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Corinne Lepage : Une femme en avance

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INFLUENCEUR. Après avoir lutté toute sa vie en faveur d’un développement véritablement durable, Corinne Lepage s’inscrit aujourd’hui comme une référence en matière d’écologie. Portrait d’une militante libre, pragmatique et pionnière du droit de l’environnement en France.

Ce qui fait la force de cette écologiste de la première heure ? Sa liberté, son indépendance et sa lucidité. Dès le début des années 1970, alors que la protection de l’environnement n’intéresse ni la sphère économique ni l’univers politique, l’avocate en est convaincue : l’écologie sera le grand sujet du XXIe siècle. À l’initiative de l’un des premiers cabinets dédiés au droit public, Corinne Lepage s’inscrit au fur et à mesure de sa carrière comme la référence en matière de protection de l’environnement, jusqu’à devenir la bête noire des lobbies automobiles et nucléaires. « Nous sommes passés en quelques années de la simple nuisance locale à un enjeu sanitaire mondial et irréversible », alerte l’experte engagée en politique depuis les années 1980.

Porter des idées

« Le but n’était pas forcément d’être élue, mais de porter des idées », raconte celle qui a toujours milité en faveur d’une écologie pragmatique, résolument ancrée dans le réel. Devenue adjointe au maire de Cabourg, elle est choisie par Alain Juppé pour prendre la tête du ministère de l’Environnement en 1995. « Il s’agissait à l’époque d’un petit portefeuille ministériel, se souvient l’avocate. Rien à voir avec aujourd’hui. » 

Dès le début des années 1970,  l’avocate en est convaincue : l’écologie sera le grand sujet du XXIe siècle. 

Un an après son arrivée au gouvernement, Corinne Lepage fait voter la première loi sur l’air. Un texte visant à prévenir et lutter contre la pollution atmosphérique —  prévoyant notamment la possibilité d’instaurer une circulation alternée dans certaines agglomérations en cas de pic de pollution —, qui mettra plus de vingt ans à être appliqué. En cause : le manque de « détermination » de son successeur Dominique Voynet, et la pression des lobbies automobiles, « qui ne veulent pas entendre parler de protection de l’air ». Pas question pour autant d’y voir un échec. « C’est simplement une grande perte de temps », estime celle qui, consciente des limites de l’action gouvernementale, depuis 1996, multiplie les « fronts d’action » au sein de la société civile.

« Changer nos priorités »

Présidente du Criigren (comité de recherche et d’information indépendante sur le génie génétique), du parti politique Cap 21 ou encore du think tank « 2 degrees investing »… Corinne Lepage travaille, bouscule, interpelle, jusqu’à plaider en faveur d’un « new deal écologique » en 2006. En l’espace de 15 ans, elle aura porté au total près de 500 propositions économiques en faveur de la protection de l’environnement.

Corinne Lepage travaille, bouscule, interpelle, jusqu’à plaider en faveur d’un « new deal écologique » en 2006

Son souhait pour l’avenir ? Que nous arrivions collectivement à « changer nos priorités » et à « compter autrement »« Il faut arrêter de calculer la croissance en fonction du PNB », estime cette ancienne proche de François Bayrou, qui a très vite apporté son soutien à Emmanuel Macron. Et si elle reconnaît à son ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, les qualités d’un « homme sincère et authentique », elle craint que son champ d’action soit limité. « Il ne s’engage que sur du long terme, or nous avons besoin d’actions immédiates », alerte-t-elle. Fière des combats remportés, mais consciente qu’il reste encore beaucoup à faire pour un développement véritablement durable, l’avocate s’emploie dorénavant à « passer le relais ». Humble et optimiste, Corinne Lepage le sait : elle n’a plus rien à prouver, mais tout à transmettre. 

 

@CapucineCoquand

 

Sa plus grande fierté ? Lorsqu’en 1996, alors ministre de l’Écologie, elle refuse de signer le décret d’autorisation de redémarrage du réacteur nucléaire de Creys-Malville en raison d’irrégularités juridiques. « J’ai tenu bon » se souvient celle qui ne craint ni les critiques ni les attaques. 

 

Déclaration universelle des droits de l’humanité - Charte pilotée par Corinne Lepage en 2015 qui comprend quatre grands principes : la responsabilité, la dignité, l’équité intergénérationnelle et la continuité de l’espèce humaine et qui a vocation à être signée à la fois par les États et par les entreprises. 

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Compte-rendu des Rencontres de France Audacieuse autour de Corinne Lepage

Compte-rendu des Rencontres de France Audacieuse autour de Corinne Lepage | ReCap21 | Scoop.it

Corinne Lepage et Alexia Germont

 

France Audacieuse : "Compte-rendu des Rencontres de France Audacieuse autour de Corinne Lepage"

 

Première édition des Rencontres de France Audacieuse avec Madame Corinne Lepage, Avocate, ancienne ministre, ancienne députée européenne, autour du thème « Industrie et Développement Durable », le 28 septembre 2017, en partenariat avec la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.

 

La Rencontre est accueillie par Olivier Mousson, Président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, association créée en 1801 par Bonaparte et première association reconnue d’utilité publique.Il évoque les valeurs communes de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale avec  France Audacieuse et sa Présidente fondatrice, Alexia Germont, à savoir notamment mettre en avant en Europe, le développement de l’économie durable. Il souhaite, avec France Audacieuse, faire de l’Hôtel de l’Industrie, un hub pour tous les Think Tanks qui partagent ces  idées communes. Le thème de la conférence de ce soir correspond bien à l’esprit de la Société d’Encouragement de l’Industrie Nationale : l’industrie en 1801 désignait l’ensemble des activités économiques donc non seulement l’industrie manufacturière mais également l’agriculture, la finance, le commerce, c’est-à-dire le développement durable.

 

Alexia Germont introduit le débat en présentant Corinne Lepage, première invitée de France Audacieuse, dans ces Rencontres : Corinne Lepage est Audacieuse, libre et compétente, à l’avant-garde des combats d’idées. Il était tout naturel qu’elle fût la première invitée des Rencontres de France Audacieuse. Think Tank indépendant créé fin 2016, France Audacieuse est un laboratoire d’idées, libre dans le ton, regroupant des personnalités issues de la société civile, légitimes par leurs parcours et leurs compétences et sans attaches dogmatiques. Association à but non lucratif effectuant un travail de pédagogie auprès du plus grand nombre, France Audacieuse vise à faire entendre les propositions de la société civile dans le débat démocratique autour de deux axes phares :

  • un pilier « Economie » traitant essentiellement de la richesse produite au travers des sujets économiques, bancaires, financiers et juridiques. L’innovation et l’entrepreneuriat sont au cœur de ses préoccupations.
  • un pilier « Organisation Sociétale » couvrant les politiques de santé, les nouvelles technologies, l’environnement, la Défense (y compris la lutte contre le terrorisme), la culture, le sport et la cohésion sociale.

France Audacieuse regroupe aujourd’hui 20 contributeurs, a déjà produit plus de 100 publications et a rassemblé plus de 100 000 visiteurs uniques et 420 000 visites de son site internet.

 

Ouverture du débat

Alexia Germont : J’ai deux questions introductives : 1/ À quel moment en France situez-vous le passage de l’écologie politique et militante à l’écologie inclusive et transversale ? 2/ Et pourriez-vous brosser les grands enjeux du développement durable ?

Corinne Lepage:

Pour le premier point : C’est lié au changement de nature  des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il y a quatre décennies, parler d’environnement, c’était parler de pollution locale, de Nature, de problèmes de pollution réversibles et qui concernaient peu de personnes. Aujourd’hui les questions auxquelles nous sommes confrontés sont d’une nature totalement différente car il s’agit de l’insertion de l’espèce humaine dans le monde qui l’entoure. Le passage à une nouvelle ère fait que nous avons bouleversé les mécanismes et les équilibres de la planète : or la planète peut se sauver toute seule, sans nous, le sujet c’est la survie de l’Homme. C’est de savoir comment nous faisons face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés.

Pour le second point : La question des grands enjeux du développement durable, c’est est-on capable de faire un modèle de développement économique pour faire vivre une humanité de 9 milliards de personnes? Il y a quelques décennies nous étions 3 milliards d’êtres humains, nous sommes à présent 7 milliards et demi et nous sommes partis pour 9 milliards. Comment faire vivre 9 milliards d’être humains avec les impacts croissants sur ce qui les entoure ? Et ce n’est pas seulement la question du climat. Ce problème du changement climatique est lié aux autres problèmes, aux autres bouleversements : les problèmes liés à la perte de biodiversité qui rompt les équilibres, les problèmes liés aux questions de santé environnementale, tout est lié. Nous sommes en face d’un enjeu colossal : dans un temps court il faut transformer le modèle économique pour continuer d’avoir un développement économique et sans que l’espèce humaine disparaisse. L’enjeu est là. Et ce n’est pas un problème de pays riches non plus. Car l’inégalité s’ajoute à l’inégalité, et les pays pauvres sont les premières victimes alors qu’ils sont les moins responsables. Par exemple, les habitants des îles Vanuatu qui vont disparaître, ou les Lapons qui vivent dans les zones les plus polluées du monde, sont les premières victimes. Les plus demandeurs sont les pays du Sud, pas les pays du Nord.

 

I/ Les constats

Alexia Germont : Une fois le débat posé en matière d’enjeux de développement durable, arrêtons-nous rapidement sur les constats. Dans un premier temps, il convient de faire une mise en perspective du poids de l’industrie dans l’économie française. Quelques repères : une étude du Cercle de l’Industrie présidé par Philippe Varin a été présentée juste avant les élections présidentielles. Il en ressort les quelques chiffres suivants : décrochage de l’industrie en France qui est aujourd’hui à 12,5 % du PIB contre 16,5 % en 2000, alors qu’en Allemagne l’industrie représente encore environ 23 % du PIB ; destruction du quart des emplois sur les 10 dernières années : elle emploie encore 2,7 millions de salariés directs hors intérim, et cela concerne 235.000 entreprises industrielles. Une fois ces balises posées comment, dans votre expérience, l’industrie manufacturière appréhende-t-elle les enjeux de développement durable ?

 

Corinne Lepage : Nous sommes assez fascinés par ce que Jeremy Rifkin appelle l’âge de l’accès. Le passage à ce qu’on appelle une économie de fonctionnalité. Vous n’achetez plus un produit, mais un service qui est l’utilisation de ce produit. La création de valeur se fait sur l’usage mais on a oublié que pour faire l’usage,  il faut le produit, et il faut le fabriquer. Les Français et les Anglais ont fait l’erreur de l’oublier. Ensuite, on avait des industries assez traditionnelles dans certains secteurs comme l’aciérie et qui n’ont pas toujours su prendre le tournant comme le montre l’exemple d’Arcelor. Progressivement, on a perdu notre base de départ qui était l’acier. Et on a eu du mal à se mettre dans le train de la transformation du 21e siècle. Avec une deuxième difficulté : en France, nous avons de très grands groupes, on a des startups et des PME mais on ne fait pas des ETI. On a aussi beaucoup de mal à renouveler le tissu industriel: la quasi totalité du CAC 40 n’a pas changé depuis 30 ans, à la différence de la situation aux Etats-Unis. Par ailleurs, une entreprise, au sens réel, a pour but de durer. Et pour cela il faut qu’elle soit durable : il lui faut avoir une conception  de son mode de fabrication, de son produit, de son marché qui lui permette de durer, or nous sommes dans un monde nouveau avec de nouveaux critères. Un juge australien vient de condamner une entreprise pour n’avoir pas suffisamment intégré l’action climatique dans ses modalités d’action: cela revient à considérer cette attitude comme une faute de gestion. Il faut donc prendre en compte les matières premières, l’action sociale dans le développement durable. Il y a 3 pieds en interaction dans le développement durable : l’économique, le social, l’environnemental. Donc l’entreprise qui se veut durable va forcément s’intégrer dans le développement durable, ce qui veut dire par exemple des rapports aux salariés différents, l’économie circulaire, l’innovation salariale avec des microstructures dans l’entreprise. La pression se fait dans ce sens là et quand ce n’est pas fait dans ce sens alors l’écologie est punitive.

 

Alexia Germont : Mais il serait réducteur de n’évoquer que l’industrie traditionnelle sans s’arrêter avec vous sur l’industrie énergétique. Quelques repères : 5 entreprises du secteur de l’énergie sont dans le CAC 40 ; cela représente 136.000 emplois soit 0.6% de l’emploi industriel total en 2012 et 2% de la valeur ajoutée en France. Une fois ces balises posées comment, dans votre expérience, l’industrie énergétique appréhende-t-elle les enjeux de développement durable ?

 

Corinne Lepage : Elle est bien obligée de les appréhender. C’est un sujet colossal car l’énergie est au cœur de toute l’économie. Nous vivons une révolution énergétique en rythme accéléré. Ce qui était hyper subventionné est devenu hyper rentable. Le photovoltaïque connaît une deuxième baisse des prix de 70 % en cinq ans. Pour les centrales électriques les plus développées, l’électricité sort à 3 centimes du kWh, l’éolien sort à 7 centimes, le vieux nucléaire à 5/6centimes, le nouveau à 12 centimes, l’éolien terrestre à 6/7centimes, l’éolien maritime est maintenant à 7 centimes. En Europe, on a des pays avec plus de 50 % du renouvelable dans le bouquet énergétique. C’est une transformation complète. Là les sortants sont ceux qui promeuvent les vieilles énergies. Et ils ne veulent pas sortir du marché. Le charbon, l’énergie la plus contributrice en gaz à effets de serre, baisse en consommation. La Chine est championne à présent du renouvelable. Et il y a une pression des O.N.G. pour ne plus financer des centrales à charbon en Chine ou ailleurs. Car ce n’est pas une pollution qui reste locale. Pour le pétrole : on s’est bien trompé. On pensait qu’il n’y en aurait plus, or il y en a toujours. Et si on veut en rester à 2 degrés, il faudrait laisser 60 % des hydrocarbures dans le sous-sol. On n’est pas parti pour, d’autant qu’on cherche maintenant des pétroles non conventionnels, très émetteurs de gaz à effets de serre. Les Accords de Paris c’est bien, mais il n’y a rien d’obligatoire et les problèmes d’argent ne sont pas réglés. Le fond vert n’est pas alimenté et qu’en est-il des pays pétroliers qui veulent être indemnisés alors que les victimes pensent que ces pays devraient être les payeurs, car étant les principaux responsables. Et l’effet prix (il avait considérablement monté) n’a pas joué car les États-Unis ont développé des gaz et pétrole de schiste et l’Arabie Saoudite a cassé le marché en augmentant sa production : tous les Etats producteurs ont vu leur rente pétrolière divisée par trois. En face il y a le bouleversement du nucléaire : il a représenté 2 % de la consommation électrique mondiale en 2016. Nous sommes le seul pays au monde à croire que c’est l’énergie d’avenir. Les autres n’en font plus car ce n’est pas rentable et c’est plus cher que le renouvelable. La Caroline du Sud a ainsi arrêté cet été le chantier de deux réacteurs.

Il y a la question du stockage de l’électricité : le jour où on trouve la solution technique et pas trop chère, il n’y aura plus de problème d’intermittence de l’énergie renouvelable et tout le reste sera mort. Et il y a une chose très intéressante qui se passe en Afrique : on voit sur l’énergie la même chose que ce qui se passe pour le téléphone. 4 milliards d’Africains ont un portable. Les pays du Sud ont ainsi économisé tous les investissements en infrastructures lourdes pour le téléphone fixe, et pour l’électricité c’est la même chose: ils pourront avoir directement une électricité décentralisée solaire pour permettre au particulier d’alimenter le portable.

 

Alexia Germont : Le panorama ne serait pas complet si l’on n’évoquait pas l’industrie financière ; le terme exact devrait plutôt être les services bancaires et financiers, y compris assurance. Quelques repères à avoir en tête : le poids de l’économie du secteur bancaire et financier se monte à 4,6% du PIB contre 4,9% pour la moyenne européenne ; le secteur bancaire emploie environ 400.000 personnes, c’est l’un des premiers employeurs privés en France ; l’activité du secteur pèse 3% du PIB en 2011 contre 2,4% en 2008 au plus gros de la crise. De votre expérience, l’industrie bancaire et financière intègre-t-elle les enjeux de développement durable ? Et si oui de quelle façon ?

 

Corinne Lepage : Je ferais une différence dans l’approche entre l’assurance et la banque. L’assurance prend «plein pot » les questions dont nous avons parlé. Le coût des catastrophes naturelles a augmenté d’un facteur dix en l’espace de 10 à 12 ans ce qui a amené un assureur à déclarer « je ne sais pas assurer un monde où l’augmentation de la température dépasse deux degrés« . Tout le système en matière d’assurances, qui est basé sur l’aléa, est remis en cause par l’augmentation croissante des catastrophes naturelles qui ne pourront plus être couvertes. Par exemple le littoral : la couverture assurancielle ne couvre plus les maisons au-delà de trois inondations. On est alors obligé de vendre la maison qui ne vaut plus rien car elle n’est plus assurable. A partir de l’assurance, on repose la question du modèle et de son changement. Les assureurs sont plutôt des alliés du changement de mentalité et de modèle de développement, car leur propre modèle ne marche plus.

La banque, ce n’est pas tout à fait pareil mais elle se transforme. Longtemps la banque a plutôt financé des activités conventionnelles, considérées comme plus rentables. J’ouvre une parenthèse : nous avons un système économique, comptes publics et comptes privés, qui est borgne, car le système ne prend en compte que les flux et pas les stocks. Quand vous imaginez faire de la création de valeur en augmentant les flux et détruisant les stocks, cela pose un problème ; il est évident que nous allons devoir aller vers l’internalisation des coûts externes, c’est à dire prendre en compte les coûts portés aux stocks. Le système de PNB, par exemple, qui est uniquement un système de flux est absurde car une tempête augmente le PNB alors même que le patrimoine baisse. Or tant qu’il n’y a pas de système d’internalisation des coûts, il y aura un problème car les secteurs de la banque et la finance ne peuvent pas eux-mêmes intégrer ces coûts quand le système ne les intègre pas. Par ailleurs, en ce qui concerne la question climatique, les choses ont commencé à changer très sérieusement quand les banques ont compris que financièrement cela devenait dangereux : une entreprise qui ne prend pas en compte son risque climat, s’expose et son équilibre financier peut être menacé. Le risque doit donc être pris en compte dans sa stratégie tant économique que financière. Le monde de la finance commence à s’intéresser à ces questions. Et des instruments spécifiques sont en train d’être inventés. Par exemple les Green Bonds, nouvel outil financier qui existe depuis trois ans.

 

Questions de la salle

Éric Thuillier, Délégué Général du Pacte Civique : Je n’ai pas entendu le mot de sobriété. Or il semble au Pacte Civique que ce serait une vertu qui pourrait aider à résoudre le problème qui se pose. Quel serait l’impact d’une industrie qui serait sobre ?

Corinne Lepage : Oui la sobriété est importante. En même temps que l’on dit cela,  on vit une révolution digitale or pour l’emploi c’est terrifiant. Et maintenant des métiers plus qualifiés sont touchés aussi, le droit, la santé, et d’autres  transformations s’annoncent avec la disparition de la monnaie. Comment faire pour marier les deux, la sobriété qui est indispensable – depuis le mois d’août de cette année, on vit à crédit- et la révolution numérique, avec la restriction de l’emploi : on a tout sur le dos en même temps.

 

Catherine Kratz, Avocate : Il s’agit plutôt d’une remarque concernant l’industrie pétrolière qui s’engagerait dans une voie optimiste en terme d’environnement, en pensant que l’adaptation serait possible.

Corinne Lepage : Les pétroliers ont d’abord payé des scientifiques pour dire qu’il n’y a pas de changement climatique puis ils ont dit que ce n’était pas la faute de l’Homme. Mais pendant ce temps ils ont aussi investi dans les nouvelles énergies par exemple Total investit dans une centrale solaire du Texas, le but était de gagner du temps.

 

Richard Deville, Centre des Professions Financières : Quel est l’impact sur l’environnement, d’Internet, des batteries au lithium, de l’énergie consommée pour transporter et stocker les données ?

Corinne Lepage : L’énergie utilisée par Internet représente 7 % des gaz à effet de serre, plus que l’aviation civile. Aujourd’hui il y a des Data Centers qui réutilisent la chaleur qu’ils produisent pour chauffer les habitations.

 

Stéphane Brabant, Avocat : Les principes directeurs de l’ONU, appuyés par d’autres textes comme la Directive 2014 sur l’évaluation environnementale, ne démontrent-ils pas qu’il devient obligatoire pour les entreprises de s’impliquer ? Que ce n’est plus du droit souple ?

Corinne Lepage : Je faisais partie de ceux qui étaient contre le droit « mou » considérant que c’était de la communication. Mais progressivement on va vers un monde où les juges pensent qu’une charte est un droit très dur car elle engage. Par exemple, dans le dossier Erika, la Cour de cassation a considéré que le fait que Total  n’ait pas respecté ses propres règles de contrôle était la preuve de sa négligence grave. Et dans la justice climatique, on voit des citoyens saisir des juges pour faire condamner des États et les contraindre à aller dans la direction des accords de Paris. Je travaille depuis 2 ans et demi à l’adoption d’une déclaration universelle des droits de l’Humanité. Aujourd’hui, elle a été signée par des ONG, des institutions, des villes, des régions, un État et elle a été adressée en avril 2016 par la France à l’ONU. Son adoption, si elle intervenait, serait une forme d’engagement à faire. Donc on va vers un monde où d’un côté le politique est frileux, et de l’autre la société civile avec les juges, est en train de construire autre chose.

 

Danielle Nocher, Valeurs Vertes : Ne pensez-vous pas que le développement durable est devenu un facteur d’innovation technologique et social et que peut faire l’Europe pour aider le mouvement?

Corinne Lepage : Il y a des innovations formidables dans tous les domaines : par exemple, le bio mimétisme, c’est à dire imiter ce que la Nature a su faire – ainsi le Kevlar a été pensé à partir de la toile d’araignée- on peut donc inventer de nouveaux produits et de nouveaux process ; ou bien l’économie circulaire.

 

II/ Les pistes de réflexion pour faire avancer les objectifs de développement durable

 

Alexia Germont rappelle qu’en 2015, le Rapport sur le Nouveau Monde commandé par les pouvoirs publics, a été remis par Corinne Lepage à Madame Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, du développement durable et de l’Energie et lui demande d’en partager la synthèse.

 

Corinne Lepage : On a fait le constat que les réussites citoyennes, entrepreneuriales, territoriales se multiplient; en les regroupant à grande échelle, un nouveau modèle économique est possible mais la bascule n’a pas encore eu lieu. On a réfléchi à ce qui bloquait : on est incapable de faire la massification de ce qui marche. Comment faire pour massifier, développer les bonnes pratiques ? Ce type de réflexion est transverse. 100 propositions ont été faites dans ce rapport : 80 concernent l’Etat et 20 concernent les autres acteurs, et parmi ces dernières propositions, il y a en une qui était de constituer une organisation d’entreprises d’une dizaine de secteurs très divers, avec beaucoup de grosses fédérations pour s’adresser à 8 à 10000 entreprises, il s’agit du MENE, Mouvement des Entreprises de la Nouvelle Economie. Nous mettons nous-mêmes en œuvre ces propositions. Nous proposons ainsi à nos membres, un indice, l’Indice MENE, pour voir l’impact sociétal d’une entreprise, ce qu’elle apporte à la société. Il est calculé à partir de critères comme l’emploi, la fiscalité. Et on voit que la petite entreprise est extrêmement profitable sur le plan sociétal, on arrive à des indices de 60 quand on a de grandes entreprises qui ont des indices de 10 ou 15 parce que la fiscalité part ailleurs ou parce qu’il y a moins d’emploi. La petite entreprise apporte donc plus que la grande sur le plan sociétal. C’est une autre philosophie. On fédère aujourd’hui 8 à 9000 entreprises avec les fédérations. Cela marche dans tous les secteurs.

 

Alexia Germont : Vous avez vous-même mis en œuvre des propositions issues de la société civile, comme quoi cela fonctionne la société civile !

Lors de la préparation de ce débat, nous avons isolé ensemble trois grandes thématiques comme susceptibles de faire progresser les objectifs de développement durable : les passerelles entre transition numérique et développement durable, une Europe leader de la transition énergétique, un secteur financier utile au développement durable. Déclinons donc ensemble chacun de ces trois thèmes.

 

Premier thème : Comment concevez-vous l’utilisation de la transition numérique en matière de progression du développement durable ? D’abord quelques repères à considérer ; Vincent Champain souligne les impacts positifs de la transition numérique : l’impression 3D pour la production et le prototypage, l’optimisation de la production, la maintenance prédictive pour réduire les arrêts de la production, les jumeaux numériques pour suivre l’état précis d’une machine sans devoir arrêter l’unité de production.

 

Corinne Lepage : Il y a en effet aussi un aspect très positif dans le numérique. De fait, on ne peut pas avoir de transition énergétique sans numérique. Il ne peut pas y avoir de ville durable sans numérique. Par exemple la voiture en ville : on sait que 30% des voitures tournent pour trouver une place. Le jour où on pourra avoir une application qui indiquera à l’automobiliste le trajet et l’endroit où il trouvera de la place, comme pour l’Autolib, on désengorgera le trafic de l’ordre de 30%. Il y a donc des progrès qu’on peut faire avec Internet.

 

Deuxième thème : Pensez-vous qu’il existe une brèche pour l’Union Européenne pour devenir leader mondial de la transition énergétique?

 

Corinne Lepage : Le problème c’est que l’Europe a été leader.  Quand j’étais ministre en 1997, j’ai négocié pour la France le « partage du fardeau » qui a préparé Kyoto. À l’époque on était arrivé à obtenir un niveau de 25% de réduction des gaz  à effet de serre au niveau de l’Europe. À Kyoto on s’est arrêté  à 11% parce que les autres ne voulaient rien faire globalement. À l’époque, c’était l’Europe qui était championne. Il y avait des entreprises allemandes et espagnoles dans le solaire et l’éolien. Cela commençait. Puis on a abandonné le lead depuis. Peut-on retrouver le lead? Sur certains secteurs c’est extrêmement difficile, par exemple, les panneaux chinois restent très bon marché. Certaines entreprises en Europe (allemandes et même françaises) font des panneaux solaires plus sophistiqués de deuxième génération qui peuvent entrer en concurrence mais cela va être très difficile. Il y a un domaine où on peut être leader, c’est le stockage. On en est au tout début. Si on met vraiment tous nos efforts pour faire un vrai « Airbus » du stockage, c’est à dire à égalité entre les uns et les autres, on peut vraiment devenir des leaders mondiaux et là il y a beaucoup d’activités et d’emplois.

Troisième thème : Est-il réaliste de mobiliser davantage le secteur financier pour financer les investissements nécessaires à la transition énergétique? Pour mettre en perspective ce thème, il faut rappeler les conclusions d’un rapport rendu en juillet 2017 par France Stratégie, qui partait d’un constat, le marché intérieur des Etats-Unis va être éclaté entre les Etats fédérés qui vont suivre les accords de Paris et ceux qui ne vont pas les suivre et choisir une utilisation intensive des énergies fossiles. En conséquence, ce rapport proposait 4 chantiers : 1/ une stratégie unifiée du prix du carbone ; 2/ développer le potentiel du marché unique ; 3/ le soutien en matière de recherche et de développement dans la transition énergétique à l’échelle européenne ; 4/ une mise en perspective d’un financement innovant et  politique par la BCE et par la Banque européenne d’investissement, parce que là il y a de l’argent à flécher.

 

Corinne Lepage : C’est clair qu’il y a de l’argent à flécher. Il y a beaucoup d’argent et pas forcément là où il faut, sans compter un sujet dont on ne parle jamais mais qui est sous-jacent, c’est la manière dont l’économie  noire a envahi l’économie grise et l’économie blanche. C’est un sujet tabou, dont on ne parle jamais mais qui est majeur, parce que les choix d’investissement sont souvent liés à ce qui est « derrière ». Cela on n’en parle pas alors que c’est un vrai sujet.

 

Alexia Germont : La réserve des paradis fiscaux est évaluée à 6.000 milliards de dollars.

Corinne Lepage: Il y a 20 ans on savait bien identifier l’argent noir et puis le reste. Aujourd’hui on ne sait plus. Car l’argent noir devient gris et quand il est gris, il est blanc. Concernant les préconisations de France Stratégie, c’est très intéressant mais il y un problème avec des stratégies de mix énergétique en Europe qui sont trop divergentes. Cela ne peut pas continuer comme cela pour un marché européen unifié. On a des pays du nord de l’Europe qui sont à 70% de renouvelable, d’autres comme le Luxembourg qui sont à 3% de renouvelable, la France qui est dépendante du nucléaire, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique qui ont arrêté le nucléaire. On ne peut pas faire un marché de l’énergie avec un mix énergétique qui part dans tous les sens, ce qui a des conséquences y compris sur le sujet abordé, le prix du carbone. Car il faut un prix du carbone. Mais ceux qui ne veulent pas du nucléaire disent que cela favorise trop la France, parce qu’avec le nucléaire, il n’y a pas de carbone. Il y a des problèmes liés à des mix énergétiques trop divergents. C’est donc un sujet à mettre sur la table.

 

Alexia Germont : Continuons sur le secteur financier utile au développement durable. Il y a beaucoup à dire, c’est un sujet passionnant et extrêmement valorisant pour tous les membres de l’industrie financière et il y a en a beaucoup ce soir dans la salle.  Juste quelques repères avant de vous poser une question. On parlait de l’offre de financement qui est considérable, avec une épargne massive. Quelques chiffres : Norges Bank, le fonds souverain norvégien qui gère les revenus du pétrole, gère quelques 700 milliards de dollars. La réserve de change en Chine, c’est 3.200 milliards de dollars. La richesse des paradis fiscaux est évaluée à 6.000 milliards de dollars. Les subventions des énergies fossiles s’élèvent à environ 550 milliards de dollars, chiffre OCDE. Donc on voit bien que la problématique de la finance utile c’est l’organisation du fléchage et il y a aujourd’hui un outil qui est disponible, qu’on appelle « impact investing », c’est une stratégie d’investissement qui génère des synergies entre impact social, sociétal ou environnemental tout en générant un retour financier neutre ou positif. D’ailleurs vous avez écrit une tribune dans un prochain numéro du magazine du Centre des Professions Financières qui sortira sur le sujet de la Finance Verte.  La question est donc la suivante. Vous paraît-il réaliste de mobiliser davantage le secteur financier pour financer les investissements nécessaires à la transition énergétique ?

 

Corinne Lepage : J’y crois beaucoup. Il y a tout à fait la possibilité de joindre l’utile et l’agréable.  C’est à dire d’avoir des fonds qui sont rentables et qui sont investis d’une manière juste et dans le sens de la durabilité. La démarche norvégienne est tout à fait remarquable. C’est l’exemple d’un pays qui a une richesse, qui l’utilise mais l’argent de cette richesse est également utilisé de façon équitable et durable. Il ne finance pas les armes, le charbon, les cigarettes. Or c’est un fonds très puissant, l’un des plus puissants du monde. On peut donc avoir une vision éthique dans la gestion de l’argent. Cela fonctionne bien. Il y a beaucoup de fonds éthiques et on se rend compte qu’ils rapportent autant que les autres.

 

Questions de la salle

 

Thierry Chesneau, partner dans une société de conseil en stratégie patrimoniale : On reçoit de plus en plus de clients qui souhaitent placer leur épargne de façon éthique, or il y a beaucoup de labels et on a des difficultés à s’y retrouver. La performance, ça viendra. Mais aujourd’hui c’est compliqué de pouvoir s’y retrouver, de choisir et d’apporter de la valeur ajoutée qui va dans le sens de l’éthique. Est-ce qu’il va y avoir une réflexion qui va nous permettre d’avoir quelque chose de plus stable et de plus durable ?

Corinne Lepage : Je l’espère mais je n’ai pas la réponse à cette question. Je travaille un peu sur la finance carbone parce que je préside une ONG qui s’appelle « 2 degrés investing », une association qui fait des études sur la finance carbone ; les études donnent des perspectives intéressantes sur l’article 173 de la loi sur la transition énergétique. Mais c’est nécessaire d’avancer sur cette question des labels, qui ne concerne pas que la finance d’ailleurs, car on a trop de labels dont on ne peut connaître la valeur.

 

Alexia Germont: La Fédération Bancaire Française essaie de pousser l’idée d’avoir un « Green supporting factor » qui serait un label qui permettrait de faire une cartographie des bilans des entreprises.

 

Éric Thuillier, Délégué Général du Pacte Civique: Qu’en est-il avec la caisse des dépôts et consignations qui manie beaucoup d’argent?

 

Corinne Lepage : La CDC travaille beaucoup sur ces sujets : elle a des outils de biodiversité, mais elle pourrait le faire de manière plus large pour donner plus de visibilité à ces thématiques.

Par ailleurs, je souhaiterais conclure sur une idée que j’ai depuis plusieurs années : créer un fond de restauration. On a beaucoup détruit et il faut maintenant réparer. Il n’y a pas suffisamment d’argent pour le faire, que ce soit dans le public ou le privé. Il faudrait donc faire un fond de remédiation  dans lequel on accepterait de placer l’argent sur du très long terme, en bénéficiant d’un régime fiscal analogue à celui de la forêt, qui est très avantageux en particulier sur les droits de succession car fondé sur le long terme. Par exemple on pourrait placer l’argent sur 30 ans et vos enfants ou la collectivité pourraient en bénéficier. On pourrait avoir ainsi plusieurs centaines de millions d’euros pour avoir des chemins de fer là où il n’y en a plus, adapter notre environnement au changement climatique.

 

Alexia Germont : Une clôture sur l’avenir !

Rendez-vous le 23 novembre prochain, dans le même lieu pour une prochaine Rencontre pour parler innovation avec Monsieur Philippe Tibi, Professeur d’Economie à Polytechnique et Sciences Po, ancien Président de UBS France, ancien Président de l’Association des Marchés Financiers et qui a commis avec Francis Kramarz le dernier ouvrage qui a reçu le prix Turgot de l’Economie, préfacé par un certain Emmanuel Macron.

D’ici là je vous propose de méditer ces quelques mots de Jean Cocteau qui nous servent de boussole : « Le tact dans l’audace c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin. »

 

Nathalie Kaleski

14 octobre 2017

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L'écologie "n'est pas la tasse de thé" d'Emmanuel Macron, constate Corinne Lepage sur franceinfo

Regardez L'écologie "n'est pas la tasse de thé" d'Emmanuel Macron, constate Corinne Lepage par franceinfo sur Dailymotion

 

L'avocate et ex-ministre de l'Environnement, invitée de franceinfo jeudi, a estimé que le président de la République n'avait pas la "sensibilité" écologiste.

 

L'ancienne ministre de l'Environnement, Corinne Lepage, invitée de franceinfo jeudi 2 novembre, a déclaré que l'écologie "n'est pas la tasse de thé" d'Emmanuel Macron.

L'écologie, "ce n'est pas sa formation, sa sensibilité", a-t-elle ajouté. "Je ne suis pas sûre qu'il se rende compte de la gravité de la situation sur le plan climatique", a estimé la présidente de Cap21, une fondation en faveur du développement durable. Pendant la campagne présidentielle, Corinne Lepage dit toutefois "avoir réussi, avec d'autres, à infléchir le programme" du candidat Macron. 

 

 

Nicolas Hulot a besoin de "soutien"

Corinne Lepage a estimé que Nicolas Hulot "essaie de sauver les meubles" au gouvernement. "C'est pour cela qu'il faut le soutenir", a-t-elle déclaré à propos du ministre de la Transition écologique et solidaire, regrettant qu'on le fasse agir et parler sur des mesures à effet lointain. "Sur les mesures immédiates, le glyphosate, les perturbateurs endocriniens, les milliards dépensés dans le nucléaire, le pauvre malheureux, il ne peut pas grand-chose", a-t-elle lancé. 

 

Si elle était à la place de Nicolas Hulot, Corinne Lepage aurait "probablement" déjà quitté le gouvernement. "Mais je ne suis pas un bon exemple. C'est pour ça que ne n'y suis pas sans doute", a lancé la présidente de Cap 21. 

Emmanuel Macron "décide de presque tout"

Corinne Lepage, qui avait soutenu la candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle, a dit lui maintenir sa confiance et souhaité qu'il réussisse, tout en  regrettant le "peu d'autonomie" de l'équipe gouvernementale. Dans la manière de décider, il y a une espèce de brutalité", a estimé Corinne Lepage, qui publie un livre intitulé À bout de confiance. Selon l'ancienne ministre, Emmanuel Macron "ne décide pas brutalement, mais il décide de presque tout"

 

"Certaines personnes ont l'impression de ne pas être considérées", a poursuivi Corinne Lepage. "Il n'y a pas de personnalités très fortes, sauf peut-être Nicolas Hulot qui essaie de faire ce qu'il peut." Elle avait approuvé la création des comités En Marche partout en France au moment de la campagne présidentielle. "J'ai l'impression qu'on est passé à autre chose", a regretté la présidente de Cap 21.

Dans l'attente du pan "solidaire" de la politique fiscale

Interrogée sur l'étiquette de "président des riches" donnée à Emmanuel Macron par les opposants à sa politique, Corinne Lepage a estimé que "ce n'est pas très juste" et que pour le moment, "l'orientation fiscale est plus favorable aux super-riches plus qu'aux classes moyennes".

Toute la campagne s'est faite sur deux-pieds, l'efficacité et la solidarité. Là on voit bien le pied de l'efficacité, celui de la solidarité, j'attends de voir.

Corinne Lepage

à franceinfo

Corinne Lepage ne s'est pas prononcée contre la suppression de l'ISF, "qui n'est pas un impôt intelligent" à la condition, a-t-elle ajouté, "qu'il y ait une contrepartie considérable pour tous ceux qui se sont pas concernés par l’ISF et elle n’y est pas".

Par ailleurs, Corinne Lepage a regretté que la loi de moralisation de la vie publique se soit "arrêtée au milieu du gué". "C'est la 31e [loi] et je pense qu'il en faudra une 32e", a-t-elle déclaré. "On n'a pas touché aux questions de financement des partis politiques." L'avocate a estimé que "le monde" était "profondément corrompu au niveau international". "Je suis administratice à Transparency International depuis 20 ans. En France, nous sommes classés 26 ou 27e régulièrement, ce qui n'est pas une catastrophe par rapport à nos voisins, mais ce qui n'est pas terrible."

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Etats Généraux de l’Alimentation, chaque citoyen est appelé à voter pour les propositions avant le 20/10/2017

Etats Généraux de l’Alimentation, chaque citoyen est appelé à voter pour les propositions avant le 20/10/2017 | ReCap21 | Scoop.it

A l’occasion des Etats Généraux de l’Alimentation, chaque citoyen est appelé à voter pour les propositions avant le 20/10/2017.

C’est très simple, il suffit de vous inscrire sur le site des Etats Généraux en suivant les liens ci-dessous.

Dans ce cadre, les professionnels de la bio, les producteurs, les transformateurs et distributeurs, ainsi que les membres du conseil d’administration de l’Agence Bio ont formulé des propositions communes en faveur du développement de l’agriculture biologique pour les 5 années à venir.

Il s’agit notamment de

Promouvoir un plan dédié à l’agriculture biologique
Introduire des produits bio et locaux en restauration collective publique,
Pérenniser le soutien aux producteurs bio pour financer les services environnementaux et sociaux.

Votez pour les propositions de l'Agence Bio !

De son côté, le SYNABIO, syndicat des entreprises de la bio, a posté sur le site des Etats Généraux 8 propositions pour faire de la France le 1er pays bio d’Europe en 2022 et nous vous invitons également à voter en ligne pour les soutenir.

Votez pour les propositions du SYNABIO !

Mobilisez-vous avant le 20 octobre !

Merci de soutenir les projets des acteurs de la bio.

 

COMMENT ACCOMPAGNER la TRANSFORMATION de NOTRE AGRICULTURE ?

- Développer l’économie circulaire en augmentant notamment les installations de compostage et de méthanisation
-Définir un plan stratégique « agriculture du futur »

-Mettre en place une campagne de sensibilisation des producteurs
- Fixer dans la restauration collective un pourcentage de produits issus de l’agriculture biologique

-Élargir le champ des certificats d’économie en produits phytopharmaceutiques (CEPP)
-Mettre en place une campagne de sensibilisation des producteurs -Définir un plan stratégique « agriculture du futur »

-Amplifier le dispositif de certification “Haute Valeur Environnementale” des exploitations agricoles

-Les Fermes d'Avenir : une démarche expérimentale à accompagner -Instaurer une taxe verte

-Créer une plateforme numérique collaborative pour les exploitants agricoles

-Lever les contraintes de la loi semencière ( voir amendement Joël Labbé, film :Des Clics de Conscience http://www.youtube.com/watch?v=Rp44nMlVYcQ )


-La priorisation de l’accès au foncier pour les installations en agriculture biologique -Limiter la sur-mécanisation dans les fermes

 

http://ls1v.r.ca.d.sendibm2.com/8p9ajxp8iok7f.html

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Corinne Lepage : "Le glyphosate est un produit dangereux"

Corinne Lepage : "Le glyphosate est un produit dangereux" | ReCap21 | Scoop.it

Corinne Lepage invitée du Grand Soir 3 le 5 octobre 2017 à propos des pesticides et de la justice

 

La France envisage l'interdiction du glyphosate, réclamée immédiatement par d'autres pays européens. "Il n'y a pas de majorité, et la Commission veut une majorité, explique Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, invitée du Grand Soir 3. Tout cela se discute, non pas au niveau politique, mais avec des experts pour des pays qui vont probablement prendre une position d'attente. S'il n'y pas de décision d'ici le 31 décembre, il n'y aura plus d'autorisation du glyphosate."

"Ce produit tue des bactéries très utiles"

Corine Lepage met en garde les agriculteurs qui souhaitent toujours utiliser ce produit. "J'entends bien les agriculteurs qui ont besoin du glyphosate, mais c'est un produit dangereux. En plus, c'est un antibiotique, on l'a appris récemment, Monsanto l'a fait enregistré en antibiotique. Cela veut dire que ce produit tue des bactéries très utiles", insiste l'ancienne ministre.

 

Source : Grand Soir 3

http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/corinne-lepage-le-glyphosate-est-un-produit-dangereux_2406099.html

Jacques Le Bris's insight:

Corinne Lepage a lancé un site international Justice Pesticides

Voir le site Justice Pesticides

Sur Twitter  @JusticePesticid

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Lancement d’une association d’aide aux victimes de pesticides

Lancement d’une association d’aide aux victimes de pesticides | ReCap21 | Scoop.it

Epandage de pesticides à Bailleul (Nord), le 15 juin 2015

 

 

  • Lancement d’une association d’aide aux victimes de pesticides

Pour conseiller et regrouper tous ceux qui s’estiment victimes de pesticides, l’avocate Corinne Lepage a lancé lundi une association, Justice Pesticides, destinée à fournir des informations juridiques et scientifiques en vue d’éventuelles procédures.

Face à «la stratégie» des fabricants de pesticides, «la seule réponse efficace aujourd’hui est (...) la mise en réseau de toutes les victimes actuelles et futures des pesticides, qu’elles soient des agriculteurs, des voisins de lieux de diffusion, des collectivités locales, des chercheurs ou d’autres encore», explique l’ancienne ministre de l’Environnement (1995-1997) dans un communiqué.

Cette mutualisation de «toutes les actions dans le monde qui mettent en cause des pesticides» vise à «établir une base juridique et scientifique internationale qui permettra de renforcer les actions en justice».

L’association a mis en place un site internet (http://www.justicepesticides.org) qui permettra à terme de «disposer de toutes les décisions rendues dans le monde à propos des pesticides et des références des études scientifique».

Le site permet d’effectuer des recherches grâce divers filtres (mots-clés, pays de juridiction, produits visés, type de plaignants, date de la décision...).

Chacun peut enrichir la base de données en y entrant les affaires dont il a connaissance. Les contributions seront publiées après vérification par l’association.

La députée européenne Michèle Rivasi (EELV), la journaliste Marie-Monique Robin, le porte-parole de l’ONG Générations Futures François Veillerette, le céréalier Paul François, en procès contre Monsanto, et plusieurs militants, scientifiques ou juristes étrangers participent à cette initiative.

L’annonce de la création de cette association intervient alors que le gouvernement s’est engagé lundi à réaliser «des progrès significatifs» d’ici à 2022 pour tous les pesticides, dont le glyphosate. Le renouvellement de l’autorisation de cette substance, principe actif du Roundup de Monsanto, doit faire l’objet d’un vote de l’Union européenne d’ici à la fin de l’année.

AFP
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Corinne Lepage: « Je crois qu'il faut suspendre le CETA »

Corinne Lepage: « Je crois qu'il faut suspendre le CETA » | ReCap21 | Scoop.it
Corinne Lepage, ex-ministre de l'Environnement, était l'invité de Bourdin Direct sur RMC, ce mardi. Elle a réagi à l'entrée en vigueur du traité commercial de libre-échange entre le Canada et l'Union Européenne (CETA) ce jeudi. Elle demande à Emmanuel Macron la suspension provisoire de cet accord.
Jacques Le Bris's insight:

Ecouter l'enregistrement

http://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/corinne-lepage-je-crois-qu-il-faut-suspendre-le-ceta-982303.html

 

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Pourquoi nous devrions dire "Merci Mercier!"

Pourquoi nous devrions dire "Merci Mercier!" | ReCap21 | Scoop.it

La nomination de Michel Mercier au conseil constitutionnel est une très mauvaise manière faite tant au Président Macron qu'à l'institution elle-même.

 

Le choix de Michel Mercier par Gérard Larcher pour succéder à Madame Belloubet au Conseil Constitutionnel trouverait sa source dans la crainte que le président du Sénat pouvait nourrir de la concurrence du sénateur Mercier pour la présidence du Sénat, après le renouvellement de septembre. Si tel était le cas, la force de l'argument pour l'intérêt général emporte évidemment la conviction! Mais, la plus grande difficulté n'est même pas dans l'origine qui pourrait être controversée de ce choix. Elle est dans les menaces de nature judiciaire qui pèsent sur Michel Mercier. Trésorier de l'UDF puis du MoDem, signataire semble-t-il d'un certain nombre de contrats concernant les assistants parlementaires sur lesquels aujourd'hui une information pénale est ouverte, Michel Mercier n'est pas à l'abri des évolutions du dossier. S'ajoute aujourd'hui la question des emplois familiaux de ses filles, emplois qui ne sont pas illicites mais considérés dorénavant comme non éthiques... à la condition qu'ils soient réels. C'est tout l'enjeu de l'affaire Fillon et c'est cette situation qui avait conduit le ministre Bruno Le Roux à démissionner en 48 heures.

 

Dans ces conditions, le choix, de surcroît approuvé par la commission des lois du Sénat (à laquelle appartenait le sénateur Mercier) et de l'Assemblée nationale apparaît en tout premier lieu comme une mauvaise manière faite au président Macron. Non pas tant parce qu'il met fin aux velléités qui auraient pu être celles du Président de souhaiter voir Michel Mercier, très proche du ministre de l'intérieur et de François Bayrou accéder à la présidence du Sénat mais plutôt parce qu''il crée "de facto" une nouvelle "affaire" que la presse ajoute aux affaires Ferrand et Pénicaud, sans compter les affaires Bayrou et de Sarnez, faisant un amalgame d'une série d'informations pénales peu compatibles avec l'exemplarité que le vote de la loi sur la confiance dans la vie publique souhaiterait instaurer. Ainsi, et de manière totalement mal fondée, ce nouvel épisode dans un feuilleton qui ne paraît pas prêt de s'arrêter semble mis à la charge du Président de la République, qui y est pourtant étranger. Pour exemple, la chute spectaculaire dans les sondages du président de la république est expliquée par la presse par une série de facteurs, dont les affaires dans lesquelles apparaît désormais l'épisode Mercier.

 

Mais le Président de la République n'est pas la seule victime de cette situation. De manière plus grave encore, ce sont les institutions qui sont mises en cause. En effet, le statut des membres du conseil constitutionnel tel qu'il résulte de la loi organique du 7 novembre 1958 et du décret du 13 novembre 1959 ne prévoit aucune protection particulière de type immunitaire pour les Sages. Cela signifie très clairement que l'hypothèse d'une mise en examen d'un sage et tout à fait possible. Il existe en réalité deux précédents, chacun de nature très différente, mais qui concernait des membres de droit du conseil constitutionnel et non pas des membres nommés. Ici, c'est en quelque sorte un risque volontaire qui est pris de voir un membre nommé concerné par une affaire pénale. La jurisprudence Balladur serait-elle envisageable et serait-elle même envisagée? Peut-être que la question ne se posera pas mais il est indéniable que le risque était plus que celle-ci se posa et dans ce cas, l'institution se retrouverait en face d'une réelle difficulté ne serait-ce que dans la légitimité des décisions qu'elle serait amenée à prendre dans l'hypothèse où rien ne serait fait.

 

De plus, bien évidemment, le sujet de la nomination des membres du conseil constitutionnel serait immanquablement posé à nouveau et ce de manière beaucoup plus concrète. Aujourd'hui, cette institution qui n'est pas une cour suprême en raison de l'existence de la cour de cassation et du conseil d'État est néanmoins conduite à jouer un rôle croissant tant sur le plan politique par le contrôle de la constitutionnalité ordinaire des lois que sur le plan juridique le développement des questions prioritaires de constitutionnalité à la disposition des citoyens. Est-il sain et normal qu'aucune condition quant à l'âge et à la compétence juridique des membres ne soit posée et plus encore que les nominations soient le fait d'autorités politiques qui n'ont de compte à rendre à personne et qui se traduisent par des choix qui s'apparentent parfois davantage à des renvois d'ascenseur de nature politique qu'à des nominations de personnalités reconnues pour leur autorité morale et leur grande compétence juridique. Il serait temps que le choix des membres du conseil constitutionnel soit confié au Parlement qui choisirait à la majorité des trois cinquièmes les hauts conseillers. La confirmation actuelle par les seules commissions des lois qui exige une majorité des trois cinquièmes pour s'opposer et non pas pour choisir n'est qu'une formalité, un emballage cosmétique d'un choix préalable. Cette élection qui pourrait se faire comme aujourd'hui par tiers conduirait évidemment à ne retenir que des personnalités incontestables sur le plan moral comme sur le plan politique, dont la légitimité serait très largement admise par tous.

 

Finalement, la nomination de Michel Mercier, aussi contestable soit-elle, permettra-t-elle peut-être à la démocratie française de faire un progrès et de disposer d'un Haut conseil dont la légitimité et l'autorité sortiront renforcées.

 

Corinne Lepage

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Démission de François Bayrou: « C'est une bonne décision qui l'honore », estime Corinne Lepage

Démission de François Bayrou: « C'est une bonne décision qui l'honore », estime Corinne Lepage | ReCap21 | Scoop.it

L'avocate et ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage a salué ce mercredi dans Bureau de vote, sur RMC, la décision de François Bayrou de démissionner du gouvernement d'Edouard Philippe.

Il n'y aura plus de ministres du MoDem dans le nouveau gouvernement qu'Edouard Philippe doit annoncer d'ici ce mercredi soir. Après Sylvie Goulard mardi, c'est Marielle de Sarnez et François Bayrou qui ont démissionné du gouvernement. "J'ai pris la décision de ne pas faire partie du prochain gouvernement", a simplement déclaré le désormais ex-ministre de la Justice, dont le parti, le MoDem, est visé par une enquête préliminaire sur des soupçons d'emplois fictifs. "Je ne sais pas s'il quitte le gouvernement de son plein gré (…), mais c'est une bonne décision qui honore François Bayrou", a réagi l'ancienne ministre Corinne Lepage, invitée de Bureau de vote sur RMC.

 

"Éthiquement bien"

"Cela fait déjà quelques jours qu'avec des magistrats nous soulignions la difficulté qu'il y avait, pour quelqu'un qui est Garde des Sceaux, patron du parquet, de se trouver concerné par une affaire qui faisait l'objet d'une enquête préliminaire. Et puis il y avait le fait de porter la loi de moralisation publique qui implique une forme d'exemplarité. Ce que fait Bayrou en quittant le gouvernement est éthiquement bien. Il était dans une situation plus délicate que Sylvie Goulard".

Corinne Lepage a d'ailleurs salué l'attitude de l'ex-ministre des Armées, qui a démissionné mardi, 24 heures avant les départs de Marielle de Sarnez et de François Bayrou. "Elle veut prouver sa bonne foi, et elle y arrivera", estime-t-elle.

"Cette affaire j'en parlais dès 2014, mais ça n'intéressait pas grand monde"

La présidente de CAP21 rappelle qu'elle avait évoqué cette affaire d'emplois fictifs présumés d'assistants parlementaires dès 2014, dans son livre Les mains propres, plaidoyer pour la société civile au pouvoir (éd. Autrement). "Mais bon, à l'époque cela n'intéressait pas grand monde", a-t-elle ironisé. "Dans mon livre j'avais pris l'exemple, pour illustrer le mauvais fonctionnement des partis politiques, de ce que faisait le Front National au parlement européen, et il y avait 10 lignes consacrées au Modem".

 

 

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Corinne Lepage : “la situation de François Bayrou est très délicate”

Corinne Lepage : “la situation de François Bayrou est très délicate” | ReCap21 | Scoop.it

EXCLU VALEURS. Soutien d’Emmanuel Macron, Corinne Lepage a publié en 2014 Les mains propres, ouvrage dans lequel elle dénonçait les agissements de François Bayrou, qui aurait eu recours à des emplois fictifs. Interview sans concessions.

Comment avez-vous réagi lorsque François Bayrou et Marielle de Sarnez ont été nommé au gouvernement, au regard des faits que vous avez dénoncé ?

J’ai trouvé logique que François Bayrou, qui a soutenu Emmanuel Macron, entre au gouvernement. Mais la présence de Marielle de Sarnez surreprésente le MoDem. Je ne suis pas persuadée que la chancellerie ait été le ministère le plus opportun à attribuer à François Bayrou…

J’ai également trouvé absolument scandaleux l’accord d’appareil qui a eu lieu entre En Marche et le MoDem et tout à fait inadmissible le nombre de circonscriptions qui lui ont été donné, au détriment de mouvements qui avaient rejoint beaucoup plus tôt comme celui de Jean Arthuis, de Jean-Marie Cavada, ou CAP21.

Les révélations dans votre livre Les mains propres datent de 2014. Pourtant, à l’époque, c’est passé inaperçu…

En 1997, je dénonçais les blocages de l’administration. En 2011, je disais qu’Areva allait tomber en faillite. Personne ne l’avait relevé. Quand j’ai écrit ce livre sur la corruption, je me rendais compte que l’état d’exaspération des Français allait entraîner une explosion qui est arrivée en 2017.

 

L’affaire Ferrand, l’affaire Sarnez et le silence de François Bayrou… cela commence à faire beaucoup, non ?

Le silence de François Bayrou ! Il est à géométrie variable puisqu’il a twitté très vite pour soutenir Marielle de Sarnez … Un Garde des Sceaux n’a pas à faire cela. Surtout quand il prend soin de lire en conférence de presse les dispositions du code pénal qui excluent une intervention directe du Garde des Sceaux.

 

Afficher ce soutien, c’est une erreur politique ?

C’est en tous cas à minima très maladroit. Je comprends l’irritation des magistrats. Autant je peux comprendre que le ministre de la Justice ne veuille pas intervenir dans une affaire personnelle, comme pour l’affaire de Ferrand, autant je comprends mal le deux poids deux mesures.

 

On pensait pourtant qu’après l’affaire Cahuzac et la création de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, les affaires auraient été évitées…

La Haute Autorité joue un rôle majeur. Elle a vérifié le patrimoine des élus, leur déclarations fiscales, elle ne peut pas aller au-delà. Derrière cette question, il y a le passé. Que fait-on du passé ? Comment le traite-on ? une amnistie est impensable et donc des irrégularités du passé sont inéluctables.

 

Comment, justement, peut-on traiter le passé de François Bayrou ? Sa situation n’est-elle pas très délicate ?

Oui elle l’est, dans la mesure où il est mis en examen. Certes, c’est pour une affaire de diffamation, et donc dans le cadre d’une mise en examen automatique. Mais la question de fond demeure. Dans toute procédure pénale, le parquet est présent. Qui est le patron du parquet ? Le Garde des Sceaux (silence). Il y a donc une difficulté. Il en irait de même en cas d’investigation sur le MoDem dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte.

 

Peut-on réussir à moraliser la vie publique ?

Le problème est le mot moraliser. Si nous étions suédois, nous ne nous poserions même pas toutes ces questions. Une faute, même mineure, entraîne la démission. Il faut également savoir qu’il y a déjà eu douze lois de moralisation. Le problème est beaucoup plus profond. Soyons honnêtes : le projet de loi est un progrès mais il y a des “trous dans la raquette” : casier judiciaire vierge, micro- parti, financement des partis, pouvoirs de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques...

 

Emmanuel Macron doit-il sortir de son silence ?

La conception du pouvoir qu’a le Président Emmanuel Macron est très gaullienne. Vous imaginez le général De Gaulle s’occuper d’une telle affaire ? Comme l’a dit M. Castaner, “chacun à sa place”.

 

Propos recueillis par Pierre Dumazeau

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Trois mesures sans lesquelles la loi sur la moralisation de la vie publique sera inefficace

Trois mesures sans lesquelles la loi sur la moralisation de la vie publique sera inefficace | ReCap21 | Scoop.it
La salle des Quatre Colonnes à l'Assemblée Nationale.
 

Si cette loi se limite à satisfaire une vision passéiste et étriquée du sujet, ce sera malheureusement un coup d'épée dans l'eau.

 

Depuis 1989, et une "grande" loi de moralisation de la vie publique -en réalité une loi qui a permis d'amnistier la quasi-totalité des infractions commises par la classe politique, y compris des opérations de corruption pure et simple- les lois de moralisation se sont succédé sans évidemment empêcher les graves dérives que nous avons connues au cours des dernières années. On peut aisément le comprendre dans la mesure où ceux qui votent la loi n'ont guère envie qu'elle leur soit hostile! En réalité, la seule vraie réforme a été celle qui a consisté à créer la Haute autorité pour la Transparence et la Vie Publique dont l'indépendance ne peut évidemment être mise en cause -n'en déplaise à Madame Le Pen- et à assurer la transparence -très partielle- du patrimoine des élus de manière à s'assurer qu'il n'y ait pas d'enrichissement personnel ni de dissimulation patrimoniale du fait du mandat.

 

Les affaires Fillon et Le Pen, qui ont mis en lumière non seulement l'utilisation au minimal anormale des assistants parlementaires (en attendant la qualification que les juridictions pénales saisies retiendront) mais également des anomalies comportementales, justifient qu'un certain nombre de pratiques admises par le règlement intérieur de l'Assemblée nationale ou du Sénat soient interdites: embauche de membres de la famille, règles dérogatoires en ce qui concerne la fiscalisation des revenus (à distinguer bien entendu des remboursements de frais qui ne devraient intervenir que sur justificatif), dispositions très avantageuses en matière de prêts et de retraite. S'y ajoute bien entendu le minimum minimorum: un casier judiciaire vierge. Pour autant, ce qui constitue en réalité des modifications obligatoires du règlement intérieur des assemblées peut-il être assimilé à une loi sur la moralisation de la vie publique? Certainement pas.

 

Le Président de la République en est bien conscient puisqu'il a ajouté une règle de non-cumul dans le temps des mandats (trois maximum, ce qui est déjà considérable), l'interdiction de cumuler un mandat parlementaire et une fonction de conseil, enfin une réduction du nombre de parlementaires. Ce second sujet s'inscrit moins dans une logique de moralisation que dans un esprit d'efficacité et de transformation du travail parlementaire; en effet a partir du moment où le non-cumul des mandats dans l'espace se met en place, la présence permanente des députés à l'Assemblée nationale change la donne et rend possible un travail législatif de meilleure qualité comme un véritable contrôle du gouvernement sans pour autant que le nombre de députés reste aussi important. En se réduisant en nombre et en disposant d'une véritable équipe, les députés pèseront infiniment plus, renforçant ainsi le rôle du Parlement devenu trop souvent au final une chambre d'enregistrement de fait des instruments dits de rationalisation du parlementarisme.

 

Mais la moralisation de la vie publique ne saurait s'arrêter là. La Haute autorité de la transparence, la commission nationale de contrôle des comptes de campagne et financement des partis, des organisations non-gouvernementales comme Transparency International ont à plusieurs reprises formulé des propositions très construites sur les réformes à engager qui touchent essentiellement à deux domaines:

 

- Le financement des partis et de la vie politique

- L'encadrement des lobbys et le combat contre les conflits d'intérêts.

Le premier sujet est extrêmement vaste et il est indispensable de s'y attaquer. Entre les micro-partis style Jeanne, l'affaire Bygmalion, la caisse noire du RPR-UMP-LR au Sénat, les scandales n'ont pas manqué. Il faut permettre à la commission nationale des comptes de campagne de contrôler les dépenses et les recettes des partis politiques; il faut interdire les micros partis ou tout au moins supprimer la défiscalisation dont ils bénéficient. Les conditions mêmes du financement des partis politiques qui passent par les candidatures obligatoires à l'Assemblée nationale devraient être repensées pour permettre un financement des différents mouvements de pensée qui s'expriment dans la vie politique sans être nécessairement représentés ou très représentés à l'Assemblée nationale, sans obliger à une multiplicité des candidatures au premier tour des élections législatives, aux seules fins d'obtenir un financement. Mais, il faut également s'intéresser aux biens mal acquis par certains partis politiques pour que ceux-ci ne puissent pas être valorisés comme n'importe quel patrimoine, en oubliant ainsi l'origine de l'acquisition de ces biens.

S'agissant de l'encadrement des lobbys du combat contre les conflits d'intérêts, la seule interdiction de cumuler les activités de conseil et de parlementaires ne suffira pas. Il faudra aller beaucoup plus loin et la transparence des liens d'intérêts directs ou familiaux des différents parlementaires est indispensable. Il faudra s'intéresser également à la situation des assistants parlementaires qui devront bénéficier d'un véritable statut interdisant une double rémunération, limiter l'accès des lobbys au Parlement et créer un déontologue doté de pouvoirs et d' une responsabilité personnelle étendue. La création d'un registre des représentants d'intérêts et son contrôle sont également indispensables de même que la publicité donnée au rendez-vous avec les parlementaires, ce que les décrets d'application de la loi Sapin 2 ont refusé.

Enfin, la moralisation de la vie publique passe par un autre rapport avec les citoyens. Nous ne sommes pas des administrés, des "décidés", des gérés faces à des administrateurs, des décideurs et des gestionnaires. La société n'est pas binaire et les citoyens ont des droits reconnus pourtant depuis 1789 et souvent mal appliqués. Le Président de la République a annoncé son intention de revoir le conseil économique social et environnemental. C'est indispensable pour en faire une chambre de la société civile et du long terme. Mais, les citoyens doivent pouvoir accéder directement à leurs représentants en ligne, disposer d'un droit de pétition et bénéficier d'une démocratie participative qui est la garante de la qualité des décisions prises en amont et de leur contrôle en aval.

Nous pouvons tous comprendre l'urgence d'une loi sur la moralisation de la vie publique. Mais, si celle-ci se limite à satisfaire une vision passéiste et étriquée du sujet, ce sera malheureusement un coup d'épée dans l'eau.

 

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21,

ancienne ministre de l'Environnement

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Lepage : "Macron, le seul vote possible"

Lepage : "Macron, le seul vote possible" | ReCap21 | Scoop.it

Corinne Lepage, soutien d’Emmanuel Macron, a tenu une réunion publique hier à Aubenas, à l’initiative de Michel Coste, référent du mouvement En Marche ! en Ardèche.

 

 

«Faire barrage à Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle dimanche prochain », tel a été le message lancé par Corinne Lepage, en visite éclair samedi à Aubenas. Une réunion publique en soutien au candidat Emmanuel Macron et « improvisée en 46 heures », selon Michel Coste, référent du mouvement En Marche ! en Ardèche.

Dupont-Aignan avec Le Pen : « Une trahison »

Le rendez-vous était fixé à 16 heures, salle Gimond au château, en présence d’une cinquantaine de personnes. La présidente du Rassemblement citoyen-Cap 21 a débuté son intervention en réagissant au ralliement, ce samedi, de Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France) à la candidate de l’extrême droite, en vue du second tour.

« Cette alliance n’est pas patriotique mais nationaliste. Elle n’a rien de républicaine. Ce qui est grave, ce n’est pas tant au niveau de la réserve de voix… Cette alliance laisse supposer que le Front national est devenu un parti comme les autres. On a pêché collectivement face à cette banalisation », a souligné Corinne Lepage.

Le terme de « trahison » a également été prononcé par l’avocate, spécialiste de l’environnement, qui appelle désormais tous les citoyens, qui n’ont pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour, « à se ressaisir ». « C’est essentiel car c’est le seul vote possible. S’abstenir ou voter blanc, c’est choisir implicitement Marine Le Pen », a-t-elle ajouté.

Corinne Lepage a aussi fait part de son « respect » et « affection » pour les forces vives des comités En Marche !, « une nouvelle forme de démocratie » d’après l’ancienne ministre de l’Environnement du gouvernement Alain Juppé (de 1995 à 1997). En Ardèche, le mouvement En Marche ! compte à ce jour 1 050 adhérents.

 

Par Flavien OSANNA

 

 

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Visite de l'entreprise EasyTri - Cap21/LRC Toulouse

Visite de l'entreprise EasyTri - Cap21/LRC Toulouse | ReCap21 | Scoop.it

Olga Rougeot et Pierre Cabaré soutiennent Corinne Lepage face aux Journalistes

Accompagnée par Pierre Cabaré, délégué régional de Cap21/LRC & Olga Rougeot, déléguée départementale de Cap21/LRC, Corinne Lepage a visité les locaux d'Easytri, une entreprise créée en 2009 par Sandrine Queyroi, implantée rue André Clou, zone de Larrieu. Easytri conçoit des containers à déchets originaux et pratiques pour le tri du matériel de bureau (papiers, stylos, cartouches d'encre, ampoules, mégots, gobelets etc.) et les place dans des entreprises.

Cette PME de 13 salariés qui développe actuellement son réseau de franchises, organise aussi la récupération et le recyclage des déchets.

«Ici, on est parfaitement dans la logique d'Emmanuel Macron qui souhaite une économie 100 % circulaire et qui veut faire de la transition écologique un moteur économique» a félicité Corinne Lepage.

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"Monsieur Macron, la fin de l'hébergement inconditionnel est une déshumanisation venue du plus haut de l'État"

"Monsieur Macron, la fin de l'hébergement inconditionnel est une déshumanisation venue du plus haut de l'État" | ReCap21 | Scoop.it

J'en appelle à vous, à votre générosité, à votre humanisme et à votre indulgence. Vous êtes homme d'esprit, avec cette intelligence aiguë, vive et parfois mordante.

 

Monsieur le Président,

 

Lors de votre campagne présidentielle, je me suis penché et investi sur votre programme. J'ai d'ailleurs modestement mais activement contribué à l'écriture d'une partie de celui-ci, notamment dans le groupe "pauvreté".

 

Nous avons même commis une tribune dans l'entre deux tours, qui affirmait que "voter pour vous le 7 mai, c'était voter pour plus de solidarité".

Tribune que je n'ai eu de cesse d'afficher sur mon compte twitter en "tweet épinglé", comme un cri, un espoir, un rappel d'une situation dont je ne voyais pas de signes significatifs depuis le début de votre mandat.

 

L'une de mes contributions, la première, se nommait très exactement: "Pour un hébergement d'urgence diffus, pérenne et inconditionnel..." Tout était dit dans le titre...

 

J'y rappelais que les professionnels comme les associations de bénévoles œuvrant dans le secteur de l'urgence sociale, se retrouvaient confrontés quotidiennement au manque de places disponibles et donc de prise en charge de ces populations.

 

Que ce principe hypocrite de la "gestion au thermomètre" des sans-abri ne devait plus être admissible dans ce "nouveau monde" en devenir. Parce que cette logique qui présidait depuis toujours, et aujourd'hui encore, consistait à abandonner les personnes dès que les températures remontent.

Les gens passent de la rue à l'hébergement précaire, pour retourner à la rue... et n'accèdent jamais à un logement stable. 70 % des personnes qui appellent le 115 sont déjà connues des services sociaux. Sur les dix dernières années, on constate une augmentation de 44 % du nombre de sans-abri, avec 150.000 personnes à la rue lors du dernier recensement. En décembre 2016, seule une personne sur deux est arrivée à obtenir une réponse positive à sa demande d'hébergement au 115.

Je rappelais que les demandes de logement de familles avec enfant augmentent largement d'années en années, et qu'au 115, ces familles représentent maintenant plus de 40 % des appels. Dans la plupart des cas, il s'agit de gens issus de bidonvilles ou de squats régulièrement soumis à des expulsions et donc privés de tout accompagnement social. Or, le parc d'hébergement actuel est conçu sur le modèle de l'homme isolé célibataire. Il n'est plus adapté. L'État recourt aux nuitées d'hôtels où les conditions de vie sont indignes. Et les familles de demandeurs d'asile qui n'obtiennent pas de place en centre d'accueil viennent également grossir les rangs.

L'État a la charge d'assurer à toute personne sans-abri et en situation de détresse médicale, psychique ou sociale un hébergement d'urgence. La loi précise que «toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence", ce qui est loin d'être la réalité.

Le département, qui est chargé d'une mission de protection de l'enfance, n'est susceptible d'intervenir qu'à deux titres. Mais l'État ne peut plus et ne sait plus gérer les nouvelles conditions que la précarité grandissante et que les vagues migratoires successives font de l'hébergement d'urgence. Néanmoins, il se doit de continuer à soutenir des délégations que l'échelle communale et intercommunale doit prendre en compétence...

Nous devions, devons donc imaginer de nouvelles solutions durables comme celle d'un hébergement diffus, permanent et réparti entre les communes sur de petites unités, en fonction de leurs capacités d'encadrement et de leurs moyens.

Dans les années 60, plus de 65.000 personnes vivaient dans des bidonvilles et la France a fait un choix juste en agissant pour la résorption de l'habitat indigne. Aujourd'hui, on estime que 20.000 personnes vivent dans des bidonvilles et beaucoup sont bloquées aux marges de l'hébergement d'urgence. Alors que le défi est sans commune mesure par rapport à ce qu'il fut il y a cinquante ans, les issues semblent plus éloignées que jamais!

L'état doit fortement impulser un principe de quota d'hébergement d'urgence à l'identique de la loi SRU, sur la base du décret du 13 décembre 1994 sur les résidences sociales. Ce décret doit servir de cadre réglementaire à ce type de logement avec quelques adaptations, comme déroger à la règle fixant à deux ans la durée maximale du séjour.

Les lieux éclatés ou diffus correspondent mieux aux besoins actuels des personnes seules, en couple, avec ou sans enfants. Leur situation présente ne leur permet pas de prétendre à l'accès direct à un logement, en l'absence de ressources suffisantes, d'une situation administrative non à jour, ou encore de problématiques de santé ou d'addiction.

De plus, en raison d'une recrudescence en matière de violences conjugales, un accueil de ce type privilégie aussi l'accueil des femmes ayant rencontré cette problématique.

Des habitations communautaires de petites tailles doivent être créées et généralisées pour permettre à des personnes en phase de désocialisation de renouer des liens avec la société. Ce serait des lieux d'hébergement où ils pourraient rester sans limite de temps.

Ils y trouveraient un ou des hôtes qui leur donneraient le coup de main nécessaire pour revivre dignement.

Une répartition diffuse de l'accueil permettrait de développer l'offre quantitative et donc le nombre de places d'hébergement d'urgence nécessaire, sans créer de lieux ingérables ; la petite dimension des lieux permet aussi d'accentuer les aspects qualitatifs des services et de l'encadrement des populations accueillies. Le 115, le SAMU Social ou d'autres partenaires adresseraient des personnes sans domicile fixe (hommes, femmes, de tous âges et familles avec enfants) vers l'hébergement. L'objectif étant de stabiliser des personnes dans un habitat durable et adapté à leur problématique physique, psychologique et sociale. Un habitat communautaire de petite taille, associant la jouissance de logements privatifs à la présence de lieux collectifs pour partager les repas ou les loisirs. Ces structures pourraient également prévoir l'accueil de personnes accompagnées d'animaux.

L'accueil doit se dérouler suivant les prestations définies par la loi. L'hébergement d'urgence doit permettre, dans des conditions d'accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l'hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale, [...] et d'être orientée vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l'aide justifiée par son état.

Lorsque la loi parle d'accueil immédiat et inconditionnel, celle-ci concerne toute personne, quelle que soit sa situation administrative. Les demandeurs d'asile, les personnes en situation irrégulière ou les ressortissants de l'Union Européenne démunis d'autorisation de travail doivent donc être pris en charge, sans distinction de statut administratif en centre d'hébergement d'urgence.

Aucune discrimination ne saurait se justifier légalement pour distinguer les prestations offertes à ce public.

Mais aujourd'hui, votre ministre de l'Intérieur, Monsieur Gérard Collomb, et son homologue de la cohésion des territoires, Monsieur Jacques Mézard, cosignent une circulaire mettant fin à l'hébergement inconditionnel, permettant par la même occasion à des équipes mobiles de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de vérifier l'identité des personnes bénéficiaires d'une place en centre d'hébergement d'urgence, afin de faire sortir les sans-papiers du dispositif, et de libérer des places pour les personnes sans domicile fixe en situation régulière, alors que dans bien des régions, les Samusociaux sont débordés.

Monsieur le Président, j'en appelle à vous, à votre générosité, à votre humanisme et à votre indulgence. Vous êtes homme d'esprit, avec cette intelligence aiguë, vive et parfois mordante.

Et parce que vous êtes cet homme, avec le rang qui est maintenant le vôtre, vous ne pouvez cautionner une telle gestion de ces populations. Cette déshumanisation qui s'opère au plus haut de l'état, est aux antipodes des situations que nous pouvons trouver quotidiennement au sein de nos villes, de nos rues.

N'exclure personne, cela signifie aussi de ne pas oublier d'où l'on vient, et ce que nous voulons laisser à nos successeurs. Le monde compte aujourd'hui 14 millions de réfugiés et leurs histoires, tant individuelles que collectives, témoignent d'une incidence inquiétante des violations des droits de l'homme, de conflits politiques et ethniques, d'un déséquilibre économique et déjà, d'un désastre écologique.

Tant au plan de ses causes qu'au plan de son impact, le problème des réfugiés a de multiples facettes et ne peut être dissocié d'autres grands défis politiques que doit relever notre monde.

En prendre conscience c'est comprendre également la nécessité d'adapter l'action à l'ampleur de la tâche qui consiste à traiter efficacement des questions de réfugiés en gardant au centre des préoccupations les droits et les aspirations des personnes concernées.

Je reste à votre disposition, et je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.

 

 

Fondateur du Samu Social de Grenoble, Conseiller Régional "Cap 21/Société Civile" d'Auvergne Rhône-Alpes

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Corinne Lepage: Pour réussir, Emmanuel Macron doit «changer sa méthode»

Corinne Lepage: Pour réussir, Emmanuel Macron doit «changer sa méthode» | ReCap21 | Scoop.it

Corinne Lepage, presidente de Cap21, Rassemblement Citoyen, soutien d'Emmanuel Macron, 22 février 2017 à Paris

 

 

L’ancienne ministre chiraquienne Corinne Lepage, soutien d’Emmanuel Macron, publie ce jeudi « A bout de confiance» (éd. Autrement, 17 euros), où elle déplore la manière de faire du président.

 

  • Corinne Lepage publie ce jeudi « A bout de confiance» (éd. Autrement, 17 euros), où elle déplore la manière de faire du président de la République.
  • Ancienne ministre de l'Environnement sous Jacques Chirac, l'avocate a soutenu Emmanuel Macron durant la campagne pour la présidentielle.
  • Refusant un livre à charge, elle critique cependant « l’hyperprésidentialisation [du régime], la destruction systématique des contre-pouvoirs, la transformation d’un parti venu du terrain [En Marche] en une organisation proche du "centralisme démocratique" ».

 

Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement et soutien d’Emmanuel Macron publie ce jeudi A bout de confiance (éd. Autrement, 17 euros). La présidente de  Cap21/Rassemblement citoyen critique la « méthode » utilisée par le chef de l’Etat. L’ancienne eurodéputée Modem pointe trois dérives : « l’hyperprésidentialisation [du régime], la destruction systématique des contre-pouvoirs, la transformation d’un parti venu du terrain [En Marche] en une organisation proche du "centralisme démocratique" ». A la veille de la publication de son ouvrage, Corinne Lepage s’est confiée à 20 Minutes.

 

 

Pourquoi ce titre « A bout de confiance, de la morale en politique » ?

Je pense que la question de la confiance est centrale, et la confiance passe par la morale. Il y a un lien entre les deux. A force de redonner confiance puis la perdre à nouveau, on arrive au bout d’un système.

Vous parlez de « système ». Faites-vous référence à Emmanuel Macron ?

Je ne cible pas Emmanuel Macron mais je parle de ce que, pour moi, était le cœur de la campagne présidentielle, c’est-à-dire le fait de dire aux gens : "reprenez en main votre destin. La France peut changer grâce à vous". Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? On a un régime qui est hyperprésidentialisé, avec des contre-pouvoirs qui ont du mal à fonctionner, et une participation des Français [dans le parti présidentiel] qui est très modeste. Je distingue les décisions elles-mêmes qui sont globalement conformes à ce qui a été dit pendant la campagne, et la manière de faire qui est franchement très différente de ce qui a été dit. Je pose la question : avec sa méthode, les engagements d’Emmanuel Macron ont-ils été tenus ?

 

 

>> A lire aussi: Emmanuel Macron veut être un «président jupitérien», mais ça veut dire quoi?

Vous estimez que continuer avec la « méthode » Macron « pourrait être suicidaire », soulignant d’éventuels « risques démocratiques ». Pourquoi ?

Je veux le succès d’Emmanuel Macron et de son projet, mais je ne m’y retrouve pas. Je pense qu’il faut vraiment changer la manière de faire, la méthode d’Emmanuel Macron, pour parvenir au succès.

Pourquoi dites-vous que la réforme sur la moralisation de la vie publique est décevante ?

Quand on regarde le texte, on voit des progrès indéniables, mais cela ne suffit pas. La manière dont ont été gérées « les affaires » [Fillon, Ferrand…] n’a pas permis de montrer que l’on mettait les actes en accord avec les paroles. Le départ des ministres [Modem] du gouvernement en juin [à la suite de soupçons sur le travail d’assistants au Parlement européen] n’a pas du tout été présenté et reconnu comme un acte de volonté de moraliser la vie politique. Et aujourd’hui, il y a des personnes qui sont au gouvernement et qui sont dans la même situation que ceux qui l’ont quitté… Il y a deux points, deux mesures, et cela est incohérent.

Vous déplorez « la concentration des pouvoirs à l’Elysée » et une « remise en cause de la séparation des pouvoirs » par Emmanuel Macron. A propos de quel exemple ?

Il y a eu plusieurs exemples cet été, le dernier en date étant le choix, par le président de la République, du président d’En Marche. On voit bien que le président est à tous les niveaux, tant au niveau du parti qu’au niveau du fonctionnement de l’Assemblée nationale où Richard Ferrand est président du groupe [de députés] majoritaire. Par conséquent, on est loin d’une conception de Montesquieu de la séparation des pouvoirs…

>> A lire aussi: Glyphosate: Corinne Lepage: «Je plains Nicolas Hulot»

Pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, ne pressentiez-vous son vœu d'« hyperprésidentialisation » ?

Pas vraiment. Mais ce livre n’est pas à charge. D’un côté, je trouve que sa manière de gérer la politique internationale est très bien. Ce qui me gêne, c’est la partie nationale.

« A quoi bon changer les visages si l’objectif est de faire de la vieille politique ? », écrivez-vous à propos de la communication. Rien n’a donc changé ?

J’ai le sentiment que la communication du président ne vise pas l’information, mais que c’est une communication régie, verrouillée par l’Elysée. On est dans un système très différent de l’information. Je ne suis pas la seule à le voir, un certain nombre de journalistes s’en plaignent d’ailleurs.

 

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Pourquoi le nucléaire est en train de ruiner la France

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Mur d'investissement, falaise financière, les allégories ne manquent pas pour décrire l'impossible équation financière à laquelle la filière nucléaire française est confrontée.

 

Mur d'investissement, falaise financière, les allégories ne manquent pas pour décrire l'impossible équation financière à laquelle la filière nucléaire française est confrontée. Ce qui est certain, c'est que le constat est partagé par tous, ce qui n'était évidemment pas le cas lorsque en 2011 dans la vérité sur le nucléaire, j'avais évoqué la situation critique d'Aréva. La filière nucléaire est plus qu'une danseuse pour le budget de l'État. Pour la seule année 2017, l'État a sorti 3 milliards pour EDF et 5,5 Mds pour Aréva, auxquels s'ajoutent l'abandon d'1,6 milliards de dividendes et probablement les 2,3 milliards de l'arbitrage perdu en Finlande, soit la bagatelle de près de 13 milliards d'euros! Jusqu'où faudra-t-il aller?

 

La société Aréva traîne 7 milliards de dettes et voit son chiffre d'affaires en baisse constante. Elle aurait dû déposer le bilan. Mais elle est recapitalisée par un apport de 4,5mds de l'État destiné simplement à permettre la continuation de l'activité sous deux entités l'une étant reprise par EDF pour la somme de 2,5 mds payés en définitive aussi par le contribuable. Mais le gouffre ne s'arrête pas là. Aréva SA devient une forme de structure de défaisance accueillant outre la dette initiale, la dette finlandaise (un premier arbitrage perdu pour Aréva va coûter au Budget de l'État 2,3mds et ce n'est sans doute pas terminé) et les coûts induits par les malversations du Creusot. Inutile de dire que le contribuable va devoir sortir encore de nombreux milliards pour combler ce déficit scandaleux qui rappelle fâcheusement dans un autre domaine, l'affaire du Crédit Lyonnais -qui a aussi coûté des milliards aux contribuables sans que personne ne soit responsable-... Le pire est qu'Aréva continue à perdre de l'argent parce qu'en réalité son activité, même réduite au minimum, ne cesse de se contracter et son classement par l'agence de notation S&P BBB- sur le long terme n'est pas brillant.

 

La situation est moins mauvaise pour EDF qui néanmoins a dû sortir du CAC 40, voir son action passer de 80 à 7 euros (puis remonter à 9) et sa notation S et P baisser à A-. Ses résultats financiers sont mauvais et, la baisse de l'endettement qui reste massif (au-delà de 30 milliards d'euros) est liée à des cessions d'actifs et en particulier les titres ERDF cédés à la caisse des dépôts, c'est-à-dire en réalité rachetés par l'État. Les résultats nets courant de 2016 accusent une baisse de 15% (4,1 Mds d'euros, contre 4,8 Mds d'euros en 2015) une baisse de production de 7,9% et les résultats semestriels de 2017 sont également en baisse de 2,7%. Les investissements restent inférieurs à 10 milliards par an alors que la réalisation du plan d'investissement sur lequel EDF s'est engagé représente selon le rapport d'Alpha value 165 milliards soit autour de 16 milliards par an. En effet, le grand carénage évalué par EDF à 50 milliards et par la Cour des Comptes à 100 milliards n'intègre pas toutes les anomalies constatées depuis plusieurs mois, les défauts systémiques et les dépenses indispensables au titre de la mise aux normes post Fukushima.

 

Et encore, cette situation financière assez calamiteuse ne reflète que très partiellement la réalité du fait du sous-dimensionnement des provisions faites pour le traitement des déchets à long terme et pour le démantèlement. Selon le rapport d'AlphaValue, il manquerait 50 milliards de provisions. Cette sous-évaluation avait déjà été mise en lumière dans un apport de l'Assemblée nationale de février 2017 puis dans un avis de l'ASN de juillet 2017 dans lequel le gendarme du nucléaire souligne l'absence d'éléments d'information fiable, la non prise en considération des retards et des manques de disponibilité dans le stockage des déchets et la non prise en compte des sites pollués.

 

Il faut également prendre en compte le financement de Hinckley Point, réacteur qui a déjà pris 18 mois de retard avant même d'avoir commencé qui devrait être financé par EDF à hauteur de 15 milliards auxquels s'ajoutent 1,8 milliards tout retard étant à la charge de l'exploitant. Dans la mesure où aucun établissement bancaire n'accepte de financer ce type de projet, c'est EDF c'est-à-dire le contribuable français qui devra financer un projet dont la réalisation n'est de loin pas certaine compte tenu d'une part du Brexit et de son incidence Euratom et d'autre part de la contestation de l'Angleterre liée à un prix déraisonnable de l'électricité nucléaire.

Cette situation financière catastrophique n'empêche évidemment pas EDF d'investir plusieurs centaines de millions d'euros dans la publicité que son monopole ne justifie pas mais qui a le mérite d'éviter des articles trop critiques dans la presse...

Face à ce mur de dépenses, l'État a mis au pot cette année 3 milliards et accepté de renoncer au paiement des dividendes soit 1,6 Md. Pour 2017, ce sont 10 milliards qui ont été dépensés à fonds perdus pour la filière nucléaire sans compter évidemment les dépenses cataloguées au titre de la recherche qui financent le CEA. Certes, la filière nucléaire représente un nombre d'emplois non négligeables mais très éloignés des 220 000 constamment avancés par le lobby nucléaire. En réalité, EDF comptait 68.460 salariés à fin 2016, hors filiales) et devrait atteindre 64 000 en 2019 soit une baisse de 10% par rapport à 2015. Quant à Aréva, la société comptait 38 000 salariés à la fin de l'année 2016 soit 5000 de moins qu'en 2015. Au total, la filière représente moins de 100 000 personnes en emplois directs et malgré les sommes astronomiques mises par les contribuables près de 10 000 emplois ont été supprimés. En revanche, la progression des emplois dans le secteur du renouvelable est constante avec 162 000 emplois en 2016.

Et la situation risque de ne pas s'arranger. En effet, la productivité de nos réacteurs ne cesse de se réduire et, le marché de gros européen fait une place de plus en plus réduite à l'électricité nucléaire en raison de la priorité donnée à l'électricité verte et de la croissance très importante de l'énergie renouvelable dans l'espace européen. Ajouter à cela une baisse de la consommation d'électricité nucléaire. Au total, le chiffre d'affaires d'EDF ne peut que décroître–ce qui est déjà le cas depuis deux ans-et par voie de conséquence rendre encore plus insoluble l'équation financière à laquelle cette société est confrontée. L'impasse financière est totale.

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21,

ancienne ministre de l'Environnement

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L'état de nos centrales le montre, le choix de l'énergie nucléaire est dans une impasse

L'état de nos centrales le montre, le choix de l'énergie nucléaire est dans une impasse | ReCap21 | Scoop.it

L'état de nos centrales le montre, le choix de l'énergie nucléaire est dans une impasse.

 

Toute l'infrastructure nucléaire et tous les projets sont mis en cause pour des raisons diverses...

 

La France a incontestablement été un des leaders mondiaux du nucléaire même si la dépendance des centrales PWR à Westinghouse n'a jamais été réellement soulignée. Mais elle ne l'est plus. On peut le regretter tant sur le plan Industriel que sur le plan technologique, mais c'est une réalité. Du reste, les déboires rencontrés sur la construction des EPR sont expliqués par Areva et la filière nucléaire par une perte de savoir-faire liée au départ à la retraite des concepteurs et constructeur des centrales nucléaires du programme Messmer. Mais, les difficultés technologiques et techniques auxquelles se heurtent EDF comme Areva ne se limitent pas à l'EPR et c'est en réalité toute l'infrastructure nucléaire et surtout tous les projets qui sont mis en cause pour des raisons diverses.

 

 

Tout d'abord, le choix de l'EPR se révèle être un fiasco industriel, économique et financier. Ce réacteur de troisième génération, conçu en réalité à la fin des années 80 et au tout début des années 90 (comme ministre de l'environnement 1995, j'ai eu à le connaître), s'est révélé beaucoup plus onéreux que prévu (de l'ordre de 10 milliards d'euros le réacteur en l'état actuel des choses), soumis à des difficultés techniques particulières liées à sa conception et par voie de conséquence impossible à exporter. On se souvient encore des envolées lyriques de Madame Lauvergeon qui évoquait la vente de 34 EPR avant 2020! En réalité, nous en avons vendu trois en 2007, Hinckley Point ne pouvant être considéré comme une exportation puisqu'EDF est l'exploitant d'Angleterre. Et surtout, le feu vert qui serait donné par l'autorité de sûreté nucléaire malgré les anomalies graves relevées dans la cuve et le couvercle de Flamanville n'a rien d'encourageant. Comme l'a souligné un des membres du comité d'experts chargés de rendre un avis, qui accepterait d'acheter une voiture dont les marges de sécurité seraient réduites de 50 % ? Ce feu vert donné du bout des lèvres, par l'autorité de sûreté nucléaire n'a été rendu possible que par un décret scélérat autorisant les dérogations à la réglementation directe nucléaire. Il va de soi que tous ceux qui ont participé à cette opération en porteront à titre personnel la responsabilité. Ce saut dans le vide s'explique par le château de cartes qui menaçait de s'écrouler en cas de refus de validation de la cuve et du couvercle de la part de l'autorité de sûreté nucléaire. Dans ce cas, la Commission Européenne refusait de valider la recapitalisation d'Aréva, Hinckley point ne se faisait pas, nos partenaires chinois étaient en droit de se retourner contre Areva et EDF ne pouvait pas faire face à ses obligations financières. Ce sont donc des raisons purement financières et non pas de sécurité qui sont à l'origine de ce feu vert ce qui bien évidemment en cas de problème conduira à rechercher la responsabilité des décideurs, quels qu'ils soient. Mais, quoi qu'en dise l'industrie du nucléaire, l'EPR n'a pas d'avenir compte tenu de son coût et de son incertitude technologique. Il faudra donc se tourner éventuellement vers d'autres types de réacteurs, ATMEA ou autre que la France ne fabrique pas aujourd'hui. L'EPR est donc une technologie en voie d'extinction...

 
 

Et, les soucis ne se limitent pas à l'EPR mais concernent les réacteurs en activité. Il faut rappeler qu'EDF considère comme acquise la prolongation à 50 ans de ses centrales nucléaires hormis Fessenheim. C'est aller bien vite en besogne et considérer de manière très méprisante l'autorité de sûreté nucléaire, assimilée à un organisme à la botte de l'exploitant. Les anomalies détectées sur la cuve de Flamanville ont conduit à découvrir de véritables malversations et des falsifications de documents au Creusot dans la réalisation d'autres cuves de réacteurs en activité. Et le repérage des mauvaises pratiques ayant continué, l'autorité de sûreté nucléaire a donné un délai au 31 octobre à EDF pour fournir le programme de revue de tous les composants fabriqués sur le site et un délai au 31 décembre 2018 pour avoir achevé les travaux correspondants, qui pourraient nécessiter des arrêts de tranche. Un premier document publié en septembre 2017 fait état de 471 irrégularités concernant les pièces de 12 des 18 centrales nucléaires françaises. Une paille ! La centrale de Belleville-sur-Loire a même été placée début septembre 2017 "sous surveillance renforcée", une première dans l'histoire nucléaire française qui résulte des "carences" constatées par l'autorité de sûreté nucléaire de la part de l'exploitant. Ces défauts viennent s'ajouter aux désordres constatés au début de l'année 2017 par l'IRSN sur le défaut de mesure sur le système d'injection d'eau de secours des 34 réacteurs de 900 MW. Non seulement c'est extrêmement grave car en cas d'accident, cette situation peut mettre en péril le refroidissement du réacteur mais, sur le plan procédural cela démontre l'absence totale de contrôle par EDF de ses systèmes alors qu'elle est la première responsable de la sûreté.

 

 

Et, la faiblesse des résultats d'EDF en 2016 et probablement 2017 viendra pour partie de la non disponibilité des réacteurs mis à l'arrêt pour des raisons de sûreté, entraînant des surcoûts dans les investissements et des non rentrées dues à l'absence de fonctionnement. Ainsi, les investissements nécessaires pour atteindre un niveau de sûreté suffisant risquent d'être élevés, voire très élevés avant même que l'autorité de sûreté nucléaire n'ait entamé la campagne d'audit préalable à une éventuelle prolongation de la durée de vie au-delà de 40 ans des réacteurs. Cette prolongation est donc très aléatoire, posant à EDF une équation insoluble sur le plan technique comme sur le plan financier. À ce tableau déjà bien noir s'ajoutent les conséquences d'un dérèglement climatique qui s'accélère. Plusieurs réacteurs nucléaires ont dû cet été être mis à l'arrêt en raison du réchauffement des cours d'eau rendant impossible une pollution thermique supplémentaire. Plus grave encore, les phénomènes extrêmes qui n'ont évidemment pas été pris en compte lors de la conception des réacteurs les mettent en péril dans les mêmes conditions que l'usine Arkema au Texas dont l'incendie à la suite du passage de l'ouragan Harvey a déjà donné lieu au dépôt d'une série de plaintes. Qu'en serait-il si c'est usine chimique que l'on a laissé brûler faute de pouvoir faire autrement avait été une centrale nucléaire ?

 

 

Les réacteurs ne sont pas seuls en cause. Le projet CIGEO d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure, non seulement soulève des difficultés majeures en termes de financement (25 milliards selon le ministère de l'écologie 35 milliards selon l'ANDRA) mais également des difficultés techniques difficilement compréhensibles alors que le projet est à l'étude depuis plus de 20 ans. Ainsi, l'IRSN a relevé quatre points remettant en cause la conception du stockage et en particulier les conséquences d'un incendie dans une alvéole stockant des déchets bitumineux. Dans la foulée, l'autorité de sûreté nucléaire a également exprimé ses réserves sur un projet fortement contesté localement, qui ne semble manifestement pas pouvoir être engagé à court terme, voire à long terme.

Enfin, les projets d'avenir sont menacés. Il n'y en a pas pour le retraitement. EDF est contraint d'y recourir pour maintenir l'emploi à la Hague, moyennant un coût de près d'un milliard par an. Une reconversion de l'usine phare d'Aréva se posera inévitablement dans les années qui viennent. Astrid qui est un prototype de réacteurs de quatrième génération, qui réédite Superphénix (échec technique et fiasco financier à plus de 10 milliards) semble davantage regarder vers le passé que vers le futur qui pourrait bien être celui de réacteurs à thorium, si le nucléaire a un avenir. Ce réacteur qui dans le meilleur des cas pourrait connaître un avenir industriel dans les années 2050, coûterait 5 milliards, somme dont le ministère de l'écologie reconnaît lui-même qu'elle ne pourra peut-être pas être mobilisée. Quant à ITER, projet international qui vise à réaliser la fusion nucléaire, avec 10 ans de retard sur la production programmée du premier plasma (2025 au lieu de 2015) et un budget qui a explosé (20 milliards aujourd'hui), il continue à être très contesté sur le plan technique et très menacé sur le plan financier, le parlement européen étant de plus en plus réticent à accepter ce financement.

Au total, les choix technologiques que la filière nucléaire a faits ne sont manifestement pas optimaux (et c'est un euphémisme) et, mise dans l'impossibilité de sortir de ses choix, elle se trouve bien évidemment dans une impasse.

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

 

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Corinne Lepage « En matière d’environnement, nous sommes passés de la nuisance à l’enjeu sanitaire mondial »

Corinne Lepage « En matière d’environnement, nous sommes passés de la nuisance à l’enjeu sanitaire mondial » | ReCap21 | Scoop.it

L’avocate et ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage était jeudi 28 septembre la première invitée des Rencontres de France Audacieuse, le think tank visant à mettre en lumière les idées de la société civile.

Quels sont les grands enjeux du développement durable ? « Continuer le développement économique, sans que l’espèce humaine ne disparaisse pour autant », répond Corinne Lepage invitée par Alexia Germont, la présidente de France Audacieuse, pour partager ses pistes de réflexion sur cette problématique d'envergure planétaire. Pendant une heure, celle qui est aujourd’hui reconnue pour son engagement dans la protection de l’environnement a pu aborder des sujets d’actualité, comme la transition énergétique, la finance utile ou encore stockage de l’électricité, domaine dans lequel la France pourrait, selon l'avocate, devenir le « leader mondial »

Décideurs. Pourquoi la question du développement durable est-elle aujourd’hui plus importante qu’il y a quelques années ? 

Corinne Lepage. Il y a 30 ou 40 ans, la protection environnementale était liée à des nuisances locales réversibles et réparables. Aujourd’hui, les problèmes sont planétaires, globaux, irréversibles et concernent l’espèce humaine toute entière. Nous sommes passés de la simple nuisance à l’enjeu sanitaire mondial. L’échelle de gravité n’est plus le même.

Quels sont les critères d’une entreprise durable ? 

Pour qu’une entreprise soit pérenne, elle doit s’inscrire dans la durabilité. Il lui faut pour cela répondre à plusieurs questions : comment économiser des matières premières ? Comment intégrer l’économie circulaire ? Comment investir dans l’innovation ?…. Les entreprises qui ne prennent pas en compte ces interrogations sont amenées à mourir.

« Aujourd’hui, les problèmes sont planétaires, globaux, irréversibles et concernent l’espèce humaine toute entière. »

Les fonds d’investissements se penchent d’ailleurs sur ce sujet …

Tout à fait. Ils refusent très souvent d’investir dans des entreprises qui ignorent ces différents critères. 

Quels sont les grands principes de la Déclaration universelle de l’humanité dont vous avez piloté le comité de rédaction en 2015 ? Quelle est sa finalité ? 

La Déclaration universelle de l'humanité comprend quatre grands principes : la responsabilité, la dignité, l’équité intergénérationnelle et la continuité de l’espèce humaine. Cette charte a vocation a être signée à la fois par les États et par les entreprises. 

 

Deux chiffres clé :

2 % : L'énergie nucléaire correspond à 2 % de la consommation de l’électricité mondiale en 2016. « Nous sommes le seul pays à croire que le nucléaire est l’avenir. Il est aujourd’hui beaucoup plus coûteux que les énergies renouvelables », estime Corinne Lepage. 

7 % : L’énergie utilisée pour Internet est responsable de 7 % de la production des gaz à effet de serre dans le monde. « C’est plus que l’aviation civile », note Corinne Lepage.

 

Propos recueillis par @CapucineCoquand

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Glyphosate: Corinne Lepage: «Je plains Nicolas Hulot»

Glyphosate: Corinne Lepage: «Je plains Nicolas Hulot» | ReCap21 | Scoop.it

L'avocate Me Corinne Lepage, ancienne ministre française de l'Environnement, lors d'une conférence de presse à Genève, le 7 mars 2016 — FABRICE COFFRINI AFP

 

L’ancienne ministre de l’environnement déplore un nouveau recul du gouvernement sur le dossier du glyphosate, la France cherchant désormais une sortie de l’herbicide controversé à l’horizon 2022…

 

 

« Pipeau !! » L’avocate et ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage, présidente du parti Le Rassemblement citoyen-Cap21, n’a guère apprécié les annonces du gouvernement sur l’herbicide glyphosate, ce lundi matin. Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a indiqué que « l’herbicide serait interdit en France, pour tous usages, d’ici la fin du quinquennat ». Ce qui repousse la sortie du glyphosate à 2022. Or, le 30 août dernier, Nicolas Hulot affirmait que la France voterait non, les 5 et 6 octobre prochains, à la proposition de la commission européenne de renouveler la licence du glyphosate en Europe, licence qui se termine d’ici à la fin de l’année.

Pipeau !! La décision est européenne et se fait sur10 ans,pas 5.Incompétence évidente. Jusqu ou les mesures contre la sante et le climat ??? https://t.co/Zsipx6kIkJ

— Corinne Lepage (@corinnelepage) September 25, 2017

Corinne Lepage, qui a lancé ce lundi matin« Justice pesticides », un site Internet et une association internationale qui informe et vient en aide aux victimes des pesticides, parle d’un recul regrettable du gouvernement. Elle répond aux questions de 20 Minutes.

 

Savez-vous du coup ce que va voter la France les 5 et 6 octobre prochains ?

Non plus du tout. Encore une fois, les dernières annonces du gouvernement sont du pipeau. Plus grave même, c’est de l’incompétence. On ne peut pas dire qu’on cherche à interdire le glyphosate en France à un horizon de cinq ans, puisque c’est un dossier qui se gère au niveau européen et que la licence est accordée pour une période de dix ans. Si on comprend bien, début octobre, la France ne s’opposerait plus à la proposition de la commission européenne de renouveler la licence pour dix ans du glyphosate, mais qu’en parallèle, elle l’interdirait sur son territoire en 2022. Au-delà de 2022, les agriculteurs français n’auraient plus le droit d’utiliser un produit autorisé ailleurs en Europe ? A la rigueur, le gouvernement aurait pu dire ce lundi : « on votera non les 5 et 6 octobre et on demandera à la commission européenne de présenter un nouveau dossier », quitte à ce que ce soit un renouvellement de la licence du glyphosate pour une plus courte durée. Mais nous ne les entendons pas dire ça.

 

Voyez-vous dans ces nouvelles déclarations un recul du gouvernement ?

Ce recul est indéniable. Nicolas Hulot avait eu une proposition très claire le 30 août dernier en annonçant que le gouvernement voterait non à la proposition de la commission européenne de renouveler la licence du glyphosate. Parce qu’il y a quelques agriculteurs à avoir manifesté sur les Champs-Elysées vendredi dernier, voilà qu’on cède, qu’on demande de nouveaux rapports. Ces nouvelles études ne serviront à rien si le gouvernement y apporte aussi peu de crédit qu’au rapport qu’il avait lui-même commandé sur les risques environnementaux et sanitaires du CETA [le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne]. Ce rapport avait été clair sur les risques encourus, cela n’a pas empêché le gouvernement d’affirmer que le CETA entrerait en vigueur comme prévu.

Pour rappel, il existe déjà de nombreux rapports sur le glyphosate, dont celui du Centre international de recherche contre le cancer (CICR), un organisme de l’ONU, qui a défini le glyphosate comme « cancérogène ». L’enquête sur les Monsanto papers [le glyphosate est le composant principal du Roundup, le produit phare de la firme américaine] ont montré comment la multinationale faisait tout pour décrédibiliser le rapport du CICR. On ne peut pas être dans l’incohérence. Ce gouvernement se présente à tout bout de champs comme les champions du monde de la lutte contre le changement climatique, mais recule sur toutes les mesures annoncées.

 

Pensez-vous que la position de Nicolas Hulot soit intenable aujourd’hui ?

Ecoutez, je le plains. Etre ministre de l’environnement, c’est accepter d’avaler des couleuvres. Mais parfois tout de même, le ministre gagne des arbitrages. Et là, très franchement, je ne vois pas très bien quel arbitrage a gagné jusqu’à présent Nicolas Hulot. Faire voter une loi pour interdire toutes productions d’hydrocarbures en France d’ici 2040 c'est bien, mais ça ne sert à rien si, dans la foulée, on autorise la prolongation d’un permis d’hydrocarbure en Guyane pour Total…

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Corinne Lepage juge Macron : "De belles déclarations, pas de décisions concrètes"

Corinne Lepage juge Macron : "De belles déclarations, pas de décisions concrètes" | ReCap21 | Scoop.it

100 JOURS DE MACRON. L'ex-ministre de l'Environnement juge les premiers pas du chef de l'Etat.

 

 nfunes Publié le 18 août 2017 à 08h24
 

 

Hommes et femmes politiques, économistes, chefs d'entreprises, syndicalistes… Chaque jour, pour "l'Obs", un expert ou une personnalité dresse le bilan des premiers pas d'Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Aujourd'hui, l'avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac et actuelle présidente du mouvement Le Rassemblement Citoyen-Cap 21, se penche sur la politique – plus ou moins verte – du locataire de l'Elysée.

 

 

Votre impression sur les 100 premiers jours d'Emmanuel Macron en matière d'environnement?

En ce qui concerne la politique internationale, la défense de l'accord de Paris ou la condamnation publique d'Emmanuel Macron après le retrait de Donald Trump en juin, je trouve le bilan du président positif.

Je suis plus nuancée en ce qui concerne la politique intérieure. Beaucoup de déclarations de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, notamment dans son "plan climat" présenté le 6 juillet, vont dans le bon sens, mais avec un calendrier beaucoup trop lointain. Il est prévu de mettre fin à la vente des véhicules à essence et diesel seulement en 2040. Alors que notre voisin allemand programme de le faire dès 2030. Nicolas Hulot a également annoncé que 17 réacteurs nucléaires [sur un total de 58, NDLR] pourraient être fermés afin de ramener la part de l'atome dans la production d'électricité à 50% [contre 75% aujourd'hui, NDLR] à l'horizon 2025. Mais pourquoi attendre si longtemps ?

 

 

Y a-t-il quand même un bon point que vous décerneriez à la macronie ?

Visiblement, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est enterré. C'est un changement de cap. On ne peut que s'en féliciter…

 

Et les plus mauvais points, selon vous ?

D'abord, le soutien de la France à la définition minimaliste des perturbateurs endocriniens adoptée par la commission européenne, début juillet. Les lobbies de la chimie ont dû sabler le champagne quand ils ont appris la nouvelle. Du temps où Ségolène Royal occupait le ministère de l'Environnement, la France faisait au moins preuve d'une attitude de blocage dynamique dans ce dossier.

Et puis, j'y reviens, il y a le volet énergétique. On va encore donner 10 milliards d'euros à la filière nucléaire. On continue à financer une industrie qui se noie et que tout le monde arrête, les Etats-Unis, la Corée du Sud, les deux tiers de l'Europe. Il n'y a pas de changement de la politique énergétique de la France. Quelques belles déclarations, peut-être, mais pas de décisions concrètes.

 

Qu'attendez-vous d'Emmanuel Macron à la rentrée ?

Je comprends que le gouvernement ne puisse pas faire tout, tout de suite. Mais au moins qu'il ne fasse pas le contraire de ce qu'il faudrait faire, comme c'est le cas, je le redis, pour les perturbateurs endocriniens.

 

Votre note ?

C'est difficile de donner une note. Car on ne sait pas encore très bien comment sont prises les décisions. Est-ce que tout se passe à l'Elysée, comme le disent certains ? Ou est-ce que le gouvernement a davantage de marges de manœuvre, comme le laissent entendre d'autres ? Ce qui est clair, dans tous les cas, c'est que le gouvernement est tiraillé par des forces contradictoires. Dans le domaine de l'écologie, on ne peut que constater que Nicolas Hulot n'est pas sur la même longueur d'ondes que ses collègues du ministère de l'Agriculture et de Bercy.

 

Propos recueillis par Nathalie Funès

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François Bayrou quitte le gouvernement : "C'est tout à son honneur, une réaction digne", dit @CorinneLepage sur @Europe1

https://twitter.com/Europe1/status/877405022358601728/video/1

 

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Pour Corinne Lepage : Sylvie #Goulard "pas en 1ère ligne" de l'affaire #MoDem 

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En se désistant des Accords de Paris sur le climat, Donald Trump oublie la Déclaration des droits de l'Homme et de l'Humanité

En se désistant des Accords de Paris sur le climat, Donald Trump oublie la Déclaration des droits de l'Homme et de l'Humanité | ReCap21 | Scoop.it

En se désistant des Accords de Paris sur le climat, Donald Trump oublie la Déclaration des droits de l'Homme et de l'Humanité

 

La décision Donald Trump et la réplique planétaire qui en est résultée rendent évidente l'émergence de droits de l'humanité face à la volonté d'un seul homme, fut-il Président des États-Unis.

 

La décision Donald Trump et la réplique planétaire qui en est résultée rendent évidente l'émergence de droits de l'humanité face à la volonté d'un seul homme, fut-il Président des États-Unis.

 

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 constatait les droits naturels des humains et des citoyens (même si elle oubliait les femmes et les citoyennes) à un moment de l'histoire. C'était le grand espoir de l'abolition des privilèges et l'égalité comme fondements de la société et la nation comme le principe de toute souveraineté. En revanche, la déclaration des devoirs que souhaitait l'abbé Grégoire ne passera pas à la postérité.

 

La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, intervenue après la barbarie fasciste et nazie, a fixé les droits intangibles de toute personne au regard des pouvoirs qui peuvent s'exercer sur elle. Elle demeure une référence juridique indispensable dans un monde où la violence, la tyrannie voire la barbarie sont se banalisent de manière alarmante.

 

Mais la question climatique et plus généralement les défis écologiques et technologiques auxquels l'humanité est aujourd'hui confrontée appellent la reconnaissance de droits pour l'humanité elle-même, tout autant que de devoirs. La guerre que Donald Trump a déclarée à l'humanité tout entière au prétexte de motifs économiques erronés est mue par des raisons profondes d'ordre idéologique. Elle appelle une réponse de la victime désignée, l'humanité. Elle s'exprime dans la volonté affirmée par le Président Emmanuel Macron de renforcer l'application des accords de Paris en coalisant les Etats et en s'appuyant sur l'Union Européenne. Elle se trouve également dans l'alliance climatique entre les états américains de Californie, New York et Washington ont formé pour appliquer les accords et se substituer à l'État fédéral.

 

La réponse se trouve également dans la Déclaration universelle des droits de l'humanité, texte adopté désormais par une dizaine de villes, un État, des régions, mais aussi des organisations de la société civile, organisations non gouvernementales, barreaux et bientôt entreprises. Cette déclaration universelle répond à la nécessité que ces droits soient reconnus au niveau international c'est-à-dire par l'Organisation des Nations Unies. Son texte a été adressé voici un an par l'ancien Président Hollande pour solenniser le droit de l'humanité à sa survie, à la préservation des ressources indispensables à la vie sur terre, à la paix et au développement. Ce droit a pour contrepartie la responsabilité des générations présentes à assumer leurs devoirs , ce qui signifie l'obligation pour ceux qui en ont le pouvoir d'assurer l'exercice des droits collectifs et des générations à venir.

La décision violente de Donald Trump a immédiatement soulevé un mouvement universel de révolte et de réprobation, y compris à l'intérieur des Etats-Unis. Cette réaction est salutaire et prometteuse. Elle démontre l'urgence de reconnaître cette charte de droits et de devoirs, qui, sous une forme souple, établira pour ce siècle, les droits et devoirs indispensables à la pérennité de notre espèce et au maintien de conditions de vie dignes et soutenables sur la planète

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21,

ancienne ministre de l'Environnement

 

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Invité du matin - Corinne Lepage: «Dans une démocratie il faut une opposition»

Invité du matin - Corinne Lepage: «Dans une démocratie il faut une opposition» | ReCap21 | Scoop.it

Corinne Lepage, présidente du mouvement Cap21, ancienne ministre de l'Environnement et soutien d'Emmanuel Macron, est l'invitée du matin ce mardi 16 mai à 7h50 (heure de Paris) et répond aux questions de Frédéric Rivière.

« C'est la richesse des différences qui doit permettre de faire des synthèses que jusqu'à présent nous n'avons jamais été capables de faire dans notre pays. »

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Corinne Lepage “contre le clivage gauche-droite”, à Grenoble pour soutenir Macron | Place Gre'net

Corinne Lepage “contre le clivage gauche-droite”, à Grenoble pour soutenir Macron | Place Gre'net | ReCap21 | Scoop.it

FOCUS – Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et présidente du Rassemblement Citoyen – Cap 21 était en visite à Grenoble ce mercredi 19 avril. Une visite de soutien à Emmanuel Macron, quelques jours avant le premier tour de la présidentielle. L’occasion pour Corinne Lepage de rencontrer des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), de la santé et de l’environnement ainsi que les comités et les militants du mouvement En Marche !    

 

La salle du Gazzetta Caffé bondée pour la venue de Corinne Lepagee. © Joël Kermabon – Place Gre’net Il fallait se serrer et jouer des coudes pour assister à la réunion qui s’est déroulée ce mercredi 19 avril au Gazzetta Caffé, le restaurant italien situé à deux pas de la gare de Grenoble. La raison de ce rassemblement de près de 100 personnes ? La venue de Corinne Lepage, en soutien à Emmanuel Macron dans le cadre de la présidentielle.

 

 Une rencontre avec la présidente du Rassemblement Citoyen – Cap 21, ancienne Ministre de l’environnement et députée européenne, qui s’est faite à l’initiative de Stéphane Gemmani, conseiller régional Cap 21 et de Didier Rambaud, porte-parole isérois d’Emmanuel Macron.   L’occasion de répondre aux questions de potentiels électeurs sur le programme  d’Emmanuel Macron concernant le social, la santé et l’environnement. Mais également de prendre la température du terrain à travers les retours des comités locaux du mouvement En Marche !       Des échanges sur l’ESS, la santé et l’environnement    

 

Dans la salle bondée, des acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), de la santé ou de l’environnement côtoient des membres de comités locaux isérois. D’autres représentants ont fait le déplacement depuis des localités ou départements limitrophes. Notamment les collectifs de défense des droits de la femme Elles marchent.  

 

Militants des comités et citoyens prennent la parole. © Joël Kermabon – Place Gre’net   Également présents en nombre, des citoyens pour la plupart déjà acquis à la cause. Ou encore des indécis venus là pour en savoir plus, ainsi que quelques personnalités politiques locales. À commencer par Olivier Véran, candidat PS aux législatives sur la première circonscription de l’Isère, qui a rallié le camp Macron au courant de ce mois de février.   Corinne Lepage et Stéphane Gemmani© Joël Kermabon – Place Gre’net Une rencontre en deux temps dont le premier – consacré aux échanges sur les thèmes de l’économie sociale et solidaire, de la santé et de l’environnement – a constitué l’essentiel.   Prudent, Stéphane Gemmani a désamorcé d’emblée toute velléité d’entrisme ou de vouloir ratisser large.   « Il y a ici des personnes qui votent pour Mélenchon ou qui vont voter pour Hamon que je n’ai aucune intention de convertir. L’idée c’était qu’ils puissent poser les bonnes questions parce que ces préoccupations liées à l’environnement leur paraissent importantes. »       « Le mouvement doit évoluer vers quelque chose de concret »     Différentes thématiques ont ainsi été abordées pendant près de deux heures d’échanges parfois vifs, notamment sur le nucléaire. Au nombre des questions posées à Corinne Lepage, l’alimentation bio à l’école, la politique agricole, la place des femmes en politique, les questions internationales, la santé avec les perturbateurs endocriniens…

Avant que les différents représentants des comités de “marcheurs” ne prennent la parole à leur tour et fassent part de leurs expériences respectives du terrain à Corinne Lepage.   Stéphane Gemmani anime les débats. © Joël Kermabon – Place Gre’net « Je crois que c’était important que Corinne Lepage qui a une place importante dans le dispositif échafaudé par Emmanuel Macron [déléguée nationale du mouvement En marche !, ndlr] puisse entendre et faire remonter ces échos du terrain au niveau national auprès d’Emmanuel Macron directement », explique Stéphane Gemmani.   Qui est convaincu qu’il ne faut pas en rester là. « Il ne faut pas que ce soit un “one shot”, le mouvement doit évoluer vers quelque chose de concret », estime-t-il encore. Dans sa ligne de mire : la structuration du mouvement, afin de construire, dès la fin de l’élection présidentielle, la majorité parlementaire solide dont a besoin Emmanuel Macron.   Pour cela, haro sur les cumulards ! « On ne peut pas courir plusieurs lièvres à la fois, il faut nous appliquer à nous mêmes le non-cumul des mandats, dans le nombre et dans le temps », souligne le conseiller régional, persuadé que cette promesse est pour beaucoup dans la dynamique du mouvement.       « En Marche ! avec 250 000 personnes est le premier parti de France »     À quelques jours du scrutin, l’optimisme règne dans le camp des marcheurs convaincus d’une victoire prochaine. Didier Rambaud, maire du Grand-Lemps désigné par Emmanuel Macron comme référent départemental pour son mouvement en Isère, ne cache pas son enthousiasme. « Je revendique aujourd’hui, au nom du mouvement, plus de 4 000 adhérents en Isère. Avec plus de 50 comités locaux constitués nous sommes les seuls à être aussi présents partout, ce qui fait de nous la première force politique du département. »   Corinne Lepage entourée notamment de Aline Kozma, Pascale Modelski, Stéphane Gemmani. © Joël Kermabon – Place Gre’net   Corinne Lepage ne dira pas autre chose pour ce qui concerne l’échelon national. « En Marche ! aujourd’hui avec 250 000 personnes est de très loin le premier parti de France », se félicite la déléguée nationale. Un succès qui ne doit rien au hasard, selon elle persuadée que « la méthodologie choisie est tout à fait remarquable ». Et de s’en expliquer. « C’est un parti qui repose sur ses comités et ses militants qui ont organisé d’innombrables réunions partout en France, des milliers par semaine. »   « Les partis politiques traditionnels sont très desséchés, ce sont généralement des partis de cadres avec peu de militants. Avec En Marche, c’est tout le contraire, peu de cadres et beaucoup de militants. L’idée c’est qu’on n’attend pas les instructions d’en haut mais on fait comme on l’entend, en bas ! », tacle l’ex-ministre.       « C’est un formidable bol d’oxygène pour les femmes qui nous ont rejoints »     Des représentants des comités interpellent Corinne Lepage. © Joël Kermabon – Place Gre’net Une envie de faire et de s’investir dans laquelle les femmes on su trouver leur place souligne encore Corinne Lepage. « C’est un formidable bol d’oxygène pour énormément de femmes qui nous ont rejoint et qui considéraient que la politique ce n’était pas pour elles. L’idée de la parité et de la place de la femme dans cette campagne est quelque chose de très important. »   « Les femmes se sont lancées, elles se sont structurées et on ne peut plus les arrêter », témoigne Aline Kozma à l’origine de la création, avec Pascale Modelski et Nathalie Benhamou, du collectif Elles marchent 38. Qui nous explique la démarche employée par le collectif pour que les femmes aient encore plus de poids dans cette campagne électorale.   Lecteur audio 00:0000:00Utilisez les flèches haut/bas pour augmenter ou diminuer le volume.     Pascale Modelski avec derrière elle Aline Kozma du collectif Elles marchent. © Joël Kermabon – Place Gre’net Quid des actions entreprises par la vingtaine de collectifs Elles marchent recensés en France ? « Nous avons organisé des débats sur l’égalité professionnelle, sur la conciliation vie privée – vie familiale, sur les violences faites aux femmes ainsi que sur la place des femmes en politique », explique Aline Kozma.   Pour qui mutualiser les compétences est également l’un des objectifs poursuivis par les collectifs « afin de pouvoir répondre au mieux à toutes les questions qui se posent dans la vie quotidienne des femmes ».       Le général De Gaulle à la rescousse     Corinne Lepage estime que la victoire est à portée de main. Le dépassement du clivage droite-gauche ? « Quand on voit que des gens de centre droit, de gauche, de centre gauche appellent à voter pour Emmanuel Macron […] on voit bien que ça répond à une vraie demande de nos concitoyens », estime-t-elle. « Nos concitoyens en ont ras le bol […] Nous ne sommes pas dans un système binaire où tout est bien d’un côté et tout est mal de l’autre », répond encore Corinne Lepage.   Corinne Lepage et Stéphane Gemmani. © Joël Kermabon – Place Gre’net Et d’appeler le  général De Gaulle à la rescousse qui, sur ce thème de la cohésion nationale, a déclaré un jour « Je prends le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche », pour affirmer qu’Emmanuel Macron « est tout à fait dans cette ligne là ». Tout en réfutant les assertions selon lesquelles En Marche ! ferait figure de girouette.   C’est Stéphane Gemmani qui monte au front en utilisant un subtil distinguo : « le mouvement n’est pas centriste mais central ! » Quant au programme du candidat à la présidence, Corinne Lepage n’y va pas par quatre chemins, ce qui l’a séduite c’est avant tout son côté concret, pragmatique.   Lecteur audio 00:0000:00Utilisez les flèches haut/bas pour augmenter ou diminuer le volume.    

 

Joël Kermabon

Source : article Corinne Lepage “contre le clivage gauche-droite”, à Grenoble pour soutenir Macron | Place Gre'net - Place Gre'net

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