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Think Outside The Box

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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Under attack

Under attack | Think outside the Box | Scoop.it

Le 3 mai aura lieu la Journée mondiale de la liberté de la presse. Défendre dans un journal le droit des journalistes de faire leur travail n'est pas aussi facile qu'on pourrait le penser. En se mobilisant pour des membres de sa profession, on risque d'être accusé de corporatisme. Il est vrai qu'il n'existe pas de journée mondiale pour défendre les charpentiers qui se tuent en tombant de leur toit, ni de journée mondiale pour aider les marins pêcheurs qui coulent dans la tempête avec leur bateau, ou de journée mondiale pour les planteurs de cacao ruinés par l'effondrement des cours de la cabosse.

 

Mais on imagine mal un journal comme Charlie Hebdo passer devant cette journée en levant le nez en l'air pour faire semblant de ne pas l'avoir vue.

 

En France, un journaliste est actuellement poursuivi en justice pour avoir fait un doigt d'honneur à des policiers pendant une manif. Il n'a pas sa carte de presse, et même s'il a des opinions politiques tranchées, ce qui est son droit, on s'étonne qu'il lui soit interdit de manifester à Paris, comme n'importe quel citoyen. Depuis novembre, les émeutes ont mis les passions à vif, du côté de la police comme du côté des manifestants, mais aussi des journalistes, professionnels ou non. Les esprits s'enflamment comme des allumettes, et la violence, verbale ou physique, est de moins en moins contenue.

Mais qu'est-ce que la violence, quand on fait le métier de journaliste ? Il y a quelques jours avait lieu à Vienne, en Autriche, organisé par l'OSCE1 , un colloque sur le sujet, intitulé « Journalists Under Attack » . « Attaque » est effectivement le mot qui convient.

Inga Sikorskaia, journaliste au Kirghizistan, nous a raconté comment le chauffeur de son taxi avait tenté de la tuer en s'éjectant de son véhicule après l'avoir lancé à pleine vitesse dans le décor.

Matthew Caruana Galizia nous a décrit comment il avait compris, en entendant une détonation énorme, que c'était la voiture où se trouvait sa mère qui venait d'exploser, après que celle-ci n'a eu de cesse de dénoncer une banque maltaise impliquée dans du blanchiment d'argent sale.

Nadezhda Prusenkova nous a expliqué que, malgré l'assassinat de six reporters de son journal depuis 2000, il y avait encore des jeunes qui postulaient pour travailler avec elle au Novaya Gazeta, rendu tristement célèbre quand Anna Politkovskaya fut exécutée dans le hall de son immeuble, à Moscou, en 2006.

Olivera Laki , journaliste au Monténégro, nous a montré comment elle fut touchée aux jambes par les tirs de tueurs, devant son domicile, probablement commandités par la mafia de son pays, sur laquelle elle enquêtait.

Tatyana Felgenhauer a regretté que les assassinats de journalistes chez elle, en Russie, n'aient jamais mobilisé l'opinion publique, comme en France après le 7 janvier 2015. Car selon elle, là-bas, en Russie, la vie d'un journaliste, tout le monde s'en fout. Un journaliste, ce n'est pas important. Un journaliste, ça n'a pas de valeur.

Dans les pays de l'Est, a précisé Inga Sikorskaia, un journaliste sait tout de suite s'il est suivi dans la rue. « On le sent derrière nous, on n'a même pas besoin de se retourner. »

Dans la salle du colloque s'étaient glissés des représentants des gouvernements mis en cause. Ils étaient venus jusqu'à Vienne pour surveiller les journalistes de leur pays. Même plus besoin de les suivre. Ils étaient devant nous, dans la salle, arrogants et menaçants : nous sommes là, nous vous surveillons, semblaient-ils nous dire. Non, la guerre froide n'est pas terminée. Elle a juste échangé ses manteaux de cuir et ses chapeaux en feutre de KGBistes contre des tailleurs imprimés et des chemisiers en soie.

Une représentante du gouvernement serbe prit la parole pour contredire la journaliste serbe qui dénonçait les pressions qu'elle avait subies. Cette officielle nous expliqua que les journalistes avaient aussi des responsabilités, qu'ils devaient faire attention à ce qu'ils écrivaient, et que pour cela, ils devaient être « objectifs ».

Un refrain qu'ici aussi, en France, nous avaient seriné en janvier 2015 les paillassons de la trouille et de la lâcheté. À la différence que ces donneurs de leçons n'étaient pas membres du gouvernement serbe ou kirghize, mais journalistes français.

 

La France. Vous voyez de quel pays je parle ? L'objectivité journalistique, c'est de la merde.

 

C'est ce que je leur ai expliqué, en termes mieux choisis, quand vint mon tour de parler. J'avais vraiment envie de lui casser la gueule, à cette officielle serbe venue surveiller et contredire ses compatriotes journalistes.

En France, la liberté de la presse est née pendant la Révolution, avec des journaux qui ne faisaient pas des enquêtes « objectives », mais qui exprimaient des idées, des valeurs, des opinions. Le premier stade de la liberté de la presse, c'est la liberté d'opinion. J'ai continué en martelant qu'il ne fallait surtout pas faire le journalisme « objectif » que réclamaient les autorités, mais au contraire, d'abord et avant tout, proclamer ses convictions. Et plus encore quand elles sont contraires à celles du pouvoir. Le journalisme « objectif » n'a rien à voir avec les règles de déontologie que doivent effectivement respecter les journalistes dans leur travail.

Le journalisme « objectif » est le cache-sexe de la censure.

 

Tatyana Felgenhauer, qui avait été poignardée dans le cou à Moscou, a conclu son intervention par ces mots d'une humilité intimidante : « Je ne suis pas une victime. Je ne veux pas être traitée comme une victime. Je ne veux pas qu'on ait pitié de moi. Je veux juste pouvoir faire mon travail. »

 

1. OSCE : Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

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Premier prototype de cœur imprimé 3D à partir de tissu humain

Premier prototype de cœur imprimé 3D à partir de tissu humain | Think outside the Box | Scoop.it

Le professeur Tal Dvir

 

 

Des scientifiques ont présenté lundi à Tel-Aviv, en Israël, un prototype de coeur humain imprimé en 3D à partir de tissus humains et avec des vaisseaux, une avancée "majeure" selon eux dans le traitement des maladies cardiovasculaires et la prévention du rejet des greffes.

 

Les chercheurs de l'université de Tel-Aviv ont présenté à la presse ce coeur inerte de la taille d'une cerise, plongé dans un liquide.

"C'est la première fois qu'on imprime un coeur dans son intégralité avec ses cellules et ses vaisseaux sanguins, c'est aussi la première fois qu'on utilise de la matière et des cellules provenant du patient", a dit l'un des scientifiques, le professeur Tal Dvir, qui a dirigé les recherches.

Des scientifiques sont parvenus à produire la structure d'un coeur par le passé, mais avec des éléments synthétiques ou naturels, et ne provenant pas du patient, au risque d'une réaction immunitaire de l'organisme, a-t-il dit dans un laboratoire de l'université de Tel-Aviv.

Dans l'article correspondant publié par la revue scientifique Advanced Science, les auteurs de l'étude disent avoir conçu un procédé permettant non seulement de produire, à partir de cellules prélevées sur le tissu du patient, l'hydrogel servant à façonner des patches cardiaques vascularisés parfaitement compatibles avec le receveur, mais aussi des structures cellulaires entières avec leurs principaux vaisseaux, comme des coeurs.

Cependant, "si l'impression en 3D est considérée comme une approche prometteuse pour concevoir des organes dans leur intégralité, plusieurs difficultés demeurent", ont-ils relevé.

 

 

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« Crépuscule », de Juan Branco, met l’oligarchie à nu

« Crépuscule », de Juan Branco, met l’oligarchie à nu | Think outside the Box | Scoop.it

Un décorticage des mécanismes par lequel le système oligarchique a placé Emmanuel Macron au pouvoir : c’est ce qu’opère le livre de Juan Branco, en flagellant les médias serviles qui servent l’oligarchie. Ils répondent par le silence. Mais le public a adopté un livre utile et qui mérite d’être lu.

Voici un livre politique qui est en tête des ventes ou à peu près, dès sa sortie il y a deux semaines, et dont pourtant personne — enfin, aucun « grand média » — ne parle. Il y a là un mystère. Ce livre est-il inintéressant ? Non. Manque-t-il d’originalité ? Point. Mal écrit ? La plume n’est pas des plus légères, mais on a lu largement pire. Serait-il abracadabrant, inepte, mensonger, idiot, benêt, déraisonnable, fade ? Que nenni, on vous dit.

Il n’y a qu’une explication au lourd silence des Joffrin, Fressoz, Apathie, Barbier, Jeudy, Calvi, politologues de tout poil et éditorialistes de toute domesticité : le livre les dérange. Il dérange leur monde, leurs liens, leurs asservissements, leurs idées, leur subordination. Car Crépuscule n’y va pas de mainmorte. Dans l’entreprise, non pas de démolition, mais d’élucidation qu’il mène à propos du système macronien, il décrit avec précision les plus ou moins subtiles façons dont quelques oligarques — au premier rang desquels Xavier Niel, copropriétaire du Monde et de L’Obs, Bernard Arnault, propriétaire d’Aujourd’hui-Le Parisien et des Échos, Patrick Drahi, propriétaire (jusqu’à il y a peu) de Libération, de L’Express et de BFM-RMC —, dont quelques oligarques, donc, ont organisé la résistible ascension de leur brillante marionnette, Emmanuel Macron, en usant et abusant de leurs valets médiatiques. Signer une recension de Crépuscule dans un de ces désolants médias serait donc soit s’exposer à une douloureuse censure interne ou à quelque vicieuse réprimande, soit se livrer à des contorsions tartuffiennes dont ce qui reste d’honneur à l’un ou l’une de ces plumitifs leur interdit le ridicule de s’y livrer.

La première raison qui conduit à s’intéresser à ce livre est l’épais mur de silence dont le chœur des valets des puissants l’a accueilli. Mais ce mutisme révèle une vérité intéressante : car il est plaisant que leur silence n’ait aucun effet sur le public, qui a reconnu sans eux un ouvrage qui mérite le détour. Les quelques dizaines de milliers d’exemplaires vendus sont autant de soufflets au visage de l’oligarchie. Ce silence des puissants accrédite donc une thèse de l’auteur, Juan Branco, selon laquelle le système macronien est à son crépuscule.

Mais venons-en au contenu même du livre. Il décrit « un système oligarchique », justement défini comme « un espace public dominé par des individus dont la fortune, immense, dépend directement ou indirectement de l’État, et qui investissent une part de leurs deniers pour prendre le contrôle de médias afin de les assécher, en réduire le pouvoir et d’en tirer une influence qui assurera la préservation de leurs intérêts au détriment du bien commun ». La suite n’est pas un essai théorique, mais un décorticage précis et quasiment de l’intérieur du fonctionnement de ce système.

Car Juan Branco est un transfuge. Lui-même issu de la grande bourgeoisie, il a fréquenté dès son plus jeune âge un des ses lieux de reproduction, l’École alsacienne. Il évoque ainsi « le miracle des dispositifs de reproduction : faire croire à chacun, dès le plus jeune âge, qu’il ne se trouve de nulle façon favorisé ou défavorisé, et que tout rapport à l’autre est le fruit de [son] individualité ». C’est dans les écoles de ce type, telles aussi que Franklin — où Brigitte Macron a enseigné, tissant de précieuses relations avec les parents fortunés de ses élèves —, Saint-Louis-de-Gonzague, quelques autres, que les héritiers se transmettent le capital culturel et relationnel qui va leur permettre de se retrouver rapidement dans les positions dominantes.

« Emmanuel Macron a été “placé” bien plus qu’il n’a été élu »

Juan Branco décrit ainsi l’itinéraire d’un de ses condisciples, Gabriel Attal, nommé à vingt-neuf ans secrétaire d’État chargé de la Jeunesse, « alors qu’il n’a jamais connu ni l’université ni l’école publique, auprès d’un ministre de l’Éducation chargé de les réguler ». Au demeurant, Branco a connu aussi ce type d’accélération, se retrouvant en 2012, à vingt-trois ans, directeur de cabinet d’Aurélie Filippetti lors de la campagne de François Hollande. Un itinéraire qui lui a permis de connaître de l’intérieur nombre des acteurs du système, comme Xavier Niel, qui lui parle en 2014 d’Emmanuel Macron comme du « futur président de la République ».

Car, si Branco décrit les façons dont des Attal, Séjourné, Emelien, jeunes héritiers sans foi ni morale, se constituent en une jeune garde d’Emmanuel Macron, il montre aussi que celui-ci « a été “placé” bien plus qu’il n’a été élu ». On connaît certes assez bien le trajet de Macron à l’ombre de ses nombreux, riches et vieux protecteurs (Attali, Jouyet, Hermand), notamment par la biographie que lui a consacré Marc Endeweld (L’ambigu Monsieur Macron, éd. Flammarion, 2016). Mais Branco précise nombre de traits, et notamment le jeu du binôme Xavier Niel et Bernard Arnault, deux des milliardaires les plus riches de France, qui ont acquis un réseau de médias. En orchestration avec les médias détenus par leurs confrères milliardaires Drahi, Bolloré, Bouygues, Lagardère, Dassault, ils ont réussi, grâce au talent servile de leurs subordonnés médiatiques, à transformer l’ambitieux Macron en un président inattendu et mettant l’État au service de leur idéologie et de leurs intérêts.

Ce qui a joué, ce sont les « liens d’endogamie et de népotisme profond faisant jointure entre ces quelques personnes, qui utilisèrent tous leurs moyens publics ou para-publics pour faire campagne pour M. Macron, en dehors de tous les dispositifs de régulation électorale chargés de s’assurer de l’égalité entre les candidats ». Branco détaille aussi nombre des petites histoires et arrangements par lesquels les médias servent concrètement la soupe, et conclut en ramenant ce paysage médiatique à « un putride espace où la peur et l’incertitude règnent ». On comprend qu’aucun de ces plumitifs n’ait l’envie de chroniquer un livre qui dévoile leurs turpitudes.

Oligarques et journalistes asservis, « ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption. Les mécanismes de reproduction des élites et de l’entre-soi parisien, l’aristocratisation d’une bourgeoisie sans mérite, ont fondu notre pays jusqu’à en faire un repère à mièvre et arrogants, médiocres et malfaisants ». L’auteur en appelle en définitive à une « destitution et à un bouleversement institutionnel qui nous permette enfin, par un régime parlementaire approfondi, de rendre au peuple ses propres outils ». Il voit ainsi dans les Gilets jaunes les « derniers défenseurs d’une République échancrée et d’une démocratie avariée ». C’est bien l’aspiration qui se joue dans le mouvement profond qui s’est ébranlé depuis quatre mois : refaire démocratie. Crépuscule est un outil qui y contribue.

 

Hervé Kempf (Reporterre)

Jacques Le Bris's insight:

 

Crépuscule, de Juan Branco, éditions Au Diable vauvert, mars 2019, 320 p., 19 €.

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La Gazette des Gilets Jaunes N°10

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Samedi 23 mars 2019 - Gazette totalement collaborative !

 

L’Assemblée des Assemblées est en route pour Saint-Nazaire !

Après l’historique Assemblée des Assemblées des 26 et 27 janvier à Commercy, regroupant plus de 75 groupes Gilets Jaunes venus de toute la France, c’est à Saint-Nazaire que le peuple des Gilets Jaunes occupe sa maison et acceuillera plus de 200 délégations pour cette édition du 5/6/7 avril prochain. Maison du Peuple occupée depuis le 24 novembre par des citoyens Giltets Jaunes qui seront expulsés le 23 avril, suite à une décision réglée à l’amiable au tribunal d’instance de Saint-Nazaire, pour laisser place à un projet immobilier.

https://reporterre.net/Le-peuple-des-Gilets-jaunes-occupe-sa-maison-a-Saint-Nazaire

 

Sommaire

 

Les Vers Jaunes #1

Témoignage : « La rue... »

Bloquons les usines d’armement !

« Paroles du terrain »

Archéologie Politique

Pétition ACRIMED

Il y a 4 ans «Je Suis Charlie»... Manifestation devant l’ONU

Le D.A.C

Le problème de la dette est-il insoluble ?

Vite fait, mal fait

Merci Macron !

Réseau 5G

Chronologie d’une fièvre jaune

Lettre de Léo à Monsieur Macron

Coups pour Coups

Agenda de nos Débats Thématiques

Les Vers Jaunes #2

Mots Mêlés

La liste des licenciements...

Infos Serveurs Discord Gilets Jaunes

Zoom

 

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Les Verts vont mettre nos enfants sous Prozac

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Chirurgien, énarque, entrepreneur, Laurent Alexandre est aujourd'hui business angel.

 

Ressuscitant les peurs des chrétiens de l'an mille, ils font croire à la jeunesse que le monde court à sa perte à brève échéance.

Les prédictions apocalyptiques sont récurrentes : quand j'étais jeune médecin, le discours dominant était que nous allions tous mourir de cancers de la peau, à cause de la disparition de la couche d'ozone. Elle se reconstitue grâce à la technologie, et nous ne sommes pas tous morts de cancers cutanés. Mais la volonté de paniquer la jeunesse, en lui faisant croire que le monde court à sa perte à brève échéance, n'a pas disparu.  

Ressuscitant les peurs des chrétiens de l'an mille, on persuade les jeunes qu'on brûlera bientôt dans l'enfer du réchauffement climatique, sauf s'ils acceptent une réduction massive de leurs libertés. Le site Novethic.fr a publié une liste des mesures à prendre pour "limiter le réchauffement climatique" : interdiction de vendre des véhicules neufs, interdiction de la publicité en ligne, limitation à 1 kilo de vêtements neufs par an et par personne, contingentement du café, du thé et du chocolat, des fruits exotiques, interdiction de tout vol hors d'Europe non justifié, couvre-feu thermique entre 22 heures et 6 heures, interdiction d'avoir un jardin non potager (il faut remplacer nos hortensias par des poireaux), etc.  

 
 
 
 
 
 
 

La transition écologique ne passe pas par la dictature

La jeune et très irritante Greta Thunberg organise une grève de l'école pour exiger que nous divisions au minimum par quatre notre consommation énergétique, ce qui ramènerait la consommation des Français entre celle du Nigeria et celle de l'Égypte. Imposer un tel retour en arrière ne peut passer que par la dictature. Les jeunes qui font la grève de l'école sont manipulés par des officines cherchant à faire avancer leur agenda révolutionnaire ou à servir les intérêts des industriels des énergies prétendument renouvelables. On persuade la jeunesse que la seule solution est d'accepter la dictature et de revenir au moyen âge.  

Il ne s'agit pas de nier l'urgence climatique, mais de développer les technologies permettant de diminuer l'empreinte carbone et de réaliser la transition écologique sans passer par une dictature, fût-elle verte. Certains proposent que nous arrêtions de faire des enfants jusqu'à disparaître de la surface terrestre pour laisser place à une nature vierge. L'AFP a publié une iconographie montrant que la meilleure mesure pour améliorer l'environnement était de ne plus faire de bébés. Des jeunes déclarent sur les réseaux sociaux : "Je ne veux pas faire d'enfant, pour diminuer mon empreinte CO2..." Cela fait mal au coeur, alors que - hors immigration - la population s'effondre en Europe, contrairement à l'Afrique, qui va dépasser 4 milliards d'habitants à la fin du siècle. L'urgence n'est pas de pousser les adolescents européens à se faire stériliser, c'est de les convaincre de faire plus de bébés.  

 

 

 

La vie n'a jamais été aussi magnifique

 

Ne laissons pas traumatiser nos gamins, que les Verts apocalyptiques vont finir par rendre dépressifs, d'autant plus que les antidépresseurs ne marchent pas très bien chez l'enfant ! Nous devenons un peuple de petits vieux attendant la fin du monde, et nous démoralisons notre jeunesse. Jeunes, vous allez vivre une période extraordinaire, et le monde n'a jamais été si doux : 1 milliard d'humains sont sortis de la misère depuis 1995. N'écoutez pas les marchands de peur, les intellectuels apocalyptiques, les ayatollahs verts : la vie n'a jamais été aussi magnifique. Et ne soyez pas les idiots utiles du lobby des industriels des énergies renouvelables : l'économie "verte" est un immense fromage. Les prêcheurs de l'apocalypse qui vous démoralisent cachent que la France est très vertueuse en matière de gaz à effet de serre grâce au nucléaire. Interdisons aux ayatollahs verts de faire peur à nos enfants : laissons-les vivre une jeunesse insouciante et savourer leur chance de vivre en 2019.  

 

Par Laurent Alexandre,

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Le projet de loi énergie-climat nous prend pour des imbéciles

Le projet de loi énergie-climat nous prend pour des imbéciles | Think outside the Box | Scoop.it

Un manifestant réclame la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le 3 février 2018 à Strasbourg.

 

Cette loi de régression énergétique valide par exemple la durée de vie à 50 ans de nos réacteurs, faisant prendre un risque vital à de nombreux concitoyens.

 

Le projet de loi énergie-climat devrait changer d'intitulé pour être dénommé loi de régression énergétique. En effet, ce texte au demeurant très court n'est destiné qu'à valider plusieurs reculades majeures du gouvernement sur nos objectifs climatiques, reculades au demeurant probablement incompatibles avec nos engagements communautaires.

À titre préliminaire, on soulignera le caractère paradoxal de ce projet de loi qui intervient alors même que la ville de Grande-Synthe et les associations regroupées autour de "l'Affaire du siècle" poursuivent l'État pour une inaction climatique. La démonstration de cette inaction -on pourrait même parler d'action contre-productive- est parfaitement illustrée par ce texte qui prend nos concitoyens pour des imbéciles.

En effet, le gouvernement ayant décidé, en dépit de toute rationalité économique, financière et industrielle, de renforcer la part du nucléaire dans le mix énergétique (alors que celle-ci n'a jamais été aussi faible puisqu'elle est passée de 77 à 68% entre 2005 et 2017), toute la logique de la politique énergétique s'en trouve inversée. La place des énergies renouvelables, malgré les envolées lyriques, reste congrue et la meilleure preuve en est que les investissements R&D sont d'un facteur 1 à 100 entre le renouvelable et le nucléaire (ce qui montre le mensonge flagrant dans les déclarations étatiques sur la volonté de pousser les énergies renouvelables). Et l'accent ne doit surtout pas être mis sur la réduction de la consommation énergétique; en effet, il faut vendre l'électricité nucléaire. D'où la substitution à la règle du facteur 4 –c'est-à-dire de la réduction par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre pour 2050- pourtant fixée dans le droit communautaire, d'une règle de neutralité carbone qui n'a aucune valeur juridique et surtout aucune réalité technologique. Il s'agit en effet de prétendre compenser les émissions de gaz à effet de serre -qui donc théoriquement peuvent continuer à croître- par l'absorption de ces mêmes gaz. Cette prétention est à la fois stupide et tragique. Elle est stupide dans la mesure où malheureusement les puits de carbone que constituent la forêt et les océans jouent de moins en moins leur rôle et que nous ne disposons pas de technologies permettant aujourd'hui de stocker de manière définitive et sûre le carbone. C'est donc un pari lancé par les mêmes ingénieurs, disciples du Docteur Folamour, qui il y a 50 ans affirmaient pouvoir régler la question des déchets nucléaires. C'est tragique dans la mesure où la France fait un choix suicidaire, à l'opposé de celui des autres pays tout en prétendant vouloir servir d'exemple. C'est pathétique!

Ce choix majeur étant fait, il ne reste plus qu'à en tirer les conséquences qui sont celles de la régression.

Cette régression est tout d'abord de reculer la réduction de la part du nucléaire à 50% en 2025 à une date ultérieure -ce qui aurait été parfaitement atteignable puisque nous sommes à 68% et que donc plus d'1/3 du chemin entre 75 et 50 a déjà été fait sans fermeture d'aucun réacteur. Au passage, la loi valide la durée de vie à 50 ans de nos réacteurs, ce qui, quand on sait l'état plus que préoccupant de nos vieux réacteurs -reconnu au passage par l'ASN- consiste à faire prendre, en toute connaissance de cause, un risque vital à nombre de nos concitoyens.

 
Limiter à 2° la température impose et de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre et de trouver de surcroît des solutions de compensation pour les émissions qui resteront. Le projet français est un très mauvais signal, venant d'un pays qui prétend à l'exemplarité climatique, pour tout le reste du monde.

Ensuite, la régression concerne la diminution de nos ambitions en termes de consommation d'énergie finale par rapport à 2012 (fixé par la conférence environnementale de 2013) puisque l'objectif intermédiaire de 20% en 2030 est ramené à 17%, rendant impossible l'atteinte de l'objectif de 50% en 2050, ce dont nos gouvernants actuels se moquent éperdument puisqu'ils ne seront plus là à cette époque. Quant à la réduction de la consommation d'énergie fossile, elle reste bien théorique puisque si quatre centrales à charbon doivent être fermées, le gouvernement ne cesse de délivrer des permis d'exploration pétrolière à Total, renforçant ainsi à terme la production de pétrole et par voie de conséquence l'augmentation de la consommation d'énergie fossile.

De toute façon, les émissions de gaz à effet de serre sont revues à la hausse puisque l'objectif de plafond de 254 millions de tonnes CO2 initialement prévu pour 2023 est remonté à 277 millions tonnes dans le projet PPE, accessoire de la loi climat énergie.

En définitive, c'est donc bien une régression qui est envisagée et non pas du tout le projet ambitieux présenté par Monsieur de Rugy. Espérons que les organismes concernés, à savoir le CESE et le Conseil d'État auront le courage de rappeler au gouvernement ses engagements et ses devoirs, les uns et les autres étant manifestement ignorés par le projet. En effet, ce texte devra être confronté aux différents textes communautaires qui viennent d'être adoptés (directives du 11 décembre 2018 relative aux énergies renouvelables d'une part et l'efficacité énergétique d'autre part, le règlement sur la gouvernance de l'Union de l'énergie et de l'action pour le climat du 11 décembre 2018). Or, la prémisse de départ c'est-à-dire l'oubli du facteur 4 n'est pas compatible avec les orientations communautaires. En effet, limiter à 2° la température impose et de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre et de trouver de surcroît des solutions de compensation pour les émissions qui resteront. Le projet français est un très mauvais signal, venant d'un pays qui prétend à l'exemplarité climatique, pour tout le reste du monde. C'est un très mauvais coup porté à tous les jeunes qui s'emparent aujourd'hui de la question climatique.

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

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« L’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais le plus manipulé »

« L’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais le plus manipulé » | Think outside the Box | Scoop.it

Le Monde – 19 février 2019

 

Etat d’Exception : une inscription « Juden » sur la vitrine d’une boutique Bagelstein, des tags de croix gammées sur les portraits de Simone Weil, la dégradation du lieu de mémoire d’Ilan Halimi… Quelle est ta lecture des actes antisémites des derniers jours ?

Michèle Sibony : ces actes sont bien sûr insupportables et toute la difficulté est de les voir pour ce qu’ils sont, indépendamment de la manipulation outrancière dont ils font l’objet. Ces actes réveillent une anxiété liée à la diffusion et à la normalisation de l’antisémitisme au sein de la société. Que l’on puisse aujourd’hui écrire « Juden » sur une vitrine a quelque chose d’effrayant.

Le problème face à de tels actes, c’est le double écran que constitue leur instrumentalisation ; un écran qui aveugle aussi bien ceux qui voient dans ces actes la résurgence du nazisme, que ceux qui ne voient que leur instrumentalisation. Notre capacité de regarder et d’analyser ces faits pour ce qu’ils sont est mise à mal par ce double écran.

Ces actes surviennent dans un contexte social très particulier et son utilisés politiquement pour discréditer les « gilets jaunes » et dire à la population que c’est à cause des juifs qu’on va brimer ce mouvement. Des actes tout aussi racistes visent de manière régulière des lieux de culte musulmans, par exemple, sans bénéficier du même écho médiatique.

 

Dans ce contexte de fortes contestations populaires justement, l’instrumentalisation politique de l’antisémitisme vise-t-elle à discréditer les contestataires ?

Nous sommes aujourd’hui face à un pouvoir et des organisations politiques extrêmement cyniques, qui utilisent les juifs sans aucun scrupule au service de leur agenda politique. Pareille manipulation renforce bien entendu l’antisémitisme, qui viendra à son tour renforcer cette logique perverse et donnera de nouveau l’occasion à la classe politique de manipuler l’antisémitisme. C’est infernal.

Ce cynisme je le qualifie pour ma part d’antisémite, car cette amplification énorme des actes antisémites joue contre les juifs. Je pense que tout le monde voit cela et le comprend. La manipulation politique à laquelle nous assistons montre l’absence totale de réflexion stratégique sur cette question.

 

Un appel à manifester a été signé par toutes les formations politiques parlementaires (à l’exception du RN). Que révèle selon toi cette unanimité politique contre l’antisémitisme ?

Il y a certainement plusieurs éléments de réponse. D’un côté, il y a ceux qui ont intérêt à opérer une manipulation politique des derniers actes antisémites. Il y a aussi ceux qui ont peur de ne pas en être par crainte d’être à leur tour traités d’antisémites. Et il y a tous ceux qui en ont marre des « gilets jaunes » et qui acceptent cette manipulation comme diversion.

Les personnes qui acceptent d’entrer dans cette combine et de mettre les juifs au cœur des enjeux sociaux du moment sont soit racistes, ou bien se font les complices de ce racisme. Comme nous l’avons écrit dans un communiqué de l’UJFP : « Placer les juifs au cœur de la division sociale, c’est le rôle historique de l’extrême droite qu’assument aujourd’hui sans complexe les soutiens de Macron. Tous ceux qui reprennent cet agenda à leur compte font rigoureusement preuve d’antisémitisme. »

Mettre ainsi les juifs au cœur des enjeux sociaux en dit long sur l’inconscient français sur les juifs et sur l’inconscient politique sur les juifs. C’est terrible.

 

Ce n’est que tardivement que la FI a été intégrée dans la liste des organisations signataires. Pourquoi avoir voulu mettre (momentanément) la FI à l’écart ?

A mon avis, on reproche à la FI de ne pas être assez pro-sionistes. Le problème c’est que la FI accepte les termes de la manipulation et participe au rassemblement. Les Insoumis auraient pu tout aussi bien initier un autre appel et marquer leur désapprobation de la manipulation politique en cours. Un tel suivisme me laisse perplexe.

 

En 2018, une même unanimité s’était manifestée après le meurtre de Mireille Knoll. Toute la classe politique avait répondu à l’appel lancé par le Crif. Cette fois l’initiative vient de la classe politique et non du Crif, pourquoi ?

J’aimerais déjà rappeler que presque un an après le meurtre abject de cette octogénaire, le mobile antisémite n’a pas été prouvé. Avec le recul, on mesure tout l’emballement médiatique qui avait entouré cette mort. Aujourd’hui, c’est effectivement la classe politique et non plus le Crif, qui est à l’initiative. La réaction politique a été immédiate et c’est peut-être la raison qui explique que le Crif n’ait pas eu besoin d’en faire plus.

 

Dans un communiqué collectif qui rassemble plusieurs signataires, dont l’UJFP, il est écrit que « L’antisémitisme est une affaire bien trop grave pour la laisser à celles et ceux qui, jour après jour, s’emploient à stigmatiser et à réprimer les minorités ». Pourrais-tu développer cette idée ?

Nous nous plaçons en contrepoint de toutes les forces qui saturent l’espace avec l’antisémitisme. La disproportion qu’il y a avec les autres manifestations de racisme est effrayante. Par exemple, il n’y a qu’à voir la couverture médiatique accordée à l’altercation dont a été l’objet Alain Finkielkraut et la comparer avec celle quasi inexistante accordée à des actes de violence raciste pourtant fréquents.

C’est la raison pour laquelle il nous parait nécessaire, à nous les forces de l’antiracisme politique, de poser sur la table toutes les manifestations de racisme et de ne pas trier en fonction des victimes ou des auteurs. Les crimes policiers et l’impunité judiciaire dont ils bénéficient, une femme en hijab attaquée au cutter dans le métro, ce sont des manifestations de racisme tout aussi graves que des agressions antisémites. Notre volonté et de nous battre tous ensemble et de la même manière contre tous ces phénomènes.

Une vue d’ensemble nous montre ainsi que l’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais celui qui est de loin le plus manipulé. Cette position que l’on peut qualifier de « judéophile » de la classe politique est constitutive du racisme institutionnel. Cela soulage les institutions de l’Etat et leur permet de se poser en arbitres, en défenseurs du droit.

 

C’est la raison pour laquelle vous organisez de votre côté votre propre rassemblement à Paris ?

Se décaler de l’initiative des 14 formations politiques dont on a parlé, c’est à la fois un acte politique et social. C’est marquer notre refus de parler des actes antisémites de la manière dont elles veulent en parler. Ceux qui sont en capacité de faire ce décalage, ceux qui en ont besoin, ce sont lespopulations racisées. D’abord parce qu’on leur fait porter le chapeau en permanence. Ensuite parce qu’elles sont victimes de choses que l’on passe le plus souvent sous silence.

Nous appelons à manifester pour dire que les vrais antiracistes, c’est nous. C’est nous qui luttons contre toutes les manifestations de racisme, y compris dans ses dimensions structurelles. La manifestation des 14 partis n’est pas une manifestation contre l’antisémitisme. Ils ne font qu’instrumentaliser et renforcer cette forme spécifique de racisme.

En prenant nos distances avec l’initiative des 14 partis, nous souhaitons leur montrer aussi que leur politique sociale est racialisée. En utilisant les juifs et l’antisémitisme, ils mettent la question raciale au service de leur agenda politique. Du coup, les divisions qu’ils provoquent ne se font pas seulement sur le terrain social, mais sur des bases raciales. C’est en cela que leur logique est dangereuse.

 

Propos recueillis par Rafik Chekkat.

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MACRON OU L'ORGIE DES ULTRA-RICHES - MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Ajoutée le 21 janv. 2019

L’enquête des Pinçon-Charlot, « Le Président des riches », paru en 2010 est sans doute un des coups symboliques les plus rudes qui aient été porté à la présidence de Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui le célèbre couple de sociologues publie « Le Président des ultra-riches », un livre qui ne contribuera pas à réconcilier les Français avec Emmanuel Macron, en pleine crise des Gilets jaunes.

« Chronique du mépris de classe sans la politique d’Emmanuel Macron », est-il sous-titré. Ils y détaillent le parcours du « leader des marchés libres » comme l’avait surnommé le magazine Forbes, et les renvois d’ascenseurs constants en direction des plus nantis de ce Président choisi par la caste pour servir la caste.

La démonstration est féroce, implacable.

Bonjour Monique Pinçon-Charlot, et merci d’être avec nous au Média aujourd’hui.
Par Aude Lancelin

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Fusion des aides sociales : 3,5 millions de ménages vont subir une baisse de revenus

Fusion des aides sociales : 3,5 millions de ménages vont subir une baisse de revenus | Think outside the Box | Scoop.it

Alors qu’Emmanuel Macron avait déclenché la polémique, avec son mépris de classe habituel, en estimant que les minimas sociaux coûtent « un pognon de dingue », il semble que l’on puisse avoir un aperçu de la concrétisation concrète de la « punchline ».

En effet, selon un rapport interne que c’est procuré le journal Le Monde, remis en juin, la fameuse fusion des aides sociales, labélisé ASU (allocation sociale unique) devrait faire des dégâts, et toucher de plein fouet les ménages les plus modestes. Les hypothèses formulées convergeant sur le fait que l’ASU devrait remplacer le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation de solidarité spécifique (ASS), la prime d’activité, les aides au logement (AL), l’allocation adulte handicapé (AHH), l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI).

 

Ainsi, ce sont 3,55 millions de ménages qui vont subir une baisse de revenus avec la mise en place de cette ASU. Pire, 1,5 million d’entre eux, seront privés de toute aide. Mais lorsque l’on se penche plus précisément dans le détail, on voit dans un premier temps que ce sont les plus précaires qui payent le prix fort. Ainsi, ce nouveau système ferait deux fois plus de perdants que de gagnants chez les chômeurs longue durée, idem pour les bénéficiaires des aides au logement. A l’inverse, Macron semble vouloir privilégier une partie de sa base sociale qu’il avait ulcéré avec la hausse de la CSG. En effet, il y aurait 3,3 fois plus de gagnants que de perdants chez les bénéficiaires de l’ASPA. De plus, les fluctuations sont sensibles selon la configuration familiale, notamment en ce qui concerne le taux de pauvreté. Ainsi, si les familles monoparentales et les couples avec un ou deux enfants verraient leur situation légérement s’améliorer, les personnes isolées, elles, seraient particulièrement impactées, avec une hausse de 1,6% du taux de pauvreté.

 

Si, du côté du gouvernement, on affirme que rien n’est encore tranché, ce rapport interne en dit long sur la politique qu’entendent mener Macron et ses ministres. D’une part, chercher à reconquérir une partie de sa base sociale avec un soit disant « tournant social » tout en piochant directement dans les poches des plus précaires, donc celles et ceux qui ont précisément le plus besoin des diverses aides sociales. Il faut dire qu’en terme de casse des acquis sociaux, le gouvernement s’est fixé un objectif ambitieux à l’échelle du quinquennat : 60 milliards d’économies d’ici à 2022.

Jacques Le Bris's insight:

Ou comment mettre le feu aux poudres...

 

Après, il n'y a qu'à fermer les yeux et se boucher les oreilles.

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La découverte de bactéries dans notre cerveau révolutionne nos connaissances de la biologie humaine

La découverte de bactéries dans notre cerveau révolutionne nos connaissances de la biologie humaine | Think outside the Box | Scoop.it

Les scientifiques ont longtemps pensé que notre cerveau était naturellement protégé contre la présence de bactéries et de virus. Cependant, des chercheurs ont découvert plusieurs de ces micro-organismes profondément cachés dans des cerveaux humains et dans ceux de souris de laboratoires. Il s’agirait des mêmes microbiotes que ceux présents dans nos intestins, dont le rôle sur notre santé et notre humeur ne sont plus à démontrer ! Cette information, très importante pour la communauté scientifique, permettrait de mieux comprendre le fonctionnement de notre cerveau et peut-être même d’envisager de nouveaux traitements.

 

 

IL Y AURAIT DES BACTÉRIES INTESTINALES DANS NOTRE CERVEAU

Des chercheurs de l’université de Birmingham, en Alabama, ont présenté des résultats troublants lors du dernier congrès de la Society for Neuroscience, début novembre. Selon eux, et contrairement à ce qui était admis jusqu’alors, des cerveaux humains en bonne santé contiennent des bactéries, et pas des moindres : celles de nos intestins ! Cependant, un cerveau « sain » devrait être protégé des micro-organismes que sont les bactéries et les virus, grâce à sa barrière hémato-encéphalique, un filtre extrêmement sélectif qui garde à distance les agents pathogènes, les toxines et les hormones.

Pourtant, les auteurs de l’étude ont montré des images de microscopie prouvant la présence de bactéries dans des cerveaux humains. La moitié des 34 cerveaux étudiés post-mortem et présentés à l’assemblée provenaient de personnes schizophrènes, l’autre moitié de personnes en bonne santé, mais aucun ne présentait de signes d’inflammation. Un détail important, puisque des bactéries peuvent y apparaître après la mort, par contamination du cerveau.

Les chercheurs ont donc voulu vérifier ce point spécifique en étudiant également des cerveaux de souris. Ainsi, les cerveaux de dix spécimens ont été analysés immédiatement après leur mort. Celles qui ne disposaient pas de microbiote intestinal ne présentaient aucune bactérie dans le cerveau, tandis que les autres en avaient dans les mêmes zones que chez l’Homme. L’hypothèse de la contamination semble donc éliminée.

Pixabay

 

NOTRE MICROBIOME INTESTINAL AGIT SUR NOTRE CERVEAU

Les scientifiques savent que les bactéries intestinales jouent un grand rôle sur l’humeur, puisque ce microbiote peut influencer le fonctionnement et le comportement du cerveau. Cependant, ils ignorent toujours comment cela se produit. Cette étude pourrait donc se présenter comme un élément de réponse. En effet, le séquençage des bactéries trouvées dans les cerveaux des humains et des souris analysés a démontré qu’elles étaient de la même famille que celles de l’intestin ! Les chercheurs de l’université de Birmingham supposent alors que les bactéries intestinales pénètrent dans le cerveau directement à travers la barrière hémato-encéphalique, qui les laisse passer.

Une autre voie possible est celle des nerfs qui innervent nos intestins, puisque le cerveau et l’intestin communiquent via un réseau neuronal spécifique. La voie d’entrée des bactéries dans le cerveau n’est donc toujours pas claire, mais leur présence remarquée dans les axones (fibres nerveuses) et au niveau de la barrière hémato-encéphalique semble appuyer ces hypothèses. Bien sûr, cette découverte va faire l’objet de nouvelles études à l’avenir. Plus tard, elle pourrait même ouvrir de nouvelles voies pour la recherche, notamment sur les maladies comme la dépression nerveuse ou la schizophrénie.

 

Par Christelle Perret, le 26 novembre 2018

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L'affaire des malformations dans l'Ain révèle la mauvaise protection des lanceurs d'alerte

L'affaire des malformations dans l'Ain révèle la mauvaise protection des lanceurs d'alerte | Think outside the Box | Scoop.it

La France a voté plusieurs lois sur la protection des lanceurs d'alerte. Le licenciement des membres du Registre des malformations en Rhône-Alpes révèle sur le terrain que cette protection est loin d'être effective.

 

Les pouvoirs publics souhaitent-ils étouffer la voix du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) qui a révélé en 2016 un surnombre de malformations dans le département de l'Ain ? La question se pose, ainsi que celle plus large de la protection des lanceurs d'alerte, alors que les Hospices civils de Lyon viennent de notifier aux six membres de l'association leur licenciement au 31 décembre 2018.

Le Registre rhônalpin est chargé avec cinq autres registres de surveiller les anomalies congénitales sur un territoire représentant 19% des naissances françaises. Son statut associatif lui donne une indépendance dont ne peuvent pas forcément se prévaloir ses homologues et qui donne lieu à des tensions avec l'établissement Santé Public France qui le cofinance.

 

Des hypothèses environnementales qui restent en suspens

En juillet dernier, le Registre publiait les résultats d'une étude révélant sept cas d'enfants nés avec une malformation des membres supérieurs entre 2009 et 2014 dans un petit périmètre du département de l'Ain. "Des hypothèses environnementales (produit de l'agriculture ? vétérinaire ?) semblent se dessiner mais elles sont à l'état d'ébauche et les données de la littérature ne contribuent pas à les affiner. Le registre devrait donc s'appuyer sur des ressources externes en toxicologie et épidémiologie environnementales pour mettre en place une étude dont le design reste à définir", concluaient les auteurs du rapport. Dans le même temps, il apparaissait que deux autres territoires ruraux, en Loire-Atlantique et dans le Morbihan, étaient touchés par des maux identiques.

Mais plutôt que l'appui réclamé pour poursuivre les investigations, l'association a reçu une fin de non-recevoir des pouvoirs publics.

Dans trois rapports d'investigation publiés le 4 octobre après la médiatisation de ces affaires, Santé Publique France (SPF) ne reconnaît pas d'excès de cas par rapport à la moyenne nationale dans l'Ain, contrairement aux deux autres départements. Dans les trois zones, elle indique ne pas avoir identifié de cause commune entre les différents cas de malformations constatés et refuse par conséquent les investigations complémentaires. Interrogés par Le Monde, trois biostatisticiens ont formellement contesté la méthodologie utilisée par l'étude de SPF pour conclure à l'absence d'excès de cas dans l'Ain. "Santé Publique France doit dire qu'il a commis une erreur", tonne l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi.

 

"Où est la faute ?"

Non seulement, les préconisations du Remera ne sont pas suivies d'effet mais son existence même est remise en cause avec le licenciement de ses six salariés. La structure devrait mettre la clé sous la porte d'ici la fin de l'année, ayant perdu ses deux principales sources de financement, à savoir les subventions de l'Inserm et de la Région Rhône-Alpes. "Le scandale des bébés nés sans bras éclate. Remera doit fermer (…). S'il n'y a pas de lien, qu'on nous le prouve !", tweetait rageusement Emmanuelle Amar, sa directrice générale, le 13 octobre.

"L'alerte est constitutive de la mission du Registre. L'affaire a été rendue publique en 2016 car elle n'a pas été entendue en interne. Les salariés du Remera se retrouvent dans une situation couverte par la loi de 2016 protégeant les lanceurs d'alerte", estime Delphine Batho. L'ancienne ministre de l'Environnement auditionnera Mme Amar le 23 octobre dans le cadre du groupe d'études Santé environnementale de l'Assemblée qu'elle co-préside. Il semble en effet que la loi Sapin II, qui a été précédé par six autres lois traitant du droit d'alerte selon un rapport du Conseil d'Etat de 2016, ne semble toujours pas protéger efficacement leurs auteurs.

Le président de la Région, Laurent Wauquiez, a annoncé le 12 octobre qu'il pourrait finalement débloquer une subvention pour le Remera si l'Etat ne remplissait pas ses obligations. Cette volte-face tendrait à prouver que c'est plus l'équipe que la structure elle-même qui serait visée. "Si on continue à financer, il ne s'agit alors plus d'un licenciement économique mais d'un licenciement pour faute", pointe Corinne Lepage. "Mais où est la faute ?", interroge l'ancienne ministre de l'Environnement, avocate de formation.

 

Laurent Radisson

Journaliste : Rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE

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Nucléaire français : la fuite en avant ou l'effondrement 

Nucléaire français : la fuite en avant ou l'effondrement  | Think outside the Box | Scoop.it

Ce texte est écrit à partir d’un document gardé secret tant le contenu dérange mais que l’ACRO, qui se bat pour qu’il soit rendu public, a pu consulter dans l’objectif de faire progresser la transparence.

 

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée au Journal Officiel du 18 août 2015, vise à préparer l’après pétrole et à instaurer un modèle énergétique robuste et durable. En ce qui concerne le nucléaire, elle s’est fixé comme objectif de réduire sa part dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025. La part du nucléaire étant de l’ordre de 75% actuellement, c’est donc environ un tiers du parc qui doit être arrêté pour atteindre cet objectif, soit environ 19 réacteurs sur 58. A priori les plus anciens.

 

Or, le combustible MOx, qui permet de recycler le plutonium extrait à l’usine de retraitement d’Orano à La Hague, est utilisé dans les réacteurs les plus anciens du parc. Leur arrêt à l’horizon 2025 aura donc un impact énorme sur l’activité de cette usine et de celle de Melox qui fabrique le combustible. Cela mérite que l’on s’y attarde, surtout quand un débat national sur le plan de gestion des matières et déchets radioactifs est en préparation.

 

Dès 1997, le directeur de la sûreté des installations nucléaires a indiqué à EDF qu’il souhaitait disposer d’une approche globale de la sûreté du combustible nucléaire. Depuis, EDF a transmis plusieurs dossiers, tous secrets. La dernière mise à jour était demandée pour le 30 juin 2016 par l’ASN qui précisait également les scénarios devant être étudiés afin de tenir compte de l’objectif fixé par la loi pour la transition écologique et pour la croissance verte. EDF a rendu sa copie le 29 juin 2016, dans un dossier intitulé « Impact cycle 2016 » qui n’est pas plus public que ses prédécesseurs. L’ASN a aussi demandé une expertise sur ce dossier à l’IRSN. Le rapport n’est pas public, mais l’ACRO a pu l’examiner.

 

Selon l’IRSN, le scénario qui conduit donc à l’arrêt de 19 tranches de puissance unitaire 900 MWe et à une production électrique d’origine nucléaire abaissée de 420 TWh à 305 TWh en 2025, conduit à la saturation des piscines de la Hague et des réacteurs nucléaires en moins de 5 ans après la première fermeture. Tout le parc nucléaire devra donc s’arrêter pour cause d’occlusion intestinale après la mise à l’arrêt de moins de 9 tanches utilisant du MOX ! Les résultats de la simulation de l’IRSN confirment la conclusion d’EDF.

 

EDF a un projet de piscine centralisée bunkérisée pour augmenter ses capacités d’entreposage des combustibles usés. Le rapport IRSN mentionne une ouverture en 2030. Ainsi, toujours selon l’IRSN, le report à 2035 de la limitation à 50 % de la production d’électricité d’origine nucléaire, décale de 10 ans les dates de saturation des piscines, ce qui est compatible avec le calendrier prévisionnel de mise en service de la piscine d’entreposage centralisé, prévue à l’horizon 2030. Et, comme par hasard, le premier ministre a profité de la vacance au ministère de la transition écologique pour annoncer le report de 10 ans de la limitation à 50 % de la production d’électricité d’origine nucléaire…

Rien ne dit qu’EDF terminera sa piscine en 2030. Et, en attendant on ne pourrait pas arrêter le retraitement et le MOx. Pour M. Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF, « si je devais utiliser une image pour décrire notre situation, ce serait celle d’un cycliste qui, pour ne pas tomber, ne doit pas s’arrêter de pédaler. » Il tentait de justifier la construction de nouveaux EPR lors de son audition, le 7 juin 2018, par la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. Cela s’applique aussi aux usines de retraitement de la Hague et Melox qui doivent pédaler sans relâche pour éviter l’arrêt complet du parc nucléaire.

 

Le retraitement consiste à séparer l’uranium, le plutonium des combustibles usés qui sortent des réacteurs. L’uranium, qui représente encore 95% de la masse des combustibles usés, est officiellement recyclable, mais n’est pas recyclé. Comme il ne nécessite pas de stockage en piscine, il est envoyé à Pierrelatte dans la Drôme. Les éléments les plus radioactifs sont concentrés, vitrifiés et entreposés à La Hague en attendant un stockage définitif. Reste le plutonium, moins de 1% de ce qui sort des réacteurs, qui ne peut pas être accumulé pour des raisons de prolifération. Il sert à faire du combustible MOx qui est utilisé dans 22 réacteurs (ceux du palier CPY à Dampierre, Gravelines, Le Blayais, Tricastin, Chinon et Saint Laurent). Le MOx n’est pas retraité ensuite.

 

C’est ce petit pourcent qui peut bloquer toute la machine. Toute l’industrie nucléaire est donc dans une situation très fragile, car on peut imaginer des aléas qui entraîneraient un arrêt prolongé d’une des mailles de cette chaîne du plutonium. Et le maillon faible, ce sont les évaporateurs de l’usine de retraitement de La Hague qui assurent la concentration des produits de fission. Ces équipements, conçus pour une durée de fonctionnement de trente ans, se corrodent plus rapidement que prévu lors de leur conception. Selon l’ASN, cette corrosion est de nature à remettre en cause à moyen terme la sûreté de l’installation. En effet, la tenue de ces équipements à la pression de leurs circuits de chauffe ou au séisme pourrait être remise en cause dans les prochaines années et potentiellement dès 2018 pour l’évaporateur le plus dégradé. Des fuites sont déjà apparues.

 

En cas d’arrêt des évaporateurs de l’un des ateliers, l’usine correspondante devrait également être arrêtée. Ainsi, le dossier d’EDF postule un aléa d’exploitation de 6 mois d’arrêt survenant uniquement sur l’une des deux usines de La Hague. Dans ce cas, l’autre usine seule devrait assurer le traitement des combustibles usés. Mais l’IRSN considère qu’un aléa peut survenir sur les deux usines simultanément et qu’un évènement sur un équipement dont le caractère générique nécessiterait l’arrêt d’équipements similaires, ne peut pas être écarté. La situation correspondant à l’arrêt temporaire des deux usines, même pour quelques mois, n’est cependant pas étudiée par Orano Cycle. En tout état de cause, une diminution des capacités de traitement de ces usines pourrait conduire à terme à la saturation des entreposages des combustibles usés.

 

Ainsi, au regard de la situation actuelle des évaporateurs, l’IRSN relève que l’aléa forfaitaire de six mois retenu ne peut pas être considéré comme enveloppe. Un arrêt des deux usines pour une durée supérieure aux six mois pourrait conduire à une saturation des piscines d’entreposage. L’IRSN demande donc à Orano cycle et EDF de revoir leur copie sur ce sujet et de préciser la durée d’indisponibilité qui conduirait à la saturation des piscines. La réponse est facile à estimer puisque la place disponible à La Hague ne serait plus que de 7,4% : la saturation interviendrait au bout d’une année environ.

 

L’industrie nucléaire française a donc mis en place un système que l’on ne peut pas stopper sur décision politique, sans risque d’un effet falaise qui arrêterait tout le parc en peu de temps. Mais ce système est extrêmement fragile et le piège pourrait se refermer sur ces concepteurs, à la suite de pannes. Pourtant, François de Rugy, alors président de l’Assemblée nationale, a affirmé : « Ce n’est plus EDF qui fait la politique de l’énergie en France » (AFP, 12/07/2018). Vraiment ?

 

L’utilisation de MOx dans les réacteurs les plus récents de 1 300 MWe en remplacement des réacteurs les plus anciens n’est pas simple à mettre en œuvre. Cela demande des études complètes sur le fonctionnement des cœurs des réacteurs et des travaux conséquents à instruire et valider. Il faudrait aussi revoir la fabrication des combustibles et leur transport car ils n’ont pas la même longueur dans les réacteurs anciens et les plus récents.

Reste donc l’option d’arrêter les réacteurs les plus récents en premier pour pouvoir continuer à utiliser le combustible MOx ! En effet, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte ne stipule pas les réacteurs qui doivent être fermés avant 2025. Ou encore d’arrêter des réacteurs anciens et récents pour satisfaire à la loi sans entraîner l’arrêt complet du parc en 5 ans par effet falaise. L’IRSN montre que c’est possible avec l’arrêt d’autant de réacteurs anciens de 900 MWe que de réacteurs récents de 1 300 MWe. Avec une telle option, les activités des usines de retraitement de fabrication de MOx seraient réduites de moitié.

 

Quoi qu’il en soit, EDF devrait aussi augmenter rapidement ses capacités d’entreposage de combustibles usés.

 

Tous ces éléments auraient dû être rendus publics en amont du débat national qui a eu lieu sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie. Ils doivent l’être avant le nouveau débat sur le Plan de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs.

 

ACRO

Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest

 

 

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Des cornes poussent sur les crânes des jeunes. Les téléphones portables seraient responsables?

Des cornes poussent sur les crânes des jeunes. Les téléphones portables seraient responsables? | Think outside the Box | Scoop.it

Deux chercheurs australiens de l’Université du Sunshine Coast soutiennent qu’une excroissance osseuse visible au bas du crâne chez de nombreux jeunes adultes, serait liée à la manière dont ils consultent leurs téléphones portables.

Selon leur étude, les jeunes développent des éperons osseux qui serait causés – je simplifie : «par l’inclinaison de la tête vers l’avant – qui transfère le poids de la colonne vertébrale». Cela peut se comparer à la façon dont la peau s’épaissit en une callosité en réponse à une pression ou à une abrasion, explique encore The Washington Post.

Si vous en avez une, vous pouvez le sentir avec vos doigts. Elle se trouverai en haut de la nuque – ou si vous êtes chauve, elle peut même être visible.

En analysant plus de mille radiographies, les chercheurs ont trouvé qu’une personne sur quatre, âgée entre 18 à 30 ans, avait cette protubérance.

Leur étude a été publiée l’année passée dans le journal Nature, mais a suscité un regain d’intérêt suite à un article de la BBC le 13 juin, intitulé «Comment la vie moderne est en train de transformer le squelette humain».

 

Le syndrome du  «text-neck»

Pour mémoire, en 2014, l’orthopédiste américain Kenneth Hansraj, dans un numéro de la revue scientifique Surgical Technology International, avait affirmé qu’incliner la tête pour regarder son portable revenait «à porter un oryctérope sur le dos, provoquant à long terme des dommages à la colonne vertébrale». Une théorie déboutée peu après 

En matière médicale, il vaut mieux se référer à la prestigieuse revue scientifique The Lancet pour confirmer tout sujet à polémique.

Alors dans le cas présent, pour savoir si les téléphones portables font vraiment pousser des cornes, il faut peut-être attendre un peu.

 

Emily Turrettini

 

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UN CAMOUFLET DE DOUZE MILLIONS

UN CAMOUFLET DE DOUZE MILLIONS | Think outside the Box | Scoop.it

Michel Onfray a regardé hier soir la conférence de presse d'Emmanuel Macron censée apporter des réponses à la crise de gilets-jaunes

 

 

Tout ce barnum qui a éloigné le président de la République de son bureau de travail pendant de longues semaines a eu lieu et, après deux longues heures d’un interminable monologue narcissique présenté comme une conférence de presse à même de faire un bilan de ces six mois, nous en avons désormais bien la certitude: rien ne va changer, la direction est la bonne, il faut continuer dans ce sens, et même accélérer le rythme. Le principe étant que, si l’Europe (mot tabou pendant ces deux heures: normal, c’est le mot du seul enjeu véritable…) déçoit c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe, dès lors il faut plus d’Europe encore. C’est aussi malin qu’un cancérologue qui dirait à son patient souffrant de sa maladie qu’il lui faudrait plus de cancer encore pour aller mieux…

J’ai annoncé la chose et je l’ai écrite plusieurs fois, c’était facile de savoir que les choses se passeraient ainsi. Tout le monde peut désormais le savoir: le Grand (sic) Débat était une affaire d’enfumage pour calmer ceux des gilets-jaunes qui ont cru à cette opération de communication. Je le répète: dans le cadre étroit de l’Etat maastrichtien, Macron n’a pas d’autre choix que de maintenir le cap. Il le maintient. Junker peut lui envoyer des roses rouges.

Cette conférence de presse, c’était en fait le chef de la France d’en haut qui parlait aux domestiques de la France d’en haut pour leur dire que cette même France d’en haut n’avait rien à craindre: le cap maastrichtien allait être maintenu. Les gilets_jaunes disent-ils depuis des semaines que pareille direction conduit aux vortex marins? Leur cas est vite expédié par le jeune homme: "ce ne sera pas une réponse aux gilets-jaunes, mais à tous les Français" -ce qui donne, traduit dans la langue qui pourrait être celle de la meuf Ndiaye propulsée porte parole du gouvernement, probablement pour son style fleuri et son art de la synthèse: "Virez moi ces gueux, je n’ai rien à dire à ces connards, passons aux choses sérieuses." Le plus honnête eut été de s’exprimer ainsi.

 

En effet, dès les premières minutes, les gilets-jaunes ont été habillés par le président de la République avec ses crachats habituels: homophobes, racistes, antisémites, complotistes, etc. Les médias ont abondamment délayé ces vomissures depuis une demie année, on connaît désormais très bien ces insultes qui passent pour un argumentaire -c’est ainsi que cet homme à la pensée complexe se repose de trop penser et de penser trop haut.

Moins de cinq minutes après le début de cette sotie -la sotie est une "farce satirique et allégorique du Moyen Âge, jouée par des acteurs en costume de bouffon"- , les gilets-jaunes pouvaient éteindre leur télévision, cette soirée ne serait pas la leur. Pendant des semaines ils ont demandé un orage civique; Macron leur a offert une rosée médiatique et ce fut un pissat de colibri.

"Nous sommes avant tout les enfants des Lumières", a-t-il asséné, probablement après avoir pompé dans le Lagarde & Michard -lui ou la Meuf. A l’écouter, rien n’était moins sûr… Tout dans son intervention était brumeux et fumeux, fuligineux et vaporeux, en un mot: ennuyeux. Rien de la drôlerie ironique de Voltaire, rien de la profonde légèreté de Diderot, rien de la radicalité de Rousseau, rien de la pensée élégante de Montesquieu, rien de l’espièglerie de La Mettrie, rien de la profonde humanité d’Helvétius, rien de la puissance de d’Holbach. De Lumières, il n’y en eut point, juste une veilleuse de nuit au pied du lit. Un colibri vous dis-je. Lui qui, après avoir professé jadis que la culture française n’existait pas, a changé de bord, et ça n’est pas la première fois, en parlant de "cet art un peu particulier d’être français". Pour le coup, ce soir-là comme tant d’autres, il n’a pas été un bien grand Français!

Il se peut qu’armé de cette loupiotte il n’ait pas vu grand chose pendant son marathon dans la France rurale. Mais il fit bonne figure et eut toutefois un air inspiré, comme madame Trogneux le lui a probablement appris en jouant "Les Fourberies de Scapin" au lycée des jésuites d’Amiens, un air profond, comme il est dit dans les didascalies des pièces de théâtre du genre: "Ici on aura l’air grave." Après avoir ménagé un silence pendant lequel il devait compter mentalement les secondes "une, deux, trois -il a repris la parole et confessé ces propos d’un converti : il a vu "l’épaisseur de la vie des gens". Tudieu! Le bougre est devenu président de la République alors qu’il ignorait tout de l’épaisseur de la vie des gens! Quel talent ce Scapin qui a eu besoin d’un tour de France à douze millions d’euros pour apprendre ce qu’il aurait dû savoir depuis bien plus longtemps que ça -disons: juste après son stage de l’ENA…

Après la conversion de Claudel derrière un pilier de Notre-Dame, il faut désormais compter avec la conversion de Macron aux pieds d’un pommier de Bourguignotte en Normandie! Il a vu "la France profonde" comme l’auteur du "Partage de minuit" avait vu dieu. Même si cette apparition parait plus modeste, elle mérite d’être marquée d’une pierre blanche. Gageons qu’il en sortira une purification existentielle -c’est du moins ce qui a été annoncé par l’impétrant.

Mais, dans ce tour de France par un seul enfant, Emmanuel Macron n’a pas vu de gilets-jaunes. S’il ne les a pas vus, il ne les a pas entendus non plus -il n’entend que les propos racistes, les propos homophobes, les propos antisémites, etc, que lui rapportent, au choix, le philosophe Castaner, ou le ministre de l’Intérieur BHL, sinon le comédien Luc Ferry ou le penseur François Berléand. Mais ce peut-être aussi Alain Sloterdijk ou Peter Badiou, je ne sais plus, les ennemis des gilets-jaunes ne manquent pas…

Macron n’entend pas les gilets-jaunes, mais il leur répond quand même: vous vouliez le référendum d’initiative citoyenne? Vous ne l’aurez pas bandes de paltoquets! A la place, (il y a des mois que j’annonce que la chose sera ainsi notifiée…), vous aurez l’élargissement du référendum d’initiative partagée. Quèsaco? Un référendum par lequel on demande aux parlementaires, dont les gilets-jaunes veulent faire l’économie, qu’ils en envisagent la pertinence, la validité, la justesse, l’opportunité, puis de décider, ou pas, de l’examiner au parlement, avant de le jeter à la poubelle! Le tout est de savoir s’il sera envoyé à la déchetterie avant ou après l’examen au parlement. Avec ce genre de dispositif, pas de crainte: aucun sujet de société ne sera confié aux gueux, seuls leurs représentants pourront continuer à les trahir. Peine de mort, avortement, contraception, immigration: laissez tout ça aux gens sérieux bande de crétins.

Vous vouliez la démocratie directe? Vous ne l’aurez pas bande de foutriquets! Et Macron de flatter les élus dans le sens du poil en leur disant qu’une nouvelle décentralisation leur donnerait plus de pouvoir. On a vu il y a peu que le chef de l’Etat a décidé de faire servir des petits déjeuners à un euro dans les écoles de certaines communes tout en laissant aux maires le soin de payer la plus grosse part, après qu’il leur ait supprimé les rentrées d’argent comme les taxes d’habitation. Voilà le genre de pouvoir qu’on va donner aux élus qui vont s’amuser en campagne à trouver de l’argent pour payer les réformes décidées à Paris par Macron, le tout avec une caisse qu’il a pris soin de vider au préalable! Vous en vouliez de la démocratie directe? En voilà…

Vous vouliez la reconnaissance du vote blanc? Vous ne l’aurez pas bande de freluquets! Voter c’est élire monsieur Machin ou madame Bidule pour agir en votre nom et place, pas "monsieur Blanc" a dit le président de la République qui a dû pour ce bon mot récolter le jus de cervelle d’une cinquantaine d’énarques mis à la tâche pendant six mois pour obtenir ce seul petit effet.

Vous vouliez le vote obligatoire? Vous ne l’aurez pas bandes de demeurés! Pour la bonne et simple raison que c’est impossible de faire payer une amende à ceux qui ne se déplaceraient pas, qui seraient si nombreux, et qui trouveraient ainsi une occasion facile de passer pour des rebelles.

Vous vouliez la retraite à soixante ans? Vous ne l’aurez pas bande d’attardés! Ce fut un sommet de rouerie politicienne, de sophistique et de rhétorique où il fut dit par Macron qu’il ne toucherait pas aux 35 heures ni à l’âge légal du départ à la retraite, mais, mais, mais: que ceux qui s’évertueraient à partir à soixante ans tout de même n’auraient pas une retraite pleine, c’est-à-dire n’auraient quasi rien. A quoi il a ajouté qu’il faudrait travailler plus pour gagner plus, le tout à négocier par branche dans les entreprises. Ce qui donnait immédiatement cette contre-vérité dans un bandeau passant de BFMTV: "Emmanuel Macron ne veut pas revenir sur les 35 heures, ni sur l’âge légal du départ à la retraite"- pour être juste, une suite aurait du préciser: "mais vous travaillerez quand même plus longtemps". Des millions de français sont au chômage, mais la solution pour lutter contre c’est de faire travailler plus longtemps ceux qui travaillent affirme le Président: "c’est du bon sens" a-t-il même dit! Il me semble que le bons sens serait de partager le travail pour alléger ceux qui en ont trop et souffrent de maladies professionnelles, en même temps que de pourvoir ceux qui n’en ont pas et souffrent de leur inexistence sociale.

Vous vouliez restaurer l’impôt sur la fortune? Vous ne l’aurez pas bande de gougnafiers! Cet impôt fait fuir les riches et appauvrit le pays! "On a besoin de riches, sinon qui exploitera les pauvres", aurait presque pu dire le président de la République s’il avait décidé de nous livrer le fond de sa pensée ce soir-là. Que dit d’autre sa foireuse théorie du ruissellement?

Vous vouliez un système de retraite solidaire socialisé? Vous ne l’aurez pas bandes d’argoulets! Bien au contraire, vous allez vous la payer avec un système de points, par capitalisation. Si vous n’en avez pas les moyens, vous n’en aurez pas, c’est tout simple. C’est une version en marche du fameux "salaud de pauvres!".

Vous vouliez la proportionnelle intégrale? Vous ne l’aurez pas bande de tarés! Vous en aurez un peu, suffisamment, mais pas trop, assez pour vous leurrer, mais pas trop pour nous empêcher de vous gruger. La chose est voulue par le président de la République et, comme il faut bien paraître gaullien de temps en temps, en vertu du principe que le président préside et que le gouvernement gouverne -Macron confie en passant qu’il a relu Michel Debré, quelle conscience professionnelle!-, le Premier ministre verra pour l’intendance… Les ciseaux du ministre de l’Intérieur reprendront du service et les circonscriptions seront taillées pour bien partager le gâteau entre maastrichtiens de droite et maastrichtiens de gauche.

Vous vouliez une Constituante? Vous ne l’aurez pas bande de paumés! En lieu et place d’une autre assemblée, on garde la même et on la dégraisse un peu en réduisant le nombre d’élus. De combien demandera une journaliste? Le chef évacuera la question de l’impertinente en disant que sa valetaille gouvernementale verrait ces choses-là plus tard et en son temps.

Vous vouliez la fin de l’ENA? Vous ne l’aurez pas bande de décérébrés! Mais, on annonce quand même que vous l’aurez pour mieux la maintenir: en gros, on garde les locaux, on garde le personnel, donc les enseignants, dès lors je vois mal dès lors comment ils pourraient y enseigner autre chose et autrement que ce qui s’y trouve déjà enseigné, mais l’ENA changera de nom parce qu’on va la refonder! Abracadabra…

Pour le reste des revendications des gilets-jaunes, il n’en fut pas du tout question! Rappelons en quelques unes: loger les SDF; modifier l’impôt; y assujettir les GAFA; augmenter le SMIC; mener une politique en faveur des petits commerces en ville ou dans les bourgs; supprimer les taxes sur les carburants; interdire les délocalisations pour protéger l’industrie française; en finir avec le travail détaché; lisser les systèmes de sécurité sociale; limiter le nombre des contrats à durée déterminée et augmenter le nombre des contrats à durée indéterminée; activer une réelle politique d’intégration des immigrés; mettre fin aux politiques d’austérité indexées sur le remboursement de la dette; limiter le salaire maximum; encadrer les prix des loyers; interdire la vente des biens nationaux; accorder des moyens à la police, à la gendarmerie, à l’armée, à la justice; payer ou récupérer les heures supplémentaires effectuées par les forces de l’ordre; réinstaurer un prix public convenable du gaz et de l’électricité; maintenir les services publics en activité; couper les indemnités présidentielles à vie – toutes choses auxquelles je souscris. Le silence du chef de l’Etat sur ces questions dit tout: vous n’aurez rien!

Quand fut venu le temps des questions, alors qu’on lui demandait si cette conférence de presse annonçait un nouvel acte dans sa politique, il a vrillé de la bouche, frisé des yeux, on a bien vu qu’il a retenu son une idée parce probablement trop provocatrice; il s’est contenté de récuser le mot -qu’il utilisera quand même plus tard…-, avant de dire qu’il était préempté par les gilets-jaunes dans leur "gymnastique"- coup de pied de l’âne…

Ensuite, dernière allusion aux gilets-jaunes, il fit savoir qu’ils pouvaient bien continuer à brandir des pancartes "longtemps" et que ça ne l’émouvait pas -on avait bien compris…

Puis, conclusion dans la conclusion, la métaphore de la cathédrale détruite et à rebâtir fut convoquée. La Meuf a dû trouver que rameuter l’incendie, c’était bon pour l’image. Pour un peu, Macron nous aurait dit que, via Notre-Dame de Paris, la vierge Marie elle-même irait voter pour sa liste aux prochaines élections européennes. Son staff n’a pas osé aller jusque là, mais il s’en est fallu de peu…

Ce fut donc un très grand discours de campagne pour un candidat qui aspire à devenir président de la République. Mais il faudrait peut-être que quelqu’un dise à ce jeune homme -la Meuf peut-être?- que, président de la République, il l’est déjà depuis deux ans et qu’il serait temps qu’il s’en aperçoive. Le temps est passé du verbe, des mots, des paroles, de la rhétorique, de la logorrhée, de la verbigération. Six mois de monologues avec les moyens pharaoniques de la République pour un coût de 12 millions d’euros, c’est un camouflet pour les gilets-jaunes qui aura décidément coûté bien cher. Or, les camouflets restent rarement sans réponses. Leçon élémentaire d’éthologie.

 

Michel Onfray

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La synthèse du grand débat, mode d'emploi

La synthèse du grand débat, mode d'emploi | Think outside the Box | Scoop.it

 Un exemple de représentation en forme d'arbre de connaissances (cet exemple n'est pas issu des contributions du grand débat)

 

En ligne, dans les mairies et dans des réunions publiques, des milliers de citoyens ont participé au grand débat national. Comment leur avis a-t-il été restitué?

 
 
 

POLITIQUE - Après deux mois de discussions, l’heure de vérité approche. Tandis qu’Emmanuel Macron a bouclé jeudi en Corse son tour de France du grand débat, le gouvernement doit présenter ce lundi 8 janvier la synthèse officielle de la myriade de propositions, doléances, consultations réalisées depuis la mi-janvier, avant de découvrir les arbitrages présidentiels qui devraient intervenir d’ici la mi-avril.

Placé sous l’étroite surveillance de cinq garants, le chantier de cette synthèse s’est révélé gargantuesque. Selon la ministre Emmanuelle Wargon, il y a eu “près de deux millions de contributions individuelles sur la plateforme, venant de 506.333 contributeurs individuels, 10.134 réunions d’initiatives locales référencées sur la plateforme, regroupant une estimation d’environ 500.000 participants” et “1.424 personnes” tirées au sort et regroupées lors des 21 conférences citoyennes organisées dans toute la France. 

“Si on ajoute à cette mobilisation celle des contributeurs des cahiers citoyens, des stands mobiles et ceux qui ont écrit des courriers à la mission du grand débat, nous évaluons à environ 1,5 million” le nombre de personnes ayant participé au Grand débat.

Comment réunir en un seul document lisible une telle masse de données? Tout au long du grand débat, Le HuffPost a interrogé les différents acteurs de cette énorme machinerie. Voici ce qu’ils ont bien voulu révéler de leurs secrets de fabrication. Avec une zone d’ombre majeure: l’usage qui en sera fait par l’Élysée.

 

De l’intelligence artificielle (mais surtout humaine)

Pour y voir clair, le gouvernement a séparé la tâche en deux parties. D’un côté, les contributions déposées en ligne, via le site du grand débat. Elles seront analysées par l’institut de sondage Opinion Way, qui s’appuie sur l’aide de la société Qwam, spécialiste de l’analyse de texte automatisée.

Cela inclut les questionnaires fermés (une question, un choix parmi des réponses préétablies) ainsi que les propositions déposées en ligne, avec la possibilité d’écrire un texte (mais, encore une fois, en suivant un cadre et des questions bien spécifiques). Au global, plus d’un million de contributions (fermées, en majorité, et ouvertes) ont été déposées.

“Pour les questions fermées, nous avons simplement compter les réponses, ainsi que l’absence de réponse, et transmettre ces éléments sous forme de pourcentages”, a expliqué au HuffPost Frédéric Micheau, directeur d’étude à Opinion Way, en charge de cette partie de la restitution.

Sur les questions ouvertes, c’est plus compliqué. Car les participants peuvent dire tout et n’importe quoi. L’institut de sondage a donc fait équipe avec Qwam pour analyser toutes ces phrases grâce à des algorithmes. “Il y a de gros volumes de données, des délais très serrés et une grande variété de sujets”, détaillait Christian Langevin, PDG de Qwam, pour expliquer le recours à des outils informatiques, y compris l’intelligence artificielle.

Pour faire simple, le logiciel de la société a analysé chaque phrase et essaye de trouver les thématiques abordées. Comment? Grâce à un algorithme composé de centaines de règles lexicales et linguistiques: grammaire, orthographe, champs lexicaux, etc. “L’algorithme découvre les thèmes sans a priori. L’intelligence artificielle est notamment utilisée pour analyser les mots ambigus, comme ‘orange’, en fonction du contexte”, précise-t-il.

Si le logiciel bute sur une phrase, des êtres humains prennent le relais afin de rajouter des règles pour arriver à catégoriser les verbatim qui donnent du fil à retordre à la machine. “Les analystes d’OpinionWay lisent également une sélection aléatoire pour vérifier la cohérence entre le texte et les thématiques”, affirme Frédéric Micheau.

“Pour chaque question [il y a 74 questions ouvertes, ndlr], on aura entre 10 et 25 thématiques, comprenant elles-mêmes plusieurs suggestions”, explique Christian Langevin. Par exemple, l’ISF est une “thématique” et l’idée de rétablir cet impôt est une “suggestion”, ou sous-thématique.

OpinionWay a ensuite rédigé quatre rapports, un pour chacun des quatre thèmes du grand débat (transition énergétique, fiscalité, démocratie et citoyenneté, organisation de l’État). “Nous allons également croiser les résultats de questions croisées et faire un tri par région”, précisait il y a un mois Frédéric Micheau.

Arbre de connaissances et lobbys cachés

Voilà pour les propositions déposées sur le site du grand débat. Toutes les autres contributions ont été traitées par les sociétés Roland Berger, Bluenove et Cognito. Cela devrait représenter quelques milliers à dizaines de milliers de documents.

Si la masse est moins importante, elle est complexe à traiter. D’abord, les sources sont diverses: “cahiers citoyens (les cahiers de doléances mis en place dans les mairies), emails, courriers et comptes-rendus de réunions publiques”, précisait au HuffPost Frank Escoubès, cofondateur de Bluenove. Bref, des contributions libres, non structurées et difficiles à synthétiser.

Une fois les formats papiers numérisés par la BNF, les trois entreprises ont mis au point un procédé un peu similaire à celui de Qwam, précisait Frank Escoubès. D’abord, une analyse des termes employés pour créer une sorte de “carte des mots clés”, ainsi que des mots proches. Ensuite, des petites mains bien humaines vont associer ces “grappes” de mots (et de sens) à des catégories.

“Nous allons les regrouper par thématiques, puis à l’intérieur, par sous thématiques, puis problématiques et propositions citoyennes”, anticipait alors le cofondateur de Bluenove. Ensuite, tous les textes ou presque vont être classés dans ce schéma global. “Nous nous engageons à classer les verbatim partagés par au moins 1% des répondants”.

Le résultat final a ensuite été envoyé au gouvernement. Bluenove et Cognito ont proposé au gouvernement un format particulier, celui “d’arbres de connaissances”. Sur le tronc, les propositions qui font consensus. Sur les branches, celles qui font clivage avec les autres branches. Enfin, “celles dans une feuille traduisent fréquemment des effets de lobbying portant sur le soutien d’une proposition exclusive”, précise Frank Escoubès.

Cognito/Bluenove

 

Le lobbying est un élément important à prendre en compte, on l’a vu avec la consultation en ligne du CESE sur les gilets jaunes qui a été infiltrée par la Manif pour tous. Mais comment le repérer? Les trois sociétés ont procédé à des analyses de source et de copier-coller, mais pas uniquement. “En général, ce sont des gens qui vont soutenir très fortement une proposition, mais ne vont parler d’aucune autre thématique”, précise Frank Escoubès.

Une feuille qui cache la forêt ?

Un procédé louable. Et force est de constater que les différents acteurs interrogés ont, pour réaliser cette restitution, mis en avant leur indépendance, leur neutralité, ainsi qu’une méthodologie portée sur la transparence et l’ouverture. Mais ces déclarations de principe suffisent-elles à garantir la production d’une synthèse de qualité?

Stéphanie Wojcik, maître de conférence en sciences de l’information, expliquait il y a un mois au HuffPost avoir encore plusieurs raisons d’être prudente. “Le débat produit des données hétérogènes. Au sein du grand débat, mais surtout via les autres sites permettant aux citoyens de s’exprimer, sur Facebook, sur le ‘vrai débat’ des gilets jaunes... Ces éléments seront-ils pris en compte?”, s’interroge-t-elle.

Car il est impossible de savoir si les participants au grand débat sont représentatifs de la population française. En dehors du code postal, aucun élément géographique ni démographique ne permet de qualifier la population qui a participé. De plus, l’organisation même du grand débat est loin d’être parfaite. À tel point que Chantal Jouanno a jugé le grand débat faussé, une simple “opération de communication”.

Et même en mettant de côté ces limites, “produire des thématiques, des catégories, cela ne donne pas une interprétation. Savoir qu’un citoyen parle d’impôt, c’est une chose, mais comment en parle-t-il?”, questionne Stéphanie Wojcik.

Dans une tribune publiée le 4 mars dans Le Monde, trois chercheuses spécialistes en linguistique et en sciences de l’information ont également appelé à ce que le gouvernement fasse un “retour au texte” pour une interprétation rigoureuse et contextuelle.

Certes, les entreprises en charge de cette synthèse promettent de réaliser ce retour au texte pour vérifier l’émergence de ces catégories. Mais le gouvernement mettra-t-il à disposition de tous l’ensemble de ces éléments, des données brutes aux synthèses détaillées en passant par les étapes intermédiaires? Tout ne sera pas transparent quoi qu’il arrive, car parmi ces sociétés privées, certaines utilisent des algorithmes dont le code source n’est pas ouvert.

Et que fera Emmanuel Macron de ces multiples restitutions, probablement indigestes et nécessitant, elles-mêmes, une synthèse? Des réponses à ces questions dépendront la réussite, au moins partielle, de la synthèse du grand débat national.

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Pourquoi les prédictions sont souvent fausses (et quelles leçons en tirer) –

Pourquoi les prédictions sont souvent fausses (et quelles leçons en tirer) – | Think outside the Box | Scoop.it

Illustration ci-dessus : extrait d'une série de cartes postales imaginant en 1910 la France de l'an 2000

 

“Internet ? On s’en fout, ça ne marchera jamais” (Pascal Nègre, alors PDG d’Universal Music, en 2001)

 

Pour les nombreux experts en expertise, chaque début d’année est l’occasion de livrer au monde ce que leur boule de cristal leur a révélé entre la bûche et le Nouvel An. Tendez l’oreille…bienvenue en 2030, 2050, voire 2070 pour les plus chanceux d’entre nous !

Ces généreuses confidences sont d’autant plus pratiques pour leurs auteurs qu’il leur arrive rarement de devoir rendre des comptes a posteriori. Il est vrai qu’à l’heure des bilans, il est souvent plus excitant de se tourner vers…l’avenir, encore une fois.

Une fois n’est pas coutume, rembobinons la pellicule. Signaux Faibles vous invite ici à une rétrospective de certaines des plus belles prédictions formulées depuis l’ère industrielle… :

Personne n’est immunisé contre un joli loupé

Ni les économistes, Prix Nobel ou pas

« La croissance d’Internet va ralentir drastiquement, car la plupart des gens n’ont rien à se dire ! D’ici 2005 environ, il deviendra clair que l’impact d’Internet sur l’économie n’est pas plus grand que celui du fax. »

Ce pronostic a été formulé par Paul Krugman en 1998, dans un article intelligemment intitulé « Pourquoi la plupart des prédictions des économistes sont fausses ». Sûr de son fait, il ajoutait ensuite : « avec le ralentissement du taux de changement technologique, le nombre d’offres d’emploi pour spécialistes IT décélèrera, puis se renversera ; dans dix ans, l’expression « économie de l’information » semblera stupide ». 

Dix ans plus tard exactement, en 2008, Paul Krugman remportait le prix Nobel d’économie…pour d’autres analyses fort heureusement.

Ni les plus prestigieux cabinets de conseil en stratégie

Un exemple est resté célèbre en la matière : le cas AT&T et McKinsey.

Au début des années 1980, l’opérateur téléphonique AT&T demanda au (très réputé) cabinet McKinsey d’estimer combien de téléphones portables seraient utilisés dans le monde au tournant du siècle. La conclusion de McKinsey fût sans appel : en raison de défauts rédhibitoires (poids trop important, batteries trop faibles, coût exorbitant …), le téléphone portable ne risque pas de devenir un succès.

McKinsey estima que seules 900 000 personnes environ utiliseraient en l’an 2000 un téléphone portable ; plus encore, le cabinet pronostiqua que personne n’utiliserait ce type d’appareil si une ligne téléphonique fixe était disponible à proximité. McKinsey recommanda donc à AT&T de se retirer du marché des téléphones portables (coûtant à AT&T, des années plus tard, plusieurs milliards de dollars). Au tournant du siècle, le téléphone portable compta finalement plus de 100 millions d’utilisateurs, soit plus de cent fois le pronostic initial.

Ni les PDG de grandes entreprises

« Le cheval est là pour rester, mais l’automobile est juste une nouveauté, une mode » – le Président de la Michigan Savings Bank conseillant le juriste d’Henry Ford de ne pas investir dans la Ford Motor Company en 1903.

« Il n’y a aucune chance que l’Iphone gagne la moindre part de marché significative » – Steve Ballmer, PDG de Microsoft en 2007

« Netflix, je n’y crois pas. La vidéo à la demande par abonnement, ça ne marchera jamais, il n’y a pas de marché en France » – Bertrand Méheut, PDG de Canal+ en 2013

Ni les dirigeants pourtant pionniers dans leur domaine

« Ce “téléphone” a trop de défauts pour être considéré sérieusement comme un moyen de communication » – William Orton, Président de Western Union [alors leader mondial de la radiocommunication] 1876

«La télévision ne tiendra sur aucun marché plus de six mois. Les gens en auront rapidement assez de regarder tous les soirs une boîte en contreplaqué » – Darryl Zanuck, 20th Century Fox, 1946

« L’idée d’un outil de communication personnel dans la poche de chacun est une chimère, favorisée par la cupidité » – Andy Grove, CEO d’Intel, 1992

« Le modèle de souscription par abonnement pour acheter de la musique est une mauvaise piste. Les gens nous l’ont dit et répété : ils ne veulent pas louer leur musique » – Steve Jobs en 2003

« Je n’ai pas envie de regarder tant de vidéos que cela » – Steve Chen, cofondateur de YouTube exprimant en 2005 ses doutes sur le potentiel de sa plateforme.

Ni même les plus grands scientifiques ou inventeurs

« Le phonographe n’a absolument aucune valeur commerciale » ; « l’engouement pour la radio s’éteindra avec le temps » – Thomas Edison (inventeur de l’ampoule électrique, du phonographe qui deviendra un succès commercial à l’origine de l’industrie du disque, etc.)

« Bien que la télévision soit possible théoriquement et techniquement, elle est pour moi impossible commercialement et financièrement » – Lee DeForest, pionnier des radiocommunications, 1926

« Le cinéma parlant est une invention très intéressante, mais je doute qu’elle reste à la mode bien longtemps » – Louis-Jean Lumière, inventeur du cinématographe, 1929

« Il n’y a pas la moindre indication que nous puissions un jour utiliser l’énergie nucléaire » – Albert Einstein, 1932

« La téléphonie mobile ne remplacera jamais la téléphonie fixe » – Martin Cooper, inventeur du premier téléphone mobile, 1981

« Je prédis qu’Internet sera LA grande nouveauté de 1995 et s’effondrera avec fracas en 1996 » – Robert Metcalfe, co-inventeur d’Ethernet, 1995

***

Si ces prédictions ratées abordent ici surtout l’innovation, en particulier technologique, bien d’autres exemples auraient pu être présentées (finance, politique, etc.) ; pensons par exemple à toutes celles formulées juste avant 2007 qui évacuaient l’hypothèse d’une crise. Mais plutôt que de chercher à rallonger la liste, tentons d’en comprendre les raisons…


Les raisons de ces erreurs

Daniel Jeffries, blogueur américain, a mis en avant dans un article plusieurs facteurs pour expliquer pourquoi les « experts » se trompent ainsi dans leurs prédictions :

1/ Ils consacrent trop peu de temps à un sujet avant de se forger une opinion

…parfois en raison d’excès de confiance en soi. L’effet Dunning-Kruger, dit de la surconfiance, montre ainsi que les moins qualifiés dans un domaine donné ont tendance à y surestimer leur compétence. Ce biais les empêche de reconnaître qu’ils ne maîtrisent pas le sujet en question. Le phénomène a été démontré par les chercheurs Kruger et Dunning dans un article paru en 1999.

…parfois en raison de paresse intellectuelle. C’est ce qu’explique Nadia Maizi, directrice de recherche aux Mines ParisTech et spécialiste de prospective sur le climat et l’énergie, qui regrette chez de nombreux décideurs une « perte d’effort intellectuel dans les réflexions sur le long terme » (interview sur France Culture dans l’émission Le Grain à Moudre du 3 janvier 2019 : « Peut-on modéliser le futur ? »). Elle insiste sur l’importance, « quand on est dans des réflexions sur le long terme », d’éviter de « capter un chiffre ou un autre parce que c’est celui qui nous intéresse, ou parce que c’est celui qu’on avait au départ », et de bien considérer « l’ensemble des possibles ».

2/ Le futur va à l’encontre de tout ce qu’ils comprennent du monde

Un exemple typique est celui des choix de la France

-de ne pas avoir considéré avec sérieux les travaux du chercheur français Louis Pouzin dans les années 1970, qui préfiguraient pourtant les fondations d’Internet. Poussé par les PPT (ancêtres de France Telecom et La Poste), l’Etat a choisi de couper le financement de ses travaux, qui ont été ensuite en partie repris par le chercheur américain Vinton Cerf pour la mise au point du protocole TCP/IP, fondement d’Internet.

-de s’être obstinée jusque dans les années 1990 à ne pas croire en Internet. Rappelons ici les conclusions du rapport Théry, intitulé « Les autoroutes de l’information », et remis en 1994 au gouvernement (qui voulait se faire un avis sur le potentiel d’Internet) : « il n’existe aucun moyen de facturation sur Internet, si ce n’est l’abonnement à un service. Ce réseau est donc mal adapté à la fourniture de services commerciaux. Le chiffre d’affaires mondial sur les services qu’il engendre ne correspond qu’au douzième de celui du Minitel. Les limites d’Internet démontrent ainsi qu’il ne saurait, dans le long terme, constituer à lui tout seul le réseau d’autoroutes mondial ».

La même année, Jeff Bezos lançait Amazon.

Durant toutes ces années, certaines voix avaient pourtant plaidé pour considérer le potentiel d’Internet. Mais les autorités ont choisi de ne pas en tenir en compte. Pour l’économiste Pierre Sabatier, « entre le Minitel et Internet, ce n’était pas une technologie contre une autre, mais une vision du monde contre une autre. Pour des technocrates français, formés dans une culture centralisatrice et autoritaire, où tout doit venir d’en haut, il était évident que la seule solution viable était la solution centralisatrice et autoritaire du Minitel.

Internet misait au contraire sur l’autonomie des individus, leur esprit d’initiative et d’innovation, hors de tout contrôle, excepté celui qu’ils s’imposent d’eux-mêmes. Un tel système, bordélique et anarchisant, où l’on progresse par essais et erreurs et non selon un plan préétabli, leur était simplement incompréhensible. Logique du contrôle et de la planification contre logique de la liberté individuelle. Dès lors, comment pouvaient-ils prévoir l’explosion de créativité d’Internet, qui est une créativité individualiste ? ».

Il n’est dès lors pas étonnant que le rapport remis en 1994 au premier ministre de l’époque, Edouard Balladur, ait été commandé à trois technocrates français dont l’un était…l’un des inventeurs du minitel ! De l’art de choisir ses experts pour son travail de prospective…

3/ Le futur remet en cause leur position de pouvoir

Un exemple phare est celui de Kodak qui a refusé de voir la puissance du numérique parce que l’entreprise avait tout bâti sur l’argentique. Contrairement à une idée répandue, Kodak n’a pas découvert en retard le numérique : comme l’explique Philippe Silberzahn, professeur d’innovation à l’EM Lyon, « en réalité, Kodak est l’un des tous premiers à avoir activement travaillé à la photo numérique : l’entreprise était très active dans le domaine et est à l’origine de très nombreux brevets. Parfaitement au courant du développement du numérique, puisqu’elle en était l’instigateur, Kodak n’a pas voulu le promouvoir de manière déterminée pour une raison simple : protéger son activité principale de l’époque, la vente de films argentiques ».

Les autres exemples ne manquent pas. Pensons ainsi, de façon plus récente, aux réactions de certains banquiers face aux cryptomonnaies. Jamie Dimon (CEO of JPMorgan Chase, l’un des vétérans de Wall Street) considérait ainsi en 2017 les cryptomonnaies comme une « escroquerie » (avant de « regretter » début 2018 l’emploi du terme quand les cours sont montés, puis de parler de nouveau d’ « arnaque » en août 2018, quand les cours sont redescendus…). Comme l’écrit Daniel Jeffries, « il ne peut pas concevoir un futur avec des cryptomonnaies parce qu’il fait partie des principaux bénéficiaires du système actuel. Il ne veut pas voir, et donc se ment à lui-même. Ce n’est rien d’autre qu’un mécanisme de défense mentale. Interroger ces gens sur les cryptomonnaies, c’est comme demander à un chauffeur de taxi ce qu’il pense d’Uber ou d’un fabricant de calèches ce qu’il pense des voitures. »

Au fond, si l’on en revient au rapport Théry cité plus haut, son raté peut se comprendre aussi sous l’angle de la position de pouvoir menacée : comme l’écrit Philippe Silberzahn, « ce ne serait pas l’histoire d’une erreur, mais d’une tentative désespérée d’empêcher l’avènement d’une technologie pour en défendre une autre » et pour « défendre des intérêts » plutôt que d’autres. Autrement formulé, par Franck Lefevre : « Internet versus Minitel n’est pas un dilemme technique mais un choix politique, idéologique. La position de Thery vise à défendre l’intérêt des systèmes supervisés versus les systèmes auto-organisés, l’intérêt de l’approche interventionniste versus celle misant sur la liberté des acteurs ».

4/ Ils confondent leur opinion avec la réalité

« En France, on n’a pas cru en l’informatique. On a dit que c’était une mode et que ça allait passer. Dans les années 80, dans les grandes écoles, on se demandait si l’informatique était un sujet ou pas. En 1985, à Polytechnique, on se demandait encore s’il fallait l’enseigner » (Gérard Berry, professeur au Collège de France, médaille d’or 2014 du CNRS)

Les biais d’opinions peuvent tordre fortement la capacité à anticiper le futur (ainsi qu’à comprendre le présent…et le passé !). Nadia Maizi (Mines ParisTech) raconte ainsi qu’elle obtient parfois au cours de ses recherches « des résultats pertinents sur le long terme mais qui sont peu audibles », ce qu’elle illustre par un exemple : « en 2011 la Commission Besson a été mise en place juste après Fukushima pour évaluer la politique énergétique française après 2050. Dans les premiers scénarios réalisés avec notre modèle, il était apparu clairement qu’une sortie brutale du nucléaire faisait rentrer des technologies à base de charbon, donc émissives. Mais quand on a montré ça, ça n’a pas plu ».

5/ Ils font preuve d’un grand manque de patience

Dans le domaine de l’innovation, plusieurs décennies sont parfois nécessaires pour qu’une invention prenne toute sa mesure (trouve son usage, rencontre son marché, soit utilisée au mieux). Dans certains cas, ce temps est incompressible en raison de la nature même du processus d’innovation, qui implique de tâtonner dans l’usage d’une invention donnée. Deux exemples, parmi de multiples autres, l’illustrent :

-Le microscope : comme l’explique Philippe Silberzahn, « le microscope a permis de découvrir les microbes et de changer notre vision du monde du vivant, mais il a fallu presque 200 ans entre l’invention du premier microscope et l’émergence de la théorie des microbes ; 200 ans pour adapter notre modèle mental à la nouvelle technologie et ses possibles ! ».

-Le Velcro (scratch) : « L’idée est venue à son inventeur pour la première fois en 1941. Le concept n’a pleinement pris racine dans son esprit que sept ans plus tard. Il a commencé à créer les petits crochets en 1948 et il lui a fallu dix ans pour le faire fonctionner et le produire en masse. Après avoir ouvert son entreprise à la fin des années 1950, il s’attendait à une forte demande immédiate. Ce n’est pas arrivé. Il a fallu cinq autres années avant que le programme spatial dans les années 1960 ne perçoive le Velcro comme un moyen de résoudre un problème : comment faire entrer et sortir les astronautes de combinaisons spatiales encombrantes et peu maniables ? Peu de temps après, l’industrie du ski a remarqué qu’il pouvait fonctionner sur les chaussures. De l’idée initiale à la réussite commerciale il aura fallu 25 ans. » (Daniel Jeffries)

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Ces facteurs explicatifs ne sont certainement pas exhaustifs. D’autres pourraient être avancés : par exemple, il arrive fréquemment qu’un interlocuteur ait un intérêt particulier à mettre en avant un certain futur plutôt que d’autres – quitte à l’exagérer sciemment, parfois en tordant des chiffres pour en prendre les plus extrêmes. Citons par exemple le fameux chiffre de 47% des emplois qui seraient menacés par l’automatisation. Il est issu d’une étude de deux chercheurs de l’Université d’Oxford, qui a été extrêmement partagée, avec parfois peu de pincettes. Or de nombreuses autres études parviennent à des chiffres bien différents. L’OCDE, en revoyant la méthodologie de cette même étude, est arrivée au chiffre bien moins spectaculaire – qui reste tout de même préoccupant – de 9%. Un chiffre bien moins vendeur pour un certain nombre d’acteurs (cabinets de conseil en transformation digitale, essayiste jouant sur les peurs liées à la technologie…) qui peuvent avoir intérêt à accentuer la réalité.

Les leçons à en tirer

Les facteurs cités ci-dessus conduisent à plusieurs leçons en matière de prospective.

Sans chercher à être exhaustif, citons-en 4 ici.

1. Se méfier des jugements hâtifs

Savoir faire preuve d’humilité et de patience aussi bien dans ses recherches (cf l’excès de confiance) que dans l’observation d’un phénomène (exemple du Velcro) : cette règle, qui semble évidente en théorie, n’est pas toujours appliquée en pratique comme le montrent les multiples prédictions très assertives citées plus haut. Dans bien des cas, le problème ne tient pas tant à l’erreur d’analyse, qui peut tout-à-fait s’entendre, qu’à l’absence de doutes sur les prédictions exprimées.

En particulier, il convient d’être très prudents avant d’affirmer qu’une innovation donnée ne connaîtra pas la réussite, qu’un changement spécifique ne pourra pas se produire, qu’un événement potentiel ne pourra pas survenir…

Dans le New York Times en 1939, un article explique « pourquoi la télévision ne marchera pas » : « la famille américaine moyenne n’a pas le temps pour ça »


Au fond, il s’agit plus simplement de ne pas rejeter trop vite ce qui peut sembler anecdotique au premier regard…

Ainsi, pour l’investisseur Chris Dixon, « la prochaine “big thing” commence toujours par être vue comme un gadget. C’est l’un des principaux enseignements de la théorie de Clay Christensen sur les « technologies de rupture » [Christensen est l’auteur du « Dilemme de l’innovateur » paru en 1997 et considéré comme une référence sur l’innovation]. Cette théorie part d’une observation : les technologies tendent à s’améliorer à un rythme plus rapide que le développement des besoins des usagers. De ce simple enseignement suivent un ensemble de conclusions intéressantes. (…) Les technologies de ruptures sont vues comme des gadgets car quand elles sont lancées, elles ne répondent pas encore aux besoins des usagers. »

Les grandes innovations sont toujours vues au départ comme des gadgets (Chris Dixon)

Parmi de multiples exemples (l’ordinateur personnel, la téléphonie sur IP, etc.), il cite celui du « premier téléphone », qui « ne pouvait porter des voix que sur deux ou trois kilomètres » : « le leader en télécommunication de l’époque, Western Union, n’a pas voulu s’y lancer parce qu’il ne voyait pas comment le téléphone pouvait être utile aux entreprises et aux chemins de fer – leurs principaux clients. Western Union n’a pas anticipé la rapidité avec laquelle la technologie du téléphone et son infrastructure se sont améliorées ».

2. Ne pas croire que les évolutions sont forcément linéaires

Ce que Western Union n’a pas saisi à l’époque, écrit Chris Dixon, tient à une caractéristique du secteur technologique : l’adoption des technologies s’effectue souvent de façon non-linéaire, en raison des effets de réseau capable d’accélérer cette adoption.

Or cette non-linéarité se retrouve dans bien d’autres domaines que la technologie.

Prenons par exemple le cas du climat. Contrairement à une idée (parfois) reçue, le dérèglement climatique n’est pas amené à progresser de façon linéaire (« + 1 degré tous les x années », si la trajectoire actuelle reste la même). Deux phénomènes permettent de l’expliquer.

D’une part, le dérèglement franchit des effets de seuil à partir desquels peuvent s’activer brutalement certains phénomènes. Pablo Servigne et Raphaël Stevens citent deux exemples dans leur ouvrage évoqué précédemment sur Signaux Faibles :

  1. « Un lac peut passer rapidement d’un état translucide à totalement opaque à cause d’une pression de pêche constante. La diminution progressive du nombre de grands poissons provoque, à un moment précis, un effet de cascade sur tout le réseau alimentaire, ce qui en bout de course mène à une prolifération très soudaine et généralisée de microalgues. Ce nouvel état, très stable, est ensuite difficile à inverser ».
  2. « Dans les forêts des régions semi-arides, il suffit de dépasser un certain niveau de disparition du couvert végétal pour que les sols s’assèchent un peu trop et provoquent l’apparition brutale d’un désert, qui empêche toute végétation de repousser. C’est ce qui s’est passé pour le Sahara lorsqu’il y a 5000 ans la forêt est soudainement devenue un désert, ou actuellement en Amazonie où une transition similaire est probablement en train de s’amorcer ».

D’autre part, le dérèglement produit des « effets en cascade ». « Une équipe de climatologues a recensé 14 « éléments de basculement climatique » susceptibles de passer ces points de rupture (permafrost de Sibérie, forêt amazonienne, calottes glaciaires…). Chacun d’eux est capable – à lui seul – d’accélérer le changement climatique…et en plus de déclencher les autres. (…) Un système complexe vivant est en effet constitué d’innombrables boucles de rétroaction entrelacées. A l’approche d’un point de rupture, il suffit d’une petite perturbation pour que certaines boucles changent de nature et entraînent l’ensemble du système dans un chaos imprévisible et souvent irréversible ».

Quiconque s’essaie à l’exercice périlleux de la prospective en matière climatique (notamment pour tenter d’anticiper ses impacts sociaux, migratoires, économiques, géopolitique, etc.) ne saurait donc miser sur une progression linéaire du dérèglement en cours.

De façon générale, l’essayiste Nassim Taleb souligne bien dans son ouvrage « Le Cygne Noir » – paru quelques mois avant l’éclatement de la crise de 2007 – l’importance des événements aléatoires, hautement improbables et à ce titre trop souvent exclus des raisonnements d’anticipation, alors qu’ils jouent un rôle considérable dans l’Histoire. Il montre la quasi-impossibilité de calculer avec des méthodes scientifiques la probabilité de ces événements : « c’est le travers des économistes et des scientifiques que de vouloir soumettre leurs observations aux règles mathématiques et prétendre ainsi prévoir les événements avec la certitude des lois de la probabilité. Or le monde n’est pas prévisible. L’histoire est plutôt déterminée par des événements extraordinaires et imprévus, mais dont le caractère surprenant disparaît dès que l’événement est survenu », considère-t-il (extrait d’une note sur l’ouvrage sur cairn.info).

Taleb définit ainsi trois critères définissant un cygne noir : « l’événement est une surprise pour l’observateur (a), a des conséquences majeures (b), et est rationalisé a posteriori comme s’il avait pu être attendu (c). Cette rationalisation rétrospective vient du fait que les informations qui auraient permis de prévoir l’événement étaient déjà présentes, mais pas prises en compte par les programmes d’atténuation du risque ».

La notion de cygne noir n’est finalement rien d’autre que l’illustration d’un biais cognitif, celui qui rend aveugle à l’incertitude, lui-même lié à d’autres biais (surconfiance ; biais de confirmation ; etc.). Taleb va jusqu’à dire que « l’avenir est un pur hasard : on perd son temps à le prédire », car il y aura toujours des variables qui nous échappent. Il recommande tout de même cependant :

  • d’une part d’envisager le maximum de possibilités (par opposition à l’attachement à une seule vision des choses, quand bien même celle-ci apparaîtrait comme la plus probable)
  • d’être le plus conscient possible de notre rationalité limitée et de l’existence d’informations dont nous n’avons pas connaissance.

C’est cette méthode qui permet selon Taleb non pas de « prédire l’avenir » mais d’anticiper au mieux les risques, et en définitive de nous aider à faire de meilleurs choix pour l’avenir – ce qui est, finalement, l’un des objectifs de la prospective.

3. Reconnaître et surmonter ses biais

L’exercice de la prospective implique d’être lucide sur ses a priori, d’avoir conscience de ses biais et d’essayer de les surmonter. Comme l’explique Cécile Wendling, sociologue des risques et directrice de la prospective du groupe Axa : « Il faut très bien connaître l’histoire et le présent pour faire de la prospective. Il faut regarder autant d’années en arrière qu’on regarde en avant, pour éviter le biais de surévaluer l’activité récente. [De façon générale] il est essentiel d’avoir conscience de ses propres biais, par exemple le biais présentiste (surévaluer l’actualité) ou le biais culturel (sa sphère géographique, son secteur d’activité, les médias que l’on suit, etc.), et de les surmonter (s’informer sur d’autres aires géographiques, etc.) » (interview sur France Culture le 3 janvier dernier).

Un biais classique de prospective, dans lequel tombent parfois les acteurs de l’innovation, est ainsi de faire de la technologie le moteur de la plupart des (r)évolutions, ce qui est loin de se vérifier (lire plus bas « Ce qui pêche souvent »).

Un autre biais, courant, consiste à voir le monde de façon statique… :

Le biais d’un monde statique – ou l’importance de reconnaître et dépasser ses croyances obsolètes :
« Quand les experts se trompent, c’est souvent parce qu’ils sont experts d’une version précédente du monde. (…) Pouvez-vous vous protéger contre des croyances obsolètes ? Dans une certaine mesure, oui. La première étape est de croire au changement. Les personnes qui sont victimes d’une confiance excessive dans leurs propres opinions concluent implicitement que le monde est statique. Si vous vous rappelez consciencieusement qu’il ne l’est pas, vous commencez à chercher le changement ».Paul Graham


4. Etendre son regard

« Quand on me demande en interview de prédire le futur, j’ai toujours du mal à dire quelque chose de plausible. Mon astuce habituelle est de parler d’aspects du présent que la plupart des gens n’ont pas encore remarqués. Les croyances sur le futur sont si rarement correctes que la meilleure stratégie [pour anticiper ce futur] consiste simplement à être extrêmement ouvert d’esprit. Au lieu d’essayer de vous diriger dans la bonne direction, admettez que vous n’avez aucune idée de la bonne direction et essayez plutôt d’être extrêmement sensible au vent du changement ». Paul Graham


Etendre son regard, notamment pour tenter de repérer des mouvements émergents, implique ainsi souvent