Laser mégajoule, des essais nucléaires en laboratoire | Nucléaire : la revue de presse | Scoop.it
La plate pinède girondine a remplacé l'atoll polynésien de Mururoa au cœur de la stratégie française de dissuasion nucléaire. C'est ici, à une trentaine de kilomètres de Bordeaux, que la direction des applications militaires du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) a effectué les premier tirs de son Laser mégajoule (LMJ), à la fin de l'année dernière.


Cette usine à lasers de très haute énergie est chargée de produire 176 faisceaux pour les faire converger sur une petite cible de moins d'un millimètre. La violence du tir, qui dure quelques milliardièmes de secondes, recrée très localement, pour pouvoir les étudier en toute sécurité, les conditions de température et de pression que l'on rencontre dans une bombe atomique lorsqu'elle explose (10.000 degrés et 10 millions de bars à l'amorce de l'explosion, puis jusqu'à 1 milliard de degrés et 100 milliards de bars).


Un gigantesque bâtiment de 300 mètres de long, 100 mètres de large (soit six terrains de football) et 35 mètres de haut par endroits abrite cet outil, principal pilier du programme Simulation chargé de prendre le relais des essais nucléaires abandonnés en 1996. Son coût est évalué à ce jour à 3,5 milliards d'euros.


«Notre objectif n'est pas d'inventer de nouvelles armes mais de renouveler les têtes existantes, dont la durée de vie est d'une vingtaine d'années, en les adaptant aux spécifications nouvelles de l'armée», précise Pierre Vivini, chef du projet LMJ au CEA. La simulation numérique, effectuée sur le supercalculateur Tera-100, en Essonne, doit permettre de valider ces nouveaux designs. Le LMJ est chargé de fournir des données pour valider et affiner les modèles numériques afin d'être sûr que ces bombes, si on les utilisait, se comporteraient comme prévu.