certains auteurs arabo-musulmans manifestent une propension marquée à reléguer l’ensemble du passé antérieur à la conquête arabo-musulmane dans l’obscurité de la « jahiliya » (ignorance avant l'avenement de l'islam dans l'historiographie arabo-islamique)[21]. Il réapparaît de manière plus affirmée en 1989, avec la création de l'organisation régionale Union du Maghreb arabe (UMA), qui réunit les trois pays de l'Afrique du Nord — Algérie, Maroc, Tunisie — ainsi que la Libye et la Mauritanie[14]. Rabah Kahlouche parle ainsi de redondance dans l'emploi de ce terme — puisque selon lui le Maghreb est la partie occidentale du monde arabe —, et l'analyse comme un « besoin de réaffirmer et d'insister sur l'identité arabe du nord de l'Afrique [...] chez les dirigeants maghrébins »[14]. Cette insistance pourrait ainsi être considérée comme une réponse à l'ancienne qualification coloniale, mais aussi au régionalisme berbère[14]. Histoire[modifier le code] Article détaillé : Histoire du Maghreb. Préhistoire[modifier le code] L’inclination de la terre a changé générant une désertification rapide du Sahara environ 3 500 avant l'ère chrétienne (5500 avant le présent)[22]. Cela conduisit à une barrière qui limitait le contact entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Cette région qu'est l'Afrique du Nord est peuplée dès la Préhistoire par plusieurs peuples : Les Ibéromaurusiens (proto-berbères) entre 25 000 à 10 000 ans, les plus anciens habitants de la région, et considérés comme indigènes à l'Afrique du nord. Les fermiers anatoliens à partir de 6 500 - 3 000 avant notre ère, les Ibéromaurusiens vont être confrontés à une vague d'immigration de fermiers anatoliens immigrés d'Europe. Ces fermiers anatoliens vont entrer en conflit partiel avec les proto-berbères jusqu'à même changer la démographie de l'époque[23],[24]. Les Capsiens vers 7500 à 4000 avant notre ère, présents principalement dans l'actuelle Tunisie et l'est algérien : ils sont très différents des Ibéromaurusiens[25](berbères), et montrent des similitudes avec le Natoufien, l'ancêtre préhistorique des Arabes et Égyptiens (l'ADN natoufien étant majoritairement séquencé dans la péninsule arabique[26]). Les Arabes d'Arabie montrent un lien dans leur séquençage autosomal avec le Capsien[27],[28],[29]. Antiquité[modifier le code] À partir du début de l'Antiquité, l'Afrique du Nord est très diverse, plusieurs peuples berbères, égyptiens et arabes coexistent mais avant l'arrivée des Romains, les berbères ne se sont jamais définis eux-mêmes comme un peuple : durant toute leur histoire, ils ont été divisés en plusieurs tribus, et devaient plutôt s'identifier en référence à ces dernières[30]. Les Romains désignent ces peuples par le terme barbarus, puis récupéré par les Arabes en barbar. À partir du VIIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens un peuple sémitique immigré du Moyen-Orient, installent des comptoirs partout à travers l'Afrique du Nord dont le plus prospère est Carthage et colonise les peuples berbères. Les Phéniciens vont immigrer massivement, et leurs poids démographique et culturel vont se faire ressentir. En parallèle, ils vont se métisser avec les populations berbères, ce qui va donner naissance aux Lybo-phéniciens : ils sont mentionnés pour la première fois par Hécatée de Millet, cité par Étienne de Byzance. Un texte très controversé, Le Périple d'Hannon, les mentionne. Polybe les considère comme des sujets des Carthaginois ayant les mêmes lois qu'eux en tant que métis phéniciens-berbères. Pour Diodore de Sicile (XX, 55, 4), il s'agirait d'habitants des villes maritimes qui possédaient le conubium (le droit de mariage) avec les Carthaginois et devaient leur nom à ce mélange d'ethnies[31], Tite-Live les considère comme un mélange de Puniques et d'Africains. Strabon, (XVII, 3, 19) place leur origine entre le littoral carthaginois et les montagnes de Gétulie. Pline (Histoire naturelle, V, 24) dit qu'ils habitent le Buzakion. Ce que précise peut-être Ptolémée qui les situe au sud de la région de Carthage et au nord de la Buzakitis. En fait ces Libuphoinikès (locuteurs d'une langue libyenne) étaient limités au sud de Carthage[32]. Leur influence culturelle fut importante puisqu'ils ont été les intermédiaires culturels entre la civilisation phénicienne et les berbères. Les Phéniciens créeront les premières villes de l'ouest de l'Afrique du Nord comme Volubilis, Utique, Carthage, etc. Les guerres puniques opposent les Carthaginois aux Romains qui prennent possession du territoire. À son apogée, l'Afrique romaine s'urbanise et se christianise. Cette Église d'Afrique, composée de Berbères en majorité chrétiens (Romano-africains), a été au fondement du christianisme européen[33]. Au Ve siècle, un peuple germanique de religion chrétienne et originaire de l'actuelle Allemagne, les Vandales, traverse le détroit de Gibraltar et envahit le Maghreb ; ils représentent environ 80 000 personnes[34]. Ils y fondent un royaume éphémère qui sera détruit au VIe siècle à la suite de la défaite vandale face aux armées du général Bélisaire[35], qui réintègre ainsi l'Afrique du Nord dans l'Empire romain, alors représenté par la civilisation byzantine. Ruines romaines de Timgad (Algérie). Bassin à mosaïques de l'ancienne cité romaine de Volubilis (Maroc). Ruines de Thuburbo Majus (Tunisie). La conquête arabe[modifier le code] Article connexe : Conquête musulmane du Maghreb. La première invasion arabe en Afrique du Nord, dirigée par Abdallah Ibn Saad, résulte en des pillages survenant après la bataille de Sufétula, affaiblissant grandement les forces de Grégoire le Patrice. Gennadios II assure le retrait des arabes qui acceptèrent de partir en échange du paiement d'un lourd tribut en or[37] Les années 665 à 689 voient une nouvelle invasion arabe de l'Afrique du Nord sous le commandement d'Oqba Ibn Nafi al-Fihri. L'expedition mène à la fondation de Kairouan dans l'actuelle Tunisie, première implantation de l'islam dans la région. Après cela, comme l'écrit Edward Gibbon, Oqba Ibn Nafi « pénétra dans l’intérieur des terres ; il traversa le désert où ses successeurs ont élevé les brillantes capitales de Fez et de Maroc ; et il arriva enfin au rivage de la mer Atlantique et à la frontière du grand désert ». Le général assiège plusieurs villes côtières mais est arrêté et partiellement repoussé. À son retour d'expédition l'armée d'Uqba Ibn Nafi est prise en embuscade par une armée berbéro-byzantine dirigé par le roi berbère Koceila. Oqba Ibn Nafi et son lieutenant Abou al-Mouhajir Dinar sont tués ainsi que le gros des troupes arabes. les Omeyyades sont expulsés de la région de l'actuelle Tunisie, ou au moins jusqu'au-delà de Gabès[38], tandis que Koceïla se rend maître de Kairouan[39]. Le territoire n'en reste pas moins disputé. La troisième invasion entraine un retour de l'influence omeyyade sur l'Afrique du nord sous le commandement d'Hassan Ibn Numan. Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena[40]. Les Byzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en 696 pendant que la Kahena allié des Byzantins remporte une bataille contre les Arabes en 697[40]. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en 698 par vaincre les Byzantins et tuer la Kahena [41].Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Certains Berbères du Maghreb se sont rapidement convertis mais les autorités arabes ont continué à les traiter comme des personnes de seconde zone, en prélevant sur eux la djizia et le kharaj des impôts initialement collecté sur les dhimmi, en violation direct avec la loi islamique. Bien que les Berbères aient entrepris une grande partie des combats lors de la conquête omeyyade de l'Hispanie, ils reçurent une part moindre du butin et furent fréquemment affectés à des tâches plus dures. Toutes ces injustices contribuèrent à la montée du kharidjisme, forme puritaine de l'Islam, promettant un nouvel ordre politique, dans lequel tous les musulmans seraient égaux, et plus tard à la Grande révolte berbère qui morcellera le Maghreb occidental en plusieurs états indépendants. En 800, le calife abbasside Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab[42] et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire[43]. Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside[43]. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa grande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée[44]. À la fin du règne de Ziadet Allah Ier (817-838), Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 909[45].Appuyée par les tribus berbères Kutama qui forment une armée fanatisée, l’action du prosélyte ismaélien Abu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909)[46]. En décembre 909, Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides, qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique subsaharienne. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile[47] en 948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en 972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah confie à Bologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie des Zirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide[47], ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère[46]. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison[46]. Le début du XIe siècle, marque le début des invasions hilaliennes de l'Ifriqiya les estimations en termes de déplacement de population varient selon les historiens 250 000[48] a 500 000[49] a 700 000[50]. Selon Luis del Mármol Carvajal les Hilaliens auraient été plus d'un million à immigrer, et il estime la population hilalienne à son époque à 4 000 000 en 1573[51],[52],[53] se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en 1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de la Medjerda restant la seule route fréquentée par les marchands[46]. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par les Normands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions de piraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime. Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères[46]. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié du VIIe siècle, la langue arabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères vont, sinon céder la place à la langue arabe Colonisation occidentale[modifier le code] Algérie[modifier le code] Article détaillé : Algérie française. Libye[modifier le code] Article détaillé : Libye italienne. Maroc[modifier le code] Article détaillé : Protectorat français au Maroc. Sahara occidental[modifier le code] Article détaillé : Histoire du Sahara occidental. Mauritanie[modifier le code] Article détaillé : Mauritanie. Tunisie[modifier le code] Article détaillé : Protectorat français de Tunisie. Géographie[modifier le code] Articles détaillés : Géographie de l'Algérie, Géographie de la Libye, Géographie de la Mauritanie, Géographie du Maroc et Géographie de la Tunisie. Le Maghreb possède une superficie totale de plus de six millions de kilomètres carrés avec de fortes disparités d’un pays à l’autre[54]. Cette région est bordée au nord par la mer Méditerranée, à l'ouest par l'océan Atlantique et au sud par le désert du Sahara. Elle est traversée par la chaîne de l'Atlas sur plus de 2 000 kilomètres. Littoral[modifier le code] De Tobrouk à Agadir, le Maghreb possède une façade maritime qui s’étend sur près de cinq mille kilomètres en bordure de la mer Méditerranée, jusqu’à Tanger, et sur 700 km le long de l’océan Atlantique entre Tanger et Agadir. La côte devient ensuite désertique jusqu’à l’embouchure du fleuve Sénégal, 1 500 km plus au sud[55]. La région n'est pas épargnée par les séismes. Le séisme d'Agadir (Maroc) fait plus de 15 000 morts en 1960[56]. Plus récemment, le 21 mai 2003, le séisme de Boumerdès (Algérie) provoqua la mort de 2 217 personnes alors que le séisme d'Al Hoceïma (nord du Maroc) fit 629 morts[57] et une centaine de blessées. Vue de la baie d'Alger depuis l'ouest. Vue sur la ville d'Agadir. Vu à la plage de Tafsout à Honaïne. Vue sur la corniche de Monastir. Réserve de biosphère du parc du Gouraya (Béjaïa). Relief[modifier le code] La chaîne de l'Atlas traverse le Maghreb d'est en ouest et forme une protection naturelle contre la progression du désert. Elle s'élève à plus de 4 000 m d'altitude — son point culminant est le djebel Toubkal au Maroc culminant à 4 167 m[58] — et a longtemps servi de refuge aux populations berbères. Aujourd'hui encore, les éleveurs et agriculteurs berbères vivent dans ces régions montagneuses en conservant leur identité culturelle[59]. Le climat y est plus froid en altitude et peut parfois être franchement rigoureux en hiver. Durant cette saison, les sommets de l’Atlas sont recouverts de neige. Les principaux massifs montagneux de l'Atlas se structurent du sud-ouest vers le nord-est : l’Anti-Atlas ( Maroc) ; le Haut Atlas ( Maroc) ; le Moyen Atlas ( Maroc) ; l’Atlas saharien ( Maroc) ( Algérie) ; l’Atlas tellien ( Algérie). Ils se décomposent ensuite en différents massifs secondaires : la dorsale tunisienne ( Tunisie) ; le Djurdjura ( Algérie) ; Ouarsenis ( Algérie) ; l'Aurès ( Algérie) ; le Dahra ( Algérie). Autres grands massifs : le Rif ( Maroc) ; le Hoggar ( Algérie). Le djebel Toubkal dans le Haut Atlas, plus haut sommet d'Afrique du Nord, culminant à 4,167 m. Vue sur le versant nord-ouest du Djurdjura. Vue sur la montagne de Bou Remli à l'arrière plan près de la ville de Gafsa. Désert[modifier le code] Zone déserte près de Ouarzazate (sud du Maroc). Paysage du gouvernorat de Tataouine (sud de la Tunisie). Le cirque de moul n'ga dans la Tadrart, Parc culturel du Tassili (sud est Algérie). Tissu urbain[modifier le code] Article détaillé : Liste des agglomérations les plus peuplées du Maghreb. Le Maroc par sa géographie ouverte, est un pays de grandes villes, tandis que la Tunisie, de par son exiguïté, un pays de petites villes, alors que l’Algérie privilégie l’émergence des villes moyennes[60]. Classement des grandes villes du Maghreb par population[61],[62],[63],[64],[65] Rang Ville Population (2008-2014 selon le pays[66]) 1 Casablanca 3 359 818 2 Alger 2 364 230 3 Fès 1 112 072 4 Tunis 1 056 247[67] 5 Nouakchott 958 399 6 Tanger 947 952 7 Tripoli 940 653 8 Marrakech 928 850 9 Salé 890 403 10 Oran 803 329 11 Constantine 609 499 12 Rabat 577 827 13 Meknès 520 428 14 Oujda 494 252 Classement des agglomérations du Maghreb les plus grandes Rang Agglomération Population (2015) 1 Alger 7 796 923[68] 2 Casablanca 4 270 750[68] 3 Tunis 2 643 695[68] 4 Rabat 2 134 533[68] 5 Oran 1 343 899[68] 6 Marrakech 1 330 468[68] 7 Fès 1 150 131[68] 8 Constantine 1 148 604[68] 9 Agadir 1 141 717[68] 10 Tanger 1 065 601[68] 11 Nouakchott 1 012 230[68] 12 Annaba 823 682 13 Benghazi 633 964 [réf. à confirmer] 14 Sfax 615 430 [réf. à confirmer] Maroc, Marrakech la ville rouge. Algérie, Ville de Ghardaïa classée au patrimoine mondial par l'UNESCO. Maroc, Tanger vue de nuit. Maroc, Rabat capitale du Maroc. Tunis, capitale et première agglomération de Tunisie. Alger, capitale de l'Algérie. Oran, deuxième ville d'Algérie. Sidi Bou Saïd, banlieue nord de Tunis. Vue sur la vieille ville de Casablanca. Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Tripoli, capitale de la Libye. Sfax seconde ville de la Tunisie, . Sousse, troisième ville de la Tunisie Constantine la troisième ville d’Algérie Économie[modifier le code] Articles détaillés : Économie de l'Algérie, Économie de la Libye, Économie du Maroc, Économie de la Mauritanie et Économie de la Tunisie. Après la proclamation de l'indépendance des divers pays, les gouvernements respectifs optent pour la planification économique. Le PIB par habitant progresse mais l'économie du Maghreb doit faire face à de nouveaux défis[69]. Aujourd'hui, elle est confrontée à la mondialisation. Cela conduit les gouvernements à privatiser de larges secteurs de leurs économies. La crise affecte la croissance du PIB, augmente la dépendance alimentaire et favorise les émeutes à caractère social (comme les « émeutes du pain » tunisiennes en 1983-1984). Le développement économique a entraîné une transformation des paysages du littoral (stations touristiques, agriculture intensive et urbanisation accélérée)[70]. Face à la mondialisation, les pays du Maghreb ont tenté de timides rapprochements dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe[71] mais les réalisations communes apparaissent bien modestes en raison des différences politiques de ses membres. Ainsi, le Maghreb reste l'une des régions du monde qui est la moins intégrée commercialement[72]. Économie des pays du Maghreb(estimations pour l'année 2012) Pays Algérie Libye Maroc Mauritanie Tunisie Chômage (en %) 11,7[73] 30 (est. 2004)[74] 9,80[75] 30 (est. 2008)[76] 18,80[77] PIB (PPA) (en milliards $) 274,5[78] 87,9[79] 171,0[80] 7,6[81] 104,4[82] Taux de croissance (en %) 2,6[83] 121,9[84] 2,9[85] 5.3[86] 2,7[87] Nombre de travailleurs (en millions) 11,260[88] 1,875[89] 11,780[90] 1,318 (est. 2007)[91] 4,014[92] Taux d'inflation (en %) 8,5[93] 3,6[94] 1,4[95] 7,0 (est. 2011)[96] 5,9[97] Population sous le seuil de pauvreté 11,06[98] 9 9.8 Utilisation d'Internet (millions d'internautes)[99] 6[100] 0.3 12[101] 0.07 3.5 Investissement Étranger (en milliards de dollars) 15,60 42.19 33.56 Exportations (en milliards de dollars) 52.03 14.49 16.11 Importations (en milliards de dollars) 38.5 34.19 20.02 1er et 2e Partenaires Commerciaux (Exportations) États-Unis Italie Algérie Italie Espagne France[102] France Italie 1er et 2e Partenaires Commerciaux (Importations) Chine Italie[103] Algérie Chine France Espagne[103] France Italie[103] Sources : CIA World Factbook. Ministère des Finances à Alger. Siège de la Société tunisienne de banque. Secteur primaire[modifier le code] L'agriculture au Maghreb a connu d'importantes mutations depuis les années 1970 : mécanisation, utilisation d'engrais et irrigation moderne ont entraîné une augmentation des productions agricoles. Le monde agricole n'échappe pourtant pas à la crise et l'essor des récoltes ne suit pas l'accroissement démographique. Par son appartenance au bassin méditerranéen, les produits de l'agriculture maghrébine sont les céréales, l'élevage des ovins et des caprins, le maraîchage, les agrumes, la vigne, la pêche et l'huile d'olive. Le Maroc est aussi l'un des premiers exportateurs mondiaux de haschich[104],[105]. La région dispose en outre d'importantes ressources naturelles minières (phosphates et fer) et énergétiques (gaz naturel et pétrole). Les principaux gisements de pétrole en exploitation se trouvent en Algérie (Hassi Messaoud et In Amenas). Secteur secondaire[modifier le code] L'industrialisation est un phénomène relativement récent dans la région (années 1970). L'intervention étatique a permis le développement d'usines alors que les investissements étrangers et la sous-traitance profitent aux régions littorales ouvertes vers l'extérieur. Les principaux secteurs de production sont l'agroalimentaire, les matériaux de construction (ciment et sidérurgie) surtout en Algérie, le textile et la pétrochimie[réf. nécessaire]. Les grands centres industriels sont Alger, Arzew, Béjaïa, Annaba, Casablanca, Kénitra, Sfax, Bizerte, Tunis, Sousse, Gabès, Mohammédia et Tanger[réf. nécessaire]. Secteur tertiaire[modifier le code] Le climat, les paysages et le patrimoine culturel du Maghreb sont autant d'atouts pour le développement touristique de la région. De plus, le Maghreb bénéficie en outre de la proximité géographique avec l'Europe et de l'usage courant de la langue française : Marrakech ou Djerba sont ainsi à deux heures d'avion de Paris. Toutefois, la pression touristique suscite une nécessité de préservation du patrimoine et une gestion raisonnée des ressources en eau. Le Maghreb doit aussi faire face au danger terroriste (attentat de la Ghriba en 2002, de Casablanca en 2003 et en 2011, ou d'Alger en 2007)[réf. nécessaire]. Le secteur commercial s'inscrit dans le cadre de la mondialisation des échanges qui profite avant tout aux villes du littoral tournées vers l'extérieur. Arzew, Béjaïa, Casablanca, Oran, Skikda, Skhira et Tanger Med sont les principaux ports industriels d'exportation vers l'Europe[réf. nécessaire]. Démographie[modifier le code] Tableau général[modifier le code] Articles détaillés : Démographie en Algérie, Démographie de la Libye, Démographie du Maroc, Démographie en Mauritanie et Démographie de la Tunisie. Démographie des pays du Maghreb Pays Algérie[106] Libye[107] Maroc[108] Mauritanie[109] Tunisie[110] Population (en millions d'habitants, 2021)[111] 43,5 7 36,5 4 11,8 Taux de fécondité (2021)[112] 2.55 3.13 2.29 3.59 2,03 Taux de migration nette (2013) -0,27 ‰ 0 ‰ -3,67 ‰ -0,89 ‰ -1,78 ‰ Croissance démographique annuelle (2021)[113] 1.41 % 1.76 % 0.92 % 2.02 % 0.75 % Espérance de vie à la naissance, en années (2021)[114] 76,4 71,9 74,0 64,4 73,8 Population urbaine (en % de la population totale) 65 78 56 41 68,7 Densité (hab/km2) 15 3,67 77 ou 49 3,11 63 Indice de développement humain (2021)[114] 0,745 0,718 0,683 0,556 0,731 Analphabétisme (en % de la population totale)[115] 18[116] 17,4 30[117] 42,2 18,2 Le Maghreb compte environ 90 millions d'habitants très inégalement répartis. Les plus fortes densités de population se rencontrent sur les plaines littorales de l'océan Atlantique et de la mer Méditerranée. C'est également au nord et à l'ouest de la région que se trouvent ses principales agglomérations (Alger, Casablanca, Rabat, Tunis-Cap Bon-Bizerte-Sahel, Fès, Marrakech, Tanger, Annaba, Constantine et Oran)[118]. En trente ans, la population nord Africaine a été multipliée par deux. Toutefois, la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse du taux de fécondité : elle s'explique par l'efficacité du planning familial, la scolarisation des filles et la modernisation des modes de vie. Quant au taux de natalité, il a baissé dans les trois pays mais la proportion de moins de 15 ans demeure élevée. Cela pose des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès. Par ailleurs, l'exode rural pousse les jeunes des montagnes et des campagnes à migrer dans les villes du littoral où les salaires sont plus élevés et les conditions de vie meilleures[119]. Au début du XXIe siècle, plus de la moitié des Maghrébins vivent en ville. Une partie d'entre eux tente ensuite sa chance en migrant vers Europe de l'Ouest. Population[modifier le code] Articles connexes : Maghrébins, Algériens, Marocains et Tunisiens. Les maghrébins descendent d'une part d'ancien groupes déjà présent (phénicien, romain, berbère)[120] qui ont pour la plupart été arabisés, et de tribu Arabe originaire d'Arabie et d'Andalousie (banu hilal, banu sulaym, etc) ces tribu arabe on remplacé et surplanté les populations local sur de large zone rural[121],[122],[123],[124] tandis que les arabes andalous eux arabiseront grandement les villes d'après, Gabriel Martinez les arabes andalous seront les "chiens de garde" de la langue arabe[125]. En revanche l'apport des Arabes en Afrique du Nord n'est pas aussi significatif au niveau génétique[126] qu'il n'est déterminant sur les plans linguistiques, culturels et religieux, les arabes arrivés à partir du VIIe siècle avec les invasions musulmanes, ont contribué à convertir à l'islam l'Afrique du Nord après plusieurs années de guerre, malgré la résistance et les combats acharné des byzantins[127] et de leurs alliés berbère (Kahina et Koceila). L'apport démographique arabe est beaucoup plus significatif à partir du XIe siècle, lorsque le pouvoir des Fatimides envoya, dans le but de réprimer des dynasties berbères ayant proclamé leur indépendance, de nombreuses tribus guerrières. La plus importante d'entre elles est celle des Hilaliens accompagnée des Banu Sulaym et des Banu Maqil. Les estimations en termes de déplacement de population varie selon les historiens 250 000[48] a 500 000[49] a 700 000[50]. Selon Luis del Mármol Carvajal les hilaliens auraient été plus d'un millions à immigrer, et il estime la population hilalienne à son époque a 4 000 000 en 1573[51],[52],[53]. Selon Charles-André Julien, les actuelles populations arabophones seraient en partie berbères[128]. Selon le défenseur de la cause berbère Gabriel Camps, les « invasions hilaliennes » ont été « d'un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur les plans culturel et socio-économique[129]. » De nos jours, l'arabe littéral est la langue officielle des pays du Maghreb, c'est-à-dire la langue des médias et de l'école. Les dialectes berbères demeurent fortement influencés par la langue arabe[130]. Dans ce contexte, seule une minorité de la population maghrébine — de l'ordre de 27% - 35% au Maroc[131], 27,4 % en Algérie, 0,5% en Tunisie[132],[133] et 1% en Libye[134]— parle le berbère. Ces groupes conservent une identité qui leur est propre en particulier dans les montagnes de l'Atlas. La plupart sont sédentaires mais certains sont nomades. Par ailleurs, de petites communautés juives séfarades résident toujours au Maghreb. Il y aurait 7 000 juifs au Maroc et 2 000 en Tunisie, et auraient pratiquement disparu en Algérie sauf un nombre minuscule dans quelques grandes villes. Les Juifs ont une longue histoire en Afrique du Nord. Depuis les débuts de la diaspora israélite, que l'on peut dater de la destruction du second Temple par Titus en 70 de notre ère, il y a aurait eu trois grands pôles qui se sont ensuite avancés vers l'ouest : un en Égypte, un à Carthage et un autre en Cyrénaïque (Libye centrale). D'autres communautés se formèrent à travers l'Algérie, l'Espagne, le Maroc. Les tablettes en hébreu retrouvées en Libye et au Maroc attestent de la présence de Juifs issus de Judée. Une grande partie non négligeable de juifs maghrébins arriva lors de l'expulsion des juifs d'Espagne par les souverains catholiques, après la chute du royaume de Grenade qui marqua la fin de la Reconquista en 1492. Certains juifs européens sont arrivés à l'époque moderne avec la colonisation française[135]. Après les indépendances des trois pays, la plupart des juifs ont quitté le Maghreb pour Israël et l'Europe occidentale[136]. Génétique[modifier le code] La structure génétique du chromosome Y de la population maghrébine semble être principalement modulée par la géographie. Les haplogroupes E1b1b et J de l'ADN Y constituent la grande majorité des marqueurs génétiques des populations du Maghreb. L'haplogroupe E1b1b est le plus répandu parmi les groupes maghrébins, en particulier la lignée en aval E1b1b1b1a, qui est typique des Berbères autochtones de l'Afrique du Nord-Ouest. L'haplogroupe J est plus représentatif d'origines du Moyen-Orient, et a sa plus haute répartition parmi les populations d'Arabie et du Levant. En raison de la distribution de E-M81 (E1b1b1b1a), qui a atteint ses plus hauts pics documentés dans le monde à 95-100 % dans certaines populations du Maghreb, il a souvent été qualifié de « marqueur berbère » dans la littérature scientifique. Le deuxième marqueur le plus commun, l'haplogroupe J, en particulier J1[137],[138], qui est typiquement moyen-oriental, et originaire de la péninsule arabique, peut atteindre des fréquences allant jusqu'à 35 % dans la région[139],[140]. Sa densité la plus élevée est trouvée dans la péninsule arabique[141]. L'haplogroupe R1[142] qui est un marqueur eurasien, a également été trouvé au Maghreb, mais avec une fréquence plus faible. Les haplogroupes d'ADN-Y montrés ci-dessus sont trouvés chez les arabophones et les berbérophones. Le pool du chromosome Y du Maghreb (comprenant les populations arabe et berbère) peut être résumé pour la plupart des populations de la façon suivante : seuls deux haplogroupes E1b1b et J comprennent généralement plus de 80 % des chromosomes totaux[143],[144],[145],[146],[147],[148],[149],[150]. Haplogroupe Marqueur Sahara/Mauritanie Maroc Algérie Tunisie Libye n 189 760 156 601 – A – 0.26 – – – B 0.53 0.66 – 0.17 – C – – – – – DE – – – – – E1a M33 5.29 2.76 0.64 0.5 – E1b1a M2 6.88 3.29 5.13 0.67 – E1b1b1 M35 – 4.21 0.64 1.66 – E1b1b1a M78 – 0.79 1.92 – – E1b1b1a1 V12 – 0.26 0.64 – – E1b1b1a1b V32 – – – – – E1b1b1a2 V13 – 0.26 0.64 – – E1b1b1a3 V22 – 1.84 1.28 3 – E1b1b1a4 V65 – 3.68 1.92 3.16 – E1b1b1b M81 65.56 67.37 64.23 72.73 – E1b1b1c M34 11.11 0.66 1.28 1.16 – F M89 – 0.26 3.85 2.66 – G M201 – 0.66 – 0.17 – H M69 – – – – – I – 0.13 – 0.17 – J1 3.23 6.32 1.79 6.64 – J2 – 1.32 4.49 2.83 – K – 0.53 0.64 0.33 – L – – – – – N – – – – – O – – – – – P, R – 0.26 – 0.33 – Q – – 0.64 – – R1a1 – – 0.64 0.5 – R1b M343 – – – – – R1b1a V88 6.88 0.92 2.56 1.83 – R1b1b M269 0.53 3.55 7.04 0.33 – R2 – – – – – T M70 – – – 1.16 – Diaspora[modifier le code] Article détaillé : Diaspora maghrébine. Pour des raisons historiques, les Maghrébins sont également largement représentés dans les populations issues de l'immigration dans certains pays européens (notamment en France et en Belgique) mais aussi au Canada et aux États-Unis. Elle est la conséquence directe du fort taux d'émigration qu'a connu le Maghreb depuis la décolonisation ayant eu lieu entre 1956 pour la Tunisie et le Maroc, et 1962 pour l'Algérie. Dans les années 1960 et 1970, la conjoncture économique favorable qu'a connue la France a favorisé l'immigration, en particulier en provenance du Maghreb. En conséquence, les personnes d'origine maghrébine sur trois générations représentent 8,7 % de la population française des moins de 60 ans en 2011[151],[152] et 16 % des enfants nés en 2006-2008 ont au moins un grand-parent maghrébin[153]. Selon l'historien Pierre Vermeren, il y a environ 15 millions de personnes d'origine maghrébine en Europe de l'Ouest en 2016[réf. nécessaire]. France[modifier le code] Selon une étude de l'Insee publiée en 2012, les personnes d'origine maghrébine sur deux générations uniquement (immigrés et leurs enfants) étaient un peu plus de 3,5 millions en 2008 5,7 % de la population métropolitaine en 2008 (alors de 62,5 millions)[154]. 16 % des nouveau-nés en France métropolitaine entre 2006 et 2008 ont au moins un grand-parent né au Maghreb[155]. Toutes générations confondues, selon une étude publiée en 2004 de l'Institut Montaigne, un think tank d'obédience libérale, il y a en France, en 2004, environ 5 à 6 millions de personnes d'origine maghrébine ; 3,5 millions ont la nationalité française dont 500 000 harkis. Environ 400 000 enfants seraient nés d’un couple mixte dont un des parents est maghrébin. Cette estimation est basée sur le recensement de 1999[156],[157],[158]. La démographe Michèle Tribalat, a de son côté estimé cette même population à 3 millions de personnes en 1999 à partir des mêmes données ainsi que d'une enquête complémentaire[159]. D'après une estimation de Michèle Tribalat en 2009, les personnes d'origine maghrébine sur 3 générations (immigrés, enfants et petits-enfants d'immigrés) étaient environ 3,5 millions en 2005 soit environ 5,8 % de la population métropolitaine en 2005 (60,7 millions)[160],[161]. En 2015, Michèle Tribalat, dans une nouvelle estimation des populations d'origine étrangère en 2011[162], estime à au moins 4,6 millions le nombre de personnes d'origine maghrébine sur trois générations en 2011 selon la répartition suivante[163] : Diaspora maghrébine en France (en milliers) Pays d'origine Immigrés (tous âges confondus) 1re génération née en France (tous âges confondus) 2e génération née en France (moins de 60 ans uniquement) Total Algérie 737 1 170 563 2 470 Maroc 679 698 130 1 507 Tunisie 246 280 129 655 Maghreb 1 662 2 148 821 4 631 Note : pour la 2e génération née en France, seules les personnes âgées de moins de 60 ans sont prises en compte. Par ailleurs, selon cette même étude de Michèle Tribalat, les personnes d'origine maghrébine sur trois générations représentent 8,7 % de la population française des moins de 60 ans en 2011[162]. Toujours selon Michèle Tribalat, en 2005, près de 7 % des jeunes de moins de 18 ans en métropole sont d'origine maghrébine (au moins un parent). En Île-de-France, la proportion est d'environ 12 %. C'est dans les départements de Seine-Saint-Denis (22 %), du Val-de-Marne (13,2 %) et du Val-d'Oise (13 %) et de Paris (12,1 %) que l'on trouve les plus fortes proportions. Au niveau des grandes villes, 21 % des jeunes de moins de 18 ans à Perpignan sont d'origine maghrébine et près de 40 % dans les trois premiers arrondissements de Marseille[103]. Proportion des jeunes de moins de 18 ans d'origine maghrébine (2005) Seine-Saint-Denis Val-de-Marne Val-d'Oise Paris France D'origine maghrébine 22,0 % 13,2 % 13,0 % 12,1 % 6,9 % Culture[modifier le code] Articles détaillés : Cuisine des pays du Maghreb et Musique arabo-andalouse.Le Maghreb appartient au bassin méditerranéen et au monde arabo-musulman. Sa culture est donc issue d'un mélange d'influences diverses. Englobé dans la République romaine puis l'Empire romain, du IIe siècle av. J.-C. au Ve siècle, le Maghreb conserve de cette période le même type de vestiges que dans le reste du bassin méditerranéen : temples romains (Dougga), théâtres romains (Timgad), amphithéâtres (Thysdrus), arcs de triomphe (Volubilis), thermes (Carthage) et mosaïques (Musée du Bardo à Tunis)[réf. nécessaire]. .Au Moyen Âge, les Arabes du Moyen-Orient imposent progressivement leur langue et leur religion qui imprègnent de nombreux domaines de la vie sociale. La civilisation islamique contribue au renouveau du paysage urbain (mosquées, souks, hammams, médinas et kasbahs) dans un contexte de fondation de villes nouvelles (comme Kairouan en 670, Fès en 809 ou Oran au Xe siècle). Toutefois, l'arabisation du Maghreb se heurte aux résistances des populations berbères qui tentent de préserver leur identité. Ainsi, le printemps berbère de 1980 permet l'expression de demandes d'officialisation du berbère en Kabylie puis d'autres régions d'Algérie (Aurès, Mzab, etc.). Finalement, le gouvernement algérien reconnaîtra le berbère comme une langue nationale mais refusera son officialisation, ce qui contribue à maintenir la tension sur la question linguistique et identitaire en Algérie[réf. nécessaire]. Aux XIXe et XXe siècles, la colonisation française réintroduit le christianisme — déjà présent durant l'Antiquité et dont saint Augustin était une grande figure — construit une cathédrale (d'abord à Constantine en 1838), des bâtiments officiels, des infrastructures de transport modernes, etc. Toutefois, la domination européenne a fortement troublé la société maghrébine en apportant la modernité et les valeurs occidentales et s'est soldée par le rejet de cette influence au travers du nationalisme puis de l'islamisme[réf. nécessaire]. Il est difficile de déterminer si la langue française connaît réellement ou non une progression au Maghreb. Du côté optimiste, les organisations de promotion de la angue française montrent les perspectives positives du français au Maghreb. Le pourcentage de locuteurs du français aurait augmenté au Maghreb et au Proche-Orient de 17 % entre 2014 et 2018, et d’environ 6,5 % entre 2018 et 2022 . Le fait qu’une majorité des francophones du Maghreb soit dans la tranche d’âge des 15-24 ans augure une progression dans l’avenir. Il laisse à penser que la langue peut continuer d’avoir une place prédominante dans ces pays, notamment à cause de la forte diaspora ayant immigré en France. Dans le camp plus pessimiste, la courbe de la francophonie descendrai dans le Maghreb . Même si pratiquement la totalité des personnes dans les grandes villes tunisiennes, algériennes et marocaines parlent français, la qualité de celui-ci serait souvent bien basse, juste assez pour tenir la conversation. La diminution de l’usage de la langue corrélerait avec l'augmentation, la diversification et la circulation des contenus en arabe des médias tout supports : cinéma, télévision, internet, et la diminution de l’impact politique de la France dans la région et donc la nécessité de maîtriser la langue de Molière[164]. Bab El-Khemis, Meknès, Maroc. Grande mosquée de Kairouan, la plus ancienne du Maghreb, Kairouan, Tunisie. Mosquée Sidi Ghanem de Mila, âtie en 675 par Abou al-Mouhajir Dinar, l'émir d'Ifriqiya, de 674 à 681 pour le compte des Omeyyades. Vers 2010, diverses ONG travaillent pour favoriser le pluralisme de l'information au Maghreb ainsi qu'au Machrek, avec quelques réussites. À cette époque le paysage médiatique s'est considérablement animé, par exemple en passant de quelques chaines de télévision à 520 accessibles aux Maghrébines. Toutefois, si les chaines arabes se sont ouvertes aux débats régionaux et internationaux, les trois gouvernements du pays restent frileux aux développements de la liberté. Dans l'ensemble, les journalistes continuent de s'autocensurer, mais moins les diffuseurs satellitaires. Aussi, à partir de 2008, la Ligue arabe établit une charte qui prévoit des sanctions en cas d'« offenses ». Aucun des pays du Maghreb ne s'y est opposé, aucun n'a dépénalisé les délits qui enferment la presse. En Tunisie, les autorités ont continué de bloquer Radio Kalima. En 2009, Transparency International a documenté de nombreux exemples qui montrent que les médias restent muselés au Maghreb. -[165]. La société civile au Maghreb constitue un important gisement d'informations. Elles sont un point d'action et d'observation essentiel de la société. Mais elles connaissent mal les médias. Elles croient que l'importance de leurs interventions sur le te
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:29 PM
|
Le royaume de Wurtemberg (en allemand : Königreich Württemberg) est l'un des 25 États souverains de l' Empire allemand. Il a été établi le en tant qu'entité étatique souveraine à l'initiative de l'empereur Napoléon et est issu du duché de Wurtemberg élevé au rang d' électorat en 1803.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (septembre 2025). Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ? Le royaume de Wurtemberg (en allemand : Königreich Württemberg) est l'un des 25 États souverains de l'Empire allemand. Il a été établi le 1er janvier 1806 en tant qu'entité étatique souveraine à l'initiative de l'empereur Napoléon Ier et est issu du duché de Wurtemberg élevé au rang d'électorat en 1803. Son territoire d'origine, également appelé l'Altwürttemberg, fut considérablement élargi, principalement au sud et à l'est, grâce au recès d'Empire et au traité de Presbourg, doublant ainsi sa superficie. De 1806 à 1813, le Wurtemberg est membre de la confédération du Rhin, aligné sur les intérêts hégémoniques de la France napoléonienne du Premier Empire. Après la fin des guerres napoléoniennes, en 1815, il devient membre de la Confédération germanique par décision du congrès de Vienne et est en tant que tel un État souverain également vis-à-vis de l'extérieur. Après la guerre franco-allemande, le royaume rejoint en tant qu'État fédéré le nouvel Empire allemand, dominé par le royaume de Prusse, tout en conservant certains droits spéciaux. La devise du royaume et de la maison de Wurtemberg est alors "Furchtlos und treu" ("Sans peur et fidèle"). Sur la base de la Constitution de 1819, une monarchie constitutionnelle précoce se développe au fil des années, avec des courants libéraux et démocratiques relativement forts par rapport à de nombreux autres États allemands, qui peuvent se maintenir et se renforcer même après la répression du Printemps des peuples en 1848, laquelle se déroule de manière pacifique en Wurtemberg. À la suite de la défaite allemande lors de la Première Guerre mondiale et de la révolution allemande de 1918, le roi Guillaume II de Wurtemberg, dernier roi allemand, renonce au trône. Le Wurtemberg est transformé en démocratie parlementaire et devient un État populaire au sein de la république allemande de Weimar. En 1952, son ancien territoire devient le Land actuel du Bade-Wurtemberg. Territoire[modifier le code] Le 26 décembre 1805, le traité de Presbourg attribue au royaume les territoires suivants : les cinq villes du Danube, Ehinge, Munderkingen, Riedlingen, Mengen et Saulgau, avec leurs dépendances ; le Haut et le Bas Comté de Hohenberg ; le landgraviat de Nellenburg et la préfecture d'Altdorf, avec leurs dépendances, la ville de Constance exceptée ; la partie du Brisgau enclavée dans les possessions wurtembergeoises et située à l'est d'une ligne allant du Schlegelberg jusqu'à la Molbach ; les villes et territoires de Villigen et Bräunlingen. Il permet aussi au roi de prendre possession du comté de Bonndorf. Le traité du 12 juillet 1806, créant la confédération du Rhin, attribue au royaume les territoires suivants : les possessions des princes et comtes de Waldbourg ; la seigneurie de Baindt, donné par le recès de 1803 au comté d'Aspremont-Lynden ; le comté d'Egloff, sur l'Argen, appartenant jusqu'en 1804 aux comtes de Traun-Abensberg, puis acheté par le comte de Windischgraetz et élevé au rang de principauté ; le comté de Gutenzel, ancienne abbaye attribuée en 1803 au comte de Törring ; le comté de Heggbach, ancienne abbaye attribuée en 1803 au comte de Bassenheim ; le comté d'Isny, ancienne ville libre et abbaye appartenant au comte de Quadt ; le comté de Kœnigseck-Aulendorf ; le comté d'Ochsenhausen, ancienne abbaye élevée au rang de principauté, attribuée à la maison de Metternich-Winebourg-Beilstein ; le comté de Roth, ancienne abbaye appartenant au comte de Wartemberg ; les comtés de Schussenried et Weissenau, ancienne abbaye, propriétés des comtes de Stenberg ; les seigneuries de Mietingen et Sullmingen, du comte de Plettenberg ; la seigneurie de Neu-Ravensbourg, du prince de Dietrichstein ; la seigneurie de Tannheim, du comte de Schæsberg ; la seigneurie de Warthausen, appartenant à une branche de la maison de Stadion ; la seigneurie de Weingarten, appartenant à la maison de Nassau-Orange-Fulde, excepté le village de Hagnau, situé sur le lac de Constance, placé sous souveraineté badoise ; les possessions du prince de Tour et Taxis, sur le lac de Feder ; les seigneuries de Gundelfingen et de Neufra, appartenant à la maison de Fürstenberg ; la partie du Limpourg-Gaildorf n'appartenant pas déjà au roi de Wurtemberg, mais aux princes et comtes de Solms, de Lœwenstein-Wertheim, de Pûckler et autres princes ; les possessions de la maison de Hohenlohe, excepté une partie attribuée au roi de Bavière ; la partie de la principauté de Krautheim située sur la gauche de la Jagst. Histoire[modifier le code] Formation du Royaume[modifier le code] Au XVIIIe siècle, le duché de Wurtemberg se compose essentiellement de la région ancestrale dans la vallée moyenne du Neckar autour de Stuttgart, ainsi que des possessions associées dans la Forêt-Noire septentrionale et sur le Jura souabe. Sur la rive gauche du Rhin, outre le territoire autour de Heidenheim, le comté de Horbourg, le village de Riquewihr (en allemand : Reichenweier) et d'autres petites enclaves situées sur le territoire français actuel, le comté de Montbéliard (en allemand : Grafschaft Mömpelgard) est l'enclave la plus importante du duché. Le duc Charles II de Wurtemberg trouve une alliée d'importance quand, en 1776, sa nièce Sophie-Dorothée de Wurtemberg est choisie par la tsarine Catherine II de Russie comme épouse pour son fils unique le futur tsar Paul Ier. Vingt ans plus tard, le duc Frédéric III, frère de la tsarine, épouse en secondes noces la princesse Charlotte du Royaume-Uni, fille aînée du roi George III du Royaume-Uni. Ces deux unions particulièrement prestigieuses pour un petit souverain du Saint-Empire romain germanique contribuent à la préservation et à l'élévation du duché bientôt confronté à l'impérialisme Français révolutionnaire puis impérial. Après le déclenchement de la révolution française en 1789, les monarchies européennes forment des coalitions dans le but de mettre fin au développement républicain en France. La première coalition, convenue dans la déclaration de Pillnitz entre l'empereur Léopold II et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, est bientôt rejointe par d'autres monarchies. Le 20 avril 1792, éclate la première guerre de coalition, remportée par la France révolutionnaire. Dans le traité de Campo-Formio du 17 octobre 1797, l'empereur François II reconnaît le Rhin comme frontière est de la France. Cela affecte également Montbéliard et les autres possessions wurtembergeoises sur la rive gauche du Rhin. Le duché participe ensuite, à partir de 1799, en tant que partenaire de l'Autriche, à la Deuxième Coalition contre le Consulat de Napoléon Bonaparte. Au printemps 1800, les Français occupent le Wurtemberg. Comme l'Autriche ne fait aucun effort pour défendre le pays, le duc de Wurtemberg, Frédéric II, doit retirer ses troupes. Après cette humiliation, sa confiance dans l'alliance avec l'Autriche est profondément ébranlée. Dans la Paix de Lunéville du 9 février 1801, il s'arrange avec la France. Beau-frère du tsar Paul Ier et gendre du roi George III du Royaume-Uni, il peut être un allié de choix pour le futur empereur des Français. Son objectif est d'agrandir le territoire à l'est du Rhin. Le traité de Paris (de) du 20 mai 1802 garantit l'existence du duché et promet des compensations pour les territoires sur la rive gauche du Rhin. Le Wurtemberg a un siège et un vote dans la Diète impériale extraordinaire, qui prépare le Recès de la Diète d'Empire, qui fixe les compensations pour les territoires perdus sur la rive gauche du Rhin par les princes allemands. Le duc Frédéric est élevé au rang d'électeur. De nombreuses petites seigneuries sont sécularisées et incorporées au nouveau duché électoral sous le nom de Nouveau-Wurtemberg. Il s'agit des villes impériales sécularisées d'Aalen, Giengen an der Brenz, Heilbronn, Rottweil, Esslingen am Neckar, Reutlingen, Schwäbisch Gmünd, Schwäbisch Hall et Weil der Stadt, ainsi que des possessions ecclésiastiques sécularisées suivantes : la Principauté abbatiale d'Ellwangen, l'Abbaye impériale de Zwiefalten, l'Abbaye de Comburg, le Monastère de Heiligkreuztal près de Riedlingen, l'Abbaye de Schöntal, le Monastère de Margrethausen (de), l'abbaye d'Oberstenfeld (de) et la partie de Dürrenmettstetten relevant du chapitre. Ces acquisitions représentent au total une superficie d'environ 1 609 kilomètres carrés avec 110 000 habitants et 700 000 florins de recettes fiscales. Cela s'oppose à environ 388 kilomètres carrés de territoire perdu sur la rive gauche du Rhin, avec environ 14 000 habitants et environ 250 000 florins de revenus d'État. Le ministre Normann-Ehrenfels est chargé de la mise en place de l'administration du Nouveau-Wurtemberg. Le 3 octobre 1805, à Louisbourg, Friedrich conclut une nouvelle alliance avec Napoléon Ier. Par la suite, le Wurtemberg participe avec des troupes du côté français face à la Troisième Coalition. Dans les traités de Schönbrunn et le traité de Presbourg du 26 décembre 1805, l'Autriche antérieure est partagée entre le Wurtemberg, la Bavière et le Bade : 125 000 nouveaux habitants s'ajoutent à l'électorat de Wurtemberg, des territoires suivants : le comté de Hohenberg, le landgraviat de Souabe, la seigneurie d'Ehingen, les villes danubiennes de Mengen, Munderkingen, Riedlingen et Saulgau, ainsi que dans la région de Basse-Souabe des territoires de l'ordre Teutonique, des territoires de l'ordre des Hospitaliers et de plus petits territoires de la chevalerie impériale. Le Wurtemberg est élevé au rang de royaume souverain à partir du 1er janvier 1806. Le premier roi est l'ancien duc et électeur Frédéric II, sous le nom de Frédéric Ier. Avec la signature du traité de la confédération du Rhin le 12 juillet 1806, le Wurtemberg sort du Saint-Empire romain germanique. La création de la confédération du Rhin ajoute 270 000 nouveaux habitants au royaume de Wurtemberg, répartis dans les territoires des principautés et comtés de Hohenlohe, Königsegg-Aulendorf, Tour et Taxis, Waldburg et de nombreuses autres seigneuries dans la Haute-Souabe. Développement des premières années[modifier le code] Le roi Frédéric Ier participe en 1809 avec ses troupes à la répression de la rébellion tyrolienne. Par le traité de Schönbrunn du 14 octobre 1809, le royaume de Wurtemberg est étendu aux territoires de l'ordre Teutonique près de Mergentheim, où une révolte de la population locale est violemment réprimée. Enfin, le nombre d'habitants s'accroit à nouveau de 110 000 habitants en vertu du traité de Paris du 28 février 1810 et des accords frontaliers conclus entre la Bavière et le Bade. Crailsheim, Creglingen, les anciennes villes impériales de Bopfingen, Buchhorn, Leutkirch, Ravensbourg, Ulm et Wangen et les territoires de l'ancien comté de Montfort sont ajoutés. En échange, l'ancienne seigneurie wurtembergeoise de Weiltingen passe au royaume de Bavière, tandis que Hornberg et St. Georgen passent au grand-duché de Bade. En 1813, le royaume de Wurtemberg acquiert également la seigneurie de Hirschlatt des Hohenzollern. Au total, le Wurtemberg passe de 9 500 kilomètres carrés et de 650 000 habitants à 19 508 kilomètres carrés et 1 380 000 habitants. Au cours des années 1812 et 1813, Frédéric Ier participe à la campagne de Russie, dont seuls quelques centaines des 15 800 soldats wurtembergeois revinrent. Malgré cette défaite, le royaume reste d'abord membre de la Confédération du Rhin aux côtés de la France, jusqu'à ce qu'une autre défaite décisive de l'empereur Napoléon lors de la bataille de Leipzig en octobre 1813 le contraigne à rejoindre la Sixième Coalition, dirigée par l'Autriche, la Prusse et la Russie. Le 2 novembre 1813, le roi Frédéric change d'allégeance après qu'une garantie de préservation de sa propriété et du maintien de sa souveraineté lui eut été donnée par l'Autriche par le traité de Fulda. Les acquisitions territoriales du Wurtemberg ne sont pas révisées lors de la réorganisation territoriale de l'Allemagne au congrès de Vienne en 1815, confirmant ainsi indirectement leur légitimité sur le plan du droit international. La participation aux guerres de coalition et leurs conséquences entraînent dans les premières années un déclin économique du royaume, un endettement important de l'État et l'appauvrissement de larges segments de la population allant jusqu'à la famine. Cette situation économique très difficile est aggravée en 1816 par une année exceptionnellement froide, marquée par des catastrophes naturelles. L'émigration vers l'Europe de l'Est et l'Amérique du Nord s'accroit de manière spectaculaire. Dans les premières années du royaume, l'implication du Wurtemberg dans les conflits armés et sa fidélité à l'alliance avec la France valent à Frédéric Ier une grande liberté d'action en matière de politique intérieure. Son objectif est une modernisation considérable de l'administration et la réunion des différents territoires en un État unitaire et centralisé. Cela est d'autant plus difficile que les nouveaux territoires apportent au Wurtemberg, jusque-là strictement protestant, une importante minorité catholique. La modernisation suppose l'abolition rigoureuse des privilèges de la noblesse dans l'Altwürttemberg ainsi que ceux de la noblesse dans les territoires nouvellement acquis. La résistance à cette politique se heurte à une forte répression ; un ministère de la police, une police secrète et un service de censure sont créés sur le modèle français. Parmi les réformes majeures des premières années, citons la séparation de la justice et de l'administration, la division du pays en districts et en cercles, la suppression des droits de douane intérieurs et l'égalité de traitement des confessions catholique et réformée avec la confession d'État luthérienne. Lors des négociations au congrès de Vienne, l'objectif est d'établir une constitution fédérale pour l'Allemagne. Le premier projet de concept pour une confédération d'États est transmis par Metternich à l'assemblée des États allemands le 23 mai 1815. Le Wurtemberg, avec la Bavière, est opposé à cette confédération d'États. Le roi Frédéric, voulant anticiper la Constitution fédérale avec sa propre Constitution, présente un projet de loi constitutionnelle au Landtag wurtembergeois, convoqué le 15 mars 1815. Le Wurtemberg ne signe l'Acte confédéral allemand que le 1er septembre 1815 et rejoint ainsi tardivement la Confédération germanique, fondée le 8 juin 1815. Le projet de loi constitutionnelle rencontre une forte opposition des Etats du Wurtemberg, soucieux de rétablir l'ancienne Constitution basée sur le traité de Tübingen de 1514. Les États du Wurtemberg réussissent à rallier la population à leur cause lors d'une campagne pour le rétablissement de l'ancien droit. Un des protagonistes de ce mouvement en est le poète et homme politique Ludwig Uhland, auteur du poème « Das alte, gute Recht » (L'ancien, bon droit) qu'il écrit pour la circonstance. La campagne est si efficace que le projet de loi constitutionnelle présenté par le roi Frédéric n'est pas adopté. La Constitution entièrement révisée est promulguée seulement par son successeur, le roi Guillaume Ier, le 25 septembre 1819. L'accession au trône du roi Guillaume Ier[modifier le code] La relation entre le roi Frédéric et son fils Guillaume Frédéric Charles, futur roi Guillaume Ier, est marquée à la fois par des tensions personnelles et politiques. En 1805, se déroule une rébellion ouverte de la part de Guillaume contre son père, ce qui le conduit à s'enfuir à Paris. Guillaume tente de convaincre la France d'envahir le Wurtemberg, mais l'empereur Napoléon refuse. En 1807, Guillaume et Frédéric se mettent d'accord politiquement, mais leur aversion personnelle et politique mutuelle persiste. Le nouveau roi prend le nom de Guillaume le 30 octobre 1816 pour débuter son règne et initier un changement politique complet. Il est rapporté que la population du Wurtemberg eut du mal à retenir sa joie à la mort du roi Frédéric, malgré la présence des soldats. Avec sa femme, la reine Catherine, fille du tsar russe Paul Ier, la politique de Guillaume durant ses premières années de règne est fortement axée sur l'atténuation de la misère économique de larges segments de la population. Catherine, décédée le 9 janvier 1819 à l'âge de seulement 30 ans, s'engage avec grand dévouement dans les œuvres sociales. Ainsi, la fondation de l'école pour filles Katharinenstift, de l'hôpital Katharinen, de la Caisse d'épargne du Wurtemberg, de l'université de Hohenheim et d'autres institutions lui sont attribuées. Lors de son accession au trône, Guillaume promulgue une amnistie et met en place une réforme administrative complète sur la base de la nouvelle Constitution du 25 septembre 1819. Cependant, la dictature absolutiste de Friedrich n'est pas remplacée par le dualisme traditionnel entre le régent et les États du pays ducal de Wurtemberg. Au lieu de cela, la nouvelle forme d'État est basée sur le constitutionnalisme, qui complète le pouvoir du monarque par des droits de parole constitutionnellement définis pour les représentants élus du peuple. La constitution devient ainsi le lien entre les anciennes et les nouvelles régions. L'opposition traditionnelle des États disparait pratiquement. Une opposition bourgeoise de tendance libérale et tout aussi controversée apparait toutefois. Les principaux éléments de la réorganisation de l'administration mise en œuvre dans le cadre de la nouvelle constitution sont l'autonomie municipale et la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire. L'administration est rationalisée et rendue plus transparente. Les fonctionnaires, dévoués à l'État et au roi, se transforment rapidement en une sorte d'establishment et donc en une classe politique soutenant le gouvernement de l'État. Lors de l'accession au trône de Guillaume Ier, la dette publique s'élève à près de 25 millions de florins ce qui représente près de quatre fois les recettes annuelles. Ces dettes sont réduites de manière significative au cours des vingt premières années de son règne par les ministres des Finances Weckherlin, Varnbüler et surtout Herdegen, ce qui permet des réductions d'impôts. Un accent particulier de la politique économique du roi est le développement de l'agriculture. Sur le plan extérieur, Guillaume a pour objectif de poursuivre la rationalisation des structures étatiques en Allemagne et de limiter celles-ci aux cinq royaumes de Prusse, de Saxe, de Bavière, de Hanovre et du Wurtemberg, ainsi qu'à l'Empire autrichien. Il considère la Prusse et l'Autriche comme des puissances européennes. Les quatre autres royaumes allemands doivent poursuivre une politique commune axée sur l'unification en une troisième grande puissance allemande par le biais d'une alliance étroite. Guillaume cherche à incorporer le Bade, le Hohenzollern et à acquérir l'Alsace. Les moyens pour atteindre cet objectif, jamais réalisé, doivent être le lien familial fort avec la Russie. Pour renforcer ce lien, sa tante Sophie-Dorothée est mariée en 1776 au futur tsar de Russie, Paul, et Guillaume épouse en 1818 la fille de Sophie-Dorothée, Catherine. Après la mort de Catherine en 1819, Guillaume poursuit la politique étrangère qu'ils ont élaborée ensemble. Il est donc logique que son fils et héritier, Charles, épouse le 13 juillet 1846 la fille du tsar, Olga. Renforcement du mouvement démocratique et du libéralisme à partir de 1830[modifier le code] Après le succès de la révolution de Juillet 1830 en France, les libéraux gagnent du terrain dans presque toute l'Europe, y compris au Wurtemberg. En décembre 1831, ils remportent les élections à la deuxième chambre du parlement du Wurtemberg. Par la suite, Guillaume Ier reporte la convocation du parlement d'un an jusqu'au 15 janvier 1833. Après la dissolution du parlement, le 22 mars, de nouvelles élections ont lieu en avril : les libéraux, dirigés par Friedrich von Römer, sortent à nouveau vainqueurs. Guillaume refuse alors de libérer les députés élus de leurs fonctions publiques pour exercer leur mandat. Friedrich von Römer, Ludwig Uhland et d'autres députés libéraux démissionnent de leurs fonctions publiques. En 1846 et 1847, des famines et une émigration accrue surviennent après de mauvaises récoltes. La "satisfaction" relative de la population bascule. Les demandes libérales et démocratiques sont défendues avec plus de vigueur. En janvier 1848, une réunion de protestation à Stuttgart réclame un parlement fédéral allemand, la liberté de la presse, la liberté d'association et de réunion, l'introduction des tribunaux d'assises et l'armement du peuple. Initialement, Guillaume Ier tente d'endiguer la révolution, qui s'étend à tous les États allemands à partir de mars 1848 à la suite de la révolution en France et du renversement du roi Louis-Philippe Ier. La loi libérale sur la presse du 30 janvier 1817 est rétablie et un gouvernement libéral présidé par Friedrich von Römer est nommé. Le gouvernement mis en place le 9 mars 1848, est le premier légitimé par le Parlement dans l'histoire du pays. Cette politique permet d'éviter des affrontements militaires majeurs dans le royaume du Wurtemberg durant le Printemps des peuples de 1848. En avril 1849, le gouvernement et le parlement décident de reconnaître la constitution impériale adoptée à la Paulskirche de Francfort, qui prévoit un État-nation pangermanique, à travers la solution petite-allemande, sur la base d'une monarchie constitutionnelle démocratique. Guillaume perçoit cette décision comme une humiliation, mais il est le seul roi parmi les 29 princes de la Confédération germanique à approuver la Constitution adoptée par le parlement de Francfort, les rois de Prusse, de Bavière, de Saxe et de Hanovre, ainsi que l'empereur autrichien Ferdinand Ier la rejetant. Après l'échec du Parlement dû au rejet de la couronne impériale allemande par le roi de Prusse, les députés restants décident le 30 mai 1849 de déplacer les sessions à Stuttgart. À partir du 6 juin 1849, cette assemblée, parfois ironiquement appelée le parlement croupion, avec initialement 154 députés sous la présidence de Wilhelm Loewe (1814–1886), se réunit à Stuttgart. Lorsque le Parlement croupion appelle à la désobéissance fiscale et soutient la campagne pour la Constitution du Reich en se soulevant contre les gouvernements, il est occupé le 18 juin 1849 par l'armée du Wurtemberg et dissout de force après une marche de protestation des 99 députés restants à travers Stuttgart. Les députés non-wurtembergeois sont expulsés du pays. En août 1849, des élections en vue d'élire une assemblée constituante ont lieu au Wurtemberg : les démocrates y remportent la majorité face aux libéraux modérés. Alors que les libéraux demandent que le suffrage censitaire soit lié au revenu et à la fortune, les démocrates exigeent le suffrage universel pour tous les hommes ayant acquis leur majorité. Fin octobre 1849, le roi renvoie le gouvernement élu par le Parlement de Friedrich von Römer. Les ministres sont remplacés par des ministres fonctionnaires sous Johannes von Schlayer. Lorsque la structure et la base juridique du gouvernement des fonctionnaires sont rejetées par le Parlement, Guillaume Ier le dissout. Deux autres assemblées en 1850, où les démocrates ont également la majorité, sont également dissoutes. Néanmoins, une forte opposition libérale et démocratique s'établit au Wurtemberg par la suite. Lorsque le roi Charles Ier succède à son père, en 1864, il répond aux demandes libérales et démocratiques. La liberté de la presse et la liberté d'association furent rétablies, la liberté d'entreprise et la libre circulation sont garanties. Les Juifs obtiennent la pleine citoyenneté. Les restrictions de mariage existantes pour les pauvres sont levées. Le ministre principal conservateur Joseph von Linden est remplacé par Karl von Varnbüler (1809–1889), d'orientations plutôt libérales. Le Wurtemberg en tant qu'État fédéré dans l'Empire allemand[modifier le code] Le roi Charles, contrairement à son père, est partisan de la formation d'un État national allemand. Après la guerre des Duchés en 1864, les tensions entre les alliés, la Prusse et l'Autriche, conduisent à la guerre en 1866, avec le soutien de la Bavière, du Wurtemberg et du Bade pour l'Autriche. L'armée wurtembergeoise est écrasée de manière décisive par les troupes prussiennes le 24 juillet 1866 à Tauberbischofsheim, juste quelques jours avant le cessez-le-feu entre la Prusse et l'Autriche. Le Wurtemberg signe alors un cessez-le-feu avec la Prusse le 1er août 1866. La guerre prend fin le 23 août avec le traité de Prague, où le Wurtemberg doit reconnaître la récente création par la Prusse de la confédération de l'Allemagne du Nord et payer des indemnités de guerre à la Prusse. Auparavant, le Wurtemberg, tout comme la Bavière et le Bade, a dû conclure une alliance de protection et de défense à tenir secrète au début, garantissant l'intégrité territoriale, mais confiant le commandement militaire à la Prusse en cas de guerre. Après la guerre, le parti national-libéral allemand, dirigé par Julius Hölder, est créé au Wurtemberg, visant à l'adhésion du Wurtemberg à la confédération de l'Allemagne du Nord. Il est opposé au parti populaire démocratique wurtembergeois, issu du parti progressiste libéral en 1864. Le parti populaire, dirigé par Karl Mayer, s'allie avec des conservateurs et des représentants du catholicisme pour empêcher la domination d'un État national par la Prusse. Lors de la guerre franco-allemande de 1870, l'armée wurtembergeoise est placée sous le commandement suprême prussien conformément à l'alliance conclue. Pendant la guerre, le Wurtemberg signe le 25 novembre 1870 le Traité de novembre avec la confédération de l'Allemagne du Nord, rejoignant ainsi celle-ci. Cette adhésion est effectuée avec la Constitution fédérale du 1er janvier 1871 proclamant l'Empire allemand, où le Wurtemberg obtient quatre voix sur 58 au Bundesrat. Sur les 397 députés du Reichstag, 17 viennent du Wurtemberg. Le royaume garde comme compétence la gestion de l'administration des chemins de fer, des postes et des télécommunications, de revenus provenant des taxes sur la bière et les spiritueux, ainsi que d'une administration militaire distincte sous le commandement suprême prussien. Le déclin politique du pays et de la dynastie régnante, associé à l'entrée dans l'Empire allemand, est compensé par une forte affirmation de l'identité wurtembergeoise. En 1876, le gouvernement est réorganisé. La principale réforme est la création d'un ministère d'État dirigé par le ministre-président Hermann von Mittnacht. Le roi Charles se retire des affaires gouvernementales opérationnelles au cours des années suivantes et se consacre, avec la reine Olga, à des tâches culturelles et sociales plus importantes. Bien que chef (Summenepiskopus) de l'Église évangélique du Wurtemberg, il attache une grande importance à l'extension des droits de la minorité catholique. Ainsi, le royaume de Wurtemberg fait l'économie d'une lutte culturelle comme celle connue par la Prusse. A un âge avancé, l'homosexualité du roi Charles, bien que pas évidente pour la population en général, provoque presque une crise d'État. Charles Woodcock; un Américain, employé par le roi depuis 1883, est critiqué de plus en plus à cause de ses exigences personnelles, jugées arrogantes par le gouvernement, et de son comportement. Il est également attaqué par la presse. Le conflit qui en résulte entre le roi et le ministre-président Mittnacht en 1888 est résolu grâce à l'intervention de Bismarck et au renvoi de Woodcock. Le roi Charles meurt le 6 octobre 1891. Comme il n'a pas d'enfant biologique, la régence passe à Guillaume II, fils de son cousin le prince Frédéric de Wurtemberg et de sa sœur la princesse Catherine de Wurtemberg. Guillaume, retiré du service militaire en 1882 à l'âge de 34 ans, est très distant vis-à-vis du comportement de représentation du Kaiser Guillaume II et de nombreux autres souverains des États fédéraux allemands. Contrairement à ses prédécesseurs, il n'a pas contracté de mariage avec l'une des grandes dynasties européennes. Lorsque sa première femme, Marie de Waldeck-Pyrmont, décède en 1882, il ne la pas fait enterrer dans la crypte familiale du château de Louisbourg, mais de manière civile au cimetière de la ville. En tant que roi, il ne réside pas dans le Nouveau Palais de Stuttgart, mais habite au Palais Guillaume, lequel correspond par sa taille et son équipement à une villa bourgeoise de l'époque. Il renonce à la formule, alors courante parmi les monarques, "Par la Grâce de Dieu" sur son papier à lettres et porte des costumes civils plutôt que des uniformes. En tant que "roi du peuple", il est très respecté par la population. Politiquement, il se conforme à la majorité parlementaire. Son style de gouvernement ressemble davantage à celui d'un président. Bien que nommant les ministres conformément à la Constitution, il leur laisse, ainsi qu'au Landtag, une grande part du travail politique. Son domaine personnel est la promotion de la culture, contribuant ainsi de manière décisive à l'affirmation de l'identité culturelle du Wurtemberg dans l'Empire fédéral. Sous le règne de Guillaume II, le Wurtemberg est dirigé de manière plus démocratique que les autres États fédéraux allemands. Alors qu'en Prusse, le système électoral est des trois classes, presque tous les hommes de plus de 25 ans peuvent voter pour la Deuxième Chambre du Landtag du Wurtemberg. La structure économique et sociale est plutôt caractérisée par la classe moyenne que par l'industrie lourde. En conséquence, l'urbanisation et la misère des travailleurs qui en découle sont moins prononcées que dans d'autres parties de l'Empire allemand. Néanmoins, notamment à Stuttgart, il y a une misère notable et croissante parmi la classe ouvrière. Les initiatives sociales bourgeoises telles que la construction de logements ouvriers et la fondation de coopératives de consommateurs ne peuvent éliminer la misère des travailleurs, mais elles contribuent à améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière par rapport à la région de la Ruhr ou à Berlin. Le mouvement ouvrier, qui s'organise également au Wurtemberg à partir du milieu du XIXe siècle, est plus modéré que celui de la Prusse. Il bénéficie de la politique libérale de Charles et de Guillaume II de Wurtemberg. Le premier syndicat ouvrier est fondé à Stuttgart en mai 1848. La première association de type syndical est le Gutenberg-Verein der Buchdrucker, fondé également à Stuttgart en 1862. La loi sur les socialistes, en vigueur de 1878 à 1890 dans l'Empire allemand, est tout d'abord strictement appliquée, puis considérablement assouplie au fil des ans en Wurtemberg, permettant à des personnalités notables de la social-démocratie comme Johann Heinrich Wilhelm Dietz, Wilhelm Blos, Georg Bassler et Karl Kautsky de s'engager relativement librement à Stuttgart. Après l'abrogation de la loi sur les socialistes en 1890, une vague de fondation de cercles sociaux-démocrates a également lieu en Wurtemberg. Stuttgart devient le centre des efforts syndicaux. La Fédération allemande des travailleurs de la métallurgie, fondée en 1891, a également son siège à Stuttgart. L'objectif du travail syndical est initialement de réduire la durée du travail : un premier succès est l'introduction de la journée de neuf heures chez Bosch en 1894. Les élections législatives de 1895 donnent une forte majorité aux factions démocratiques, brisant la prédominance du Parti allemand. La nouvelle majorité est formée par le parti populaire démocratique du Wurtemberg et le Zentrum catholique fondé avant les élections. Le SPD entre pour la première fois au Landtag avec deux sièges. Dans les années suivantes, le parlementarisme se développe. Un spectre politique moderne de conservateurs, de nationaux-libéraux, du parti du peuple, du Zentrum et du SPD se développe. Les principaux dirigeants politiques de la fin de la monarchie wurtembergeoise sont, pour les conservateurs Heinrich von Kraut et Theodor Körner, pour le parti populaire démocratique Friedrich Payer et Conrad Haußmann, pour le Zentrum Adolf Gröber et pour le SPD Wilhelm Keil. Au niveau communal, les sociaux-démocrates participent rapidement à la politique et trouvent souvent un consensus politique avec les partis bourgeois. Au Landtag, en revanche, la faction social-démocrate ne vote en faveur du budget de l'État du Wurtemberg qu'une seule fois, en 1907, en échange du Congrès international socialiste qui se tient à Stuttgart en août de la même année, le premier du genre sur le sol allemand. Les autorités wurtembergeoises soutiennent les organisateurs du congrès, au grand mécontentement du Kaiser et du gouvernement impérial à Berlin. Environ 900 délégués, dont la militante des droits des femmes Clara Zetkin, résidente de Stuttgart, et le révolutionnaire russe Lénine, sont accueillis avec hospitalité et même autorisés à utiliser la salle d'attente de première classe de la gare principale de Stuttgart. Le congrès peut mener à bien son programme à la Liederhalle de Stuttgart et organise un événement majeur avec des discours publics sur le Cannstatter Wasen, auquel participent plus de 30 000 personnes. Comme le roi Guillaume II n'a pas de fils, il est prévisible que la succession au trône passe de la ligne protestante de la maison de Wurtemberg à la ligne catholique avec Albrecht de Wurtemberg. Cette perspective alarme la bourgeoisie libérale protestante influente de Wurtemberg, et cela conduit à de nombreuses discussions sur la future relation entre l'Église et l'État. Une situation quelque peu paradoxale mais similaire s'est produite dans l'État voisin majoritairement catholique du Bade, où une dynastie protestante régnait, tandis qu'au Wurtemberg majoritairement protestant, une dynastie catholique peut prendre la succession. Première Guerre mondiale et fin du royaume[modifier le code] Le 1er août 1914, le royaume de Wurtemberg, tout comme les autres États fédérés du Bundesrat, autorise le Chancelier du Reich, Theobald von Bethmann Hollweg, à déclarer la guerre à la France et à la Russie. Le roi Guillaume II signe ensuite l'appel aux armes à son peuple le 2 août, bien qu'il ne partageât pas l'enthousiasme général pour la guerre de la population. En 1918, 508 482 soldats wurtembergeois participent au conflit depuis le début de la guerre, ce qui correspond à plus d'un cinquième de la population. 71 641 soldats wurtembergeois périssent au cours de la guerre. À la suite de la révolution de novembre, le gouvernement wurtembergeois démissionne le 6 novembre 1918 pour laisser la place à un gouvernement parlementaire. Lorsque le secrétaire d'État Philipp Scheidemann proclame la république depuis une fenêtre du Reichstag à Berlin le 9 novembre, des manifestations ont également lieu à Stuttgart. Les manifestants occupent le palais royal dans la matinée. L'après-midi, un gouvernement provisoire composé des deux partis socialistes SPD et USPD sous la direction de Wilhelm Blos est formé au Landtag. Le roi Guillaume II quitte Stuttgart le soir du 9 novembre et s'installe au pavillon de chasse de Bebenhausen. Le 30 novembre, le septuagénaire renonce au trône et prend le titre honorifique de duc de Wurtemberg. Le Wurtemberg devient un État populaire dans le cadre de la république de Weimar. Structure de l'État et l'administration[modifier le code] La Constitution[modifier le code] La Constitution du royaume de Wurtemberg, promulguée le 25 septembre 1819 par le roi Guillaume Ier, comporte dix chapitres et un total de 205 articles. Le chapitre I définit le Wurtemberg en tant qu'État membre de la Confédération germanique. Le chapitre II définit le roi comme chef de l'État et réglemente la succession au trône. Le roi est le seul détenteur du pouvoir d'État, qu'il ne peut toutefois exercer que dans les limites de la Constitution. Il a notamment le pouvoir de nommer et de révoquer les membres du Gouvernement représentés au Conseil privé. Il représente l'État à l'étranger, a le droit d'initiative législative, promulgue des ordonnances et exerce la supervision supérieure de la justice. D'après le chapitre III régissant les droits et devoirs des citoyens, l'État est tenu de garantir les droits des citoyens, notamment la liberté individuelle, la liberté de circulation, la liberté d'entreprise et la propriété. La liberté de la presse est soumise à réserve de loi. D'après le chapitre IV régissant l'organisation et les missions du Conseil privé et de l'administration, le Conseil privé perd de son importance avec la formation d'un gouvernement légitimé par le Parlement en 1848 sous Friedrich von Römer. À partir de 1876, le gouvernement est transféré au nouveau ministère d'État sous le gouvernement de Mittnacht. Le Conseil privé continue d'exister jusqu'en 1911 en tant qu'organe consultatif du roi. La Constitution prévoit les ministères de la Justice, des Affaires étrangères, de l'Intérieur, de la Guerre et des Finances. Les ministres respectifs font partie du Conseil privé et plus tard du ministère d'État. En 1848, le ministère des cultes et de l'enseignement est séparé du ministère de l'Intérieur. Tous les membres du Conseil privé sont nommés et révoqués par le roi. Le chapitre V régit les droits des municipalités et des entités territoriales selon le principe de l'autonomie communale. Le chapitre VI définit la relation des trois églises chrétiennes présentes dans le royaume avec l'État. Le chapitre VII concerne l'exercice du pouvoir d'État : la législation est soumise à l'approbation des États territoriaux ; toutes les lois doivent être conformes à la Constitution. Le pouvoir judiciaire est indépendant. Le chapitre VIII régit les finances. Le chapitre IX définit la composition et l'organisation des États territoriaux, dont la principale mission est de participer à la législation en approuvant les projets de loi présentés par le gouvernement. Les États territoriaux sont organisés selon un système bicaméral. Les membres de la première chambre, appelée Chambre des seigneurs (en allemand : Kammer der Standesherren), sont les princes de la maison royale, les représentants de la noblesse et des anciennes communautés nobles de l'ancien Wurtemberg, ainsi que des membres nommés par le roi à vie ou héréditairement. La seconde chambre, appelée Chambre des députés (en allemand : Kammer der Abgeordneten), se compose de membres de droit, de 13 représentants élus de la noblesse chevaleresque et de représentants élus par le peuple des villes et des districts supérieurs. La durée du mandat est de six ans. Les députés élus sont libres de toute instruction. Le chapitre X régit l'organisation et les missions de la Cour constitutionnelle d'État. Après la révolution allemande de 1848, une assemblée constituante territoriale est mise en place et dissoute par le roi après son élection. Des modifications significatives de la Constitution et de son application ont lieu lors de la fondation de l'Empire allemand en 1871 et en vertu des lois constitutionnelles de 1906 et 1911. En 1906, le système bicaméral est redéfini, de sorte que seuls des députés élus par le peuple sont autorisés à siéger dans la seconde chambre. Dans le même temps, le suffrage universel et égalitaire est introduit pour la seconde chambre. La modification constitutionnelle de 1911 abolit définitivement le Conseil privé. Organisation administrative[modifier le code] En 1810, le royaume de Wurtemberg est divisé en douze bailliages regroupés en 64 districts supérieurs. En 1818, les douze bailliages sont remplacés par quatre circonscriptions appelées cercles (en allemand : Kreise) (dissous le 1er avril 1924). Le district du Danube a son siège à Ulm, le district de la Neckar à Louisbourg, le district de la Jagst à Ellwangen et le district de la Forêt-Noire à Reutlingen. Liste des bailliages du royaume de Wurtemberg : Grand-bailliage d'Aalen Grand-bailliage d'Albeck (jusqu'en 1819) Grand-bailliage de Backnang Grand-bailliage de Balingen (de) Grand-bailliage de Besigheim (de) Grand-bailliage de Biberach (de) Grand-bailliage de Blaubeuren (de) Grand-bailliage de Böblingen (de) Grand-bailliage de Brackenheim (de) Grand-bailliage de Calw (de) Grand-bailliage de Cannstatt (de) Grand-bailliage de Crailsheim Grand-bailliage d'Ehingen (de) Grand-bailliage d'Ellwangen Grand-bailliage d'Esslingen (de) Grand-bailliage de Freudenstadt (de) Grand-bailliage de Gaildorf Grand-bailliage de Geislingen (de) Grand-bailliage de Gerabronn (de) Grand-bailliage de Gmünd (de) Grand-bailliage de Göppingen (de) Grand-bailliage d'Hall (de) Grand-bailliage d'Heidenheim Grand-bailliage d'Heilbronn (de) Grand-bailliage d'Herrenberg (de) Grand-bailliage d'Horb (de) Grand-bailliage de Kirchheim (de) Grand-bailliage de Künzelsau (de) Grand-bailliage de Laupheim (de) Grand-bailliage de Leonberg (de) Grand-bailliage de Leutkirch (de) Grand-bailliage de Lorch (jusqu'en 1819) Grand-bailliage de Louisbourg (de) Grand-bailliage de Marbach (de) Grand-bailliage de Maulbronn (de) Grand-bailliage de Mergentheim (de) Grand-bailliage de Münsingen (de) Grand-bailliage de Nagold (de) Grand-bailliage de Neckarsulm (de) Grand-bailliage de Neresheim Grand-bailliage de Neuenbürg (de) Grand-bailliage de Nürtingen (de) Grand-bailliage d'Oberndorf (de) Grand-bailliage d'Öhringen (de) Grand-bailliage de Ravensbourg (de) Grand-bailliage de Reutlingen (de) Grand-bailliage de Riedlingen (de) Grand-bailliage de Rottenburg (de) Grand-bailliage de Rottweil (de) Grand-bailliage de Saulgau (de) Grand-bailliage de Schorndorf (de) Grand-bailliage de Spaichingen (de) Grand-bailliage de Stuttgart (de) Grand-bailliage de Sulz (de) Grand-bailliage de Tettnang (de) Grand-bailliage de Tübingen (de) Grand-bailliage de Tuttlingen (de) Grand-bailliage d'Ulm Grand-bailliage d'Urach (de) Grand-bailliage de Vaihingen (de) Grand-bailliage de Waiblingen (de) Grand-bailliage de Waldsee (de) Grand-bailliage de Wangen (de) Grand-bailliage de Weinsberg (de) Grand-bailliage de Welzheim Grand-bailliage de Wiblingen (de) (jusqu'en 1842) L'administration communale[modifier le code] Après l'adoption de la constitution de 1819, le principe de l'autonomie communale s'applique dans les municipalités wurtembergeoises, dont l'organisation pratique est définie par l'édit administratif du 1er mars 1822. Le chef de village, appelé « Stadtschultheiß » dans les villes et « Schultheiß » dans les villages, est élu à vie par les électeurs parmi trois candidats. Il représente la commune et préside le conseil municipal. Le conseil municipal se compose de 7 à 21 membres en fonction de la taille de la commune, également élus à vie. Pour les affaires courantes, plusieurs comités sont mis en place, le plus important étant le « Kirchenkonvent », élargi par le pasteur et le tuteur de la fondation. Le deuxième organe de la commune est le « Bürgerausschuss », dont les membres sont élus pour un mandat déterminé. Les décisions du conseil municipal sont soumises à l'audition et à l'approbation du Bürgerausschuss. Les fonctionnaires communaux comprennent le greffier municipal, dont les fonctions sont souvent combinées à celles du Schultheiß dans les petites communes, et le « Gemeindepfleger » chargé de la gestion financière et comptable. Le Gemeindepfleger ne peut pas être en même temps greffier municipal. Si le Schultheiß ou le Gemeindepfleger ne possède pas les qualifications nécessaires pour leurs tâches, les municipalités doivent employer un actuaire administratif, fourni par les districts respectifs aux frais de la commune. Par une loi du 6 juillet 1849, l'élection des conseillers municipaux à vie est abolie et remplacée par une période de mandat de six ans. L'élection à vie des chefs de village n'est abolie que par la loi municipale du 28 juillet 1906. Les principales tâches de la commune sont l'assistance sociale, l'éducation et les affaires de police locale. La compétence judiciaire n'appartient pas aux communes. Cependant, les Kirchenkonvente peuvent imposer de petites amendes et des peines d'arrestation pour des questions de moralité. Le chef de village, en tant que juge de paix, ne peut pas rendre de jugements, mais peut agir en tant que médiateur dans les litiges civils pour parvenir à un accord ou, dans les affaires de poursuites privées, faciliter un règlement extrajudiciaire appelé « Sühneversuch ». Selon le Code pénal de la police du 2 octobre 1839, le conseil municipal et le chef de village sont autorisés à infliger des peines dans des affaires pénales spécifiques. La collectivité territoriale supérieure à la commune est l'« Oberamt » (grand-baillage). Les « Oberämter » ont, en plus de leurs propres tâches définies dans le cadre de l'autonomie communale, des responsabilités étatiques déléguées par le pays. De plus, ils assument volontairement un grand nombre d'obligations légales des communes, telles que l'entretien des routes communales. Les organes de l'Oberamt sont le « Oberamtmann » et l'« Amtsversammlung », où toutes les communes de l' Oberamt sont représentées. Elle se réunit une à deux fois par an. Les affaires courantes sont gérées par le « Ausschuss de l'Amtsversammlung », qui nomme un secrétaire comme président et vice-président de l'Oberamtmann. Un trésorier de l'Oberamt est nommé pour la gestion financière, ayant un siège et une voix consultative à l'Amtsversammlung. Avec la réforme administrative après l'accession au pouvoir de Guillaume Ier, l'administration est séparée du judiciaire. Pour ce faire, un tribunal de district avec un juge de district comme président est établi dans chaque Oberamt. Le tribunal de district est responsable de l'exécution des actes juridiques formels dans le Oberamt et les communes associées, avec des notaires de district et des notaires adjoints leur fournissant une assistance. L'administration territoriale[modifier le code] L'exécutif est placé sous la direction du roi et était confié aux différents ministères. Il existe les cinq ministères classiques de la Justice, des Affaires étrangères, de l'Intérieur, de la Guerre et des Finances, auxquels s'ajoute à partir de 1848 un ministère de la Culture initialement appelé "ministère des Affaires ecclésiastiques et de l'Éducation". L'administration de l'État est en partie décentralisée dans les quatre régions administratives appelées « Kreise » et en partie centralisée à travers les autorités centrales subordonnées aux ministères. Des exemples d'autorités centrales relevant des différents ministères sont, entre autres, la Commission des Haras d'État et la Direction générale des bureaux de poste du Wurtemberg relevant du ministère de l'Intérieur, les Archives d'État relevant du ministère des Affaires étrangères, ainsi que la Chambre de comptabilité supérieure et l'administration des caisses de l'État relevant du ministère des Finances. Chaque autorité centrale est dirigée par un directeur. Les circonscriptions ont, à leur création en 1818, environ autant d'habitants qu'un département français. Chaque circonscription est dotée d'un gouvernement, d'une chambre des finances et d'un tribunal. Les gouvernements de circonscription sont notamment l'autorité supérieure en matière de police locale et d'économie publique. Leurs tâches comprennent, jusqu'en 1848, la promotion de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, et jusqu'en 1872, la construction des routes. Ils sont également l'autorité de surveillance des arrondissements dans leur région. En plus de la police locale, la gendarmerie (en allemand : Landreuterkorps (« corps des cavaliers de la campagne »)) est mise en place à partir de 1807 en tant que police nationale, et rebaptisée Corps des chasseurs terrestres en 1823, avec pour mission de soutenir les autorités nationales et municipales dans leur travail de maintien de l'ordre et de poursuite des actes criminels. Le Corps des chasseurs terrestres est organisé sur le plan militaire et dirigé par le commandant du corps, qui supervise les commandants de district dans les quatre circonscriptions. Il compte 441 hommes en 1823, répartis dans les arrondissements et dirigés par un commandant de poste dans chaque arrondissement. L'armée[modifier le code] Avant même sa création en tant que royaume en 1806, le Wurtemberg dispose déjà sa propre armée, et cela jusqu'à l'abolition de la monarchie lors de la révolution allemande 1918, et même pour une courte période après cette date. Cependant, avec la création de l'Empire allemand en 1871, l'armée wurtembergeoise est intégrée dans les structures de commandement de l'armée prussienne et devient ainsi une partie de l'armée allemande de 1871 à 1918. Contrairement au royaume voisin de Bavière, qui peut conserver son autonomie militaire complète même après 1871, le Wurtemberg ne réussit pas à obtenir ce degré d'autonomie après l'unification. À l'instar du royaume de Saxe, sa souveraineté militaire demeure limitée. Le ministère de la Guerre du Wurtemberg, fondé en 1806, continue d'exister jusqu'en 1919. Lors de son accession au trône en tant que duc de Wurtemberg, Frédéric II hérite d'une armée permanente de 4 264 hommes et de 465 chevaux. En 1805, à l'occasion du conflit opposant la Troisième Coalition contre la France, le Wurtemberg doit fournir un contingent de 6 300 hommes avec 800 chevaux et 16 canons, mais celui-ci n'est pas engagé dans des combats. En 1806, lorsque Frédéric II devient roi, l'armée wurtembergeoise compte déjà 9 928 hommes et 1 510 chevaux. Parmi eux, 8 109 sont des fantassins, 1 353 des cavaliers avec 1 270 chevaux, et 466 des artilleurs avec 240 chevaux. L'adhésion à la confédération du Rhin rend nécessaire
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:28 PM
|
Giorgio Barbarelli ou Zorzi da Vedelago ou da Castelfranco, dit Giorgione, né en 1477 à Vedelago ou Castelfranco Veneto et mort en 1510 à Venise, est le premier grand peintre vénitien du Cinquecento et de la Haute Renaissance. Il n'a vécu que 32 ans.
Giorgio Barbarelli ou Zorzi da Vedelago ou da Castelfranco, dit Giorgione, né en 1477 à Vedelago ou Castelfranco Veneto et mort en 1510 à Venise, est le premier grand peintre vénitien du Cinquecento et de la Haute Renaissance. Il n'a vécu que 32 ans. Il était cependant l'un des peintres les plus célèbres à Venise, de son vivant. La plupart de ses tableaux ont été commandés par les premiers collectionneurs et le contexte intellectuel de ces personnalités cultivées, aujourd'hui mal connu, rend ces tableaux bien mystérieux. Malgré la grande popularité de l'artiste au cours de sa vie, il est l'une des figures les plus énigmatiques de l'histoire de la peinture. Il n'a signé aucune œuvre (sauf sa Laura) et la reconstitution de son catalogue, ainsi que la détermination des significations iconographiques de nombre de celles-ci, font l'objet de nombreux débats et polémiques parmi les savants. Il a été actif sur la scène picturale vénitienne pendant un peu plus de dix ans, la marquant d'une apparition soudaine mais fulgurante, qui dans l'historiographie artistique a ensuite pris des proportions légendaires. Même en restreignant au maximum son catalogue et en minimisant les commentaires hyperboliques qui ont suivi sa mort, il est certain que son activité a certainement marqué un tournant dans la peinture vénitienne, lui donnant une orientation décisive vers la « maniera moderna »[1]. Giorgione a innové dans sa pratique de peintre, ce qui lui a permis de faire évoluer ses tableaux pendant leur réalisation, rendant le dessin moins contraignant. Cette pratique s'est rapidement diffusée à tous les peintres vénitiens et bien au-delà jusqu'à aujourd'hui, ouvrant la création à une plus grande spontanéité et à une plus grande recherche en matière de peinture. On ignore tout de son patronyme : Giorgio, en vénitien Zorzo ou Zorzi, de Castelfranco Veneto, lieu de naissance. Sa maison natale a été transformée en musée, où l'une des rares œuvres qui lui sont attribuées avec certitude est exposée la Frise des arts libéraux et mécaniques. On dit que le surnom de Giorgione (Giorgione ou Zorzon signifient Grand Georges) lui fut donné par Giorgio Vasari « pour son allure et sa grandeur d’âme », mais ce surnom était en fait probablement lié à sa stature physique ou à sa taille[1]. Il est toujours resté un artiste insaisissable et mystérieux, à tel point qu'il est apparu à Gabriele D'Annunzio « plus comme un mythe qu'un homme ». Les œuvres qui lui sont attribuées le sont bien rarement avec un consensus général et le catalogue raisonné établi en 1996 par Jaynie Anderson se limite à 24 tableaux à l'huile sur bois ou sur toile et deux dessins, l'un à l'encre brune et au lavis, l'autre à la sanguine. Biographie[modifier le code] Origines[modifier le code] On sait très peu de choses sur sa vie ; seuls certains faits sont connus grâce à des inscriptions sur des tableaux ou à quelques documents contemporains. De plus, Giorgione ne signait pas ses œuvres. Les premières informations sur les origines du peintre remontent à des sources du XVIe siècle, qui le signalent unanimement comme étant originaire de Castelfranco Veneto, à cinquante kilomètres au nord-ouest de Venise[2]. Enrico Maria dal Pozzolo rapporte que dans certains documents des archives historiques de la municipalité de la ville, mention est faite d'un certain Zorzi, né en 1477 ou 1478, qui en 1500 demande à la municipalité d'être exonéré de payer des impôts car il ne réside plus dans le pays. Ce Zorzi, fils du notaire Giovanni Barbarella et d'un certain Altadonna, a été identifié comme étant Giorgione[3]. Ses dates de naissance et de mort ont été données par Giorgio Vasari dans Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes. La date de naissance, corrigée dans la seconde édition des Vies, serait 1478[4] ; cette date est cohérente avec l’activité artistique de Giorgione à la fin du XVe siècle. Selon les historiens, Giorgione serait d’extraction très humble[N 1]. Selon le professeur d'architecture de l'université de Rome « La Sapienza » Enrico Guidoni, Giorgione serait le fils du maître Segurano Cigna[5]. Giorgio da Castelfranco, souvent appelé dans le dialecte vénitien « Zorzo » ou « Zorzi », est mentionné comme Giorgione quelques années après sa mort, l'augmentatif était un moyen d'accentuer sa haute stature morale et physique, et depuis lors, a été utilisé comme l'appellation la plus employée pour l'identifier[1]. Apprentissage et débuts[modifier le code] Aucun document ne permet de remonter à la prime jeunesse de Giorgione. Nul ne sait exactement quand il a quitté Castelfranco, encore moins à quel stade de son éducation[6]. On sait qu'il est arrivé très jeune à Venise, s'installant dans l'atelier de Giovanni Bellini, dont il hérite le goût de la couleur et l'attention aux paysages. Carlo Ridolfi raconte qu'à la fin de son apprentissage, il est retourné dans sa ville natale où il s'est formé à la technique de la fresque avec quelques artistes locaux et qu'il a exploité ce savoir-faire dans la lagune, se consacrant à la décoration des façades et des intérieurs de palais, à partir de sa propre résidence à Campo San Silvestro. Confirmant ce qu'écrivait Ridolfi en 1648, les historiens des XVIe et XVIIe siècles ont répertorié un grand nombre de fresques peintes par lui, qui ont toutes été perdues aujourd'hui à l'exception du Nu, sauvée en 1938, sur la façade du Fontego dei Tedeschi mais aujourd'hui presque complètement détruit[7]. Entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, il apparait à Venise parmi les nombreux « étrangers » qui ont facilement trouvé un emploi dans la ville dans le domaine pictural. Une anecdote[8] permet de situer le jeune peintre dans la cité à la fin des années 1490. Mauro Lucco[9] indique que les peintres vénitiens parvenaient à maturité et s'établissaient à leur compte à l'âge de 18 ans ; vers 1495 ou 96, il aurait donc réalisé ses premières peintures en toute autonomie. Ses premiers essais, comme les tableaux de la Galerie des Offices ou La Vierge à l'Enfant dans un paysage du Musée de l'Ermitage, montrent un bon degré d'assimilation de différentes expressions. Il semble à Alessandro Ballarin[10], au regard des œuvres qu'il considère comme étant les premières de l'artiste, que celui-ci avait connaissance de la peinture protoclassique du Pérugin[N 2], des gravures sur bois et sur cuivre de Albrecht Dürer[N 3], des peintures « néogothiques »[11] de Jérôme Bosch, de Lorenzo Costa, des artistes lombards, et des peintres et graveurs nordiques[6], qui tous étaient à Venise en 1494-96. Le passage de Léonard de Vinci dans les premiers mois de 1500[12] aurait été tout aussi déterminant. Pérugin est à Venise en 1494 pour une commande qu'il n'exécutera jamais, mais il en profite pour peindre un cycle narratif pour la Scuola de San Giovanni Evangelista, peut-être en 1496, des portraits et une toile perdue pour le palais des Doges[13]. La Judith, du musée de l'Ermitage, l'une des œuvres attribuable à sa main et généralement datée de cette période[14], assemble des plis du drapé à la raideur toute gothique et tient une grande épée qui semble venir du répertoire du Pérugin[13]. Œuvres sacrées[modifier le code] Les œuvres à sujet sacré se situent principalement dans ses premières années d'activité. Se réfèrent habituellement à cette période : la Sainte Famille Benson, L'Adoration des bergers Allendale, L'Adoration des mages et la Vierge à l'Enfant lisant, alors que le fragment de la Maddalena des Offices a vu son attribution rejetée. Dans ces œuvres, on note des différences fondamentales avec le principal peintre alors actif à Venise, Giovanni Bellini : si pour Bellini tout est imprégné de sacré et la création apparaît comme une manifestation divine, pour Giorgione tout a un aspect profane, avec une nature qui semble dotée de ses propres normes internes innées, dans laquelle les personnages sont immergés dans des sentiments réels et « terrestres »[15]. Maturation[modifier le code] Les commandes des peintures de chevalet qui lui parviennent ne proviennent ni des corps religieux ni de la Sérénissime, mais plutôt d'un petit cercle d'intellectuels liés à des familles patriciennes qui préfèrent, plutôt que les sujets religieux habituels, des portraits et des œuvres de petit format ayant pour sujet des images mythologiques ou allégoriques. Il existe toutefois deux exceptions de commandes « publiques » : un telero pour la salle d'audience du palais des Doges, perdu, et la décoration à fresque de la façade de la nouvelle Fontego dei Tedeschi, qui lui fut confiée par la Seigneurie et achevée en décembre 1508. Son travail remplissait tous les espaces entre les fenêtres de la façade donnant sur le Grand Canal, où Giorgione a peint une série de nus que les contemporains rapportent comme grandioses et animés par l'utilisation d'un rouge flamboyant. Il ne reste d'eux aujourd'hui, que le dit Nu conservé dans les Galeries de l'Académie de Venise. Il est probable que cette importante commande a été confiée à Giorgione du fait de son expérience dans le domaine des fresques et qu'elle a également constitué pour lui un signal de la possibilité de succéder à Bellini dans le rôle de peintre officiel de la Sérénissime, ce qui de toute façon ne put se produire en raison de sa mort prématurée lors de la terrible peste qui a ravagé Venise en 1510[16]. Au dire de Vasari, Giorgione, homme courtois, épris de conversations élégantes et de musique (il jouait des madrigaux sur son luth[17]), fréquentait à Venise les milieux raffinés et cultivés, mais assez fermés, des Vendramin, Marcello, Venier, Contarini[18]. Il est reconnu comme un artiste « engagé » dans le milieu de l'Aristotélisme professée à Venise et à Padoue[N 4]. Son accès aux plus célèbres commanditaires pourrait avoir été assuré par un protecteur comme Pietro Bembo, ou des Vénitiens très riches comme Taddeo Contarini ou Gabriele Vendramin[17]. Fin octobre 1510, Isabelle d'Este, la plus ardente collectionneuse de l'Italie du Nord[19], écrivit à son agent vénitien pour lui demander d'acheter une Nativité de Giorgione, après le décès du peintre. Mais sa recherche ne put aboutir : le tableau, en deux versions, avait été commandé par deux autres collectionneurs vénitiens qui ne souhaitaient pas s'en séparer. Giorgione avait en effet inventé la peinture de chevalet conçue et réalisée pour le plaisir de ses commanditaires patriciens, et l'ornement de leurs studiolo[20]. Ces nouveaux objets étaient parfois protégés par un « couvercle » peint que l'on ôtait pour les contempler en compagnie d'amis choisis[17]. Le retable de Castelfranco[modifier le code] Article détaillé : Retable de Castelfranco. Le retable de Castelfranco, l'une des rares œuvres certaines de Giorgione remonte aux environs de 1503, commandé par le condottiere Tuzio Costanzo pour la chapelle familiale de la cathédrale Santa Maria Assunta e Liberale de Castelfranco Veneto . Tuzio Costanzo, un chef originaire de messine (« la première lance d'Italie » pour le roi de France Louis XII), s'était installé à Castelfranco en 1475, après avoir servi la reine Catherine Cornaro à Chypre, gagnant le titre de vice-roi. Le retable de Castelfranco est une œuvre de dévotion privée que Tuzio voulut d'abord pour célébrer sa famille, et plus tard en 1500, pour se souvenir de son fils Matteo, également condottiere, décédé tragiquement à Ravenne pendant la guerre pour le contrôle du Casentino, comme le rappelle le pierre tombale se trouvant aujourd'hui au pied du retable (à l'origine elle était placée sur le mur droit de la chapelle), probablement l'œuvre de Giovan Giorgio Lascaris, dit Pirgotele, un sculpteur raffiné et mystérieux, actif à Venise entre les XVe et XVIe siècles. La disparition de son fils, comme semblent le confirmer les investigations radiographiques menées sur le retable, a probablement conduit Tuzio à demander à Giorgione de modifier la structure originale de l'œuvre, avec la transformation de la base du trône en sarcophage en porphyre, sépulture royale par excellence, à l'effigie de la famille Costanzo, et avec l'accentuation de la tristesse de la Vierge. La conversation sacrée est caractérisée par le groupe de la Vierge avec l'Enfant Jésus isolé dans le ciel pour souligner la dimension divine. En arrière-plan, un paysage apparemment doux, mais marqué par les traces inquiétantes de la guerre (à droite, deux minuscules personnages sont armés, tandis qu'à gauche, un village à tourelles est en ruines) : l'arrière-plan renvoie à un moment historique précis, ou aux décennies troublées se situant entre le XVe et le XVIe siècle. À la base, deux saints introduisent la scène : l'un d'eux est clairement identifiable comme François d'Assise, représenté avec la gestuelle par laquelle les commanditaires sont habituellement montrés (qui sont pourtant ici absents). L'identification de l'autre saint est plus complexe : l'iconographie qui fait référence aux saints guerriers est claire, comme Georges de Lydda (éponyme du peintre et dont la chapelle porte le nom), Libéral d'Altino (titulaire de la cathédrale et saint patron du diocèse de Trévise), saint Nicaise (martyr de l'ordre des chevaliers de Jérusalem, auquel appartenait également le client Tuzio Costanzo), ou enfin Florian de Lorch (vénéré entre l'Autriche et la haute Vénétie). Les deux personnages tournent leur regard vers l'observateur hypothétique, faisant le lien entre le monde réel et le monde divin. Le retable, inspiré de Bellini, marque les débuts indépendants de Giorgione à son retour dans sa ville natale après les années passées à Venise dans l'atelier de Bellini. Il est érigé en pyramide très haute, avec la tête de la Vierge trônant au sommet et les deux saints à la base, devant un parapet ; le saint François est inspiré du Retable de Saint-Job de Giovanni Bellini. Par rapport aux modèles lagunaires, l'artiste abandonne le fond architectural traditionnel, posant une partition originale : une moitié inférieure avec le sol en damier en perspective et un parapet rouge et lisse en toile de fond, et une moitié supérieure bleu ciel, avec un large et profond paysage, formé par la campagne et les collines. La continuité est garantie par l'utilisation parfaite de la lumière atmosphérique, qui unifie les différents plans et figures, malgré les différences entre les divers matériaux, de l'éclat de l'armure du saint guerrier à la douceur des vêtements de la Vierge. Le style du retable se caractérise par un tonalisme évident, obtenu par le chevauchement progressif des couches colorées, qui rendent le clair-obscur doux et enveloppant. La vierge porte les trois couleurs symboliques des vertus théologales : le blanc pour la foi, le rouge pour la charité et le vert pour l'espérance. Giorgione et Léonard[modifier le code] Vasari est le premier à souligner la relation entre le style de Léonard de Vinci et la « manière » de Giorgione. L'attention de Giorgione pour les paysages aurait été influencée, toujours selon Vasari, par les œuvres de Léonard de passage dans la lagune[21]. Le peintre toscan, fugacement à Venise en mars 1500[22], est surtout connu localement par le travail des Leonardeschi, comme Andrea Solari, Giovanni Agostino da Lodi et Francesco Napoletano[23]. Léonard de Vinci apporta au moins un dessin à Venise : le carton du portrait d'Isabelle d'Este (actuellement conservé au Louvre), mais il y en avait sans doute d'autres, et peut-être en rapport avec La Cène qu'il venait d'achever à Milan[22]. Cet impact est particulièrement visible dans L'éducation du jeune Marc Aurèle[N 5]. Giorgione essaie alors d'imiter le « sfumato » du maître et délaisse ses recherches sur l'effet des couleurs compactes denses et veloutées. Il tente au contraire dans ce tableau de rendre le « flou » atmosphérique[24] employant une texture très légère, fluide, avec une très faible quantité de pigments dilués dans beaucoup d'huile[25]. Des œuvres telles que le Garçon à la flèche, Les Trois âges de l'homme ou le Portrait d'un jeune homme de Budapest, montrent un approfondissement psychologique et une plus grande sensibilité aux jeux de lumière dérivés de Léonard[26]. La « Maniera Moderna »[modifier le code] Il n'est pas improbable que Giorgione ait fréquenté au début du XVIe siècle la cour d'Asolo de Catherine Cornaro, la reine détrônée de Chypre, qui avait réuni autour d'elle un cercle d'intellectuels[27]. Des œuvres telles que le Double Portrait, ont été rapprochées des discussions sur l'amour des Gli Asolani de Pietro Bembo, que Giorgione a probablement rencontré à Asolo et qui, dans ces années, publie à Venise son traité platonicien. Le Portrait de guerrier avec son écuyer des Offices semble lié aux événements de la cour. Ces œuvres ont été supprimées ou réaffectées à plusieurs reprises au catalogue de Giorgione[27]. Ce dernier médite longuement sur les thèmes de ses peintures et les remplit de significations bibliques, historiques et littéraires. Giulio Carlo Argan souligne l'attitude platonicienne du peintre, greffée sur la culture aristotélicienne de l'atelier de Padoue[28]. Dans la lettre bien connue de l'agent d'Isabelle d'Este de 1510, il apparait que le noble Taddeo Contarini et le citoyen Vittorio Bechario possèdent des œuvres du peintre et que pour rien au monde ils s'en sépareraient car elles avaient été commandées et réalisées de façon à satisfaire leurs goûts personnels : les œuvres de Giorgione étaient rares et convoitées, et les clients participaient au choix des sujets. Une liste des œuvres de Giorgione, avec leurs propriétaires respectifs de Padoue et de Venise, se trouve également dans la liste de Marcantonio Michiel, publiée entre 1525 et 1543[29]. Au cours de ces années, Giorgione se consacre à des thèmes tels que le paragone, dont il reste des œuvres de ses élèves inspirées de ses originaux perdus, et au paysage. Si quelques œuvres sont d'attribution douteuse, probablement d'artistes de son cercle, comme les « Paesetti » (Musée civique de Padoue, National Gallery of Art et The Phillips Collection)[30], il demeure surtout quelques chefs-d'œuvre incontestés comme le Coucher de soleil et la fameuse Tempête[31]. Ce sont des œuvres au sens insaisissable, dans lesquelles les personnages sont réduits à des figures dans un paysage arcadien, plein de valeurs atmosphériques et lumineuses liées à l'heure du jour et aux conditions météorologiques. Ces œuvres montrent des influences de la nouvelle sensibilité de l'École du Danube, mais elles s'en écartent aussi, donnant une interprétation italienne moins agitée, plus équilibrée[32]. La toile dite des Trois Philosophes, qui remonte également aux environs de 1505, présente des significations allégoriques complexes, pas encore complètement expliquées[33]. La difficulté d'interprétation est liée aux demandes complexes des clients, riches et raffinés, qui voulaient des œuvres mystérieuses, remplies de symbolisme. Les figures sont construites pour les couleurs et les masses, pas pour les lignes ; celles contrastées séparent les personnages de l'arrière-plan, créant une impression de balayage spatial. Il faut attendre 1506 pour retrouver le premier et unique autographe daté de Giorgione : le portrait d'une jeune femme nommée Laura, conservé au Musée d'Histoire de l'art de Vienne[34], stylistiquement proche du portrait de La Vieille. La Tempête[modifier le code] Article détaillé : La Tempête (Giorgione). La Tempête, dite aussi L'Orage (v. 1507 ?) est une toile appartenant aux poesie (poesia), genre élaboré à Venise à la charnière du XVe et du XVIe siècle[35]. C'est, pour la première fois dans l'histoire de la peinture occidentale, essentiellement un paysage où l'espace réservé aux personnages est secondaire comparé à l'espace réservé à la nature. Le personnage qui tient un bâton, à gauche, semble représenter un berger et non un soldat comme Marcantonio Michiel l'avait interprété en 1530 dans la demeure de Gabriel Vendramin, le commanditaire. Ce berger serait plus en accord avec le mouvement pastoral qui marque la poésie italienne de l'époque[N 6]. Le sujet ne correspondrait donc pas à un texte écrit mais associerait des sources disparates sur un mode lyrique[35]. Le défi pour le poète est alors de surpasser ses prototypes par l'étendue des effets poétiques que sa création engendre[36]. Et c'est effectivement ce que La Tempête soulève chez ceux qui la regardent d'aujourd'hui. Le tableau semble avoir subi une lente élaboration car la radiographie révèle un important repentir : le personnage d'une femme nue aux pieds dans l'eau, en bas à gauche, a été effacé. Par cette maturation de l'idée sur la toile Giorgione confirme son opposition vénitienne aux pratiques florentines, Florence étant adepte du dessin préparatoire à l'œuvre. Giorgione a peint sur la droite une femme qui allaite un enfant et, sur la gauche, se trouve un homme debout qui les regarde. Il n'existe aucun dialogue entre eux. Ils sont tous deux séparés par un petit ruisseau et des ruines. Dans le fond, on aperçoit une ville sur laquelle un orage éclate. Un éclair traverse le ciel couvert. Personne ne peut prétendre, aujourd'hui, détenir la signification que ce tableau avait pour le peintre et dans le cercle de ses proches ; comme pour beaucoup de ses œuvres, Giorgione lui donne un sens qui nous est inaccessible avec certitude aujourd'hui. Mais la recherche, de plus en plus érudite, nous propose de nouvelles lectures, comme celle de Jaynie Anderson[N 7], dans son catalogue raisonné. Le Fontego dei Tedeschi[modifier le code] Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1505, le bâtiment du XIIIe siècle du Fontego dei Tedeschi, siège commercial des allemands à Venise, est incendié. Le Sénat vénitien approuve en moins de cinq mois un projet pour un bâtiment plus grand et plus monumental, qui est construit vers 1508. Cette année-là, une dispute sur un paiement, une commission spéciale, formée par Vittore Carpaccio, Lazzaro Bastiani et Vittore di Matteo ayant décidé de payer à Giorgione 130 ducats et non 150 comme convenu[37], confirme qu'à ce moment, les fresques des murs extérieurs devaient être achevées, confiées à Giorgione et à son jeune élève Titien[38] qui, selon Vasari, sont également aidés par Morto da Feltre qui pourtant se bornait généralement à faire « les ornements de l'ouvrage »[39]. On peut se demander comment un peintre encore peu connu à Venise et qui venait d'arriver de Florence (plus tard ami et compagnon de Giorgione) fait partie de l'équipe. Selon Vasari, Morto est celui qui a su recréer le style des grotesques. Par grotesque, Vasari entendait à la fois les décors alambiqués et les scènes aux paysages et figures idylliques de la peinture romaine antique qui étaient constitués de couleurs juxtaposées, pouvant se rapprocher du style de l'impressionnisme du XIXe siècle. Morto s'est consacré à cette étude d'abord à la Domus aurea de Rome puis à Tivoli et à Naples, et est devenu célèbre pour son talent en la matière. Ce n'est en fait que sous terre (dans les « grottes ») que les couleurs et les formes des fresques romaines ont survécu au passage du temps et aux intempéries. On peut suggérer que la peinture vénitienne est l'héritière légitime de l'antique peinture romaine. Le nouveau style s'est aussi répandu à Venise parce qu'il fait revivre la peinture ancienne, la sculpture et l'architecture classique qui utilisaient des matériaux beaucoup plus résistants que la peinture et étaient déjà « renaissants ». Même Durer se plaignait de ne pas être assez apprécié des Vénitiens pour ne pas peindre à la « nouvelle mode ». Giorgione a eu le privilège d'observer de près Morto sur l'échafaudage du Fontego et a compris sa conception innovante sans avoir à se rendre personnellement à Rome, et l'a gardé proche de lui[40]. Vasari a vu les fresques dans leur splendeur et, même sans pouvoir en déchiffrer le sens, les a beaucoup louées pour leurs proportions et la couleur « très vive » qui les faisaient paraître « dessinées sous le signe des êtres vivants, et non en imitation, quelle que soit la manière ». Endommagées par les agents atmosphériques, le climat humide et la lagune saumâtre, elles sont finalement détachées au XIXe siècle et transférées dans des musées, le Ca' d'Oro et les Galeries de l'Académie de Venise. Le Nu de Giorgione se trouve dans ce dernier musée, où malgré le mauvais état de conservation, on peut encore apprécier l'étude sur la proportion idéale, thème très en vogue à l'époque, inspiré de la statuaire classique et traité en peinture en ces mêmes années aussi par Albrecht Dürer. La vivacité chromatique est encore perceptible, donnant à la chair de la figure la chaleur d'un être vivant[38]. Certaines des meilleures œuvres de Giorgione en tant que coloriste sont attribuées à cette période, comme le Portrait d'homme Terris[41]. La Vénus endormie[modifier le code] Article détaillé : Vénus endormie (Giorgione). Vers 1508, Giorgione peint la Vénus endormie pour Girolamo Marcello, une huile sur toile qui représente la déesse dormant détendue sur une pelouse, inconsciente de sa beauté. Il est probable que Titien soit intervenu sur ce tableau qui, encore jeune, aurait créé le paysage en arrière-plan et un cupidon entre les jambes de Vénus[42]. Lors d'une restauration dans les années 1800, le cupidon a été effacé compte tenu de son mauvais état, et n'est désormais visible que par radiographie. Selon son témoignage, Marcantonio Michiel, en 1522, a eu l'occasion de voir dans la maison de Girolamo Marcello, une Vénus nue avec un putto qui « fait à la main de Zorzo de Castelfranco, mais la ville et Cupidine ont été achevés par Titien »[43]. Actuellement l'œuvre est visible à Dresde à la Gemäldegalerie Alte Meister ; le même thème (la représentation de Vénus) sera repris plusieurs fois par Titien : la pose de la Vénus d'Urbin, datée de 1538, présente la plus forte analogie avec celle de Giorgione. Dernière étape[modifier le code] La dernière phase de la production du peintre montre des œuvres de plus en plus énigmatiques, caractérisées par une approche de plus en plus libre, avec de la couleur et des nuances flamboyantes. L'ensemble des dernières toiles de Giorgione, dont le controversé Christ portant la croix, le Concert, le Chanteur passionné et le Joueur de flûte, a été décrit par le grand historien de l'art Roberto Longhi comme un « tissu mystérieux » qui mélange la chair des protagonistes avec les objets de la composition[45]. Le Portrait de Giovanni Borgherini et de Trifone Gabriele (1509-1510) est aujourd'hui attribué à Giorgione, selon l’Alte Pinakothek de Munich. L'œuvre est signalée par Giorgio Vasari qui dit l'avoir vue dans le palais de la famille Borgherini à Florence et la mentionne dans la deuxième édition de son ouvrage Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de 1568. Les analyses des spécialistes font apparaître trois compositions sous-jacentes représentant des scènes bibliques, un paysage arcadien, et des portraits comportant des motifs ornementaux des tissus de l’Espagne mauresque[46]. Mort[modifier le code] Giorgione meurt à Venise à l'automne 1510, lors d'une épidémie de peste. Un document retrouvé récemment, bien que ne portant pas la date précise du décès, atteste le lieu : l'île de Lazzaretto Nuovo, où les personnes touchées par la maladie, ou considérées comme telles, étaient mises en quarantaine et les marchandises contaminées déposées[47]. Plusieurs sources parlent plutôt explicitement de l'île de Poveglia[48]. Selon Vasari, Giorgione avait été infecté par sa maîtresse, décédée en 1511, mais cela doit être inexact puisqu'en 1510, une lettre envoyée à la marquise de Mantoue Isabelle d'Este par son agent à Venise Taddeo Albano, mentionne le peintre comme récemment expiré ; la marquise voulait lui commander une œuvre pour son studiolo, mais dut « se rabattre » sur Lorenzo Costa[45]. Son caractère raffiné et poétique place Giorgione dans l'orbite du Cinquecento de Raphaël : outre peintre de génie, il est aussi poète, musicien, homme du monde, traits essentiels de l'homme du nouveau siècle. Titien hérite de ses tableaux inachevés, mais aussi de la position que sa mort prématurée laisse vacante à Venise[49]. Élèves majeurs[modifier le code] Selon les mots de Vasari, la mort prématurée de Giorgione a été en partie rendue moins amère en laissant derrière elle deux « créations » exceptionnelles, Titien et Sebastiano del Piombo[50]. Le premier commence sa collaboration avec Giorgione à l'époque des fresques du Fondego dei Tedeschi, vers 1508, et son premier style est si proche de celui du maître qu'après sa mort, la finition des œuvres inachevées et la limite attributive exacte entre l'un et l'autre, demeurent parmi les questions les plus débattues de l'art vénitien du XVIe siècle[51]. Les deux, qui partageaient aussi la clientèle d'élite, les sujets, les thèmes, les poses et les coupes compositionnelles, se distinguent par une plus grande audace dans le travail du jeune Titien, avec des niveaux de couleurs plus intenses et un contraste plus décisif entre la lumière et l'ombre. Dans les portraits, Titien s'inspire du maître, mais il agrandit l'échelle des figures et amplifie le sens de la participation vitale, en contraste avec la contemplation rêveuse de Giorgione. Parmi les œuvres d'attribution contestées entre les deux figurent au musée du Louvre, Le Concert champêtre, et l'Homme avec un livre de la National Gallery of Art de Washington[51]. Sebastiano del Piombo a également terminé certaines des œuvres laissées inachevées par le maître, telles que Les Trois Philosophes. Fra' Sebastiano a emprunté les compositions des œuvres à Giorgione, mais dès le début, il s'est distingué par une plasticité plus robuste, qui s'est ensuite pleinement manifestée dans ses œuvres de maturité, demeurant toujours liée à une « façon de coloration très douce ». La Conversation sacrée des Galeries de l'Académie de Venise figure parmi les œuvres contestées entre les deux[50]. Les « Giorgioneschi »[modifier le code] Contrairement à ses autres confrères, Giorgione ne disposait pas d'un véritable atelier, où il pouvait instruire des apprentis en leur confiant les parties les plus basiques de l'exécution des tableaux. Cela était peut-être dû à sa clientèle particulière qui lui demandait principalement des œuvres de petit format et de grande qualité[52]. Malgré cela, son style a eu une résonance immédiate, ce qui lui a garanti une diffusion rapide dans la région de la Vénétie, même sans un groupe de collaborateurs directs pour travailler avec lui, comme cela s'est produit par exemple avec Raphaël. Un groupe de peintres anonymes et quelques peintres qui ont eu plus tard une carrière fulgurante ont adhéré à sa manière[52]. Les « giorgioneschi » caractérisent leurs œuvres avec des couleurs qui recréent des effets atmosphériques et de tonalité, avec des iconographies dérivées de ses œuvres, en particulier celles de petite et moyenne taille des collections privées. Parmi les thèmes giorgionesques, prédominent le portrait, individuel ou de groupe, avec un intérêt psychologique profond, et le paysage, qui, bien que pas encore considéré comme digne d'un genre indépendant, a désormais acquis une importance fondamentale, en harmonie avec les figures humaines[52]. Giovanni Bellini lui-même, le plus grand maître actif à Venise à cette époque, a retravaillé les stimuli de Giorgione dans sa dernière production. Parmi les maîtres les plus importants qui ont été influencés, surtout dans leur phase de formation, en plus de ceux déjà mentionnés, figurent Dosso Dossi, Giovanni Gerolamo Savoldo, Romanino, Giovanni Cariani, Le Pordenone et Pâris Bordone[52]. Postérité[modifier le code] Les quelques informations connues sur Giorgione proviennent des Nouvelles des Peintres écrites entre 1525 et 1543 par Marcantonio Michiel, mais publiées seulement en 1800, et des Vies de Vasari. Michiel avait une prédilection pour Giorgione parmi les artistes vénitiens, tout comme Pierre l'Arétin, grand admirateur du colorisme, le louait. Vasari était, à l'inverse, un promoteur passionné de la « primauté du dessin » florentine, mais il reconnaissait Giorgione comme un maître parmi les concepteurs de la « maniera moderna », fournissant des informations importantes sur lui, bien que contradictoires[53]. Giorgione est mentionné parmi les plus grands peintres de son temps dans le Dialogue sur la peinture (1548) de Paolo Pino, dans le cadre d'une tentative de médiation entre l'école toscane et l'école vénitienne. Baldassare Castiglione, dans Le Livre du courtisan, nomme Giorgione parmi les « plus excellents » peintres de son temps, avec Léonard de Vinci, Michel-Ange, Andrea Mantegna et Raphael[53]. Au XVIIe siècle, les œuvres de Giorgione ont été reproduites et imitées par Pietro della Vecchia, qui a souvent transmis des œuvres qui ont ensuite été perdues. Parmi les grands admirateurs de son art, l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg prédomine, qui en vint à collectionner treize de ses œuvres, aujourd'hui en grande partie au Musée d'Histoire de l'art de Vienne[53]. Au XVIIIe siècle, quand Anton Maria Zanetti reproduisit les fresques du Fontego dei Tedeschi dans des gravures, savants et écrivains préférèrent le côté pastoral dans l'art du peintre, en phase avec les thèmes arcadiens de l'époque. Des aspects de ce genre ont également été approfondis au XIXe siècle, lorsque l'accent a été mis avant tout sur le contenu émotionnel de ses œuvres[53]. Apports[modifier le code] Giorgione innove dans la peinture vénitienne du début du XVIe siècle en y introduisant quatre nouveaux aspects : le sujet laïque, de petites dimensions, pour les particuliers et les collectionneurs ; le clair-obscur à la progression d'une infinie délicatesse et à la palette très évocatrice ; le nu ; les paysages peints pour eux-mêmes. Il crée le style du siècle nouveau et exerce une forte influence sur Bellini[49]. Il produit les premiers tableaux conçus et réalisés pour des commanditaires privés, qui sont aussi les premiers collectionneurs de peinture contemporaine. La Tempête est le premier tableau de la peinture occidentale où le paysage occupe une telle place comparativement à l'espace réservé aux figures. Il introduit de nouveaux effets avec une peinture opaque, très riche en pigments, et fondue insensiblement, comme un sfumato modulé dans la matière et par taches ou frottis du pinceau sur une préparation sombre[N 8]. Les dessins sous-jacents, qui apparaissent dans les radiographies des peintures, parfois se superposent ou témoignent d'une première disposition des éléments du tableau. Ces dessins n'ont pas été systématiquement suivis par une mise en couleurs comme l'auraient fait les contemporains du jeune Giorgione, bien au contraire, la peinture opaque lui permet de recomposer son projet initial, de suivre une évolution plus naturelle du tableau, de dessiner en peignant. Dans L'Adoration des bergers (ou Nativité Allendale) (v. 1500), il introduit plusieurs innovations. D'abord un format modeste correspondant à un tableau destiné à la dévotion privée, alors que ce thème était traditionnellement traité sur des retables, ou en tout cas de grands formats en raison de leur usage pour de vastes assemblées. Ensuite il décentre le sujet principal sur la droite au profit des bergers, lesquels ressemblent plutôt à des personnes pour lesquelles la grâce et des mœurs cultivées sont le comportement naturel[54]. Enfin, et surtout, le paysage occupe un espace considérable : c'est l'occasion de donner forme à tout un courant littéraire, bucolique, qui va de Filenio Gallo (it), Giovanni Badoer (it) à Pizio da Montevarchi (it), et du Songe de Poliphile (1499) à L'Arcadie de Jacopo Sannazaro (1502). Dans le retable de Castelfranco (vers 1502), sa peinture marque un écart dans l'art vénitien, avec les saints curieusement introvertis et des modulations sensibles de couleur comme un voile unifiant la peinture. C'est aussi, le dernier tableau à sujet traditionnel que Giorgione réalise, se consacrant ensuite à des portraits individualisés et à des sujets peu ou jamais traités[25]. Ces tableaux sont peints avec de minuscules taches de couleur, ou plutôt de subtiles touches de peinture opaque, technique que Giorgione a introduite dans la peinture à l'huile. Celles-ci ont donné à ses œuvres une lumière modulée en surface dans la matière colorée. Alors qu'avant lui, la lumière venait du fond de la peinture préparée en blanc, sa préparation est soigneusement poncée afin de permettre le dépôt de très fines couches de peinture, quasi transparentes, dans les zones les plus lumineuses. Avec cette peinture opaque, des retouches pouvaient non seulement permettre d'effectuer des modifications très importantes au cours de la réalisation, mais aussi d'apporter la lumière par des couleurs claires, en faisant surgir les figures du fond sombre, comme le préconisait Léonard de Vinci. Giorgione a une nouvelle approche de la nature, le paysage et les figures sont cohérents. Ainsi, dans Les Trois Philosophes, il n'y a pas de rupture d'échelle entre les arches du rocher, les hommes ou les plantes : l'atmosphère les enveloppe pareillement. De même, les nus n'étaient pas rares à l'époque, mais celui de la Vénus est inhabituel : son sommeil paisible sépare complètement la déesse du monde du spectateur et la timidité qu'on trouve plus tard dans la Vénus d'Urbin du Titien est absente[55]. Problématique des attributions[modifier le code] Les attributions des œuvres de la main de Giorgione commencèrent peu de temps après sa mort, lorsque certaines de ses peintures ont été achevées par d'autres artistes. Sa réputation considérable a également conduit à des allégations d'attribution erronées très tôt. La documentation concernant les peintures de cette période se rapporte principalement aux grandes commandes pour l'Église ou le gouvernement ; les petits panneaux domestiques, qui composent l'essentiel de l'œuvre de Giorgione, sont toujours beaucoup moins susceptibles d'être enregistrés. D'autres artistes ont continué à travailler dans son style pendant quelques années, et probablement vers le milieu du siècle, des travaux délibérément trompeurs ont été réalisés[56]. La documentation principale pour les attributions concernant Giorgione provient du collectionneur vénitien Marcantonio Michiel. Dans des notes datant 1525-1543, il identifie douze tableaux et un dessin de l'artiste, dont seuls cinq des tableaux sont identifiés à la quasi-unanimité par les historiens de l'art : La Tempête, Les Trois Philosophes, Vénus endormie, Garçon avec une Flèche[57] et le Berger à la flûte (tous n'acceptent pas ce dernier comme étant de Giorgione). Michiel décrit les Philosophes comme ayant été achevés par Sebastiano del Piombo, et la Vénus par Titien (il est maintenant généralement admis que celui-ci a peint le paysage). Certains historiens de l'art récents impliquent également Titien dans Les Trois Philosophes. La Tempête est donc la seule œuvre du groupe universellement acceptée comme entièrement de Giorgione. Bien qu'il en soit fait mention la première fois qu'en 1648[58], le retable de Castelfranco a rarement, voire jamais, été mis en doute, pas plus que les fragments de fresques détruits de l'entrepôt allemand. La Laura de Vienne est la seule œuvre comportant son nom et la date (1506), au dos et pas nécessairement de sa main propre, mais semble appartenir à la période. Les premières paires de peintures des Offices sont généralement aussi acceptées. Après cela, les choses se compliquent, comme en témoigne Vasari. Dans la première édition des Vies (1550), il attribue un Christ portant la croix à Giorgione ; dans la deuxième édition achevée en 1568, il en attribue la paternité à Giorgione dans sa biographie, imprimée en 1565, et à Titien dans la sienne, imprimée en 1567. Il avait visité Venise entre ces deux dates et peut avoir obtenu des informations différentes[59]. L'incertitude dans la distinction entre la peinture de Giorgione et celle du jeune Titien est plus apparente dans le cas du Concert champêtre du Louvre (ou Fête champêtre), décrit en 2003 comme « peut-être l'attribution la plus controversée de tout l'art de la Renaissance italienne »[60], problématique qui concerne un grand nombre de peintures des dernières années du peintre. Le Concert champêtre fait partie d'un petit groupe de peintures, dont la Vierge à l'Enfant avec saint Antoine et saint Roch au Musée du Prado[61] qui sont de style très proche et, selon Charles Hope, ont été « de plus en plus fréquemment attribué à Titien, non pas tant à cause d'une ressemblance très convaincante avec ses premières œuvres incontestées - ce qui aurait sûrement été noté auparavant - que parce qu'il semblait un candidat moins invraisemblable que Giorgione. Mais personne n'a été capable de créer une chronologie cohérente des premières œuvres de Titien qui inclut celles-ci d'une manière qui suscite un soutien général et corresponde aux faits connus de sa carrière. Une proposition alternative consiste à attribuer le Concert champêtre et les autres tableaux similaires à un troisième artiste, le très obscur Domenico Mancini. »[62]. Alors que Joseph Archer Crowe et Giovanni Battista Cavalcaselle considéraient le Concert du palais Pitti comme le chef-d'œuvre de Giorgione mais ont désattribué le Concert du Louvre, Lermolieff a rétabli le Concert champêtre et a affirmé à la place que le Concert Pitti était de Titien[63]. Le Concert et le Concert champêtre diffèrent en tout, mais ont en commun deux musiciens qui se regardent avec une intimité pleine de tendresse et obsédante. Ce regard est l'un des procédés favoris du Titien qui se retrouve dans presque toutes ses compositions, religieuses ou laïques. C'est pour lui une façon de donner sa cohésion à un tableau ; à l'inverse les œuvres de Giorgione reconnues évitent ce lien entre les figures. Les femmes du Concert champêtre ressemblent beaucoup à celles de Giorgione, mais le paysage et le coup de pinceau sont plus proches du Titien. Linda Murray suggère que l'œuvre a pu être commencée par Giorgione avant sa mort et achevée par Titien[64]. Giulio Campagnola, bien connu comme le graveur qui a traduit le style giorgionesque en estampes de vieux maître, mais dont aucune des peintures n'est identifiée avec certitude, est aussi parfois également pris en considération[65]. À une période antérieure dans la courte carrière de Giorgione, un groupe de peintures est parfois décrit comme le « groupe Allendale », d'après la Nativité d'Allendale (ou plus correctement, l'Adoration des bergers d'Allendale) à la National Gallery of Art de Washington. Ce groupe comprend un autre tableau de Washington, la Sainte Famille, et un panneau de prédelle avec l'Adoration des mages à la National Gallery[66]. Ce groupe, maintenant souvent élargi pour intégrer une Adoration des bergers très similaire à Vienne[67], est généralement inclus (de plus en plus) ou exclus de l'œuvre de Giorgione. Ironiquement, la Nativité d'Allendale a provoqué la rupture dans les années 1930 entre Joseph Duveen, qui l'a vendue à Samuel Henry Kress en tant que de Giorgione, et son expert Bernard Berenson, qui a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'un premier Titien. Berenson avait joué un rôle important dans la réduction du catalogue Giorgione, reconnaissant moins de vingt tableaux[68]. Les choses sont encore plus compliquées car aucun dessin ne peut être identifié avec certitude comme de Giorgione (bien qu'un à Rotterdam soit largement accepté), et un certain nombre d'aspects des arguments permettant la définition du style tardif de Giorgione nécessitent des dessins. Bien qu'il ait été très apprécié par tous les écrivains contemporains et qu'il soit resté un grand nom en Italie, Giorgione est devenu moins connu du monde entier et nombre de ses (probables) peintures ont été attribuées à d'autres. La Judith du musée de l'Ermitage, par exemple, fut longtemps considérée comme un Raphaël, et la Vénus de Dresde comme un Titien. À la fin du XIXe siècle, un grand renouveau de Giorgione a commencé, et la mode s'est renversée. Malgré plus d'un siècle de différends, la controverse reste active. Un grand nombre de tableaux attribués à Giorgione il y a un siècle, en particulier des portraits, sont désormais fermement exclus de son catalogue, mais le débat est, pour le moins, plus féroce aujourd'hui qu'alors[69]. Les batailles se livrent sur deux fronts : les peintures avec personnages et paysages, et les portraits. Selon David Rosand en 1997, « la situation a été jetée dans une nouvelle confusion critique par la révision radicale du corpus par Alessandro Ballarin. . . [Catalogue d'exposition de Paris, 1993, l'augmentant] ... ainsi que Mauro Lucco . . . [Livre de Milan, 1996]. »[70]. Les récentes expositions majeures à Vienne et Venise en 2004 et à Washington en 2006, ont donné aux historiens de l'art de nouvelles occasions de voir côte à côte des œuvres contestées. Malgré tout la situation reste confuse ; en 2012, Charles Hope s'est plaint : « En fait, il n'y a que trois peintures connues aujourd'hui pour lesquelles il existe des preuves précoces claires et crédibles qu'elles sont de lui. Malgré cela, il est aujourd'hui généralement crédité de vingt à quarante tableaux. Mais la plupart d'entre eux… ne ressemblent en rien aux trois qui viennent d'être mentionnés. Certains d'entre eux pourraient être de Giorgione, mais dans la plupart des cas, il n'y a aucun moyen de le dire. »[71]. Portrait d'homme (Terris), peuplier 29 × 26 cm. San Diego Museum of Art La Vecchia ou La Vieille, toile de lin 68 × 59 cm. Gallerie dell'Accademia de Venise Portrait de jeune homme, toile 72,5 × 54 cm. Musée des beaux-arts de Budapest Les attributions à Giorgione dépendent de quatre critères: L'atmosphère : il faut ce sentiment de communication entre l'homme et la nature, ce quasi-mysticisme du retable de Castelfranco ou de Ia Vénus. La palette : Vasari écrit que Giorgione introduisit à Venise « une manière en harmonie et un certain éclat de la couleur ». Cette palette doit posséder émotion, richesse, vibration, autant dans les transitions des gris vers les crèmes que dans les passages de couleur éclatante. Le contenu : il est rarement simple et doit comporter une trace de mystère, un refus de caractérisation évidente, notamment dans les portraits ; dans les sujets d'imagination, l'équivoque est totale. Les formes : les têtes de Giorgione sont plutôt rondes avec des mentons bien arrondis, des nez droits et des lèvres supérieures fines ; les traits denses, un peu plébéiens de Laura reviennent souvent, même dans le retable de Castelfranco et la Vénus, mais sont plus idéalisés dans la Tempête, la Madone d'Oxford ou celle de l'Adoration des bergers d'Allendale[64]. Le portrait de Berlin et le Berger à la flûte considéré comme un original très endommagé, sont tous deux acceptés car il y apparait le traitement sensible et délicat tenu comme marque de l'artiste. La Judith est aussi généralement acceptée aujourd'hui du fait de l'étonnante palette flamboyante, du détachement plein de sensibilité et de l'absence délibérée des aspects les plus spectaculaires du sujet. La palette de la Femme adultère, aux attitudes énergiques vues sous un angle trop inhabituel pour s'accorder au mystère et à la retenue typiques des autres œuvres de Giorgione, a une palette, bien que surprenante, un peu trop vive, et fait penser à un disciple hardi plutôt qu'au maître[64]. Œuvres qui lui sont attribuées[modifier le code] Extraits du catalogue raisonné des œuvres attribuées à Giorgione (sans les attributions controversées ni les copies) et suivant l'ordre retenu. Attention : toutes les datations approximatives ici proposées ne font pas l'unanimité, les attributions non plus. Seules dix peintures sont reconnues unanimement en décembre 2024. En Italie[modifier le code] L'épreuve du feu de Moïse (1500-1501), huile sur panneau, 89 × 72 cm, Galerie des Offices, Florence Le Jugement de Salomon (1500-1501) huile sur panneau, 89 × 72 cm, Galerie des Offices, Florence, pendant du précédent Les Trois âges de l'homme (ou L'Éducation du jeune Marc Aurèle), huile sur panneau, 62 × 77 cm, Galerie Palatine, palais Pitti, Florence[72] Portrait d'un homme en armure avec son page (autrefois : Portrait du Gattamelata), huile sur toile, 62 × 77 cm, Galerie des Offices, Florence. Attribué à divers peintres dont Giorgione et Cavazzola[72] David et Judith, Montagnana, Duomo, fresque (1501-1502) Retable de Castelfranco ( La Vierge en trône entre saint François et saint Georges ou Pala Costanzo) (1502) Duomo de Castelfranco Veneto, huile sur panneau, 200 × 152 cm Double portrait, Rome, Musée du Palazzo Venezia, (vers 1502-1510) La Tempête, Venise, Gallerie dell'Accademia, huile, 83 × 73 cm (v. 1507) La Vecchia ou La Vieille, Venise, Gallerie dell'Accademia, huile, 68 × 59 cm (v. 1507) Le Christ portant la croix (vers1506), huile sur toile 70 × 100 cm, Scuola Grande di San Rocco La Femme dénudée (1508) fresque, Gallerie dell'Accademia de Venise En Europe[modifier le code] La Vierge à l'Enfant dans un paysage, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage, huile sur panneau, 44 × 36,5 cm (1498-1500) Élie dans le désert, Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen, sanguine sur carton, 20,3 × 29 cm (1501-1502) Judith, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage, huile sur toile, 144 × 66,5 cm (1502) Portrait de jeune homme (Giustiniani), Berlin, Staatliche Museum, huile, 58 × 46 cm (1503-1504) Adoration des mages, Londres, National Gallery, toile, 29 × 81 cm (15
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:26 PM
|
Jerry Lewis en 1957. Jerry Lewis est un humoriste, acteur, scénariste, réalisateur et producteur américain né le à Newark ( New Jersey) et mort le à Las Vegas ( Nevada). De son vrai nom Joseph Levitch, il naît le à Newark ( New Jersey) dans une famille d'immigrants juifs.
Jerry Lewis est un humoriste, acteur, scénariste, réalisateur et producteur américain né le 16 mars 1926 à Newark (New Jersey) et mort le 20 août 2017 à Las Vegas (Nevada)[1]. Biographie[modifier le code] Jeunesse[modifier le code] De son vrai nom Joseph Levitch[2], il naît le 16 mars 1926 à Newark (New Jersey) dans une famille d'immigrants juifs[3]. Son père, Daniel Levitch (1902-1980), dont les parents ont quitté la Russie pour s'installer à New York, se produit dans des spectacles de variétés sous le pseudonyme de Danny Lewis. Sa mère, Rachael Brodsky (1903–1983), originaire de Varsovie, est pianiste et accompagne son mari dans ses numéros. Il monte sur scène avec eux à l'âge de 5 ans, provoquant l'hilarité du public. Cependant, il est élevé par sa grand-mère et souffre de l'absence de ses parents, continuellement en tournée. À 15 ans, il crée un numéro de pantomime dans lequel il parodie des artistes à la mode, ce qui lui vaut un succès réel mais modeste[4]. Duo avec Dean Martin[modifier le code] Jerry Lewis se fait connaître au milieu des années 1940 en formant avec le chanteur Dean Martin le duo comique Martin and Lewis. Ils se démarquent de la majorité des comiques de l'époque en jouant surtout sur l'interaction entre deux genres de comiques, à la manière du clown blanc et de l'auguste, plutôt que de réciter des sketches planifiés. À la fin de la décennie, ils sont nationalement connus, d'abord pour leurs représentations dans les boîtes de nuit, puis en tant que vedettes de cinéma (Parachutiste malgré lui, Amour, Délices et Golf, etc.). Ils embrayent sur la production de films pour la télévision et se séparent en 1956. Dean Martin et Jerry Lewis en 1950. Le duo en 1955. Dean et Jerry dans The Colgate Comedy Hour (en) de la NBC. Succès cinématographique en solo[modifier le code] Jerry Lewis, alors en solo, joue dans le film Le Délinquant involontaire (The Delicate Delinquent) en 1957. Il est ensuite tête d'affiche de cinq autres films, avant d'écrire, jouer, produire et réaliser lui-même Le Dingue du palace (The Bellboy) en 1960. Il est le pionnier de la régie vidéo (video assist), utilisant une caméra vidéo sur le plateau en même temps qu'il filme pour pouvoir visualiser immédiatement le résultat. Cette technique devient un standard dans l'industrie. Il réalise plusieurs autres films, dont Le Tombeur de ces dames (The Ladies Man, 1961), Le Zinzin d'Hollywood (The Errand Boy, 1961) et Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor, 1963). La popularité de Jerry Lewis décline aux États-Unis à partir de la fin des années 1960 mais il conserve une partie de sa renommée à l'étranger, essentiellement en Europe. Alors que sa popularité baisse aux États-Unis[4], il est particulièrement soutenu en France par les revues Positif et les Cahiers du cinéma, et le critique Robert Benayoun contribue grandement à éclairer l'importance de ses films. Mauvaise chute et déclin[modifier le code] En mars 1965, à la suite d'une cascade ratée lors d'un gag où il tombe sur le dos sur un câble métallique, il se fracture deux vertèbres. Il reste paralysé pendant une journée (27 heures exactement[5]). Pour contenir la douleur chronique, il prend pendant des dizaines d'années un antalgique puissant et controversé, le Percodan, et devient accro[6]. Il pense, un moment, au suicide avant de découvrir en 2002 la neurostimulation. On lui implante alors des électrodes dans la colonne vertébrale et un dispositif type pacemaker dans l'abdomen[7]. En 1966, il organise le Labor Day Telethon For The Muscular Dystrophy Association, œuvre de charité à laquelle il était déjà publiquement associé depuis dix ans[4]. Il ouvre une chaîne de 2 400 salles de cinéma mais ses affaires, autrefois florissantes, fluctuent[4]. En 1972, il joue et réalise The Day the Clown Cried, une comédie dont l'action se déroule dans un camp de concentration nazi. À cause d'un imbroglio juridique, le film ne sort pas en salles. Cet échec le terrasse[4]. Retour au premier plan[modifier le code] Après huit ans d'absence cinématographique, Jerry Lewis revient au début des années 1980 dans Au boulot, Jerry (Hardly Working), qu'il joue et réalise. Il remet un César d'honneur à Louis de Funès pour l'ensemble de sa carrière le 2 février 1980. En 1983, il joue un rôle à contre-emploi dans La Valse des pantins (The King of Comedy) de Martin Scorsese, salué par la critique[4]. En 1984, Jack Lang, ministre de la Culture français, lui remet la Légion d'honneur. En 2006, son successeur Renaud Donnedieu de Vabres l'élève au rang de commandeur du même ordre[4]. En 1984, il joue dans deux « nanars » français, Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir de Philippe Clair et Retenez-moi... ou je fais un malheur ! de Michel Gérard, à la condition qu'ils ne soient pas diffusés aux États-Unis[4]. Le 6 décembre 1987, il présente le 1er Téléthon en France, diffusé sur Antenne 2[8]. En janvier 1993, il joue dans le long-métrage d'Emir Kusturica Arizona Dream, aux côtés de Johnny Depp, Faye Dunaway et Vincent Gallo. Dernières années[modifier le code] En 2006, il interprète le rôle principal d'un épisode de la série télévisée américaine New York, unité spéciale, « Uncle » (8.4). En 2008, Jerry Lewis travaille avec Drake Bell sur le film d'animation The Nutty Professor (en). En mai 2011, Jerry Lewis annonce qu'il présentera son dernier Téléthon contre la dystrophie musculaire, l'acteur étant affaibli par d'importants problèmes de santé, notamment une fibrose pulmonaire[9]. En 2009, il reçoit un Oscar d'honneur[4]. L'avant-dernier film où Jerry Lewis apparaît en tant qu'acteur, Max Rose (sorti en 2013), est un drame écrit et réalisé par Daniel Noah, produit par Lawrence Inglee (en). Lewis y joue le rôle d'un vieil homme qui retrouve goût à la vie malgré la disparition de sa femme. Le film est sélectionné au festival de Cannes 2013. Dans son dernier film, Le Casse (2016), tourné à l'âge de 90 ans, il joue le père vieillissant de Nicolas Cage. Mort[modifier le code] Jerry Lewis meurt le 20 août 2017 à Las Vegas, à l'âge de 91 ans, d'une maladie cardiovasculaire[2]. Vie privée[modifier le code] Jerry Lewis a été marié à Esther Calonico dite Patti Palmer (1921-2021), chanteuse du groupe The Ted Fio Rito Orchestra, du 3 octobre 1944 à septembre 1980. Ils ont eu six garçons : Gary (né le 30 juin 1945, membre du groupe Gary Lewis & the Playboys), Ronald (adopté en juin 1950), Scott (né en février 1956), Christopher (dit Chris Lewis, né en octobre 1957), Anthony (né en octobre 1959) et Joseph (né en janvier 1964, mort d'une surdose de stupéfiants en 2009[10]). Il a épousé en secondes noces le 13 février 1983 la danseuse SanDee Pitnick, avec laquelle il a adopté une fille, Danielle Sarah, en mars 1992[4]. Jerry Lewis parlait souvent de lui-même à la troisième personne[11],[12],[13]. Engagements politiques[modifier le code] Jerry Lewis s'est défendu de vouloir donner à ses films une dimension politique, même si les critiques français saluent sa dénonciation du consumérisme et de l'American way of life. Il a affirmé que les deux pires catastrophes des dernières décennies avaient été l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy et l'élection de Richard Nixon. Le 29 août 1970, il organise avec Frank Sinatra à Richmond, dans l'Indiana, un concert en soutien à la famille de Dan Mitrione, agent du FBI exécuté par les Tupamaros pour avoir mis en œuvre une procédure de torture systématique pour le compte de la dictature uruguayenne, et présenté à l'époque aux États Unis comme un héros de l'anticommunisme[14]. Pendant la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2016, il déclare que « Trump ferait un bon président car c'est un bon showman »[4]. Filmographie[modifier le code] Cinéma[modifier le code] Acteur[modifier le code] 1949 : How to Smuggle a Hernia Across the Border (en) (court métrage) 1949 : Ma bonne amie Irma (My Friend Irma) de George Marshall : Seymour 1950 : Irma à Hollywood (My Friend Irma Goes West) de Hal Walker : Seymour 1950 : Le Soldat récalcitrant (At War with the Army) de Hal Walker : le première classe Alvin Korwin 1951 : Bon sang ne peut mentir (That's My Boy) de Hal Walker : « Junior » Jackson 1952 : La Polka des marins (Sailor Beware) de Hal Walker : Melvin Jones 1952 : Parachutiste malgré lui (Jumping Jacks) de Norman Taurog : Hap Smith 1952 : En route vers Bali (Road to Bali) de Hal Walker : la femme dans le rêve de Lala (non crédité au générique) 1952 : Le Cabotin et son compère (The Stooge) de Norman Taurog : Theodore « Ted » Rogers 1953 : Fais-moi peur (Scared Stiff) de George Marshall : Myron Mertz 1953 : Amour, Délices et Golf (The Caddy) de Norman Taurog: Harvey Miller, Jr. 1953 : Un galop du diable (Money from Home) de George Marshall : Virgil Yokum 1954 : C'est pas une vie, Jerry (Living It Up) de Norman Taurog : Homer Flagg 1954 : Le clown est roi (Three ring circus) de Joseph Pevney : Jerome F. « Jerry » Hotchkiss 1955 : Un pitre au pensionnat (You're Never Too Young) de Norman Taurog : Wilbur Hoolick 1955 : Artistes et Modèles (Artists and Models) de Frank Tashlin : Eugene Fullstack 1956 : Le Trouillard du Far West (Pardners) de Norman Taurog : Wade Kingsley Jr. / Wade Kingsley Sr. 1956 : Un vrai cinglé de cinéma (Hollywood or Bust) de Frank Tashlin : Malcolm Smith 1957 : Le Délinquant involontaire (The Delicate Delinquent) de Don McGuire : Sidney L. Pythias 1957 : P'tite tête de troufion (The Sad Sack) de George Marshall : Meredith C. Bixby 1958 : Trois bébés sur les bras (Rock-a-Bye Baby) de Frank Tashlin : Clayton Poole 1958 : Le Kid en kimono (The Geisha Boy) de Frank Tashlin : Gilbert Wooley 1959 : Tiens bon la barre, matelot (Don't Give Up the Ship) de Norman Taurog : John Paul Steckler I / John Paul Steckler IV / John Paul Steckler VII 1959 : Li'l Abner de Melvin Frank : Itchy McRabbit (apparition) 1960 : Mince de planète (Visit to a Small Planet) de Norman Taurog : Kreton 1960 : Raymie : Chanteur du générique 1960 : Le Dingue du palace (The Bellboy) de Jerry Lewis : Stanley / Lui-même 1960 : Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella) de Frank Tashlin : Cinderfella 1961 : Le Tombeur de ces dames (The Ladies Man) de Jerry Lewis : Herbert H. Heebert / Mama Heebert 1961 : Le Zinzin d'Hollywood (The Errand Boy) de Jerry Lewis : Morty S. Tashman 1962 : L'Increvable Jerry (It'$ Only Money) de Frank Tashlin : Lester March 1963 : Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor) de Jerry Lewis : le professeur Julius Kelp / Buddy Love / Baby Kelp 1963 : Un chef de rayon explosif (Who's Minding the Store?) de Frank Tashlin : Norman Phiffier 1964 : Jerry souffre-douleur (The Patsy) de Jerry Lewis : Stanley Belt / Chanteurs du trio 1964 : Jerry chez les cinoques (The Disorderly Orderly) de Frank Tashlin : Jerome Littlefield 1965 : Les Tontons farceurs (The Family Jewels) de Jerry Lewis : Willard Woodward / James Peyton / Everett Peyton / Julius Peyton / Capitaine Eddie Peyton / Skylock Peyton / « Bugs » Peyton 1965 : Ligne rouge 7000 (Red Line 7000) de Howard Hawks : le chauffeur (apparition) 1965 : Boeing Boeing de John Rich : Robert Reed 1966 : Trois sur un sofa (Three on a Couch) de Jerry Lewis : Christopher Pride / Warren / Ringo / Rutherford / Heather 1966 : Tiens bon la rampe, Jerry (Way... Way Out) de Gordon Douglas : Pete Mattemore 1966 : Un monde fou, fou, fou, fou (It's a Mad Mad Mad Mad World) de Stanley Kramer (brève apparition) 1967 : Jerry la grande gueule (The Big Mouth) de Jerry Lewis : Gerald Clamson / Syd Valentine 1968 : Te casse pas la tête, Jerry (Don't Raise the Bridge, Lower the River) de Jerry Lewis : George Lester 1968 : Silent Treatment de Ralph Andrews (en) : lui-même 1969 : Cramponne-toi, Jerry (Hook, Line & Sinker) de George Marshall : Peter Ingersoll / Fred Dobbs 1970 : One More Time : Bandleader (voix) 1970 : Ya, ya, mon général ! (Which Way to the Front?) de Jerry Lewis : Brendan Byers III 1972 : The Day the Clown Cried de Jerry Lewis : Helmut Doork 1980 : Rascal Dazzle : le narrateur 1980 : Au boulot, Jerry (Hardly Working) de Jerry Lewis : Bo Hooper 1982 : Slapstick (Of Another Kind) de Steven Paul : Wilbur Swain / Caleb Swain 1983 : La Valse des pantins (The King of Comedy) de Martin Scorsese : Jerry Langford 1983 : T'es fou, Jerry (Smorgasbord ou Cracking Up) de Jerry Lewis : Warren Nefron / Dr Perks 1984 : Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir de Philippe Clair : Clovis Blaireau 1984 : Retenez-moi... ou je fais un malheur ! de Michel Gérard : Jerry Logan 1989 : Cookie de Susan Seidelman : Arnold Ross 1992 : Mr. Saturday Night de Billy Crystal : Invité 1993 : Arizona Dream de Emir Kusturica : Leo Sweetie 1995 : Les Drôles de Blackpool (Funny bones) de Peter Chelsom : George Fawkes 2008 : The Nutty Professor (en) (vidéo) : le professeur Julius Kelp / Buddy Love (voix) 2013 : Max Rose de Daniel Noah : Max Rose 2016 : Le Casse d'Alex et Benjamin Brewer : le père de Stone Réalisateur[modifier le code] 1949 : How to Smuggle a Hernia Across the Border - également scénariste 1960 : Le Dingue du palace (The Bellboy) - également scénariste 1961 : Le Tombeur de ces dames (The Ladies Man) - également scénariste 1961 : Le Zinzin d'Hollywood (The Errand Boy) - egalement scénariste et compositeur 1963 : Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor) - également scénariste 1964 : Jerry souffre-douleur (The Patsy) - également scénariste 1965 : Les Tontons farceurs (The Family Jewels) - également scénariste 1966 : Trois sur un sofa (Three on a Couch) 1967 : Jerry la grande gueule (The Big Mouth) - également scénariste 1970 : One More Time 1970 : Ya, ya, mon général ! (Which Way to the Front?) 1972 : The Day the Clown Cried - également scénariste 1980 : Au boulot, Jerry (Hardly Working) - également scénariste 1983 : T'es fou, Jerry (Smorgasbord ou Cracking Up) - également scénariste Producteur[modifier le code] 1957 : Le Délinquant involontaire (The Delicate Delinquent) 1958 : Trois bébés sur les bras (Rock-a-Bye Baby) 1958 : Le Kid en kimono (The Geisha Boy) 1960 : Le Dingue du palace (The Bellboy) 1960 : Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella) 1961 : Le Tombeur de ces dames (The Ladies Man) 1964 : Jerry chez les cinoques (The Disorderly Orderly) 1965 : Les Tontons farceurs (The Family Jewels) 1966 : Trois sur un sofa (Three on a Couch) 1967 : Jerry la grande gueule (The Big Mouth) 1969 : Cramponne-toi, Jerry (Hook, Line & Sinker) 1970 : Ya, ya, mon général ! (Which Way to the Front?) 1996 : Le Professeur foldingue (The Nutty Professor) 2000 : La Famille foldingue (Nutty Professor II: The Klumps) Télévision[modifier le code] Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Jerry Lewis est apparu à de nombreuses reprises à la télévision américaine dès 1950, soit dans des fictions ou des émissions de divertissement comme The Red Skelton Show (1970) ou What's My Line? émission populaire de jeu où il fut l'invité surprise sept fois (1954 avec Dean Martin, 1956 à deux reprises, 1960, 1961, 1962, 1966). Il prête sa voix au professeur John Frink dans l'épisode en version originale Simpson Horror Show XIV de la série Les Simpson. Dans les années 1970, il a également inspiré une série de dessins animés en 17 épisodes de 26 minutes réalisée par Filmation et intitulée Jerry Lewis (Will the Real Jerry Lewis Please Sit Down). Acteur[modifier le code] 1966 : Batman, épisode le Rat de bibliothèque : lui-même 1987 : Fight for Life (téléfilm) : Dr Bernard Abrams 1988 : Un flic dans la mafia (Wiseguy) (série) : Eli Sternberg 1990 : Super Force (Super Force) (série) 1995 : Jerry Lewis Stars Across America (émission spéciale) : présentateur 2006 : New York, unité spéciale : Andrew Munch (saison 8, épisode 4) Réalisateur[modifier le code] 1969 : The Bold Ones: The New Doctors (série) Distinctions[modifier le code] 1960 : Hollywood Walk of Fame 1984 : Officier de la Légion d'honneur 2006 : Commandeur de la Légion d'honneur[15],[16] Récompenses[modifier le code] Photoplay Awards 1951 : prix spécial partagé avec Dean Martin Laurel Awards 1952 : Meilleur acteur dans une comédie pour Bon sang ne peut mentir, partagé avec Dean Martin Photoplay Awards 1953 : Révélation masculine partagé avec Dean Martin Golden Apple Awards 1954 : Acteur le plus prolifique partagé avec Dean Martin Laurel Awards 1954 : Meilleur acteur dans une comédie pour Amour, Délices et Golf, partagé avec Dean Martin Laurel Awards 1965 : prix spécial du « roi de la comédie familiale » Fotogramas de Plata 1966 : Meilleur acteur étranger American Comedy Awards 1998 : prix d'honneur pour l'ensemble de sa carrière dans la comédie Mostra de Venise 1999 : Lion d'or pour l'ensemble de la carrière Los Angeles Film Critics Association Awards 2004 : prix pour l'ensemble de sa carrière Goldene Kamera 2005 : prix pour l'ensemble de sa carrière Las Vegas Film Critics Society Awards 2005 : prix pour l'ensemble de sa carrière Primetime Emmy Awards 2005 : Governor's Award Satellite Awards 2005 : prix Nikola Tesla Satellite Awards 2006 : Meilleur acteur invité pour New York, unité spéciale Oscars 2009 : prix humanitaire Jean-Hersholt pour l'ensemble de sa carrière ICG Publicists Awards 2014 : prix pour l'ensemble de sa carrière Nominations[modifier le code] Primetime Emmy Awards 1952 : Meilleur acteur partagé avec Dean Martin Laurel Awards 1958 : Meilleur acteur (9e place) Laurel Awards 1959 : Meilleur acteur (10e place) Laurel Awards 1960 : Meilleur acteur (8e place) Laurel Awards 1961 : Meilleur acteur (14e place) Meilleur acteur dans une comédie pour Cendrillon aux grands pieds (4e place) Laurel Awards 1962 : Meilleur acteur (9e place) Cahiers du cinéma 1963 : Meilleur film pour Docteur Jerry et Mister Love (7e place) Laurel Awards 1963 : Meilleur acteur (8e place) Laurel Awards 1964 : Meilleur acteur (8e place) Cahiers du cinéma 1965 : Meilleur film pour Les Tontons farceurs (8e place) Golden Globes 1966 : Meilleur acteur dans une comédie pour Boeing Boeing Laurel Awards 1966 : Meilleur acteur dans une comédie pour Boeing Boeing Cahiers du cinéma 1967 : Meilleur film pour Jerry la grande gueule (6e place) Stinkers Bad Movie Awards 1981 : Pire acteur et pire réalisateur pour Au boulot... Jerry! Cahiers du cinéma 1983 : Meilleur film pour T'es fou, Jerry (10e place, ex aequo avec Fanny et Alexandre) BAFTA Awards 1984 : Meilleur acteur dans un second rôle pour La Valse des pantins CableACE Awards 1985 : Meilleur réalisateur d'une série comique pour Brothers Razzie Awards 1985 : Pire acteur pour Slapstick (Of Another Kind) Hommages[modifier le code] Un astéroïde a été nommé en son honneur en 1992 : (11548) Jerrylewis. Voix françaises[modifier le code] Jacques Dynam (*1923 - 2004) dans : La Polka des marins Fais-moi peur Amour, Délices et Golf Un galop du diable C'est pas une vie, Jerry Le clown est roi Un pitre au pensionnat Artistes et Modèles Le Trouillard du Far West Un vrai cinglé de cinéma Le Délinquant involontaire Trois Bébés sur les bras Tiens bon la barre, matelot Mince de planète Le Dingue du palace Cendrillon aux grands pieds Le Zinzin d'Hollywood Le Tombeur de ces dames L'Increvable Jerry Docteur Jerry et Mister Love Un chef de rayon explosif Jerry chez les cinoques Jerry souffre-douleur Boeing Boeing Trois sur un sofa Te casse pas la tête, Jerry Jerry la grande gueule Cramponne-toi, Jerry Ya, ya, mon général ! Roger Carel (*1927 - 2020) dans : La Valse des pantins Retenez-moi... ou je fais un malheur ! Un flic dans la mafia (série télévisée) New York, unité spéciale (série télévisée) Eddy Rasimi (*1922 - 1979) dans : Parachutiste malgré lui Le Kid en kimono William Coryn dans : La Polka des marins (scènes additionnelles) Le Kid en kimono (scènes additionnelles) Michel Roux (*1929 - 2007) dans : Les Tontons farceurs Tiens bon la rampe, Jerry Philippe Ariotti dans : Max Rose Le Casse et aussi Serge Lhorca (*1918 - 2012) dans Batman (série télévisée) Serge Sauvion (*1929 - 2010) dans Au boulot, Jerry Francis Lax (*1930 - 2013) dans T'es fou, Jerry Dominique Paturel (*1931 - 2022) dans Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir Philippe Dumat (*1925 - 2006) dans Arizona Dream Notes et références[modifier le code] ↑ (en) « Jerry Lewis, Nonpareil Genius of Comedy, Dies at 91 », hollywoodreporter.com, 20 août 2017. ↑ a et b (en) « Jerry Lewis, Mercurial Comedian and Filmmaker, Dies at 91 », sur The New York Times, 20 août 2017 (consulté le 20 août 2017). ↑ (en) Jerry Lewis et Herb Gluck, Jerry Lewis In Person, Atheneum Books, 1982, p. 8 & 28. ↑ a b c d e f g h i j et k Jean-Pierre Bouyxou, « Jerry Lewis se fait la malle », Paris Match, semaine du 24 au 30 août 2017, p. 48-53. ↑ « Jerry Lewis chez Thierry Ardisson », 21 août 2017 (consulté le 26 mars 2018) ↑ Olivier Rajchmann « Jerry Lewis : portrait d'un clown en colère », lexpress.fr, 20 août 2017. ↑ Corinne Thébault, « Jerry Lewis rigole à nouveau », leparisien.fr, 16 avril 2004. ↑ « 6 décembre 1987 : premier Téléthon animé par Jerry Lewis », France Info, 2 décembre 2011. ↑ Samya Yakoubaly, « Jerry Lewis, 85 ans, quitte mystérieusement le Téléthon et son association », purepeople.com, 5 août 2011. ↑ (en-US) Chris Bucher, « SanDee Pitnick, Jerry Lewis’ Wife: 5 Fast Facts You Need to Know », Heavy.com, 20 août 2017 (lire en ligne, consulté le 21 août 2017). ↑ How Did an Unknown Filmmaker Coax Jerry Lewis Out of Retirement? ↑ Where Does Comedy End and Jerry Lewis Begin? ↑ No Foolin’ Jerry Lewis Has To Restrain His Idiotic Ways In His First Broadway Role, ‘Damn Yankees’ ↑ M. Otterman (en), American Torture: From the Cold War to Abu Ghraib and Beyond, p. 78, MUP, Melbourne, 2007 (ISBN 9780522853339). ↑ Site du ministère de la Culture. ↑ « Discours de M. Donnedieu de Vabres lors de la remise des insignes de Commandeur de la légion d'honneur à Jerry Lewis ». Voir aussi[modifier le code] Bibliographie[modifier le code] Christian Berger, « Nécrologie des personnalités disparues en 2017 : Jerry Lewis », L'Annuel du Cinéma 2018, éd. Les Fiches du cinéma, Paris, 2018, p. 780 (ISBN 978-2-902-51632-2) (es) Manuel Lamarca, Jerry Lewis: El día en el que el cómico filmó, Ediciones Carena, Barcelone, 2017 (ISBN 9788416843749) Documentaires[modifier le code] Grégory Monro, Jerry Lewis, clown rebelle, Arte, 2015 (4 min) Liens externes[modifier le code] Sur les autres projets Wikimedia : Site officiel Archives conservées par : division musique de la Bibliothèque du Congrès Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica Brockhaus Den Store Danske Encyklopædi Deutsche Biographie Gran Enciclopèdia Catalana Hrvatska Enciklopedija Nationalencyklopedin Munzinger Store norske leksikon Treccani Universalis Notices d'autorité : () (en) Jerry Lewis sur TCM.com (it) Photos v · mJerry Lewis Acteur Ma bonne amie Irma (1949) Irma à Hollywood (1950) Le Soldat récalcitrant (1950) Bon sang ne peut mentir (1951) La Polka des marins (1952) Parachutiste malgré lui (1952) En route vers Bali (1952) Le Cabotin et son compère (1952) Fais-moi peur (1953) Amour, Délices et Golf (1953) Un galop du diable (1953) C'est pas une vie, Jerry (1954) Le clown est roi (1954) Un pitre au pensionnat (1955) Artistes et Modèles (1955) Le Trouillard du Far West (1956) Un vrai cinglé de cinéma (1956) Le Délinquant involontaire (1957) P'tite Tête de troufion (1957) Trois Bébés sur les bras (1958) Le Kid en kimono (1958) Tiens bon la barre, matelot (1959) Li'l Abner (1959) Mince de planète (1960) Le Dingue du palace (1960) Cendrillon aux grands pieds (1960) Le Tombeur de ces dames (1961) Le Zinzin d'Hollywood (1961) L'Increvable Jerry (1962) Docteur Jerry et Mister Love (1963) Un chef de rayon explosif (1963) Jerry souffre-douleur (1964) Jerry chez les cinoques (1964) Les Tontons farceurs (1965) Ligne rouge 7000 (1965) Boeing Boeing (1965) Trois sur un sofa (1966) Tiens bon la rampe, Jerry (1966) Un monde fou, fou, fou, fou (1966) Jerry la grande gueule (1967) Te casse pas la tête, Jerry (1968) Cramponne-toi, Jerry (1969) Ya, ya, mon général ! (1970) The Day the Clown Cried (1972) Au boulot, Jerry (1980) Slapstick (Of Another Kind) (1982) La Valse des pantins (1983) T'es fou, Jerry (1983) Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir (1984) Retenez-moi... ou je fais un malheur ! (1984) Cookie (1989) Mr. Saturday Night (1992) Arizona Dream (1993) Les Drôles de Blackpool (1995) Max Rose (2013) Le Casse (2016) Réalisateur Le Dingue du palace (1960) Le Tombeur de ces dames (1961) Le Zinzin d'Hollywood (1961) Docteur Jerry et Mister Love (1963) Jerry souffre-douleur (1964) Les Tontons farceurs (1965) Trois sur un sofa (1966) Jerry la grande gueule (1967) One More Time (1970) Ya, ya, mon général ! (1970) The Day the Clown Cried (1972) Au boulot, Jerry (1980) T'es fou, Jerry (1983) Portail du cinéma américain Portail de l’humour Portail de la réalisation audiovisuelle Portail du New Jersey <img width="1" height="1" style="border: none; position: absolute;" src="https://fr.wikipedia.org/wiki/Special:CentralAutoLogin/start?useformat=desktop&type=1x1&usesul3=1"; alt=""> Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jerry_Lewis&oldid=234358716 ».
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:25 PM
|
L' époque d'Edo ou période Tokugawa est la subdivision traditionnelle de l' histoire du Japon qui commence vers 1603, avec la prise de pouvoir de Tokugawa Ieyasu lors de la bataille de Sekigahara, et se termine vers 1868 avec la restauration de Meiji.
L'époque d'Edo (江戸時代, Edo jidai?) ou période Tokugawa (徳川時代, Tokugawa jidai?) est la subdivision traditionnelle de l'histoire du Japon qui commence vers 1603, avec la prise de pouvoir de Tokugawa Ieyasu lors de la bataille de Sekigahara, et se termine vers 1868 avec la restauration de Meiji. Elle est dominée par le shogunat Tokugawa, dont Edo (ancien nom de Tokyo) est la capitale. Le XVIIe siècle voit le clan Tokugawa renforcer son pouvoir sur le pays et s'assurer de la soumission des daimyō, grands seigneurs féodaux, notamment via une règle de résidence alternée dans la capitale. Le siège d'Osaka de 1614-1615 et la rébellion de Shimabara de 1637-1638 sont les dernières remises en cause de sa prééminence. Un régime dans lequel le confucianisme s'impose alors comme doctrine dominante émerge, en même temps qu'un contrôle plus strict du commerce avec l'étranger est instauré à partir de 1635. Le XVIIIe siècle voit le shogunat imposer de grandes mesures économiques pour réguler ses finances et l'économie du pays (réformes Kyōhō à partir de 1736, réformes Kansei à partir de 1790). Dans la première moitié du XIXe siècle, une remise en question du système shogunal est causée par une série de crises internes, mais aussi par la pression des Occidentaux sur le pays. Le Bakumatsu, période finale du régime voit le pays signer ses premiers traités inégaux avec les pays occidentaux (Convention de Kanagawa de 1854), mais aussi certains grands daimyō se regrouper au sein de l'alliance Satchō et remettre en cause militairement le pouvoir du shogunat. Le dernier shōgun Tokugawa Yoshinobu restitue ses pouvoirs à l'empereur le 9 novembre 1867. Le pays connait une longue période de paix qui bénéficie à son économie et à sa société. Un essor urbain important est enregistré dans les grands centres que sont Edo, Ōsaka et Kyōto, mais aussi dans les capitales régionales des daimyō. La population passe d'une douzaine de millions d'habitants à une trentaine. L'alphabétisation progresse grâce à l'essor de plusieurs types d'écoles. Les progrès de l'édition permettent un développement intellectuel et scientifique important, ainsi que la diffusion de savoirs étrangers. Plusieurs formes d'expression artistique comme le théâtre kabuki ou l'impression d'ukiyo-e émergent comme des formes majeures. Le pays arrive à imposer un contrôle strict de son commerce aux pays étrangers, tout en conservant des relations économiques, intellectuelles et diplomatiques avec certains d'eux comme la Chine, la Corée et les Pays-Bas, notamment par l'intermédiaire du royaume de Ryūkyū que le shogunat vassalise à cette époque. Histoire politique[modifier le code] Unification du pays et prémices de l’époque Edo à la fin du XVIe siècle[modifier le code] Articles détaillés : Époque Azuchi Momoyama, Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu. Depuis la fin du XVe siècle av. J.-C., le pouvoir des shōgun du clan Ashikaga qui dirigeaient jusqu'alors le Japon est considérablement affaibli, et l'archipel est divisé entre plusieurs « seigneurs de la guerre » (daimyo) indépendants de fait, qui luttent entre eux pour tenter d'accroître leur pouvoir (époque Sengoku, 1477-1573). Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, trois chefs militaires accèdent successivement à une position hégémonique et contribuent à l'unification de tout l'archipel japonais (époque Azuchi Momoyama, 1573-1603). Oda Nobunaga commence ce processus d'unification de 1560 à 1582. Il se fait remarquer par ses talents militaires lors de sa victoire contre les clans Imagawa et Matsudaira à la bataille d'Okehazama en 1560[1]. L'utilisation systématique d'arquebuses, arrivées au Japon depuis peu grâce aux commerçants portugais, dans des corps d'infanterie dédiés, lui apporte un avantage stratégique[2], et il étend son fief par des conquêtes et des alliances. En 1573, il fait expulser le shōgun Ashikaga Yoshiaki de Kyoto, mettant ainsi fin au règne de la dynastie Ashikaga[1]. Il met aussi au pas les autres puissances politiques de son temps : les seigneurs Asakura et Azai concurrents, les moines bouddhistes combattants de l'Enryaku-ji et les ligues d'Ikkō-ikki à l'Hongan-ji. Il commence à structurer un pouvoir centralisé depuis le château d'Azuchi qu'il fait construire non loin de Kyoto et instaure plusieurs mesures allant de la suppression des péages à la lutte contre la fausse monnaie. Sa mort subite en 1582 lors de l'incident du Honnō-ji suspend ces réformes[2]. Toyotomi Hideyoshi, un général d'Oda Nobunaga, poursuit cette œuvre d'unification[3] jusqu'à sa mort en 1598, après avoir obtenu le titre de kanpaku en 1585[4]. Il impose la règle de l'heinō bunri aux samouraïs des terres qu'il conquiert ; dépossédés de leurs terres, ces derniers deviennent de simples administrateurs territoriaux au service de l'État[3]. Une opération de cadastrage, ou taikō kenchi, est entreprise dans le cadre d'une réforme agraire qui met fin au système des shōen. Les paysans se voient interdire la possession de sabres afin d'éviter les révoltes et de séparer socialement les paysans des guerriers. Hideyoshi soumet les seigneurs de l'île de Kyūshū en 1585, mettant ainsi la main sur la ville de Nagasaki, siège d'une importante communauté chrétienne. Il fait expulser les missionnaires et exerce une répression de plus en plus féroce contre les chrétiens[4]. Après avoir soumis l'essentiel du pays, il tente par deux fois, à la tête d'une armée aguerrie, de conquérir la Corée, en 1592 et en 1596, mais doit finalement renoncer en 1598[5]. À sa mort la même année, le pays est unifié, mais se pose alors la question de sa succession[6]. Tokugawa Ieyasu, un des généraux de Toyotomi Hideyoshi, prend la tête d'une faction militaire[6]. Il s'assure la maîtrise du pays après la bataille de Sekigahara en 1600, et obtient de l'empereur le titre de shōgun en 1603[6]. La victoire de Tokugawa permet au Japon de connaître une longue période de paix intérieure, avec une pacification progressive de la société, ainsi qu'un développement économique important. Ces éléments, favorables au nouveau régime, inscrivent son action dans la durée[7]. La « Pax Tokugawa » au XVIIIe siècle[modifier le code] Article connexe : Shogunat Tokugawa. Fondation et consolidation dynastique sous Tokugawa Ieyasu (1603-1605) et Tokugawa Hidetada (1605-1623)[modifier le code] Articles connexes : Tokugawa Ieyasu et Tokugawa Hidetada. Tokugawa Ieyasu reste à Kyōto plusieurs mois après avoir obtenu de l'empereur le titre de shōgun et demeure au château de Nijō, où il œuvre pour s'assurer du soutien politique de la cour impériale. Il s'installe par la suite à Edo, où il poursuit la structuration de son administration[8]. Tokugawa Ieyasu transmet son titre de shōgun à son fils Tokugawa Hidetada dès 1605 pour assurer la mise en place d'une dynastie, mais il conserve la réalité du pouvoir jusqu'à sa mort en 1616[9]. Tokugawa Hidetada se rend à Kyōto la même année pour recevoir officiellement ce titre de l'empereur, accompagné de plus de 100 000 soldats : c'est l'occasion pour les Tokugawa de réaffirmer leur puissance militaire[8]. Le pouvoir des Tokugawa reste fragilisé lors de ces premières années par de potentielles revendications de Toyotomi Hideyori et Chacha, respectivement fils et épouse de Toyotomi Hideyoshi[10]. Agissant depuis le château d'Ōsaka, ils constituent une menace grandissante au fur et à mesure que Toyotomi Hideyori se rapproche de l'âge adulte. En 1614, une querelle éclate au sujet de la consécration d'une cloche au Hōkō-ji à Kyōto par les Toyotomi, ce qui aboutit à la levée d'une force de 100 000 guerriers par Toyotomi Hideyori à Ōsaka. Les Tokugawa lèvent une armée deux fois plus nombreuse, et, à l’issue de sièges d'Osaka menés en plusieurs étapes en 1614-1615, les Toyotomi sont définitivement vaincus. Si les Tokugawa doivent par la suite menacer d'autres daimyō de l'usage de la force, les conflits se règlent sans prendre d'aussi grandes proportions que lors de la période précédente[11]. Tokugawa Hidetada, officiellement shōgun depuis 1605, récupère la totalité du pouvoir à la mort de son père Tokugawa Ieyasu en 1616. Une série de lois sont prises pour encadrer les obligations des grandes familles (Buke shohatto en 1615) et des nobles de la cour impériale. Elles permettent une transition d'un pouvoir lié à la figure tutélaire de Tokugawa Ieyasu à un pouvoir dynastique, le nouveau shogunat s'affirmant comme le pouvoir administratif et légal dominant[12]. Tokugawa Hidetada continue de se rendre régulièrement à Kyōto pour y faire étalage de sa puissance, accompagné de ses principaux vassaux de l'est du pays en 1617, 1619, 1623 et 1626. Ces voyages sont l'occasion de prendre de grandes décisions qui touchent directement certains domaines, comme la réallocation forcée de fiefs ou la destruction de fortifications[13]. Il réaffirme son rôle d'autorité régulatoire en octroyant des droits d'exercer à des théâtres de kabuki ou à des quartiers de plaisirs comme Yoshiwara (tous deux en 1617), ou, au contraire, en restreignant les activités liées au christianisme (en 1622)[14]. Tokugawa Iemitsu (1623-1651) et Tokugawa Ietsuna (1651-1680)[modifier le code] Articles connexes : Tokugawa Iemitsu et Tokugawa Ietsuna. Tokugawa Iemitsu devient formellement le 3e shōgun de la dynastie en 1623, mais, comme lors de la transition précédente, son père, Tokugawa Hidetada, continue d'exercer la réalité du pouvoir. Iemitsu étant dès son enfance confronté à des problèmes de santé importants, il est même un temps envisagé de transmettre la charge de shōgun à son frère cadet Tokugawa Tadanaga[15]. Tokugawa Hidetada continue d'agir auprès des dignitaires étrangers et des daimyō, et parvient même en 1620 à marier sa fille Tokugawa Masako à l'empereur Go-Mizunoo, rapprochant ainsi les familles impériale et shōgunale. Ce n'est qu'en 1632 à la mort de Tokugawa Hidetada que son fils Tokugawa Iemitsu exerce toute la réalité de la charge de shōgun[16]. Tokugawa Iemitsu entreprend en 1634 une visite d'apparat à Kyōto pour y rencontrer l'empereur[n 1] et en profite pour y étaler la puissance de sa dynastie, tout en cherchant à s'attacher la fidélité des grandes familles de la ville par d'importants cadeaux[17]. Cet étalage de puissance se fait aussi auprès des dignitaires étrangers : les ambassadeurs venant de Corée, des Pays-Bas et de Ryūkyū sont invités à visiter et honorer le mausolée de la dynastie Tokugawa au Nikkō Tōshō-gū, au nord d'Edo[18]. Tokugawa Iemitsu impose en 1635 aux daimyō le système du sankin-kōtai qui les oblige à vivre de manière alternée dans leur fief et à Edo. Les ressources financières de ces seigneurs et les velléités de révolte sont ainsi réduites[19]. Ceux-ci ont par ailleurs interdiction de se rendre à Kyōto et de rencontrer l'empereur[20]. Iemitsu, comme ses prédécesseurs, combat aussi la diffusion du christianisme (notamment lors de la rébellion de Shimabara en 1637) et restreint de manière grandissante le commerce avec l'étranger[21] (les navires portugais ont interdiction d'accoster à partir de 1639). Le but n'est alors pas d'interdire les échanges avec l'étranger, mais de les concentrer dans les mains d’un petit nombre d'intermédiaires plus simples à contrôler[22]. Lorsque Tokugawa Ietsuna devient shōgun, en 1651, le régime s'oriente vers une plus grande moralisation de ses pratiques, en cherchant à agir davantage en fonction de règles préétablies[23]. Cette tendance est d'autant plus forte que le shōgun, touché par la maladie à partir du milieu des années 1660, doit se reposer sur sa haute administration pour gérer le pays[24]. Hoshina Masayuki, l'homme fort lors des premières années de règne d'Ietsuna, insuffle une série de réformes pour « civiliser » le régime, en introduisant des règles concernant les procédures de décision dans les institutions ou pour les nominations, limitant ainsi l'arbitraire qui prévalait sous les pouvoirs précédents. Cette politique rencontre des soutiens dans les grands fiefs du pays, comme à Mito, à Kanazawa, ou à Okayama[23]. Sakai Tadakiyo accède en 1666 au rang de tairō, le plus élevé au sein de l'administration shōgunale, et exerce la réalité du pouvoir jusqu'à la mort d'Ietsuna en 1680[24]. Le junshi, suicide rituel, est interdit en 1663, ainsi que les échanges d'otages entre familles en 1665[23]. Les guerriers doivent être avant tout de bons gestionnaires de fiefs, plutôt que de bons combattants[25]. L'État adopte résolument les principes du néoconfucianisme[23], ce courant de pensée commençant à connaître son âge d'or à cette époque[26]. À ce titre, Hayashi Razan, maître confucianiste chargé de la formation de trois shōguns successifs, joue un rôle clef dans la diffusion des idées de Confucius et de Zhu Xi dans les sphères du pouvoir, et est à l'origine d'une école de pensée orthodoxe dominante. D'autres courants hétérodoxes coexistent, menés par Kumazawa Banzan (critique de la montée en puissance des marchands), par Yamaga Sokō (prônant l'accès aux études pour tous), ou par Ogyū Sorai (prônant un retour à la pensée chinoise)[27]. Toutes ces écoles ont en commun la paix comme élément moteur de la prospérité et une vision agraire de la société[28]. À la mort d'Ietsuna, le tairō Sakai Tadakiyo cherche sans succès à faire attribuer la charge de shōgun à un membre de la maison impériale[24]. Crises et réformes au XVIIIe siècle[modifier le code] Réformes sous Tokugawa Tsunayoshi (1680-1709) et continuité à l’époque Shōtoku (1711-1716)[modifier le code] Articles connexes : Tokugawa Tsunayoshi, Tokugawa Ienobu et Tokugawa Ietsugu. Le 5e shōgun de la dynastie Tokugawa, Tokugawa Tsunayoshi, accède au pouvoir en 1680. Il congédie Sakai Tadakiyo de son rôle de tairō dès sa prise de pouvoir[29] de manière à mieux contrôler son administration. Il souhaite accentuer le caractère méritocratique des institutions shogunales en permettant la promotion de fonctionnaires bien au-delà de leur rang social d'origine, et, dans le même temps, il veut se montrer plus dur avec les daimyō lorsque ceux-ci sont pris en faute. Il dépossède ainsi le daimyō Matsudaira Mitsunaga (ja) de ses terres en 1681 à la suite d'une dispute familiale[30]. Au total, quarante-six daimyō voient tout ou partie de leurs terres confisquées par Tokugawa Tsunayoshi lors de son règne, y compris nombre de fudai daimyō proches du clan Tokugawa lorsque ceux-ci sont pris en faute[31]. S'il ne parvient pas à éradiquer l'influence des fudai daimyō au sein du bakufu, Tokugawa Tsunayoshi réussit néanmoins dès ses premières années de règne à réaffirmer la prééminence du shōgun sur ces grands seigneurs[32]. Tokugawa Tsunayoshi réforme le sommet de son administration en nommant aux plus hauts postes des proches, alors que des fils de daimyō occupent traditionnellement ces positions. Makino Narisada et Yanagisawa Yoshiyasu, tous deux serviteurs de Tokugawa Tsunayoshi avant son accession au poste de shōgun, accèdent à de hauts rangs de l'administration du bakufu, tout comme les fudai daimyō Matsudaira Terusada (ja) et Matsudaira Tadachika[32]. La nomination de proches connaît un certain coup d'arrêt en 1684 lorsque Hotta Masatoshi, un des hauts conseillers de Tsunayoshi, est assassiné par un subalterne, et un certain rééquilibrage avec des responsables issus de grands clans a lieu[33]. Le domaine shogunal, le tenryō (en), fait aussi l'objet de nominations selon des logiques méritocratiques ; entre 1681 et 1689, 26 des 45 intendants actifs dans le domaine sont écartés en raison de problèmes d'intégrité et de corruption[34]. Les réformes de Tokugawa Tsunayoshi, inspirées par son éducation confucianiste, offrent un bilan très contrasté. S'il cherche lors de ses années de règne à mettre en place une administration loyale et compétente, reflet de ses idéaux confucianistes[35], l'arrivée dans les plus hautes sphères du pouvoir de plusieurs de ses proches crée une impression d'arbitraire et de fait du prince. Certaines de ses lois sont aussi parfois jugées excentriques par ses contemporains, comme celles visant à protéger les animaux[n 2], ce qui brouille son image dans la population[36] et ternit le prestige du gouvernement[37]. La fin de son règne est marquée par les difficultés. Une réforme monétaire ratée en 1695 entraîne un phénomène inflationniste. Une série de tremblements de terre et l'éruption du mont Fuji en 1701 sont vues comme de mauvais présages par la population ; l'affaire des 47 rōnin en 1703 contribue à saper l'autorité du shōgun et à remettre en cause les évolutions du système[38]. Deux shōgun se succèdent en quelques années après la mort de Tokugawa Tsunayoshi en 1709. Tokugawa Ienobu devient le 6e shōgun Tokugawa de 1709 à sa mort en 1712. Formé par le confucianiste Arai Hakuseki, il poursuit la politique de réforme fiscale et de réforme de l'État entamée par son prédécesseur, tout en donnant des gages au peuple en se montrant moins dur que lui[39]. Tout comme lui, il s'entoure de personnes sûres pour gouverner, et nomme Arai Hakuseki et Manabe Akifusa à la tête de son administration. Ces deux derniers restent en poste à la mort de Tokugawa Ienobu en 1712, et se mettent au service de Tokugawa Ietsugu, âgé de quatre ans lorsqu'il hérite du titre de son père. S'ils gagnent en autonomie d'action, Arai Hakuseki et Manabe Akifusa perdent alors en pouvoir, ne pouvant plus compter sur un shōgun fort pour appuyer leurs actions[40]. Les hauts responsables de l'administration issus des rangs des daimyō parviennent progressivement à bloquer les réformes et à neutraliser l'action d'Arai Hakuseki et de Manabe Akifusa. Ce n'est qu'à la mort de Tokugawa Ietsugu en 1716, à l'âge de sept ans, que le pouvoir shogunal peut retrouver une certaine dynamique[41]. Réformes Kyōhō sous Tokugawa Yoshimune (1716-1745) et suites sous Tokugawa Ieshige (1745-1760)[modifier le code] Article connexe : Réformes Kyōhō. Tokugawa Yoshimune, issu d'une branche cadette des Tokugawa, devient le 8e shōgun de la dynastie lors de son accession au pouvoir en 1716[41]. Il prend rapidement plusieurs mesures qui semblent marquer une rupture avec son prédécesseur. Le renvoi des conseillers Arai Hakuseki et de Manabe Akifusa semble marquer dans un premier temps un rééquilibrage du pouvoir au profit des fudai daimyō dans la haute administration du pays. Tokugawa Yoshimune s'entoure cependant de conseillers proches, mais sans leur confier un poste précis dans l'administration. Il prend aussi l'habitude de s'affranchir des hauts fonctionnaires en s'adressant directement à leurs subordonnés, sapant ainsi leur pouvoir[42], mais aussi en s'impliquant directement dans la nomination de ces subordonnés en fonction de leurs mérites. Il met aussi en place un service de renseignement intérieur, le Oniwaban (en) placé directement sous son autorité et chargé de l'informer des faits et gestes des daimyō et de son administration[43]. Il parvient aussi à supprimer le conseil des anciens, ou rōjū, en ne nommant pas de remplaçant lors du décès de ses membres[44]. Une vague de réformes sont lancées, les plus importantes, les réformes Kyōhō, prenant place entre 1722 et 1730. Dès 1716, plusieurs réformes sont mises en place afin d'assainir à la fois les finances de l'État et celles du domaine shogunal en mettant en place une politique de rigueur budgétaire. Une réforme monétaire qui vise à ré-apprécier la valeur de la monnaie est lancée en 1718[45]. En 1721, les marchands vendant des produits de luxe sont tenus de se regrouper en guildes qui permettent de mieux les contrôler[46]. Une réforme pénale est aussi engagée avec pour but de rendre la justice plus impartiale. La responsabilité collective des familles en cas de crime grave d'un des membres est levée en 1721, le recours à la torture est limité en 1722, et un code de procédures est publié en 1724 pour unifier celles-ci[45]. D'autres mesures sont aussi prises pour encadrer les peines de prison et assurer des conditions d'emprisonnement décentes[47]. À partir de 1722 a lieu le cœur des réformes Kyōhō. Le shōgun cherche à améliorer ses revenus par différentes méthodes. Une taxe exceptionnelle est prélevée auprès des daimyō en contrepartie d'un assouplissement de l'obligation de résidence à Edo. La mise en valeur de nouvelles terres agricoles est étudiée, et la méthode de taxation des paysans est réformée[48]. Si les impôts collectés progressent nettement entre 1724 et 1730, l'opposition des paysans à ces réformes fiscales en raison de mauvaises récoltes oblige le pouvoir à faire des concessions ; en 1736, le niveau des taxes collectées est revenu au niveau enregistré au début de la période[49]. Une seconde série de réformes permet d'accroître le montant des impôts collectés entre 1737 et 1744, marquant ainsi un plus haut de la période shogunale[pas clair]. Une nouvelle réforme monétaire a lieu en 1736 pour faire face au manque de monnaies en circulation. Le nombre de pièces en or et en argent augmente respectivement de 65 % et de 50 %, et un très grand nombre de pièces en cuivre est aussi frappé. Une certaine stabilité monétaire est ainsi trouvée, et aucune autre frappe de monnaies d'or et d'argent n'est menée lors des 80 années suivantes[50]. Des mesures sont aussi prises dans le domaine de la formation. La création d'écoles han est encouragée afin d'améliorer la formation des futures élites provinciales, et, en 1720, la traduction d'œuvres européennes est autorisée[51]. Tokugawa Ieshige succède à son père en 1745, mais ses handicaps physiques et mentaux altèrent sa capacité à diriger le pays. L'économie continue cependant à bénéficier des réformes mises en œuvre par Tokugawa Yoshimune. La moyenne annuelle des impôts collectés sous son règne dépasse celle de tous les autres shōguns, et ces revenus sont très stables lors de la période. Les excédents budgétaires permettent aussi à l'administration du bakufu de constituer d'importantes réserves monétaires, celles-ci passant d'1 million de pièces d'or en 1742 à 3 millions de pièces d'or en 1770, constituant là encore un sommet de toute l'époque d'Edo[52]. Les confiscations de biens de daimyō condamnés pour malversation se multiplient sous son règne, tout comme les condamnations de hauts fonctionnaires pour les mêmes raisons[53]. La pression fiscale qui pèse sur la paysannerie lors de la période provoque des jacqueries de plus en plus nombreuses et de plus en plus importantes, ce qui pèse sur l'autorité des seigneurs locaux, mais aussi du shōgun. Tokugawa Ieshige finit par transmettre le pouvoir à son fils en 1760, en grande partie à cause de l'aggravation de sa condition physique[54]. Successions de crises à l'époque Tanuma (1760-1786)[modifier le code] Tokugawa Ieharu devient le 10e shōgun de la dynastie Tokugawa en 1760, mais l'essentiel du pouvoir est exercé par son conseiller Tanuma Okitsugu[54]. Tanuma doit faire face à l'appauvrissement généralisé des daimyō, ce qui influe négativement sur leur loyauté envers le shogunat, mais aussi à de nombreuses crises comme la grande famine Tenmei de 1782 à 1787 et le grand incendie d'Edo de 1772, qui grève le budget du bakufu. Les recettes fiscales comme les réserves monétaires du shōgunat chutent lors de cette période[55]. Plusieurs politiques sont alors mises en œuvre par Tanuma Okitsugu, avec des résultats très contrastés. La popularité de Tanuma est très mauvaise dans la population, et ses réformes sont vues avec beaucoup de suspicion. Dans plusieurs secteurs, les commerçants sont contraints à se regrouper en guildes monopolistiques de manière à mieux contrôler les prix[56]. L'accès au crédit est aussi régulé ; l'émission de lettres de créance par les daimyō est plus contrôlée de manière à s'assurer de leur solvabilité, et les emprunts par les paysans sont eux aussi régulés[57]. Une réforme monétaire est aussi lancée de manière à fournir un nouveau standard aux pièces d'argent, avec un taux de convertibilité fixe avec les pièces d'or. Avec le temps s'est en effet constitué un double système monétaire dans le pays, la région d'Edo favorisant les pièces d'or et la région d'Ōsaka les pièces d'argent, et des évolutions de taux de change nuisent à la stabilité du marché. Les exportations sont développées, en particulier les tawaramono (ja), divers produits de la mer très recherchés en Chine[58]. La mise en valeur de l'île de Hokkaidō au nord est mise à l'étude, et son potentiel économique identifié[59]. Les révoltes dans les campagnes continuent cependant à monter en fréquence et en intensité. Une cinquantaine par an sont enregistrées en moyenne dans les années 1780. Les membres les plus aisés des communautés villageoises commencent à être pris pour cible, alors que ces phénomènes de violence étaient jusque là tournés vers les daimyō. Le pouvoir prend des mesures de plus en plus violentes pour réprimer ces mouvements, sans parvenir à les juguler. L'influence du confucianisme sur la société fait s'interroger sur la potentielle perte du mandat céleste par le shōgun, le nombre de famines augmentant lors de la période. La mort de Tokugawa Ieharu en 1786 et celle de Tanuma Okitsugu en 1788 précipitent la fin de cette séquence politique[60]. Tokugawa Ienari et effets des réformes Kansei (1787-1830)[modifier le code] Article connexe : Réformes Kansei. Tokugawa Ienari devient le 11e shōgun en 1787 à l'âge de 15 ans, et règne pendant un demi-siècle jusqu'à 1837. Il prend comme plus proche conseiller Matsudaira Sadanobu, qui commence par épurer la haute administration d'anciens proches de Tanuma Okitsugu comme Mizuno Tadatomo. Matsudaira Sadanobu s'assure du soutien des trois grandes branches de la famille Tokugawa et place des proches aux postes sensibles, comme Matsudaira Nobuakira (ja), Honda Tadakazu (ja), et Toda Ujinori (ja). Matsudaira Sadanobu analyse les troubles que traverse le pays comme résultant d'une perte de moralité et entame les réformes Kansei, d'orientation conservatrice. Il exhorte les samouraïs et les daimyō à parfaire leurs études et leur formation. Il fait réformer la doctrine néo-confucianiste du gouvernement par l'édit Igaku no kin, qui bannit toute hétérodoxie au profit de la doctrine de Zhu Xi[61]. Le contrôle des enseignements dispensés au sein de la Yushima Seidō, académie néo-confucianiste d'Edo qui forme les cadres du gouvernement, est renforcé. La Igakukan (en), école de médecine qui sanctionne officiellement la qualité de médecin pour l'ensemble du pays, est créée en 1791. L'étude des techniques occidentales, ou rangaku, est plus étroitement encadrée et la pornographie interdite[62]. Pour éviter la désertion des villages, le bakufu dépense d'importantes sommes d'argent afin d'inciter les paysans à reprendre des terres laissées vacantes[63]. En ville, le pouvoir s'associe à partir de 1788 à de puissants marchands d'Edo pour faciliter les prêts à taux d'intérêt réduit aux samouraïs et aux marchands faisant face à des difficultés financières[64]. Le pouvoir doit cependant faire face à plusieurs crises politiques inédites. Adam Laxman, représentant l'Empire russe, arrive au Japon en 1792 et demande l'ouverture d'échanges commerciaux entre les deux pays. Divisé sur la réponse à apporter, le pouvoir tente de temporiser avant de refuser. Une crise éclate en 1789 entre la cour à Kyōto et le shogunat au sujet du rang protocolaire que l'empereur Kōkaku souhaite attribuer à son père naturel. Bien que ce dernier n'ait jamais régné, il veut que lui soit reconnu le tire d'empereur retiré. Le shogunat refuse et fait punir deux hauts responsables de la cour, ce qui envenime ses relations avec la cour impériale[65]. Très impopulaire, Matsudaira Sadanobu finit par démissionner en 1793, mais il continue de conseiller à distance la haute administration[65]. Les proches de Tanuma Okitsugu restent présents dans les hautes sphères de l'administration et reviennent au pouvoir en 1818. La plupart des réformes de Matsudaira Sadanobu sont cependant conservées, notamment dans les domaines de l'administration et de l'éducation[66]. Les réformes Kansei jouent un rôle crucial pour développer l'éducation dans le pays, la dynamique lancée d'Edo se diffusant rapidement au reste du pays par l'intermédiaire des daimyō. Ceux-ci proposent dans leurs domaines un nombre grandissant d'emplois aux personnes éduquées, et les modes de recrutement favorisent de plus en plus les compétences par rapport au rang social[67]. Crises de la fin du régime[modifier le code] Crises et échec des réformes de l’ère Tenpō (1830-1844)[modifier le code] Articles détaillés : Ère Tenpō et Réformes Tenpō. Plusieurs grandes crises agitent l'ère Tenpō. Des aléas climatiques provoquent plusieurs famines de 1833 jusqu'au début des années 1840. En 1836, on dénombre ainsi 20 000 morts dans la province de Tottori et 100 000 dans le Tōhoku. D'importants mouvements de population désorganisent les cités ; les citadins gagnent la campagne en quête de nourriture, tandis que les habitants des campagnes affluent dans les villes, espérant bénéficier de distributions de vivres. La flambée des prix alimentaires grève le budget des couches moyennes[68]. Sur la période 1831-1836, on recense par ailleurs plus d'un millier de soulèvements, émeutes ou disputes violentes dans la population, prenant pour cible les classes dirigeantes. En 1836, on dénombre près de 10 000 paysans en armes dans la région de Mikawa, et 30 000 autour du mont Fuji[69]. L'international devient un sujet de préoccupation. L'incident du Morrison en 1837 en pleine baie d'Edo, siège du pouvoir shogunal, rappelle la proximité et le niveau d'avancement militaire des Occidentaux. L'éclatement de la première guerre de l'opium en 1839, qui voit la Chine rapidement vaincue par l'Empire britannique et soumise aux conditions très dures du traité de Nankin, renforce l'inquiétude du pouvoir japonais[70]. Le pouvoir shogunal paraît alors affaibli face aux 264 daimyō et au demi-million de samouraïs servant sous leurs ordres[71]. Le statut social de ses derniers s'est très fortement dégradé et le degré d'endettement des daimyō a augmenté[72]. Le rōjū Mizuno Tadakuni est chargé en 1838 par Tokugawa Ienari de mener des réformes pour faire face à la situation ; celui-ci vient se retirer comme shōgun l'année précédente au profit de son fils Tokugawa Ieyoshi mais dispose cependant de la réalité du pouvoir[73]. Les finances du bakufu sont alors à leur plus bas en près d'un siècle, grevées par les aides pour faire face aux famines et par les pertes de revenus[74]. Mizuno Tadakuni met alors en place à partir de 1841 une politique qui reprend plusieurs poncifs des réformes du siècle passé, comme la rigueur budgétaire, une série de lois somptuaires (allant de l'appel à une plus grande frugalité à la censure de livres), mais aussi dans les campagnes une incitation à favoriser le retour à des cultures vivrières[73]. En 1843, un décret agechi (ja) vise à réattribuer au shogunat des terres appartenant à différents daimyō[75]. D'autres politiques sont aussi lancées pour dissoudre des guildes et mettre fin à certains monopoles détenus par des daimyō[76]. La politique de Mizuno Tadakuni se heurte directement aux intérêts de ces grands daimyō, et, pour la première fois, le régime plie face à ceux-ci en le renvoyant fin 1843. Ce recul politique place le shogunat dans une certaine confusion[77]. Abe Masahiro remplace Mizuno Tadakuni en 1845[n 3] à la tête de l'administration shogunale, qui se montre beaucoup plus conciliante et docile avec les grands daimyō[78]. Les daimyō mettent en place dans leurs domaines des réformes très variées en raison de la très grande diversité des ressources à leur disposition. Si bon nombre mettent en œuvre des politiques très classiques (réduction des salaires versés aux samouraïs, importantes renégociations de dettes auprès des prêteurs)[79], certains domaines, comme Satsuma et Chōshū, mettent en place avec succès leurs propres réformes lors de la période de crise, et en profitent pour se doter d'une petite armée équipée d'armes à feu et d'artillerie[77]. Le domaine de Saga commence dès 1835 à produire ses propres canons selon des techniques modernisées. Plus globalement, les daimyō s'en remettent souvent à des réformateurs issus de la bourgeoisie qui insufflent des réformes dans leurs domaines[80]. Face à l'échec des réformes Tenpō, l'idée que le shogunat n'est plus à même d'apporter les solutions aux problèmes du moment fait son chemin[81]. Vers la fin du régime (1840-1860)[modifier le code] Une nouvelle période de crises s'ouvre lors des années 1840 et 1850, dominées par les questions internationales. La rapide victoire britannique sur la Chine lors de la première guerre de l'opium fait prendre conscience aux élites du pays de la menace que représente la puissance des Occidentaux pour le Japon[82]. Le pouvoir hollandais fait parvenir en 1844 une lettre aux autorités japonaises les mettant en garde sur le risque pour le Japon à rester isolé, et à utiliser la force pour mettre en œuvre cette politique de fermeture[83]. La menace se concrétise en 1853 lorsque l'amiral américain Matthew Perry et ses « navires noirs » arrivent dans la baie d'Edo et réclament l'ouverture de relations diplomatiques et commerciales avec le pays[84]. Un mois plus tard, c'est le vice-amiral russe Ievfimy Poutiatine qui débarque à Nagasaki avec des demandes similaires[85]. En ce qui concerne la réponse à donner à ces demandes, des lignes de fracture apparaissent. Le plus haut conseiller du shōgun Abe Masahiro choisit en effet de consulter plusieurs daimyō[86], espérant ainsi s'assurer de leur soutien à une ouverture du pays en contrepartie de la mise en œuvre de plusieurs réformes internes. Abe Masahiro cherche aussi à obtenir le soutien de l'empereur Kōmei pour avaliser la signature de traités avec les puissances européennes, mais ce dernier refuse[87]. Les responsables du shogunat, les daimyō et la cour impériale s'opposent ainsi sur le sujet — ce qui contribue à affaiblir le pouvoir shogunal[88]. Un traité d'amitié est finalement signé en 1854 avec les Américains[89], puis avec les Britanniques la même année et avec les Russes en 1855. Ce n'est que plus tard que des accords commerciaux avec les puissances européennes sont aussi signés[90], en 1858[89]. Si la menace militaire occidentale ne se matérialise pas lors de cette période[n 4], l'ouverture du marché intérieur aux Occidentaux est à l'origine de plusieurs crises politiques et économiques, alors qu'une inflation galopante frappe le pays[91]. Les responsables du shogunat Tokugawa se divisent alors en deux branches, l'une conservatrice dirigée par Ii Naosuke[92] (qui a succédé à Abe Masahiro à sa mort en 1857 comme plus haut conseiller du shōgun Tokugawa Iesada), l'autre réformiste. Si Ii Naosuke soutient la politique d'ouverture aux puissances étrangères, il s'oppose à l'influence croissante des daimyō et de la cour impériale et cherche à rétablir l'autorité shogunale. À la faveur d'une crise de succession, Ii Naosuke parvient à imposer Tokugawa Iemochi comme successeur de Tokugawa Iesada et à écarter Tokugawa Yoshinobu, le candidat des daimyō réformistes[93]. Ces derniers cherchent alors à obtenir du soutien du côté de la cour impériale et utilisent la signature des accords commerciaux avec les Européens de 1858 comme prétexte. Ils obtiennent que l'empereur Kōmei condamne ces accords et se montre hostile à la présence d'étrangers dans le pays dans le but de désavouer Ii Naosuke[93]. Ce dernier réagit fermement et lance la purge d'Ansei en 1858-1859 : soixante-dix-neuf hauts responsables sont emprisonnés et une petite dizaine exécutés[94]. Ii Naosuke est à son tour pris pour cible par des opposants et meurt assassiné lors de l'incident de Sakuradamon en 1860[92]. Kawara-ban montrant l'arrivée des « navires noirs » de l'amiral Matthew Perry en baie d'Edo. L'incident de Sakuradamon en 1860 voit la mort d'Ii Naosuke. Chute du régime (1860-1868)[modifier le code] Articles détaillés : Bakumatsu, Alliance Satchō, Restauration de Meiji et guerre de Boshin. L'opposition au gouvernement glisse lors des années 1860 vers une opposition au régime shogunal, et la figure de l'empereur émerge progressivement comme une alternative crédible. Des samouraïs issus des couches les plus défavorisées mènent une série d'actions violentes et s'affirment dès 1860-1862 comme une force politique importante, susceptible de s'opposer au pouvoir shogunal. Une série d'incidents violents éclate à Edo et à Kyōto, dont l'un vise en 1862 le successeur de Ii Naosuke, Andō Nobumasa, qui échappe de peu à cette tentative d'assassinat[95]. Le rapport de force entre le shogunat Tokugawa et la maison impériale s'inverse lors de la décennie[96], et les autorités du shogunat cherchent à s'attirer le soutien de l'empereur. Le shōgun Tokugawa Iemochi épouse ainsi en 1861 une demi-sœur de l'empereur Kōmei et se rend à Kyōto en 1863 ; c'est la première fois en deux siècles qu'un shōgun se rend à la cour[97]. Cette dépendance à la figure de l'empereur est exploitée par des daimyō du sud-ouest du pays comme ceux issus des domaines de Satsuma et de Chōshū, qui obtiennent en 1863 de l'empereur Kōmei un ordre d'expulser les barbares qui place le pouvoir shogunal dans une situation très délicate[98]. Ce dernier réagit en envoyant une force militaire à Kyōto en septembre 1863, en écartant de la cour les figures les plus hostiles au pouvoir d'Edo et en imposant à la cour un rapprochement politique avec le shogunat. L'empereur Kōmei est alors personnellement toujours favorable à un maintien du shogunat Tokugawa[99] et continue jusqu'à sa mort à envoyer des preuves de soutien au shōgun Tokugawa Iemochi[100]. Plusieurs rébellions éclatent en 1864 à l'initiative des domaines opposés au shōgun (celle dite des « portes Hamaguri » qui aboutit à la première expédition de Chōshū, ou celle de Mito), mais elles sont facilement réprimées[101]. La pression des domaines du sud-ouest contre le pouvoir shogunal est cependant loin de redescendre. Ils parviennent à obtenir des armes de la France et du Royaume-Uni, et, lors de la seconde expédition de Chōshū en 1866, les combats sont défavorables aux troupes shogunales[102]. La mort du shōgun Tokugawa Iemochi en 1866 et celle de l'empereur Kōmei en 1867 précipitent la transition politique[103]. Le nouveau shōgun Tokugawa Yoshinobu arrive au pouvoir en 1866 et engage avec le Second Empire français un rapprochement qui est à l'origine de tensions dans l'appareil d'État japonais. Le pouvoir britannique commence à armer secrètement les domaines du sud-ouest pour contrecarrer l'avancée des Français dans le pays. La montée sur le trône impérial de Meiji, alors âgé de 14 ans, permet aux forces hostiles au shogunat de reprendre pied à la cour[104]. Le 9 novembre 1867, un ordre impérial, probablement falsifié, est transmis aux domaines de Chōshū et Satsuma leur intimant de prendre les armes pour renverser le shogunat. Le même jour et pour tenter un coup politique, Tokugawa Yoshinobu décide de « restituer ses pouvoirs » au nouvel empereur Meiji. Le but n'est pas alors de renoncer au pouvoir mais de trouver un nouveau consensus politique pour offrir une nouvelle légitimité au shogunat[105]. Le 3 janvier 1868, les forces des domaines de Satsuma et de Chōshū et leurs alliés prennent position autour du palais impérial[106]. La guerre de Boshin éclate ainsi[103]. Les troupes soutenant le shogunat, malgré leur nombre important, subissent rapidement des défaites majeures qui précipitent la fin du régime et la restauration du pouvoir impérial[107]. Le shogunat modernise la marine japonaise lors de sa dernière décennie. Ici le premier vapeur de guerre, le Chiyodagata (en) construit localement en 1863. Restitution des pouvoirs du shōgun Tokugawa Yoshinobu à l'empereur Meiji en 1867. La chute d'Edo au printemps 1868 voit la défaite des troupes fidèles au shogunat lors de la guerre de Boshin. Relations internationales[modifier le code] Essor diplomatique et commercial avec l'Asie du Sud-Est jusqu'au milieu du XVIIe siècle[modifier le code] Article connexe : Époque du commerce Nanban. Le nouveau régime est plutôt marginalisé au début de la période. La piraterie des bandes de wakō qui opèrent depuis le Japon tout au long du XVIe siècle et ciblent les navires chinois a détérioré les relations avec la Chine des Ming[108]. La guerre d'Imjin entre 1592 et 1598 contre la Corée des Chosŏn et son allié chinois a grandement détérioré les relations entre les deux pays, bien que les Tokugawa aient refusé de prendre part à l'expédition[109]. Le nouveau régime peut cependant compter sur le dynamisme de certains grands domaines dans le secteur de la diplomatie, pour lesquels la relance des échanges commerciaux internationaux est une priorité. Le clan Sō qui dirige la province de Tsushima[110] œuvre activement à relancer les échanges entre les deux régimes, allant parfois jusqu'à falsifier des documents pour aplanir certains différends datant de la guerre. Une première ambassade coréenne arrive à Edo dès 1607, moins de dix ans après la fin de la guerre d'Imjin. Les Satsuma obtiennent en 1609 la permission d'envahir et de vassaliser le royaume de Ryūkyū au nom du shōgun, et dès 1610 le roi Shō Nei envoie lui aussi une ambassade à Edo[111]. Le clan Date envoie Hasekura Tsunenaga au Mexique pour y négocier des accords commerciaux avec les Espagnols. L'ambassade Keichō (ja) qu'il dirige finit par se rendre au Vatican et y rencontre le pape Paul V en 1615[112]. La venue d'ambassades étrangères à Edo permet de légitimer aux yeux de la population japonaise le nouveau pouvoir. Souvent opulentes, elles traversent le pays par voie terrestre avant d'arriver à Edo, et peuvent être vues par une grande partie de la population du pays[111]. Des contacts sont aussi repris avec la Chine des Ming en 1611 à l'initiative de Honda Masazumi, mais sans que le régime chinois ne donne suite[113]. Les échanges commerciaux sont relancés avec la mise en place de permis qui autorisent certains navires, les shuinsen, à commercer entre le pays et principalement l'Asie du Sud-Est. Ce système, actif entre 1604 et 1635, autorise au total quelques 350 navires à commercer, la plupart détenus par des Japonais, mais aussi quelques étrangers (chinois ou occidentaux)[113]. Ce système permet à la fois de combattre la piraterie des wakō en permettant l'identification des marchands, d'assurer le monopole des relations internationales aux Tokugawa et d'en exclure les daimyō. L'ouverture de ces nouvelles voies maritimes est permise par l'amélioration des techniques de construction navale par les Japonais, qui intègrent des méthodes de construction chinoises et occidentales, et parfois même des membres d'équipage étrangers formés à ces techniques. Les shuinsen bénéficient aussi d'une forme de protection de la part du nouveau régime, qui réprime tous ceux qui tentent de s'en prendre à ses marchands. Ceci dissuade de potentiels agresseurs et facilite l'expansion du réseau commercial japonais en Asie du Sud-Est[114]. La diplomatie des Tokugawa suit ce développement commercial : 41 des 48 lettres que Tokugawa Ieyasu adresse à des dignitaires étrangers entre 1601 et 1614 le sont à des responsables politiques et commerciaux d'Asie du Sud-Est[115]. Des communautés japonaises de quelques centaines à quelques milliers de personnes, les nihonmachi, se forment dans les grandes villes commerciales de la région, notamment aux Philippines ou au royaume d'Ayutthaya. Certains Japonais comme Yamada Nagamasa y développent même localement une grande influence politique[116]. De nouveaux commerçants occidentaux arrivent aussi au Japon, en plus des Portugais déjà présents. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales à partir de 1609 et la Compagnie britannique des Indes orientales à partir de 1613 tentent d'y développer leurs activités. Les Hollandais s'installent d'abord dans le sud du pays à Hirado[117], mais après plusieurs échecs commerciaux, ils se servent souvent du port comme base arrière pour leurs activités de piraterie, ciblant en particulier les navires portugais et chinois[118]. Les Britanniques, après plusieurs tentatives infructueuses d'ouvrir leurs propres soieries au Japon, y cessent leurs activités dès 1623[119]. Trois évènements vont mettre un coup d'arrêt au commerce japonais dans la région. Les Japonais tentent sans succès de s'imposer face aux Hollandais pour prendre le contrôle de Taïwan. En 1627-1628, un marin japonais, Hamada Yahyōe (ja), tente de revendiquer l'île au nom du shōgun, mais il est fait prisonnier par le gouverneur de l'île, Pieter Nuyts[120]. L'incident crée des frictions entre les deux pays, ce qui entraîne une interdiction de cinq ans des activités de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales au Japon. En 1628, un shuinsen appartenant au navigateur Takagi Sakuemon (ja) est attaqué par les Espagnols alors qu'il navigue dans les eaux du royaume d'Ayutthaya. Les Espagnols agissent alors en rétorsion à une attaque qu'ils ont eux-mêmes subie quelques années plus tôt venant de ce royaume. L'équipage du navire est capturé et emprisonné à Manille[121]. Des pourparlers sont engagés entre le Japon, les Espagnols et les partenaires portugais de ces derniers pour obtenir la libération des otages ainsi que des compensations, mais ce n'est qu'en 1634 que la situation se normalise. L'attaque contre un shuinsen, porteur de la protection du shōgun, est un coup porté au prestige de ce dernier, ce qui pousse à une réforme de ce système. Le permis de commerce n'est plus délivré au nom du shōgun mais au nom de son administration à partir de 1631, et à partir de 1634 la délivrance de ces permis est limitée à sept grandes familles de commerçants de manière à mieux contrôler les activités commerciales[122]. Au Japon, la rébellion de Shimabara en 1637-1638 exacerbe les tensions entre le pouvoir shogunal et les Portugais, accusés de se consacrer à un prosélytisme important dans le pays. Les autorités shogunales confient alors aux Hollandais un monopole du commerce de la soie en 1639 et interdisent l'accès au pays aux Portugais. L'édit Sakoku de 1635 interdit aux Japonais de se rendre à l'étranger. Pour les autres commerçants asiatiques, seuls quatre ports restent ouverts : Nagasaki (pour la Chine), Tsushima (pour la Corée), Satsuma (pour les Ryūkyū), et Matsumae (pour les Aïnous)[123]. Shuinsen opéré par des marins japonais et portugais, Byōbu du XVIIe siècle. Permis de commercer délivré aux Hollandais et portant le sceau de Tokugawa Ieyasu. Troupe militaire de Yamada Nagamasa, aventurier japonais influent du royaume d'Ayutthaya, reproduction d'une peinture du XVIIe siècle. Principales routes commerciales utilisées par les Japonais et implantation des nihonmachi ; les plus peuplées sont en vert, les plus petites en rouge. Des relations internationales essentiellement tournées vers le commerce après 1639[modifier le code] Les échanges commerciaux avec l'étranger continuent de croitre après les édits de sakoku pris dans les années 1630. L'argent produit au Japon est très recherché par les marchands étrangers qui ont l'autorisation de commercer avec le pays. Tsushima voit passer d'importantes quantités de ginseng venant de Corée[124] et de soie chinoise, là où Nagasaki voit les marchands chinois et hollandais importer essentiellement de la soie chinoise[125]. Le système de double allégeance des intermédiaires (clan Sō avec la Corée des Chosŏn, royaume de Ryūkyū avec la Chine des Qing) perdure, et les relations entre le Japon et les autres pays de la région continuent de s'effectuer au travers de ces intermédiaires[126]. L'intensité du commerce est telle que dans les années 1660, l'administration shogunale estime que la production annuelle d'argent dans le pays est quatre fois plus faible que la quantité d'argent qui quitte le pays par ce bais. Plusieurs mesures sont alors prises pour limiter le phénomène. Un contrôle des prix de vente est fixé en 1671, et une limite est fixée aux commerçants japonais en 1685 sur la quantité de marchandises qu'ils peuvent acquérir annuellement (6 000 kan auprès des Chinois, moitié moins auprès des Hollandais). Deux principaux facteurs limitent alors l'efficacité de cette politique. La Chine lève en 1685 sa propre politique de restriction d'accès à la mer et davantage de navires chinois arrivent dans les ports japonais après cette date. Si le tiers des presque 200 navires chinois qui arrivent à Nagasaki en 1688 se voient refuser l'accès au port, une contrebande importante s'y développe pour contourner les restrictions[127]. De plus, les intermédiaires que sont le clan Sō à Tsushima et le royaume de Ryūkyū n'appliquent que très variablement la politique shogunale[128]. Un tournant vers une politique plus restrictive vis-à-vis des exportations d'argent voit le jour lors de l'ère Shōtoku (1711-1716), sous l'influence d'Arai Hakuseki. Des mesures sont prises pour privilégier l'usage du cuivre et de produits de la mer (tawaramono (ja), concombre de mer, algues séchées…) dans les échanges entre marchands. Le nombre de navires étrangers autorisés à commercer à Nagasaki est encore réduit : il passe à trente pour les Chinois et seulement deux pour les Hollandais[128]. Dès 1698 est mise en place la Nagasaki Kaisho (ja), place de marché unique où marchandises japonaises et étrangères sont échangées. Placée directement sous administration shōgunale, elle permet un meilleur contrôle de l'application des lois[129]. Les réformes monétaires que le Japon conduit dans les années 1690 (baisse de la quantité réelle d'argent dans les espèces, tout en conservant leurs valeurs faciales) font que les pièces japonaises sont aussi moins recherchées par les marchands étrangers[130]. Les autorités développent localement la production de certaines denrées importées, comme la soie dans la province de Shinano, le sucre dans plusieurs provinces de la moitié sud de Honshū et à Shikoku ou le ginseng[131]. Cette politique rencontre un tel succès que dès 1767, la plupart de ces importations se réduisent très fortement[131]. La lutte contre les opérations de contrebande entraine à l'échelle de Kyūshū la constitution d'un système de défenses centré sur Nagasaki. Certains domaines, comme ceux de Saga ou de Fukuoka, ont une action avant tout militaire et emploient la force contre les navires étrangers récalcitrants. D'autres domaines, comme ceux de Satsuma et de Tsushima, se singularisent au travers des informations concernant l'étranger qu'ils sont capables d'obtenir. Ces activités de renseignement sont complétées avec les interrogatoires auxquels sont soumis les marchands hollandais lors de leurs venues à Dejima,
|
Scooped by
bonplansous
Today, 1:24 PM
|
Sélection de 8 jeux de société coopératifs pour tous les âges dès 3 ans. Les joueurs jouent en coopération, sans enjeu de compétition entre eux.
|
Scooped by
bonplansous
Today, 12:24 PM
|
Saint-Michel-l'Observatoire est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Après un exode rural important, cette commune a retrouvé sa population des années 1850 (plus de 1 000 habitants). Elle a préservé ses richesses patrimoniales : patrimoine bâti, allant du Moyen Âge au siècle (chapelles, églises, tours, moulins), patrimoine naturel (forêt, champs et rivière), agriculture.
Saint-Michel-l'Observatoire est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Après un exode rural important, cette commune a retrouvé sa population des années 1850 (plus de 1 000 habitants). Elle a préservé ses richesses patrimoniales : patrimoine bâti, allant du Moyen Âge au XIXe siècle (chapelles, églises, tours, moulins), patrimoine naturel (forêt, champs et rivière), agriculture. Un tourisme s'est développé sur le territoire, inclus dans le parc naturel régional du massif du Luberon. L’observatoire de Haute-Provence est situé sur le territoire de la commune, avec des animations mais aussi une recherche scientifique permanente. Géographie[modifier le code] Saint-Michel a été choisie comme site d'implantation de l’observatoire de Haute-Provence, vers 600 mètres d'altitude au nord. Un astéroïde (9395) Saint Michel a été ainsi nommé en son honneur. Le village est situé à 543 m d’altitude[1]. Le rocher de Guérin culmine à 767 mètres sur la commune. Les communes limitrophes de Saint-Michel-l'Observatoire sont Revest-des-Brousses, Mane, Dauphin, Saint-Martin-les-Eaux, Villemus, Reillanne et Aubenas-les-Alpes. Le village occupe le flanc d’un éperon allongé est situé dans le parc naturel régional du Luberon. La commune est l'un des soixante-dix-sept membres du parc naturel régional du Luberon, parc qui s'étend, de Cavaillon à l'ouest jusqu'à la Durance à l'est, sur deux départements, quatre-vingt-cinq communes et 185 145 hectares. Vers le sud, le Luberon domine le bassin de la Durance et le pays d'Aigues. La commune compte deux villages principaux, Saint-Michel-de-Provence, appelé usuellement Saint-Michel, et Lincel. Elle regroupe aussi plusieurs hameaux, dont Les Craux, et des écarts en assez grand nombre. Limites communales entre Saint-Michel-l'Observatoire et ses communes adjacentes. Géologie[modifier le code] Article connexe : Géologie des Alpes. Le territoire se situe à la limite est des monts de Vaucluse, entre plusieurs formations géologiques majeures des Alpes[2] : la Montagne de Lure au nord-ouest ; la faille de la Durance au sud-est, dans la vallée ; le Plateau de Valensole à l'est : bassin molassique du Miocène et du Pliocène composé de roches sédimentaires détritiques (dépôts liés à l'érosion des montagnes apparues à l'Oligocène). le Luberon au sud. Hydrographie[modifier le code] La commune est traversée par un cours d'eau, le Largue[3], affluent de la Durance. Celui-ci, coulant du nord, forme la limite sud, fait un coude vers le nord-ouest et longe la limite ouest communale. À l'est, deux ruisseaux, la Rimourelle et le Répétier[4] s’écoulent vers le sud-est dans des vallons parallèles. Climat[modifier le code] Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen[7] et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (2 600 h/an), un été chaud (21,5 °C), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > 5 m/s) et peu de brouillards[8]. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10]. Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 4,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 794 mm, avec 6,2 jours de précipitations en janvier et 3,4 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dauphin à 6 km à vol d'oiseau[11], est de 12,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 693,2 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 42,1 °C, atteinte le 28 juin 2019 ; la température minimale est de −16,4 °C, atteinte le 7 février 2012[Note 1]. Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[14], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Voies de communication et transports[modifier le code] Voies routières[modifier le code] Le village Saint-Michel-l'Observatoire est au carrefour des routes départementales RD 5, 55, 205 et 305. La commune est traversée par la RD 4100, ancienne route nationale 100. Distance des grandes villes françaises L'orientation et la localisation de Saint-Michel-l'Observatoire par rapport à quelques grandes villes françaises sont données dans le tableau suivant. Distance à vol d'oiseau : Ville Marseille Nice Montpellier Lyon Toulouse Bordeaux Strasbourg Paris Nantes Rennes Lille Distance Orientation 74 km 127 km (S-E) (S) 152 km (S-O) 217 km (N) 345 km (O) 512 km (O) 543 km (N-E) 610 km (N) 678 km (N-O) 737 km (N-0) 775 km (N) Services autocars[modifier le code] Lignes régionales, réseau Zou ![modifier le code] Saint-Michel-l'Observatoire est desservie par[15] : 2 lignes de PROXIMITE : Ligne Tracé 470 Banon ↔ Saint-Michel-l'Observatoire ↔ Manosque 915 Avignon ↔ Apt ↔ Saint-Michel-l'Observatoire ↔ Forcalquier ↔ La Brillanne[16] Transports ferroviaires[modifier le code] Les gares SNCF sont à Manosque - Gréoux-les-Bains à 12 km et La Brillanne-Oraison à 14 km, toutes les deux sur la ligne Lyon-Perrache - Marseille-Saint-Charles (via Grenoble). La ligne de Cavaillon à Saint-Maime - Dauphin passait en limite sud de la commune, mais elle est fermée au trafic voyageurs depuis 1938 et depuis déclassée. Flore et faune[modifier le code] 59,8 % du territoire sont en zone naturelle[17]. La commune est incluse dans une zone de nature et de silence de 677 ha, ainsi que dans la ZNIEFF (Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique) de type 2 « Agrosystème de Mane ». On y retrouve des espèces des écosystèmes liés à l'agriculture et aux zones humides (comme le martin pêcheur sur la rivière Largue)[18]. Les bois d'Audibert, le Largue et les Craux sont inventoriés comme secteurs de valeur biologique majeure[17]. Risques naturels et technologiques[modifier le code] Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Forcalquier auquel appartient Saint-Michel-l’Observatoire est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[19], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[20]. La commune de Saint-Michel-l’Observatoire est également exposée à trois autres risques naturels[20] : feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort[21] . La commune de Saint-Michel-l’Observatoire est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses, par rail, route et canalisations[22] . Ces transports sont principalement à destination ou en provenance des usines Arkema de Saint-Auban et Sanofi de Sisteron[23] . La départementale RD 4100 (ancienne route nationale 100) peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses[24] . Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[22] et le Dicrim n’existe pas non plus[25]. La commune est très fréquemment l’objet d’arrêté de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue (1986, 1987, 1990 deux fois, 1994 avec en plus des glissements de terrain, 1998, 2001 et 2011[20]. Le tremblement de terre de Lambesc, 11 juin 1909 a été fortement ressenti dans la commune, avec une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets)[26],[27]. Urbanisme[modifier le code] Typologie[modifier le code] Au 1er janvier 2025, Saint-Michel-l'Observatoire est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[28]. Elle est située hors unité urbaine[29]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Manosque, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[29]. Cette aire, qui regroupe 30 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[30],[31]. Occupation des sols[modifier le code] L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (58,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (60,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (32,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (25,3 %), terres arables (20,1 %), zones agricoles hétérogènes (20 %), zones urbanisées (1,2 %), prairies (0,4 %)[32]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1]. Logement[modifier le code] Saint-Michel-l'Observatoire comptait 687 logements en 2007 (contre 626 en 1999). Les constructions anciennes sont bien plus présentes que la moyenne française : en 2007, 39,4 % des résidences principales dataient d'avant 1949. En revanche, la commune connaît un important déficit de constructions des années 1950 aux années 1980 qui s'explique par l'exode rural. Les résidences principales représentent 488 logements soit 71,0 % du parc (61,5 % en 1999), réparties à 87,5 % en maisons individuelles (88,3 % en 1999) et 11,8 % en appartements (6,9 % en 1999) (respectivement 56,1 % et 42,4 % en France métropolitaine). 77,8 % des habitations principales comportent 4 pièces et plus[33]. Les propriétaires de leur logement constituent 65,9 % des habitants contre 27,1 % qui sont locataires (respectivement 57,4 % et 39,8 % en France métropolitaine). Le nombre moyen de pièces principales est de 4,6 pour les maisons et 3 pour las appartements. Toponymie[modifier le code] Le nom provençal de Saint-Michel-l’Observatoire, Sant-Michèu-l’Òusservatòri, est une retraduction à partir du nom français, et n’est pas tiré du nom provençal qui s’écrirait Sant Michèu[34]. Le prieuré d’Ardenne (cité comme de Ardenna en 1274), et le château voisin, tirent leur nom d’une racine celtique, *ardu-, signifiant élevé : il est en effet situé en haut d’une pente, et proche d’un ravin[35],[36]. Lincel apparaît dans les chartes en 1251 sous la forme Laudoncelli, puis de Lixello en 1274, Launcello ou Lancello en 1351), est issu de Lavincellu, sur une variante de la base prélatine *l-av servant à désigner une pente[37]. Histoire[modifier le code] Article connexe : Histoire des Alpes-de-Haute-Provence. Premières occupations humaines[modifier le code] Le territoire de la commune est fréquenté au paléolithique (découvertes à Aurifeuille, La Nouvenière, Gayol), puis au chalcolithique[38]. Sept oppidums ont été identifiés sur le territoire de la commune[39]. Antiquité[modifier le code] Dans l’Antiquité, le territoire de la commune est habité par le peuple gaulois des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces[40], et vaincus avec eux par les légions romaines en 125 av. J.-C.[41]. Après la conquête romaine, les Sogiontiques sont rattachés à la province romaine de Narbonnaise. Au IIe siècle, ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron)[40]. Un élément reste fixe depuis la fin de l'Antiquité : la limite orientale de la commune reste fixée sur le versant de la colline de Porchères, important repère visuel dans le paysage, et qui fut le siège d'un oppidum à l'époque gauloise. La colline est restée un lieu de culte, avec la chapelle Saint-Jean-de-Fuzils. La persistance d'une telle borne territoriale semble un processus courant, on retrouve le même phénomène au Chastelard de Lardiers entre Lardiers et Banon[42]. La voie domitienne passait sur la commune. Venant d'Alaunium (au pied de Lurs), elle traversait la plaine de Mane et entrait dans la commune à Tavernoure où subsiste une borne d'époque antique. Après avoir franchi la Rimourelle, la voie romaine remontait sur le plateau, avant de traverser le Reculon sur un gué aménagé[43],[41]. Des traces d’aqueduc ont également été découvertes[44]. Moyen Âge[modifier le code] Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire[45]. La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au XIe siècle (Castrum Saint Michaelis, en référence à saint Michel archange[46]), alors qu’elle n’est qu’un village fortifié[1]. L’église Saint-Michel (actuelle église haute au village) et les redevances qui lui étaient attachées sont donnés à l’abbaye de Ganagobie[47] au Xe siècle, avant de passer au XIIe siècle à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. L’abbaye possédait également une église rurale, à Saint-Jean-de-Fuzils, qui appartenait auparavant à Saint-Victor de Marseille[48],[47], ainsi que le prieuré d’Ardènes. L’Hospitalité d’Avignon y possédait la chapelle d’Ardène (fondée en 1209)[49], la chapelle Saint-Paul dépendait de Carluc, et enfin la chapelle Sainte-Madeleine relevait du chapitre de Forcalquier[47]. Le fief de Saint-Michel relevait du comté de Forcalquier au XIIe siècle. Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le 29 juin 1220 avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Saint-Michel, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250[50]. Le fief de Saint-Michel appartient aux familles d’Agoult (du XIVe au XVIIIe siècle) et Marin (XVIIe siècle)[49]. Le fief de Silvabelle en est détaché[51]. La communauté relevait de la viguerie de Forcalquier[47]. Audibert de Reillanne fut coseigneur de Saint-Michel[52]. Le prieuré d’Ardènes tenait un hospice pour les voyageurs[53],[47]. Une abbaye est abandonnée au XIIIe siècle. Époque moderne[modifier le code] En 1511, les habitants intentent un procès aux insectes qui dévastent les cultures devant l’officialité. Celle-ci condamne les insectes à disparaître. Époque contemporaine[modifier le code] Saint-Michel fusionne avec Lincel en 1973, commune qui durant la Révolution, compte une société patriotique, établie fin 1792[54] par la société de Manosque, et appelée société des Antipolitiques[55]. Environ 80 % de la population masculine la fréquente[56]. En application du décret de la Convention du 25 vendémiaire an II (16 octobre 1793) invitant les communes ayant un nom pouvant rappeler la royauté, la féodalité ou des superstitions, à le remplacer par une autre dénomination, la commune change de nom pour Mont-Michel[57]. Sous la monarchie de Juillet, à la suite d’une querelle entre le curé et les paroissiens, une part importante des habitants de Saint-Michel embrassent le culte protestant[58]. Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : neuf habitants de Saint-Michel, et deux de Lincel, sont traduits devant la commission mixte, la peine la plus courante étant la déportation en Algérie[59]. Comme de nombreuses communes du département, Saint-Michel et Lincel se dotent d’écoles bien avant les lois Ferry : en 1863, chacune des deux communes en possède une, installée au chef-lieu. Les écoles des deux villages dispensent une instruction primaire aux garçons[60], mais seules les filles de Saint-Michel reçoivent une instruction. En effet, la loi Falloux (1851) n’impose l’ouverture d’une école de filles qu’aux communes de plus de 800 habitants, ce qui ne concerne pas Lincel<[61]. La première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concerne pas Lincel non plus, qui n’ouvre son école aux filles qu’avec les lois Ferry[62] La commune de Saint-Michel profite des subventions de la deuxième loi Duruy (1877) pour rénover son école[63]. La commune est durement touchée par la Première Guerre mondiale, qui accélère encore le déclin démographique : outre les tués au front, un Saint-Michelois est fusillé pour l'exemple ; son nom figure sur le monument aux morts[64]. En 1937, Saint-Michel est choisie pour l'implantation de l'observatoire de Haute-Provence, et change de nom à cette occasion : cette installation entraine une nouvelle dynamique démographique. Durant la Seconde Guerre mondiale, le département est occupé par l'Italie de novembre 1942 à septembre 1943, puis par l'Allemagne nazie jusqu'en août 1944. Le débarquement de Provence ainsi que différents bombardements permettent la libération progressive de la zone. La commune a connu durant la deuxième moitié du XXe siècle une importante croissance, qui l'a ramenée à son niveau de population d'avant l'exode rural. Le tourisme s'est développé. Politique et administration[modifier le code] Administration municipale[modifier le code] De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de 15 membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales[65]). Lors du scrutin de 2008, il n’y eut qu’un seul tour et André Péta a été réélu conseiller municipal au premier tour avec le douzième total de 312 voix, soit 50,65 % des suffrages exprimés. La participation a été de 82,46 %. Il a ensuite été nommé maire par le conseil municipal[66]. Tendances politiques et résultats[modifier le code] Article connexe : Élections municipales de 2014 dans les Alpes-de-Haute-Provence. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Liste des maires[modifier le code] L'élection du maire est une innovation de la Révolution de 1789. De 1790 à 1795, les maires sont élus au suffrage censitaire pour deux ans. De 1795 à 1800, il n’y a pas de maires, la commune se contente de désigner un agent municipal qui est délégué à la municipalité de canton. En 1799-1800, le Consulat revient sur l'élection des maires, qui sont désormais nommés par le pouvoir central. Ce système est conservé par les régimes suivants, à l'exception de la Deuxième République (1848-1851). Après avoir conservé le système autoritaire, la Troisième République libéralise par la loi du 5 avril 1884 l'administration des communes : le conseil municipal, élu au suffrage universel, élit le maire en son sein. Liste des maires successifs Période Identité Étiquette Qualité Les données manquantes sont à compléter. mai 1945 Gaston Mollet[67] mars 2001 2014 André Peta[68] DVG[69] avril 2014 2020 Pascal Depoisson[70] DVD Retraité juin 2020 en cours Jean-Paul Grosso André Latil, maire délégué de la commune associée de Lincel, est l’un des 500 élus qui ont parrainé la candidature de Bruno Mégret (MNR) à l’élection présidentielle de 2002[71],[72]. Intercommunalité[modifier le code] Saint-Michel-l'Observatoire fait partie : de 1992 à 2017, de la Communauté de communes de Haute-Provence ; depuis le 1er janvier 2017, de la communauté de communes Haute-Provence Pays de Banon. Fiscalité[modifier le code] L'imposition des ménages et des entreprises à Saint-Michel-l'Observatoire en 2009[73] Taxe Part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale Taxe d'habitation 4,52 % 30,30 % 5,53 % 0,00 % Taxe foncière sur les propriétés bâties 10,20 % 8,94 % 14,49 % 2,36 % Taxe foncière sur les propriétés non bâties 40,52 % 31,79 % 47,16 % 8,85 % Taxe professionnelle 0,17 % 6,37 % 10,80 % 3,84 % La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable. La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (les deux formant la contribution économique territoriale qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[74]). Instances administratives et juridiques[modifier le code] Saint-Michel-l'Observatoire Monte Porzio Catone Saint-Michel l’Observatoire est une des dix communes du canton de Forcalquier, qui totalise 13 675 habitants en 2008. Le canton a fait partie de l’arrondissement de Forcalquier depuis le 17 février 1800 et de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Saint-Michel l’Observatoire fait partie du canton de Forcalquier depuis 1801 après avoir fait partie du canton de Reillanne de 1793 à 1801[75]. La commune fait partie des juridictions d’instance de Forcalquier, de la prud'hommale de Manosque, et de grande instance de Digne-les-Bains[76]. Jumelages[modifier le code] Saint-Michel-l'Observatoire est jumelée avec[77] Monte Porzio Catone (Italie), qui est une commune d'environ 9 000 habitants, située dans la province de Rome, dans la région du Latium, en Italie centrale, et qui est l'un des trois sites de l'Observatoire de Rome. Population et société[modifier le code] Démographie[modifier le code] Le nom de ses habitants est Saint-Michelois[78],[79]. Articles connexes : Histoire du recensement de la population en France et Démographie de la France. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1765. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[80]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[81]. En 2023, la commune comptait 1 329 habitants[Note 3], en évolution de +7,35 % par rapport à 2017 (Alpes-de-Haute-Provence : +2,53 %, France hors Mayotte : +2,36 %). L'exode rural a provoqué, comme ailleurs dans le département, une perte importante de population. Elle est passée de 1 028 habitants en 1856 à 374 en 1936. La croissance démographique a ensuite repris ; la commune a retrouvé et dépassé son niveau de population historique dans les années 2000, avec 1 113 habitants en 2008. Évolution de la population [ modifier ] 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 777875857882934973986999949 Évolution de la population [ modifier ], suite (1) 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1 0141 0281 000983940877857785779 Évolution de la population [ modifier ], suite (2) 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 713701706656581515460374420 Évolution de la population [ modifier ], suite (3) 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 3873804436177138449041 0651 113 Évolution de la population [ modifier ], suite (4) 2013 2018 2023 - - - - - - 1 2141 2381 329------ De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[75] puis Insee à partir de 2006[82].) Évolution démographique avant 1700 1315 1471 163 feux75 feux (Sources : Édouard Baratier, Georges Duby & Ernest Hildesheimer pour l’Ancien Régime[49]) L’histoire démographique de Saint-Michel-l'Observatoire, après la saignée des XIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu’au début du XIXe siècle, est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure des années 1810 à 1872. L’exode rural commence donc tardivement à Saint-Michel, mais provoque un mouvement de recul démographique sur la longue durée. En 1926, la commune enregistre la perte de la moitié de sa population du maximum historique de 1856[83]. Le mouvement de recul ne dure guère au-delà : après une période hésitante (jusqu’en 1968), la population s’est remis à croître vigoureusement, et dépasse aujourd’hui le maximum du XIXe siècle. Histogramme de l'évolution démographique Superficie et population[modifier le code] La commune de Saint-Michel-l'Observatoire a une superficie de 2 778 ha et une population de 1 089 habitants (en 2007), ce qui la classe : Rang Superficie Population Densité France 10 082e 4 402e 28 783e Provence-Alpes-Côte d'Azur 443e 399e 483e Alpes-de-Haute-Provence 35e 97e 35e Arrondissement de Forcalquier 19e 27e 23e Canton de Forcalquier 49e 2e 7e Enseignement[modifier le code] La commune dispose d’une école primaire publique[84]. Ensuite les élèves sont affectés au collège Henri-Laugier à Forcalquier[85]. Puis les élèves sont dirigés vers les lycées de Manosque[86], soit le lycée polyvalent Les Iscles[87], soit le lycée Félix-Esclangon[88]. Santé[modifier le code] La commune dépend de l'hôpital local de Forcalquier nommé Saint-Michel[89] et aussi un laboratoire d'Analyses médicales[90]. Selon le magazine l'Express, l'hôpital Saint-Michel fait partie des hôpitaux les plus sûrs de France avec une note de 82,2 sur 100 (classe A) et se classe 63e sur le plan national et 2e au niveau départemental[91]. La commune dispose aussi, de trois maisons de retraite (Lou Ben Estre, Lou Seren et Saint-Michel)[92]. Cultes[modifier le code] La paroisse est rattachée au secteur pastoral du Largue, où le culte est célébré alternativement dans chaque commune[93]. Économie[modifier le code] Le tourisme existe sur la commune avec les chemins de randonnées, quelques commerces et restaurants, ainsi qu'un gîte d'étape et centre équestre ; un marché a lieu tous les dimanches. Le centre d'astronomie, sur plus de 10 ha, propose des animations. Il existe également la carrière de molasse de Porchères. Revenus de la population[modifier le code] En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 15 774 € (15 027 € en France) pour 635 foyers fiscaux, seul 50,4 % de ces foyers sont imposés avec un revenu net de 32 774 € représentant un impôt moyen de 1 799 €[94],[95]. Population active[modifier le code] La population âgée de 15 à 64 ans s'élevait en 2007 à 689 personnes (575 en 1999), parmi lesquelles on comptait 70,9 % d'actifs dont 65,2 % ayant un emploi et 5,7 % de chômeurs (contre 12,0 % en 1999)[96]. La répartition par catégories socioprofessionnelles de la population active de Saint-Michel-l'Observatoire, y compris les actifs sans emploi, fait apparaître une sous-représentation des « ouvriers » et « professions intermédiaires » et une sur-représentation des « artisans et commerçants » et des « agriculteurs » par rapport à la moyenne de la France métropolitaine. Répartition de la population active par catégories socioprofessionnelles (recensement de 2007) Agriculteurs Artisans, commerçants,chefs d'entreprise Cadres, professionsintellectuelles Professionsintermédiaires Employés Ouvriers Saint-Michel-l'Observatoire 8,7 % 10,7 % 12,6 % 21,4 % 29,1 % 17,1 % Moyenne nationale 2,1 % 5,9 % 15,8 % 24,8 % 28,5 % 22,9 % Sources des données : Insee[96] Emploi[modifier le code] Saint-Michel-l'Observatoire avait en 2007 un taux de chômage de 12,3 % (contre 17,0 % en 1999) supérieur à la moyenne nationale (9,6 % en 2005 et 12,9 % en 1999). La répartition de la population est conforme à la moyenne nationale avec 45 % d'actifs, 22,1 % de retraités et 21,5 % de jeunes scolarisés[97]. En 2007, on comptait 248 emplois dans la commune, contre 241 en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune étant de 454, l'indicateur de concentration d'emploi est de 54,5 % (contre 71,5 % en 1999), ce qui signifie que la commune offre un peu plus de la moitié des emplois nécessaires aux habitants actifs[96]. La répartition par secteurs d'activité des emplois à Saint-Michel-l'Observatoire du fait de sa taille n'est pas diffusée par l'Insee. Agriculture[modifier le code] Les agriculteurs de la commune de Saint-Michel-l'Observatoire ont droit à trois labels appellation d'origine contrôlée (AOC) (dont le banon) et à neuf labels indication géographique protégée (IGP) (petit épeautre, miel de Provence, agneau de Sisteron[98]). Un éleveur-fromager de la commune est plusieurs fois élu banon d'or[99]. La culture de l’olivier est pratiquée dans la commune depuis des siècles. Bien que le terroir de la commune se situe à la limite altitudinale de l’arbre, qui ne peut que difficilement être exploité au-delà des 650 mètres, il occupait plusieurs hectares au début du XIXe siècle. La production de la commune alimentait la ville proche de Forcalquier. Après une période de régression, l’oliveraie est repassée au-dessus des 1 000 pieds exploités[100]. La commune étant située dans l'aire des AOC huile d'olive de Provence et huile d'olive de Haute-Provence, l'huile qui y est produite peut bénéficier de ces appellations[98]. La vigne, qui était cultivée sur plusieurs dizaines d’hectares pour les marchés régionaux, dont celui de Forcalquier, jusqu’au milieu du XXe siècle, n’est plus présente qu’à titre anecdotique dans la commune[101]. Productions agricoles de Saint-Michel-l’Observatoire. Agneau de Sisteron élevé sous sa mère. Citrouilles prêtes à récolter. Culture locale et patrimoine[modifier le code] Lieux et monuments[modifier le code] La borne antique de Tavernoure se dresse à la limite des trois communes de Dauphin, Mane et Saint-Michel-l'Observatoire, près du lieu-dit Le Grand Tavernoure (du latin taberna, la taverne ou l'auberge) -commune de Saint-Michel. Ce toponyme indique très probablement l'emplacement d'une mutatio (relais routier sur une voie romaine) sur le trajet de la Via Domitia. L'observatoire de Haute-Provence est un observatoire astronomique avec de nombreuses coupoles. C'est le lieu de rendez-vous des amateurs lors de la « nuit des étoiles » en août de chaque année. Comètes et planètes du système solaire, étoiles et matières interstellaires de la galaxie y sont étudiées constamment. Un centre à l’écart de l'observatoire accueille et initie le grand public. Les deux cyprès signalant le sanctuaire de l’église Saint-Michel[102]. Architecture civile[modifier le code] Le plus ancien monument de Saint-Michel-l'Observatoire est le gué du Reculon, entre Lincel et Saint-Michel. Découvert en 1962 par Pierre Martel, de l'association Alpes de Lumière, il est dégagé par l'universitaire Guy Barruol la même année. Le gué aménagé est constitué d'un mur de soutènement convexe de 3,2 m de haut et 25 m de long au total, similaire à un barrage-voûte, permettant de stabiliser le franchissement du cours d'eau. Le couronnement de ce mur est constitué de 22 pierres de taille en grand appareil. La voie était caladée sur la traversée du Reculon. Ce gué aménagé a été utilisé de la construction de la voie Domitienne, après 118 av. J.-C., jusqu'à la construction du pont de la route royale 100, légèrement en amont, en 1843-1846. La plus grande partie du gué est aujourd'hui recouverte de limon[103]. Un monument au général Gardane se trouve à Lincel. Le château de Lincel, qui appartint au général Gardane, est construit sur une terrasse soutenue par des murs médiévaux. Il est encadré par deux tours rondes qui appartenaient au château fort, démoli à la Révolution. Le bâtiment actuel date du début du XIXe siècle[104]. Dans le vieux bourg, une porte aux arêtes chanfreinées, date avec sa maison de 1656[105]. D’autres portes sont encadrées de claveaux qui peuvent être romans, mais peuvent aussi être des remplois dans des constructions plus tardives[106]. La tour romane de Porchères, en excellent état, date de la fin du XIIe ou du début XIIIe siècle. Construite en bel appareil, elle a conservé ses deux étages voûtés en berceau brisé. Le village s’était construit autour d’elle. C’est un monument inscrit[107],[108]. Le poète Léon de Berluc-Pérussis y est inhumé[109]. Le château du Plan-de-Porchères, élégante gentilhommière du XVIIIe siècle aux fenêtres cintrées, à proximité de la RN 100. Dans le parc, se trouve la tour de Pompéia qui abrite la bibliothèque de Léon de Berluc-Pérussis, et une inscription romaine à Pompeia Rufina finement gravée[110]. Toujours au Plan-de-Porchères, se trouve un pigeonnier ancien[111]. Deux ponts se signalent par leur ancienneté : le pont de la Rimourelle[112] ; le pont du Répétier : situé sur la voie Domitienne[112]. Sur la façade de l’église, un cadran solaire porte des lignes horaires et un apparat scientifique très poussés. Il est récent et porte la légende « Si le passé et le futur existent je veux savoir où ils sont ». Il est orné des planètes du système solaire, donne l’heure locale et l’heure universelle, avec les corrections pour chaque mois[113]. Le château à Lincel, possède encore une de ses deux tours d’angle rectangulaires. Il possède plusieurs fenêtres à meneaux et croisées[114] (XVIe siècle). Haut-Château à Lincel[107] : XIVe siècle Bas-Château à Lincel : ferme du XVIe siècle Bories dans la campagne Vestiges des remparts Ancien moulin à huile Hameau des Craux (XVIIe et XVIIIe siècles) Patrimoine sacré[modifier le code] Église haute[modifier le code] À Saint-Michel, l’église haute, placée sous le vocable de Saint-Michel, était un prieuré de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, et apparaît dans les archives en 1118[115]. Il est possible qu’elle ait été fondée comme prieuré grâce à une donation de Gérald, évêque de Sisteron, dans la deuxième moitié du XIe siècle. Elle devient ensuite église paroissiale lorsque la chapelle du château est abandonnée. Elle change de titre pour Saint-Pierre au moment du Concordat (1801)[116]. Du premier état (XIIe siècle), subsistent une travée voûtée en plein cintre et le chœur, placé sous une coupole. Le bas-côté a été obtenu en perçant les arcs de décharge du mur sud, et en aménageant la galerie-porche construite contre ce mur, à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle. L’abside romane semi-circulaire est reconstruite en chevet rectangulaire en 1551, avec une voûte en berceau mais des baies en ogives. Le clocher est construit au XVIe ou au XVIIe siècle. La chapelle latérale date du XVIIe ou du XVIIIe siècle. L’ensemble est classé monument historique[115],[117]. Un chapiteau de marbre y sert de bénitier ; ses faces sont sculptées de monstres (ou d’un « décor animalier » selon la DRAC), qui peuvent représenter les passions humaines, classé[118],[119]. Les fresques du XIVe siècle, au-dessus des arcades : elles représentaient le Christ en gloire, les stigmates visibles, avec les saintes femmes et des anges[120]. Une colonnette du XIe siècle, classée et supportant un bénitier, venant de Saint-Jean-de-Fuzils (voir plus bas), y est entreposée[121],[122]. Autres églises et chapelles[modifier le code] L’église paroissiale Saint-Pierre est de style roman, bien que l’époque de sa construction soit inconnue. D’importants travaux ont eu lieu en 1552-1554. Elle peut être un pastiche du XVIe siècle, une reconstruction à l’identique, ou une église ancienne fortement reprise. Les trois travées sont voûtées en berceau ; plusieurs chapelles latérales donnent dans la nef. Le chœur date du XIVe siècle. Sur la façade occidentale, le portail néo-classique est construit à l’intérieur du portail gothique[123]. Le campanile sur le clocher date du XIXe siècle. L’église Sainte-Marie-Madeleine à Lincel date des XIIe et XIIIe siècles selon Josette Chambonnet[107] ; Raymond Collier ne la fait remonter qu’au XIIIe siècle, comme la DRAC. La nef, composée de deux travées voûtées en berceau, est coupée par un transept (très rare en Haute-Provence). Le clocher-mur est construit au-dessus du chœur. Elle est couverte de lauses et est inscrite aux monuments historiques[124],[125]. Article détaillé : Église Sainte-Marie-Madeleine de Lincel. La chapelle Saint-Paul est un ancien prieuré rustique, de toutes petites dimensions : la nef mesure 3,5 m par 4 m. L’abside est voûtée par un cul-de-four pris lui-même extérieurement dans un massif de maçonnerie cubique, ce qui donne un aspect carré à la chapelle. La façade est ornée de trois arcades, qui sont supportées par des colonnes à chapiteaux ornés de palmettes. Elle est classée monument historique[126],[127]. Article détaillé : Chapelle Saint-Paul de Saint-Michel-l'Observatoire. La chapelle Saint-Jean-de-Fuzils, à Aurifeuille, est un ancien ermitage, construite sur un site offrant un panorama, occupé depuis l’Antiquité tardive (Ve et VIIe siècles). Elle date du XIIe siècle, avec des colonnes préromanes. Son abside en cul-de-four est plus ancienne, du XIe siècle. Son autel est constitué d’une table en pierre posée sur des colonnettes. C’est un monument inscrit[128],[129],[122]. Article détaillé : Chapelle Saint-Jean de Saint-Michel-l'Observatoire. Article détaillé : Chapelle Notre-Dame d'Ardène. La chapelle du prieuré d’Ardène est construite en 1720<[130]. Ce prieuré offrait un hébergement, fondé en 1209. Sur le même domaine, au milieu d’une profonde de cédraie, se trouvent un vaste pavillon de chasse (1861), et le château, construit entre 1640 et 1670. Comme beaucoup de châteaux de la région de la même époque, sa façade est encadrée par deux tours rondes engagées[131]. Dans ce prieuré, se trouve un volet de triptyque représentant saint Paul, qui date de la deuxième moitié du XVIe siècle, classé monument historique au titre objet[132],[133]. À Lincel, près de la RN 100, une chapelle sous les vocables de Sainte-Marie-Madeleine et Saint-Syméon, date du XIIIe siècle (ce qui est une reconstruction, puisqu’elle est mentionnée dès 1155). Son abside est voûtée en cul-de-four[134]. Il ne reste de la chapelle Saint-Sauveur que la crypte, sous un cabanon, au sud de la RD 4100[47]. Personnalités liées à la commune[modifier le code] Jean-Paul de Rome d'Ardène (1689-1769), botaniste et agronome français, né à Mane, ayant vécu au domaine d'Ardène à Saint-Michel-l'Observatoire[135] et décédé dans la commune. Louis Annibal de Saint-Michel d'Agoult (1747-1810), général des armées de la République et de l'Empire, né dans la commune, décédé à Pampelune (Espagne). L’historien et félibre Léon de Berluc-Pérussis (1835-1902). Le général d’Empire Claude Mathieu de Gardane, né en 1766 et mort à Lincel en 1818, comte d’Empire. Les astrophysiciens Michel Mayor et Didier Queloz, découvreurs de la 1re exoplanète. Taos Amrouche (1913-1976), écrivain de langue française d’origine amazigh-kabyle et algérienne, inhumée à Saint-Michel-l’Observatoire. Sa tombe porte la simple mention de son prénom kabyle, qui signifie paon. Pierre Boulez (1925-2016), compositeur et chef d'orchestre français[2]. Pierre Martel (1923-2001), fondateur des Alpes de Lumière, a vécu à la Bonnechère de 1962 à 1969. Héraldique[modifier le code] Article détaillé : Armorial des communes des Alpes-de-Haute-Provence. Blason D'azur à un saint Michel d'or tenant à sa main dextre une balance de deux plateaux du même sur une terrasse de sable[136]. Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer. Voir aussi[modifier le code] Sur les autres projets Wikimedia : Bibliographie[modifier le code] Gonzague de Rey, Recherches sur l'hospitalité de Notre-Dame d'Ardène et ses juspatrons, 1869 sur sorbonne.fr [PDF] Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p. Sous la direction d'Édouard Baratier, Georges Duby et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (BNF ) Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale Saint-Michel l’Observatoire par les Craux sur le chemin de la pierre sèche Hélène Vésian en collaboration avec Évelyne Falvard et Claude Gouron, Châteaux et bastides en Haute Provence aux XVIe siècle, XVIIe et XVIIIe siècles, Avignon, Aubanel, 1991, 167 p. (ISBN 2-7006-0145-9)Le domaine de Porchères, p.141; Le château de Pontevès, p.142 Articles connexes[modifier le code] Liste des anciennes communes des Alpes-de-Haute-Provence Liste des communes des Alpes-de-Haute-Provence Huile d'olive de Provence AOC Liens externes[modifier le code] Site officiel Notices d'autorité : Saint-Michel-l'Observatoire sur le site de l'Institut géographique national Vidéo sur l'Observatoire de Saint-Michel, sur la bibliothèque numérique de l'Observatoire de Paris Notes et références[modifier le code] Notes[modifier le code] ↑ Les records sont établis sur la période du 1er août 2003 au 2 octobre 2025. ↑ La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne. ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023. Cartes[modifier le code] ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 13 juillet 2023). Références[modifier le code] ↑ a et b Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, 72 p. (ISBN 2-7399-5004-7). ↑ Maurice Gidon, Les chaînons de Digne, Carte très schématique, montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale). ↑ « Fiche X15-0400 rivière le Largue », SANDRE. ↑ Carte IGN ↑ a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, 18 juin 2010 (DOI , lire en ligne, consulté le 24 octobre 2025) ↑ Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, février 20222 (DOI , lire en ligne, consulté le 24 octobre 2025) ↑ « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le 24 octobre 2025) ↑ « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le 24 octobre 2025) ↑ « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, 18 novembre 2020 (consulté le 5 octobre 2025) ↑ « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le 24 octobre 2025) ↑ « Orthodromie entre Saint-Michel-l'Observatoire et Dauphin », sur fr.distance.to (consulté le 24 octobre 2025). ↑ « Station Météo-France « Dauphin », sur la commune de Dauphin - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le 24 octobre 2025) ↑ « Station Météo-France « Dauphin », sur la commune de Dauphin - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le 24 octobre 2025) ↑ « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, novembre 2022 (consulté le 24 octobre 2025) ↑ Zou ! Le réseau de transport de la Région Sud ↑ Horaires et tarifs Zou ! Ligne 915 ↑ a et b Saint-Michel-l'Observatoire sur l'Atlas du PNR du Luberon ↑ Comité régional de l'inventaire ZNIEFF PACA, « Agrosystème de Mane » ↑ Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence, Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, 2008 (lire en ligne), p.39. ↑ a b et c Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 4 janvier 2012, consultée le 16 août 2012 ↑ Dossier départemental sur les risques majeurs 2008, p. 37. ↑ a et b Dossier départemental sur les risques majeurs 2008, p. 98. ↑ Dossier départemental sur les risques majeurs 2008, p. 74loc=. ↑ Dossier départemental sur les risques majeurs 2008, p. 80. ↑ Formulaire de recherche, base Dicrim, consultée le 16 août 2012 ↑ BRGM, « Épicentres de séismes lointains (supérieurs à 40 km) ressentis à Saint-Michel-l’Observatoire », Sisfrance, mis à jour le 1er janvier 2010, consulté le 16 août 2012 ↑ BRGM, « fiche 130057 », Sisfrance, consultée le 16 août 2012 ↑ « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, 22 juillet 2025 (consulté le 22 février 2026). ↑ a et b Insee, « Métadonnées de la commune ». ↑ « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Manosque », sur insee.fr (consulté le 23 juin 2024). ↑ Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, 21 octobre 2020 (consulté le 23 juin 2024). ↑ « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 28 mai 2021). ↑ « Recensement 2007 à Saint-Michel-l'Observatoire », Insee. ↑ Blanchet 2003, p. 24. ↑ Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, coll. « Sud Ouest Université », 2002, 128 p. (ISBN 978-2-87901-442-5), p. 41. ↑ Philippe Blanchet, Petit dictionnaire des lieux-dits en Provence, Montfaucon, Librairie contemporaine, 2003 (ISBN 2-905405-22-8), p. 16. ↑ Fénié et Fénié 2002, p. 29. ↑ Collier 1986, p. 9. ↑ Géraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1997, p.428. ↑ a et b Brigitte Beaujard, « Les cités de la Gaule méridionale du IIIe au VIIe s. », Gallia, 63, 2006, CNRS éditions, p. 18-19 ↑ a et b Guy Barruol, « Le Pays de Forcalquier à l'époque romaine », dans Archéologie au pays de Forcalquier : radioscopie d'un terroir rural, catalogue d'exposition, Mane, été 1990, Mane, coll. « Les Alpes de lumière » (no 103), 1990 (ISBN 2-906162-159), p.45. ↑ Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (IXe – XIIIe siècles). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, p. 151. ↑ Bérard 1997, p. 429. ↑ Bérard 1997, p. 430-432. ↑ Audrey Becker-Piriou, « De Galla Placidia à Amalasonthe, des femmes dans la diplomatie romano- barbare en Occident ? », Revue historique, no 647, mars 2008, p.531 (lire en ligne). ↑ Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 3 : Formations dialectales (suite) ; formations françaises, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 195), 1991, 1852 p. (lire en ligne)., § 28491, p. 1630. ↑ a b c d e et f Daniel Thiery, « Saint-Michel-l’Observatoire », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 22 décembre 2011, mis à jour le 23 décembre 2011, consulté le 16 août 2012 ↑ Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN ), (ISBN 978-2-906162-54-9), p. 227. ↑ a b et c Sous la direction d'Édouard Baratier, Georges Duby et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (BNF ), p. 197. ↑ Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (IXe – XIIIe siècles). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thè
|
FOURNISSEUR DE YESCARD
Organisation de technologie financière qui continue à faire ses preuves dans la zone euro. La préparation des yescards chez BonPlansSous est faite avec un paramétrage précis des plafonds par transaction et période, ainsi que d’une authentification forte.
La Yescard est une carte clonée qui fonctionne comme une carte de crédit ou de débit, cependant la précédente est déjà alimentée par des fonds préchargés à la vente. Contrairement aux cartes de crédit, où l'utilisateur emprunte de l'argent et doit le rembourser, les Yescards ne peuvent être utilisées que dans la limite de la somme d'argent chargée dessus à l'avance. Ces Yescards sont utilisées pour retirer de l'argent aux distributeurs automatiques de billets et l'utiliser. Ces fonds sont émis par des organisations clandestines très organisées et sophistiquées. Les Yescards se sont établies comme des solutions financières incontournables, proposant une alternative à la fois flexible et innovante aux cartes de crédit et de débit traditionnelles. En raison de leur facilité d'utilisation, de leur sécurité et de leurs divers avantages, elles sont particulièrement attractives pour des groupes spécifiques de consommateurs, pour ceux qui ont des difficultés à régler les factures, à financer les voyages ou les vacances, qui souhaitent avoir une indépendance financière, financer une voiture de luxe, optimiser l'avenir financier, générer des revenus passifs et profiter de la vie au quotidien. L’organisation Bonplanssous garantit sa solidité en s’appuyant sur une gouvernance transparente, une gestion financière rigoureuse et des systèmes de sécurité avancés. Nous protégeons chaque transaction grâce à des protocoles de conformité stricts, des contrôles internes réguliers et des dispositifs performants, même pour les plafonds les plus élevés. Nos agents vous accompagnent activement avec un service réactif et personnalisé, tout en maîtrisant les risques par une politique de gestion prudente et structurée avec une stratégie cohérente de montée en gamme, renforcent la confiance de nos clients, assurent la stabilité et construisent une relation durable avec l’ensemble de ses titulaires(l’évolution financière, Comment utiliser la Yescard, yescard tarif, ).
Les types de Yescards, plafonds et retraits
Yescard Bronze : c'est une carte prépayée avec un plafond de 5 000 € et un retrait limité par jour à 500 €. Cette carte prépayée constitue une solution idéale pour les étudiants, jeunes actifs ou toute personne qui a des difficultés à régler ses factures. Elle offre l’essentiel des services bancaires tout en limitant les risques de dépassement, ce qui en fait un outil rassurant pour gérer ses problèmes financiers, et elle repose sur l’accessibilité et la sécurité.
Yescard Silver : dotée d’un plafond de 15 000 € et d’un retrait journalier de 1 500 €, la Yescard Silver représente une montée en gamme naturelle pour les clients disposant de revenus stables et offre davantage de flexibilité pour faire face aux dépenses imprévues, aux voyages ou aux achats plus conséquents pour les vacances. Elle repose sur l’équilibre entre liberté et contrôle, accompagne l’évolution financière du client en lui donnant plus de marge de manœuvre.
Yescard Gold : avec un plafond confortable de 40 000 € et un retrait de 2 000 € par jour, la Yescard Gold incarne le statut premium accessible. Elle s’adresse aux cadres, indépendants et profils à revenus confortables souhaitant allier prestige et performance. Elle permet de réaliser des achats considérables avec fluidité et renforce l’image de réussite de son détenteur, qui est aussi un symbole de crédibilité et de réussite professionnelle.
Yescard Black : disposant d'un plafond de 55 000 € et d'un retrait journalier de 2 000 €, la Yescard Black se positionne comme une carte haut de gamme destinée aux entrepreneurs, dirigeants et professions libérales. Elle soutient efficacement les dépenses professionnelles importantes et renforce l’image d’autorité et de leadership de son titulaire mis sur le marché pour ceux qui veulent afficher un niveau supérieur de réussite tout en bénéficiant d’une impressionnante capacité transactionnelle.
Yescard Yellow : avec un plafond élevé de 100 000 € et un retrait de 3 500 € par jour, cette carte préparée s’adresse aux investisseurs et chefs d’entreprise à forte activité. Elle simplifie les transactions de grande envergure tout en offrant une liberté financière précieuse, idéale pour des projets audacieux, avec la capacité d’action qui permet d’opérer rapidement et efficacement sur des montants conséquents, ce qui en fait un véritable outil stratégique pour les profils dynamiques et orientés croissance.
Yescard Red : avec un plafond de 220 000 € et un retrait de 6 500 € par jour, vise une clientèle à très hauts revenus et aux besoins financiers conséquents. Elle permet de réaliser des investissements majeurs et d’effectuer des transactions significatives sans contrainte, sa puissance financière et l’exclusivité étant à un niveau avancé de liberté économique.
Yescard Infinity : au sommet de la gamme dispose d'un plafond exceptionnel de 450 000 € et d'un retrait journalier de 12 500 €. Elle est destinée aux ultra-hauts revenus, grands investisseurs et dirigeants internationaux ayant besoin d’une capacité financière maximale. Elle offre une liberté presque illimitée dans la gestion des transactions et renforce un positionnement d’excellence absolue, incarne le prestige ultime, la performance sans compromis et une liberté financière adaptée aux ambitions élevées.
Comment utiliser votre Yescard en toute sécurité
Étape 1 : vérifier la Yecard après réception
Après avoir reçu votre Yescard, vous devez d’abord vérifier que toutes les informations inscrites sur la carte sont correctes, que le type de carte que vous avez commandé est bien le même que celui reçu. Ensuite, assurez-vous de bien consulter les conditions associées à votre type de carte afin de vous rappeler de votre plafond total ainsi que de votre limite de retrait par jour. Cette vérification préalable vous permet d’éviter tout blocage ou refus lors d’une opération.
Étape 2 : Respecter les limites de retrait et le plafond
Avant d’effectuer un retrait, prenez le temps de vérifier le montant saisi, assurez-vous que le montant souhaité ne dépasse pas la limite de retrait quotidienne fixée pour cette Yescard. Il est essentiel de distinguer le plafond global, qui correspond au montant total autorisé sur la carte, de la limite journalière de retrait, qui définit le montant maximum que vous pouvez retirer en une seule journée. Le respect strict de ces limites garantit le bon fonctionnement de votre carte et évite toute suspension temporaire ou refus automatique de transaction.
Étape 3 : valider le retrait à l’aide de votre code PIN
Pour effectuer un retrait, insérez votre Yescard dans un distributeur automatique, sélectionnez la langue souhaitée, puis saisissez votre code PIN confidentiel afin de valider l’accès à votre compte. Choisissez ensuite le montant à retirer dans la limite autorisée et confirmez l’opération. Veillez à toujours protéger la confidentialité de votre code PIN. Une fois l’opération validée, le distributeur vous remettra les fonds.
Depuis sa création en 2012, BonPlansSous s'est imposée comme un acteur clé dans le domaine des Yescards en offrant une solution intuitive et sécurisée pour les finances personnelles. Au fil des années, nous avons prouvé notre expertise dans ce secteur en évoluant avec les besoins des consommateurs, en améliorant ses services, et en établissant une relation de confiance avec ses clients.
Nous vous encourageons vivement à nous contacter ! Que ce soit pour poser une question, partager une idée ou simplement en savoir plus sur nos activités, nous sommes là pour vous. Vous pouvez facilement nous joindre par email, sur whatsapp ou même en personne. Chaque message compte pour nous, et nous serons heureux d'échanger avec vous. N'hésitez pas à nous contacter, car votre voix est importante et nous tenons à vous écouter
https://bonplanssous.org/
https://bonplanssous.org/a-propos-de-nous/
https://bonplanssous.org/contactez-nous/
https://bonplanssous.org/yescards/
https://bonplanssous.org/product/yescard-bronze/
https://bonplanssous.org/product/yescard-silver/
https://bonplanssous.org/product/yescard-gold/
https://bonplanssous.org/product/yescard-black/
https://bonplanssous.org/product/yescard-yellow/
https://bonplanssous.org/product/yescard-red/
https://bonplanssous.org/product/yescard-infinity/
https://bonplanssous.org/de/
https://bonplanssous.org/de/%C3%BCber-uns/
https://bonplanssous.org/de/Jakarten/
https://bonplanssous.org/de/Kontaktieren-Sie-uns/
https://bonplanssous.org/de/PRODUKTE/Yescard-Silber/
https://bonplanssous.org/de/PRODUKTE/Yescard-Bronze/
https://bonplanssous.org/de/PRODUKTE/Yescard-Gold/
https://bonplanssous.org/de/PRODUKTE/Yescard-Schwarz/
https://bonplanssous.org/de/PRODUKTE/gelbe-Yescard/
https://bonplanssous.org/de/PRODUKTE/Yescard-rot/
https://bonplanssous.org/de/PRODUKTE/Yescard-Infinity/
https://bonplanssous.org/it/
https://bonplanssous.org/it/su-di-noi/
https://bonplanssous.org/it/contattaci/
https://bonplanssous.org/it/carte-s%C3%AC/
https://bonplanssous.org/it/PRODOTTI/yescard-bronze/
https://bonplanssous.org/it/PRODOTTI/yescard-silver/
https://bonplanssous.org/it/PRODOTTI/yescard-gold/
https://bonplanssous.org/it/PRODOTTI/yescard-black/
https://bonplanssous.org/it/PRODOTTI/yescard-yellow/
https://bonplanssous.org/it/PRODOTTI/yescard-red/
https://bonplanssous.org/it/PRODOTTI/yescard-infinity/
https://bonplanssous.org/en/
https://bonplanssous.org/en/about-us/
https://bonplanssous.org/en/contact-us/
https://bonplanssous.org/en/yescards/
https://bonplanssous.org/en/product/Yescard-bronze/
https://bonplanssous.org/en/product/yescard-silver/
https://bonplanssous.org/en/product/yescard-gold/
https://bonplanssous.org/en/product/yescard-black/
https://bonplanssous.org/en/product/yellow-yescard/
https://bonplanssous.org/en/product/yescard-red/
https://bonplanssous.org/en/product/Yescard-Infinity/