Des chiffres du ministère montrent que pour les 328 plus grandes villes de Chine, la qualité de l'air s'est détériorée durant les six premiers mois de l'année.
Dans la région de Pékin-Tanjin-Hebei, qui englobe la capitale chinoise et ses environs, la qualité de l'air s'est aggravée dans 13 villes en août d'une année sur l'autre. Le gouvernement a reconnu éprouver "de grandes difficultés".
Pékin a-t-il visé trop haut ? La Chine devrait éprouver des difficultés cette année à atteindre ses objectifs en matière de lutte contre la pollution, a admis le ministre chargé de la protection de l'environnement. La Chine s'est engagée à réduire de plus de 15% la concentration moyenne de particules fines dans l'atmosphère au cours de l'hiver prochain dans 28 villes du nord du pays.
"Nous éprouvons de grandes difficultés à atteindre les objectifs annuels de qualité de l'air", a déclaré le ministre, Li Ganjie, lors d'une tournée effectuée cette semaine dans les provinces du Hebei, de Shanxi, Shandong et Henan.
Dans la région de Pékin-Tanjin-Hebei, qui englobe la capitale chinoise et ses environs, la qualité de l'air s'est aggravée dans 13 villes en août d'une année sur l'autre et la concentration de particules fines a augmenté de 5,4%.
Des chiffres du ministère montrent que pour les 328 plus grandes villes de Chine, la qualité de l'air s'est détériorée durant les six premiers mois de l'année.
La Chine en est à sa quatrième année de "guerre contre la pollution", pour en finir avec les dégâts occasionnés par des décennies de croissance économique sans entraves, source d'une importante pollution
Wells are a crucial source of water for rural communities in the southern Mexican state of Chiapas. But Coca-Cola is reportedly sucking them dry to produce its drinks.
By draining more than a million litres a day from the water table just outside the state’s colonial capital of San Cristóbal de las Casas, the soft drinks giant is creating a health and environmental disaster.
More than a million litres every day
FEMSA is Coca-Cola’s bottling partner in Mexico. It has a production plant on Huitepec, a mountain overlooking San Cristóbal. Huitepec is a source of water for the city and surrounding settlements.
On 13 September, independent news site Truthout published an article saying the plant used more than 1.08 million litres of water every day in 2016. As a result, wells have “started drying up“.
Juan Urbano, former president of the Communal Territory of San Felipe Ecatepec (which is three miles from San Cristóbal), toldTruthout:
People sometimes walk two hours a day to get water. Others have to buy their water.
Corporate monopoly of water
Chiapas is Mexico’s most water-rich state. It produces 30% of the entire country’s needs. Despite this, a third of rural communities lack running water, and taps are not considered safe to drink from. Today, for example, salmonella carried in wells and taps has become an “endemic problem” in San Cristóbal.
But FEMSA (i.e. Coca-Cola) doesn’t struggle. When the company’s permit came up for renewal in 2005, the National Water Commission approved the use of a second well. The permit also allowed the soft drinks company to extract nearly 500 million litres of water annually.
It reportedly takes three litres of water to produce one litre of Coca-Cola. And one 2012 documentary, Coca-Cola: The Secret Forumla, reveals that 750,000 litres (the daily total then used by the plant) would be enough to provide drinking water for 10,000 people every day.
Deep wells allow FEMSA to do this. While community wells measure about 25 metres, the plant’s reach 130 metres down. Most communities don’t have the money or resources to compete with this. Urbano toldTruthout:
We have been asking the government to install a deep well in the community for 12 years. We’ve gone to the municipal, state and federal governments, but they’ve done nothing.
“Coca-Colization”
Lack of access to drinking water has led many people to drink bottled varieties, or even fizzy drinks like Coca-Cola. Mexico is the largest consumer of sugary drinks in the world. In 2016, the country was drinking163 litres per person each year.
For a long time, Coca-Cola was reportedly cheaper than bottled water. This led to major health crises including obesity and chronic disease, and saw the introduction of a ‘sugar tax’ in 2014.
Chiapas in particular has very high rates of consumption. Nationally, consumption of Coca-Cola products was 0.4 litres per person during 2013. In Chiapas, it was 2.25 litres; over five times more. This has led to the state being described as “the best example of what has become known as ‘Coca-Colization'” – or the soft drink invasion.
San Juan Chamula, a few miles from San Cristóbal, gives a clear example of how Coca-Cola has rooted itself into the local culture. Its church has incorporated Coca-Cola into its religious rituals; and indigenous farmworkers drink it while working. Traditional drinks like pozol and pox used to serve this purpose, but have largely been replaced by soft drinks.
Government failure and corporate gain
The 2014 sugar tax may have reduced the consumption of drinks like Coca-Cola slightly, but it actually helped to create a bigger market for bottled brands of water. In 2015, this sector was dominated by Danone’s Bonafont, which accounts for 47%; Coca-Cola’s Ciel, which represents 19.4%; and Pepsico’s Epura, making up 7.1%.
As a result, an average Mexican household now buys 1,500 litres of bottled water per year. Truthoutpoints this out as an integral failure of the Mexican government:
Article 115 of the Mexican Constitution requires all municipal governments to provide potable water, suitable for drinking and bathing, along with drainage, sewage and wastewater treatment systems. Despite the government’s responsibility, most Mexicans do not have safe drinking water in their homes.
Selling people what belongs to them
As the Huitepec-based Coca-Cola plant drains the mountain, water is then bottled and sold back to the locals.
In 2006, anti-poverty charity War on Want published the damning Coca-Cola: The Alternative Report. It said [pdf]:
Coca-Cola is positioning itself to take control of the water resources of the war-torn Mexican state of Chiapas, say local activists, who complain that the company has pressured local government officials into using preferential zoning laws to allow the privatisation of water resources.
And apparently, little has changed in the past decade. Corporate water use still takes precedence. In fact, a 2017 visit to Chiapas and wider Mexico saw UN Special Rapporteur Léo Heller criticise the government for not providing “reliable, safe and affordable” access to water.
Coca-Cola, meanwhile, has not just received criticism for its Mexican operations. The ‘Campaign to Stop Killer Coke’ has also documented abuses around the world. And unless customers demand change, the company will continue to suck more and more communities dry in its never-ending search for profit.
Get Involved!
– Boycott Coca-Cola (and similar companies), or take other action if you are unhappy with the company’s behaviour.
SCANDALE - Le ministère de l'Agriculture a annoncé ce vendredi qu'un deuxième insecticide, dont l'utilisation est interdite dans les élevages avicoles, avait été utilisé dans plusieurs élevages de poules pondeuses en France. Le gouvernement néerlandais avait déjà indiqué mercredi que l'amitraze avait aussi été utilisé dans un élevage avicole aux Pays-Bas. LCI vous en dit plus sur la nature de ce produit.
Après le fipronil, l’amitraze.
Ce vendredi, le ministère de l'Agriculture a annoncé que certains élevages français de poules pondeuse avait utilisé de l'amitraze. Un insecticide d'une toxicité "faible à modérée", selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), formellement interdit dans ce type d'exploitation par la législation française et européenne. Le gouvernement assure dès à présent rechercher des résidus de ce produit dans les œufs. Parallèlement, l’Anses a été chargée "d'évaluer le risque sanitaire éventuel que présenterait la présence de tels résidus dans les œufs".
Depuis 2008, l’utilisation en tant que biocide ou agent phytopharmaceutique de l’amitraze est interdite en France, comme en Europe. Contactée par LCI, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), cite cependant quelques exceptions. S'il est totalement exclu des élevages de volatiles, il est autorisé en application directe, sur la peau de l'animal, dans les élevages de bétail. Les ruches peuvent elles aussi être traîtées à l'amitraze, réparti sur des bandelettes, pour protéger les abeilles contre le varroa, un acarien "vampire". "Quelques colliers antiparasites pour chiens comportent de l’amitraze dans leur composition", ajoute l'Anses. Dans tous les cas, la vaporisation du produit est interdite.
Un méthanier de 300 mètres de long vient de franchir sans escorte et sans encombre le passage du Nord-Est dans l'océan Arctique, un raccourci maritime rendu accessible par le réchauffement climatique, a-t-on appris jeudi auprès du groupe Total qui affrète le navire.
Le "Christophe de Margerie", du nom de l'ancien Pdg de Total décédé dans un accident d'avion en 2014 en Russie, est parti fin juillet de l'usine de liquéfaction de gaz de Snøhvit en Norvège avec comme destination le port de Boryeong, en Corée du Sud.
"Il s'agit du premier navire commercial à emprunter seul cette route du nord qui permet de rejoindre en 15 jours l'Asie par le détroit de Béring", a indiqué le groupe français, à propos du méthanier brise-glace.
Cette route, qui longe les côtes septentrionales de la Sibérie, permet aux navires de gagner 15 jours par rapport à la voie classique qui passe par le canal de Suez, a précisé le groupe. Cette voie maritime reste impraticable une bonne partie de l'année, mais le récent réchauffement climatique et la débâcle de la banquise l'a rendue plus accessible. Jusqu'à présent les navires étaient escortés de brise-glaces.
>Infographie : 15 jours de gagnés avec le passage Arctique Nord-Est (en rouge)
La Russie mise beaucoup sur ce passage pour son trafic maritime
Le méthanier est opéré par le groupe public russe de transport maritime Sovcomflot pour le compte de Total ainsi que de trois autres compagnies : le numéro deux russe du gaz Novatek, le chinois CNPC et le fond contrôlé par l'Etat chinois Silk Road Fund.
Il transportera le gaz naturel liquéfié (GNL) produit sur la péninsule russe de Yamal (où doit voir le jour une gigantesque usine de GNL) vers l'Europe toute l'année et vers l'Asie, sans escorte de brise-glace, entre mai et novembre, assure Total.
Quinze autres méthaniers de ce type vont progressivement entrer en opération entre Yamal, l'Europe et l'Asie, précise le groupe. L'usine de Yamal doit produire quelque 16,5 millions de tonnes de GNL à partir de 2019, dans une région située au-delà du cercle polaire.
Hommage appuyé à Christophe de Margerie
La Russie mise beaucoup sur le développement du trafic maritime par le passage du Nord-Est, qui à la différence de la voie maritime slalomant à travers le nord désertique du Canada, est ponctué de ports et de bases militaires pouvant secourir les navires en détresse.
L'inauguration du méthanier, en juin dernier, était pour Vladimir Poutine l'occasion de faire un éloge appuyé du patron de Total décédé en Russie en 2014 :
« Ce navire moderne portera le nom de l'homme d'affaires français qui était un très grand ami de notre pays, 'Christophe de Margerie'. Cet homme possédait une vision stratégique particulière. Il a beaucoup fait pour renforcer les relations d'amitié et de partenariat avec la Russie, il a contribué à la matérialisation d'une série d'importants projets communs dans le secteur énergétique. L'appellation du navire en son honneur est un symbole de notre attitude sincère et bienveillante envers cette personnalité éminente, un hommage à sa mémoire. »
Pour diminuer le taux de CO2 dans l'atmosphère, il est bien sûr possible d'en limiter les émissions. Nous pouvons aussi envisager sa séquestration. D'autant que, dans les océans, celle-ci a lieu naturellement. Des chercheurs américains viennent d'ailleurs de mettre en lumière l'un des mécanismes chimiques à la base de ce processus.
Des chercheurs du Caltech et de l'université de Californie (États-Unis) ont réussi à percer l'un des mystères de la séquestration naturelle du CO2 par les océans. Ce faisant, ils ont également trouvé une solution permettant d'accélérer ce processus de plusieurs ordres de grandeur, en enrichissant le milieu d'une simple enzyme.
Rappelons que l'océan constitue le plus important réservoir de CO2 de la planète. En réaction à l'augmentation des taux de CO2 dans l’atmosphère, ses surfaces ont en effet absorbé de plus en plus de ce gaz à effet de serre. Aujourd'hui, il contient quelque 50 fois plus de dioxyde de carboneque notre atmosphère.
La capture de CO2 par l'océan rend les eaux de surface plus acides. Or, lorsque celles-ci sont entraînées par le fond, elles réagissent avec des coquilles en carbonate de calcium mortes et neutralisent ainsi le dioxyde de carbone excédentaire. Malheureusement, il est difficile d'envisager de copier ce processus naturel pour lutter contre le réchauffement climatique, car il se déroule sur des dizaines de milliers d'années. Et, pendant ce temps, l'acidification des eaux nuit à la biodiversité des océans.
Pour comprendre le pourquoi d'une telle lenteur, les chercheurs américains ont étudié le procédé par le détail. Ils ont découvert que la réaction qui, à partir de CO2 et d'eau, produit de l'acide carbonique freine le processus. Et, en ajoutant au milieu une enzyme, l'anhydrase carbonique, ils ont observé que la réaction se produisait quelque 500 fois plus rapidement. De quoi envisager de mimer le procédé naturel au profit d'un système sûr de séquestration du CO2.
POUR EN SAVOIR PLUS
Séquestration du CO2 : les doutes du MIT
Article de Laurent Sacco paru le 02/02/2015
L'activité humaine engendre l'émission de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Pour éviter de relâcher ce gaz et limiter ainsi l'effet de serre, des projets de séquestration géologique sont actuellement en cours dans plusieurs pays. C'est notamment le cas aux États-Unis où une équipe vient de réussir à stocker un million de tonnes de CO2 dans un aquifère salin. Mais une étude de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) laisse planer un doute sur la sécurité de ce type de stockage.
Certains pensent que la technologie est elle-même la solution aux problèmes qu'elle engendre. Pour lutter contre le réchauffement climatique, Freeman Dyson mise par exemple sur le génie génétique. Il a en effet émis l'hypothèse que la création de nouvelles variétés de plantes particulièrement gourmandes en gaz carbonique et cultivées à grande échelle pourraient bien permettre de faire diminuer au cours de ce siècle la quantité de CO2 imprudemment injectée par l'humanité dans l'atmosphère de la Terre.
D'autres ont quant à eux proposé de capter ce puissant gaz à effet de serre à la sortie des usines, par exemple avec du buckminsterfullerène, pour le séquestrer géologiquement dans le sol. Plusieurs millions de tonnes de CO2 sont en effet annuellement rejetées dans l'atmosphère par une centrale thermique à charbon de taille moyenne.
Afin de démontrer la faisabilité de la séquestration géologique, les États-Unis ont lancé une centaine de projets. L'un d'entre eux est celui de l'Illinois Basin – Decatur Project (IBDP). Parmi les plus importants, il se proposait d'injecter sur une période de trois ans un million de tonnes de dioxyde de carbone dans l'aquifère salin du mont Simon, situé à 2.135 mètres de profondeur, dans l'Illinois.
Ce projet a été récemment présenté comme un succès. Il a consisté, comme prévu, à récupérer le gaz riche en CO2 résultant de la production d'éthanol, à le déshydrater et à le compresser pour le conduire finalement dans une strate de grès poreux (voir la vidéo ci-dessous) recouverte et scellée naturellement par une couche de schiste imperméable.
La géologie du bassin local étant étudiée et bien connue depuis un siècle, et le projet ayant fait l'objet d'une étude préalable pendant plus de 10 ans, il avait été conclu que les risques de fuites de gaz carbonique était négligeable. L'opération de séquestration géologique avait toutefois été surveillée de près grâce aux techniques de la géophysique. Pas question de voir se reproduire un jour une catastrophe humanitaire comme celle survenue au lac Nyos (Cameroun) en 1986.
Des carbonates solides qui isolent la saumure du CO2
Ce succès indéniable semble de bon augure pour le futur. Selon les estimations, 90 % des rejets de CO2 issus de centrales thermiques pourraient ainsi être piégés. Deux chercheurs du MITviennent pourtant de laisser planer un doute sur la permanence du stockage dans les aquifères salins profonds. Comme Yossi Cohen et Daniel Rothman l'expliquent dans un article publié par Proceedings of the Royal Society A, il ne s'agit pour le moment que de simulations numériquesbasées sur des investigations en physique et chimie théoriques. Il faudrait des expériences pour confirmer le bien fondé des conclusions des deux géophysiciens.
Mais selon leur modèle, le gaz carbonique entrant en réaction avec la saumure d'un aquifère, bien que conduisant, comme les scientifiques le pensaient, à la formation de carbonates qui précipitent, serait loin d'être stocké entièrement sous une forme solide, une condition indispensable pour vraiment s'assurer qu'il restera dans le sol pendant longtemps. En effet, les calculs indiquent que la formation de précipités solides au contact de la saumure isole rapidement celle-ci du gaz carbonique et laisse donc une grande partie du CO2 sous sa forme gazeuse ou liquide.
En tout état de cause, les aquifères salins ne sont pas les seuls lieux de stockage possibles du dioxyde de carbone industriel. Certains chercheurs ont ainsi proposé d'avoir recours au basalte des planchers océaniques ou de certaines régions continentales.
Une étude publiée dans la revue Nature Climate Change tire la sonnette d’alarme. À la fin du siècle, près des trois quarts de l’humanité pourrait vivre dans des conditions climatiques mortelles. En cause, le réchauffement climatique, les épisodes caniculaires, l’urbanisation et la démographie galopante.
UN SEUIL CRITIQUE DE CHALEUR MIS EN ÉVIDENCE
Les épisodes de chaleur intense provoquent des augmentations sensibles du nombre de décès. On s’en souvient, la canicule de l’été 2003 en France avait ainsi causé la mort de 15 000 personnes supplémentaires. Avec le changement climatique, ces aléas météorologiques sont appelés à se démultiplier. À partir de quel seuil ces phénomènes deviennent-ils mortels?
Les chercheurs l’ont défini en recoupant des données recensées lors de centaines de vagues de chaleur depuis les années 1980, comme le taux d’humidité, le vent, la température, l’ensoleillement, etc. D’après leurs calculs, 30 % de l’humanité est aujourd’hui concernée. Un chiffre qui pourrait grimper à 74 % à la fin du siècle.
Cette prévision s’appuie sur les rapports du GIEC. Ce groupe d’expertsélabore différents scénarios, optimistes ou pessimistes, pour évaluer les effets futur du changement climatique. Or, même dans le cas, de moins en moins probable, d’une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, 48 % de l’humanité serait exposée à des températures potentiellement mortelles. Ce qui fait dire à Camilo Mora, l’un des auteurs de l’étude qu’il « ne nous reste plus qu’à choisir entre le mauvais et le terrible ».
prédiction de l’évolution des températures d’ici 2100
LES ÉVOLUTIONS DÉMOGRAPHIQUES AGGRAVENT LES DANGERS
Comme toujours, le changement climatique est inégalement néfaste : les zones tempérées sont moins exposées que les tropiques. Mais cette donnée géographique recoupe un clivage économique entre pays du Nord et du Sud. Ce sont justement dans les pays les plus pauvres que ce phénomène de chaleur mortelle sera le plus courant : Afrique subsaharienne, péninsule indienne, Asie du Sud-Est, Amérique Centrale… Ainsi expliquent les chercheurs, le seuil critique ne sera dépassé qu’une semaine chaque été en France métropolitaine, mais chaque jour en Guyane !
En outre, les pays en développement sont confrontés à des défis démographiques majeurs. D’après les prévisions de l’ONU, la population comptera 11,2 milliards d’individus en 2100. Mais cette augmentation serait intégralement le fait de quelques régions justement exposées au changement climatique : par exemple, la population africaine pourrait quadrupler, passant de 1 à 4 milliards d’habitants. La transition démographique s’accompagne de modifications structurelles comme le vieillissement de la population et l’urbanisation.
On aurait donc une part de seniors passant de 9 % aujourd’hui à près de 20 % dans les pays en développement. Cette population particulièrement vulnérable se retrouverait enfin concentrée dans les grandes villes, subissant de plein fouet une qualité de l’air moins bonne, et des phénomènes d’îlots de chaleur.
Croissance démographique par pays sur la période 2010-2100
DES MESURES URGENTES POUR PRÉVENIR LA CATASTROPHE
Il ne tient qu’à nous d’éviter le désastre. D’abord en atteignant les objectifs définis lors du protocole de Kyoto et plus récemment l’Accord de Paris. On l’a vu, une augmentation de la température de seulement 1 °C et non 3 °C ou 4 °C comme on peut le craindre, permettrait d’éviter ces chaleurs mortelles à des milliards d’êtres humains. Ce que seule une coopération entre États peut permettre. Le second point est bien évidemment la prise en compte des futurs réfugiés climatiques. Des centaines de millions de personnes pourraient être contraintes de migrer vers les pays du Nord dans le siècle à venir.
À l’échelle locale, des initiatives peuvent aussi sauver des vies. La France est ainsi bien mieux préparée aujourd’hui qu’il y a 14 ans aux phénomènes caniculaires. Le lien social doit être renoué pour éviter les décès de personnes âgées isolées. Les villes peuvent aussi développer une architecture plus écologique (parcs, cours d’eau, arbres…) pour limiter les pics de chaleurs. Enfin, plaident les chercheurs, il est temps d’accorder l’attention qu’elles méritent aux régions les plus peuplées et les plus vulnérables. Aujourd’hui, regrette Ian Caldwell (co-auteur des travaux), » c’est le réchauffement des pôles qui demeurent le changement climatique le plus emblématique « . Un symbole qui ne doit pas nous empêcher de répondre au défi des tropiques.
La ville du futur imaginée par les architectes Arup et John Robertson
Polytechnicienne, diplômée de l’université de Californie, la nouvelle recrue a longuement travaillé au ministère de l’environnement, avant de rejoindre le WWF.
Une seule et même personne va suivre les dossiers de l’environnement, à l’Elysée et à Matignon. L’ancienne cadre du WWF Diane Simiu devrait devenir la conseillère « environnement » du président de la République et celle du premier ministre, une formule inédite. La conclusion de neuf mois d’engagement intense dans l’équipe d’Emmanuel Macron.
A l’été 2016, la jeune femme est contactée par Julien Marchal – un proche conseiller d’Emmanuel Macron qui l’avait suivi de l’Elysée à Bercy, puis dans l’équipe d’En marche ! – dès le début de la campagne, pour rejoindre l’équipe du futur chef de l’Etat. Diane Simiu et Julien Marchal s’étaient croisés à la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC).
Cette Polytechnicienne, diplômée de Berkeley, l’université de Californie en génie de l’environnement (2004), a une longue expérience dans les domaines de l’énergie et du climat. En 2007, elle rejoint le cabinet ICF international à Londres pour le conseiller notamment sur l’expertise du marché carbone. Puis, en 2009, elle rejoint la DGEC, sous la houlette du ministère de l’écologie, comme chargée de mission sur les systèmes de quotas carbone. Deux ans plus tard, elle prend la tête du bureau des marchés carbone et contribue à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques énergie climat au niveau européen et international, participant aux négociations internationales.
Vient ensuite le temps d’un engagement plus militant. Au printemps 2014, Diane Simiu quitte le ministère et rejoint le WWF France, qui renforce ses équipes en vue de la préparation de la COP21, la conférence sur le climat qui doit se tenir à Paris fin novembre 2015. Celle qui est toute jeune maman prend alors en charge les équipes du département de la « biodiversité et de l’empreinte écologique » et dirige les « programmes de conservation » du WWF France.
Marcheuse de la première heure
Rompue à quasiment toutes les problématiques des politiques environnementales, du carbone à la biodiversité, elle rejoint les marcheurs d’Emmanuel Macron dès le printemps 2016. Mais, insiste-t-elle, il s’agit d’un engagement personnel et non d’une mission de l’ONG en terre macronienne. Puis elle intègre l’équipe de campagne où elle prend la direction du groupe de travail sur l’environnement.
C’est là que s’écrivent les bases du programme. « J’avais quelques réserves, mais dès les premiers arbitrages sur le programme, j’ai vu que cela prenait une bonne tournure sur les questions environnementales. Par exemple, il n’était pas question de détricoter la loi de transition énergétique, et les positions du candidat sur les OGM, le gaz de schiste, la santé environnementale étaient fortes », a-t-elle confié au Monde.
Depuis, l’arrivée d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat lui offre de nouvelles perspectives. Elle agira sur deux leviers de l’exécutif, l’Elysée et Matignon. Elle assurera aussi le lien avec le nouveau ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, croisé dans les sphères militantes et les grandes conférences internationales sur le climat. Le jour même de la nomination de l’écologiste au gouvernement, le 17 mai, la discrète Diane Simiu s’exprimait sur son compte Twitter : « Nicolas Hulot n° 2 gouvernement ! Excellente nouvelle pour la transition, l’écologie, la solidarité et le futur ! Très émue ! »
58,2 % des électeurs ont approuvé, dimanche, une nouvelle loi sur l’énergie qui vise à remplacer progressivement le nucléaire par des énergies renouvelables.
Les Suisses ont approuvé, dimanche 21 mai à l’occasion d’un référendum, une nouvelle loi sur l’énergie qui vise à remplacer le nucléaire par des énergies renouvelables, selon les résultats définitifs de la chancellerie fédérale. Le texte a été approuvé lors de cette votation par 58,2 % des électeurs.
La participation s’est, quant à elle, élevée à 42,3 %, un chiffre dans la moyenne des deux dernières années dans un pays où les électeurs sont appelés à voter trois à quatre fois par an sur une multitude de sujets.
« Pour tous les écologistes, qu’ils soient politisés ou non, c’est un jour historique dans le pays », a déclaré la députée des Verts Adèle Thorens Goumaz à la télévision suisse publique RTS. « La Suisse va entrer dans le XXIe siècle énergétique, ce sera un signal fort », a-t-elle ajouté. Seul le premier parti de Suisse, le parti populiste de l’UDC (Union démocratique du centre), combattait la nouvelle loi.
Cette loi vise à promouvoir les énergies renouvelables comme l’hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse dans un pays qui compte cinq réacteurs nucléaires produisant environ un tiers de l’électricité nationale.
Le dernier sondage publié le 10 mai par l’institut gfs.bern et réalisé auprès de 1 410 personnes, montrait que 56 % des Suisses étaient favorables à la nouvelle loi tandis que 37 % s’y opposaient, alors que 7 % des sondés étaient indécis. Mais l’écart s’était réduit, car à la fin mars 61 % des sondés se disaient encore pour le projet du gouvernement et 30 % contre.
Interdire la construction de nouvelles centrales nucléaires
Le projet de révision de la loi sur l’énergie est le résultat d’un long processus lancé suite à l’accident nucléaire de Fukushima, provoqué par un gigantesque tsunami, en mars 2011 au Japon. Quelques semaines après la catastrophe japonaise, la Suisse avait décidé de sortir du nucléaire vers 2034, tout en précisant que cette date restait théorique. Les autorités avaient ajouté que les centrales devraient vraisemblablement être débranchées après environ cinquante, voire soixante, années d’exploitation.
Depuis cette décision, le gouvernement suisse – qui fonctionne sur le principe du consensus et est formé de sept ministres représentant les quatre grands partis – a travaillé à l’élaboration de la stratégie énergétique, dont la mise en œuvre est prévue par étapes d’ici à 2050.
Le premier volet de cette stratégie, sur lequel les Suisses se prononçaient dimanche, vise notamment à réduire la consommation d’énergie. Elle fixe des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année : à savoir, par rapport au niveau de l’an 2000, une réduction de 16 % d’ici à 2020 et de 43 % d’ici à 2035.
Ce projet de loi interdit également la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie. La part de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité indigène s’élève aujourd’hui à 39 % en moyenne annuelle sur dix ans, avec des pointes pouvant atteindre 45 % en hiver, selon l’Office fédéral de l’énergie.
Débat sur le coût de la transition
Le Parlement soutient la nouvelle loi, mais le premier parti suisse, l’UDC, parti populiste anti-européen et anti-immigration, a demandé un référendum, estimant que l’application du texte entraînerait des coûts élevés, menacerait l’approvisionnement énergétique et défigurerait le paysage avec la multiplication des éoliennes et des panneaux solaires.
Pour l’UDC, la transformation de l’ensemble du système énergétique coûterait quelque 200 milliards de francs suisses (183 milliards d’euros) jusqu’en 2050. Pour un ménage de quatre personnes, cela représente 3 200 francs suisses (2 900 euros) par an de frais et d’impôts, répète le parti populiste. « Payer 3 200 francs de plus… pour une douche froide ? », ironise l’UDC sur ses affiches électorales.
Le gouvernement conteste ce calcul et estime qu’un ménage de quatre personnes ayant une consommation électrique moyenne devra payer 40 francs suisses (36,5 euros) par an de plus qu’aujourd’hui. Il souligne par ailleurs que ce surcoût pourra être compensé par une meilleure efficacité énergétique, avec par exemple une réduction des frais de chauffage.
A la fin de 2016, les électeurs suisses avaient rejeté une initiative populaire des Verts, soutenue par la gauche, qui prévoyait de limiter à quarante-cinq ans la durée de vie d’un réacteur.
Face à la menace nationale-populiste, des figures de l'écologie et du féminisme appellent à voter Emmanuel Macron pour ne pas ruiner des dizaines d'années de lutte dans ces domaines.
Ecologie : non au retour en arrière avec Marine Le Pen
Nous sommes des femmes engagées, certaines depuis des décennies, au service de l’environnement, de la justice et du bien-être des humains. Nous venons d’horizons différents mais nous partageons toutes les mêmes convictions humanistes, et surtout, l’authenticité, la constance et l’effectivité de notre engagement est indéniable.
Pour nous, le vote en faveur d’Emmanuel Macron est le seul possible lors de ce second tour, pour conserver un cadre républicain et démocratique face à la menace nationale-populiste portée par la candidate d’un parti foncièrement xénophobe, raciste et antisémite. Ne tombons pas dans le relativisme. Ne banalisons pas le vote FN. Et ne nous laissons pas berner par Marine Le Pen, qui lors d’un déplacement à Gardanne [dans cette commune des Bouches-du-Rhône, l’entreprise Altéo rejette des boues rouges polluantes dans la mer, ndlr], s’est soudainement découvert une fibre écologique…
Cet appel ne constitue évidemment pas un blanc-seing donné à Emmanuel Macron, dont le programme sur le plan écologique notamment dispose de marges de progression considérables. Mais, engagées dans la société civile et dans les actions de terrain, nous sommes en capacité d’apprécier les risques majeurs que ferait courir à notre pays le Front national.
De l’importance de l’Europe
Les questions environnementales sont par définition a minima transfrontières et le plus souvent planétaires. Dans ces conditions, nous sortir de l’Europe alors que c’est grâce à elle que notre pays a pu progresser dans la prise en compte des risques, la protection de la nature et la biodiversité, la santé environnementale et la prise en compte du bien-être animal, c’est nous condamner à la régression inévitable, la cour de justice n’exerçant plus alors aucun contrôle sur la législation souvent défaillante.
Dans le programme de Marine Le Pen, la question énergétique se borne à un renforcement du nucléaire et à l’abandon de la filière éolienne. La question climatique est très secondaire, ce qui n’est guère étonnant de la part d’un parti qui flirte avec le climato-scepticisme ; cela signifie que toute la dynamique locale autour des énergies renouvelables, tous les efforts pour développer la sobriété et l’efficacité énergétique (dont les termes ne figurent même pas dans le programme) seront anéantis. Des milliers d’emplois seront perdus, sans compter bien entendu les centaines de milliers qui ne seront pas créés.
La question de la santé environnementale est totalement absente : bienvenue au maintien du diesel, aux pesticides et perturbateurs endocriniens, et plus généralement à la chimie dérégulée, c’est-à-dire à la multiplication du nombre de cancers, de maladies de la dégénérescence et plus généralement de toutes les pathologies liées au manque d’hygiène chimique. C’est sans doute pour la même raison que la question de l’agriculture n’est abordée que sous l’angle du patriotisme économique comme si les pesticides, parce qu’ils seraient français, n’auraient plus d’effets.
Le danger d’un Frexit
Le mot d’agriculture biologique est absent du programme, ce qui pourrait bien entendu mettre en péril le développement accéléré que l’agriculture biologique connaît actuellement dans notre pays. La biodiversité n’est pas un sujet ; seule apparaît la question du bien-être animal, certes importante mais qui sert principalement à contester la viande halal et à stigmatiser une population en particulier. Bref, sur le plan de l’écologie, c’est un retour en arrière de trente ou quarante ans, qui ne pourra que s’accélérer avec un Frexit nous condamnant sur le plan industriel, économique et financier.
Mais, au-delà, l’écologie s’inscrit dans une humanité qui fait de la coopération, de l’ouverture à l’autre, de la responsabilité à l’égard des générations qui viennent et à l’égard des autres peuples la pierre angulaire de son action. C’est exactement l’inverse de la philosophie du Front national, qui trouve sa source dans les nostalgiques de la collaboration et des ligues d’extrême droite de l’entre-deux-guerres, dont elle reste profondément imprégnée.
Il suffit de regarder le mode de fonctionnement des municipalités Front national pour comprendre que l’élection de Marine Le Pen signifie la disparition des moyens d’existence de l’immense majorité des associations de protection de l’environnement, et plus généralement du monde de la culture, la guerre ouverte contre la presse et donc la disparition de tout effort de transparence (voir à cet égard la guerre faite par la candidate à Hénin Beaumont à la Voix du Nord), les diatribes contre des boucs émissaires qui pourront être tour à tour ou simultanément les opposants, les musulmans, les juifs, les francs-maçons, les étrangers, etc.
Réduire et faire disparaître
Enfin, en tant que femmes, nous pensons que l’élection de Marine Le Pen serait un danger pour les femmes et leurs droits chèrement acquis. Dans les rangs du FN figurent des figures de proue de la lutte contre l’avortement. Ce parti est plus que frileux concernant la parité et l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Marine Le Pen a voté systématiquement au Parlement européen contre toutes les résolutions qui pouvaient faire avancer les droits des femmes en Europe : contre la résolution sur l’égalité des genres et l’émancipation des femmes à l’ère du numérique ; les facteurs externes faisant obstacle à l’entrepreneuriat féminin européen ; le renouvellement du plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes dans le cadre de la coopération au développement et les carrières scientifiques et universitaires des femmes et les plafonds de verre.
Le Front national n’est évidemment pas un parti comme les autres, et nous avons eu tort collectivement d’en accepter la banalisation. Le minimum que nous devons, nous écologistes sincères, c’est de nous mobiliser non seulement pour écarter Marine Le Pen de la présidence de la République mais, et de manière constante, pour réduire la part du Front national dans notre univers politique jusqu’à le faire disparaître. Cela signifie évidemment d’autres politiques dans lesquelles l’écologie, qui est une autre manière de parler de l’humanisme et du bien-être des humains, doit être centrale.
Corinne Lepage, ancienne ministre et eurodéputée, présidente d’honneur du Criigen; Michèle Rivasi, députée européenne; Marie Blandin, sénatrice du Nord; Delphine Batho, ancienne ministre et députée; Dominique Méda, sociologue; Marie-Monique Robin, journaliste et écrivaine; Irène Frain, écrivaine; Marie-Jeanne Husset, trésorière de WECF France; Bettina Laville, ancienne conseillère de François Mitterrand et de Lionel Jospin, directrice de la revue Vraiment durable;Véronique Moreira, Présidente de WECF France; Claire Nouvian, directrice de Bloom; Valérie Cabanes, juriste droits de l’Homme; Emile Gaillard, juriste; Marie-Laure Salles-Djelic, professeure à Sciences Po; Myriam Maestronni, coprésidente du Mouvement des entreprises de la nouvelle Economie; Dominique Guizien, secrétaire de WECF France; Marie-Jeanne Husset, trésorière de WECF France.
Le Rassemblement pour la Planète et 3 de ses associations membres (Ecologie sans frontière, Générations Futures et Robin des toits) ont fait réaliser un sondage par l’Ifop sur Les attentes des Français en matière environnementale pour le prochain quinquennat et la question des conflits d’intérêts. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, du 14 au 17 avril 2017.
Les résultats :
Pour les personnes interrogées la question des liens entre santé et environnement devrait être la priorité du prochain quinquennat en matière d’environnement (49%), viennent ensuite la transition énergétique (26%), la place de l’environnement dans les institutions (10%), la fiscalité écologique (9%) et la biodiversité (6%).
Pour 90% des personnes interrogées, la mise en place de règlementations visant à réduire les expositions des enfants, des femmes enceintes (et des populations de manière plus générale) à des pesticides ou des perturbateurs endocriniens doit faire partie des priorités d’action en matière de santé publique pour le prochain quinquennat.
Pour 86% des personnes interrogées la lutte contre les conflits d’intérêts doit être une priorité du prochain quinquennat. Elles perçoivent comme particulièrement grave les conflits d’intérêt en matière de finances et d’industrie.
En matière de moralisation de la vie publique et de lutte contre les conflits d’intérêts les personnes interrogées font d’abord confiance aux ONG et associations (67%), viennent ensuite les syndicats (14%) puis les politiques (10%) et les industriels (9%).
Pour François Veillerette, Directeur de Génération Futures « Ce sondage montre clairement les attentes fortes des français en matière de santé environnementale. Il y urgence à mettre en place aux cœur des politiques de santé publique des actions de réduction de l’exposition des personnes à la pollution de l’air et aux substances dangereuses, comme les pesticides ou les perturbateurs endocriniens ! »
Pour Nadir Saïfi Vice President d’Ecologie Sans Frontière « La moralisation de la vie publique et en particulier la lutte contre les conflits d’intérêts qui gangrène la vie économique, environnementale, sanitaire, culturelle et financière en France et dans les institutions Européennes doit être une priorité des candidats mais surtout du prochain Président de la République.«
Le 22 avril, c’est la journée mondiale de la Terre.
L’occasion de rappeler à chacun•e combien il est important de la préserver et de la protéger. L’occasion même, si ça se trouve, de provoquer une prise de conscience chez celles et ceux qui ne s’en rendent pas encore compte.
La journée mondiale de la Terre, une date historique
Pourquoi le 22 avril ? Cette date est celle d’un anniversaire : le 22 avril 1970, Gaylord Nelson un sénateur du Wisconsin, organisait une grande manifestation pour réclamer la prise en compte des problématiques environnementales dans les politiques fédérales américaines.
Un événement qui a abouti à plusieurs mesures notamment sur la qualité de l’air et de l’eau. Aujourd’hui, on continue à célébrer cette journée qui est aussi l’anniversaire de la signature des accords de Paris suite à la COP21.
À Paris, les animaux chinois à l’honneur pour la Journée de la Terre
À l’occasion de la Journée de la Terre, Disneynature organise à Paris une avant-première de son film Nés en Chine, prévu pour le 27 septembre 2017. Et madmoiZelle est partenaire de cette séance ! Si tu es dans le coin, tu peux encore te procurer une place.
Nés en Chine propose un joli défilé des animaux évoluant sur le sol chinois, et fait un focus sur trois familles d’espèces différentes : les pandas, les singes dorés et les panthères des neiges. Des animaux aussi passionnants et craquants les uns que les autres.
La projection sera suivie d’une discussion avec Emmanuelle
La NASA vous offre la Terre… pour mieux la protéger
Pas le temps de sortir de chez toi samedi ? Sur Internet aussi, il se passe des trucs !
La NASA organise une opération baptisée Adopt the planet. En entrant ton nom, tu peux adopter virtuellement (donc c’est pour de faux hein, je précise) un tout petit bout de la Terre.
Moi par exemple, je suis maman de quelque mètres cube d’eau au Sud Ouest de l’Amérique du Sud. Top non ?
Bonne Journée de la Terre et rappelons-nous qu’on a qu’une planète, il faut en prendre soin !
Les conclusions du Tribunal international Monsanto sont sans appel. La compagnie américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles a été reconnue coupable de pratiques portant atteinte à de nombreux droits humains.
Elle était accusée de crimes contre l’humanité et d’écocide, se voyant notamment reprocher la commercialisation de produits toxiques ayant causé la mort de milliers de personnes, comme les polychlorobiphényles (PCB), le glyphosate – utilisé dans des herbicides comme le Roundup commercialisé par la multinationale –, ou encore l’acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique, constituant l’« agent orange », un herbicide pulvérisé par avion par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam.
Rendu public à La Haye, aux Pays-Bas, mardi 18 avril, après six mois de travail, cet avis « consultatif » du tribunal, sous la présidence de Françoise Tulkens, ex-juge à la Cour européenne des droits de l’homme, n’a pas valeur de condamnation au sens juridique du terme ; il n’est pas « juridiquement contraignant », ainsi que le précise le document. « Il ne fait par conséquent mention d’aucun “plaignant”, aucun “procureur” ni aucun “prévenu” au sens juridique de ces termes. »
Le Tribunal Monsanto est un procès citoyen, sans reconnaissance officielle, dont le but est d’alerter l’opinion et de faire avancer le droit. Durant deux jours du 16 au 18 octobre 2016 à La Haye, cinq magistrats professionnels (venant d’Argentine, de Belgique, du Canada, du Mexique et du Sénégal) avaient auditionné une trentaine de témoins, d’experts, de victimes, d’avocats. Monsanto avait refusé de « comparaître ». Six questions étaient posées au « tribunal ».
L’avis consultatif des juges ne laisse place à aucun doute quant aux agissements de Monsanto. Aux quatre premières questions relatives au respect du droit à un environnement sain, à l’alimentation, au droit à la santé et à la « liberté indispensable à la recherche scientifique », le tribunal estime que la multinationale contrevient aux réglementations et au respect des droits fondamentaux.
« Monsanto se livre à des pratiques qui ont de graves répercussions sur l’environnement », estiment les juges. Des activités qui affectent, selon eux, les droits des peuples autochtones et des communautés locales.
« Commercialisation agressive des semences OGM »
Les droits à l’alimentation et à la santé sont aussi bafoués. Le tribunal détaille en particulier « la commercialisation agressive de semences OGM » qui altère ces droits « en forçant des agriculteurs à adopter des modes de culture qui ne respectent pas les pratiques des cultures traditionnelles ». Les cinq juges dénoncent aussi les pratiques de Monsanto qui nuisent à la liberté de la recherche scientifique, ainsi qu’à « la liberté d’expression et au droit à l’accès à l’information ».
Sur les deux dernières questions qui lui étaient posées, le tribunal est moins affirmatif. S’agissant de la complicité de crimes de guerre, il dit ne « pas être en mesure de formuler une conclusion définitive ». Mais, reconnaissant la destruction de l’environnement ainsi que les dommages causés à la population vietnamienne, les juges avancent que l’hypothèse selon laquelle Monsanto « a donné les moyens de faire la guerre au Vietnam», «connaissait l’utilisation qui devait être faite du produit» et « disposait des informations relatives à ses effets préjudiciables sur la santé et l’environnement » ne peut être écartée.
Autant dire que la charge de ce tribunal est lourde. Il conclut d’ailleurs qu’une procédure par voie civile aurait dû être engagée et que, si le crime d’écocide venait à être inclus dans le statut de Rome de la Cour pénale internationale, « au titre d’une cinquième catégorie de crimes internationaux », les juges auraient pu se prononcer sur ces actes de destruction perpétrés au Vietnam.
Reconnaissance du crime d’écocide
C’est d’ailleurs l’ultime conclusion et réponse à la dernière question posée : le crime d’écocide doit être reconnu dans le droit pénal international. Il aurait alors permis de caractériser les activités de Monsanto, argumentent les juges.
Pour rappel, cette notion avait été évoquée, dès 1972, lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement, à Stockholm, dans son discours d’ouverture, par le premier ministre suédois en évoquant la guerre du Vietnam.
Depuis, le droit de l’environnement a progressé lentement dans les législations nationales. La nature s’est même vu accorder des droits comme en 2008 en Equateur lorsque le gouvernement a donné un statut juridique aux montagnes, aux rivières et aux terres.
Le Tribunal international Monsanto veut aller plus loin. Il estime « que le temps est venu de proposer la création d’un nouveau concept juridique pour le crime d’écocide et de l’intégrer dans une future version amendée du statut de Rome établissant la Cour pénale internationale ». Et les magistrats rappelent qu’en 2016 « la procureure de la Cour pénale internationale a annoncé qu’un point d’honneur particulier sera mis sur la poursuite en justice des auteurs de crimes (…) ayant pour objectif ou pour conséquence, entre autres, la destruction de l’environnement (…) ».
La firme Monsanto qui avait déjà, en octobre 2016, exprimé son opinion et ses réserves sur la tenue de ce tribunal citoyen, l’estimant juge et partie, ne reconnaît pas de valeur à ses conclusions.
« Cet événement a été orchestré par un groupe restreint d’opposants à Monsanto et aux technologies agricoles qui se sont érigés en organisateurs, juges et parties. Ce tribunal a nié l’existence des preuves scientifiques et des décisions de justice sur plusieurs sujets pour conclure à un verdict prédéterminé, confie Brian Carroll, porte-parole de Monsanto en Europe. Nous continuerons à travailler avec les organisations et instances réglementaires légitimes dans les différentes régions dans lesquelles nous sommes présents et réaffirmons notre engagement à trouver des solutions aux enjeux de la faim dans le monde, de la sécurité alimentaire, et au rôle des agriculteurs pour nourrir durablement une population mondiale en constante croissance. »
Si l’entreprise avait décliné l’invitation de la juge Françoise Tulkens de se rendre à La Haye en octobre 2016, l’avis du tribunal n’en a pour autant pas moins de valeur, estime la présidente. « C’est un jugement en droit, il n’y a pas eu de procès avec la confrontation de deux parties, mais nous avons établi nos conclusions sur la base de nombreux rapports et sur des témoignages qui n’ont pas été contredits, de faits qui n’ont pas été contestés. J’espère que cet avis fera évoluer la justice internationale », a expliqué Mme Tulkens au Monde.
« Redéfinir la hiérarchie des normes »
Selon elle, le document, d’une soixantaine de pages, devrait permettre d’asseoir le nouveau crime d’écocide et d’aider les Etats à mieux faire respecter les droits fondamentaux que sont l’alimentation, la santé, l’information, etc. « Les Etats signent des textes, en veux-tu-en-voilà, et ils ne sont pas appliqués ; nous aiderons peut-être à mieux faire comprendre leur portée », ajoute Françoise Tulkens.
Autre but avancé par Arnaud Apoteker, du comité d’organisation du Tribunal international Monsanto : « Cet avis doit inciter les victimes à utiliser les points juridiques pour poursuivre Monsanto devant les tribunaux nationaux. »
Parmi les changements importants que pourrait induire cet avis consultatif, qui devrait être transmis prochainement aux Nations unies, à la Cour pénale internationale, au Comité des droits de l’homme… et à la firme Monsanto, on trouve l’introduction de la responsabilité d’une entreprise dans un crime contre l’environnement. Jusqu’alors, seules les responsabilités individuelles des personnes physiques pouvaient être incriminées dans le statut de la Cour pénale internationale.
« Le droit des entreprises, des règles du commerce mondial, sont en train de primer sur les droits de l’homme et ceux de la nature. Il est temps de redéfinir la hiérarchie des normes », estime ainsi la juriste Valérie Cabanes, spécialisée dans le droit international humanitaire et les droits humains et auteur de Un nouveau droit pour la Terre (Editions du Seuil, 2016).
Au-delà de leurs différences, les écologistes Dany Cohn Bendit, Matthieu Orphelin, Corinne Lepage, François de Rugy, Arnaud Leroy et Jean-Paul Besset ont décidé d'assumer pleinement, dans une tribune à "l'Obs", leur soutien au candidat En Marche !
Le changement climatique conditionne tout ce qui a de l’importance à nos yeux : la solidarité entre les peuples et avec les générations futures, l’économie et l’emploi, la santé, l’égalité, l’éducation, la paix. A quelques jours du premier tour, force est de constater que ce sujet n’a pourtant pas souvent fait la Une dans les débats de l’élection présidentielle. Il serait trop simple d’en blâmer les journalistes alors que certains hommes et femmes politiques ont tout fait – parfois à leurs corps défendant – pour qu’on parle plus des polémiques que des vrais sujets.
Nous aurions aimé que l’écologie soit plus au cœur des débats, sur ce défi climatique comme sur les autres enjeux environnementaux tout aussi essentiels, en particulier la santé environnementale et la préservation de la biodiversité. Elle n’en a cependant pas été totalement absente : Mélenchon, Hamon et Macron ont même mené une sorte de compétition positive sur ce thème, révélant ainsi en creux les positions en recul portées par Fillon et Le Pen. L’extrême droite et la droite dure assument une certaine stagnation voire une régression écologique ; nous n’avons plus de temps à perdre avec de tels renoncements.
Le soutien d’écologiques, associatifs ou politiques, à Emmanuel Macron pose question à certain-nes. Nous les entendons mais assumons pleinement notre choix, au-delà de nos différences et des marges de progression qui existent.
Une croissance enfin sélective
C’est un soutien à la vision qu’il défend. Ardent défenseur de l’Europe, il rappelle que l’échelle européenne est la bonne pour réussir à répondre aux défis énergétiques et climatiques, et pour peser aujourd’hui face à Trump. Conscient de notre double dette, écologique et financière, il assume une autre croissance enfin sélective et s’en donne les moyens : près de la moitié du plan d’investissements sera consacrée à la transition énergétique et écologique, soit près de 25 milliards d’euros supplémentaires en cinq ans. Il sait que cette transition est une chance plus qu’une contrainte pour l’économie française, que c’est aussi la solution pour lutter efficacement pour les solidarités. Désireux de relancer le couple franco-allemand comme cœur de l’Europe, il sait que nos choix énergétiques devront se faire en cohérence avec ceux de l’Allemagne ce qui confirme donc la baisse indispensable de la part du nucléaire à 50 % en 2025.
C’est un soutien aux mesures qu’il propose. Partisan d’un nouveau modèle économique, il propose d’aller vers une économie 100% circulaire (grâce notamment à une aide aux PME s’engageant dans cette voie) et souhaite faire du secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique un grand secteur de croissance de l’économie française. De la même manière, la transformation du crédit d’impôt en prime pour les travaux de rénovation et l’éradication des logements passoires énergétiques traduisent une volonté très concrète d’agir contre la précarité énergétique qui touche 11 millions de français.
Il a décidé de faire de la prévention l’axe fort de la politique de santé, trop orientée pour l’instant vers le curatif ; la santé environnementale est un impératif qui apparaît comme tel dans le programme. Qu’il s’agisse de l’essor donné à l’agriculture biologique par le 50% bio et local dans la restauration collective publique et privée, de la remise à plat des méthodes d’évaluation aberrantes des perturbateurs endocriniens et phytosanitaires qui aboutissent à des contradictions incompréhensibles, les mesures concrètes sont très nombreuses dans programme qui marque une volonté de protéger en amont la santé. Il en va de même de la lutte contre les particules fines en particulier celles émises par le diesel (alignement sur la fiscalité de l’essence, prime de 1.000 euros pour un particulier qui veut changer son vieux véhicule diesel pour un véhicule propre, neuf ou d’occasion).
Enfin, sur la biodiversité, les engagements pris en particulier sur la biodiversité ultra marine, les mesures d’accompagnement pour le bien-être animal et la protection des ressources dans le domaine agricole (5 milliards) s’inscrivent dans une logique qui fait du patrimoine naturel une richesse à préserver. La non artificialisation des sols s’inscrit également dans la même logique.
Des engagements concrets
Alors bien sûr, il reste des thèmes sur lesquels Emmanuel Macron peut et va encore progresser, par exemple : la prise en compte systématique des externalités négatives en supprimant notamment toutes les subventions à la pollution ou encore une plus grande place pour les mobilités douces qui n’ont que des bénéfices. Mais comptez sur nous et sur notre vigilance pour l’y aider !
C’est un soutien à une nouvelle méthode. Emmanuel Macron souhaite une politique qui implique et mobilise les acteurs de terrain plutôt que les réformes décrétées et plaquées d'en haut. Il revendique le pragmatisme qui part d'une vision lucide de la réalité pour la transformer et améliorer la vie quotidienne de toutes et tous.
Écologistes, nous savons d'expérience que l'écologie a trop souffert en France de grands discours non suivis d'effets, de postures radicales qui ne trouvent aucune traduction concrète dans la réalité.
Bien loin des effets de manche de certains candidats en perpétuelle campagne médiatique, nous savons qu'il vaut mieux des engagements concrets avec un mode d'emploi pour la mise en œuvre. C'est ce que nous avons souvent fait dans les collectivités locales et les associations : c'est ainsi que nous avons pu améliorer les transports, le tri et le recyclage des déchets, reconquérir de la biodiversité y compris en ville, ou développer une production décentralisée d'énergies renouvelables citoyennes. C'est ce que fera demain Emmanuel Macron au niveau national.
Par Dany Cohn Bendit, Matthieu Orphelin, Corinne Lepage, François de Rugy, Arnaud Leroy, Jean-Paul Besset
Virgin boss says hurricanes are 'the start of things to come'
Richard Branson has criticised Donald Trump's views on climate change after several powerful hurricanes raked the Caribbean.
The Virgin boss made his remarks after his private Necker island in the British Virgin Islands was partially destroyed by Hurricane Irma.
In an interview on CNN, he was asked if he saw a correlation between climate change and the recent hurricanes.
"Look, you can never be 100 per cent sure about links" he replied, "but the scientists have said the storms are going to get more and more and more intense and more and more often."
Hurricane Irma devastates Sir Richard Branson'sNecker Island home
Referring to hurricanes Irma, Jose, Maria and Katia, he added: "We've had four storms within a month, all far greater than have ever, ever, ever happened in history.
"Sadly, I think this is the start of things to come."
He went on to say: "Look, climate change is real. Ninety-nine per cent of scientists know it's real.
"The whole world knows it's real except for maybe one person in the White House."
“The UK government will have a massive role to play in the recovery of its territories affected by Irma - both through short-term aid and long-term infrastructure spending,” he wrote.
“The region needs a ‘Disaster Recovery Marshall Plan’ for the BVI and other territories that will aid in recovery, sustainable reconstruction and long-term revitalisation of the local economy."
He added: “Our thoughts are with all the people and regions hit by Hurricane Irma, and all those in the US communities currently facing the storm.”
Le gel puis la sécheresse qui ont touché successivement les vignobles français en 2017 vont déboucher sur la plus petite récolte connue dans le pays depuis 1945, mais avec un millésime d’excellente qualité, indiquent les professionnels.
« La production de vin pourrait s’établir en 2017 à 37,2 millions d’hectolitres, soit un niveau inférieur de 18% à celui de 2016, et de 17% à celui de la moyenne des cinq dernières années », indique le service statistiques du ministère de l’Agriculture, Agreste, dans un communiqué.
Cette nouvelle chute de la production intervient après une année 2016 déjà marquée par des incidents climatiques et par une baisse à deux chiffres de la production, qui en avait fait une des plus faibles récoltes des 30 dernières années.
Mais la baisse pourrait bien être encore plus importante, à en croire Jérôme Despey, viticulteur et président du conseil spécialisé vin FranceAgriMer :
« Je crains que malheureusement nous soyons en dessous des 37 millions d’hectolitres. Les tests du ministère ont été réalisés début août, nous n’avions pas commencé la vendange, or c’est lorsqu’on vendange qu’on se rend compte de la réalité de la récolte ».
« Partout où l’on vendange, là où on pensait qu’il y avait un peu moins, il y a beaucoup moins », appuie-t-il, évoquant « la récolte la plus petite depuis 1945 ».
Jusqu’à présent, la plus petite récolte d’après-guerre était de 41 millions d’hectolitres, en 1991, a-t-il rappelé.
Gel sévère
En 2017, la baisse « serait principalement imputable au gel sévère de printemps qui a touché, à un stade sensible de la vigne, tous les bassins viticoles, à des degrés divers », indique le ministère.
Les bassins du Sud-Ouest (notamment dans le Bordelais), des Charentes, d’Alsace et du Jura ont été les plus affectés, précise-t-on de même source.
Si après le gel, les vignobles ont pu compenser partiellement les pertes de récolte dans certains bassins (Val de Loire essentiellement), « des pertes liées à la grêle en Bourgogne-Beaujolais, Sud-Ouest, Languedoc et Sud-Est ont également affecté la production », précise le communiqué.
Autre phénomène aggravant, « la sécheresse s’est accentuée dans les vignobles du Sud-Est, de la Corse, du Languedoc et du Beaujolais » et ce phénomène climatique, associé à une canicule et du vent, essentiellement dans la vallée du Rhône, « a conduit à réviser à la baisse l’estimation sur ces territoires ainsi que l’estimation nationale ».
En revanche, en Alsace, « le déficit hydrique a pu être compensé par des précipitations, ce qui a conduit à réviser à la hausse le niveau anticipé de production » par rapport à la dernière estimation de la mi-juillet.
Avantage de la sécheresse, « la pression des maladies est faible dans la plupart des régions », souligne le ministère.
Autre conséquence de la canicule, les premières vendanges ont débuté en avance de 10 à 15 jours, en zone méditerranéenne (Languedoc, Roussillon, Sud-Est et Corse). Le printemps et l’été chauds expliquent cette précocité qui concerne également les autres régions.
Du fait de la bonne maturité du raisin et du bon état sanitaire, « 2017 va se démarquer par l’aspect qualitatif, fort heureusement ! », a assuré M. Despey.
Il tient également à rassurer sur d’éventuelles difficultés d’approvisionnement en vin, car « les caves sont pleines de vins pas encore revendiqués » de l’année précédente, assure-t-il.
Il se dit par contre inquiet pour l’impact sur le chiffre d’affaires et la trésorerie des vignerons qui vont faire de petites récoltes, et espère voir les prix du vin remonter.
« Il doit y avoir un rattrapage des baisses de prix constatés les années antérieures. Nous serons très vigilants là-dessus, mais ces éléments ne compenseront pas la baisse de la production ».
Dans la boutique M&M's, à New York. Selon les tests de 60 Millions de Consommateurs, le dioxyde de titane sous forme de nanoparticules représentent 20% de l'additif dans les célèbres dragées multicolores.
Les sucreries du commerce contiendraient un additif en nanoparticules, dénonce une étude publiée par 60 Millions de Consommateurs ce jeudi.
Les sucreries produites industriellement pourraient être néfastes pour la santé. L'additif E171 ou dioxyde de titane y est présent, sous forme de nanoparticules, sans que ce soit spécifié. C'est ce que dénonce le magazine 60 Millions de Consommateurs, qui s'inquiète des effets sur la santé et déplore l'opacité des industriels dans son édition de septembre. Une alerte déjà lancée par des ONG par le passé.
«100 % des bonbons et gâteaux que nous avons testés contiennent du dioxyde de titane sous forme « nano ». Contrairement aux dires des fabricants», déplorent-ils, suite à une étude faite sur 18 produits. Cible des tests pratiqués dans l'enquête de «60 Millions» (publication de l'Institut national de la consommation), l'additif E171 ou dioxyde de titane est composé en partie de nanoparticules. Il est utilisé communément dans l'industrie agro-alimentaire et cosmétique pour blanchir confiseries, plats préparés et même des dentifrices.
Contactées par l'association, les quinze entreprises agroalimentaires ont toutes assurées ne pas utiliser de nanoparticules. «Mauvaise foi ou ignorance ? Impossible à savoir», assure 60 millions de consommateurs. «Peut-être que les industriels n’ont pas accès à toutes les informations auprès de leurs fournisseurs», avance le magazine.
«50 000 fois plus petite qu'un cheveu»
Ses propriétés sont optimisées sous la forme nano, soit 50 000 fois plus petite qu'un cheveu. Cette état nano pose question pour la santé : il passerait plus facilement les barrières physiologiques, selon l'association. «Lorsqu'une substance étrangère s'immisce au sein-même d'une cellule, on peut évidemment supposer qu'il peut y avoir des dégâts, en tout cas un dérèglement de certaines de ces cellules», explique Patricia Chairopoulos, co-autrice de l'étude, reprochant aux industriels concernés, sinon de mentir, pour le moins de faire preuve de «manque de vigilance» et de «manque de rigueur».
Sur les 18 produits sucrés testés par 60 Millions, du dioxyde de titane sous forme de nanoparticules a été retrouvé systématiquement, mais dans des proportions variées : il représentait de 10% à 100% de l'additif présent dans ces différentes sucreries, parfois célèbres, des biscuits Napolitain de Lu (12%) aux gâteaux glacés Monoprix Gourmet (100%), en passant par les dragées M&M's (20%). Une fois encore, la présence d'E171 apparaît clairement sur les étiquettes, mais jamais la mention nanoparticules, selon l'association.
Or, si cet additif en lui-même ne présente pas de danger particulier sous forme microscopique, sa présence à l'état nano est plus problématique, souligne Patricia Chairopoulos. «On ne sait pas grand-chose sur cette forme nano. C'est ça qui nous pose problème, d'autant plus qu'une étude récente de l'Inra est parue en janvier 2017, qui entraîne un peu de suspicion», explique-t-elle.
E171 : zoom sur la nano-inquiétude
En juin 2016 déjà, l'ONG Agir pour l'environnement avait alerté sur la présence de nanoparticules, dont le dioxyde de titane, dans de nombreux produits alimentaires, et notamment dans plus d'une centaine de confiseries où ils n'étaient pas signalés sur les étiquettes.
L'étude de l'Inra en 2017 conclut que l'exposition chronique au E171 favorise la croissance de lésions pré-cancéreuses chez le rat. Néanmoins, elle ne permettait pas une extrapolation à l'homme, avait indiqué un auteur de l'étude de l'Inra.
L'Anses (Agence nationale de Santé) a été saisie en janvier par les ministères de l'Economie, de la Santé et de l'Agriculture pour déterminer si ce produit «présente un éventuel danger pour les consommateurs», après la publication de cette étude.
Une évaluation par l'agence du cancer de l'OMS avait conduit à classer le dioxyde de titane comme cancérogène possible pour l'homme en cas d'exposition professionnelle par inhalation, avait toutefois rappelé l'Inra.
Plus d'infos : http://positivr.fr/petit-geste-gros-c... Cette image a été tweetée par les pompiers de l’Hérault : un coup de sang surprenant, mais compréhensible. En 3 jours, 800 hectares de forêt viennent de partir en fumée à Saint-Cannat, près d’Aix-en-Provence. En cause ? Un simple mégot jeté en bord de route. Résultat ? Une catastrophe écologique et une mise en danger des riverains et des pompiers. Ainsi, en soutien à leurs confrères des Bouches-du-Rhône, les pompiers de l’Hérault ont vivement réagi, avec ce message provocateur, quitte à sortir des sentiers battus de la communication institutionnelle. Et le fracas suscité par leur initiative tend à leur donner raison ! En espérant que les mentalités changent enfin, merci à ces pompiers à qui nous pardonnons volontiers cet écart de langage Crédits : @SDIS34 / Twitter (https://twitter.com/SDIS34?ref_src=tw...)
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La construction de deux réacteurs nucléaires aux Etats-Unis, qui devaient initialement entrer en service d'ici la fin de la décennie, a été abandonnée en raison des coûts jugés trop élevés, ont annoncé lundi les deux compagnies d'énergie qui géraient le projet.
Santee Cooper, l'une des deux compagnies concernée, a indiqué qu'en raison des retards pris dans la construction, les deux réacteurs, situés en Caroline du Sud, n'auraient pas pu entrer en service avant 2024, quatre ans après la date initialement prévue.
Cette décision ne laisse plus que deux réacteurs actuellement en construction aux Etats-Unis, dans l'Etat voisin de Georgie (sud) et une centaine en service. Les Etats-Unis restent le premier producteur d'énergie nucléaire au monde mais ce secteur représente moins de 10% de la production d'énergie totale du pays.
Le projet en question, appelé V.C. Summer, avait été lancé en 2008 avec Westinghouse, une société américaine rachetée en 2006 par le japonais Toshiba. Westinghouse a déposé son bilan en début d'année.
Très en vogue dans les années 1960 et 1970, le secteur du nucléaire civil américain reste marqué par l'accident de Three Mile Island en Pennsylvanie (est) en 1979 et aucune centrale n'a été raccordée au réseau entre 1996 et 2016.
Le coût initial du projet Summer était évalué à environ 11,5 milliards de dollars mais était en passe de coûter plus du double, alourdi par les retards et les exigences de sécurité. L'autre compagnie engagée dans le projet est South Carolina Electric & Gas (SCE&G).
Celle-ci a souligné lundi que "notre évaluation a montré qu'il aurait coûté trop cher et que cela aurait pris trop longtemps de finir la construction des deux réacteurs".
"Même s'il eut été faisable d'achever la construction d'un réacteur, cette option s'est retrouvée éliminée quand Santee Cooper a décidé de suspendre la construction du projet. Il n'est plus réaliste sur le plan économique pour nous de continuer tout seuls et la voie la plus prudente est pour SCE&G d'arrêter le chantier des deux réacteurs", ajoute-t-on de même source.
Le décret d'attributions du ministre de la Transition écologique et solidaire dote Nicolas Hulot de larges compétences. Un champ proche de celui de son prédécesseur auquel s'ajoute l'économie sociale et solidaire.
Le rang de ministre d'Etat et numéro 3 du gouvernement attribué à Nicolas Hulot donnait un signal positif sur l'importance qu'Emmanuel Macron entendait accorder aux questions écologiques. Mais les observateurs attendaient la parution du décret d'attributions du ministre de la Transition écologique et solidaire pour savoir si celui-ci aurait les moyens de son action.
La publication de ce texte jeudi 25 mai paraît conforter l'importance que le président de la République souhaite donner à ce ministère auquel il attribue un large spectre de compétences. "Le nouveau président avait même étudié la possibilité de me nommer vice-premier ministre mais cette option inédite se heurtait au cadre constitutionnel", explique Nicolas Hulot au Monde.
Chargé des relations sur le climat
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, prévoit le décret, prépare et met en oeuvre la politique du Gouvernement dans les domaines "du développement durable, de l'environnement, notamment de la protection et de la valorisation de la nature et de la biodiversité, des technologies vertes, de la transition énergétique et de l'énergie, notamment en matière tarifaire, du climat, de la prévention des risques naturels et technologiques, de la sécurité industrielle, des transports et de leurs infrastructures, de l'équipement et de la mer".
Le texte prévoit également qu'il "élabore et met en œuvre la politique de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique" et promeut "une gestion durable des ressources rares". A l'instar de Ségolène Royal après mars 2016, Nicolas Hulot est chargé des relations internationales sur le climat. A ce titre, il doit conduire les négociations européennes et internationales en la matière et veiller à la mise en œuvre des accords conclus, en concertation avec le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Une compétence à laquelle il a pu se roder en tant qu'"envoyé spécial pour la protection de la planète" sous François Hollande et qu'il a mise en œuvre dès cette semaine à Berlin pour le 8e Dialogue de Petersberg sur le climat.
En matière d'énergie, ses compétences sont les mêmes que celles de son prédécesseur. Il est chargé d'élaborer et met en œuvre "la politique de l'énergie, afin notamment d'assurer la sécurité d'approvisionnement, la lutte contre le réchauffement climatique et l'accès à l'énergie, et de promouvoir la transition énergétique". Il a donc autorité sur la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), dont le ministre de l'Economie dispose toutefois pour ses attributions relatives à la politique tarifaire de l'énergie, aux matières premières et aux mines. De la même façon que pour Ségolène Royal, le nouveau ministre doit partager sa compétence relative aux matières premières et aux mines, en ce qui concerne les matières énergétiques, avec le ministre de l'Economie. En l'occurrence, Bruno Le Maire.
Les compétences en matière de transports sont aussi identiques à celles de Ségolène Royal. Des compétences attribuées par délégation à Elisabeth Borne, ministre chargée des transports auprès de Nicolas Hulot.
L'économie sociale et solidaire en plus
Contrairement à Mme Royal, Nicolas Hulot n'a pas la responsabilité des pêches maritimes et de l'aquaculture qui relèvent du ministre de l'Agriculture Jacques Mézard.
En revanche, comme l'intitulé de son titre l'indique, il est chargé de la promotion et du développement de l'économie sociale et solidaire (ESS) qui était rattachée à Bercy dans le gouvernement précédent. Un point sur lequel le nouveau ministre avait insisté lors de la passation de pouvoir, parlant de son portefeuille comme celui d'un "ministère de la solidarité".
De ce fait, ce dernier a autorité sur le délégué à l'économie sociale et solidaire, de même que sur la direction générale de la cohésion sociale conjointement avec le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la santé, Agnès Buzyn. Il doit toutefois préparer et mettre en œuvre sa politique dans ce domaine en liaison avec les autres ministères concernés : Solidarités et santé mais aussi Economie, Education nationale, Cohésion des territoires et Travail.
Lutte contre le gaspillage alimentaire
Sa compétence en matière de réduction et de traitement des déchets, qu'il doit exercer avec les autres ministres intéressés, comprend explicitement la lutte contre le gaspillage alimentaire. Une thématique qui devrait avoir toute son importance lors des états généraux de l'alimentation annoncés par Emmanuel Macron, même si l'alimentation en tant que telle relève très clairement du ministre de l'Agriculture. Le décret mentionne également explicitement la politique de "transition vers une économie circulaire", ce qui ne figurait pas dans les attributions du précédent ministre.
En matière de règles techniques relatives au bâtiment et aux ouvrages de génie civil, Nicolas Hulot doit en revanche partager sa compétence avec le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand.
Pour mener à bien ses missions, le ministre a autorité sur l'ensemble des services constituant l'administration centrale du ministère chargé de l'écologie tels que définis par un décret du 9 juillet 2008, à l'exception de la direction des pêches maritimes et de l'aquaculture rattachée au ministre de l'Agriculture et de la délégation à l'hébergement et à l'accès au logement rattachée au ministère de l'Intérieur.
Rien de trop pour mettre en œuvre les nombreux chantiers que Nicolas Hulot souhaitent ouvrir : instauration d'un corridor de prix pour le carbone, accompagnement des salariés touchés par la transition énergétique via des contrats de transition, restauration des sols dégradés…. Ou simplement mener à bien ceux qui n'ont pas encore trouvé d'issue :
Michèle Pappalardo, alors présidente de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, a notamment travaillé avec Nicolas Hulot lors de l’opération Défi pour la Terre, en 2005.STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Michèle Pappalardo, énarque, magistrate à la Cour des comptes et ancienne responsable de l’Ademe, a été nommée directrice du cabinet du ministre de la transition écologique.
Elle connaît les principaux rouages de la machine de l’Etat, alors qu’il en ignore presque tout. Autant dire que Michèle Pappalardo devrait jouer un rôle crucial dans l’équipe en cours de finalisation autour de Nicolas Hulot. L’actuelle présidente de la septième chambre de la Cour des comptes va occuper le poste stratégique de directrice de cabinet du nouveau ministre de la transition écologique et solidaire. Elle présente le profil idéal, affichant un CV très complet, et peut se prévaloir d’avoir déjà occupé cette même fonction auprès d’un précédent ministre de l’environnement, Michel Barnier, de 1993 à 1995.
La commis de l’Etat a continué à suivre les dossiers environnementaux en tant que directrice de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), entre 2003 et 2008, puis comme commissaire générale au développement durable, dont elle a été la première fonctionnaire à diriger ce nouveau service, de 2008 à 2012. Parallèlement à son activité à la Cour des comptes, Michèle Pappalardo anime un réseau des acteurs publics et privés de la ville durable, Vivapolis.
Expérience de la mécanique
« C’est le choix de Nicolas Hulot », dit-on dans l’entourage de l’ex-animateur de télévision. Parmi « les centaines de CV » qu’il aurait reçus depuis le 17 mai, il souhaitait privilégier quelqu’un qu’il connaît bien, sur lequel il peut espérer s’appuyer. « J’ai fait sa connaissance lorsque j’étais au ministère de Michel Barnier, ils étaient très proches. Puis lors du lancement du Défi pour la Terre, en 2005, par la Fondation pour la nature et l’homme [la FNH, créée par Nicolas Hulot en 1990] et l’Ademe, explique au Monde Michèle Pappalardo. Il fallait faire monter la mayonnaise sur les questions d’environnement. »
La diplômée de Sciences Po et ancienne élève de l’Ecole nationale d’administration dit avoir été contactée directement par M. Hulot quelques jours avant sa nomination. Après une journée de réflexion, elle a dit oui. « Je n’avais pas prévu de retourner dans un cabinet, mais il s’agit d’une nouvelle aventure, un grand changement et cela vaut le coup, confie-t-elle. On peut faire en sorte que cette expérience réussisse, mais je suis consciente que cela ne va pas être facile. »
Pour encadrer l’inexpérimenté ministre, mais le très aguerri militant écologique, une autre femme rompue à la mécanique ministérielle va faire son entrée à l’hôtel de Roquelaure :
Anne Rubinstein. Cheffe de cabinet du ministère, elle devra notamment gérer l’agenda du ministre et la vie du cabinet. L’idée a t-elle été soufflée par l’Elysée ? En tout cas, Anne Rubinstein exerçait cette fonction à Bercy lorsque Emmanuel Macron y était ministre.
Longtemps militante du Parti socialiste, où on la disait proche de Dominique Strauss-Kahn, elle va apporter, comme Michèle Pappalardo ou encore Elisabeth Borne, nommée ministre des transports auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, la connaissance des arcanes du pouvoir qui manque à l’autre partie de l’équipe, issue des réseaux associatifs.
Des forces vives venues de sa fondation
Nicolas Hulot devrait aussi faire appel à des personnalités proches du WWF et aux forces vives de sa fondation, dont il a quitté la présidence dès l’annonce du nouveau gouvernement.
Denis Voisin, actuel porte-parole de la FNH, pourrait intégrer le cabinet.
Benoît Faraco sera le conseiller de Nicolas Hulot à propos des questions sur le climat. Passé par le Réseau action climat (qui fédère les ONG mobilisées quant à l’enjeu que présente le réchauffement climatique), Benoît Faraco a suivi ensuite ce dossier au sein de la FNH, accompagnant Nicolas Hulot durant le Grenelle de l’environnement en 2007 puis à la Conférence sur le climat, la COP, de Copenhague en 2009.
En 2015, il fait partie de l’équipe interministérielle chargée de la préparation de la COP21, accueillie par la France. Considérée comme l’un des enjeux prioritaires du nouveau ministre, la mise en œuvre de l’accord de Paris est au centre de son premier déplacement à l’étranger, lundi 22 et mardi 23 mai, à Berlin. M. Hulot y rencontrera plusieurs homologues à l’occasion du « dialogue de Petersberg », un rendez-vous sur le climat organisé depuis 2010 par la chancellerie allemande.
Matthieu Orphelin, qui fut lui aussi porte-parole de la FNH, ne compte pas, en revanche, rejoindre l’hôtel de Roquelaure. Il se présente à la députation sous les couleurs de La République en marche dans sa circonscription d’Angers. « Je reste concentré à 100 % sur les législatives, j’ai fait le choix de privilégier le terrain », confirme ce proche, qui, au sein du groupe du travail « écologie » constitué par En Marche ! dans la perspective de la présidentielle, avait porté plusieurs idées chères à la fondation de Nicolas Hulot.
Gilles Bœuf, qui préside depuis janvier le conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité, devrait par ailleurs conserver les fonctions de conseiller scientifique, qu’il occupait sous le ministère de Ségolène Royal.
Sortir du nucléaire n’est au programme ni d’Emmanuel Macron, ni de Marine Le Pen. Pour le reste tout oppose leur programme énergie, notamment vis-à-vis de l’atome, comme l’ont expliqué leurs porte-parole écologie au micro de Denis Cheissoux lors de l’émission CO2 mon amour du 29 avril. Et certaines lignes ont bougé.
Comme l’écologie en général, et la transition énergétique en particulier, ne figurait pas en très bonne place dans les programmes des candidats, le journaliste de France Inter Denis Cheissoux a cherché à en savoir plus. Il avait invité pour son émission CO2 mon amour du 29 avril les deux porte-parole écologie des deux finalistes : Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement, pour Emmanuel Macron et Philippe Murer président du Collectif Nouvelle écologie pour Marine Le Pen. L’enregistrement avait eu lieu le 27 avril. Clairement, hormis sur la sortie du nucléaire et le nécessaire développement des énergies renouvelables, les programmes diffèrent. Avec quelques ajustements de dernières minutes.
Emmanuel Macron décorrèle Fessenheim de Flamanville
Emmanuel Macron a clarifié sa position sur le nucléaire. Pour le nucléaire, plus question de lier la fermeture de la Centrale de Fessenheim à la mise en service de celle de Flamanvile, selon ses dernières déclarations, a expliqué Corinne Lepage. En revanche, l’objectif de 50 % de nucléaire dans la production d’électricité en France, comme le fixe la Loi sur la transition énergétique, est maintenu. "Mais c’est énorme, cela signifie la fermeture de 15 réacteurs nucléaires, de développer massivement les renouvelables et d’investir dans la sobriété énergétique", rappelle la porte-parole écologiste d’Emmanuel Macron. Mais selon elle, concernant les arbitrages à venir, "Emmanuel est très clair. Il a dit 50 % et que les grandes décisions sur la suite se prendront en fonction de trois critères : l’audit de l’ASN en 2018 sur les 58 réacteurs, le coût réel du nucléaire, car pour l’instant on ne le sait pas, et la comparaison avec les autres énergies."
Pour Marine Le Pen, pas question de fermer Fessenheim. "La transition énergétique consiste pour nous à se passer des énergies fossiles, mais on ne peut pas se passer du nucléaire en même temps, explique Philippe Murer au micro de Denis Cheissoux. Au contraire, on voudrait utiliser les centrales, notamment la nuit pour produire de l’hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau. Elle servira pour l’industrie, les voitures à combustibles." Le Front national envisage même déjà le renouvellement des centrales en défendant la technologie au thorium, a priori moins dangereuse et produisant moins de déchets - "abandonnée au profit de l’uranium à cause des militaires qui voulaient du plutonium pour leurs bombes" selon Philippe Muller - mais pour lequel il faudra investir en recherche. Une technologie qui serait de plus en adéquation parfaite avec le souhait d’indépendance énergétique de la France. "On a 90 ans de réserve de thorium en France", avance le président de Nouvelle écologie. En revanche, sur la nationalisation Total d’EDF, au cœur du programme de la candidate frontiste qui milite pour un état stratège, notamment en matière d’énergie, la candidate semble tergiverser selon son porte-parole.
L’éolien, le problème commun
En revanche, Marine Le Pen ne démord pas de son moratoire sur l’éolien, y compris offshore. Ce serait non seulement un problème touristique, mais aussi de santé publique et "les gens des campagnes trouvent que le paysage est abîmé par les éoliennes", rappelle Philippe Muller. Consciente de ce dernier problème, Corinne Lepage avance une solution : "Lorsque ce sont les gens eux-mêmes, avec des entreprises locales, qui font leur installation, il n’y a pas de recours, avance-t-elle. Notre programme vise à aider au développement de l’énergie citoyenne avec l’autoconsommation et des sociétés coopératives d’habitant." Un programme en ligne directe avec la loi de transition énergétique de 2015, portée par Ségolène Royale, dont justement Emmanuel Macron s’est engagé à poursuivre le travail en matière de transition énergétique et environnementale dans son discours du 1er mai.
Depuis de nombreuses années, les multiples débats sur la Transition Energétique sont centrés quasi-exclusivement sur la sortie ou non du nucléaire dans la production électrique française.
Bien que ne doutant pas de l’utilité de telles discussions, la diminution de la part du nucléaire étant indispensable, elles passent totalement à côté du vrai défi qui nous attend : la sortie des énergies fossiles.
Le nucléaire, bien que présentant des risques et étant trop présent dans l’électricité française, est une énergie décarbonée indispensable pour assurer une Transition viable.
On pourrait citer l’exemple allemand qui à cause d’une fermeture brusque de ses centrales nucléaires a dû assurer la production par des centrales au charbon excessivement polluantes tout en voyant le prix de l’électricité atteindre des sommets (deux fois plus élevé qu’en France) …
Etant très sensible à la question énergétique pour travailler sur la physique de la maîtrise de la fusion nucléaire (propre et totalement différente du nucléaire classique), j’attendais beaucoup d’Emmanuel Macron sur la question, je n’ai pas été déçu bien au contraire.
Entendre certains candidats ou responsables politiques promettre que sortir du nucléaire quasiment du jour au lendemain tout en garantissant que le prix de changera pas et que l’on peut tout remplacer par des énergies renouvelables (EnR) est extrêmement optimiste (pour ne pas dire mensonger). D’une part à cause du démantèlement des centrales extrêmement coûteux et d’autre part par l’absence de structures d’EnR suffisantes. Sans parler des salariés de la filière…
La proposition d’Emmanuel Macron de fermer les 5 centrales au charbon restantes sur le territoire sera déjà un superbe défi social pour les salariés de la filière et technologique. En effet, les EnR ne permettent pas un ajustement à la minute de la consommation car dépendantes du climat. Seules les énergies fossiles ou l’hydroélectrique, déjà très développé en France, offrent cette flexibilité absolument indispensable à la gestion quotidienne du réseau. Ainsi, des solutions de stockage de l’énergie provenant des EnR doivent être développées. Ce qu’Emmanuel Macron propose.
Pour les mêmes raisons, sortir du nucléaire rapidement sans structures de remplacement adéquates est dangereux ou ramène vers les fossiles.
C’est en cela que le projet d’Emmanuel Macron est novateur. Enfin, un candidat à la présidence parle de la Transition Energétique de manière pragmatique en abordant en premier lieu la décarbonisation de la production d’électricité et le développement des EnR plutôt qu’un acharnement sur le nucléaire. La diminution des émissions de gaz à effet de serre est la priorité absolue.
La baisse de la part du nucléaire est nécessaire et le cap de 50% d’ici 2025 (75% actuellement) est maintenu tout en attendant les conclusions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) en 2018 vis à vis de la prolongation de centrales au-delà de 40 ans. Cet objectif permettra de développer de manière pragmatique et sereine les EnR et les solutions de stockage en France.
L’idée étant finalement d’utiliser le nucléaire en pivot pour aller vers un mix électrique plus équitable et totalement décarboné. Et pourquoi ne pas rêver à long terme d’un mix composé à 100% d’EnR toutes en complément les unes des autres. Cette diminution de la part du nucléaire à 50% est possible à moyen terme car accompagnée dans le projet d’En Marche par une baisse de la consommation électrique grâce à une vraie politique d’efficacité énergétique (rénovation thermique de nombreuses passoires thermiques, etc.), une simplification des procédures de déploiement des EnR (les chantiers d’éoliennes peuvent prendre plusieurs années) et le développement de réseaux électriques intelligents.
De même, hors du cadre de la production électrique, le développement de la décentralisation de l’énergie proposé est une avancée majeure dans le but de créer des territoires profitant d’énergies produites en “circuit court” où les spécificités de nos régions seraient exploitées pour reprendre le terme utilisé en agriculture.
Voilà pourquoi la Transition Energétique d’En Marche et d’Emmanuel Macron est la bonne !
Florian Condamine.
Doctorant de l’Université Pierre et Marie Curie
travaillant sur la physique fondamentale associée à la recherche sur la maîtrise de la fusion nucléaire.
En donnant une définition claire de l'écocide et en reconnaissant la culpabilité de la multinationale de l'agro-alimentaire, le tribunal Monsanto fait avancer le droit de l'environnement. Un jugement symbolique mais fondamental, estiment les juristes Emilie Gaillard et Valérie Cabanes, engagées dans cette action.
C’est un tribunal d’un genre particulier, sans plaignant, procureur ni prévenu … et né de la seule détermination de la société civile. Le 18 avril 2017, le Tribunal Monsanto, tribunal d’opinion, juridiction internationale non reconnue et non contraignante, mais constituée de cinq juges renommés, a rendu son verdict à La Haye, six mois après avoir auditionné des experts scientifiques et juridiques ainsi que des victimes du géant agro-alimentaire. Pas de jugement donc mais un avis consultatif particulièrement sévère sur Monsanto, « engagé dans des pratiques qui ont un impact sérieux et négatif sur le droit à un environnement sain », jugé coupable d’« écocide » et d’« atteinte aux droits humains ». Quels effets peut avoir cet avis symbolique sur l’évolution du droit et sur Monsanto elle-même ? Décryptage par deux juristes qui ont fait partie du Comité d’organisation du Tribunal (aux côtés de Corinne Lepage et Olivier de Schutter) : Valérie Cabanes, spécialiste de l’écocide, et auteure d’Un nouveau droit pour la Terre (éd. Le Seuil), et Emilie Gaillard, cheville ouvrière du Tribunal, maître de conférence en droit privé à l’université de Caen et spécialiste du droit des générations futures.
Pourquoi cet avis consultatif est-il important ?
Emilie Gaillard : Il faut rappeler que ce procès s’inscrit dans une longue tradition de tribunaux d’opinion, instaurés par la société civile un peu partout dans le monde : le Tribunal permanent des peuples (créé en Italie en 1979 et qui s’est penché sur le Sahara occidental, l'Argentine, le Timor oriental, le génocide des Arméniens ou encore le Tibet, ndlr) , le Tribunal international des crimes de guerre Russell-Sartre (fondé par Bertrand Russell et Jean-Paul Sartre pour dénoncer la politique des États-Unis pendant la guerre du Vietnam, ndlr), ou encore les nombreux tribunaux d’opinion en Amérique latine… La plupart ont une valeur pédagogique et se basent souvent sur des règles morales.
La spécificité du Tribunal Monsanto est d’avoir fait siéger de vrais juges, reconnus internationalement, qui ont examiné de vrais chefs d'inculpation à l'encontre de Monsanto et qui, pour rendre leur avis, se sont réellement appuyés sur le droit. Leur but est de faire progresser le droit international, et de permettre à la société civile, à des avocats, des juges, de s’emparer de leurs conclusions. Par exemple en reconnaissant comme légitimes deux concepts juridiques qui n’existent pas encore en droit : l’écocide (l’atteinte à l’air, à l’eau, aux sols, autrement dit l’atteinte aux conditions mêmes de la vie sur terre) et la dignité des générations futures (le droit de naître dans un environnement sain, qui ne mette pas en danger son intégrité physique ou son développement). Ils se sont d’ailleurs engagés à porter cette demande auprès des Nations Unies et de la Cour pénale internationale.
Valérie Cabanes : Ces juges s’inscrivent dans le développement du droit international de l’environnement, et confirment la progression d’une conscience selon laquelle l’atteinte à l’environnement représente une atteinte aux valeurs sociétales les plus élevées. Pour eux, préserver l’intégrité des écosystèmes et un environnement sain est la condition préalable à tous les autres droits humains. « Le droit international, disent-ils, doit désormais affirmer de manière précise et claire la protection de l’environnement et le crime d’écocide ». On ne peut pas faire plus clair.
“Leur avis alerte sur le fait que le droit privé, des multinationales et du commerce, est en train de primer sur les droits de l’homme et de l’environnement.”
Il y a parfois un amalgame entre l’écocide et le génocide. Dans leur avis, les juges clarifient les termes…
Valérie Cabanes : Absolument et c’était très important ! Ils rappellent que le génocide est défini dans le statut de Rome comme l’extermination systématique et organisée d’une population en raison de ses caractéristiques raciales ou de son identité. L’écocide, lui, est plus général, il s’agit d’atteintes graves à l’environnement, et peut permettre de poser la responsabilité d’entités morales, voire de leurs dirigeants, ce qui est nouveau dans le droit pénal international. D’autre part, les juges estiment qu’il n’est pas nécessaire de prouver une intention manifeste de nuire. Monsanto pourrait ainsi être condamné, ayant agi en connaissant les conséquences possibles de ses actions – recours à très grande échelle de produits agrochimique dangereux ; diffusion d’organismes qui pourraient contaminer l’eau, les sols et la diversité des plantes ; introduction de polluants tels que les PCB dans la nature….
Sauf que Monsanto ne s’est présenté ni aux auditions ni lors de la publication des conclusions des juges. Un simple avis consultatif peut-il avoir des conséquences sur l’entreprise ?
Valérie Cabanes : D’une part ce procès nuit à son image, et accroît les suspicions auprès des gouvernements, des paysans du monde entier qui se fournissent chez eux. Monsanto le sait, puisqu’ils sont en train d’essayer de changer de nom, et d’image, en se rapprochant de Bayer… Mais par ailleurs, le fait que des juges internationaux se positionnent sur une nécessité de réforme juridique légitime les demandes de la société civile pour que les politiques s’emparent de ce sujet et légifèrent.
Regardez par exemple ce qui se passe au Burkina Faso ! A la demande des paysans, le gouvernement a décidé de chasser Monsanto du pays en octobre 2016. Le Burkina avait en effet un contrat avec l’entreprise depuis 2009, en particulier sur le coton – 90 % des cultures étaient du coton OGM BT, résistant au roundup-glyphosate... Les paysans se sont rendus compte que leurs rendements ne faisaient que décroître, d’année en année, et que la fibre produite était de très mauvaise qualité. Ils ont donc mobilisé le nouveau gouvernement en lui demandant de stopper le contrat avec Monsanto, et ont été entendus ! Mais ils ne comptent pas en rester là : la veuve de Thomas Sankara (ndlr : président du Burkina Faso de 1983 à 1987, assassiné lors du coup d’état mené par Blaise Campaore en 87, Sankara est devenu une icône pour sa politique d’émancipation nationale, d’aide à l’agro-écologie, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes) vient de s’engager à défendre la demande de la société civile et à exiger du gouvernement qu’il demande la reconnaissance du crime d’écocide auprès de la Cour pénale internationale. Cette dynamique est directement liée au procès.
Emilie Gaillard : Ce procès donne à voir une forme de communauté humaine mondiale, une communauté citoyenne qui existe par-delà les frontières et les conditions des uns et des autres. Lors des auditions, on a pu écouter les témoignages d’apiculteurs mayas, d’agriculteurs australiens ou encore de scientifiques européens, et tous ont montré qu’il y avait une convergence des modes opératoires employés par Monsanto : une même forme de violence psychologique, un même type de campagnes de dénigrement et de domination qui s’exercent sur les uns et les autres, quels que soient les statuts, les pays… Ce procès a permis de montrer que nous sommes face à un impensé du droit, trop souvent démuni d’outils pour contrebalancer cette asymétrie de domination émanant de multinationales telle Monsanto. Et c’est l’un des défis aujourd’hui : comment le droit peut-il permettre de rééquilibrer ce rapport de force, de corriger ce déséquilibre ?
Le tribunal insiste d’ailleurs sur le « fossé grandissant entre le droit international des droits de l’homme et la responsabilité des sociétés ». Ce message peut-il être entendu ?
Valérie Cabanes : Il est en tout cas essentiel qu’il soit énoncé publiquement, par des juges et des avocats reconnus, venus des quatre coins de la planète, et depuis un lieu hautement symbolique : la ville de La Haye, où siègent la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice. C’est tout l’objet de la troisième partie de leur avis : alerter sur le fait que le droit privé, des multinationales et du commerce, est en train de primer sur les droits de l’homme et de l’environnement et qu’il est urgent de rééquilibrer ce rapport de force et redéfinir les priorités ! En reconnaissant le crime d’écocide, les juges soulignent la hiérarchie des normes, qui doit avant tout permettre de protéger le vivant pour protéger l’homme. Il y a bien sûr une place pour un droit du commerce propre à l’homme, mais qui doit se soumettre au droit international des droits de l’homme et au crime d’écocide.
Emilie Gaillard : Il y a de plus en plus de traités de libre-échange, toujours plus protecteurs du droit des investissements, au détriment de la santé et des droits humains. Ces traités de libre-échange instaurent des tribunaux arbitraux qui, si on ne fait rien, vont trancher des litiges sur des bases juridiques qui ne font pas des droits humains fondamentaux leur valeur suprême. Ecoutons donc attentivement ce que nous disent les juges de ce tribunal Monsanto : il y a aujourd’hui urgence à réaffirmer la primauté des droits humains sur le droit international économique.
L'avis consultatif du tribunal Monsanto rendu le 18 avril répond positivement à cinq des six questions posées au tribunal.
La première réponse à la décision du tribunal Monsanto est l'adoption de la déclaration universelle des droits de l'humanité.
L'avis consultatif du tribunal Monsanto rendu le 18 avril répond positivement à cinq des six questions posées au tribunal. Oui Monsanto s'est engagé sur des pratiques qui ont eu un impact négatif sur le droit à un environnement sain; oui le comportement Monsanto constitue une atteinte à la souveraineté alimentaire et est une atteinte aux droits de l'alimentation du fait d'un marketing agressif sur les OGM; oui Monsanto s'est engagé dans des pratiques ayant un impact négatif sur le droit la santé et les révélations récentes des Monsanto Papers mettent en lumière une pratique systématique de manipulation des études scientifiques; oui le comportement Monsanto porte atteinte à la liberté scientifique, atteinte d'autant plus grave qu'elle s'accompagne d'exposition à des risques sanitaires et environnementaux; oui si le crime d'écocide existait en droit international, des activités de Monsanto pourraient relever de cette infraction. En revanche le tribunal a considéré qu'il n'était pas possible de répondre à la question relative à la complicité de crimes de guerre par la fourniture d'agent orange même si il semble que Monsanto savait à quoi ces produits allaient servir.
Cette décision très motivée, qui repose à la fois sur des dispositions de droit international public et des engagements pris par les multinationales, mais qui s'appuie également sur les témoignages recueillis au cours des deux journées d'audience donne de très nombreux arguments de droit et de faits à tous ceux qui, sur toute la planète, ont engagé des actions contre Monsanto ou qui souhaiteraient en engager.
Mais la troisième partie de la décision est particulièrement intéressante dans la mesure où le tribunal insiste sur le décalage croissant entre le droit international des droits de l'homme et la responsabilité des multinationales. En effet, l'ensemble des règles qui protègent les investisseurs finissent par rendre très difficile–et c'est bien entendu fait pour- la protection par les Etats des droits humains et des droits de l'environnement. D'où un double appel lancé par le tribunal, d'une part aux Nations unies d'agir avec la menace des tribunaux arbitraux qui se substitueraient aux états, d'autre part pour que les multinationales puissent être poursuivies lorsqu'elles violent les droits fondamentaux. Puisque elles ont bien su obtenir des Etats des droits privilégiés pour leur commerce, elles doivent bien en contrepartie être soumises à des obligations sanctionnées.
La Déclaration Universelle des Droits de l'Humanité est une première étape indispensable pour répondre à ces appels. Ce texte, qui a été adressé en avril 2016 au secrétariat général des Nations unies, a aujourd'hui été adopté par une dizaine de villes françaises dont Paris et Strasbourg, et a été transmis aux associations internationales des villes que sont le C40 (Cities Climate Leadership Group) et la CGLU (Cités et Gouvernements locaux unis). Les régions s'inscrivent dans la même logique, grâce au soutien du R20 (R20 Regions of Climate Action) et à la signature d'une première région du Maroc, pays actuellement président de la COP, signature qui devrait être suivie d'autres très rapidement. Enfin, le premier Etat de la planète, les Comores, a signé à Marrakech la DDHu , s'en fait désormais l'ambassadeur et d'autres Etats s'y intéressent. Ce texte pourra donc être supporté à la fois par les Etats et par la société civile.
Certes, ce texte n'est qu'une déclaration et non une convention. Il n'en demeure pas moins que la soft law trouve désormais sa place en droit international et que cette déclaration répondent précisément, grâce aux droits et devoirs qu'elle définit et qui concernent autant les Etats et les organisations internationales que les multinationales, les O.N.G. et les citoyens, chacun en fonction de ses moyens, à l'objectif défini par l'avis du tribunal Monsanto. Fondée sur les principes de responsabilité, dignité de la personne humaine, pérennité de l'espèce humaine et équité intergénérationnelle, la Déclaration reconnaît des droits comme des obligations en matière de santé, d'alimentation, de préservation et d'accès aux milieux, de protection des biens publics, de préservation des espèces et de gestion du progrès scientifique dans le sens du bien-être humain. Une telle déclaration si elle était adoptée à l'échelle de l'ONU, et rien ne s'y oppose, constituerait donc une première étape, finalement assez facile à franchir, dans le sens de la reconnaissance des droits élémentaires de l'humanité face à des entités excessivement puissantes et qui pensent pouvoir s'en affranchir.
Bande-Annonce de L’EVEIL DE LA PERMACULTURE, un film de Adrien Bellay. Au cinéma le 19 avril 2017.
Alors que les écosystèmes menacent plus que jamais de s'effondrer, la permaculture laisse entrevoir une lueur d’espoir… A la croisée de l’ancien monde marchand et consumériste et du nouveau monde de la créativité et du partage, le film nous invite à un voyage initiatique au pays de la permaculture.
Avec Andy & Jessie Darlington, Pascal Depienne, Eric Escoffier, Steve Read, Darren Doherty...
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