Poésies
400 views | +0 today
Follow
Poésies
Des écrits sensibles, découverts sur le web et rassemblés ici (en une collection de coups de coeur). Cliquez sur les titres pour accéder aux sites-sources.
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Vases communicants (juillet) - Pierre Ménard

Vases communicants (juillet) - Pierre Ménard | Poésies | Scoop.it

"Il faut suivre la flèche comme nous suivons nos souvenirs.

 

Nous appelons cette chose qui surgit dans le noir, dans l’abandon, dans le vide, dans la faim, dans la nuit, dans la solitude, une image. Et le spectacle à quelques pas toujours, immobile comme un peu d’air qui n’entre pas. C’est d’autre chose qu’il s’agit, délibérément. Des gribouillis raffinés comme des cibles, des flèches et des cycles changeants. Raturer, gribouiller, c’est rendre noir. Rendre noir, c’est anéantir la forme visible. Cet équilibre précaire, entre fureur poétique et sens de la nuance. Traverser le jour relève de l’exploit."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Conjugaison d'Alfred Jarry - Lucien Suel

"Dans le mode indicatif : conjuguer « rire et boire » au passé composé.

 

Jarry et j’ai bu.
Tari et tabou.
Hillary et Ella abus.
Genou savon riz et nous avons bu.
Vous avez ri et avoue zébu.
Ils ont ri et île zombie."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Aporos 1 / 162 - Francis Royo

Ce qu’il y a de révolutionnaire dans la parole, quand elle vole au plus haut, c’est l’immense silence émerveillé vers lequel elle tend.
more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Intérieur nuit (1)

"J’aimerais poser ma joue sur une joue tiède. J’aimerais poser ma main dans une main tiède. J’aimerais toucher un fer rouge. J’aimerais entendre ma peau qui grésille. J’aimerais sentir l’odeur de ma peau grillée. J’aimerais un cognac, couleur terre de Sienne brûlée. Un cognac soyeux qui me flambe le ventre et me brûle de l’intérieur."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

ventscontraires.net

"Me voici équipé, une fois de plus, d'une voiture disposant de deux « rétroviseurs ». J'en ai assez. Cela suffit. Ces objets ne permettent absolument pas de faire que qu'on appelle « viser ». Essayez de tirer un faisan avec un rétroviseur. Ça ne marchera pas. Vous ne viserez rien du tout. Alors, que les constructeurs trouvent un autre nom pour ces miroirs extérieurs. Qu'ils en profitent, aussi, pour changer les noms de la « lunette arrière », de la « plage arrière », des « feux de position » et du « pare-brise». N'insistez pas. Je suis trop fatigué pour me lancer dans une nouvelle explication du pourquoi de la débilité de ces termes. Comme je l'ai déjà dit, je crois, j'en ai assez. Je me casse. Je tourne la clé de contact. [soupir] Évidemment qu'elle est au contact de quelque chose cette clé. Changez son nom, aussi. Et, vous autres, les esprits cartésiens, n'essayez pas de m'embrouiller avec des histoires de contact électrique et d'allumage dans le moteur. De toutes façons, je serai parti depuis longtemps quand vous aurez fini vos explications. Parti à pied, s'il le le faut. À « chaussures », devrais-je dire pour ne pas me déjuger. Que c'est énervant."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Fatigue - par Joachim Séné

"Quand il pleut, ce bruit de clavier sur les vitres me pousse devant l’écran, là où je ruisselle, incapable."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

shape of a broken heart

shape of a broken heart | Poésies | Scoop.it

"Tu devrais, me disait-il, te sortir de tes carcans d’enfance. En écriture, il sous-entendait, même si se sortir de ses propres mots pré-enrobés signifie finalement s’extirper toute entière de soi-même. Il faudrait donc mettre un instant de côté mes refuges trop aisés et sortir ce qu’il reste alors de moi et que je ne dévoile pas : la rage, collante comme du pétrole au fond de mon ventre, les regrets, l’espièglerie et la provocation dans quelques recoins de mes prunelles, les restes de maquillage sur mes manches résolument trop longues. Dévoiler le feu sous ma peau, le désespoir parfois ambiant, oh ambiant parce qu’en ces instants-là il aspire tout l’air que je n’inhale pas."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Le fond et la forme

"Avec le temps il avait appris à ravaler ses questions comme des glaviots tièdes. Il les gardait à l'intérieur jusqu'à oublier même qu'il gardait quelque chose. Avec le temps sa silhouette se modifia discrètement. Son dos se courbait. Ses gestes paraissaient plus lourds. Plus ampoulés. Plus fatigués. Tout son corps allait vers le bas. C'est le croque-mort, le jour de la mise en bière au pied de biche, qui fut bien forcé de constater la chose. Cette personne avait lentement pris la forme d'un point d'interrogation."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Chutes - lesmarges.net

"Si les phrases ne tiennent pas debout du premier coup, c'est parce qu'elles ont besoin d'aide,... jusqu'à un certain point. Constatant en effet que nous sommes incapables d'en être dignes, elles vont leur chemin. On voudrait alors les suivre, on se dresse pour voir où elles vont. Sans elles on ne tiendrait pas debout."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Vie des hauts plateaux (arbitrairement 180)

Parfois vous téléphonez aux gens pour les inviter, ils vous disent « justement j’avais fini mes mots croisés » ou « je n’ai rien de mieux à faire » ou « vous êtes la lumière de ma vie » et promettent d’arriver très vite et puis ils ne viennent pas. Vous les rappelez, ils vous affirment qu’en effet ils n’attendaient que votre appel, qu’ils arrivent tout de suite, ça vous embête si j’amène quelques amis ? Les amis en effet arrivent mais la personne que vous avez invitée, non. Vous pouvez la rappeler tant que vous voulez, elle acceptera toujours l’invitation comme une belle surprise, et vous attendrez en vain. Et puis un jour, au coin d’une rue, vous butez sur sa tombe. Quelque chose l’empêchait d’avancer, et elle est morte de faim, sur ce coin de trottoir. Et vous, pendant ce temps, et même après sa mort, vous l’appeliez, vous l’invitiez ; et toujours elle vous promettait de venir.
more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Un rêve de Marcel Noll, La Révolution surréaliste n° 7, juin 1926

Un rêve de Marcel Noll, La Révolution surréaliste n° 7, juin 1926 | Poésies | Scoop.it

"C'est la révolution. Le matin de ce jour Sade a été conduit en prison par un détachement de chevaux-légers. Le roi (dont je suis un des conseillers), sa suite et la majeure partie du peuple qui lui est restée fidèle, habitent un ensemble de vieilles maisons (apparemment l’Hôpital Civil de Strasbourg) qui, entourées d’un haut mur et protégées de tourelles, composent la résidence royale."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Un autre vieil homme ou le même, par Franck Queyraud

Un autre vieil homme ou le même, par Franck Queyraud | Poésies | Scoop.it

"Tu étais la vie, vie sortie des océans pour conquérir la terre. Tes yeux rigolaient. Tu te prenais maintenant pour un Alexandre le grand des océans. Tu étais tout vieux, homérique, courbaturé et ce voyage était ton chant du cygne."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Vases communicants (juillet) - François Bon

Vases communicants (juillet) - François Bon | Poésies | Scoop.it

"même aujourd’hui je connais le cimetière par cœur

et le nom de tous les morts

et l’emplacement de la tombe des miens

et le portail côté bourg comme le portail côté rue d’en bas

on se doute pas qu’un cimetière occupe tant de place dans un village

pourtant c’est bien pour cela qu’on y vient

quand ils ont fait cette « réduction des restes » il y a deux ans, ils ont cassé puis rafistolé le monument

ce n’est plus pareil je n’y reviens plus

je ne suis pas prêt"

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Effacements

"dans la nuit le plateau de sable un théâtre de voix - cinquante hommes en noir sortent de la baraque en U posent leurs mains en forme d'étoile sur le visage - une première voix s'élève doucement commence le récit du départ - nous avons marché au bord des ravins vides de la montagne dans le tumulte du brouillard et du froid nous avons traversé des hameaux abandonnés nous avons traversé des forêts sinistres nous avons abandonné des corps dans la neige nous avons vu la fin des dernières lueurs du soir nous avons abandonnés des corps sous la pluie dans la neige nous avons - et quand la première voix s'évanouit une seconde voix reprend - nous avons marché sous les tombes invisibles de nos compagnons nous avons déchiré nos mémoires la pluie a absorbé nos larmes nous avons dispersé nos dernières illusions dans les cendres de nos morts nous avons fermé les yeux effrayés de nos enfants nous avons arraché la lumière de la montagne pour couvrir le sourire figé de nos femmes nous avons serré la disparition dans nos bras maigres nous - et quand la seconde voix s'évanouit une troisième voix reprend - nous avons rougi nos yeux des dernières braises nous avons continué notre marche aveugle nous avons laissé les ombres courir devant et derrière nous nous avons jeté nos sacs devenus trop lourds dans les ravins nous avons déterré l'eau sous la neige pour la boire nous avons empoigné le vent et le froid pour arriver là où nous sommes arrivés nous avons trempé notre langue dans le silence - et quand la cinquantième voix s'élève elle dit nous sommes les hommes en noir nous écartons le silence nous transportons ici chaque nuit les lambeaux de nos vies"

 

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Arthur Maçon, extrait 5 - par Joachim Séné

Arthur Maçon décentralise les nuits (prestation n°14743) dans la flamme des bougies.

 

Arthur Maçon emboîte le saut (prestation n°18331) dans les limites de l’espoir, rétractation possible sous sept jours.

 

(...)

 

Arthur Maçon supplie les neutrinos (prestation n°25992) pour vous, le matin entre 9h et 12h, prix d’un appel local.

 

Arthur Maçon divise les nombres premiers (prestation n°31337) par résonance des métaphores.

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

racines - par Anna Vittet

"Si le premier grincement de leurs violons, et leurs voix qui dans l’air s’élèvent, suffisent à me faire éprouver, à nouveau et vivement, mes racines, c’est que ces racines ne sont pas seulement celles que je me suis forgées en rêve, mais que ces rêves mêmes sont mes racines, et que c’est aussi depuis eux, et en eux, que je me déploie."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

par Arnaud Maïsetti

par Arnaud Maïsetti | Poésies | Scoop.it

"C’est né de la route, cette ligne fuyante entre deux arbres, qui s’en allait. Et au milieu — toute cette vitesse qui passait emportait tout.

 

(...)

 

C’était à pied, la route lente et dure sous le corps, ou en métro, les arrêts successifs qui venaient au moment où la vitesse s’atteignait en son plein, ou en train, l’allure égale des paysages au dehors qui défilaient comme des armées immobiles, ou en taxi, en vélo, en dromadaire pourquoi pas, tout cela qui donnerait forme de route à cette vie qui serait la mienne si je le décidais."

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Mes saisons de travail - par Sauvageana

Printemps 5

le travail tue la personne le travail ne tue pas seulement l'ouvrier sur le toit l'ouvrier sur la machine le travail tue aussi la personne debout quelque part dans un espace pour travailler le travail tue la personne parce la langue du travail est la langue de l'argent la personne ne peut plus parler comme une personne la personne doit parler comme son métier la personne doit parler comme son entreprise la personne doit parler comme son employeur la personne doit parler pour l'argent la personne doit parler pour le salaire qu'on lui donne - il n'y a pas de place dans le travail pour parler sa langue - et pour penser pour penser penser à travers les autres il faut sa propre langue - penser est un travail -

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Eloge des petites disparitions | lesmarges.net

Eloge des petites disparitions | lesmarges.net | Poésies | Scoop.it

"Petites morts serrées côte à côte dans un rituel de fer, je me rappelle ainsi jour après jour que l'énigme demeure et me traverse comme le furet."

 

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Un pardessus noir qui voulait être bleu - Nicolas Esse

- Vous avez l’air en forme. Vous avez bonne mine. Vraiment.
– J’ai l’air d’avoir cinq cents ans.
– Pas du tout. Vous avez l’air… vivant.
– J’ai l’air d’un cimetière.
– Les cimetières sont verts au printemps.
– Je n’aime pas le printemps. Et l’hiver non plus. Je n’aime pas. Les saisons qui reviennent sans imagination. Le temps qui passe et qui repasse. Le temps est un étron qui manque d’imagination.
– Je crois que nous n’avons pas été présentés. Monsieur ?
– Jean. Appelez-moi Jean.
– Jean, c’est très bien. On dirait la couleur de vos yeux.
– Et vous? Vous vous appelez comment ?
– Ça dépend du jour ou de l’heure.
– Il est huit heures trente et nous sommes mardi.
– Alors, vous pouvez m’appeler Kaïr. Kaïr, pendant cinq minutes. Kaïr, vous vous souviendrez ?
– Je serai parti dans cinq minutes, alors, Kaïr, j’aurai oublié.
– C’est une question de temps.
– Le temps est un étron…
– …qui manque d’imagination.
– Votre pardessus à l’air fatigué.
– C’est un pardessus qui a beaucoup voyagé.
– C’est un pardessus noir qui voulait être bleu.
– Toutes les couleurs s’effacent avec le temps.
– Avec le temps, tout s’efface.
– Moi je fabrique des gommes à effacer le temps. Frotter trois fois par jour, matin, midi et soir. Trois fois par jour pendant un an.
– Et que fait-on après un an ?
– Ensuite, je vends une presse à imprimer du temps. Une presse hydraulique. Matériel japonais. Très fiable. Garanti pour longtemps. Avec ça, vous imprimerez des kilomètres de temps. En couleurs, en noir ou en blanc.
– Les couleurs passent avec le temps.
– Alors, pressez sur noir et blanc.
– Je n’aime pas le noir. J’aime encore moins le blanc.
– Alors, prenez mon pardessus. C’est un pardessus noir qui voulait être bleu.
- Moi j’aurais voulu être vivant.
more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Défondation

Défondation | Poésies | Scoop.it

"Ici, rien n’est indemne. J’habite un lieu défondé, j’habite un lieu béant, perforé, une plaie grise. Ici, le silence compacte l’air. Ici, les maisons n’en finissent plus de se taire. Il n’y a plus que des terres incendiées, des silos renversés, des strates de tôle, des structures décharnées, des volières vides, des maisons de morts, des dévotions vaines, des clous rouillés, des veuves muettes, des ciels fibreux, des fosses rances, des débris informes, des bêtes brûlées sur leurs stèles. Ici, les souvenirs sont des gestes souterrains. J’habite un lieu défondé. Ici, rien n’est indemne."

 

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

L’enfant neutre - Laurent Margantin

L’enfant neutre - Laurent Margantin | Poésies | Scoop.it
Par moments, souvent en vérité, le moindre mot l’écoeure, le décourage, et il laisse tomber là le langage, comme le papier d’un bonbon sur le chemin. Cela provoque chez lui le refus de la page écrite, de la parole même.

 

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502529

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

d’un passage XXVI

d’un passage XXVI | Poésies | Scoop.it

encore un aplat
de quelque couleur
cela qui se forme
va lever le voile (se refermer)

 

tu n’es que d’oeuvrer
à cette mesure
on ne connaît pas
ce que la main risque

 

elle fait un lieu
de l’indéchiffrable
(vois comme) déjà il t’échappe

 

un chant de mésange
noue dans chaque branche
l’écorce du jour.

more...
No comment yet.
Scooped by justine neubach
Scoop.it!

Nous approcher de quelque chose qui s'éloigne

"Parfois, lorsque un paysage apparaît dans une échancrure, un bout d'horizon dans un resserrement du champ de la vision, et qu'on s'en approche, l'étrange sentiment de nous approcher de quelque chose qui s'éloigne saisit nos sens, délice et vertige, et les deux parties de nos vies que nous avons été condamnés à mener successivement se recollent un bref instant."

 

more...
No comment yet.