Des langues de spécialité aux documents multimodaux | French law for non french-speaking patrons - Legal translation tools | Scoop.it
La linguistique appliquée s’est soucié, depuis au moins les années 1970, de traiter ce qu’on appelait alors les langues de spécialité (LSP) – manière de référer aux emplois des langues liés à des savoirs et savoir-faire de domaine d’activité et donc de viser à l’efficacité communicationnelle. Cependant l’objet LSP est resté vague et diverses appellations ont vite pris le relais, sans nécessairement mieux préciser les enjeux à l’œuvre (enjeux conceptuels, pédagogiques, communicationnels, sociologiques). L’article se développe en deux temps. Dans un premier temps, on essaie de saisir les multiples étiquettes en anglais et en français, leurs ambitions et leurs ambiguïtés, et pourquoi la notion de langue a fait place peu à peu à celle de discours entre divers acteurs sociaux aux statuts et aux connaissances différenciés. Ce qui nous amène à préciser le concept d’expertise et aussi à mesurer l’impact de la vulgarisation. Dans un second temps, on tente d’appréhender certaines forces qui devaient transformer notre perception des LSP, notamment la rédaction technique, la traduction notamment dite spécialisée, les notions de genre et d’éditologie. Sans oublier les conséquences de la numérisation sur notre conception du texte. La mise en perspective des 50 dernières années permet de relever les défis posés à diverses disciplines par les LSP pour déboucher sur ce qu’on appelle désormais l’écriture professionnelle.