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Ukraine / Donbass : Moscou intervient… humanitairement

 

Porochenko aura tout fait, avec Obama et les valets européistes, pour que le convoi humanitaire en partance de Russie n’arrive jamais à Lugansk et Donetsk. C’est l’illustration parfaite du mépris de la vie humaine à un niveau rarement égalé. Il a fini par céder. Mais garantira-t-il la sécurité du convoi humanitaire, comme le lui demande Moscou ? Pendant ce temps, la poche du Donbass continue de résister. Si Kiev annonce quatre « reprises » de petites (voire très petites) localités, en omettant de préciser que les combats continuent dans ces agglomérations, c’est surtout pour faire oublier que la troisième tentative d’isoler Donetsk par une manœuvre en tenailles est un nouvel échec, qui risque de coûter gros d’ici peu.

 

Vidéo - Les nouvelles neuves de Nouvelle Russie présentées par Elena

 

 

Ce refus du gouvernement ukrainien de faire passer l’aide humanitaire en provenance de Russie, avec l’assentiment des Américains et des Euromondialistes (dont Fabius !), est typique d’une junte qui fait peu de cas de son propre peuple et de la vie humaine. D’ailleurs, l’attitude criminelle de Kiev envers les millions de ses concitoyens qui vivent dans les régions de Lugansk et de Donetsk est édifiante. Le régime a néanmoins cédé. Mais le convoi de quelque 300 camions risque d’avoir bien des soucis : il doit passer par la région de Kharkov, où les unités militaires et les paramilitaires pullulent. Tout peut donc encore arriver, hélas ! Rappelons que sur les 10.000 tonnes de produits de première nécessité, il transporte 400 tonnes de céréales, 100 tonnes de sucre, 62 de nourriture pour enfants en bas âge, 54 tonnes d’équipements médical divers, et sans doute aussi des médecins, 12.000 sacs de couchage pour ceux dont les habitations ont été détruites par les bombardements et les pilonnages des forces de Kiev et 69 générateurs. C’est à la fois peu, au regard de l’urgence humanitaire dans le Donbass, et énorme puisque nul, hormis la Russie, ne semble se soucier des populations ukrainiennes victimes de la politique « proeuropéenne » de la junte. C’est à Poutine, et non à Obama, qu’il fallait donner le prix Nobel de la paix.

 



Une offensive de bric et de broc sur Donetsk ?…


Depuis le début de l’opération, en avril, les forces ukrainiennes se sont avérées incapables de mener des frappes de précision, avec l’artillerie ou l’aviation, ce qui a pour conséquence une énorme consommation en munitions pour un résultat somme toute médiocre, et un bilan humain alarmant. L’infanterie, par manque de moyens, de formation et d’aguerrissement, subit les plus lourdes pertes ; en cas d’engagement en zone urbaine comme à l’intérieur de Donetsk, ce sera le carnage assuré, et Kiev ne dispose pas assez de réserves pour emprunter cette voie.

 

Les chars lourds ne sont pas une grande utilité, dans la mesure où le terrain ne se prête pas vraiment (ou à de rares occasions) à leur déploiement, puis parce que les forces du Donbass ne disposent pas de compagnies de chars destinées à être engagées massivement dans des contre-attaques, et enfin parce que l’infanterie d’accompagnement des forces ukrainiennes est inexistante ou totalement incapable d’assumer ce type de mission.

 

De plus, les T-64, chars des années 70/80, sont obsolètes (y compris la version BM Bulat), ils sont facilement éliminables, y compris par des mines ou des tirs de RPG, ne disposant pas de caméras thermiques, ils sont généralement aveugles de nuit, mais aussi en zone où la végétation est très fournie (60% du secteur des combats), et ceux de l’armée ukrainienne connaissent de multiples pannes mécaniques en raison de leur âge et du manque d’entretien général.


L’aviation ukrainienne ne peut qu’être employée sporadiquement, en raison de sa faiblesse numérique, de l’âge de ses appareils et des pertes considérables déjà encourues. Nous avons auparavant déjà fait un point sur cette question, le lecteur pourra s’y reporter.


Enfin, le renseignement opérationnel est très faible quantitativement et qualitativement. Les drones existent, mais sont fournis en petite quantité, Kiev manque « d’yeux » à l’intérieur des lignes indépendantistes, même si des agents destinés à « marquer » certaines cibles ont déjà été repérés, et parfois interpellés, par les forces de Donbass.


Les Américains, par l’intermédiaire de l’antenne de la CIA à Kiev, fournissent du renseignement par satellite, mais dans ce type de guerre, mêlant conflit classique et guerre asymétrique, ce genre de renseignement est d’une utilité très réduite.

 


Vidéo - À Donetsk, un détachement du Bataillon Oplot est tombé sur un Ukrainien en civil qui faisait du repérage pour l’artillerie des forces de Kiev en plein cœur de la ville. Il est originaire d’Ivano-Frankivsk dans l’Ouest de l’Ukraine et a été mobilisé dans la garde nationale en tant que mitrailleur. La milice fait la chasse à ces espions infiltrés dans Lugansk et Donetsk et qui ciblent des objectifs civils et militaires. À la fin de la vidéo, le milicien dit en substance : « Appelez-nous si vous voyez quelqu’un de suspect, d’inconnu de vous, qui va sur le toit ou dans le grenier, si vous voyez des signaux, des flashes ou de la lumière du haut d’un immeuble, si vous voyez un cycliste suspect ou un motocycliste. Si vous n’appelez pas, ils peuvent permettre une frappe d’artillerie sur vous ou un bâtiment voisin. »



 

Enfin, et nous ne cessons de le répéter, Kiev manque de réserves fraiches et aguerries. C’est bien là tout le problème pour gagner cette guerre. Les 24e et 72e brigades mécanisées, broyées dans le chaudron, sont en passe d’être partiellement reconstituées avec les moyens du bord. Elles vont devoir de nouveau se battre dans les prochains jours. De nouvelles recrues ont remplacé les blessés, les disparus et les morts, les véhicules proviennent des stocks de l’ère soviétique ressortis des réserves et dépoussiérés, même chose pour les armements et les équipements divers. Comme il y a pénurie dans l’armée ukrainienne, on doit reconstituer des unités avec rien ou presque… Le résultat sera à la hauteur de ce bricolage.

 


Vidéo - Quelques vues sur les véhicules et blindés détruits ou abandonnés de la 72e brigade mécanisée, dans le chaudron près de Krasnodon


 

Il semblerait, selon les témoignages des habitants et de chefs des forces de Nouvelle Russie sur les réseaux sociaux, qu’une attaque générale de l’armée ukrainienne sur Donetsk se prépare pour les trois ou quatre prochains jours. La concentration des forces au Nord, au Sud et à l’Ouest de l’agglomération, de même que l’acheminement de batteries d’artillerie et de munitions laisse à penser que l’encerclement de Donetsk ne réussissant pas, Kiev se serait résolu à un assaut frontal. Des unités secondaires ou très affaiblies seraient laissées sur les flancs Sud et Nord pour maintenir une pression suffisante destinée à empêcher les forces du Donbass de disposer de réserves suffisantes pour éventuellement contre-attaquer.


Pour la junte, si un tel plan était effectivement mis en œuvre, ce serait une opération extrêmement risquée, car en cas d’échec, une très importante pause opérationnelle serait alors nécessaire, ce qui aurait pour effet de permettre éventuellement aux forces de Nouvelle Russie de contre-attaquer et de regagner du terrain. Les conséquences politiques et morales seraient catastrophiques. Les pertes importantes signalées depuis maintenant trois jours dans le secteur d’Ilovaisk, au Sud-Est de Donetsk, sont un bon indicateur de ce qui pourrait se produire en cas d’assaut général sur Donetsk.


Et ne parlons pas des dommages et des victimes parmi la population civile, qui feraient passer la bataille de Grozny comme une simple promenade de santé.


Hier, le Premier ministre de la République de Donetsk, Aleksandr Zakharchenko, a évoqué la possibilité d’une contre-offensive des forces de Nouvelles Russie, la milice disposant, selon lui, de 200 blindés divers. En tout état de cause, les forces indépendantistes ne passeront pas à l’offensive avant que les troupes ukrainiennes ne livrent leur principal assaut. Le commandement de la milice a tout intérêt à ce que l’adversaire s’épuise, avant de passer à la contre-attaque.


En attendant, les opérations commando sur les arrières des forces de Kiev deviennent de plus en plus meurtrières pour les troupes ukrainiennes.



Vidéo -  Attention images très dures (+ de 18 ans). Dans la journée, un groupe de la milice a pris en embuscade un bus transportant des volontaires de Praviy Sektor en route pour le secteur sud de Donetsk, en provenance de Zaporozhye. Résultat : le massacre de tous les volontaires ukrainiens, un véritable carnage.

 

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Voir d’autres photos ici, mais attention les images sont très affligeantes.



Le Nord faibli peu, le Sud résiste bien


À l’heure actuelle, les principales zones d’affrontements se situent à l’Ouest et au Nord de Donetsk, et au Sud-Est sur Ilovajsk et Shakhtarsk.


Kiev a annoncé au cours de l’après-midi avoir « encerclé » totalement la zone de Gorlivka, au Nord. Les informations à ce sujet sont très contradictoires. Quoi qu’il en soit, depuis 6 heures ce matin, heure locale, Vuhlehirsk, à moins de 10 km à l’Est de Gorlivka, subit un assaut en règle, comme Yenakjieve (plus au Sud-Est). L’après-midi d’hier, 11 août, avait déjà été marquée par des affrontements très importants sur le secteur de Gorlivka. Les pertes totales pour la journée du 11 août se sont élevées à 10 chars, 4 véhicules blindés légers, et une batterie de 4 BM-21 avec l’ensemble de son stock de munitions. Il semblerait, au regard des comptes rendus de fin de journée, que la milice, sous les ordres d’Igor Bezler, résiste bien sur Yenakjieve, après d’intenses combats de rues où les forces de Kiev sont à chaque fois désavantagées.


Plus à l’Est, les forces ukrainiennes se heurtent toujours à Stakhanov défendue par les bataillons Sever et Mryzrak sous le commandement d’Aleksei Mozgovoi. Autour de cette localité, véritable verrou de la milice au Nord, les combats durent toujours dans les agglomérations de Pervomaïsk (40.000 habitants), Kamychevakha (2.800 habitants) et Kalinove (3.800 habitants). En fait, en 96 heures de pilonnages d’artillerie et de progression laborieuse et coûteuse, Kiev a gagné environ 5 km sur ce tronçon du front. C’est maigre.


À Illinka (plus de 20 km à l’Ouest de Donetsk), la 93e brigade mécanisée a massé sa logistique et ses batteries d’appui feu. C’est de là qu’elle mène sur l’Ouest de l’agglomération des reconnaissances offensives, notamment en direction de Pisky, en bordure administrative de Donetsk et vers la zone aéroportuaire. La dernière « reconnaissance par le feu » date d’aujourd’hui. Au Sud de l’aéroport international, près du quartier de la gare, une force mécanisée de 31 blindés appuyés par 16 obusiers et 16 BM-21 a tenté une percée, depuis hier, vers le centre-ville de Donetsk, sans y parvenir. Les diverses contre-attaques de la milice ont détruit l’avant-garde, soit 3 BTR, dans la foulée, des tirs de contre-batterie de la milice auraient endommagé 2 obusiers et 1 Grad ukrainiens.


Tout au long de la journée d’hier, et encore aujourd’hui, de violents combats se sont poursuivis, au Sud et à l’Ouest d’Ilovaisk, entre les forces de Kiev (unités spéciales « Azov », « Shakhtarsk » et une compagnie de « Donbass ») et la milice. Dans le gros village de Hrabske (Sud-Ouest à 1 km) et dans les villages de Fedorovka (Nord immédiat d’Ilovaisk) et Zelene (500 m au Nord-Ouest), des accrochages ont permis de détruire ou d’endommager sérieusement environ 10 blindés, 4 véhicules légers et une batterie Grad.


Après plusieurs tentatives infructueuses pour capturer Ilovaisk, les troupes ukrainiennes ont réussi à l’encercler, mais la situation a évolué de telle manière qu’elles-mêmes se sont retrouvées prises au piège.


À noter qu’un adjoint du commandant du « bataillon Donbass » a été tué lors des combats, avec 3 autres de ses hommes et 7 ont été blessés (chiffres officiels de Kiev). Cependant, les unités de la milice ne disposent pas assez de moyens, ni d’effectifs pour contre-attaquer de manière à éradiquer définitivement la menace. Le 3e bataillon de Semenovka et le 2e bataillon de Slaviansk tiennent cette partie centrale du front Sud, et une compagnie du Bataillon Vostok a été appelée en renfort.

 

À Starobesheve (au sud Mospyne 15 km Sud-Est de Donetsk et à 15 km au Sud-Est d’Ilovaisk) un commando de reconnaissance et de sabotage de la milice a attaqué une colonne de ravitaillement ukrainienne, le convoi a été complètement détruit.



Les malheurs d’Igor…


À noter qu’il y a un peu de changement au sein du commandement du « bataillon Azov » dirigé par Andriy Biletskyi, le chef des Patriotes ukrainiens : Igor Mosiychuk, dit Moisha, figure charismatique du mouvement néonazi Patriotes ukrainiens, n’est plus le porte-parole de l’unité. Cela tient à une lutte interne au sein de cette unité grosse de quelque 300 combattants : avec l’intégration de repris de justice et de hooligans (Dynamo de Kiev) en juin, la branche la plus politisée (Patriotes ukrainiens) se voit disputer l’autorité d’influence depuis quelques semaines. Mais le problème tient surtout au fait qu’Igor Mosiychuk, qui n’a semble-t-il pas la lumière à tous les étages, croyait naïvement combattre le mondialisme, les oligarques et la corruption, en plus des Russes…


Le 2 août, en raison de « conflit personnel public avec le groupe Kolomoisky », Mosiychuk aurait « volontairement démissionné de son poste de compétences ». Le 24 juillet, Boris Filatov, le bras droit à Dniepropetrovsk de Kolomoisky l’avait injurié avec Oleg Lyachko sur Facebook, en raison de leurs orientations sexuelles présumées.

En fait, Mosiychuk est une grande gueule qui l’avait un peu trop ouvert ces derniers temps contre l’oligarchie mondialiste qui domine l’Ukraine « proeuropéenne ». Et comme « Azov » ne pouvait se permettre de se faire couper les vivres par l’oligarque ukraino-israélo-chypriote Kolomoisky, Mosiychuk a été écarté.


Au préalable, Filatov lui avait interdit de pénétrer sur le territoire des régions de Dniepropetrovsk et de Zaporozhye. Depuis, il raconte ses petits malheurs sur la toile… Cet individu risque de terminer comme Oleksandr Musychko, dit Sashko Bilyi de l’UNA-UNSO et bras droit de Dmytro Yaroch à Praviy Sektor, abattu en mars sur ordre de deux cadres de Svoboda, Andriy Parubiy et Oleh Makhnitskyi (procureur général de l’époque), parce que devenu trop gênant (et qui en savait beaucoup trop sur les snipers du Maidan).


Le 10 août, devant Ilovaisk, « Azov » a eu au moins deux tués : Andriy Dryomin et Mykola Berezovyi, l’époux de la journaliste et activiste Tetiana Tchernovol.



Vers un nouveau chaudron ?


Arsen Pavlov dit Motorola, de retour de Crimée où il était à la fois en voyage de noces et en convalescence suite à une blessure à sa main, est désormais à la tête d’un détachement de la milice sur le secteur de Snizhne Krasny Luch. Il est intégré aux éléments de la Brigade Vostok qui ont contre-attaqué hier, et encore aujourd’hui, pour freiner l’avancer au Sud de Krasny Luch.


Miusyinsk, au sud-ouest de Krasny Luch est passé de main en main durant toute la journée ; une batterie d’artillerie de 152 mm SAU a été touchée par des tirs de contre batterie de la milice qui ont atteints son dépôt de munitions. D’autres pertes sont à comptabiliser du côté des forces des 30e et 95e brigades, notamment des blindés. 2 chars T-64BV et 1 BMP-2 ont été capturés. Les affrontements en zone urbaine semblent avoir été particulièrement éprouvants pour les assaillants.


Et ce qui devait arriver, arriva… Comme nous l’avions pressenti hier, deux unités ukrainiennes sont presque coincées entre Krasny Luch et Antratsyt, la milice (éléments du Bataillon Oplot et un bataillon de cosaques) semble sur le point de les encercler partiellement. Deux bataillons de la 30e brigade et au moins un de la 95e aéromobile de Zhytomyr sont presque coupés du reste des forces et sont constamment exposés aux attaques de l’artillerie indépendantiste qui dispose de BM-21 Grad en quantité dans ce secteur.


Notons que les forces du Donbass disposent désormais d’au moins un bataillon de BM-21 Grad et d’une batterie d’artillerie lourde composée de 2 automoteurs SAU-152 et de 2 obusiers de 152 D-20, en plus de la batterie automoteur de 122 Gvozdika, de plusieurs batteries de BM-21 et de 122 D-30 et des batteries de mortiers de 120.


Aussi, ces forces ukrainiennes connaissent désormais de graves difficultés d’approvisionnement en eau, nourriture, carburant et munitions et peuvent très difficilement évacuer leurs blessés et leurs morts. D’ici quelques jours, dans cette partie du front, la situation assez confuse devrait se stabiliser.



Par Jacques Frère pour NationsPresse.info – le 12 août 2014


Via Koter Info