Initiatives locales et paroles d'acteurs
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Scooped by Cap Métiers NA
May 11, 2023 7:58 AM
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Etudier près de chez soi, la solution campus connecté

Etudier près de chez soi, la solution campus connecté | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it

Autrefois, c’était l’ancienne maison du garde champêtre. Après restauration par la mairie de Saint Macaire (Gironde), elle héberge depuis 2 ans le « campus connecté » porté et animé par la mission emploi formation du Pôle Territorial Sud Gironde, un syndicat mixte réunissant plusieurs communautés de communes.

 

Le bâtiment comporte une salle spacieuse avec une grande table de travail, un équipement de visioconférence, une salle informatique, des espaces de travail. « C’est un lieu que nous avons voulu plaisant, accueillant et convivial », décrit Fiona Joseph, coordinatrice-tutrice. « Cette maison a vraiment une âme. Ce n'est pas juste une salle fonctionnelle et un peu impersonnelle. Les étudiants s’y sentent bien, c'est un peu leur deuxième maison. »

 

Les Campus Connectés sont des lieux d'études labellisés à l'échelle nationale par le ministère de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation. La France en compte aujourd’hui 86, dont 9 implantés en Nouvelle-Aquitaine. Ils sont majoritairement portés par des collectivités territoriales, mais peuvent aussi l’être par des structures associatives.

 

Leur rôle est d'accueillir et d'accompagner des étudiants de tous âges, aussi bien des jeunes en formation initiale, des primo étudiants qui viennent d'obtenir le bac, que des actifs en reprise d'études qui entament un nouveau parcours de formation à distance. Ils doivent respecter un cahier des charges, ainsi qu’établir un partenariat avec un établissement universitaire dit de proximité, qui n'est pas nécessairement celui auprès duquel les étudiants suivent leur formation. Pour le Campus Connecté du Sud Gironde, il s’agit de l’université de Bordeaux qui est partenaire de six Campus Connectés de la région.

 

Une autre vie étudiante

 

« Notre campus comporte 15 places, donc on est plutôt sur des micros effectifs. Bien évidemment, il s'agit d'une autre expérience étudiante que celle qu'on peut connaître sur un grand campus universitaire. Au sein d’un de nos groupes, il y a vraiment des profils très variés en âge, en parcours de vie, en formations suivies. Tout au long de l'année il peut y avoir des entrées et des sorties du dispositif, qui se veut très souple. Je pense que c'est ce qui fait son charme auprès des bénéficiaires, à savoir qu’il convient autant aux formations courtes, aux formations longues, qu'à celles qui se déroulent à cheval sur deux années universitaires, etc. »

 

Plusieurs éléments essentiels caractérisent un campus connecté. Il s’agit avant tout d’un site équipé et connecté, ouvert aux étudiants du territoire qui disposent ainsi d’un lieu où se rendre pour progresser dans leur formation à distance. Autre élément important, ils offrent un accompagnement individuel des étudiants, un tutorat qui peut prendre plusieurs formes, du coaching au conseil. Il ne s’agit pas nécessairement d’un accompagnement pédagogique, mais plutôt d'un soutien à l'étudiant et d'un accompagnement dans ses démarches tout au long de sa formation.

 

« La dernière dimension est la dynamique collective qui s’opère au sein des campus, et qui contribue à motiver les étudiants inscrits. On ne leur demande qu’une chose, être présents sur le site 12 heures minimum par semaine. Les étudiants n'arrivent pas toujours à respecter ces conditions, mais c'est l'engagement de départ. C’est nécessaire pour que je puisse faire mon travail de tutrice, que je puisse assurer le suivi individuel et que la notion de dynamique et d'animation collectives du campus prenne tout son sens. »

 

Les animations prennent des formes diverses, sur la base de thématiques. Par exemple, « bien s'informer, bien raisonner, bien parler, dans le monde d'aujourd'hui et de demain ». A cette occasion, des animateurs de Cap Sciences et l’association « les Débatteurs » ont effectué un travail avec les étudiants sur la prise de parole en public, l'éloquence, les présentations orales, etc. Pour sa part, l’association « IMS Project » (Informations pour le Monde Suivant) est venue inciter les étudiants à s’interroger sur la qualité de leurs sources d’informations.

 

Autre exemple avec un projet qui portait sur le thème « cultiver son bien-être ». Dans ce cadre, ont été organisés des ateliers yoga, des séances de basket, une randonnée culturelle pour aller à la découverte de Toulouse-Lautrec, enfant du pays, et une formation aux premiers secours dispensée par l'union départementale des sapeurs-pompiers. Ont également été organisées des visites d'entreprises, des rencontres avec des professionnels, avec le sous-préfet de l'arrondissement de Langon venu présenter l'organisation des compétences sur le territoire.

 

Répondre à un véritable besoin

 

Au regard des deux premières années du campus, il s’avère que la formation à distance répond effectivement à un besoin. « Je pense que beaucoup n'auraient pas envisagé de suivre des études s’ils ne pouvaient pas bénéficier de cette solution à distance. Pour certains, notamment les plus jeunes, les primo étudiants qui viennent d'obtenir le bac, il s'agit souvent d'un choix par défaut. Parfois, ils ne trouvent pas de place en présentiel à l'issue de la campagne Parcoursup. La limite, c’est que la formation à distance est une formule exigeante. Il faut être organisé, autonome, discipliné et régulier. C'est difficile à faire si on est tout seul. Le campus connecté offre justement ce cadre qui aide beaucoup à ne pas décrocher. »

 

Le Pôle Territorial Sud Gironde met à disposition une quinzaine d’ordinateurs portables financés par la Région Nouvelle-Aquitaine. Si la plupart des étudiants sont déjà bien équipés, ils peuvent s’en servir pour des besoins ponctuels, ou faire un emprunt pour la durée de leur formation. Le campus dispose également de moniteurs, de claviers et de souris, si les étudiants veulent se créer un poste de travail un peu plus confortable.

 

« Très tôt il y a eu un dialogue qui s'est mis en place avec les établissements, les lycées du territoire, publics et privés. Ce dialogue perdure. Chaque année, j'interviens dans les lycées pour faire connaître le dispositif. En revanche, nous sommes un peu surpris d’avoir relativement peu de primo étudiants, et plus d'actifs en reprise d'étude que ce à quoi on s'attendait. Ces derniers représentent presque 50% des adhésions. »

 

Pour la suite, le campus connecté aimerait accueillir davantage de personnes en formation professionnelle, pas seulement sur des formations diplômantes, mais aussi des formations certifiantes et professionnalisantes. Il pourrait accueillir des demandeurs d’emploi qui suivent une formation à distance dans le cadre de leur accompagnement par Pôle Emploi. Ce n’est pas le public envisagé au départ, mais qui pourrait être plus nombreux dans les années à venir.

 

En Sud Gironde, le Pôle Territorial envisage de déployer le dispositif. Une nouvelle antenne ouvrira ses portes à La Réole en septembre prochain. A terme, une troisième antenne devrait voir le jour à Bazas. La volonté est de multiplier les lieux pour que les résidents du Sud Gironde puissent avoir accès au dispositif au plus près de chez eux.

 

« Ce qui est formidable avec le campus connecté, c'est qu’il suscite tout un maillage autour de lui, un réseau d'intervenants vers lesquels il est facile de se tourner pour parler mobilité, service civique, travail à temps partiel… Au-delà de la mission d'accompagnement en termes de tutorat, ce qu'on apporte aux étudiants est bien plus large. Nous créons les conditions de mise en relation avec tout un ensemble d'acteurs du territoire, un accompagnement qui va bien plus loin que celui d’un tuteur dans l'enseignement supérieur. »

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March 15, 2023 10:28 AM
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Quand les étudiants parlent aux collégiens

Quand les étudiants parlent aux collégiens | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it

La mission principale de L’AFEV est de permettre à des jeunes étudiants de s'investir dans la lutte contre les inégalités éducatives. Depuis 30 ans, l’association mène diverses actions comme le mentorat par des étudiants qui consacrent bénévolement 2 heures par semaine auprès d'un enfant pour ouvrir ses perspectives culturelles, ou les colocations solidaires dans les quartiers afin d’y développer le lien social. Autre aspect, permettre à des jeunes de s'engager, notamment en service civique et de participer à son projet associatif.

 

Le projet Démocampus, qui a débuté à Bordeaux en 2019, s’inscrit dans cette logique de lutte contre le déterminisme social. « Sur cette thématique, travailler autour de l'orientation nous a paru très important », explique Hélène Bananas, chargée de développement. « On sait que seuls 10% des enfants d'ouvriers vont à l'université. On voit vraiment clairement qu'il y a un phénomène de reproduction sociale. C'est difficile de se projeter dans des études supérieures pour quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler, qui n'a pas d'exemples dans son environnement socio familial. L'origine sociale d'un jeune, demeure un facteur déterminant de son parcours d'orientation. »

 

La démarche consiste à mobiliser des jeunes volontaires en service civique pour qu’ils témoignent auprès d'enfants issus de quartiers prioritaires, dans le but d’élever le niveau de leurs aspirations. Des binômes de volontaires interviennent dans les classes de 4e et 3e d’une dizaine de collèges de la métropole bordelaise, pour leur parler du lycée, des études supérieures, de la vie étudiante. « Nous ne sommes pas conseiller d'orientation et ça n’est pas notre métier, » précise Elina Burlot, étudiante volontaire. « Mais on peut quand même leur donner le vocabulaire, leur ouvrir un peu la porte pour leur dire ce qui existe. Et que s’ils sont intéressés, il y a plein de manières d'avoir des infos. »

 

Matière études supérieures

 

Ces interventions ne sont pas optionnelles pour les collégiens afin de donner à tous et toutes le même niveau d'information. Tous les élèves participent à 4 ateliers d’une durée de 2 heures à une demi-journée, sur les heures de classe. Pour les établissements et les enseignants, cela représente un certain investissement, 6 heures et une demi-journée prises sur les cours.

 

Le premier atelier est celui de la prise de contact avec les collégiens. Les animateurs leur proposent un questionnaire pour évaluer leurs connaissances, faire l'état des lieux de leurs préjugés et les pousser à les questionner.  On leur parle du lycée, des études supérieures, des filières. Le débat qui suit porte sur des questions générales « est-ce qu'il faut être un bon élève pour réussir dans la vie ? » « Faut-il faire des études pour être heureux ? ». Le but est de montrer que l'orientation n'est pas seulement un choix de filières, et même de métier, mais que d'autres facteurs doivent être pris en compte, comme la famille, l'endroit où l’on vit, etc. « On ne veut pas se positionner en profs, on n'est pas là pour leur dire asseyez-vous et écoutez, nous on connaît plein de choses et on va tout vous dire. Simplement, on leur apporte un vocabulaire, des connaissances qu’ils n’ont pas, parce que on est un peu plus loin dans les études. On témoigne de notre expérience qui pourra éventuellement se révéler inspirante, éclairante ou rassurante pour les collégiens. » 

 

Le 2e atelier est centré sur les témoignages d’autres étudiants qui viennent leur présenter leur parcours du collège à l'université, y compris les difficultés qu’ils ont rencontrées, les doutes. Ils leur parlent également de questions pratiques, la gestion d’un budget, les courses, les lessives, tous éléments qui peuvent être sources d’inquiétude. On essaie de dédramatiser, de leur montrer qu'il y a plein de champs possibles. Et qu'on peut changer d'avis, il y a plein de passerelles, pas que des parcours linéaires.

 

Le 3e atelier, c’est la découverte de l’environnement universitaire, avec visite du campus de l’Université Bordeaux Montaigne. Ils assistent à un cours en amphithéâtre, visitent la bibliothèque, le restaurant. Tous les éléments qu'ils connaissent au collège, on les retrouve sur le campus, mais en plus grands.

 

Le 4e et dernier atelier est consacré au lycée, à ce qui est le plus proche d'eux. Dans le cadre d’un jeu, ils reçoivent une carte avec un personnage qui a un projet professionnel. Leur but est de créer le parcours de ce personnage à partir de la classe de 3e, en choisissant ses études, ses activités extra-scolaires. « On veut leur montrer que tous les parcours sont possibles, que deux personnes qui suivent le même parcours n’auront pas forcément les mêmes compétences. On veut aussi casser les hiérarchies entre les filières. Si on a une idée de métier en tête, peut être que c’est la filière professionnelle qui est la meilleure voie à emprunter. Certains préjugés sont portés autant par les familles que par le système scolaire.»

 

Démocampus ne cherche pas à se substituer aux professionnels de l’orientation, mais cherche à ouvrir le champ des possibles aux jeunes. Selon Elina, « au début de l'atelier ils nous voient comme des adultes. À la fin de l'atelier, ils nous voient beaucoup plus comme des pairs. C’est quelque chose qui nous permet d'aller beaucoup plus profondément dans le témoignage. On n'a pas oublié ce que c'était d’être collégien, on l’était il n’y a pas si longtemps. Du coup, le contact passe bien. »

 

Se poser les bonnes questions

 

En résumé, les ateliers visent à lever les freins d’autocensure, à informer les collégiens de ce qui existe, à leur dire que tout leur est accessible. Et que si, à 22 ans, un étudiant ne sait pas forcément encore ce qu’il veut faire, qu’il peut changer d’avis, passer d’une filière à une autre, à 14 ans, eux ont tout leur temps pour se décider. "Mais l'important est de démarrer les réflexions et les recherches dès maintenant, car un projet d'orientation et d'insertion professionnelle se construit patiemment et sur le long terme. Souvent, quand on leur parle d'orientation, ils pensent métier. Mais les autres questions à se poser c'est aussi qui vous voulez être ? Qu'est-ce que vous voulez devenir ? Où voulez-vous habiter ? Est-ce que vous voulez aller étudier à l'étranger ? ça leur parle beaucoup. »

 

« Ce qui continue à me surprendre, alors que voilà 10 ans que je travaille dans l'éducation populaire, c'est la force de ces outils. Quand on leur donne la parole, les élèves débattent de manière passionnée, sur ce que veut dire « faire des études » et même sur ce qu’est le bonheur. Souvent ils arrivent à la conclusion que dès qu'on s'investit dans l'apprentissage de quelque chose, on étudie. Que la vie n'est qu’apprentissages, et que chacun trouvera la réponse qui lui convient. »

 

Chaque année, les volontaires sont encouragés à enrichir le projet, apporter de nouveaux outils ou les faire évoluer. Démocampus repose également sur la confiance faite aux volontaires que l’AFEV considère comme des experts de ces thématiques, de par leur expérience. Pour Elina, « l’image du passage de flambeau plaît bien à l’équipe. On entretient la flamme, puis on la passe à d’autres volontaires, d'année en année. Avec la petite graine que nous on a mise. »

 

Pour l’avenir, l’ambition de Démocampus est de toucher plus de collégiens. Et à court terme, de s’adresser plus aux familles, qui jouent un véritable rôle dans l’orientation. Pour les parents, les interventions se font aussi en collège, le soir, sur le même modèle qu’avec les jeunes : informations, travail en petits groupes, échanges avec les volontaires étudiants. L'idée générale est de faire parler les parents entre eux parce que, eux aussi, peuvent être assez stressés par rapport à l’orientation, et notamment aux réformes.

 

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