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Une tribune pour la légalisation des drogues douces après la fusillade à la Reynerie

Une tribune pour la légalisation des drogues douces après la fusillade à la Reynerie | Toulouse La Ville Rose | Scoop.it

Salah Amokrane défend la légalisation des drogues douces pour en finir avec le trafic et la violence dans les cités.

 

 

Silence, on tue !

 

C’est le règlement de comptes de trop. L’exécution le 3 juillet dernier, à la kalachnikov, d’un jeune homme de 27 ans, dans le quartier de La Reynerie, au Mirail, est la preuve que Toulouse, comme Marseille ou Paris, est malade de ses banlieues et du trafic de drogue. Dans la quasi-indifférence des pouvoirs publics. La semaine dernière, le nouveau ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, est bien venu visiter un quartier dit « prioritaire »… mais à Colomiers.

 

Face à ce qu’ils dénoncent comme « une hypocrisie et les impasses de la prohibition répressive et punitive », ils sont quatre militants toulousains, engagés en politique et dans la vie des quartiers, à demander à l’État de prendre ses responsabilités. Salah Amokrane, Ahmed Chouki, François Piquemal, Ali Tehar viennent de publier collectivement une tribune en appelant à un véritable débat public sur la légalisation des drogues douces et une vraie gestion des drogues dures.

En partant d’un constat terrible : « Treize morts à Toulouse depuis 2011, dont des victimes qui avaient juste tort d’être au mauvais moment au mauvais endroit, écrivent-ils. Pourtant, des familles ont marché, des citoyens ont interpellé, mais les gouvernements successifs ont préféré regarder ailleurs ».

 

« On laisse prospérer des zones de trafic pour répondre à la politique du chiffre... »


Les quatre signataires citent au passage les propos du directeur de la sûreté départementale de Haute-Garonne qui expliquait, en 2015 : « Il faut être conscient qu’il y a aura du trafic aussi longtemps qu’il y aura de la demande ». La demande ? « Des clients parfois membres de l’aristocratie urbaine », relèvent-ils. En pointant « ces politiques qui instrumentalisent » le problème. « On laisse prospérer des zones de trafic pour que la police puisse répondre à la politique du chiffre absurde que l’on impose à ses services, accusent-ils. La vérité c’est que le trafic de drogue tue nos quartiers, lentement mais sûrement, et les morts qui font la une des journaux ne sont que la partie immergée de l’Iceberg. Dans le contexte de précarisation sociale, le trafic endommage également les relations et les liens de solidarités entre habitants. Non réglementé, il laisse place à la loi du plus fort, aux menaces, à la violence, à l’engrenage, aux balles perdues et à la peur. C’est tout cela que vivent les habitants des quartiers ».

Et de plaider pour les vertus de la légalisation. « Cela aurait des avantages certains : contrôle des ventes et de la qualité des produits, rentrées fiscales pour financer des campagnes de prévention sur des publics à risque, sortir les plus jeunes du trafic, désengorger la justice et les prisons, réorienter les effectifs de police sur la criminalité à col blanc ». De quoi soutiennent les quatre signataires, « diminuer les tensions et les violences ».

 

GILLES-R. SOUILLÉS
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L'escalade dans la guerre pour le contrôle de la drogue

L'escalade dans la guerre pour le contrôle de la drogue | Toulouse La Ville Rose | Scoop.it
L'escalade dans la guerre pour le contrôle de la drogue

Un homme de 24 ans a été exécuté vendredi soir à Lafourguette, à Toulouse. Une réponse à l'assassinat de Wallid Larbi-Bey jeudi à Beauzelle. Une guerre de voyous très inquiétante.

Un deux-roues qui approche de la place du Milan, à Lafourguette, à Toulouse. Il fait encore jour. L'homme, un casque sur la tête selon des témoins, s'avance jusqu'à un petit local où on boit du thé et on fume le chicha. Il y a du monde à l'intérieur. «L'individu a regardé à travers la vitrine, est entré dans le petit établissement. Il a ouvert le feu sur un homme seul à une table», raconte le procureur Michel Valet.

Huit coups de feu. Six balles de gros calibre, arme de guerre type Kalachnikov transpercent la cible. Le tireur fait demi tour, marche 20 mètres et remonte sur le scooter. Avant de démarrer, un autre coup de feu est tiré en direction du petit bar par une deuxième arme. Puis le scooter «ou une moto les renseignements ne sont pas précis», note le procureur démarre et disparaît. Malgré les recherches et son signalement, cet engin restait introuvable hier.

Dans le petit Chicha, c'est l'affolement. Les pompiers et le Smur 31, alertés à 20 h 42, envoient immédiatement sur place des secours. Medhi El Aouamad, 24 ans, est encore vivant. «Il a même essayé de se relever», dira un policier arrivé très vite sur place. Malgré la gravité de ses blessures notamment au thorax, les urgentistes lui portent les premiers soins et l'évacuent vers les urgences de l'hôpital Rangueil. «Il est décédé à l'hôpital à 21 h 30», indique le procureur. Quelques minutes seulement après son admission.

Cet assassinat, le deuxième en moins de 48 heures, transforme Toulouse en nouveau Marseille. Et si hier la police judiciaire en charge de l'enquête et le parquet restaient volontairement prudents hier, «des vérifications sont en cours», dit le procureur, le lien entre ces deux assassinats ne fait malheureusement aucun doute. Medhi El Aouamad, enfant des Izards, a été assassiné pour venger la mort de Wallid Larbi-Bey, autre enfant des Izards. Medhi El Aouamad s'occupait du «Milano», cette pizzeria de la route de Launaguet dont un des gérants avait été victime d'une tentative d'assassinat début décembre. Les suspects ? Larbi-Bey et ses amis. Le Milano où le 21 janvier, Miloud Nemar, 25 ans, a été exécuté à bout portant. Ses torts ? Se trouver là et ressembler, physiquement, à un des gérants de ce bar-pizzeria, lieu de repli d'une partie des jeunes du quartier des Izards. Medhi El Aouamad, «qui était connu des services de police et de la justice pour différentes infractions», indique le procureur, était un des gérants du Milano. Et si policiers et procureur n'avaient pas caché jeudi leur crainte d'un enchaînement meurtrier, la rapidité de la réponse a surpris les enquêteurs et les observateurs. Avec le risque que ces règlements de comptes sous fond de maîtrise du trafic de drogue ne soient pas terminés.

«Rien à envier à Marseille»

Êtes-vous inquiet ?

Michel Valet : «Oui. Naturellement. Nous avons un devoir d'inquiétude. Je le disais jeudi après le premier assassinat quand vous m'aviez interrogé sur les craintes de représailles. Nous devons persévérer dans nos actions, dans le travail d'enquête. Pour parvenir à enrayer cet engrenage, il faut identifier les auteurs de ces crimes.

Comment faire ?

Il faut que les gens qui savent des choses, qui connaissent des problèmes, des rivalités, parlent. Ils doivent témoigner. Quelle que soit la qualité du travail d'enquête fournie par les services de police et la police judiciaire, les efforts qui portent sur la police technique et scientifique, nous avons besoin de témoignages pour répondre à ces faits assassinats qui sont avant tout, quelle que soit la personnalité de la victime, des drames humains. L'élucidation de ces crimes constitue la seule manière d'y mettre un terme. Et pour cela, nous avons besoin de la collaboration de tous.

Toulouse est-elle en train de devenir Marseille ?

Malheureusement, nous n'avons rien à envier à Marseille dans cette série de faits. Depuis décembre, cela fait quatre assassinats et deux tentatives. Cette violence, la radicalisation de certains acteurs, nous pose de vrais problèmes. Et même si affirmer aujourd'hui que tout est lié est difficile, qu'il faut encore le vérifier, on le soupçonne. Comme nous soupçonnons que le trafic de drogue constitue une des facteurs importants dans ce déchaînement de violences.

Neuf mois de règlements de comptes

Toulouse n'avait jamais connu ça. Des rivalités ou jalousie, des extorsions de fonds ou de drogue qui tournent mal oui. Mais pas une guerre entre anciens copains devenus ennemis issus d'un même quartier. Et même si dans ces événements dramatiques qui touchent les Izards, certains policiers soupçonnent une volonté du La Reynerie de reprendre la main sur le deal. «Du fantasme», affirment les «initiés» des deux quartiers.

Cette «guerre» que l'on croyait éteinte et qui s'est rallumée avec l'exécution de Wallid Larbi-Bey jeudi à Beauzelle a commencé le mercredi 4 décembre en fin de journée avec des coups de feu sur un salon de coiffure — où se trouvait Larbi-Bey — et un bureau de tabac. Le lendemain, jeudi 5 décembre, un gérant de la pizzeria du Milano est pris pour cible. On lui tire dessus au 11.43 mais il réussit à s'échapper. Le dimanche 8 décembre, vers 23 h 15, un hall d'immeuble de la rue des Chamois est la cible d'une rafale de kalachnikov. Deux garçons sont blessés. Nabil Bennani, 18 ans, meurt à l'hôpital. Soupçonnés dans la tentative de meurtre du gérant du Milano, Larbi-Bey et Arfaoui sont mis en examen et incarcérés. Cela n'empêche pas l'expédition sanglante du jeudi 21 janvier où vers 23 heures, deux hommes font irruption dans le Milano. Deux clients sont blessés par balles, le troisième, Miloud Nemar, 25 ans est exécuté à bout portant. Depuis le calme était revenu. La remise en liberté au mois de mai de Larbi-Bey et Arfaoui n'avait pas provoqué de vague. Enfin, c'est ce qu'on croyait.

Le chiffre : 6

affaires >Assassinats ou tentatives. Depuis décembre, la justice et la police enquête sur quatre affaires d'assassinat ou de tentative d'assassinat liées aux Izards. Deux assassinats se sont ajoutés à cette triste liste depuis jeudi. Ça fait beaucoup.

J. C.
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