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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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La synthèse du grand débat, mode d'emploi

La synthèse du grand débat, mode d'emploi | Think outside the Box | Scoop.it

 Un exemple de représentation en forme d'arbre de connaissances (cet exemple n'est pas issu des contributions du grand débat)

 

En ligne, dans les mairies et dans des réunions publiques, des milliers de citoyens ont participé au grand débat national. Comment leur avis a-t-il été restitué?

 
 
 

POLITIQUE - Après deux mois de discussions, l’heure de vérité approche. Tandis qu’Emmanuel Macron a bouclé jeudi en Corse son tour de France du grand débat, le gouvernement doit présenter ce lundi 8 janvier la synthèse officielle de la myriade de propositions, doléances, consultations réalisées depuis la mi-janvier, avant de découvrir les arbitrages présidentiels qui devraient intervenir d’ici la mi-avril.

Placé sous l’étroite surveillance de cinq garants, le chantier de cette synthèse s’est révélé gargantuesque. Selon la ministre Emmanuelle Wargon, il y a eu “près de deux millions de contributions individuelles sur la plateforme, venant de 506.333 contributeurs individuels, 10.134 réunions d’initiatives locales référencées sur la plateforme, regroupant une estimation d’environ 500.000 participants” et “1.424 personnes” tirées au sort et regroupées lors des 21 conférences citoyennes organisées dans toute la France. 

“Si on ajoute à cette mobilisation celle des contributeurs des cahiers citoyens, des stands mobiles et ceux qui ont écrit des courriers à la mission du grand débat, nous évaluons à environ 1,5 million” le nombre de personnes ayant participé au Grand débat.

Comment réunir en un seul document lisible une telle masse de données? Tout au long du grand débat, Le HuffPost a interrogé les différents acteurs de cette énorme machinerie. Voici ce qu’ils ont bien voulu révéler de leurs secrets de fabrication. Avec une zone d’ombre majeure: l’usage qui en sera fait par l’Élysée.

 

De l’intelligence artificielle (mais surtout humaine)

Pour y voir clair, le gouvernement a séparé la tâche en deux parties. D’un côté, les contributions déposées en ligne, via le site du grand débat. Elles seront analysées par l’institut de sondage Opinion Way, qui s’appuie sur l’aide de la société Qwam, spécialiste de l’analyse de texte automatisée.

Cela inclut les questionnaires fermés (une question, un choix parmi des réponses préétablies) ainsi que les propositions déposées en ligne, avec la possibilité d’écrire un texte (mais, encore une fois, en suivant un cadre et des questions bien spécifiques). Au global, plus d’un million de contributions (fermées, en majorité, et ouvertes) ont été déposées.

“Pour les questions fermées, nous avons simplement compter les réponses, ainsi que l’absence de réponse, et transmettre ces éléments sous forme de pourcentages”, a expliqué au HuffPost Frédéric Micheau, directeur d’étude à Opinion Way, en charge de cette partie de la restitution.

Sur les questions ouvertes, c’est plus compliqué. Car les participants peuvent dire tout et n’importe quoi. L’institut de sondage a donc fait équipe avec Qwam pour analyser toutes ces phrases grâce à des algorithmes. “Il y a de gros volumes de données, des délais très serrés et une grande variété de sujets”, détaillait Christian Langevin, PDG de Qwam, pour expliquer le recours à des outils informatiques, y compris l’intelligence artificielle.

Pour faire simple, le logiciel de la société a analysé chaque phrase et essaye de trouver les thématiques abordées. Comment? Grâce à un algorithme composé de centaines de règles lexicales et linguistiques: grammaire, orthographe, champs lexicaux, etc. “L’algorithme découvre les thèmes sans a priori. L’intelligence artificielle est notamment utilisée pour analyser les mots ambigus, comme ‘orange’, en fonction du contexte”, précise-t-il.

Si le logiciel bute sur une phrase, des êtres humains prennent le relais afin de rajouter des règles pour arriver à catégoriser les verbatim qui donnent du fil à retordre à la machine. “Les analystes d’OpinionWay lisent également une sélection aléatoire pour vérifier la cohérence entre le texte et les thématiques”, affirme Frédéric Micheau.

“Pour chaque question [il y a 74 questions ouvertes, ndlr], on aura entre 10 et 25 thématiques, comprenant elles-mêmes plusieurs suggestions”, explique Christian Langevin. Par exemple, l’ISF est une “thématique” et l’idée de rétablir cet impôt est une “suggestion”, ou sous-thématique.

OpinionWay a ensuite rédigé quatre rapports, un pour chacun des quatre thèmes du grand débat (transition énergétique, fiscalité, démocratie et citoyenneté, organisation de l’État). “Nous allons également croiser les résultats de questions croisées et faire un tri par région”, précisait il y a un mois Frédéric Micheau.

Arbre de connaissances et lobbys cachés

Voilà pour les propositions déposées sur le site du grand débat. Toutes les autres contributions ont été traitées par les sociétés Roland Berger, Bluenove et Cognito. Cela devrait représenter quelques milliers à dizaines de milliers de documents.

Si la masse est moins importante, elle est complexe à traiter. D’abord, les sources sont diverses: “cahiers citoyens (les cahiers de doléances mis en place dans les mairies), emails, courriers et comptes-rendus de réunions publiques”, précisait au HuffPost Frank Escoubès, cofondateur de Bluenove. Bref, des contributions libres, non structurées et difficiles à synthétiser.

Une fois les formats papiers numérisés par la BNF, les trois entreprises ont mis au point un procédé un peu similaire à celui de Qwam, précisait Frank Escoubès. D’abord, une analyse des termes employés pour créer une sorte de “carte des mots clés”, ainsi que des mots proches. Ensuite, des petites mains bien humaines vont associer ces “grappes” de mots (et de sens) à des catégories.

“Nous allons les regrouper par thématiques, puis à l’intérieur, par sous thématiques, puis problématiques et propositions citoyennes”, anticipait alors le cofondateur de Bluenove. Ensuite, tous les textes ou presque vont être classés dans ce schéma global. “Nous nous engageons à classer les verbatim partagés par au moins 1% des répondants”.

Le résultat final a ensuite été envoyé au gouvernement. Bluenove et Cognito ont proposé au gouvernement un format particulier, celui “d’arbres de connaissances”. Sur le tronc, les propositions qui font consensus. Sur les branches, celles qui font clivage avec les autres branches. Enfin, “celles dans une feuille traduisent fréquemment des effets de lobbying portant sur le soutien d’une proposition exclusive”, précise Frank Escoubès.

Cognito/Bluenove

 

Le lobbying est un élément important à prendre en compte, on l’a vu avec la consultation en ligne du CESE sur les gilets jaunes qui a été infiltrée par la Manif pour tous. Mais comment le repérer? Les trois sociétés ont procédé à des analyses de source et de copier-coller, mais pas uniquement. “En général, ce sont des gens qui vont soutenir très fortement une proposition, mais ne vont parler d’aucune autre thématique”, précise Frank Escoubès.

Une feuille qui cache la forêt ?

Un procédé louable. Et force est de constater que les différents acteurs interrogés ont, pour réaliser cette restitution, mis en avant leur indépendance, leur neutralité, ainsi qu’une méthodologie portée sur la transparence et l’ouverture. Mais ces déclarations de principe suffisent-elles à garantir la production d’une synthèse de qualité?

Stéphanie Wojcik, maître de conférence en sciences de l’information, expliquait il y a un mois au HuffPost avoir encore plusieurs raisons d’être prudente. “Le débat produit des données hétérogènes. Au sein du grand débat, mais surtout via les autres sites permettant aux citoyens de s’exprimer, sur Facebook, sur le ‘vrai débat’ des gilets jaunes... Ces éléments seront-ils pris en compte?”, s’interroge-t-elle.

Car il est impossible de savoir si les participants au grand débat sont représentatifs de la population française. En dehors du code postal, aucun élément géographique ni démographique ne permet de qualifier la population qui a participé. De plus, l’organisation même du grand débat est loin d’être parfaite. À tel point que Chantal Jouanno a jugé le grand débat faussé, une simple “opération de communication”.

Et même en mettant de côté ces limites, “produire des thématiques, des catégories, cela ne donne pas une interprétation. Savoir qu’un citoyen parle d’impôt, c’est une chose, mais comment en parle-t-il?”, questionne Stéphanie Wojcik.

Dans une tribune publiée le 4 mars dans Le Monde, trois chercheuses spécialistes en linguistique et en sciences de l’information ont également appelé à ce que le gouvernement fasse un “retour au texte” pour une interprétation rigoureuse et contextuelle.

Certes, les entreprises en charge de cette synthèse promettent de réaliser ce retour au texte pour vérifier l’émergence de ces catégories. Mais le gouvernement mettra-t-il à disposition de tous l’ensemble de ces éléments, des données brutes aux synthèses détaillées en passant par les étapes intermédiaires? Tout ne sera pas transparent quoi qu’il arrive, car parmi ces sociétés privées, certaines utilisent des algorithmes dont le code source n’est pas ouvert.

Et que fera Emmanuel Macron de ces multiples restitutions, probablement indigestes et nécessitant, elles-mêmes, une synthèse? Des réponses à ces questions dépendront la réussite, au moins partielle, de la synthèse du grand débat national.

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Pourquoi les prédictions sont souvent fausses (et quelles leçons en tirer) –

Pourquoi les prédictions sont souvent fausses (et quelles leçons en tirer) – | Think outside the Box | Scoop.it

Illustration ci-dessus : extrait d'une série de cartes postales imaginant en 1910 la France de l'an 2000

 

“Internet ? On s’en fout, ça ne marchera jamais” (Pascal Nègre, alors PDG d’Universal Music, en 2001)

 

Pour les nombreux experts en expertise, chaque début d’année est l’occasion de livrer au monde ce que leur boule de cristal leur a révélé entre la bûche et le Nouvel An. Tendez l’oreille…bienvenue en 2030, 2050, voire 2070 pour les plus chanceux d’entre nous !

Ces généreuses confidences sont d’autant plus pratiques pour leurs auteurs qu’il leur arrive rarement de devoir rendre des comptes a posteriori. Il est vrai qu’à l’heure des bilans, il est souvent plus excitant de se tourner vers…l’avenir, encore une fois.

Une fois n’est pas coutume, rembobinons la pellicule. Signaux Faibles vous invite ici à une rétrospective de certaines des plus belles prédictions formulées depuis l’ère industrielle… :

Personne n’est immunisé contre un joli loupé

Ni les économistes, Prix Nobel ou pas

« La croissance d’Internet va ralentir drastiquement, car la plupart des gens n’ont rien à se dire ! D’ici 2005 environ, il deviendra clair que l’impact d’Internet sur l’économie n’est pas plus grand que celui du fax. »

Ce pronostic a été formulé par Paul Krugman en 1998, dans un article intelligemment intitulé « Pourquoi la plupart des prédictions des économistes sont fausses ». Sûr de son fait, il ajoutait ensuite : « avec le ralentissement du taux de changement technologique, le nombre d’offres d’emploi pour spécialistes IT décélèrera, puis se renversera ; dans dix ans, l’expression « économie de l’information » semblera stupide ». 

Dix ans plus tard exactement, en 2008, Paul Krugman remportait le prix Nobel d’économie…pour d’autres analyses fort heureusement.

Ni les plus prestigieux cabinets de conseil en stratégie

Un exemple est resté célèbre en la matière : le cas AT&T et McKinsey.

Au début des années 1980, l’opérateur téléphonique AT&T demanda au (très réputé) cabinet McKinsey d’estimer combien de téléphones portables seraient utilisés dans le monde au tournant du siècle. La conclusion de McKinsey fût sans appel : en raison de défauts rédhibitoires (poids trop important, batteries trop faibles, coût exorbitant …), le téléphone portable ne risque pas de devenir un succès.

McKinsey estima que seules 900 000 personnes environ utiliseraient en l’an 2000 un téléphone portable ; plus encore, le cabinet pronostiqua que personne n’utiliserait ce type d’appareil si une ligne téléphonique fixe était disponible à proximité. McKinsey recommanda donc à AT&T de se retirer du marché des téléphones portables (coûtant à AT&T, des années plus tard, plusieurs milliards de dollars). Au tournant du siècle, le téléphone portable compta finalement plus de 100 millions d’utilisateurs, soit plus de cent fois le pronostic initial.

Ni les PDG de grandes entreprises

« Le cheval est là pour rester, mais l’automobile est juste une nouveauté, une mode » – le Président de la Michigan Savings Bank conseillant le juriste d’Henry Ford de ne pas investir dans la Ford Motor Company en 1903.

« Il n’y a aucune chance que l’Iphone gagne la moindre part de marché significative » – Steve Ballmer, PDG de Microsoft en 2007

« Netflix, je n’y crois pas. La vidéo à la demande par abonnement, ça ne marchera jamais, il n’y a pas de marché en France » – Bertrand Méheut, PDG de Canal+ en 2013

Ni les dirigeants pourtant pionniers dans leur domaine

« Ce “téléphone” a trop de défauts pour être considéré sérieusement comme un moyen de communication » – William Orton, Président de Western Union [alors leader mondial de la radiocommunication] 1876

«La télévision ne tiendra sur aucun marché plus de six mois. Les gens en auront rapidement assez de regarder tous les soirs une boîte en contreplaqué » – Darryl Zanuck, 20th Century Fox, 1946

« L’idée d’un outil de communication personnel dans la poche de chacun est une chimère, favorisée par la cupidité » – Andy Grove, CEO d’Intel, 1992

« Le modèle de souscription par abonnement pour acheter de la musique est une mauvaise piste. Les gens nous l’ont dit et répété : ils ne veulent pas louer leur musique » – Steve Jobs en 2003

« Je n’ai pas envie de regarder tant de vidéos que cela » – Steve Chen, cofondateur de YouTube exprimant en 2005 ses doutes sur le potentiel de sa plateforme.

Ni même les plus grands scientifiques ou inventeurs

« Le phonographe n’a absolument aucune valeur commerciale » ; « l’engouement pour la radio s’éteindra avec le temps » – Thomas Edison (inventeur de l’ampoule électrique, du phonographe qui deviendra un succès commercial à l’origine de l’industrie du disque, etc.)

« Bien que la télévision soit possible théoriquement et techniquement, elle est pour moi impossible commercialement et financièrement » – Lee DeForest, pionnier des radiocommunications, 1926

« Le cinéma parlant est une invention très intéressante, mais je doute qu’elle reste à la mode bien longtemps » – Louis-Jean Lumière, inventeur du cinématographe, 1929

« Il n’y a pas la moindre indication que nous puissions un jour utiliser l’énergie nucléaire » – Albert Einstein, 1932

« La téléphonie mobile ne remplacera jamais la téléphonie fixe » – Martin Cooper, inventeur du premier téléphone mobile, 1981

« Je prédis qu’Internet sera LA grande nouveauté de 1995 et s’effondrera avec fracas en 1996 » – Robert Metcalfe, co-inventeur d’Ethernet, 1995

***

Si ces prédictions ratées abordent ici surtout l’innovation, en particulier technologique, bien d’autres exemples auraient pu être présentées (finance, politique, etc.) ; pensons par exemple à toutes celles formulées juste avant 2007 qui évacuaient l’hypothèse d’une crise. Mais plutôt que de chercher à rallonger la liste, tentons d’en comprendre les raisons…


Les raisons de ces erreurs

Daniel Jeffries, blogueur américain, a mis en avant dans un article plusieurs facteurs pour expliquer pourquoi les « experts » se trompent ainsi dans leurs prédictions :

1/ Ils consacrent trop peu de temps à un sujet avant de se forger une opinion

…parfois en raison d’excès de confiance en soi. L’effet Dunning-Kruger, dit de la surconfiance, montre ainsi que les moins qualifiés dans un domaine donné ont tendance à y surestimer leur compétence. Ce biais les empêche de reconnaître qu’ils ne maîtrisent pas le sujet en question. Le phénomène a été démontré par les chercheurs Kruger et Dunning dans un article paru en 1999.

…parfois en raison de paresse intellectuelle. C’est ce qu’explique Nadia Maizi, directrice de recherche aux Mines ParisTech et spécialiste de prospective sur le climat et l’énergie, qui regrette chez de nombreux décideurs une « perte d’effort intellectuel dans les réflexions sur le long terme » (interview sur France Culture dans l’émission Le Grain à Moudre du 3 janvier 2019 : « Peut-on modéliser le futur ? »). Elle insiste sur l’importance, « quand on est dans des réflexions sur le long terme », d’éviter de « capter un chiffre ou un autre parce que c’est celui qui nous intéresse, ou parce que c’est celui qu’on avait au départ », et de bien considérer « l’ensemble des possibles ».

2/ Le futur va à l’encontre de tout ce qu’ils comprennent du monde

Un exemple typique est celui des choix de la France

-de ne pas avoir considéré avec sérieux les travaux du chercheur français Louis Pouzin dans les années 1970, qui préfiguraient pourtant les fondations d’Internet. Poussé par les PPT (ancêtres de France Telecom et La Poste), l’Etat a choisi de couper le financement de ses travaux, qui ont été ensuite en partie repris par le chercheur américain Vinton Cerf pour la mise au point du protocole TCP/IP, fondement d’Internet.

-de s’être obstinée jusque dans les années 1990 à ne pas croire en Internet. Rappelons ici les conclusions du rapport Théry, intitulé « Les autoroutes de l’information », et remis en 1994 au gouvernement (qui voulait se faire un avis sur le potentiel d’Internet) : « il n’existe aucun moyen de facturation sur Internet, si ce n’est l’abonnement à un service. Ce réseau est donc mal adapté à la fourniture de services commerciaux. Le chiffre d’affaires mondial sur les services qu’il engendre ne correspond qu’au douzième de celui du Minitel. Les limites d’Internet démontrent ainsi qu’il ne saurait, dans le long terme, constituer à lui tout seul le réseau d’autoroutes mondial ».

La même année, Jeff Bezos lançait Amazon.

Durant toutes ces années, certaines voix avaient pourtant plaidé pour considérer le potentiel d’Internet. Mais les autorités ont choisi de ne pas en tenir en compte. Pour l’économiste Pierre Sabatier, « entre le Minitel et Internet, ce n’était pas une technologie contre une autre, mais une vision du monde contre une autre. Pour des technocrates français, formés dans une culture centralisatrice et autoritaire, où tout doit venir d’en haut, il était évident que la seule solution viable était la solution centralisatrice et autoritaire du Minitel.

Internet misait au contraire sur l’autonomie des individus, leur esprit d’initiative et d’innovation, hors de tout contrôle, excepté celui qu’ils s’imposent d’eux-mêmes. Un tel système, bordélique et anarchisant, où l’on progresse par essais et erreurs et non selon un plan préétabli, leur était simplement incompréhensible. Logique du contrôle et de la planification contre logique de la liberté individuelle. Dès lors, comment pouvaient-ils prévoir l’explosion de créativité d’Internet, qui est une créativité individualiste ? ».

Il n’est dès lors pas étonnant que le rapport remis en 1994 au premier ministre de l’époque, Edouard Balladur, ait été commandé à trois technocrates français dont l’un était…l’un des inventeurs du minitel ! De l’art de choisir ses experts pour son travail de prospective…

3/ Le futur remet en cause leur position de pouvoir

Un exemple phare est celui de Kodak qui a refusé de voir la puissance du numérique parce que l’entreprise avait tout bâti sur l’argentique. Contrairement à une idée répandue, Kodak n’a pas découvert en retard le numérique : comme l’explique Philippe Silberzahn, professeur d’innovation à l’EM Lyon, « en réalité, Kodak est l’un des tous premiers à avoir activement travaillé à la photo numérique : l’entreprise était très active dans le domaine et est à l’origine de très nombreux brevets. Parfaitement au courant du développement du numérique, puisqu’elle en était l’instigateur, Kodak n’a pas voulu le promouvoir de manière déterminée pour une raison simple : protéger son activité principale de l’époque, la vente de films argentiques ».

Les autres exemples ne manquent pas. Pensons ainsi, de façon plus récente, aux réactions de certains banquiers face aux cryptomonnaies. Jamie Dimon (CEO of JPMorgan Chase, l’un des vétérans de Wall Street) considérait ainsi en 2017 les cryptomonnaies comme une « escroquerie » (avant de « regretter » début 2018 l’emploi du terme quand les cours sont montés, puis de parler de nouveau d’ « arnaque » en août 2018, quand les cours sont redescendus…). Comme l’écrit Daniel Jeffries, « il ne peut pas concevoir un futur avec des cryptomonnaies parce qu’il fait partie des principaux bénéficiaires du système actuel. Il ne veut pas voir, et donc se ment à lui-même. Ce n’est rien d’autre qu’un mécanisme de défense mentale. Interroger ces gens sur les cryptomonnaies, c’est comme demander à un chauffeur de taxi ce qu’il pense d’Uber ou d’un fabricant de calèches ce qu’il pense des voitures. »

Au fond, si l’on en revient au rapport Théry cité plus haut, son raté peut se comprendre aussi sous l’angle de la position de pouvoir menacée : comme l’écrit Philippe Silberzahn, « ce ne serait pas l’histoire d’une erreur, mais d’une tentative désespérée d’empêcher l’avènement d’une technologie pour en défendre une autre » et pour « défendre des intérêts » plutôt que d’autres. Autrement formulé, par Franck Lefevre : « Internet versus Minitel n’est pas un dilemme technique mais un choix politique, idéologique. La position de Thery vise à défendre l’intérêt des systèmes supervisés versus les systèmes auto-organisés, l’intérêt de l’approche interventionniste versus celle misant sur la liberté des acteurs ».

4/ Ils confondent leur opinion avec la réalité

« En France, on n’a pas cru en l’informatique. On a dit que c’était une mode et que ça allait passer. Dans les années 80, dans les grandes écoles, on se demandait si l’informatique était un sujet ou pas. En 1985, à Polytechnique, on se demandait encore s’il fallait l’enseigner » (Gérard Berry, professeur au Collège de France, médaille d’or 2014 du CNRS)

Les biais d’opinions peuvent tordre fortement la capacité à anticiper le futur (ainsi qu’à comprendre le présent…et le passé !). Nadia Maizi (Mines ParisTech) raconte ainsi qu’elle obtient parfois au cours de ses recherches « des résultats pertinents sur le long terme mais qui sont peu audibles », ce qu’elle illustre par un exemple : « en 2011 la Commission Besson a été mise en place juste après Fukushima pour évaluer la politique énergétique française après 2050. Dans les premiers scénarios réalisés avec notre modèle, il était apparu clairement qu’une sortie brutale du nucléaire faisait rentrer des technologies à base de charbon, donc émissives. Mais quand on a montré ça, ça n’a pas plu ».

5/ Ils font preuve d’un grand manque de patience

Dans le domaine de l’innovation, plusieurs décennies sont parfois nécessaires pour qu’une invention prenne toute sa mesure (trouve son usage, rencontre son marché, soit utilisée au mieux). Dans certains cas, ce temps est incompressible en raison de la nature même du processus d’innovation, qui implique de tâtonner dans l’usage d’une invention donnée. Deux exemples, parmi de multiples autres, l’illustrent :

-Le microscope : comme l’explique Philippe Silberzahn, « le microscope a permis de découvrir les microbes et de changer notre vision du monde du vivant, mais il a fallu presque 200 ans entre l’invention du premier microscope et l’émergence de la théorie des microbes ; 200 ans pour adapter notre modèle mental à la nouvelle technologie et ses possibles ! ».

-Le Velcro (scratch) : « L’idée est venue à son inventeur pour la première fois en 1941. Le concept n’a pleinement pris racine dans son esprit que sept ans plus tard. Il a commencé à créer les petits crochets en 1948 et il lui a fallu dix ans pour le faire fonctionner et le produire en masse. Après avoir ouvert son entreprise à la fin des années 1950, il s’attendait à une forte demande immédiate. Ce n’est pas arrivé. Il a fallu cinq autres années avant que le programme spatial dans les années 1960 ne perçoive le Velcro comme un moyen de résoudre un problème : comment faire entrer et sortir les astronautes de combinaisons spatiales encombrantes et peu maniables ? Peu de temps après, l’industrie du ski a remarqué qu’il pouvait fonctionner sur les chaussures. De l’idée initiale à la réussite commerciale il aura fallu 25 ans. » (Daniel Jeffries)

***

Ces facteurs explicatifs ne sont certainement pas exhaustifs. D’autres pourraient être avancés : par exemple, il arrive fréquemment qu’un interlocuteur ait un intérêt particulier à mettre en avant un certain futur plutôt que d’autres – quitte à l’exagérer sciemment, parfois en tordant des chiffres pour en prendre les plus extrêmes. Citons par exemple le fameux chiffre de 47% des emplois qui seraient menacés par l’automatisation. Il est issu d’une étude de deux chercheurs de l’Université d’Oxford, qui a été extrêmement partagée, avec parfois peu de pincettes. Or de nombreuses autres études parviennent à des chiffres bien différents. L’OCDE, en revoyant la méthodologie de cette même étude, est arrivée au chiffre bien moins spectaculaire – qui reste tout de même préoccupant – de 9%. Un chiffre bien moins vendeur pour un certain nombre d’acteurs (cabinets de conseil en transformation digitale, essayiste jouant sur les peurs liées à la technologie…) qui peuvent avoir intérêt à accentuer la réalité.

Les leçons à en tirer

Les facteurs cités ci-dessus conduisent à plusieurs leçons en matière de prospective.

Sans chercher à être exhaustif, citons-en 4 ici.

1. Se méfier des jugements hâtifs

Savoir faire preuve d’humilité et de patience aussi bien dans ses recherches (cf l’excès de confiance) que dans l’observation d’un phénomène (exemple du Velcro) : cette règle, qui semble évidente en théorie, n’est pas toujours appliquée en pratique comme le montrent les multiples prédictions très assertives citées plus haut. Dans bien des cas, le problème ne tient pas tant à l’erreur d’analyse, qui peut tout-à-fait s’entendre, qu’à l’absence de doutes sur les prédictions exprimées.

En particulier, il convient d’être très prudents avant d’affirmer qu’une innovation donnée ne connaîtra pas la réussite, qu’un changement spécifique ne pourra pas se produire, qu’un événement potentiel ne pourra pas survenir…

Dans le New York Times en 1939, un article explique « pourquoi la télévision ne marchera pas » : « la famille américaine moyenne n’a pas le temps pour ça »


Au fond, il s’agit plus simplement de ne pas rejeter trop vite ce qui peut sembler anecdotique au premier regard…

Ainsi, pour l’investisseur Chris Dixon, « la prochaine “big thing” commence toujours par être vue comme un gadget. C’est l’un des principaux enseignements de la théorie de Clay Christensen sur les « technologies de rupture » [Christensen est l’auteur du « Dilemme de l’innovateur » paru en 1997 et considéré comme une référence sur l’innovation]. Cette théorie part d’une observation : les technologies tendent à s’améliorer à un rythme plus rapide que le développement des besoins des usagers. De ce simple enseignement suivent un ensemble de conclusions intéressantes. (…) Les technologies de ruptures sont vues comme des gadgets car quand elles sont lancées, elles ne répondent pas encore aux besoins des usagers. »

Les grandes innovations sont toujours vues au départ comme des gadgets (Chris Dixon)

Parmi de multiples exemples (l’ordinateur personnel, la téléphonie sur IP, etc.), il cite celui du « premier téléphone », qui « ne pouvait porter des voix que sur deux ou trois kilomètres » : « le leader en télécommunication de l’époque, Western Union, n’a pas voulu s’y lancer parce qu’il ne voyait pas comment le téléphone pouvait être utile aux entreprises et aux chemins de fer – leurs principaux clients. Western Union n’a pas anticipé la rapidité avec laquelle la technologie du téléphone et son infrastructure se sont améliorées ».

2. Ne pas croire que les évolutions sont forcément linéaires

Ce que Western Union n’a pas saisi à l’époque, écrit Chris Dixon, tient à une caractéristique du secteur technologique : l’adoption des technologies s’effectue souvent de façon non-linéaire, en raison des effets de réseau capable d’accélérer cette adoption.

Or cette non-linéarité se retrouve dans bien d’autres domaines que la technologie.

Prenons par exemple le cas du climat. Contrairement à une idée (parfois) reçue, le dérèglement climatique n’est pas amené à progresser de façon linéaire (« + 1 degré tous les x années », si la trajectoire actuelle reste la même). Deux phénomènes permettent de l’expliquer.

D’une part, le dérèglement franchit des effets de seuil à partir desquels peuvent s’activer brutalement certains phénomènes. Pablo Servigne et Raphaël Stevens citent deux exemples dans leur ouvrage évoqué précédemment sur Signaux Faibles :

  1. « Un lac peut passer rapidement d’un état translucide à totalement opaque à cause d’une pression de pêche constante. La diminution progressive du nombre de grands poissons provoque, à un moment précis, un effet de cascade sur tout le réseau alimentaire, ce qui en bout de course mène à une prolifération très soudaine et généralisée de microalgues. Ce nouvel état, très stable, est ensuite difficile à inverser ».
  2. « Dans les forêts des régions semi-arides, il suffit de dépasser un certain niveau de disparition du couvert végétal pour que les sols s’assèchent un peu trop et provoquent l’apparition brutale d’un désert, qui empêche toute végétation de repousser. C’est ce qui s’est passé pour le Sahara lorsqu’il y a 5000 ans la forêt est soudainement devenue un désert, ou actuellement en Amazonie où une transition similaire est probablement en train de s’amorcer ».

D’autre part, le dérèglement produit des « effets en cascade ». « Une équipe de climatologues a recensé 14 « éléments de basculement climatique » susceptibles de passer ces points de rupture (permafrost de Sibérie, forêt amazonienne, calottes glaciaires…). Chacun d’eux est capable – à lui seul – d’accélérer le changement climatique…et en plus de déclencher les autres. (…) Un système complexe vivant est en effet constitué d’innombrables boucles de rétroaction entrelacées. A l’approche d’un point de rupture, il suffit d’une petite perturbation pour que certaines boucles changent de nature et entraînent l’ensemble du système dans un chaos imprévisible et souvent irréversible ».

Quiconque s’essaie à l’exercice périlleux de la prospective en matière climatique (notamment pour tenter d’anticiper ses impacts sociaux, migratoires, économiques, géopolitique, etc.) ne saurait donc miser sur une progression linéaire du dérèglement en cours.

De façon générale, l’essayiste Nassim Taleb souligne bien dans son ouvrage « Le Cygne Noir » – paru quelques mois avant l’éclatement de la crise de 2007 – l’importance des événements aléatoires, hautement improbables et à ce titre trop souvent exclus des raisonnements d’anticipation, alors qu’ils jouent un rôle considérable dans l’Histoire. Il montre la quasi-impossibilité de calculer avec des méthodes scientifiques la probabilité de ces événements : « c’est le travers des économistes et des scientifiques que de vouloir soumettre leurs observations aux règles mathématiques et prétendre ainsi prévoir les événements avec la certitude des lois de la probabilité. Or le monde n’est pas prévisible. L’histoire est plutôt déterminée par des événements extraordinaires et imprévus, mais dont le caractère surprenant disparaît dès que l’événement est survenu », considère-t-il (extrait d’une note sur l’ouvrage sur cairn.info).

Taleb définit ainsi trois critères définissant un cygne noir : « l’événement est une surprise pour l’observateur (a), a des conséquences majeures (b), et est rationalisé a posteriori comme s’il avait pu être attendu (c). Cette rationalisation rétrospective vient du fait que les informations qui auraient permis de prévoir l’événement étaient déjà présentes, mais pas prises en compte par les programmes d’atténuation du risque ».

La notion de cygne noir n’est finalement rien d’autre que l’illustration d’un biais cognitif, celui qui rend aveugle à l’incertitude, lui-même lié à d’autres biais (surconfiance ; biais de confirmation ; etc.). Taleb va jusqu’à dire que « l’avenir est un pur hasard : on perd son temps à le prédire », car il y aura toujours des variables qui nous échappent. Il recommande tout de même cependant :

  • d’une part d’envisager le maximum de possibilités (par opposition à l’attachement à une seule vision des choses, quand bien même celle-ci apparaîtrait comme la plus probable)
  • d’être le plus conscient possible de notre rationalité limitée et de l’existence d’informations dont nous n’avons pas connaissance.

C’est cette méthode qui permet selon Taleb non pas de « prédire l’avenir » mais d’anticiper au mieux les risques, et en définitive de nous aider à faire de meilleurs choix pour l’avenir – ce qui est, finalement, l’un des objectifs de la prospective.

3. Reconnaître et surmonter ses biais

L’exercice de la prospective implique d’être lucide sur ses a priori, d’avoir conscience de ses biais et d’essayer de les surmonter. Comme l’explique Cécile Wendling, sociologue des risques et directrice de la prospective du groupe Axa : « Il faut très bien connaître l’histoire et le présent pour faire de la prospective. Il faut regarder autant d’années en arrière qu’on regarde en avant, pour éviter le biais de surévaluer l’activité récente. [De façon générale] il est essentiel d’avoir conscience de ses propres biais, par exemple le biais présentiste (surévaluer l’actualité) ou le biais culturel (sa sphère géographique, son secteur d’activité, les médias que l’on suit, etc.), et de les surmonter (s’informer sur d’autres aires géographiques, etc.) » (interview sur France Culture le 3 janvier dernier).

Un biais classique de prospective, dans lequel tombent parfois les acteurs de l’innovation, est ainsi de faire de la technologie le moteur de la plupart des (r)évolutions, ce qui est loin de se vérifier (lire plus bas « Ce qui pêche souvent »).

Un autre biais, courant, consiste à voir le monde de façon statique… :

Le biais d’un monde statique – ou l’importance de reconnaître et dépasser ses croyances obsolètes :
« Quand les experts se trompent, c’est souvent parce qu’ils sont experts d’une version précédente du monde. (…) Pouvez-vous vous protéger contre des croyances obsolètes ? Dans une certaine mesure, oui. La première étape est de croire au changement. Les personnes qui sont victimes d’une confiance excessive dans leurs propres opinions concluent implicitement que le monde est statique. Si vous vous rappelez consciencieusement qu’il ne l’est pas, vous commencez à chercher le changement ».Paul Graham


4. Etendre son regard

« Quand on me demande en interview de prédire le futur, j’ai toujours du mal à dire quelque chose de plausible. Mon astuce habituelle est de parler d’aspects du présent que la plupart des gens n’ont pas encore remarqués. Les croyances sur le futur sont si rarement correctes que la meilleure stratégie [pour anticiper ce futur] consiste simplement à être extrêmement ouvert d’esprit. Au lieu d’essayer de vous diriger dans la bonne direction, admettez que vous n’avez aucune idée de la bonne direction et essayez plutôt d’être extrêmement sensible au vent du changement ». Paul Graham


Etendre son regard, notamment pour tenter de repérer des mouvements émergents, implique ainsi souvent d’observer les marges – qu’il s’agisse de personnes en marge ou de façons de vivre, de lieux ou de temporalités qui ne sont pas (encore) sous le feu des projecteurs.

L’investisseur Chris Dixon estime par exemple que « les hobbys sont ce dans quoi les gens les plus intelligents passent leur temps quand ils ne sont pas contraints par des objectifs financiers de court terme. Leurs hobbys d’aujourd’hui constituent ce qui nourrit les industries de demain. Ce que font les gens les plus intelligents pendant leurs week-ends est ce que tous les autres feront durant leurs semaines dans 10 ans ».

Pensons ainsi à cette phrase écrite en 1991 par Linus Torvalds, créateur du système d’exploitation Linux, au moment d’annoncer son modeste projet personnel afin d’obtenir des premiers avis : « Je suis en train de faire un système d’exploitation (gratuit, c’est juste un hobby, ça ne va pas devenir grand et professionnel) ».

Etendre son regard peut aussi passer par des œuvres fictionnelles, notamment de science-fiction ou d’anticipation. Les exemples d’auteurs de romans ayant prédit ou anticipé des accomplissements futurs (voire contribué à leur émergence ?) sont multiples, de Jules Verne à H.G. Wells. Il est évidemment facile de revenir après coup sur des œuvres passées en y voyant la trace de prédictions avérées justes. La science-fiction ou l’anticipation ne doivent pas être vues comme des boules de cristal mais comme des moyens d’ouvrir son regard et de concevoir, par l’imaginaire, des situations encore impensées.

Dans la littérature contemporaine, un auteur français comme Alain Damasio est reconnu pour son travail autour de futurs possibles et dystopiques liés à l’avènement d’une société de contrôle, tandis que du côté américain, un roman comme « Dans la forêt » de l’auteure Jean Hegland, sorti dans les années 1990 (étonnamment traduit en français seulement en 2017), offre une vue remarquable – inatteignable par des essais, rapports, conférences – de ce que donnerait concrètement, humainement, un effondrement de civilisation, bien loin des représentations spectaculaires véhiculées par Hollywood. 

Au-delà de la fiction, c’est toute la sphère de l’imaginaire qui est actionnable, ce qui peut aussi passer par des voyages, des rencontres, etc. L’imaginaire permet de se représenter des actions ou événements en apparence inconcevables en réalité – comme, par exemple, l’attaque de Pearl Harbor en 1941… :

« Dans ses travaux pionniers sur l’attaque surprise de la base américaine de Pearl Harbor par les japonais le 7 décembre 1941, la chercheuse américaine Roberta Wohlstetter a montré que cet échec ne pouvait pas être mis sur le compte d’un manque d’attention aux signaux faibles. En effet, la marine américaine avait déchiffré les codes de la marine japonaise. Elle disposait donc de signaux massifs sous la forme de conversations des amiraux japonais. Mais elle trouvait l’hypothèse d’une attaque de Pearl Harbor tellement absurde qu’elle a refusé de l’envisager. Un exercice sur ce thème au printemps 1941 a même été refusé. »
Extrait de l’ouvrage « Bienvenue en incertitude ! » de Philippe Silberzahn


Enfin, étendre son regard peut – si ce n’est doit – passer par étudier l’Histoire, en particulier les façons dont les populations ont réagi à certains événements ou périodes donnés.

Cependant, gare, là encore, aux jugements hâtifs…

Ce qui pêche souvent

« La futorologie se trompe presque toujours car elle prend rarement en compte les changements de comportements », selon l’historienne Judith Flanders. Nous ne regarderions pas les bonnes choses : « le transport pour aller au travail, plutôt que la forme du travail ; la technologie, plutôt que les changements de comportement engendrés par la technologie » ; etc.

Dans la première moitié du XXe siècle, les États-Unis encadraient juridiquement les endroits où il était permis de cracher dans les trains, les gares et les quais. Un colloque tenu à Washington en 1917 ordonnait ainsi qu’« un nombre suffisant de crachoirs soit prévu » dans les wagons de train. Aujourd’hui, le terme américain « cuspidor » (« crachoir ») et l’objet ont pratiquement disparu. Sa disparition n’est pas due à l’obsolescence de certaines technologies, mais bien parce que les comportements ont évolué.

Dans l’histoire plus contemporaine, Terry Grim, professeur au sein du programme « Etudes du futur » à l’Université de Houston, se rappelle d’une vidéo des années 1960 sur le « bureau du futur » : « tout était presque juste, avec la vision de l’ordinateur et d’autres outils technologiques à venir. Mais il manquait une chose : il n’y avait pas de femmes dans le bureau ».

En France, les archives de l’INA sont une mine d’or pour se (re)plonger dans l’état d’esprit qui prévalait dans la société de la deuxième moitié du XXe siècle. On y retrouve des vidéos parfois stupéfiantes – en témoigne, par exemple, ce reportage de 1976 qui demande à plusieurs hommes leurs avis les viols de jeunes femmes en autostop.

Le président de la cour d’appel de Paris en 1976 : « Il faut tenir compte du fait que la victime a pris un risque en montant dans une voiture avec un garçon qu’elle ne connaissait pas. Pensons à un automobiliste qui voit passer sur la route une jeune fille dont la silhouette lui plaît, qui s’arrête et qui la viole : il est certain que la peine doit être plus forte pour celui qui n’a pas été provoqué. L’attitude de la victime doit entrer en compte. [Parfois] c’est une provocation indirecte. Les hommes sont ce qu’ils sont : il faut éviter d’allumer un garçon et de lui faire espérer une suite favorable. »


La société des années 1970 pouvait-elle s’imaginer que de tels propos, qui manifestement ne semblaient alors pas choquer particulièrement, deviennent inconcevables quarante ans plus tard, a fortiori venant d’un magistrat ?

Pour l’auteur Lawrence Samuel, le progrès social est le « talon d’Achille » de la futurologie. Il estime que l’on oublie trop souvent cette remarque de l’historien britannique Arnold Toynbee : ce sont les idées, et non la technologie, qui ont entraîné les plus grands changements historiques.

Parfois, les éléments déclencheurs de changements culturels semblent d’abord insignifiants. Dans son ouvrage « Le Pouvoir des habitudes », l’auteur Charles Duhigg montre que l’évolution des droits des homosexuels aux États-Unis a été accélérée par un changement en apparence anecdotique : la bibliothèque du Congrès américain (considérée comme la bibliothèque nationale américaine), qui classait jusqu’alors les livres sur le mouvement homosexuel dans la catégorie «Relations sexuelles anormales, dont crimes sexuels », a décidé de les déplacer dans une catégorie intitulée « Homosexualité, lesbianisme, libération gay ». Ce petit changement a créé un effet d’entraînement. Un an plus tard, l’American Psychiatric Association cessa par exemple de définir l’homosexualité comme une maladie mentale.

On le voit bien : envisager le futur ne peut se faire sans étude des mouvements sociaux et des évolutions de mentalités, et plus globalement sans prise en compte des sciences sociales, au-delà du suivi des avancées technologiques. Un exemple est éloquent en la matière : lorsque les premiers ascenseurs automatiques sont apparus, les usagers étaient inquiets à l’idée de les utiliser. Malgré la supposée fiabilité de ces appareils, ils ne pouvaient s’empêcher de craindre de possibles accidents. A l’aune de ces réactions, on devine par exemple qu’à l’avenir, l’usage massif de voitures entièrement autonomes ne démarrera pas seulement le jour où ces véhicules seront prêts et la législation adaptée, mais aussi et surtout lorsque les individus se sentiront sereins à l’idée de les utiliser.

Si l’évolution des comportements est parfois sous-estimée à l’heure d’envisager l’avenir, il arrive donc aussi qu’elle soit tenue pour acquise un peu rapidement.

A cet égard, un exercice intéressant consiste à réfléchir à ce qui reste stable dans le temps…ce qui n’est pas forcément intuitif : « nous faisons plus attention à ce qui change qu’à ce qui joue un plus grand rôle mais ne change pas » écrit ainsi Nassim Taleb dans son ouvrage « Antifragile ».

Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, a un jour expliqué qu’il déterminait la stratégie du géant du e-commerce en fonction de ce qu’il appelle les « signaux stables » : « On m’a souvent posé cette question : ‘Qu’est-ce qui changera dans les dix prochaines années ?’. C’est une question très intéressante, mais très commune. En revanche, on ne m’a jamais demandé : ‘Qu’est-ce qui ne va pas changer dans les dix prochaines années ?’. Or pour moi, cette deuxième question est la plus importante puisqu’elle permet de construire une stratégie autour de ce qui reste stable dans le temps. Toute l’énergie et les efforts que nous mettons chez Amazon dans ces signaux stables porteront encore leurs fruits dans dix ans ».

Conclusion

La prospective, qui consiste à investiguer des futurs possibles, n’est pas l’art de la prédiction. Si les prédictions s’avèrent souvent fausses, c’est simplement parce que vouloir prédire l’avenir est vain, comme le souligne Nassim Taleb (et bien d’autres).

La prospective n’est pas non plus la prévision. Prévoir, c’est « modéliser le réel pour en déduire un futur probable » (Bernard Georges), souvent à court ou moyen terme. « A la différence de la prévision, liée à des modèles de continuité, la prospective est liée à des modèles de rupture » explique Cécile Wendling, responsable de la prospective du groupe Axa. « Sur le sujet du travail, par exemple, il est possible d’effectuer des prévisions d’évolution du taux de chômage à horizon deux semaines ou deux mois ; la prospective sur le travail, elle, nécessite de réinterroger les CSP que l’on utilise ».

Les deux exercices sont complémentaires, et la prospective se nourrit d’ailleurs d’une part de « récits, où l’on combine tendances et signaux faibles pour comprendre comment un sujet donné peut évoluer dans le temps », d’autre part de « modèles mathématiques de prévisions sur le court et moyen terme ».

Oser penser le temps long

Aujourd’hui, la prospective, cet exercice qui demande de « détecter dans le présent des […] germes du futur, déjà » comme le formule la spécialiste Édith Heurgon, n’a pas forcément bonne presse. Elle est pourtant vitale pour anticiper au mieux les risques (et opportunités) de moyen et long terme, les mouvements de fond parfois discrets mais structurels, les ruptures à venir.

L’époque est à la croyance – parfois immodérée – dans le pouvoir du Big Data et de l’intelligence artificielle. Leur puissance ne saurait être négligée ; mais ces outils statistiques et technologiques relèvent de la prévision, du domaine de l’estimation probable. Ils butent sur l’incertitude, sur les fameux « cygnes noirs » dont la sous-estimation a conduit à la stupéfaction lors de l’éclatement de la crise de 2007/2008.

La prospective doit être réhabilitée et refaire place à tous les niveaux (l’échelon de l’entreprise, d’un secteur économique, de l’Etat…). Il en va de notre capacité à penser l’incertitude et à anticiper les enjeux qui dépassent le temps politique et les contraintes économiques de court terme.

Certaines puissances, comme la Chine, l’ont bien intégré. En France, l’organisme France Stratégie, placée sous l’autorité du Premier Ministre, est censé remplir ce rôle. Il peine toutefois à s’y consacrer pleinement, ayant également d’autres missions essentielles à remplir, de plus court terme (organisation de concertation, évaluation des politiques publiques…). La France manque d’un centre de pointe entièrement dédié à la prospective. Le coût d’opportunité en est probablement considérable et se paiera sur le long terme.

Ce coût se manifeste d’ailleurs dès aujourd’hui, par exemple dans le numérique, domaine longtemps sous-estimé (et ce depuis ses débuts, puisque dans les années 70 « Internet était considéré en France comme un gadget de chercheur : il n’y avait pas d’argent, pas de reconnaissance » raconte le chercheur Louis Pouzin). Or le fait qu’en 2019 l’innovation de rupture soit, globalement, vue en France sous le seul angle de l’intelligence artificielle n’incite pas à l’optimisme pour la suite…

Diversifier

Le monde de l’entreprise, lui aussi, peine parfois à mener des réflexions prospectives. Le réflexe d’externaliser ce travail à des cabinets de conseil, de façon parfois systématique, en est un signe révélateur. S’appuyer sur des expertises extérieures peut être utile, mais il importe alors

  • d’une part de faire appel à différentes façons de penser et d’anticiper l’avenir.
  • d’autre part de développer en parallèle, en interne, une culture favorable à la diversité de points de vue – ce qui passe souvent par une diversité d’expériences, de cultures, de personnalités.

La transformation d’une entreprise ne peut se faire sans esprits capables de penser différemment. Si cette évidence relève aujourd’hui presque du lieu commun, poussé notamment par une communication corporate se voulant « disruptive », la réalité est souvent différente en pratique, comme l’exprime Philippe Silberzahn avec justesse ici :

« En filtrant les outsiders, les marginaux et ceux qui ne rentrent pas dans le cadre, l’entreprise gagne une fiabilité et une prédictibilité, gage de sa performance. (…) Et puis un jour survient une rupture. La révolution digitale, le big data, l’uberisation, les barbares sont à nos portes! Et quand la bise fut venue, l’entreprise se trouve fort dépourvue. Car tout d’un coup Boum! Crack! Elle veut des innovateurs! Des gens qui sortent du cadre! « Innovez! » comme lançait récemment devant moi un PDG à son assemblée d’employés médusés. (…)
Mais il n’y a pas de miracle en management. Seulement des choix stratégiques. Et rien n’est plus stratégique que de décider qui on recrute, qui on garde et qui on promeut. »

Dès lors, comme il l’écrit, « le recrutement de profils fonctionnels et conformes au modèle en place est une nécessité, mais le développement d’une diversité est indispensable si l’entreprise veut pouvoir évoluer et se transformer. La création de cette diversité, et non le filtrage des marginaux, telle devrait être la mission stratégique de la RH ».

Terminons sur deux remarques pour ouvrir le débat…

…au niveau de l’entreprise, quel crédit accorder aux cabinets qui conseillent les entreprises sur leur transformation digitale lorsqu’eux-mêmes ne l’ont pas réalisée ?

…au niveau de l’Etat, quel crédit accorder, par exemple, au jury de l’ENA qui déplore publiquement le « conformisme », le « manque d’imagination » et « la pensée stéréotypée » de ses candidats alors même que tout écart de pensée et toute tentative de créativité se voient souvent sévèrement réprimés lors du concours ?

Ces incohérences, parmi d’autres, doivent nous interroger. Pour les décideurs du public comme du privé, si prédire l’avenir est vain, tenter d’anticiper des futurs possibles reste un impératif, dont la bonne exécution est en large partie une question de choix de personnes. Ces choix sont ceux qui permettent – ou non – d’éviter de dire, un jour, qu’« Internet, on s’en fout, ça ne marchera jamais »…

Clément Jeanneau

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Des scientifiques découvrent un méta-matériau qui isole 94% du bruit

Des scientifiques découvrent un méta-matériau qui isole 94% du bruit | Think outside the Box | Scoop.it

À la vue de cet anneau, votre première impression pourrait être la suivante : c’est juste à un rouleau de scotch en fait ? Pourtant non, les chercheurs de l’Université de Boston viennent de dévoiler un méta-matériau, capable de bloquer la quasi totalité des sons émis. Ce méta-matériau a été imprimé en 3D et conçu mathématiquement. Pour faire simple : il renvoie les sons entrants d’où ils proviennent. Cette découverte va certainement faire rêver les personnes qui n’en peuvent plus du bruit de leurs voisins. Ce méta-matériau pourrait aussi être utilisé pour séparer des bureaux dans une entreprise. Le bruit est la première source de perte de concentration au travail, mais des solutions se développent, l’apparition de cabines connectées pourrait changer la donne.

 

Le test pour vérifier l’efficacité de la formule mathématique consistait à enfoncer un haut-parleur dans l’extrémité d’un tuyau en PVC et d’écouter le son émis. Les chercheurs ont tenté de mettre le haut-parleur à fond, pourtant, ils n’ont rien entendu. C’est grâce à une petite bague imprimée en 3D que le son a pu être totalement isolé. L’anneau a permis de couper 94% du son provenant du haut-parleur, c’est suffisant pour le rendre inaudible à l’oreille humaine.

L’arrivée de ce méta-matériau pourrait s’apparenter à une petite révolution dans le monde de l’acoustique. On peut imaginer que des blocs soient empilés pour bâtir des murs insonorisés et transparents pour laisser passer la lumière. Les chercheurs pensent pouvoir aller encore plus loin avec cette découverte. Ils imaginent équiper les drones de silencieux grâce à leur méta-matériau, pour éviter de devenir sourd à cause du bruit ahurissant des turbines. Il n’y a pas de limites, les scientifiques peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent. C’est la magie de l’impression 3D. Xin Zhang, professeur à l’Université de Boston, précise cela : « l’idée est que nous pouvons maintenant concevoir mathématiquement un objet qui peut bloquer les sons de n’importe quoi ».

 

ParValentin Cimino

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Jean-Marc Jancovici et Philippe Bihouix : Croissance et Effondrement

Interview de Jean-Marc Jancovici et Philippe Bihouix, en direct le 12/02/2019 à 21h

SOURCEZ, VERIFIEZ LES FAITS EN DIRECT : ✅ https://captainfact.io/videos

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Synthèse du grand débat (granddebat.fr) organisé par le président Emmanuel Macron et son gouvernement dirigé par Édouard Philippe. Quand les citoyens participent à la conception d’un nouveau modèle...

Synthèse du grand débat (granddebat.fr) organisé par le président Emmanuel Macron et son gouvernement dirigé par Édouard Philippe. Quand les citoyens participent à la conception d’un nouveau modèle... | Think outside the Box | Scoop.it

Conclusion d'étape datée du 13 février 2019

 

Résumé: L’objectif de cette recherche est de réaliser la synthèse du débat national qui a commencé en France le 15 Janvier 2019. Selon le Président de la France, l’objectif est de faire émerger un nouveau contrat social indépendamment des sensibilités politiques. En ayant recours à la netnographie, (Kozinets, 2002, 2010), cet article propose une synthèse des centaines de milliers de contributions déposées par les citoyens sur le site granddebat.fr. Les résultats mettent en lumière une forte volonté de changement pour aller vers une société qui donne plus de place aux citoyens. Les résultats soulignent le désir d’une société française plus respectueuse de l’environnement et orientée vers la proximité tant sur le plan de la consommation que des impôts et services de l’état.

Introduction

Suite à une crise sans précédent dans sa forme et face à une impasse politique, le Président de la France Emanuel Macron a proposé aux français un grand débat sur : « un nouveau contrat pour la Nation » qui permettra selon ses mots de « structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international». Cette ouverture de l’exécutif à des millions de citoyens est à priori inédite dans l’Histoire du monde.  Du côté des citoyens, ce débat arrive à un moment propice. En effet, les études ont mis en exergue que le développement d’internet et des réseaux sociaux poussent les individus à participer et à être de plus en plus engagés dans leur citoyenneté (Kotler et al., 2017; Trespeuch, 2017). Ainsi, ce débat répond aux besoins d’expression de la population et permet à tout à chacun de s’exprimer et de partager ses idées.

Cependant, comment faire en sorte de synthétiser les milliers de contributions ? La difficulté réside dans leur synthèse. En effet de nombreuses études ont montré que le non-respect de la volonté des individus pouvait être la source de réactions affectives négatives comme la colère, la frustration et le dégout. Associées à ces réactions négatives des comportements tels que des campagnes de boycott, un bouche à oreille négatif et différentes actions allant à l’encontre de la source de la frustration peuvent alors apparaitre (Damasio, 1994, 2003; Füller et al., 2009; Kähr et al., 2016). Pour limiter ces externalités négatives, cette étude propose une analyse transparente des 147 048 contributions issues du site granddebat.fr afin de faire émerger des consensus au sein des différentes contributions. Pour cela une analyse quantitative et sémantique, en partie inspirée des travaux de Kozinets (2002, 2010) sur la netnographie a été retenue. Cette synthèse permet de faire ressortir les mots les plus saillant au sein des diverses contributions.

Vis-à-vis de la présentation, les quatre thèmes proposés : (1) la transition écologique, (2) la fiscalité et les dépenses publiques, (3) la démocratie et la citoyenneté puis (4) l’organisation de l’état et des services publics seront analysés et discutés un à un dans l’ordre de présentation du site internet. Les principaux résultats de cette étude mettent en lumière un fort désir des citoyens de s’investir dans la vie politique et de modifier en profondeur la société Française. Les centaines de milliers de citoyens qui ont participé à ce débat en ligne aspirent à plus de proximité géographique avec les services de l’état, avec l’impôt et avec l’environnement au travers d’une consommation plus locale.

Étude 1 : Transition écologique

L’étude 1 porte sur la transition écologique. Selon la lettre aux Français du Président Emmanuel Macron, personne ne conteste l’importance de la transition écologique. Il y a, toujours selon ses mots, une « Nécessité d’agir vite… Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses».

Sur ce thème, les contributeurs étaient invités à répondre aux questions concernant le financement de la transition, l’accessibilité de la transition à tous, le logement et les déplacements et enfin comment faire en sorte que le débat existe à l’échelle Européenne.

En lien avec ces questions, le site internet a enregistré 46 436 contributions de 39 949 participants au 20 Janvier 2019.

Résultats et Synthèse de l’étude transition écologique

 

 

Avec 46 436 contributions, l’écologie, présentée comme le premier sujet sur le site internet granddebat.fr, est le deuxième thème à recueillir le plus de participations de la part des citoyens.

De nombreuses études soulignent que désormais les individus sont de plus en plus sensibles à la protection de la planète et aux démarches environnementales (Han et al., 2017). D’années en années, le jour où l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la « biocapacité » de la planète ne cesse d’avancer et les actions de communication n’ont cessé de se multiplier afin d’eveiller les conscience sur ce sujet. La prise en compte de l’environnement est désormais un enjeu de société majeur (Etude Ethicity – GreenFlex, 2016). Aussi, selon le rapport « Modes de vie et pratiques environnementales des Français » il semble que les ménages français soient de plus en plus préoccupés par la protection de l’environnement (statistiques.developpement-durable.gouv.fr). Les résultats de la présente étude mettent en avant cette prise de conscience. La sémantique « transition », « écologie », « environnement », « planète », « urgence »  abonde en ce sens.

Par exemple Cece64 dit : « Pour une planète verte, pour que les autres états partagent nos choix, il faudrait avoir une politique d’écologie et d’environnement plus forte! La France pourrait ne plus acheter de produits étrangers ne respectant pas une certaine charte éco-responsable…» et Croc « Il faut arrêter de vivre au-dessus des moyens de la planète. Commençons par la respecter. »

Au regard de la littérature académique, un individu préoccupé par l’environnement se définit comme ayant une préoccupation pour l’environnement élevée. Il agit selon l’idée d’un bien-être sociétal ou environnemental (Steg et Vlek, 2009).  Ainsi, un individu préoccupé par l’environnement tend à minimiser son impact négatif sur l’environnement dans sa consommation, de l’acquisition à l’élimination des produits en passant par leurs utilisations (Kreziak, 1998). Ces individus, au travers de leurs actes, dépassent leurs besoins primaires de satisfaction pour se réaliser dans leur consommation. Ce sont des individus acteurs qui agissent dans le but de refléter un certain style de vie:  par exemple celui d’un individu informé, intelligent et responsable. Le comportement permet alors de renforcer son identité et son positionnement dans la société (Petkus, 1992; Solomon, 1983).  On retrouve cet aspect avec des thèmes comme « consommer mieux » « faire en sorte que les choses changent en faveur d’un environnement protégé » qui mettent en lumière des citoyens désireux de modifier leurs habitudes.

Comme Marionvvdb « Il ne faut pas commencer par chercher des solutions qui permettent de consommer toujours plus, mais consommer moins et mieux. »

De nombreuses interventions portent sur une baisse de la consommation et une consommation plus locale et responsable. Selon (Ozcaglar-Toulouse, 2009), ce consommateur adopte des comportements qui s’inscrivent à la fois “dans” et “contre le marché”.

Enfin, par rapport à ces différents comportements, la question des « transports » et de la « voiture » occupe une place prépondérante. De nombreux citoyens proposent des mesures pour intensifier le développement et l’utilisation des transports en commun, limiter les déplacements, favoriser les voitures à l’hydrogène ou les voitures électriques (à l’inverse, certains citoyens argumentent contre les voitures électriques en lien avec la problématique des batteries). Cette polarisation des débats autour de la voiture se justifie en partie par la part de celle-ci dans les émissions de CO2 au niveau national.

 

(https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/)

Pour synthétiser, de nombreux français aspirent à une transition écologique afin que la société Française soit plus respectueuse de l’environnement. Enfin, les thèmes de la consommation locale et des transports se retrouvent également de ce débat sur la transition écologique.

Etude 2 : Fiscalité et dépenses publiques

Ce sujet est introduit par le président de la France, Emmanuel Macron, de la manière suivante : « L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. […]. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps. Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. » Sur le site granddebat.fr 63 491 contributions de 50503 participants ont été déposées sur cette thématique.

Résultats et Synthèse de l’étude Fiscalité et dépenses publiques

 

Présenté comme la deuxième thématique par le site internet le granddebat.fr, la question de la fiscalité et des dépenses publiques est la section du site qui a recueilli le plus de contributions de la part des citoyens français. Cette synthèse met en lumière une quantité similaire de contributions pour le sujet de la fiscalité et l’impôt par rapport au sujet des dépenses publiques.

La fiscalité et l’impôt

Le débat sur ce sujet fait émerger deux souhaits des contributeurs : Un désir d’équité avec une plus forte contribution des plus riches et la fin des niches fiscale.

Falgayras : « Faire payer les riches, les ultra riches, les grandes entreprises. »,

Parallèlement à cela, les contributeurs de ce grand débat aspirent à plus d’égalité avec des contribution comme Portelli : « Impots sur le revenu dès le 1er € ». Le propos de Livache tend à résumer et synthétiser ce double besoin d’égalité et d’équité « En France soit on est pauvre et on a droit à un peu d aide et on galère, soit on est riche (et on profite de niches fiscales ou de conseils avisés pour en être exonéré) ».

Enfin, il est possible d’identifier un besoin de simplification de la fiscalité, certains plaidant pour une hausse de la TVA (1ier impôt de France) avec une suppression des différents impôts sur les revenus. Soulard comme d’autres « Supprimer les taxes de toutes sortes… Ne garder que la TVA ». Le terme « suppression » associé aux différentes taxes et régime spéciaux est particulièrement redondant. Ce besoin de simplification s’exprime aussi dans le domaine des aides avec une contribution comme celle de CG : « L’IMPOT C’EST LA CITOYENTE, pas l’assistanat […] regrouper toutes les aides (apl, familiale, réduc transport, cantine…), en une seule fixe, par exemple 700e par foyer fiscal quelqu’en soit la situation familiale. ». Autrement dit, ces contributeurs proposent plus de simplicité et par conséquent moins d’opacité. Actuellement selon budget.gouv.fr les recettes générées par la TVA représentent 54% des recettes totales de l’état. Une refonte des impôts autour d’une hausse de la TVA et des impôts locaux pourraient être envisagés.

Les dépenses publiques

Concernant les dépenses publiques, les contributions font émerger un consensus autour de la baisse des dépenses publiques avec un nécessaire retour à l’équilibre budgétaire et plus de transparence. Amu : « Communiquer annuellement à tous les citoyens, comment sont utilisés les impôts des français » Banloux :« Publier une info claire sur les subventions des associations, l’utilisation de l’argent public par les hauts fonctionnaires et députés. Un site unique avec en face du nom ,les dépenses ».

Par contre, cette étude observe qu’il n’y a aucun consensus quant aux  solutions pour limiter les dépenses publiques. Des solutions très variées comme réduire l’assistanat, réduire les budgets des collectivités locales, réduire le nombre de fleurs dans les villes ou réduire les frais des politiciens sont proposées… Sur ce dernier point et malgré la faible part du budget alloué à la gestion et fonctionnement de l’état (sur 282 milliards, 13,8 des dépenses vont au fonctionnement de l’état quand 78,7 vont à l’éducation, budget dépassant, 66 à la défense et sécurité, 46,1 à l’écologie, 41,2 à la dette et 25,7 à la santé et solidarité selon le projet de loi finance 2018), plusieurs contributeurs demandent une réduction du budget alloué au politique. Michel : « Réduire le train de vie de l’état => nombre de parlementaires (sénateurs et surtout députés), pas de carrière en politique. Si élection, enchainement de 2 mandats au maximum ». Aubignat : « Il faut réduire drastiquement les dépenses publiques en commençant par le haut de la pyramide (anciens présidents, ministres, sénateurs… emplois publics scandaleusement rémunérés pour faire accepter celles qui rapportent vraiment, allocations chômage, santé »

Réduire le nombre de parlementaires (sénateurs et députés), limiter le salaire à la durée du mandat, limiter les parlementaires à deux mandats. Autrement dit, ces citoyens qui ont contribué au débat en ligne ne veulent plus autant financer le système politique français.

Etude 3 : Démocratie

Le mot « démocratie » est un des termes les plus redondant au sein des diverses contributions. En effet, les citoyens sont de plus en plus engagés dans leur citoyenneté et souhaitent participer à la vie politique de leur pays. Le président de la France introduit cette partie de la manière suivante : « Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections ». La laicité et l’immigration font également parties de cette section du débat. Cette partie avait généré 37 818 contributions de 31 032 participants au 21 Janvier 2019.

Résultats et Synthèse de l’étude Démocratie.

 

Le modèle de l’incidence

Comme décrit en introduction, les citoyens des années 2000 expriment un fort désir de participation aux décisions qui peuvent influencer leur quotidien. Ainsi sur cette thématique, plusieurs contributeurs souhaitent plus de démocratie, de votes, de participations, de referendums (différentes formes suggérées), de proportionnelle, de contributions, de droits et de proximité. Jérémy : « Les élus qui sont au plus proche de nous, comme à la mairie par exemple […] Grâce à internet surtout, car c’est ce qui demande le moins d’efforts aux citoyens et c’est pratique pour faire des statistiques lors de l’analyse des réponses. Mais également de manière très locale en créant des réunions de rassemblement dans les mairies par exemple, ce qui permettrait à tout le monde, même les personnes agées de participer. »

En parallèle, un certain nombre de contributions demande la comptabilisation du vote blanc. Que nous n’oublions pas la voix des citoyens qui se déplacent aux urnes et expriment un désaccord avec l’offre. Lebonsens : « Vote blanc, OUI bien sûr, nous devons pouvoir exprimer qu’aucune solution proposée ne nous plait ».
Sur la question de l’immigration, les français semblent à priori plus divisés, certains demandant plus d’immigrations tandis que d’autres, plus de contrôle et de fermeté. Il en va de même sur la laïcité, certains contributeurs basent leur réflexion sur l’apprentissage du français et l’éducation tandis que d’autres demandent la nomination des représentants religieux par l’état.

Pour synthétiser, le consensus issu de cette partie est le souhait des citoyens de reprendre le contrôle sur les décisions politiques.

 

Étude 4 : Organisation de l’état

L’objectif de cette partie du grand débat est selon le président de la France de réformer l’organisation de l’état. Il insiste sur le coût des services publics vitaux et indispensables à la cohésion sociale. Sur cette question, quelles seraient les solutions pour être plus efficient ? Au 21 Janvier, cette partie du grand débat national avait suscité 39 303 contributions de 31 876 participants.

Résultats et Synthèse de l’étude Organisation de l’état

 

 

Enfin pour ce dernier thème, (selon l’ordre de présentation du site internet) qui a tout de même récolté 39 303 contributions, une certaine diversité d’informations est observée.

Tout d’abord, un grand nombre de contributeurs appellent à une refonte des services de l’état. Le champ lexical suivant : « décentraliser », « supprimer », « simplification », « réorganisation », « millefeuille » atteste de ce besoin. Par exemple, citoyen engagé propose « Un Guichet unique, polyvalence pour pouvoir répondre sur plusieurs sujets. ». Les bureaux de postes pourraient par exemple assurer un certain nombre de services standards. Dans le même sens Ana dit : « Les organismes publiques (impôts, caf, pole emploi, assurance maladie, retraite,…) devraient être tous regroupés sous une seule et même entité. Cela permettrait de: – offrir la possibilité aux citoyens de retrouver tous les services publics dans un même lieu – restreindre le temps de traitement des dossiers – restreindre les coûts de fonctionnement (1 seule entité = moins de personnel pour la gérer) – éviter les fraudes aux aides sociales (les services étant regroupés, les fichiers sont mutualisés) – les fichiers étant mutualisés, les aides sociales pourront être automatiquement attribuées sans que le citoyen ait besoin de déposer la demande, et calculées sur les revenus de l’année en cours. ». Toujours sur ce thème de l’accessibilité, plusieurs contributions portent sur le thème d’un meilleur accès aux services publics en ligne.

L’analyse de ces contributions fait également ressortir une réelle opposition à la nouvelle régulation de la vitesse. Ainsi « 80 » est le 21ème terme le plus cité dans cette partie sur l’organisation de l’état. Les citoyens se sentent bridés dans leurs déplacements. Au cours de l’histoire, l’homme se déplace de plus en plus vite. Ce retour en arrière est perçu comme une atteinte aux libertés individuelles. Régis : « Il faut revenir sur l’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h sur le réseau secondaire. Cette mesure a été imposée sans concertation, après une expérimentation biaisée aux résultats peu probants, contre l’avis des Français. »

 

Enfin sur le nombre de fonctionnaires, cette analyse conclue à une absence de consensus. Certains en demandent plus quand d’autres en demandent moins.

Étude 5 : Le grand débat sur les réseaux sociaux, acteurs et sujets.

Pour cette synthèse, 25 964 tweets contenant #GrandDebat ont étés téléchargés avec un crawler. L’objectif est d’analyser la perception des français vis-à-vis du grand débat dans un espace ouvert, celui des réseaux sociaux. En effet sur ces derniers les français répondent à aucune question ou directive. Cette analyse amène une validité externe à cette recherche et permet également d’identifier les principaux acteurs du grand débat !

 Résultats de l’étude 5

1 Les acteurs du #GrandDebat sur Twitter

Tout d’abord l’analyse de la modularité selon les recommandations de Blondel et al., (2008) a permis de mettre en lumière 7 communautés ou sous-groupes (vert ; bleu; bleu-vert; violet ; Noir ; Orange ; Rose).   Concernant les acteurs, le premier graphique met en lumière les personnes qui participent le plus à la vie du sous-groupe par leur tweets et interpellation des autres membres (out-degree) et le deuxième graphique met en lumière les membres du sous-groupe qui se font le plus interpellés.

Analyse Tweeter Grand Débat

 

Vert : Un grand nombre d’individus interconnecté qui parlent principalement d’@emmanuelmacron et dans une moindre mesure de manonaubryfr.

Bleu : @ensemblemacron; @costeslioneler; @nordsud6213 sont les membres les plus actifs de ce sous-groupe. Ils parlent de @stanguerini @bgriveaux @ephilippepm @emmwargon

Bleu-Vert : @brunellecb75011 @damocles1bis et @rose18937173 sont les principaux animateurs de ce sous-groupe qui parle principalement de @marleneschiappa, @cyrilhanouna et @duboschristelle

Violet : Le sous-groupe violet est constitué d’un ensemble d’individus avec un poids égal qui citent tous dans leur tweet : @brevesdepresse

Noir : Le sous-groupe noir se rallie à @bbr4369, @dupontaignan et @fredsochard.

Orange : Dans le sous-groupe orange, on note la participation active de @92enmarche, @Ren22389991 et @modem17. Ce sous-groupe interpelle le compte @gouvernementfr

Rose : Enfin le sous-groupe rose dont les contributions des membres sont relativement bien reparties parlent surtout de @laelia_ve.

Pour synthétiser, les principaux contributeurs du #GrandDebat, ceux qui citent le plus les autres, (Outdegree) et ceux qui sont le plus souvent cités (In degree) sont liés au gouvernement : @COSTESLionelEr; @brunellecb75011; @nordsud6213.

A noter que certains comptes comme @DuPouvoirDachat sont à priori connecté à aucun sous-groupe mais interpelle un grand nombre de personnes.

2. La synthèse du #GrandDebat sur Twitter :

Sur le plan du contenu voici ci-dessous les 12 tweets les plus populaires autour du grand débat.

tweet Retweet À quoi ça sert ? Qui peut y participer ? Où et comment ?
Le #GrandDebat national commence aujourd’hui et se termine le 15 mars.
Toutes les réponses à vos questions ci-dessous
https://t.co/NdlQmpqTO5 https://t.co/SalvpbQ8Wn 2498 A #Souillac, @BrigitteBareges (#LR) huée par des maires pour avoir dénoncé les aides sociales plus généreuses pour des étrangers que pour des citoyens. »Le politiquement correct a fait trop de ravage; je ne peux plus me taire. Il n’y a pas d’ONG pour les #GiletsJaunes »#GrandDebat 2194 CITATION – « Au final, c’est un peu comme une pièce de théâtre. C’est déjà tout prévu à l’avance. Le PR connaît déjà nos questions et quand on va les poser. Tout est millimétré… » Clément H., le jeune chaudronnier avant son intervention au #GrandDebat. (C Pol. – France 5) https://t.co/teCq9P801S 1888 Le gouvernement continue ses concessions aux #GiletsJaunes. Tenez, 10 milliards! Tenez, une réforme de la taxe d’habitation! Mais le peuple ne veut pas qu’on lui donne quoi que ce soit. Le peuple veut décider! Voilà ce qu’aurait dû être le #GrandDebat. Voilà le sens du #RIC. https://t.co/ahwjOItXL2 1580 120 000 postes de fonctionnaires seront supprimés d’ici 2022.
Mais rassurez-vous le #GrandDebat va permettre de discuter de si on veut moins de profs, moins de personnels dans les hôpitaux et/ou moins de personnels chargés de traquer la fraude fiscale.
https://t.co/Xq9rAOvPnd 1323 Sondage
Après 3 mois de mobilisation des #GiletsJaunes, soutenez-vous encore le mouvement ?
Veuillez prendre le temps de retweeter pour obtenir un échantillon large Merci à tous.
#ActeXIII #Acte13 #YellowVests #9Fevrier #9fevrier2019 #BFMTV #ONPC #LCI #CNews #GrandDebat 1002 Ce que représentent 1000 € de dépenses publiques pour les Français #GrandDebat #LaGrandeExplication https://t.co/5NHLwA5Y2d 917 Je me suis finalement résolu à regarder le #GrandDebat avec « les jeunes ».
En fait ce n’est pas un grand débat, c’est juste Macron sur une scène qui répond à des questions préparées en classe.
Pas à un moment les jeunes peuvent répondre.
Une démocratie directe sans démocratie. 916 Pensez-vous que le gouvernement va tenir compte des propositions, des échanges, des idées lors du #GrandDébat et de revoir certaines choses, de se remettre en question ? #sondage #politique 840 Je viens d’avoir la mauvaise idée de vouloir regarder à quoi ressemble le #GrandDébat entre Emmanuel Macron et la jeunesse. C’est absolument scandaleux : des questions totalement téléguidées, une propagande décomplexée, un hors-sol complet. Mascarade. 769

Plutôt que de faire semblant d’écouter les français avec son #GrandDebat et de nous demander quelles dépenses publiques on veut baisser, Macron devrait aller chercher les 118 milliards d’euros que coûte chaque année l’#EvasionFiscale à l’Etat !


#ActeXIII #Acte13 #GiletsJaunes https://t.co/mxDRZkJZ1l

760 @Chantal_Jouanno sur le #GrandDébat :
« On n’est pas dans un #GrandDebat, on est dans une consultation… Quand vous procédez uniquement par un questionnaire, en réalité, la réponse est déjà faite, le débat est faussé »
#LaMatinaleLCI @PascaledeLaTour https://t.co/GZD8RDLuYY 755

Comme dans les précédentes études, les citoyens demandent plus de pouvoir décisionnel. Ils souhaitent être de réelle partie prenante dans les décisions politiques. Un deuxième courant de tweets populaires concerne des critiques à l’égard du grand débat et de la transparence de ce dernier. De nombreux internautes se demandent à quel point ce #GrandDebat va changer les choses. Cet aspect n’était pas ressorti comme un point central des contributions en ligne. Dans un deuxième temps l’ensemble des 25 964 tweets ont permis de réaliser l’analyse textuelle sémantique suivante.

Synthese du Grand Débat Twitter

Certains thèmes étaient présents dans les études précédentes comme transition écologique : « Au programme Transition écologique » ; « actes #concrets pour une nouvelle transition écologique »; de même les messages en liens avec les « députés », « l’assemblée », les « dépenses publiques » font échos à certaines contributions du site granddebat.fr. Tandis que d’autres termes émergent de cette analyse : « #giletsjaunes », « Mères », « campagne » et mettent en lumière des préoccupations et critiques différentes de celles déposées sur le site officiel : « le #granddebat spécial mères isolées » ;  «  C’est déjà tout prévu à l’avance »; « il s’apparente davantage à une campagne déguisée pour les #Européennes2019 ». Pour synthétiser cette étude conforte certaines contributions que l’on retrouve sur le site internet granddebat.fr tandis que d’autres préoccupations notamment à l’égard des suites que le gouvernement va donner au grand débat sont davantage présentes sur les réseaux sociaux.

Discussion générale

Cette analyse des 187 048 contributions déposées sur le site granddebat.fr a plusieurs vertus : Tout d’abord elle a permis de faire ressortir les aspects les plus saillant du corpus de propositions. Les résultats de cette synthèse sont relativement différents de ceux présentés par les maires ruraux de France qui avaient mis en lumière les sujets suivants : Justice sociale = 17,2 % ; Justice fiscale= 14,3 % ; Organisation politique et territoriale= 14,0 % ; Aménagement, transports et mobilités= 9,4 % ; Vie démocratique= 8,7 % ; Transition écologique et énergétique= 8,4 % ; Emploi et économie= 8,3 % ; Sujets internationaux= 5,4 % ; Services de proximité= 5,1 % ; Rôle de l’État dans les territoires= 5,1 % ; Autres= 4,1 %. Deux déterminants opposés peuvent expliquer ces différences. Tout d’abord la liberté de parole derrière un écran est plus libre et plus grande. Il y a ainsi moins de désirabilité sociale (se présenter sous son meilleur jour, agir et répondre en fonction des attentes de l’interlocuteur). A l’inverse, les contraintes du site internet en termes de canevas ont probablement influencé les contributions.

Un deuxième apport de cette synthèse est d’être parvenu à montrer qu’il existe plusieurs consensus parmi les contributions : importance de la transition écologique, de la réduction des dépenses pour un budget à l’équilibre, de la réorganisation des services publiques et de l’annulation de la limitation de vitesse à 80km/h.

Enfin dans un dernier temps, l’analyse des propositions plus en détail a permis de faire émerger certaines solutions qui nécessitent une totale réorganisation mais méritent réflexion : La TVA et les impôts locaux comme seuls impôts, les bureaux de postes intégrant un plus grand nombre de services de l’état, réduire le nombre de parlementaires et frais associés… Pour ces différentes raisons, cette synthèse ou point d’étape devrait à priori permettre de faire avancer le débat.

Aussi, comme tout travail de synthèse, cette recherche n’est pas exempte de limites. Tout d’abord sur le plan méthodologique, certaines idées aussi brillantes soient elles, ont pu être omises de ce travail de synthèse lorsqu’elles n’étaient pas reprises par une majorité de contributeurs. Sur le fond, des motivations égocentriques ont pu amener des contributions dont les retombées sur la société dans son ensemble sont limitées. Critiques qui avaient précédemment étaient adressées à la théorie d’Adam Smith qui dit que l’ensemble des actions individuelles des acteurs économiques, guidées (par définition) uniquement par l’intérêt personnel de chacun, contribuent à la richesse et au bien commun. De plus , le fait de se limiter aux contributions en ligne peut représenter un biais d’échantillonnage, car, en effet certaines tranches de la population vont préférer s’exprimer lors de débats organisés dans la vie réelle. De même les citoyens qui ne prennent pas la parole ne sont par conséquent pas représentés dans cette synthèse.

Conclusion

Pour conclure, ces différentes contributions permettent d’entrevoir une nouvelle forme de société qui serait plus respectueuse de l’environnement et davantage tournée vers le local, tant sur le plan de la consommation, des impôts, que des services de l’état. Dans cette nouvelle configuration simplifiée et moins opaque, le citoyen est repositionné au cœur de l’échiquier politique.

 

Auteur: Leo Trespeuch (EGUQTR) et Elisabeth Robinot (ESGUQAM)

  

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La comptabilité au service de la transition environnementale et sociale

La comptabilité au service de la transition environnementale et sociale | Think outside the Box | Scoop.it

Tenir compte de tous les aspects immatériels que sont le capital humain, l'environnement ou simplement le vivant n'est pas prévu par les normes comptables que nous connaissons. Et ce constat s'applique quel que soit le pays du monde ou le normalisateur comptable concerné : ladestruction des ressources n'apparaît pas dans la comptabilité des entreprises qui les détruisent.

Or, comme l'indique Corinne Lepage, « toutes les entreprises ont un intérêt majeur à prendre en compte les données extra-comptables pour leur valeur patrimoniale et la pérennité de leur marché ».

Mais si une forme de normalisation semble souhaitée par les entreprises confrontées à ces enjeux, il «serait souhaitable d'aller dans le sens de la simplification pour les entreprises et de travailler à un transfert de fiscalité et non à la création d'une fiscalité nouvelle » estime Mohamed Laqhila, député et expert-comptable.

Pour lui, « le rôle de l'expert-comptable est majeur pour la responsabilité sociétale dans les petites entreprises ».

Retour sur le colloque qui s'est tenu le 7 février 2019, à l'Assemblée Nationale et qui a été organisé par Hervé GBEGO, expert-comptable et président de la commission innovation et RSE de l'OEC Paris.

 

« Les dégradations de toutes natures auxquelles nous assistons sont invisibles en comptabilité »

La comptabilité privée ou publique « est borgne au sens où elle ne tient compte que des flux etnon des stocks ». Cette réalité, rappelée par Corinne Lepage, l'empêche de tenir compte de sujets tels que « les dégradations de toutes natures auxquelles nous assistons, que ce soit la question climatique, biodiversité, pollution chimique ». Or, la théorie des externalités « n'est pas nouvelle ».

Selon un Rapport de la commission de l'économie et du climat des nations unies, « l'exposition d'une entreprise à des risques comme la perte de capitaux liés aux conditions climatiques est 12 fois supérieure aux risques liés aux subprimes qui donneront naissance à la crise de 2008 ».

Le fait de changer la manière de compter au sein des entreprises permettrait « d'engager nos concitoyens dans une autre vision de l'avenir et donc de rendre possible des transformations qui autrement ne peuvent pas l'être ».

 

« La comptabilité devrait rendre compte de la gestion des capitaux non monétaires »

La responsabilité sociétale et environnementale fait son chemin dans les entreprises malgré l'absence de normalisation et le nombre croissant d'indicateurs qui peuvent être utilisés. Ce nombre d'indicateurs rend toujours plus complexe, la comparabilité entre les entreprises.

C'est pour cette raison que Muriel Duguay, responsable de projets RSE chez Onet, souhaite une simplification « pour avoir un référentiel unique qui donne plus de visibilité aux entreprises, pour permettre aux responsables RSE d'aller sur le terrain, de convaincre, de fédérer et d'animer le changement ».

De son côté, Daphnée Dalmazzo, directeur financier chez Pernod & Ricard, utilise la méthode CARE et Sylvie Bénard, directrice de l'environnement chez LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton, a choisi « unnombre limité d'indicateurs pour avoir une vision rapide et comparative de l'état d'une entreprise en matière de RSE ».

Mais pour Corinne Baudoin, malgré ces quelques exemples, « il n'y aura de vrai changement que lorsque les états comptables et financiers rendront réellement compte des aspects environnementaux et sociétaux ». Car « lorsque leur prise en compte est obligatoire » comme dans le cas du démantèlement des centrales nucléaires, « cela devient un sujet pour les analystes financiers ».

C'est ainsi qu'il serait possible de revenir au but initial de la comptabilité, celui de laconservation du capital. Pour Ciprian Ionescu, chargé du programme capital naturel chez WWF-France, « la comptabilité générale devrait intégrer les résultats financiers mais rendre compte de la gestion des capitaux naturels, humains et financiers »

 

« Les normalisateurs comptables ne sont pas nécessairement investis de l'obligation de travailler sur les normes extra-financières »

La comptabilité ne permet de compter que les unités monétaires et « ne tient compte des externalités que lorsqu'elles sont consacrées juridiquement ». C'est le cas des flux monétaires futurs (provisions de remise en état de sites par exemple) qui permettent alors une « une transition de l'extra-financier vers le financier » estime Patrick de Cambourg, président de l'ANC.

Pourtant, « la demande d'informations financières monte en puissance très fortement » et « l'écart entre valeur monétaire et non monétaire ne fait que s'accroître ».

Mais « l'économie de l'immatériel est difficile à mesurer de manière rigoureuse et raisonnablement prudente » et le faire « d'avoir bonne vision des facteurs et de l'interaction des facteurs » est essentiel pour pouvoir intégrer les aspects extra-financiers.

Enfin, si la comptabilité évolue sans cesse, « les normalisateurs comptables, qu'ils soient français ou étrangers, n'ont pas pour mission de travailler sur les normes extra-financières ».

Delphine Lalu, membre du CESE, estime quant à elle qu'il ne faut « pas forcément réformer la comptabilité mais la consolider en intégrant les données extra-financières ». C'est un peu l'objet de la méthode CARE, bien connue de ceux qui s'intéressent à la comptabilité environnementale.

 

« À l'heure actuelle, il n'y a ni capital humain ni capital naturel au passif du bilan »

La comptabilité permet de conserver le capital financier, sans tenir compte, à l'heure actuelle, du capital humain et du capital naturel. Or, pour Jacques Richard, expert comptable et créateur de la méthode CARE, tout chef d'entreprise sait que l'argent seul ne suffit pas, il faut aussi des moyens humains.

La méthode CARE consiste à conserver les trois capitaux, financiers, humains et naturels pour éviter ce que Jacques Richard qualifie de « situation immorale, inique et anti-économique ».

Elle permet d'inscrire « un budget de coût pour la conservation des capitaux humains et naturels au passif et à l'actif, un coût d'usage de ces capitaux ». C'est une sorte de coût complet écologique et humain.

 

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online

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P.JOVANOVIC "La FRANCE rit JAUNE"! Revue de Presse Nov.2018 (Hd 1080) Mon Remix

Ajoutée le 23 nov. 2018
 
 
 
 
Suite Part 02 au lien https://youtu.be/xbTzxG7bkDM
Le gouvernement ment... Dixit le syndicat France-Police https://france-police.org/2018/11/24/...
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France : 10 routes où les limitations de vitesse changent (beaucoup) trop

France : 10 routes où les limitations de vitesse changent (beaucoup) trop | Think outside the Box | Scoop.it

Marre des changements de vitesse intempestifs sur vos trajets quotidiens ? Certains trajets poussent au faux pas, comme le démontre Auto Plus dans une enquête.

 

Depuis l'arrivée du 80 km/h sur certains axes, les variations de limitations de vitesse sont parfois tellement fréquentes qu'il devient très difficile de ne jamais être en infraction.
En effet, le 80 km/h n'a pas simplement remplacé le 90 mais il s'y est ajouté ! De ce fait, certaines routes enchaînent allègrement le 90, le 80 et le 70 (sans oublier le 50), obligeant les automobilistes à ajuster en permanence leur vitesse et surtout, à rester les yeux rivés sur le compteur...

Pour chiffrer l'ampleur de ce problème, nous sommes allés arpenter ces routes afin de comptabiliser les changements de limitations successifs.

 

Jusqu'à un changement de limitations de vitesse par kilomètre !

Pour exemple, sur le trajet Pacy/Eure-Caen, un parcours de 141 km, nous sommes passés 27 fois de 80 à 90 km/h et 28 fois de 90 à 80 km/h.
Au total nous avons noté sur ce parcours 130 variations de limitations, soit un changement tous les 1,08 km !

Et que dire des 56 km entre Sens et Auxerre, où nous avons relevé 55 variations de limitations soit une tous les 1,02 km ?

Découvrez le détail de nos tests sur 10 itinéraires dans le n°1578 d'Auto Plus en kiosque du 30 novembre au 6 décembre 2018 et sans limite de temps sur le kiosque en ligne d'Auto Plus.

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LETTRE OUVERTE A LA MINISTRE DE LA SANTÉ

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Agrégats de malformations sur 3 territoires : une première victoire, reste a garantir un système de surveillance renforcé sur l'ensemble du territoire et le maintien de l'équipe du REMERA

 

Madame la Ministre,

Depuis plusieurs semaines les 7 cas d'enfants nés sans bras ou sans mains dans l'Ain entre 2009 et 2014 et l'alerte donné par l'épidémiologiste du REMERA (registre des malformations en Rhône Alpes) restent sans explication et montre les carences de notre démocratie sanitaire et de notre système de surveillance.

Deux autres territoires sont concernés : entre 2007 et 2008, 3 enfants sont nés en Loire Atlantique avec le même type de malformations ; entre 2011 et 2013, 3 autres enfants sont nés avec des malformations génitales graves dans la région de Lorient.

Nous nous félicitons que votre gouvernement ait pris ses distances avec les insatisfaisantes conclusions du 4 octobre de Santé Publique France et que vous trouviez « insupportable que ces cas groupés soient restés sans explications".

Sous la pression médiatique et celle des politiques et des familles de victimes, votre gouvernement nous a donné partiellement raison en demandant notamment une étude à l'Anses comme nous l'exigions pour examiner les hypothèses environnementales (pesticides, autres facteurs de pollution environnementale).

Nous souhaitons que cette étude soit réalisée par des équipes scientifiques indépendantes et qui n'ont pas été parties prenantes des positions de Santé publique France et de l'INSERM justifiant l'arrêt des investigations sur les causes de ces malformations.

Reste maintenant à renforcer la surveillance des malformations sur l'ensemble du territoire (seul 1/5eme du territoire est aujourd'hui couvert) en soutenant des structures et les registres régionaux (dont vous avez reconnu Madame la Ministre de la Santé le rôle d'utilité sociale et scientifique) et notamment le Remera (registre des malformations en Auvergne / Rhône-Alpes) et en maintenant l'épidémiologiste Emmanuelle Amar et son équipe en poste. Nous demandons d'ailleurs à l'INSERM de confirmer sa volonté de soutenir financièrement le REMERA. Nous demandons aussi clairement l'arrêt de la procédure de licenciement qui a été engagée. A ce jour, elle est toujours en cours.

Merci d'avance Madame la Ministre d'oeuvrer en ce sens. Il est temps d'en finir avec le défaut d'information et de transparence sur les données de santé et l'usage qui en est fait par les autorités publiques. C'est cela qui explique la multiplication des scandales sanitaires, la faillite de notre système de surveillance et les critiques répétées et légitimes sur la démocratie sanitaire.

Il est temps également de renforcer l'évaluation de l'impact sanitaire des produits chimiques et des pollutions de toute nature et d'améliorer la protection des femmes enceintes et des enfants.

Nous attendons aussi la sortie de la deuxième phase de la stratégie nationale par rapport aux perturbateurs endocriniens et les moyens financiers qui vont avec.

Nous restons à votre entière disposition pour échanger avec vous de ce dossier.

Nous vous prions de croire, Madame la Ministre en l'assurance de notre parfaite considération.

 

  • Delphine Batho (ancienne ministre de l'écologie, députée, GE) 
  • André Cicolella (Chimiste, toxicologue, lanceur d'alerte, président du Réseau Environnement Santé)
  • Philippe Even (Professeur de médecine, pneumologue, ancien président de l'Institut Necker)
  • Caroline Fiat (députée, LFI) 
  • Romain Gherardi (Neuropathologiste, Hôpital Henri Mondor, Créteil)
  • Corinne Lepage (ancienne Ministre de l'Environnement, présidente de Justice Pesticides) 
  • Michèle Rivasi (députée européenne EELV, biologiste agrégée et normalienne, spécialiste des questions de santé publique et de santé environnementale)
  • Sophie Taille-Polian (sénatrice, Génération-s)
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Plainte d'Anticor contre des experts du cholestérol

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Selon la présidente de la Haute Autorité de Santé, "les liens d'intérêts des membres du groupe de travail ont (...) été analysés et gérés conformément aux règles et procédures en vigueur".

 

 

 

L'association anticorruption saisit la justice sur les liens entre des médecins et des laboratoires pharmaceutiques.

 

L'association anticorruption saisit la justice sur les liens entre des médecins et des laboratoires pharmaceutiques.

Le 3 octobre 2018, l'association Anticor a déposé plainte au tribunal de grande instance de Bobigny pour prise illégale d'intérêt contre une série d'experts de la Haute autorité de santé (HAS). L'association spécialiste de la lutte anticorruption accuse ces derniers, qui ont rédigé une recommandation publiée en 2017 sur les dyslipidémies (cholestérol, triglycérides...), d'accroître l'incitation à la prescription de médicaments, alors qu'une majorité de ces spécialistes ont des liens financiers avec les laboratoires pharmaceutiques qui les fabriquent. De quoi s'interroger sur la valeur scientifique de leurs conclusions. 

La Haute autorité de santé, une autorité publique indépendante, doit pourtant veiller à ce que l'on ne puisse pas mettre en doute ni l'intégrité ni l'impartialité de ses experts. Autrement dit vérifier que ces derniers n'acceptent pas de missions rémunérées, qu'il s'agisse de recherches cliniques, de rédaction d'articles ou de participation à des colloques tous frais payés, de la part de l'industrie du médicament. La loi aurait été violée puisque six des neuf experts du "groupe dyslipidémies" de la Haute autorité avaient "des liens d'intérêt directs ou indirects majeurs avec les laboratoires intéressés par la recommandation", peut-on lire dans la plainte d'Anticor que L'Express a pu consulter. 

 
 

Le double refus de la HAS

Sont particulièrement visés deux des six experts désignés, qui illustrent les doutes que l'on peut avoir sur l'impartialité d'une recommandation. Le professeur Bruno Vergès, chef de service au CHU de Dijon, a ainsi perçu 65.088 euros d'avantages et 36.940 euros de rémunérations, de 2013 à 2017. Les payeurs sont notamment les laboratoires pharmaceutiques MSD, Pfizer, Astrazeneca, Novartis, Sanofi Aventis et Amgen. Le docteur Jean-Michel Lecerf, chef de service à l'Institut Pasteur de Lille, a lui reçu 25.268 euros de rémunérations en particulier des laboratoires MSD et Sanofi-Aventis/Regeneron. 

La plainte d'Anticor ne vient pas de nulle part, même si cette organisation spécialisée dans les infractions politicofinancières porte le fer pour la première fois dans le monde de la santé. Elle s'est appuyée sur l'expertise et l'action de l'association pour une formation et une information médicale indépendante, dite Formindep. Cette dernière a écrit le 1er juin 2018 au professeur Dominique Le Guludec, la présidente de la HAS, pour dénoncer les conflits d'intérêts d'experts ayant rédigé la fiche mémo "Principales dyslipidémies: stratégie de prise en charge", en visant nommément les docteurs Bruno Vergès et Jean-Michel Lecerf. Dans son courrier, le Formindep demande à la fois le retrait de la "fiche mémo" mais aussi que les infractions soient signalées à la justice. Dans sa réponse du 29 juin, la présidente de la HAS oppose un double refus au Formindep : "Les liens d'intérêts des membres du groupe de travail ont, avant le démarrage des travaux de celui-ci, été analysés et gérés conformément aux règles et procédures en vigueur". 

Lecerf: "Je ne suis à la solde de personne"

 

Contactés par L'Express, le docteur Jean-Michel Lecerf reconnaît que ses "déclarations d'intérêts à la HAS ne sont pas toujours à jour" alors que le professeur Bruno Vergès assure que "la HAS a donné son accord à sa participation après avoir analysé les conflits d'intérêts". La présidente de la Haute autorité de Santé nous a fait savoir de son côté qu'elle ne souhaite pas s'exprimer en raison du contentieux en cours devant le Conseil d'État. "Je ne suis à la solde de personne, ajoute le docteur Lecerf. Si l'on se prive de l'avis des experts qui font des recherches cliniques avec les laboratoires, on se limitera à celui de ceux qui ne connaissent rien à rien."  

 

C'est bien la question qui fait débat et polémique depuis des décennies. La plainte d'Anticor pour prise illégale d'intérêts avec le soutien du Formindep a au moins le mérite de le relancer, et le conduira peut-être à terme devant un tribunal correctionnel. L'alliance de ces deux associations pourrait provoquer une nouvelle prise de conscience sur la prévention des conflits d'intérêts qui découlent des relations malsaines entre certains experts et l'industrie pharmaceutique. 

 

Par François Koch

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Forum éco CCI : "Il ne faut pas attendre la croissance pour créer des emplois"

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Le Forum économique de la CCI a interrogé les liens entre croissance et emploi

                                        

À l'occasion du Forum économique organisé par la CCI à Toulouse mardi 9 octobre, plusieurs experts ont souligné l'importance de ne pas faire reposer tous les espoirs de créations d'emplois sur la croissance. Une position qui fait écho au rapport du FMI faisant état d'un probable essoufflement de cette croissance mondiale dans les années à venir.

"Il ne faut pas attendre la croissance pour créer des emplois", estime Pierre Sabatier, économiste et fondateur du cabinet de prospectives PrimeView, à l'occasion du Forum économique organisé par la CCI, mardi 9 octobre à Toulouse.

Depuis quelques décennies, la "sacro-sainte" croissance du PIB est devenue l'indicateur-clé pour évaluer la bonne santé économique des pays. Pourtant, comme le rappelle le philosophe François-Xavier Bellamy :

"Ce n'était pas la préoccupation principale de l'aristocrate sous l'Antiquité ou du laboureur au Moyen Âge. La croissance est devenue une nécessité avec la modernité avec un mouvement de changement perpétuel. Il serait dangereux de viser la croissance en soi alors qu'au final l'objectif est plutôt d'espérer une société prospère".

Pierre Sabatier abonde : "Le Japon est un pays avec un taux de croissance très faible et pourtant il enregistre seulement 3% de chômage. La croissance ne peut être l'alpha et l'oméga. L'important pour créer des emplois est d'identifier les besoins de la société et de savoir comment y répondre en gagnant de l'argent."

 

Le FMI recommande une croissance "moins inégalitaire"

Cette position fait écho au rapport publié ce mardi par le FMI (Fonds monétaire international). L'institution prévoit une augmentation du produit intérieur brut mondial de 3,7% en 2018 alors qu'au printemps elle tablait plutôt sur 3,9%. Plus inquiétant, le FMI estime que "la probabilité augmente de voir se produire d'autres chocs négatifs" et plaide pour une croissance moins inégalitaire.

"Non seulement la croissance à long terme dans les pays avancés est orientée à la baisse, mais, de plus, dans bon nombre de pays, les gains plus modestes reviennent principalement à ceux qui sont relativement richesLes dirigeants doivent adopter une perspective à long terme face à ce malaise via des politiques budgétaires inclusives, des investissements dans l'éducation et des mesures qui garantissent l'accès à des soins de santé adéquats afin de réduire les inégalités.

Sinon, les approches centristes et multilatérales de la politique et de la politique publique deviendront de plus en plus vulnérables, et ce, au détriment de tous", martèle le rapport, s'appuyant notamment sur la stagnation du salaire médian aux États-Unis entre 1999 et 2016.

 

                                           Par Florine Galéron                       

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Premier prototype de cœur imprimé 3D à partir de tissu humain

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Le professeur Tal Dvir

 

 

Des scientifiques ont présenté lundi à Tel-Aviv, en Israël, un prototype de coeur humain imprimé en 3D à partir de tissus humains et avec des vaisseaux, une avancée "majeure" selon eux dans le traitement des maladies cardiovasculaires et la prévention du rejet des greffes.

 

Les chercheurs de l'université de Tel-Aviv ont présenté à la presse ce coeur inerte de la taille d'une cerise, plongé dans un liquide.

"C'est la première fois qu'on imprime un coeur dans son intégralité avec ses cellules et ses vaisseaux sanguins, c'est aussi la première fois qu'on utilise de la matière et des cellules provenant du patient", a dit l'un des scientifiques, le professeur Tal Dvir, qui a dirigé les recherches.

Des scientifiques sont parvenus à produire la structure d'un coeur par le passé, mais avec des éléments synthétiques ou naturels, et ne provenant pas du patient, au risque d'une réaction immunitaire de l'organisme, a-t-il dit dans un laboratoire de l'université de Tel-Aviv.

Dans l'article correspondant publié par la revue scientifique Advanced Science, les auteurs de l'étude disent avoir conçu un procédé permettant non seulement de produire, à partir de cellules prélevées sur le tissu du patient, l'hydrogel servant à façonner des patches cardiaques vascularisés parfaitement compatibles avec le receveur, mais aussi des structures cellulaires entières avec leurs principaux vaisseaux, comme des coeurs.

Cependant, "si l'impression en 3D est considérée comme une approche prometteuse pour concevoir des organes dans leur intégralité, plusieurs difficultés demeurent", ont-ils relevé.

 

 

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« Crépuscule », de Juan Branco, met l’oligarchie à nu

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Un décorticage des mécanismes par lequel le système oligarchique a placé Emmanuel Macron au pouvoir : c’est ce qu’opère le livre de Juan Branco, en flagellant les médias serviles qui servent l’oligarchie. Ils répondent par le silence. Mais le public a adopté un livre utile et qui mérite d’être lu.

Voici un livre politique qui est en tête des ventes ou à peu près, dès sa sortie il y a deux semaines, et dont pourtant personne — enfin, aucun « grand média » — ne parle. Il y a là un mystère. Ce livre est-il inintéressant ? Non. Manque-t-il d’originalité ? Point. Mal écrit ? La plume n’est pas des plus légères, mais on a lu largement pire. Serait-il abracadabrant, inepte, mensonger, idiot, benêt, déraisonnable, fade ? Que nenni, on vous dit.

Il n’y a qu’une explication au lourd silence des Joffrin, Fressoz, Apathie, Barbier, Jeudy, Calvi, politologues de tout poil et éditorialistes de toute domesticité : le livre les dérange. Il dérange leur monde, leurs liens, leurs asservissements, leurs idées, leur subordination. Car Crépuscule n’y va pas de mainmorte. Dans l’entreprise, non pas de démolition, mais d’élucidation qu’il mène à propos du système macronien, il décrit avec précision les plus ou moins subtiles façons dont quelques oligarques — au premier rang desquels Xavier Niel, copropriétaire du Monde et de L’Obs, Bernard Arnault, propriétaire d’Aujourd’hui-Le Parisien et des Échos, Patrick Drahi, propriétaire (jusqu’à il y a peu) de Libération, de L’Express et de BFM-RMC —, dont quelques oligarques, donc, ont organisé la résistible ascension de leur brillante marionnette, Emmanuel Macron, en usant et abusant de leurs valets médiatiques. Signer une recension de Crépuscule dans un de ces désolants médias serait donc soit s’exposer à une douloureuse censure interne ou à quelque vicieuse réprimande, soit se livrer à des contorsions tartuffiennes dont ce qui reste d’honneur à l’un ou l’une de ces plumitifs leur interdit le ridicule de s’y livrer.

La première raison qui conduit à s’intéresser à ce livre est l’épais mur de silence dont le chœur des valets des puissants l’a accueilli. Mais ce mutisme révèle une vérité intéressante : car il est plaisant que leur silence n’ait aucun effet sur le public, qui a reconnu sans eux un ouvrage qui mérite le détour. Les quelques dizaines de milliers d’exemplaires vendus sont autant de soufflets au visage de l’oligarchie. Ce silence des puissants accrédite donc une thèse de l’auteur, Juan Branco, selon laquelle le système macronien est à son crépuscule.

Mais venons-en au contenu même du livre. Il décrit « un système oligarchique », justement défini comme « un espace public dominé par des individus dont la fortune, immense, dépend directement ou indirectement de l’État, et qui investissent une part de leurs deniers pour prendre le contrôle de médias afin de les assécher, en réduire le pouvoir et d’en tirer une influence qui assurera la préservation de leurs intérêts au détriment du bien commun ». La suite n’est pas un essai théorique, mais un décorticage précis et quasiment de l’intérieur du fonctionnement de ce système.

Car Juan Branco est un transfuge. Lui-même issu de la grande bourgeoisie, il a fréquenté dès son plus jeune âge un des ses lieux de reproduction, l’École alsacienne. Il évoque ainsi « le miracle des dispositifs de reproduction : faire croire à chacun, dès le plus jeune âge, qu’il ne se trouve de nulle façon favorisé ou défavorisé, et que tout rapport à l’autre est le fruit de [son] individualité ». C’est dans les écoles de ce type, telles aussi que Franklin — où Brigitte Macron a enseigné, tissant de précieuses relations avec les parents fortunés de ses élèves —, Saint-Louis-de-Gonzague, quelques autres, que les héritiers se transmettent le capital culturel et relationnel qui va leur permettre de se retrouver rapidement dans les positions dominantes.

« Emmanuel Macron a été “placé” bien plus qu’il n’a été élu »

Juan Branco décrit ainsi l’itinéraire d’un de ses condisciples, Gabriel Attal, nommé à vingt-neuf ans secrétaire d’État chargé de la Jeunesse, « alors qu’il n’a jamais connu ni l’université ni l’école publique, auprès d’un ministre de l’Éducation chargé de les réguler ». Au demeurant, Branco a connu aussi ce type d’accélération, se retrouvant en 2012, à vingt-trois ans, directeur de cabinet d’Aurélie Filippetti lors de la campagne de François Hollande. Un itinéraire qui lui a permis de connaître de l’intérieur nombre des acteurs du système, comme Xavier Niel, qui lui parle en 2014 d’Emmanuel Macron comme du « futur président de la République ».

Car, si Branco décrit les façons dont des Attal, Séjourné, Emelien, jeunes héritiers sans foi ni morale, se constituent en une jeune garde d’Emmanuel Macron, il montre aussi que celui-ci « a été “placé” bien plus qu’il n’a été élu ». On connaît certes assez bien le trajet de Macron à l’ombre de ses nombreux, riches et vieux protecteurs (Attali, Jouyet, Hermand), notamment par la biographie que lui a consacré Marc Endeweld (L’ambigu Monsieur Macron, éd. Flammarion, 2016). Mais Branco précise nombre de traits, et notamment le jeu du binôme Xavier Niel et Bernard Arnault, deux des milliardaires les plus riches de France, qui ont acquis un réseau de médias. En orchestration avec les médias détenus par leurs confrères milliardaires Drahi, Bolloré, Bouygues, Lagardère, Dassault, ils ont réussi, grâce au talent servile de leurs subordonnés médiatiques, à transformer l’ambitieux Macron en un président inattendu et mettant l’État au service de leur idéologie et de leurs intérêts.

Ce qui a joué, ce sont les « liens d’endogamie et de népotisme profond faisant jointure entre ces quelques personnes, qui utilisèrent tous leurs moyens publics ou para-publics pour faire campagne pour M. Macron, en dehors de tous les dispositifs de régulation électorale chargés de s’assurer de l’égalité entre les candidats ». Branco détaille aussi nombre des petites histoires et arrangements par lesquels les médias servent concrètement la soupe, et conclut en ramenant ce paysage médiatique à « un putride espace où la peur et l’incertitude règnent ». On comprend qu’aucun de ces plumitifs n’ait l’envie de chroniquer un livre qui dévoile leurs turpitudes.

Oligarques et journalistes asservis, « ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption. Les mécanismes de reproduction des élites et de l’entre-soi parisien, l’aristocratisation d’une bourgeoisie sans mérite, ont fondu notre pays jusqu’à en faire un repère à mièvre et arrogants, médiocres et malfaisants ». L’auteur en appelle en définitive à une « destitution et à un bouleversement institutionnel qui nous permette enfin, par un régime parlementaire approfondi, de rendre au peuple ses propres outils ». Il voit ainsi dans les Gilets jaunes les « derniers défenseurs d’une République échancrée et d’une démocratie avariée ». C’est bien l’aspiration qui se joue dans le mouvement profond qui s’est ébranlé depuis quatre mois : refaire démocratie. Crépuscule est un outil qui y contribue.

 

Hervé Kempf (Reporterre)

Jacques Le Bris's insight:

 

Crépuscule, de Juan Branco, éditions Au Diable vauvert, mars 2019, 320 p., 19 €.

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La Gazette des Gilets Jaunes N°10

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Samedi 23 mars 2019 - Gazette totalement collaborative !

 

L’Assemblée des Assemblées est en route pour Saint-Nazaire !

Après l’historique Assemblée des Assemblées des 26 et 27 janvier à Commercy, regroupant plus de 75 groupes Gilets Jaunes venus de toute la France, c’est à Saint-Nazaire que le peuple des Gilets Jaunes occupe sa maison et acceuillera plus de 200 délégations pour cette édition du 5/6/7 avril prochain. Maison du Peuple occupée depuis le 24 novembre par des citoyens Giltets Jaunes qui seront expulsés le 23 avril, suite à une décision réglée à l’amiable au tribunal d’instance de Saint-Nazaire, pour laisser place à un projet immobilier.

https://reporterre.net/Le-peuple-des-Gilets-jaunes-occupe-sa-maison-a-Saint-Nazaire

 

Sommaire

 

Les Vers Jaunes #1

Témoignage : « La rue... »

Bloquons les usines d’armement !

« Paroles du terrain »

Archéologie Politique

Pétition ACRIMED

Il y a 4 ans «Je Suis Charlie»... Manifestation devant l’ONU

Le D.A.C

Le problème de la dette est-il insoluble ?

Vite fait, mal fait

Merci Macron !

Réseau 5G

Chronologie d’une fièvre jaune

Lettre de Léo à Monsieur Macron

Coups pour Coups

Agenda de nos Débats Thématiques

Les Vers Jaunes #2

Mots Mêlés

La liste des licenciements...

Infos Serveurs Discord Gilets Jaunes

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