Pilule de 3e génération : on est passé de la liberté à la contrainte contraceptive | Pillule troisième génération | Scoop.it

(...) Certes, la polémique actuelle concerne uniquement les pilules de 3e génération. Mais, dans l'esprit collectif, le mal est fait. Le doute est installé et demeurera : ce battage médiatique aura bien eu pour effet de jeter la suspicion sur l'ensemble des pilules existant sur le marché – toutes générations confondues – et, par ricochet, sur la contraception hormonale en général (les œstroprogestatifs en patchs, anneaux vaginaux ou stérilets hormonaux sont aussi concernés).

 

Ce qui était traditionnellement perçu comme un droit des femmes à disposer de leur corps ("avoir un enfant si je veux, quand je veux") tend, de plus en plus, à prendre un goût de servitude. Il est en effet bien loin le temps où l'accès à la contraception représentait une révolution sexuelle et était synonyme d'affranchissement et de liberté du corps pour les femmes. (...) La liberté pour la femme de ne pas subir une grossesse non désirée a donc bien un coût en terme de risque pour sa santé.

 

(...) Enfin, prendre en charge la contraception, pour la femme, signifie également prendre, de façon individuelle, la responsabilité de la fonction reproductive. C'est à elle seule que revient alors la charge de la maîtrise de la procréation dans le couple. Or si l'on plaisante souvent sur le fait qu'"on fait un enfant à deux", il paraît aussi légitime de vouloir ne pas faire d'enfant à deux.

 

(...) De la "liberté contraceptive" à la "contrainte contraceptive", il n'y avait donc qu'un pas que la pilule de 3e génération semble avoir irrémédiablement franchi. À l'ère de la parité, il apparaît équitable que les risques et inconvénients associés à la contraception hormonale ainsi que le poids de la "responsabilité reproductive" soient partagés entre hommes et femmes. Une thématique épineuse dont le lobby féministe pourrait bien faire son  prochain fer de lance.

 


Via Alliance VITA