Fin octobre, conformément à la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, la Direction générale de l’armement [DGA] a notifié à Thales la commande du radar AURORE, appelé à prendre la succession de GRAVES [Grand réseau adapté à la veille spatiale], lequel est unique en Europe de par sa capacité à surveiller et suivre des engins évoluant en orbite basse, soit à une altitude comprise entre 200 et 2 000 km.
Passée dans le cadre du programme ARES [Action et Résilience Spatiale], cette commande « marque une étape clé dans le renforcement des capacités de surveillance de l’espace de la France en permettant à l’armée de l’Air & de l’Espace une appréciation souveraine plus précise de la situation spatiale en orbite basse », a fait valoir la DGA.
Selon Thales, AURORE sera un « radar logiciel en bande ultra haute fréquence [UHF], qui assurera une surveillance permanente grâce à des capacités de poursuite simultanée de nombreux objets spatiaux, à un temps de réactivité très court en orbite basse et à une image haute résolution en temps réel de la situation spatiale ».
Par ailleurs, les briques technologiques développées pour AURORE devraient être également utilisées pour mettre au point des radars UHF au titre du projet JEWEL [Joint Early Warning for a European Lookout], dédié à l’alerte avancée.
Quoi qu’il en soit, a souligné le ministère des Armées, le radar AURORE « contribuera à la souveraineté spatiale en participant au projet européen EU-SST [European Space Surveillance and Tracking] ». Mais il ne sera pas le seul.
En effet, cofondée en 2022 par le général [2S] Michel Friedling, ex-commandant de l’espace [CdE], et Juan Carlos Dolado Perez, ancien responsable du département de surveillance de l’espace [SSA] du Centre national d’études spatiales [CNES], l’entreprise Look Up Space a annoncé la mise en service imminente de son radar terrestre SORASYS 1 [Space Object Radar System], implanté à 1200 m d’altitude, sur le territoire de la commune de Monts-de-Randon, en Lozère.
« Trois ans après le lancement du projet, Look Up signe une prouesse technologique et démontre sa capacité à déployer rapidement un réseau mondial de radars de surveillance », fait valoir l’entreprise, via un communiqué. Et d’ajouter : « Avec ce premier radar, Look Up dote la France et l’Europe de leurs propres données orbitales, marquant une avancée décisive vers une plus grande autonomie stratégique dans le domaine clé de la surveillance de l’espace ».
Grâce à un réseau d’antennes actives commandées numériquement et pouvant générer des « ondes électromagnétiques submétriques » ainsi qu’à sa conception modulaire, le radar SORASYS 1 est capable de détecter et de suivre des satellites actifs et inactifs, des débris et, plus généralement, des objets de moins de 10 cm de long évoluant sur l’orbite terrestre basse.
« SORASYS offre une adaptabilité d’emploi, une résolution et une précision exceptionnelles, tout en restant insensible aux conditions météorologiques ou de luminosité. Les données collectées sont analysées, classifiées et intégrées en temps réel dans un outil de fusion de données et de visualisation globale de la situation orbitale », explique Look Up Space.
Plus précisément, les données collectées par ce radar ainsi que par d’autres sources [optique, laser, radiofréquence] sont fusionnées au sein d’une plateforme appelée SYNAPSE, afin qu’elles soient analysées en continu. Dotée d’algorithmes d’intelligence artificielle, cette dernière est non seulement capable de détecter automatiquement des objets et de les classer mais aussi de prédire leurs trajectoires et d’élaborer des recommandations pour d’éventuelles manœuvres.
Ce « système s’inscrit enfin dans les programmes structurants français et européens [EU-SST, France 2030, European Innovation Council], renforçant le leadership français dans le domaine de la Space Situational Awareness [SSA] et du Space Traffic Management [STM] », fait valoir l’entreprise.
Le développement de SORASYS 1 a en partie été financé par le plan « France 2030 », lequel soutient, entre autres, des projets innovants liés à l’espace et sélectionnés par la Direction générale des Entreprises [DGE], la Direction générale de la Recherche et de l’innovation [DGRI] et la Direction générale de l’armement [DGA].
Grâce à une levée de fonds de 50 millions d’euros effectuée cette année, Look Up Space prépare le déploiement de deux autres radars, à savoir SORASYS 2A « Rehua » et SORASYS 2D « Mararii » en Polynésie française. Au total, elle entend exploiter sept radars « interconnectés ».
« SORASYS 1 concrétise notre ambition : doter l’Europe d’une technologie de pointe capable d’observer l’espace avec précision, en toute indépendance, et les opérateurs d’un outil de confiance, robuste et autonome. C’est une étape fondatrice vers un réseau mondial de radars européens et une prouesse technologique qui démontre notre capacité à délivrer, dans des délais contraints, une solution industrielle de premier plan », résume M. Dolado.
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Romain
onto DEFENSE NEWS November 11, 1:49 PM
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