01. Introduction
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Introduction : l'audiovisuel en bibliothèques

Introduction  : l'audiovisuel en bibliothèques | 01. Introduction | Scoop.it

© http://www.paris.fr/accueil/culture/offre-dvd-bibliotheques/rub_9652_actu_111293_port_24330

 

Les bibliothécaires de l’écrit voient leur métier se transformer avec l’arrivée du numérique. Les bibliothécaires de l’image font face à la même révolution, même si le numérique n’est pour eux qu’une nouvelle étape dans une évolution qui les a conduit à s’adapter constamment à de nouveaux supports de diffusion et à un environnement juridique qu’il a fallu apprivoiser en une trentaine d’années. (1)

 

Dès son ouverture en janvier 1977, la Bibliothèque publique d’information (BPI) innove en proposant des postes de diffusion vidéo à ses usagers. 800 films documentaires sur vidéocassettes, consultables sur 14 moniteurs équipés de casques sont ainsi mis à la disposition d’un public qui n’avait pas, jusqu’à cette date, l’habitude de choisir ses films comme il l’entendait, mais plutôt de se fier au menu imposé par les chaînes de télévision et les salles de cinéma. Cette opération connaît un tel succès que, dès l’été 1977, la Direction du Livre décide d’étendre à d’autres bibliothèques le dispositif testé à la BPI.

En 1982, les moyens alloués à l’ensemble du réseau de lecture publique par le gouvernement socialiste élu l’année précédente sont décuplés. Les vidéothèques s’étendent alors rapidement dans toute la France. En 1988, la Direction du Livre et de la Lecture (2) recense 103 vidéothèques dont 90 en bibliothèques municipales et 13 en bibliothèques départementales. Au milieu des années 1980, le format VHS (Video Home System) triomphe sur le marché. Les ménages s’équipent en appareils de lecture et les bibliothèques évoluent en proposant le prêt à domicile, en plus de la consultation sur place de leurs collections. A la fin des années 1990, les bibliothèques sont confrontées à l’arrivée d’un nouveau support numérique, le DVD (Digitale Versatile Disc) qui connaît un franc succès. Les vidéothèques se développent alors de manière considérable, dans le respect absolu du droit d’auteur. La VOD (Video on Demand) qui émerge dans les années 2000, suite à l’explosion des accès à Internet à très haut débit proposés aux particuliers, vient remettre en cause cette adaptation constante des bibliothèques aux différents supports de diffusion et aux droits qui leurs sont attachés : « Le terme de "vidéo à la demande" [...] regroupe un large ensemble de technologies dont le but commun est de permettre de choisir un contenu vidéo et de le louer, ou de l’acheter à distance sous forme dématérialisée, afin de le visionner immédiatement ou de manière différée sur plusieurs types de supports (ordinateur, télévision, téléphone, lecteur portable...) dans un délai limité ou illimité. » (3)

 

Avec l’arrivée du film en ligne, outre les questions juridiques liées à l’apparition d’un nouveau service, c’est la notion même de collection audiovisuelle, élaborée par une institution pour ses usagers, qui est remise en question. Les interrogations sont multiples quant à la création, la consultation et la pérennisation de collections immatérielles. Les documents physiques tendent à être remplacés par une focalisation sur l’accès à leur contenu (4). La bibliothèque se doit donc dorénavant de définir son rôle par rapport à ces accès dématérialisés, sans pour autant faire fi de ses pratiques de travail antérieur. Si la constitution de collections par le bibliothécaire est une fonction aujourd’hui remise en cause, son rôle de médiateur entre un contenu et un public se doit d’être à l’avenir défendu avec force par la profession.

 

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(1) Blangonnet, Catherine, « L’évolution des collections audiovisuelles des bibliothèques publiques », in L’audiovisuel en bibliothèque, dir. Estelle Caron et Danielle Chantereau, Paris, ABF, 2010, p. 26 à 31.

(2) En octobre 1981, la Direction du Livre devient la Direction du Livre et de la Lecture. Jean Gattegno est à sa tête.

(3) Closs, Wolfgang, Nikoltchev, Susanne (dir.), "Les aspects juridiques de la vidéo à la demande", IRIS Spécial, Strasbourg, L’Observatoire européen de l’audiovisuel, 2007.

(4) Cazalet, Marie-Hélène, « La vidéo à la demande », BBF, n°5, 2007, p. 105-106. [En ligne]:<http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2007-05-0105-012 >  (consulté le 05/09/12).

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le Mois du film documentaire sur un territoire rural, ou comment faire de l'action culturelle en hors sol, sans collection physique importante. Entretien avec Isabelle Arcos-Desloges (BDP du Finis...

le Mois du film documentaire sur un territoire rural, ou comment faire de l'action culturelle en hors sol, sans collection physique importante.  Entretien avec Isabelle Arcos-Desloges (BDP du Finis... | 01. Introduction | Scoop.it

© http://biblio-finistere.cg29.fr

Les bibliothèques départementales diffusent tout type de documents dans leurs bibliobus  et dans leurs locaux. Pour le profane, on a souvent en tête l'image du grossiste distribuant des documents dans les bibliothèques de campagne. Pourtant, depuis une décennie, les BDP changent. Ce qui était considéré comme une danseuse lors des journées d'étude de l'ADBDP de 2002 (1) est devenu, avec le conseil aux collectivités et la formation, l'un des axes forts de cette institution.


Interrogée sur la place du mois du film documentaire, Isabelle Arcos-Desloges, directrice adjointe en charge de l'action culturelle de la Bibliothèque du Finistère (BDF), répond que cette action s'inscrit dans un cadre plus large, celui du Contrat Territoire Lecture. La signature date de juillet 2012 et encourage sur son 3ème axe la médiation des ressources numériques. Outre le mois du doc, la BDF est en effet engagée dans la proposition de VOD, avec un accès aux ressources de la cinémathèque de Bretagne. (2)

Selon la directrice adjointe, une soirée documentaire, c'est surtout l'accueil d'un réalisateur. En 2011, sur les 90 séances projetées dans le département, 49 avaient été suivies d'une rencontre avec un cinéaste ou un membre de son équipe et 26 d'une rencontre avec un autre intervenant. La différence technique avec un auteur de livre est importante, mais cela reste de la médiation par rapport à une collection. Le choix de la BDF est de privilégier des bibliothèques assez importantes ou qui ont un fonds audiovisuel. Pourtant certaines séances affichent salle comble tous les ans alors que la commune est de petite taille (moins de 1000 habitants), que la bibliothèque est en dessous de 100 m2, sans véritable fonds audiovisuel, et tenue par une poignée de bénévoles enthousiastes. (3)

Se pose alors la question de l'action culturelle en bibliothèque : doit-elle être liée à une promotion des fonds, ou peut-elle se suffire à animer un territoire ?


Même sans fonds audiovisuel, la diffusion d'un documentaire dans une salle polyvalente permet de s'attirer la reconnaissance des élus et positionne la bibliothèque dans la commune. Le film donne une image plus dynamique, plus moderne de la bibliothèque et aussi attire un public plus masculin. On retrouve le même constat que pour le public de la musique. Le cinéma c'est « entre le loisir et la culture ». Le livre, à l'inverse, est devenu « de la culture et même de la culture légitime ».

Une soirée estampillée "Mois du film documentaire" brasse plus large que le public habituel de la bibliothèque. 40% des spectateurs ne sont pas des abonnés. C'est donc un outil social, voire même un outil de lien social. Contrairement à une séance de rencontre avec un romancier, où les participants n'ont pas forcément lu l'ouvrage, une rencontre après une séance de cinéma prend tout le monde au même point : chacun a vu la même chose, au même moment, dans la même salle. Cela donne une unité de temps, de lieu et d'espace qui libère ensuite la discussion. Alors que l'auteur et son livre vont intimider un public non averti.

L'idéal est de construire une politique documentaire : si on veut valoriser le film documentaire et marquer la différence des bibliothèques par rapport à l'offre commerciale, encore faut-il en acheter. Or, un réseau départemental se heurte souvent au manque de budget alloué pour les collections et aussi au manque de professionnels. La connaissance des films documentaires est un domaine très spécifique. Même si la BDF a mis en place avec une structure finistérienne des séances de projection pour aider au choix du film projeté dans chaque commune, l'absence récurrente de pérennité des bénévoles n'aide pas à la construction d'une culture cinématographique. Pourtant, une projection est une action culturelle qui ne coûte pas cher. En général, la commune réserve un budget de 250€ pour la soirée. Quand la communication est bien faite, cela attire entre 80 et 100 personnes. Les projections sont gratuites pour le public, la commune ne fait pas de bénéfice commercial, mais en retire un bénéfice d'image. Ce n'est pas cher, conclut Isabelle Arcos.

Peut-on dès lors envisager cette action, même pour un public désirant la VOD, sans fonds physique proposé? La réponse est oui, car la programmation du Mois du film documentaire habitue le public à une forme visuelle différente du 52 à la une, à des chemins de traverse pour parler de faits de société. L'expérience finistérienne prouve que les spectateurs, dont certains n'étaient pas rentrés dans une salle obscure depuis 40 ans, ont plaisir à vivre cet évènement. Le passage au grand écran, la discussion qui s'ensuit, le partage d'une expérience change le regard.

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(1) http://www.adbdp.asso.fr/spip.php?rubrique34

(2) http://www.cinematheque-bretagne.fr/?autologinKey=f982bd22d14ceaeaee65d957d2660a78bad035ca

(3) "L'arrivée du "docteur Yoyo" à Lopérec", Le télégramme de Brest, 20 novembre 2011. [En ligne]:<http://brest.letelegramme.com/local/finistere-nord/brest/plabennec/coatmeal/documentaire-l-arrivee-de-docteur-yoyo-a-loperec-20-11-2011-1505200.php> (consulté le 3 septembre 2012).




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