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[lemonde.fr] « A Marseille, on laisse pourrir les bibliothèques »

[lemonde.fr] « A Marseille, on laisse pourrir les bibliothèques » | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

TRIBUNE. Marseille dispose d’un trop faible nombre de bibliothèques. La faute en revient à l’équipe en place à l’hôtel de ville, estime l’éditeur David Gaussen dans une tribune au « Monde ». Il faut que ceux qui brigueront la mairie en 2020, quelle que soit leur étiquette politique, présentent un projet pour redonner au livre toute sa place.

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Qui est responsable de la fermeture des librairies à New York ?

Qui est responsable de la fermeture des librairies à New York ? | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

La ville de New York serait en train de perdre un grand nombre de ses librairies

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[Paris] La Maison des écrivains et de la littérature (Mél) en péril, Paris (pétition)

[Paris] La Maison des écrivains et de la littérature (Mél) en péril, Paris (pétition) | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

mél pétition

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Féminisation des noms de métiers : l’Académie «observe» - Libération

Féminisation des noms de métiers : l’Académie «observe» - Libération | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Coauteure d’un rapport interne sur le sujet, l’écrivaine et académicienne Dominique Bona fait valoir une avancée de son institution.

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Le romancier Patrick Grainville fait son entrée à l’Académie française

Le romancier Patrick Grainville fait son entrée à l’Académie française | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Patrick Grainville est officiellement devenu, jeudi, le 731e membre de l’Académie française au cours d’une cérémonie solennelle au milieu de ses pairs.

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Censure (ou sensure) sur Facebook ? 

Censure (ou sensure) sur Facebook ?  | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

CENSURE (aka SENSURE) SUR FACEBOOK

 

Bonjour à toutes et à tous. Tous mes messages en provenance de ma plateforme de veille culturelle "scoop.it" étant censurés par FB comme non conformes aux standards de la communauté, j'invite tous les utilisateurs de FB à se rendre par eux-mêmes sur cette plateforme. Pour retrouver cette plateforme, tapez scoop.it + Angèle Paoli dans votre moteur de recherche, ou cliquez en haut à droite de ma revue Terres de femmes (www.terresdefemmes.com). 

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Saint-Valentin, de la haine des juifs et de la haine des femmes 

Saint-Valentin, de la haine des juifs et de la haine des femmes  | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Aujourd'hui, 14 février, c'est la Saint-Valentin. Je vais donc vous parler d'antisémitisme. Oui, car la Saint-Valentin symbolise l'antisémitisme. C'est en effet la triste date anniversaire du plus gros pogrom antisémite du Moyen-Age en France, à Strasbourg en 1349 (comme l'avait écrit Mélanie dans Mortelle Saint-Valentin) Aujourd'hui, Saint-Valentin, je vais aussi vous parler de misogynie, et…

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L'Académie française met en ligne son Dictionnaire

L'Académie française met en ligne son Dictionnaire | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

En attendant que la 9e édition du Dictionnaire de l'Académie française soit achevée, l'institution met en ligne son nouveau portail numérique, enrichi de plusieurs fonctionnalités.

 

L’Académie française se dote d’un nouveau portail numérique consacré à son DictionnaireCet outil  destiné au grand public, donne accès à la 9e édition (jusqu'à la lettre S) en voie d’achèvement et à la 8eédition (1932-1935). Les sept éditions précédentes s'ajouteront avant la fin de l’année.
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Des dizaines de momies de plus de deux mille ans découvertes en Egypte

Des dizaines de momies de plus de deux mille ans découvertes en Egypte | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Plus de quarante momies très bien conservées d’hommes, de femmes, d’enfants et d’animaux ont été dévoilées par le ministère égyptien des antiquités.

 

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Vendredi 1er février 2019 :: Vernissage de l'exposition Regards Migrants, 13003 Marseille 

Vendredi 1er février 2019 :: Vernissage de l'exposition Regards Migrants, 13003 Marseille  | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Vendredi 1er février, de 18:00 à 22:00
Friche la Belle de Mai

41 rue Jobin,

13003 Marseille

 

En 2016, Matthieu Parent a commencé un travail photographique autour de l'accueil des migrants au centre de Chandourène près de Digne à la demande des Villages Clubs du Soleil, mécène du projet.


Cette résidence artistique a donné lieu à une exposition à la Médiathèque François Mitterrand, située sur le territoire du projet.

Aujourd'hui l'exposition Regards migrants s'installe à la Friche la Belle de Mai dans la galerie de la Salle des Machines enrichie de cinq propositions. Matthieu Parent s'est entouré de trois photographes et deux poètes pour témoigner de la situation des migrants dans notre pays : Jean Revillard, Bruno Fert, Abdul Saboor, Moneim Rahama et Mohamed Nour Wana proposent leurs images et leurs mots.

L'association Le Chêne porte ce projet pour continuer de parler de ces hommes dont le voyage n'est pas encore terminé.

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Brésil : disparition du Ministère de la culture

Brésil : disparition du Ministère de la culture | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Sur France Culture, Antoine Pecqueur fait le lien entre géopolitique et culture : il décrypte la vie artistique, et notamment musicale, d’un pays qui fait l’actualité.


Via Aurelien Guillois
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"Y a pas de soucis", "Au jour d'aujourd'hui", "Ça va le faire" : ce que nos tics de langage révèlent de nous

"Y a pas de soucis", "Au jour d'aujourd'hui", "Ça va le faire" : ce que nos tics de langage révèlent de nous | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

En fait, c’est clair, au jour d’aujourd’hui, nos conversations sont truffées d'expressions agaçantes… surtout chez les autres. Et, on ne va pas se mentir, les médias et les réseaux sociaux accélèrent la popularisation de ces expressions.

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Cannabis : bientôt sur ordonnance ?

Cannabis : bientôt sur ordonnance ? | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

L'Agence nationale du médicament (ANSM) a donné son feu vert à une expérimentation du cannabis thérapeutique en France, avant la fin de l'année 2019.

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Lalibrairie.com ? 2 500 libraires indépendants ripostent à Amazon

Lalibrairie.com ? 2 500 libraires indépendants ripostent à Amazon | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Comment acheter des livres en ligne sans tuer les libraires indépendants ? Exemple avec ce site qui propose 350 000 références.

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« Mettre en péril la Maison des écrivains, c’est affaiblir cruellement l’éducation artistique et culturelle »

« Mettre en péril la Maison des écrivains, c’est affaiblir cruellement l’éducation artistique et culturelle » | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

TRIBUNE. Un collectif de romanciers et d’essayistes, parmi lesquels Pierre Bergounioux, Arlette Farge, Annie Ernaux ou Mona Ozouf alerte dans une tribune au « Monde » sur la situation de la Maison des écrivains, dont le budget a été dangereusement restreint et le périmètre d’action limité.

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Autrice, le féminin qui gênait tant l'Académie française est tout sauf un néologisme

Autrice, le féminin qui gênait tant l'Académie française est tout sauf un néologisme | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Le mot "autrice" a connu une histoire tumultueuse entre effacement volontaire et méconnaissance de l'histoire de la langue.
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Le ministère de la Culture et C8 s'associent pour un concours de lecture

Le ministère de la Culture et C8 s'associent pour un concours de lecture | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
À l’occasion de la semaine de la langue française et de la Francophonie, en mars
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Le couturier Karl Lagerfeld est mort

Le couturier Karl Lagerfeld est mort | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Le créateur le plus connu au monde, directeur artistique de la maison Chanel et figure légendaire devenue logo, est mort ce mardi 19 février 2019, à l’âge de 85 ans. Retour sur une icône.

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Lundi 18 février 2019 :: lancement d'une plateforme 'Grand Débat de la Culture' par "Beaux Arts magazine" et la Fondation du patrimoine

Lundi 18 février 2019 :: lancement d'une plateforme 'Grand Débat de la Culture' par "Beaux Arts magazine" et la Fondation du patrimoine | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Beaux Arts magazine et la Fondation du patrimoine lancent une plateforme et deux soirées pour réfléchir «sans tabou».

 

À partir de ce lundi 18 février, une plateforme participative de contributions - granddebatculture.fr - est ouverte. Culture pour tous, éducation artistique et culturelle, avenir du patrimoine, soutien à la création, rémunération des artistes, culture participative, fonctionnement des équipements culturels: les Français sont invités à laisser leurs commentaires et leurs idées sur un secteur très vivant. Et sur lequel la France mise beaucoup.

 

En plus de la plateforme, deux réunions publiques ont été organisées, l'une à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts (Paris , 6e), le 5 mars 2019 de 18h30 à 22h00, et l'autre au Centquatre-Paris (19e), le 10 mars 2019 de 16h00 à 20h00, où les portes seront grand ouvertes. 

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Saint-Valentin : comment la prostitution a fait de Paris la ville de l’amour

Saint-Valentin : comment la prostitution a fait de Paris la ville de l’amour | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Vidéo - Connue pour être la « Ville de l’amour », Paris profite d’une image romantique bienveillante. Pourtant pendant tout le XIXe siècle, la capitale était surtout le « bordel de l’Europe ».

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André Dussollier : « Chaque soir, sur scène, on met sa vie en jeu »

André Dussollier : « Chaque soir, sur scène, on met sa vie en jeu » | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Propos recueillis par Annick Cojean  dans Le Monde le 3 février 2019

 

Je ne serais pas arrivé là si… L’acteur de « Novecento » et « Tanguy » raconte comment la découverte du théâtre l’a sorti d’une éducation contrainte.


Actuellement au théâtre dans le spectacle Novecento pour lequel il a déjà reçu le Molière du meilleur acteur en 2015, André Dussollier retrouvera bientôt, au cinéma, le rôle du père de Tanguy, dans le film d’Etienne Chatiliez Tanguy, le retour.

Je ne serais pas arrivé là si…
Si une professeure de français n’avait eu la bonne idée de m’emmener un jour au théâtre, quand j’avais 10 ans, provoquant chez moi une émotion et un choc inoubliables.

La pièce était Poil de carotte, de Jules Renard, et moi qui habitais un petit village de Haute-Savoie, dépourvu de distraction, j’ai eu la révélation soudaine d’un monde immense, et bouleversant. Un monde plus intensément vivant que ma vie. Nous n’avions pas la télé, je ne savais pas ce qu’était le théâtre, et j’entendais soudain des acteurs dire sur scène des choses qu’il n’aurait jamais été question d’exprimer à la maison ; exprimer des sentiments qu’il fallait habituellement taire ; faire preuve d’une liberté dont je ne revenais pas. Quelle ouverture soudaine !

La vie vous offrait soudain de nouvelles perspectives ?

Cela changeait tout ! Le premier film que j’ai vu au cinéma l’a d’ailleurs confirmé. C’était Les Quatre Cents Coups, de Truffaut. Le film avait eu le prix de l’Office catholique, ce qui avait rassuré mes parents. Mais quel bouillonnement dans mon esprit ! Quelle stupéfaction de découvrir qu’on y parlait de choses intimes, incroyablement taboues dans le cercle familial ! Je me suis déclaré volontaire pour jouer dans toutes les pièces que cette prof merveilleuse a montées à l’école. J’ai continué à faire du foot, comme tout le monde dans le village. Mais le théâtre est devenu mon autre passion… Le théâtre, c’était la possibilité de sortir du chemin banal et déjà tout tracé. C’était la chance d’exprimer enfin qui j’étais.

Dans quel milieu viviez-vous ?

J’étais le fils unique d’un couple de fonctionnaires – des percepteurs – très gentils, d’origines différentes. Mon père venait de la montagne, d’une famille catho dont l’aîné devenait forcément prêtre et les autres demeuraient paysans. Lui a voulu autre chose, et est descendu en ville, à Annecy, où il a rencontré ma mère, issue d’une famille italienne, et nettement plus fantaisiste. Mais la réserve et une extrême pudeur étaient de mise à la maison, et mes parents rêvaient pour moi d’un métier stable et sans surprise.

C’est à Sartre et à la ­découverte de l’existentialisme en classe de philo que je dois mes premières rébellions. Non, il n’y avait pas de déterminisme ! Oui, c’était à chacun de prendre sa liberté et de se forger un destin ! J’ai commencé par refuser la messe du dimanche, et puis la voie du théâtre s’est imposée.

Mais vous avez mis le temps !

Disons que j’ai un peu différé l’aventure en passant à Grenoble une maîtrise de lettres ­modernes et une licence de linguistique. Je ne pensais pourtant qu’au théâtre, mais mes parents trouvaient cela si peu sérieux. Un loisir, oui. Mais un métier ? D’ailleurs, il n’y avait pas de comédiens professionnels en province. Il fallait mettre le cap sur Paris. Ce que j’ai fait le jour où l’on m’a proposé un poste d’assistant de philologie à la fac d’Oran.

Ce fut le moment de bascule. Impossible de reculer davantage l’échéance. J’ai frappé à la porte du Conservatoire de Paris. On m’a recommandé de m’inscrire d’abord à un cours. Et ce fut une bonne idée, car j’y ai beaucoup travaillé. Et puis, tout s’est enchaîné. J’ai été reçu au Conservatoire, et deux ans plus tard à la Comédie-Française. J’avais un tel désir de jouer !

Jouer… Pouvez-vous expliquer ce plaisir ?

Mon éducation m’a beaucoup contraint. C’était une époque où l’enfant était supposé obéir aux adultes, adhérer à leurs mœurs et idées, suivre le parcours fléché. Je m’y pliais, je donnais le change, je composais un personnage conforme à leurs aspirations. En deux mots : je mentais. C’est donc au théâtre que je trouvais la liberté d’exister. C’est sur scène que je disais ma vérité, fût-ce avec les mots écrits par un autre.

Formuler l’intime était un luxe que je ne pouvais m’accorder dans la vraie vie. Mais sur scène, ce luxe était un devoir ! Je pouvais enfin être moi ! Cela paraît contradictoire, hein, quand on croit que ce métier consiste à mentir. Eh bien, c’est quand je joue que je suis vrai ! Et c’est toute la beauté de la scène, ce lieu de vie où la vérité est plus criante que partout ailleurs.

Je ne vais pas jusqu’à dire que la scène m’a servi de psychothérapie, mais elle m’a aidé ! Elle est un formidable vecteur pour vaincre les interdits et l’autocensure imposés par l’éducation et aller plus vite vers soi. Car on compose des personnages – Staline, un musicien, un diplomate, un chirurgien de la Grande Guerre, un pasteur – à partir de sa propre vérité.

Avez-vous ressenti de la griserie lorsque vous êtes sorti premier du ­Conservatoire ?

Non. C’était sans doute rassurant, mais j’avais déjà intégré l’idée que tout cela est fragile. Que les carrières d’acteurs sont comme des montagnes russes. Et que de grands aînés ont plongé dans l’anonymat après avoir connu un instant de gloire. J’ai toujours conservé en moi le sentiment de la fragilité.

Aviez-vous des modèles ? Des figures ­tutélaires ?

J’étais fasciné par la liberté que s’octroyait Michel Serrault pour passer du registre dramatique au registre comique ; ou par Michel ­Simon, dont le naturel était imperméable au ton de l’époque. Mais je regardais surtout la génération des acteurs américains qui émergeaient, loin des prototypes comme Cary Grant ou James Stewart, et avec la gueule de M. Tout-le-Monde. Dustin Hoffman, Al Pacino, Sean Penn… Capables de se métamorphoser et d’être méconnaissables dans chaque rôle.

Moi, je revendique pour l’acteur le titre de créateur. A la base, il y a l’auteur, bien sûr, fondamental. Mais une fois qu’il dispose de la partition, c’est à l’acteur de prendre le relais et de donner du sens aux mots et aux silences. C’est une sacrée responsabilité.

Pourquoi avoir quitté si tôt la Comédie-Française ?

Parce qu’on y appliquait encore des règles datant de Napoléon qui interdisaient à un jeune pensionnaire de prendre plus de deux congés dans l’année. Ça s’est heureusement assoupli. Mais à l’époque, nous avons été plusieurs à partir ainsi : Isabelle Adjani, Francis Perrin… J’avais alors beaucoup d’envies et de propositions.

Vos parents s’y intéressaient-ils ?

Paris et ce milieu du théâtre étaient si éloignés d’eux ! Mon père ne faisait aucun commentaire, mais me rapportait les réflexions de ses amis : « Dis donc, j’ai vu ton fils à la télé ! » Ma mère aimait connaître mes projets. Mais quand je disais : « Je vais jouer tel rôle ! », elle répondait : « Oui, mais après ? » J’ai été élevé dans ce climat de modestie et d’inquiétude sur l’avenir. Au fond, c’est peut-être l’héritage des paysans dont la vie dépend du climat et des saisons. Un « au jour le jour » et une intranquillité permanents. Mais c’est stimulant. Ça fait avancer. Il y a toujours quelque chose à prouver. Je voudrais que la vie dure éternellement pour avoir le temps de tout faire.

Vous avouez parfois que la « maturation » a été longue.

Oui. Il y avait tant de possibles que j’ai folâtré, musardé, pris des chemins de traverse. Davantage lièvre que tortue. Mais ces errances étaient sans doute nécessaires. Resnais, vous le savez, faisait toujours des films singuliers, inattendus. Et sa mère lui avait dit un jour : « Mais pourquoi ne fais-tu pas des films comme les autres ? » Il avait répondu : « Parce que les autres le font. » J’ai trouvé cela formidable !

Cela veut dire qu’il faut suivre sa propre voie, faire ce que l’on a profondément envie de faire sans s’embarrasser de ce que vont penser les autres. Cela m’a pris du temps. J’ai conquis peu à peu ma liberté et me suis rapproché de moi avec l’âge.

En racontant son obsession de servir au mieux les textes, Michel Bouquet confiait ici même que, non, cela ne faisait pas une vie heureuse, mais au contraire, « une vie de malheur ». Car à chaque rôle, disait-il, « on risque sa vie ». Cela vous parle-t-il ?

Oui, beaucoup ! Je ne dirais pas comme Bouquet que c’est une vie de malheur, mais c’est assurément une vie de souffrances, de batailles, de labeur, de douleur. Rien n’est jamais gagné. Il y a du plaisir sur scène, mais la douleur n’est jamais très loin. Et si je respire mieux à la fin de mon spectacle, avec le sentiment d’être allé le plus loin possible, je sais en fait qu’on ne va jamais assez loin. C’est ça le théâtre. Creuser, creuser davantage le sillon. Chaque soir est différent. Chaque soir est un saut dans le vide. Chaque soir, mêlé de peur et de plaisir, est un nouveau risque.

Mais risque de quoi ? De ne pas être à la hauteur d’un beau texte ? De décevoir ?

Eh bien oui. Et dans ce cas, c’est fini. Vous n’avez plus d’identité. Vous perdez votre fonction. Ce n’est plus la peine d’être acteur. C’est la vie ou c’est la mort.

Est-ce donc si grave ?

Mais bien sûr que c’est grave ! Très grave ! On met sa vie en jeu. Et la confiance qu’on croit avoir instaurée un soir n’est pas gagnée pour le soir suivant. Tout est possible. Et tout est aléatoire. Quand Bouquet parle de sacerdoce et d’humilité, il a mille fois raison. Ce métier vous force à cela.

Humilité… Ce mot paraît contradictoire avec l’ego hypertrophié de certains ­acteurs !

Les personnalités sont si différentes ! Il y en a qui continuent d’être des showmen hors de la scène. L’époque et les télés nous poussent à jouer les fanfarons et les entertainers en continu. C’est très préjudiciable à ce métier artistique . Si l’on veut surprendre à chaque rôle, il faut jouer la rareté, opérer une césure, disparaître de la scène publique pour revenir sur terre, dans sa famille, ou tout seul chez soi avec les textes. L’acteur doit s’éclipser derrière son rôle et ne surtout pas devenir lui-même un personnage !

Ressentez-vous l’urgence du temps qui passe ?

On a tous une horloge intérieure. Et je pense souvent à Proust qui rêvait d’écrire sa grande œuvre, mais ne ressentait pas la nécessité de s’y mettre, virevoltant de salon en salon, fortuné et oisif. Et puis voilà qu’un jour, sortant une nouvelle fois pour une visite mondaine, il sent son genou fléchir. Et c’est l’alerte. Il comprend soudain que son corps lui joue des tours et risque de compromettre son dessein. Alors il fait demi-tour, s’enferme dans sa chambre, capitonne les murs pour ne pas entendre les voisins et écrit. Ecrit jusqu’à sa mort.

Votre genou a-t-il fléchi ?

Oui. Ma petite horloge a retenti : attention, Coco ! C’est plus le moment de rigoler. Si tu veux faire des choses, c’est maintenant ou ­jamais ! Il y a bien cette phrase d’Alphonse ­Allais que j’adore : « J’ai décidé de vivre éternellement. Pour l’instant, tout se passe comme prévu. » Mais les aiguilles de l’horloge continuent leur course folle, et le temps se réduit. Il faut réfléchir, connaître des nuits blanches, sérier les priorités. J’ai envie de continuer à répondre aux sollicitations qui m’ont toujours procuré du plaisir, mais je voudrais aussi tenter autre chose que j’initierais moi-même, lancer des sujets – une idée de série – sans attendre que ça vienne.

La beauté a-t-elle été un atout dans votre carrière ?

Je n’ai jamais joué cette carte, et l’on ne m’a d’ailleurs jamais proposé de rôles misant sur ce registre. Adolescent, j’avais demandé à ma mère comment elle me trouvait. « Oh, tu fais partie du gros tas », m’avait-elle répondu. Ok, m’étais-je dit. Au moins la question est réglée ! Elle avait peut-être en tête l’image de Delon…

Mais franchement, je me suis toujours méfié de ce critère et cherche la beauté ailleurs que dans l’esthétique d’un visage ou d’un corps. Je me souviens que l’acteur Gérard Philipe, qu’on présentait comme l’incarnation de la beauté française, était marié à l’écrivaine Anne Philipe qui n’avait rien d’une femme fatale, mais était une si belle personne. C’est la manière dont un être s’anime et existe qui le rend beau.

Avez-vous peur du vieillissement ?

Non ! On a des rôles en fonction de son âge. J’ai 72 ans. On va donc me proposer des rôles de grand-père et d’homme âgé, et cela me ­convient.

Vous seriez une femme, comme Catherine Deneuve, ce serait une angoisse.

Le vieillissement n’a pas empêché Simone ­Signoret ou Suzanne Flon d’être aimées pour ce qu’elles étaient. Il faut essayer de résister à cette pression folle du jeunisme. Savez-vous que des scénaristes américains, sachant qu’Hollywood ne recrutait que des quadragénaires, ont eux-mêmes eu recours à la chirurgie esthétique pour avoir l’air plus jeunes ? Quelle folie !

Comment vous voyez-vous dans dix ans ?

Acteur. Si j’en ai encore la force physique, hein ! Mais pas coûte que coûte. Récemment, j’ai vu Trintignant au théâtre. Il dit la poésie qu’il aime, et c’est tout simplement magnifique. Le temps a fait son œuvre, mais il ne perd pas son charme. On le sent en parfaite adéquation avec ses capacités et ses envies.

Et ça sonne juste.

Voilà ! Pour moi, c’est la plus belle référence.

« Novecento », au théatre de la Porte Saint-Martin à Paris, jusqu’au 31 mars 2019 (d’après le texte d’Alessandro Baricco)

« Tanguy, le retour » au cinéma le 10 avril

 

 

Légende : André Dussollier, à Paris, le 18 décembre 2014. FRÉDÉRIC STUCIN POUR « LE MONDE »


Via Le spectateur de Belleville
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L'écrivain Kamel Daoud dispensera des cours d'écriture à Sciences Po

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Ce mercredi 30 janvier, Sciences Po a inauguré une chaire d'écrivain en résidence

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[Société de Psychanalyse Freudienne]  Samedi 2 février 2019 :: Journée Henri Maldiney : Parole poétique, parole discursive et concepts “ouvrants”, 75014 Paris

[Société de Psychanalyse Freudienne]  Samedi 2 février 2019 :: Journée Henri Maldiney : Parole poétique, parole discursive et concepts “ouvrants”, 75014 Paris | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Au local de la SPF, de 9h30 à 18h00.

 

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Une pétition pour sauver les ruines du manoir de Saint-Pol-Roux

Une pétition pour sauver les ruines du manoir de Saint-Pol-Roux | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Figure du symbolisme, le poète Saint-Pol-Roux (1861-1940) a marqué la poésie de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Celui qu’on appelait « le Magnifique », tombé amoureux de la Bretagne, s’était fait construire une imposante bâtisse aux allures de petit château sur les hauteurs de Camaret, dans le Finistère, face à l’océan.
 
Bombardé par les alliés en 1944, ce manoir reste aujourd’hui à l’état de ruines. La Société des Amis de Saint-Pol-Roux (SASPR) vient de lancer une pétition en ligne pour demander, non pas la restructuration de l’ensemble, mais déjà la simple préservation de l’existant. Plus de mille signatures ont déjà été recueillies.

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Banon : Le Bleuet, la librairie qui fonctionne 365 jours par an 

Banon : Le Bleuet, la librairie qui fonctionne 365 jours par an  | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Le Bleuet n'est pas un site, ce n'est pas un magasin, c'est un lieu de pèlerinage, une maison de la culture, "un bien commun", résument ses propriétaires.

 

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