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Jeb Bush, le cartel de la drogue mexicain et le « libre échange » : la famille Bush et le crime organisé

Jeb Bush, le cartel de la drogue mexicain et le « libre échange » : la famille Bush et le crime organisé | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Photos :

En haut, de gauche à droite : Jeb Bush - Raúl Salinas de Gortiari - Raúl Salinas Lozano

En bas : Carlos Salinas de Gortiari, le cosignataire de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en décembre 1992, avec le président des USA George H. W. Bush et le Premier ministre du Canada Brian Mulroney.

 

 

Jeb Bush, le cartel de la drogue mexicain

et le « libre échange » :

la famille Bush et le crime organisé

 

 

Jeb Bush est candidat à la présidence des États-Unis. 

Jeb est aussi le frère de George W. et le fils de George H. W. Bush. Mais il y a plus encore.

Jeb Bush a également eu des liens personnels étroits avec Raúl Salinas de Gortari, frère de l’ancien président mexicain Carlos Salinas de Gortari. Dans les années 1990, Raúl le « baron de la drogue », comme l’a appelé la procureure fédérale de la Suisse Carla del Ponte, était l’une des figures principales du cartel de la drogue mexicain.  

 

Avant de devenir gouverneur du Sunshine State (la Floride), Jeb Bush était un ami proche de Raúl Salinas de Gortiari :

 

« Il y a eu beaucoup de spéculation au Mexique à propos de la nature exacte de la profonde amitié entre Raúl Salinas et Jeb, le fils de l’ex-président George Bush. Il est bien connu ici que pendant de nombreuses années, les deux familles passaient leurs vacances ensemble, les Salinas à la maison de Jeb Bush à Miami, et les Bush au ranch de Raúl, Las Mendocinas, au pied du volcan à Puebla. »

 

« Ils sont nombreux au Mexique à croire que la relation est devenue la voie informelle des relations délicates et cruciales entre les deux gouvernements, qui ont amené le président Bush à parrainer l’ALENA. » (Jorge G. Castañeda, éminent intellectuel et ancien ministre des Affaires étrangères du Mexique, Los Angeles Times et Houston Chronicle, 9 mars 1995, caractères gras ajoutés)

 

Les liens personnels entre les familles Bush et Salinas étaient de notoriété publique. L’ex-président George H. W. Bush, lorsqu’il travaillait dans le secteur du pétrole au Texas dans les années 1970, avait établi des liens personnels étroits avec Carlos Salinas et son père, Raúl Salinas Lozano.


Raúl Salinas Lozano était le patriarche de la famille, père de Carlos et de Raúl Junior. D’après l’ancien secrétaire particulier de Raúl Salinas Lozano (dans une déclaration faite aux autorités étasuniennes) :

 

« (…) M. Salinas Lozano était une figure de proue du trafic de stupéfiants qui impliquait aussi son fils, Raúl Salinas de Gortari, son beau-fils, Jose Francisco Ruiz Massieu, numéro 2 du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) alors au pouvoir, et d’autres responsables politiques, selon les documents. M. Ruiz Massieu a été assassiné en 1994. » (Dallas Morning News, 26 février 1997, caractères gras ajoutés)

 

L’ex-président George H. W. Bush et Raúl Salinas Lozano étaient des « intimo amigos ». D’après l’ancien responsable de la Drug Enforcement Administration (DEA) Michael Levine, le cartel de la drogue mexicain était « une affaire de famille ». Carlos et Raúl étaient tous les deux des membres en vue du cartel, ce que savait l’Attorney General des USA Edward Meese en 1987, soit un an avant l’investiture de Carlos Salinas comme président du Mexique.

 

Avec l’investiture de Carlos Salinas comme président, c’est tout l’appareil de l’État mexicain qui s’est criminalisé, des membres du cartel s’accaparant des postes clés au sein du gouvernement. Le ministre du Commerce responsable des négociations commerciales qui ont mené à la signature de l’ALENA était Raúl Salinas Lozano, père de Raúl Junior le baron de la drogue et de Carlos le président.

 

C’est précisément durant cette période que le gouvernement Salinas s’est lancé dans un programme de privatisation radical sous les conseils du FMI.

 

Le programme de privatisation s’est transformé par la suite en une opération de blanchiment de milliards de dollars. Des narcodollars ont alors été investis dans l’acquisition de biens de l’État et de services publics.

 

Dans son témoignage devant le Congrès des USA (le 14 avril 1994), Richard Barnet du Institute for Policy Studies a affirmé que :

« des milliards de dollars d’actifs de l’État sont passés aux mains de partisans et de relations. » (Dallas Morning News, 11 août 1994)

 

En faisait partie la vente de Telefonos de Mexico, une société évaluée à 3,9 milliards de dollars qu’une relation des Salinas a achetée pour la modique somme de 400 millions de dollars (ibid).

 

Raúl Salinas était derrière le programme de privatisation. On l’appelait d’ailleurs « El Señor 10 por Ciento [Monsieur 10 pour cent], en référence à la part qu’il exigeait des soumissions proposées par ses connaissances en échange de son aide pour l’obtention d’entreprises, de concessions et de contrats [dans le cadre du programme de privatisation parrainé par le FMI]. » (The News, InfoLatina, Mexique, 10 octobre 1997)

 

 

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)

 

Raúl Salinas de Gortari est le frère de l’ex-président Carlos Salinas de Gortiari, le cosignataire de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en décembre 1992, avec le président des USA George H. W. Bush et le Premier ministre du Canada Brian Mulroney. Le plus ironique, ce n’est qu’une fois conclu cet accord historique que les liens de la famille de Carlos Salinas avec le trafic de stupéfiants par les soins de son frère Raúl ont été révélés.

 

L’administration de George H. W. Bush senior était pleinement consciente des liens avec le crime organisé pendant la présidence de Salinas. L’opinion publique aux USA et au Canada n’en a jamais été informée pour ne pas compromettre la signature de l’ALENA :

 

« D’autres anciens représentants disent avoir subi des pressions pour se tenir cois parce que Washington était obsédé par l’approbation de l’ALENA ».

 

« Nous avons toujours disposé de renseignements sur la corruption, notamment celle exercée par les trafiquants de drogue », a dévoilé Phil Jordan, qui a dirigé le bureau de Dallas de la DEA de 1984 à 1994. Sauf que « nous avions reçu l’instruction de ne rien dire de mal sur le Mexique. C’était un sujet tabou parce que l’ALENA était un ballon politique trop important. » (Dallas Morning News, 26 février 1997)

 

Autrement dit, au moment de la signature de l’ALENA, Bush Senior et Mulroney savaient tous les deux que l’autre signataire de l’accord, soit le président Salinas de Gortiari, avait des liens avec le cartel de la drogue mexicain.

 

En 1995, au lendemain du scandale et de l’arrestation de son frère Raúl pour meurtre, Carlos Salinas a quitté le Mexique pour élire domicile à Dublin. Ses liens présumés avec le cartel de la drogue ne l’ont pas empêché d’être nommé au conseil d’administration de la Dow Jones Company sur Wall Street, un poste qu’il a occupé jusqu’en 1997 :

 

« Salinas, qui a quitté le Mexique en mars 1995 après que son frère Raúl a été accusé d’avoir commandité le meurtre d’un opposant politique, a siégé au conseil d’administration de la société pendant deux ans. Il a été interrogé l’an dernier à Dublin par un procureur mexicain faisant enquête sur le meurtre, en mars 1994, de Luis Donaldo Colosio, qui voulait succéder à Salinas comme président. Un porte-parole de Dow Jones a nié la semaine dernière que Salinas a été contraint de ne pas présenter sa candidature à l’élection de son nouveau conseil d’administration, qui aura lieu à l’assemblée générale de la société le 16 avril (…). Salinas, qui a négocié l’entrée du Mexique dans l’accord de libre échanger avec les États-Unis et le Canada, a été nommé au conseil d’administration en raison de son expérience internationale. On n’a pu le rejoindre à sa résidence de Dublin la semaine dernière pour obtenir ses commentaires. » (Sunday Times, Londres, 30 mars 1997)

 

Washington a toujours nié toute implication de Carlos Salinas : « C’était son frère Raúl », Carlos Salinas « ne savait rien ». Les médias étasuniens ont continué de dépeindre Salinas comme un chef d’État modèle, un architecte du libre échange dans les Amériques et un ami de la famille Bush.

 

En octobre 1998, le gouvernement suisse a confirmé que le frère de l’ex-président du Mexique avait déposé quelque 100 millions de dollars de l’argent de la drogue dans des banques suisses :

 

« Elles [les autorités suisses] ont confisqué l’argent, car elles croient qu’il s’agissait d’une partie d’un montant beaucoup plus important versé à Raúl Salinas pour son aide aux cartels de la drogue mexicain et colombien pendant les six ans du mandat de son frère, qui a pris fin en 1994. Les avocats de M. Salinas ont soutenu qu’il maintenait en toute légalité un fonds d’investissement pour les gens d’affaires mexicains, mais la procureure fédérale suisse, Carla del Ponte, a décrit ses relations d’affaires de troublantes, d’incompréhensibles et de contraires au cours normal des affaires. » (Reportage de la BBC)

 

Quelques mois plus tard, soit en janvier 1999, après un procès de quatre ans, Raúl Salinas de Gortari a été reconnu coupable d’avoir ordonné le meurtre de son beau-frère, Jose Francisco Ruiz Massieu :

 

« Lorsque [Carlos] Salinas a quitté le pouvoir en 1994, la famille Salinas est tombée de son piédestal à la suite d’une série de scandales de corruption et à caractère criminel liés à la drogue. Raúl a été incarcéré et reconnu coupable d’avoir blanchi de l’argent et commandité l’assassinat de son beau-frère. Après dix ans passés en prison, Raúl a été acquitté des deux crimes (…).

 

« Quand le scandale a été dévoilé, les liens d’amitié entre Jeb et Raúl ne sont pas passés inaperçus. Jeb n’a jamais nié son amitié avec Raúl, qui [pour l’instant] garde un profil bas au Mexique.

 

« Kristy Campbell, la porte-parole de Bush, n’a pas répondu à une demande de commentaires. La chute de la famille Salinas a pris les Bush par surprise. « J’ai été très déçu des allégations à son endroit et à l’endroit de sa famille. Je n’ai jamais eu la moindre bribe d’information laissant croire que le président Salinas n’était pas totalement honnête », m’a confié Bush senior pendant l’entrevue de 1997. » (Dolia Estevez, Jeb Bush’s Mexican Connections, Forbes, 7 avril 2015, caractères gras ajoutés)

 

La chute de la famille Salinas aurait donc pris les Bush par surprise ? (Forbes, avril 2015) Pas si vite ; les Bush ont toujours su ce qu’ils faisaient.

L’ancien responsable de la DEA Michael Levine a confirmé que le rôle de Carlos Salinas dans le cartel de la drogue mexicain était connu des responsables étasuniens.

 

Le président des USA George H. W. Bush était régulièrement informé par des représentants du Département de la Justice, de la CIA et de la DEA.

 

Est-ce que Jeb Bush, qui se présente maintenant comme candidat du parti Républicain à la Maison-Blanche, était au courant des liens de Raúl avec le cartel de la drogue ?

 

La famille Bush était-elle complice d’une manière ou d’une autre ?

 

Voici là des questions qui doivent être abordées et débattues par le public à la grandeur des États-Unis avant les élections primaires présidentielles de 2016.

Dans un article publié par le Miami Herald (17 février 1997), Andres Openheimer écrivait ceci :

 

« des témoins disent que l’ancien président du Mexique Carlos Salinas de Gortari, son frère incarcéré Raúl et d’autres membres de l’élite dirigeante du pays ont rencontré le seigneur de la drogue Juan Garcia Abrego dans un ranch de la famille Salinas ; Jeb Bush admet avoir rencontré Raúl Salinas plusieurs fois, mais qu’il n’a jamais fait des affaires avec lui. »

 

Les autorités étasuniennes ont attendu que Carlos Salinas termine son mandat présidentiel pour arrêter le seigneur de la drogue mexicain Juan Garcia Abrego, qui était un proche collaborateur de Raúl Salinas, le frère du président. Pour sa part, Raúl Salinas était un « intimo amigo » de Jeb Bush :

 

« Juan Garcia Abrego, un fugitif figurant sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI, a été transporté en avion à Houston en fin de journée lundi, à la suite de son arrestation par la police mexicaine (…). Garcia Abrego, connu pour être le chef du second cartel de la drogue en importance du Mexique, avait échappé aux autorités des deux côtés de la frontière pendant des années. Son arrestation est une énorme victoire pour les gouvernements des USA et du Mexique. » (CNN, 16 janvier 2015)

 

Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Pendant que les Bush et les Salinas maintenaient leurs liens de longue date, Wall Street aussi était impliqué dans le blanchiment d’argent de la drogue :

 

« Un responsable étasunien a affirmé que le Département de la Justice a fait d’énormes progrès dans son enquête sur le blanchiment d’argent mettant en cause Raúl Salinas de Gortari et qu’il a identifié plusieurs personnes pouvant témoigner que le frère de l’ex-président a reçu de l’argent en échange de protection d’un des principaux cartels de la drogue. 

 

« Si les USA inculpaient M. Salinas, cela pourrait avoir des conséquences sur une enquête du Département de la Justice au sujet du blanchiment d’argent possible par la Citibank, où se trouvaient certains des comptes de M. Salinas. Citibank, qui fait partie de Citicorp, a nié avoir commis un quelconque délit. » (WSW, 23 avril 2015)

 

La participation de Citibank dans l’opération de blanchiment d’argent est mentionnée dans un rapport du Comité sur les Affaires gouvernementales du Sénat des USA. (US General Accounting Office  “Private Banking: Raúl Salinas, Citibank, and Alleged Money Laundering » Washington, 1998)

 

 

La fin de l’histoire

 

Raúl Salinas de Gortiari a été remis en liberté en 2005. Toutes les accusations portées contre lui ont été retirées.

 

Tout ce qui se rapporte aux Bush et aux Salinas est largement oublié.

 

Entre-temps, on réécrit l’histoire politique des USA…

Il n’en demeure pas moins que cet accord de « libre-échange » de 1992 (l’ALENA) a été signé par un chef d’État qui avait des liens avec le crime organisé. Est-ce que cela en fait un accord illégal ? La légitimité de l’ALENA n’a pas encore fait pour l’instant l’objet d’une procédure légale dans le cadre d’une enquête judiciaire.

 

Un « ALENA illégal » prépare le terrain pour l’Accord de partenariat transpacifique (TPP) et le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), qui se négocient derrière des portes closes.

Tout va pour le mieux dans la République étasunienne.

Du moins jusqu’aux prochaines élections présidentielles en 2016.

 

 

 

Par Michel Chossudovsky

Cet article est en partie basé sur une étude menée en 2002. L’article original de 2002 s’intitule « Bush Family Financial Scams » - article original en anglais : Jeb Bush, the Mexican Drug Cartel and “Free Trade”. The Bush Family and Organized Crime - traduit par Daniel pour Mondialisation.ca – le 1er juin 2015

 

 

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de « Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre », « La Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial » (best-seller international publié en plus de 10 langues). Contact : crgeditor@yahoo.com

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Ukraine/Donbass : le ras-le-bol de l’occupation kiévienne augmente

Ukraine/Donbass : le ras-le-bol de l’occupation kiévienne augmente | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Photo : Depuis le début du conflit dans le Donbass, on ne compte plus les accidents de la route, causés par la partie ukrainienne. Cela est dû essentiellement au manque de formation et d’expérience des conducteurs d’engins, surtout pour les matériels chenillés. - Polina, 7 ans, tuée par la soldatesque kiévienne



Ukraine/Donbass : le ras-le-bol de

l’occupation kiévienne augmente

 

La trêve se poursuit, mais le conflit continue. L’impression générale est que Kiev ne comprend pas ce qui a été signé à Minsk ou n’a pas l’intention d’honorer cet accord. Nous opterons, pour notre part, pour la seconde hypothèse. Alors que le régime « proeuropéen » prépare ce qu’il espère être une revanche pour le printemps qui arrive à grands pas, le ras-le-bol des populations du Donbass sous occupation kiévienne grandit, en même temps que grossit le nombre de mécontents dans l’Ukraine béhachélisée.

 

En même temps que les « conseillers » et « instructeurs » américains, britanniques et canadiens, les « contractors » occidentaux sont arrivés pour entrainer puis ensuite encadrer les paramilitaires ukrainiens. Hier, nous évoquions les préparatifs et manœuvres des forces armées de l’Ukraine, aujourd’hui nous pouvons affirmer que de semblables préparatifs se déroulent depuis plusieurs semaines du côté de la garde nationale, vers Kharkov et surtout en Galicie.

 

 

 

Le ras-le-bol de l’occupation grandit

 

Sur le secteur nord de Lugansk, il est évident que la trêve est utilisée par les forces de Kiev pour renforcer non seulement ses positions, mais aussi et surtout pour accumuler des moyens potentiellement offensifs. Le renseignement militaire des forces de la République populaire de Lugansk a observé ces derniers jours sur Schachtye et Stanitsa-Luganskaya, l’arrivée d’un bataillon de 600 hommes et d’une trentaine de véhicules blindés. Cela s’ajoute aux autres arrivées ces deux dernières semaines sur cette zone.


Sur Popasna, plus à l’ouest, encore tenu par les forces de Kiev, une petite compagnie du 9e « bataillon » de défense territoriale « Vinnytsia », en tout 70 paramilitaires, vient d’arriver sur place, via Kramatorsk. Des renforts sont encore signalés sur Kramatorsk, Artemovsk, sur Konstantinovka et bien entendu sur Volnovakha. Sur Konstantinovka, un bataillon de 34 chars a été signalé faisant mouvement ce soir dans la ville.

 

Il y a même eu beaucoup d’activité ces deux dernières semaines sur Konstantinovka (plus de 30 km au nord de Donetsk). Les engins militaires s’accumulent dans l’agglomération, les troupes aussi, et même sur ses abords immédiats de la ville et, cela, de façon fort inquiétante ; à tel point qu’aujourd’hui un MT-LB est sorti de la route en plein centre-ville, causant des blessés parmi les civils et même une petite fille de 7 ans a été tuée et une femme serait aussi décédée des suites de ses blessures.


Un accident lié à l’alcoolisme du conducteur, visiblement. Cela a immédiatement provoqué une échauffourée du côté des civils, vers 20 h 30 (heure locale), qui sont allés protester jusque sous les fenêtres d’un casernement des forces de Kiev (dans une école !), obligeant ces dernières à tirer en l’air pour se dégager. Un bus et une camionnette des troupes d’occupation ont été brûlés, des civils ont lancé des bouteilles vides et des projectiles contre des militaires ukrainiens. Une porte d’un bâtiment occupé par la troupe a été incendiée. Des unités kiéviennes ont été appelées en renforts pour faire face à la colère légitime et spontanée de la foule. Il semblerait, ce soir, que l’attroupement de plus de 500 personnes se soit dispersé, mais la tension demeure en ville.

 

 

 

 

 

Depuis le début du conflit dans le Donbass, on ne compte plus les accidents de la route, divers et variés, causés par la partie ukrainienne. Cela est dû essentiellement au manque de formation et d’expérience des conducteurs d’engins, surtout pour les matériels chenillés. Il y a aussi des cas de forte consommation d’alcool en service, ce qui semble être une banalité au sein des forces de Kiev.

 

Les civils des zones sous contrôle kiévien et à proximité de la ligne de front dans le Donbass supportent de moins en moins la présence oppressante des forces ukrainiennes (surtout des paramilitaires) depuis des mois. Les brutalités, le pillage, les vexations de toutes sortes de la part de militaires et surtout de paramilitaires à l’encontre des populations civiles ont engendré un ressentiment que le régime a désormais bien du mal à juguler.


L’impunité dont bénéficient ces soudards qui se conduisent comme en pays conquis n’a fait que renforcer, dans les esprits, un sentiment de rejet total de ce que peut représenter un uniforme ukrainien. Le pouvoir en place à Kiev a beau faire croire, par des manifestations organisées (en faisant souvent venir des figurants de Kiev voire de Galicie comme à Mariupol dernièrement), que la population de ces agglomérations lui est toute acquise, les faits sont têtus. Il y a une hostilité de plus en plus généralisée envers la soldatesque kiévienne dans les zones sous contrôle de la junte.


Dans la journée, on signalait de nombreux accrochages sur l’aéroport de Donetsk, sur Spartak et sur Peski, avec l’appui de mortiers. Sur Spartak, les forces de Kiev semblent même avoir engagé de l’infanterie et des blindés. Les quartiers sud-ouest de Donetsk ont reçu au moins une salve d’artillerie en début de soirée. En de nombreux endroits, le front reste toujours sous tension, comme au nord-ouest de Lugansk, à l’ouest de Donetsk, au nord et au nord-ouest de Gorlovka et, bien entendu à l’est et au nord-est de Mariupol. Sur Shirokino, aujourd’hui, il y a encore eu des accrochages sporadiques.

 

 

Le dernier rempart du régime

 

Même si nombre de groupes paramilitaires d’extrême droite posent problème, surtout en raison de leurs accointances avec le crime organisé, le narcotrafic et les ventes d’armes illégales, ils restent pour le régime l’ultime recours en cas de crise interne majeure.

 

Ce qui reste du « bataillon » de la garde nationale d’Ivano-Frankivsk, une compagnie tout au plus, vient de rentrer du front. Parmi eux, des activistes de Praviy Sektor. Voilà des hommes sur qui la junte peut compter pour tirer à vue contre des manifestants qui exprimeraient leur mécontentement du régime


Anton Geraschenko, un proche collaborateur du ministre ukrainien de l’Intérieur, Arsen Avakov, et qui ne cache pas sa proximité avec les néobandéristes, affirme que les citoyens ukrainiens qui refusent la pénurie, l’inflation, le chômage, la casse sociale, la corruption endémique et la guerre dans le Donbass, en somme toute la misère que le paradis « proeuropéen » leur a apportée depuis 1 an, sont des agents « payés par Poutine ». « On doit mettre fin à ces manifestations et ces rassemblements payés et truqués ! », affirme-t-il hautement sur sa page Facebook. Les rassemblements de protestation contre le pouvoir de Kiev se multiplient partout dans le pays, y compris dans la capitale. La réponse du régime risque d’être des plus nuancées puisque nombre d’unités de paramilitaires extrémistes ont été rappelées du Donbass ces derniers temps. Avakov et Geraschenko sauront les utiliser au mieux contre leurs propres compatriotes.

 

Le « Führer » de Praviy Sektor, député élu à la Rada grâce à Kolomoisky et « chef » du Corps des volontaires ukrainiens (DUK), Dmytro Yarosh vient d’être nommé « conseiller » (sic) du chef de l’état-major général des forces armées de l’Ukraine. Yaroch ne connaît à peu près rien des questions militaires (il est diplômé de la fac de Philologie), même s’il fut formé jadis par les forces britanniques et qu’il fit un séjour en Tchétchénie du côté des jihadistes (mais moins long que celui du néonazi Oleksandr Muzychko dit Sashko Bily). Mais il fera un excellent commissaire politique pour fliquer les officiers supérieurs de l’armée ukrainienne et un mouchard idéal pour les « conseillers » américains, pour le chef de la police politique (SBU), l’Ukrainien à passeport américain Valentin Nalyvaychenko – dont il est un proche —, et bien entendu pour le « parti de la guerre » (Yatseniuk, Avakov, Turchinov…) qui sévit à Kiev.

 

Un flicage qui sera bien utile pour la suite des événements et qui permettra de dénicher des responsables idéaux et de faire tomber des têtes d’ici quelques mois quand, une fois les hostilités reprises pleinement, les forces de Kiev auront à subir de nouveaux échecs cuisants.

 

Le journal Le Miroir de la semaine, qui est considéré comme faisant autorité à Kiev, rapporte que le bilan de la catastrophe de Debaltsevo s’élèverait à 65 % de véhicules blindés « perdus » (détruits ou capturés) et 70 % pour l’artillerie (surtout la 55e brigade qui a quasiment perdu tous ses obusiers de 152 mm 2A65), selon des sources de l’état-major général. Et de préciser que les pertes des troupes ukrainiennes lors de la « retraite organisée » pour sortir du chaudron s’élèveraient à 127 véhicules blindés de tous types. Et le journal de conclure que « l’état-major fut absolument incompétent et ce gaspillage d’équipement militaire est irremplaçable pour l’Ukraine ».

 

 

 

Par Jacques FrèreNationsPresse.info – le 16 mars 2015

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