Féminisation du langage
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La langue française serait-elle misogyne ?

La langue française serait-elle misogyne ? | Féminisation du langage | Scoop.it
La règle grammaticale selon laquelle le masculin l’emporte sur le féminin doit-elle être modifiée ? C'est le nouveau combat de certaines associations.
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Langue-fr

TL ECJS's insight:

Alain Rey

Refuser les changements, c’est préparer une somptueuse agonie à la manière latine : les accepter sans règle, c’est tolérer l’éclatement – géographique et social. [...] Le français est une langue en danger, une langue vivante. (Dictionnaire historique de la langue française)

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Le lien entre le langage, le genre et le corps

Le lien entre le langage, le genre et le corps | Féminisation du langage | Scoop.it
Sociolinguiste et maître de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, Luca Greco s’intéresse à la relation entre langage, genre et corps en déclinant approches ethnographiques, interactionnelles et théories queer. Ses recherches portent sur les pratiques de catégorisation, de présentation de soi et d’incorporation genrées. Par ses travaux et par la création du Réseau Genre et langage avec Maria Candea (Paris III), il a largement contribué à instaurer les études linguistiques sur le genre en France. Entretien.

Nonfiction.fr - Quel lien existe-t-il entre langage et genre ?
Luca Greco - Tout d’abord, je dirais que c’est grâce au langage que nous nous constituons et sommes constitué-e-s en tant que sujets, et ainsi en tant que sujets genré-e-s. Par ailleurs, je tiens à préciser que le langage n’est pas logocentrique – il ne s’arrête pas à la parole, au verbal. Au contraire, j’ai une vision holistique du langage dans laquelle plusieurs dimensions cohabitent et sont constitutives l’une de l’autre : le verbal (la parole), le non-verbal (visuel, postural, gestuel, etc.) et le matériel (l’espace, les objets, etc.). Tout cela permet de produire du sens et ainsi de construire – ou de déconstruire – une réalité genrée ; une réalité dans laquelle il existe des femmes, des hommes, des personnes trans et intersexes, des femelles, des mâles, des corps de femme, des corps d’homme, etc. Quand le médecin ou la sage-femme disent en regardant l'échographie "c'est un garçon" ou "c'est une fille", ils énoncent et, ainsi, produisent une réalité anatomique qui déclenche des attentes normatives et des trajectoires d’actions possibles (choix du prénom, de la couleur de la chambre, des vêtements, etc.). C’est donc grâce au langage que l’enfant est constitué-e en tant que sujet genré-e, et c’est toujours par et dans le langage qu’une lecture normée de l’intelligibilité des corps est effectuée. Si d’une part, je rejoins Judith Butler, pour dire que le genre est un dispositif de construction et de déconstruction des masculinités, des féminités et des corps, d’autre part, j’ajouterais que ce dispositif est avant tout un dispositif langagier, multisémiotique (verbal, non verbal, artefactuel, spatial). Ceci étant dit, il faudrait ajouter que le lien entre langage et genre n’est pas aussi direct que ce que l’on pourrait croire. Ce n’est pas uniquement par la mobilisation d’un répertoire multisémiotique que le genre se construit ou se déconstruit. Ce lien est assuré, médiatisé, par un ensemble de postures, d’idéologies, transmises culturellement et auxquelles nous avons été socialisé-e-s depuis notre enfance, selon lesquelles on associe une façon de parler à un genre. C’est par ailleurs par cela que l’on catégorise des façons de parler comme étant " féminines" ou "masculines" et que les stéréotypes de genre sont véhiculés et qu’ils s’installent dans nos sociétés.

Nonfiction.fr - Que pourrait apporter une prise en compte du langage aux études sur le genre ?
Luca Greco - Bien que nous retrouvions des approches théoriques et des postures épistémologiques profondément différentes, je trouve que, malgré cette hétérogénéité, il y a dans ce qu’on pourrait appeler " les études sur le genre ", mais aussi dans " les études queer ", un manque terrible d’empirie, de terrain. Or, il me semble qu’une attention aux pratiques langagières permettrait justement d’apporter des données à ces travaux et de sortir le langage de l’évocation pour en faire un véritable objet d’étude. Alors que l’on reconnaît dans le langage un espace pour la construction et la déconstruction du genre, des sexualités et des sexes, il manque en France à l’heure actuelle ce qui existe depuis quarante ans aux États-Unis, à savoir, un courant qui rende compte de l’articulation entre genre, sexualités et langage : les Gender and Language Studies. En France, comme c’est souvent le cas, nous avons un retard terrible, exception faite des travaux de Claire Michard , qui ont vite été marginalisés dans l’espace académique, ou des travaux sur la féminisation des noms de métier d’Anne-Marie Houdebine , et les recherches de Marina Yaguello qui ont contribué à faire passer ce genre d’études en France et qui proposent pour les groupes dominés une action volontariste sur la langue. Dans les autres pays francophones, si l’on pense à des pays comme la Suisse ou la Belgique, il y a des chercheur-e-s qui s’intéressent à ces questions mais ils sont elles-eux aussi extrêmement isolé-e-s. Au Québec, la situation est un peu différente car il y a eu les travaux de Normand Labrie qui a été un vrai pionnier dans l’étude des relations entre codeswitching (la pratique qui consiste à passer d’une langue à l’autre), migration et sexualité et qui a su s’entourer de tout un groupe de chercheur-e-s travaillant sur ces questions. Par ailleurs, je voudrais signaler la publication d’un livre qui vient de sortir et qui a été édité par Alexandre Duchêne (université de Fribourg en Suisse) et Claudine Moïse (université de Grenoble), intitulé Langage, genre et sexualité ainsi celui que je viens de publier avec Natacha Chetcuti La face cachée du genre. Langage et pouvoir des normes.

Nonfiction.fr - Comment les études linguistiques sur le genre ont-elles évolué depuis leurs débuts ?
Luca Greco - Les études linguistiques sur le genre ont vraiment commencé avec les travaux de Robin Lakoff dans les années 1970 aux États-Unis à l’université de Berkeley. Depuis, il y a eu un grand nombre de travaux qui se sont inscrits dans plusieurs paradigmes successifs. Il y a eu le paradigme de la dominance, initié par Robin Lakoff et prolongé par Dale Spender , qui était très marqué par le féminisme de la deuxième vague et qui postulait que la langue participait à produire et à reproduire l'hétéro-patriarcat et ainsi la domination des femmes par les hommes. Ce sont des travaux qui ont surtout porté sur le lexique, la syntaxe et la pragmatique Pour être clair, je préciserai que par hétéro patriarcat, j’entends un système politique qui repose sur les fondements suivants : le caractère " allant de soi " de l’hétérosexualité, une congruence entre sexe et genre et la domination des femmes par les hommes.
Ensuite, il y a eu le paradigme de la différence, dont les débuts ont été marqués par les travaux de Deborah Tannen , qui présentait les femmes et les hommes comme faisant partie de deux communautés linguistiques différentes. Dans cette perspective, les femmes et les hommes développent – grâce à des procédés de socialisation transmis depuis l’enfance – des styles conversationnels distincts. Dans ces travaux, on trouve des analyses extrêmement détaillées sur la façon dont les hommes interrompent les femmes dans la conversation, comment celles-ci ont du mal à développer des réponses et à alimenter un thème, etc. Le problème de ces travaux est qu’ils reposent sur une vision essentialiste des sexes et des genres et qu’ils ne montrent pas comment s’articulent différence et dominance. En France, si le premier paradigme est représenté par les travaux de Claire Michard, le deuxième pourrait être représenté par les recherches de Luce Irigaray. Tout en lui reconnaissant une place importante dans le champ, je n’ai jamais été d’accord avec elle quant à la différence sexuelle comme à quelque chose d’absolument nécessaire pour le maintien de notre espèce . Parfois, j’ai eu l’impression en la lisant qu’à force de défendre la différence sexuelle elle prêtait le flanc au sexisme. On pourrait également citer les travaux de Sophie Bailly qui propose la notion de " sexotypes " pour dire qu’en effet il n’y a pas un " parler masculin " ou un " parler féminin " mais qu’il y a plutôt des stéréotypes concernant les styles communicatifs des hommes et des femmes : les femmes seraient plus conciliantes alors que les hommes auraient un style plus compétitif, les femmes éviteraient les conflits, alors que les hommes auraient la tendance à imposer leur point de vue. Et enfin, il y a eu le paradigme de la performance très influencé par le féminisme de la troisième vague de Judith Butler, de Teresa Lauretis et d’Eve Kosofsky Sedgwick, mais aussi par des auteurs comme Gloria Anzaldua, Donna Haraway et d’autres. Ce troisième paradigme, notamment à travers les travaux de Deborah Cameron et Don Kulick , Mary Bucholtz et Kira Hall , repensait les identités comme performatives et émergeant dans et à travers des pratiques langagières situées. Ce paradigme a le mérite d’avoir interrogé définitivement les catégories de genre, de sexe et de sexualité et d’avoir pris comme objets d’étude la construction et la déconstruction discursives de la binarité.
Aujourd’hui, il me semble que dans le domaine, des études linguistiques sur le genre, l’on assiste à un intérêt grandissant pour les questions d'intersectionnalité, notamment avec les travaux de Norma Mendoza-Denton sur la race, à une focalisation sur les relations entre globalisation et sexualité, par exemple dans les travaux de Niko Besnier (2003) et de William Leap (2010), et enfin à une orientation vers le corps grâce aux travaux pionniers de Marjorie Harness Goodwin

Nonfiction.fr - Dans vos travaux, le corps constitue une question centrale. Comment vos terrains vous ont-ils permis de l’aborder ?
Luca Greco - Le terrain sur les Drag Kings que j’ai commencé en 2008 à Bruxelles m’a permis d’engager une réflexion sur le corps qui m’a mené à plusieurs conclusions.
Premièrement, j’ai pu ainsi aller au-delà d'une conception du corps comme constitué uniquement d’une enveloppe somatique. Le corps ne s'arrête pas à l'enveloppe somatique mais, au contraire, il la dépasse. Je dirais que le corps est indissociable de ce qui lui est incorporé. Donc on pourrait dire que tout ce que l’on ajoute au corps – les objets, les vêtements, les prothèses, etc. – est le corps. C’est la thèse de l’incorporation.
Deuxièmement, ce terrain m'a permis de repenser la dimension individuelle du corps. Quand on parle du corps, il n'y a pas seulement un seul corps. On est, comme le disait Merleau-Ponty, tout le temps dans une intercorporéité. Lorsque les Drag Kings se maquillent et fabriquent un personnage, autrement dit, lorsqu’yels ) "se kinguent" , pendant la durée d’un atelier ou d’un spectacle, yels ne le font pas seulEs. Yels le font avec les autres. Donc, de ce point de vue-là, lorsqu'on construit un corps King, on le construit grâce aux et avec les autres.
Troisièmement, j’ai pu remarquer que lorsqu’on construit un corps, on mobilise aussi d'autres corps, d'autres pratiques, d'autres modèles qui nous ont préexisté et qui font ainsi partie d'un répertoire de corps, de pratiques et de modèles. Un corps fait donc toujours référence et renvoie à d'autres corps l'ayant précédé. Mais je vais plus loin encore, en disant que, par ce que j’appelle l’intercorporalité, les pratiques corporelles ne font pas uniquement référence à quelque chose qui les précède mais qu’elles ont également la capacité de produire des nouveaux corps, de préfigurer des corps à venir, des corps possibles. Donc en ces sens, l’intercorporalité est à la fois un concept qui prend en compte les dimensions interactionnelle, multisémiotique, temporelle et politique des corps.

Nonfiction.fr - Dans quelle mesure vos terrains vous ont-ils permis d’étudier la relation entre langage et normes ?
Luca Greco - Il faut dire que pour les deux communautés avec lesquelles j’ai travaillé, les homoparents et les Drag Kings, le langage et la langue sont posés comme une préoccupation constante.
Pour les homoparents, le langage est une question cruciale puisque la construction d'un projet de famille ne peut faire l'économie d'une négociation autour des termes de parenté. Les termes de parenté sont aussi bien des catégories linguistiques pour le/la chercheur-e que des outils permettant aux actrices et acteurs sociaux de se construire, de planifier, de penser un projet etc. Lors de mon terrain sur les homoparents, j’avais été impressionné par le nombre de réflexions sur le langage que le désir de paternité ou de maternité amenait avec lui. L’une des questions récurrentes était celle des termes à utiliser pour désigner les deux parents. Peut-on pour le parent social user du terme de "père" ou de "mère" ou faut-il réserver ces termes à la désignation du parent biologique ? Ce terrain m’a amené à penser qu’en s'interdisant d'utiliser des termes comme "père" ou "mère" pour nommer le parent social, les homoparents reproduisaient le binarisme parent biologique/parent social et, de cette manière, le primat du biologique sur le social.
Pour les Drag Kings avec qui j’ai travaillé, les choses sont quelque peu différentes. Ces derniers, par le biais de l’association "Genres pluriels", sont engagés dans un projet de construction d'une nouvelle langue qui neutralise la binarité femme/homme. Cette neutralisation, que j’utilise aussi dans certains de mes textes, est accomplie par l’utilisation de nouvelles formes pronominales telles que " yel" à la place de elle/il, ou "toustes" à la place de toutes/tous. Nous sommes, grâce à ce travail qui est fait sur les formes linguistiques, dans une réelle démarche de questionnement, voire de déconstruction, des normes.

Nonfiction.fr - Comment les pratiques des Drag Kings permettent-elles de révéler ce que vous appelez "le caractère artificiel, construit d’une naturalité masculine" ?
Luca Greco - Tout d’abord, les pratiques King montrent bien que la masculinité n'appartient pas à ceux qu'on peut appeler les "bio-mecs", mais qu’elle est quelque chose que chaque personne peut s'approprier. Ensuite, lorsqu'on se kingue, on questionne ce qu'on appelle communément le " travestissement".
Dans une conception "classique" du travestissement, on part du présupposé qu'il y a une base féminine ou masculine qui est donnée par l'enveloppe somatique. Et sur cette base sont ajoutées de nouvelles couches de masculinité ou de féminité. C'est une vision qui va de pair avec une idée du subterfuge selon laquelle, derrière les couches ajoutées, on présuppose un corps – un corps qui est fantasmé comme étant le corps "vrai". En revanche, les pratiques de kinging permettent de penser le corps non pas comme une base sur laquelle on ajoute des couches, mais comme un ensemble multisémiotique, interactionnel et historique qui n’est formé que de couches de masculinité, de féminité, etc.
Dans les pratiques de kinging, ce sont les couches qui sont multipliées jusqu’à ce qu’on s’y noie. Lorsque j’ai pu assister à des performances de Drag King à New York, j’ai pu voir – à côté des performances classiques où l’on assiste, par exemple. à la mise en scène de l’homme d’affaire blanc – des performances dans lesquelles le spectateur ne savait plus qui performe qui et quoi. On n'est donc plus dans la vérité des corps mais dans la production de dissonances corporelles, de "piratage des codes".

Nonfiction.fr - Où en sont les études linguistiques sur le genre en France aujourd’hui ?
Luca Greco - Bien que ces dernières années, les travaux autour de questions de genre ont commencé à se multiplier dans toutes les sciences humaines et sociales, je me suis rendu compte que ces questions n’étaient que très peu évoquées dans les travaux en sciences du langage en France. Et les quelques travaux existants ne se positionnaient pas comme relevant d’un domaine spécifique, tels les Gender and Language Studies aux États-Unis. C’est pour cette raison que Maria Candea et moi avons eu l'idée de créer le Réseau Genre et Langage . En créant ce réseau, nous voulions rassembler les chercheur-e-s qui travaillent à l’interface entre langage et genre et ainsi instaurer le champ des études linguistiques sur le genre en France. Le Réseau Genre et Langage offre un espace de recherche et de réflexion pour penser les articulations possibles entre genre et langage, entre théories féministes et linguistiques#nf#

* Aron Arnold

* Bibliographie sélective de Luca Greco :
CHETCUTI, N., GRECO, L. (eds), La face cachée du genre. Langage et pouvoir des normes, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2012.
GRECO, L., "Exhumer le corps du placard : pour une linguistique queer", in W. Spurlin, A. Tomiche, P. Zoberman (eds.), Ecritures du corps. Nouvelles perspectives, Paris, Garnier à paraître en 2012.


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Différence entre les langues

From : Wikipedia - Langage non sexiste

 

La Féminisation du langage

TL ECJS's insight:

Allemand

 

Le débat sur la féminisation de la langue est assez fort dans les pays germanophones, en particulier dans les milieux de gauche. Ainsi, bien qu'on puisse en allemand obtenir le féminin d'un nom en y ajoutant le suffixe -in, il existe des mots qui font exception et pour lesquels le féminin est peu usité, ou assez récent. Par ailleurs, comme en français, le masculin peut servir de forme générique au pluriel. C'est notamment l'aspect le plus critiqué par les partisans d'un langage féministe. Il est ainsi devenu relativement fréquent d'utiliser un pluriel en -Innen (Binnen-I), c'est-à-dire le pluriel féminin, mais avec une majuscule afin d'indiquer qu'il s'agit d'un pluriel mixte (die StudentInnen, die KollegInnen, etc.). On utilise aussi les formes /innen (die Student/innen, die Kolleg/innen, etc.) ou _innen (die Student_innen, die Kolleg_innen, etc.). On peut également remplacer certains mots par d'autres jugés plus neutres, notamment des participes employés comme substantifs (die Studierende, participe présent de étudier) ou des termes tels que « Lehrkraft » (personnel enseignant). De façon extrêmement marginale, on remplace parfois "man" (on) par "mensch" ou "frau", formés à partir de "Mensch" (humain) et "Frau" (femme), à cause de la similitude entre "man" (on) et "Mann" (homme masculin)1.

 

 

Anglais

 

L'anglais apparaît être relativement neutre du point de vue de l'usage grammatical des genres. Il y a une exception notable, pour les bateaux et autres navires (en anglais ship) qui prennent quelquefois un pronom personnel féminin, she, comme pour une personne. Sinon, la langue comprend 3 genres, féminin, masculin et neutre, les deux premiers étant en principe utilisés pour désigner uniquement des personnes (éventuellement des animaux familiers) du sexe correspondant, le dernier est utilisé pour les choses. Les pronoms personnels correspondants pour la troisième personne du singulier sont he pour le masculin, she pour le féminin, it pour le neutre. Cependant on voit apparaître un they singulier dont la fonction est de désigner une personne dont on ignore le sexe.

Le mot man, qui signifiait simplement à l'origine « être humain », est à la base de mankind signifiant « humanité ». S'il s'est spécialisé par la suite pour signifier « homme » (être humain masculin), il reste utilisé de nos jours dans ce sens. Il y a donc la même ambivalence qu'en français avec le mot homme, un terme signifiant aussi tantôt un être humain masculin, tantôt l'humanité dans son ensemble2 (voir la partie de l'article évoquant la langue française). Le terme woman « femme » provient de l’anglo-saxon wīfmann, composé de wīf « femme » et mann « être humain ».

L'anglais dispose par ailleurs du terme asexué sibling, signifiant « frère ou sœur », qui n'a pas d'équivalent direct en français.

Aux États-Unis, le poids du politiquement correct incite certains auteurs à employer le féminin à propos d'une personne dont le sexe est indéterminé dans le contexte (le lecteur ou la lectrice, un auteur quelconque hypothétique, etc.) :

EX : When you find value assumptions, you know pretty well what a writer or speaker wants the world to be like – what goals she thinks are most important ; but you do not know what she takes for granted (...)3

En plus, aux États-Unis on dit souvent he or she « il ou elle » et on écrit souvent he or she, (s)he, ou s/he lorsque le sexe de l'individu n'est pas connu.

 

 

Espéranto

 

En espéranto, le genre grammatical n'existe pas4. L'indication de sexe féminin des noms animés, dont la forme canonique est sémantiquement neutre, se forme par l'ajout du suffixe -in- 5 : hundo (chien, en général) → hundino (chienne).

Cette non-symétrie pour le traitement des sexes est moins nette en ce qui concerne les pronoms personnels de la troisième personne du singulier, qui utilise "li" (m) parallèlement à un "ŝi" (f), plutôt systématique quand il s'agit d'humains, mais tout à fait possible pour des animaux, dès lors que le sexe est signifiant. Bien que rarement employé, on note cependant l'existence d'un pronom neutre : "ŝli". Le pluriel unique "ili" indépendant du sexe semble "sexiste" parce que formé sur "li", mais un "iĝi" formé sur "ĝi", aurait provoqué une collision redoutable avec "iĝi" (devenir).

Il existe également un radical, -vir-, qui désigne explicitement la masculinité, le plus souvent pour sa qualité de reproducteur. En tant que préfixe, il ne s'utilise en principe que pour les animaux ; ainsi virhundo désigne un chien mâle. Le même radical vir est utilisé dans le substantif viro (homme, mâle) et dans son féminin virino (femme), qui en constitue l'usage le plus singulier : vir- homme (mâle) + -in- marque du féminin + -o : marque du substantif.

Certains utilisent aussi le suffixe -in- après des noms de professions : instruisto (enseignant) → instruistino (enseignante). Bien que cette forme soit grammaticalement correcte, elle est souvent sémantiquement redondante, et est surtout le fait d'espérantophones dont la langue natale possède cette asymétrie (langues latines, allemand par exemple) et qui en importent cet usage. En effet, la forme normale devrait être Ŝi estas instruisto, les substantifs de professions comme la plupart des substantifs étant sémantiquement neutres en espéranto.

L'idée d'introduire en espéranto un suffixe symétrique à -in- pour marquer le masculin a été proposé. Le suffixe le plus couramment cité est -iĉ-6, sur le modèle : hundo (chien en tant que nom générique), hundino (chienne), hundiĉo (chien mâle). Toutefois l'usage du suffixe -iĉ- par les espérantophones reste peu fréquent.

 

 

Ido

 

L'ido utilise le suffixe -in- pour marquer le féminin, et -ul- pour le masculin, avec par exemple : frato (frère ou sœur), fratino (sœur), fratulo (frère).

 

 

Français

 

Plusieurs pratiques de langage « non sexiste » existent en langue française :

l'emploi de parenthèses : « musicien(ne) ». Les parenthèses peuvent être également utilisées pour noter un pluriel facultatif : « le(s) musicien(ne)(s) ». Cette pratique est cependant rejetée par certains courants féministes, car elle met le féminin « entre parenthèses » et le rend donc moins important.l'emploi du trait d'union et de sa forte symbolique unioniste : « musicien-ne-s », « motivé-e-s », et même l'article « un-e ».l'emploi du point médian, semblable au trait d'union mais plus discret : « musicien·ne·s », « motivé·e·s »la terminaison à deux genres : « acteurs/trices » ou « acteurs-trices »l'emploi du E majuscule : « motivéEs »... Cette forme est fréquemment utilisée en allemand.la création de mots trans-sexes : « Illes » ou « els » pour « Ils et elles », « celleux » ou « ceulles » pour « celles et ceux », « chanteureuses » ou « chanteuseurs » pour chanteurs et chanteuses.l'emploi de termes épicènes, c'est-à-dire communs aux deux genres : parler de « personnes » plutôt que d'« individus » (ou d'« individu-e-s ») au risque du changement de sens ; ainsi politiquement la personne n’est pas équivalente à l’individu. On notera toutefois que personne, bien qu'il soit féminin, peut être employé pour des personnes masculines tandis que le substantif individu est masculin (le substantif individue n'est pas correct) et, d'après le Trésor de la Langue Française informatisé, ne peut pas être utilisé pour désigner une personne féminine : « Sauf possibilité au pluriel (individus des deux sexes) et sans nuance péjorative, on ne relève pas, dans notre documentation, d'emploi de individu pour désigner une femme ».

Il existe également un débat chez certaines féministes quant à la Règle de proximité, qui consiste à accorder le genre et le nombre de l'adjectif avec celui du plus proche des noms qu'il qualifie, et le verbe avec le plus proche de ses sujets. L'accord actuel pour lequel le genre non marqué (semblable au masculin) prévaut est considéré comme une marque de domination masculine7.

 

En France

 

Un certain nombre de pratiques (non officielles) visent le langage sexiste en France. Il s'agit d'introduire des apports linguistiques novateurs, essentiellement (pour l'instant) lorsqu'on parle d'un groupe de personnes composé d'individus indifférenciés ou des deux sexes.

Le gouvernement s'exprime en 1984 en faveur de « la féminisation des titres et fonctions et, d’une manière générale, le vocabulaire concernant les activités des femmes », l'Académie française s'oppose à cette tendance en 1984 puis en 20028.

En politique, le souvenir de l'adresse célèbre « Françaises, Français ! » des débuts des discours du Général de Gaulle9, parfois dénoncée comme une absurdité grammaticale, raillée par Pierre Desproges dans Le Tribunal des flagrants délires (« Françaises, Français. Belges, Belges. »)10, et habilement remplacée par la suite par l'expression « Mes chers compatriotes », reste vivace de nos jours au travers des innombrables « Les Françaises et les Français » qui continuent à émailler les discours des personnalités politiques de tout bord11.

Par ailleurs, le terme « mademoiselle » (qui remplace « madame » pour les femmes non mariées) a été supprimé des adresses des formulaires et courriers administratifs français le 21 février 2012 sous l'impulsion de Roselyne Bachelot, par la circulaire n° 5575 (qui supprime l'utilisation des termes Mademoiselle, nom de jeune fille, nom patronymique, nom d'épouse et nom d'époux des formulaires et correspondances des administrations12). Les défenseurs de ce terme arguaient qu'il était utile à l'administration pour savoir si le nom qui suivait était susceptible de changer (la femme prenant traditionnellement le nom de son mari en France) ; cependant l'évolution moderne du droit des familles (divorces, mariage homosexuel, possibilité pour les femmes de conserver leur nom de naissance dans le mariage depuis 2002) a largement affaibli

ce prétexte.

 

 

En Suisse

 

Le courant prônant l'emploi d'un « langage épicène » (expression souvent employée en Suisse) a atteint les sphères officielles dès la fin du XXe siècle, à la suite de la parution dès 1994 des ouvrages spécialisés de Thérèse Moreau s'adressant aux écoles, aux métiers, puis aux administrations (voir la bibliographie). La Chancellerie fédérale publie en 2000 un « Guide de formulation non sexiste des textes administratifs et législatifs de la Confédération »13. Les administrations cantonales, les Hautes écoles, publient leurs propres recommandations

 

 

Tchèque

 

Le nom de famille d'une femme se met au féminin, Jana Tichá porte le même patronyme que Miloš Tichý. Dans le cas présent, tichý est un adjectif et la forme féminine de cet adjectif est tichá. Quand le nom de famille est un substantif, il est le plus souvent dérivé du masculin par l'ajout de « —ová » : Eva Romanová est la sœur de Pavel Roman. La forme « —ová » désigne un adjectif d'appartenance et implique, au grand dam des féministes, l'idée de possession (Madame Nováková est littéralement l'épouse ou la fille de Monsieur Novák).

Jusqu'à il y a peu, cette forme était obligatoire, imposée par la loi tchécoslovaque puis tchèque. Plus que sexiste, on peut voir dans cette obligation une mesure vexatoire envers les minorités linguistiques, forcées d'adopter les usages slaves. Désormais, l'épouse tchèque d'un ressortissant étranger ou d'un membre d'une minorité linguistique de la République tchèque peut choisir entre :

garder son nom de naissance.accoler son nom de naissance avec celui (inchangé) de son époux.accoler son nom de naissance avec le nom slavisé de son mari (ce qui était déjà possible).adopter le nom, slavisé ou non, de son époux.

La loi tchécoslovaque, novatrice en la matière, permettait au mari d'accoler le nom de son épouse au sien et que le premier président, Tomáš Garrigue Masaryk a été l'un des premiers à montrer l'exemple.

En 2006, l'entrée en vigueur de l'équivalent tchèque du Pacte civil de solidarité, qui permet à la partenaire tchèque d'une ressortissante étrangère d'adopter son nom de famille (comme pour les épouses dans un mariage classique) qui, pour une oreille tchèque sera forcément « masculin », a provoqué une réaction homophobe ou misogyne. Certains législateurs réactionnaires ont tenté de s'opposer à cette liberté patronymique accordée aux lesbiennes — en vain.[réf. nécessaire]

 

 

Espagnol

 

Quand ils cherchaient à s'exprimer en langage non-sexiste, les Espagnols devaient employer des expressions répétées du type « queridos amigos, queridas amigas » (chers amis, chères amies). Comme souvent on passe du masculin au féminin en remplaçant le « o » par un « a », les Espagnols ont eu l'idée de remplacer la répétition par un mot avec un « @ » (car ressemblant visuellement à un « a » dans un « o »), ce qui donne « querid@s amig@s »

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