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Dans le no 19-20 (*L'Utopie*, janvier 2013) de la revue québécoise Mouvances une anthologie de la poésie corse contemporaine

Angèle Paoli | TdF Actus insight:



ESPACE POÉTIQUE CORSE

 

La poésie corse, entre utopie et réalité


Pourquoi une nouvelle anthologie de la poésie corse ? C’est la première question qui m’est venue à l’esprit lorsque Claudine Bertrand a fait appel à moi pour coordonner cet espace poétique à l’intérieur du numéro de Mouvances consacré à «L’Utopie». J’étais hésitante. J’arguais du fait qu’avaient déjà été publiées deux anthologies de la poésie corse, dont une parue tout récemment, en juin 2010, dans la revue NU(e)44 : Corse, 13 poètes. La poète québécoise ― pour qui la poésie ne connaît aucune frontière,  ni spatiale ni temporelle ― balaya cette esquive. L’enthousiasme de Claudine Bertrand finit par l’emporter et je me laissai convaincre par l’argument de la longue amitié qui unit la Corse au Québec et de l’intérêt constant et fidèle du Québec pour la Corse. La séduction qu’exerça sur moi l’idée d’exporter un peu de la poésie corse contemporaine en terre d’Amérique a fini par me convaincre. Fora !, pensai-je «en mon for» et je me suis mise au travail.

 

Loin de moi la prétention de vouloir bouleverser l’ordre des choses. Ou de vouloir m’approprier un domaine où d’autres font preuve d’excellence. Ou encore de céder à la tentation illusoire de la nouveauté. Ma participation à ce projet est restée discrète et j’ai volontairement réduit mon rôle à celui de passeuse, comme Claudine Bertrand m’y avait conviée. L’essentiel de ce projet est au service de la poésie parce que la poésie est, quelle que soit la terre où elle puise sa force et ancre ses racines. Parce qu’elle existe, au-delà de toute notion de genre, « ouverture à la fois concrète et symbolique d’un monde, dans lequel exister, penser, agir trouvent leur dimension la plus entière et la plus parlante.»(1) Parce que nous voyons en elle une force capable de défier les antagonismes. En cela, la poésie corse (mais pas seulement elle) mérite de s’expatrier afin de rencontrer d’autres voix, de se confronter et de se frotter à d’autres voix que les siennes. Quel meilleur moyen, en effet, pour être reconnue ailleurs ― au-delà des territoires où la poésie trouve son origine ― que d’interroger d’autres singularités que les siennes propres et de se nourrir à la fois des similitudes et des oppositions que met en évidence toute confrontation ?

 

En ouvrant cette anthologie aux voix insulaires, Claudine Bertrand avait probablement dans l’idée qu’il existe une poésie spécifique à la Corse et aux Corses. Le meilleur moyen de s’en convaincre nécessitait d’aller à la rencontre de la poésie corse. Pour ce faire, je me suis spontanément tournée vers les poètes de ma connaissance, les poètes que je lisais, les invitant à me faire parvenir des poèmes inédits. Il a fallu ensuite procéder à des choix et «rapailler» (comme on dit en terre québécoise) les textes retenus.

 

Si j’avais été québécoise, je me serais interrogée sur la place spécifique qu’occupe la poésie corse dans le paysage poétique ― de France et d’ailleurs. Je me serais demandé s’il existe en Corse une grande voix émergente, un Gaston Miron qui s’impose sur toutes les lèvres, un Dante ou un Leopardi, un Rilke ou un Celan, un Rimbaud ou un René Char dont l’œuvre culmine dans le paysage poétique et culturel du temps, une voix qui emporte l’adhésion du plus grand nombre et dans laquelle le plus grand nombre puisse se reconnaître. Une voix enfin qui déborde de l’île et atteigne tous les rivages. D’aucuns répondront que oui, faisant allusion à des textes de chansons qui ont marqué des générations et ont dépassé durablement les frontières de l’île. Sans doute. Mais il s’agit de chansons et non de poésie. Deux formes d’écriture bien distinctes, comme je persiste à le penser, en dépit des points communs qui les relient l’une à l’autre. D’autres, érudits raffinés, pourraient nommer spontanément Salvatore Viale, auteur de la Dionomachia, petit poème héroï-comique et premier texte à avoir été publié en langue corse (1817). Mais qui pourrait aujourd’hui, mis à part les historiens de la littérature insulaire, réciter de mémoire des vers du «plus grand poète corse» ?

 
À ces questions récurrentes dont le leitmotiv taraude les esprits, aucune réponse décisive ne sera apportée dans ce cahier. Libre au lecteur de se forger une opinion et de décider par lui-même.

 

Cependant, dans notre souhait de ne pas circonscrire l’île dans l’exiguïté naturelle de ses frontières, il nous a semblé nécessaire d’ouvrir la revue aussi bien aux poètes d’origine corse et d’expression française qu’aux poètes corses entièrement corsophones. Dix-neuf poètes sont présents dans ces pages numériques. Huit voix de femmes et onze voix d’hommes – dont celle d’un chanteur/compositeur. Sept poètes ont écrit directement en langue corse. Leurs poèmes sont accompagnés de leur transposition en langue française. Deux poètes d’expression française ont été traduits par des poètes de langue corse. Stefanu Cesari a travaillé pour Hélène Sanguinetti, Jacques Fusina pour Jean-Louis Giovannoni. Renatu Coti a été traduit en langue française par Roccu Multedo ; Patrizia Gattaceca par Alanu Di Meglio ; Lucia Santucci par Josette dall’Ava-Santucci ; Sonia Moretti, Jacques Fusina et François-Michel Durazzo se sont eux-mêmes chargé de la transcription en français de leurs poèmes.

 

À la lecture des poèmes proposés dans ces pages, il ressort un clivage entre poètes de langue corse et poètes d’expression française. Les premiers, ancrés dans une poésie que l’on pourrait dire de «terroir», à dominante lyrique. Poésie «témoignage» parfois un peu surannée et peu soucieuse d’inventivité formelle ou de spatialisation sur la page ; poésie «consolatrice», peut-être un prolongement du « lamentu », le plus souvent émouvante parce que cherchant dans la mémoire des réponses à son questionnement. Il faut cependant noter que les textes écrits en langue corse ― une langue tour à tour colorée, rude et rythmée, savoureuse et musicale ― s’imposent avec plus de vigueur que leur transposition en langue française. Faut-il voir dans cet écart la marque d’une faiblesse poétique ou plutôt l’inadéquation de la langue française à s’approprier les particularismes et les complexités de la langue insulaire ? Les poètes d’expression française, davantage soucieux de sortir des sillons traditionnels et des thématiques récurrentes, à balayer la distinction des genres et à accorder une place nouvelle à la forme du poème et/ou à sa ponctuation. L’exemple le plus extrême est apporté par Hélène Sanguinetti dont la poésie, fortement marquée par l’oralité, s’apparente à une nouvelle forme d’écriture proche de la prose héroïco-épique. Quant au meilleur contre-exemple de poésie en langue corse, il est illustré par Stefanu Cesari, grand lecteur et traducteur de poésie contemporaine (tous pays confondus). Alliant l’expression d’un mal-être en demi-teinte ― d’un regard aigu et dédoublé sur lui-même et sur le monde ―,  à une réflexion sur les exigences formelles (mise en espace, ponctuation, inclusion de formes  dialoguées) propres à chaque texte, la poésie de ce jeune poète est sans doute la poésie insulaire la plus originale et la plus riche que je connaisse à ce jour. Et sans doute, la plus prometteuse.

 

 Lorsque l’on aborde avec d’autres Corses la question de la poésie, on entend dire des Corses qu’ils ont toujours eu une «âme de poète». Assertion en soi séduisante mais qui n’en comporte pas moins quelques risques. Ancrée de longue date dans le discours, cette conviction, intime et profonde, poursuit son chemin dans l’esprit des insulaires. Il semble que les poètes corses, forts de cette certitude, se dispensent de lire la poésie des autres poètes. Ce qu’énonce clairement François-Michel Durazzo lors d’une interview accordée récemment à Norbert Paganelli :

«I pueta corsi di lingua corsa, pà a parti maiò, leghjini pocu è micca i pueta d’oghji, for’ di a noscia pruduzzioni isulana, è appena pudariani cità cinqui pueta  stranieri di a so leva. Sò pochissimi quiddi chì sò intarassati pà ciò chì si publichighja da mari culandi». (2)

 

Pour François-Michel Durazzo, cette réalité s’explique par le fait que les Corses se sont fait prendre au piège («sò firmati intrappulati in a tradizioni pasturali di u chjama è rispondi») de la tradition pastorale du «chjama è rispondi». Ou encore par le fait qu’ils en sont restés au stade des récitations poétiques apprises à l’école. Sans doute faut-il aussi ajouter, par-delà une ignorance supposée de la poésie contemporaine, le désir chez les poètes corses de ne pas être inféodés à des influences poétiques exogènes (extérieures à l’île). De sorte que bon nombre de poètes corses continuent de privilégier une écriture attachée à cet «agent secret» qu’est l’inspiration. Au détriment, peut-être, d’autres considérations. Sensibles à la puissance chamanique intérieure qui pousse à la création, les poètes corses, qui puisent la force de leur langage dans «l’enfance du temps», continuent d’accorder à ce souffle ― qui mettait jadis le poète dans l’enthousiasme ― une confiance jalouse. C’est probablement cette jalousie et la crainte de l’autre qui la suscitent, qui ralentissent l’émergence de nouvelles formes et de nouvelles voies poétiques. Or, même si la poésie est par nature confidentielle, il ne peut y avoir de véritable émergence poétique que dans la prise en compte de l’altérité. Dans le tissage multiple des voix entre elles.

 

Qui peut dire aujourd’hui où va la poésie, qu’elle soit de Corse ou d’ailleurs ? N’est-ce pas «dans les œuvres elles-mêmes que l’avenir est en germination, dans leurs divergences, leur déroutante et rassurante diversité» ? (3)

 

 

(1) Fabrice Midal, Pourquoi la poésie, Pocket, 2010.

(2) intarvista donnée par François-Michel Durazzo à Norbert Paganelli in Invistita, 18 mars 2012 : invistita.fr/news-invistita/

« Les poètes corses de langue corse, dans leur grande majorité, lisent peu ou pas du tout les poètes d’aujourd’hui, en dehors de notre production insulaire ; et à peine pourraient-ils citer cinq poètes étrangers de leur génération. Ceux qui s’intéressent aux publications extérieures à l’île sont très peu nombreux ».

(3) Claude Ber, Aux dires de l’écrit, Éditions Chèvre- Feuille Étoilée, 2012.

 

 

Angèle PAOLI


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Bernard Bretonnière | [Mon père mon héros] #TdF #extrait de 'Pas un tombeau'

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Bernard Bretonnière, Pas un tombeau, suite de proses rapides pour dire un père, éditions Le Dé bleu, 2003 ; rééd. éditions l’œilébloui, 2014, pp. 17-18.

 

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Jacques Goorma | Propositions #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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« Poésie d’un jour

Jacques Goorma, Propositions, 3, éditions Les Lieux-Dits, Collection Jour & Nuit, Strasbourg, 2020, pp. 49, 51, 53, 61.

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Έφυγε ο Ντίνος Χριστιανόπουλος

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Μια ολόκληρη ζωή στη Θεσσαλονίκη. Μια ζωή συνέπειας και σοβαρότητας.

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Ariane Dreyfus | En sens inverse  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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EN SENS INVERSE
 
Ariane Dreyfus, « Qui unissait leurs racines », Les Compagnies silencieuses, suivi de La Saison froide, éditions Flammarion, Collection Poésie/Flammarion, 2001, page 84.
 
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Jean-Marc Barrier | [vient le temps du fléchir]  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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[VIENT LE TEMPS DU FLÉCHIR]

 

Jean-Marc Barrier, Noir estran, éditions La tête à l’envers, collection fibre·s, 2020, s.f. Peintures de Géry Lamarre.

 

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Gérard Engelbach | L’Astre natal  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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Gérard Engelbach, L’Incendie, Mercure de France, 1971, page 19.
 
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[France Culture] Anna Akhmatova, Naissance d’une légende

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Geneviève Brisac nous conte l'histoire d'une femme passionnée et d'une écrivaine immense, qui vécut à travers les guerres, la Révolution et la grande Terreur stalinienne : Anna Akhmatova.

 

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"Frédéric Jacques Temple, le «poète humaniste» languedocien, est mort", par Thierry Clermont

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DISPARITION - Poète et bourlingueur, ami de Cendrars et de Henry Miller, ancien combattant de la France libre, l'auteur de La Route de San Romano s'est éteint dans la Gard. Il allait fêter ses 99 ans.

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Frédéric Jacques Temple (18 août 1921-5 août 2020)

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Le poète Frédéric Jacques Temple est décédé "paisiblement" et entouré des siens dans sa maison d'Aujargues (Gard), a annoncé ce mercredi son épouse à l'AFP.  Il avait reçu en 2013 le prix Guillaume Apollinaire pour son oeuvre poétique.

 

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Françoise Ascal | Mille étangs  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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MILLE ÉTANGS
(extrait)
 
Françoise Ascal, Mille Étangs, in Variations-prairie, suivi de Mille étangs, Lettre à Adèle, Colomban, éditions Tipaza, 2020, pp. 48, 49, 51. Peintures de Pascal Geyre.
 
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Philippe Denis | [Ici, où je vis, en attente]  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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[ICI, OÙ JE VIS, EN ATTENTE]
 
Philippe Denis, « Ce que je parcours », Cahier d’ombres, Mercure de France, 1974, in Chemins faisant, poèmes 1974-2014 choisis par l’auteur, éditions Le Bruit du temps, 2019, page 103. Préface de John E. Jackson.
 
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Jean-Michel Maulpoix | Bouchoreille #TdF #extrait des '100 Mots de la poésie'

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BOUCHOREILLE

 

Jean-Michel Maulpoix, Les 100 Mots de la poésie, Presses Universitaires de France, Collection Que sais-je ?, 2018, pp. 17-18.

 

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[ActuaLitté]  Louis Aliot, maire de Perpignan, incompatible avec la poésie

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Le jeu de la chaise vide, toujours perdant ? Pas sûr. Face à une mairie qui a basculé vers l'idéologie d'extrême-droite, les éditions Bruno Doucey décident de passer leur tour. Pourtant, leur autrice, la poétesse Souad Labbize, a remporté le prix Méditerranée 2020. Mais quand Louis Aliot siège à la tête de la ville, c’est toute la manifestation qui finirait par souffrir ce de front national.

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[lemonde.fr] La mort du poète languedocien Frédéric Jacques Temple

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L’auteur de « Divagabondages », également romancier, traducteur, essayiste et journaliste, est mort mercredi 5 août, à l’âge de 98 ans.

 

Traducteur, essayiste et voyageur ébloui, le poète Frédéric Jacques Temple a cessé de « divagabonder » : il est mort à Aujargues, dans le Gard, à quelques jours de son 99e anniversaire.

 

Né à Montpellier le 18 août 1921, Frédéric Jacques Temple est certes fils d’un notable, mais il n’en suit pas la voie. Aviateur lors de la Grande Guerre décoré de la Croix de Guerre, Emmanuel Temple-Boyer (1895-1988) est avocat, député dès 1936, nommé par Vichy à la préfecture d’Alger (1942) ; mais bientôt engagé dans la campagne d’Italie (1943), il sera plusieurs fois ministre sous la IVe République, notamment dans le gouvernement Mendès France.

Le jeune Frédéric Jacques opte pour des sentes plus secrètes, en harmonie avec son ascendance paysanne. A l’école de son oncle Blaise, où la botanique et la géologie concurrencent l’ornithologie, il arpente le plateau du Larzac comme le littoral languedocien, herborise et observe, retient le nom des pierres et des plantes, de ce qui vit et vibre, et y gagne ce goût des mots précis et sensibles qui nourrira son écriture comme sa pensée. Absorbé dans la lecture des dictionnaires et des catalogues, l’enfant a un goût de collectionneur – il privilégie les coquillages, pressentant dans les espèces archaïques, telle la limule, une symbolique mémoire du monde.

Le goût des sciences naturelles

Elève dès 7 ans au collège montpelliérain de l’Enclos Saint-François, dont il nourrit un de ses récits autobiographiques (L’Enclos, Actes Sud, 1992), l’enfant complète son goût des sciences naturelles par une initiation aux beaux-arts et à la musique qui s’avère déterminante. Il lit énormément et s’initie à l’ailleurs grâce au Chateaubriand d’Atala comme à Gustave Aimard, mais aussi Rabelais, Jules Verne, Jonathan Swift, Herman Melville, Joseph Conrad, Jack London et James Fenimore Cooper – dont il apprend des pans entiers et les réécrit à l’envers. Une assimilation singulière qui correspond à son esprit friand d’expérimentation personnelle.

 

Après l’enfance, la guerre est l’autre matrice décisive. A Alger où il a suivi les siens, il fréquente les milieux résistants (l’éditeur Edmond Charlot, Max-Pol Fouchet, Emmanuel Roblès) et s’engage bientôt dans la lutte armée. De la campagne d’Italie, « route d’épines et de sang », jusqu’au chenil de Berchtesgaden, où il fait avec ses camarades main basse sur un chiot d’Hitler, il fraie avec la mort et en sort désemparé, « marqué au fer rouge ».

Pour Temple, en miettes, l’heure est à l’écriture. Moins celle du journaliste, même s’il devient à Casablanca responsable des pages littéraires de La Presse marocaine (1947), que celle du poète. Premier recueil paru à Alger chez Charlot, Sur mon cheval (1946). L’heure aussi des rencontres déterminantes, qui vont ponctuer la vie de Temple, qui fit en 1941 le voyage de Vichy pour visiter Valéry Larbaud. Jean Giono, comme Blaise Cendrars qu’il contacte pour une revue montpelliéraine, Souffles. Les bourlingueurs se reconnaissent. Bientôt Henry Miller, avec lequel il entreprend une correspondance au long cours grâce à la critique, non publiée, de Printemps noir, qu’il envoie à l’écrivain. Richard Aldington aussi, puis Lawrence Durrell. Tous partagent la même géographie sensible quand bien même leurs options littéraires sont moins communes.

Passeur né

Après une brève expérience commerciale (Antar) à son retour en France, Temple, qui collabore déjà à la radio régionale, devient en 1954 directeur de la RTF (devenue ORTF, puis France 3 Languedoc-Roussillon). Un poste qu’il occupe jusqu’en 1986. Passeur né, il y multiplie les rencontres, travaille à la reconnaissance d’œuvres qu’il admire, au risque d’oublier la sienne. Sa connaissance des lettres américaines – celles qui dérangent surtout, Henry David Thoreau, Jack Kerouac, Walt Whitman par-dessus tout, grand maître de ces « échappés du troupeau » dont DH Lawrence est le pendant britannique – en fait le messager idéal.

 

Et s’il parcourt le monde en quête de paysages où l’humain dialogue avec la nature, Frédéric Jacques Temple, comme Ulysse, par-delà la magie des sortilèges qui enivrent, fait retour à ses racines. Intense et distanciée, sa langue donne à contempler le monde sans l’assujettir jamais. Pas étonnant que le grand écrivain occitan Max Rouquette (1908-2005) ait tenu à traduire certains poèmes de Temple, qui porte la leçon de la poésie d’oc en une version française exemplaire. Le recueil à paraître fin août chez Bruno Doucey, Par le sextant du soleil, se clôt sur Sirventès, hommage à ce genre de la poésie des troubadours, moins caustique que morale, dont Temple a retenu la grandeur, poète occitan d’expression française. Et les premiers vers en sont éloquents : « Attention/à ne pas éteindre/en toi/le soleil. »

 

Frédéric Jacques Temple en dates

18 août 1921 Naissance à Montpellier

1943 Campagne d’Italie dans le corps expéditionnaire français

1992 « L’Enclos » (Actes Sud)

2003 Grand prix de poésie de la Société des gens de lettres

2018 « Divagabondages » (Actes Sud)

5 août 2020 Mort à Aujargues (Gard)

 

Philippe-Jean Catinchi

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Non-conformist poet Dinos Christianopoulos passes away at 89

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Enfant terrible of Greek contemporary literature, poet Dinos Christianopoulos passed away at the age of 89 in Thessaloniki on Tuesday. 

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21-22-23 août 2020 :: rencontres poétiques d'Aiglun (Alpes-de-Haute-Provence) 

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C’est à Aiglun, dans la vallée de l’Estéron, que se tiendront prochainement des « Rencontres de paroles ». Ce village de l’arrière-pays grassois réunira ainsi de nombreux poètes et amoureux de la poésie, qui partageront leurs voix et leurs mots, dans le souvenir aussi de poètes récemment disparus, en particulier Tristan Cabral. Cet événement, co-organisé par la mairie du village et par l’association « Aigo Luno », sous la houlette de Patrick Quillier, poète et professeur à l’Université de Nice, entend montrer que « la poésie n’est jamais confinée ». 

Ces rencontres poétiques se tiendront les vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 août 2020

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Enza Palamara | Le rapatriement du monde #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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LE RAPATRIEMENT DU MONDE
(extraits)

 

Enza Palamara, « Le rapatriement du monde », Ce que dit le Nuage, éditions Poesis, 2020, pp. 93, 99, 101, 115, 129.

 

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[liberation.fr]  Valérie Rouzeau, poèmes en bohème 

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Libération

VALÉRIE ROUZEAU, POÈMES EN BOHÈME
Par Frédérique Fanchette envoyée spéciale à Nevers
— 5 août 2020 à 18:46

 

L’auteure de «Pas revoir» sort «Ephéméride», ensemble de fragments, notes, traductions, correspondances. Rencontre à Nevers avec une poète qui a grandi sur un chantier de récupération, éprise de télescopages verbaux et de mots glanés.

 

Dans le hall vide de la gare, Valérie Rouzeau cherche sur le tableau des arrivées le train parti de Paris pour Nevers à 9 heures. Le nom de sa «ville de cœur» se prête à bien des détournements, avec ce never, jamais, qui s’y loge. La poète avait donné quelques indications, elle porterait «une casquette et des lunettes John Lennon». Mais elle n’avait rien dit sur les chaussures. Et qu’y a-t-il au bas de l’ample jupe ? Deux Doc Martens, l’une rouge, l’autre verte. Elle dit qu’elle hésitait entre les deux paires, increvables depuis seize ans, et que c’était une solution à l’indécision. Vive la vraie bohème ! D’emblée on se sent à l’aise avec cette auteure de 52 ans, «phare de sa génération de poètes», comme le dit son ancien éditeur du Temps qu’il fait, Georges Monti. «Elle a inventé quelque chose d’unique», ajoute-t-il, relayant ce qu’écrivait le poète André Velter, ancien patron de la collection Poésie /Gallimard, à la sortie de "Va où", en 2002. «En poésie, une voix nouvelle, ce n’est pas rien. Une voix vraiment nouvelle qui ne ressemble à aucune autre. Une voix qui se reconnaît au premier signe, au premier souffle, que l’on entend une fois pour toutes, et à chaque fois une fois pour toutes, comme personne.» Velter avait fait paraître son article dans "Le Monde", peu avant le Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, à Paris. Valérie Rouzeau était lancée. Elle écrit des paroles pour le groupe Indochine. "Pas revoir" (1999) s’est vendu à 10 000 exemplaires et a été traduit dans plusieurs pays. Mais le monde de la poésie n’est pas celui des romanciers à succès. Vivre de son écriture est une gageure sans cesse renouvelée et les temps sont durs.

Son dernier livre, paru juste avant le confinement, ouvre l’arrière-boutique d’une vie de poète qui a choisi la liberté du non-salariat et les privations qui vont avec. Deux ans après "Sens averse", publié également à la Table ronde, "Ephéméride" est un recueil de «miscellanées». Valérie Rouzeau, «hypermnésique», accole dans un joyeux désordre temporel des vers, des traductions, des notes, des correspondances. On y retrouve sa marque de fabrique : les télescopages verbaux, les homophonies, les fragments glanés à la volée, les emprunts à d’autres écrivains, «mes mots des autres». Elle parle aussi des passages à vide, de la dépression, et de l’hospitalisation de son compagnon, Vincent, dit «le colibri». Le besoin d’écrire apparaît à la fois urgent, fragile et vital. «Nevers, 20 octobre 2019 / Aujourd’hui je n’ai pas perdu mon temps quand je suis restée immobile une heure peut-être debout au fond de la cuisine à observer les moineaux à la mangeoire : joie à leur "tchip", leur chamaille, et leur appétit ! Il pleut, pleut, pleut. Le tonnerre a grondé plusieurs fois de l’autre côté de la Loire. Je voudrais écrire un poème…»

Chez elle, dans le centre historique, elle prépare une salade, dos tourné à un buffet bleu. Un mot envoyé par un ami y est accroché : «Travail, famine, pâtes, riz». «C’est mon écritoire.» Elle travaille debout ; s’asseoir à une table lui paraît incongru, réservé à la traduction. Elle a transposé en français la poésie de William Carlos William, de Sylvia Plath et de son mari Ted Hugues, poète attitré de la reine d’Angleterre. Peut-être est-ce cela qui lui fait dire qu’elle aurait aimé à une époque devenir poète officielle de la SNCF, parce qu’elle a «des poèmes de trains à n’en plus finir». Elle lance ça d’un air très sérieux, mais l’humour chez elle retourne tout, comme le changement de direction inattendu d’un vol d’oiseau. Dans la cour pavée ensoleillée, des zinnias rapportés du marché attendent d’être plantés. Sur le lit aux draps rouges, dans la dépression formée par un ressort qui a lâché, le chat Carbone dort en rond. Sur les tranches des étagères qui portent ses livres, elle a copié à la main des vers de poètes aimés. Elle montre un cahier du poète Christian Bachelin dont elle est la légataire universelle, puis ressort d’une pièce avec un beurrier transparent. Il contient le corps d’une mésange charbonnière trouvé il y a deux ans dans le grenier ; le jaune et le bleu du plumage ont gardé toute leur luminosité. L’oiseau s’est desséché, est intact. «C’est ma sainte Bernadette», dit Valérie Rouzeau, une allusion à la dépouille non corrompue de la canonisée pyrénéenne, qui repose dans sa châsse de verre, non loin de là, chez les sœurs de Nevers.

 

"Vous êtes née dans une famille de récupérateurs du Cher, une origine sociale peu commune dans le milieu littéraire…
— Mon père était un homme doux et gentil dans un métier dur. Il ne disait pas qu’il était ferrailleur ; c’était plus large, il recyclait les métaux, les carcasses de voitures, mais aussi tout ce qu’on jette et qu’il faut recycler. C’était un petit intermédiaire qui bossait quinze heures par jour et qui ne gagnait pas sa vie. Il était payé au poids du papier, au cours du carton, parfois c’était désastreux. Mais quand il récupérait des cartons à la sortie des supermarchés, il ramassait de la nourriture invendue, par exemple une série de pintades, et ma mère les congelait. On n’a jamais manqué de nourriture, jamais. Pourtant on était nombreux. Mes parents m’ont eu à 17 ans, je suis l’aînée de sept, mon père voulait une grande table. Le monde de la poésie a longtemps été considéré comme élitiste, mais j’ai grandi dans cette famille de récupérateurs, loin de tout, et j’arrive à vivre avec l’écriture, c’est de la survie parfois, ça veut bien dire que des choses ont bougé.

 

— Votre enfance est très présente dans vos poèmes, elle a été heureuse ?
Oui, on habitait dans un village, on avait de la place, des animaux. On avait même un cheval, Oscar. Il était destiné à l’abattoir, c’était une rossinante, il était adorable. Un jour ma mère a dit à mon père : «Chéri, j’ai toujours eu un rêve.» «Ben oui, il a répondu, c’était de te marier avec moi.» «Non, un autre rêve, avoir un cheval.» Il était au pied du mur, Oscar était déjà acheté, il a dit oui, c’est dire comme mon père était cool. Oscar a vécu pendant dix ans, il était bien chez nous. Chacun avait son animal. Moi, j’avais un petit coq blanc qui chantait dans mes bras, je l’ai eu tout petit, on l’appelait «Cioq» : les Berrichons, ils mettent des i partout. C’était une belle enfance… mais on était sales et indisciplinés, à cause du chantier de récupération. Une année, on a eu une estafette qui ne roulait plus, notre père a dit «celle-là, je ne la compresse pas, c’est votre cadeau de Noël». Qu’est-ce qu’on a pu se marrer dans cette estafette ! Il pleuvait dedans mais c’était notre cabane, parmi toutes celles qu’on pouvait se construire, entre les palettes et les piles de pneus. On avait toujours les genoux en sang, et c’était dangereux : Frank, c’est mon frère numéro trois, a failli perdre son pied.

 

— Dans "Ephéméride", vous affichez des positions antimacronistes. Vous êtes engagée politiquement ?
— Non, mais avec des années et des années d’interventions dans les écoles en Seine-Saint-Denis et après avoir vu la misère de près, je me suis rapprochée du Front de gauche. En 2012, sans être encartée, j’ai tracté, participé à des petites actions. J’ai un ami qui me dit «Valérie, t’es chiante, t’es trop gauchiste». Je ne suis pas gauchiste, je suis idéaliste, et mon cœur bat à gauche. J’aime beaucoup François Ruffin, c’est mon chouchou, j’ai une admiration sincère. En plus, il est gaucher et du signe de la balance, il a tout pour me plaire, la balance c’est le signe de la justice et il est gaucher comme moi.

 

— Outre vos livres, vous gagnez votre vie en donnant des lectures, en animant des ateliers d’écriture dans les écoles, les prisons. Comment ça se passe ?
— Je peux donner une phrase pour démarrer, par exemple j’aime bien «je suis un vaste et pauvre type» de Christian Bachelin. Parfois c’est difficile, je lis un texte et je vois des gamins qui sont en train d’envoyer des textos, ce n’est pas évident à vivre, même si les profs disent «faites pas gaffe, en fait ils vous écoutent». Un jour, c’était à La Courneuve, Saïd, un lycéen de seconde a voulu m’accompagner au tram, il m’a dit, «merci madame de ne pas nous avoir servi du slam», il adorait Paul Verlaine. Saïd avait compris que le slam, il l’avait déjà et que moi je venais pour apporter autre chose. J’ai travaillé essentiellement dans des zones d’éducation prioritaire. Ces élèves-là, ils n’ont rien ; chez eux, il n’y a même pas la langue française dans certains cas. Mais qu’est-ce qui dit que parmi ces petits il n’y en a pas un qui va nous pondre un truc, on sait pas, on sait jamais. Il n’y a pas de gens qui ne sont rien.

 

— Comment ça s’est passé avec le confinement ?
— Du jour au lendemain j’ai perdu tous mes revenus, et j’ai eu une menace d’expulsion, envoyée par l’agence immobilière. Tu as le cœur qui se met à battre, quand tu reçois une lettre comme ça. Tu te dis «zut, je perds tous mes revenus, mais j’y peux rien, je peux pas improviser comme ça, me trouver un boulot». Finalement le propriétaire m’a offert un mois de loyer pour cause de Covid-19. Ça s’est retourné comme il faut. Et la Société des gens de lettres m’a versé de l’argent.

 

— Vous apparaissez dans "Poèmes à dire". Une Anthologie de poésie contemporaine francophone de Poésie /Gallimard. Comment travaillez-vous cette oralité ?
— J’ai grandi avec Robert Desnos et j’ai commencé à écrire des poèmes dès le cours élémentaire. Je n’ai toujours écrit que de la poésie, c’est lié à l’enfance, aux syllabes, à la musique, au rythme. J’ai toujours de quoi noter, sur moi, soit dans mes poches, soit dans mon sac. Donc je chipe, je saisis des mots à la volée, et je remercie les gens à la fin de mes livres. Je relis beaucoup à voix haute et si ça passe, je garde, sinon je jette. Moi, si je ne peux pas assumer, je ne peux pas publier. Quand on publie, on est dans le partage, l’échange, et donc si tu trouves que ce n’est pas bon, tu ne peux pas le publier légitimement, même si tu te trompes. Mais ça c’est une autre histoire et je ne crois pas que je me trompe beaucoup, parce que j’arrive à me relire comme si j’étais une étrangère."

 

Frédérique Fanchette envoyée spéciale à Nevers

Valérie Rouzeau "Ephéméride" La Table ronde, 144 pp..16,50 € (ebook : 11,99 €).

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Mahshid Vatan-Doust | La liberté au prix du sang  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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Mahshid Vatan-Doust, Une fleur attend la pendaison, éditions Alidades, Collection Création, 2020, pp. 6-7. Poèmes traduits du persan et présentés par Katâyoun Sabzevâry et Franck Merger.

 

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Frédéric Jacques Temple | Été  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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ÉTÉ

Frédéric Jacques Temple, Midi, livre d’artiste, Samoreau, Jean-Pierre Thomas éditeur, 2004 ; in Profonds pays, Obsidiane, Collection “Les Solitudes”, 2011 ; in La Chasse infinie et autres poèmes, éditions Gallimard, Collection Poésie/Gallimard n° 548, 2020, pp. 132-133. Édition de Claude Leroy.
 

 

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Annulation des Journées de poésie de Soubès, Hérault (14-16 août 2020)

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Selon les dernières données, les indicateurs Covid ne sont pas bons en Occitanie, le virus circule activement, et à la différence d'un spectacle ponctuel après lequel le public se disperse, la situation est différente dans un village où de nombreuses personnes seront réunies et vivront ensemble pendant deux ou trois jours. Il faut y ajouter les difficultés d'organisation des repas qui regrouperont une vingtaine de personnes.
La commune considère que la responsabilité qui lui incombe dans cette situation est trop importante au regard des risques.

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Claudine Bertrand | Les passeurs de mots  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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LES PASSEURS DE MOTS
 
Claudine Bertrand, Sous le ciel de Vézelay, éditions L’Harmattan, Collection « Accent tonique », 2020, pp. 48-49.
 
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15-29 août 2020 :: Quinzaine de la Poésie Féminine (2e édition)

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Quinzaine de la Poésie Féminine : vers et proses au féminin pluriel, est un festival de poésie conçu par la plateforme de littérature contemporaine, en l’occurrence Plimay, en vue de valoriser et vulgariser la production littéraire des femmes, notamment la poésie à travers le monde. 

 

La Quinzaine consistera en une panoplie d’activités virtuelles : conférences, interviews, performances poétiques et musicales, publication de poèmes et  d’articles consacrés à la poésie féminine. Voilà donc, en gros, ce qui constituera la trame de cette grande fête littéraire qui se tiendra du 15 au 29 août 2020 sur Plimay (www.plimay.com) ainsi que sur les réseaux sociaux.

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André du Bouchet | Le moteur blanc #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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LE MOTEUR BLANC
(extraits)


André du Bouchet, « Le moteur blanc », XIV, XV, Dans la chaleur vacante, Mercure de France, 1961, in Dans la chaleur vacante suivi de Ou le soleil, éditions Gallimard, Collection Poésie/Gallimard n° 252, 1991, pp. 73-74.

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Noée Maire | [allongée dans l’herbe]  #TdF #Anthologie_Poésie_d_un_jour

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[ALLONGÉE DANS L’HERBE]
 
Noée Maire, L’Étreinte, éditions La tête à l’envers, collection fibre·s, 2000, s.f. Peinture de Nicole Koch.
 
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