Energie et climat : contradictions entre experts | Nucléaire : la revue de presse | Scoop.it
Alors que la COP-21 voit sa préparation diplomatique s’intensifier, avec une mobilisation qui va jusqu’au Vatican, une curieuse dichotomie sépare le flux de rapports d'experts sur le futur des énergies, et donc sur notre futur climatique. Curieuse mais probablement révélatrice. (Cette note est une version longue et comprenant les liens avec les sources d'un article paru dans la rubrique Idées de Libération hier)

Il serait facile, mais trompeur, de les classer en optimistes et pessimistes. Parmi les premiers, se trouvent rien moins que la Banque Mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ou Nicholas Stern ancien vice-président de la Banque mondiale. Parmi les seconds l’EIA, l’Energy Information Administration, une structure gouvernementale des États-Unis. Le cabinet conseil Enerdata. Ou le Grantham institute de l’Imperial College de Londres. Que du respectable des deux côtés. Et pourtant les chants qu’ils entonnent détonnent tant ils se contredisent.

Les premiers nous racontent l’histoire d’une Humanité qui résout son problème climatique. Celui posé ainsi par les scientifiques : dépasser une élévation de 2°C de la température moyenne de la planète depuis la Révolution industrielle provoquerait une transformation trop violente et trop rapide de notre environnement pour que ses conséquences demeurent «gérables» par la technologie et l’organisation sociale. Un objectif traduit en tonnes de gaz à effet de serre à ne pas émettre, principalement le CO2 issu du carbone fossile - charbon, gaz et pétrole. Pour le respecter, il faudrait que les émissions mondiales soient diminuées d'environ la moitié d'ici 2050, ce qui suppose une chute drastique de 80% à la même date pour les pays anciennement industrialisés (Amérique du Nord, Europe, Japon pour l'essentiel).