« Glu royale », pour rester, dans sa jeunesse, pendue au plafond avec la gelée qui ne coule pas | Les abeilles font le buzz | Scoop.it
 

Par Alain Fraval. OPIE-Insectes. Les Épingles entomologiques - En épingle en 2018 : Mars

 

"Les larves des futures reines de l’Abeille domestique, alias mellifère, sont élevées à cette dignité et surtout à leur fonction de reproductrices par leurs nourrices qui les pourvoient, au-delà du 3e jour, en une alimentation spécialement riche, la gelée royale. Celle-ci est produite par deux organes pairs situés dans la tête des ouvrière, les glandes mandibulaires et les glandes hypopharyngiennes qui fournissent respectivement des acides gras (pH = 3,9) et des protéines principalement.
Ce qu’on a jusque-là beaucoup moins étudié, c’est la position particulière des futures reines. Les cellules royales, contrairement à celles du tout venant, sont grandes, verticales avec l’ouverture en bas. La larve puis la nymphe sont donc pendues au plafond. Elles sont pourtant dépourvues de tout système d’accrochage mais la gelée royale les retient.


Anja Buttstedt et ses collaborateurs de l’université de Dresde (Allemagne) ont vérifié que la gelée, dans la cellule, est très visqueuse et sert de colle pour retenir la larve. Pourtant, elle était liquide lors de leurs analyses (faites à pH 7). En conditions acides (pH = 4), celles de la nature, la protéine principale qui la compose (MRJP1) se polymérise avec l’apismine, autre protéine, en de longs filaments, qui donnent sa structure et sa fonction de glu à la gelée royale. Le mélange des sécrétions fluides des glandes et donc l’acidification se ferait à l’extérieur du corps de la nourrice, qui pourrait agir sur la qualité adhésive de la colle-aliment."


Article source (gratuit, en anglais)

 

How Honeybees Defy Gravity with Royal Jelly to Raise Queens: Current Biology, 15.03.2018
http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822%2818%2930207-0

 

Photo : une cellule royale.


Via Bernadette Cassel