La proportion de chômeurs non indemnisés progresse | Think outside the Box | Scoop.it

A l'approche de la conférence sur la pauvreté et en pleine négociation sur la sécurisation de l'emploi, c'est un vrai sujet de réflexion pour les partenaires sociaux et l'Etat. Selon les données publiées hier par Pôle emploi, le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés - 2.658.300 fin octobre - n'a progressé, malgré un rebond en octobre (+ 1,1 %), « que » de 5,3 % en un an. Soit deux fois moins vite que le nombre d'inscrits à Pôle emploi.

Autrement dit, le régime d'assurance-chômage laisse, proportionnellement, de plus en plus de personnes sur le bord de la route, avec désormais moins d'un inscrit sur deux indemnisés (48 %). Et le phénomène devrait s'accentuer : pour 2013, l'Unedic ne prévoit d'indemniser que 7.300 personnes de plus, à comparer aux… 124.700 chômeurs de plus anticipés (catégorie A).

 

Le phénomène s'explique par la longueur de la crise, qui alimente la durée moyenne d'inscription à Pôle emploi (472 jours fin octobre), avec désormais près de 4 chômeurs sur 10 inscrits depuis plus d'un an. Résultat, la durée d'indemnisation étant équivalente au nombre de mois travaillés avant, avec un maximum de deux ans, beaucoup arrivent en fin de droits avant de retrouver un emploi. D'autant plus qu'avec l'essor des contrats courts, les entrées au chômage sont de plus en plus alimentées par des personnes arrivant avec peu de droits, voire aucun - il faut sortir d'au moins 4 mois de travail pour prétendre aux allocations.

Que deviennent les chômeurs perdant leurs allocations chômage ? Ceux qui ont travaillé au moins 5 ans sur les 10 années précédentes basculent sur l'Allocation spécifique de solidarité (ASS), également versée par Pôle emploi. Mais ils y perdent alors, en moyenne, la moitié de leurs revenus. En un an, le nombre de bénéficiaires a progressé de 5,4 %, pour atteindre 459.000 (en intégrant les autres dispositifs de solidarité, très limités, comme l'AER).

Renégociation des règles

Ceux qui n'ont pas droit à l'ASS basculent, eux, sur le RSA. En un an, le nombre de chômeurs (catégories A, B, C) le touchant a bondi de 13,3 %, pour atteindre 710.200. Les autres, parce qu'ils sont trop jeunes pour toucher le RSA ou que leur foyer dépasse les plafonds de revenu, viennent alimenter la cohorte des chômeurs ne touchant ni allocations ni minima sociaux.

La question d'un changement éventuel des règles d'indemnisation se posera lors de la renégociation de la convention d'assurance-chômage. Elle court jusqu'à fin 2013, mais les partenaires sociaux évoquent une renégociation dès le premier semestre, pour une refonte en vigueur à l'été prochain. Mais avec une dette anticipée à 17,7 milliards d'euros fin 2013, il sera difficile d'assurer une plus large couverture des précaires sans dégager de nouvelles ressources et sans réduire les allocations des autres chômeurs.

 

[Note du Curateur] Ceci est sans compter les nombreuses victimes de "bugs" organisés qui font disparaitre des chômeurs des statistiques...