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La fronde s'organise contre la vente à la découpe du conservatoire d'art dramatique

La fronde s'organise contre la vente à la découpe du conservatoire d'art dramatique | Théâtre | Scoop.it


Par  Ludivine Trichot dans le Figaro  le 12/04/2018

À l'approche du déménagement du CNSAD aux Ateliers Berthier dans le cadre du projet de la Cité du Théâtre, l'association Rue du conservatoire s'oppose au démantèlement des locaux historiques de l'établissement et interpelle Françoise Nyssen. Classé monument historique, seul le théâtre sera préservé.

C'est une nouvelle bataille qui s'annonce pour la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Dans le cadre du projet de réalisation d'une grande Cité du Théâtre dans le quartier des Batignolles, à Paris, le ministère a décidé de se séparer des locaux du conservatoire supérieur d'art dramatique. Mais la résistance s'organise. Dans une lettre ouverte adressée à Françoise Nyssen, l'association Rue du conservatoire explique que «la vocation culturelle est inscrite dans les fondations du bâtiment». Selon eux, les prestigieux locaux du 2 bis, rue du Conservatoire ne devraient pas être vendus à la découpe, comme le prévoit l'État pour financer la Cité du Théâtre. Seul le théâtre, imaginé en 1811 par l'architecte François-Jacques Delanoy, sera épargné car il est classé monument historique depuis 1921.


Pour l'association Rue du conservatoire, composée d'élèves, d'anciens élèves et d'amis du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, l'espace moderne qui leur sera proposé dans leurs nouveaux locaux porte de Clichy d'ici 2022 est une chance. Les artistes et apprentis artistes estiment toutefois que la vente à la découpe de l'immeuble de la rue du Conservatoire est une «aberration».

«Un devoir de mémoire»
«Les plus prestigieux compositeurs, musiciens, actrices, acteurs, metteurs en scène y ont travaillé, s'y sont accomplis et ont pratiqué leurs recherches au service de leur art», expliquent les passionnés d'art dramatique dans leur lettre ouverte à propos du 2 bis, rue du Conservatoire. Anciennement École royale de chant et de déclamation, le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, inauguré en 1784, accueille chaque année environ trente étudiants pour 1100 demandes. Une exigence qui fait sa réputation.


La bâtisse dispose de décors prestigieux, de la salle Louis-Jouvet au salon d'apparat, qui ont inspiré les plus grands. «Sa charpente, ses boiseries et ses poutrelles peintes en font un lieu unique et admirable», selon les membres de l'association Rue du Conservatoire. Catherine Gandois, membre du groupe et actrice de renom, regrette de voir un jour disparaître ce «symbole». «Pour nous c'est absolument incompréhensible parce que c'est une mémoire culturelle, explique-t-elle. En dehors de l'attachement sentimental, il est important que ce lieu reste un endroit pour le théâtre.»

L‘association demande à la ministre de la Culture de considérer l'idée que le Jeune théâtre national occupe les locaux après le départ des élèves du Conservatoire. «Ils n'ont actuellement que deux petites salles dans la rue Saint-Paul et pourraient mettre à profit les locaux du IXe, analyse Catherine Gandois. Il y a plein d'autres possibilités que l'on étudie et on espère que notre présidente pourra les présenter cette semaine à Mme Nyssen.»

«C'est une mémoire culturelle. En dehors de l'attachement sentimental, il est important que ce lieu reste un endroit pour le théâtre»   Catherine Gandois

La plus grande crainte de l'artiste est que le bâtiment du Conservatoire termine comme celui de l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre de la rue Blanche (9e arrondissement). Après le déménagement de l'établissement sur la colline de Fourvière à Lyon en 1997, l'hôtel particulier parisien que les étudiants occupaient a été vendu à la découpe. Son théâtre et ses salles historiques ont été transformés en complexe sportif moderne. «C'est une honte quand des lieux culturels disparaissent pour simplement faire du commerce, déplore Catherine Gandois. On manque terriblement d'endroits dédiés aux artistes dans Paris.»

La Cité du théâtre, un projet ambitieux
L'objectif de l'association Rue du Conservatoire n'est pas d'entrer en polémique contre la Cité du Théâtre, bien au contraire. «Il a longtemps été question de trouver des salles supplémentaires pour pouvoir travailler, créer et répéter. Donc c'est merveilleux que le CNSAD puisse avoir un avenir proche avec un espace beaucoup plus important», explique Catherine Gandois.

Les 20.000 mètres carrés des Ateliers Berthier dans le XVIIe arrondissement vont être habilités pour accueillir le CNSAD, la Comédie Française et le Théâtre de l'Odéon d'ici 2022. Ce projet de la Cité du Théâtre, qui s'inscrit dans le cadre de la mutation du quartier des Batignolles, a été annoncé en 2016 par le président François Hollande avec le soutien de Stéphane Lissner, directeur de l'Opéra national de Paris, d'Éric Ruf, l'administrateur général de la Comédie française, de Stéphane Braunschweig, le directeur de l'Odéon-théâtre, et de Claire Lasne-Darcueil, la directrice du CNSAD. Catherine Gandois reste toutefois sceptique. «Depuis la germination de l'idée de la Cité du théâtre, deux présidents et plusieurs ministres se sont succédé, déplore-t-elle. Chacun à ses idées et chacun se renvoie la balle. Le budget diminue et les contours du projet restent flous.»

Si le plan du ministère de la Culture actuel se concrétise, les travaux aux Ateliers Berthier débuteront en septembre 2019 pour se terminer en décembre 2022 avec un budget estimé de 150 millions d'euros. Quatre-vingts groupes d'architectes ont tenté en février 2017 de participer au concours pour proposer la maquette la mieux adaptée à cette ambition de réunir les plus grandes institutions de l'art dramatique en un même lieu. Après une première sélection de dix agences, ils ne sont aujourd'hui plus que trois en lice et seront départagés le mois prochain. «C'est là que tout se joue pour nous, détaille Catherine Gandois. Nous sommes à un moment charnière car la vente de nos locaux va se décider en même temps que le projet se lance. Quand on dépense de l'argent, il faut en faire entrer de l'autre côté.»

Désormais, Rue du Conservatoire compte sur la communication autour de sa lettre ouverte à la ministre de la Culture pour bloquer la vente des locaux du IXe arrondissement. Sur le site Internet de l'association, des centaines de signatures de soutien se cumulent. Élèves, anciens étudiants et admirateurs du Conservatoire approuvent leur objectif de sauvegarde du patrimoine. Des grands noms du cinéma s'indignent au nom de l'art et la culture française. Juliette Binoche, Julia Faure, François Clavier, Yves Lambrecht, Éric Prat et Jean-Pierre Becker en font partie.


Via Le spectateur de Belleville
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La Petite Renarde rusée, de Janacek, mise en scène Louise Moaty

La Petite Renarde rusée, de Janacek, mise en scène Louise Moaty | Théâtre | Scoop.it

Publié dans Télérama - Sortir
Musique classique - Spectacle lyrique


Quand la metteure en scène Louise Moaty s'empare du chef-d'œuvre des années 20 de Leos Janácek, La Petite Renarde rusée, c'est une forme un peu surréaliste de poésie qui s'invite sous nos yeux. Hommage vibrant au monde de la nature, cet opéra est ici réduit pour une quinzaine d'instruments par Laurent Cuniot, à la tête de l'Ensemble TM+. Masques, marionnettes, dessins, images du spectacle filmées en direct, instrumentistes : tous les intervenants sont sur scène pour cette version aussi artisanale que pointue technologiquement (projection vidéo très audacieuse). Une reprise à ne pas manquer, avec notamment les voix de Noriko Urata et Caroline Meng.


La Petite Renarde rusée 


Du 15 mars 2017 au 26 mars 2017  au Théâtre de l'Athénée - Louis Jouvet


Via Le spectateur de Belleville
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Le grand chambardement dans les théâtres privés

Le grand chambardement dans les théâtres privés | Théâtre | Scoop.it


Par Armelle Héliot dans son blog Le Grand théâtre du monde

le 13 novembre 2017



Comme Le Figaro s'en faisait l'écho il y a quelques semaines, sur fond de saison très médiocre, un certain nombre de théâtres privés parisiens sont en vente ou vendus. Sanction d'erreurs de gestion, de programmations malheureuses.

L'Atelier, le Comédia, d'autres salles prestigieuses, fleurons du théâtre privé parisien sont vendus ou en passe de l'être en cette fin d'année.

La très médiocre saison, marquée par une forte désaffection du public, ajoute au sentiment délétère qui ne peut que frapper les connaisseurs du secteur.

Lorsque l'on parle de vente d'un théâtre, on ne parle le plus souvent que du bail, les murs étant le plus souvent la propriété d'héritiers, ou d'entreprises, ou encore de l'assistance publique à qui ils ont autrefois été donnés.

Mais les baux d'un théâtre sont précieux. Et se négocient pour plusieurs millions d'euros. Comme le dit l'avocat conseil de l'un des protagonistes de cet étrange marché en pleine ébullition, les théâtres privés parisiens sont "des produits rares".

On en parle désormais comme des appartements de luxe que l'on vend aux étrangers fortunés venus du Golfe, de Chine, d'Amérique du Nord ou du Sud et aussi d'Afrique. Ce sont, pour ceux qui rêvent de les acquérir, des "biens".

On retrouve toujours les mêmes noms dans ce combat sans merci que se livrent ceux qui sont susceptibles de reprendre des théâtres. Soit des personnalités qui ont le goût du spectacle vivant, tel Jean-Marc Dumontet, soit des hommes d'affaire cultivés, mais qui ont été un peu grisés, tel Marc Ladreit de Lacharrière.

Ce dernier a dû admettre que le Comedia, boulevard de Strasbourg, n'avait pas trouvé sa vocation et qu'il y perdait plusieurs millions d'euros par an. On avait annoncé qu'il cherchait un acquéreur, c'est en toute logique le voisin du théâtre Antoine, Jean-Marc Dumontet (qui partage ce bijou avec Laurent Ruquier) qui le reprend.

Pendant ce temps là, l'Atelier lui aussi cherche un financier. Sur les rangs, Dumontet bien sûr, mais aussi Matthieu Pigasse (voir le Figaro du 24 octobre 2017). Une décision imminente sinon déjà actée.

Enfin Pascal Legros, producteur et tourneur de renom, propriétaire du Théâtre des Nouveautés et à qui appartient depuis quelques mois pour moitié Hébertot (Francis Lombrail en détenant encore 50%) pourrait très rapidement signer pour un des plus beaux, les plus grands, et les mieux fréquentés de Paris. Un théâtre très bien situé, très bien entretenu, avec un restaurant qui intéresse les salariés du quartier à midi pour les déjeuners d'affaire haut de gamme et qui est une halte heureuse pour les spectateurs du soir. Bref un théâtre qui vaut très cher...

Il est paradoxal de voir les grandes fortunes se battre pour des théâtres que désormais il est très difficile de les rentabiliser. Bientôt, les places seront plus chères dans les théâtres subventionnés. Les spectateurs ont appris à naviguer sur internet et à décrocher les meilleures offres, les prix cassés ! Et lorsqu'ils n'ont pas le temps de surfer sur internet où l'on voit même des comités d'entreprise revendre des places, ils passent directement par les billetteries électroniques des revendeurs qui ont pignon sur rue : tels ticketac.com ou vente-privée.com/spectacles et qui eux-mêmes font des promotions

Résultat : le nombre de spectateurs ne garantit plus la recette. Il n'y a guère, les relevés de fréquentation étaient accessibles et l'on savait, selon la recette, si un spectacle marchait ou non. Ce temps là est révolu.

Et les grands financiers qui s'entichent de théâtres, devraient d'abord avoir des hommes et des femmes de qualité à mettre à leur tête. Autrement : ils sont obligés de rapidement revendre, exactement comme cela vient de se passer.


Légende photo : "Produit rare" ? Le théâtre de l'Atelier (DR) A vendre par la société qui en est propriétaire et l'exploite.


Via Le spectateur de Belleville
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